Taxe sur les bureaux et les locaux en Ile-de-France : pour quoi ?
Taxe annuelle sur les bureaux : quels sont les biens imposables ?
Géographiquement. La taxe est due pour les locaux situés dans le ressort de la région Ile-de-France, à savoir Paris et les départements de l’Essonne, des Hauts-de-Seine, de Seine-et-Marne, de Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne, du Val d’Oise et des Yvelines.
Le saviez-vous ?
Si vous êtes propriétaire d’un local situé à la fois en région Ile-de-France et sur le territoire d’une autre région limitrophe (par exemple Hauts-de-France), la taxe ne sera due que pour la partie des locaux située en Ile-de-France.
Immeubles. Par nature la taxe annuelle a vocation à s’appliquer aux immeubles dans leur ensemble. Outre les immeubles dans leur ensemble, seront soumis à la taxe :
- une partie indépendante d’immeuble à condition qu’elle soit affectée à l’un des usages prévus (bureau, commerce ; etc.) : tel sera le cas d’un appartement utilisé comme bureau par un avocat et situé dans un immeuble d’habitation ;
- une ou plusieurs pièces comprises dans une unité autonome affectée à un autre usage que ceux prévus par la taxe : par exemple un bureau utilisé par un avocat dans un appartement occupé à titre d’habitation.
Biens taxables. Comme son nom l’indique justement, la taxe est due sur les locaux à usage de bureaux, les locaux professionnels, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement qui sont annexées à ces différents locaux.
Bureaux. Par bureaux, il faut entendre les pièces utilisées à usage de bureaux par les entreprises, les associations, les collectivités territoriales, etc., ainsi que leurs dépendances immédiates et indispensables (salles de réunion, de photocopie, fumoir, couloirs, salle informatique, toilettes, vestiaires, etc.). Les locaux techniques (local électrique par exemple) en revanche ne sont pas assimilés à des bureaux et ne sont, de fait, pas soumis à la taxe annuelle.
Cas particulier des locaux vacants. La vacance des locaux résultant de la réalisation de nombreux travaux de restructuration (dans le but, par exemple de transformer des bureaux en hôtel) ne permet pas d’échapper à la taxation. Seuls les locaux ayant fait l’objet, au 1er janvier de l’année, d’un réaménagement en vue de les affecter à une activité non soumise à taxation échappent effectivement à la taxe sur les bureaux en Ile-de-France.
Cas particulier des locaux en travaux. En conflit avec l’administration fiscale sur la superficie de ses bureaux à prendre en compte pour le calcul de la taxe sur les bureaux en Ile-de-France, une société a fait valoir l’existence d’important travaux de restructuration. Sauf qu’elle n’a pas prouvé l’effectivité de ce changement de destination : elle s’est contentée de produire un document intitulé « état des superficies » et un procès-verbal de réception des travaux qui mentionne des travaux de nettoyage, de ponçage, de reprise de peintures, de réfection de parquets, de rebouchage et de finitions, sans constater l'achèvement des travaux de restructuration autorisés par le permis de construire. En conséquence de quoi, le juge a maintenu le redressement fiscal.
Locaux professionnels. Il s’agit des locaux qui ne sont pas en tant que tels des bureaux, mais qui sont utilisés à des fins professionnelles par les membres des professions libérales (par exemple un cabinet médical) ou par des associations poursuivant un but non lucratif.
Locaux commerciaux. La notion de local commercial recouvre plusieurs situations :
- les locaux destinés à la vente de biens en gros ou à une activité de commerce de détail ;
- les locaux destinés à la réalisation de prestations de services de nature commerciale ou artisanale : cafés, restaurants, discothèques, salons de coiffure, casino, etc. ;
- les réserves et emplacements, couverts ou non, situés à proximité du local de vente ou du local où s’exécute la prestation de service : par exemple les emplacements où sont garés les véhicules d’un concessionnaire dans l’attente de leur vente.
Locaux de stockage. Sans surprise, il s’agit des locaux ou emplacement destinés au stockage de marchandises, de biens ou de produits. Un même propriétaire peut avoir à payer un montant de taxe annuelle pour son local commercial et un autre pour son local de stockage.
Attention. Les locaux de stockage dépendant d’ateliers de fabrication, d’établissements industriels ou d’exploitations agricoles ne seront pas soumis à la taxe à condition qu’ils fassent partie intégrante d’une unité de production. Cela sera par exemple le cas des entrepôts intégrés à une sucrerie.
Le saviez-vous ?
Les parcs d’exposition et les locaux à usage de salle de congrès sont par nature des locaux commerciaux. Toutefois pour l'application de la taxe annuelle sur les bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement, perçue en Ile-de-France, ils sont assimilés à des locaux de stockage, toutes conditions étant remplies.
Parcs d’exposition. Seules les surfaces accueillant des expositions bénéficieront du régime applicable aux locaux de stockage. Les bureaux situés dans l’enceinte des bâtiments relèveront du régime applicable aux bureaux. L’administration énumère précisément la liste des parcs d’exposition. Il s’agit des sites suivants :
- Paris-Nord Villepinte ;
- Paris Expo- Carrousel du Louvre ;
- CNIT Expo ;
- Paris le Bourget ;
- Espace Champerret ;
- Parc Floral ;
- Palais des Congrès de Paris.
Locaux à usage de congrès. Un local de congrès sera assimilé à un local de stockage s’il est affecté pour au moins la moitié de son temps d’utilisation à des réunions de membres de professions libérales, à des conférences professionnelles, à des assemblées générales de sociétés, etc. Si le local est affecté à ce type de manifestations pour une durée représentant moins de 50 % de son temps d’utilisation, il sera assimilé à un local commercial et non pas à un local de stockage.
Surfaces de stationnement. Il s’agit des locaux ou emplacements, couverts ou non, destinés au stationnement des véhicules. Les surfaces de stationnement seront soumises à la taxe annuelle si elles font l’objet d’une exploitation commerciale ou si elles sont annexées aux bureaux, locaux commerciaux ou locaux de stockage, sans être intégrés topographiquement à un établissement de production.
Le saviez-vous ?
Une surface de stationnement pourra être considérée comme annexée à un local commercial alors même que son propriétaire est différent de celui du local. Dans cette hypothèse, les deux propriétaires devront s’acquitter de la taxe annuelle : l’un pour son local commercial et l’autre pour sa surface de stationnement.
Depuis le 1er janvier 2019. Les parcs de stationnement commerciaux, et d’une manière générale, tous les locaux ou aires, hors voies publiques, destinés au stationnement et dans lesquels est exercée une activité d’exploitation commerciale de parcs de stationnement, sont dorénavant inclus dans le périmètre de la taxe sur les bureaux et soumis au même tarif que les surfaces de stationnement. La qualité de l’exploitant (personne publique ou privée) est sans incidence.
Taxe annuelle sur les bureaux : quels sont les biens exonérés ?
Géographiquement. Tous les locaux (bureaux, locaux commerciaux, etc.) sont exonérés de taxe annuelle sur les bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement, perçue en Ile-de-France s’ils sont situés dans une zone de redynamisation urbaine (ZRU) ou dans une zone franche urbaine (ZFU).
Activités. Les locaux peuvent aussi être exonérés de taxe annuelle selon l’utilisation qui en est faite. Ainsi, seront exonérés :
- les locaux situés dans une zone franche urbaine-territoire entrepreneur (ZFU-TE) ;
- les locaux et surfaces de stationnement appartenant aux fondations et aux associations reconnues d’utilité publique, dans lesquels elles exercent leur activité ;
- les locaux spécialement aménagés pour l’archivage administratif et pour l’exercice d’activités de recherche ou à caractère sanitaire, social, éducatif ou culturel ;
- les locaux administratifs et les surfaces de stationnement des établissements publics d'enseignement du premier et du second degré et des établissements privés sous contrat avec l'Etat ;
- les locaux de stockage appartenant aux sociétés coopératives agricoles ou à leurs unions ;
- les locaux et aires des parcs relais, qui s'entendent des parcs de stationnement assurant la liaison vers différents réseaux de transport en commun et dont la vocation exclusive est de faciliter l'accès des voyageurs à ces réseaux ;
- les emplacements attenant à un local commercial et aménagés pour l’exercice d’activités sportives (à compter des impositions dues au titre de l’année 2023).
Surface. En dehors de ces différentes exonérations, un local pourra également échapper à la taxe annuelle si sa superficie est inférieure à un certain seuil. Chaque catégorie de local relève d’un seuil différent fixé à :
- 100 m² pour les bureaux ;
- 500 m² pour les surfaces de stationnement ;
- 2 500 m² pour les locaux commerciaux ;
- 5 000 m² pour les locaux de stockage.
Appréciation. Pour déterminer si la surface de votre local est inférieure ou non au seuil d’exonération, il faut tenir compte de tous les biens de même nature que vous possédez à une même adresse ou si les adresses sont différentes, de tous les biens constituant un même groupement topographique.
Groupement topographique. Un groupement topographique est constitué de plusieurs constructions qui, au vu de leur agencement, constituent un ensemble homogène. C’est le cas par exemples des immeubles situés au coin d’une ou plusieurs rues, des immeubles à entrées multiples, etc.
Exclusion. Il faut exclure du calcul de la surface :
- les voies de circulation pour piétons auxquelles le public a accès gratuitement et librement ;
- les parties communes des immeubles à occupants multiples et ce, même si l’immeuble entier appartient au même propriétaire : c’est le cas par exemple du hall d’entrée d’un immeuble de bureaux occupé par plusieurs entreprises.
À retenir
Comme son nom l’indique, la taxe est due sur les locaux à usage de bureaux, les locaux professionnels, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement qui sont annexées à ces différents locaux. Toutefois, de nombreuses exceptions existent dépendant de l’activité déployée dans le local, de sa situation géographique ou encore de sa taille.
- BOFiP-Impôts-BOI-IF-AUT-50-10
- Article 231 ter du Code Général des Impôts
- Article 344-0 B de l’annexe III au CGI
- Arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Versailles du 28 mars 2017, n°16VE01403 (taxe annuelle due sur les rampes d’accès aux parkings)
- Arrêt du Conseil d’Etat du 19 juillet 2017, n°405377 (exonération locaux à caractère éducatif : aménagements spéciaux nécessaires)
- Arrêt du Conseil d’Etat du 11 octobre 2017, n°392999 (exonération locaux à caractère éducatif : aucun critère d’aménagement exclusif)
- Décision du Conseil Constitutionnel, QPC du 15 décembre 2017, n°2017-681 (exonération des locaux à caractère éducatif non applicable aux établissements privés hors contrat)
- Loi de Finances pour 2019, n° 2018-1317, du 28 décembre 2018 (article 165)
- Arrêt de la Cour administrative d’appel de Paris du 31 janvier 2019, n°17PA01263 (locaux vacants et taxation)
- Arrêt du Conseil d’Etat du 24 avril 2019, n° 417792 (exonération pour les surfaces n’excédant pas certains seuils)
- Loi de Finances pour 2020 du 28 décembre 2019, n°2019-1479, article 18
- Arrêt du Conseil d’Etat du 27 décembre 2019, n°427385 (locaux vacants et taxation)
- Arrêt du Conseil d’Etat du 27 mai 2020, n°433004 (définition de ce qu’est une « partie commune » pour le calcul de la taxe)
- Arrêt de la Cour administrative d’Appel de Paris du 25 juin 2020, n°19PA02122 (absence de preuve du changement de destination des bureaux suite à des travaux de restructuration)
- Arrêt de la Cour administrative d’appel de Paris du 13 avril 2022, n°21PA02548 (cabinet médical et notion de local « spécialement aménagé »)
- Arrêt de la Cour administrative d’appel de Versailles du 1er mars 2022, n°20VE01257 (locaux vacants et travaux de restructuration)
- Arrêt du conseil d'État du 27 octobre 2022, n° 452766 (locaux de stockage et surface imposable)
- Arrêté du 24 octobre 2022 modifiant l'arrêté du 31 décembre 2012 fixant les tarifs de la taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement perçue dans la région Ile-de-France pour l'année 2013 et délimitant l'unité urbaine de Paris mentionnée à l'article 231 ter du code général des impôts (mise à jour de l’unité urbaine de Paris)
- Loi de finances pour 2023 du 30 décembre 2022, n°2022-1726 (article 101)
- Arrêt de la Cour administrative d’appel de Paris du 10 novembre 2022, no 21PA04670 (espaces de coworking)
- Arrêt du Conseil d’État du 16 février 2024, n° 485702 (taxe annuelle sur les surfaces de stationnement et parking annexé à des locaux commerciaux)
- Arrêt de la Cour administrative d’appel de Paris du 15 mars 2024, n° o 23PA00132 (espaces de coworking)
Révision des valeurs locatives : quelles sont vos obligations déclaratives ?
Valeur locative des locaux commerciaux et professionnels : à quoi ça sert ?
Un élément de calcul… Les 4 principaux impôts locaux que sont la taxe d’habitation, la taxe foncière des propriétés bâties et celle qui concerne les propriétés non bâties et la cotisation foncière des entreprises sont (notamment) déterminés à partir de la valeur locative cadastrale. Comment est-elle calculée ?
… pour les impôts locaux. Cette valeur locative est censée représenter le loyer annuel que produiraient les propriétés bâties ou non bâties si elles étaient louées. Alors que des révisions périodiques générales doivent ou plutôt devraient être effectuées tous les 6 ans pour actualiser ces valeurs locatives, elles-mêmes complétées par des actualisations triennales, la dernière révision de grande ampleur date seulement des années 70, actualisée pour la dernière fois en 1980. Depuis, chaque année, des coefficients de majorations annuelles sont appliqués.
Manque de fiabilité ? Force est toutefois de constater que les valeurs locatives qui en résultent aujourd’hui ne correspondent plus nécessairement à la réalité. D’où l’ambition de réviser ces valeurs locatives, ce qui nécessite des obligations déclaratives à la charge du propriétaire et du locataire des locaux. A commencer par les locaux commerciaux et professionnels.
Conseil. La révision des valeurs locatives des locaux commerciaux et professionnels peut être l’occasion de faire le point sur le montant des impôts locaux payés par l’entreprise, en réalisant un audit.
Une réforme ? Jusqu'en 2017, la valeur locative était déterminée de manière différente selon que le local est à usage professionnel, commercial ou industriel. S’agissant des locaux professionnels et commerciaux, 3 méthodes d’évaluation étaient mises en place : soit à partir du montant du loyer (pour les locaux qui étaient loués en 1970), soit par comparaison avec un local de référence (méthode la plus utilisée), soit par voie d’appréciation directe (méthode utilisée par défaut).
Oui… La réforme a pour objet de ne plus calculer la valeur locative au moyen d’un local de référence, mais de retenir une méthode de calcul par référence au loyer moyen correspondant à la catégorie du local dans son secteur géographique.
Depuis 2017. Ces nouveaux paramétrages ont été pris en compte pour l’établissement des bases d’imposition de l’année 2017. Il est, à cet égard, normalement prévu un mécanisme de lissage sur 10 ans pour tenir compte des éventuels écarts d’imposition résultant de cette révision des valeurs locatives : une diminution ou une augmentation des cotisations sera progressivement mise en place pour tenir compte de la différence entre la cotisation réelle et une cotisation théorique (qui aurait été appliquée en l’absence de révision), et ce dès le 1er euro (la diminution ou la majoration, selon les cas, est égale aux 9/10ème de la différence pour les impositions établies en 2017, puis réduite chaque année de 1/10ème de cette différence).
À noter. Parallèlement à ce dispositif de lissage des écarts d’imposition, il est aussi mis en place un mécanisme de limitation des variations des valeurs locatives pouvant résulter de la révision, et ce au titre des années 2017 à 2026. Selon que la valeur locative révisée est supérieure ou inférieure à la valeur locative non révisée, la valeur locative révisée est minorée ou majorée d’un montant égal à la moitié de la différence entre la valeur locative non révisée et la valeur locative révisée.
Pour les locataires
Une nouvelle obligation. Depuis 2015, les entreprises locataires doivent porter à la connaissance de l’administration le montant annuel du loyer qu’elles acquittent dans le cadre de la location de leurs locaux professionnels ou commerciaux. Cette déclaration annuelle des loyers permettra à l’administration de mettre à jour les valeurs locatives qui servent de base de calcul à la taxe foncière et à la cotisation foncière des entreprises.
Comment faire ? Il suffit, en pratique, de déclarer le montant de ce loyer en annexe de la déclaration des résultats, sur le formulaire DECLOYER (ce formulaire ne concerne que les entreprises qui ont recours au mode de télédéclaration EDI). Cette déclaration est annexée à la déclaration de résultats qui doit être déposée au plus tard le 2ème jour ouvré qui suit le 1er mai (pour les entreprises relevant de l’impôt sur le revenu) et dans les 3 mois de la clôture de l’exercice pour les entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés (le 2ème jour ouvré qui suit le 1er mai pour celles qui clôturent leur exercice le 31 décembre).
À noter. Pour télédéclarer les loyers via le formulaire DECLOYER, vous disposez d’un délai supplémentaire de 15 jours, comme pour la déclaration de résultats.
Sans oublier… En vue de calculer le montant de la cotisation foncière des entreprises, une entreprise nouvellement installée doit compléter une déclaration spéciale en matière de cotisation foncière des entreprises n° 1447-C (au plus tard le 31 décembre de l’année de sa création ou de ses changements de locaux). Puis, dès lors que des modifications sont faites dans les locaux qu’elle occupe (notamment en termes de consistance), elle doit les signaler à l’administration en complétant une déclaration n° 1447-M au plus tard le 2ème jour ouvré qui suit le 1er mai de l’année qui suit celle du changement constaté.
Conseils. Pensez à signaler ces modifications qui, faute d’être prises en compte, conduisent à des montants de valeurs locatives erronés, et donc à des sur-impositions (toujours dommageables) ou des sous-impositions (qui pourraient être rectifiées par l’administration en cas de contrôle).
Pour les propriétaires
Une déclaration spéciale… Courant 2013, les propriétaires de locaux commerciaux et professionnels ont dû compléter une déclaration spéciale n° 6660-REV regroupant un certain nombre de renseignements utiles au paramétrage et au calcul de la valeur locative du local concerné.
Quels renseignements ? Ont été portés à la connaissance de l’administration les renseignements suivants :
- la destination du local : nature de l’occupation (local occupé par le propriétaire, local loué, local occupé à titre gratuit, local vacant, etc.), identification des occupants, activité exercée, montant du loyer annuel hors charges et hors taxes ;
- la catégorie du local, à choisir parmi les 39 catégories proposées ;
- la consistance du local : surface totale réelle du local, utilisation et caractéristiques des différentes parties du local (parties principales, lieux de dépôts et de stockage, espaces de stationnement, etc.).
Tout ça pour quoi ? Toutes ces indications ont permis à l’administration de mettre en place le nouveau système d’évaluation. Les éléments de calcul de la valeur locative des locaux, qui sert de base d’imposition aux impôts directs locaux, sont déterminés de la manière suivante :
- en premier lieu, pour rester le plus proche possible des réalités économiques locales, des secteurs d’évaluation ont été créés afin de délimiter des zones homogènes du marché locatif ;
- en second lieu, chaque local est classé dans une catégorie et à chaque catégorie il est appliqué un tarif au m², déterminé en fonction du secteur d’évaluation.
Calculer la valeur locative. Le calcul de la valeur locative du local professionnel est simplifié : il est appliqué à la surface pondérée du local un tarif au m² correspondant à la catégorie du local (et établi en fonction de la grille tarifaire du secteur d’évaluation). Cette valeur locative est ensuite augmentée ou minorée par application d’un « coefficient de localisation » afin de tenir compte de la situation géographique du local dans le secteur d’évaluation.
Une actualisation annuelle. Ces tarifs sont mis à jour annuellement, en appliquant des coefficients d’évolution aux derniers tarifs publiés. C’est l’administration elle-même qui procède à cette révision annuelle.
Le saviez-vous ?
La valeur locative est calculée à partir d’une « surface pondérée » : la pondération a pour finalité de tenir compte de l’affectation et de l’utilisation des différentes parties du local. La superficie totale du local n’est, en effet, pas nécessairement affectée en totalité à l’activité. Voilà pourquoi la surface utilisée pour le stockage des marchandises n’aura pas la même valeur au m² que la surface dédiée à l’activité de vente.
À retenir
Les entreprises locataires vont devoir déclarer, chaque année, en annexe de leurs déclarations de résultats le montant annuel du loyer qu’elles acquittent auprès du propriétaire du local commercial ou professionnel occupé.
- Loi de Finances rectificative pour 2010 n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 (article 34)
- Loi de Finances rectificative pour 2012 n° 2012-958 du 16 août 2012 (article 37)
- Loi de Finances rectificative pour 2015, n° 2015-1786 du 29 décembre 2015 (article 48)
- www.impôts.gouv.fr, rubrique « Professionnels »
- Arrêt du Conseil d’Etat du 18 octobre 2017, n°412234 (intérêt à agir pour contester la décision de la commission départementale)
- Loi de Finances rectificative pour 2017 du 28 décembre 2017, n°2017-1775 (article 30)
- Article 1498 du Code Général des Impôts
- Article 310 Q de l’annexe II au Code Général des Impôts
- Articles 371 ter I à 371 ter S de l’annexe II au Code Général des Impôts
- Article 324 Z de l’annexe III au Code Général des Impôts
- Articles 321 E à 321 G bis de l’annexe III au Code Général des Impôts
- Décret n°2018-1092 du 5 décembre 2018 portant mise à jour annuelle des tarifs et des valeurs locatives des locaux professionnels pris pour l’application de l’article 1518 ter du code général des impôts
- Loi de finances pour 2024 du 29 décembre 2023, no 2023-1322, article 152
Déclarer vos locaux professionnels et commerciaux : ce qu’il faut savoir
Déclarer le local professionnel ou commercial : qui ?
Les propriétaires… Sont concernés par cette obligation les personnes qui sont propriétaires d’un local à usage professionnel ou commercial : si vous avez cette qualité, vous devez donc compléter la déclaration n° 6660-REV. Les locataires ne sont pas concernés par cette déclaration.
… de locaux à usage professionnel ou commercial. Seuls les locaux à usage professionnel et commercial sont concernés par cette déclaration. Vous n’avez rien à compléter s’agissant de vos locaux d’habitation. Si vous êtes propriétaire d’un local à usage mixte, comprenant une partie habitation et une partie professionnelle, vous ne devez vous préoccuper que de cette deuxième catégorie : seule la partie professionnelle doit être décrite dans la déclaration.
Déclarer le local professionnel ou commercial : quel contenu ?
Plusieurs renseignements. Vous devez porter à la connaissance de l’administration un certain nombre de renseignements qui lui serviront à paramétrer et calculer la valeur locative de votre local qui constituera la base de calcul des impôts directs locaux (et notamment de la taxe foncière et de la cotisation foncière des entreprises).
Renseigner la destination de votre local. Vous devez indiquer la nature de l’occupation (local occupé par le propriétaire, local loué, local occupé à titre gratuit, local vacant, etc.), l’identification des occupants, l’activité exercée, le montant du loyer annuel hors charges et hors taxes. Dans le cas d’un crédit-bail, vous devez préciser que le local est occupé par son propriétaire, sans renseigner la rubrique dédié au montant du loyer.
Renseigner la catégorie de votre local. Vous devez choisir, parmi les 39 catégories proposées, celle qui correspond à votre local. Par exemple, vous choisirez la catégorie MAG 1 si votre local est utilisé pour la vente, pour une activité commerciale ou de service et dispose d’une vitrine ou d’un accès sur la rue et dont la surface principale est inférieure à 400 m² ; vous choisirez BUR 1 si votre local, à usage de bureaux, est situé dans un immeuble de conception ancienne, sans équipements particuliers.
Renseigner la consistance de votre local. Vous devrez ici mentionner la surface totale réelle de votre local, quelle que soit la nature de l’occupation, en faisant une répartition en fonction de l’utilisation et des caractéristiques des différentes parties du local, et en distinguant également les surfaces louées. Ainsi, vous devrez distinguer :
- d’une part, la surface des parties principales, même situées à l’extérieur comme une terrasse pour un restaurant ou un espace de vente non couvert pour une jardinerie (P1), les parties secondaires couvertes (P2) et les parties secondaires non couvertes, correspondant notamment aux lieux de dépôts et de stockage (P3) ;
- d’autre part, les espaces de stationnement couverts (Pk 1) et non couverts (Pk 2) ;
- et, enfin, si une partie du local est louée, les surfaces louées en distinguant, là encore, les parties principales des parties secondaires et les emplacements de stationnement (rubriques P4, P5, P6, Pk 3 et Pk 4).
Tout ça pour quoi ? Toutes ces indications ont permis à l’administration de mettre en place le nouveau système d’évaluation. En quoi consiste-t-il ? Les éléments de calcul de la valeur locative des locaux, qui sert de base d’imposition aux impôts directs locaux, sont déterminés de la manière suivante :
- en premier lieu, pour rester le plus proche possible des réalités économiques locales, des secteurs d’évaluation ont été créés afin de délimiter des zones homogènes du marché locatif ;
- en second lieu, chaque local a été classé dans une catégorie et à chaque catégorie il est appliqué un tarif au m², déterminé en fonction du secteur d’évaluation.
Calculer la valeur locative. Le calcul de la valeur locative du local professionnel est simplifié : il est appliqué à la surface pondérée du local un tarif au m² correspondant à la catégorie du local (et établi en fonction de la grille tarifaire du secteur d’évaluation). Cette valeur locative est ensuite augmentée ou minorée par application d’un « coefficient de localisation » afin de tenir compte de la situation géographique du local dans le secteur d’évaluation.
Une actualisation annuelle. Ces tarifs sont mis à jour annuellement, en appliquant des coefficients d’évolution aux derniers tarifs publiés. C’est l’administration elle-même qui procède à cette révision annuelle. À titre dérogatoire, les résultats de l’actualisation réalisée en 2022 sont pris en compte pour l’établissement des bases d’imposition de l’année 2026.
Le saviez-vous ?
La valeur locative est calculée à partir d’une « surface pondérée » : la pondération a pour finalité de tenir compte de l’affectation et de l’utilisation des différentes parties du local. La superficie totale du local n’est, en effet, pas nécessairement affectée en totalité à l’activité. Voilà pourquoi la surface utilisée pour le stockage des marchandises n’aura pas la même valeur au m² que la surface dédiée à l’activité de vente.
Depuis 2017. Ces nouveaux paramétrages ont été pris en compte pour l’établissement des bases d’imposition de l’année 2017. Il est, à cet égard, normalement prévu un mécanisme de lissage sur 10 ans pour tenir compte des éventuels écarts d’imposition résultant de cette révision des valeurs locatives : une diminution ou une augmentation des cotisations est progressivement mise en place pour tenir compte de la différence entre la cotisation réelle et une cotisation théorique (qui aurait été appliquée en l’absence de révision) , et ce dès le 1er euro (la diminution ou la majoration, selon les cas, est égale aux 9/10ème de la différence pour les impositions établies en 2017, puis réduite chaque année de 1/10ème de cette différence).
À noter. Parallèlement à ce dispositif de lissage des écarts d’imposition, il est aussi mis en place un mécanisme de limitation des variations des valeurs locatives pouvant résulter de la révision, et ce au titre des années 2017 à 2026. Selon que la valeur locative révisée est supérieure ou inférieure à la valeur locative non révisée, la valeur locative révisée est minorée ou majorée d’un montant égal à la moitié de la différence entre la valeur locative non révisée et la valeur locative révisée.
À retenir
Cette déclaration s’inscrit dans le cadre de la révision des valeurs locatives des locaux professionnels qui s'est appliquée pour la 1ère fois au titre de l’année 2017.
- Loi de finances rectificative pour 2010 n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 (article 34)
- Loi de finances rectificative pour 2012 n° 2012-958 du 16 août 2012 (article 37)
- Loi de finances rectificative pour 2014 n° 2014-1655 du 29 décembre 2014 (article 32)
- Loi de finances rectificative pour 2015, n° 2015-1786 du 29 décembre 2015 (article 48)
- www.impôts.gouv.fr, rubrique « Professionnels »
- Réponse ministérielle Trillard, Sénat, du 3 avril 2014, n° 9562 (report à l’année 2016 de l’application des nouvelles valeurs locatives)
- Décret n°2018-1092 du 5 décembre 2018 portant mise à jour annuelle des tarifs et des valeurs locatives des locaux professionnels pris pour l’application de l’article 1518 ter du code général des impôts
- Loi de finances pour 2023 du 30 décembre 2022, n°2022-1726, article 103
- Loi de finances pour 2024 du 29 décembre 2023, no 2023-1322, article 152
Gérer la taxe sur les surfaces commerciales
Taxe sur les surfaces commerciales : qui est visé ?
Une activité précise. Sont imposables à la Tascom, les entreprises qui exploitent un magasin de commerce de détail, quelle que soit leur forme juridique, et quelle que soit la nature des produits vendus (vêtements, produits alimentaires, matériels, véhicules automobiles, etc.). Par « commerce de détail », il faut entendre l’activité qui consiste à vendre des marchandises dans l'état où elles sont achetées (ou après transformations mineures ou manipulations usuelles tel que le reconditionnement) à des consommateurs finaux, pour un usage domestique, généralement des particuliers, quelles que soient les quantités vendues.
A contrario, des entreprises échappent à cette taxe. Cela signifie donc qu’échappent à cette taxe :
- les grossistes et les intermédiaires dont l’activité consiste, en effet, à vendre des marchandises à des personnes dont la profession est la revente de ces mêmes produits et ce, quelles que soient les quantités vendues ;
- les prestataires de services (ex : garages, salons de coiffure,…) ;
- les établissements de restauration où des ventes de nourriture à consommer sur place sont effectuées (restaurants, brasseries, cafés,…).
Exemple. La majeure partie du chiffre d’affaires (70 %) d’un commerçant est constituée de vente de marchandises à des professionnels. Suffisant, pense-t-il, pour lui octroyer la qualité de grossiste, et donc lui permettre de bénéficier de l’exonération de taxe. Insuffisant pour l’administration et pour le juge qui lui rappellent que l’exonération est conditionnée non seulement à la vente de marchandises à des professionnels, mais aussi à ce que ces mêmes professionnels revendent les marchandises achetées en l’état. Tel n’étant pas le cas ici, ses clients ne revendant pas en l’état les marchandises qu’ils lui achetaient, le commerçant a dû s’acquitter de la TASCOM.
Pour les établissements de commerce de gros. La situation des grossistes et intermédiaires qui réalisent des ventes auprès des professionnels et des particuliers a été clarifiée :
- les grossistes dont la clientèle est exclusivement composée de professionnels ne sont pas soumis à la Tascom ;
- ceux qui réalisent plus de la moitié de leur chiffre d’affaires auprès d’une clientèle principalement composée de professionnels, mais qui réalisent accessoirement des ventes à des consommateurs pour un usage domestique ne seront soumis à la Tascom qu'au titre de ces dernières ventes : seules ces recettes seront donc prises en compte pour déterminer le tarif et apprécier le seuil d'assujettissement à la taxe ;
- ceux qui, inversement, réalisent plus de la moitié de leur chiffre d’affaires auprès d’une clientèle de consommateurs, tout en vendant de la marchandise, accessoirement, à des professionnels, seront considérés comme des établissements de commerce de détail : la totalité de leur chiffre d'affaires sera alors prise en compte pour déterminer le tarif et apprécier le seuil d'assujettissement à la taxe ;
- ceux dont la clientèle est exclusivement composée de consommateurs seront soumis à la Tascom, toutes conditions étant remplies.
À noter. L'activité de dépôt-vente consiste à exposer en magasin des marchandises que l’exploitant n’achète pas, mais qui lui sont remises par des particuliers qui lui ont donné mandat de les vendre pour leur compte et de leur restituer le produit de cette vente minoré d'une commission rémunérant son activité d'intermédiaire. Cette activité permet que soit réalisée, au sein du magasin, la vente en l'état de marchandises à des consommateurs finaux, c'est-à-dire une vente au détail, soumise à la Tascom.
Un chiffre d’affaires minimum. La taxe ne s'applique pas aux établissements dont le chiffre d'affaires annuel est inférieur à 460 000 €.
Une surface de vente minimum. Enfin, seuls les magasins de commerce de détail dont la surface de vente dépasse 400 m² sont soumis à la taxe. La « surface de vente » s’entend des espaces affectés à :
- la circulation de la clientèle pour effectuer ses achats ;
- l’exposition des marchandises proposées à la vente ;
- la circulation des salariés pour présenter les marchandises à la vente.
Sauf... Sachez que cette condition de surface est appréciée au regard des seules surfaces de vente : les surfaces des locaux de production ou de prestations de service (notamment les restaurants, les salons de coiffure, les garages, etc.), de stockage, de bureaux, les drive, les magasins de vente par Internet, etc. dont l’accès est fermé au public, ne sont pas prises en compte.
À noter. Si vous disposez de plusieurs bâtiments, même situés à des adresses différentes, même faisant l’objet de baux et de taxes foncières distincts, il faut considérer qu’il s’agit d’un établissement unique pour l’appréciation du seuil de 400 m² si ces surfaces de commercialisation sont exploitées sous un même numéro SIREN.
Date d’ouverture de l’établissement. Les établissements déjà affectés à une activité commerciale avant le 1er janvier 1960, et qui n’ont jamais cessé de l’être depuis sont exonérés de Tascom. Le changement d’exploitant depuis cette date n’a aucune incidence à partir du moment où le local a servi, de façon continue, à la réalisation d’une activité professionnelle de vente au détail.
Attention. Si des travaux sont réalisés sur l’établissement en question et si, eu égard à leur nature et à leur ampleur, ils ont entraîné la création d'un nouvel établissement, la condition d'exercice continu d'une activité de commerce de détail depuis au moins le 1er janvier 1960 n’est, selon le juge de l’impôt, pas remplie.
Le saviez-vous ?
Le seuil de superficie de 400 m² ne s'applique pas aux établissements contrôlés directement ou indirectement par une même personne (société dite « tête de réseau ») et exploités sous une même enseigne commerciale lorsque la surface de vente cumulée de l'ensemble de ces établissements excède 4 000 m² (pour l’appréciation du seuil de 4 000 m², tous les établissements de vente sont pris en compte quel que soit leur chiffre d’affaires) : la taxe reste due par ces établissements, même si leur surface commerciale est inférieure à 400 m².
À noter. En cas de cessation ou de cession de l’exploitation :
- la cessation d'exploitation, en cours d'année, d'un établissement de commerce de détail assujetti constitue un fait générateur de la taxe ;
- l’exploitant qui cesse son activité en cours d'année est redevable de la taxe au prorata de la durée de son exploitation l'année de la cessation (soit du 1er janvier à la date de cessation, ce qui n’était pas le cas auparavant) ;
- pour le calcul de la taxe, le chiffre d'affaires réalisé par le redevable est annualisé pour apprécier le respect du seuil de 460 000 € et déterminer le taux de la taxe et la surface à prendre en compte pour la taxe due au titre de la cessation d'exploitation est la surface au jour de la cessation ;
- la taxe est déclarée et payée avant le 15 du 6ème mois suivant la cessation d'exploitation.
À noter (bis). En cas d'exploitation incomplète au cours de l'année précédente, le chiffre d'affaires réalisé par le redevable est annualisé pour apprécier le respect du seuil de 460 000 € et pour déterminer le taux de la taxe. Le montant de la taxe est calculé au prorata de la durée de l'exploitation.
Taxe sur les surfaces commerciales : combien ?
Un mode de calcul particulier. Cette taxe est calculée à partir d’un tarif appliqué à la surface de vente, ce tarif étant déterminé en fonction du chiffre d’affaires de l’année civile précédente rapporté à la surface de vente exploitée au cours de cette même année.
Tenir compte de la surface de vente. Elle correspond aux espaces affectés à la circulation de la clientèle pour effectuer ses achats, à l'exposition des marchandises proposées à la vente et à leur paiement, et à la circulation du personnel pour présenter les marchandises à la vente. Elle ne comprend que la partie close et couverte de ces magasins. À ce sujet, le juge a précisé à plusieurs reprises que les espaces ne revêtant pas un caractère permanent (comme les chapiteaux) peuvent, toutes conditions remplies, être pris en compte dans la surface de vente à retenir pour le calcul de la taxe.
A contrario. Cela veut donc dire que vous ne devez pas prendre en compte :
- les surfaces des locaux de production, de stockage et celles où sont réalisées des prestations de services, dont l’accès est fermé aux clients (ce qui permet d’exonérer les « drive » de cette taxe, puisqu’ils sont considérés comme des entrepôts de stockage) ;
- les surfaces de vente situées à l’extérieur de vos locaux, notamment celles exploitées par les magasins d’outillage, de jardinage ou de matériaux de construction ;
- les surfaces dédiées aux stands financiers, c’est-à-dire les surfaces dédiées à la commercialisation des cartes de paiement d’achat, à la souscription de programmes de fidélité ou à l’obtention de crédits.
Le saviez-vous ?
Si la surface de vente est modifiée en cours d’année, vous devez retenir, pour le calcul de la taxe, celles existant au 31 décembre de l’année précédant l’année d’imposition, pour les établissements existants à cette date.
Pour les entreprises qui se créent, ou qui créent une nouvelle surface, le chiffre d’affaires annuel au m2 à prendre en compte est calculé au prorata du temps d’ouverture de ces surfaces.
Pour information. Si les établissements de vente, à l'exception de ceux dont l'activité principale est la vente ou la réparation de véhicules automobiles, ont également une activité de vente au détail de carburants, la surface de vente à prendre en compte pour le calcul de la taxe est majorée de 70 m2 par position de ravitaillement (le nombre de positions de ravitaillement à retenir correspondant au nombre de véhicules pouvant s'approvisionner simultanément).
Appliquer le tarif/m². Ce tarif s’établit de la manière suivante :
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Chiffre d’affaires au m² |
Cas général |
En cas d’activité de vente au détail de carburant (sauf pour les entreprises de vente et de réparation automobile) |
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5,74 € |
8,32 € |
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5,74 € + [0,00315 × (CA/S - 3 000)] € |
8,32 € + [0,00304 × (CA/S – 3 000)] €. |
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34,12 € |
35,70 € |
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Pour information. Les collectivités, bénéficiaires de cette taxe, peuvent moduler la taxe en lui appliquant un coefficient multiplicateur compris entre 0,8 et 1,3.
Une réduction de tarif pour certaines entreprises. Parce qu’elles sont dans l’obligation de gérer une grande surface de vente, en raison même de leur activité, certaines entreprises bénéficient d’une réduction de tarif de 30 %. Sont visées les entreprises qui exploitent, à titre principal :
- un magasin de vente de de meubles meublants (meubles destinés à l’usage de l’habitation comme les biens d’ameublement et les appareils d’utilisation quotidienne),
- un magasin de vente de véhicules automobiles,
- un magasin de vente de machinisme agricole,
- un magasin de vente de matériaux de construction,
- un magasin de vente de fleurs, de plantes, de graines, d’engrais, d’animaux de compagnie et d’aliments pour animaux.
À noter. Par vente de véhicules automobiles, il faut comprendre vente de voitures. A l’occasion d’une question posée au gouvernement, la question s’est posée de savoir si les activités de vente de vélos, de motos et de quad étaient assimilables à de la vente de véhicules automobiles et donc, si les entreprises exerçant ce type d’activité pouvaient bénéficier de la réduction de tarif.
Non. La réponse est non : les vélos, motos et quad n’étant pas des automobiles, les entreprises qui vendent ce type de biens ne peuvent pas bénéficier de la réduction de tarif de 30 %.
Une réduction de tarif pour les « petites » surfaces. Depuis le 5 juin 2021, une réduction de tarif de 20 % s’applique aux établissements dont la surface de vente est inférieure à 600 m², sous réserve que leur chiffre d’affaires annuel par m² n’excède pas 3 800 €.
Le saviez-vous ?
Si vous exercez une activité de vente de meubles, de voitures, de machines agricoles, de matériaux de construction, sur une surface de vente de moins de 600 m², tout en réalisant un chiffre d’affaires annuel au plus égal à 3 800 € par m², vous pourrez cumuler les deux réductions de taxe.
Une franchise pour certaines entreprises. Si vous êtes situé dans une zone urbaine sensible, vous bénéficiez d’une franchise de 1 500 € sur le montant de la taxe.
Une majoration pour certaines entreprises. Le montant de la taxe est majoré de :
- 30 % pour les établissements dont la superficie est supérieure à 5 000 m2 et dont le chiffre d'affaires annuel hors taxes est supérieur à 3 000 € par m2 ;
- 50 % pour les établissements dont la surface de vente excède 2 500 m², quelle que soit la nature de l’activité (cette majoration se calcule après application des réductions et de la majoration de 30 % précitées, mais avant application du coefficient multiplicateur).
Taxe sur les surfaces commerciales : comment ?
À déclarer et à payer avant le 15 juin. La Tascom est une taxe annuelle, qui suppose que l’établissement existe au 1er janvier de l’année au titre de laquelle elle est due. Vous devez déclarer et payer cette taxe au moyen de l’imprimé n° 3350 (éventuellement accompagné de l’annexe n° 3350-A), à retourner à votre service des impôts des entreprises (ou plus exactement au service dans le ressort duquel l’établissement est situé géographiquement).
À noter. Les établissements redevables de la majoration de 50 % devront payer, chaque année avant le 15 juin, un acompte correspondant à la moitié de cette majoration, imputable sur le montant de la taxe due au titre de l’année suivante.
Concrètement. Vous mentionnerez sur cette déclaration le nom de l’enseigne commerciale, le montant du chiffre d’affaires annuel hors taxes réalisé, la surface des locaux destinés à la vente au détail, votre secteur d’activité, la date à laquelle l’établissement a été ouvert, le nombre de positions de ravitaillement de carburant, le cas échéant, le taux appliqué, ainsi que le montant de la taxe due.
Attention au retard de déclaration et de paiement. Le défaut ou le retard de déclaration est sanctionné par l’application d’une majoration de 10 % (en l’absence de mise en demeure, ou en cas de dépôt de cette déclaration dans les 30 jours d’une mise en demeure) ou de 40 % (si la déclaration n’est pas déposée dans les 30 jours d’une mise en demeure), sans compter l’application de l’intérêt de retard au taux de 0,20 % par mois de retard. Le retard de paiement est sanctionné, quant à lui, par une majoration de 5 % et d'un intérêt de retard calculé au taux de 0,20 % (cette majoration n’est pas due si la déclaration, déposée tardivement, est accompagnée du paiement intégral de la taxe due, les majorations pour retard de déclaration restant dues).
A retenir
Si vous exploitez un magasin de vente au détail à une clientèle de particulier, d’une surface de vente d’au moins 400 m², vous êtes concerné par la taxe sur les surfaces commerciales, à condition, entre autres, que votre chiffre d’affaires lié à cette activité soit d’au moins 460 000 € hors taxes.
Définissez avec précision cette surface de vente : ne tenez pas compte des surfaces de vente situées à l’extérieur du magasin, des locaux de production, de stockage et celles où sont réalisées des prestations de services, dont l’accès est fermé aux clients.
J'ai entendu dire
Mon activité ne consiste pas uniquement en de la vente au détail auprès de particulier. Une bonne partie de mon chiffre d’affaires provient de prestations de services que j’effectue auprès de mes clients qui s’approvisionnent chez moi. Dois-je tenir compte de ce chiffre d’affaires ?Si vous réalisez à la fois des ventes au détail de marchandises en l'état et une autre activité (comme des prestations de services par exemple), le chiffre d'affaires à prendre en considération au titre de la taxe est celui des seules ventes au détail en l'état, à condition que les deux activités fassent l'objet de comptes distincts.
- BOFiP-Impôts-BOI-TFP-TSC
- Articles 1727, 1728 et 1731 du Code Général des Impôts (sanctions applicables)
- Décret n°95-85 du 26 janvier 1995 relatif à la taxe d'aide au commerce et à l'artisanat
- Décret n° 2014-523 du 22 mai 2014 relatif à la taxe sur les surfaces commerciales
- Loi de Finances rectificative pour 2012, n° 2012-1510, du 29 décembre 2012, article 37
- Loi de Finances rectificative pour 2014, n° 2014-1655, du 29 décembre 2014 (article 46)
- Loi de Finances rectificative pour 2015, n° 2015-1786 du 29 décembre 2015 (article 48)
- Loi de Finances pour 2017 n° 2016-1917 du 29 décembre 2016 (article 21)
- Arrêté du 17 juin 2014 complétant la liste des professions qui requièrent des surfaces anormalement élevées pour l'application de la réduction de 30 % du taux de la taxe sur les surfaces commerciales
- Réponse ministérielle Gosselin, Assemblée Nationale, n° 70363 du 24 février 2015 (exonération des « drive »)
- Jugements du tribunal administratif de Montreuil du 22 juin 2017, n°1605691 et 1604347 (exonération des « stands financiers »)
- Arrêt de la Cour administrative d’appel de Lyon du 28 septembre 2017, n°16LY01458 (exonération de Tascom pour les locaux affectés à une activité commerciale avant 1960)
- Loi de Finances rectificative pour 2017 du 28 décembre 2017, n°2017-1775 (article 55)
- Loi de Finances pour 2018 du 30 décembre 2017, n°2017-1837 (article 102)
- Arrêt de la Cour administrative d’appel de Bordeaux du 3 octobre 2017, n°16BX01878 (vente à des professionnels et commerce de gros)
- Arrêt de la Cour administrative d’appel de Marseille du 2 octobre 2017, n°16MA00334 (vente de véhicules et surface de vente)
- Réponse ministérielle Paul du 3 avril 2018, Assemblée nationale, n°4895 (vente de vélos, motos et quads et réduction de tarif de 30 %)
- Arrêt du Conseil d’État du 11 juillet 2018, n° 415756 (faire masse des bâtiments exploités sous le même numéro SIREN)
- Arrêt du Conseil d’État du 24 octobre 2018, n° 419362 (activité dépôt-vente)
- Arrêt du Conseil d’État du 30 janvier 2019, n° 412251 (appréciation de la surface)
- Arrêt du Conseil d’État du 17 avril 2019, n° 411333 (activité de vente de véhicules d’occasion)
- Arrêt du Conseil d’État du 24 avril 2019, n° 420348 (appréciation de la surface)
- Arrêt du Conseil d’État, 9ème chambre, du 24 juillet 2019, n° 414835 (vente au détail à une clientèle professionnelle)
- Arrêt du Conseil d’État, 9ème chambre, du 24 juillet 2019, n° 418247 (surface de vente en cas d’interdiction au public d’un étage de l’établissement)
- Foire aux questions, site Internet des impôts (impôts.gouv.fr)
- Arrêt du Conseil d’État du 22 juin 2020, n°414518 (concessionnaire automobile et principe de soumission à la TASCOM)
- Loi de finances pour 2021 du 29 décembre 2020, n°2020-1721, article 136 (réduction du taux d’imposition pour certaines activités)
- Arrêt du Conseil d’État du 10 mars 2021, n°435095 (espace de livraison et surface de vente)
- Arrêt du Conseil d’État du 22 avril 2021, n° 432588 (condition d’exercice continu d’une activité exploitée dans un établissement avant 1960)
- Décret n° 2021-705 du 2 juin 2021 modifiant le décret n° 95-85 du 26 janvier 1995 relatif à la taxe sur les surfaces commerciales
- Arrêt du Conseil d’État du 16 juin 2021, n°436240 (prise en compte des surfaces ne présentant pas un caractère permanent)
- Arrêt du Conseil d’État du 13 octobre 2021, n°434111 (majoration de 50 % pour les surfaces de vente qui excèdent 2 500 m²)
- Réponse ministérielle Masson du 10 février 2022, Sénat, n°25758 (commerce en ligne)
- Réponse ministérielle Guérini du 28 avril 2022, Sénat, n°23414 (commerce en ligne)
- Arrêt du Conseil d’État du 16 novembre 2022, n° 462720 (sas d’entrée d’un magasin et surface de vente)
- Arrêt du Conseil d’État du 04 avril 2023, no 443007 (prise en compte des chapiteaux pour le calcul du tarif de la TASCOM)
- Arrêt du Conseil d’État du 11 janvier 2024, no 473741 (vente à la coupe et à la découpe)
- Actualité Bofip du 22 mai 2024 : « Taxe sur les surfaces commerciales »
Gérer les abandons de créances
Abandon de créances : qu’est-ce que c’est ?
Un principe. On considère qu’il y a abandon de créances dès lors que votre société, qui détient une créance sur une autre société, décide de renoncer à percevoir tout ou partie des sommes qui lui sont dues. En faisant cela, votre société accorde, en quelque sorte, une aide à l’autre société.
Un acte de gestion normal. Quoiqu’il arrive, et notamment pour des raisons fiscales, l’abandon doit résulter d’un acte de gestion normal de l’entreprise. En clair, votre société doit être en mesure de prouver que l’aide apportée (caractérisée par l’abandon de la créance) a été consentie dans l’intérêt de l’exploitation, et qu’elle trouve son origine dans l’existence d’une contrepartie réelle et suffisante.
Une preuve ? Cette preuve peut être apportée par tous moyens et repose sur une appréciation au cas par cas. Sachez qu’en cas de litige avec l’administration portant sur la détermination du caractère normal ou non de l’abandon consenti, vous aurez la possibilité de saisir la Commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d’affaires pour lui demander son avis.
Le saviez-vous ?
Même s’ils ne sont pas consentis dans l’intérêt de la société, les abandons de créances à caractère commercial accordés à une société faisant l’objet d’un plan de sauvegarde ou placée en redressement judiciaire sont systématiquement déductibles.
2 éléments. Pour qu’il y ait abandon de créances, il faut nécessairement que les 2 éléments suivants soient réunis :
- un élément matériel : votre société doit avoir comptabilisé une créance et la société débitrice doit avoir comptabilisé en charge la somme qui correspond à cette créance. Dans l’hypothèse d’un abandon de cette créance, votre société devra comptabiliser une perte dont le montant correspond au montant de la créance abandonnée, et la société débitrice, quant à elle, devra comptabiliser un profit à hauteur de l’abandon qui lui est consenti ;
- un élément intentionnel : cet élément dépendra de l’examen des circonstances de fait ayant motivé l’abandon réalisé par votre société.
À noter. Les subventions accordées par votre société à une autre société sont assimilées à des abandons de créances. Tel n’est pas le cas, en revanche, des renonciations à recettes.
2 catégories. Il existe 2 catégories d’abandon de créances : les abandons de créances à caractère commercial et les abandons de créances à caractère financier.
Abandon de créances à caractère commercial. L’abandon de créances est à caractère commercial lorsqu’il trouve son origine dans les relations commerciales qui existent entre votre société et la société débitrice, et qu’il est consenti soit pour maintenir des débouchés, soit pour préserver des sources d’approvisionnement. Notez que la circonstance qu'une aide soit motivée par le développement d'une activité qui, à la date d'octroi de cette aide, n'a permis la réalisation d'aucun chiffre d'affaires n’empêche pas que l’aide soit qualifiée de commerciale lorsque les perspectives de développement de cette activité apparaissent, à cette même date, sérieuses.
Exemple. Dans le cadre d’un litige opposant l’administration à une société, le juge de l’impôt a considéré que les sommes versées à une société exploitant un commerce de vente au détail de vêtements par ses 2 fournisseurs, dans le but de conserver les débouchés assurés par l’activité de vente, étaient bien constitutives d’un abandon de créances à caractère commercial.
Abandon de créances à caractère financier. L’abandon de créances est à caractère financier lorsque les éléments suivants présentent un caractère strictement financier :
- nature de la créance (prêt, avances, etc.) ;
- liens existants entre votre société et la société débitrice (hors de toute relation commerciale) ;
- motivations de l’abandon.
Exemple. L’abandon de créances consenti par une société au profit d’une autre société dans le but de mettre un terme aux relations commerciales qu’elles entretenaient est un abandon de créances à caractère financier.
Comment les distinguer ? Dans certains cas, comme par exemple lorsque votre société et la société débitrice entretiennent à la fois des relations commerciales et financières, il peut être délicat de déterminer la nature précise de l’abandon consenti. A cet égard, l’administration précise qu’elle s’attachera principalement aux motivations qui vous ont conduit à abandonner la créance.
Globalement. Retenez que le caractère de chaque abandon résulte de l’examen global de l’ensemble des éléments (de fait ou de droit) relevés au moment où l’aide a été consentie. Il sera tenu compte, par exemple :
- de la nature et du montant de la créance abandonnée ou de la somme versée ;
- des relations qui existent ou qui ont existé entre votre entreprise et l’entreprise débitrice ;
- des motivations vous ayant réellement conduit à abandonner la créance ;
- etc.
Abandon de créance ou provision ? Dans le cadre d’un litige l’opposant à une société, l’administration fiscale lui a refusé la déduction d’une provision pour créance douteuse détenue sur l’une de ses filiales, considérant que dans sa situation, elle aurait dû consentir un abandon de créance, non déductible par nature s’agissant d’une aide financière. Une position non partagée par le juge : puisque l’administration fiscale ne prouve pas que le choix opéré par la société relève d’une gestion anormale, et parce que le risque de non-recouvrement de la créance est avéré au vu de la situation financière de la filiale, le redressement fiscal doit être annulé.
Abandon de créances : quelles conséquences (notamment fiscales) ?
Une charge déductible pour vous. Sous réserve du respect de certaines conditions, l’abandon de créances que vous consentez peut constituer une charge déductible de votre résultat imposable.
À noter. Si vous abandonnez totalement la créance, la charge sera, toutes conditions remplies, totalement déductible. En revanche, si vous consentez un abandon partiel, la charge sera partiellement déductible.
Conditions générales. L’abandon de créances ne sera déductible que si les 2 conditions suivantes sont réunies :
- comme indiqué précédemment, l’abandon doit constituer un acte de gestion normal ;
- la créance qui est abandonnée ne doit pas constituer un élément du prix de revient des participations que vous détenez dans la société débitrice : cette condition ne sera pas remplie lorsqu’une société abandonne sa créance et reçoit dans le même temps, des titres de la société débitrice. Dans cette situation en effet, l’administration considère qu’il n’y a pas d’abandon de créances : la somme abandonnée ayant en réalité servi à acheter des titres dans la société débitrice.
Déductibilité des seuls abandons à caractère commercial. Si les 2 conditions mentionnées plus haut sont remplies, encore faut-il que l’abandon de créances consenti ait un caractère commercial. En effet, seuls les abandons de créances à caractère commercial sont déductibles. Les abandons de créances à caractère financier ne sont, quant à eux, pas déductibles. Un abandon de créance a, par exemple, été jugé commercial parce qu’il a été réalisé par une société au profit d’une filiale avec laquelle la société réalisait l’essentiel de son chiffre d’affaires et pour laquelle elle rendait des prestations de services. Inversement, le caractère commercial d’un abandon de créance a été refusé parce que la société qui a consenti l’abandon ne réalisait qu’un faible chiffre d’affaires avec l’entreprise qui bénéficié de cet abandon.
Intérêt de l’exploitation : une précision. Actuellement, les abandons de créance à caractère commercial accordés par une entreprise à une autre sont déductibles y compris lorsqu’ils ne sont pas accomplis dans l’intérêt de l’exploitation de l’entreprise qui le consent s’ils interviennent dans le cadre d’un plan de sauvegarde ou de redressement judiciaire, sans conditions ni limites ; corrélativement, un tel abandon est imposable au niveau de l’entreprise qui le reçoit.
Même chose… Le même régime fiscal s’applique aux abandons de créance consentis à compter du 1er janvier 2021 en application d’un accord constaté ou homologué par le juge dans le cadre d’une procédure de conciliation.
Exception. Comme pour tout principe, il existe une exception permettant la déduction des aides à caractère autre que commercial, dès lors qu’elles sont consenties :
- à une entreprise à l’occasion d’une procédure de conciliation résultant d’un accord constaté ou homologué par le Président du Tribunal de commerce ;
- ou à une entreprise à l’encontre de laquelle est ouverte une procédure de sauvegarde, de redressement judiciaire, de liquidation judiciaire ou toute autre procédure d’insolvabilité.
Une déduction encadrée. Dans cette hypothèse, la somme abandonnée sera déductible de votre résultat imposable à hauteur :
- du montant de la situation nette négative de la société bénéficiaire de l’abandon ;
- et pour le montant qui pourrait excéder cette situation nette négative, à proportion de la participation au capital de la société bénéficiaire qui est détenue par d’autres sociétés que la vôtre.
Le saviez-vous ?
Il arrive fréquemment que les abandons de créances soient consentis sous réserve d’une « clause de retour à meilleure fortune ». Concrètement, ce type de clause permet à la société qui consent l’abandon de récupérer ultérieurement les sommes qui lui sont dues lorsque la société débitrice est en capacité de rembourser sa dette.
Cette situation, qui s’analyse comme un abandon de créances temporaire, a des conséquences au plan fiscal. L’année de l’abandon, la société qui le consent peut normalement déduire les sommes en question de son résultat imposable. L’année du remboursement, lorsque la clause de retour à meilleure fortune est exécutée, elle devra constater un profit correspondant au montant des sommes effectivement versées.
Un produit pour la société qui bénéficie de l’abandon. En consentant l’abandon de créances, vous constatez une charge déductible de votre résultat imposable. A l’inverse, la société qui bénéficie de l’abandon doit constater un profit correspondant au montant des sommes abandonnées, profit qui doit être pris en compte pour le calcul de son résultat imposable.
À noter. Il existe des règles particulières, non développées ici, qui viennent encadrer certains abandons de créances à caractère financier consentis par les sociétés mères à leurs filiales.
À retenir
Toutes conditions remplies, les abandons de créances à caractère commercial sont considérés comme des charges déductibles du résultat imposable de la société qui les consent. A l’inverse, les abandons de créances à caractère financier ne sont pas déductibles, sauf à ce qu’ils soient consentis à une société faisant l’objet d’une procédure collective (liquidation ou redressement judiciaire, sauvegarde, etc.) ou d’une procédure de conciliation.
- Article 39 du Code général des impôts
- Article L 59 du Livre des procédures fiscales
- Article L611-8 du Code de commerce
- BOFiP-Impôts-BOI-BIC-BASE-50-10
- Arrêt du Conseil d’État du 15 octobre 1982, n°26585 (abandon de créance constituant un élément du prix de revient d’une prise de participation)
- Arrêt du Conseil d’État du 7 février 2018, n° 398676 (abandon de créance à caractère commercial ou financier)
- Loi de finances pour 2021 du 29 décembre 2020, n°2020-1721, article 19 (abandon de créance à caractère commercial déductible même non accompli dans l’intérêt de l’exploitation)
- Jugement du Tribunal administratif de Montreuil du 30 octobre 2017, n°1607367 (NP) (provision pour créances douteuses vs abandon de créances)
- Arrêt de la Cour administrative d’appel de Bordeaux du 8 mars 2022, n°19BX04963 (abandon de créances à caractère financier et procédure de sauvegarde)
- Arrêt de la cour administrative d’appel de Nantes du 13 janvier 2023, n° 21NT01223 (abandon de créance à caractère financier non déductible)
- Arrêt de la cour administrative d’appel de Paris du 14 février 2023, n° 21PA03375 (caractère commercial d’un abandon de créance non reconnu en raison d’un faible volume de chiffre d’affaires)
- Arrêt du Conseil d’État du 26 juillet 2023, n° 463846 (aide commerciale et perspectives de développement)
- Arrêt du Conseil d’état, du 29 décembre 2023, n°455810 (aide commerciale et perspectives de développement)
- Arrêt de la Cour administrative d’appel de Nantes du 19 février 2024, no 23NT00421 (abandon de créance à caractère commercial ou financier)
Une exonération de CFE pour les entreprises qui exercent une activité en zones de revitalisation des centres-villes
ZRCV : une exonération de CFE pour qui ? Pour quoi ?
Une exonération temporaire. Pour les impositions établies au titre des années 2020 à 2026, les entreprises qui exercent certaines activités dans les zones de revitalisation des centres-villes (ZRCV) peuvent bénéficier d’une exonération (totale ou partielle) de cotisation foncière des entreprises (CFE).
Pour qui ? Cet avantage fiscal est réservé aux micro-entreprises, ainsi qu’aux petites et moyennes entreprises, c’est-à-dire celles :
- qui emploient moins de 250 salariés ;
- qui ont un chiffre d’affaires inférieur à 50 M€ ou un total de bilan inférieur à 43 M€.
Pour quelles activités. L’exonération de CFE est réservée aux entreprises qui exercent une activité commerciale ou artisanale.
Une activité commerciale. Par activité commerciale, on entend :
- les commerces dont l’objet est d’acheter, en vue de les revendre (sans transformation ou avec transformations mineures ou usuelles, telles qu’un reconditionnement), toutes matières premières et tous produits fabriqués ;
- les entreprises de vente de services, dès lors qu’il s’agit d’établissements destinés à fournir le logement et la nourriture (hôtels, restaurants, cafés, etc.).
Une activité artisanale. La liste des activités artisanales concernées est disponible ici, en annexe.
Des exclusions. Ne sont donc pas concernés par cet avantage fiscal les professionnels qui exercent :
- une activité industrielle ;
- une activité de nature civile : gestion de patrimoine immobilier, gestion de portefeuilles de valeurs mobilières, construction-vente d’immeuble ;
- une profession libérale : médecin, avocat, expert-comptable, géomètre, architecte, etc. ;
- une activité de débitant de tabac ;
- une activité agricole ou de la pêche.
Une localisation géographique. L’exonération de CFE ne s’applique qu’aux immeubles situés en ZRCV. La liste des communes concernées est disponible ici.
Fin de l’avantage. Cette exonération cesse de s’appliquer à compter du 1er janvier de l’année suivant celle au cours de laquelle il n’est plus exercé d’activité commerciale ou artisanale au sein de l’établissement.
Un cumul ? Si l’entreprise peut bénéficier soit de cette exonération de CFE, soit d’un autre dispositif d’exonération (entreprise implantée en ZAFR, reprise d’entreprise en difficultés, etc.), elle devra faire un choix : si elle opte pour l’exonération des biens situés en zone de revitalisation des centres-villes, son choix sera irrévocable.
Un plafonnement. Cet avantage fiscal est soumis au plafonnement applicable en matière de réglementation européenne sur les aides de minimis.
ZRCV : comment bénéficier de l’exonération
Une délibération de la commune. Pour pouvoir bénéficier de cette exonération, encore faut-il que la commune ou que l’établissement public de coopération intercommunale (EPCI) sur le territoire desquels sont implantés les immeubles ait délibéré en ce sens. Cette délibération doit être prise avant le 1er octobre d’une année donnée pour s’appliquer à partir du 1er janvier de l’année suivante.
Une déclaration. Pour bénéficier de cette exonération de CFE, l’entreprise doit déclarer au service des impôts du lieu de situation des biens, avant le 1er janvier de l'année au titre de laquelle l'exonération est applicable et suivant un modèle établi par l'administration, les éléments d'identification du ou des immeubles concernés. Le modèle est accessible sur le site www.impots.gouv.fr. Par exception, il est possible de formuler sa demande d’exonération sur papier libre.
En l’absence de déclaration dans le délai requis, l’exonération ne sera pas accordée au titre de l’année concernée.
À retenir
Pour les impositions établies au titre des années 2020 à 2026, les entreprises qui exercent une activité commerciale ou artisanale dans les zones de revitalisation des centres-villes (ZRCV) peuvent bénéficier, toutes conditions par ailleurs remplies, d’une exonération de cotisation foncière des entreprises.
- Loi de Finances pour 2020 du 28 décembre 2019, n°2019-1479 (article 111)
- Article 1464 F du Code général des impôts
- BOFIP-Impôts-BOI-IF-CFE-10-30-50-70
- Décret n°98-247 du 2 avril 1998 relatif à la qualification artisanale et au répertoire des métiers
- Réponse ministérielle Louwagie du 22 juin 2021, Assemblée nationale, n°32565 (pas de délai supplémentaire pour les délibérations des communes et EPCI)
- Loi de finances pour 2024 du 29 décembre 2023, n° 2023-1322, article 73
- Arrêté du 22 décembre 2023 modifiant l'arrêté du 31 décembre 2020 constatant le classement de communes en zone de revitalisation des centres-villes
Une exonération de CFE en faveur des créations et / ou extensions d’établissements
Des rappels utiles…
C’est quoi un « établissement » ? Un établissement se définit comme « toute installation utilisée par une entreprise en un lieu déterminé », ou comme « une unité de production intégrée dans un ensemble industriel ou commercial lorsqu’elle peut faire l’objet d’une exploitation autonome ».
C’est quoi une « création d’établissement » ? Une création d’établissement correspond à l’implantation d’une nouvelle entreprise dans une commune qui ne s’analyse pas comme un changement d’exploitant.
C’est quoi une « extension d’établissement » ? L’extension d’établissement s’entend de l’augmentation de la base nette d’imposition à la cotisation foncière des entreprises (CFE) par rapport à celle de l’année précédente.
Toutefois, dans certains cas, pour le calcul de cette augmentation, il ne sera pas tenu compte de l’évolution de la base d’imposition résultant notamment :
- de l’augmentation de la cotisation minimum ;
- des changements de méthode de détermination de la valeur locative d'un local artisanal ou d'un établissement industriel ;
- des changements d’utilisation des locaux professionnels ;
- des réductions de base d'imposition prévues en faveur des installations de lutte contre la pollution, des matériels destinés à économiser l'énergie ou à réduire le bruit et des installations de manutention portuaire ;
- de l'abattement facultatif de 50 % sur la valeur locative des bâtiments affectés à la recherche ;
- d'une modification des coefficients de localisation ou résultant de la mise à jour régulière des paramètres d'évaluation, autres que les loyers, des locaux professionnels ;
- de la réduction de valeur locative des entreprises saisonnières ;
- pour les établissements dans lesquels sont exercées conjointement une activité imposable et une activité exonérée, de l’évolution de la fraction de la valeur locative imposable.
Un 1er rappel. En cas de création d’établissement, la CFE n’est pas due pour l’année de la création et, pour la première année d'imposition, la base d’imposition est réduite de moitié.
Un 2ème rappel. En cas d'extension d'établissement, compte tenu de la période de référence de la CFE (qui correspond à l'avant-dernière année précédant celle de l'imposition ou le dernier exercice de 12 mois clos au cours de cette même année lorsque cet exercice ne coïncide pas avec l'année civile), l'augmentation des bases constatées à la clôture d'une période de référence N est imposée à compter de l'année d'imposition N+2
Une exonération de CFE pour combien de temps ?
Une exonération facultative. Afin de favoriser la création, l’implantation ou l’extension d’activités sur leur territoire, les communes ou les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre peuvent, depuis le 1er janvier 2021, exonérer de CFE les nouveaux établissements, ainsi que les extensions d'établissement pour une durée de 3 ans.
Le point de départ des 3 ans. Le point de départ de cette durée de 3 ans est :
- en cas de création d'établissement, l’année qui suit celle de la création : dans ce cas, l’exonération facultative s’applique après la réduction de moitié de la base appliquée de plein droit ;
- en cas d'extension d'établissement, la deuxième année qui suit celle au cours de laquelle l’extension d’établissement est intervenue.
Combien ? Le taux de l’exonération de CFE est fixé à 100 %.
Une exonération de CVAE ? L’exonération de CFE emporte, par voie de conséquence, l’exonération de CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises) due au titre de l’établissement concerné.
Une exonération de CFE sous conditions…
Des conditions. Cette exonération s'applique dans les conditions suivantes :
- elle est subordonnée à une délibération des communes ou des EPCI, prise avant le 1er octobre d'une année pour être applicable à compter de l'année suivante ;
- elle porte sur la totalité de la part revenant à chaque commune ou EPCI ayant délibéré ;
- elle est accordée sur demande de l'entreprise, avant le 1er janvier de l’année qui suit celle de la création d'entreprise ou au plus tard le 2ème jour ouvré qui suit le 1er mai de l’année suivant celle de l'extension d'établissement ;
- elle porte sur les éléments qui sont déclarés par l’entreprise.
Une délibération générale. La délibération de la commune ou de l’EPCI doit avoir une portée générale et concerner toutes les entreprises. Plus simplement, elle ne peut pas limiter le bénéfice de l’exonération à certaines entreprises ou certaines catégories d’entreprises en particulier.
Toutefois. Pour autant, la délibération peut prévoir que l’exonération s’applique :
- aux seules créations d’établissements ;
- aux seules extensions d’établissements ;
- aux créations et aux extensions d’établissements.
A noter. En l’absence de précision dans la délibération, l’exonération de CFE s’appliquera automatiquement aux créations et aux extensions d’établissements.
Ce que ne peut pas faire la commune ou l’EPCI… La commune ou l’EPCI ne peut pas, dans sa délibération, modifier la durée (fixée à 3 ans) ou le taux (fixé à 100 %) de l’exonération.
A retenir
Dès lors que la commune ou l’établissement public de coopération intercommunale a délibéré en ce sens, les nouveaux établissements, ainsi que les extensions d'établissements peuvent bénéficier d’une exonération de CFE pour une durée de 3 ans.
- Loi de finances pour 2021 du 29 décembre 2020 n°2020-1721 (article 120)
- Article 1478 bis du code général des impôts
- Modèle de délibérations relatives à la contribution économique territoriale disponible sur le site collectivites-locales-gouv.fr
- Actualité Bofip-Impôts du 22 décembre 2021
- Loi de finances pour 2022 du 30 décembre 2021, n°2021-1900 (article 68)
Entreprises créées dans un bassin urbain à dynamiser (BUD) : bénéficier d’une exonération de CFE ?
Entreprises créées en BUD : quel avantage fiscal ?
Un avantage fiscal. Toutes conditions remplies, les entreprises qui se créent au sein d’un bassin urbain à dynamiser (BUD) entre le 1er janvier 2018 et le 31 décembre 2026 peuvent bénéficier d’une exonération de CFE.
Deux exonérations ? En réalité, il existe 2 exonérations de CFE : une exonération de plein droit et une exonération facultative.
Une exonération de plein droit… Elle s’applique pendant 7 ans et est assise sur la moitié de la base nette d’imposition à CFE des établissements taxables.
…puis un abattement. Suite à cette exonération, l’entreprise pourra bénéficier d’un abattement dégressif qui couvre une période de 3 ans au taux de :
- 75 % pour la 8e année : notez que l’abattement est calculé sur la base d’imposition exonérée au titre de la 7e année ;
- 50 % pour la 9e année ;
- 25 % pour la 10e année.
À noter. Cette exonération de CFE est complétée par une exonération totale de cotisation sur la valeur ajoutée (CVAE) qui couvre la même période et la même durée.
Une exonération facultative… Cette exonération porte sur la moitié de la base d’imposition qui ne bénéficie pas de l’exonération de plein droit. Toutefois, elle ne s’appliquera pas automatiquement : elle est soumise à l’adoption d’une délibération en ce sens par la commune (ou l’établissement public) avant le 1er octobre de l’année N pour une application en N+1.
Exemple. Si votre commune souhaite instituer cette exonération facultative pour l’imposition 2025, elle devra adopter une délibération en ce sens avant le 1er octobre 2024.
Sur quelle période ? Cette exonération s’applique pour une période 7 ans.
…puis un abattement. Suite à cette exonération, l’entreprise pourra bénéficier d’un abattement dégressif qui couvre une période de 3 ans au taux de :
- 75 % pour la 8e année : notez que l’abattement est calculé sur la base d’imposition exonérée au titre de la 7e année ;
- 50 % pour la 9e année ;
- 25 % pour la 10e année.
Plafonnement. L’exonération de CFE est soumise à 2 types de plafonnement alternatifs :
- par principe, il est fait application du plafonnement applicable en matière de règlementation européenne sur les aide de minimis ;
- sur option, si l’entreprise est créée dans une commune située dans un BUD, lui-même compris dans une zone d’aide à finalité régionale (ZAFR), elle pourra choisir d’appliquer le plafonnement applicable en matière de réglementation européenne relative aux aides à finalité régionale.
Un cumul avec un autre régime d’exonération ? Si l’entreprise peut potentiellement bénéficier de plusieurs régimes d’allègement d’impôts fonciers, elle devra faire un choix. Les différents régimes ne sont pas cumulables les uns avec les autres. Si elle souhaite bénéficier de celui qui résulte de son implantation en BUD, elle devra opter en ce sens, de façon expresse, par l’intermédiaire du formulaire 1447 C.
Un délai. Ce formulaire est à transmettre aux services fiscaux avant le 31 décembre de l’année de création de l’entreprise.
À noter. Cette option est définitive et irrévocable. Si l’entreprise opte pour le régime de faveur qui découle de son implantation en zone, elle ne pourra pas changer d’avis par la suite pour finalement opter pour un autre régime d’exonération.
Entreprises créées en BUD : quelles conditions ?
Un avantage fiscal...Comme nous avons pu le voir, une entreprise qui fait le choix de s’implanter dans un BUD peut bénéficier d’un avantage fiscal non négligeable. Cela suppose toutefois de respecter un certain nombre de conditions.
…sous conditions. L’entreprise devra respecter des conditions générales tenant à son régime d’imposition, à sa dimension, à sa localisation et à l’activité exercée, mais aussi des conditions plus spécifiques.
Régime d’imposition. Le bénéfice de l’exonération de CFE est applicable à toutes les entreprises, quelle que soit leur forme, qu’elles relèvent de l’impôt sur le revenu (micro, régimes réels ou déclaration contrôlée) ou de l’impôt sur les sociétés (IS).
Détention. Le capital de l’entreprise ne doit pas être détenu, directement ou indirectement, pour plus de 50 % par d’autres sociétés.
Dimension. Si l’entreprise qui s’implante dans un BUD souhaite bénéficier de l’avantage fiscal, elle doit respecter un certain dimensionnement : elle doit répondre à la définition des PME communautaires (moins de 250 salariés, chiffre d’affaires annuel inférieur à 50 M€ ou total de bilan inférieur à 43 M€).
Une activité éligible. L’exonération d’impôt bénéficie aux entreprises qui exercent une activité industrielle, commerciale ou artisanale. Sont donc exclues les activités libérales et les activités agricoles.
Localisation. L’entreprise doit bien évidemment s’implanter dans une commune située au sein d’un BUD. Concrètement, les BUD sont situés dans l’ancien bassin minier du Nord-Pas-de-Calais.
=> Consultez notre annexe répertoriant les communes situées au sein d’un BUD
Attention. La liste des communes situées en BUD a été étendue pour inclure les communes qui sont limitrophes à celles présentes avant 2019 sur la liste et qui remplissent les conditions suivantes : critère de densité de population, revenu médian et taux de chômage.
Un avantage réservé. L’avantage fiscal est réservé aux entreprises qui se créent dans ces « nouvelles communes » entre le 1er janvier 2019 et le 31 décembre 2026.
Création ? L’avantage fiscal est réservé aux entreprises qui sont créées en BUD et qui exercent une activité véritablement nouvelle. Sont donc exclues du régime de faveur :
- les entreprises issues d’une concentration ou d’une restructuration d’activités préexistantes (fusion, scission, apport partiel d’actifs, filialisation, etc.) ;
- les entreprises issues d’une extension d’activité préexistante ;
- les entreprises reprenant une activité préexistante (location-gérance, acquisition, transfert, etc.).
Une implantation exclusive. Pour pouvoir bénéficier du régime de faveur, l’entreprise doit être implantée de façon exclusive au sein d’un BUD, c’est-à-dire que l’ensemble de son activité, son siège social et ses moyens d’exploitation matériels et humains doivent être situés dans la zone.
Le saviez-vous ?
Certaines activités non sédentaires (par exemple les activités relevant du secteur du bâtiment) peuvent être considérées comme étant implantées exclusivement au sein d’un BUD et donc, peuvent bénéficier du régime de faveur si 15 % au plus de leur chiffre d’affaires (CA) est réalisé hors zone, donc si 85 % au moins de leur CA est réalisé dans le BUD.
Si l’activité hors zone représente plus de 15 % du CA, le bénéfice de l’entreprise sera soumis à l’IS ou l’IR dans les conditions de droit commun à proportion de son CA réalisé hors zone.
Une condition d’embauche. L’entreprise qui souhaite bénéficier du régime d’allègement d’impôt en matière d’impôts fonciers doit également respecter une condition d’embauche en BUD, c’est-à-dire :
- que 50 % des salariés qu’elle emploie, dans le cadre d’un CDI ou d’un CDD d’au moins 12 mois, doivent résider dans le BUD : ce seuil de 50 % est calculé par rapport à la proportion des salariés employés dans des conditions identiques et qui ne résident pas en zone ;
- que 50 % des salariés qu’elle embauche, dans le cadre d’un CDI ou d’un CDD d’au moins 12 mois, doivent résider dans le BUD : ce seuil de 50 % est calculé par rapport à la proportion des salariés embauchés dans des conditions identiques et qui ne résident pas en zone.
À retenir
Si vous décidez de créer votre entreprise au sein d’un BUD, vous pourrez bénéficier d’une exonération totale de CFE de 7 ans, puis d’un abattement de 75 %, 50 % et 25 % pour les 3 années suivantes.
Ce régime de faveur est soumis au respect de nombreuses conditions tenant essentiellement à la nature de l’activité développée par l’entreprise, à son dimensionnement, au respect d’une condition d’embauche, etc.
- Loi de finances rectificative pour 2017 du 28 décembre 2017, n°2017-1775 (article 17)
- Article 44 sexdecies du Code Général des Impôts
- Article 1463 A du Code Général des Impôts
- Loi de finances pour 2019 du 28 décembre 2018, n°2018-1317 (article 21 – création de « nouvelles » communes permettant de bénéficier de l’avantage fiscal)
- Loi de finances pour 2021 du 29 décembre 2020, n°2020-1721, articles 144 et 223 (prolongation dispositif)
- Loi de finances pour 2022 du 30 décembre 2021, n°2021-1900 (article 68)
- Loi de finances pour 2024 du 29 décembre 2023, no 2023-1322, article 73 (prolongation dispositif)
Une exonération de taxe foncière pour les immeubles situés en zones de revitalisation des centres-villes
ZRCV : une exonération de taxe foncière pour qui ? Pour quoi ?
Une exonération temporaire. Pour les impositions établies au titre des années 2020 à 2026, les entreprises qui sont propriétaires d’immeubles situés dans les zones de revitalisation des centres-villes (ZRCV) peuvent bénéficier d’une exonération (totale ou partielle) de taxe foncière sur les propriétés bâties.
Pour qui ? Cet avantage fiscal est réservé aux micro-entreprises, ainsi qu’aux petites et moyennes entreprises, c’est-à-dire celles :
- qui emploient moins de 250 salariés ;
- qui ont un chiffre d’affaires inférieur à 50 M€ ou un total de bilan inférieur à 43 M€.
Pour quelles activités. L’exonération de taxe foncière est réservée aux entreprises qui exercent une activité commerciale ou artisanale.
Une activité commerciale. Par activité commerciale, on entend :
- les commerces dont l’objet est d’acheter, en vue de les revendre (sans transformation ou avec transformations mineures ou usuelles, telles qu’un reconditionnement), toutes matières premières et tous produits fabriqués ;
- les entreprises de vente de services, dès lors qu’il s’agit d’établissements destinés à fournir le logement et la nourriture (hôtels, restaurants, cafés, etc.).
Une activité artisanale. La liste des activités artisanales concernées est disponible ici, en annexe.
Des exclusions. Ne sont donc pas concernés par cet avantage fiscal les professionnels qui exercent :
- une activité industrielle ;
- une activité de nature civile : gestion de patrimoine immobilier, gestion de portefeuilles de valeurs mobilières, construction-vente d’immeuble ;
- une profession libérale : médecin, avocat, expert-comptable, géomètre, architecte, etc. ;
- une activité de débitant de tabac ;
- une activité agricole ou de la pêche.
Une localisation géographique. L’exonération de taxe foncière ne s’applique qu’aux immeubles situés en ZRCV. La liste des communes concernées est disponible ici.
Une exonération qui suit la CFE… Cet avantage fiscal s’applique aux immeubles qui sont rattachés, au 1er janvier de l’année d’imposition, à un établissement qui remplit les conditions pour bénéficier de l’exonération de cotisation foncière des entreprises (CFE) réservée aux entreprises qui exploitent une activité artisanale ou commerciale en ZRCV.
=> Pour en savoir plus cette exonération de CFE, cliquez ici.
Fin de l’avantage. Cette exonération cesse de s’appliquer :
- à compter du 1er janvier de la 2e année qui suit la période de référence au cours de laquelle le redevable de la CFE afférente à l'établissement auquel est rattaché l'immeuble ne remplit plus les conditions lui permettant de bénéficier de l’exonération de CFE ;
- à compter du 1er janvier de l'année suivant celle au cours de laquelle les immeubles ne sont plus affectés à une activité commerciale ou artisanale.
Le saviez-vous ?
Si l'exonération s'applique à un immeuble ou une fraction d'immeuble loué, le bailleur déduit le montant de l'avantage fiscal ainsi obtenu du montant des loyers si ce montant de loyers n'intègre pas déjà une réduction correspondante.
Un cumul ? Si l’entreprise peut bénéficier soit de cette exonération de taxe foncière, soit d’un autre dispositif d’exonération (entreprise implantée en ZAFR, reprise d’entreprise en difficultés, etc.), elle devra faire un choix : si elle opte pour l’exonération des biens situés en zone de revitalisation des centres-villes, son choix sera irrévocable.
Un plafonnement. Cet avantage fiscal est soumis au plafonnement applicable en matière de réglementation européenne sur les aides de minimis.
ZRCV : comment bénéficier de l’exonération
Une délibération de la commune. Pour pouvoir bénéficier de cette exonération, encore faut-il que la commune ou que l’établissement public de coopération intercommunale (EPCI) sur le territoire desquels sont implantés les immeubles ait délibéré en ce sens. Cette délibération doit être prise avant le 1er octobre d’une année donnée pour s’appliquer à partir du 1er janvier de l’année suivante.
Une déclaration. Pour bénéficier de cette exonération de taxe foncière, l’entreprise doit déclarer au service des impôts du lieu de situation des biens, avant le 1er janvier de l'année au titre de laquelle l'exonération est applicable et suivant un modèle établi par l'administration, les éléments d'identification du ou des immeubles concernés. Le modèle est accessible sur le site www.impots.gouv.fr. Par exception, il est possible de formuler sa demande d’exonération sur papier libre.
En l’absence de déclaration dans le délai requis, l’exonération ne sera pas accordée au titre de l’année concernée.
À retenir
Pour les impositions établies au titre des années 2020 à 2026, les entreprises qui sont propriétaires d’immeubles situés dans les zones de revitalisation des centres-villes (ZRCV) et qui remplissent les conditions pour bénéficier de l’exonération de cotisation foncière des entreprises (CFE) correspondante peuvent bénéficier d’une exonération de taxe foncière.
- Loi de Finances pour 2020 du 28 décembre 2019, n°2019-1479 (article 111)
- Article 1382 H du Code général des impôts
- BOFIP-Impôts-BOI-IF-CFE-10-30-50-70
- Décret n°98-247 du 2 avril 1998 relatif à la qualification artisanale et au répertoire des métiers
- Réponse ministérielle Louwagie du 22 juin 2021, Assemblée nationale, n°32565 (pas de délai supplémentaire pour les délibérations des communes et EPCI)
- Loi de finances pour 2024 du 29 décembre 2023, n° 2023-1322, article 73
- Arrêté du 22 décembre 2023 modifiant l'arrêté du 31 décembre 2020 constatant le classement de communes en zone de revitalisation des centres-villes
Taxe pour la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations (GEMAPI) : pour qui ? Pour quoi ?
Taxe GEMAPI : pour quoi ?
Une taxe…Comme son nom l’indique, la taxe pour la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations est une taxe qui est instituée par votre commune ou par votre communauté de communes.
…communale. Seuls les communes ou les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) qui ont compétence pour assumer la gestion des milieux aquatiques et / ou la prévention des inondations peuvent instituer cette taxe par délibération (du conseil municipal ou de la communauté de communes).
Un bénéficiaire. La commune et l’EPCI sont directement bénéficiaires de cette taxe.
Un produit… La commune ou l’EPCI doivent, chaque année, avant le 1er octobre, établir le montant global de la taxe qui sera réclamé l’année suivante, dans le respect de la limite d’un plafond de 40 € par redevable. En conséquence, si la taxe GEMAPI est instituée dans votre commune, vous ne devrez pas payer plus de 40 €.
…affecté. Dernier point, notez que le produit de cette taxe est affecté exclusivement au financement des charges liées à l’exercice, par la commune ou l’EPCI, de la compétence de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations.
Taxe GEMAPI : qui paie ?
Les particuliers…Le montant global de la taxe est réparti entre toutes les personnes tenues au paiement des impôts fonciers (taxe foncière, taxe d’habitation et cotisation foncière des entreprises).
… et les entreprises. Sont donc tenus au paiement de cette taxe les particuliers comme les entreprises.
Base d’imposition. La base d’imposition à retenir pour calculer la taxe GEMAPI est la même que celle qui correspond à la part communale de l’impôt foncier auquel elle se rattache. Plus clairement, si votre commune vous demande de payer la taxe GEMAPI en même temps que votre taxe foncière, par exemple, la base d’imposition de la taxe GEMAPI sera la même que celle retenue pour le calcul de la taxe foncière.
Exonération ? Sont exonérés de taxe GEMAPI les organismes HLM (habitations à loyer modéré) et les sociétés d’économie mixte, pour les immeubles dont ils sont propriétaires et dont la location est attribuée sous condition de ressources.
Dégrèvements ? La commune ou l’EPCI peuvent établir des dégrèvements de taxe GEMAPI par délibération du conseil municipal ou de la communauté de communes. Rapprochez-vous de votre commune pour savoir si des dégrèvements (temporaires ou permanents) ont été mis en place par elle.
A retenir
La taxe GEMAPI est une taxe locale qui pèse sur les particuliers et les entreprises et qui se rattache aux impôts fonciers (taxe foncière, taxe d’habitation ou cotisation foncière des entreprises). Si vous êtes tenu au paiement de cette taxe, notez que la commune ou l’EPCI ne pourra pas vous réclamer plus de 40 €.
