Membres du conseil d’administration : le point sur votre rémunération
Bénéficiez d'une rémunération
Conseil d’administration ou de surveillance. Le conseil d'administration, que l’on rencontre dans les sociétés anonymes dites classiques, est chargé de contrôler la gestion de la direction, de fixer les orientations stratégiques de la société et de veiller à la bonne marche de celle-ci. Le conseil de surveillance, que l’on rencontre, lui, dans les sociétés anonymes dirigées par un directoire, a pour mission de contrôler les organes de direction de la société. Composés d’administrateurs ou de membres du conseil de surveillance, ces derniers peuvent se voir rétribuer pour leurs fonctions au sein du conseil.
Une rémunération particulière. Il revient à l’assemblée générale des associés de déterminer le montant de la rémunération qui sera allouée aux administrateurs, l’éventuelle répartition entre les administrateurs étant déterminée par le conseil d'administration ou de surveillance. On a coutume de dire que cette rétribution a pour objectif principal de récompenser l’assiduité les administrateurs aux séances du conseil, même si ce critère d’assiduité n’est pas nécessairement le seul élément qui entre en ligne de compte pour déterminer le montant qui revient à chaque administrateur.
Le saviez-vous ?
Même si, d’une manière générale, la répartition des rémunérations entre administrateurs est égalitaire, un partage inégal est possible, notamment en faveur des administrateurs qui sont investis de missions particulières ou pour l’administrateur en charge de la présidence du conseil d’administration.
Des rémunérations exceptionnelles. Si un administrateur se voit confier une mission particulière, qui excède le cadre de sa fonction d’administrateur, il pourra bénéficier d’une rémunération exceptionnelle à ce titre. Attention : l’attribution d’une rémunération exceptionnelle dans le cadre de missions précises constitue une convention entre l’administrateur et la société soumise à la procédure des conventions réglementées.
Le saviez-vous ?
Comme le précise l’administration, les règles applicables à la SA en matière de rémunération des dirigeants sont transposables à la SAS.
Rémunérations : quel coût pour l'administrateur ?
Des particularités à connaître. Qu’il s’agisse des conditions de déductibilité de la rémunération allouée aux administrateurs, des modalités d’imposition de cette rémunération à l’impôt sur le revenu au nom de l’administrateur, du coût social de cette rétribution, des règles particulières sont à connaître…
L’imposition des rémunérations 'classiques'. Les rémunérations « classiques » versées aux administrateurs sont imposables, à l’impôt sur le revenu, dans la catégorie des revenus mobiliers, en totalité, c’est-à-dire sans pouvoir bénéficier de l’abattement de 40 % comme pour les dividendes (le montant imposable pouvant être diminué, le cas échéant, des frais réels et justifiés effectivement supportés au cours de l'année dans le cadre des fonctions d’administrateurs). Les rémunérations, versés aux administrateurs exerçant une fonction de direction, sont imposables comme des salaires.
A noter. La rémunération spécifique versée, le cas échéant, au président et au vice-président du conseil de surveillance doit être imposée, selon l'administration, dans la catégorie des revenus mobiliers.
L’imposition des rémunérations exceptionnelles. Si vous êtes missionné par le conseil pour effectuer des missions particulières, la rémunération exceptionnelle qui peut vous être attribuée dans ce cadre est alors imposable comme des bénéfices non commerciaux (dès lors que les prestations rémunérées s'exercent en dehors d'un contrat de travail et de tout lien de subordination ; dans le cas contraire, elle serait imposée dans la catégorie des traitements et salaires).
Rémunérations : quel coût pour la société ?
Pour la société. Les différentes rémunérations et rétributions allouées aux administrateurs sont normalement déductibles des résultats imposables, s’agissant de charges d’exploitation, mais sous réserve des précisions et limitations suivantes :
- en premier lieu, les rémunérations « classiques » allouées aux administrateurs sont déductibles du résultat fiscal de la société, mais cette déduction fiscale est limitée à 5 % de la somme obtenue en multipliant la moyenne des rémunérations déductibles attribuées au cours de l’exercice aux 10 ou 5 salariés les mieux rémunérés, selon que l’entreprise emploie plus ou moins de 200 salariés par le nombre des membres composant le conseil (si un membre du conseil n’a exercé ses fonctions que pendant une partie de l'exercice, il est décompté au prorata de son temps de présence) ;
- en second lieu, les rémunérations exceptionnelles allouées aux administrateurs, en rétribution des missions particulières, sont déductibles sans limitation précise, mais il faut veiller à ce qu’elles ne soient pas « excessives » (une rémunération qualifiée d’excessive par l’administration fiscale ne serait pas déductible).
Le saviez-vous ?
Si votre société emploie moins de 5 personnes, la déduction fiscale des rémunérations en question est limitée à 457 € par membre du conseil d'administration ou de surveillance.
Exemple. Imaginons une société qui emploie une trentaine de salariés et qui compte, au sein de son conseil d’administration, 5 administrateurs. La rémunération globale versée aux 5 personnes les mieux rémunérées dans l’entreprise s’élève à 250 000 €, soit une rémunération moyenne de 50 000 €. Le montant maximum des rémunérations dont la déduction fiscale sera admise s’élève donc à (50 000 x 5) x 5 % = 12 500 €.
Attention ! La déduction fiscale de ces rémunérations suppose l’exercice d’une activité effective au sein du conseil par les administrateurs. Pour la petite histoire, sachez qu’une société avait versé une rémunération à un administrateur qui n’assistait pas aux réunions de conseil d’administration. L’administration, confirmée dans sa position par le juge de l’impôt, avait alors considéré que les sommes allouées à cet administrateur ne comportaient aucune contrepartie pour l’entreprise et ne pouvaient donc pas être déduites de ses résultats imposables.
L’assujettissement aux cotisations sociales. Par principe, les rémunérations perçues par les administrateurs sont exonérées de cotisations sociales, mais restent toutefois soumises au forfait social de 20 %, à la charge de la société. Il en sera de même des rémunérations exceptionnelles, pour autant que l’administrateur n’occupe pas, par ailleurs, un emploi salarié.
Le saviez-vous ?
En présence d’un administrateur également salarié de la société, les rémunérations versées en sa qualité d’administrateur, mais qui constituent en réalité un complément de salaire alloué au titre de ses fonctions salariées, seront soumises aux cotisations sociales.
Bénéficiez de remboursement de frais
C’est évidemment possible. Si, dans le cadre de votre activité au conseil, vous êtes amené à vous déplacer, vous pourrez obtenir le remboursement de vos frais de voyage ou de déplacement de la part de l’entreprise. Et pour cette dernière, ces remboursements de frais seront admis en déduction de son résultat fiscal dès lors que les dépenses correspondantes sont effectivement engagées dans son intérêt.
Mais attention ! Ce ne sera pas la seule condition requise pour autoriser la déduction fiscale des remboursements de frais : le juge de l’impôt a eu l’occasion de préciser que les frais de voyage et de déplacement, ou toutes autres dépenses exposées par les membres du conseil, ne peuvent être regardés comme des charges de la société tant que leur remboursement n'a pas été autorisé, en totalité ou en partie, par une délibération du conseil. Autrement dit, les sommes correspondant au remboursement de telles dépenses, au profit des membres du conseil, ne peuvent pas être déduites du bénéfice imposable de la société en l'absence d'une telle délibération (même s’il s’agit des frais qu'ils ont exposés pour se rendre aux réunions du conseil.
A retenir
Les rémunérations qui vous sont allouées, en qualité d’administrateur, sont imposables, en vos mains, à l’impôt sur le revenu comme des revenus de capitaux mobiliers, mais sont exonérés de cotisations (sauf application du forfait social au taux de 20 %, à la charge de la société).
La société, quant à elle, pourra comprendre dans ses charges d’exploitation le montant de ces rémunérations qu’elle verse aux administrateurs, mais dans une limite précise (correspondant à 5 % de la somme obtenue en multipliant par le nombre d'administrateurs la rémunération moyenne attribuée aux salariés les mieux rémunérés).
- Articles L 225-45 et L 225-83 du Code de Commerce
- Article R 225-33 et R 225-60 du Code de Commerce
- Article L 137-15 du Code de la Sécurité sociale
- Article 210 sexies du Code Général des Impôts
- Arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Versailles, du 15 juillet 2010, n° 09VE01944 (déduction des jetons de présence et exercice effectif de l’activité)
- Arrêt du Conseil d’Etat du 20 juin 2012, n° 342753 (conditions déduction des remboursements de frais)
- BOFiP-BOI-RSA-CHAMP-10-30-20
- BOFiP-BOI-IS-BASE-30-20-20
- Loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises (suppression de la notion de jetons de présence)
Comment sont imposés vos dividendes (depuis 2018) ?
L’imposition fiscale de vos dividendes
De quoi s’agit-il ? Le dividende correspond à la rémunération de l’apport que vous avez réalisé au moment de la constitution de votre société (ou à la faveur d’une augmentation de capital), en qualité d’associé. Il s’agit donc du résultat positif dégagé par la société, après application de l’impôt sur les sociétés (IS) et qui est mis à la disposition des associés, une fois constituées les réserves légales et statutaires. Vous pouvez choisir de mettre ce résultat de côté dans l’entreprise (mise en réserve) ou de le distribuer aux associés, au prorata de leur pourcentage de détention du capital.
Depuis le 1er janvier 2018, les dividendes distribués par une société soumise à l’IS sont soumis, à votre niveau, à l’impôt sur le revenu calculé suivant application du prélèvement forfaitaire unique (PFU) aussi appelé « Flat tax ».
Un taux forfaitaire. Le PFU consiste à soumettre les revenus et gains du capital perçus par les particuliers à l’impôt sur le revenu (IR), en appliquant un taux forfaitaire unique fixé à 12,8 %, auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux au taux de 17,2 % (soit une taxation globale au taux de 30 %).
Un revenu soumis aux prélèvements sociaux. Les prélèvements sociaux au taux de 17,2 % se décomposent de la façon suivante :
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contribution sociale généralisée (CSG) au taux de 9,2 % ;
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contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) au taux de 0,5 % ;
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prélèvement de solidarité au taux de 7,5 %.
Un calcul sur le montant brut. Le PFU est calculé sur le montant brut des revenus perçus, c’est-à-dire que :
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l’abattement de 40 % sur les dividendes d’actions et revenus assimilés n’est pas applicable ;
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la CSG n’est pas déductible.
Une option pour le barème progressif ? Les personnes qui y ont intérêt peuvent renoncer à l’application du PFU et opter pour l’imposition des dividendes selon le barème progressif de l’IR. Cette option est globale pour l’ensemble des revenus et plus-values de l’année. Pour mesurer l’intérêt de cette option, il faut simuler et comparer le coût fiscal en faisant les 2 calculs suivants :
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le coût global lié à l’imposition au titre de la flat tax (intégrant le montant des prélèvements sociaux et l’impact de la CSG non déductible) ;
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le coût global lié à l’imposition au titre du barème progressif (intégrant le montant des prélèvements sociaux, l’impact de la CSG déductible et l’impact de l’abattement de 40 % pour les dividendes).
Un calcul sur le montant brut. Si vous faites le choix d’opter pour l’imposition au titre du barème progressif, les dividendes seront pris en compte, pour leur montant net, dans le revenu net global. En clair :
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l’abattement de 40 % est maintenu ;
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la contribution sociale généralisée (CSG) est déductible à hauteur de 6,8 %.
Pour mémoire. Le bénéfice de l’abattement de 40 % suppose que la distribution des dividendes résulte d'une décision régulière des organes compétents. Une telle décision est irrégulière si
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elle n'est pas prise par l'organe compétent ;
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elle est le résultat d'une fraude ;
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si elle n'entre dans aucun des cas pour lesquels le Code de commerce autorise la distribution de sommes prélevées sur les bénéfices.
Quand ? L’option pour l’imposition au barème progressif de l’IR est à exercer chaque année, lors du dépôt de la déclaration de revenus, et au plus tard avant la date limite de déclaration.
L’imposition sociale de vos dividendes
Un aspect social à ne plus négliger ! Pour les dividendes versés par une société soumise à l’IS à un travailleur indépendant, un assujettissement aux cotisations relevant du régime social des travailleurs indépendants est mis en place depuis 2013. La règle est la suivante : la part des dividendes perçus par l’associé, travailleur indépendant, son conjoint ou partenaire de PACS, et/ou ses enfants mineurs qui excède 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes versées en compte courant détenus par ces mêmes personnes est assujettie aux cotisations sociales (au même titre qu’une rémunération).
Le saviez-vous ?
Pour un gérant de SARL, au capital de 20 000 €, détenant 65 % des parts sociales, le seuil de 10 % s’appréciera comme suit : 10 % x (20 000 x 65 %) = 1 300 €.
Bien entendu, si votre conjoint et/ou vos enfants mineurs sont associés, il conviendra de tenir compte des dividendes qui leur sont distribués et de la part du capital, des comptes courants et des primes d’émission qu’ils détiennent dans la société.
Si votre conjoint ou partenaire, associé dans la société, y exerce son activité professionnelle, il ou elle sera personnellement assujetti(e) aux cotisations sociales, le cas échéant.
Concrètement. Pour la part des dividendes qui n’excède pas le seuil des 10 %, ce sont les prélèvements sociaux au taux de 17,2 % qui sont appliqués ; pour la part excédant ce seuil, les cotisations sociales sont dues, comme s‘il s’agissait d’une rémunération (là encore, le montant servant de base de calcul aux cotisations sociales s’apprécie sans tenir compte de l’abattement de 40 %).
Attention. Le cas échéant, faites attention au moment où vous remplirez votre déclaration de revenus : une case 2CG y est spécialement prévue pour déclarer les dividendes soumis aux cotisations sociales (afin d’éviter qu’ils ne soient, à tort, pris en compte pour le calcul des prélèvements sociaux). Pensez à bien distinguer le montant des dividendes correspondant !
Qui est visé ? Sont notamment visés par cet assujettissement aux cotisations sociales les gérants majoritaires de SARL, les gérants associés de SNC ou de sociétés civiles, l’associé unique d’une EURL, dès lors que les sociétés sont soumises ou ont opté à l’IS, et pour autant que les dirigeants exercent leur activité professionnelle dans la société.
Le saviez-vous ?
Un associé, même majoritaire, qui n’exerce pas d’activité professionnelle dans la SARL ne sera pas concerné par cet assujettissement aux cotisations sociales, à raison des dividendes perçus, même si leur montant excède le seuil précité des 10 %.
Conséquences. D’aucuns estiment que, compte tenu de cet assujettissement aux cotisations sociales d’une fraction des dividendes perçus pour ces dirigeants, il faut transformer les SARL ou les SNC soumises à l’IS en SAS pour échapper à cette surimposition (le dirigeant de SAS ne relevant pas du régime social des travailleurs indépendants). Avant de transformer votre SARL ou votre SNC, faites une analyse précise de votre situation avec vos conseils. Tenez compte notamment des paramètres suivants :
-
déterminez le montant des dividendes à partir duquel les cotisations sociales seront dues : une SARL dotée d’un capital social important n’aura peut-être pas nécessairement besoin d’être transformée en SAS sur cette seule motivation ; il en sera de même si vous êtes titulaire de comptes courants d’un montant important ;
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si, sur le plan fiscal, l’imposition de vos rémunérations et dividendes est la même, que vous soyez dirigeant de SARL ou de SAS, il n’en sera pas de même pour les cotisations sociales dues sur votre rémunération : comparez, à niveau de rémunération et de dividendes égal le montant des cotisations sociales (en d’autres termes, intégrez dans votre comparatif le coût des cotisations sociales plus élevé, appliquées sur la rémunération d’un dirigeant de SAS).
Le paiement de l’impôt sur vos dividendes
Un bénéfice déjà taxé ! Vous l’aurez compris, le dividende qui vous est distribué correspond au bénéfice de l’entreprise (qu’il s’agisse de celui dégagé au titre du dernier exercice ou des bénéfices des exercices précédents et mis en réserve). Or, ce bénéfice a déjà été soumis à l’impôt sur les sociétés (IS) au niveau de la société. Si vous distribuez ce dividende, il sera soumis aussi à l’impôt sur le revenu, cette fois à votre niveau. Ce qui revient donc à taxer 2 fois un même revenu…
Un calendrier. L’imposition des revenus soumis au PFU se fait en 2 temps :
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l’année de leur versement, les revenus sont soumis, sauf exceptions, à un prélèvement forfaitaire non libératoire perçu à titre d’acompte au taux de 12,8 %.
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l’année suivante, ils sont soumis à l’impôt sur le revenu (PFU ou, sur option, au barème progressif), sous déduction de l’impôt prélevé à la source au titre du prélèvement forfaitaire non libératoire.
Sauf pour certaines personnes. Les particuliers appartenant à un foyer fiscal dont le revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année est inférieur à 50 000 € (pour les personnes seules : célibataires, veuves, divorcées) ou 75 000 € (pour les personnes mariées ou les partenaires de PACS, soumis à imposition commune) peuvent demander à être dispensés de ce prélèvement.
Concrètement. Si vous êtes concerné, vous devez faire une demande de dispense, au plus tard le 30 novembre de l'année précédant celle du paiement des dividendes (au plus tard le 30 novembre 2020 pour le paiement des dividendes qui aura lieu en 2021) : pour cela, vous devez envoyer à votre société qui verse les revenus une attestation sur l’honneur indiquant que votre revenu fiscal de référence figurant sur l'avis d'imposition établi au titre des revenus de l'avant-dernière année précédant le paiement des revenus est inférieur aux montants précités (pour 2021, il faut donc prendre en compte le revenu fiscal de référence de l’année 2019 mentionné sur l’avis d’imposition 2020). La société doit conserver cette attestation à l’appui de sa comptabilité (elle pourra être demandée par l'administration).
Attention. 2 points importants sont ici à préciser :
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l’attestation n’est valable que pour un an : pour le paiement des revenus en 2022, il faudra renouveler la demande de dispense au plus tard le 30 novembre 2021, en faisant état du revenu fiscal de référence 2020 mentionné sur l’avis 2021 ;
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une demande de dispense qui ne respecte pas les conditions requises sera sanctionnée par une majoration de 10 % du montant des revenus dont elle fait l’objet.
Le paiement des cotisations et prélèvements sociaux liés à vos dividendes
Pour les prélèvements sociaux. Les prélèvements sociaux (au taux global de 17,2 %) sont obligatoirement prélevés à la source par la société et reversés au Trésor Public (au moyen de l’imprimé n° 2777), dans les 15 jours du mois qui suit la mise en paiement.
Pour les charges sociales. Si le montant distribué des dividendes excède le seuil des 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes versées en compte courant, la part des dividendes concernés est ajoutée à vos revenus d’activité et déclarée dans le cadre de la déclaration sociale des indépendants (DSI) : ainsi, vos dividendes perçus en 2020 seront déclarés dans votre DSI en 2021.
A retenir
Vos dividendes sont soumis à l’impôt sur le revenu, calculé suivant application du prélèvement forfaitaire unique au taux de 30 %. Si vous y avez intérêt, vous pouvez opter, de façon globale, pour l’imposition au titre du barème progressif.
Notez, en outre, que pour la part des dividendes qui excède 10 % du capital social et des sommes versées en compte courant, vous devrez payer des cotisations sociales, mais uniquement si vous relevez du régime social des travailleurs indépendants et que votre société est soumise à l’IS.
J'ai entendu dire
On a prévu une distribution de dividendes lors de notre dernière assemblée générale, mais j’ai choisi de ne pas me verser directement les sommes concernées, pour maintenir le niveau actuel de la trésorerie de la société : je les ai donc faites inscrire sur mon compte courant d’associé. Un ami m’a dit que ces dividendes sont tout de même imposables, même si concrètement, je ne les ai pas encore touchés. Est-ce vrai ?
Votre ami a raison : d’une manière générale, notamment pour les dirigeants et associés majoritaires, il faut considérer que ces dividendes, même s’ils ne vous sont pas immédiatement versés, sont à votre disposition. Le fait de ne pas les percevoir constitue une convenance personnelle, ce qui implique qu’étant à votre disposition, ils sont imposables. À une exception près : ces sommes ne sont pas imposables l’année d’inscription en compte courant, s’il est prouvé que la société éprouve des difficultés de trésorerie telles que le versement est impossible.
En paiement de mes dividendes, la communauté des associés a décidé de m’attribuer un appartement inscrit à l’actif de la société. J’ai entendu dire qu’en cas de vente immobilière, l’acheteur devait payer des droits d’enregistrement. Si la société me remet un appartement, devrais-je moi aussi payer des droits d’enregistrement ?
Pour rappel, les droits d’enregistrement sont dus par l’acquéreur à l’occasion d’une vente immobilière. Dès lors, la question se pose de savoir si une distribution de dividendes est assimilable à une vente immobilière. La réponse à cette question nous a été communiquée à l’occasion d’une question posée au Gouvernement : une distribution de dividendes est un acte juridique unilatéral et non un contrat. Partant de là, elle n’est pas assimilable à une vente immobilière et donc, les droits d’enregistrement ne sont pas dus.
- Loi de Finances pour 2018 du 30 décembre 2017, n° 2017-1837 (article 28)
- Article 13 du Code général des impôts
- Article 117 quater du Code général des impôts
- Article L 131-6 du Code de la sécurité sociale (assujettissement des dividendes aux cotisations sociales)
- Article 242 quater du Code général des impôts (demande de dispense)
- Réponse ministérielle Grau du 15 mai 2018, Assemblée nationale, n°3508 (paiement des dividendes par remise d’un appartement et droits d’enregistrement)
- Arrêt du Conseil d’État du 27 mars 2019, n° 421211 (bénéfice de l’abattement de 40 % sur les dividendes)
Comment sont imposés vos intérêts de compte courant ? (régime applicable jusqu’au 31 décembre 2017)
L’imposition de vos intérêts de compte courant
Compte courant d’associé. Au moment de la création de votre société, pour aider au financement d’un investissement, pour financer la trésorerie de l’entreprise, etc., vous pouvez être amené à apporter de l’argent en compte courant. En pratique, il vous suffit de déposer les fonds correspondants sur le compte bancaire de la société et d’inscrire en comptabilité la dette que votre société a à votre égard.
Une rémunération imposable. Il est conseillé de formaliser une convention entre vous et la société, convention qui aura notamment pour objet de prévoir sa durée, les modalités de remboursement, les modalités de rémunération, etc. La rémunération prendra la forme d’un versement d’intérêts qui seront imposables, en vos mains, à l’impôt sur le revenu.
Une rémunération soumise aux prélèvements sociaux. Les intérêts de compte courant d’associés sont également soumis aux prélèvements sociaux, au taux global de 17.2 %, et se décomposent comme suit : une contribution sociale généralisée (CSG au taux de 9.2 %), une contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS au taux de 0.5 %), un prélèvement social au taux de 4.5 % et sa contribution additionnelle au taux de 0.3 % et un prélèvement de solidarité au taux de 2 %.
Pour information. La règle qui prévaut, depuis le 1er janvier 2013, pour l’assujettissement aux cotisations sociales des dividendes s’applique également aux intérêts de compte courant, dans les mêmes proportions et conditions. Il faut, en effet, rappeler qu’est soumise aux cotisations sociales la part des dividendes perçus par le travailleur non salarié non agricole, son conjoint ou partenaire de Pacs ou leurs enfants mineurs non émancipés et des intérêts de compte courant qui est supérieure à 10 % du capital social et des primes d'émission et des sommes versées en compte courant détenus en toute propriété ou en usufruit par ces mêmes personnes.
Attention. Les intérêts de compte courant perçus depuis le 1er janvier 2018 sont imposés, en principe, au titre du PFU (prélèvement forfaitaire unique) au taux de 30 %, qui se décompose comme suit : 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu et 17,2 % au titre des prélèvements sociaux.
Mais. Si le particulier y a intérêt (calcul à faire en fonction de la tranche du barème applicable et du taux d’imposition qui serait retenu), il pourra opter pour l’application du barème progressif de l’IR. S’il veut opter, il faut le faire de façon expresse au moyen d’un écrit à transmettre à l’administration fiscale en même temps que la déclaration de revenus (et au plus tard à la date limite de dépôt).
Option globale. Notez qu’il s’agit d’une option globale, qui couvre donc tous les revenus et gains du capital perçus au cours de l’année d’imposition, et surtout, qu’il s’agit d’une option irrévocable !
Donc. Si le particulier opte pour l’imposition au barème progressif de l’IR, il conserve le bénéfice de certains abattements : c’est le cas par exemple de l’abattement de 40 % applicable aux dividendes. A l’inverse, si le particulier n’opte pas pour l’imposition au barème progressif, il perd le bénéfice des abattements existants du fait de l’application du nouveau régime de taxation forfaitaire.
Le paiement de l’impôt sur vos intérêts de compte courant
Soumis au barème progressif. Jusqu’en 2012, vous aviez la possibilité d’opter pour un prélèvement forfaitaire libératoire, calculé au taux de 24 %, appliqué sur le montant des intérêts perçus. Cette possibilité est supprimée pour les intérêts perçus à compter de 2013. Désormais, vos intérêts de compte courant sont obligatoirement soumis à l’impôt sur le revenu, calculé selon le barème progressif.
Comment ? La société qui vous verse les intérêts doit, toutefois, au moment du paiement (et au plus tard le 15 du mois suivant), prélever un acompte, qu’elle reversera au Trésor Public (elle doit remplir une déclaration spécifique n° 2777). Cet acompte d’impôt correspond à 24 % du montant brut des intérêts versés et s’imputera sur le montant de votre impôt finalement dû, une fois vos revenus globaux déclarés et l’impôt calculé.
Attention. Depuis le 1er janvier 2018, la déclaration n°2777 doit obligatoirement être transmise à l’administration par voie électronique, accompagnée (pour les versements intervenant depuis le 1er septembre 2018) du paiement associé. Le non-respect de cette obligation sera sanctionné par l’application d’une majoration de 0,2 %.
Concrètement. Vous percevez en année N les intérêts sur lesquels la société prélève un acompte ; en N+1, vous déclarez vos revenus de l’année N pour que l’administration fiscale calcule l’impôt correspondant ; le montant de l’acompte payé en année N viendra s’imputer sur le montant de cet impôt.
Une tolérance admise. Les particuliers appartenant à un foyer fiscal dans le revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année est inférieur à 25 000 € (pour les personnes seules : célibataires, veuves, divorcées) ou 50 000 € (pour les personnes mariées ou les partenaires de PACS, soumis à imposition commune) peuvent demander à être dispensés de ce prélèvement.
Concrètement. Si vous êtes concerné, vous devez faire une demande de dispense, au plus tard le 30 novembre de l'année précédant celle du paiement des intérêts (au plus tard le 30 novembre 2017 pour le paiement des intérêts qui aura lieu en 2018). Pour cela, vous devez envoyer à votre société qui verse les revenus une attestation sur l’honneur indiquant que votre revenu fiscal de référence figurant sur l'avis d'imposition établi au titre des revenus de l'avant-dernière année précédant le paiement des revenus est inférieur aux montants précités (pour 2017, il faut donc prendre en compte le revenu fiscal de référence de l’année 2015 mentionné sur l’avis d’imposition 2016). Votre société doit conserver cette attestation à l’appui de sa comptabilité (elle pourra être demandée par l'administration).
Attention. 2 points importants sont ici à préciser :
- l’attestation n’est valable que pour un an : pour le paiement des revenus en 2017, il faudra renouveler la demande de dispense au plus tard le 30 novembre 2016, en faisant état du revenu fiscal de référence 2015 mentionné sur l’avis 2016 ;
- une demande de dispense qui ne respecte pas les conditions requises sera sanctionnée par une majoration de 10 % du montant des revenus dont elle fait l’objet.
Une option encore possible. Si votre foyer fiscal perçoit des intérêts de compte courant, des produits de dépôts, des bons de caisse, de capitalisation, etc. d’un montant inférieur à 2 000 €, vous pouvez encore opter pour un prélèvement forfaitaire de 24 %, ce prélèvement étant alors libératoire. Cette option est exercée a posteriori, au moment de la déclaration de vos revenus.
Pour les prélèvements sociaux. Ces prélèvements sociaux sont obligatoirement versés par la société au moment du paiement des intérêts (et au plus tard le 15 du mois suivant). Elle doit compléter à cet effet l’imprimé n° 2777 : en même temps qu’elle prélève l’acompte d’impôt sur le revenu, elle prélève sur le montant à payer les prélèvements sociaux qu’elle reverse au Trésor Public.
A noter. Les versements d’un montant supérieur à 1 500 € par échéance doivent être effectués par virement sur le compte du Trésor à la Banque de France (sous peine d’une majoration de 0,2 %).
A retenir
Vos intérêts de compte courant sont soumis à l’impôt sur le revenu, calculé selon le barème progressif. Ils sont aussi soumis aux prélèvements sociaux au taux global de 17,2 %.
Au moment de la mise en paiement, la société doit prélever un acompte d’impôt de 24 % (qui s’imputera sur votre impôt sur le revenu global payé l’année suivante), ainsi que les prélèvements sociaux, qu’elle reversera au Trésor Public.
J'ai entendu dire
Les intérêts de compte courant constituent-ils des charges déductibles pour ma société ?Oui, mais sous conditions : le montant des intérêts doit être calculé en retenant le taux maximum admis sur le plan fiscal (et qui correspond à la moyenne des taux effectifs pratiqués par les établissements de crédit pour des prêts à taux variable aux entreprises, d’une durée initiale supérieure à 2 ans (ce taux est publié au Journal Officiel et est mis à votre disposition dans notre rubrique «Chiffres et barèmes utiles»). D’autre part, il faut que le capital social soit entièrement libéré (une tolérance est ici admise par l’administration en cas d’augmentation de capital, dès lors qu’il est expressément prévu une libération du capital dans le délai de 3 ans).
- Loi de Finances pour 2013, n° 2012-1509, du 29 décembre 2012, article 9 (réforme de l’imposition des intérêts de compte courant)
- Article 125 A du Code Général des Impôts (imposition des intérêts de compte courant)
- Article L 131-6 du Code de la Sécurité Sociale (cotisations sociales)
- Article 242 quater du Code Général des Impôts (demande de dispense)
- Article 1740-0 B du Code Général des Impôts (amende en cas de dispense irrégulière)
- BOFiP-Impôts-BOI-RPPM-RCM-30
- Loi de Finances pour 2018 du 30 décembre 2017, n°2017-1837 (articles 28 + 67)
- Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2018 du 30 décembre 2017, n°2017-1836 (article 8)
- Décret n°2018-756 du 28 août 2018 relatif à l’obligation de souscrire par voie électroniques les déclarations établies pour déclarer les prélèvements et retenues à la source dus en application des articles 117 quater, 119 bis, 125-0 A, 125 A et 1678 bis du Code Général des Impôts et L 138-21 du Code de la Sécurité Sociale
Comment sont imposés vos dividendes ? (régime applicable jusqu’au 31 décembre 2017)
L’imposition (fiscale et sociale) de vos dividendes
De quoi s’agit-il ? Le dividende correspond à la rémunération de l’apport que vous avez réalisé au moment de la constitution de votre société (ou à la faveur d’une augmentation de capital), en qualité d’associé. Il s’agit donc du résultat positif dégagé par la société, après application de l’impôt sur les sociétés (IS) et qui est mis à la disposition des associés, une fois constituées les réserves légales et statutaires. Vous pouvez choisir de mettre ce résultat de côté dans l’entreprise (mise en réserve) ou de le distribuer aux associés, au prorata de leur pourcentage de détention du capital.
Un revenu soumis à l’impôt sur le revenu. Les dividendes distribués par une société soumise à l’IS, jusqu'au 31 décembre 2017, sont soumis, à votre niveau, à l’impôt sur le revenu calculé selon le barème progressif, après application d’un abattement de 40 %.
Le saviez-vous ?
Jusqu’à l’imposition des revenus perçus en 2012 (et imposés en 2013, du fait du décalage d’un an entre la perception des revenus et leur imposition), vous pouviez choisir d’imposer vos dividendes selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu ou d’opter pour le prélèvement forfaitaire libératoire au taux de 21 %. Cette option a été supprimée pour les dividendes perçus à compter de 2013.
Un revenu soumis aux prélèvements sociaux. Il faut également que vous teniez compte des prélèvements sociaux : il s’agit de la contribution sociale généralisée (CSG au taux de 9.2 %), de la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS au taux de 0.5 %), du prélèvement social (au taux de 4.5 %) et de la contribution additionnelle (au taux de 0.3 %) et du prélèvement de solidarité (au taux de 2 %). Ces prélèvements sont dus, au taux global de 17,2 %, sur le montant brut des dividendes, c’est-à-dire avant application de l’abattement de 40 %.
Un aspect social à ne plus négliger ! Pour les dividendes versés par une société soumise à l’IS à un travailleur indépendant, un assujettissement aux cotisations RSI est mis en place depuis 2013. La règle est la suivante : la part des dividendes perçus par l’associé, travailleur indépendant, son conjoint ou partenaire de PACS, et/ou ses enfants mineurs qui excède 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes versées en compte courant détenus par ces mêmes personnes est assujettie aux cotisations sociales (au même titre qu’une rémunération).
Le saviez-vous ?
Pour un gérant de SARL, au capital de 20 000 €, détenant 65 % des parts sociales, le seuil de 10 % s’appréciera comme suit : 10 % x (20 000 x 65 %) = 1 300 €. Bien entendu, si votre conjoint et/ou vos enfants mineurs sont associés, il conviendra de tenir compte des dividendes qui leur sont distribués et de la part du capital, des comptes courants et des primes d’émission qu’ils détiennent dans la société.
Si votre conjoint ou partenaire, associé dans la société, y exerce son activité professionnelle, il ou elle sera personnellement assujetti(e) aux cotisations sociales, le cas échéant.
Concrètement. Pour la part des dividendes qui n’excède pas le seuil des 10 %, ce sont les prélèvements sociaux au taux de 17,2 % qui sont appliqués ; pour la part excédant ce seuil, les cotisations sociales sont dues, comme s‘il s’agissait d’une rémunération (là encore, le montant servant de base de calcul aux cotisations sociales s’apprécie sans tenir compte de l’abattement de 40 %).
Attention. Le cas échéant, faites attention au moment où vous remplirez votre déclaration de revenus : une case 2CG y est spécialement prévue pour déclarer les dividendes soumis aux cotisations sociales (afin d’éviter qu’ils ne soient, à tort, pris en compte pour le calcul des prélèvements sociaux). Pensez à bien distinguer le montant des dividendes correspondants !
Qui est visé ? Sont notamment visés par cet assujettissement aux cotisations sociales les gérants majoritaires de SARL, les gérants associés de SNC ou de sociétés civiles, l’associé unique d’une EURL, dès lors que les sociétés sont soumises ou ont opté à l’IS, et pour autant que les dirigeants exercent leur activité professionnelle dans la société.
Le saviez-vous ?
Un associé, même majoritaire, qui n’exerce pas d’activité professionnelle dans la SARL ne sera pas concerné par cet assujettissement aux cotisations sociales, à raison des dividendes perçus, même si leur montant excède le seuil précité des 10 %.
Conséquences. D’aucuns estiment que, compte tenu de ce nouvel assujettissement aux cotisations sociales d’une fraction des dividendes perçus pour ces dirigeants, il faut transformer les SARL ou les SNC soumises à l’IS en SAS pour échapper à cette surimposition (le dirigeant de SAS ne relevant pas du régime social des travailleurs indépendants). Avant de transformer votre SARL ou votre SNC, faites une analyse précise de votre situation avec vos conseils. Tenez compte notamment des paramètres suivants :
- déterminez le montant des dividendes à partir duquel les cotisations sociales seront dues : une SARL dotée d’un capital social important n’aura peut-être pas nécessairement besoin d’être transformée en SAS sur cette seule motivation ; il en sera de même si vous êtes titulaire de comptes courant d’un montant important ;
- si, sur le plan fiscal, l’imposition de vos rémunérations et dividendes est la même, que vous soyez dirigeant de SARL ou de SAS, il n’en sera pas de même pour les cotisations sociales dues sur votre rémunération : comparez, à niveau de rémunération et de dividendes égal le montant des cotisations sociales (en d’autres termes, intégrez dans votre comparatif le coût des cotisations sociales plus élevé, appliquées sur la rémunération d’un dirigeant de SAS).
Attention. Les dividendes distribués à compter du 1er janvier 2018 seront imposés, en principe, au titre du PFU (prélèvement forfaitaire unique) au taux global de 30 %, qui se décompose comme suit : 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu et 17,2 % au titre des prélèvements sociaux.
Mais. Si le particulier y a intérêt (calcul à faire en fonction de la tranche du barème applicable et du taux d’imposition qui serait retenu), il pourra opter pour l’application du barème progressif de l’IR. S’il veut opter, il faut le faire de façon expresse au moyen d’un écrit à transmettre à l’administration fiscale en même temps que la déclaration de revenus (et au plus tard à la date limite de dépôt).
Option globale. Notez qu’il s’agit d’une option globale, qui couvre donc tous les revenus et gains du capital perçus au cours de l’année d’imposition, et surtout, qu’il s’agit d’une option irrévocable !
Donc. Si le particulier opte pour l’imposition au barème progressif de l’IR, il conserve le bénéfice de certains abattements : c’est le cas par exemple de l’abattement de 40 % applicable aux dividendes. A l’inverse, si le particulier n’opte pas pour l’imposition au barème progressif, il perd le bénéfice des abattements existants du fait de l’application du nouveau régime de taxation forfaitaire.
Le paiement de l’impôt sur vos dividendes
Un bénéfice déjà taxé ! Vous l’aurez compris, le dividende qui vous est distribué correspond au bénéfice de l’entreprise (qu’il s’agisse de celui dégagé au titre du dernier exercice ou des bénéfices des exercices précédents et mis en réserve). Or, ce bénéfice a déjà été soumis à l’impôt sur les sociétés (IS) au niveau de la société. Si vous distribuez ce dividende, il sera soumis aussi à l’impôt sur le revenu, cette fois à votre niveau. Ce qui revient donc à taxer 2 fois un même revenu…
Montant imposable = 60 % des dividendes. Pour éviter, ou du moins atténuer, ce phénomène de double imposition, la règlementation prévoit l’application d’un abattement de 40 %. Concrètement, le montant soumis à l’impôt correspond à 60 % du montant qui vous est versé par la société (les prélèvements sociaux sont, eux, calculés sur le montant brut des dividendes, avant application de l’abattement).
Abattement de 40 %. Cet abattement s’applique aux dividendes distribués par une société soumise à l’IS, en vertu d’une décision régulière des associés, réunis en assemblée générale (ordinaire ou extraordinaire). Une distribution de jetons de présence aux administrateurs de SA, le versement d’intérêts de compte courant, par exemple, ne bénéficient pas de cet abattement de 40 %.
Le saviez-vous ?
Une décision irrégulière vous prive de l’abattement de 40 % : une décision de distribution de dividendes sera irrégulière si elle n'a pas été prise par l'organe compétent, si elle est le résultat d'une fraude ou si elle n'entre dans aucun des cas pour lesquels le Code de Commerce autorise la distribution de sommes prélevées sur les bénéfices.
A noter. Il a été admis que des dividendes versés avant que la décision de distribuer ne soit entérinée en assemblée générale (et la constatation par cette dernière de l’existence de sommes distribuables et du montant à attribuer à chaque associé) ouvrent droit à l’abattement de 40 % dès lors qu’il n’y a notamment pas de fraude établie.
Pour l’impôt sur le revenu, un acompte à payer. Dans les 15 jours du mois qui suit le paiement des dividendes, la société versante doit prélever à la source un acompte de 21 %, calculé sur le montant brut des dividendes, qui sera reversé au Trésor Public (au moyen d’un imprimé spécifique n° 2777). Cet acompte viendra ensuite s’imputer sur le montant de l’impôt sur le revenu dû suite à la déclaration de vos revenus que vous aurez effectuée l’année suivante. Notez que les versements d’un montant supérieur à 1 500 € par échéance doivent être effectués par virement sur le compte du Trésor à la Banque de France (sous peine d’une majoration de 0,2 %).
Attention. Depuis le 1er janvier 2018, la déclaration n°2777 doit obligatoirement être transmise à l’administration par voie électronique accompagnée, pour les distributions réalisées depuis le 1er septembre 2018 (et pour les personnes ayant renoncé au PFU) du paiement associé. Le non-respect de cette obligation sera sanctionné par l’application d’une majoration de 0,2 %.
Sauf pour certaines personnes. Les particuliers appartenant à un foyer fiscal dont le revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année est inférieur à 50 000 € (pour les personnes seules : célibataires, veuves, divorcées) ou 75 000 € (pour les personnes mariées ou les partenaires de PACS, soumis à imposition commune) peuvent demander à être dispensés de ce prélèvement.
Concrètement. Si vous êtes concerné, vous devez faire une demande de dispense, au plus tard le 30 novembre de l'année précédant celle du paiement des dividendes (au plus tard le 30 novembre 2017 pour le paiement des dividendes qui aura lieu en 2018). Pour cela, vous devez envoyer à votre société qui verse les revenus une attestation sur l’honneur indiquant que votre revenu fiscal de référence figurant sur l'avis d'imposition établi au titre des revenus de l'avant-dernière année précédant le paiement des revenus est inférieur aux montants précités (pour 2017, il faut donc prendre en compte le revenu fiscal de référence de l’année 2015 mentionné sur l’avis d’imposition 2016). Votre société doit conserver cette attestation à l’appui de sa comptabilité (elle pourra être demandée par l'administration).
Attention. 2 points importants sont ici à préciser :
- l’attestation n’est valable que pour un an : pour le paiement des revenus en 2019, il faudra renouveler la demande de dispense au plus tard le 30 novembre 2018, en faisant état du revenu fiscal de référence 2017 mentionné sur l’avis 2018 ;
- une demande de dispense qui ne respecte pas les conditions requises sera sanctionnée par une majoration de 10 % du montant des revenus dont elle fait l’objet.
Le saviez-vous ?
Jusqu’en 2012, vous bénéficiiez d’un abattement fixe de 1 525 € (pour les personnes seules) ou 3 050 € (pour les couples soumis à imposition commune). Cet abattement fixe a été supprimé pour les dividendes perçus à compter de 2013.
Le paiement des cotisations et prélèvements sociaux liés à vos dividendes
Pour les prélèvements sociaux. Les prélèvements sociaux (au taux global de 17,2 %) sont obligatoirement prélevés à la source par la société et reversés au Trésor Public (au moyen du même imprimé n° 2777), dans les 15 jours du mois qui suit la mise en paiement.
Pour les charges sociales. Si le montant distribué des dividendes excède le seuil des 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes versées en compte courant précités, la part des dividendes concernés est ajoutée à vos revenus d’activité et déclarée dans le cadre de la déclaration sociale des indépendants (DSI) : ainsi, vos dividendes perçus en 2016 seront déclarés dans votre DSI en 2017.
A retenir
Vos dividendes sont soumis à l’impôt sur le revenu, calculé selon le barème progressif, après application d’un abattement de 40 %. La société doit toutefois prélever un acompte d’impôt de 21 % au moment du versement des dividendes, à valoir sur l’impôt dû au titre de l’année considérée. Ils sont également soumis aux prélèvements sociaux au taux global de 17,2 %.
Notez, en outre, que pour la part des dividendes qui excède 10 % du capital social et des sommes versées en compte courant, vous devrez payer des cotisations sociales, mais uniquement si vous relevez du RSI et que votre société est soumise à l’IS.
J'ai entendu dire
On a prévu une distribution de dividendes lors de notre dernière assemblée générale, mais j’ai choisi de ne pas me verser directement les sommes concernées, pour maintenir le niveau actuel de la trésorerie de la société : je les ai fait donc inscrire sur mon compte courant d’associé. Un ami m’a dit que ces dividendes sont tout de même imposables, même si concrètement, je ne les ai pas encore touchés. Est-ce vrai ?Votre ami a raison : d’une manière générale, notamment pour les dirigeants et associés majoritaires, il faut considérer que ces dividendes, même s’ils ne vous sont pas immédiatement versés, sont à votre disposition. Le fait de ne pas les percevoir constitue une convenance personnelle, ce qui implique qu’étant à votre disposition, ils sont imposables. A une exception près : ces sommes ne sont pas imposables l’année d’inscription en compte courant, s’il est prouvé que la société éprouve des difficultés de trésorerie telles que le versement est impossible.
L’abattement de 40 % peut-il s’appliquer dans l’hypothèse où les dividendes sont distribués à une société non soumise à l’IS ?
Normalement oui, mais la réponse nécessite quelques explications. Par principe, les résultats d’une société non soumise à l’IS sont imposables et soumis à l’impôt au niveau de l’associé, à raison de sa quote-part de bénéfice. Si la société perçoit des dividendes, ces derniers sont retranchés de son résultat et déclarés, au niveau de l’associé, au titre des revenus de capitaux mobiliers. Si ces dividendes sont éligibles à l’abattement, l’associé pourra alors normalement en bénéficier.
- Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2013, n° 2012-1404, du 17 décembre 2012, article 8 (prélèvements sociaux sur les revenus du capital)
- Loi de Finances pour 2013, n° 2012-1509, du 29 décembre 2012, article 9 (réforme de l’imposition des dividendes)
- Articles 117 et 158 du Code Général des Impôts (imposition des dividendes)
- Article L 131-6 du Code de la Sécurité Sociale (assujettissement des dividendes aux cotisations sociales)
- Article 242 quater du Code Général des Impôts (demande de dispense)
- Article 1740-0 B du Code Général des Impôts (amende en cas de dispense irrégulière)
- BOFiP-Impôts-BOI-RPPM-RCM-30
- Arrêts du Conseil d’Etat du 11 mai 2015, n° 369257 et 369261 (décision régulière de distribution des dividendes)
- Arrêts de la Cour Administrative d’Appel de Marseille du 24 mars 2016, n° 14MA03204 et 14MA03205 (distribution antérieure à la décision prise en AG)
- Loi de Finances pour 2018 du 30 décembre 2017, n°2017-1837 (articles 28 + 67)
- Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2018 du 30 décembre 2017, n°2017-1836 (article 8)
- Décret n°2018-756 du 28 août 2018 relatif à l’obligation de souscrire par voie électronique les déclarations établies pour déclarer les prélèvements et retenues à la source dus en application des articles 117 quater, 119 bis, 125-0 A, 125 A et 1678 bis du Code Général des Impôts et L 138-21 du Code de la Sécurité Sociale
Gérant de SARL : fixez votre rémunération !
Fixer votre rémunération de gérant : qui décide ?
Votre rémunération. En qualité de gérant de votre SARL, vous avez évidemment droit à une rémunération à titre de rétribution de cette fonction de gestion et de direction de la société (en règle générale, les statuts comportent une clause spécifiant que le ou les gérants peuvent recevoir un traitement fixe ou proportionnel, ou fixe et proportionnel). Mais vous ne pouvez pas décider seul du montant de cette rémunération, sauf, bien entendu, dans l’hypothèse où vous êtes associé unique d’une EURL. Cela suppose d’obtenir une décision en ce sens de la collectivité des associés.
1 choix. Votre rémunération pourra être fixée directement dans les statuts, une clause prévoyant alors le mode de calcul retenu pour en déterminer le montant. Mais, en pratique, le mode de fixation de votre rémunération, et donc son montant, est déterminé par une décision collective des associés afin d’éviter d’avoir à modifier les statuts à chaque fois que le montant de la rémunération du gérant est modifié.
Le saviez-vous ?
Vous pouvez fixer, pour chaque exercice, le montant de la rémunération du gérant, mais la décision des associés ne sera alors valable que pour cet exercice, même si le montant de cette rémunération n’évolue pas par la suite.
Pour éviter un formalisme contraignant, et si la rémunération n’est pas amenée à évoluer tous les ans, il est donc préférable de ne pas préciser qu’elle est fixée pour un exercice précis et que son montant demeurera inchangé jusqu’à une nouvelle décision des associés.
Idem pour les charges sociales. Vous êtes redevable de cotisations sociales appliquées à la rémunération perçue en qualité de gérant. Le paiement de ces cotisations sociales peut être pris en charge par la société. Mais, dans cette hypothèse, le juge rappelle que le formalisme appliqué à la rémunération est aussi valable pour cette prise en charge : la prise en charge de vos cotisations sociales personnelles doit être prévue, soit par les statuts, soit par une décision collective des associés.
Frais professionnels des gérants de SARL. Les gérants minoritaires de SARL (société à responsabilité limitée) et de SELARL (société d'exercice libéral à responsabilité limitée), parce qu’ils sont assimilés salariés et affiliés au régime général de Sécurité sociale, peuvent bénéficier de remboursement de frais professionnels, à condition que ces frais soient des charges :
- inhérentes à leur fonction,
- supportées par eux dans l’accomplissement de leur mission dans l’entreprise.
Frais réels ! Notez que le remboursement des frais professionnels engagés par les gérants minoritaires ou égalitaires de SARL et de SELARL ne peut s’effectuer que sur la base des dépenses réellement engagées.
Une exception ? À des fins de simplification, les frais professionnels des gérants minoritaires de SARL et de SELARL utilisant leur véhicule à des fins professionnelles peuvent cependant être déduits, pour le calcul des cotisations sociales, sur la base d’un barème kilométrique forfaitaire, publié annuellement par l’administration fiscale.
Le saviez-vous ?
La possibilité de bénéficier du remboursement de leurs frais professionnels, auparavant ouverte uniquement aux gérants minoritaires de SARL et de SELARL, a été étendue aux gérants égalitaires.
Fixer votre rémunération de gérant : comment ?
Convoquer les associés. Qui dit décision des associés, dit convocation et règle de majorité pour valider la décision prise. Parce que la question de votre rémunération, qui constituera donc l’ordre du jour de l’assemblée des associés, n’aura pas pour finalité de modifier les statuts, il s’agira d’une décision dite « ordinaire ».
Assemblée « ordinaire ». Pour que la décision soit adoptée, il faut réunir un total de voix correspondant à plus de la moitié des parts sociales (on parle de « majorité absolue »), cette majorité s’appréciant en tenant compte de l’ensemble des parts sociales composant le capital, et non pas seulement en tenant compte des seules parts détenues par les associés présents ou représentés. Si ce « quorum » n’est pas atteint, il faut alors procéder à une seconde consultation, et la décision sera alors valablement prise à la majorité des voix émises, quel que soit le nombre d’associés présents ou représentés (on parle de « majorité relative »). Bien entendu, la majorité peut être obtenue par le vote d’un seul associé.
Le saviez-vous ?
Malgré votre statut de gérant, et donc au premier chef concerné par la décision prise, vous êtes autorisé à prendre part au vote relatif à la détermination de votre rémunération (cette question n’entre pas dans le cadre des conventions réglementées). Il convient toutefois de s’assurer que la décision prise soit conforme à l’intérêt de la société (évitez l’abus de majorité, qui consiste à prendre une décision dans l’unique but de favoriser la majorité).
Et pour le gérant d’une EURL ? Vous aurez soin de consigner votre décision relative à la fixation de votre rémunération sur le registre spécial des décisions.
Exemple 1. Cette formalité peut avoir son utilité, comme l’atteste cette expérience vécue par un gérant, associé d’une EURL. Cette EURL clôture son exercice au 30 juin de chaque année. Le gérant décide de céder ses parts en décembre. Une fois la cession faite, l’acquéreur réclame le remboursement de la rémunération que l’ancien gérant s’est versé au titre des mois de juillet à décembre, au motif que cette rémunération n’a pas été approuvée par une décision de l’associé. Le vendeur n’a pourtant pas caché le montant de cette rémunération à l’acheteur, lequel avait connaissance du montant de la rémunération. Le juge a pourtant donné raison au vendeur : il a rappelé à cet égard que la décision fixant la rémunération du gérant associé unique d’une EURL doit être reportée sur le registre spécial des décisions.
Exemple 2. Un gérant d’EURL a également vécu une expérience qui mérite d’être partagée : l’acquéreur de l’EURL a réclamé le remboursement de la rémunération perçue au titre des 5 dernières années. Pour les 3 premières années litigieuses, il avait perçu sa rémunération avant que les formalités (décision ordinaire de l’associé et report sur le registre spécial des décisions) n’aient été effectuées. Sur ce point l’acquéreur de l’EURL a eu tort. Le juge a considéré, en effet, qu’un versement antérieur à la passation des formalités requises n’est pas irrégulier. S’agissant des 2 dernières années litigieuses, l’acquéreur de l’EURL a constaté que la décision ordinaire de l’associé n’avait pas été reporté sur le registre spécial des décisions. Sauf que ces irrégularités ont été commises après sa démission, a répondu l’ex-gérant. Il n’avait donc plus la maîtrise des assemblées générales. Au vu des faits, le juge a là aussi donné raison à l’ex-gérant.
Pour quel montant ? Comme nous l’indiquions précédemment, votre rémunération peut être fixe (mais, dans ce cas, il faudra procéder à des réajustements réguliers) ou proportionnelle (elle pourra, par exemple, être proportionnelle aux bénéfices ou au chiffre d’affaires) ou les deux à la fois. Bien entendu, au-delà de cette rétribution, vous aurez la possibilité de vous faire rembourser les frais engagés dans le cadre de votre activité professionnelle (pour ne pas être imposé sur ces remboursements, préférez le remboursement sur la base des frais réellement engagés et évitez l’attribution d’allocations forfaitaires).
À retenir
La décision de rémunérer vos fonctions de gérant doit être prise collectivement par les associés (vous êtes autorisé à prendre part au vote). Si vous êtes gérant associé unique d’une EURL, reportez votre décision fixant le mode de calcul de votre rémunération sur le registre spécial des décisions.
J'ai entendu dire
Peut-on déduire la rémunération versée à un gérant associé de SARL de ses résultats imposables ?Oui, si la SARL est soumise à l’impôt sur les sociétés, et pour autant que cette rémunération n’est pas excessive (auquel cas l’administration pourrait refuser la déduction fiscale de la fraction estimée excessive). Non, s’il s’agit d’une SARL qui relève de l’impôt sur le revenu : la rémunération est alors rajoutée à la quote-part revenant au gérant associé, et soumise à son nom à l’impôt sur le revenu.
- Article L 223-29 du Code de commerce (règles de majorité)
- Articles L 223-31 et R 223-26 du Code de commerce (registre des décisions de l’associé unique d’une EURL)
- Bulletin Officiel de la Sécurité Sociale (BOSS), Frais professionnels, §§50, 90 et 130 (frais professionnels et gérants minoritaires et égalitaires de SARL et de SELARL)
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 4 octobre 2011, n° 10-23398 (participation du gérant au vote)
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 20 janvier 2015, n° 13-22709 (formalisme prise en charge cotisations sociales)
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 15 mars 2017, n° 14-17873 (formalisme fixation rémunération)
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 9 janvier 2019, n° 17-18864 (rémunération d’un gérant d’EURL-formalités régulières)
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 20 février 2019, n° 17-12050 (abus de majorité)
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 15 janvier 2020, n° 18-11580 (abus de majorité)
Plans d’épargne retraite d’entreprise : les avantages fiscaux et sociaux
PERO / PERECO : des précisions communes
Préambule. Avant toute chose, il est important de noter que le plan d’épargne retraite d’entreprise collectif (PERECO) et le plan d’épargne retraite d’entreprise obligatoire (PERO) ouvrent droit aux mêmes avantages fiscaux et sociaux, sous les mêmes conditions.
Des conditions préalables. Les avantages fiscaux liés à la mise en place du plan d’épargne retraite sont subordonnés au dépôt préalable de l’accord auprès de la Direccte, au respect du principe de non-substitution à un élément de rémunération, à l’indisponibilité des avoirs (sous réserve des cas de déblocage anticipé) et, plus généralement, à la conformité de l’accord instituant ce plan d’épargne retraite aux dispositions régissant ce dispositif.
=> Pour en savoir plus sur le PERECO, vous pouvez consulter notre fiche pratique « Tout savoir sur le plan d’épargne retraite d’entreprise collectif (PERECO) »
=> Pour en savoir plus sur le PERO, vous pouvez consulter notre fiche pratique « Tout savoir sur le plan d’épargne retraite obligatoire (PERO) »
PERO / PERECO : des avantages fiscaux pendant la phase d’épargne
Pour l’entreprise. L'abondement versé par l'entreprise est déductible de ses bénéfices imposables.
Pour les bénéficiaires. Il faut ici distinguer les versements obligatoires (PERO ou PERECO regroupé) des versements volontaires.
Concernant les versements obligatoires. Ils sont déductibles de la rémunération imposable du salarié dans la limite d’un plafond fixé à 8 % de la rémunération annuelle brute retenue à concurrence de 8 fois le montant du plafond annuel de la Sécurité sociale (Pass) en vigueur pour l’année de versement.
Appréciation du plafond. Ce plafond s’apprécie en tenant compte non seulement des versements effectués par le salarié, mais aussi des versements obligatoires effectués par l’employeur. De même, il faut également tenir compte de certains versements exonérés d’impôt sur le revenu :
- sommes versées par les entreprises aux plans d’épargne salariale ;
- sommes versées par le salarié au Perco ancien en provenance d’un compte épargne-temps (CET), ou en l’absence de CET, des sommes qui correspondent à des jours de repos non pris (dans la limite de 10 jours par an) ;
- sommes versées dans un PERECO ou un PERO par l’entreprise ou provenant de droits inscrits dans un CET correspondant à un abondement de l’employeur.
Le saviez-vous ?
Seuls les versements effectués au titre de la retraite sont déductibles. Dès lors, les versements effectués dans le plan d’épargne retraite d’entreprise, mais qui sont destinés à couvrir le risque de prévoyance complémentaire, ne sont pas déductibles de la rémunération imposable du salarié.
Concernant les versements volontaires. Là encore, il faut opérer une distinction entre les versements effectués par les travailleurs indépendants et les autres versements volontaires.
Pour les travailleurs indépendants et les chefs d’exploitations ou d’entreprises agricoles. Les versements volontaires effectués sur un PERECO par les travailleurs indépendants sont déductibles de leur revenu net catégoriel : BIC (bénéfices industriels et commerciaux) et BNC (bénéfices non commerciaux). Pour les chefs d’exploitations ou d’entreprises agricoles, le principe est le même : la déduction s’effectuera sur le revenu net catégoriel. Toutefois, une déduction au niveau du revenu global sera possible (à titre subsidiaire).
Un plafond. La déduction s’effectue dans la limite égale au plus élevé des 2 montants suivants :
- 10 % de la fraction du bénéfice imposable retenu dans la limite de 8 Pass, auxquels s'ajoutent 15 % de la fraction du bénéfice supérieure à 40 524 € prise dans la limite de 7 fois le montant du Pass ;
- 10 % du montant du Pass.
Pour les autres versements volontaires. Or le cas des travailleurs indépendants et des chefs d’exploitations (ou d’entreprises) agricoles, les versements volontaires aux plans d’épargne retraite (PERECO ou PERO) sont, pour le calcul de l’IR, déductibles du revenu global du contribuable et ce, quelle que soit la nature de son activité professionnelle.
Mais aussi. Cette faculté de déduction est également ouverte aux personnes n’ayant pas d’activité professionnelle.
Un plafond. Ces versements volontaires sont déductibles du revenu global dans une limite annuelle égale à la différence, au titre de l’année N-1, entre :
- une fraction égale à 10 % des revenus d’activité professionnelle, retenus dans la limite de 8 fois le montant du Pass ou, si elle est plus élevée, une somme égale à 10 % du montant du Pass ;
- et le montant cumulé des cotisations ou primes d’épargne retraite déductibles (obligatoires ou non), y compris les versements de l’employeur, les cotisations ou primes déductibles du revenu net catégoriel, compte non tenu de leur fraction correspondant à 15 % de la quote-part de bénéfices comprise entre 1 et 8 Pass, et les sommes versées au plan d’épargne retraite qui sont exonérées d’IR.
Une renonciation à déduction ? Pour chaque versement volontaire individuel, le titulaire du plan peut renoncer à la déduction au titre du revenu global ou des revenus nets catégoriels. Cette faculté de renonciation à déduction n’est pas ouverte pour les versements obligatoires.
Pourquoi renoncer ? L’intérêt d’une telle renonciation apparaît pour les personnes qui effectuent des versements exonérés d’impôt sur le revenu : elles bénéficient d’une fiscalité avantageuse en cours de plan, mais aussi au moment de la sortie du plan puisqu’elles renoncent volontairement à la faculté de déduction.
Des versements exonérés ? Afin de favoriser le placement de certaines sommes sur un PERO ou un PERECO, des exonérations d’IR ont été créées concernant :
- les versements dans un PERECO provenant des versements de l’entreprise aux plans d’épargne salariale ou de droits inscrits au CET qui correspondent à un abondement de l’employeur (en temps ou en argent) : ces versements sont exonérés dans la limite d’un plafond fixé à 16 % du Pass, diminué du montant effectif des abondements de l’entreprise aux plans d’épargne salariale ;
- les sommes versées dans un PERO qui sont issues des droits inscrits au CET qui correspondent à un abondement de l’employeur en temps ou en argent : ces sommes sont exonérées dans la limite d’un plafond fixé à 8 % de la rémunération annuelle brute retenue à concurrence de 8 Pass ;
- dans la limite de 10 jours par an, les sommes versées dans un PERECO ou dans un PERO qui sont issues de droits inscrits au CET qui ne correspondent pas à un abondement de l’entreprise en temps ou en argent ou, en l’absence de CET, celles qui correspondent à des jours de repos non pris ;
- l’intéressement affecté au PERECO ou au PERO, dans la limite d’un plafond fixé à ¾ du Pass : retenez qu’a contrario, l’intéressement qui fait l’objet d’un versement immédiat (et qui donc n’est versé à aucun plan d’épargne) est imposable ;
- les sommes provenant de la participation des salariés aux résultats de l’entreprise et affectées à un PERECO ou à un PERO.
Le saviez-vous ?
Les produits et revenus des titres détenus dans le cadre d’un plan d’épargne retraite d’entreprise sont également exonérés d'impôt sur le revenu s'ils sont réemployés immédiatement et en intégralité dans ce plan et indisponibles jusqu’au départ à la retraite.
PERO / PERECO : des avantages fiscaux à la sortie du plan d’épargne retraite
2 sorties possibles. La sortie du plan d’épargne retraite d’entreprise peut s’effectuer soit sous forme de rente, soit sous forme de capital.
Sortie sous forme de rente. En principe, la sortie d’un PERO se fait uniquement sous forme de rente, au moment du départ à la retraite. Toutefois, et par exception, une sortie anticipée est possible pour faire face à un accident de la vie :
- décès du conjoint ou du partenaire de Pacs ;
- invalidité du titulaire, de ses enfants, de son conjoint ou de son partenaire de Pacs ;
- surendettement ;
- expiration des droits à l’assurance chômage ;
- fait, pour le titulaire d'un plan qui a exercé des fonctions d'administrateur, de membre du directoire ou de membre du conseil de surveillance et n'a pas liquidé sa pension dans un régime obligatoire d'assurance vieillesse, de ne pas être titulaire d'un contrat de travail ou d'un mandat social depuis deux ans au moins à compter du non-renouvellement de son mandat social ou de sa révocation ;
- cessation d'activité non salariée du titulaire à la suite d'un jugement de liquidation judiciaire ou toute situation justifiant ce retrait ou ce rachat selon le président du tribunal de commerce auprès duquel est instituée une procédure de conciliation.
Conséquences d’une sortie anticipée. En cas de sortie anticipée, les sommes versées ne seront pas soumises à l’IR et aux prélèvements sociaux. Pour autant, les produits des sommes investies (il s’agit généralement d’intérêts) restent soumis aux prélèvements sociaux au taux de 17,2%.
Conséquences d’une sortie sous forme de rente. Lorsque la sortie du plan d’épargne retraite se fait sous forme de rente, cette rente est en principe imposable comme une pension de retraite : elle est soumise au barème progressif de l’IR avec application d’un abattement de 10 %.
Différence entre PERO et PERECO. En cas de sortie d’un PERO, les prélèvements sociaux au taux de 17,2 % seront dus sur cette rente. En revanche, en cas de sortie d’un PERECO, et pour la fraction qui correspond aux versements volontaires ayant donné lieu à déduction fiscale, la CSG et la CRDS ne seront pas dues.
Des exceptions. Dans 2 situations, il sera fait application non pas du régime des pensions de retraite mais du régime des rentes viagères à titre onéreux. Il s’agit :
- de la fraction de la rente qui correspond à des versements individuels pour lesquels le bénéficiaire du plan, pour le calcul de son impôt, a renoncé à la déduction au moment du versement ;
- de la fraction de la rente qui correspond à des versements résultant de la participation, de l’intéressement, des abondements aux plans d’épargne salariale, de l’affectation des droits au CET ou, en l’absence de CET, des sommes correspondant aux jours de repos non pris (dans la limite de 10 jours par an).
Sortie sous forme de capital. En principe, la sortie d’un PERECO peut se faire sous forme de capital.
Une exonération d’impôt dans 3 cas. Dans 3 situations, les droits constitués dans le cadre du PERECO et versés sous forme de capital seront exonérés d’impôt. Il s’agit des cas où les droits proviennent :
- de versements volontaires du bénéficiaire du plan qui a renoncé à la déduction au titre de son revenu imposable, ou de l’affectation au PERECO de sommes n’ayant pas été exonérées d’impôt ;
- de l’affectation au plan d’épargne de sommes exonérées d’impôt (participation, intéressement, etc.) ou de droits inscrits au CET ou, en l’absence de CET, des sommes qui correspondent aux jours de repos non pris (dans la limite de 10 jours par an) ;
- de versements anticipés, sur demande du bénéficiaire, pour faire face à un accident de la vie :
- ○ décès du conjoint ou du partenaire de Pacs ;
- ○ invalidité du titulaire, de ses enfants, de son conjoint ou de son partenaire de Pacs ;
- ○ surendettement ;
- ○ expiration des droits à l’assurance chômage ;
- ○ fait, pour le titulaire d'un plan qui a exercé des fonctions d'administrateur, de membre du directoire ou de membre du conseil de surveillance et n'a pas liquidé sa pension dans un régime obligatoire d'assurance vieillesse, de ne pas être titulaire d'un contrat de travail ou d'un mandat social depuis deux ans au moins à compter du non-renouvellement de son mandat social ou de sa révocation ;
- ○ cessation d'activité non salariée du titulaire à la suite d'un jugement de liquidation judiciaire ou toute situation justifiant ce retrait ou ce rachat selon le président du tribunal de commerce auprès duquel est instituée une procédure de conciliation.
Traitement fiscal des sommes versées dans les autres cas. A l’exception donc de ces 3 cas particuliers, le traitement fiscal des sommes versées sous forme de capital va varier selon l’origine des versements et selon la périodicité des versements (initial ou produits réalisés en cours de plan).
Donc. En conséquence :
- la fraction du capital qui correspond à des versements volontaires est traitée, fiscalement, comme une pension et donc, à ce titre, soumise au barème progressif de l’IR sans pour autant faire application de l’abattement de 10 % ;
- la fraction du capital qui correspond aux produits réalisés en cours de plan est soumise à l’IR au titre du prélèvement forfaitaire unique au taux de 12,8 %, sauf à ce que le bénéficiaire fasse le choix d’opter pour l’imposition au titre du barème progressif.
Une précision. En cas de sortie du plan sous forme de versement d’un capital, seule la fraction du capital qui correspond aux produits réalisés en cours de plan est soumise aux prélèvements sociaux au taux de 17,2 %.
Calcul avantageux des prélèvements sociaux. Par principe, les produits de placement sont soumis aux prélèvements sociaux aux taux en vigueur à la date de leur encaissement. Par exception, les sommes qui ont été versées dans un plan d’épargne pour la retraite collectif (PERCO) avant le 1er janvier 2018 bénéficient d’un taux favorable de CSG/CRDS :
- en cas de transfert avant le 1er janvier 2023 des droits inscrits dans un PERCO vers un PERECO ;
- ou en cas de transformation avant cette même date d’un PERCO en PERECO.
PERO / PERECO : des avantages sociaux
Un point sur le salaire. L’abondement versé par l’entreprise, parce qu’il n’est pas un élément de rémunération, n’est pas pris en compte pour vérifier le respect des règles relatives au salaire minimum (Smic ou minimum conventionnel). Il n’est pas non plus pris en compte pour le calcul des avantages et indemnités, comme par exemple l’indemnité de congés payés, les majorations pour heures supplémentaires, etc.
Cotisations sociales et PERECO. Dans le cadre d’un PERECO, les abondements versés par l'entreprise en complément des versements des adhérents, de même que les versements volontaires de l’employeur (versement initial et versements périodiques), ne sont pas soumis aux cotisations sociales. Il en va autant pour les salariés que pour les dirigeants et chefs d’entreprises qui relèvent du régime de protection sociale des non-salariés.
Une exonération élargie. Cette exonération de cotisations s’étend également :
- aux sommes qui sont attribuées au salarié au titre de la participation aux résultats de l’entreprise ;
- aux sommes qui sont attribuées au salarié au titre de l’intéressement ;
- aux droits constitués par le salarié sur son compte épargne temps dans la limite de 10 jours par an.
Pas de plafonnement. Cette exonération de cotisations n’est pas plafonnée.
Cotisations sociales et PERO. Dans le cadre d’un PERO, les abondements de l’employeur sont exonérés de cotisations sociales, sous réserve du respect des conditions applicables aux anciens contrats dits de l’« article 83 » (modalités de mise en place du plan, organisme débiteur, etc.) dans la limite du plus élevé des 2 plafonds suivants :
- 5 % du montant du Pass ;
- 5 % de la rémunération retenue dans la limite de 5 fois le Pass.
A noter. Cette exonération s’applique aussi, en l’absence de CET, aux sommes qui correspondent aux jours de repos non pris par le salarié et qui sont affectés dans le PERO.
Concernant le forfait social. Le bénéfice du taux réduit de forfait social (16 %) s’applique pour les versements obligatoires de l’employeur (PERO ou PERECO regroupé), pour les sommes issues de l’intéressement ou de la participation, les sommes issues d’un CET ou, à défaut, les sommes correspondant à des jours de repos non pris.
Des conditions. Le bénéfice du taux réduit de forfait social s’applique sous réserve du respect des conditions suivantes : le plan d’épargne retraite d’entreprise doit prévoir que les sommes recueillies sont affectées par défaut vers un mode de gestion visant à réduire progressivement les risques financiers pour le titulaire, et qu’elles sont affectées à l'acquisition de parts de fonds comportant au moins 10 % de titres susceptibles d'être employés dans un plan d'épargne en actions destiné au financement des petites et moyennes entreprises et des entreprises de taille intermédiaire (PEA PME-ETI).
Concernant les taxes assises sur les salaires. L'abondement versé par l’entreprise est soumis à la taxe sur les salaires, mais est exonéré de taxe d'apprentissage, de participation à la formation continue et de participation de l’employeur à l’effort de construction.
A retenir
Les bénéficiaires du PERECO ou du PERO, tout comme l’entreprise qui met le plan d’épargne en place, peuvent bénéficier, sous réserve du respect des conditions requises, d’avantages fiscaux et/ou sociaux.
- Loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises
- Ordonnance n° 2019-766 du 24 juillet 2019 portant réforme de l'épargne retraite
- Décret n° 2019-807 du 30 juillet 2019 portant réforme de l'épargne retraite
- Article 83 du code général des impôts
- Article 163 quatervicies du code général des impôts
- Loi de financement de Ia sécurité sociale pour 2021, du 14 décembre 2020, n° 2020-1576, art 21
Tout savoir sur le plan d’épargne retraite d’entreprise collectif (PERECO)
PERECO : dans quelles entreprises ?
Les entreprises concernées. Toutes les entreprises, quels que soient leur effectif, leur activité et leur forme juridique, peuvent mettre en place un plan d’épargne retraite d’entreprise collectif (PERECO).
Pour les groupes d’entreprises ? Comme pour un plan d’épargne entreprise, il peut être mis en place au niveau de l’entreprise, au niveau d’un groupe le cas échéant, ou entre plusieurs entreprises ne constituant pas un groupe.
PERECO : pour quels bénéficiaires ?
Les salariés et les retraités. Le PERECO est ouvert à l'ensemble des salariés de l'entreprise, y compris ceux ayant fait valoir leurs droits à pension de vieillesse et bénéficiant des dispositions du cumul emploi-retraite, qu'il s'agisse d'anciens salariés de l'entreprise ou non.
Une durée minimale d’ancienneté. Une durée minimale d'ancienneté peut être exigée dans l'accord portant règlement du plan, sans qu’elle puisse toutefois excéder 3 mois.
Les anciens salariés. Les anciens salariés de l’entreprise peuvent aussi en bénéficier sous réserve de ne pas avoir accès à un PERECO dans leur nouvelle entreprise.
Une précision. Si un ancien salarié peut bénéficier du PERECO, et donc effectuer des versements sur ce plan, il ne pourra pas bénéficier des abondements de l’entreprise. De même, les frais afférents à leur gestion sont à la charge exclusive de l'ancien salarié qui effectue ces versements.
Le saviez-vous ?
Les frais en question sont plafonnés à 20 € par an ou, lorsque les sommes et valeurs inscrites au compte du bénéficiaire sont d'un montant inférieur à 400 €, à un maximum de 5 % du total de ces sommes et valeurs.
Une adhésion par défaut ? Un PERECO peut prévoir l'adhésion par défaut des salariés de l'entreprise, sauf avis contraire de ces derniers. Dans ce cas, l'entreprise en informe chaque salarié suivant les modalités prévues par le règlement du plan d’épargne retraite et le salarié dispose d'un délai de 15 jours à compter de cette communication pour renoncer de manière expresse à cette adhésion.
Les dirigeants, chefs d’entreprises et les conjoints collaborateurs/associés. Les dirigeants et chefs d'entreprise employant habituellement au moins 1 salarié (sans prendre en compte le dirigeant lui-même) et au plus 249 salariés peuvent bénéficier des avantages du plan d’épargne retraite collectif, de même que leur conjoint ayant le statut de conjoint collaborateur ou de conjoint associé.
Le partenaire de Pacs du chef d’entreprise. Le partenaire de Pacs (ayant le statut de conjoint collaborateur ou associé) du chef d’entreprise peut également bénéficier du PERECO.
PERECO : pour quoi ?
Un objectif. L’objectif du PERECO est de se constituer une épargne retraite, dans des conditions fiscales et sociales avantageuses, avec l’aide financière de l’entreprise.
Blocage des sommes. Les sommes versées sont bloquées jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage exceptionnel. Au moment de la retraite, elles sont disponibles sous forme de rente ou, si l'accord collectif le prévoit, sous forme de capital.
Un déblocage anticipé par exception. Il est toutefois possible de demander le déblocage anticipé des sommes et avoirs dans les cas suivants :
- invalidité de l'intéressé, de ses enfants, de son conjoint ou de son partenaire lié par un Pacs (à condition que le taux d'incapacité atteigne au moins 80 % et que l'intéressé n'exerce aucune activité professionnelle) ;
- décès de l'intéressé, de son conjoint ou de son partenaire lié par un Pacs : le décès du titulaire du plan avant qu’il n’ait pu prendre sa retraite et ainsi liquider ses avoirs entraîne la clôture du plan ; dans pareil cas, les sommes qui y figuraient sont dévolues selon les règles successorales ;
- affectation des sommes épargnées à l'acquisition de la résidence principale ;
- situation de surendettement de l'intéressé, sur demande adressée à l'organisme gestionnaire des fonds ou à l'employeur, soit par le président de la commission de surendettement des particuliers, soit par le juge lorsque le déblocage paraît nécessaire à l'apurement du passif de l'intéressé ;
- expiration des droits à l'assurance chômage de l'intéressé.
Une demande de déblocage anticipé. La demande du salarié de liquidation anticipée peut intervenir à tout moment, sauf dans le cas de l’acquisition de sa résidence principale où elle doit intervenir dans un délai de six mois à compter de l’achat.
Conséquence du déblocage anticipé. Le déblocage anticipé donne lieu à un versement unique.
Le saviez-vous ?
Par principe, les produits de placement sont soumis aux prélèvements sociaux aux taux en vigueur à la date de leur encaissement.
Par exception, les sommes qui ont été versées dans un plan d’épargne pour la retraite collectif (PERCO) avant le 1er janvier 2018 bénéficient d’un taux favorable de CSG/CRDS :
- en cas de transfert avant le 1er janvier 2023 des droits inscrits dans un PERCO vers un PERECO
- ou en cas de transformation avant cette même date d’un PERCO en PERECO.
PERECO : comment est-il alimenté ?
Des abondements. Le PERECO est alimenté de diverses manières :
- par des versements volontaires des bénéficiaires ;
- par l’affectation de sommes provenant de l’intéressement ou de la participation des salariés aux résultats de l’entreprise, étant précisé que depuis le 1er octobre 2019, lorsque les sommes issues de la participation sont affectées au plan d'épargne retraite d'entreprise, le titulaire pourra demander la liquidation ou le rachat des droits correspondants dans le délai d'un mois à compter de la liquidation ;
- par des abondements de l’entreprise en complément des versements volontaires ;
- par des versements volontaires de l’entreprise : pour autant que cela soit prévu dans le règlement du PERECO mis en place dans l’entreprise, l’entreprise peut décider d’effectuer un versement, même en l’absence de contribution du bénéficiaire du plan d’épargne retraite. Ce versement initial, qui intervient au moment de l’adhésion du salarié au PERECO, peut être complété par des versements périodiques (pour autant que l’attribution soit uniforme à l’ensemble des salariés), pour une durée déterminée, avec ou sans tacite reconduction, ou pour une durée indéterminée (cette périodicité étant précisée dans le règlement du plan) ;
- par des sommes correspondant aux droits acquis dans un compte épargne-temps ;
- par des sommes correspondant à des jours de repos non pris dans les entreprises dépourvues de compte épargne-temps ;
- par des sommes transférées d’autres dispositifs d’épargne salariale.
Pas de versements obligatoires. Le PERECO ne peut pas être alimenté par des versements obligatoires (du salarié ou de l’employeur).
Des plafonds de versement. Si, par principe, il n’existe pas de montant minimum de versement dans un PERECO (encore que le plan peut l’imposer), le montant des versements annuels peut être plafonné :
- pour les versements volontaires des bénéficiaires :
- pour l’adhérent au plan d’épargne, les versements ne peuvent excéder un quart de sa rémunération annuelle brute (avant déduction des cotisations sociales et de toute déduction forfaitaire pour frais professionnels) ou de son revenu professionnel imposé à l'impôt sur le revenu au titre de l'année précédente,
- pour le conjoint du chef d'entreprise et pour le salarié dont le contrat de travail est suspendu, qui n'ont perçu aucune rémunération au titre de l'année de versement, les versements ne peuvent excéder le quart du plafond annuel de la Sécurité Sociale (PASS),
- pour les anciens salariés ayant quitté l'entreprise à l'occasion d'un départ en préretraite ou en retraite, le plafond de versement s'élève à 25 % de la somme des pensions perçues,
- pour les abondements de l’entreprise : ils sont soumis à un double plafonnement, apprécié annuellement : ils ne peuvent pas dépasser 16 % du montant du PASS, sans pouvoir excéder le triple de la contribution du bénéficiaire ;
- pour les versements volontaires de l’entreprise : le montant total annuel du versement initial et des versements périodiques ne peut excéder 2 % du PASS, et ils sont pris en compte pour apprécier le respect du plafond d'abondement de l’entreprise.
PERECO : comment le mettre en place ?
Une décision unilatérale ou un accord ? La mise en place d’un PERECO peut résulter d’une décision unilatérale de l’employeur ou d’un accord conclu :
- par convention ou accord collectif de travail ;
- par accord entre l'employeur et les représentants d'organisations syndicales représentatives dans l'entreprise ;
- par accord conclu au sein du comité social et économique ;
- à la suite de la ratification, à la majorité des deux tiers du personnel, d'un projet d’accord contrat proposé par l'employeur (s'il existe dans l'entreprise une ou plusieurs organisations syndicales représentatives, ou un comité social et économique, la ratification est demandée conjointement par l'employeur et une ou plusieurs de ces organisations ou ce comité).
Une négociation préalable. Lorsque l'entreprise compte au moins un délégué syndical ou est dotée d'un comité social et économique, le plan d'épargne retraite collectif doit faire l’objet d’une négociation préalable. Et ce n’est qu’à défaut d’accord, procès-verbal de désaccord à l’appui, que l’employeur pourra recourir à la conclusion de l’accord par voie de ratification du personnel ou unilatéralement. Le procès-verbal devra alors mentionner, en leur dernier état, les propositions respectives des parties et les mesures que l’employeur entend soumettre à la ratification du personnel ou appliquer unilatéralement.
Une ratification en l’absence de représentant du personnel. Les entreprises qui ne comportent ni délégué syndical, ni comité social et économique, et donc qui ne sont pas soumises à l'obligation de négocier, peuvent soumettre l’accord à la ratification à la majorité des 2/3 du personnel ou, éventuellement, directement mettre en place le plan d’épargne retraite collectif de manière unilatérale.
Durée du PERECO. Le PERECO peut être institué pour une durée indéterminée ou déterminée. S’il est institué pour une durée déterminée, il faut prévoir une durée minimum d’au moins 1 an.
Un dépôt. Le règlement du PERECO est déposé, avec les annexes relatives aux critères de choix et à la liste des instruments de placements, auprès de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi où il a été établi.
Des frais de gestion. Sur la question des frais de gestion du PERECO, il faut se référer au règlement du plan pour savoir s’ils sont ou non laissés à la charge de l’employeur. Notez que dans 2 hypothèses, ils seront obligatoirement pris en charge par l’employeur :
- PERECO donnant lieu à l’ouverture d’un comptes-titres ;
- PERECO donnant lieu à l’adhésion d’un contrat d’assurance de groupe.
Information du personnel. Les conditions d'information du personnel quant à l'existence et au contenu du plan doivent être définies dans le règlement du plan. Dans l’hypothèse où le plan est mis en place par une décision unilatérale de l’employeur, ce dernier doit communiquer la liste nominative de tous les salariés au gestionnaire du plan, lequel informe nominativement chaque salarié de l'existence de ce plan, à moins que l'employeur ait remis à ses salariés une note d'information individuelle sur son existence et son contenu.
Une information régulière. Le titulaire du plan bénéficie d’une information régulière sur ses droits s’agissant notamment de la valeur des droits en cours de constitution et des modalités de leur transfert vers un autre plan d’épargne retraite.
Cas particulier du PERECO regroupé
C’est quoi le PERECO regroupé ? Le PERECO regroupé est un PERECO pouvant être alimenté par des versements obligatoires du salarié ou de l'employeur.
Pour qui ? Ces versements obligatoires peuvent concerner tous les salariés ou une ou plusieurs catégorie(s) objective(s). Si seulement une ou plusieurs catégorie(s) objective(s) de salariés sont visées par la mise en place de versements obligatoires, le règlement du PERECO doit prévoir que l’adhésion des personnes concernées est obligatoire jusqu’à l’atteinte de l’âge légal de la retraite ou la liquidation de leurs droits au titre d’un régime obligatoire de retraite.
Mise en place. Si l’employeur met en place un PERECO regroupé par décision unilatérale, les salariés déjà présents dans l’entreprise à la date de la décision peuvent se dispenser de participer aux versements obligatoires.
Une transformation. Le PERECO regroupé peut également être issu de la transformation d’un PERO (plan d’épargne retraite d’entreprise obligatoire) en PERECO avec versements obligatoires.
Le saviez-vous ?
L’ensemble des règles liées aux bénéficiaires, à la mise en place, aux modalités d’alimentation du plan (en plus des versements obligatoires), etc. du PERECO s’appliquent aux PERECO regroupés.
A retenir
Le PERECO, qui permet de se constituer une épargne retraite avec l’aide financière de l’entreprise, est ouvert à l'ensemble des salariés de l'entreprise, y compris ceux ayant fait valoir leurs droits à pension de vieillesse et bénéficiant des dispositions du cumul emploi-retraite, et sous conditions, aux anciens salariés, ainsi qu’aux dirigeants, chefs d’entreprises et conjoints collaborateurs et/ou associés.
- Loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises
- Ordonnance n° 2019-766 du 24 juillet 2019 portant réforme de l'épargne retraite
- Décret n° 2019-807 du 30 juillet 2019 portant réforme de l'épargne retraite
- Loi de financement de Ia sécurité sociale pour 2021, du 14 décembre 2020, n° 2020-1576, art 21
Tout savoir sur le plan d’épargne retraite obligatoire (PERO)
PERO : pour quels bénéficiaires ?
Différence avec le PERECO. Contrairement au plan d’épargne retraite d’entreprise collectif (PERECO) auquel l’adhésion des salariés est facultative, le plan d’épargne retraite obligatoire (PERO) est, comme son nom l’indique, à adhésion obligatoire pour les salariés.
Pour quels salariés ? Il est mis en place au bénéfice de tous les salariés ou d'une ou plusieurs catégorie(s) d'entre eux, établie(s) à partir de critères objectifs pouvant reposer sur :
- l'appartenance aux catégories de cadres et de non-cadres résultant des définitions de la convention Agirc ;
- un seuil de rémunération déterminé à partir de l'une des limites inférieures des tranches fixées pour le calcul des cotisations aux anciens régimes complémentaires de retraite Agirc-Arrco ;
- la place dans les classifications professionnelles définies par les conventions de branche ou les accords professionnels ou interprofessionnels applicables à l’entreprise ;
- le niveau de responsabilité, le type de fonctions, le degré d'autonomie ou l'ancienneté dans le travail des salariés correspondant aux sous-catégories fixées par les conventions de branche ou les accords professionnels ou interprofessionnels applicables à l’entreprise ;
- l’appartenance aux catégories définies clairement et de manière non restrictive à partir des usages constants, généraux et fixes en vigueur dans la profession.
Des critères non pris en compte. En revanche, ces critères objectifs ne doivent pas reposer sur le temps de travail, la nature du contrat, l’âge ou l’ancienneté du salarié.
PERO : comment est-il alimenté ?
Plusieurs modalités. Le PERO peut être alimenté de différentes façons.
Comment ? Le PERO doit pouvoir recevoir les sommes issues :
- de versements volontaires du titulaire ;
- de la participation aux résultats de l'entreprise ou de l'intéressement (mais pas les versements de l'employeur sur le plan d’épargne entreprise), à condition que l'entreprise ait mis en place un plan d’épargne retraite bénéficiant à tous les salariés ou que l’entreprise ait mis en place un plan d’épargne retraite collectif ;
- des droits inscrits au compte épargne-temps ou, en l'absence de compte épargne-temps dans l'entreprise, des sommes correspondant à des jours de repos non pris, s'agissant des plans d'épargne retraite d'entreprise dans la limite de 10 jours par an (notez que le congé annuel ne peut être affecté que pour sa durée excédant 24 jours ouvrables) ;
- de versements obligatoires du salarié ou de l'employeur.
PERO : comment le mettre en place ?
Plusieurs modalités. Un PERO peut être mis en place dans l'entreprise par accord collectif ou à la suite de la ratification, à la majorité des intéressés d'un projet d'accord proposé par le chef d'entreprise ou par décision unilatérale de l’employeur constatée dans un écrit remis par celui-ci à chaque intéressé.
Mais aussi. Il peut également être mis en place en tant que plan d’épargne retraite obligatoire interentreprises dans des conditions à déterminer par décret (non encore paru à ce jour).
Une adhésion obligatoire. Le règlement du PERO doit prévoir que l'adhésion des salariés intéressés est obligatoire. Toutefois, lorsque le titulaire liquide sa retraite, il est dispensé de son obligation d’adhésion.
A retenir
Le plan d’épargne retraite obligatoire (PERO) est à adhésion obligatoire pour les salariés, contrairement au plan d’épargne retraite d’entreprise collectif (PERECO).
Travailleurs non-salariés : un tutoriel pour votre protection sociale
La protection sociale : qu’est-ce que c’est ?
Des prestations sociales. Les remboursements pour les soins courants chez le médecin généraliste, la prise en charge des montures et verres en optique ou encore les indemnités journalières en cas d’arrêt de travail ainsi que le versement des retraites et du chômage, constituent une partie de la protection sociale.
La protection sociale de base. Le régime de la protection sociale des travailleurs non-salariés constitue les fondamentaux d’une protection sociale obligatoire.
Une protection moindre. Depuis le 1er janvier 2021, la Sécurité sociale des indépendants est rattachée au régime général de Sécurité sociale couvrant la majeure partie des salariés. Les prestations auxquelles elle ouvre droit sont semblables à celles du régime général, même si des différences demeurent. Par exemple, l’affiliation à la protection sociale des indépendants garantie une protection moins importante des risques d’accidents du travail et maladies professionnelles. Concernant le risque vieillesse et plus spécifiquement le versement des pensions de retraite, le niveau de protection peut varier en fonction de l’activité professionnelle de l’assuré.
Les contrats de prévoyance. Pour pallier ces manques, vous pouvez vous tourner vers les contrats de prévoyance : ce sont des contrats qui visent à vous protéger vous et votre famille en cas de coup dur. Ainsi, la Garantie Accidents de la Vie (GAV), l’assurance chômage, la complémentaire retraite ou l’assurance décès sont des contrats dits « de prévoyance ».
Leur fonctionnement. Ils prévoient le versement d’une rente ou d’un capital à vous ou à vos proches en fonction des aléas de la vie. En contrepartie, vous devez, en qualité de souscripteur, vous acquitter d’une prime d’assurance mensuelle dont le montant peut varier selon les profils.
Le saviez-vous ?
Attention : l’assurance « Responsabilité Civile Professionnelle » (RCPro), qui fait partie des assurances de biens, ne vous protège pas au titre de la protection sociale (qui demeure une assurance de personnes).
L’assurance volontaire individuelle AT/MP. Les travailleurs indépendants (artisans, commerçants, ou professions libérales) ne sont pas assurés de façon obligatoire contre le risque accidents du travail et maladies professionnelles (AT/MP). Bien qu’ils bénéficient de la prise en charge de leurs frais de santé au titre des prestations maladies, ils ont néanmoins la possibilité de souscrire une assurance volontaire individuelle contre ce risque AT/MP, couvrant les situations suivantes :
- accident du travail ;
- accident de trajet ;
- maladie professionnelle.
Comment effectuer la déclaration AT/MP ? Il existe une procédure de déclaration des accidents du travail et maladies professionnelles, spécifique aux bénéficiaires de l’assurance volontaire AT/MP.
Sur ce point voir notre fiche dédiée : « Assurance volontaire AT/MP : un point sur la déclaration AT/MP en 2022 ».
Comment bien construire sa protection sociale ?
2 possibilités. Pour souscrire un contrat adapté à vos besoins, il existe 2 possibilités :
- vous pouvez choisir vous-même votre assureur et le contrat qui correspond à vos besoins, ce qui suppose que vous sachiez les identifier ;
- vous pouvez faire appel à un intermédiaire qui analysera vos besoins afin de vous proposer le contrat le mieux adapté.
Identifier ses besoins par rapport à ses carences. Dans un 1er temps il est impératif de déterminer quels sont vos besoins ? Il n’est pas forcément utile de souscrire une assurance obsèques à 25 ans par exemple. De la même manière, si vous ne voyez pas des médecins qui pratiquent des dépassements d’honoraires, il n’y pas vraiment d’intérêt à s’assurer à ce sujet.
Comparer les prestations. Une fois vos besoins identifiés, il vous faudra alors établir un comparatif auprès de différentes compagnies d’assurance. C’est l’étape qui prend le plus de temps, mais elle reste essentielle pour éviter de payer trop cher un contrat.
Faire appel à un intermédiaire. L’idée est ici de vous épargner les étapes de l’identification de vos besoins et de la recherche d’un assureur en faisant appel à un courtier en assurance spécialiste de la protection sociale. Ce dernier mènera l’étude détaillée de vos besoins en fonction de votre activité et pourra vous faire une proposition adaptée sans que vous n’ayez aucune démarche à réaliser auprès d’une quelconque compagnie d’assurance.
Un avantage assuré ! Votre intermédiaire sera en mesure de traiter toutes vos demandes puisque le courtier en assurance a accès à des numéros dédiés qui lui permettent de joindre rapidement un responsable auprès des compagnies d’assurance.
Le saviez-vous ?
Un comparateur d’assurance n’est pas un courtier en assurance ! Un comparateur est un outil qui permet de comparer différentes offres, puis qui met en relation le comparant avec les comparés. Le courtier, quant à lui, compare les différentes offres, mais il joue le rôle d’intermédiaire entre le client et les compagnies.
Maîtriser le coût de sa protection sociale : comment ?
Réinvestir des avantages pour assurer votre protection sociale. Les cotisations sociales que vous versez au régime de la protection sociale des travailleurs non-salariés (au titre des régimes obligatoires, de base ou complémentaires, d'allocations familiales, d'assurance vieillesse, invalidité, décès, maladie et maternité) peuvent être déduites de vos revenus d’activité. L’idée est alors de réinvestir cet avantage dans une protection sociale facultative.
Protection complémentaire facultative : un avantage fiscal à connaître. En souscrivant à un régime complémentaire facultatif (du type Madelin), vous avez la possibilité de déduire de votre revenu imposable une partie des cotisations versées au titre de la constitution d’une protection sociale. Cette fraction déductible dépendra du montant de vos revenus.
Economie d’énergie/économie financière ? Le choix d’un courtier en assurance peut être une bonne solution pour faire des économies : d’une part, il permet un gain de temps non négligeable puisque cet intermédiaire s’occupe de comparer pour vous toutes les offres d’assurances une à une et de monter tous les dossiers nécessaires pour la signature d’un contrat ; d’autre part, le courtier saura vous proposer des contrats, avantageux financièrement, dans la mesure où il se charge de négocier directement avec les organismes assureurs ou de prévoyance.
A retenir
La protection sociale permet le versement d’indemnités en cas de réalisation d’un risque garanti (maladie, maternité, invalidité, retraite, etc.). Le régime social des travailleurs indépendants (anciennement RSI) assure des prestations de base et complémentaires obligatoires. Cependant, pour mieux se protéger financièrement, et surtout protéger ses proches, il semble important de compléter cette protection sociale.
Pour cela, différents contrats de prévoyance existent et peuvent être souscrits facilement, seul ou bien avec l’aide d’un courtier en assurance.
- Article L 613-1 du Code de la Sécurité Sociale (rattachement de la Sécurité sociale des indépendants au régime général)
- Article 154 bis du Code Général des Impôts (déduction fiscale)
- BOFiP-Impôts-BOI-BNC-BASE-40-60-50-10 et BOFiP-Impôts-BOI-BIC-CHG-40-50-40-20 (déduction des cotisations du revenu d’activité)
- Décret n° 2021-554 du 5 mai 2021 relatif à la procédure de reconnaissance et à la réparation des accidents du travail et des maladies professionnelles, article 2 et 4
- bonne-assurance.com/prevoyance
- Actualité Ministère de l’économie du 8 septembre 2023 : « Comment fonctionne la Sécurité sociale pour les indépendants ? »
- Fiche Caisse Primaire d’Assurance Maladie : « L’assurance volontaire AT/MP pour le travailleur indépendant » à jour du 31 mars 2023
Gérant de SARL : vos droits, vos obligations
Gérant de SARL : comment est-il nommé ?
1 leitmotiv : les statuts ! Pour connaître les règles de nomination du gérant d’une société à responsabilité limitée (SARL), il existe un document à consulter impérativement : les statuts de la société. Ces derniers peuvent prévoir différents critères : compétence professionnelle, âge, etc.
Silence des statuts. Il peut arriver que les statuts ne prévoient pas les règles de nomination d’un gérant (en pratique, c’est assez rare). Dans ce cas, le gérant peut être choisi parmi les associés de la société ou en dehors d’eux.
Le saviez-vous ?
Si une société ne peut pas être nommée gérante, un salarié peut tout à fait l’être, à condition que l’emploi soit distinct de la fonction gérant, que ce dernier se trouve, pour l’exercice de son activité salariée, dans un lien de subordination vis-à-vis de la société et qu’une rémunération spécifique lui soit versée au titre de son activité salariée.
Qui choisit le gérant ? Le gérant de SARL est nommé par les associés de la société, dans les statuts ou par un acte postérieur. Notez que la décision de nomination doit être prise par un ou plusieurs associés représentant plus de la moitié des parts sociales.
Absence de majorité. Si la majorité n'est pas obtenue et sauf clause contraire prévue par les statuts, les associés sont, selon les cas, convoqués ou consultés une 2nde fois et la décision de nomination du gérant est prise à la majorité des votes émis, quel que soit le nombre des votants.
Gérant de SARL : quels sont ses pouvoirs ?
1 leitmotiv : les statuts ! Pour connaître l’étendue des pouvoirs du gérant SARL, il faut là encore consulter les statuts. Ces derniers peuvent, en effet, prévoir des pouvoirs plus ou moins étendus, toujours selon la volonté des associés.
Silence des statuts. Il peut arriver que les statuts n’encadrent pas les pouvoirs du gérant d’une SARL. Dans ce cas, le gérant est réputé pouvoir accomplir tous les actes de gestion dans l’intérêt de la société. Notez que les pouvoirs du gérant, s’il est associé, peuvent aussi être prévus dans le cadre d’un pacte d’associé.
Qui détermine les pouvoirs du gérant ? Ce sont les associés, lorsqu’ils élaborent les statuts, idéalement avec l’aide de leur conseil juridique, qui déterminent l’étendue des pouvoirs du gérant. Ainsi, les associés peuvent décider que telle ou telle décision sera soumise à leur consultation ou à leur autorisation.
Le saviez-vous ?
Dans les rapports avec les tiers, le gérant est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toute circonstance au nom de la société (sous réserve des pouvoirs que la Loi attribue expressément aux associés, comme la modification des statuts).
Par conséquent, la société est engagée par les actes du gérant, même s’ils ne relèvent pas de son objet social, à moins qu'elle ne prouve que le tiers savait que le gérant n’avait pas le pouvoir d’engager la société (la seule publication des statuts ne suffit pas à constituer cette preuve).
Pluralité de gérants. Il peut arriver qu’une SARL ait plusieurs dirigeants à sa tête. Si les statuts ne répartissent pas leurs pouvoirs, ils peuvent agir séparément. Toutefois, chaque gérant peut s’opposer à une décision prise par l’autre tant que l’opération envisagée n’est pas définitivement conclue.
Le saviez-vous ?
L'opposition formée par un gérant aux actes d'un autre gérant est sans effet à l'égard des tiers, à moins qu'il ne soit établi qu'ils en ont eu connaissance.
Dépassement de pouvoirs. Lorsque le gérant outrepasse ses pouvoirs, les associés peuvent réclamer une réparation pour le préjudice subi. En outre, ils peuvent prendre une sanction contre lui, en le révoquant, par exemple.
Gérant de SARL : peut-il être révoqué ?
4 causes de cessation des fonctions de gérant ! Un gérant peut voir ses fonctions prendre fin de 4 manières. Lesquelles ?
1ère cause : les statuts. Là encore, les statuts peuvent prévoir des règles particulières s’agissant de la cessation des fonctions du gérant. Ils peuvent prévoir, par exemple, qu’un gérant sera nommé pour 3 ans. Au terme du délai convenu, le gérant cessera donc ses fonctions.
Le saviez-vous ?
Si les statuts ne prévoient pas de délai, le gérant est supposé être nommé pour la durée de la société.
2ème cause : la révocation. Les fonctions d’un gérant peuvent également prendre fin suite à une révocation.
Majorité. Il s’agit d’une décision prise par un ou plusieurs associés représentant plus de la moitié des parts sociales. Les statuts peuvent, bien sûr, prévoir des règles de majorité plus importantes.
Attention ! Pour être révoqué, un gérant doit avoir connaissance des motifs de sa révocation. A défaut, le gérant peut réclamer des dommages-intérêts. En outre, il doit avoir été en mesure de s’expliquer avant que la révocation ne soit votée.
Le saviez-vous ?
Le cas échéant, la révocation peut être judiciaire.
3ème cause : la démission. Un gérant peut également décider de démissionner. Sauf précisions contraires indiquées dans les statuts, lorsqu’un gérant prend la décision de démissionner :
- elle devient effective une fois qu’elle a été portée à la connaissance de la société ;
- elle ne nécessite aucune acceptation de la part de la société ;
- elle ne peut pas faire l’objet d’une rétractation (sauf si le gérant prouve que sa volonté n’était pas libre et éclairée).
Pour la petite histoire. C’est ce qui est arrivé à un gérant qui avait démissionné au cours d’une assemblée générale (AG). Se prévalant de l’irrégularité de l’AG, il a estimé que sa démission était également irrégulière et qu’il était donc toujours gérant. A tort pour le juge : peu importe que l’AG soit irrégulière, les statuts de la société restant silencieux, la démission du gérant était effective.
4ème cause : le décès. A son décès, bien sûr, les fonctions d’un gérant prennent fin.
A retenir
Dans une SARL, que ce soit pour connaître les modalités de nomination du gérant, l’étendue de ses pouvoirs et les modalités de la cessation de ses fonctions, il faut tout d’abord consulter les statuts de la société. A défaut, ce seront les règles posées par la Loi qui s’appliqueront.
- Article L 221-4 du Code de commerce
- Articles L 223-18 et suivants du Code de commerce
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 8 juin 2017, n° 14-29618 (gérant de SARL-démission au cours d’une assemblée irrégulière)
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 22 octobre 2013, n° 12-24162 (révocation-le gérant doit être en mesure de s’expliquer)
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 14 mai 2013, n° 11-22845 (le gérant doit avoir connaissance des motifs de sa révocation)
