Cotisations sociales en outre-mer : dispositif Lodeom en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique et à la Réunion
Des barèmes
Un dispositif spécifique. Dans un but de simplification du dispositif d’exonération de cotisations sociales en Outre-mer (dit « Lodeom »), un dispositif spécifique, comprenant 3 barèmes, s’applique aux entreprises ou à leurs établissements implanté(e)s en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique et à la Réunion.
1er barème. Ce 1er barème dit de compétitivité concerne :
- peu importe leur secteur d’activité : les entreprises de moins de 11 salariés ;
- peu importe leur effectif :
- les entreprises de transport aérien assurant les liaisons entre les départements et régions d’Outre-mer et entre la métropole et ces territoires, ainsi que les dessertes intérieures ;
- les entreprises du secteur du bâtiment et des travaux publics,
- les entreprises de la presse (jusqu'au 31 décembre 2019) ou de la production audiovisuelle ;
- les employeurs des secteurs éligibles aux régimes de compétitivité renforcée ou d’innovation et de croissance, qui ne respectent pas les conditions d’effectifs (moins de 250 salariés) ou de chiffres d’affaires annuel (moins de 50 millions d’euros).
Conditions d’exonération de cotisations patronales. Dans le cadre de ce 1er barème, si le salaire est inférieur à 1,3 Smic annuel (soit 27563.9 € pour l’année 2024), l’employeur sera totalement exonéré de cotisations patronales de sécurité sociale. Cette exonération s’effacera de manière dégressive, jusqu’à disparaître complètement lorsque le salaire atteindra 2,2 Smic annuel (soit 46646.6 € pour l’année 2024).
Une formule. Pour les revenus compris entre 1,3 Smic annuel et 2,2 Smic annuel, le montant de l’exonération s’obtient en multipliant la rémunération annuelle brute due au salarié à un coefficient déterminé selon la formule suivante :
Coefficient = 1,3 × T ÷ 0,9 × (2,2 ×Smic annuel ÷ rémunération annuelle brute -1)
T = valeur maximale du coefficient, déterminée selon le taux Fnal applicable à l’entreprise
2ème barème. Un autre barème dit de compétitivité renforcée s’applique aux entreprises employant moins de 250 salariés et ayant un chiffre d’affaires annuel inférieur à 50 M € :
- qui relèvent des secteurs :
- de l'industrie,
- de la restauration,
- de l'environnement,
- de l'agronutrition,
- des énergies renouvelables,
- des nouvelles technologies de l'information et de la communication et des centres d'appel,
- de la pêche,
- des cultures marines,
- de l'aquaculture,
- de l'agriculture,
- du tourisme, y compris les activités de loisirs s'y rapportant,
- du nautisme,
- de l'hôtellerie,
- de la recherche et du développement,
- de la presse au 1er janvier 2020,
- de la production audiovisuelle (à compter du 1er janvier 2021)
- qui, en Guyane, relèvent des secteurs d’activité éligibles à la réduction d'impôt pour investissements réalisés en Outre-mer, ou qui exercent une activité de comptabilité, de conseil aux entreprises, d’ingénieries ou d’études techniques ;
- qui bénéficient du régime de perfectionnement actif (régime qui permet de bénéficier d’une exonération de certain(e)s droits et taxes douaniers(ères) concernant les importations dans le but de la transformation et de la réexportation de marchandises).
Conditions d’exonération de cotisations patronales. Dans ces entreprises, soumises au 2ème barème, lorsque le salaire annuel est inférieur à 1,7 Smic annuel (soit 36045.1 € pour l’année 2024), l’exonération est totale. Au-delà, elle est dégressive puis devient nulle lorsque le salaire atteint 2,7 Smic annuel (soit 57248.1 € pour l’année 2024).
Une formule. Lorsque le revenu est égal ou supérieur à 2 Smic annuel mais inférieur à 2,7 Smic annuel, le montant de l’exonération s’obtient en multipliant la rémunération annuelle brute due au salarié à un coefficient déterminé selon la formule suivante :
Coefficient = 2 × T × (2,7 ×Smic annuel ÷ rémunération annuelle brute -1)
T = valeur maximale du coefficient, déterminée selon le taux Fnal applicable à l’entreprise
3ème barème. Un troisième barème dit d'innovation et de croissance s’applique aux employeurs de moins de 250 salariés et dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur à 50 M € au titre de la rémunération des salariés concourant essentiellement à la réalisation de projets innovants dans le domaine des technologies de l'information et de la communication.
Conditions d’exonération de cotisations patronales. Dans ce dernier cas, l’exonération est :
- totale si le salaire est inférieur à 1,7 Smic annuel (soit 36045.1 € pour l’année 2024) ;
- plafonnée à ce montant d’exonération si le salaire est supérieur ou égal à 1,7 Smic annuel (soit 36045.1 € pour l’année 2024) mais inférieur à 2,5 Smic annuel (soit 53007.5 € pour l’année 2024) ;
- dégressive si le salaire est égal ou supérieur à 2,5 Smic annuel (soit 53007.5 € pour l’année 2024) mais inférieur à 3,5 Smic annuel (soit 74210.5 € pour l’année 2024) ;
- nulle si le salaire atteint 3,5 Smic annuel (soit 74210.5 € pour l’année 2024).
Une formule. Lorsque le revenu est égal ou supérieur à 2,5 Smic annuel mais inférieur à 3,5 Smic annuel, le montant de l’exonération s’obtient en multipliant la rémunération annuelle brute due au salarié à un coefficient déterminé selon la formule suivante :
Coefficient = 1,7 × T × (3,5 ×Smic annuel ÷ rémunération annuelle brute -1)
T = valeur maximale du coefficient, déterminée selon le taux Fnal applicable à l’entreprise
Attention ! Ce dernier coefficient ne s’applique que si les conditions suivantes sont cumulativement satisfaites, à savoir :
- les salariés sont principalement employés à la réalisation de projets innovants ; les salariés affectés aux tâches administratives, financières, logistiques et de ressources humaines n'ouvrent pas droit à l'exonération ;
- les projets innovants s'entendent ici des projets ayant pour but l'introduction d'un bien, d'un service, d'une méthode de production ou de distribution nouveaux ou sensiblement améliorés sur le plan de ses caractéristiques ou de l'usage auquel il est destiné ;
- ces projets sont réalisés dans les domaines d'activité suivants :
- télécommunication,
- informatique, dont notamment programmation, conseil en systèmes et logiciels, tierce maintenance de systèmes et d'applications, gestion d'installations, traitement de données, hébergement et activités connexes,
- édition de portails internet et de logiciels,
- infographie, notamment conception de contenus visuels numériques,
- conception d'objets connectés.
Dans tous les cas. Le montant de la réduction serait calculé chaque année civile, pour chaque salarié et pour chaque contrat de travail, en fonction des revenus pris en compte pour la détermination de l'assiette des cotisations sociales. Une proratisation de la rémunération est prévue en cas de temps partiel.
Le saviez-vous ?
Les entreprises situées dans ces collectivités bénéficient également de l’allègement général des cotisations sociales. A ce titre, l’allègement « étendu », comprenant les cotisations patronales d’assurance chômage, s’applique à compter du 1er janvier 2019 (au lieu du 1er octobre 2019).
Des particularités
Cas particulier des entreprises d’intérim. Les entreprises de travail temporaire peuvent bénéficier de ces dispositifs d’exonération de cotisations sociales. Elles bénéficient, pour chaque mission, de l’exonération applicable à l’entreprise utilisatrice à laquelle elles sont liées par un contrat de mise à disposition. L’effectif pris en compte est celui de l’entreprise de travail temporaire.
Attention ! Si le salarié intérimaire est occupé auprès de plusieurs entreprises utilisatrices, le coefficient des formules de calcul est déterminé selon chaque mission.
Une exclusion. La réduction de cotisations sociales ne s’applique pas aux salariés employés en CDI intérimaires (bénéficiant d’une rémunération mensuelle minimale au moins égale, pour un temps plein, à 151,67 fois le smic horaire (soit 1766.9555 pour l’année 2024).
A retenir
L’exonération Lodeom est un dispositif d’exonération de charges sociales qui dépend à la fois de l’entreprise bénéficiaire et des rémunérations qu’elle verse. Ce dispositif n’est pas cumulable avec un autre dispositif d’exonération de charges.
J'ai entendu dire
Ce dispositif comprenant des modalités de calcul complexes et plusieurs barèmes, il est parfois difficile de s’y retrouver. Puis-je facilement estimer le montant de l’exonération dont mon entreprise bénéficie ?Oui, pour aider les employeurs d’Outre-mer, l’Urssaf met à leur disposition, sur son site internet, un estimateur. Attention toutefois : l’estimation qui en ressort est donnée à titre indicatif. L’outil ne tient, en effet, pas compte des taux et répartitions de cotisations dérogatoires.
- Articles L 752-3-2 et D 752-7 du Code de la Sécurité Sociale
- Loi n° 2018-1203 du 22 décembre 2018 de financement de la sécurité sociale pour 2019, article 8
- Décret n° 2019-199 du 15 mars 2019 relatif à l'exonération de cotisations sociales applicable aux employeurs implantés en outre-mer
- https://www.urssaf.fr/portail/home/actualites/toute-lactualite-employeur/un-estimateur-pour-calculer-lexo.html
- Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2020 du 24 décembre 2019, n° 2019-1446, articles 11 et 121
- Loi de financement de Ia sécurité sociale pour 2021, du 14 décembre 2020, n° 2020-1576, art 19
Cotisations d’assurance vieillesse : ce qu’il faut savoir
Assurance vieillesse : cotisations au régime de base
Plusieurs cotisations ? L’assurance vieillesse-veuvage gérée par la Cnav est financée par des cotisations sociales, calculées sur les rémunérations versées aux salariés ou travailleurs assimilés.
Cotisations au régime de base. La cotisation due au régime de base se divise en 2 parties :
- l’une porte sur la fraction de la rémunération inférieure ou égale au plafond de la Sécurité sociale (fixé à 3864 € pour l’année 2024), et est appelée cotisation d’assurance vieillesse de base plafonnée ;
- l’autre porte sur la rémunération totale et est appelée cotisation d’assurance vieillesse de base déplafonnée.
Répartition des cotisations d’assurance vieillesse. Une part de la cotisation est à la charge des employeurs. L’autre est à la charge des salariés. Actuellement, le taux de ces cotisations est fixé :
- pour la part plafonnée :
- ○ à 8,55 % pour l’employeur,
- ○ à 6,90 % pour le salarié ;
- pour la part déplafonnée :
- ○ à 1,90 % pour l’employeur,
- ○ à 0,40 % pour le salarié.
Assurance vieillesse : cotisations au régime complémentaire
Agirc-Arrco = retraite complémentaire. Les régimes de retraites complémentaires Agirc et Arrco ont fusionné. Il résulte de cette fusion des modifications en termes de cotisations retraite à compter du 1er janvier 2019.
Répartition des cotisations d’assurance vieillesse complémentaire. Par principe, les cotisations de retraite complémentaire sont réparties entre l’employeur et le salarié, à hauteur de 60 % pour l’employeur et 40 % pour le salarié. Cependant, l’employeur peut décider d’appliquer une répartition plus favorable au salarié.
2 tranches de rémunération. Depuis le 1er janvier 2019, les cotisations retraite sont déterminées sur la base de 2 tranches de rémunération, sans différencier les salariés cadres des salariés non-cadres :
- la 1ère tranche (T1) correspondrait à la fraction des revenus qui n’excède pas le plafond mensuel de la Sécurité Sociale (soit 3864 € pour l’année 2024) ;
- la 2ème tranche (T2) correspondrait à la fraction de revenus supérieure au plafond mensuel de la Sécurité Sociale et inférieure à 8 fois ce même plafond (soit 30912 € pour l’année 2024).
Taux de cotisation. Le taux de cotisation correspond au taux de calcul des points (fixé à 6,20 % sur les revenus de la tranche T1 et à 17 % sur les revenus de la tranche T2) multiplié par le taux d’appel de 127 %.
Concrètement. Depuis le 1er janvier 2019, la cotisation retraite est appelée sur la base d’un taux de :
- 7,87 % sur la tranche T1 (soit 4,72 % à la charge de l’employeur et 3,15 % à la charge du salarié) ;
- 21,59 % sur la tranche T2 (soit 12,95 % à la charge de l’employeur et 8,64 % à la charge du salarié).
À ajouter aux « contributions d’équilibre ». En plus de cette cotisation, qui permet l’acquisition de points de retraite pour le salarié, il est institué 2 contributions d’équilibre qui ne sont pas, quant à elles, génératrices de points pour le salarié :
- une contribution d’équilibre général au taux de :
- ○ 2,15 % sur la tranche T1 (soit 1,29 % à la charge de l’employeur et 0,86 % à la charge du salarié),
- ○ 2,70 % sur la tranche T2 (soit 1,62 % à la charge de l’employeur et 1,08 % à la charge du salarié) ;
- pour les rémunérations qui excèdent le plafond mensuel de Sécurité Sociale (soit 3864 € pour l’année 2024), une contribution d’équilibre technique au taux de 0,35 % applicable sur les tranches 1 et 2 des revenus (dont 0,14 % à la charge du salarié).
Le saviez-vous ?
Depuis le 1er janvier 2019, il n’existe plus de « cotisation AGFF », de « contribution d'équilibre temporaire » et de « Garantie minimale de points ».
Vers une hausse de la valeur du point ? Dès le 1er novembre 2021, la valeur de service du point de retraite complémentaire augmentera de 1 %, s’élevant à 1,28 €. Notez que la caisse prévoit, si besoin, la possibilité d’un rattrapage automatique au 1er novembre 2022, en fonction de l’inflation réelle constatée sur l’année 2021.
Et la valeur d’achat ? A compter du 1er janvier 2022, la valeur d’achat du point de retraite augmentera de 0,2 %, et s’élèvera donc à 17,43 €.
Recouvrement. Aujourd’hui, le recouvrement des cotisations sociales des salariés au titre de la retraite complémentaire est assuré par les insultions de retraites complémentaires.
Précisions. Notez que dans un objectif de simplification, les cotisations AGRIC-ARRCO seront recouvrées par les Urssaf dès le 1er janvier 2023.
Des exceptions. Ne sont pas concernés par ce dispositif :
- les salariés agricoles : le recouvrement de leurs cotisations reste confié à la MSA ;
- les notaires, à raison des cotisations versées à la caisse de retraite et d’assistance des clercs de notaires : le recouvrement de ces cotisations reste confié à leur caisse de retraite et de prévoyance.
Dispositif transitoire. A compter du 1er janvier 2022 et pour une durée d’un an, les Urssaf, les CGSS, le groupement d’intérêt public « modernisation des déclarations sociales » ainsi que les institutions de retraite complémentaire et leurs fédérations pourront mettre à disposition des éditeurs de logiciels de paies et des entreprises volontaires un service leur permettant d’expérimenter le fonctionnement du dispositif unifié de vérification des déclarations sociales nominatives (DSN), découlant de ce futur transfert.
Comment ? Une charte viendra définir les modalités techniques de mise en œuvre de ce dispositif, ainsi que les modalités d’accompagnement des éditeurs de logiciels de paie et des entreprises volontaires par ces organismes.
Assurance vieillesse : une réduction de cotisations
Préambule. Le taux global des cotisations d’assurance vieillesse (de base + complémentaire légale), pour la part salariale, diffère selon le niveau de rémunération du salarié. Concrètement :
- pour un salarié dont la rémunération n’excède pas le plafond mensuel de sécurité sociale (soit 3864 € pour l’année 2024), le taux global est fixé à 11,31 % ;
- pour un salarié dont la rémunération excède le plafond mensuel de sécurité sociale (soit 3864 € pour l’année 2024), le taux appliqué à la fraction qui excède ce plafond est fixé à 11,31 %.
Une réduction de la cotisation salariale d’assurance vieillesse. Les heures supplémentaires et complémentaires réalisées depuis le 1er janvier 2019 permettent aux salariés de bénéficier d’une réduction de l’ensemble des cotisations d'assurance vieillesse et veuvage « légales » (c’est-à-dire du régime de base et du régime complémentaire). Cette réduction est égale au montant de la rémunération des heures supplémentaires et complémentaires effectuées par le salarié multiplié par le taux des cotisations d’assurance vieillesse (de base + complémentaire légale), dans la limite de 11,31 %.
Concrètement. Cette réduction est :
- totale pour un salarié dont la rémunération n’excède pas le plafond mensuel de sécurité sociale (soit 3864 € pour l’année 2024) ;
- partielle pour un salarié dont la rémunération excède le plafond mensuel de sécurité sociale (soit 3864 € pour l’année 2024) : le taux de la réduction est limité à 11,31 %.
Exemple 1. Un salarié, employé à temps plein, est payé 12 € de l’heure (soit 1 820,04 € par mois) effectue au cours d’un mois 5 heures supplémentaires rémunérées avec une majoration de 25% :
- rémunération des heures supplémentaires = 12 € × 125 % × 5 = 75 €
- taux de réduction = 11,31 % (soit 6,90 % au titre des cotisations retraite plafonnées, 0,40 % au titres des cotisations retraite déplafonnées, 3,15 % au titre des cotisations complémentaires permettant l’acquisition de points retraite et 0,86 % au titre de la contribution d’équilibre)
- montant de la réduction = 75 € × 11,31 % = 8,48 €
Exemple 2. Un salarié dont la rémunération excède le plafond mensuel de Sécurité sociale (soit 3666 € pour l’année 2023) consacre un taux plus important de sa rémunération aux régimes vieillesse. Celui-ci verra donc le montant de ses cotisations (affectées aux régimes vieillesse) réduit pour les heures supplémentaires ou complémentaires réalisées à partir du 1er janvier 2019, le taux de réduction des cotisations salariales d’assurance vieillesse étant limité à 11,31 %.
Application de la réduction. La réduction ne s’applique qu’à la majoration des heures supplémentaires prévue par accord collectif (d’entreprise ou de branche) ainsi qu’à celle des heures complémentaires prévue par accord de branche. A défaut d’accord, la réduction s’appliquera à la majoration des heures supplémentaires ou complémentaires telle qu’elle est prévue par la Loi.
A noter. Le montant de réduction ainsi déterminé est déduit des cotisations d’assurance vieillesse dues à l’Urssaf au titre de l’ensemble de la rémunération du salarié. Les cotisations salariales de retraite complémentaire doivent être déclarées et acquittées de façon habituelle auprès de l'institution de retraite complémentaire (Agirc-Arrco).
Salariés au forfait jour. Concernant particulièrement les salariés ayant conclu une convention de forfait en jours sur l’année, la réduction s’applique sur la majoration de leur rémunération due au titre des jours travaillés au-delà de 218 jours par an, en contrepartie de leur renonciation à des jours de repos.
A retenir
Les régimes d’assurance vieillesse de base et complémentaire sont financés par des cotisations salariales et patronales calculées sur les rémunérations versées aux salariés.
- Article D242-4 du Code de la Sécurité sociale (taux de cotisation régime de base)
- Décret n° 2019-40 du 24 janvier 2019 relatif à l’exonération de cotisations salariales des heures supplémentaires et complémentaires
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- Décret n° 2021-1532 du 26 novembre 2021 relatif aux modalités de transfert du recouvrement des cotisations destinées au financement du régime de retraite complémentaire obligatoire mentionné à l'article L. 921-4 du code de la sécurité sociale
- Arrêté du 24 avril 2018 portant extension et élargissement de l'accord national interprofessionnel instituant le régime AGIRC-ARRCO de retraite complémentaire, conclu le 17 novembre 2017
- Instruction ministérielle n° DSS/5B/2019/71 du 29 mars 2019 portant diffusion d’un « questions-réponses » relatif à la mise en œuvre de la réduction des cotisations salariales sur les heures supplémentaires et complémentaires
- www.urssaf.fr, actualité du 5 février 2019 : « Heures supplémentaires : modalités de calcul et de déclaration de la réduction salariale »
- www.agirc-arrco.fr
- Communiqué de presse du Ministère du travail, du 17 juin 2021 : Ajustement du calendrier de la réforme organisant le transfert du recouvrement des cotisations de retraite complémentaire vers les URSSAF
- Urssaf.fr, Actualité du 17 juin 2021, Cotisations de retraite complémentaire : un versement auprès de l’Urssaf à compter de 2023
- Communiqué de presse de l’Agirc-Arrco, du 7 octobre 2021, L’Agirc-Arrco augmente de + 1% les retraites complémentaires des salariés du privé
Comprendre la tarification des risques d’accidents du travail et des maladies professionnelles
Détermination du taux de cotisation du risque AT/MP
Par établissement. Le mode de tarification de la cotisation relative aux accidents du travail (AT) et aux maladies professionnelles (MP) dépend de l’effectif de l’entreprise ; mais la tarification de cette cotisation dépend de l’activité exercée par établissement (chacun pris séparément, dans le cas des entreprises composées de plusieurs établissements).
Exemple. Une société qui exploite 2 fonds de commerce distincts (thalassothérapie et hôtellerie), situés à la même adresse mais dans des locaux distincts, faisant l’objet de 2 contrats de location-gérance distincts, doit être assujettie, pour chacun de ces établissements distincts, au taux de cotisation propre à leur activité.
3 modes de tarification. Il existe 3 modes de tarification selon l’effectif de l’entreprise (tout établissement confondu) :
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Hors Alsace-Moselle |
En Alsace-Moselle |
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Tarification collective |
Entreprises de moins de 20 salariés |
Entreprises de moins de 50 salariés |
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Tarification individuelle |
Entreprises d’au moins 150 salariés |
Entreprises d’au moins 150 salariés |
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Tarification mixte |
Entreprises d’au moins 20 salariés et de moins de 150 salariés |
Entreprises d’au moins 50 salariés et de moins de 150 salariés |
Le saviez-vous ?
Par dérogation, la tarification collective s’applique, quel que soit l’effectif de l’entreprise :
- aux établissements nouvellement créés (pendant l’année de leur création et les années civiles suivantes) ;
- aux activités listées en annexe ;
- aux travailleurs à domicile qui constituent chacun un établissement distinct.
La tarification collective. Le taux de cotisation est déterminé, chaque année, par un barème national qui tient compte de l’activité exercée.
Le saviez-vous ?
A partir de 2024, le taux de cotisation des entreprises d’au moins 10 salariés pourra être majoré jusqu’à 10 % lorsqu’au moins un accident du travail par an sur les 3 années précédant l’année N-1 a entraîné un arrêt de travail.
Pour la cotisation de 2024, la Caisse tiendra alors compte des AT éventuellement survenus en 2020, 2021 et 2022.
La tarification individuelle. Cette tarification tient compte de la somme des coûts moyens des accidents du travail et des maladies professionnelles (sinistres) survenus dans votre établissement au cours des 3 années précédant l’année N-1 selon leur degré de gravité (caractérisé par la durée de l’arrêt de travail et éventuellement par la catégorie de l’incapacité permanente résultant du sinistre).
Exemple. Pour déterminer votre cotisation de 2021, la Caisse tient compte des sinistres survenus dans votre établissement sur les années 2017, 2018 et 2019.
Le saviez-vous ?
Une telle tarification a pour but de vous encourager à prévenir les accidents de travail en prenant des mesures en matière d’hygiène et de sécurité.
La tarification mixte. Cette tarification est un mélange de 2 autres : la Caisse va additionner une partie du taux déterminé en fonction du nombre de sinistres survenus dans votre établissement sur les 3 années précédant l’année N-1 à une fraction du taux collectif. Plus l'effectif de l'entreprise sera important, plus la proportion du taux individuel sera importante par rapport à celle du taux collectif.
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Calcul du taux mixte (hors Alsace-Moselle) |
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Jusqu’en 2017 |
A partir du 1er janvier 2018 |
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Taux individuel |
(Effectif - 19) ÷ 131 |
0,9 ÷ 130 × (Effectif - 20) + 0,1 |
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Taux collectif |
1 - [(Effectif - 19) ÷ 131] |
1 - [0,9 ÷ 130 × (Effectif - 20) + 0,1] |
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Calcul du taux mixte en Alsace-Moselle |
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Taux individuel |
(0,075 Effectif - 1,25) ÷ 10 |
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Taux collectif |
1 - [(0,075 Effectif - 1,25) ÷ 10] |
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Le saviez-vous ?
L’entreprise soumise à la tarification individuelle ou mixte peut demander à bénéficier d’un taux unique de cotisations relatives au risque AT/MP pour l’ensemble de ses établissements ayant une même activité. Pour ce faire, elle doit adresser sa demande :
- à la caisse régionale de santé dont dépend son siège social ou son principal établissement situé en France, hors des départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle ;
- par tout moyen permettant d’attester de la date de réception (idéalement par lettre recommandée avec AR) ;
- avant le quatrième trimestre (1er octobre) de l'année civile en cours pour une application au 1er janvier de l'année civile suivante.
Attention ! Cette demande est irrévocable : l’entreprise ne pourra plus, par la suite, demander que chaque établissement se voit appliquer un taux propre.
Calcul de l’effectif. Jusqu’en 2017, l’effectif annuel était déterminé sur la base d’une moyenne de l’effectif au dernier jour de chaque trimestre. Depuis le 1er janvier 2018, l’effectif annuel est déterminé sur la base de la moyenne mensuelle. Sont inclus :
- les apprentis ;
- les titulaires d'un contrat initiative-emploi, pendant la durée d'attribution de l'aide financière ;
- les titulaires d'un contrat d'accompagnement dans l'emploi pendant la durée d'attribution de l'aide financière ;
- les titulaires d'un contrat de professionnalisation jusqu'au terme prévu par le contrat lorsque celui-ci est à durée déterminée ou jusqu'à la fin de l'action de professionnalisation lorsque le contrat est à durée indéterminée.
=> Pour en savoir plus, consultez notre fiche Décompter vos effectifs
Une information annuelle. Chaque année, la Caisse régionale de santé dont vous dépendez (Carsat ou Cramif) vous adresse le taux de cotisation relatif au risque accident de travail et maladie professionnelle. Toutefois, aucune notification n’est effectuée pour certaines catégories de travailleurs, pour lesquelles le taux collectif est directement applicable.
=> Consultez notre annexe pour connaître les catégories de travailleurs concernées.
Une information dématérialisée. Les entreprises reçoivent par voie dématérialisée les notifications de taux AT/MP et leur classement de risques.
Adhésion au compte AT/MP impérative ! Cette notification dématérialisée nécessite, pour ces entreprises qui ne l’ont pas déjà fait, d’adhérer au compte AT/MP sur le site net-entreprises.fr. A défaut, une sanction est applicable, dans la limite de 10 000 € par établissement. Cette pénalité, due au titre de chaque année ou, à défaut, au titre de chaque fraction d'année durant laquelle l'absence d'adhésion au téléservice : " Compte AT/MP " est constatée, est égale :
- pour les entreprises de moins de 20 salariés, de 0,5 % du PASS (arrondi à l’euro supérieur) par salarié ou assimilé compris dans les effectifs de l'entreprise pour lesquels l'absence d'adhésion est constatée ;
- pour les entreprises de 20 à 149 salariés, de 1 % du PASS (arrondi à l’euro supérieur) par salarié ou assimilé compris dans les effectifs de l'entreprise pour lesquels l'absence d'adhésion est constatée ;
- pour les entreprises d’au moins 150 salariés, de 1,5 % du PASS (arrondi à l’euro supérieur) par salarié ou assimilé compris dans les effectifs de l'entreprise pour lesquels l'absence d'adhésion est constatée.
Ameli.fr. Vous trouverez plus de précisions concernant l’ouverture de ce compte AT/MP sur le site ameli.fr.
Cas du recours à l’intérim. Il n’est pas possible, pour une entreprise utilisatrice, de contester le taux d’incapacité d’un intérimaire fixé par la Caisse de sécurité sociale à la suite d’un accident de travail dont il a été victime. Le juge a rappelé que cette faculté n’était offerte qu’à l’employeur, c’est-à-dire à l’entreprise de travail temporaire.
Détermination de l’évolution du taux de cotisation du risque AT/MP
Evolution du risque. Votre taux de cotisation doit refléter le risque d’accidents que présente votre établissement, c’est pourquoi il évolue (outre les changements de barèmes, révisés chaque année). Il est donc possible de se voir appliquer une majoration, ou, au contraire mais sous conditions, de bénéficier de ristournes. Mais est-il possible de bénéficier d’une exonération de cotisations ?
Une exonération de cotisations possible ? Aucune exonération totale des cotisations relatives au risque AT/MP n’est possible.
Ristourne sur la cotisation AT/MP. La Caisse régionale de santé, de sa propre initiative ou sur demande de l’employeur, peut accorder des ristournes aux établissements :
- soumis à la tarification collective ou à la tarification mixte ;
- qui justifient d’efforts accomplis en vue de prévenir les accidents de travail par le biais de mesures efficaces ;
- à jour du paiement de leurs cotisations sociales et qui les ont régulièrement payées au cours des 12 derniers mois.
Montant de la ristourne sur cotisation AT/MP. La réduction de cotisation résultant de la ristourne accordée ne peut excéder 25 % du taux collectif.
Durée de la ristourne sur cotisation AT/MP. La ristourne est consentie à compter du 1er jour du mois civil qui suit la décision de la caisse et pour une durée maximale d’un an sans nouvel examen. Elle peut toutefois être supprimée ou suspendue par la caisse.
Ristourne sur la majoration pour accidents de trajet. Le taux net de cotisation tient compte de 4 majorations forfaitaires, dont l’une est liée aux accidents de trajets. Une ristourne (d’une valeur de 25 % pour les établissements cotisant au taux collectif) est possible à l’initiative de la caisse (après consultation du CSE) pour les établissements :
- qui justifient d’efforts accomplis en vue de prévenir la fréquence et la gravité des accidents de trajet par le biais de mesures efficaces ;
- à jour du paiement de leurs cotisations sociales et qui les ont régulièrement payées au cours des 12 derniers mois.
Le saviez-vous ?
Les établissements soumis à une tarification collective ou mixte peuvent bénéficier d’un cumul des ristournes, mais il est toutefois limité selon des règles spécifiques.
Des cotisations supplémentaires. La Caisse régionale de santé peut vous imposer une cotisation supplémentaire pour tenir compte des risques exceptionnels liés à votre exploitation :
- révélés par une infraction constatée par l’inspecteur du travail ;
- ou résultant d’une inobservation des mesures de prévention prescrites par une caisse d'assurance retraite et de la santé au travail étendues par arrêté ministériel ou de celles qu’elle vous a elle-même prescrites.
Montant de la cotisation supplémentaire. Le montant de la cotisation supplémentaire est au moins égal à 25 % de la cotisation normale sur une période de 3 mois sans pouvoir être inférieure à 1 000 €. Le montant de cette cotisation supplémentaire sera encore augmenté et porté à :
- 50 % si l’employeur n’a pas pris l'une des mesures dont la non-exécution a justifié cette cotisation supplémentaire dans un délai fixé par le comité technique régional (délai de 6 mois maximum) ;
- 200 % si l’employeur persiste à refuser de prendre l’une des mesures dont la non-exécution a motivé la cotisation supplémentaire initiale dans un délai de six mois à compter de l'expiration du 1er délai fixé par le comité technique régional.
En cas de faute inexcusable de l’employeur… Lorsqu’un salarié, victime d’un accident du travail, obtient la reconnaissance de la faute inexcusable de son employeur, il bénéficie d’une majoration de sa rente d’incapacité. Elle lui est versée par la Caisse de sécurité sociale qui en obtient le remboursement auprès de l’employeur responsable. Par suite, la Caisse régionale de santé peut appliquer à l’employeur la cotisation supplémentaire dans les mêmes conditions que précédemment.
=> Pour en savoir plus sur le sujet, consultez notre fiche : La faute inexcusable de l’employeur.
Refus de prise en charge d’un accident du travail. Notez que la décision de refus de prise en charge de l’accident que la Caisse lui notifie est définitive à l’égard de l’employeur, quand bien même le salarié la contesterait avec succès. Par conséquent, l’employeur n’aura pas, dans une telle hypothèse, à supporter les dépenses afférant à l’accident du salarié et à la majoration de sa rente d’incapacité, qui n’auront pas non plus à être inscrites à son compte AT/MP.
Le cas spécifique des personnels administratifs
Principe. Lorsque des salariés ne sont pas exposés aux risques de l’activité principale de l’entreprise (sont visés principalement les personnels administratifs), et pour le calcul de leur cotisation nécessaire à la couverture des accidents du travail, le taux retenu correspond à un taux réduit appelé taux « bureau ».
Mais... Les entreprises de moins de 20 salariés (qui relèvent du taux collectif) et de 20 à 149 salariés (qui relèvent du taux mixte) peuvent demander l’application du nouveau taux « fonctions supports de nature administrative » pour ce personnel administratif, installé dans des locaux non exposés aux autres risques de l’entreprise. Sont considérées comme fonctions supports de nature administrative (parce qu’elles concourent à la réalisation des tâches de gestion administrative communes à toutes les entreprises) : le secrétariat, l’accueil, la comptabilité, les affaires juridiques, la gestion financière et les ressources humaines.
À compter du 1er janvier 2020. Le taux « bureau » disparaît définitivement au profit du nouveau taux « fonctions supports de nature administrative ». Si vous n’êtes pas éligible à ce nouveau dispositif, ou en l’absence de demande de taux fonctions supports, un seul taux (celui de votre activité principale) deviendra applicable à l’ensemble de vos salariés à compter du 1er janvier 2020.
Concrètement. Pour les entreprises comptant plus de 149 salariés (en tarification individuelle), ce taux sera calculé en fusionnant le taux de l’activité principale (coûts moyens et salaires) avec celui du taux bureau. La suppression du taux bureau conduira donc à baisser le taux de l’activité principale qui s’appliquera à l’ensemble des salariés. Pour les autres entreprises qui souhaiteraient bénéficier du taux fonctions supports pour les personnels administratifs, et ainsi optimiser le coût de la cotisation accident du travail de l’entreprise le cas échéant, il faut se rapprocher de votre caisse régionale d’assurance retraite et de santé au travail (CARSAT) pour demander l’application de ce taux (il faudra vous munir d’un plan détaillé des locaux de l’entreprise).
À noter. L’application du taux fonctions supports sera effective au 1er jour du mois qui suit la réception de votre demande par votre caisse.
À retenir
Votre cotisation visant à mutualiser le coût des accidents de travail, des accidents de trajet et des maladies professionnelles est déterminée par établissement et non par entreprise. Cependant, pour vous imposer un mode de tarification de la cotisation, l’effectif de l’entreprise doit être pris en compte. Le taux qui vous sera attribué pourra parfois être diminué ou augmenté pour tenir compte de votre action pour limiter la fréquence et la gravité des accidents de travail.
- Articles L241-5 du Code de la Sécurité sociale (pas d’exonération totale de cotisation)
- Articles L242-5 et L242-7 du Code de la Sécurité sociale
- Articles D242-6 et suivants du Code de la Sécurité sociale
- Loi n° 2019-1446 du 24 décembre 2019 de financement de la Sécurité sociale pour 2020 (article 83)
- Décret n° 2017-337 du 14 mars 2017 modifiant les règles de tarification au titre des accidents du travail et des maladies professionnelles du régime général
- Décret n° 2020-1232 du 8 octobre 2020 généralisant la dématérialisation des notifications des décisions relatives au taux de la cotisation due au titre des accidents du travail et des maladies professionnelles et au classement des risques dans les différentes catégories
- Arrêté du 19 septembre 1977 relatif à l’attribution de ristournes sur la majoration forfaitaire correspondant à la couverture des accidents de trajet
- Arrêté du 17 octobre 1995 relatif à la tarification des risques d'accidents du travail et de maladies professionnelles
- Arrêté du 6 décembre 1995 relatif à l'application du dernier alinéa de l'article D. 242-6-11 et du I de l'article D. 242-6-14 du code de la sécurité sociale relatifs à la tarification des risques d'accidents du travail et de maladies professionnelles
- Arrêté du 9 décembre 2010 relatif à l'attribution de ristournes sur la cotisation ou d'avances ou de subventions ou à l'imposition de cotisations supplémentaires en matière d'accidents du travail ou de maladies professionnelles
- Arrêté du 11 juillet 2017 abrogeant l'article 2 de l'arrêté du 17 octobre 1995 modifié relatif à la tarification des risques d'accidents du travail et des maladies professionnelles (décompte d’effectif)
- Arrêté du 8 octobre 2020 fixant les modalités de la notification électronique des décisions mentionnées au quatrième alinéa de l'article L. 242-5 du code de la sécurité sociale
- Arrêt de la Cour de cassation, 2ème chambre civile, du 15 mars 2018, n° 16-19043 (intérim et contestation du taux d’incapacité)
- Arrêt de la Cour de cassation, 2ème chambre civile, du 21 juin 2018, n° 17-20279 (tarification et établissements distincts)
- Arrêt de la Cour de cassation, 2e chambre civile, du 8 octobre 2020, n° 19-13730 (refus de prise en charge définitif à l’égard de l’employeur)
- Net-entreprises.fr, Actualité du 15 juin 2021 : Cotisations AT/MP : obligation légale de dématérialisation des taux
- Urssaf.fr, Actualité du 14 juin 2021, Cotisations AT/MP : obligation légale de dématérialisation des taux
- Ameli.fr, 13 juillet 2021, Compte AT/MP : Ouvrir un compte AT/MP (accidents du travail et maladies professionnelles)
- Actualité de ameli.fr du 2 novembre 2023 : « Inscrivez-vous au compte AT/MP avant le 11 décembre 2023 ! »
Les jeunes entreprises innovantes (JEI) : avantages sociaux
Jeunes entreprises innovantes : qui est concerné ?
Quelles entreprises ? Peuvent, sous conditions, bénéficier d’un avantage social les entreprises petites et moyennes entreprises embauchant moins de 250 salariés, créées depuis moins de 11 ans (pour les entreprises crées au plus tard le 31 décembre 2022) et pour les entreprises crées depuis moins de 8 ans (pour celles crées depuis le 1er janvier 2023), qui réalisent des projets de recherche et de développement et ayant le statut de jeune entreprise innovante (JEI) ou jeune entreprise universitaire (JEU).
Comment obtenir ce statut ? Pour avoir le statut de JEI, JEU ou JEC votre entreprise doit respecter un certain nombre de conditions, tenant notamment à son effectif et à son chiffre d’affaires, à son âge, etc.
Le saviez-vous ?
Vous pouvez demander à l’administration fiscale si vous remplissez les conditions vous permettant d’accéder au statut de JEI. Cette demande doit être formulée par écrit (ce que l’on appelle un « rescrit ») avant l’expiration du délai dont vous disposez pour déposer votre déclaration de résultats.
L’administration fiscale informera, à son tour, l’Urssaf dont dépend votre entreprise de la réponse qu’elle vous réserve, sans que vous ayez à faire une quelconque démarche auprès de l’administration sociale.
Une condition supplémentaire… Pour bénéficier de l’avantage social, la jeune entreprise innovante doit être à jour de de ses obligations déclaratives et de ses cotisations sociales à la date à laquelle elle applique pour la 1ère fois l’exonération. Si elle a déjà un plan d’apurement en place et qu’elle le respecte, elle est, dans ce cas, considérée à jour de ses déclarations et cotisations sociales. En cas d’impayé, l’avantage sera suspendu à compter du 1er mois suivant l’impayé. Cette condition est vérifiée pour chacune des périodes au titre desquelles l’exonération est appliquée.
Le saviez-vous ?
Si, au cours d'une année, l'entreprise ne satisfait plus à l'une des conditions requises pour bénéficier de l’avantage social, elle en perd le bénéfice pour l'année considérée, ainsi que pour toutes les années suivantes tant qu'elle ne satisfait pas à l'ensemble de ces conditions.
Attention ! L’avis de l’administration fiscale, tacite ou exprès, faisant suite à la demande d’une entreprise sur la reconnaissance de son statut de JEI :
- ne détermine pas l’éligibilité de l’entreprise au bénéfice de l’exonération de cotisations sociales ;
- est sans effet sur la prescription de 3 ans relative au remboursement des cotisations sociales indument versées (ce qui signifie qu’il ne lui sera pas possible de demander le remboursement des cotisations sociales qu’elle a versées il y a plus de 3 ans).
Jeunes entreprises innovantes : quelle exonération ?
Une exonération de cotisations sociales ? Les JEI éligibles à l’avantage social bénéficient d’une exonération des cotisations patronales de sécurité sociale et d’allocations familiales, sur certaines rémunérations.
Le saviez-vous ?
L’exonération ne porte que sur les cotisations patronales de sécurité sociale et d’allocations familiales. Cela signifie que les cotisations salariales de sécurité sociale restent dues, ainsi que :
- les cotisations accidents du travail-maladie professionnelle, ainsi que l’éventuelle majoration complémentaire d’accident du travail ;
- les contributions CSG et CRDS ;
- les cotisations (patronales et salariales) d’assurance chômage ;
- la contribution de solidarité pour l’autonomie ;
- la contribution au Fnal ;
- la contribution au dialogue social ;
- le versement transport ;
- le forfait social.
Une exonération pour tous les salaires ? L’exonération de cotisations patronales de sécurité sociale et d’allocations familiales porte sur les salaires versés aux seuls :
- salariés impliqués dans les projets de recherche et de développement (ingénieurs-chercheurs, techniciens, gestionnaires de projet de recherche et de développement, juristes chargés de la protection industrielle et des accords de technologie liés au projet, personnel chargé des tests pré-concurrentiels), s’ils y consacrent au moins 50 % de leur temps de travail ;
- mandataires sociaux participant à titre principal au projet de recherche et de développement de l'entreprise en y exerçant une activité de recherche ou une activité de gestion de ce projet. Sont visés :
- ○ les gérants minoritaires de SARL ou SELARL ou qui exercent les mêmes fonctions dans une société agricole,
- ○ les présidents-directeurs et directeurs généraux de SA ou qui exercent les mêmes fonctions dans une société agricole,
- ○ les présidents et dirigeants de SAS ou qui exercent les mêmes fonctions dans une société agricole.
Une exonération limitée. L’avantage social est plafonné : d’une part, l’exonération ne va s’appliquer que sur la part des rémunérations des salariés concernés située en-dessous de 4,5 Smic (soit 7951.14 € par mois pour l’année 2024) ; d’autre part, le montant de l’avantage, par établissement, ne pourra pas dépasser 5 PASS par année civile (soit 231840 € en 2024). Ce montant est calculé au prorata du nombre de salaires versés (au cas où les rémunérations seraient versées sur des années incomplètes, en raison d’un départ, par exemple).
Une exonération temporaire. L'exonération de cotisations patronales de sécurité sociale et d’allocations familiales est limitée dans le temps : elle est applicable jusqu'au dernier jour de la 7ème année suivant celle de la création de l’entreprise ou de l'établissement.
Le saviez-vous ?
Cet avantage social n’est pas cumulable, pour l’emploi d’un même salarié :
- ni avec le bénéfice d’une aide à l’emploi accordée par l’Etat ;
- ni avec une autre exonération totale ou partielle de cotisations patronales de sécurité sociale (sauf la déduction forfaitaire patronale pour heures supplémentaires) ;
- ni avec l'application de taux spécifiques, d'assiettes ou de montants forfaitaires de cotisations.
A retenir
La qualité de JEI permet aux entreprises de bénéficier d’un avantage social qui peut s’avérer intéressant. Cependant, il ne suffit pas d’avoir cette qualité pour être exonéré de cotisations sociales : il existe des conditions tenant aux emplois, aux rémunérations, à votre situation au regard de l’administration sociale…
- Article 44 sexies-0 A et article 44 sexies A du Code Général des Impôts
- Loi n° 2003-1311 du 30 décembre 2003 de finances pour 2004, article 131 ; article 13, I-G
- Loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020, article 46
- Loi n° 2021-1900 du 30 décembre 2021 de finances pour 2022, article 11
- Décret n° 2004-581 du 21 juin 2004 instituant une exonération des cotisations patronales de sécurité sociale en faveur de la jeune entreprise innovante
- Lettre circulaire Acoss n° 2009-091 du 8 décembre 2009 sur l'exonération de cotisations patronales pour les jeunes entreprises universitaires
- Lettre circulaire Acoss n° 2015-048 du 20 octobre 2015 sur l'exonération de cotisations patronales pour les jeunes entreprises innovantes
- Arrêt de la Cour de Cassation, 2ème chambre civile, du 25 janvier 2018, n° 16-27325 (reconnaissance tardive de la JEI et remboursement des cotisations sociales)
- Actualité BOFiP du 7 novembre 2018, BOI-RES-000014 (rescrit JEI)
- Actualité BOSS du 25 mars 2024 : nouvelle rubrique relative au dispositif JEI
Décompter vos effectifs « droit du travail »
Dans quel cas faut-il appliquer le décompte de l’effectif « droit du travail » ?
Application du décompte « droit du travail ». Le décompte de l’effectif « droit du travail » s’applique aux obligations prévues par le code du travail. Par exemple :
- le document unique d’évaluation des risques ;
- l’accord collectif par référendum ;
- etc.
Par exception : application du décompte de l’effectif sécurité sociale. Le décompte de l’effectif « sécurité sociale » s’applique pour de nombreuses obligations prévues par le code du travail. Il convient donc d’être vigilant !
Comment se compose votre effectif ?
Des salariés. En principe, tous les salariés titulaires d’un contrat de travail sont pris en compte dans le décompte de l’effectif. Il s’agit donc :
- des salariés à temps plein ou à temps partiel ;
- des intermittents ;
- des salariés en CDI ;
- des salariés en CDD ;
- des salariés en période d’essai, ou en cours de préavis ;
- des salariés dont le contrat de travail est suspendu,
- etc.
Des exclusions. Sont en revanche exclus du décompte du code du travail pour le calcul des effectifs :
- les salariés titulaires d’un CDD et les salariés temporaires lorsqu’ils remplacent un salarié absent ou dont le contrat de travail est suspendu, notamment du fait d’un congé de maternité, d’un congé d’adoption ou d’un congé parental d’éducation ;
- les apprentis ;
- les titulaires d’un contrat initiative-emploi ou d’un contrat d’accompagnement dans l’emploi pendant la durée d’attribution de l’aide financière qui y est rattachée ;
- les titulaires d'un contrat de professionnalisation jusqu'au terme prévu par le contrat lorsque celui-ci est à durée déterminée ou jusqu'à la fin de l'action de professionnalisation lorsque le contrat est à durée indéterminée.
Le saviez-vous ?
Les salariés en contrat initiative-emploi ou d’accompagnement dans l’emploi sont pris en compte dans l’effectif pendant la durée d’attribution de l’aide afférente dans deux cas : pour l’application des règles relatives aux institutions représentatives du personnel et, pour celles liées à la tarification des risques d’accidents du travail et de maladies professionnelles.
Cas des salariés mis à disposition. Les salariés des entreprises sous-traitantes ou prestataires qui travaillent dans une entreprise utilisatrice sont par principe pris en compte dans l’effectif de l’employeur. En revanche, ces salariés seront décomptés dans l’effectif de l’entreprise utilisatrice à la condition d’être présents dans les locaux de l’entreprise utilisatrice et d’y travailler depuis au moins un an.
Cas des salariés temporaires (intérimaires). Les salariés temporaires sont pris en compte dans l’effectif de l’entreprise utilisatrice à due proportion de leur temps de présence au cours des 12 mois précédents.
Comment calculer l’effectif selon le code du travail ?
Les CDI à temps plein. Les salariés titulaires d'un contrat de travail à durée indéterminée à temps plein et les travailleurs à domicile sont pris intégralement en compte dans l'effectif de l'entreprise.
Les CDD, contrat de travail intermittent, mis à disposition ou temporaires. Ces salariés sont pris en compte au prorata de leur présence dans l’entreprise au cours des 12 mois précédents.
Les temps partiels. Les salariés à temps partiel, quelle que soit la nature de leur contrat de travail, sont pris en compte en divisant la somme totale des horaires inscrits dans leurs contrats de travail par la durée légale ou la durée conventionnelle du travail.
Un effectif à virgule, est-ce possible ? Rien n’est prévu au niveau légal lorsque le calcul de l’effectif abouti à un nombre qui n’est pas entier. Dans une affaire datant de 2008, le juge a précisé que pour une entreprise dont l’effectif était de 74,5 salariés, il n’y avait pas lieu de l’arrondir au nombre entier supérieur.
Exemple. La mise en place d’un règlement intérieur est obligatoire dans les entreprises employant au moins 50 salariés. Si l’entreprise a un effectif de 49,7, il n’y a pas d’obligation d’arrondir au nombre entier supérieur, elle n’aura donc pas l’obligation de mettre en place un règlement intérieur.
Que faire en cas de variation d’effectif ?
Gel des effets de seuil ? Ici aussi, rien n’est prévu au niveau légal. Le code du travail ne prévoit pas de mécanisme général de neutralisation de franchissement de seuils (comme pour le calcul des effectifs du code de la Sécurité sociale). Pour autant, il existe des dispositions spécifiques de gel des effets de seuil, tels que le franchissement des seuils de 50 ou 300 salariés pour les attributions du CSE.
Variation d’effectif pour le CSE. Après la mise en place du CSE, si l’effectif de l’entreprise atteint pendant 12 mois consécutifs, le seuil d’au moins 50 salariés, le comité dispose alors d’attributions étendues à l’expiration d’un délai de 12 mois à compter de la date à laquelle le seuil de 50 salariés a été atteint pendant 12 mois consécutifs.
A retenir
Le décompte de votre effectif selon les règles du code du travail implique de prendre en compte tous les salariés avec lesquels vous avez un contrat de travail. Certains salariés sont néanmoins exclus. Connaître son effectif est vital pour savoir à quelles obligations vous êtes tenu.
- Articles L 1111-1 à L 1111-3 du Code du travail (calcul effectif du droit du travail)
- Article L 2312-2 du Code du travail (variation d’effectif pour le CSE)
- Articles L 130-1 du Code de la Sécurité sociale (calcul effectif de la Sécurité sociale)
- Articles R 130-1 et R130-2 du Code de la Sécurité sociale (calcul effectif de la Sécurité sociale)
- Loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises, article 11
- Décret n° 2017-858 du 9 mai 2017 relatif aux modalités de décompte et de déclaration des effectifs, au recouvrement et au calcul des cotisations et des contributions sociales
- Décrets n° 2019-1586 et n° 2019-1591 du 31 décembre 2019 relatif aux seuils d'effectif
- Circulaire DRT 13 du 25 octobre 1983 (les salariés dont le contrat de travail est suspendu sont inclus dans le décompte du Code du travail)
- Bulletin officiel de la Sécurité sociale (BOSS), rubrique « Comptabilisation des effectifs » (entrée en vigueur différée au 1er septembre 2022)
- Actualité du Bulletin officiel de la Sécurité sociale (BOSS), du 29/04/2022, « Publication de la rubrique relative au calcul de l’effectif »
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre sociale, du 7 avril 1976, n° 75-60174 (les salariés en période d’essai sont inclus dans le décompte du Code du travail)
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre sociale, du 13 mars 1985, n° 84-60731 (les salariés en cours de période d’essai sont inclus dans le décompte du Code du travail)
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre sociale, du 17 juin 2009, n° 08-60594 (pas d’arrondi pour l’effectif)
Appliquer la déduction forfaitaire spécifique aux cotisations sociales
Appliquer la déduction forfaitaire spécifique : quelques conditions…
Remboursement des frais professionnels… Dès lors que l’un de vos collaborateurs engage des frais pour les besoins de son activité professionnelle (la dépense étant inhérente à l’emploi) et dans l’intérêt de l’entreprise, ils doivent lui être remboursés.
…soumis à cotisations sociales ? Le remboursement des frais professionnels ne s’impute pas sur la rémunération du salarié et n’est, en principe, pas soumis à cotisations sociales. Pour en être exonéré, vous devez justifier des frais réellement engagés par vos salariés ou respecter les barèmes concernés qui fixent les limites au-delà desquelles vos remboursements seront soumis à cotisations.
Cas particulier de certaines professions. Certaines professions doivent faire face à des frais professionnels bien plus importants que d’autres. Dans ce cas, l’employeur est autorisé à appliquer une déduction forfaitaire spécifique sur ses cotisations sociales. Le taux de cette déduction forfaitaire dépend de la profession exercée par le salarié. Ce sera le cas par exemple des ouvriers du bâtiment, des chauffeurs de cars, des journalistes, etc.
Sous conditions. Non seulement le salarié doit faire partie de la liste des professions fixée par la réglementation, mais il doit aussi exposer effectivement des frais professionnels à l’occasion de l’exercice de son activité professionnelle. A cet égard, il appartient à l'employeur de démontrer que le salarié a réellement engagé des frais professionnels.
Le saviez-vous ?
En pratique, les ouvriers de nettoyage sont assimilés aux ouvriers du bâtiment alors qu’ils ne sont pas prévus par la Loi. Vous pouvez donc appliquer la même déduction forfaitaire spécifique pour ces ouvriers mais c’est à la condition qu’ils soient contraints de se déplacer sur plusieurs sites pour votre compte.
A noter. L’application de cette déduction ne dépend pas de l’activité de l’entreprise mais de la profession exercée par le ou les salariés concernés. Lorsqu'un salarié exerce plusieurs professions au sein d’une même entreprise, certaines ouvrant droit à la déduction forfaitaire spécifique, la déduction forfaitaire spécifique ne s’appliquera qu’aux revenus tirés de la profession concernée.
Opter pour la déduction forfaitaire spécifique. Aucun employeur n’est obligé d’opter pour la déduction forfaitaire spécifique, il s’agit uniquement d’une faculté pour lui. Cette option est soumise à la condition qu’un accord collectif le prévoie ou que le comité social et économique (CSE) l’ait autorisé.
Consentement du salarié. A défaut d'accord collectif ou d'accord du CSE, l’employeur doit demander individuellement à chaque salarié s’il accepte que la déduction forfaitaire spécifique pour frais professionnels s’applique à ses cotisations sociales. Notez que l’employeur doit s’assurer annuellement du consentement de ses salariés.
Et en cas d’application à tort de la déduction ? Notez que lorsqu’un employeur applique, à tort, une déduction forfaitaire spécifique pour le calcul des cotisations sociales de l’un de ses salariés et que cela a une incidence négative sur les droits sociaux de ce salarié, il peut être condamné à verser des dommages et intérêt aux fins de réparer le préjudice subi par ce même salarié.
Comment obtenir l’accord du salarié ? Pour obtenir le consentement du salarié, l’employeur doit mettre en œuvre une procédure consistant à informer chaque salarié concerné sur le dispositif de la DFS et ses conséquences sur la validation de ses droits.
Précisions Vous pouvez prévoir une clause dans le contrat de travail, selon laquelle le salarié accepte que la base de calcul de ses cotisations sociales soit déterminée après application de la déduction forfaitaire spécifique. Un avenant au contrat de travail peut être rédigé en ce sens. Sinon, vous pouvez aussi adresser une lettre recommandée avec AR à chaque salarié concerné pour l’informer de ce dispositif et de ses conséquences sur la validation de ses droits (notamment en termes de retraite). Dans ce cas, votre courrier doit être accompagné d'un coupon-réponse d'accord ou de refus à retourner par le salarié. L’absence de réponse du salarié vaut acceptation. La décision du salarié prendra alors effet à compter de l’année suivante.
Quelles conséquences ? Un salarié peut refuser d’appliquer la déduction forfaitaire spécifique parce que cette méthode de calcul influera sur le montant de ses cotisations sociales, notamment en termes de retraite. Cela peut avoir pour effet de diminuer sa pension de retraite.
En cas de changement d’avis ? Vous pouvez revenir également sur votre option (en pratique, lors de l'établissement de la DSN). Mais il est également possible que les signataires de l’accord collectif décident de réformer l’accord. Dans ce cas, la modification ne prendra pas effet pour l’année en cours mais pour l’année suivante. Enfin, il est également possible pour le salarié de revenir sur l’accord qu’il a donné, avant le 31 décembre de l’année en cours. Cependant, sa décision ne pourra être prise en compte que pour l’année suivante.
Un consentement annuel ? Dans certaines situations, l’employeur devra, à compter du 1er janvier 2022, recueillir chaque année le consentement des salariés à bénéficier de la déduction forfaitaire spécifique, notamment :
- en l’absence de mention prévoyant l’application de la DFS dans l’accord collectif (de branche ou d’entreprise) ;
- en l’absence d’accord du CSE.
Précisions. Notez qu’en cas de contrôle, jusqu’au 31 décembre 2022, l’Urssaf procédera uniquement à une demande de mise en conformité pour l’avenir.
Le saviez-vous ?
Pour bénéficier de la « réduction Fillon », sachez qu’en principe, la rémunération prise en compte dans la formule de calcul du coefficient de cette réduction ne tient compte de la déduction forfaitaire spécifique que dans une certaine limite.
Un avantage plafonné. Ainsi, pour les employeurs des salariés bénéficiant d'une déduction forfaitaire spécifique pour frais professionnels, l'application du calcul relatif à la détermination du coefficient des allègements généraux (« réduction Fillon ») ne doit pas leur procurer, sur une année donnée, un gain monétaire supérieur à 130 % du gain perçu par un employeur dont le salarié ne bénéficie pas de la déduction forfaitaire spécifique à rémunération identique.
CICE. L’application de la DFS est également compatible avec le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE). La base de calcul de ce crédit d’impôt sera alors la rémunération après application de la déduction. En cas de cumul des deux dispositifs, les remboursements de frais professionnels, s’ils donnent lieu à cotisations, sont réintégrés dans la base de calcul de ce crédit d’impôt.
Appliquer la déduction forfaitaire spécifique : quelques chiffres…
Appliquer la déduction forfaitaire spécifique. La déduction forfaitaire spécifique constitue un abattement. Celui-ci s’appliquera sur l’ensemble des rémunérations versées au salarié, frais professionnels inclus.
Quelles sont les sommes entendues comme rémunérations ? Pour déterminer la base de calcul des cotisations, il faut tenir compte de toutes les rémunérations versées au salarié. C’est-à-dire non seulement son salaire de base mais aussi :
- ses indemnités,
- ses primes ou gratifications,
- les sommes versées au salarié à titre de remboursement des frais professionnels.
DFS. En cas d’application d’une DFS, notez que les indemnités versées par l’employeur au salarié au titre de remboursement de frais professionnels (ou les prises en charges directes par l’employeur) doivent être réintégrées dans la base de calcul des cotisations, avant même d’appliquer la déduction.
Des exceptions. Il existe toutefois des exceptions à l’inclusion des rémunérations dans la détermination de l’assiette de cotisations :
- les remboursements de frais professionnels aux salariés relevant de certaines professions bénéficiant d'une déduction forfaitaire spécifique dont le montant est notoirement inférieur à la réalité des frais professionnels exposés par lui ;
- les rémunérations versées au titre d'avantages venant en contrepartie de contraintes professionnelles particulièrement lourdes;
- les frais de transport exposés à l’occasion des voyages de début et fin de chantier ainsi que les voyages de détente prévus par les conventions collectives du bâtiment et des travaux publics ;
- l’avantage tiré en cas de mise à disposition par l’employeur d’un véhicule de transport en commun à destination des salariés pour les conduire sur le lieu de travail.
=> Pour connaître précisément les exceptions, consultez notre annexe.
De nouvelles exceptions… provisoires... De nouvelles exceptions sont tolérées jusqu’au 31 décembre 2022 :
- prise en charge directe par l’employeur auprès d’un tiers (hôtelier, restaurateur, entreprise de taxi…) des frais de son salarié en situation de déplacement professionnel ;
- remboursement des dépenses d’entretien des vêtements de travail ;
- remboursement des dépenses engagées par le salarié dans le cadre de sa participation, à la demande de son employeur, à titre exceptionnel, à des manifestations organisées dans le cadre de la politique commerciale de l’entreprise ;
- remboursement des dépenses engagées par le salarié ou prises en charge directement par l’employeur à l’occasion des repas d’affaires dûment justifiés (sauf abus manifeste).
… et pérennes. Depuis le 22 octobre 2021, il est admis que les frais exposés par les salariés afin d’acheter ou d’entretenir du matériel ou des fournitures (bureautique, vêtements de travail…) pour le compte de l’entreprise, alors même que l’exercice normale de l’activité ne le prévoit pas, ne doivent pas être intégrés dans la base de calcul des cotisations sociales avant d’appliquer la DFS.
Quelles sont les cotisations concernées ? La déduction forfaitaire spécifique s’applique à la base de calcul des cotisations de Sécurité sociale et à toutes les cotisations qui reposent sur la même assiette (contribution de solidarité autonomie, versement transport, contribution au Fonds national d’aide au logement, cotisations chômage – sauf pour les journalistes – et cotisations de retraite complémentaire). En revanche, le calcul de la CSG et de la CRDS est effectué sur la base du salaire brut, sans abattement.
Une déduction limitée. L’abattement maximum pratiqué dans le cadre de la déduction forfaitaire spécifique est fixé à 7 600 € par année civile et par salarié (dans le respect des taux applicables selon la profession exercée). Sachez, en outre, que l’application de l’abattement ne peut avoir pour effet de ramener la base de cotisations sociales en deçà de l’assiette minimum de cotisations (correspondant au Smic).
Concrètement... Pour déterminer la base de calcul des cotisations sociales, vous devez appliquer le taux d’abattement relatif à la profession de votre salarié (référez-vous à notre annexe pour vérifier le taux applicable). S’il excède le montant du plafond de 7 600 €, c’est alors ce plafond qui s’appliquera. Vous déduirez donc cette somme du montant des rémunérations versées. Le produit qui en résultera servira de base au calcul des cotisations sociales.
Le saviez-vous ?
Si « Rémunération totale (incluant les frais professionnels) – taux d’abattement > 7 600 € » alors, « base de calcul = rémunération totale – plafond de 7 600 € ».
Exemple. Pour un salarié percevant une rémunération annuelle de 30 000 € (salaire de base et toutes indemnités confondues) et dont la profession lui permet de bénéficier d’un abattement de 10 %, vous appliquerez le calcul suivant : 30 000 – 10 % = 3 000. Le montant de l’abattement étant inférieur au plafond de 7 600 €, c’est ce montant de 3 000 € que vous retiendrez. Vous déduirez donc 3 000 € de la rémunération totale versée (30 000 €), ce qui vous fera une base de 27 000 € pour calculer les cotisations sociales dues sur la rémunération de ce salarié.
A retenir
La déduction forfaitaire spécifique s’applique aux rémunérations versées à certains salariés en fonction de leur profession, sous réserve d’un accord préalable (accord collectif ou accord individuel de chaque salarié). Le taux de cette déduction dépend du métier exercé par le salarié. Dans tous les cas, elle est nécessairement plafonnée à 7 600 € par an et par salarié.
- Loi n° 2017-1836 du 30 décembre 2017 de financement de la sécurité sociale pour 2018, article 9
- Article L 242-1 alinéa 3 du Code de la Sécurité sociale
- Arrêté du 20 décembre 2002 relatif aux frais professionnels déductibles pour le calcul des cotisations de sécurité sociale (article 9)
- Arrêté du 25 juillet 2005 modifiant l’arrêté du 20 décembre 2002 relatif aux frais professionnels déductibles pour le calcul des cotisations de sécurité sociale (annexe)
- Circulaire DSS/SDFSS/5B/N°2005/376 du 4 août 2005 modifiant la circulaire DSS/SDFSS/5B/n° 2003/07 du 7 janvier 2003 relative à la mise en œuvre de l’arrêté du 10 décembre 2002 relatif à l’évaluation des avantages en nature en vue du calcul des cotisations de sécurité sociale et de l’arrêté du 20 décembre 2002 relatif aux frais professionnels déductibles pour le calcul des cotisations de sécurité sociale
- Circulaire DSS/SDFSS/5B/N°2005/389 du 19 août 2005 relative à la publication des quatre questions-réponses concernant la mise en œuvre de la réforme et de la réglementation des avantages en nature et des frais professionnels introduite par les arrêtés des 10 et 20 décembre 2002 modifiés et la circulaire du 7 janvier 2003 modifiée (question 57 relative au changement d’avis du salarié)
- Bulletin Officiel de la Sécurité Sociale (BOSS), Frais professionnels, §§2215, 2260 et 2270
- Bulletin Officiel de la Sécurité Sociale (BOSS), Frais professionnels, §§1905, 2180, 2190 et 2290
- Arrêt de la Cour de Cassation, 2ème chambre civile, du 6 octobre 2016, n° 15-25435 (application de la déduction forfaitaire spécifique aux ouvriers de nettoyage affectés sur plusieurs sites par un seul et même employeur)
- Réponse ministérielle Zumkeller, Assemblée Nationale, du 3 décembre 2019, n° 18645
- Arrêté du 4 décembre 2019 relatif au bénéfice de la réduction prévue à l'article L. 241-13 du code de la sécurité sociale pour les employeurs entrant dans le champ de la déduction forfaitaire spécifique
- Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 16 juin 2021, n° 20-12705 (personnel navigant commercial et application à tort de la DFS : réparation du préjudice subi)
Payer le versement transport (ou « versement mobilité »)
Versement transport : qui est concerné ?
Qui peut être concerné ? Toutes les entreprises, publiques ou privées, peuvent être soumises au versement de transport ou versement mobilité, à condition d’atteindre un seuil d’effectif déterminé et d’exercer son activité dans une zone où le versement transport est instauré. Notez toutefois qu’en dehors de la région Ile-de-France, la mise en place du versement mobilité par les collectivités locales, en charge de la mobilité, est subordonnée à la mise en place d’un service régulier de transport public.
Qui n’est pas concerné ? Les associations ou fondations à but non lucratif, reconnues d'utilité publique et exerçant une activité à caractère social ne sont pas soumises au versement transport. Attention toutefois : ces conditions sont cumulatives. Les associations concernées bénéficient de l’exonération du versement transport sur décision expresse de l’autorité organisatrice de la mobilité ou, en Ile-de-France, du Stif (Syndicat des transports d’Ile-de-France).
Une nouvelle exception. Depuis le 1er janvier 2021, les associations intermédiaires sont également exonérées du versement transport (dans et hors région Ile-de-France).
À noter. Une activité de nature sociale n’est pas légalement définie. Ce sont donc divers faisceaux d’indices qui pourront caractériser une activité de nature sociale, et notamment l’analyse de l’activité en elle-même, du financement de l’association (au moyen ou non de fonds publics), de l’activité des bénévoles (participation aux actions de l’association ou cantonnement aux seules tâches administratives), etc.
Exemple. Une association sportive pourra bénéficier d’une exonération du versement transport si elle parvient à prouver le caractère prépondérant de son action sociale en faveur d’une (ou de plusieurs) population(s) dans le besoin.
Contre-exemple. Tel n’est pas le cas d’une association qui prétend favoriser l’accès à la pratique sportive à tout type de population (personnes de nationalités étrangères, handicapées, mineurs isolés, etc.) alors qu’une une très petite minorité de ses adhérents sont des personnes de nationalité étrangère, qu’une minorité encore plus infirme sont des personnes handicapées bénéficiant d’une adhésion à tarif réduit (la réduction n’étant, par ailleurs, que de 40 %) et que le nombre de mineurs isolés qui auraient accès gratuitement au sport n’est pas communiqué.
Le saviez-vous ?
Pour voir si la commune impose un versement transport, connectez-vous sur 'Versement mobilité-Urssaf.fr'
Un seuil d’effectif. Sont concernées les entreprises qui emploient plus de 10 salariés. Si vous venez d’embaucher votre 11ème salarié, vous êtes dispensé de versement transport pendant 3 ans. Les 3 années suivantes, vous bénéficierez d’un taux réduit de la contribution (respectivement, pour chaque année suivante, réduit de 75 %, 50 % et 25 %).
À noter. Cette dispense, suivie de la réduction de taux pendant 3 ans, suppose que vous ayez déjà embauché au moins 1 salarié et que vous procédiez à un accroissement de votre effectif. Autrement dit, vous ne pouvez pas bénéficier de la dispense, suivie de la réduction de taux pendant 3 ans, si vous passez soudainement de 0 à 11 salariés : les juges considèrent qu’il ne s’agit pas d’un « accroissement » de l’effectif.
Optimisation de la zone de rattachement. Si votre entreprise dispose de salariés itinérants (dépanneurs, chauffeurs-livreurs, etc…), il faut tenir compte du lieu où ils exercent leur activité principale. Celle-ci dépend du temps passé par le salarié sur une période de paie et non de sa rémunération. En cas de contrôle, il vous appartient de justifier que le salarié concerné est bien affecté sur ce lieu d’activité. Néanmoins, s’il n’est pas possible de déterminer le lieu de l’activité principale, le versement transport n’est pas dû. Quant aux salariés affectés sur des chantiers, c’est le lieu du chantier, quand sa durée excède 1 mois, qui permet de déterminer si le versement transport est dû.
Catégories spécifiques de salariés. La détermination de l’effectif pourra entraîner un assujettissement ponctuel de certains salariés à cette contribution :
- pour les salariés titulaires d'un contrat de mission avec une entreprise de travail temporaire ou d'un contrat de travail conclu avec un groupement d'employeurs, il faut prendre en compte le lieu d'exécution de leur mission ou de leur activité dans chacune des zones où est institué le versement transport ;
- pour les autres salariés qui exercent leur activité hors d'un établissement de leur employeur, il faut prendre en compte le lieu où est exercée cette activité plus de 3 mois consécutifs dans chacune des zones où est institué le versement transport.
Le saviez-vous ?
Pour les entreprises de transport routier ou aérien, si leurs salariés navigants exercent leur activité à titre principal en dehors d'une zone où a été institué le versement transport, ils ne sont pas pris en compte pour la détermination des effectifs servant au calcul du versement transport.
Exemple. Vous employez régulièrement 20 salariés : 12 travaillent au siège de l’entreprise, 5 travaillent dans les locaux d’un établissement secondaire et 3 sont affectés à ce même établissement mais sont amenés à faire des déplacements quotidiens dans le département. Si la commune où est située le siège de l’entreprise a institué le versement transport, vous êtes tenu de payer la contribution pour les 12 salariés concernés. Pour la commune où est situé l’établissement secondaire, vous n’avez pas atteint le seuil d’effectif vous imposant le versement de la contribution.
Versement transport : combien et comment ?
Un taux de cotisation… Le montant de la contribution dépend d’un taux défini par le syndicat des transports d’Ile-de-France (STIF), pour cette région, ou, pour les communes ou communautés de communes d’autres régions, par délibération du conseil municipal ou de l'organe délibérant compétent. Notez qu’un salarié n’est pris en compte pour l'assujettissement de son employeur au versement de transport que si son lieu effectif de travail, à l'exclusion de l'établissement auquel il est rattaché, se situe dans le périmètre où est institué ce versement.
À noter. Les syndicats mixtes compétents peuvent moduler le taux du versement mobilité (selon la densité de la population et de son potentiel fiscal). Ils peuvent également, sous conditions, instituer un versement additionnel.
… établi périodiquement. Tout changement de taux ne peut entrer en vigueur que le 1er janvier ou le 1er juillet. Les autorités qui les définissent doivent communiquer leur décision à l’URSSAF, qui est l’organisme collecteur de la contribution, au moins 2 mois avant leur entrée en vigueur (c’est-à-dire le 1er mai ou le 1er novembre). L’URSSAF doit, à son tour, informer les entreprises assujetties de cette évolution un mois avant que le nouveau taux ne devienne applicable (soit le 1er juin ou le 1er décembre).
Une base de calcul. Le taux du versement transport s’applique à l’ensemble des rémunérations soumises à cotisations sociales. L’assiette de cette contribution est donc la même que celle des cotisations sociales.
Recouvrement. Le versement de transport doit être acquitté dans les mêmes conditions que les cotisations sociales, c’est-à-dire à l’Urssaf. À ce titre, vous ne pouvez réclamer les cotisations indument payées, directement à l’Urssaf, que pendant une période de 3 ans.
Le saviez-vous ?
Les entreprises de travail temporaire (ETT) doivent souscrire une garantie financière pour assurer le paiement des salaires et des charges sociales. Mais le versement de transport ne constituant pas une cotisation sociale, la caution n’a pas à en assurer le paiement, en cas de défaillance de l’ETT.
Attention. Si vous ne versez pas vos contributions aux dates d’échéance qui vous sont applicables, vous encourez une majoration de retard, fixée à 5 % du montant des cotisations, assortie d’une majoration complémentaire de 0,4 % par mois ou fraction de mois écoulé, à compter de la date d'exigibilité.
Déclaration. Le versement mobilité doit être déclaré via la Déclaration Sociale Nominative (DSN) le 5 ou le 15 de chaque mois.
À retenir
Le versement transport est une contribution que toutes les entreprises sont susceptibles de payer, dès lors qu’elles dépassent un seuil d’effectif. Il est destiné au financement du développement du réseau de transport en commun. Son taux peut changer évoluer régulièrement.
- Articles L2333-64 et suivants du Code général des collectivités territoriales (toutes les communes sauf Ile-de-France)
- Articles L2531-2 et suivants du Code général des collectivités territoriales (Ile-de-France)
- Articles D2333-92 du Code général des collectivités territoriales (toutes les communes sauf Ile-de-France)
- Articles D2531-10 du Code général des collectivités territoriales (Ile-de-France)
- Article L243-6 du Code de la Sécurité sociale (prescription des cotisations indues)
- Article R243-18 du Code de la Sécurité sociale (pénalités en cas de retard de paiement)
- Loi n° 2019-1428 du 24 décembre 2019 d’orientation des mobilités (article 13)
- Loi n° 2020-1721 du 29 décembre 2020 de finances pour 2021 (article 125, exonération de versement transport pour les associations intermédiaires)
- Décret n° 2017-858 du 9 mai 2017 relatif aux modalités de décompte et de déclaration des effectifs, au recouvrement et au calcul des cotisations et des contributions sociales
- Lettre circulaire Acoss n° 2005-087 du 6 juin 2005 relative à la réglementation applicable en matière de versement transport
- Lettre circulaire Acoss n° 2021-0000004 du 20 mai 2021 relative à la modification du champ d'application et du taux de versement transport
- Lettre circulaire Acoss n° 2023-0000002 du 26 mai 2023
- Lettre circulaire n° 2023-0000009 du 27 novembre 2023
- Actualité de l'Urssaf du 11 juin 2021 : « Nouveaux taux de versement mobilité au 1er juillet 2022 »
- Actualité de l’Urssaf du 30 juin 2023 : « Nouveaux taux de versement mobilité au 1er juillet 2023 »
- Actualité de l’Urssaf du 28 novembre 2023 : « Nouveaux taux de versement mobilité au 1er janvier 2024 »
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre sociale, du 5 février 1998, n° 96-12661 (conditions cumulatives d’exonération des fondations et associations)
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre sociale, du 10 décembre 1998, n° 97-13628 (ETT et organisme de caution)
- Arrêt de la Cour de cassation, 2e chambre civile, du 6 octobre 2016, n° 15-24714 (prescription de 3 ans pour les indus)
- Arrêts de la Cour de cassation, 2e chambre civile, du 15 juin 2017, n°16-12510 et 16-12551 (compétence de l’Urssaf pour le remboursement des indus)
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre sociale, du 21 décembre 2017, n° 16-27835 (exonération propre aux associations exerçant une activité sociale)
- Arrêts de la Cour de cassation, 2e chambre civile, du 15 mars 2018, n° 17-10276 (accroissement de l’effectif)
- Arrêt de la Cour de cassation, 2e chambre civile, du 21 juin 2018, n° 17-19781 (caractère social de l’activité d’une association sportive non établi systématiquement)
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre sociale, du 12 mai 2021, n° 20-14887 (lieu de travail effectif des salariés)
Gérer les rémunérations ou avantages versés à des tiers
Des rémunérations soumises à cotisations sociales : qui ?
Par principe, toute somme ou avantage octroyé(e) à un salarié, même par une personne qui n'a pas la qualité d'employeur, est soumis(e) à cotisations sociales, CSG et CRDS, dès lors que cette rémunération, ou cet avantage, est consenti(e) en contrepartie d'une activité accomplie dans l'intérêt de la personne qui rémunère.
Qui assure le paiement des cotisations ? Si vous versez une rémunération à un salarié d’une autre entreprise, c’est à vous qu’il appartient de payer les cotisations sociales.
Le saviez-vous ?
Si vous versez une somme globale à une entreprise qui déterminera elle-même la répartition entre ses salariés, il appartient à l’employeur d’assumer la déclaration et le paiement des cotisations sociales, selon les modalités applicables aux salaires de ses collaborateurs.
Condition de salariat. Pour être considéré comme tiers vis-à-vis du bénéficiaire, il ne faut pas qu’il soit placé sous votre direction (il ne faut pas de lien de subordination entre ce bénéficiaire et vous). Il doit être salarié d’une autre entreprise ou assimilé. Cela signifie que si vous souhaitez récompenser un travailleur indépendant, celui-ci déclare lui-même la rémunération ou l’avantage octroyé dans ses revenus.
Information de l’employeur. Vous devrez informer l’employeur du bénéficiaire de la rémunération versée et des cotisations et contributions acquittées. Pour cela, vous lui transmettrez une copie du document fourni au salarié, recensant l’ensemble de ces montants. Vous effectuerez cette transmission au plus tard le 1er jour du mois suivant le règlement des avantages ou sommes, ou au plus tard le 30 juin de l’année civile suivant celle de ce règlement.
Une information à conserver ! Veillez à conserver vous-même une copie de ce document, faisant état des sommes versées et des cotisations ou contributions acquittées, et à le tenir à disposition des agents de contrôle de l’Urssaf, le cas échéant.
Cas des sommes versées par l’intermédiaire de tiers. Toutes les sommes versées à des salariés, même par l’intermédiaire de tiers, sont soumises à cotisations sociales. Dans une affaire, un employeur a été contraint de payer des cotisations sociales sur des sommes qu’il faisait verser, par un Institut, non pas à ses salariés mais aux enfants de celui-ci. Les sommes étaient versées sur un compte bancaire particulier que les enfants de ses salariés pouvaient débloquer à l’âge de 19 ans.
Des rémunérations soumises à cotisations sociales : quoi ?
Une rétribution... Les sommes et avantages attribués en contrepartie du service rendu par le salarié tiers sont soumis à cotisations sociales. Il peut s’agir d’un paiement en argent, de bons d’achats ou de chèques-cadeaux, d’avantages en nature…
Mais… Les sommes qui seraient qualifiées de remboursement de frais professionnels si elles étaient versées par l’employeur ne sont pas soumises à ce dispositif. Sont exclus également :
- les voyages d’information et de formation, congrès, séminaires professionnels, notamment dans le secteur du tourisme, donnant lieu à des sujétions professionnelles qui mobilisent le bénéficiaire, si ces voyages ou séminaires sont effectués ou organisés à vos frais, avec l’accord de l’employeur, en dehors des congés du salarié, sans que celui-ci ne soit accompagné à vos frais de membres de sa famille ou de personnes de son choix ;
- votre prise en charge des frais de participation aux réunions à but d’information, de formation et d’animation de réseaux de vente ou de prescripteurs si cette participation s’effectue avec l’accord de l’employeur en dehors des congés du salarié et sans que celui-ci ne soit accompagné à vos frais de membres de sa famille ou personnes de son choix ;
- la fourniture d’échantillons de produits de parfumerie ou cosmétique dans le but de tester les produits.
Des rémunérations soumises à cotisations sociales : combien ?
Quelles cotisations ? Ces rémunérations ou avantages sont soumis(es) aux cotisations de sécurité sociale (c’est-à-dire assurance maladie, maternité, invalidité, décès, assurance vieillesse), à la CSG et à la CRDS mais également aux cotisations de retraite complémentaire du régime Arrco.
Des exonérations possibles ? Vous ne pouvez appliquer aucun dispositif d’exonération, d’abattement d’assiette ou de réduction de taux aux sommes ou avantages que vous octroyez à des salariés tiers. Cette règle est valable même si vous pouvez prétendre à de tels dispositifs pour vos propres salariés ou si l’employeur de votre bénéficiaire a lui-même droit à un allègement de ses charges.
Assiette des cotisations. Le montant de la rémunération ou de l’avantage octroyé est considéré comme une rémunération brute. Si vous ne rémunérez le tiers bénéficiaire qu’avec des avantages en nature, ou qu’avec des titres-cadeaux, ou bien qu’avec des avantages en nature et des titres-cadeaux, aucune contribution sociale n’est due.
Assujettissement aux cotisations sociales. Il existe 2 hypothèses :
- soit les sommes et avantages versés sont assujettis, dès le 1er euro, aux cotisations et contributions de sécurité sociale sans tenir compte des sommes versées par l’employeur du salarié bénéficiaire ;
- soit l’activité exercée entre dans le champ de la contribution libératoire qui dépendra de la valeur de l’avantage consenti.
Une contribution libératoire. Ce dispositif est spécifique aux activités commerciales : seule une contribution libératoire sera due si le salarié exerce une activité commerciale ou en lien direct avec la clientèle pour laquelle il est d’usage qu’un tiers alloue des sommes ou avantages aux salariés (exemple : secteur des cosmétiques, de la distribution, des grands magasins). Cette contribution est calculée de la manière suivante :
- si l’avantage accordé n’excède pas, pour l’année, 15 % du SMIC mensuel (soit 265.038 € en 2024) : aucune contribution n’est due ;
- si cet avantage est compris, pour l’année, entre 15 % et 150% du SMIC mensuel, cette contribution est égale à 20 % du montant de cet avantage ;
- au-delà, les cotisations sociales sont dues dans les conditions normales.
Le saviez-vous ?
Si votre entreprise appartient au même groupe que l’employeur du salarié bénéficiaire, vous ne pouvez pas verser la contribution libératoire.
A retenir
Par principe, toutes les rémunérations et tous les avantages que vous pouvez verser à des salariés sont soumis à cotisations sociales, même si ces salariés sont tiers à votre entreprise. C’est pourquoi lorsque vous souhaitez récompenser un salarié tiers, vous devez avoir conscience des impacts sociaux de cette rétribution.
N’oubliez pas d’informer l’employeur du salarié bénéficiaire de la rétribution du montant de celle-ci et du montant des cotisations que vous aurez acquittées.
- Article L 242-1-4 du Code de la Sécurité Sociale
- Article D 242-2-2 du Code de la Sécurité Sociale
- Circulaire interministérielle n° DSS/5B//2012/56 du 5 mars 2012 relative aux rémunérations allouées aux salariés par une personne tierce à l’employeur
- Arrêt de la Cour de Cassation, 2ème chambre civile, du 16 juin 2016, n°15-18079 (cotisations sur des sommes versées par un organisme tiers aux enfants des salariés)
Cotisations sociales en outre-mer : appliquer le dispositif Lodeom (avant le 1er janvier 2019)
Quelles entreprises bénéficient de l’exonération Lodeom ?
Exonération de charges. L’exonération Lodeom est un dispositif d’exonération de cotisations patronales d’assurances sociales et d’allocations familiales auquel peuvent prétendre les entreprises situées en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à la Réunion ainsi qu'à Saint-Barthélemy et Saint-Martin.
Toutes les entreprises ? Toutes les entreprises ne peuvent pas bénéficier de ce dispositif : tout d’abord, les entreprises publiques, les établissements publics à caractère industriel et commercial et les établissements publics qui assurent à la fois une mission de service public à caractère administratif et à caractère industriel et commercial sont exclus de cette exonération. Ensuite, il existe différentes conditions pour en bénéficier.
Une condition d’effectif. Les entreprises de moins de 11 salariés bénéficient d’une exonération de cotisations sociales (maladie, assurance vieillesse et allocations familiales).L’effectif annuel moyen correspond à la moyenne du nombre de salariés employés au cours de chacun des mois de l’année civile précédente (même lorsque l’entreprise comporte plusieurs établissements). Si aucun salarié n’a été employé au cours de certains mois, ces mois ne sont pas pris en compte pour établir la moyenne.
Le saviez-vous ?
Si l’effectif obtenu correspond à un nombre décimal, il faudra l’arrondir au centième. On ne tient pas compte des 3ème chiffres (et suivants) après la virgule.
Temps partiels. Si votre entreprise comporte des salariés (ou assimilés) à temps partiel, ces derniers sont pris en compte en divisant la somme totale des horaires inscrits dans leurs contrats de travail par la durée légale ou la durée conventionnelle du travail.
Mois incomplets. En cas d’arrivée ou de départ en cours de mois, les salariés (ou assimilés) concernés sont pris en compte dans l'effectif de l'entreprise à due proportion du nombre de jours du mois travaillé.
Une condition sectorielle.D’autres entreprises bénéficient de cette exonération sans condition d’effectif, selon leur secteur d’activité :
- les entreprises du bâtiment et des travaux publics,
- les entreprises de l'industrie,
- les entreprises de la restauration,
- les entreprises de la presse,
- les entreprises de la production audiovisuelle,
- les entreprises des énergies renouvelables,
- les entreprises des nouvelles technologies de l'information et de la communication et des centres d'appel,
- les entreprises de la pêche, des cultures marines, de l'aquaculture, de l'agriculture, y compris les coopératives agricoles et sociétés d'intérêt collectif agricoles et leurs unions, ainsi que les coopératives maritimes et leurs unions,
- les entreprises du tourisme, de la restauration de tourisme y compris les activités de loisirs s'y rapportant, et de l'hôtellerie ;
- certaines entreprises de transport aérien ;
- les entreprises assurant la desserte maritime ou fluviale de plusieurs points de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique, de La Réunion, de Saint-Barthélemy ou de Saint-Martin, ou la liaison entre les ports de ces départements ou collectivités ou la liaison entre les ports de La Réunion et de Mayotte.
Ou une triple condition… Il existe aussi une exonération renforcée pour les entreprises qui :
- emploient moins de 250 salariés et réalisent un chiffre d’affaires annuel inférieur à 50 millions d’euros ;
- ont une activité principale relevant de l’un des secteurs d’activité éligibles à la réduction d’impôt prévue au titre de certains investissements effectués en Outre-mer ou correspondant à l’une des activités suivantes : comptabilité, conseil aux entreprises, ingénierie ou études techniques à destination des entreprises, recherche et développement ou technologies de l’information et de la communication ;
- sont soumises à un régime réel d’imposition.
Le saviez-vous ?
Les entreprises qui ne peuvent pas prétendre à « l’exonération Lodeom » peuvent, le cas échéant, bénéficier d’un autre dispositif d’exonération de charges sociales, comme la « réduction Fillon » par exemple.
Quel montant d’exonération ?
Une exonération cumulable avec le CICE ? L’exonération Lodeom est possible, que l’entreprise soit éligible ou non au CICE. Cependant, son éligibilité pourra jouer sur le montant de l’exonération de charges sociales.
Une exonération totale ? L’exonération totale de charges d’assurances sociales (maladie et vieillesse) et d’allocations familiales est possible dès lors que les rémunérations versées n’excèdent pas un certain montant :
- pour les entreprises répondant à la condition d’effectifs et éligibles au CICE, l’exonération totale est possible si la rémunération versée n’excède pas 1,4 SMIC (soit 2473.688 € pour l’année 2024) ;
- pour les entreprises répondant à la condition sectorielle et éligibles au CICE, l’exonération totale est possible si la rémunération versée n’excède pas 1,3 SMIC (soit 2296.996 € pour l’année 2024) ;
- pour les entreprises répondant à la condition d’effectifs ou sectorielle, non-éligibles au CICE, l’exonération totale est possible si la rémunération versée n’excède pas 1,4 SMIC (soit 2473.688 € pour l’année 2024) ;
- pour les entreprises bénéficiant de l’exonération renforcée, éligibles ou non au CICE, l’exonération totale est possible si la rémunération versée n’excède pas 1,7 SMIC (soit 3003.764 € pour l’année 2024).
Une exonération partielle. Il est possible d’être exonéré de charges sur la fraction de salaire complètement exonérée mais d’avoir à payer les cotisations sociales pour la fraction complémentaire, selon le tableau suivant :
|
Employeur |
Eligible au CICE |
Rémunération |
Plafond de l’exonération |
|
Entreprise répondant à la condition d’effectif |
Oui |
Entre 1,4 SMIC (soit 2473.688 € pour l’année 2024) et moins de 1,6 SMIC (soit 2827.072 € pour l’année 2024) |
1,4 SMIC (soit 2473.688 € pour l’année 2024) |
|
Entreprise répondant à la condition d’effectif |
Non |
Entre 1,4 SMIC (soit 2473.688 € pour l’année 2024) et moins de 2 SMIC (soit 3533.84 € pour l’année 2024) |
1,4 SMIC (soit 2473.688 € pour l’année 2024) |
|
Entreprise bénéficiant de l’exonération renforcée |
Oui/Non |
Entre 1,7 SMIC (soit 2905,78 € pour l’année 2023) et moins de 2,5 SMIC (soit 4417.3 € pour l’année 2024) |
1,7 SMIC (soit 3003.764 € pour l’année 2024) |
Une exonération dégressive. Certaines rémunérations font l’objet d’une exonération dégressive. Le montant de l’exonération de cotisations sociales dépend du coefficient appliqué au revenu mensuel brut du salarié. Le calcul de ce coefficient va dépendre de la situation de l’employeur et de son éligibilité au CICE.
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Employeur |
Eligible au CICE |
Rémunérations soumises à l’exonération dégressive |
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Entreprise répondant à la condition d’effectif |
Oui |
Entre 1,6 SMIC (soit 2473.688 € pour l’année 2024) et moins de 2,3 SMIC (soit 4063.916 € pour l’année 2024) |
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Entreprise répondant à la condition d’effectif |
Non |
Entre 1,4 SMIC (soit 2473.688 € pour l’année 2024) et moins de 2 SMIC (soit 3533.84 € pour l’année 2024) |
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Entreprise répondant à la condition sectorielle |
Oui |
Entre 1,3 SMIC (soit 2296.996 € pour l’année 2024) et moins de 2 SMIC (soit 3533.84 € pour l’année 2024) |
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Entreprise répondant à la condition sectorielle |
Non |
Entre 1,4 SMIC (soit 2473.688 € pour l’année 2024) et moins de 3 SMIC (soit 5300.76 € pour l’année 2024) |
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Entreprise bénéficiant de l’exonération renforcée |
Oui |
Entre 2,5 (soit 4417.3 € pour l’année 2024) et moins de 3,5 SMIC (soit 6184.22 € pour l’année 2024) |
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Entreprise bénéficiant de l’exonération renforcée |
Non |
Entre 2,5 (soit 4417.3 € pour l’année 2024) et moins de 4,5 SMIC (soit 7951.14 € pour l’année 2024) |
Des formules de calcul. Le coefficient est déterminé selon les formules suivantes, sachant que T = taux de cotisations patronales d’assurance maladie, d’assurance vieillesse et d’allocations familiales applicable au SMIC :
- pour une entreprise de moins de 11 salariés éligibles au CICE :
T/0,7 x (2,3 x SMIC horaire x 1,4 x nombre d’heures rémunérées/rémunération mensuelle brute-1,4) ;
- pour une entreprise de moins de 11 salariés non éligibles au CICE :
T x (3 x SMIC horaire x 1,4 x nombre d’heures rémunérées/rémunération mensuelle brute-1,4) ;
- pour une entreprise qui bénéficie de l’exonération du fait de son secteur d’activité, éligible au CICE :
T/0,7 x (2 x SMIC horaire x 1,3 x nombre d’heures rémunérées/rémunération mensuelle brute-1,3) ;
- pour une entreprise qui bénéficie de l’exonération du fait de son secteur d’activité, non éligible au CICE :
T/1,6 x (3 x SMIC horaire x 1,4 x nombre d’heures rémunérées/rémunération mensuelle brute-1,4) ;
- pour une entreprise bénéficiant d’une exonération renforcée, éligible au CICE :
T x (3,5 x SMIC horaire x 1,7 x nombre d’heures rémunérées/rémunération mensuelle brute-1,7) ;
- pour une entreprise bénéficiant d’une exonération renforcée, non éligible au CICE :
T/2 x (4,5 x SMIC horaire x 1,7 x nombre d’heures rémunérées/rémunération mensuelle brute-1,7) ;
Un coefficient plafonné. Lorsque le résultat que vous avez obtenu à l’issue de votre équation est supérieur à T, votre coefficient est plafonné à la valeur de T.
Absence d’exonération. Au-delà d’une certaine rémunération, il n’y a plus d’exonération possible :
- pour les entreprises répondant à la condition d’effectif et éligibles au CICE, l’exonération est impossible si les rémunérations excèdent 2,3 SMIC (soit 4063.916 € pour l’année 2024) ;
- pour les entreprises répondant à la condition sectorielle et éligibles au CICE, l’exonération est impossible si les rémunérations excèdent 2 SMIC (soit 3533.84 € pour l’année 2024) ;
- pour les entreprises répondant à la condition d’effectif ou sectorielle, non-éligibles au CICE, l’exonération est impossible si les rémunérations excèdent 3 SMIC (soit 5300.76 € pour l’année 2024) ;
- pour les entreprises bénéficiant de l’exonération renforcée, éligibles au CICE, l’exonération est impossible si les rémunérations excèdent 3,5 SMIC (soit 6184.22 € pour l’année 2024) ;
- pour les entreprises bénéficiant de l’exonération renforcée, non éligibles au CICE, l’exonération est impossible si les rémunérations excèdent 4,5 SMIC (soit 7951.14 € pour l’année 2024).
Attention ! Le 1er janvier 2019, le CICE disparaîtra.
A retenir
L’exonération Lodeom est un dispositif d’exonération de charges sociales qui dépend à la fois de l’entreprise bénéficiaire et des rémunérations qu’elle verse. Ce dispositif n’est pas cumulable avec un autre dispositif d’exonération de charges.
- Articles L 752-3-2 et D 752-8 du Code de la Sécurité Sociale
- Loi n° 2015-1702 du 21 décembre 2015 de financement de la sécurité sociale pour 2016
- Loi n°2017-1837 du 30 décembre 2017 de Finances pour 2018, article 86
- Décret n° 2017-858 du 9 mai 2017 relatif aux modalités de décompte et de déclaration des effectifs, au recouvrement et au calcul des cotisations et des contributions sociales
Décompter vos effectifs « sécurité sociale »
Quelles sont les règles de décompte applicables ?
Des règles différentes en fonction des obligations. Les règles de décompte des effectifs ne sont pas les mêmes suivant les obligations auxquelles elles se rapportent. Deux types de décompte existent : le décompte suivant le code de la sécurité sociale, et le décompte suivant le code du travail.
Le principe : calcul de l’effectif suivant les règles du code de la sécurité sociale. Par principe, les règles de décompte des effectifs prévues par le code de la sécurité sociale s’appliquent aux seuils prévus par ce code. Il s’agit notamment :
- des dates de paiement des cotisations sociales ;
- de la souscription de la DSN ;
- de la tarification des cotisations d’accidents du travail et des maladies professionnelles ;
- du bénéfice de la déduction forfaitaire au titre des heures supplémentaires ;
- de la possibilité de procéder à un contrôle sur pièces dans les locaux de l’organisme de recouvrement, etc.
Application du décompte de la sécurité sociale aux seuils d’autres codes. Les règles de décompte de la sécurité sociale s’appliquent également pour des seuils relevant d’autres codes, tels que :
- la mise en place d’un local de restaurant, prévue par le code du travail ;
- l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés, prévue par le code du travail ;
- la contrepartie en repos à la suite des heures supplémentaires, prévue par le code du travail ;
- l’assujettissement au versement mobilité, prévu par le code général des collectivités territoriales ;
- l’assujettissement à la contribution supplémentaire à l’apprentissage, prévu par le code général des impôts ; etc.
Le saviez-vous ?
Depuis le 1er janvier 2020, certaines obligations issues du code du travail sont soumises aux règles de décompte de l’effectif prévues par le code de la sécurité sociale.
Comment se compose votre effectif ?
Des salariés… En principe, les salariés titulaires d’un contrat de travail comptent dans votre effectif (sont donc exclus les stagiaires), de même que les salariés du secteur public relevant du régime d’assurance chômage.
Le saviez-vous ?
Les entreprises de travail temporaire doivent tenir compte non seulement de leurs salariés permanents mais aussi des salariés qui ont exécuté une mission, au cours de la période considérée.
Des personnes exclues. Sont exclus, en revanche, de l’effectif annuel moyen (sauf en ce qui concerne la tarification des risques d’accidents du travail et des maladies professionnelles) :
- les apprentis ;
- les titulaires d'un contrat initiative-emploi ou d’un contrat d’accompagnement dans l’emploi pendant la durée d'attribution de l'aide financière ;
- les titulaires d'un contrat de professionnalisation jusqu'au terme prévu par le contrat lorsque celui-ci est à durée déterminée ou jusqu'à la fin de l'action de professionnalisation lorsque le contrat est à durée indéterminée ;
- les salariés mis à disposition par une entreprise extérieure, y compris les salariés temporaires ;
- les salariés titulaires d’un CDD conclu pour remplacer un salarié absent ou dont le contrat de travail est suspendu, notamment du fait d’un congé de maternité, d’un congé d’adoption ou d’un congé parental d’éducation ;
- les dirigeants non titulaires d’un contrat de travail
Le saviez-vous ?
Un changement est intervenu au 1er janvier 2020 pour les dirigeants. Depuis cette date, les dirigeants sont exclus du décompte de l’effectif sécurité sociale, et ce, même s’ils sont affiliés de plein droit au régime général de la sécurité sociale ou au régime des salariés agricoles.
Comment calculer l’effectif selon le code de la sécurité sociale ?
Un effectif calculé au niveau de l’entreprise. L’effectif s’apprécie au niveau de l’entreprise (tous établissements confondus), bien que la DSN (déclaration sociale nominative) soit à adresser par établissement, en tenant compte de chaque salarié qui lui est rattaché. Ce dernier figure, dans ce cas, sur le registre unique du personnel de l’établissement concerné.
L’effectif annuel moyen. L’effectif annuel moyen correspond à la moyenne du nombre de salariés employés au cours de chacun des mois de l’année civile précédente (même lorsque l’entreprise comporte plusieurs établissements). Si aucun salarié n’a été employé au cours de certains mois, ces mois ne sont pas pris en compte pour établir la moyenne.
Le saviez-vous ?
Si l’effectif obtenu correspond à un nombre décimal, il faudra l’arrondir au centième. On ne tient pas compte des 3èmes chiffres (et suivants) après la virgule.
Les modalités de décompte pour les temps plein. Les salariés à temps plein sont intégralement pris en compte dans l’effectif de l’entreprise au cours du mois.
Les temps partiels. Si votre entreprise comporte des salariés (ou assimilés) à temps partiel, ils sont pris en compte dans l’effectif de l’entreprise à due proportion de leurs de présence au cours des 12 mois précédents. Donc, ils sont pris en compte en divisant la somme totale des horaires inscrits dans leurs contrats de travail par la durée légale ou la durée conventionnelle du travail.
Les mois incomplets. En cas d’arrivée ou de départ en cours de mois, les salariés (ou assimilés) concernés sont pris en compte dans l'effectif de l'entreprise à due proportion du nombre de jours du mois travaillé.
Création du 1er emploi. Si vous venez de créer votre 1er emploi cette année, l’effectif à prendre en compte pour l’année de création de ce 1er emploi, correspond à l’effectif présent le dernier jour du mois au cours duquel a été réalisée cette 1ère embauche.
Cas de la reprise d’entreprise. Si vous venez de reprendre une entreprise, l'effectif à prendre en compte pour l'année de reprise correspond à l'effectif présent le dernier jour du mois au cours duquel a été réalisé le transfert des contrats de travail.
Tarification AT/MP. S’agissant de la tarification du risque accidents du travail et maladies professionnelles, l’effectif pris en compte est celui de la dernière année connue.
Que faire en cas de variation d’effectif ?
Le gel des effets de seuil. Un mécanisme de franchissement de seuils a été créé par la loi, selon lequel l’employeur ne sera soumis à certaines obligations que si le seuil d’effectif est atteint ou dépassé pendant 5 années civiles consécutives. Il s’agit d’une neutralisation pendant une durée limitée (5 ans) des obligations auxquelles serait tenu l’employeur en raison du franchissement des seuils fixés.
Explication. Le franchissement d’un seuil d’effectif est pris en compte de la façon suivante :
- le franchissement à la hausse d'un seuil d'effectif salarié est pris en compte lorsque ce seuil a été atteint ou dépassé pendant 5 années civiles consécutives ;
- le franchissement à la baisse d'un seuil d'effectif sur une année civile a pour effet de faire repartir à 0 le délai de 5 ans.
Exemple 1. Un employeur dépasse à la hausse le seuil d’effectif de 50 salariés au 1er janvier 2022 (effectif calculé au regard des données de l’année 2021). Cet employeur ne sera soumis aux obligations liées au franchissement de seuil que si l’effectif est atteint ou dépassé pendant 5 années civiles consécutives, soit pour les années 2023, 2024, 2025 et 2026 (effectifs respectivement calculés par rapport à l’année N-1). Les obligations liées au franchissement de seuil seront alors applicables à compter de 2027.
Exemple 2. Prenons le même exemple avec un effectif qui diminue : si l’effectif de l’employeur passe en dessous du seuil de 50 salariés pendant l’une des 4 années (par exemple en 2026, calculé sur l’effectif de 2025), l’employeur ne sera soumis aux obligations liées à ce franchissement de seuil que si le seuil de 50 salariés est de nouveau atteint pendant 5 années consécutives, à compter de 2026.
Quels sont les seuils d’effectif ?
11,50 et 250 salariés… Actuellement, il existe 3 principaux seuils d’effectifs prévus par la loi. Ces seuils d’effectifs sont à la fois prévus dans le code du travail et dans le code de la Sécurité sociale, et vont déterminer les obligations applicables aux employeurs dès lors qu’ils dépassent un seuil pendant une durée déterminée.
Mais pas seulement. Il existe d’autres seuils. Ainsi, il existe également un seuil de 20 salariés (par exemple, pour la tarification des cotisations d’accidents du travail et des maladies professionnelles ; pour le recouvrement et le contrôle des cotisations, etc.) ; également un seuil de 150 salariés, 500 salariés et même 5000 salariés (pour la détermination des groupes d’entreprises pouvant opérer un prêt de main d’œuvre présumé sans but lucratif). Vous trouverez ici des tableaux présentant les principaux dispositifs prévus par le code de la sécurité sociale pour lesquels les règles de décompte de l’effectif de la Sécurité sociale s’appliquent.
A retenir
La moyenne des salariés employés (et/ou des dirigeants ayant un contrat de travail) chaque mois de l’année révèle votre effectif annuel moyen. Tous les salariés seront impérativement pris en compte dans le calcul de l’effectif pour vous soumettre à la tarification des risques d’accidents du travail et des maladies professionnelles, ou autres obligations découlant du décompte d’effectif « sécurité sociale ».
- Articles L 130-1 du Code de la Sécurité sociale
- Articles R 130-1 et R130-2 du Code de la Sécurité sociale (calcul effectif de la Sécurité sociale)
- Articles L 1111-1 à L 1111-3 du Code du Travail (calcul effectif du Code du Travail)
- Loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises, article 11
- Décret n° 2017-858 du 9 mai 2017 relatif aux modalités de décompte et de déclaration des effectifs, au recouvrement et au calcul des cotisations et des contributions sociales
- Décrets n° 2019-1586 et n° 2019-1591 du 31 décembre 2019 relatif aux seuils d'effectif
- Circulaire DRT 13 du 25 octobre 1983 (les salariés dont le contrat de travail est suspendu sont inclus dans le décompte du Code du travail)
- Bulletin officiel de la Sécurité sociale (BOSS), rubrique « Comptabilisation des effectifs » (entrée en vigueur différée au 1er août 2022)
- Actualité du Bulletin officiel de la Sécurité sociale (BOSS), du 29/04/2022, « Publication de la rubrique relative au calcul de l’effectif »
- Nouvelle rubrique du BOSS sur la comptabilisation des effectifs
