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Contrôle Urssaf : quels sont les pouvoirs de l'inspecteur(trice) ?

Date de mise à jour : 23/10/2023 Date de vérification le : 23/10/2023 10 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Un(e) inspecteur(trice) Urssaf va prochainement venir contrôler votre entreprise : il vous a demandé de mettre à sa disposition un certain nombre de documents. Mais quels sont réellement ses pouvoirs d’investigation ? Que peut-il faire et ne pas faire ? Peut-il interroger vos collaborateurs ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Contrôle Urssaf : quels sont les pouvoirs de l'inspecteur(trice) ?


Visite de l’inspecteur : l’accueil…

C’est écrit dans le Code… « Les employeurs, qu'ils soient des personnes privées ou des personnes publiques et les travailleurs indépendants sont tenus de recevoir les agents de contrôle des organismes de recouvrement, ainsi que les ingénieurs conseils et contrôleurs de sécurité régulièrement accrédités par les caisses d'assurance retraite et de la santé au travail ». Voilà pour la règle, mais il semble évident qu’il faille, en tout état de cause, réserver le meilleur accueil à l’inspecteur à l’occasion d’un contrôle.

A éviter. Il est évidemment fortement déconseillé de se rendre coupable d’agissements empêchant l’inspecteur d’exercer son contrôle. Ne faites pas comme ces employeurs qui ont refusé l’accès à l’entreprise, refusé de communiquer les documents demandés, qui étaient systématiquement absents aux rendez-vous fixés par l’inspecteur (certains sont même allés jusqu’à insulter ou agresser l’inspecteur…). La sanction est lourde puisque vous encourez une pénalité de 7 500 € au titre de vos cotisations et contributions sociales personnelles ou de 7 500 € par salarié (dans la limite de 750 000 €).

A noter. Pour déterminer le montant de la pénalité, le directeur de l’Urssaf tient compte de la gravité du manquement constaté et des circonstances. A cette fin, il s’attachera notamment au respect des obligations déclaratives et des versements de cotisations et de contributions de Sécurité sociale sur la période contrôlée.

Application de la pénalité. Le directeur de l’Urssaf peut notifier la pénalité envisagée à tout moment de la procédure de contrôle, et au plus tard au moment de l’envoi de la mise en recouvrement. Vous disposerez alors d’un délai de 30 jours à compter de la réception de cette notification pour lui présenter vos observations écrites. Si vous présentez vos observations dans le délai imparti, le directeur est tenu de vous répondre avant de vous notifier sa décision définitive et d’engager la mise en recouvrement.

Il faut être présent. En pratique, la présence du chef d’entreprise, au moins lors de la première visite, est requise, d’autant plus qu’il s’agit de la première prise de contact avec l’inspecteur, qui peut conditionner la suite du contrôle et au cours de laquelle vous aurez l’occasion de présenter l’entreprise, son activité, les conditions d’exploitation, son environnement concurrentiel, les perspectives du marché, etc.

N’oubliez pas… Vous avez la possibilité de faire appel au conseil de votre choix : ne vous privez pas de cette possibilité, d’autant qu’un conseil professionnel saura vous aider utilement dans le cadre de ce contrôle.


Listez les documents demandés

Quels sont les documents vérifiés ? Dans le cadre de son contrôle, l’inspecteur va procéder à l’examen d’un certain nombre de documents qu'il vous aura demandé de lui communiquer. Il s’agira, pour l’essentiel (liste non exhaustive)...

  • des documents sociaux, du type : bulletins de paie, registre du personnel, contrats de travail, bordereaux récapitulatifs de cotisations, déclarations annuelles des données sociales (DADS), justificatifs de remboursement de frais, etc.
  • des documents comptables et fiscaux : bilans, comptes de résultats, liasses fiscales, etc.
  • des documents juridiques : statuts de la société, accords de participation et/ou d’intéressement, notes de services, règlement intérieur le cas échéant, etc.

Ce que l’inspecteur ne peut pas faire… Il n’est pas autorisé à rechercher lui-même les documents, ni à s’en saisir et encore moins emporter ces documents, sans avoir obtenu au préalable votre accord : un inventaire précis et contradictoire doit alors être établi. De telles irrégularités entraînent la nullité du contrôle et du redressement qui s'ensuit. Notez qu’en l’absence d’une telle autorisation, seules des copies des documents remis pourront être examinées en dehors de vos locaux.

Mais aussi… L'agent ne peut pas non plus demander à un tiers (expert-comptable, avocat…) des documents qui n'ont pas été demandés à l'employeur. Il n’a pas le droit, non plus, de demander la communication de documents qui sont sans rapport avec le contrôle effectué, ni avec la période contrôlée (il ne peut pas vous demander de lui communiquer des documents personnels, comme votre agenda personnel par exemple).  Notez tout de même que l’agent de contrôle peut recueillir des informations auprès d’autres organismes ou administrations avant d’user de son droit de communication auprès de tiers, le cas échéant.

Dans le cadre du droit de communication, les documents et informations sont nécessairement transmis par voie dématérialisée, sur demande de l’agent chargé du contrôle ou du recouvrement, dans les 30 jours qui suivent la réception de la demande.

Si vous tenez une comptabilité informatisée. Le contrôle portera sur les informations, données et traitements qui servent de base directement ou indirectement à l’établissement des déclarations sociales obligatoires et des états sociaux, ainsi que sur la documentation relative aux analyses, à la programmation et à l’exécution des traitements.

3 options… Soit l’inspecteur effectue lui-même les opérations de contrôle par la mise en œuvre de traitements automatisés directement sur votre matériel informatique, sous réserve de votre consentement. Dans ce cas, vous désignez un utilisateur habilité pour réaliser les opérations de contrôle sur votre matériel. Mais vous pouvez refuser (confirmez votre refus par écrit), dans un délai de 15 jours à compter de l’information de l’inspecteur. Dans ce cas, vous mettrez à la disposition de l'inspecteur les copies des documents, des données et des traitements nécessaires à l'exercice du contrôle (ces copies doivent être faites sur un support informatique répondant aux normes définies par l'inspecteur et doivent être restituées à la fin du contrôle, avant l'engagement de la mise en recouvrement). Vous pouvez aussi demander à effectuer vous-même tout ou partie des traitements automatisés nécessaires aux opérations de contrôle et, dans ce cas, l'inspecteur vous indiquera par écrit les traitements à réaliser ainsi que les délais accordés pour les effectuer. Cette 3ème option est certainement plus contraignante, puisque vous devez mobiliser du temps à l’exécution de ces traitements.

La méthode par « échantillonnage » ou « extrapolation ». Dans les grandes entreprises plus particulièrement, et pour alléger les contraintes du contrôle, notamment pour limiter la masse des documents à fournir, l’inspecteur peut vous proposer d’utiliser des méthodes de vérification par échantillonnage et extrapolation. Dans ce cas, il doit vous indiquer au moins 15 jours avant leur mise en œuvre l’adresse électronique à laquelle vous pourrez consulter un document formalisant cette démarche ainsi que la copie de l’arrêté du 11 avril 2007 définissant cette procédure. Vous pouvez vous opposer (par écrit) à cette procédure, dans les 15 jours qui suivent la réception de ces documents.

Comment ça marche ? Cette méthode de contrôle s’organise autour de 4 phases :

  • tout d’abord, il s’agira, de constituer une base de sondage : l’inspecteur définit la population soumise à investigation et détermine un ensemble d’individus statistiques ;
  • ensuite, il y a un tirage aléatoire d’un échantillon (le nombre d’individus statistiques ne pouvant être inférieur à 50) ;
  • par la suite, l’inspecteur procède à l’examen critique de cet échantillon au regard du point de législation vérifié ;
  • enfin, les résultats obtenus sont extrapolés à l’ensemble des individus constituant la base de sondage, à l’origine de l’échantillon.

Le saviez-vous ?

Vous devez être associé à chacune de ces 4 étapes, et vous devez être en mesure de présenter des observations tout au long de la mise en œuvre des méthodes de vérification par échantillonnage. A défaut, le contrôle pourrait être annulé.

Attention ! L’inspecteur doit effectivement attendre l’expiration du délai de 15 jours, pendant lequel vous pouvez vous opposer, avant de vous informer des critères utilisés pour définir les populations examinées, le mode de tirage des échantillons, leur contenu et la méthode d'extrapolation envisagée pour chacun d'eux.

A noter. Dès lors que l’Urssaf ne respecte pas cette procédure précise, le redressement fondé sur la technique de l’échantillonnage et d’extrapolation doit être annulé, quelle que soit l’effectif de l’entreprise. Par ailleurs, la vérification par échantillonnage et extrapolation est irrégulière si l’employeur ne donne pas son accord. Par conséquent, les éléments ainsi recueillis ne peuvent pas justifier un redressement, même dans la limite des bases effectivement vérifiées.


L’audition des salariés et sous-traitants : possible ?

La grande question… Oui, l’inspecteur peut auditionner les salariés de votre entreprise, notamment pour connaître leurs nom et adresse ainsi que la nature des activités exercées et le montant des rémunérations qu’ils perçoivent, avantages en nature inclus. Ces auditions font l’objet de procès-verbaux établis par l’inspecteur.

Mais attention… Tout d’abord, ces auditions ne peuvent avoir lieu que dans les locaux de l’entreprise (l’audition d’un salarié dans les locaux de l’Urssaf, ou a fortiori à son domicile, entraîne l’annulation du contrôle). Ensuite, ces auditions ne doivent pas perturber le bon déroulement de l’activité et gêner les personnes interrogées. Il faut toutefois signaler qu’en cas de recherche d’infractions en matière de travail dissimulé, l’inspecteur dispose de pouvoirs un peu plus étendus : il pourra entendre les personnes rémunérées en tous lieux, avec leur consentement (exprimé par leur signature sur le procès-verbal d’audition).

Et les sous-traitants ? Puisque l'inspecteur Urssaf peut entendre les personnes rémunérées par l'entreprise, à quelque titre que ce soit, dans lieux occupés par celle-ci ou sur les lieux du travail, le sous-traitant de l’entreprise peut donc être entendu dans les locaux de celle-ci ou sur le lieu de travail. Là encore, l’audition hors des locaux de l’entreprise justifierait l’annulation du redressement.

A retenir

Le contrôle portera sur l’ensemble des documents juridiques, sociaux, fiscaux de l’entreprise, en rapport avec la période contrôlée : laissez-lui l’accès à l’ensemble des documents demandés.

L’inspecteur ne peut pas emporter les documents de l’entreprise, sauf accord de votre part. Il peut auditionner vos collaborateurs, à la condition que cela se fasse dans les locaux de l’entreprise, et pour autant que cela ne gêne pas le bon déroulement de l’activité.


J'ai entendu dire

L’inspecteur Urssaf peut-il auditionner, dans le cadre du contrôle de mon entreprise, un salarié appartenant à une autre entreprise ?

La réponse est négative : l’inspecteur ne peut pas entendre un salarié appartenant à une autre entreprise. Une telle audition constituerait un motif d’annulation du contrôle (et de l’éventuel redressement qui en résulterait ).
Les juges ont toutefois admis un bémol dans le cas d’entreprise liée à un groupement d’intérêt économique (GIE) : ils ont estimé que des salariés clés d’un GIE pouvaient être entendus dans le cadre d’un contrôle d’une entreprise liée au GIE (dans cette affaire, néanmoins, il a été relevé que ces personnes s’étaient présentées spontanément pendant toute la durée du contrôle, sans avoir été sollicitées par l’inspecteur).

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Gérer le contrôle URSSAF

Contrôle URSSAF : les conséquences

Date de mise à jour : 03/10/2022 Date de vérification le : 16/02/2024 35 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

En réponse à la lettre d’observations émise par l’inspecteur(trice), vous vous opposez aux régularisations qu’il ou elle envisage à l’encontre de votre entreprise. Que va-t-il se passer désormais ? Serez-vous contraint, malgré tout, de payer les rappels de cotisations ?

Rédigé par l'équipe WebLex. En collaboration avec Yann Castel, Avocat associé au Barreau de Nantes, Cabinet AVOLENS
Contrôle URSSAF : les conséquences

L’envoi d’une mise en demeure : un préalable obligatoire

2 situations. Il faut ici distinguer deux cas de figure différents :

  • si votre contrôle URSSAF n’emporte aucune régularisation (l’inspecteur n’a aucune observation et vous adresse des recommandations pour l’avenir), le contrôle s’achève sans conséquences pécuniaires pour vous. C’est la meilleure option ;
  • l’autre option, plus contraignante, suppose des régularisations de cotisations ou de contributions envisagées par l’inspecteur. Si le désaccord persiste, malgré vos réponses, l’administration va enclencher le recouvrement des sommes à régulariser.

Une mise en demeure préalable… L’administration doit vous adresser une mise en demeure aux termes de laquelle elle vous enjoint de régulariser votre situation à la suite du contrôle.

A quelle adresse ? La mise en demeure et la contrainte ayant un caractère obligatoire, l’avis de mise en demeure doit, quoi qu’il arrive, être notifié directement au siège social de l’entreprise et non pas du groupe. Dans le cas contraire, la procédure est nulle, et ce peu important que cette irrégularité n’ait causé aucun préjudice à l’entreprise. Notez que cette mise en demeure peut être adressée par lettre recommandée (comme c’était déjà le cas auparavant) ou par tout moyen permettant de conférer date certaine à sa réception (et donc par voie dématérialisée, notamment), à partir du 1er janvier 2019

Une mise en demeure limitée dans le temps ? Cette mise en demeure ne pourra concerner que des rappels de cotisations et contributions exigibles au titre des 3 années civiles précédentes – 5 années en cas de travail illégal – et de l’année civile en cours.

L’intention est sans incidence sur la prescription. Lorsque le contrôle révèle l’infraction de travail dissimulé, le redressement a pour unique but de recouvrer les cotisations réellement dues, sans qu'il soit nécessaire d'établir l'intention frauduleuse de l'employeur. L’Urssaf peut donc réclamer les cotisations dues sur les 5 dernières années.

A noter. La mise en recouvrement des cotisations, majorations et pénalités de retard faisant l'objet du redressement ne peut pas intervenir avant que l'inspecteur ait répondu aux observations de l'employeur.

Son contenu. Le contenu de cette mise en demeure doit être précis et motivé, et indiquer le délai d’un mois qui vous est imparti pour régulariser votre situation. Elle doit notamment obligatoirement préciser la nature et le montant des cotisations réclamées, ainsi que la période à laquelle elles se rapportent, année par année le cas échéant (une mise en demeure qui ne mentionnerait que le montant global dû, sans détails année par année, serait nulle). Sachez, par exemple, que l’administration a vu une procédure annulée parce que la mise en demeure ne fournissait pas le détail de calcul de chacune des cotisations réclamées. Elle doit, en outre, indiquer :

  • les montants mentionnés dans la lettre d’observation, éventuellement modifiés à la suite des échanges que vous aurez eus ;
  • la référence et la date de la lettre d’observations ainsi que la date du dernier courrier établi par l'agent de contrôle à l’occasion de vos échanges.

Vérifiez le calcul… La première vérification devra porter sur le montant réclamé : détail du calcul des cotisations supplémentaires, mention des pénalités, des majorations de retard…

Vérifiez la date ! Cette mise en demeure doit être signée du directeur de l’Urssaf (ou d’une personne ayant reçu délégation de sa part) et datée. Puisque la mise en demeure ne peut pas être envoyée avant un délai de 30 jours suivants la réception de la lettre d’observation, vérifiez la date d’envoi. On ne sait jamais…

Erreur de date = erreur matérielle ? Attention, si vous constatez que l’administration a fait une erreur dans la lettre de mise en demeure, par exemple sur la date de notification de la lettre d’observations, cela ne rend pas systématiquement la procédure de redressement irrégulière.

Le saviez-vous ?

Si la mise en demeure vous a été adressée avant que l’inspecteur ait répondu à vos observations (si vous avez usé de cette faculté), elle peut être annulée. Néanmoins, la procédure peut être régularisée : l’Urssaf pourra vous adresser une nouvelle mise en demeure, postérieure cette fois à la réponse de l’inspecteur.

A payer ! Vous ne pouvez pas bénéficier de sursis de paiement, comme cela peut par exemple être admis pour les rectifications fiscales. Vous êtes donc tenu de payer les rappels dans le délai d’un mois. Si vous ne vous acquittez pas de ces cotisations supplémentaires dans ce délai, l’administration pourra engager contre votre entreprise un recouvrement forcé, notamment par voie de contrainte (une contrainte pourra être contestée dans un délai de 15 jours en saisissant, sur demande motivée, le Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale – on dit alors que vous faites « opposition à la contrainte »).

À noter. Le défaut de réception de la mise en demeure préalable, adressée par lettre recommandée avec AR, n’a pas pour effet d’annuler la contrainte ultérieure si la non-réception est due à un dysfonctionnement des services postaux.

Attention. Au-delà des contraintes inhérentes à ce type de procédure, jamais agréables, un retard dans le paiement aura une incidence directe sur le montant des majorations de retard, qui peuvent s’accumuler… À éviter, donc, dans la mesure du possible.

Signature de la contrainte. Notez que l’utilisation d’une image numérisée de la signature du directeur de l’organisme, apposé sur la contrainte, ne permet pas, à elle seule, de remettre en cause la validité de la contrainte décernée.

Notification de la contrainte et changement d’adresse. Notez que l’huissier doit accomplir les diligences nécessaires pour établir la réalité du domicile du destinataire de l’acte, peu importe que celui-ci n’ait pas informé l’Urssaf de son changement d’adresse.

Le saviez-vous ?

Si vous rencontrez des difficultés pour payer les sommes réclamées, des délais de paiement supplémentaires peuvent vous être accordés. Ne restez pas sans réagir, et contactez directement votre Urssaf pour envisager les conditions et modalités d’une telle demande.

Pas de redressement en cas d’accord tacite. L’absence d’observations sur un point contrôlé vaut accord tacite de l’Urssaf (elle valide donc implicitement la pratique). Cet accord tacite fait obstacle à tout redressement ultérieur sur le même point dans la même entreprise ou le même établissement. Notez que le changement de forme juridique de l’entreprise entre 2 contrôles fait obstacle à cet accord tacite (la « nouvelle » entreprise ne pourra donc pas s’en prévaloir).

Attention à l’objet de la contrainte ! La contrainte délivrée par l’Urssaf doit avoir pour objet le recouvrement des cotisations et contributions sociales et des majorations de retard, le cas échéant. Le juge considère que cette contrainte ne peut en aucun cas avoir pour objet le remboursement d’un indu, correspondant à des sommes versées par erreur par l’organisme.


Contrôle Urssaf : le point sur les pénalités

Le principe. Vous êtes susceptible de devoir payer une pénalité de retard de 5 %, calculée sur la base des cotisations redressées, à laquelle s’ajoute une majoration de 0,2 % par mois ou fraction de mois de retard. Le taux de cette majoration complémentaire est abaissé à 0,1 % si les cotisations faisant l’objet d’un redressement sont payées dans les 30 jours suivant l’émission de la mise en demeure (sauf en cas d’abus de droit, d’absence de mise en conformité avec des observations notifiées lors d’un précédent contrôle, de travail dissimulé ou d’obstacle à contrôle).

À noter. S’il est établi à l’encontre de l’entreprise le délit de travail dissimulé, le montant des redressements est majoré de 25 %, voire de 40 % si des circonstances aggravantes sont établies. De telles circonstances aggravantes seront établies si le délit de travail dissimulé est constitué en bande organisée, par l’emploi dissimulé d'un mineur soumis à l'obligation scolaire ou en commettant les faits à l'égard de plusieurs personnes ou d'une personne dont la vulnérabilité ou l'état de dépendance sont apparents ou connus de l'auteur. En outre, le délit de travail dissimulé est puni d’une peine d’emprisonnement de 3 ans et de 45 000 € d’amende (5 ans et 75 000 € d’amende en cas de circonstances aggravantes) ; et l’entreprise verra l’annulation de toutes les mesures de réductions ou d’exonérations de cotisations sociales dont elle aurait pu bénéficier.

À noter. Le montant du redressement mis en recouvrement à l'issue d'un contrôle est majoré de 10 % en cas de constat d'absence de mise en conformité : un tel constat sera dressé si vous n’avez pas pris en compte les observations notifiées lors d'un précédent contrôle, que ces observations aient donné lieu à redressement ou non. Cette majoration, appliquée à la part du montant du redressement résultant du manquement réitéré, est appliquée si les observations effectuées à l'occasion d'un précédent contrôle ont été notifiées moins de 6 ans avant la date de notification des nouvelles observations constatant le manquement aux mêmes obligations.

En cas de sous-traitance. Le donneur d’ordre doit s’assurer du bon respect par son cocontractant de ses obligations déclaratives et de paiement en matière sociale ; et s’il est informé par écrit par un agent de contrôle, un syndicat ou une institution représentative du personnel, de l'intervention d'un sous-traitant en situation irrégulière, il doit aussitôt enjoindre son cocontractant de faire cesser sans délai cette situation.

Attention. Si, en qualité de donneur d’ordre, vous ne remplissez pas ces obligations, et que votre cocontractant s’est rendu coupable de travail dissimulé, l’Urssaf pourra annuler les réductions et exonérations de cotisations dont vous avez pu bénéficier.

Abus de droit. Afin d'en restituer le véritable caractère, l’Urssaf pourra refuser la prise en compte d’actes constitutifs d'un abus de droit, soit parce qu’ils présentent un caractère fictif, soit que, recherchant le bénéfice d'une application littérale des textes à l'encontre des objectifs poursuivis par leurs auteurs, ils n'aient pu être inspirés par aucun autre motif que celui d'éluder ou d'atténuer les contributions et cotisations sociales auxquelles l’entreprise est tenue. Cet « abus de droit » entraîne l'application d'une pénalité égale à 20 % des cotisations et contributions dues.

Opposition à contrôle. Evitez de vous opposer au contrôle Urssaf (en vous rendant, par tout actes ou omissions, de faire obstacle aux opérations de contrôle ou de vous y soustraire). Sachez qu’une opposition à contrôle et sanctionnée par une pénalité égale à :

  • 7 500 € par salarié (dans la limite de 750 000 €) ;
  • 7 500 € pour un travailleur indépendant au titre de ses cotisations personnelles ;
  • 3 750 € pour un particulier employeur.

Montant de la pénalité. Le montant de la pénalité est fixé en fonction de la gravité des faits. Cette pénalité ne peut désormais dépasser la limite de 4 fois le plafond mensuel de la sécurité sociale (PMSS), contre 2 auparavant. Pour rappel, le PMSS est de 3 428 € au titre de l’année 2021. Cette limite est :

  • doublée en cas de récidive dans un délai fixé par voie réglementaire (8 PMSS);
  • doublée lorsque l’intention de frauder est établie (8 PMSS) ;
  • quadruplée lorsque la fraude est commise en bande organisée (16 PMSS).


Des remises de pénalités possibles ?

Un droit à l’erreur ? Il est admis qu’une entreprise qui se trompe pour la 1ère fois en remplissant une déclaration sociale, soit parce qu’elle a méconnu une règle applicable à sa situation, soit parce qu’elle a commis une simple erreur matérielle (par exemple en se trompant dans les cases à cocher), ne soit pas pécuniairement sanctionné.

Pour quoi ? Ce droit à l’erreur s’applique, pour les employeurs et les travailleurs indépendants, à compter du 1er janvier 2020 :

  • en cas de retard, d’omission ou d’inexactitude dans les déclarations sociales ou le paiement tardif des cotisations ;
  • en cas de redressement opéré par l’Urssaf, à la condition que le montant redressé soit de faible montant et qu’aucune infraction grave n’ait été constatée.

Attention. Ce droit à l’erreur ne s’appliquera pas :

  • en cas d’omission de salarié dans une déclaration ;
  • en cas d’inexactitudes répétées du montant des rémunérations déclarées ;
  • en cas de défaut de production des déclarations aux échéances prescrites, et notamment de la déclaration sociale nominative ;
  • en cas de déclaration régularisatrice postérieure à une taxation provisionnelle ;
  • en cas de non-respect de l’obligation de dématérialisation des déclarations sociales et de paiement des cotisations ;
  • aux sanctions requises pour la mise en œuvre du droit de l’Union européenne ;
  • aux sanctions prononcées par les autorités de régulation à l’égard des professionnels soumis à leur contrôle.

A noter. S’agissant du droit à l’erreur en matière de déclaration, il suppose que :

  • l’erreur soit corrigée lors de l’échéance déclarative la plus proche et donne lieu au versement, à la même échéance, du complément de cotisation correspondant ;
  • l’une des conditions suivantes soit remplie :
    • la déclaration rectifiée et le versement régularisateur sont adressés au plus tard lors de la 1ère échéance suivant celle de la déclaration ou du versement initial ;
    • ou le montant des majorations et pénalités qui seraient applicables est inférieur au plafond mensuel de la Sécurité Sociale ;
    • ou le versement libérateur est inférieur à 5 % du montant total des cotisations initiales.

A noter. S’agissant du droit à l’erreur en matière de paiement des cotisations sociales, il suppose que :

  • vous respectiez vos obligations déclaratives ;
  • vous vous acquittiez de vos cotisations dans une délai de 30 jours ;
  • aucun retard dans le paiement de vos cotisations n’a été constaté au cours des 24 derniers mois ;
  • le montant des majorations qui serait applicable soit inférieur au plafond mensuel de la Sécurité Sociale.

Suite à un contrôle Urssaf. A compter du 1er avril 2020, ce droit à l’erreur s’appliquera également à la majoration de retard de 5 % (mais pas à la majoration complémentaire de 0,2 %) en cas de mise à votre charge de cotisations et contributions sociales à l’issue d’un contrôle Urssaf, sauf en cas d’abus de droit, d’absence de mise en conformité avec des observations notifiées lors d’un précédent contrôle, de travail dissimulé ou d’obstacle à contrôle. De même, ce droit à l’erreur visant la majoration de 5 % à la suite d’un contrôle Urssaf ne s’appliquera pas si le montant du redressement est au moins égal au plafond annuel de la Sécurité Sociale.

Une régularisation. Cette absence de sanction pécuniaire suppose toutefois que la personne régularise sa situation, donc qu’elle corrige son erreur, soit spontanément, soit après avoir été invitée à le faire par l’administration et dans le délai qui lui a été imparti. Mais attention ! L’absence de sanction pécuniaire n’implique pas systématiquement l’absence de majoration ou d’intérêts de retard…

À noter. Ce « droit à l’erreur » ne concerne que les personnes qui commettent une erreur de bonne foi : si la personne est de mauvaise foi, ou si elle a délibérément tenté de commettre une fraude, les sanctions pécuniaires pourront toujours être prononcées et ce, sans même que le contrevenant n’ait été invité à régulariser sa situation.

Une preuve qui incombe à l’administration. En cas de contestation, il appartiendra à l’administration de prouver que le contrevenant est effectivement de mauvaise foi.

Une remise de majorations sur demande. A compter du 1er janvier 2020, il sera possible de faire une demande de remise gracieuse des majorations et pénalités suivantes :

  • majoration pour non-respect de l’obligation de déclaration et de paiement des cotisations par voie dématérialisée ;
  • pénalité due en cas de défaut de production de la DSN aux échéances prescrites ;
  • pénalité due en cas d’inexactitude des rémunérations déclarées ou d’omission de salariés ;
  • majorations de retard (principale et complémentaire) dues lorsque les cotisations et contributions n’ont pas été versées aux dates limites d’exigibilité ;
  • majoration de retard en cas de déclaration régularisatrice postérieure à une taxation provisionnelle ;
  • pénalité pour non-respect des normes DSN ;
  • majorations applicables dans le cadre de la déclaration et du paiement de la contribution sociale de solidarité (C3S) ;
  • pénalité due en cas de défaut de déclaration sociale des indépendants (DSI) aux échéances prescrites ;
  • majoration de retard due en cas de DSI régularisatrice postérieure à une taxation forfaitaire provisoire.

Mais... Ne pourront pas faire l’objet d’une remise gracieuse :

  • la pénalité applicable en cas d’abus de droit ;
  • la majoration prévue en cas d’absence de mise en conformité à des observations émises lors d’un précédent contrôle ;
  • la majoration prévue en cas de constat de travail dissimulé ;
  • la pénalité pour obstacle à contrôle.

Sous condition. La demande de remise gracieuse ne sera recevable qu’après le règlement de la totalité des cotisations et contributions ayant donné lieu à l’application des majorations ou lorsque le cotisant aura souscrit un plan d’apurement avec l’organisme de recouvrement dont il relève.

À noter. La majoration complémentaire de 0,2 % pour paiement tardif des cotisations ne pourra faire l'objet d'une remise que si les cotisations ont été payées dans le délai de 30 jours qui suit la date limite d'exigibilité ou à titre exceptionnel, en cas d'événements exceptionnels ou en cas de force majeur (évènement présentant un caractère imprévu, irrésistible et extérieur).


Saisir la commission de recours amiable…

Avant de saisir le juge… Si vous contestez le montant des sommes qui vous sont réclamées, vous devez saisir la Commission de Recours Amiable (CRA). Il s’agit là d’un préalable obligatoire avant toute saisine du juge : si vous saisissez directement le Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale (TASS), votre demande serait rejetée.

Vous avez 2 mois… Si vous contestez une décision prise par les organismes chargés du recouvrement des cotisations, des majorations et des pénalités de retard, vous disposez, désormais, d’un délai de 2 mois à compter de la réception de la mise en demeure pour saisir cette commission (cette précision doit figurer sur la mise en demeure que vous aura envoyée l’administration ; à défaut, elle ne pourrait valablement vous opposer une saisine tardive de cette commission – ce que l’on appelle le « délai de forclusion » – pour rejeter votre demande).

Quelques conseils à ce sujet… Rédigez avec soin votre demande : vous ne pourrez pas solliciter l’avis ultérieur du juge à propos de chefs de redressements que vous n’auriez pas portés à la connaissance de la CRA au préalable. Votre demande peut être adressée par lettre recommandée avec AR ou, depuis le 16 décembre 2018, par n’importe quel autre moyen conférant date certaine à sa réception et donc notamment par voie dématérialisée.

Par la suite. La CRA doit rendre une décision motivée et préciser les voies de recours dont vous disposez si vous envisagez de poursuivre le contentieux en cas de décision non satisfaisante. A cet égard, vous pouvez saisir le TASS : vous disposez d’un délai de 2 mois à compter de la notification de la décision de la CRA.

Des mentions obligatoires. Depuis le 1er janvier 2017, la décision de la CRA doit détailler :

  • par motif de redressement, les montants qui, le cas échéant, ont été annulés et ceux restant à devoir par le cotisant,
  • les délais et voies de recours de cette décision.

Le saviez-vous ?

La commission de recours amiable dispose d’un mois pour statuer sur le litige qui vous oppose à l’Urssaf. Si elle ne s’est pas prononcée dans ce délai, vous êtes autorisé à saisir le Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale pour qu’il soit amené à se prononcer.

Pensez à envoyer votre demande en recommandé avec accusé réception, afin de donner date certaine à votre demande de saisine pour justifier l’expiration de ce délai (justification que le juge ne manquera pas de vous demander).

À noter. La saisine de la CRA ne suspend pas le délai de 5 ans qui est donné à l’Urssaf pour recouvrer les redressements opérés au titre du contrôle.

Et pourquoi pas la médiation ? Depuis quelques années, les employeurs d’Ile-de-France expérimentent le recours à la médiation dans le cadre des litiges qui les opposent à l’Urssaf.

Depuis le 12 août 2018, le recours à la médiation dans les Urssaf a été généralisé, tout en précisant que son utilisation ne fait pas obstacle aux autres voies de recours existantes.

Des conditions. Le médiateur est désigné par le directeur de l'organisme et exerce ses fonctions en toute impartialité, dans le respect de la confidentialité des informations dont il a à connaître. Toute réclamation ne peut être traitée par le médiateur que si elle a été précédée d'une démarche de l’employeur auprès des services concernés de l’Urssaf, et sous réserve qu’aucun recours contentieux n'ait été formé. Notez que le fait, pour un employeur, d’engager un recours contentieux, donc de saisir un tribunal, met fin à la médiation.

A retenir

Le montant des sommes qui sont réclamées doit être récapitulé dans une mise en demeure qui vous est adressée par l’Urssaf. Vous pouvez contester cette mise en demeure, obligatoirement et préalablement devant le Commission de Recours Amiable, dans un délai d'un mois.

En tout état de cause, vous êtes tenu de payer les sommes réclamées, sans pouvoir bénéficier de sursis de paiement.

 

J'ai entendu dire

A partir de quand est décomptée la majoration de retard de 0,2 % ?

La majoration complémentaire de 0,2 % du montant des cotisations et contributions dues, par mois ou fraction de mois écoulé, est décomptée à partir de la date d'exigibilité des cotisations et contributions. Toutefois, lorsqu’elle est appliquée dans le cadre d’un contrôle Urssaf (sur place, ou sur pièces pour les entreprises de 9 salariés au plus) ou suite à un redressement lié au travail dissimulé, elle n'est décomptée qu'à partir du 1er février de l'année qui suit celle au titre de laquelle les régularisations sont effectuées.
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Vous recevez un avis de contrôle Urssaf : les 1ers réflexes, les 1ères questions, les 1ères décisions

Date de mise à jour : 21/04/2023 Date de vérification le : 21/04/2023 33 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Ce matin, au courrier, vous signez un recommandé postal qui contient un avis de contrôle Urssaf. Forcément, à l’annonce d’un contrôle Urssaf, on s’interroge : qu’est-ce-que l’inspecteur vient chercher ? Jusqu’à quand peut-il remonter ? Peut-on se faire assister ? Où l’installer ? Pour les réponses, lisez ce qui suit…

Rédigé par l'équipe WebLex.
Vous recevez un avis de contrôle Urssaf : les 1ers réflexes, les 1ères questions, les 1ères décisions


Décryptez l’avis de contrôle…

Qui dit avis de contrôle… Un avis de contrôle est annonciateur d’une visite prochaine d’un inspecteur Urssaf dans vos locaux. Au-delà de la contrainte inhérente à ce type d’intervention, n’oublions pas que ce type de contrôle, dans un système déclaratif comme le nôtre, est un évènement normal dans la vie de l’entreprise et consistera principalement à vérifier le respect de la législation sociale et l’exactitude des montants versés, ainsi que l’exactitude des cotisations de retraite complémentaire obligatoire et des contributions d’assurance chômage. Cela ne nous empêche toutefois pas d’être vigilants face à un contrôle Urssaf annoncé. Quels sont les premiers réflexes et les premières décisions à prendre ?

... dit « obligation ». Cet avis de contrôle est obligatoire : un contrôle qui débuterait sans remise préalable d’un avis de contrôle ne serait pas valable (et encourrait la nullité). Sachez que cet avis doit vous être remis au moins 15 jours avant le début des opérations de contrôle.

Le saviez-vous ?

En pratique envoyé en recommandé avec accusé réception, cet avis peut toutefois vous être remis ou adressé par tout autre moyen, permettant de rapporter la preuve de sa date de réception.

Si l’inspecteur de l’Urssaf décide finalement de reporter le contrôle à une date ultérieure, il n’a pas à le faire par lettre recommandée avec AR et peut très bien le faire par email, dès lors qu’il en informe l’entreprise contrôlée en temps utile.

... dit « contenu précis ». L’avis doit mentionner que vous pouvez faire appel au conseil de votre choix et doit indiquer qu’une charte du cotisant contrôlé est mise à votre disposition : l’avis doit préciser l’adresse électronique où ce document peut être consulté, étant entendu qu’il pourra vous être communiqué sur demande de votre part. Consultez avec attention cette charte du cotisant contrôlé : elle reprend de manière synthétique les principales dispositions qui gouvernent le contrôle Urssaf, les modalités de déroulement du contrôle et les droits et garanties dont vous bénéficiez tout au long de ce contrôle.

Mention du contrôle « concerté ». Un contrôle concerté fait suite à la décision de l'agence centrale des organismes de sécurité sociale (ACOSS) de contrôler plusieurs employeurs issus du même secteur d'activité. L'avis de contrôle préalable, envoyé par l'URSSAF à l'employeur visé par le contrôle, n'a pas à mentionner le caractère concerté du contrôle.

     =>  Consultez un exemplaire de la charte du cotisant contrôlé

A noter. Lorsque l’Urssaf a déjà procédé à un contrôle des cotisations sociales portant sur une période donnée, elle ne peut pas effectuer un nouveau contrôle sur des points déjà vérifiés sur cette même période. En revanche, cette règle ne vaut pas pour les décisions de l’Urssaf qui font suite à une demande de remboursement d’un cotisant : le remboursement opéré par l’Urssaf à la suite d’une réclamation ne la prive pas de tout contrôle ultérieur portant sur la même période.

... dit « destinataire ». Sachez que cet avis doit être adressé à la bonne personne, à savoir au représentant légal de l’entreprise au siège social de l’entreprise qui, en qualité d’employeur, est tenue aux obligations de paiement des cotisations et contributions contrôlées. Lorsqu’il s’agit d’une personne physique, l’avis lui est adressé à son domicile ou à son adresse professionnelle déclarée.

Sinon… L’omission de ces mentions obligatoires sera de nature à entraîner la nullité du contrôle et des éventuels redressements envisagés par l’Urssaf.

... dit « information essentielle ». Vérifiez que l’avis de contrôle mentionne effectivement la date de la 1ère visite de l’inspecteur, afin que vous puissiez utilement vous préparer et organiser votre défense avec votre conseil : une entreprise a ainsi vu son contrôle annulé par le juge, et les redressements correspondants abandonnés, parce que l’avis préalable de contrôle ne mentionnait pas la date de la visite de l’inspecteur du recouvrement, quand bien même la règlementation n’impose pas que soit mentionnée la date exacte du contrôle.

… mais… L’avis peut ne pas mentionner la nature des éléments ou la période sur lesquels vont porter le contrôle.

En présence d’établissements multiples. Sachez que, dans le cas d’une entreprise multi-établissements, un seul avis de passage envoyé au siège de l’entreprise, pour le contrôle de l’ensemble des établissements, suffit (plus exactement, les juges ont précisé que l’avis doit être envoyé à l’employeur tenu aux obligations de paiement des cotisations et contributions sur lesquelles va porter le contrôle envisagé). L'avis adressé à l'employeur n'a pas à préciser, le cas échéant, ceux des établissements susceptibles de faire l'objet d'un contrôle.

Le saviez-vous ?

Un avis de contrôle peut aussi vous être envoyé dans le cadre d’un « contrôle sur pièce » : en pratique, l’inspecteur vous demande la communication d’un certain nombre de documents et exerce son contrôle directement dans ses bureaux. Il peut également vous demander à ce que les documents à consulter lui soient présentés dans un ordre qu’il vous déterminera, et ce pour les besoins de son enquête.

Notez que si vous ne transmettez pas les documents demandés, le contrôle sur pièces pourra se poursuivre en contrôle sur place.

Le contrôle sur pièce, en pratique. Il s’agit, en pratique, d’un véritable contrôle, qui ne peut toutefois concerner que les entreprises de moins de 10 salariés (seuil d’effectif apprécié au 31 décembre de l’année qui précède l’envoi de l’avis de contrôle), qui porte sur vos obligations déclaratives et de paiement. Il obéit aux mêmes règles de procédures et comporte les mêmes garanties qu’un contrôle sur place.

Attention. Il ne faut pas confondre ce contrôle sur pièces avec la faculté offerte à l’Urssaf de vérifier, en interne, l’exactitude des déclarations transmises et, le cas échéant, de procéder à des redressements, quel que soit l’effectif de votre entreprise : dans ce cadre, elle vous envoie un courrier qui précise le motif et le calcul du redressement et la possibilité de vous faire assister par le conseil de votre choix pour répondre à ce courrier, réponse qui doit être faite dans les 30 jours. Cet envoi peut être réalisé en recommandé avec AR ou, depuis le 16 décembre 2018, par n’importe quel autre moyen conférant date certaine à sa réception et donc notamment par voie dématérialisée.

Un défaut d’avis de contrôle ? L’inspecteur de l’Urssaf n’est pas autorisé à rechercher lui-même les documents sans vous les avoir demandés préalablement. Il doit impérativement vous adresser un avis de contrôle qui vous informe de l’existence de ce contrôle.

Le cas particulier du travail dissimulé. Dans le cadre de la lutte contre le travail dissimulé, l’agent de contrôle peut procéder à un contrôle sans envoi préalable d’un avis de contrôle, ni remise ou information concernant la charte du cotisant contrôlé. Néanmoins, si à l’issue de ce contrôle, il n’a pas constaté d’infraction mais qu’il entend poursuivre le contrôle sur d’autres points, il doit, cette fois, adresser l’avis de contrôle conformément aux règles habituelles.


Contrôle Urssaf : vos premiers réflexes…

1er réflexe. Puisque l’avis de contrôle doit obligatoirement mentionner la possibilité de vous faire assister par le conseil de votre choix, un contact avec votre conseil habituel traitant de vos questions d’ordre social peut s’avérer judicieux. Non seulement ce professionnel vous sera d’un appui très utile, mais vous pourrez aussi mettre en place une stratégie de contrôle de manière à anticiper d‘éventuelles questions émises par l’inspecteur.

2ème réflexe. C’est justement le deuxième réflexe à avoir. Préparez-vous au contrôle : faites le point sur vos obligations en matière sociale, anticipez les questions sur d’éventuels sujets potentiellement à risque, définissez les rôles à tenir vis-à-vis de l’inspecteur (si vous entendez déléguer le suivi du contrôle, préparez le mandat de représentation en conséquence), etc.

3ème réflexe. Organisez-vous et préparez un dossier de contrôle regroupant l’ensemble des documents demandés par l’inspecteur : documents sociaux (bordereaux de cotisations et de versements, déclarations, bulletins de salaires, dossiers du personnel, contrats de travail, registre du personnel, justificatifs de frais, etc.), documents comptables et fiscaux (bilans, grands livres, liasses fiscales, etc.), documents juridiques (statuts, éventuels jugements de conseils de prud’hommes, etc.). Un dossier bien présenté est gage de fiabilité.

Bien entendu… Si la date annoncée du début du contrôle ne vous convient pas, vous pouvez solliciter un report, pour autant que le motif soit légitime (nécessité de récupérer des documents stockés chez votre expert-comptable, fermeture de l’entreprise pour congés, etc.).

Attention. Rappelons qu’une fois l’avis de contrôle reçu, vous ne pouvez pas solliciter l’Urssaf dans le cadre d’un rescrit.

A éviter ! Evitez de vous opposer au contrôle Urssaf (en tentant, par tous actes ou omissions, de faire obstacle aux opérations de contrôle ou de vous y soustraire). Sachez qu’une opposition à contrôle est sanctionnée par une pénalité égale à :

  • 7 500 € par salarié (dans la limite de 750 000 €) ;
  • 7 500 € pour un travailleur indépendant au titre de ses cotisations personnelles ;
  • 3 750 € pour un particulier employeur.

A noter. Sera caractéristique d’une opposition à contrôle, à titre d’exemple :

  • un refus d’accès à des lieux professionnels,
  • un refus de communication d’une information formellement sollicitée, quel qu'en soit le support, y compris dématérialisé,
  • un silence ou une réponse abusivement fausse, incomplète ou tardive à toute demande de pièce justificative ou d'information,
  • un refus de réponse à une convocation, dès lors qu’elle est nécessaire à l'exercice du contrôle.

Sur quelle période peut s’étendre le contrôle ?

Mentions sur l’avis de contrôle ? L’administration n’a pas l’obligation d’indiquer sur l’avis de contrôle la période sur laquelle elle entend vérifier votre entreprise. Cela ne l’autorise cependant pas à vérifier toutes vos archives vieilles de plus de 10 ans…

3 ans + année en cours. Le délai pendant lequel l’administration sociale peut contrôler l’entreprise est limité : le « délai de reprise » comprend les 3 dernières années (les 5 dernières années en cas de constatation d’une infraction de travail illégal) et l’année en cours.

Concrètement. Si votre entreprise reçoit, en 2018, un avis de contrôle, l’administration pourra vérifier et contrôler les cotisations exigibles durant les années 2017, 2016, 2015 et, le cas échéant, celles qui sont exigibles en 2018 au titre de la période qui précède l’envoi de l’avis de contrôle.

Cela ne signifie pas que… L’inspecteur pourra toutefois vous demander de lui communiquer des documents se rapportant à une période antérieure (on dit « prescrite »), mais uniquement s’ils servent aux contrôle des cotisations des années concernées par le contrôle. C’est ce qu’a rappelé le juge en précisant que le contrôle peut porter sur des éléments correspondant à une période prescrite s’ils permettent de déterminer le montant des cotisations dues au titre de la période concernée par le contrôle.

Le saviez-vous ?

Le délai de reprise concerne, en pratique, le pouvoir de redresser, pas le pouvoir de contrôler, puisque l’inspecteur pourra contrôler des exercices prescrits, sans pour autant redresser le montant des cotisations dues au titre de ces exercices prescrits.

Pendant combien de temps ? Par principe, la durée du contrôle n’est pas limitée dans le temps. Toutefois, pour les travailleurs indépendants et les entreprises versant des rémunérations à moins de 10 salariés, le contrôle ne pourra pas durer plus de 3 mois (décompté à partir du début effectif du contrôle jusqu’à l’envoi de la lettre d’observations).

Et si vous avez plus de 10 salariés ? Pour les contrôles Urssaf engagés depuis le 12 août 2018, et à titre expérimental, cette limitation de la durée du contrôle à 3 mois est étendue aux entreprises qui versent des rémunérations à moins de 20 salariés. L’expérimentation doit durer 3 ans (soit jusqu’au 12 août 2021).

Début du contrôle ? La date de début effectif du contrôle correspond à la date de la 1ère visite de l’inspecteur en cas de contrôle sur place ou à la date de début des vérifications indiquée sur l’avis en cas de contrôle sur pièces.

Fin du contrôle ? L’administration précise qu’il faut retenir la date d’envoi en recommandé de la lettre d’observations pour apprécier l’expiration du délai de 3 mois.

A noter. Cette nouvelle garantie appelle toutefois les observations suivantes :

  • la durée de 3 mois pourra être prorogée 1 fois, sur demande écrite expresse de l’organisme contrôleur ou l’entreprise elle-même (ce qui porte, en pratique, la durée maximale à 6 mois) ;
  • elle ne s’applique pas s’il est établi à l’encontre de l’entreprise une situation de travail dissimulé, un obstacle à contrôle, un abus de droit, un constat de comptabilité insuffisante ou de documentation inexploitable ;
  • elle ne s’applique pas aux entreprises appartenant à un groupe au sein duquel sont employées au moins 10 personnes.

Dans certaines régions. Une nouvelle expérimentation va être menée pour les contrôles engagés à compter du 1er décembre 2018, sur une période de 4 ans, dans la région des Hauts de France et dans la région Auvergne Rhône Alpes.

Des critères. Il est prévu que les opérations de contrôle (fiscal ou social) des entreprises de moins de 250 salariés et dont le chiffre d'affaires annuel n'excède pas 50 millions d'euros ne pourront pas excéder une durée cumulée de 9 mois sur une période de 3 ans.

Une durée par établissement. La durée cumulée des contrôles (simultanés ou successifs) se calcule par établissement, et non par entreprise. En conséquence, une entreprise qui dispose de plusieurs établissements devra suivre le décompte de la durée de 270 jours pour chacun de ses établissements pris distinctement.

Un décompte ? La durée de chacun des contrôles entrant dans cette expérimentation sera décomptée à partir de la date de commencement du contrôle (figurant sur l’avis de contrôle) et jusqu’à la notification de son achèvement. A défaut de recevoir un avis de contrôle, le délai sera décompté à partir de la date de la 1ère visite sur place ou de la date de réception d’une demande de renseignements (ou de documents). Pareillement, à défaut de notification de l’achèvement des opérations de contrôle, le délai prendra fin le jour où l’entreprise reçoit les conclusions définitives du contrôleur.

Attention. La durée des contrôles est exprimée en jours entiers : les contrôles d’une durée inférieure à 1 jour seront tout de même comptabilisés pour 1 jour entier.

Une alerte ? Lorsque la durée cumulée des contrôles (9 mois) est sur le point d’être atteinte, l’entreprise peut en informer l’administration qui souhaite engager un nouveau contrôle. Dans ce cas, l’administration devra renoncer à toute velléité de contrôle jusqu’à l’expiration du délai de 3 ans.

Une preuve. A l’appui de son affirmation, l’entreprise devra fournir à l’administration les copies des attestations mentionnant le champ et la durée des contrôles déjà opérés sur l’établissement concerné au titre des 3 dernières années, afin que cette dernière puisse vérifier que les 270 jours ont été atteints.

Une information. L'administration devra informer l'entreprise concernée, à titre indicatif, de la durée de ce contrôle et (avant le terme annoncé), le cas échéant, de sa prolongation.

Attention. Cette limitation de la durée du contrôle ne sera pas opposable s'il existe des indices précis et concordants témoignant du fait que l’entreprise a manqué à une obligation légale ou réglementaire.

Un échange d’informations. Enfin, en cas de contrôles réalisés par différentes administrations, elles devront s'échanger les informations utiles à la computation de la durée cumulée des contrôles.


La première visite…

Qui vient ? Le contrôle sera, en principe, diligenté par un(e) inspecteur(trice) du recouvrement, salarié(e) de l’Urssaf (les contrôleurs du recouvrement étant également habilités à exercer un contrôle sur pièces des employeurs occupant 9 salariés au plus). Vous avez la possibilité de demander à ce qu’il ou elle vous présente sa carte professionnelle. Les agents vérificateurs sont assermentés : ils prêtent serment devant le Tribunal d’instance de ne rien révéler des secrets de fabrication et en général des procédés et résultats d’exploitation dont ils pourraient prendre connaissance dans l’exercice de leur mission.

Où ? En principe (et exception faite du contrôle sur pièce des entreprises de moins de 10 salariés), le contrôle a lieu dans l’entreprise. Si vous rencontrez des problèmes de place, il est possible de demander à ce que le contrôle soit délocalisé et se déroule, par exemple, chez l’expert-comptable, notamment si la plupart des documents sont stockés chez lui.

Votre rôle. Il est régulièrement conseillé aux chefs d’entreprise d’être présents, au moins lors de la première visite et à la fin du contrôle. La première visite de l’inspecteur sera aussi l’occasion de lui présenter l’entreprise, les conditions et contraintes d’exploitation, etc. Rien ne vous empêchera de déléguer, par la suite, le suivi du contrôle à votre conseil ou un collaborateur (dans ce cas, pensez à rédiger un mandat en ce sens).


Et si vous demandiez à être contrôlé ?

Une nouveauté 2018. Depuis le 11 août 2018, il existe un « droit au contrôle » prévoyant que toute entreprise peut demander à faire l’objet d’un contrôle diligenté par l’inspection du travail ou d’un contrôle portant sur ses déclarations de cotisations sociales.

Une demande. Dans cette situation, la demande doit préciser les points sur lesquels le contrôle est sollicité.

Un traitement. L’administration devra traiter cette demande dans un délai raisonnable (non déterminé à ce jour), sauf en cas de :

  • mauvaise foi du demandeur ;
  • demande abusive ;
  • demande ayant manifestement pour effet de compromettre le bon fonctionnement du service, ou de mettre l’administration dans l’impossibilité matérielle de mener à bien son programme de contrôle.

Une décision. La décision prise par l’administration (Inspection du travail, Urssaf, etc.) dans le cadre de la demande de contrôle lui sera opposable : concrètement, à l’occasion d’un contrôle ultérieur, elle ne pourra pas revenir sur la décision prise dans le cadre de la demande de contrôle, sauf à ce qu’un changement de circonstances (en droit ou en fait) ait affecté sa validité ou à ce qu’elle procède à un contrôle donnant lieu à de nouvelles conclusions expresses.

A noter. A l’issue de ce contrôle, le cas échéant, le demandeur bénéficie du droit à l’erreur.

Le droit à l’erreur, une autre nouveauté. Le droit à l’erreur permet à une entreprise qui se trompe pour la 1ère fois en remplissant une déclaration sociale, soit parce qu’elle a méconnu une règle applicable à sa situation, soit parce qu’elle a commis une simple erreur matérielle (par exemple en se trompant dans les cases à cocher), de ne pas être pécuniairement sanctionnée.

Attention. Le droit à l’erreur ne s’applique ni au défaut ou au retard de déclaration, ni au défaut ou au retard de paiement.

Une régularisation… Cette absence de sanction pécuniaire suppose toutefois que la personne régularise sa situation, donc qu’elle corrige son erreur, soit spontanément, soit après avoir été invitée à le faire par l’administration et dans le délai qui lui a été imparti. Mais attention ! L’absence de sanction pécuniaire n’implique pas systématiquement l’absence de majoration ou d’intérêts de retard…

…par une personne de bonne foi. Ce « droit à l’erreur » ne concerne que les personnes qui commettent une erreur de bonne foi : si la personne est de mauvaise foi, ou si elle a délibérément tenté de commettre une fraude, les sanctions pécuniaires pourront toujours être prononcées et ce, sans même que le contrevenant n’ait été invité à régulariser sa situation.

Une preuve. En cas de contestation, il appartiendra à l’administration de prouver que le contrevenant est effectivement de mauvaise foi.

A noter. Il sera impossible de se prévaloir du droit à l’erreur pour certaines sanctions :

  • celles requises pour la mise en œuvre du droit de l’Union européenne,
  • celles prononcées par les autorités de régulation à l’égard des professionnels soumis à leur contrôle.

A retenir

Les premiers réflexes :
  -   contactez votre conseil habituel ;
  -   préparez les documents demandés et anticipez les questions éventuelles sur des sujets potentiellement sensibles.
N’oubliez pas que le contrôle Urssaf peut porter sur les 3 dernières années plus l’année en cours. 

 

J'ai entendu dire

Les contrôles Urssaf sont-ils fréquents ?

Il n’existe aucune règle en la matière. Cela étant, compte tenu, d’une part, de la pratique, et, d’autre part, des règles de prescription, les entreprises sont susceptibles de faire l’objet d’un contrôle Urssaf tous les 3 ans.
 
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Sources
  • Articles L 243-7 et suivants du Code de la Sécurité Sociale
  • Article L 244-3 du Code de la Sécurité Sociale
  • Articles L 243-12-1 et L 243-12-4 du Code de la Sécurité Sociale
  • Articles R 243-43-3 et R 243-43-4 du Code de la Sécurité Sociale
  • Articles R 243-59 et suivants du Code de la Sécurité Sociale
  • Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2017 n° 2016-1827 du 23 décembre 2016 (article 23)
  • Décret n° 2013-1107 du 3 décembre 2013 relatif aux redressements des cotisations et contributions sociales en cas de constat de travail dissimulé ou d’absence de mise en conformité
  • Décret n° 2016-941 du 8 juillet 2016 relatif au renforcement des droits des cotisants
  • Décret n° 2018-1154 du 13 décembre 2018 relatif aux procédures de recouvrement et de contrôle et mettant en œuvre les modalités d'application de la sanction pour obstacle à l'accomplissement des fonctions des agents de contrôle
  • « charte du cotisant contrôlé »
  • Arrêté du 23 décembre 2016 fixant le modèle de la charte du cotisant contrôlé prévue pour les organismes en charge du recouvrement des cotisations et contributions sociales
  • Lettre circulaire ACOSS n° 2015-0000019 du 13 avril 2015
  • Loi n°2018-727 du 10 août 2018 pour un Etat au service d’une société de confiance (dite Loi Essoc), article 2 : droit au contrôle, droit à l’erreur / article 33 (limitation de la durée du contrôle pour les entreprises de moins de 20 salariés)
  • Décret n°2018-1019 du 21 novembre 2018 relatif à l’expérimentation d’une limitation de la durée cumulée des contrôles effectués par les administrations sur certaines entreprises
  • Circulaire du 19 février 2019 relative à l’expérimentation d’une limitation de la durée cumulée des contrôles effectués par les administrations sur les petites et moyennes entreprises dans les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Hauts-de-France, n° CPAM1831428C
  • Décret n° 2019-1050 du 11 octobre 2019 relatif à la prise en compte du droit à l'erreur par les organismes chargés du recouvrement des cotisations de sécurité sociale
  • Arrêté du 31 mars 2022 fixant le modèle de la charte du cotisant contrôlé prévue à l'article R. 243-59 du code de la sécurité sociale pour les organismes en charge du recouvrement des cotisations et contributions sociales au 1er janvier 2022
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 10 juillet 2008, n° 07-18152 (sanction défaut d’avis de contrôle)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 2 octobre 2008, n° 07-17936 (l’avis peut ne pas mentionner la nature des éléments et la période vérifiés)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, 2ème chambre civile, du 25 avril 2013, n° 12-30049 (mention de la date de la 1ère visite de l’inspecteur Urssaf)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, 2ème chambre civile, du 19 juin 2014, n° 13-20374 (contrôle exercice prescrit)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, 2ème chambre civile, du 18 septembre 2014, n° 13-17084 (défaut des mentions obligatoires sur l’avis de contrôle)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, 2ème chambre civile, du 6 novembre 2014, n° 13-23895 (1 seul avis de passage envoyé au siège de l’entreprise suffit)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, 2ème chambre civile, du 9 juillet 2015, n° 14-21755 (personne à qui est envoyé l’avis de contrôle)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, 2ème chambre civile, du 31 mars 2016, n° 15-14683 (l’inspecteur de l’Urssaf ne peut rechercher seul auprès d’un tiers les renseignements qui justifieront un redressement)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, 2ème chambre civile, du 21 décembre 2017, n° 16-26567 (la charte du cotisant contrôlé n’a pas à être remise en cas de recherche et constatation de travail dissimulé)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, 2ème chambre civile, du 15 mars 2018, n° 17-13409 (report du contrôle par l’inspecteur de l’Urssaf)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, 2ème chambre civile, du 4 avril 2018, n° 17-15599 (demande de remboursement d’un cotisant et contrôle d’assiette postérieur au remboursement)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, 2ème chambre civile, du 13 février 2020, n° 18-26348 (avis de contrôle et établissements multiples)
  • Arrêt de la Cour de cassation, 2ème Chambre civile, du 6 avril 2023, n° 21-17206 (contrôle concerté)
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Cotisations sociales en outre-mer : Exonération de cotisations sociales à Saint-Martin et Saint-Barthélemy dite Lodeom

Date de mise à jour : 24/05/2022 Date de vérification le : 24/05/2022 8 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Le dispositif Lodeom qui permet de bénéficier d’exonérations de cotisations sociales en outre-mer s’applique notamment à Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Quelles sont les spécificités…

Rédigé par l'équipe WebLex.
Cotisations sociales en outre-mer : Exonération de cotisations sociales à Saint-Martin et Saint-Barthélemy dite Lodeom


Des calculs

Un dispositif spécifique. A la suite de la révision du dispositif Lodeom, un dispositif d’exonération de cotisations sociales est spécifiquement applicable à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin : le barème dit sectoriel.

Qui est concerné ? Les employeurs du secteur privé sont exonérés du paiement des cotisations patronales de sécurité sociale (à l’exception des cotisations d’accident du travail et de maladie professionnelle), dans la limite des 11 premiers salariés ou, sans condition d'effectif, dans les secteurs :

  • du BTP,
  • de l'industrie,
  • de la restauration,
  • de la presse,
  • de la production audiovisuelle,
  • des énergies renouvelables,
  • des nouvelles technologies de l'information et de la communication et des centres d'appel,
  • de la pêche, des cultures marines, de l'aquaculture, de l'agriculture, du tourisme, y compris les activités de loisirs s'y rapportant et de l'hôtellerie.

Mais aussi... Peuvent également prétendre à cette exonération :

  • les employeurs de transport aérien assurant la liaison :
  • ○ entre la métropole et Saint-Barthélemy ou Saint-Martin,
  • ○ entre Saint-Barthélemy et Saint-Martin,
  • ○ entre Saint-Barthélemy ou Saint-Martin et la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique ;
  • les employeurs assurant la desserte maritime ou fluviale :
  • ○ dans Saint-Martin ou Saint-Barthélemy,
  • ○ ou assurant la liaison entre ces 2 collectivités,
  • ○ ou assurant la liaison entre l’une de ces 2 collectivités et la Guadeloupe, la Guyane ou la Martinique.

Employeurs d’au moins 11 salariés. L'exonération est totale pour une rémunération inférieure à 1,4 Smic. Elle est dégressive jusqu'à être nulle lorsqu'elle atteint 3 Smic.

Une formule. Lorsque le salaire horaire brut, correspondant au rapport entre la rémunération mensuelle brute et le nombre d’heures totales effectuées, est égal ou supérieur à 1,4 Smic (soit 16.31 € pour l’année 2024) mais inférieur à 3 Smic (soit 34.95 € pour l’année 2024), le montant de l’exonération mensuelle s’obtient en multipliant la rémunération du salarié à un coefficient déterminé selon la formule suivante :

Coefficient = 1,4 × T ÷ 1,6 × (3 ×Smic horaire × nombre d’heures rémunérées ÷ rémunération mensuelle brute -1)

T = valeur maximale du coefficient, déterminée selon le taux Fnal applicable à l’entreprise

Le barème dit de compétitivité de droit commun « moins de 11 salariés ». Pour les employeurs de moins de 11 salariés, l'exonération est :

  • totale lorsque le salaire est inférieur à 1,4 Smic ;
  • plafonnée lorsque la rémunération est égale ou supérieure à 1,4 Smic mais inférieure à 2 Smic ; dans ce cas, l’exonération est plafonnée à celle qui serait due pour une rémunération inférieure à 1,4 Smic ;
  • dégressive lorsque la rémunération horaire est égale ou supérieure à 2,5 Smic mais inférieure à 4,5 Smic ;
  • nulle lorsque la rémunération horaire est égale à 4,5 Smic.

Une formule. Lorsque le salaire horaire brut, correspondant au rapport entre la rémunération mensuelle brute et le nombre d’heures totales effectuées, est égal ou supérieur à 2 Smic (soit 23.3 € pour l’année 2024) mais inférieur à 3 Smic (soit 34.95 € pour l’année 2024), le montant de l’exonération mensuelle s’obtient en multipliant la rémunération du salarié à un coefficient déterminé selon la formule suivante :

Coefficient = 1,4 × T × (3 ×Smic horaire × nombre d’heures rémunérées ÷ rémunération mensuelle brute -1)

T = valeur maximale du coefficient, déterminée selon le taux Fnal applicable à l’entreprise

Le saviez-vous ?

Les entreprises situées dans ces collectivités bénéficient également de l’allègement général des cotisations sociales. A ce titre, l’allègement « étendu », comprenant les cotisations patronales d’assurance chômage, s’applique à compter du 1er janvier 2019 (au lieu du 1er octobre 2019).


Des particularités

Cas particulier des entreprises d’intérim. Les entreprises de travail temporaire peuvent bénéficier de ces dispositifs d’exonération de cotisations sociales. Elles bénéficient, pour chaque mission, de l’exonération applicable à l’entreprise utilisatrice à laquelle elles sont liées par un contrat de mise à disposition. L’effectif pris en compte est celui de l’entreprise de travail temporaire.

Attention ! Si le salarié intérimaire est occupé auprès de plusieurs entreprises utilisatrices, le coefficient des formules de calcul est déterminé selon chaque mission.

Une exclusion. La réduction de cotisations sociales ne s’applique pas aux salariés employés en CDI intérimaires (bénéficiant d’une rémunération mensuelle minimale au moins égale, pour un temps plein, à 151,67 fois le smic horaire (soit 5.3660300407292E+161 € pour l’année 2024).

A retenir

L’exonération Lodeom est un dispositif d’exonération de charges sociales qui dépend à la fois de l’entreprise bénéficiaire et des rémunérations qu’elle verse. Ce dispositif n’est pas cumulable avec un autre dispositif d’exonération de charges.
 

J'ai entendu dire

Ce dispositif comprenant des modalités de calcul complexes et plusieurs barèmes, il est parfois difficile de s’y retrouver. Puis-je facilement estimer le montant de l’exonération dont mon entreprise bénéficie ?

Oui, pour aider les employeurs d’Outre-mer, l’Urssaf met à leur disposition, sur son site internet, un estimateur. Attention toutefois : l’estimation qui en ressort est donnée à titre indicatif. L’outil ne tient, en effet, pas compte des taux et répartitions de cotisations dérogatoires.
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Payer ses cotisations sociales avec le versement en lieu unique (VLU)

Date de mise à jour : 09/06/2022 Date de vérification le : 09/06/2022 7 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Le versement en lieu unique (VLU) est un dispositif permettant aux entreprises disposant de plusieurs établissements distincts de procéder à leurs déclarations et de régler leurs cotisations auprès d’une seule et même Urssaf, pour l’ensemble de leurs établissements. Le VLU peut être obligatoire ou facultatif sous certaines conditions. Lesquelles ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Payer ses cotisations sociales avec le versement en lieu unique (VLU)


Mise en place obligatoire du VLU

Principe. Par principe, les employeurs déclarent et versent les cotisations sociales aux organismes de recouvrement dont leurs établissements (et leurs salariés) relèvent. Ainsi, concrètement, chaque établissement distinct d’une seule et même entreprise peut dépendre d’une Urssaf différente, en raison notamment de sa localisation.

Mais… Afin de faciliter les démarches et de limiter le nombre d’intervenants, le versement en lieu unique (VLU) obligatoire a été mis en place pour les entreprises comptabilisant un certain nombre de salariés.

Seuil de 250 salariés. Depuis le 1er janvier 2020, le seuil d’effectif devant être atteint pour entrer dans le dispositif du VLU obligatoire est de 250 salariés.

Conséquence. Lorsque l’entreprise a atteint ce seuil d’effectif, elle est dans l’obligation de déclarer et de verser l’ensemble de ses cotisations à une seule et même Urssaf, dite « Urssaf interlocuteur unique ».

Appréciation de l’effectif. Les seuils d’effectifs sont appréciés sur l’année précédant l’introduction de la demande de désignation de l’Urssaf interlocuteur unique par l’entreprise. C’est l’effectif annuel moyen de l’entreprise de l’année précédente qui est pris en compte.

Concrètement. En pratique, ceci signifie que lorsque la demande de rattachement est effectuée sur l’année N, l’effectif moyen est apprécié sur l’année N-1.

Effet de franchissement du seuil. Lorsque le seuil d’effectif de l’année N-1, apprécié en tenant compte de tous les établissements de l’entreprise, est franchi, le directeur de l’Acoss adresse à l’entreprise une proposition de rattachement à « l’Urssaf interlocuteur unique » avant le 1er septembre de l’année N, pour une entrée dans le dispositif au 1er janvier suivant (N+1).

Une durée de 4 ans. Le mécanisme reste en place, en dépit d’éventuelles fluctuations d’effectifs, jusqu’au 31 décembre de la 4e année suivant la date d’effet.

Exemple. Une entreprise a franchi le seuil de 250 salariés en 2019. Le directeur de l’Acoss lui aura adressé la proposition de rattachement le 1er septembre 2020 au plus tard. Elle sera rattachée à une Urssaf unique dès le 1er janvier 2021. Elle la conservera au moins jusqu’au 31 décembre 2025, peu importe les éventuelles fluctuations de son effectif.

Désignation de l’Urssaf interlocuteur unique. L’Urssaf interlocuteur unique est désignée par le directeur de l’Acoss, après consultation de l’entreprise. En pratique, ce dernier envoie une proposition de rattachement au plus tard le 1er septembre de l’année précédant l’entrée dans le dispositif (effectif année N, proposition au plus tard le 1er septembre N+1, pour effet au 1er janvier N+2 et pendant 4 ans, donc jusqu’à N+5)

Délai. L’entreprise a 15 jours pour accepter ou refuser la proposition qui lui est faite (le silence vaut accord tacite). En cas de refus, le directeur de l’Acoss désigne l’Urssaf interlocuteur unique.

Le saviez-vous ?

Durant 4 ans, cette désignation ne peut être modifiée que sur demande de l’entreprise et après autorisation du directeur de l’Acoss. Cela a pour effet de lancer une nouvelle procédure de désignation.

Effets du VLU. Les entreprises d’au moins 250 salariés versent à leur interlocuteur unique toutes les cotisations Urssaf, c’est-à-dire les cotisations de sécurité sociale, contribution solidarité autonomie, CSG, CRDS ainsi que toutes les autres cotisations recouvrées par l’Urssaf (FNAL, versement transport, assurance chômage et AGS).

Le saviez-vous ?

La déclaration préalable à l’embauche (DPAE) doit, dans tous les cas, être effectuée auprès de l’Urssaf du lieu de travail du salarié embauché.

Déclaration par établissement. L’employeur a toujours la même obligation d’effectuer une déclaration par établissement. Cependant, cette déclaration doit être adressée à l’Urssaf désignée interlocuteur unique.

Groupes d’au moins 500 salariés. L'entreprise appartenant à un groupe dont l'effectif cumulé des entreprises, situées dans la circonscription de plusieurs Urssaf, est d'au moins 500 salariés est, elle aussi, soumise au dispositif du VLU.

Définition du groupe. Le groupe est constitué :

  • d’une part, par une entreprise ayant publié des comptes consolidés l'année précédant la désignation de l’interlocuteur unique (appelée aussi « société mère »),
  • d’autre part, par les sociétés qu'elle contrôle ou sur lesquelles elle exerce une influence dominante au sens du droit des sociétés (appelées aussi « filiales »).

Conséquences en matière de contrôle. L’Urssaf de rattachement a compétence également, en sa qualité d’interlocuteur unique, pour toutes les opérations de vérification du calcul des cotisations, d’encaissement, de contrôle et de contentieux.

Contentieux. Le contentieux lié au VLU est porté devant le tribunal judiciaire du lieu de situation de l’Urssaf interlocuteur unique, auprès duquel l'employeur verse ses cotisations et contributions sociales.


Mise en place facultative du VLU

Depuis le 1er janvier 2020, l’entreprise ayant un effectif de moins de 250 salariés peut mettre en place le VLU, de manière facultative. Au-delà, c’est le dispositif de « l’interlocuteur unique » qui s’applique obligatoirement.

Conditions particulières. L’employeur doit répondre à plusieurs conditions pour bénéficier du dispositif :

  • être en relation avec au moins 2 Urssaf ;
  • être à jour des déclarations et du paiement des cotisations sociales ;
  • centraliser la gestion de la paie de l’ensemble des salariés de l’entreprise (tous établissements confondus) ;
  • n’avoir aucune procédure contentieuse en cours avec une quelconque Urssaf.

Comment procéder pour bénéficier du VLU facultatif ? Toute entreprise souhaitant bénéficier du VLU facultatif doit déposer sa demande avant le 31 octobre, pour une application au 1er janvier de l’année suivante. L’entreprise doit ensuite retourner son dossier à l’Acoss.

Dossier d’adhésion. Le dossier d’adhésion au dispositif du VLU est disponible sur le site Internet de l’Urssaf. Il doit être complété et retourné par courrier à l’Acoss.

Filiales ou groupes de sociétés. Une entreprise qui adhère déjà au VLU peut l’étendre aux filiales ou aux autres sociétés du groupe. Pour ce faire, elle doit compléter différents documents également accessibles sur le site Internet de l’Urssaf, et notamment une fiche de demande d’extension, la liste des établissements, etc.

Choix de l’Urssaf. En pratique, l’Acoss proposera alors à l’entreprise 3 choix d’Urssaf.

Effets du VLU. L’entreprise versera à son Urssaf interlocuteur unique toutes les cotisations Urssaf, c’est-à-dire les cotisations de sécurité sociale, contribution solidarité autonomie, CSG, CRDS ainsi que toutes les autres cotisations recouvrées par l’Urssaf (FNAL, versement transport, assurance chômage et AGS).

Le saviez-vous ?

La déclaration préalable à l’embauche (DPAE) doit, dans tous les cas, être effectuée auprès de l’Urssaf du lieu de travail du salarié embauché.

Contentieux. Le contentieux lié au VLU est porté devant le tribunal judiciaire du lieu de situation de l’Urssaf interlocuteur unique, auprès duquel l'employeur verse ses cotisations et contributions sociales.

Vers une extension aux entreprises de + de 100 salariés ? Le Gouvernement souhaite aujourd’hui étendre ce dispositif aux entreprises de plus de 100 salariés. Ainsi, en avril 2021, une expérimentation sera menée en ce sens dans 4 régions :

  • Lorraine ;
  • Picardie ;
  • Aquitaine ;
  • Midi Pyrénées.

Objectif 2022 ! Un bilan sera fait en fin d’année 2021, dans un objectif de généraliser cette pratique début 2022.

A retenir

Le VLU est un dispositif de simplification administrative pour les entreprises qui ont plusieurs établissements rattachés à des Urssaf différentes, dans le sens où il évite de multiplier les interlocuteurs Urssaf. Malgré tout, la déclaration préalable à l’embauche doit toujours être adressée à l’Urssaf du lieu de travail du salarié embauché.

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Cotisations sociales en outre-mer : dispositif Lodeom en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique et à la Réunion

Date de mise à jour : 24/05/2022 Date de vérification le : 24/05/2022 12 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Avant même l’apparition du dispositif « réduction Fillon », il existait un système d’exonération de cotisations sociales applicable en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à la Réunion ainsi qu'à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin. Ce dispositif dit « exonération Lodeom » a, depuis, été aménagé...

Rédigé par l'équipe WebLex.
Cotisations sociales en outre-mer : dispositif Lodeom en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique et à la Réunion

Des barèmes

Un dispositif spécifique. Dans un but de simplification du dispositif d’exonération de cotisations sociales en Outre-mer (dit « Lodeom »), un dispositif spécifique, comprenant 3 barèmes, s’applique aux entreprises ou à leurs établissements implanté(e)s en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique et à la Réunion.

1er barème. Ce 1er barème dit de compétitivité concerne :

  • peu importe leur secteur d’activité : les entreprises de moins de 11 salariés ;
  • peu importe leur effectif :
    • les entreprises de transport aérien assurant les liaisons entre les départements et régions d’Outre-mer et entre la métropole et ces territoires, ainsi que les dessertes intérieures ;
    • les entreprises du secteur du bâtiment et des travaux publics,
    • les entreprises de la presse (jusqu'au 31 décembre 2019) ou de la production audiovisuelle ;
    • les employeurs des secteurs éligibles aux régimes de compétitivité renforcée ou d’innovation et de croissance, qui ne respectent pas les conditions d’effectifs (moins de 250 salariés) ou de chiffres d’affaires annuel (moins de 50 millions d’euros).

Conditions d’exonération de cotisations patronales. Dans le cadre de ce 1er barème, si le salaire est inférieur à 1,3 Smic annuel (soit 27563.9 € pour l’année 2024), l’employeur sera totalement exonéré de cotisations patronales de sécurité sociale. Cette exonération s’effacera de manière dégressive, jusqu’à disparaître complètement lorsque le salaire atteindra 2,2 Smic annuel (soit 46646.6 € pour l’année 2024).

Une formule. Pour les revenus compris entre 1,3 Smic annuel et 2,2 Smic annuel, le montant de l’exonération s’obtient en multipliant la rémunération annuelle brute due au salarié à un coefficient déterminé selon la formule suivante :

Coefficient = 1,3 × T ÷ 0,9 × (2,2 ×Smic annuel ÷ rémunération annuelle brute -1)

T = valeur maximale du coefficient, déterminée selon le taux Fnal applicable à l’entreprise

2ème barème. Un autre barème dit de compétitivité renforcée s’applique aux entreprises employant moins de 250 salariés et ayant un chiffre d’affaires annuel inférieur à 50 M € :

  • qui relèvent des secteurs :
    • de l'industrie,
    • de la restauration,
    • de l'environnement,
    • de l'agronutrition,
    • des énergies renouvelables,
    • des nouvelles technologies de l'information et de la communication et des centres d'appel,
    • de la pêche,
    • des cultures marines,
    • de l'aquaculture,
    • de l'agriculture,
    • du tourisme, y compris les activités de loisirs s'y rapportant,
    • du nautisme,
    • de l'hôtellerie,
    • de la recherche et du développement,
    • de la presse au 1er janvier 2020,
    • de la production audiovisuelle (à compter du 1er janvier 2021)
  • qui, en Guyane, relèvent des secteurs d’activité éligibles à la réduction d'impôt pour investissements réalisés en Outre-mer, ou qui exercent une activité de comptabilité, de conseil aux entreprises, d’ingénieries ou d’études techniques ;
  • qui bénéficient du régime de perfectionnement actif (régime qui permet de bénéficier d’une exonération de certain(e)s droits et taxes douaniers(ères) concernant les importations dans le but de la transformation et de la réexportation de marchandises).

Conditions d’exonération de cotisations patronales. Dans ces entreprises, soumises au 2ème barème, lorsque le salaire annuel est inférieur à 1,7 Smic annuel (soit 36045.1 € pour l’année 2024), l’exonération est totale. Au-delà, elle est dégressive puis devient nulle lorsque le salaire atteint 2,7 Smic annuel (soit 57248.1 € pour l’année 2024).

Une formule. Lorsque le revenu est égal ou supérieur à 2 Smic annuel mais inférieur à 2,7 Smic annuel, le montant de l’exonération s’obtient en multipliant la rémunération annuelle brute due au salarié à un coefficient déterminé selon la formule suivante :

Coefficient = 2 × T × (2,7 ×Smic annuel ÷ rémunération annuelle brute -1)

T = valeur maximale du coefficient, déterminée selon le taux Fnal applicable à l’entreprise

3ème barème. Un troisième barème dit d'innovation et de croissance s’applique aux employeurs de moins de 250 salariés et dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur à 50 M € au titre de la rémunération des salariés concourant essentiellement à la réalisation de projets innovants dans le domaine des technologies de l'information et de la communication.

Conditions d’exonération de cotisations patronales. Dans ce dernier cas, l’exonération est :

  • totale si le salaire est inférieur à 1,7 Smic annuel (soit 36045.1 € pour l’année 2024) ;
  • plafonnée à ce montant d’exonération si le salaire est supérieur ou égal à 1,7 Smic annuel (soit 36045.1 € pour l’année 2024) mais inférieur à 2,5 Smic annuel (soit 53007.5 € pour l’année 2024) ;
  • dégressive si le salaire est égal ou supérieur à 2,5 Smic annuel (soit 53007.5 € pour l’année 2024) mais inférieur à 3,5 Smic annuel (soit 74210.5 € pour l’année 2024) ;
  • nulle si le salaire atteint 3,5 Smic annuel (soit 74210.5 € pour l’année 2024).

Une formule. Lorsque le revenu est égal ou supérieur à 2,5 Smic annuel mais inférieur à 3,5 Smic annuel, le montant de l’exonération s’obtient en multipliant la rémunération annuelle brute due au salarié à un coefficient déterminé selon la formule suivante :

Coefficient = 1,7 × T × (3,5 ×Smic annuel ÷ rémunération annuelle brute -1)

T = valeur maximale du coefficient, déterminée selon le taux Fnal applicable à l’entreprise

Attention ! Ce dernier coefficient ne s’applique que si les conditions suivantes sont cumulativement satisfaites, à savoir :

  • les salariés sont principalement employés à la réalisation de projets innovants ; les salariés affectés aux tâches administratives, financières, logistiques et de ressources humaines n'ouvrent pas droit à l'exonération ;
  • les projets innovants s'entendent ici des projets ayant pour but l'introduction d'un bien, d'un service, d'une méthode de production ou de distribution nouveaux ou sensiblement améliorés sur le plan de ses caractéristiques ou de l'usage auquel il est destiné ;
  • ces projets sont réalisés dans les domaines d'activité suivants : 
    • télécommunication,
    • informatique, dont notamment programmation, conseil en systèmes et logiciels, tierce maintenance de systèmes et d'applications, gestion d'installations, traitement de données, hébergement et activités connexes,
    • édition de portails internet et de logiciels,
    • infographie, notamment conception de contenus visuels numériques,
    • conception d'objets connectés.

Dans tous les cas. Le montant de la réduction serait calculé chaque année civile, pour chaque salarié et pour chaque contrat de travail, en fonction des revenus pris en compte pour la détermination de l'assiette des cotisations sociales. Une proratisation de la rémunération est prévue en cas de temps partiel.

Le saviez-vous ?

Les entreprises situées dans ces collectivités bénéficient également de l’allègement général des cotisations sociales. A ce titre, l’allègement « étendu », comprenant les cotisations patronales d’assurance chômage, s’applique à compter du 1er janvier 2019 (au lieu du 1er octobre 2019).


Des particularités

Cas particulier des entreprises d’intérim. Les entreprises de travail temporaire peuvent bénéficier de ces dispositifs d’exonération de cotisations sociales. Elles bénéficient, pour chaque mission, de l’exonération applicable à l’entreprise utilisatrice à laquelle elles sont liées par un contrat de mise à disposition. L’effectif pris en compte est celui de l’entreprise de travail temporaire.

Attention ! Si le salarié intérimaire est occupé auprès de plusieurs entreprises utilisatrices, le coefficient des formules de calcul est déterminé selon chaque mission.

Une exclusion. La réduction de cotisations sociales ne s’applique pas aux salariés employés en CDI intérimaires (bénéficiant d’une rémunération mensuelle minimale au moins égale, pour un temps plein, à 151,67 fois le smic horaire (soit 1766.9555 pour l’année 2024).

A retenir

L’exonération Lodeom est un dispositif d’exonération de charges sociales qui dépend à la fois de l’entreprise bénéficiaire et des rémunérations qu’elle verse. Ce dispositif n’est pas cumulable avec un autre dispositif d’exonération de charges.
 

J'ai entendu dire

Ce dispositif comprenant des modalités de calcul complexes et plusieurs barèmes, il est parfois difficile de s’y retrouver. Puis-je facilement estimer le montant de l’exonération dont mon entreprise bénéficie ?

Oui, pour aider les employeurs d’Outre-mer, l’Urssaf met à leur disposition, sur son site internet, un estimateur. Attention toutefois : l’estimation qui en ressort est donnée à titre indicatif. L’outil ne tient, en effet, pas compte des taux et répartitions de cotisations dérogatoires.
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Cotisations d’assurance vieillesse : ce qu’il faut savoir

Date de mise à jour : 02/12/2021 Date de vérification le : 02/12/2021 15 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Le système d’assurance retraite repose sur un régime de base, géré par la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) et un régime complémentaire relevant de l’Agirc-Arrco. Comment sont financés ces différents régimes ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Cotisations d’assurance vieillesse : ce qu’il faut savoir

Assurance vieillesse : cotisations au régime de base

Plusieurs cotisations ? L’assurance vieillesse-veuvage gérée par la Cnav est financée par des cotisations sociales, calculées sur les rémunérations versées aux salariés ou travailleurs assimilés.

Cotisations au régime de base. La cotisation due au régime de base se divise en 2 parties :

  • l’une porte sur la fraction de la rémunération inférieure ou égale au plafond de la Sécurité sociale (fixé à 3864 € pour l’année 2024), et est appelée cotisation d’assurance vieillesse de base plafonnée ;
  • l’autre porte sur la rémunération totale et est appelée cotisation d’assurance vieillesse de base déplafonnée.

Répartition des cotisations d’assurance vieillesse. Une part de la cotisation est à la charge des employeurs. L’autre est à la charge des salariés. Actuellement, le taux de ces cotisations est fixé :

  • pour la part plafonnée :
  • ○ à 8,55 % pour l’employeur,
  • ○ à 6,90 % pour le salarié ;
  • pour la part déplafonnée :
  • ○ à 1,90 % pour l’employeur,
  • ○ à 0,40 % pour le salarié.


Assurance vieillesse : cotisations au régime complémentaire

Agirc-Arrco = retraite complémentaire. Les régimes de retraites complémentaires Agirc et Arrco ont fusionné. Il résulte de cette fusion des modifications en termes de cotisations retraite à compter du 1er janvier 2019.

Répartition des cotisations d’assurance vieillesse complémentaire. Par principe, les cotisations de retraite complémentaire sont réparties entre l’employeur et le salarié, à hauteur de 60 % pour l’employeur et 40 % pour le salarié. Cependant, l’employeur peut décider d’appliquer une répartition plus favorable au salarié.

2 tranches de rémunération. Depuis le 1er janvier 2019, les cotisations retraite sont déterminées sur la base de 2 tranches de rémunération, sans différencier les salariés cadres des salariés non-cadres :

  • la 1ère tranche (T1) correspondrait à la fraction des revenus qui n’excède pas le plafond mensuel de la Sécurité Sociale (soit 3864 € pour l’année 2024) ;
  • la 2ème tranche (T2) correspondrait à la fraction de revenus supérieure au plafond mensuel de la Sécurité Sociale et inférieure à 8 fois ce même plafond (soit 30912 € pour l’année 2024).

Taux de cotisation. Le taux de cotisation correspond au taux de calcul des points (fixé à 6,20 % sur les revenus de la tranche T1 et à 17 % sur les revenus de la tranche T2) multiplié par le taux d’appel de 127 %.

Concrètement. Depuis le 1er janvier 2019, la cotisation retraite est appelée sur la base d’un taux de :

  • 7,87 % sur la tranche T1 (soit 4,72 % à la charge de l’employeur et 3,15 % à la charge du salarié) ;
  • 21,59 % sur la tranche T2 (soit 12,95 % à la charge de l’employeur et 8,64 % à la charge du salarié).

À ajouter aux « contributions d’équilibre ». En plus de cette cotisation, qui permet l’acquisition de points de retraite pour le salarié, il est institué 2 contributions d’équilibre qui ne sont pas, quant à elles, génératrices de points pour le salarié :

  • une contribution d’équilibre général au taux de :
  • ○ 2,15 % sur la tranche T1 (soit 1,29 % à la charge de l’employeur et 0,86 % à la charge du salarié),
  • ○ 2,70 % sur la tranche T2 (soit 1,62 % à la charge de l’employeur et 1,08 % à la charge du salarié) ;
  • pour les rémunérations qui excèdent le plafond mensuel de Sécurité Sociale (soit 3864 € pour l’année 2024), une contribution d’équilibre technique au taux de 0,35 % applicable sur les tranches 1 et 2 des revenus (dont 0,14 % à la charge du salarié).

Le saviez-vous ?

Depuis le 1er janvier 2019, il n’existe plus de « cotisation AGFF », de « contribution d'équilibre temporaire » et de « Garantie minimale de points ».

Vers une hausse de la valeur du point ? Dès le 1er novembre 2021, la valeur de service du point de retraite complémentaire augmentera de 1 %, s’élevant à 1,28 €. Notez que la caisse prévoit, si besoin, la possibilité d’un rattrapage automatique au 1er novembre 2022, en fonction de l’inflation réelle constatée sur l’année 2021.

Et la valeur d’achat ? A compter du 1er janvier 2022, la valeur d’achat du point de retraite augmentera de 0,2 %, et s’élèvera donc à 17,43 €.

Recouvrement. Aujourd’hui, le recouvrement des cotisations sociales des salariés au titre de la retraite complémentaire est assuré par les insultions de retraites complémentaires.

Précisions. Notez que dans un objectif de simplification, les cotisations AGRIC-ARRCO seront recouvrées par les Urssaf dès le 1er janvier 2023.

Des exceptions. Ne sont pas concernés par ce dispositif :

  • les salariés agricoles : le recouvrement de leurs cotisations reste confié à la MSA ;
  • les notaires, à raison des cotisations versées à la caisse de retraite et d’assistance des clercs de notaires : le recouvrement de ces cotisations reste confié à leur caisse de retraite et de prévoyance.

Dispositif transitoire. A compter du 1er janvier 2022 et pour une durée d’un an, les Urssaf, les CGSS, le groupement d’intérêt public « modernisation des déclarations sociales » ainsi que les institutions de retraite complémentaire et leurs fédérations pourront mettre à disposition des éditeurs de logiciels de paies et des entreprises volontaires un service leur permettant d’expérimenter le fonctionnement du dispositif unifié de vérification des déclarations sociales nominatives (DSN), découlant de ce futur transfert.

Comment ? Une charte viendra définir les modalités techniques de mise en œuvre de ce dispositif, ainsi que les modalités d’accompagnement des éditeurs de logiciels de paie et des entreprises volontaires par ces organismes.


Assurance vieillesse : une réduction de cotisations

Préambule. Le taux global des cotisations d’assurance vieillesse (de base + complémentaire légale), pour la part salariale, diffère selon le niveau de rémunération du salarié. Concrètement :

  • pour un salarié dont la rémunération n’excède pas le plafond mensuel de sécurité sociale (soit 3864 € pour l’année 2024), le taux global est fixé à 11,31 % ;
  • pour un salarié dont la rémunération excède le plafond mensuel de sécurité sociale (soit 3864 € pour l’année 2024), le taux appliqué à la fraction qui excède ce plafond est fixé à 11,31 %.

Une réduction de la cotisation salariale d’assurance vieillesse. Les heures supplémentaires et complémentaires réalisées depuis le 1er janvier 2019 permettent aux salariés de bénéficier d’une réduction de l’ensemble des cotisations d'assurance vieillesse et veuvage « légales » (c’est-à-dire du régime de base et du régime complémentaire). Cette réduction est égale au montant de la rémunération des heures supplémentaires et complémentaires effectuées par le salarié multiplié par le taux des cotisations d’assurance vieillesse (de base + complémentaire légale), dans la limite de 11,31 %.

Concrètement. Cette réduction est :

  • totale pour un salarié dont la rémunération n’excède pas le plafond mensuel de sécurité sociale (soit 3864 € pour l’année 2024) ;
  • partielle pour un salarié dont la rémunération excède le plafond mensuel de sécurité sociale (soit 3864 € pour l’année 2024) : le taux de la réduction est limité à 11,31 %.

Exemple 1. Un salarié, employé à temps plein, est payé 12 € de l’heure (soit 1 820,04 € par mois) effectue au cours d’un mois 5 heures supplémentaires rémunérées avec une majoration de 25% :

  • rémunération des heures supplémentaires = 12 € × 125 % × 5 = 75 €
  • taux de réduction = 11,31 % (soit 6,90 % au titre des cotisations retraite plafonnées, 0,40 % au titres des cotisations retraite déplafonnées, 3,15 % au titre des cotisations complémentaires permettant l’acquisition de points retraite et 0,86 % au titre de la contribution d’équilibre)
  • montant de la réduction = 75 € × 11,31 % = 8,48 €

Exemple 2. Un salarié dont la rémunération excède le plafond mensuel de Sécurité sociale (soit 3666 € pour l’année 2023) consacre un taux plus important de sa rémunération aux régimes vieillesse. Celui-ci verra donc le montant de ses cotisations (affectées aux régimes vieillesse) réduit pour les heures supplémentaires ou complémentaires réalisées à partir du 1er janvier 2019, le taux de réduction des cotisations salariales d’assurance vieillesse étant limité à 11,31 %.

Application de la réduction. La réduction ne s’applique qu’à la majoration des heures supplémentaires prévue par accord collectif (d’entreprise ou de branche) ainsi qu’à celle des heures complémentaires prévue par accord de branche. A défaut d’accord, la réduction s’appliquera à la majoration des heures supplémentaires ou complémentaires telle qu’elle est prévue par la Loi.

     = >  Pour en savoir plus sur la rémunération des heures supplémentaires, consultez la fiche : Heures supplémentaires : quelles contreparties pour le salarié ?

A noter. Le montant de réduction ainsi déterminé est déduit des cotisations d’assurance vieillesse dues à l’Urssaf au titre de l’ensemble de la rémunération du salarié. Les cotisations salariales de retraite complémentaire doivent être déclarées et acquittées de façon habituelle auprès de l'institution de retraite complémentaire (Agirc-Arrco).

Salariés au forfait jour. Concernant particulièrement les salariés ayant conclu une convention de forfait en jours sur l’année, la réduction s’applique sur la majoration de leur rémunération due au titre des jours travaillés au-delà de 218 jours par an, en contrepartie de leur renonciation à des jours de repos.

A retenir

Les régimes d’assurance vieillesse de base et complémentaire sont financés par des cotisations salariales et patronales calculées sur les rémunérations versées aux salariés.
 

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Comprendre la tarification des risques d’accidents du travail et des maladies professionnelles

Date de mise à jour : 28/11/2023 Date de vérification le : 28/11/2023 24 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Chaque année, vous cotisez pour le risque « accidents du travail / maladies professionnelles » (AT/MP). Cette cotisation doit s’adapter à la situation de votre entreprise, en fonction du risque qu’elle représente. Concrètement, comment est déterminé son taux ? Comment évolue-t-il ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Comprendre la tarification des risques d’accidents du travail et des maladies professionnelles

Détermination du taux de cotisation du risque AT/MP

Par établissement. Le mode de tarification de la cotisation relative aux accidents du travail (AT) et aux maladies professionnelles (MP) dépend de l’effectif de l’entreprise ; mais la tarification de cette cotisation dépend de l’activité exercée par établissement (chacun pris séparément, dans le cas des entreprises composées de plusieurs établissements).

Exemple. Une société qui exploite 2 fonds de commerce distincts (thalassothérapie et hôtellerie), situés à la même adresse mais dans des locaux distincts, faisant l’objet de 2 contrats de location-gérance distincts, doit être assujettie, pour chacun de ces établissements distincts, au taux de cotisation propre à leur activité.

3 modes de tarification. Il existe 3 modes de tarification selon l’effectif de l’entreprise (tout établissement confondu) :

 

Hors Alsace-Moselle

En Alsace-Moselle

Tarification collective

Entreprises de moins de 20 salariés

Entreprises de moins de 50 salariés

Tarification individuelle

Entreprises d’au moins 150 salariés

Entreprises d’au moins 150 salariés

Tarification mixte

Entreprises d’au moins 20 salariés et de moins de 150 salariés

Entreprises d’au moins 50 salariés et de moins de 150 salariés

Le saviez-vous ?

Par dérogation, la tarification collective s’applique, quel que soit l’effectif de l’entreprise :

  • aux établissements nouvellement créés (pendant l’année de leur création et les années civiles suivantes) ;
  • aux activités listées en annexe ;
  • aux travailleurs à domicile qui constituent chacun un établissement distinct.

La tarification collective. Le taux de cotisation est déterminé, chaque année, par un barème national qui tient compte de l’activité exercée.

     =>  Pour connaître les taux applicables concernant la tarification collective, consultez le barème : Tarification des cotisations d’ATMP des activités professionnelles relevant du régime général de la sécurité sociale - Année 2020

Le saviez-vous ?

A partir de 2024, le taux de cotisation des entreprises d’au moins 10 salariés pourra être majoré jusqu’à 10 % lorsqu’au moins un accident du travail par an sur les 3 années précédant l’année N-1 a entraîné un arrêt de travail.

Pour la cotisation de 2024, la Caisse tiendra alors compte des AT éventuellement survenus en 2020, 2021 et 2022.

La tarification individuelle. Cette tarification tient compte de la somme des coûts moyens des accidents du travail et des maladies professionnelles (sinistres) survenus dans votre établissement au cours des 3 années précédant l’année N-1 selon leur degré de gravité (caractérisé par la durée de l’arrêt de travail et éventuellement par la catégorie de l’incapacité permanente résultant du sinistre).

Exemple. Pour déterminer votre cotisation de 2021, la Caisse tient compte des sinistres survenus dans votre établissement sur les années 2017, 2018 et 2019.

     =>  Pour aller plus loin, concernant la tarification individuelle, consultez le barème : Coûts moyens incapacité temporaire et incapacité permanente - Année 2020

Le saviez-vous ?

Une telle tarification a pour but de vous encourager à prévenir les accidents de travail en prenant des mesures en matière d’hygiène et de sécurité.

La tarification mixte. Cette tarification est un mélange de 2 autres : la Caisse va additionner une partie du taux déterminé en fonction du nombre de sinistres survenus dans votre établissement sur les 3 années précédant l’année N-1 à une fraction du taux collectif. Plus l'effectif de l'entreprise sera important, plus la proportion du taux individuel sera importante par rapport à celle du taux collectif.

Calcul du taux mixte (hors Alsace-Moselle)

 

Jusqu’en 2017

A partir du 1er janvier 2018

Taux individuel

(Effectif - 19) ÷ 131

0,9 ÷ 130 × (Effectif - 20) + 0,1

Taux collectif

1 - [(Effectif - 19) ÷ 131]

1 - [0,9 ÷ 130 × (Effectif - 20) + 0,1]

Calcul du taux mixte en Alsace-Moselle

Taux individuel

(0,075 Effectif - 1,25) ÷ 10

Taux collectif

1 - [(0,075 Effectif - 1,25) ÷ 10]

Le saviez-vous ?

L’entreprise soumise à la tarification individuelle ou mixte peut demander à bénéficier d’un taux unique de cotisations relatives au risque AT/MP pour l’ensemble de ses établissements ayant une même activité. Pour ce faire, elle doit adresser sa demande :

  • à la caisse régionale de santé dont dépend son siège social ou son principal établissement situé en France, hors des départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle ;
  • par tout moyen permettant d’attester de la date de réception (idéalement par lettre recommandée avec AR) ;
  • avant le quatrième trimestre (1er octobre) de l'année civile en cours pour une application au 1er janvier de l'année civile suivante.

Attention ! Cette demande est irrévocable : l’entreprise ne pourra plus, par la suite, demander que chaque établissement se voit appliquer un taux propre.

Calcul de l’effectif. Jusqu’en 2017, l’effectif annuel était déterminé sur la base d’une moyenne de l’effectif au dernier jour de chaque trimestre. Depuis le 1er janvier 2018, l’effectif annuel est déterminé sur la base de la moyenne mensuelle. Sont inclus :

  • les apprentis ;
  • les titulaires d'un contrat initiative-emploi, pendant la durée d'attribution de l'aide financière ;
  • les titulaires d'un contrat d'accompagnement dans l'emploi pendant la durée d'attribution de l'aide financière ;
  • les titulaires d'un contrat de professionnalisation jusqu'au terme prévu par le contrat lorsque celui-ci est à durée déterminée ou jusqu'à la fin de l'action de professionnalisation lorsque le contrat est à durée indéterminée.

     =>  Pour en savoir plus, consultez notre fiche Décompter vos effectifs

 

Une information annuelle. Chaque année, la Caisse régionale de santé dont vous dépendez (Carsat ou Cramif) vous adresse le taux de cotisation relatif au risque accident de travail et maladie professionnelle. Toutefois, aucune notification n’est effectuée pour certaines catégories de travailleurs, pour lesquelles le taux collectif est directement applicable.

     =>  Consultez notre annexe pour connaître les catégories de travailleurs concernées.

Une information dématérialisée. Les entreprises reçoivent par voie dématérialisée les notifications de taux AT/MP et leur classement de risques.

Adhésion au compte AT/MP impérative ! Cette notification dématérialisée nécessite, pour ces entreprises qui ne l’ont pas déjà fait, d’adhérer au compte AT/MP sur le site net-entreprises.fr. A défaut, une sanction est applicable, dans la limite de 10 000 € par établissement. Cette pénalité, due au titre de chaque année ou, à défaut, au titre de chaque fraction d'année durant laquelle l'absence d'adhésion au téléservice : " Compte AT/MP " est constatée, est égale :

  • pour les entreprises de moins de 20 salariés, de 0,5 % du PASS (arrondi à l’euro supérieur) par salarié ou assimilé compris dans les effectifs de l'entreprise pour lesquels l'absence d'adhésion est constatée ;
  • pour les entreprises de 20 à 149 salariés, de 1 % du PASS (arrondi à l’euro supérieur) par salarié ou assimilé compris dans les effectifs de l'entreprise pour lesquels l'absence d'adhésion est constatée ;
  • pour les entreprises d’au moins 150 salariés, de 1,5 % du PASS (arrondi à l’euro supérieur) par salarié ou assimilé compris dans les effectifs de l'entreprise pour lesquels l'absence d'adhésion est constatée.

Ameli.fr. Vous trouverez plus de précisions concernant l’ouverture de ce compte AT/MP sur le site ameli.fr.

Cas du recours à l’intérim. Il n’est pas possible, pour une entreprise utilisatrice, de contester le taux d’incapacité d’un intérimaire fixé par la Caisse de sécurité sociale à la suite d’un accident de travail dont il a été victime. Le juge a rappelé que cette faculté n’était offerte qu’à l’employeur, c’est-à-dire à l’entreprise de travail temporaire.


Détermination de l’évolution du taux de cotisation du risque AT/MP

Evolution du risque. Votre taux de cotisation doit refléter le risque d’accidents que présente votre établissement, c’est pourquoi il évolue (outre les changements de barèmes, révisés chaque année). Il est donc possible de se voir appliquer une majoration, ou, au contraire mais sous conditions, de bénéficier de ristournes. Mais est-il possible de bénéficier d’une exonération de cotisations ?

Une exonération de cotisations possible ? Aucune exonération totale des cotisations relatives au risque AT/MP n’est possible.

Ristourne sur la cotisation AT/MP. La Caisse régionale de santé, de sa propre initiative ou sur demande de l’employeur, peut accorder des ristournes aux établissements :

  • soumis à la tarification collective ou à la tarification mixte ;
  • qui justifient d’efforts accomplis en vue de prévenir les accidents de travail par le biais de mesures efficaces ;
  • à jour du paiement de leurs cotisations sociales et qui les ont régulièrement payées au cours des 12 derniers mois.

Montant de la ristourne sur cotisation AT/MP. La réduction de cotisation résultant de la ristourne accordée ne peut excéder 25 % du taux collectif.

Durée de la ristourne sur cotisation AT/MP. La ristourne est consentie à compter du 1er jour du mois civil qui suit la décision de la caisse et pour une durée maximale d’un an sans nouvel examen. Elle peut toutefois être supprimée ou suspendue par la caisse.

Ristourne sur la majoration pour accidents de trajet. Le taux net de cotisation tient compte de 4 majorations forfaitaires, dont l’une est liée aux accidents de trajets. Une ristourne (d’une valeur de 25 % pour les établissements cotisant au taux collectif) est possible à l’initiative de la caisse (après consultation du CSE) pour les établissements :

  • qui justifient d’efforts accomplis en vue de prévenir la fréquence et la gravité des accidents de trajet par le biais de mesures efficaces ;
  • à jour du paiement de leurs cotisations sociales et qui les ont régulièrement payées au cours des 12 derniers mois.

Le saviez-vous ?

Les établissements soumis à une tarification collective ou mixte peuvent bénéficier d’un cumul des ristournes, mais il est toutefois limité selon des règles spécifiques.

Des cotisations supplémentaires. La Caisse régionale de santé peut vous imposer une cotisation supplémentaire pour tenir compte des risques exceptionnels liés à votre exploitation :

  • révélés par une infraction constatée par l’inspecteur du travail ;
  • ou résultant d’une inobservation des mesures de prévention prescrites par une caisse d'assurance retraite et de la santé au travail étendues par arrêté ministériel ou de celles qu’elle vous a elle-même prescrites.

Montant de la cotisation supplémentaire. Le montant de la cotisation supplémentaire est au moins égal à 25 % de la cotisation normale sur une période de 3 mois sans pouvoir être inférieure à 1 000 €. Le montant de cette cotisation supplémentaire sera encore augmenté et porté à :

  • 50 % si l’employeur n’a pas pris l'une des mesures dont la non-exécution a justifié cette cotisation supplémentaire dans un délai fixé par le comité technique régional (délai de 6 mois maximum) ;
  • 200 % si l’employeur persiste à refuser de prendre l’une des mesures dont la non-exécution a motivé la cotisation supplémentaire initiale dans un délai de six mois à compter de l'expiration du 1er délai fixé par le comité technique régional.

En cas de faute inexcusable de l’employeur… Lorsqu’un salarié, victime d’un accident du travail, obtient la reconnaissance de la faute inexcusable de son employeur, il bénéficie d’une majoration de sa rente d’incapacité. Elle lui est versée par la Caisse de sécurité sociale qui en obtient le remboursement auprès de l’employeur responsable. Par suite, la Caisse régionale de santé peut appliquer à l’employeur la cotisation supplémentaire dans les mêmes conditions que précédemment.

     =>  Pour en savoir plus sur le sujet, consultez notre fiche : La faute inexcusable de l’employeur.

Refus de prise en charge d’un accident du travail. Notez que la décision de refus de prise en charge de l’accident que la Caisse lui notifie est définitive à l’égard de l’employeur, quand bien même le salarié la contesterait avec succès. Par conséquent, l’employeur n’aura pas, dans une telle hypothèse, à supporter les dépenses afférant à l’accident du salarié et à la majoration de sa rente d’incapacité, qui n’auront pas non plus à être inscrites à son compte AT/MP.


Le cas spécifique des personnels administratifs

Principe. Lorsque des salariés ne sont pas exposés aux risques de l’activité principale de l’entreprise (sont visés principalement les personnels administratifs), et pour le calcul de leur cotisation nécessaire à la couverture des accidents du travail, le taux retenu correspond à un taux réduit appelé taux « bureau ».

Mais... Les entreprises de moins de 20 salariés (qui relèvent du taux collectif) et de 20 à 149 salariés (qui relèvent du taux mixte) peuvent demander l’application du nouveau taux « fonctions supports de nature administrative » pour ce personnel administratif, installé dans des locaux non exposés aux autres risques de l’entreprise. Sont considérées comme fonctions supports de nature administrative (parce qu’elles concourent à la réalisation des tâches de gestion administrative communes à toutes les entreprises) : le secrétariat, l’accueil, la comptabilité, les affaires juridiques, la gestion financière et les ressources humaines.

À compter du 1er janvier 2020. Le taux « bureau » disparaît définitivement au profit du nouveau taux « fonctions supports de nature administrative ». Si vous n’êtes pas éligible à ce nouveau dispositif, ou en l’absence de demande de taux fonctions supports, un seul taux (celui de votre activité principale) deviendra applicable à l’ensemble de vos salariés à compter du 1er janvier 2020.

Concrètement. Pour les entreprises comptant plus de 149 salariés (en tarification individuelle), ce taux sera calculé en fusionnant le taux de l’activité principale (coûts moyens et salaires) avec celui du taux bureau. La suppression du taux bureau conduira donc à baisser le taux de l’activité principale qui s’appliquera à l’ensemble des salariés. Pour les autres entreprises qui souhaiteraient bénéficier du taux fonctions supports pour les personnels administratifs, et ainsi optimiser le coût de la cotisation accident du travail de l’entreprise le cas échéant, il faut se rapprocher de votre caisse régionale d’assurance retraite et de santé au travail (CARSAT) pour demander l’application de ce taux (il faudra vous munir d’un plan détaillé des locaux de l’entreprise).

À noter. L’application du taux fonctions supports sera effective au 1er jour du mois qui suit la réception de votre demande par votre caisse.

À retenir

Votre cotisation visant à mutualiser le coût des accidents de travail, des accidents de trajet et des maladies professionnelles est déterminée par établissement et non par entreprise. Cependant, pour vous imposer un mode de tarification de la cotisation, l’effectif de l’entreprise doit être pris en compte. Le taux qui vous sera attribué pourra parfois être diminué ou augmenté pour tenir compte de votre action pour limiter la fréquence et la gravité des accidents de travail.
 

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Décompter vos effectifs « droit du travail »

Date de mise à jour : 05/07/2022 Date de vérification le : 05/07/2022 5 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Décompter vos effectifs est impératif pour connaître vos obligations. Le décompte de l’effectif « droit du travail » s’applique par principe aux obligations découlant du code du travail. Mais ce principe connaît des exceptions…

Rédigé par l'équipe WebLex.
Décompter vos effectifs « droit du travail »


Dans quel cas faut-il appliquer le décompte de l’effectif « droit du travail » ?

Application du décompte « droit du travail ». Le décompte de l’effectif « droit du travail » s’applique aux obligations prévues par le code du travail. Par exemple :

  • le document unique d’évaluation des risques ;
  • l’accord collectif par référendum ;
  • etc.

Par exception : application du décompte de l’effectif sécurité sociale. Le décompte de l’effectif « sécurité sociale » s’applique pour de nombreuses obligations prévues par le code du travail. Il convient donc d’être vigilant !


Comment se compose votre effectif ?

Des salariés. En principe, tous les salariés titulaires d’un contrat de travail sont pris en compte dans le décompte de l’effectif. Il s’agit donc :

  • des salariés à temps plein ou à temps partiel ;
  • des intermittents ;
  • des salariés en CDI ;
  • des salariés en CDD ;
  • des salariés en période d’essai, ou en cours de préavis ;
  • des salariés dont le contrat de travail est suspendu,
  • etc.

Des exclusions. Sont en revanche exclus du décompte du code du travail pour le calcul des effectifs :

  • les salariés titulaires d’un CDD et les salariés temporaires lorsqu’ils remplacent un salarié absent ou dont le contrat de travail est suspendu, notamment du fait d’un congé de maternité, d’un congé d’adoption ou d’un congé parental d’éducation ;
  • les apprentis ;
  • les titulaires d’un contrat initiative-emploi ou d’un contrat d’accompagnement dans l’emploi pendant la durée d’attribution de l’aide financière qui y est rattachée ;
  • les titulaires d'un contrat de professionnalisation jusqu'au terme prévu par le contrat lorsque celui-ci est à durée déterminée ou jusqu'à la fin de l'action de professionnalisation lorsque le contrat est à durée indéterminée.

Le saviez-vous ?

Les salariés en contrat initiative-emploi ou d’accompagnement dans l’emploi sont pris en compte dans l’effectif pendant la durée d’attribution de l’aide afférente dans deux cas : pour l’application des règles relatives aux institutions représentatives du personnel et, pour celles liées à la tarification des risques d’accidents du travail et de maladies professionnelles.

Cas des salariés mis à disposition. Les salariés des entreprises sous-traitantes ou prestataires qui travaillent dans une entreprise utilisatrice sont par principe pris en compte dans l’effectif de l’employeur. En revanche, ces salariés seront décomptés dans l’effectif de l’entreprise utilisatrice à la condition d’être présents dans les locaux de l’entreprise utilisatrice et d’y travailler depuis au moins un an.

Cas des salariés temporaires (intérimaires). Les salariés temporaires sont pris en compte dans l’effectif de l’entreprise utilisatrice à due proportion de leur temps de présence au cours des 12 mois précédents.


Comment calculer l’effectif selon le code du travail ?

Les CDI à temps plein. Les salariés titulaires d'un contrat de travail à durée indéterminée à temps plein et les travailleurs à domicile sont pris intégralement en compte dans l'effectif de l'entreprise.

Les CDD, contrat de travail intermittent, mis à disposition ou temporaires. Ces salariés sont pris en compte au prorata de leur présence dans l’entreprise au cours des 12 mois précédents.

Les temps partiels. Les salariés à temps partiel, quelle que soit la nature de leur contrat de travail, sont pris en compte en divisant la somme totale des horaires inscrits dans leurs contrats de travail par la durée légale ou la durée conventionnelle du travail.

Un effectif à virgule, est-ce possible ? Rien n’est prévu au niveau légal lorsque le calcul de l’effectif abouti à un nombre qui n’est pas entier. Dans une affaire datant de 2008, le juge a précisé que pour une entreprise dont l’effectif était de 74,5 salariés, il n’y avait pas lieu de l’arrondir au nombre entier supérieur.

Exemple. La mise en place d’un règlement intérieur est obligatoire dans les entreprises employant au moins 50 salariés. Si l’entreprise a un effectif de 49,7, il n’y a pas d’obligation d’arrondir au nombre entier supérieur, elle n’aura donc pas l’obligation de mettre en place un règlement intérieur.


Que faire en cas de variation d’effectif ?

Gel des effets de seuil ? Ici aussi, rien n’est prévu au niveau légal. Le code du travail ne prévoit pas de mécanisme général de neutralisation de franchissement de seuils (comme pour le calcul des effectifs du code de la Sécurité sociale). Pour autant, il existe des dispositions spécifiques de gel des effets de seuil, tels que le franchissement des seuils de 50 ou 300 salariés pour les attributions du CSE.

Variation d’effectif pour le CSE. Après la mise en place du CSE, si l’effectif de l’entreprise atteint pendant 12 mois consécutifs, le seuil d’au moins 50 salariés, le comité dispose alors d’attributions étendues à l’expiration d’un délai de 12 mois à compter de la date à laquelle le seuil de 50 salariés a été atteint pendant 12 mois consécutifs.

A retenir

Le décompte de votre effectif selon les règles du code du travail implique de prendre en compte tous les salariés avec lesquels vous avez un contrat de travail. Certains salariés sont néanmoins exclus. Connaître son effectif est vital pour savoir à quelles obligations vous êtes tenu.

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Appliquer la déduction forfaitaire spécifique aux cotisations sociales

Date de mise à jour : 08/11/2021 Date de vérification le : 08/11/2021 10 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

En tant qu’employeur, vous êtes tenu de déclarer à l’Urssaf l’ensemble des rémunérations que vous versez à vos salariés. Cette déclaration permet d’évaluer, et de payer, les cotisations sociales applicables. Mais certains employeurs peuvent appliquer une déduction forfaitaire permettant de diminuer la base de calcul des cotisations sociales…

Rédigé par l'équipe WebLex.
Appliquer la déduction forfaitaire spécifique aux cotisations sociales


Appliquer la déduction forfaitaire spécifique : quelques conditions…

Remboursement des frais professionnels… Dès lors que l’un de vos collaborateurs engage des frais pour les besoins de son activité professionnelle (la dépense étant inhérente à l’emploi) et dans l’intérêt de l’entreprise, ils doivent lui être remboursés.

…soumis à cotisations sociales ? Le remboursement des frais professionnels ne s’impute pas sur la rémunération du salarié et n’est, en principe, pas soumis à cotisations sociales. Pour en être exonéré, vous devez justifier des frais réellement engagés par vos salariés ou respecter les barèmes concernés qui fixent les limites au-delà desquelles vos remboursements seront soumis à cotisations.

Cas particulier de certaines professions. Certaines professions doivent faire face à des frais professionnels bien plus importants que d’autres. Dans ce cas, l’employeur est autorisé à appliquer une déduction forfaitaire spécifique sur ses cotisations sociales. Le taux de cette déduction forfaitaire dépend de la profession exercée par le salarié. Ce sera le cas par exemple des ouvriers du bâtiment, des chauffeurs de cars, des journalistes, etc.

     =>  Vous pouvez consulter notre annexe pour connaître la liste des professions concernées et le taux de déduction qui leur est applicable.

Sous conditions. Non seulement le salarié doit faire partie de la liste des professions fixée par la réglementation, mais il doit aussi exposer effectivement des frais professionnels à l’occasion de l’exercice de son activité professionnelle. A cet égard, il appartient à l'employeur de démontrer que le salarié a réellement engagé des frais professionnels.

Le saviez-vous ?

En pratique, les ouvriers de nettoyage sont assimilés aux ouvriers du bâtiment alors qu’ils ne sont pas prévus par la Loi. Vous pouvez donc appliquer la même déduction forfaitaire spécifique pour ces ouvriers mais c’est à la condition qu’ils soient contraints de se déplacer sur plusieurs sites pour votre compte.

A noter. L’application de cette déduction ne dépend pas de l’activité de l’entreprise mais de la profession exercée par le ou les salariés concernés. Lorsqu'un salarié exerce plusieurs professions au sein d’une même entreprise, certaines ouvrant droit à la déduction forfaitaire spécifique, la déduction forfaitaire spécifique ne s’appliquera qu’aux revenus tirés de la profession concernée.

Opter pour la déduction forfaitaire spécifique. Aucun employeur n’est obligé d’opter pour la déduction forfaitaire spécifique, il s’agit uniquement d’une faculté pour lui. Cette option est soumise à la condition qu’un accord collectif le prévoie ou que le comité social et économique (CSE) l’ait autorisé.

Consentement du salarié. A défaut d'accord collectif ou d'accord du CSE, l’employeur doit demander individuellement à chaque salarié s’il accepte que la déduction forfaitaire spécifique pour frais professionnels s’applique à ses cotisations sociales. Notez que l’employeur doit s’assurer annuellement du consentement de ses salariés.

Et en cas d’application à tort de la déduction ? Notez que lorsqu’un employeur applique, à tort, une déduction forfaitaire spécifique pour le calcul des cotisations sociales de l’un de ses salariés et que cela a une incidence négative sur les droits sociaux de ce salarié, il peut être condamné à verser des dommages et intérêt aux fins de réparer le préjudice subi par ce même salarié.

Comment obtenir l’accord du salarié ? Pour obtenir le consentement du salarié, l’employeur doit mettre en œuvre une procédure consistant à informer chaque salarié concerné sur le dispositif de la DFS et ses conséquences sur la validation de ses droits.

Précisions Vous pouvez prévoir une clause dans le contrat de travail, selon laquelle le salarié accepte que la base de calcul de ses cotisations sociales soit déterminée après application de la déduction forfaitaire spécifique. Un avenant au contrat de travail peut être rédigé en ce sens. Sinon, vous pouvez aussi adresser une lettre recommandée avec AR à chaque salarié concerné pour l’informer de ce dispositif et de ses conséquences sur la validation de ses droits (notamment en termes de retraite). Dans ce cas, votre courrier doit être accompagné d'un coupon-réponse d'accord ou de refus à retourner par le salarié. L’absence de réponse du salarié vaut acceptation. La décision du salarié prendra alors effet à compter de l’année suivante.

Quelles conséquences ? Un salarié peut refuser d’appliquer la déduction forfaitaire spécifique parce que cette méthode de calcul influera sur le montant de ses cotisations sociales, notamment en termes de retraite. Cela peut avoir pour effet de diminuer sa pension de retraite.

En cas de changement d’avis ? Vous pouvez revenir également sur votre option (en pratique, lors de l'établissement de la DSN). Mais il est également possible que les signataires de l’accord collectif décident de réformer l’accord. Dans ce cas, la modification ne prendra pas effet pour l’année en cours mais pour l’année suivante. Enfin, il est également possible pour le salarié de revenir sur l’accord qu’il a donné, avant le 31 décembre de l’année en cours. Cependant, sa décision ne pourra être prise en compte que pour l’année suivante.

Un consentement annuel ? Dans certaines situations, l’employeur devra, à compter du 1er janvier 2022, recueillir chaque année le consentement des salariés à bénéficier de la déduction forfaitaire spécifique, notamment :

  • en l’absence de mention prévoyant l’application de la DFS dans l’accord collectif (de branche ou d’entreprise) ;
  • en l’absence d’accord du CSE.

Précisions. Notez qu’en cas de contrôle, jusqu’au 31 décembre 2022, l’Urssaf procédera uniquement à une demande de mise en conformité pour l’avenir.

Le saviez-vous ?

Pour bénéficier de la « réduction Fillon », sachez qu’en principe, la rémunération prise en compte dans la formule de calcul du coefficient de cette réduction ne tient compte de la déduction forfaitaire spécifique que dans une certaine limite.

Un avantage plafonné. Ainsi, pour les employeurs des salariés bénéficiant d'une déduction forfaitaire spécifique pour frais professionnels, l'application du calcul relatif à la détermination du coefficient des allègements généraux (« réduction Fillon ») ne doit pas leur procurer, sur une année donnée, un gain monétaire supérieur à 130 % du gain perçu par un employeur dont le salarié ne bénéficie pas de la déduction forfaitaire spécifique à rémunération identique.

CICE. L’application de la DFS est également compatible avec le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE). La base de calcul de ce crédit d’impôt sera alors la rémunération après application de la déduction. En cas de cumul des deux dispositifs, les remboursements de frais professionnels, s’ils donnent lieu à cotisations, sont réintégrés dans la base de calcul de ce crédit d’impôt.


Appliquer la déduction forfaitaire spécifique : quelques chiffres…

Appliquer la déduction forfaitaire spécifique. La déduction forfaitaire spécifique constitue un abattement. Celui-ci s’appliquera sur l’ensemble des rémunérations versées au salarié, frais professionnels inclus.

Quelles sont les sommes entendues comme rémunérations ? Pour déterminer la base de calcul des cotisations, il faut tenir compte de toutes les rémunérations versées au salarié. C’est-à-dire non seulement son salaire de base mais aussi :

  • ses indemnités,
  • ses primes ou gratifications,
  • les sommes versées au salarié à titre de remboursement des frais professionnels.

DFS. En cas d’application d’une DFS, notez que les indemnités versées par l’employeur au salarié au titre de remboursement de frais professionnels (ou les prises en charges directes par l’employeur) doivent être réintégrées dans la base de calcul des cotisations, avant même d’appliquer la déduction.

Des exceptions. Il existe toutefois des exceptions à l’inclusion des rémunérations dans la détermination de l’assiette de cotisations :

  • les remboursements de frais professionnels aux salariés relevant de certaines professions bénéficiant d'une déduction forfaitaire spécifique dont le montant est notoirement inférieur à la réalité des frais professionnels exposés par lui ;
  • les rémunérations versées au titre d'avantages venant en contrepartie de contraintes professionnelles particulièrement lourdes;
  • les frais de transport exposés à l’occasion des voyages de début et fin de chantier ainsi que les voyages de détente prévus par les conventions collectives du bâtiment et des travaux publics ;
  • l’avantage tiré en cas de mise à disposition par l’employeur d’un véhicule de transport en commun à destination des salariés pour les conduire sur le lieu de travail.

     =>  Pour connaître précisément les exceptions, consultez notre annexe.

De nouvelles exceptions… provisoires... De nouvelles exceptions sont tolérées jusqu’au 31 décembre 2022 :

  • prise en charge directe par l’employeur auprès d’un tiers (hôtelier, restaurateur, entreprise de taxi…) des frais de son salarié en situation de déplacement professionnel ;
  • remboursement des dépenses d’entretien des vêtements de travail ;
  • remboursement des dépenses engagées par le salarié dans le cadre de sa participation, à la demande de son employeur, à titre exceptionnel, à des manifestations organisées dans le cadre de la politique commerciale de l’entreprise ;
  • remboursement des dépenses engagées par le salarié ou prises en charge directement par l’employeur à l’occasion des repas d’affaires dûment justifiés (sauf abus manifeste).

… et pérennes. Depuis le 22 octobre 2021, il est admis que les frais exposés par les salariés afin d’acheter ou d’entretenir du matériel ou des fournitures (bureautique, vêtements de travail…) pour le compte de l’entreprise, alors même que l’exercice normale de l’activité ne le prévoit pas, ne doivent pas être intégrés dans la base de calcul des cotisations sociales avant d’appliquer la DFS.

Quelles sont les cotisations concernées ? La déduction forfaitaire spécifique s’applique à la base de calcul des cotisations de Sécurité sociale et à toutes les cotisations qui reposent sur la même assiette (contribution de solidarité autonomie, versement transport, contribution au Fonds national d’aide au logement, cotisations chômage – sauf pour les journalistes – et cotisations de retraite complémentaire). En revanche, le calcul de la CSG et de la CRDS est effectué sur la base du salaire brut, sans abattement.

Une déduction limitée. L’abattement maximum pratiqué dans le cadre de la déduction forfaitaire spécifique est fixé à 7 600 € par année civile et par salarié (dans le respect des taux applicables selon la profession exercée). Sachez, en outre, que l’application de l’abattement ne peut avoir pour effet de ramener la base de cotisations sociales en deçà de l’assiette minimum de cotisations (correspondant au Smic).

Concrètement... Pour déterminer la base de calcul des cotisations sociales, vous devez appliquer le taux d’abattement relatif à la profession de votre salarié (référez-vous à notre annexe pour vérifier le taux applicable). S’il excède le montant du plafond de 7 600 €, c’est alors ce plafond qui s’appliquera. Vous déduirez donc cette somme du montant des rémunérations versées. Le produit qui en résultera servira de base au calcul des cotisations sociales.

Le saviez-vous ?

Si « Rémunération totale (incluant les frais professionnels) – taux d’abattement > 7 600 € » alors, « base de calcul = rémunération totale – plafond de 7 600 € ».

Exemple. Pour un salarié percevant une rémunération annuelle de 30 000 € (salaire de base et toutes indemnités confondues) et dont la profession lui permet de bénéficier d’un abattement de 10 %, vous appliquerez le calcul suivant : 30 000 – 10 % = 3 000. Le montant de l’abattement étant inférieur au plafond de 7 600 €, c’est ce montant de 3 000 € que vous retiendrez. Vous déduirez donc 3 000 € de la rémunération totale versée (30 000 €), ce qui vous fera une base de 27 000 € pour calculer les cotisations sociales dues sur la rémunération de ce salarié.

A retenir

La déduction forfaitaire spécifique s’applique aux rémunérations versées à certains salariés en fonction de leur profession, sous réserve d’un accord préalable (accord collectif ou accord individuel de chaque salarié). Le taux de cette déduction dépend du métier exercé par le salarié. Dans tous les cas, elle est nécessairement plafonnée à 7 600 € par an et par salarié.

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