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Congé d'enseignement ou de recherche : ce qu’il faut savoir

Date de mise à jour : 21/10/2021 Date de vérification le : 21/10/2021 5 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Les salariés qui souhaitent dispenser un enseignement ou se livrer à une activité de recherche peuvent, sous conditions, bénéficier d’une autorisation d’absence : le congé d’enseignement ou de recherche. Voici les principales informations à en retenir…

Rédigé par l'équipe WebLex.
Congé d'enseignement ou de recherche : ce qu’il faut savoir


Un congé d'enseignement ou de recherche : pour qui ? Pour quoi ?

Qu’est-ce que c’est ? Le congé d’enseignement ou de recherche est une autorisation d’absence correspondant soit à un congé, soit à une période de travail à temps partiel.

A qui s’adresse-t-il ? Ce congé s’adresse au salarié, sous condition d’ancienneté, qui :

  • souhaite dispenser à temps plein ou à temps partiel un enseignement technologique, professionnel ou supérieur en formation initiale ou continue ;
  • souhaite se livrer à une activité de recherche et d'innovation dans un établissement public de recherche, une collectivité territoriale, une entreprise publique ou privée, sauf si son employeur établit que l'exercice de ce droit par le salarié compromet directement la politique de recherche, d'innovation et de développement technologique de l'entreprise.

Le saviez-vous ?

Les personnels bénéficiant d'un congé d'enseignement ou de recherche peuvent être recrutés dans les services de recherche des administrations, dans les établissements publics de recherche et dans les établissements d'enseignement supérieur.


Un congé d'enseignement ou de recherche : comment ?

Des modalités définies par accord collectif. Par principe, les modalités du congé d’enseignement ou de recherche sont définies par un accord collectif qui détermine :

  • la durée maximale du congé ou de la période de travail à temps partiel ;
  • le nombre de renouvellements possibles de ce congé ou de cette période ;
  • la condition d'ancienneté requise pour bénéficier de l’autorisation d’absence correspondante ;
  • les délais dans lesquels le salarié informe l'employeur :
  • ○ de la date de début de congé souhaité, ainsi que de sa durée envisagée,
  • ○ en cas de passage à temps partiel, de la date de début de la période de travail à temps partiel, de l'amplitude de la réduction de son temps de travail souhaitée, ainsi que de la durée envisagée de cette période ;
  • les conditions et délais de la demande de prolongation de ce congé ou de cette période de travail à temps partiel ;
  • les conditions dans lesquelles le salarié informe l'employeur de son intention de poursuivre ou de rompre son contrat de travail à l'issue de son congé ou de sa période de travail à temps partiel ;
  • le niveau de salariés absents au titre du congé dans l'entreprise et de jours d'absence prévus au titre de ce congé, pour lequel l'employeur peut différer le départ en congé ou le début de la période de travail à temps partiel ;
  • les conditions permettant le maintien d'un lien entre l'entreprise et le salarié pendant la durée du congé et, le cas échéant, les modalités d'accompagnement et de réadaptation professionnelle à son retour.

Ou, à défaut d’accord collectif… En l’absence d’accord collectif, les modalités suivantes s’appliquent :

  • la durée maximale du congé ou de la période de travail à temps partiel est d'un an. Une prolongation est possible par accord entre l'entreprise et l'organisme ou l'entreprise d'accueil, sur demande du salarié ;
  • l'ancienneté requise pour ouvrir droit au congé ou à la période de travail à temps partiel est d'un an si l’employeur est d'accord ou de 24 mois, consécutifs ou non, dans l'entreprise si l’employeur n’est pas d’accord ;
  • le salarié dispose d’un délai d’au moins 3 mois avant le début du congé ou de la période de travail à temps partiel pour informer l’employeur par tout moyen conférant date certaine, de sa volonté de bénéficier de ce congé ou d’une réduction de son temps de travail.
  • le salarié dispose d’un délai de 2 mois (lorsque la durée du congé ou de la période de travail à temps partiel est de moins de 6 mois) ou de 3 mois (lorsque cette durée est de 6 mois ou plus) avant le terme du congé ou de la période de travail à temps partiel pour :
  • ○soit, adresser à l’employeur une demande de prolongation du congé ou de la période de travail à temps partiel ;
  • ○soit, informer l’employeur, par tout moyen conférant date certaine, de son intention de poursuivre ou de rompre son contrat de travail à l'issue de son congé ou de sa période de travail à temps partiel.

Un report possible dans les entreprises de moins de 300 salariés. Dans les entreprises de 300 salariés et plus, l'employeur peut différer le départ en congé ou le début de la période de travail à temps partiel du salarié lorsque l'exercice de ce droit à congé aurait pour effet de porter le pourcentage de salariés simultanément absents à ce titre à un niveau excessif au regard de l'effectif total de l'entreprise. En l’absence d’accord collectif, notez que ce niveau est jugé excessif lorsqu’il atteint 2 % de l'effectif total de l'entreprise.

Le saviez-vous ?

Dans une entreprise de moins de 300 salariés, le nombre d'heures de congé auquel un salarié a droit peut être, à sa demande, reporté d'une année sur l'autre. Toutefois, le cumul des reports ne pourra pas dépasser 4 ans.

Un report possible dans les entreprises d’au moins 300 salariés. Dans les entreprises de 300 salariés et plus, l'employeur peut différer le départ en congé ou le début de la période de travail à temps partiel du salarié lorsque l'exercice de ce droit à congé aurait pour effet de porter le pourcentage de salariés simultanément absents à ce titre à un niveau excessif au regard de l'effectif total de l'entreprise. Reste à définir le caractère « excessif »…

A retenir

Le congé d’enseignement ou de recherche est une autorisation d’absence accordée à un salarié, sous condition d’ancienneté, qui souhaite dispenser un enseignement technologique, professionnel ou supérieur ou se livrer à une activité de recherche et d'innovation dans un établissement public de recherche, une collectivité territoriale, une entreprise publique ou privée.

L’employeur ne peut pas le refuser, dès lors que le salarié remplit les conditions requises, mais il peut le reporter (sous conditions).


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Caisse de congés payés du bâtiment : ce qu’il faut savoir

Date de mise à jour : 12/07/2024 Date de vérification le : 12/07/2024 21 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Les règles applicables au bâtiment sont particulières, notamment en ce que les congés payés des salariés de ce secteur sont rémunérés par une caisse extérieure. « Caisse de congés payés », « caisse de congés intempéries », voici les noms que l’on lui donne couramment. Mais qu’est-ce que c’est ? Comment fonctionne-t-elle ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Caisse de congés payés du bâtiment : ce qu’il faut savoir

Une caisse de congés : pourquoi et pour qui ?

Pourquoi une caisse de congés dans le bâtiment ? Dans le BTP, les salariés sont amenés à changer régulièrement d’entreprise au risque de perdre leur droit à congés payés. C’est pourquoi, à la demande de la profession, le gouvernement décide de créer, en 1936, cette caisse destinée à « assurer la gestion et le paiement des congés payés des salariés du BTP ». Cette caisse permet alors de mutualiser les droits acquis par les salariés auprès de leurs différents employeurs du BTP. En 1947, c’est un régime d’indemnisation du chômage intempéries qui voit le jour afin de faire face aux difficultés spécifiques rencontrées par les entreprises du secteur.

« Une » caisse ou « des » caisses de congés ? Au préalable, rappelons qu’il n’existe pas « une caisse de congés » unique mais effectivement « des caisses de congés ». Le réseau actuel comporte 13 caisses réparties sur l’ensemble du territoire par grandes régions. Parmi elles, 2 caisses restent nationales : la caisse nationale des entreprises de travaux publics (CNETP) et la caisse nationale des sociétés coopératives.

Fonctionnement de la caisse des congés payés. Constituées sous la forme associative, elles perçoivent des cotisations de leurs adhérents. Elles sont dotées d’un règlement intérieur propre et d’une charte relative aux droits et devoirs de l’entreprise en cas de contrôle.

Pouvoir de contrôle. Le fonctionnement des caisses étant basé sur un système déclaratif, la caisse détient également un pouvoir de contrôle de ses adhérents (contrôle des rémunérations déclarées, des congés payés déclarés, du chômage intempéries…).

Obligation d’adhérer à une caisse de congés. Dès lors que l’entreprise relève d’une ou plusieurs activités entrant dans le champ d'application des conventions collectives nationales étendues du bâtiment et des travaux publics, elle a l’obligation d’adhérer à une caisse de congés intempéries. Cela signifie donc que les entreprises qui appliquent une convention collective du bâtiment ou des travaux publics devront obligatoirement adhérer à une caisse de congés payés.

Un cas spécifique. La situation est plus complexe lorsqu’une entreprise exerce à titre secondaire ou accessoire une activité bâtiment. C’est l’hypothèse où une entreprise poursuit, à titre principal, une activité qui ne relève pas du secteur du bâtiment et qui applique donc une convention collective nationale non BTP. L’adhésion pourra alors être facultative, sous réserve d’un accord conclu avec la caisse des congés.

Concrètement. Si l’entreprise ne relève pas d’un secteur ayant conclu un tel accord (et n’est pas adhérente d’une organisation patronale signataire dans certains cas), elle devra adhérer à une caisse de congés.

Secteurs relevant des caisses de congés intempéries. L’Union des caisses de France a signé des accords avec 8 organisations professionnelles visant les secteurs suivants :

  • métallurgie (accord avec l’UIMM) ;
  • miroiterie (accord avec la Fédération française des professionnels du verre) ;
  • plasturgie (accord avec la Fédération de la plasturgie) ;
  • paysagistes (accord signé avec l’Union nationale des entreprises du paysage) ;
  • bois (accord signé avec la Fédération de l’industrie bois construction, FIBC, valant pour les entreprises membres de cette fédération ou d’un syndicat membre de celle-ci, en particulier le Syndicat national des applicateurs de la préservation des bois, SNAPB) ;
  • froid (accord avec le syndicat national des entreprises du froid, d’équipements de cuisines professionnelles et du conditionnement de l’air, SNEFCCA) ;
  • communication d’entreprises (accord signé avec la Fédération interprofessionnelle de la communication d’entreprise, FICOME),
  • sécurité électronique (accord signé avec le Groupement des métiers de la sécurité électronique, GPMSE).

Le saviez-vous ?

Beaucoup d’entreprises veulent échapper à l’affiliation à la caisse des congés payés car elles pensent que cela est beaucoup plus coûteux. Pourtant, l’Union des caisses de France affirme que le coût est comparable à celui du régime général.

Il faut rappeler qu’en présence d’une caisse de congés, l’entreprise ne verse aucun salaire aux salariés en congés payés.


Organisation et missions de la caisse des congés

Plusieurs missions, plusieurs cotisations. Parce que la caisse ne gère pas seulement les congés payés, les cotisations qu’elle reçoit, leur taux et leur assiette répondent à des règles particulières.

Une cotisation de congés payés. La 1ère mission de la caisse est de garantir aux salariés travaillant dans les entreprises du secteur BTP de percevoir des indemnités de congés payés. Les entreprises adhérentes paient donc une cotisation assise sur les rémunérations des salariés qui peut intégrer, si le règlement intérieur de la caisse le prévoit, les salaires que les salariés auraient normalement perçus s'ils avaient travaillé pendant les périodes d'absence pour maladie..

Les conséquences pour les salariés. En contrepartie, la caisse versera aux salariés les indemnités correspondantes. Le salarié percevra également une prime de vacances égale à 30 % de l’indemnité de 24 jours (congé principal calculé à raison de 2 jours par mois). En pratique, les salariés du BTP acquièrent 2.5 jours ouvrables de congés par mois à concurrence de 30 jours sur une période complète d’acquisition. Cette période diffère du régime général puisqu’elle commence le 1er avril et se termine le 31 mars de l’année suivante (dans le droit commun, la période d’acquisition se situe entre le 1er juin et le 31 mai de l’année suivante).

Le saviez-vous ?

Dans le cadre du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, la question s’est posée de savoir qui, de l’employeur ou de la caisse de congés payés, devait collecter et reverser la retenue à la source. Et, pour l’administration, ce sont les caisses de congés payés elles-mêmes qui se chargeront de la collecte et du versement de la retenue à la source et ce, même en cas de congés payés « procurés ». En conséquence, l’employeur n’aura pas à prélever la retenue à la source sur les indemnités de congés payés.

Pour mémoire, le système de congés payés « procurés » consiste, pour la caisse de congés payés, à verser les indemnités dues au salarié directement à l’employeur. C’est ensuite à l’employeur de reverser ces sommes au salarié.

Des déclarations patronales mensuelles ou trimestrielles... Chaque mois ou chaque trimestre (en fonction de la périodicité de paiement de la cotisation), l’entreprise procède à une déclaration auprès de la caisse dont elle dépend et indique les rémunérations brutes perçues par ses salariés.

... et annuelles. L'entreprise effectue également une déclaration annuelle « déclaration nominative annuelle – DNA » via laquelle elle indique pour chacun des salariés, le nombre d’heures de travail effectuées, les absences éventuelles et leur nature (maladie, accident du travail, maladie professionnelle, absences injustifiées, congé maternité/paternité…), le taux horaire du salarié, la durée du travail appliquée, etc. Cette déclaration permet à la caisse de procéder à l’évaluation de l’indemnité de congés payés de manière individualisée.

Passage en DSN ? Les déclarations mensuelles ou trimestrielles (DUCS CIBTP) devront passer par le dispositif de la déclaration sociale nominative (DSN) dès janvier 2022. Les déclarations annuelles (ou DADSU CIBTP), quant à elles, passeront en DSN en 2023. Toutefois, les demandes de congés et les déclarations d’arrêts intempéries, notamment, ne seront pas concernées par ce passage en DSN.

En pratique. L'employeur remettra au salarié, avant son départ en congés ou à la date de rupture de son contrat, un certificat en double exemplaire qui permet à ce dernier de justifier de ses droits à congés envers la caisse d'affiliation du dernier employeur. Ce certificat mentionne le nombre d'heures de travail effectuées par le salarié dans l'entreprise pendant l'année de référence, le montant du dernier salaire horaire calculé ainsi que la raison sociale et l'adresse de la caisse d'affiliation.

Une indemnité compensatrice de congés payés en fin de contrat ? Lorsque le salarié quitte l’entreprise, il ne perçoit pas nécessairement une indemnité compensatrice de congés payés. Il pourra conserver ses certificats et conserver son droit à congés lorsqu’il intègrera une nouvelle entreprise du BTP. Cela étant, il peut également choisir de bénéficier de l’indemnité compensatrice en retournant le certificat à la caisse.

Précisions. La caisse des congés payés verse les indemnités de congés avant la prise des congés et directement au salarié. Elle se charge par ailleurs de régler le montant des cotisations retraite et prévoyance calculées sur les indemnités de congés.

Le saviez-vous ?

La caisse de congés payés peut être substituée à l’employeur uniquement dans la situation où il est établi que ce dernier a effectivement effectué le nécessaire afin de permettre au salarié de bénéficier de son droit à congés payés.

Le chômage intempéries. La 2nde mission de la caisse est d’assurer un régime de chômage en cas d’intempéries. Ce dispositif permet de pallier aux risques encourus par les salariés du BTP dans l’exercice de leur activité du fait des conditions atmosphériques.

Qu’est-ce que des intempéries ? La Loi définit les intempéries comme « les conditions atmosphériques et les inondations lorsqu'elles rendent dangereux ou impossible l'accomplissement du travail eu égard soit à la santé ou à la sécurité des salariés, soit à la nature ou à la technique du travail à accomplir ». Cela implique donc des conditions atmosphériques dangereuses conduisant à l’arrêt du travail, de manière imprévisible et irrésistible.

Une déclaration intempéries. L’employeur doit alors procéder à une déclaration auprès de la caisse des congés payés dans les 30 jours qui suivent l’événement.

Une indemnisation sous conditions.Les salariés placés en intempéries seront indemnisés par l’employeur sous réserve de remplir cumulativement les conditions suivantes :

  • ils ont travaillé au moins 200 heures au cours des 2 derniers mois ;
  • ils n’ont pas été indemnisés plus de 55 jours au titre de l’intempérie depuis le 1er janvier de l’année en cours ;
  • ils restent à la disposition de l’employeur pendant la période d’interruption du travail ;
  • ils n’exercent pas d’autres activités salariées pendant l’indemnisation ;
  • ils ne cumulent pas l’indemnisation intempérie avec d’autres systèmes d’indemnisation (tels que la maladie, par exemple).

Conditions de l’indemnisation. L’indemnisation du salarié commence après un délai de carence d’une heure. Il lui sera versé une indemnité égale aux ¾ de son salaire horaire de référence, dans la limite de 90 % du plafond horaire de la sécurité sociale (soit 26.1 € pour l’année 2024). Le nombre d’heures pouvant être indemnisées à ce titre est plafonné à 9 heures par jour, à 45 heures par semaine et 55 jours sur l’année civile.

Un revenu exonéré de cotisations sociales ? Lorsqu’il s’agit effectivement d’une situation d’intempérie, l’indemnité versée aux salariés sera exonérée de cotisations sociales mais restera assujettie à la CSG et à la CRDS au taux réduit de 6,20 % pour les revenus de remplacement.

Un remboursement possible. Vous pourrez demander à votre caisse de congés payés un remboursement de ces indemnités si votre entreprise est assujettie à la cotisation chômage-intempéries. Cela concerne donc les entreprises dont l’ensemble des salaires soumis à cotisations sociales dépassent un seuil fixé à 82 008 euros pour la campagne 2021-2022 (c’est-à-dire pour les salaires arrêtés au 31 mars 2022). Toutefois, ce remboursement ne correspondra pas à 100 % des indemnités versées mais sera fonction de la masse salariale de votre entreprise.

Le saviez-vous ?

Les conditions atmosphériques empêchant l’accès au lieu de travail ne relèvent pas du chômage intempéries. L’employeur devra pouvoir prouver que l’activité elle-même est impossible du fait des conditions météo. Il devra tenter d’affecter ses salariés à d’autres tâches (en atelier par exemple) ou de convenir avec eux de la prise de congés.

La caisse, organisme collecteur de cotisations sociales. Certaines cotisations obligatoires ou facultatives vont être collectées par la caisse des congés et reversées aux organismes tiers. C’est notamment le cas :

  • de la cotisation obligatoire des entreprises du BTP à l’Organisme Professionnel de Prévention du Bâtiment et des Travaux Publics (OPPBTP) dont la mission est de préserver la sécurité et l’hygiène, d’assurer la prévention des risques professionnels dans le secteur (cette cotisation correspond à un pourcentage appliqué à l’assiette des rémunérations brutes majorées de 1,1314) ;
  • de la contribution au titre de l’emploi du personnel intérimaire, due par l’entreprise qui recourt à l’intérim ; la contribution est calculée sur la base du nombre d’heures de travail payées au personnel intérimaire, multiplié par un montant forfaire fixé annuellement ;
  • de la cotisation destinée à l’Association Paritaire d’Action Sociale du Bâtiment et des travaux Publics (APAS-BTP), qui gère notamment les œuvres sociales des salariés de la profession ; sa cotisation obligatoire est calculée sur les rémunérations brutes perçues par les salariés ;
  • des cotisations facultatives que les employeurs choisissent de verser aux organisations professionnelles représentatives auxquelles ils adhèrent (CAPEB, Fédération Française du Bâtiment, Fédération Nationale des Travaux Publics…) : une cotisation spécifique est alors appelée à paiement lors des déclarations mensuelles ou trimestrielles ; son pourcentage varie d’une organisation à l’autre et est généralement assis sur la masse salariale brute déclarée.

La caisse, engagée dans la lutte contre le travail illégal. Depuis 2017, c’est également l’union des caisses de France qui gère le portail dédié à la carte d’identification professionnelle du BTP, visant ainsi à lutter contre le travail illégal.

A retenir

La caisse des congés ne se borne pas à indemniser les congés payés des salariés de la branche. Elle est une institution centrale et indispensable au fonctionnement du secteur.
 

J'ai entendu dire

Les salariés du bâtiment ont-ils droit aux congés de fractionnement ?

Oui. Tout comme dans le régime dit « de droit commun », les salariés du BTP peuvent bénéficier de 2 jours supplémentaires de fractionnement.
Les salariés du bâtiment ont-ils droit à des congés supplémentaires pour ancienneté ?

Oui. Ces congés supplémentaires seront fonction de la catégorie des salariés (Ouvriers, ETAM) et de l’ancienneté acquise.
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Organiser un retour de congé maternité : quelques obligations à connaître…

Date de mise à jour : 22/11/2022 Date de vérification le : 22/11/2022 9 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Le congé maternité d’une salariée touche à sa fin, elle va donc réintégrer l’entreprise. Son retour implique quelques obligations pour vous… et, particulièrement, si la salariée concernée allaite son enfant…

Rédigé par l'équipe WebLex.
Organiser un retour de congé maternité : quelques obligations à connaître…


Organiser le retour d’une salariée après un congé maternité

D’abord, la réintégration de la salariée. A l’issue de son congé maternité, vous devez réintégrer la salariée dans son poste initial, ou dans un emploi similaire (c’est-à-dire n’entraînant pas de modification de son contrat de travail) lui conférant une rémunération au moins équivalente.

Puis, une visite médicale. Vous devez impérativement organiser une visite médicale de reprise avec la médecine du travail, au plus tard dans les 8 jours de la reprise.

Et un entretien professionnel. Vous devez proposer à la salariée un entretien professionnel, dans les meilleurs délais, qui sera consacré à ses perspectives d’évolution professionnelle, notamment en termes de qualification et d’emploi. Faites cette proposition par écrit, afin de vous procurer des éléments de preuve attestant que vous avez rempli cette obligation.

Le saviez-vous ?

Le non-respect par l’employeur de son obligation d’organiser un entretien professionnel au retour du congé maternité de la salariée n’est pas susceptible d’entraîner, à lui seul, la nullité d’un licenciement prononcé ultérieurement.

Un rattrapage salarial ? Par principe, la rémunération d’une salariée qui revient de congé maternité doit être majorée des augmentations générales ainsi que de la moyenne des augmentations individuelles perçues pendant la durée de ce congé par les salariés relevant de la même catégorie professionnelle ou, à défaut, de la moyenne des augmentations individuelles dans l'entreprise. Il n’est pas possible de déroger à ce principe par le simple versement d’une prime exceptionnelle par exemple.

Une protection complémentaire. Sachez qu’il n’est pas possible de procéder au licenciement d’une salariée à son retour de congé maternité, et ce, pendant les 10 semaines qui suivent l’expiration de ce congé, sauf si vous justifiez d’une faute grave ou d’une impossibilité de poursuivre l’exécution du contrat pour un motif étranger à la maternité.L’inaptitude ne suffit pas à elle seule à caractériser l’empêchement de maintenir le contrat de travail, ni même l’existence de difficultés économiques.

Le saviez-vous ?

Pour la Justice européenne, la rupture du contrat d’une salariée enceinte inscrit dans un licenciement collectif pour motif économique pourrait valablement être autorisée par la loi. Ce qui n’est pas, du moins à ce jour, le cas en France.

Un report de la période de protection. Notez que si la salariée accole ses congés payés à son congé maternité, le point de départ de cette période de 10 semaines est reporté à la date de la reprise du travail par la salariée.

Le saviez-vous ?

Ce qui est vrai pour les congés payés ne l’est pas pour un arrêt maladie : un simple arrêt maladie accolé au congé maternité n’a pas pour effet de reporter le point de départ du délai de protection de 10 semaines.

Par ailleurs, l’absence de visite médicale ne reporte pas non plus le point de départ du délai de protection.

A noter. La visite médicale de reprise après un congé de maternité doit permettre d’apprécier l’aptitude de la salariée à reprendre son ancien emploi, de préconiser le cas échéant un aménagement, une adaptation de son poste, ou un reclassement. Mais l’absence de visite médicale n'a pas pour effet de différer jusqu'à la date de réalisation de cette visite la période de protection.

Pour les travailleuses de nuit. A son retour de congé de maternité, la salariée qui travaille de nuit est affectée, pour une durée d’un mois maximum, à un poste de jour si le médecin du travail constate (par écrit) que le poste de nuit est incompatible avec son état. Dès lors que la salariée enceinte, accouchée ou allaitante accomplit une partie de ses fonctions en horaire de nuit, elle doit être qualifiée de travailleur de nuit et, par conséquent, bénéficier des règles protectrices applicables aux salariés enceintes, accouchées ou allaitantes travaillant de nuit.

Et pour le jeune père de famille ? La protection vaut aussi pour un salarié, nouvellement père, pendant les 10 semaines suivant la naissance de son enfant (le licenciement reste possible si vous justifiez d'une faute grave du salarié ou de son impossibilité de maintenir ce contrat pour un motif étranger à l'arrivée de l'enfant).

Attention. Si un licenciement est prononcé en méconnaissance de ces règles protectrices (pour la mère et pour le père), vous vous exposez, en plus de l’indemnité de licenciement, à une sanction pécuniaire égale à au moins 6 mois de salaire, quel que soit l’effectif de l’entreprise ou l’ancienneté du salarié (si ce dernier ne réclame pas la poursuite de son contrat de travail ou si sa réintégration dans l’entreprise est impossible).


Organiser le retour d’une salariée qui allaite son enfant

Des obligations spécifiques. Saviez-vous qu’au cours de la Première Guerre Mondiale, pour pallier l’absence des hommes partis au front, les entreprises ont dû mobiliser les femmes et composer avec leurs charges de famille ? La loi a ainsi consacré l’obligation pour les entreprises industrielles et commerciales d’accorder du temps à leurs salariées pour leur permettre d’allaiter leur enfant, voire de leur installer des chambres d’allaitement. Obligation encore d’actualité et généralisée sous peine de sanctions…

Du temps pour la salariée allaitante. Pendant la première année de son enfant, la salariée qui allaite son enfant dispose d’une heure par jour, sur son temps de travail, pour allaiter son enfant. Cette heure se divise en 2 périodes de 30 minutes (ou de 20 minutes si vous installez un local d’allaitement dans l’établissement ou à proximité) : l’une le matin, l’autre l’après-midi. Vous pouvez tout à fait convenir, avec la salariée, de l’horaire où elle interrompra son travail. A défaut d’accord, cette période est placée au milieu de chaque demi-journée.

Où ? La loi accorde à la salariée la possibilité d’allaiter (directement) son enfant dans l’établissement. Bien sûr, en pratique, cette situation sera rarement vécue ! Quelle que soit l’entreprise, la femme allaitante, au même titre que la femme enceinte, doit pouvoir se reposer en position allongée dans des conditions appropriées… Ce qui exclut, évidemment, un allaitement dans les toilettes de l’entreprise !

Le saviez-vous ?

La loi n’impose pas la rémunération de cette heure d’allaitement. Consultez votre convention collective pour vérifier si elle prévoit des dispositions spécifiques à ce sujet. Dans le silence des textes (Loi et conventions ou accords collectifs), vous êtes libre de rémunérer ou non cette heure.

Attention aux sanctions ! Le non-respect de ces obligations peut être sanctionné par une amende de 1 500 € au plus, multipliée autant de fois qu’il y a de femmes concernées.


Règles spécifiques aux entreprises qui emploient plus de 100 salariées

Mettre en place un local d’allaitement : une obligation ? Les entreprises qui emploient plus de 100 femmes peuvent être mises en demeure, par l’inspecteur du travail, d’installer sous 1 mois un local d’allaitement dans leur établissement ou à proximité.

Le saviez-vous ?

La mise en demeure préalable à l’installation d’un local d’allaitement ne peut émaner que de l’inspecteur du travail, et non d’un syndicat (celle-ci pouvant, dans cette hypothèse, rester sans effet).

Les caractéristiques du local. Le local dédié à l’allaitement doit :

  • être :
  • ○ séparé de tout local de travail,
  • ○ aéré et muni de fenêtres ouvrant sur l’extérieur,
  • ○ pourvu d'un mode de renouvellement d'air continu,
  • ○ convenablement éclairé,
  • ○ pourvu d'eau en quantité suffisante ou à proximité d'un lavabo, l’eau devant être à température réglable,
  • ○ pourvu de sièges convenables pour l'allaitement,
  • ○ tenu en état constant de propreté, le nettoyage quotidien devant être réalisé hors de la présence des enfants ; les revêtements des sols et des murs doivent permettre un entretien efficace ;
  • ○ maintenu à une température convenable dans les conditions hygiéniques ;
  • avoir une superficie d’au moins 3 mètres carrés par enfant et avoir une surface assez grande pour accueillir un nombre d'enfants de moins d'un an, correspondant au nombre de femmes employées dans l'établissement ;
  • avoir une hauteur sous plafond minimale de 3 mètres ;
  • ne pas avoir de communication directe avec des toilettes, égouts, puisards.

Le matériel à disposition des salariées. L'employeur doit fournir (à ses frais) :

  • de la literie : un berceau pour chaque enfant et le matériel de literie, qui devra être aéré la nuit et maintenu en bon état d’entretien et de propreté ;
  • du linge en quantité suffisante pour que les enfants puissent être changés aussi souvent que nécessaire ;
  • du matériel permettant de réchauffer les aliments ;
  • des moyens de nettoyage et de séchage (éponges en parfait état, torchons propres, savon, etc.).

Le saviez-vous ?

Bien que la loi ne le prévoit pas, il peut être utile de prévoir un réfrigérateur pour permettre aux mères de conserver leur lait.

Une limite. Un local dédié à l’allaitement ne peut pas contenir plus de 12 berceaux, sauf à obtenir une autorisation temporaire du Direccte. S’il y a plusieurs salles, elles doivent être desservies par un vestibule.

Règles d’hygiène et de propreté. Qu’il s’agisse du local ou des équipements qui le composent, tout doit être dans un état d’entretien et de propreté irréprochable. Le local doit être, par ailleurs, tenu par du personnel qualifié, qui se tient lui-même dans un état de propreté rigoureuse.

Règles sanitaires. Aucune personne, ni adulte, ni enfant, présentant un risque de contamination ne doit être admise dans le local d’allaitement. Notez que le local est surveillé par un médecin désigné par l’employeur, qui doit le visiter au moins une fois par semaine et qui valide le règlement intérieur qui doit être affiché à l’entrée du local.

Règles d’utilisation du local. Il est interdit de demander une contribution financière aux utilisatrices du local. Un registre recense le nom des enfants présents chaque jour et contient les observations du médecin chargé de la surveillance du local. Un autre recense :

  • les nom, prénoms, date de naissance de chaque enfant ;
  • les nom, adresse et profession de la mère ;
  • la date de l’admission, la constatation des vaccinations, l’état de l’enfant au moment de l’admission et, le cas échéant, des réadmissions.

D’accord, mais en pratique ? Si vous devez mettre en place un local dédié à l’allaitement, ou si vous le souhaitez, sachez vous entourer : n’hésitez pas à vous rapprocher de votre service de santé au travail et/ou de prestataires spécialistes de l’allaitement (certains conseillers-ères en lactation fournissent des prestations aux entreprises, par exemple, des associations peuvent aussi vous apporter un soutien dans ce projet).

Attention aux sanctions ! Le non-respect de ces obligations peut être sanctionné par une amende de 1 500 € au plus, multipliée autant de fois qu’il y a de femmes concernées.

A retenir

Après une longue absence, le retour de tout salarié s’anticipe et s’organise. C’est d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit d’organiser le retour d’un congé maternité puisqu’il nécessite que vous gériez un calendrier précis : organiser la visite médicale de la salariée et son entretien professionnel. Mais d’autres obligations s’imposent à vous, si la mère allaite son enfant.

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Congé pour création ou reprise d’entreprise : pour qui ? Pour quoi ? Comment ?

Date de mise à jour : 12/05/2022 Date de vérification le : 12/05/2022 9 minutes
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Au cours de leur vie professionnelle, les salariés peuvent vouloir évoluer, changer d’orientation ou de projet. Le congé pour création d’entreprise a été créé dans cet esprit, permettant au salarié de s’absenter de l’entreprise, le temps de mener à bien son nouveau projet.

Rédigé par l'équipe WebLex.
Congé pour création ou reprise d’entreprise : pour qui ? Pour quoi ? Comment ?


Le congé pour création d’entreprise : définition et conditions

Qu’est-ce que c’est ? Le congé pour création d’entreprise est un congé spécifique qui suspend le contrat de travail. Il s’agit alors d’une absence autorisée non rémunérée, permettant au salarié qui le sollicite de se dégager du temps pour mener à bien son projet.

Situations éligibles au congé pour création d’entreprise. Le salarié bénéficie d’un droit au congé pour créer ou reprendre une entreprise mais également pour exercer des responsabilités de direction au sein d’une jeune entreprise innovante (JEI).

Critères et conditions à remplir. Les conditions pour bénéficier de ce congé sont, en principe, prévues par une convention ou accord collectif d’entreprise. A défaut d’accord, le salarié doit avoir une ancienneté minimale de 24 mois dans l’entreprise, consécutifs ou non.

Durée du congé. La durée du congé doit également être prévue par une convention ou un accord d’entreprise. A défaut, la durée maximale du congé initial est d’un an. La durée du congé pourra donc, dans cette limite, être déterminée par le salarié en fonction de ses besoins et être d’une durée inférieure. Il faudra dans tous les cas s’en remettre aux dispositions de la convention collective ou de l’accord collectif d’entreprise, le cas échéant.

Le saviez-vous ?

Le salarié qui a déjà bénéficié d’un tel congé pourra à nouveau en faire la demande. Il devra toutefois respecter un délai de carence de 3 ans après la fin du premier congé.

Un renouvellement possible. Le congé pourra également être renouvelé. Les conditions de ce renouvellement pourront être prévues par les dispositions conventionnelles ou l’accord collectif d’entreprise. A défaut, un renouvellement d’un an maximum est possible mais le salarié doit en formuler la demande au moins 2 mois avant l’expiration de la durée initiale du congé.

Le saviez-vous ?

Le congé pour création ou reprise d’entreprise peut être demandé à temps complet mais le salarié peut également demander à bénéficier d’un congé à temps partiel. Cela peut être une bonne alternative pour le salarié qui continuera de percevoir une partie de son salaire et à l’employeur qui disposera toujours de son collaborateur pour partie de son temps de travail et qui pourra alors peut-être plus facilement gérer l’organisation interne de l’entreprise.

Des formalités pour le salarié. La procédure à suivre pourra être prévue par la convention collective ou un accord collectif. A défaut d’un tel accord, le salarié doit informer son employeur au minimum 2 mois avant la prise du congé. Il doit alors préciser dans sa demande le cas de recours du congé (création, reprise, JEI) et l’activité de l’entreprise.

Un formalisme ? Aucun formalisme spécifique n’est prévu par la loi. Le salarié devra donc informer l’employeur par tout moyen : courrier simple ou recommandé, courrier électronique, voire oralement… Il lui est toutefois fortement conseillé d’en faire la demande par écrit et si possible, par un moyen traçant la date d’envoi et de réception de la demande afin de sécuriser la relation et de garantir une bonne application des délais impartis.

Des formalités pour l’employeur. L’employeur devra alors formuler sa réponse : il pourra accepter le congé, le refuser ou en demander le report. Il dispose de 30 jours pour donner sa réponse, par tout moyen, à compter de la réception de la demande du salarié. A défaut de réponse, l’employeur est réputé accepter la demande de congé. Il sera donc important de formaliser la réponse par un moyen dont la remise et la réception sera matériellement vérifiable (évitez le courrier simple qui peut ne pas arriver à destination ou se perdre).

Le saviez-vous ?

Lorsque l’employeur accepte un congé pour création ou reprise d’entreprise à temps complet alors même que le salarié avait demandé un tel congé à temps partiel, sa réponse vaut refus si elle est expressément motivée. A défaut de motivation de l’employeur, la demande du salarié dans ce contexte est réputée acceptée. Il faudra donc être vigilant lorsque vous formulerez votre réponse.

Refuser le congé : une possibilité pour certains employeurs ? Dans les entreprises de moins de 300 salariés, il est possible de refuser ce congé, s’il estime, après avis du CSE, que le congé risquerait de désorganiser l’entreprise. Il sera alors important de pouvoir justifier un tel refus : si le poste occupé par le salarié est facilement remplaçable, cela sera certainement plus compliqué d’opposer un refus. En revanche, si le salarié possède des compétences spécifiques, un niveau de formation élevé ou un savoir-faire rare, la démarche de refus sera plus aisée.

Refuser le congé : une possibilité pour tous ? Dans tous les cas et quel que soit l’effectif de l’entreprise, il sera possible pour l’employeur de refuser le congé si le salarié ne satisfait pas aux critères d’éligibilité (ancienneté notamment), ou s’il n’a pas respecté la procédure requise ou encore si l’activité poursuivie par le salarié pendant le congé concurrence directement celle de son employeur.

Le saviez-vous ?

Le salarié peut saisir le Conseil de Prud’hommes en procédure accélérée au fond pour contester la décision de son employeur, dans les 15 jours suivant la notification du refus.

Reporter le congé : une possibilité ? Dans tous les cas, l’employeur pourra demander que le congé soit reporté de 6 mois au plus et ce, sans justification particulière.

Gérer les absences simultanées. De même, lorsque le départ en congé du salarié a pour effet de porter l’effectif des salariés absents, ou le nombre de jours d’absence au titre de ce congé et au titre du congé sabbatique, à un niveau trop important au regard de l’effectif total de l’entreprise, il pourra en demander le report.

Concrètement ? C’est la convention collective ou l’accord d’entreprise qui fixera les seuils déterminant ce niveau important. A défaut, la loi indique que les salariés simultanément absents pour congé de création d’entreprise et congé sabbatique ne doivent pas dépasser 2 % de l’effectif total. Lorsqu’ils représentent plus de 2 %, l’employeur pourra alors demander le report du congé, jusqu’à ce que ce seuil ne soit plus atteint.

Ou… L’employeur pourra comparer en nombre de jours d’absence : le nombre de jours d’absence au titre de ces deux congés simultanés ne devra pas dépasser 2 % du nombre total de jours de travail effectués au cours des 12 mois précédant le congé. Si cela est le cas, l’employeur pourra alors demander le report.


Le congé pour création d’entreprise : le fonctionnement

C’est un congé… Le congé pour création ou reprise d’entreprise est un cas de suspension du contrat. Hormis le cas du temps partiel ou si des dispositions conventionnelles le prévoient, le salarié ne percevra aucune rémunération pendant ce congé, chacune des parties étant libérées de leurs obligations principales. Cependant, l’intérêt d’un tel congé repose sur le fait que le contrat n’est pas pour autant rompu.

Le contrat n’est pas rompu ! Le salarié reste soumis aux obligations de loyauté et de bonne foi à l’égard de son employeur.

Financer le congé par capitalisation des congés payés, c’est possible ! Le salarié demandeur d’un tel congé pourra demander le report de ses congés payés annuels en vue de financer cette période. Ces règles devront en principe être prévues par la convention ou l’accord collectif. A défaut de dispositions en la matière, la loi prévoit que le salarié pourra demander le report de la 5ème semaine de congés payés en vue de ce congé et cumuler ainsi ces jours dans la limite de 6 années.

Le saviez-vous ?

Si le salarié renonce finalement à son congé pour création d’entreprise, les congés reportés et cumulés reviendront s’ajouter aux congés payés acquis, par fraction de 6 jours ouvrables par année après la renonciation, jusqu’à épuisement du nombre de jours cumulés.

En présence d’un compte épargne temps. Lorsqu’il existe un compte épargne temps dans l’entreprise et si l’accord le mettant en œuvre le prévoit, le salarié pourra demander à utiliser ses droits cumulés pour financer son congé pour création d’entreprise.

Déblocage anticipé du plan épargne entreprise. Dans le même sens, le salarié pourra demander le déblocage anticipé de ses droits acquis au titre de la participation ou ceux cumulés sur un plan épargne entreprise.

Le saviez-vous ?

L’idée est que le salarié puisse financer et indemniser ce congé au maximum, sans que cela n’affecte la situation économique de l’entreprise.


Le congé pour création d’entreprise : le terme

2 possibilités. Le congé pour création d’entreprise va en principe permettre au salarié de quitter ses fonctions de salarié et de poursuivre l’activité qu’il a entreprise pour son compte. Cependant, il arrive que le projet ne soit que temporaire ou qu’il n’ait pas été concluant.

Le salarié doit vous informer. Avant l’expiration de son congé, le salarié devra donc informer son employeur de son intention : soit d’être réintégré dans l’entreprise, soit de renouveler son congé, soit de rompre son contrat de travail. Les conditions sont en principe prévues par la convention ou l’accord collectif. A défaut d’un tel accord, le salarié informe son employeur au minimum 3 mois avant l’échéance de son congé initial et ce, par tout moyen.

Réintégration du salarié. Le salarié qui souhaite réintégrer l’entreprise devra donc reprendre son poste de travail initial ou équivalent, assorti d’une même rémunération. Il pourra parfois bénéficier d’une formation de réadaptation au poste si celui-ci a entre-temps subi des transformations ou évolutions techniques ou si les méthodes de travail ont évolué.

Le saviez-vous ?

L’employeur qui ne ferait pas le nécessaire pour réintégrer le salarié dans son poste ou un poste équivalent pourrait être condamné à réparer le préjudice subi par le salarié.

Qu’est-ce qu’un poste équivalent ? Il a déjà été jugé, dans le cadre d’une réintégration d’une employée d’hypermarché, que le poste de retoucheuse et le poste d'employé libre-service alimentaire et magasinier au rayon boucherie, ne sont pas des emplois similaires.

A retenir

Le congé pour création ou reprise d’entreprise est un dispositif peu connu et pourtant utile aux salariés souhaitant donner un nouvel élan à leur carrière professionnelle. Cependant, il sera essentiel de suivre la procédure et de veiller à respecter les règles d’ensemble. Une telle absence pourra être difficile à gérer pour une entreprise et il pourra être ambitieux et complexe de se lancer dans l’expérience de l’entrepreneuriat pour le salarié. Il sera donc utile d’envisager tous les scenarios possibles à l’issue d’un tel congé, qu’il s’agisse du départ définitif du salarié ou de son retour.

J'ai entendu dire

Le contrat de mon salarié contient une clause d’exclusivité. Puis-je refuser la demande de congé pour création d’entreprise à ce titre ?

Non. Une telle clause est inopposable au salarié qui demande ce type de congé.
Mon salarié souhaite quitter l’entreprise après son congé pour création d’entreprise. Doit-il démissionner ?

Oui. Le salarié qui souhaite rompre son contrat après son congé pour création d’entreprise doit démissionner. Il pourra toutefois bénéficier de l’indemnisation chômage, le Pôle Emploi assimilant cette démission à un cas de démission légitime éligible à l’assurance chômage.
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Indemniser les arrêts maladie

Date de mise à jour : 18/11/2021 Date de vérification le : 18/11/2021 10 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Un de vos salariés, absent, vous a envoyé un arrêt de travail. La bonne réception de cet arrêt va entraîner un certain nombre d’obligations, afin de lui permettre de recevoir une indemnisation pour la période d’absence…

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Indemniser les arrêts maladie


Vous devez vous rapprocher de la Sécurité sociale

Contactez la caisse d’assurance-maladie. A réception de l’arrêt de travail, contactez la CPAM du lieu de domicile de votre salarié absent et envoyez-lui une attestation de salaire qui servira au calcul des indemnités journalières de sécurité sociale.

Comment faire ? Soit vous remettez le formulaire papier à votre salarié qui l’enverra à sa caisse (vous trouverez le formulaire sur les sites www.ameli.fr et www.service-public), soit vous effectuez cette démarche directement sur le site www.net-entreprises.fr, soit vous transmettez cette attestation via votre logiciel de paie).

Le saviez-vous ?

Depuis 2016, l’attestation de salaire doit être automatiquement transmise via la déclaration sociale nominative.

Un cas spécifique ? Lorsque le salarié malade est un représentant du personnel, vous devez aussi adresser l’attestation de salaire à la caisse d’assurance maladie sans mentionner les heures de délégation. Rappelons à cet effet qu’il est interdit de mentionner les heures de délégation sur le bulletin de paie du salarié. Cela signifie que les indemnités journalières de sécurité sociale (IJSS) seront calculées sur la base du salaire, comprenant nécessairement les heures de délégation.

Le saviez-vous ?

Pendant son arrêt de travail, le salarié peut bénéficier d’autorisations de sortie, prescrites par le médecin traitant. Soit ces sorties sont libres, soit elles sont autorisées sauf entre 9 h 00 et 11 h 00 et entre 14 h 00 et 16 h 00 (excepté en cas de soins ou d’examens médicaux).

Certificat médical ? Le bénéfice du complément d'indemnisation n'implique pas la nécessité, pour le salarié, de percevoir une prestation de la caisse, mais simplement celle d'avoir la qualité d'assuré social. Par conséquent, l'absence de remise à l'employeur du formulaire d’avis d’arrêt de travail destiné à la caisse ne fait pas obstacle au maintien de la rémunération des salariés dans les conditions prévues par leur convention collective.

Un délai de carence. La caisse d’assurance maladie n’indemnisera le salarié qu’après une carence de 3 jours.

En cas de retour anticipé… Un salarié en arrêt maladie peut, après l’accord de son médecin, retourner au travail de manière anticipée. Dans ce cas, il doit informer la CPAM de son retour. Or, si vous êtes subrogé dans ses droits, et que vous recevez directement les indemnités journalières dont il peut bénéficier, c’est à vous d’informer la CPAM de son retour anticipé. En cas de manquement à cette obligation, et si ce manquement engendre des versements indus d’indemnités journalières, il peut être prononcé à votre encontre une sanction financière. Le montant de cette sanction est proportionnel aux sommes indûment versées, dans la limite de 50 % de celles-ci.

A qui sont versées les IJSS ? En principe, les IJSS sont versées au salarié. Toutefois, si vous maintenez tout ou partie du salaire, vous pouvez être subrogé dans les droits du salarié (à condition que le salaire maintenu soit au moins égal au montant des indemnités dues), percevoir vous-même les IJSS, et les reverser au salarié pour leur montant net.

Le saviez-vous ?

En cas de maintien total ou partiel du salaire, vous êtes subrogé de plein droit au salarié dans ses droits aux IJSS (notez que la subrogation de plein droit pour les IJSS liées aux accidents du travail et aux maladies professionnelles s’applique à compter du 1er janvier 2015 en cas de maintien partiel de salaire).

Attention ! Le salarié ne doit pas travailler pendant son arrêt maladie, ni exercer aucune activité non autorisée par son médecin. En cas de contrôle de la Sécurité sociale, celui-ci aurait alors à rembourser des indemnités journalières indûment versées. Notez à ce sujet qu’il pourrait se retourner contre son employeur qui l’aura laissé travailler, même à titre bénévole, en période de suspension du contrat de travail.


Vous devez assurer un complément d’indemnisation

Vous devez maintenir le salaire. Pendant l’arrêt de travail, le contrat de travail est suspendu. En complément des indemnités journalières de sécurité sociale (IJSS), le salarié bénéficie d’une indemnité complémentaire légale à votre charge, sous conditions…

Quelles sont les conditions ? Le salarié pourra bénéficier d’un maintien de salaire s’il :

  • a au moins un an d’ancienneté au 1er jour de l’arrêt de travail ;
  • justifie de son arrêt dans les 48 heures par l’envoi du certificat médical ;
  • est pris en charge par la sécurité sociale.

Le saviez-vous ?

En contrepartie de votre obligation de maintenir le salaire, vous pouvez contrôler que l’arrêt maladie est justifié, par le biais d’une contre-visite médicale. En fonction de cette contre-visite, le versement complémentaire pourra ou non être maintenu.

Un délai de carence ? Un délai de carence de 7 jours est, en principe, prévu, sauf en cas d’accident de travail ou de maladie professionnelle (pas de carence dans ces cas). Mais votre convention collective peut prévoir des délais plus favorables au salarié. Pensez à la consulter !

Exemple. La Convention collective Syntec, par exemple, prévoit que le salarié ayant au moins 1 an d’ancienneté bénéficie d’un maintien de salaire sans carence. Un contrat de prévoyance qui imposerait une carence en contrepartie d’une meilleure indemnisation ne serait pas plus favorable au salarié. L’employeur aurait donc à compléter les indemnités versées par la Sécurité sociale et par, le cas échéant, l’organisme de prévoyance.

Une mesure temporaire. Dans le cadre de l’épidémie de Covid-19, jusqu’au 31 juillet 2022 inclus, l’employeur doit verser une indemnité complémentaire aux IJSS dérogatoires :

  • sans que le salarié ait à justifier :
  • ○ de conditions d’ancienneté ;
  • ○ de son arrêt de travail dans les 48 heures ;
  • ○ de l’endroit où il est soigné ;
  • sans carence ;
  • sans tenir compte de la durée d’indemnisation complémentaire pour maladie ou pour accident déjà versées aux cours des 12 mois antérieurs ; les indemnités complémentaires versées au titre de cet arrêt de travail ne sont pas non plus prises en compte pour le calcul de la durée totale d’indemnisation au cours de la période de 12 mois.

Un maintien de salaire… intégral ? L'indemnité complémentaire que vous devrez verser correspondra à :

  • 90 % de la rémunération brute que le salarié aurait perçue s'il avait continué à travailler, durant les 30 premiers jours d’arrêt ;
  • 2/3 de cette même rémunération pendant les 30 jours suivants.

La durée d’indemnisation peut être augmentée. Ces durées d'indemnisation sont augmentées de 10 jours par période entière de 5 ans d'ancienneté qui viennent s’ajouter à l’année d’ancienneté requise ; sans que chacune d'elle puisse dépasser 90 jours.

Quelle base de calcul pour l’indemnité ? Le complément des prestations de Sécurité Sociale est calculé selon la base du salaire moyen qu’aurait perçu le salarié au cours des 3 derniers mois s’il avait continué à travailler au poste qu’il occupait avant la suspension de son contrat de travail. S’il percevait une prime d’équipe par journée travaillée en équipe tournante, l’indemnité complémentaire que vous verserez devra intégrer le montant de cette prime.

A noter. Le montant des IJSS à prendre en compte pour assurer le complément d’indemnisation est le mondant brut, avant précompte de la CSG et de la CRDS.

Et même… Certaines conventions collectives peuvent faire référence au maintien du salaire net entier, en cas d’arrêt causé par une maladie professionnelle ou un accident du travail. Mais même dans cette situation, le montant des IJSS à prendre en compte pour assurer le complément d’indemnisation est le mondant brut, avant précompte de la CSG et de la CRDS.

Vérifiez votre convention collective ! Votre convention collective peut prévoir un maintien intégral de la rémunération du salarié placé en arrêt maladie.

Exemple dans les établissements et services pour personnes inadaptées. La convention collective applicables aux établissements et services pour personnes inadaptées prévoit qu’un salarié cadre en arrêt maladie doit percevoir, pour les 6 premiers mois d’arrêt, le salaire net qu’il aurait perçu s’il avait travaillé normalement ; pour les 6 mois suivants, le demi-salaire net qu’il aurait perçu s’il avait travaillé normalement. Ce qui inclut, selon le juge, les indemnités d’astreinte lorsque la réalisation d’astreintes antérieure rend vraisemblable le versement d’indemnités d’astreintes si le salarié n’avait pas été placée en arrêt de travail et lorsque ces indemnités d’astreintes apparaissent sur les bulletins de paie comme un élément de la rémunération brute de la salariée.

A retenir

Lorsqu’un salarié est malade, le temps de son absence, il peut percevoir des indemnités journalières versées par sa caisse de sécurité sociale. Mais il peut parfois prétendre à un complément d’indemnisation à votre charge.

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Sources
  • Articles L 1226-1 et suivants du Code du Travail
  • Article D1226-3 du Code du Travail (carence)
  • Article L 323-6 du Code de la Sécurité Sociale
  • Article R 323-1 du Code de la Sécurité Sociale (carence)
  • Décret n° 2013-266 du 28 mars 2013 relatif à la déclaration sociale nominative
  • Loi n° 2016-1827 du 23 décembre 2016 de financement de la sécurité sociale pour 2017 (article 109)
  • Loi n° 2021-1465 du 10 novembre 2021 portant diverses dispositions de vigilance sanitaire, article 13
  • Décret n° 2014-953 du 20 août 2014 relatif aux modalités de calcul des indemnités journalières dues au titre de la maladie, de la maternité, des accidents du travail et des maladies professionnelles
  • Décret n° 2020-73 du 31 janvier 2020 portant adoption de conditions adaptées pour le bénéfice des prestations en espèces pour les personnes exposées au coronavirus
  • Décret n° 2020-193 du 4 mars 2020 relatif au délai de carence applicable à l'indemnité complémentaire à l'allocation journalière pour les personnes exposées au coronavirus
  • Décret n° 2020-227 du 9 mars 2020 adaptant les conditions du bénéfice des prestations en espèces d'assurance maladie et de prise en charge des actes de télémédecine pour les personnes exposées au covid-19
  • Arrêté du 28 juin 2013 fixant le modèle du formulaire « Attestation de salaire pour le paiement des indemnités journalières maladie, maternité/adoption, paternité/accueil de l'enfant, femme enceinte dispensée de travail »
  • Arrêté du 26 septembre 2017 fixant le modèle du formulaire « Attestation de salaire délivrée par l'employeur dans le cas d'un arrêt de travail se prolongeant au-delà de six mois »
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 26 mai 2010, n° 08-41595 (attitude désinvolte justifiant une faute grave)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 9 décembre 2010, n° 09-16140 (participation à des activités sportives pendant les sorties libres)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, 2ème chambre civile, du 9 décembre 2010, n° 09-14575 (suspension du versement des indemnités journalières)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 12 octobre 2011, n° 10-16649 (exercice d’une activité causant un préjudice à l’employeur)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 21 novembre 2012, n° 11-23009 (travail bénévole d’une salariée pendant son arrêt de travail et remboursement des IJSS)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 16 octobre 2013, n° 12-15638 (activité de pilote pendant un arrêt de travail)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 5 février 2014, n° 12-24250 (contre visite et suspension du maintien de salaire)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre mixte, du 21 mars 2014, n° 12-20002 et 12-20003 (arrêt de travail représentant du personnel et paiement des heures de délégation)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 28 janvier 2015, n° 13-18354 (activité professionnelle chez un concurrent pendant un arrêt de travail)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 16 mars 2016, n° 14-16588 (mention « sorties libres » et contre-visite médicale pendant des vacances du salarié)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 20 avril 2017, n° 16-10312 (attestation de salaire du salarié représentant du personnel)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, 2ème chambre civile, du 15 juin 2017, n° 16-17567 (exercice d’un mandat de conseiller municipal pendant l’arrêt maladie)
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre sociale, du 25 janvier 2017, n° 15-24119 (intégration d’une prime d’équipe dans la base de calcul de l’indemnisation de l’arrêt maladie)
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre sociale, du 5 avril 2018, n° 16-18011 (prise en compte du montant brut des IJSS)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 13 juin 2018, n° 17-14482 (indemnités d’astreinte dans les établissements et services pour personnes inadaptées)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 13 juin 2019, n° 17-31711 (pas de délai de carence dans la Syntec)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 24 juin 2020, n° 18-23869 (formulaire d’arrêt maladie et indemnisation conventionnelle)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 23 septembre 2020, n° 19-15302 (prise en compte du montant brut des IJSS)
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Assurer le contrôle des arrêts maladie

Date de mise à jour : 11/07/2024 Date de vérification le : 11/07/2024 9 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Un salarié est régulièrement absent les lendemains de longs week-ends et il vous arrive même d’entendre certains de ses collègues dire qu’il prolonge toujours ses vacances. A force d’entendre ce genre de discours, vous commencez à douter de la bonne foi du salarié absent. Comment s’assurer que son arrêt est justifié ?

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Assurer le contrôle des arrêts maladie


Une contrepartie à l’indemnisation de l’arrêt maladie

Un maintien de salaire. Lorsque le salarié remplit les conditions d’indemnisation de son arrêt maladie, il perçoit des indemnités journalières de sécurité sociale (IJSS). Mais il peut aussi bénéficier d’un complément à votre charge.

Un contrôle possible. Parce que vous maintenez le salaire pendant l’arrêt maladie, vous pouvez faire effectuer une contre-visite médicale, ceci afin de vérifier la justification de l’arrêt de travail.

Le saviez-vous ?

Pendant son arrêt de travail, le salarié peut bénéficier d’autorisations de sortie, prescrites par le médecin traitant. Soit ces sorties sont libres, soit elles sont autorisées sauf entre 9 h 00 et 11 h 00 et entre 14 h 00 et 16 h 00. Notez toutefois que l’absence en dehors des heures de sortie peut être justifiée en cas de soins ou d’examens médicaux.

Un risque pour le salarié… Ce dernier ne peut pas s’opposer à la contre-visite et son absence non justifiée ou son refus peut vous autoriser à suspendre le versement du complément de salaire (pour la période postérieure à la visite). Il vous appartiendra toutefois de rapporter la preuve que le médecin n’a pas pu procéder à la contre-visite (au moyen du certificat qui vous sera remis par le médecin indiquant ce refus ou cette absence). Notez que si votre salarié s’absente plusieurs jours, il doit vous communiquer l’adresse de sa résidence pour ne pas faire obstacle à la contre-visite.


Modalités pratiques du contrôle

Le choix du médecin. Vous êtes, en principe, libre de choisir le médecin qui se présentera au domicile du salarié pour effectuer le contrôle. Vous pouvez faire appel à un médecin indépendant ou à un organisme spécialisé dans le contrôle. Votre convention collective peut toutefois encadrer votre choix.

Moment de la contre-visite. La contre-visite médicale ne peut être effectuée qu’à compter du 1er jour de maladie où le salarié a effectivement droit au maintien du salaire. Elle peut être organisée n’importe quand, sauf pendant les éventuelles heures de sortie autorisées, et sans que vous ne soyez dans l’obligation d’informer préalablement le salarié.

Concrètement. La contre-visite est effectuée par un médecin mandaté par l'employeur qui va se prononcer sur le caractère justifié de l'arrêt de travail, y compris sa durée. Cette contre-visite peut s'effectuer au choix du médecin :

  • soit au domicile du salarié ou au lieu communiqué par lui, en s'y présentant, sans qu'aucun délai de prévenance ne soit exigé, en dehors des heures de sortie autorisées ou, s'il y a lieu, aux heures communiquées par le salarié ;
  • soit au cabinet du médecin, sur convocation de celui-ci par tout moyen conférant date certaine à la convocation : si le salarié est dans l'impossibilité de se déplacer, notamment en raison de son état de santé, il doit en informer le médecin en précisant les raisons.

Résultats. Au terme de sa mission, le médecin informe l'employeur, soit du caractère justifié ou injustifié de l'arrêt de travail, soit de l'impossibilité de procéder au contrôle pour un motif imputable au salarié, tenant notamment à son refus de se présenter à la convocation ou à son absence lors de la visite à domicile.

Le coût de la prestation. Les frais correspondant au contrôle sont à votre charge. Ils ne peuvent pas être mis à la charge du salarié, même si son absence se révèle finalement injustifiée.

Validité du contrôle. Le médecin contrôleur devra décliner sa qualité et devra justifier qu’il a été mandaté par l’entreprise. Vous devrez donc lui remettre un mandat, préalablement au contrôle, qu’il présentera au salarié au moment du contrôle.

Le saviez-vous ?

Si le médecin contrôleur conclut que l’arrêt de travail n’est pas justifié, il doit transmettre son avis au service du contrôle médical de la caisse d’assurance maladie, dans les 48 heures. Ce service effectuera également une vérification avant de suspendre, le cas échéant, le versement des IJSS.

Intervention de la CPAM. Il est possible de faire part de vos suspicions quant à un arrêt maladie dit « de complaisance » auprès de la caisse de sécurité sociale qui verse les IJSS au salarié. Elle pourra, elle aussi, exercer un contrôle de l’arrêt maladie et suspendre, le cas échéant, le versement des IJSS.

Le saviez-vous ?

Lorsque la caisse de sécurité sociale constate, de sa propre initiative, que l’absence n’est pas justifiée, elle doit en informer l’employeur. Attention : aucun texte ne vous autorise expressément à suspendre le versement du complément d’indemnisation mais rappelons qu’il est tout de même subordonné à la prise en charge de l’arrêt par la Sécurité sociale.

A retenir

Lorsqu’un salarié est malade, vous pouvez être tenu de lui verser un complément d’indemnisation déjà assurée par la caisse d’assurance maladie. Mais si vous craignez un arrêt de complaisance, et donc d’indemniser le salarié indûment, vous pouvez faire réaliser un contrôle par un médecin… ou au moins informer la caisse de sécurité sociale de vos doutes.
 

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Sources
  • Loi n° 2016-1827 du 23 décembre 2016 de financement de la sécurité sociale pour 2017 (article 109)
  • Articles L 1226-1 et suivants du Code du Travail
  • Article L 323-6 du Code de la Sécurité Sociale
  • Article L 315-1 et L 315-2 du Code de la Sécurité Sociale (lien employeur/sécurité sociale)
  • Décret n° 2013-266 du 28 mars 2013 relatif à la déclaration sociale nominative
  • Décret n° 2014-953 du 20 août 2014 relatif aux modalités de calcul des indemnités journalières dues au titre de la maladie, de la maternité, des accidents du travail et des maladies professionnelles
  • Arrêté du 28 juin 2013 fixant le modèle du formulaire « Attestation de salaire pour le paiement des indemnités journalières maladie, maternité/adoption, paternité/accueil de l'enfant, femme enceinte dispensée de travail »
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 26 mai 2010, n° 08-41595 (attitude désinvolte justifiant une faute grave)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 9 décembre 2010, n° 09-16140 (participation à des activités sportives pendant les sorties libres)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, 2ème chambre civile, du 9 décembre 2010, n° 09-14575 (suspension du versement des indemnités journalières)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 12 octobre 2011, n° 10-16649 (exercice d’une activité causant un préjudice à l’employeur)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 21 novembre 2012, n° 11-23009
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 16 octobre 2013, n° 12-15638 (activité de pilote pendant un arrêt de travail)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 5 février 2014, n° 12-24250 (contre visite et suspension du maintien de salaire)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre mixte, du 21 mars 2014, n° 12-20002 et 12-20003 (arrêt de travail représentant du personnel et paiement des heures de délégation)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 28 janvier 2015, n° 13-18354 (activité professionnelle chez un concurrent pendant un arrêt de travail)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 16 mars 2016, n° 14-16588 (mention « sorties libres » et contre-visite médicale pendant des vacances du salarié)
  • Décret n° 2024-692 du 5 juillet 2024 relatif à la contre-visite mentionnée à l'article L. 1226-1 du code du travail
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Gérer les congés et les absences des salariés

Gérer une demande de congé d’un salarié réserviste

Date de mise à jour : 11/09/2023 Date de vérification le : 11/09/2023 16 minutes
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Un salarié vous sollicite et vous annonce qu’il doit s’absenter quelques jours pour effectuer une mission militaire. Peut-il bénéficier d’un congé spécial ?

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Gérer une demande de congé d’un salarié réserviste

La mobilisation du salarié réserviste

Des congés exceptionnels. Certains de vos salariés cumulent peut-être leur emploi avec un engagement de réserviste militaire, civil ou sanitaire. Parfois, ils seront amenés à s’absenter de l’entreprise. C’est pour cette raison qu’un droit à congé exceptionnel leur est attribué.

Important ! En aucun cas vous ne pouvez rompre le contrat de travail d’un salarié réserviste durant l’accomplissement d’une mission (vous ne pouvez pas prévoir de fin de contrat pendant cette période ni notifier une rupture). Vous ne pouvez pas non plus rompre le contrat de travail, déclasser ou sanctionner le salarié réserviste en raison des absences liées à ses missions.


Le salarié réserviste dans la sécurité civile

Réserve communale de sécurité civile. En cas d’événements excédant les moyens habituels de la sécurité civile (catastrophe naturelle et accident industriel), les réservistes de la réserve communale de la sécurité civile peuvent être appelés. Leur mission consiste à suppléer les secouristes et les pompiers dans leurs tâches les plus simples pour leur permettre de se concentrer sur les missions complexes, dangereuses ou urgentes.

Les missions des réservistes. Les réservistes de la sécurité civile peuvent être amenés, par exemple, à surveiller les cours d’eau, à orienter les habitants en cas d’évacuation, à déneiger, débroussailler, assister les sinistrés aux formalités administratives…

Demande d’absence exceptionnelle. Le salarié réserviste qui souhaite se rendre disponible pour une mission de sécurité civile pendant ses heures de travail doit vous adresser une demande d’absence. Vous pouvez la refuser. Toutefois votre refus doit être motivé. Dans ce cas, notifiez votre refus au salarié et à l’autorité de gestion de la réserve dans la semaine qui suit la réception de la demande.

La rémunération du réserviste en mission. Pendant la mission de sécurité civile, le contrat de travail de votre salarié est suspendu, ainsi que sa rémunération. Toutefois, le temps d’absence de votre salarié est considéré comme une période de travail effectif pour le calcul de l’ancienneté, des congés payés et des droits aux prestations sociales.

Un avantage fiscal pour l’entreprise ? Si vous comptez parmi vos salariés des sapeurs-pompiers volontaires, vous pourrez bénéficier d’une réduction d’impôt au titre de leur mise à disposition (gratuite) au profit des services départementaux d’incendie et de secours (SDIS), pendant les heures de travail et pour des interventions opérationnelles, ou des formations nécessaires pour la réalisation d’interventions opérationnelles.

     =>  Pour en savoir plus, consultez notre fiche : Soutenez une association et faites des économies d’impôt sur les bénéfices


Le salarié participant aux opérations de secours

Un cadre précis. Seules les associations agréées peuvent participer aux opérations de secours et à l’encadrement des bénévoles dans le cadre des actions de soutien aux populations (par exemple lors d’un plan Orsec). Les salariés bénévoles de ces associations peuvent solliciter un congé exceptionnel afin de participer aux opérations de secours.

Le plan Orsec. Le dispositif d’organisation de la réponse de sécurité civile (Orsec) est un système de gestion de crise. Il est actionné en cas de catastrophes dépassant les moyens habituels de la sécurité civile.

Demande du salarié. Si l’un de vos salariés membre d’une association agréée en matière de sécurité civile est appelé à servir pour mettre en œuvre le plan Orsec ou s’il est appelé en cas d’accident, de sinistre ou de catastrophe, pour effectuer une mission pendant son temps de travail, il doit vous présenter une demande d’autorisation d’absence.

Refuser cette demande ? Vous ne pouvez pas vous opposer à l’absence de votre salarié, sauf dans l’hypothèse où cette absence entraînerait des conséquences importantes sur la production ou la marche de l’entreprise.

Rémunération du salarié absent. Vous pouvez décider de maintenir la rémunération de votre salarié lorsqu’il participe à des opérations de secours. Toutefois, vérifiez votre convention collective et votre accord d’entreprise, car ils peuvent prévoir que le salarié a droit au maintien de sa rémunération. Notez également que vous pouvez conclure une convention à ce sujet avec le Ministre en charge de la sécurité civile.


Le salarié engagé dans la réserve sanitaire

La réserve sanitaire. La réserve sanitaire est ouverte à chaque citoyen spécialisé dans le milieu médical (salarié, étudiant, retraité, professeur etc.). Ces volontaires sont formés pour intervenir en renfort en cas de situation sanitaire exceptionnelle en France ou à l’étranger.

Un contrat d’engagement. Chaque réserviste conclut un contrat d’engagement de 3 ans avec l’Agence nationale de santé publique (ANSP). Si l’un de vos salariés est réserviste, une convention vous sera également présentée. Cette convention a une durée de 3 ans. Elle est conclue entre le réserviste, l'ANSP et vous. Ainsi, vous êtes informé de l’engagement de votre salarié.

Appel en mission. Chaque réserviste salarié qui est contacté pour participer à une mission doit obtenir l’autorisation de son employeur pour s’absenter de son travail.

Durée de la mobilisation. La mobilisation des réservistes peut durer jusqu’à 45 jours par an. Elle peut être prolongée à 90 jours à la demande du Ministre de la Santé.

La rémunération du réserviste. Lorsque le réserviste est en mission sur son temps de travail, vous devez maintenir sa rémunération. Mais l’Agence nationale de santé publique vous indemnisera pour les absences liées à la mission et/ou aux éventuelles blessures ou maladies survenues pendant la mission.C’est la convention signée entre le réserviste, l’employeur et le directeur général de l’ANSP qui précisera les modalités d’indemnisation de l’employeur.

À noter. Les périodes d’absence du réserviste sont considérées comme une période de travail effectif dans le calcul de l’ancienneté, de l’avancement, des congés payés et des prestations sociales.

Refuser le départ du réserviste ? Vous avez la possibilité de refuser la demande d’absence de votre salarié en cas de nécessité inhérente à la poursuite de la production de l’entreprise.


Le salarié actif dans la réserve opérationnelle

La réserve opérationnelle. La réserve opérationnelle militaire est divisée en 2 réserves. La première est composée de civils souhaitant s’engager sans pour autant en faire leur métier principal. La seconde est composée de tous les anciens militaires de carrière. Les premiers reçoivent une formation leur permettant d’apporter un renfort temporaire aux forces armées pendant une dizaine de jours par an. Tandis que les seconds peuvent être rappelés à tout moment, pendant une durée de 5 ans suivant leur départ de l’armée.

Bénéficiaires du congé. Chaque salarié qui s’est engagé à servir dans la réserve opérationnelle militaire bénéficie d’un congé afin d’accomplir leurs missions dans la réserve.

Durée du congé. Depuis le 3 août 2023, les salariés concernés peuvent bénéficier de 10 jours de congés par année civile (contre 8 auparavant). Cependant, dans les entreprises de moins de 50 salariés (contre moins de 250 salariés auparavant), l'employeur peut décider, afin de conserver le bon fonctionnement de l'entreprise, de limiter ce temps à 5 jours ouvrés par année civile.

Une durée qui peut être augmentée ? Oui, la durée peut être augmentée : 

  • soit par un accord écrit et signé par l’employeur et le salarié, et annexé au contrat de travail ; 
  • soit par le contrat de travail initial, par une convention conclue entre le ministre de la défense ou le ministre de l'intérieur et l'employeur, par une convention ou un accord collectif d'entreprise ou, à défaut, par une convention ou un accord de branche.

Demande du salarié. Le salarié réserviste doit vous présenter sa demande de congé exceptionnel, ou pour pouvoir s’absenter au-delà de cette durée, par écrit, en inscrivant la date et la durée de son absence. Le délai de préavis à respecter pour prévenir de son absence « de droit », ou pour pouvoir s’absenter au-delà de cette durée, est fixé : 

  • par le contrat de travail, une convention conclue entre le ministre de la défense ou le ministre de l'intérieur et l'employeur, une convention ou un accord collectif d'entreprise ou, à défaut, une convention ou un accord de branche, pour une durée maximale d’un mois ; 
  • à un mois, à défaut de stipulations favorables. 

À défaut de réponse dans ce délai. Si l’employeur ne répond pas dans ce délai, son accord est réputé acquis. 

En cas de circonstances exceptionnelles. Dans certaines circonstances exceptionnelles, le ministre des Armées peut réduire ce préavis à 15 jours. Dans ce cas, seuls les réservistes ayant souscrit, avec l’accord de leur employeur, à une clause de réactivité peuvent bénéficier de ce préavis raccourci.

Refuser le congé. Le refus de l'employeur d'accorder l'autorisation de participer à une activité dans la réserve opérationnelle est motivé et notifié au salarié ainsi qu'à l'autorité militaire dans les 15 jours à compter de la réception de la demande.

Le temps dans la réserve… Les périodes d’activité dans la réserve opérationnelle militaire sont considérées comme des périodes de travail effectif pour le calcul de l’ancienneté, de l’avancement, des congés payés et des prestations sociales.

Retour du salarié. A son retour de congé, le salarié réserviste retrouve son emploi ou un emploi équivalent avec une rémunération équivalente.

Des congés supplémentaires ? Un salarié peut, sur sa demande et en accord avec l'employeur, renoncer anonymement et sans contrepartie à tout ou partie de ses jours de repos non pris (à partir de la 5ème semaine de congés payés) au bénéfice d'un salarié réserviste de l'entreprise pour lui permettre d'effectuer une période d'activité dans la réserve opérationnelle. Peu importe que les jours non pris aient été affectés ou non sur un compte épargne-temps.

À noter. Le bénéficiaire d'un ou plusieurs jours cédés dans ce cadre dispose d’un maintien de sa rémunération pendant sa période d'absence. Celle-ci est, par ailleurs, assimilée à une période de travail effectif pour la détermination des droits que le salarié tient de son ancienneté. Le salarié conserve, en outre, le bénéfice de tous les avantages qu'il avait acquis avant le début de sa période d'absence.

Un avantage fiscal pour l’entreprise ? Si vous comptez parmi vos salariés des réservistes : l’administration admet que la mise à disposition de salariés réservistes pendant les heures de travail au profit de la réserve opérationnelle des forces armées ou de la gendarmerie nationale constitue du mécénat, éligible à la réduction d’impôt.

     =>  Pour en savoir plus, consultez notre fiche : Soutenez une association et faites des économies d’impôt sur les bénéfices

À retenir

Il existe de nombreuses réserves permettant de suppléer les forces armées et la sécurité civile en cas d’événement majeur exceptionnel.

Certains de vos salariés peuvent être engagés dans l’une d’entre elles. A ce titre, ils bénéficient d’un congé exceptionnel, rémunéré ou non, leur permettant d’intervenir dans des missions de soutien.

 

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Gérer une demande de congé pour engagement associatif, politique ou militant

Date de mise à jour : 22/04/2024 Date de vérification le : 22/04/2024 12 minutes
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Les salariés représentants d’une association ou d’une mutuelle et les salariés s’engageant dans la vie politique bénéficient d’un congé supplémentaire différent de leurs congés payés afin de mener leur projet. Quels sont leurs droits ?

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Le congé de représentation

L’engagement associatif. Le milieu associatif ne cesse de croître et est un chaînon important de l’économie. La France compte plus d’un million d’associations. Tandis que le nombre de bénévoles dépasse les 20 millions. Parfois ces associations sont amenées à participer à des commissions ou des instances publiques afin d’être consultées, ou simplement de participer au débat.

Bénéficiaires du congé. Le congé de représentation est destiné aux salariés bénévoles dans une association ou une mutuelle qui ont été désignés comme représentants afin de participer à une commission ou une instance publique.

Conditions liées à l’association. Seuls les bénévoles des associations déclarées en application de la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d’association ou inscrites au registre des associations en application de la loi du 19 avril 1908 (pour les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle) depuis au moins 1 an peuvent bénéficier du congé de représentation.

Conditions liées à la représentation. Le salarié bénévole ne peut bénéficier de ce congé que lorsqu’il doit représenter l’association ou la mutuelle lors d’une commission ou d’une instance publique (consultative ou non) instituée par une loi, un décret ou un arrêté. La commission ou l’instance à laquelle il assiste doit être placée sous l’autorité de l’Etat ou d’une collectivité territoriale.

Le saviez-vous ?

Les représentants des parents d’élèves peuvent bénéficier de ce congé tandis que les membres des bureaux d’aide juridictionnelle ne le peuvent pas.

Vérifiez votre convention collective. Votre convention collective, votre accord d’entreprise ou, à défaut, votre accord de branche, peut déterminer la durée totale maximale du congé, le délai dans lequel le salarié adresse sa demande de congé et le nombre maximal de salariés susceptibles de bénéficier du congé de représentation au cours d’une année au sein d’un établissement.

Durée du congé. A défaut de convention, la durée totale maximale du congé est de 9 jours ouvrables par an. Le congé peut être pris par journée ou par demi-journée.

Rémunération du salarié. La rémunération du salarié pendant les jours de congé de représentation n’est pas obligatoire (vérifiez tout de même ce que prévoit votre convention collective sur ce point). Cependant, vous pouvez décider de la maintenir en totalité ou en partie. Le salarié bénéficie, quant à lui, d’une indemnité compensant, en totalité ou partiellement, sous forme forfaitaire, la diminution de sa rémunération. Dans le cas où vous décideriez de verser un salaire pendant le congé de représentation, vous bénéficiez d’une déduction fiscale sur les sommes versées.

Si vous décidez de ne pas rémunérer votre salarié… Si vous décidez de ne pas maintenir la rémunération de votre salarié (et êtes autorisé à le faire), vous devez lui remettre une attestation indiquant le nombre d’heures non rémunérées sur la période de congé de représentation.

A noter. La durée du congé ne peut pas être imputée sur la durée des congés payés. Toutefois, elle est assimilée à du travail effectif et permet de déterminer les droits à congés payés.

La demande du salarié. Le salarié qui souhaite bénéficier du congé de représentation doit vous informer, à défaut de précision dans votre convention collective, au moins 15 jours avant le début du congé par une demande écrite. Cette demande devra indiquer la date et la durée de l’absence ainsi que l’instance à laquelle il est appelé à siéger.

Pouvez-vous refuser ce congé ? En présence de représentants du personnel, vous ne pouvez refuser ce congé qu’après avoir obtenu l’avis du comité social et économique (CSE). Votre refus n’est possible que si vous considérez que l’absence de votre salarié entraînerait des conséquences préjudiciables à la production ou à la bonne marche de l’entreprise. Votre refus doit obligatoirement être notifié à votre salarié dans les 4 jours suivant sa demande ; vous devez le motiver.

Autre motif de refus. Vous pouvez également refuser l’octroi de ce congé si le nombre de salariés ayant déjà bénéficié de ce congé durant l’année en cours dépasse le seuil de 1 salarié dans les entreprises de moins de 50 salariés, de 2 dans les entreprises de 50 à 99 salariés et de 3 dans les entreprises de 100 à 199 salariés.


Le congé pour mandat parlementaire ou local

Un congé pour les candidats aux élections. Les élections locales, régionales et nationales sont ouvertes à tous les citoyens. Il peut donc arriver que l’un de vos salariés vous demande un congé afin de mener à bien sa campagne électorale.

Candidats parlementaires. Les salariés candidats à l’Assemblée nationale ou au Sénat bénéficient d’un congé de 20 jours ouvrables maximum.

Candidats locaux et européens. Les candidats au Parlement européen, au conseil municipal d’une commune, au conseil départemental, au conseil régional, à l’assemblée de Corse ou au conseil de la métropole de Lyon bénéficient d’un congé de 10 jours ouvrables maximum.

Fractionnement du congé. Le congé pour mandat parlementaire ou local peut être fractionné à la convenance du candidat. Ainsi, le salarié pourra demander à bénéficier d’une demi-journée de congé. Mais le délai de prévenance est toujours de 24 heures avant le début du congé.

Le salarié est-il rémunéré pendant son absence ? Le congé ne donne, par principe, pas droit au maintien de rémunération. Mais il est possible, avec votre accord, de prévoir que les périodes d’absences soient récupérées. De plus, la convention collective ou le contrat de travail peuvent prévoir une rémunération pendant cette absence.

Quel impact sur les congés payés ? A la demande de votre salarié, la durée des absences peut être imputée sur les congés payés acquis à la date du premier tour du scrutin. Mais les absences sont assimilées à du temps de travail effectif pour la détermination des droits à congés payés ainsi que des droits liés à l’ancienneté.

Cas particulier. Le contrat de travail du salarié membre de l’Assemblée nationale ou du Sénat est, sur sa demande, suspendu jusqu’à l’expiration de son mandat à condition qu’il justifie d’au moins 1 an d’ancienneté dans l’entreprise à la date de sa prise de fonction parlementaire.

Retour du salarié. A l’expiration de son mandat, le salarié réintègre l’entreprise. Il retrouve son ancien emploi, ou un emploi analogue assorti d’une rémunération équivalente. Sa réintégration doit intervenir dans les 2 mois suivant sa demande.

Attention ! Le salarié réintégré doit pouvoir bénéficier d’une réadaptation professionnelle (par des formations lui permettant de se former sur les techniques et méthodes de travail). Il bénéficie également des avantages acquis par sa catégorie professionnelle durant son absence.

Le saviez-vous ?

Le salarié élu qui bénéficie d’un second mandat et qui, de ce fait, quitte son emploi plus de 5 ans, ne bénéficie pas des droits à réintégration, au maintien des avantages acquis par sa catégorie professionnelle ni de réadaptation à son emploi.

Le salarié élu à l’une des deux chambres du Parlement puis élu dans la seconde chambre ne bénéficie pas, non plus, de ces droits.

Ces salariés peuvent toutefois demander leur réembauche. Ils bénéficient à ce titre d’une priorité de réembauche pendant une période d’un an. En cas de réembauche, vous pouvez accorder le bénéfice de tous les avantages acquis avant les mandats.

A retenir

Les salariés représentants d’une mutuelle ou d’une association peuvent bénéficier de congés pour siéger à des commissions ou des instances publiques. Tandis que les salariés candidats aux élections locales, régionales ou nationales bénéficient d’un congé leur permettant de mener leur campagne électorale.
 

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Gérer une demande de congé liée à une formation spécifique

Date de mise à jour : 24/05/2022 Date de vérification le : 24/05/2022 8 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Chaque salarié a droit à des congés de formation afin de lui permettre d’obtenir une qualification ou d’évoluer professionnellement. Mais il existe également des droits à congé pour les administrateurs de mutuelle, pour les jeunes salariés bénévoles auprès de la jeunesse ou encore pour participer à un jury d’examen !

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Le congé de formation de cadres et d’animateurs pour la jeunesse

Former les jeunes à éduquer les plus jeunes… Les mouvements d’éducation populaire sont des acteurs majeurs de l’animation et de l’encadrement des jeunes en dehors des périodes scolaires. Que ce soit dans les associations sportives, culturelles ou multi-activités, les encadrants doivent détenir un diplôme attestant de leur capacité à encadrer des plus jeunes. Leur formation se déroule en plusieurs étapes, qui nécessite de donner du temps supplémentaire.

Bénéficiaires du congé. Chaque année, les salariés de moins de 25 ans qui souhaitent participer aux activités des organisations de jeunesse et d’éducation populaire et des fédérations et associations sportives agréées peuvent bénéficier d’un congé de formation de cadres et d’animateurs.

Et sans condition d’âge… Un congé est accordé, sans condition d’âge, à chaque salarié qui :

  • est désigné pour siéger à titre bénévole dans l’organe d’administration ou de direction d’une association déclarée depuis plus de 3 ans et dont les activités ont un caractère philanthropique, éducatif, scientifique, social, humanitaire, sportif, familial, culturel, ou concourant à la mise en valeur du patrimoine artistique, notamment à travers les souscriptions ouvertes pour financer l'achat d'objets ou d'œuvres d'art destinés à rejoindre les collections d'un musée de France accessibles au public, à la défense de l'environnement naturel ou à la diffusion de la culture, de la langue et des connaissances scientifiques françaises ;
  • est membre d’un conseil citoyen pour siéger dans les instances internes et participer aux instances de pilotage du contrat de ville, y compris celles relatives aux projets de renouvellement urbain ;
  • apporte à une mutuelle, union ou fédération, (sans y être administrateur) en dehors de tout contrat de travail, un concours personnel et bénévole, dans le cadre d'un mandat pour lequel elle a été statutairement désignée ou élue.

Le saviez-vous ?

Les formations que peuvent suivre ces jeunes sont le plus souvent des formations BAFA ou BAFD. Le BAFA est le Brevet d’Aptitude aux Fonctions d’Animateur tandis que le BAFD est le Brevet d’Aptitude aux Fonctions de Directeur. Ces deux diplômes permettent d’encadrer à titre non professionnel, de façon occasionnelle, des enfants et des adolescents en accueils collectifs de mineurs.

A titre exceptionnel ! Il sera possible d’accorder le congé de formation de cadre et d’animateur pour la jeunesse à un salarié âgé de plus de 25 ans. Dans ce cas, il devra vous présenter une attestation indiquant qu’il est désigné pour prendre part à un stage de formation supérieure d’animateur. Cette possibilité n’est ouverte qu’une seule fois aux salariés de plus de 25 ans.

Vérifiez votre convention collective. Votre convention collective, votre accord d’entreprise ou votre accord de branche peut déterminer la durée maximale du congé ainsi que les conditions de cumul avec le congé de formation économique, sociale et syndicale. L’accord peut également prévoir un délai particulier dans lequel le salarié doit vous adresser sa demande ou encore le nombre maximal de salariés pouvant bénéficier de ce congé au cours de la même année.

Durée du congé. A défaut d’accord, 6 jours peuvent être pris au titre de ce congé. Les jours de congés sont comptés en jours ouvrables.

Le salarié est-il rémunéré pendant son congé ? Durant le congé de formation de cadre et d’animateur pour la jeunesse, la rémunération du salarié n’est pas maintenue. Toutefois, la durée du congé est assimilée à du temps de travail effectif pour la détermination de la durée des congés payés.

La demande du salarié. La demande de congé doit vous parvenir au moins 30 jours avant le début du congé. Votre salarié doit vous préciser la date et la durée de l’absence souhaitée. Il doit également vous indiquer l’organisme responsable du stage ou de la cession de formation.

A noter. Il n’est pas possible de cumuler ce congé avec le congé individuel de formation. Lorsqu’il se cumule avec le congé de formation économique et syndicale, le salarié ne peut bénéficier que de 12 jours cumulés de formation.

Refuser ce congé. Par principe vous ne pouvez refuser ce congé que pour des nécessités particulières à l’entreprise ou à son fonctionnement. Sauf dans l’hypothèse où le congé concerne un salarié de plus de 25 ans, vous pouvez également refuser si le nombre de salariés ayant bénéficié de ce congé au cours de l’année dépasse le seuil de 1 dans les entreprises de moins de 50 salariés, de 2 dans les entreprises de 50 à 100 salariés et de 3 dans les entreprises de 101 à 200 salariés. Dans tous les cas, vous devrez motiver votre refus et, le cas échéant, consulter le comité social et économique (CSE).

Le saviez-vous ?

Si un salarié, à qui vous avez refusé une demande de congé de formation de cadre et d’animateur pour la jeunesse, vous formule une seconde demande dans un délai de 4 mois, vous ne pourrez justifier un second refus que si le nombre de salariés ayant bénéficié de ce congé au cours de l’année dépasse le seuil applicable.

Un délai pour répondre. Votre refus devra être notifié au salarié qui avait fait sa demande dans les 8 jours suivant la réception de sa demande.


Le congé de participation aux instances d'emploi et de formation professionnelle ou à un jury d'examen

Permettre aux jeunes d’obtenir un examen… Les membres des jurys d’examen ne sont pas forcément professeurs. Certains d’entre eux sont des professionnels qui deviennent examinateurs quelques jours. Mais souvent, les examens se déroulent sur le temps de travail…

Bénéficiaires du congé. Les salariés désignés pour participer à un jury d’examen ou pour siéger dans une commission, un conseil ou un comité administratif ou paritaire appelé à traiter des problèmes d'emploi et de formation, peuvent bénéficier de ce congé.

Un congé rémunéré ! Vous devez maintenir la rémunération de votre salarié pendant la durée de ce congé. Notez que la durée de ce congé ne peut pas être imputée sur les congés payés.

Délai de la demande. Il est possible que votre convention ou votre accord d’entreprise précise les délais dans lesquels le salarié doit vous adresser sa demande de congé. A défaut, cette demande doit vous parvenir au moins 15 jours calendaires avant le début de la session d’examen. Sa demande doit être accompagnée de la copie de sa convocation à participer au jury d’examen.

Refuser ou reporter ce congé. Vous pouvez refuser ce congé, par tout moyen conférant date certaine, si vous estimez qu’il est susceptible d'entraîner des conséquences préjudiciables à la bonne marche de l’entreprise. Votre refus n’est possible qu’après un avis motivé du CSE.

Devez-vous payer les frais engagés par le salarié jury d’examen ? Si le jury auquel participe votre salarié permet de délivrer des certifications professionnelles, les frais engagés pourront être pris en compte au titre de la participation à la formation continue de l’entreprise. Vous pouvez, soit les payer directement puis les déduire de votre contribution, soit demander à l’organisme paritaire collecteur agréé auquel vous êtes rattaché de les prendre en charge.


Le congé mutualiste de formation

Bénéficiaires du congé. Tout administrateur d’une mutuelle, d’une union ou d’une fédération qui œuvre à une action de prévoyance, de solidarité et d'entraide à ses membres a droit, chaque année, à un congé lui permettant de suivre une formation.

L’organisme formateur. Seules les formations menées par la Fédération Nationale de la Mutualité Française et le centre de formation de la Fédération Nationale des Mutuelles de Travailleurs permettent aux administrateurs des mutuelles de bénéficier d’un congé de formation spécifique.

A noter. Le congé mutualiste de formation est un congé non rémunéré. Mais la durée de ce congé est assimilée à une période de travail effectif pour la détermination des congés payés. La durée ne peut pas être imputée sur la durée des congés payés annuels.

Vérifiez votre convention collective. Votre convention collective ou l’accord d’entreprise peut prévoir la durée totale maximale du congé, le délai de demande et le nombre maximal de salariés bénéficiant simultanément de ce congé.

A défaut de précision conventionnelle. A défaut de convention ou d’accord (collectif ou de branche), chaque salarié a droit à 9 jours ouvrables de congés annuels. Le nombre maximum de salariés pouvant bénéficier simultanément de ce congé est lié à l’effectif de l’entreprise (1 bénéficiaire dans les entreprises de moins de 50 salariés, 2 bénéficiaires dans les entreprises employant entre 50 et 100 salariés, 3 bénéficiaires dans les entreprises employant entre 101 et 200 salariés).

La demande du salarié. Une demande écrite doit vous être adressée 30 jours avant le début du congé. La demande doit vous informer de la date et de la durée de l’absence envisagée. Elle doit également indiquer l’organisme responsable du stage ou de la formation.

Refuser ou reporter ce congé. Votre réponse doit intervenir dans les 8 jours à compter de la réception de la demande.Vous pouvez refuser ou reporter ce congé pour des nécessités particulières à l’entreprise ou si le nombre de travailleurs ayant bénéficié de ce congé sur l’année a déjà atteint une limite prévue par accord collectif ou, à défaut, par la loi (cette limite dépend de l’effectif de l’entreprise).

A retenir

Certains salariés bénévoles et engagés peuvent bénéficier d’un congé supplémentaire pour se former. C’est le cas pour les représentants des mutuelles et pour les animateurs auprès de la jeunesse. Les salariés qui deviennent, le temps d’un examen, membres d’un jury, ont également droit à un congé spécifique.

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Gérer la demande de congé d’un salarié qui souhaite aider des victimes

Date de mise à jour : 24/05/2022 Date de vérification le : 24/05/2022 5 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Les catastrophes naturelles sont de plus en plus nombreuses. Lorsqu’ils le peuvent, de nombreux citoyens apportent leur aide aux victimes. Un congé spécifique a été créé afin d’encourager leur engagement. Quelles circonstances permettent aux salariés de bénéficier de ce congé ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Gérer la demande de congé d’un salarié qui souhaite aider des victimes


Le congé pour catastrophe naturelle

Une situation de plus en plus courante. Chaque année, différentes régions françaises sont touchées par de violentes intempéries qui entraînent de nombreux dégâts (inondations en octobre 2015 dans les Alpes-Maritimes et en janvier 2018 en région parisienne, coulées de boues en juin 2016 en Moselle…). Dans ces situations, l’entraide et la solidarité entre les habitants est importante.

Bénéficiaires du congé. Les salariés qui résident ou qui travaillent habituellement dans une zone touchée par une catastrophe naturelle peuvent bénéficier d’un congé afin de participer aux activités des organismes qui apportent de l’aide aux victimes.La loi ne fixe pas de condition d’âge ou d’ancienneté.

Le saviez-vous ?

L’état de catastrophe naturelle ne se présume pas. Il est constaté par arrêté ministériel.

Durée du congé. Les salariés souhaitant apporter leur aide peuvent bénéficier de 20 jours de congé, pris en une ou plusieurs fois.

La demande du salarié. Le salarié qui souhaite bénéficier de ce congé doit vous faire parvenir une demande écrite. En cas d’urgence, le congé peut être pris immédiatement sous réserve de respecter un préavis de 24 heures.

La rémunération du salarié. Durant la totalité du congé, le salarié ne perçoit pas de rémunération.

Refuser le congé ? Vous pouvez refuser que votre salarié prenne ce congé si vous estimez que son absence aura des conséquences préjudiciables pour l’exploitation et la bonne marche de l’entreprise. Dans ce cas, vous devez préalablement consulter le comité social et économique (CSE).


Le congé de solidarité internationale

En France et à l’étranger… Les catastrophes naturelles ne sont pas uniquement françaises. De nombreux pays sont également touchés par la violence de la nature. Les ouragans, les tornades, les tremblements de terre ou encore les tsunamis détruisent très souvent des villes entières. Les associations humanitaires sont les premières à être dépêchées sur le terrain.

Bénéficiaires du congé. Les salariés qui participent à une mission hors de France, pour le compte d’une association à objet humanitaire ou pour le compte d’une organisation internationale dont la France est membre, ont droit à un congé de solidarité internationale. Seuls les salariés qui justifient d’au minimum 12 mois d’ancienneté dans l’entreprise, consécutifs ou non, peuvent en bénéficier.

     =>  Consultez notre annexe pour accéder à la liste des associations à objet humanitaire ouvrant droit au congé de solidarité internationale

Durée du congé. Le congé de solidarité internationale est limité à 6 mois, qu’il soit pris en une ou plusieurs fois.

A noter. La durée du congé ne peut pas diminuer la durée du congé payé annuel. La durée du congé est assimilée à du travail effectif et participe à la détermination des avantages légaux et conventionnels liés à l’ancienneté.

Le saviez-vous ?

Pendant la durée de ce congé, le contrat de travail est suspendu.

Vérifiez votre convention collective. Il est possible que votre convention collective ou que l’accord d’entreprise prévoit des dispositions particulières en matière de durée maximale du congé, d’ancienneté requise, de nombre de salariés bénéficiant simultanément du congé, des délais de préavis concernant la demande du salarié, ainsi que des mesures permettant le maintien d’un lien entre l’entreprise et le salarié durant son absence.

La demande du salarié. Le salarié qui souhaite bénéficier du congé de solidarité internationale doit vous adresser sa demande au moins 30 jours avant le début du congé. Il devra préciser la durée du congé demandé, ainsi que le nom de l’association pour le compte de laquelle la mission sera accomplie.

Refuser ce congé ? Vous pouvez refuser la demande de congé de solidarité internationale de l’un de vos salariés si vous estimez que son absence est susceptible d'entraîner des conséquences préjudiciables à la bonne marche de l’entreprise. Votre refus doit toujours être motivé. Il doit intervenir après consultation du CSE.

Mais aussi… Vous pouvez également refuser ce congé si le nombre de salariés qui bénéficient simultanément de ce congé est supérieur à 1 dans les entreprises de moins de 50 salariés, à 2 dans les entreprises employant entre 20 et 99 salariés et supérieur à 3 dans les entreprises employant 100 à 199 salariés. Dans ce cas, votre refus n’a pas à être justifié.

Attention ! Sauf en cas d’urgence, si vous ne répondez pas à la demande de congé de votre salarié dans les 15 jours, votre silence vaut accord.

Cas d’urgence. En cas d’urgence (catastrophe naturelle, faits de guerre etc.), le salarié pourra vous adresser une demande de congé de solidarité internationale sous préavis de 48 heures. Dans ce cas, la durée de son congé ne pourra excéder 6 semaines. Votre réponse devra alors intervenir dans les 24 heures. Votre refus n’a pas à être motivé. Notez que votre silence ne vaut pas accord dans cette hypothèse.

Le retour du salarié. A la fin de son congé, le salarié doit retrouver son emploi ou, à défaut, un emploi similaire assorti d’une rémunération au moins équivalente. Il doit vous présenter une attestation de l’association ou de l’organisme prouvant l’accomplissement de la mission.

A retenir

Un salarié qui souhaite intervenir auprès des victimes de catastrophes naturelles, ou auprès des victimes de guerre, en France ou à l’étranger, bénéficie d’un congé exceptionnel. Ces congés citoyens n’ouvrent pas droit au maintien de la rémunération.

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