Congé d'enseignement ou de recherche : ce qu’il faut savoir
Un congé d'enseignement ou de recherche : pour qui ? Pour quoi ?
Qu’est-ce que c’est ? Le congé d’enseignement ou de recherche est une autorisation d’absence correspondant soit à un congé, soit à une période de travail à temps partiel.
A qui s’adresse-t-il ? Ce congé s’adresse au salarié, sous condition d’ancienneté, qui :
- souhaite dispenser à temps plein ou à temps partiel un enseignement technologique, professionnel ou supérieur en formation initiale ou continue ;
- souhaite se livrer à une activité de recherche et d'innovation dans un établissement public de recherche, une collectivité territoriale, une entreprise publique ou privée, sauf si son employeur établit que l'exercice de ce droit par le salarié compromet directement la politique de recherche, d'innovation et de développement technologique de l'entreprise.
Le saviez-vous ?
Les personnels bénéficiant d'un congé d'enseignement ou de recherche peuvent être recrutés dans les services de recherche des administrations, dans les établissements publics de recherche et dans les établissements d'enseignement supérieur.
Un congé d'enseignement ou de recherche : comment ?
Des modalités définies par accord collectif. Par principe, les modalités du congé d’enseignement ou de recherche sont définies par un accord collectif qui détermine :
- la durée maximale du congé ou de la période de travail à temps partiel ;
- le nombre de renouvellements possibles de ce congé ou de cette période ;
- la condition d'ancienneté requise pour bénéficier de l’autorisation d’absence correspondante ;
- les délais dans lesquels le salarié informe l'employeur :
- ○ de la date de début de congé souhaité, ainsi que de sa durée envisagée,
- ○ en cas de passage à temps partiel, de la date de début de la période de travail à temps partiel, de l'amplitude de la réduction de son temps de travail souhaitée, ainsi que de la durée envisagée de cette période ;
- les conditions et délais de la demande de prolongation de ce congé ou de cette période de travail à temps partiel ;
- les conditions dans lesquelles le salarié informe l'employeur de son intention de poursuivre ou de rompre son contrat de travail à l'issue de son congé ou de sa période de travail à temps partiel ;
- le niveau de salariés absents au titre du congé dans l'entreprise et de jours d'absence prévus au titre de ce congé, pour lequel l'employeur peut différer le départ en congé ou le début de la période de travail à temps partiel ;
- les conditions permettant le maintien d'un lien entre l'entreprise et le salarié pendant la durée du congé et, le cas échéant, les modalités d'accompagnement et de réadaptation professionnelle à son retour.
Ou, à défaut d’accord collectif… En l’absence d’accord collectif, les modalités suivantes s’appliquent :
- la durée maximale du congé ou de la période de travail à temps partiel est d'un an. Une prolongation est possible par accord entre l'entreprise et l'organisme ou l'entreprise d'accueil, sur demande du salarié ;
- l'ancienneté requise pour ouvrir droit au congé ou à la période de travail à temps partiel est d'un an si l’employeur est d'accord ou de 24 mois, consécutifs ou non, dans l'entreprise si l’employeur n’est pas d’accord ;
- le salarié dispose d’un délai d’au moins 3 mois avant le début du congé ou de la période de travail à temps partiel pour informer l’employeur par tout moyen conférant date certaine, de sa volonté de bénéficier de ce congé ou d’une réduction de son temps de travail.
- le salarié dispose d’un délai de 2 mois (lorsque la durée du congé ou de la période de travail à temps partiel est de moins de 6 mois) ou de 3 mois (lorsque cette durée est de 6 mois ou plus) avant le terme du congé ou de la période de travail à temps partiel pour :
- ○soit, adresser à l’employeur une demande de prolongation du congé ou de la période de travail à temps partiel ;
- ○soit, informer l’employeur, par tout moyen conférant date certaine, de son intention de poursuivre ou de rompre son contrat de travail à l'issue de son congé ou de sa période de travail à temps partiel.
Un report possible dans les entreprises de moins de 300 salariés. Dans les entreprises de 300 salariés et plus, l'employeur peut différer le départ en congé ou le début de la période de travail à temps partiel du salarié lorsque l'exercice de ce droit à congé aurait pour effet de porter le pourcentage de salariés simultanément absents à ce titre à un niveau excessif au regard de l'effectif total de l'entreprise. En l’absence d’accord collectif, notez que ce niveau est jugé excessif lorsqu’il atteint 2 % de l'effectif total de l'entreprise.
Le saviez-vous ?
Dans une entreprise de moins de 300 salariés, le nombre d'heures de congé auquel un salarié a droit peut être, à sa demande, reporté d'une année sur l'autre. Toutefois, le cumul des reports ne pourra pas dépasser 4 ans.
Un report possible dans les entreprises d’au moins 300 salariés. Dans les entreprises de 300 salariés et plus, l'employeur peut différer le départ en congé ou le début de la période de travail à temps partiel du salarié lorsque l'exercice de ce droit à congé aurait pour effet de porter le pourcentage de salariés simultanément absents à ce titre à un niveau excessif au regard de l'effectif total de l'entreprise. Reste à définir le caractère « excessif »…
A retenir
Le congé d’enseignement ou de recherche est une autorisation d’absence accordée à un salarié, sous condition d’ancienneté, qui souhaite dispenser un enseignement technologique, professionnel ou supérieur ou se livrer à une activité de recherche et d'innovation dans un établissement public de recherche, une collectivité territoriale, une entreprise publique ou privée.
L’employeur ne peut pas le refuser, dès lors que le salarié remplit les conditions requises, mais il peut le reporter (sous conditions).
- Loi n° 2020-1674 du 24 décembre 2020 de programmation de la recherche pour les années 2021 à 2030 et portant diverses dispositions relatives à la recherche et à l'enseignement supérieur, article 26
- Décret n° 2021-1332 du 12 octobre 2021 relatif au congé d'enseignement ou de recherche
- Articles L3142-125 à L3142-130 du Code du Travail
- Articles D3142-77 à D3142-81 du Code du Travail
Caisse de congés payés du bâtiment : ce qu’il faut savoir
Une caisse de congés : pourquoi et pour qui ?
Pourquoi une caisse de congés dans le bâtiment ? Dans le BTP, les salariés sont amenés à changer régulièrement d’entreprise au risque de perdre leur droit à congés payés. C’est pourquoi, à la demande de la profession, le gouvernement décide de créer, en 1936, cette caisse destinée à « assurer la gestion et le paiement des congés payés des salariés du BTP ». Cette caisse permet alors de mutualiser les droits acquis par les salariés auprès de leurs différents employeurs du BTP. En 1947, c’est un régime d’indemnisation du chômage intempéries qui voit le jour afin de faire face aux difficultés spécifiques rencontrées par les entreprises du secteur.
« Une » caisse ou « des » caisses de congés ? Au préalable, rappelons qu’il n’existe pas « une caisse de congés » unique mais effectivement « des caisses de congés ». Le réseau actuel comporte 13 caisses réparties sur l’ensemble du territoire par grandes régions. Parmi elles, 2 caisses restent nationales : la caisse nationale des entreprises de travaux publics (CNETP) et la caisse nationale des sociétés coopératives.
Fonctionnement de la caisse des congés payés. Constituées sous la forme associative, elles perçoivent des cotisations de leurs adhérents. Elles sont dotées d’un règlement intérieur propre et d’une charte relative aux droits et devoirs de l’entreprise en cas de contrôle.
Pouvoir de contrôle. Le fonctionnement des caisses étant basé sur un système déclaratif, la caisse détient également un pouvoir de contrôle de ses adhérents (contrôle des rémunérations déclarées, des congés payés déclarés, du chômage intempéries…).
Obligation d’adhérer à une caisse de congés. Dès lors que l’entreprise relève d’une ou plusieurs activités entrant dans le champ d'application des conventions collectives nationales étendues du bâtiment et des travaux publics, elle a l’obligation d’adhérer à une caisse de congés intempéries. Cela signifie donc que les entreprises qui appliquent une convention collective du bâtiment ou des travaux publics devront obligatoirement adhérer à une caisse de congés payés.
Un cas spécifique. La situation est plus complexe lorsqu’une entreprise exerce à titre secondaire ou accessoire une activité bâtiment. C’est l’hypothèse où une entreprise poursuit, à titre principal, une activité qui ne relève pas du secteur du bâtiment et qui applique donc une convention collective nationale non BTP. L’adhésion pourra alors être facultative, sous réserve d’un accord conclu avec la caisse des congés.
Concrètement. Si l’entreprise ne relève pas d’un secteur ayant conclu un tel accord (et n’est pas adhérente d’une organisation patronale signataire dans certains cas), elle devra adhérer à une caisse de congés.
Secteurs relevant des caisses de congés intempéries. L’Union des caisses de France a signé des accords avec 8 organisations professionnelles visant les secteurs suivants :
- métallurgie (accord avec l’UIMM) ;
- miroiterie (accord avec la Fédération française des professionnels du verre) ;
- plasturgie (accord avec la Fédération de la plasturgie) ;
- paysagistes (accord signé avec l’Union nationale des entreprises du paysage) ;
- bois (accord signé avec la Fédération de l’industrie bois construction, FIBC, valant pour les entreprises membres de cette fédération ou d’un syndicat membre de celle-ci, en particulier le Syndicat national des applicateurs de la préservation des bois, SNAPB) ;
- froid (accord avec le syndicat national des entreprises du froid, d’équipements de cuisines professionnelles et du conditionnement de l’air, SNEFCCA) ;
- communication d’entreprises (accord signé avec la Fédération interprofessionnelle de la communication d’entreprise, FICOME),
- sécurité électronique (accord signé avec le Groupement des métiers de la sécurité électronique, GPMSE).
Le saviez-vous ?
Beaucoup d’entreprises veulent échapper à l’affiliation à la caisse des congés payés car elles pensent que cela est beaucoup plus coûteux. Pourtant, l’Union des caisses de France affirme que le coût est comparable à celui du régime général.
Il faut rappeler qu’en présence d’une caisse de congés, l’entreprise ne verse aucun salaire aux salariés en congés payés.
Organisation et missions de la caisse des congés
Plusieurs missions, plusieurs cotisations. Parce que la caisse ne gère pas seulement les congés payés, les cotisations qu’elle reçoit, leur taux et leur assiette répondent à des règles particulières.
Une cotisation de congés payés. La 1ère mission de la caisse est de garantir aux salariés travaillant dans les entreprises du secteur BTP de percevoir des indemnités de congés payés. Les entreprises adhérentes paient donc une cotisation assise sur les rémunérations des salariés qui peut intégrer, si le règlement intérieur de la caisse le prévoit, les salaires que les salariés auraient normalement perçus s'ils avaient travaillé pendant les périodes d'absence pour maladie..
Les conséquences pour les salariés. En contrepartie, la caisse versera aux salariés les indemnités correspondantes. Le salarié percevra également une prime de vacances égale à 30 % de l’indemnité de 24 jours (congé principal calculé à raison de 2 jours par mois). En pratique, les salariés du BTP acquièrent 2.5 jours ouvrables de congés par mois à concurrence de 30 jours sur une période complète d’acquisition. Cette période diffère du régime général puisqu’elle commence le 1er avril et se termine le 31 mars de l’année suivante (dans le droit commun, la période d’acquisition se situe entre le 1er juin et le 31 mai de l’année suivante).
Le saviez-vous ?
Dans le cadre du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, la question s’est posée de savoir qui, de l’employeur ou de la caisse de congés payés, devait collecter et reverser la retenue à la source. Et, pour l’administration, ce sont les caisses de congés payés elles-mêmes qui se chargeront de la collecte et du versement de la retenue à la source et ce, même en cas de congés payés « procurés ». En conséquence, l’employeur n’aura pas à prélever la retenue à la source sur les indemnités de congés payés.
Pour mémoire, le système de congés payés « procurés » consiste, pour la caisse de congés payés, à verser les indemnités dues au salarié directement à l’employeur. C’est ensuite à l’employeur de reverser ces sommes au salarié.
Des déclarations patronales mensuelles ou trimestrielles... Chaque mois ou chaque trimestre (en fonction de la périodicité de paiement de la cotisation), l’entreprise procède à une déclaration auprès de la caisse dont elle dépend et indique les rémunérations brutes perçues par ses salariés.
... et annuelles. L'entreprise effectue également une déclaration annuelle « déclaration nominative annuelle – DNA » via laquelle elle indique pour chacun des salariés, le nombre d’heures de travail effectuées, les absences éventuelles et leur nature (maladie, accident du travail, maladie professionnelle, absences injustifiées, congé maternité/paternité…), le taux horaire du salarié, la durée du travail appliquée, etc. Cette déclaration permet à la caisse de procéder à l’évaluation de l’indemnité de congés payés de manière individualisée.
Passage en DSN ? Les déclarations mensuelles ou trimestrielles (DUCS CIBTP) devront passer par le dispositif de la déclaration sociale nominative (DSN) dès janvier 2022. Les déclarations annuelles (ou DADSU CIBTP), quant à elles, passeront en DSN en 2023. Toutefois, les demandes de congés et les déclarations d’arrêts intempéries, notamment, ne seront pas concernées par ce passage en DSN.
En pratique. L'employeur remettra au salarié, avant son départ en congés ou à la date de rupture de son contrat, un certificat en double exemplaire qui permet à ce dernier de justifier de ses droits à congés envers la caisse d'affiliation du dernier employeur. Ce certificat mentionne le nombre d'heures de travail effectuées par le salarié dans l'entreprise pendant l'année de référence, le montant du dernier salaire horaire calculé ainsi que la raison sociale et l'adresse de la caisse d'affiliation.
Une indemnité compensatrice de congés payés en fin de contrat ? Lorsque le salarié quitte l’entreprise, il ne perçoit pas nécessairement une indemnité compensatrice de congés payés. Il pourra conserver ses certificats et conserver son droit à congés lorsqu’il intègrera une nouvelle entreprise du BTP. Cela étant, il peut également choisir de bénéficier de l’indemnité compensatrice en retournant le certificat à la caisse.
Précisions. La caisse des congés payés verse les indemnités de congés avant la prise des congés et directement au salarié. Elle se charge par ailleurs de régler le montant des cotisations retraite et prévoyance calculées sur les indemnités de congés.
Le saviez-vous ?
La caisse de congés payés peut être substituée à l’employeur uniquement dans la situation où il est établi que ce dernier a effectivement effectué le nécessaire afin de permettre au salarié de bénéficier de son droit à congés payés.
Le chômage intempéries. La 2nde mission de la caisse est d’assurer un régime de chômage en cas d’intempéries. Ce dispositif permet de pallier aux risques encourus par les salariés du BTP dans l’exercice de leur activité du fait des conditions atmosphériques.
Qu’est-ce que des intempéries ? La Loi définit les intempéries comme « les conditions atmosphériques et les inondations lorsqu'elles rendent dangereux ou impossible l'accomplissement du travail eu égard soit à la santé ou à la sécurité des salariés, soit à la nature ou à la technique du travail à accomplir ». Cela implique donc des conditions atmosphériques dangereuses conduisant à l’arrêt du travail, de manière imprévisible et irrésistible.
Une déclaration intempéries. L’employeur doit alors procéder à une déclaration auprès de la caisse des congés payés dans les 30 jours qui suivent l’événement.
Une indemnisation sous conditions.Les salariés placés en intempéries seront indemnisés par l’employeur sous réserve de remplir cumulativement les conditions suivantes :
- ils ont travaillé au moins 200 heures au cours des 2 derniers mois ;
- ils n’ont pas été indemnisés plus de 55 jours au titre de l’intempérie depuis le 1er janvier de l’année en cours ;
- ils restent à la disposition de l’employeur pendant la période d’interruption du travail ;
- ils n’exercent pas d’autres activités salariées pendant l’indemnisation ;
- ils ne cumulent pas l’indemnisation intempérie avec d’autres systèmes d’indemnisation (tels que la maladie, par exemple).
Conditions de l’indemnisation. L’indemnisation du salarié commence après un délai de carence d’une heure. Il lui sera versé une indemnité égale aux ¾ de son salaire horaire de référence, dans la limite de 90 % du plafond horaire de la sécurité sociale (soit 26.1 € pour l’année 2024). Le nombre d’heures pouvant être indemnisées à ce titre est plafonné à 9 heures par jour, à 45 heures par semaine et 55 jours sur l’année civile.
Un revenu exonéré de cotisations sociales ? Lorsqu’il s’agit effectivement d’une situation d’intempérie, l’indemnité versée aux salariés sera exonérée de cotisations sociales mais restera assujettie à la CSG et à la CRDS au taux réduit de 6,20 % pour les revenus de remplacement.
Un remboursement possible. Vous pourrez demander à votre caisse de congés payés un remboursement de ces indemnités si votre entreprise est assujettie à la cotisation chômage-intempéries. Cela concerne donc les entreprises dont l’ensemble des salaires soumis à cotisations sociales dépassent un seuil fixé à 82 008 euros pour la campagne 2021-2022 (c’est-à-dire pour les salaires arrêtés au 31 mars 2022). Toutefois, ce remboursement ne correspondra pas à 100 % des indemnités versées mais sera fonction de la masse salariale de votre entreprise.
Le saviez-vous ?
Les conditions atmosphériques empêchant l’accès au lieu de travail ne relèvent pas du chômage intempéries. L’employeur devra pouvoir prouver que l’activité elle-même est impossible du fait des conditions météo. Il devra tenter d’affecter ses salariés à d’autres tâches (en atelier par exemple) ou de convenir avec eux de la prise de congés.
La caisse, organisme collecteur de cotisations sociales. Certaines cotisations obligatoires ou facultatives vont être collectées par la caisse des congés et reversées aux organismes tiers. C’est notamment le cas :
- de la cotisation obligatoire des entreprises du BTP à l’Organisme Professionnel de Prévention du Bâtiment et des Travaux Publics (OPPBTP) dont la mission est de préserver la sécurité et l’hygiène, d’assurer la prévention des risques professionnels dans le secteur (cette cotisation correspond à un pourcentage appliqué à l’assiette des rémunérations brutes majorées de 1,1314) ;
- de la contribution au titre de l’emploi du personnel intérimaire, due par l’entreprise qui recourt à l’intérim ; la contribution est calculée sur la base du nombre d’heures de travail payées au personnel intérimaire, multiplié par un montant forfaire fixé annuellement ;
- de la cotisation destinée à l’Association Paritaire d’Action Sociale du Bâtiment et des travaux Publics (APAS-BTP), qui gère notamment les œuvres sociales des salariés de la profession ; sa cotisation obligatoire est calculée sur les rémunérations brutes perçues par les salariés ;
- des cotisations facultatives que les employeurs choisissent de verser aux organisations professionnelles représentatives auxquelles ils adhèrent (CAPEB, Fédération Française du Bâtiment, Fédération Nationale des Travaux Publics…) : une cotisation spécifique est alors appelée à paiement lors des déclarations mensuelles ou trimestrielles ; son pourcentage varie d’une organisation à l’autre et est généralement assis sur la masse salariale brute déclarée.
La caisse, engagée dans la lutte contre le travail illégal. Depuis 2017, c’est également l’union des caisses de France qui gère le portail dédié à la carte d’identification professionnelle du BTP, visant ainsi à lutter contre le travail illégal.
A retenir
La caisse des congés ne se borne pas à indemniser les congés payés des salariés de la branche. Elle est une institution centrale et indispensable au fonctionnement du secteur.
J'ai entendu dire
Les salariés du bâtiment ont-ils droit aux congés de fractionnement ?Oui. Tout comme dans le régime dit « de droit commun », les salariés du BTP peuvent bénéficier de 2 jours supplémentaires de fractionnement.
Oui. Ces congés supplémentaires seront fonction de la catégorie des salariés (Ouvriers, ETAM) et de l’ancienneté acquise.
- Code du travail : Article L. 3141-32 (texte fondateur)
- Code du travail : Articles D. 3141-12 et suivants (affiliation, dérogation)
- Code du travail : Articles D. 3141-29 et suivants (indemnités, certificats)
- Code du travail : Articles L. 5424-6 et suivants (chômage intempéries)
- Code du travail : Articles D. 5424-7 et suivants (chômage intempéries)
- Convention collective nationale des Ouvriers du Bâtiment (jusqu’à 10 salariés)
- Convention collective nationale des Ouvriers du Bâtiment (plus de 10 salariés)
- Convention collective nationale des ETAM du Bâtiment
- Convention collective nationale des Ouvriers des Travaux Publics
- Convention collective nationale des ETAM des Travaux Publics
- Site internet de l’Union des Caisses de France : www.cibtp.fr
- Fiche DSN-Info du 15 octobre 2018, n°1987 (Prélèvement à la source)
- Cibtp.fr, Actualité du 14 avril 2021 : Baisse des taux de cotisation au régime de chômage intempéries
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre sociale, du 22 septembre 2021, n° 19-17046 (indemnité de congés payés et caisse de congés payés)
- Décret n° 2024-629 du 28 juin 2024 relatif à la détermination du montant des cotisations versées par les employeurs affiliés à des caisses de congés et destinées à financer les indemnités de congés payées
Organiser un retour de congé maternité : quelques obligations à connaître…
Organiser le retour d’une salariée après un congé maternité
D’abord, la réintégration de la salariée. A l’issue de son congé maternité, vous devez réintégrer la salariée dans son poste initial, ou dans un emploi similaire (c’est-à-dire n’entraînant pas de modification de son contrat de travail) lui conférant une rémunération au moins équivalente.
Puis, une visite médicale. Vous devez impérativement organiser une visite médicale de reprise avec la médecine du travail, au plus tard dans les 8 jours de la reprise.
Et un entretien professionnel. Vous devez proposer à la salariée un entretien professionnel, dans les meilleurs délais, qui sera consacré à ses perspectives d’évolution professionnelle, notamment en termes de qualification et d’emploi. Faites cette proposition par écrit, afin de vous procurer des éléments de preuve attestant que vous avez rempli cette obligation.
Le saviez-vous ?
Le non-respect par l’employeur de son obligation d’organiser un entretien professionnel au retour du congé maternité de la salariée n’est pas susceptible d’entraîner, à lui seul, la nullité d’un licenciement prononcé ultérieurement.
Un rattrapage salarial ? Par principe, la rémunération d’une salariée qui revient de congé maternité doit être majorée des augmentations générales ainsi que de la moyenne des augmentations individuelles perçues pendant la durée de ce congé par les salariés relevant de la même catégorie professionnelle ou, à défaut, de la moyenne des augmentations individuelles dans l'entreprise. Il n’est pas possible de déroger à ce principe par le simple versement d’une prime exceptionnelle par exemple.
Une protection complémentaire. Sachez qu’il n’est pas possible de procéder au licenciement d’une salariée à son retour de congé maternité, et ce, pendant les 10 semaines qui suivent l’expiration de ce congé, sauf si vous justifiez d’une faute grave ou d’une impossibilité de poursuivre l’exécution du contrat pour un motif étranger à la maternité.L’inaptitude ne suffit pas à elle seule à caractériser l’empêchement de maintenir le contrat de travail, ni même l’existence de difficultés économiques.
Le saviez-vous ?
Pour la Justice européenne, la rupture du contrat d’une salariée enceinte inscrit dans un licenciement collectif pour motif économique pourrait valablement être autorisée par la loi. Ce qui n’est pas, du moins à ce jour, le cas en France.
Un report de la période de protection. Notez que si la salariée accole ses congés payés à son congé maternité, le point de départ de cette période de 10 semaines est reporté à la date de la reprise du travail par la salariée.
Le saviez-vous ?
Ce qui est vrai pour les congés payés ne l’est pas pour un arrêt maladie : un simple arrêt maladie accolé au congé maternité n’a pas pour effet de reporter le point de départ du délai de protection de 10 semaines.
Par ailleurs, l’absence de visite médicale ne reporte pas non plus le point de départ du délai de protection.
A noter. La visite médicale de reprise après un congé de maternité doit permettre d’apprécier l’aptitude de la salariée à reprendre son ancien emploi, de préconiser le cas échéant un aménagement, une adaptation de son poste, ou un reclassement. Mais l’absence de visite médicale n'a pas pour effet de différer jusqu'à la date de réalisation de cette visite la période de protection.
Pour les travailleuses de nuit. A son retour de congé de maternité, la salariée qui travaille de nuit est affectée, pour une durée d’un mois maximum, à un poste de jour si le médecin du travail constate (par écrit) que le poste de nuit est incompatible avec son état. Dès lors que la salariée enceinte, accouchée ou allaitante accomplit une partie de ses fonctions en horaire de nuit, elle doit être qualifiée de travailleur de nuit et, par conséquent, bénéficier des règles protectrices applicables aux salariés enceintes, accouchées ou allaitantes travaillant de nuit.
Et pour le jeune père de famille ? La protection vaut aussi pour un salarié, nouvellement père, pendant les 10 semaines suivant la naissance de son enfant (le licenciement reste possible si vous justifiez d'une faute grave du salarié ou de son impossibilité de maintenir ce contrat pour un motif étranger à l'arrivée de l'enfant).
Attention. Si un licenciement est prononcé en méconnaissance de ces règles protectrices (pour la mère et pour le père), vous vous exposez, en plus de l’indemnité de licenciement, à une sanction pécuniaire égale à au moins 6 mois de salaire, quel que soit l’effectif de l’entreprise ou l’ancienneté du salarié (si ce dernier ne réclame pas la poursuite de son contrat de travail ou si sa réintégration dans l’entreprise est impossible).
Organiser le retour d’une salariée qui allaite son enfant
Des obligations spécifiques. Saviez-vous qu’au cours de la Première Guerre Mondiale, pour pallier l’absence des hommes partis au front, les entreprises ont dû mobiliser les femmes et composer avec leurs charges de famille ? La loi a ainsi consacré l’obligation pour les entreprises industrielles et commerciales d’accorder du temps à leurs salariées pour leur permettre d’allaiter leur enfant, voire de leur installer des chambres d’allaitement. Obligation encore d’actualité et généralisée sous peine de sanctions…
Du temps pour la salariée allaitante. Pendant la première année de son enfant, la salariée qui allaite son enfant dispose d’une heure par jour, sur son temps de travail, pour allaiter son enfant. Cette heure se divise en 2 périodes de 30 minutes (ou de 20 minutes si vous installez un local d’allaitement dans l’établissement ou à proximité) : l’une le matin, l’autre l’après-midi. Vous pouvez tout à fait convenir, avec la salariée, de l’horaire où elle interrompra son travail. A défaut d’accord, cette période est placée au milieu de chaque demi-journée.
Où ? La loi accorde à la salariée la possibilité d’allaiter (directement) son enfant dans l’établissement. Bien sûr, en pratique, cette situation sera rarement vécue ! Quelle que soit l’entreprise, la femme allaitante, au même titre que la femme enceinte, doit pouvoir se reposer en position allongée dans des conditions appropriées… Ce qui exclut, évidemment, un allaitement dans les toilettes de l’entreprise !
Le saviez-vous ?
La loi n’impose pas la rémunération de cette heure d’allaitement. Consultez votre convention collective pour vérifier si elle prévoit des dispositions spécifiques à ce sujet. Dans le silence des textes (Loi et conventions ou accords collectifs), vous êtes libre de rémunérer ou non cette heure.
Attention aux sanctions ! Le non-respect de ces obligations peut être sanctionné par une amende de 1 500 € au plus, multipliée autant de fois qu’il y a de femmes concernées.
Règles spécifiques aux entreprises qui emploient plus de 100 salariées
Mettre en place un local d’allaitement : une obligation ? Les entreprises qui emploient plus de 100 femmes peuvent être mises en demeure, par l’inspecteur du travail, d’installer sous 1 mois un local d’allaitement dans leur établissement ou à proximité.
Le saviez-vous ?
La mise en demeure préalable à l’installation d’un local d’allaitement ne peut émaner que de l’inspecteur du travail, et non d’un syndicat (celle-ci pouvant, dans cette hypothèse, rester sans effet).
Les caractéristiques du local. Le local dédié à l’allaitement doit :
- être :
- ○ séparé de tout local de travail,
- ○ aéré et muni de fenêtres ouvrant sur l’extérieur,
- ○ pourvu d'un mode de renouvellement d'air continu,
- ○ convenablement éclairé,
- ○ pourvu d'eau en quantité suffisante ou à proximité d'un lavabo, l’eau devant être à température réglable,
- ○ pourvu de sièges convenables pour l'allaitement,
- ○ tenu en état constant de propreté, le nettoyage quotidien devant être réalisé hors de la présence des enfants ; les revêtements des sols et des murs doivent permettre un entretien efficace ;
- ○ maintenu à une température convenable dans les conditions hygiéniques ;
- avoir une superficie d’au moins 3 mètres carrés par enfant et avoir une surface assez grande pour accueillir un nombre d'enfants de moins d'un an, correspondant au nombre de femmes employées dans l'établissement ;
- avoir une hauteur sous plafond minimale de 3 mètres ;
- ne pas avoir de communication directe avec des toilettes, égouts, puisards.
Le matériel à disposition des salariées. L'employeur doit fournir (à ses frais) :
- de la literie : un berceau pour chaque enfant et le matériel de literie, qui devra être aéré la nuit et maintenu en bon état d’entretien et de propreté ;
- du linge en quantité suffisante pour que les enfants puissent être changés aussi souvent que nécessaire ;
- du matériel permettant de réchauffer les aliments ;
- des moyens de nettoyage et de séchage (éponges en parfait état, torchons propres, savon, etc.).
Le saviez-vous ?
Bien que la loi ne le prévoit pas, il peut être utile de prévoir un réfrigérateur pour permettre aux mères de conserver leur lait.
Une limite. Un local dédié à l’allaitement ne peut pas contenir plus de 12 berceaux, sauf à obtenir une autorisation temporaire du Direccte. S’il y a plusieurs salles, elles doivent être desservies par un vestibule.
Règles d’hygiène et de propreté. Qu’il s’agisse du local ou des équipements qui le composent, tout doit être dans un état d’entretien et de propreté irréprochable. Le local doit être, par ailleurs, tenu par du personnel qualifié, qui se tient lui-même dans un état de propreté rigoureuse.
Règles sanitaires. Aucune personne, ni adulte, ni enfant, présentant un risque de contamination ne doit être admise dans le local d’allaitement. Notez que le local est surveillé par un médecin désigné par l’employeur, qui doit le visiter au moins une fois par semaine et qui valide le règlement intérieur qui doit être affiché à l’entrée du local.
Règles d’utilisation du local. Il est interdit de demander une contribution financière aux utilisatrices du local. Un registre recense le nom des enfants présents chaque jour et contient les observations du médecin chargé de la surveillance du local. Un autre recense :
- les nom, prénoms, date de naissance de chaque enfant ;
- les nom, adresse et profession de la mère ;
- la date de l’admission, la constatation des vaccinations, l’état de l’enfant au moment de l’admission et, le cas échéant, des réadmissions.
D’accord, mais en pratique ? Si vous devez mettre en place un local dédié à l’allaitement, ou si vous le souhaitez, sachez vous entourer : n’hésitez pas à vous rapprocher de votre service de santé au travail et/ou de prestataires spécialistes de l’allaitement (certains conseillers-ères en lactation fournissent des prestations aux entreprises, par exemple, des associations peuvent aussi vous apporter un soutien dans ce projet).
Attention aux sanctions ! Le non-respect de ces obligations peut être sanctionné par une amende de 1 500 € au plus, multipliée autant de fois qu’il y a de femmes concernées.
A retenir
Après une longue absence, le retour de tout salarié s’anticipe et s’organise. C’est d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit d’organiser le retour d’un congé maternité puisqu’il nécessite que vous gériez un calendrier précis : organiser la visite médicale de la salariée et son entretien professionnel. Mais d’autres obligations s’imposent à vous, si la mère allaite son enfant.
- Articles L1225-25 et L1225-27 du Code du travail (réintégration et entretien professionnel)
- Article L1225-17 du Code du travail (protection contre le licenciement)
- Article L1225-71 du Code du travail (licenciement nul)
- Articles R4152-13 à R4152-28 du Code du travail (local d’allaitement)
- Article R4721-5 du Code du travail (mise en demeure de l’inspecteur du travail)
- Article R4743-2 du Code du travail (sanctions pénales)
- Loi du 5 août 1917 concernant l’allaitement maternel dans les établissements industriels et commerciaux
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre sociale, du 7 décembre 2017, n° 16-23190 (motivation du licenciement pour inaptitude au retour du congé maternité)
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre sociale, du 14 février 2018, n° 16-25323 (rattrapage salarial à l’issue du congé maternité)
- Arrêt de la Cour de Justice de l’Union Européenne, du 22 février 2018, n° C‑103/16 (licenciement collectif comprenant une salariée enceinte)
- Arrêt de la Cour de Justice de l’Union Européenne, du 19 septembre 2018, n° C 41/17 (protection des salariées travaillant partiellement ou exclusivement de nuit)
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre sociale, du 21 octobre 2020, n° 19-20570 (point de départ de la protection de 10 semaines et absence de visite médicale de reprise)
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre sociale, du 25 novembre 2020, n° 19-19996 (mise en demeure d’installer un local d’allaitement)
- Avis de la Cour de cassation, chambre sociale, du 07 juillet 2021, n° 21-70011 (nullité du licenciement et respect de l’obligation d’organiser un entretien professionnel au retour du congé)
Congé pour création ou reprise d’entreprise : pour qui ? Pour quoi ? Comment ?
Le congé pour création d’entreprise : définition et conditions
Qu’est-ce que c’est ? Le congé pour création d’entreprise est un congé spécifique qui suspend le contrat de travail. Il s’agit alors d’une absence autorisée non rémunérée, permettant au salarié qui le sollicite de se dégager du temps pour mener à bien son projet.
Situations éligibles au congé pour création d’entreprise. Le salarié bénéficie d’un droit au congé pour créer ou reprendre une entreprise mais également pour exercer des responsabilités de direction au sein d’une jeune entreprise innovante (JEI).
Critères et conditions à remplir. Les conditions pour bénéficier de ce congé sont, en principe, prévues par une convention ou accord collectif d’entreprise. A défaut d’accord, le salarié doit avoir une ancienneté minimale de 24 mois dans l’entreprise, consécutifs ou non.
Durée du congé. La durée du congé doit également être prévue par une convention ou un accord d’entreprise. A défaut, la durée maximale du congé initial est d’un an. La durée du congé pourra donc, dans cette limite, être déterminée par le salarié en fonction de ses besoins et être d’une durée inférieure. Il faudra dans tous les cas s’en remettre aux dispositions de la convention collective ou de l’accord collectif d’entreprise, le cas échéant.
Le saviez-vous ?
Le salarié qui a déjà bénéficié d’un tel congé pourra à nouveau en faire la demande. Il devra toutefois respecter un délai de carence de 3 ans après la fin du premier congé.
Un renouvellement possible. Le congé pourra également être renouvelé. Les conditions de ce renouvellement pourront être prévues par les dispositions conventionnelles ou l’accord collectif d’entreprise. A défaut, un renouvellement d’un an maximum est possible mais le salarié doit en formuler la demande au moins 2 mois avant l’expiration de la durée initiale du congé.
Le saviez-vous ?
Le congé pour création ou reprise d’entreprise peut être demandé à temps complet mais le salarié peut également demander à bénéficier d’un congé à temps partiel. Cela peut être une bonne alternative pour le salarié qui continuera de percevoir une partie de son salaire et à l’employeur qui disposera toujours de son collaborateur pour partie de son temps de travail et qui pourra alors peut-être plus facilement gérer l’organisation interne de l’entreprise.
Des formalités pour le salarié. La procédure à suivre pourra être prévue par la convention collective ou un accord collectif. A défaut d’un tel accord, le salarié doit informer son employeur au minimum 2 mois avant la prise du congé. Il doit alors préciser dans sa demande le cas de recours du congé (création, reprise, JEI) et l’activité de l’entreprise.
Un formalisme ? Aucun formalisme spécifique n’est prévu par la loi. Le salarié devra donc informer l’employeur par tout moyen : courrier simple ou recommandé, courrier électronique, voire oralement… Il lui est toutefois fortement conseillé d’en faire la demande par écrit et si possible, par un moyen traçant la date d’envoi et de réception de la demande afin de sécuriser la relation et de garantir une bonne application des délais impartis.
Des formalités pour l’employeur. L’employeur devra alors formuler sa réponse : il pourra accepter le congé, le refuser ou en demander le report. Il dispose de 30 jours pour donner sa réponse, par tout moyen, à compter de la réception de la demande du salarié. A défaut de réponse, l’employeur est réputé accepter la demande de congé. Il sera donc important de formaliser la réponse par un moyen dont la remise et la réception sera matériellement vérifiable (évitez le courrier simple qui peut ne pas arriver à destination ou se perdre).
Le saviez-vous ?
Lorsque l’employeur accepte un congé pour création ou reprise d’entreprise à temps complet alors même que le salarié avait demandé un tel congé à temps partiel, sa réponse vaut refus si elle est expressément motivée. A défaut de motivation de l’employeur, la demande du salarié dans ce contexte est réputée acceptée. Il faudra donc être vigilant lorsque vous formulerez votre réponse.
Refuser le congé : une possibilité pour certains employeurs ? Dans les entreprises de moins de 300 salariés, il est possible de refuser ce congé, s’il estime, après avis du CSE, que le congé risquerait de désorganiser l’entreprise. Il sera alors important de pouvoir justifier un tel refus : si le poste occupé par le salarié est facilement remplaçable, cela sera certainement plus compliqué d’opposer un refus. En revanche, si le salarié possède des compétences spécifiques, un niveau de formation élevé ou un savoir-faire rare, la démarche de refus sera plus aisée.
Refuser le congé : une possibilité pour tous ? Dans tous les cas et quel que soit l’effectif de l’entreprise, il sera possible pour l’employeur de refuser le congé si le salarié ne satisfait pas aux critères d’éligibilité (ancienneté notamment), ou s’il n’a pas respecté la procédure requise ou encore si l’activité poursuivie par le salarié pendant le congé concurrence directement celle de son employeur.
Le saviez-vous ?
Le salarié peut saisir le Conseil de Prud’hommes en procédure accélérée au fond pour contester la décision de son employeur, dans les 15 jours suivant la notification du refus.
Reporter le congé : une possibilité ? Dans tous les cas, l’employeur pourra demander que le congé soit reporté de 6 mois au plus et ce, sans justification particulière.
Gérer les absences simultanées. De même, lorsque le départ en congé du salarié a pour effet de porter l’effectif des salariés absents, ou le nombre de jours d’absence au titre de ce congé et au titre du congé sabbatique, à un niveau trop important au regard de l’effectif total de l’entreprise, il pourra en demander le report.
Concrètement ? C’est la convention collective ou l’accord d’entreprise qui fixera les seuils déterminant ce niveau important. A défaut, la loi indique que les salariés simultanément absents pour congé de création d’entreprise et congé sabbatique ne doivent pas dépasser 2 % de l’effectif total. Lorsqu’ils représentent plus de 2 %, l’employeur pourra alors demander le report du congé, jusqu’à ce que ce seuil ne soit plus atteint.
Ou… L’employeur pourra comparer en nombre de jours d’absence : le nombre de jours d’absence au titre de ces deux congés simultanés ne devra pas dépasser 2 % du nombre total de jours de travail effectués au cours des 12 mois précédant le congé. Si cela est le cas, l’employeur pourra alors demander le report.
Le congé pour création d’entreprise : le fonctionnement
C’est un congé… Le congé pour création ou reprise d’entreprise est un cas de suspension du contrat. Hormis le cas du temps partiel ou si des dispositions conventionnelles le prévoient, le salarié ne percevra aucune rémunération pendant ce congé, chacune des parties étant libérées de leurs obligations principales. Cependant, l’intérêt d’un tel congé repose sur le fait que le contrat n’est pas pour autant rompu.
Le contrat n’est pas rompu ! Le salarié reste soumis aux obligations de loyauté et de bonne foi à l’égard de son employeur.
Financer le congé par capitalisation des congés payés, c’est possible ! Le salarié demandeur d’un tel congé pourra demander le report de ses congés payés annuels en vue de financer cette période. Ces règles devront en principe être prévues par la convention ou l’accord collectif. A défaut de dispositions en la matière, la loi prévoit que le salarié pourra demander le report de la 5ème semaine de congés payés en vue de ce congé et cumuler ainsi ces jours dans la limite de 6 années.
Le saviez-vous ?
Si le salarié renonce finalement à son congé pour création d’entreprise, les congés reportés et cumulés reviendront s’ajouter aux congés payés acquis, par fraction de 6 jours ouvrables par année après la renonciation, jusqu’à épuisement du nombre de jours cumulés.
En présence d’un compte épargne temps. Lorsqu’il existe un compte épargne temps dans l’entreprise et si l’accord le mettant en œuvre le prévoit, le salarié pourra demander à utiliser ses droits cumulés pour financer son congé pour création d’entreprise.
Déblocage anticipé du plan épargne entreprise. Dans le même sens, le salarié pourra demander le déblocage anticipé de ses droits acquis au titre de la participation ou ceux cumulés sur un plan épargne entreprise.
Le saviez-vous ?
L’idée est que le salarié puisse financer et indemniser ce congé au maximum, sans que cela n’affecte la situation économique de l’entreprise.
Le congé pour création d’entreprise : le terme
2 possibilités. Le congé pour création d’entreprise va en principe permettre au salarié de quitter ses fonctions de salarié et de poursuivre l’activité qu’il a entreprise pour son compte. Cependant, il arrive que le projet ne soit que temporaire ou qu’il n’ait pas été concluant.
Le salarié doit vous informer. Avant l’expiration de son congé, le salarié devra donc informer son employeur de son intention : soit d’être réintégré dans l’entreprise, soit de renouveler son congé, soit de rompre son contrat de travail. Les conditions sont en principe prévues par la convention ou l’accord collectif. A défaut d’un tel accord, le salarié informe son employeur au minimum 3 mois avant l’échéance de son congé initial et ce, par tout moyen.
Réintégration du salarié. Le salarié qui souhaite réintégrer l’entreprise devra donc reprendre son poste de travail initial ou équivalent, assorti d’une même rémunération. Il pourra parfois bénéficier d’une formation de réadaptation au poste si celui-ci a entre-temps subi des transformations ou évolutions techniques ou si les méthodes de travail ont évolué.
Le saviez-vous ?
L’employeur qui ne ferait pas le nécessaire pour réintégrer le salarié dans son poste ou un poste équivalent pourrait être condamné à réparer le préjudice subi par le salarié.
Qu’est-ce qu’un poste équivalent ? Il a déjà été jugé, dans le cadre d’une réintégration d’une employée d’hypermarché, que le poste de retoucheuse et le poste d'employé libre-service alimentaire et magasinier au rayon boucherie, ne sont pas des emplois similaires.
A retenir
Le congé pour création ou reprise d’entreprise est un dispositif peu connu et pourtant utile aux salariés souhaitant donner un nouvel élan à leur carrière professionnelle. Cependant, il sera essentiel de suivre la procédure et de veiller à respecter les règles d’ensemble. Une telle absence pourra être difficile à gérer pour une entreprise et il pourra être ambitieux et complexe de se lancer dans l’expérience de l’entrepreneuriat pour le salarié. Il sera donc utile d’envisager tous les scenarios possibles à l’issue d’un tel congé, qu’il s’agisse du départ définitif du salarié ou de son retour.
J'ai entendu dire
Le contrat de mon salarié contient une clause d’exclusivité. Puis-je refuser la demande de congé pour création d’entreprise à ce titre ?Non. Une telle clause est inopposable au salarié qui demande ce type de congé.
Oui. Le salarié qui souhaite rompre son contrat après son congé pour création d’entreprise doit démissionner. Il pourra toutefois bénéficier de l’indemnisation chômage, le Pôle Emploi assimilant cette démission à un cas de démission légitime éligible à l’assurance chômage.
- Articles L 3142-105 à L 3142-124 du Code du Travail
- Articles D 3142-65 à D 3142-76 du Code du Travail
- Loi n° 2016-1088 du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels
- Décret n° 2016-1555 du 18 novembre 2016 relatif aux congés autres que les congés payés
- Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 3 juillet 2019, n° 18-14949 (exemple d’une réintégration sur un autre poste)
