Investir dans l’immobilier en Outre-mer : le dispositif Girardin
Le dispositif Girardin : un conseil
Des spécialistes. Si vous souhaitez investir en Outre-mer, vous pouvez prendre conseil auprès d’un cabinet de conseils spécialisé en défiscalisation en Outre-mer. Ce type de structure est dans l’obligation de s’inscrire sur un registre public tenu par :
- le représentant de l’Etat pour les cabinets dont le siège social est situé à Paris, en Guadeloupe, à la Martinique, à la Réunion, à Mayotte, en Guyane, en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie ;
- le Préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris pour les cabinets dont le siège social est situé dans un Etat membre de l’Union européenne ou dans un autre Etat partie à l’accord sur l’espace économique européen ayant conclu avec la France une convention d’assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l’évasion fiscales ;
- le Préfet de la Guadeloupe pour les cabinets dont le siège social est situé à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy ;
- le Haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie pour les cabinets dont le siège social se trouve dans les Iles Wallis et Futuna.
Des obligations. Cette inscription oblige les cabinets de conseils spécialisés en défiscalisation :
- à respecter une charte de déontologie ;
- à déclarer les opérations réalisées et le montant des commissions perçues ;
- à déclarer les noms et adresses des investisseurs.
Une assurance. En plus de leurs autres obligations, ces professionnels devront contracter une assurance contre les conséquences pécuniaires de leur responsabilité civile professionnelle 'couvrant tous les risques afférents au montage des opérations réalisées pour le bénéfice des avantages fiscaux '.
Une inscription limitée dans le temps. Notez que cette inscription est limitée dans le temps : elle est valable pour une durée de 3 ans.
Une inscription sous conditions. L’inscription initiale et son renouvellement sont subordonné(e)s au respect de l'ensemble des conditions suivantes par les dirigeants et associés de ces cabinets :
- ils doivent justifier de leur aptitude professionnelle ;
- ils doivent être à jour de leurs obligations fiscales et sociales ;
- ils doivent présenter un bulletin n°3 de leur casier judiciaire vierge de toute condamnation ;
- ils doivent justifier d’une certification annuelle de leurs comptes par un commissaire aux comptes ;
- ils doivent signer et respecter une charte de déontologie.
Une réduction d’impôt : pour qui ?
Pour les particuliers. Cet avantage fiscal bénéficie aux personnes physiques ayant leur domicile fiscal en France métropolitaine ou dans les DOM.
Une réduction d’impôt pour quoi ? Vous pourrez bénéficier de la réduction d’impôt au titre de votre IR si vous réalisez l’un des investissements suivants :
- l’acquisition de parts de sociétés de développement régional d’Outre-mer ou de sociétés soumises à l’IS exerçant une activité industrielle, commerciale, artisanale ou agricole en Outre-mer. Attention certains secteurs d’activités sont expressément exclus du bénéfice de l’avantage fiscal ;
- la construction ou l’acquisition d’un logement neuf que vous affectez à votre résidence principale pendant au moins 5 ans. Attention, la réduction est réservée aux primo-accédants ;
- l’acquisition d’un immeuble achevé depuis plus de 20 ans faisant l’objet de travaux de réhabilitation et destiné à devenir votre résidence principale pendant au moins 5 ans ou à être placé en location nue (pendant 5 ans également) dans les 6 mois de l’achèvement des travaux ou de son acquisition si elle est postérieure ;
Un délai de mise en location prolongé. Pour les immeubles achetés ou dont la construction est achevée depuis le 1er juillet 2018, le délai de mise en location est porté à 12 mois (au lieu de 6 mois).
- l’acquisition de parts ou actions de sociétés dont l'objet réel est exclusivement de construire des logements neufs situés dans les départements ou collectivités visés d’Outre-mer et qu'elles donnent en location nue pendant 5 ans au moins à compter de leur achèvement à des personnes, autres que les associés de la société, leur conjoint ou les membres de leur foyer fiscal, qui en font leur habitation principale ; ces sociétés doivent s'engager à achever les fondations des immeubles dans les 2 ans qui suivent la clôture de chaque souscription annuelle ; les souscripteurs doivent s'engager à conserver les parts ou actions pendant 5 ans au moins à compter de la date d'achèvement des immeubles.
- Consultez la liste des activités exclues du bénéfice du dispositif Girardin.
Des plafonds à respecter. Pour bénéficier de l’avantage et si vous placez l’immeuble en location, vous devrez respecter des plafonds de ressources du locataire, ainsi que des plafonds de loyers.
Un engagement de location. Pour éviter toute remise en cause de l’avantage fiscal, l’engagement de location doit être respecté jusqu’au terme de la période d’engagement. En cas de vacance intervenant pendant cette période d’engagement (si vous n’arrivez pas à louer le logement), vous pourrez conserver le bénéfice de la réduction d’impôt, à condition toutefois de prouver que la vacance est involontaire.
À noter. Le caractère volontaire ou non de la vacance est apprécié au cas par cas par l’administration fiscale.
Une réduction d’impôt jusqu’à quand ? Bénéficieront de cette réduction d’impôt les investissements réalisés jusqu’au 31 décembre 2017.
Attention. Ce dispositif est prolongé concernant les travaux de réhabilitation et de confortation de logements anciens contre les risques sismiques ou cycloniques : ces travaux ouvrent donc droit à la réduction d’impôt s’ils sont réalisés jusqu'au 31 décembre 2029. Cela signifie que les autres investissements (acquisition ou construction de l'habitation principale et souscriptions au capital de certaines sociétés) ne sont éligibles à la réduction d'impôt que jusqu'au 31 décembre 2017.
Des travaux ? Sont éligibles à cet avantage fiscal les travaux de réhabilitation (à l'exclusion de ceux qui constituent des charges déductibles des revenus fonciers) ou de confortation contre les risques sismiques qui portent sur un logement achevé depuis plus de 20 ans pour lequel le contribuable prend l'engagement, pour une durée de 5 ans, soit d'affecter dès l'achèvement des travaux à son habitation principale, soit de louer nu dans les 6 mois de la date d'achèvement à un locataire qui y fixe son habitation principale.
Un délai de mise en location prolongé. Pour les immeubles achetés ou dont la construction est achevée depuis le 1er juillet 2018, le délai de mise en location est porté à 12 mois (au lieu de 6 mois).
À noter. Le bénéfice de la réduction d’impôt est étendu aux travaux de confortation contre le risque cyclonique dans les mêmes conditions.
Montant de la réduction. La base de la réduction d’impôt est en principe assise sur le prix de revient ou d’acquisition de l’immeuble (ou des parts sociales). Pour 2017, la base de la réduction est plafonnée à 2 449 € par mètre carré habitable. Le taux de la réduction dépend quant à lui de l’investissement réalisé :
- 38 % pour l’acquisition de parts de sociétés soumises à l’IS exerçant une activité industrielle, commerciale, artisanale ou agricole en Outre-mer ;
- 30 % pour l’acquisition de parts de sociétés dont l'objet réel est exclusivement de construire des logements neufs situés dans les départements ou collectivités visés d’Outre-mer et qu'elles donnent en location nue pendant 5 ans au moins à compter de leur achèvement à des personnes qui en font leur habitation principale ;
- 18 % pour l’acquisition ou la construction ou les travaux de réhabilitation d’un immeuble.
Un agrément préalable dans certains cas. Il est important pour vous de noter que si vous envisagez d’investir une somme d’un montant supérieur à 2 M€, vous devrez obtenir l’agrément préalable du ministre du budget, sauf à ce que votre investissement concerne votre future résidence principale. Dans l’hypothèse où l’investissement prend la forme d’un achat de parts de sociétés, ce seuil de 2 M€ s’apprécie au regard du coût total du programme immobilier en vue duquel les souscriptions de parts ont été réalisées, et non pas au regard du montant des souscriptions.
Le saviez-vous ?
Pour l’acquisition, la construction ou les travaux de réhabilitation d’un immeuble, le taux de la réduction d’impôt sera fixé à 22 % si l’immeuble comporte des équipements de production d’énergie utilisant une source d’énergie renouvelable, voire même à 26 % si l’immeuble est situé dans un quartier prioritaire, tel que défini par la commune.
A retenir
Le dispositif Girardin regroupe en réalité un grand nombre de régimes de défiscalisation Outre-mer. Il est important de prendre le temps d’étudier votre situation pour déterminer le régime le plus opportun.
- Articles 199 undecies A (réduction IR pour achat ou construction de logements affectés à l’habitation principale) et 199 undecies C (réduction IR pour acquisition ou construction de logements neufs destinés à la location) du CGI
- Article 242 septies du CGI (professionnels de la défiscalisation Outre-mer)
- Bofip impôts BOI-IS-GEO-10
- Bofip impôts BOI-IR-RICI-380-20
- Bofip Impôts BOI-IR-RICI-380-10-20
- Bofip Impôts BOI-IR-RICI-80-10-20
- Bofip-Impôts-BOI-ANNX-000292
- Loi de finances pour 2018 du 30 décembre 2017, n°2017-1837 (articles 71 et 72)
- Arrêt de la cour administrative d’appel de Bordeaux du 28 mai 2018, n°16BX02036 (investissement par l’intermédiaire d’une SCI et achèvement des fondations dans le délai de 2 ans)
- Arrêt de la cour administrative d’appel de Nantes du 13 septembre 2018, n°17NT03777 (non respect engagement location)
- Loi de finances pour 2019 du 28 décembre 2018, n°2018-1317, articles 131, 30, 31, 139 et 153
- Arrêté du 3 mai 2019 pris pour l’application du premier alinéa de l’article 242 septies du Code Général des Impôts
- Arrêt de la Cour de cassation, 3ème chambre civile, du 7 novembre 2019, n° 18-21258 (manquement du commercialisateur du dispositif Girardin à l’obligation d’information)
- Ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période
- BOFiP-Impôts-BOI-DJC-COVID19-10 et suivants
- Loi de finances pour 2021 du 29 décembre 2020, n°2020-1721, article 105 (prolongation de l’avantage fiscal pour les travaux de réhabilitation et de confortation de logements anciens contre les risques sismiques ou cycloniques)
- Arrêt du Conseil d’État du 19 mai 2021, n°432556 (non-respect du délai de mise en location et reprise de la réduction d’impôt)
- Arrêt du Conseil d’État du 15 novembre 2021, n°452952 (appréciation du seuil de 2 M€ en cas de souscription du parts)
- Loi de finances pour 2023 du 30 décembre 2022, n°2022-1726 (article 13)
Investir en Outre-mer dans le secteur locatif social : le dispositif Girardin
Le dispositif Girardin : un conseil
Un conseil. Si vous souhaitez investir en outre-mer, vous pouvez prendre conseil auprès d’un cabinet de conseils spécialisé en défiscalisation en outre-mer. Ce type de structure est dans l’obligation de s’inscrire sur un registre public.
Les obligations qui pèsent sur ces cabinets. Cette inscription oblige les cabinets de conseils spécialisés en défiscalisation :
- à respecter une charte de déontologie ;
- à déclarer les opérations réalisées et le montant des commissions perçues ;
- à déclarer les noms et adresses des investisseurs.
Une assurance. En plus de leurs autres obligations, ces professionnels devront contracter une assurance contre les conséquences pécuniaires de leur responsabilité civile professionnelle couvrant tous les risques afférents au montage des opérations réalisées pour le bénéfice des avantages fiscaux.
Une inscription limitée dans le temps. Notez que cette inscription est désormais limitée dans le temps : elle est valable pour une durée de 3 ans.
Une inscription sous conditions. L’inscription initiale et son renouvellement sont subordonné(e)s au respect de l'ensemble des conditions suivantes par les dirigeants et associés :
- ils doivent justifier de leur aptitude professionnelle ;
- ils doivent être à jour de leurs obligations fiscales et sociales ;
- ils doivent présenter un bulletin n°3 de leur casier judiciaire vierge de toute condamnation ;
- ils doivent justifier d’une certification annuelle de leurs comptes par un commissaire aux comptes ;
- ils doivent signer et respecter une charte de déontologie.
Une réduction d’impôt pour investissement dans le secteur locatif social
Une réduction d’impôt pour qui ? La réduction d’impôt sur le revenu liée à l’investissement dans le secteur locatif social concerne les personnes physiques domiciliées en France et les entreprises imposables à l’impôt sur le revenu (IR).
Une réduction d’impôt pour quoi ? Pour pouvoir bénéficier de la réduction d’impôt, votre investissement doit porter sur l’acquisition ou la construction de logements neufs, ou sur l’acquisition de logements achevés depuis plus de 20 ans, mais faisant l’objet de travaux de réhabilitation.
Une extension pour certains travaux. Le bénéfice de la réduction d’impôt est étendu à certains travaux, sous réserve d’être réalisés dans des logements achevés depuis plus de 20 ans.
Des travaux de réhabilitation ? Les travaux de réhabilitation se définissent comme des travaux (de modification, d’aménagement interne, de remise en état du gros œuvre et travaux d’amélioration indissociables) qui équivalent à une reconstruction.
Des conditions ? Les travaux réalisés doivent permettre aux logements d’acquérir des performances techniques proches de celles des logements neufs. À défaut, il doit s’agir de travaux de confortation contre les risques sismiques ou cycloniques.
Pour les travaux de démolition ? Depuis le 1er janvier 2022, l’avantage fiscal est également ouvert au titre des travaux de démolition préalables à la construction des logements visés par le dispositif, dès lors que l'achèvement des fondations de l'immeuble intervient dans un délai de 2 ans suivant la date de fin des travaux de démolition. La réduction d'impôt est alors assise sur le prix de revient des travaux, qui doit toutefois être minoré des taxes versées et des subventions publiques reçues au titre de ces mêmes travaux, retenu dans la limite d'un plafond de 25 000 € par logement démoli.
Une réduction d’impôt jusqu’à quand ? Pourront bénéficier de l’avantage fiscal les investissements réalisés jusqu’au 24 septembre 2018 dans les DOM (c’est-à-dire ceux pour lequel une déclaration d’ouverture de chantier ou un agrément a été obtenu au plus tard le 24 septembre 2018) et jusqu’au 31 décembre 2029 pour les autres territoires d’outre-mer.
Un engagement de location…Les biens acquis doivent être proposés à la location nue dans les 12 mois de leur acquisition ou de leur achèvement. La location doit couvrir une période au moins égale à 5 ans.
…conclu avec un organisme social… Pour bénéficier de la réduction d’impôt, vous devrez conclure votre contrat de location avec un organisme HLM, une société d’économie mixte exerçant une activité immobilière en outre-mer ou tout autre organisme de logement social agréé.
…qui doit sous-louer le bien. L’organisme social devra sous-louer votre bien, en nu ou en meublé, à des personnes physiques qui en feront leur résidence principale.
Des plafonds à respecter. Pour bénéficier de l’avantage, vous devrez respecter des plafonds de ressources du sous-locataire, ainsi que des plafonds de loyers.
À l’issue de l’engagement de location. Passé le délai de 5 ans de mise en location, vous devrez céder votre bien soit à l’organisme social locataire, soit à une personne physique désignée par lui.
Une exception… Par exception, cette vente peut intervenir à l’expiration d’un délai de 5 ans décompté non pas à compter de la location effective, mais à compter de l’achèvement des fondations.
…qui est supprimée. Pour les constructions et les achats d’immeubles à construire n’ayant pas fait l’objet d’une déclaration d’ouverture de chantier avant le 24 septembre 2018 ; et pour les investissements pour l’agrément desquels une demande n’est pas parvenue à l’administration à la date du 24 septembre 2018, cette exception est supprimée.
Le montant de l’avantage fiscal. Si vous choisissez ce régime de défiscalisation, vous pourrez bénéficier, l’année de l’achèvement ou de l’acquisition du bien, d’une réduction d’impôt équivalente à 50 % du prix de revient du logement, prix duquel vous devrez retrancher le montant des taxes, commissions d’acquisition versées et subventions publiques reçues. Pour 2022, le plafond de l’avantage fiscal est de 2 727 € par mètre carré habitable.
Le saviez-vous ?
Si vous investissez dans un immeuble ancien à réhabiliter et qu’à ce titre, vous bénéficiez du dispositif Girardin, les dépenses afférentes aux travaux de réhabilitation ne seront pas déductibles de vos revenus fonciers.
À retenir
Le dispositif Girardin regroupe en réalité un grand nombre de régimes de défiscalisation outre-mer. Il est important de prendre le temps d’étudier votre situation pour déterminer le régime le plus opportun.
- Article 199 undecies C du Code général des impôts
- Article 244 quater X du Code général des impôts
- Article 242 septies du Code général des impôts (professionnels de la défiscalisation outre-mer)
- Article 199 undecies A du Code général des impôts (plafond de l’avantage fiscal)
- Bofip impôts BOI-IS-GEO-10
- Bofip impôts BOI-IR-RICI-380-20
- Bofip Impôts BOI-IR-RICI-380-10-20
- Bofip Impôts BOI-IR-RICI-80-10-20
- Bofip-Impôts-BOI-ANNX-000292
- Loi de finances pour 2018 du 30 décembre 2017, no 2017-1837 (articles 71 et 72)
- Loi de finances pour 2019 du 28 décembre 2018, no 2018-1317, articles 131, 30, 31, 139 et 153
- Arrêté du 3 mai 2019 pris pour l’application du premier alinéa de l’article 242 septies du Code Général des Impôts
- Décret no 2019-583 du 13 juin 2019 pris pour l’application des articles 199 undecies C, 217 duodecies, 220 Z quinquies, 242 sexies et 244 quater X du code général des impôts relatifs aux aides fiscales à l’investissement outre-mer dans le secteur du logement social
- Loi de finances pour 2022 du 30 décembre 2021, no 2021-1900 (articles 73 et 88)
- Décret no 2022-781 du 4 mai 2022 pris pour l'application de l'article 108 de la loi no 2020-1721 du 29 décembre 2020 de finances pour 2021
- Loi de finances pour 2023 du 30 décembre 2022, no 2022-1726 (article 13)
- Loi de finances pour 2024 du 29 décembre 2023 no 2023-1322
Défiscalisation « Denormandie » ou « Pinel ancien » : quel avantage fiscal ?
Défiscalisation Denormandie : une réduction d’impôt avantageuse
Une réduction d’impôt conséquente. Depuis le 1er janvier 2019 et jusqu’au 31 décembre 2027, si vous achetez un logement faisant ou ayant fait l’objet de travaux d’amélioration, ainsi qu’aux locaux affectés à un usage autre que l'habitation qui font ou qui ont fait l'objet de travaux de transformation en logement, et sous réserve que le montant de ces travaux, facturés par un professionnel, représente au moins 25 % du coût total de l’opération d’achat, vous pourrez opter pour la réduction d’impôt « Denormandie », dont le montant va varier selon les modalités choisies.
Des travaux d’amélioration ? Par « travaux d’amélioration », il faut entendre tous les travaux, sauf ceux portant sur des locaux ou des équipements d’agrément, ayant pour objet :
- de créer des surfaces habitables nouvelles ou des surfaces annexes,
- de moderniser, d’assainir ou d’aménager des surfaces habitables ou des surfaces annexes,
- de réaliser des économies d’énergie pour l’ensemble de ces surfaces.
Des surfaces annexes ? Pour information, sont des « surfaces annexes » les :
- garages, emplacements de stationnement et locaux collectifs à usage commun ;
- loggias, balcons, terrasses accessibles privatives, vérandas, séchoirs extérieurs au logement, caves d’une surface d’au moins 2 m² ;
- garages individuels et combles accessibles, uniquement pour les habitations individuelles.
Des critères de consommation énergétique. Les travaux de rénovation ou d’amélioration doivent respecter soit des critères de seuils de consommation énergétique, soit des critères de performance énergétique. Les travaux de rénovation éligibles au dispositif s'entendent de tous travaux ayant pour objet la modernisation, l'assainissement ou l'aménagement des surfaces habitables. Sont aussi visés les travaux visant à réaliser des économies d'énergie pour ces surfaces, ainsi qu’à créer des surfaces habitables à partir de l'aménagement des surfaces annexes (combles, garages). Sont toutefois exclus les travaux portant sur des locaux ou des équipements d'agrément.
Le saviez-vous ?
Notez qu’il faut joindre, à sa déclaration de revenus une note récapitulant les travaux réalisés et leur montant.
S’agissant des seuils de consommation d’énergie primaire. La diminution de la consommation conventionnelle d'énergie primaire du logement doit être d’au moins 30 % par rapport à celle d’avant travaux (20 % dans un logement situé en copropriété) ; en outre, la consommation conventionnelle d'énergie primaire du logement rénové doit être inférieure à 331KWh/m²/an.
S’agissant des critères de performance énergétique. Le logement doit respecter des exigences de performance énergétique, pour au moins 2 des 5 catégories suivantes (et qui permettent d'atteindre une consommation conventionnelle d'énergie primaire après travaux inférieure à 331KWh/m²/an) :
- isolation de la toiture ;
- isolation des murs donnant sur l'extérieur ;
- isolation des parois vitrés donnant sur l'extérieur ;
- systèmes de chauffage ;
- système de production d'eau chaude sanitaire.
À noter. Le respect des seuils de consommation d’énergie et de performance énergétique est justifié par la fourniture :
- d'une évaluation énergétique réalisée par une personne présentant des garanties de compétence et disposant d'une organisation et de moyens appropriés, qui indique la consommation du logement telle que résultant de la situation existante avant la réalisation des travaux et telle que projetée après travaux ;
- de factures, autres que les factures d'acompte, des entreprises ayant réalisé des travaux, comportant le lieu de réalisation des travaux, la nature de ces travaux, ainsi que les caractéristiques et critères de performance requis.
Spécialement pour l’Outre-mer. Sont éligibles au dispositif Pinel-réhabilitation, les logements situés en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique et à La Réunion qui font ou qui ont fait l'objet de travaux de rénovation (précités), et qui respectent à la fois une exigence thermique et une exigence énergétique :
- l’exigence thermique vise l'intégration au logement de l'un des équipements suivants : surtoiture ventilée, isolation thermique, bardage ventilé, pare soleil horizontaux, brise-soleil verticaux, protections solaires mobiles extérieures dans le plan des baies, ventilateurs de plafond ;
- l’exigence énergétique vise l'intégration au logement d'un au moins des équipements suivants :équipements de production d'énergie utilisant une source d'énergie renouvelable,-pompes à chaleur, autres que air/ air, dont la finalité essentielle est la production de chaleur ou d'eau chaude sanitaire (ainsi que le coût de la pose de l'échangeur souterrain des pompes à chaleur géothermiques), équipements de raccordement à un réseau de chaleur, alimenté majoritairement par des énergies renouvelables ou par une installation de cogénération.
Une réduction d’impôt variable. Cet avantage fiscal repose sur un engagement de votre part de louer le logement à un locataire qui en fera sa résidence principale. Cet engagement peut être d’une durée de 6 ans ou de 9 ans, ce qui aura pour conséquence que la réduction d’impôt sera de :
- 12 % (23 % pour un investissement immobilier en Outre-mer) si votre engagement de location est de 6 ans ;
- 18 % (29 % pour un investissement immobilier en Outre-mer) si votre engagement de location est de 9 ans.
Prorogeable… Il est possible de proroger votre engagement de location pour une durée de 3 ans renouvelable une fois (si votre engagement initial est de 6 ans) ou de 3 ans non renouvelable (si votre engagement initial est de 9 ans), ce qui porte la durée maximale possible de votre engagement à 12 ans. Cette prorogation aura pour effet de proroger l’application de la réduction qui sera ainsi égale à :
- 6 % pour la première période triennale et 3 % pour la seconde période triennale (en cas d’engagement initial de 6 ans) ;
- 3 % pour la période triennale (en cas d’engagement initial de 9 ans).
Concrètement. La réduction d’impôt sera répartie sur 6, 9 ou 12 ans. Elle se calcule en appliquant au montant de votre investissement, retenu dans la limite de 300 000 €, le taux correspondant. Le taux maximal est de 21 % (32 % pour un investissement immobilier en Outre-mer) si l’engagement de location est de 12 ans, ce qui fait une réduction d’impôt totale maximale de 63 000 €.
Pour information. La réduction d’impôt est calculée sur la base du prix de revient du logement, comprenant également les dépenses de rénovation, retenu dans la limite d’un plafond par m² de surface habitable fixé à 5 500 €, sans pouvoir dépasser la limite de 300 000 € par an et par contribuable. Notez que cet avantage est soumis au plafonnement global des niches fiscales de 10 000 €.
Des frais et commissions plafonnés. Les frais et commissions qui sont imputés par les agents immobiliers et les autres intermédiaires à l’occasion de l’investissement sont dorénavant plafonnés. Le montant de ce plafonnement sera fixé par décret (non encore paru à ce jour).
Une sanction. Tout dépassement du plafond des frais et commissions susceptibles d’être perçus par les intermédiaires dans le cadre d’opérations d’acquisition de logements ouvrant droit à la réduction d’impôt Denormandie (plafond devant être fixé par un Décret non paru à ce jour) est passible d’une amende administrative dont le montant ne peut excéder 10 fois les frais excédant le plafond.
Défiscalisation Denormandie : les conditions à respecter
Une distinction à opérer. Si vous achetez un logement qui fait l’objet de travaux d’amélioration ou de rénovation, il est nécessaire d’opérer une distinction entre la date de réalisation de l’investissement, qui ouvre droit au bénéfice de l’avantage fiscal, et la date à laquelle la réduction d’impôt s’appliquera effectivement à votre revenu.
Date de réalisation de l’investissement. La date de réalisation de l’investissement à retenir est la date d’acquisition du logement, c’est-à-dire la date à laquelle vous avez signé l’acte authentique d’achat.
Date d’application de l’avantage fiscal. La réduction d’impôt ne s’appliquera effectivement à votre impôt sur le revenu qu’à partir de la date d’achèvement des travaux qui, pour mémoire, doit intervenir au plus tard le 31 décembre de la 2ème année qui suit celle de l’acquisition.
Vous concernant. Pour bénéficier de l’avantage fiscal, vous devez respecter les conditions et engagements suivants :
- vous devez vous engager à louer le logement (pendant 6 ou 9 ans prorogeables) sans y associer le mobilier (location nue), à une personne qui en fait sa résidence principale (un logement qui n’est pas affecté à la résidence principale du locataire peut entraîner une remise en cause de l’avantage fiscal) ;
- si le logement appartient à une SCI, c’est elle qui prend cet engagement de location et vous devez, de votre côté, prendre un engagement de conserver les titres de la SCI pendant toute la durée de l’engagement de location ;
- vous devez louer le logement en respectant des plafonds de loyer et de ressources du locataire ;
- vous ne pourrez bénéficier de la réduction d’impôt qu’à raison de deux logements au titre d’une même année d’imposition ;
- la base de calcul de votre réduction d’impôt ne pourra pas excéder le prix de revient d’au plus 2 logements, retenu dans la limite d’un plafond de 5 500 € par m² de surface habitable, sans pouvoir dépasser la limite de 300 000 € par contribuable et pour une même année d'imposition.
Attention. La location doit prendre effet dans les 12 mois de l'acquisition ou de l'achèvement des travaux. Elle doit être effective et continue. Il faut savoir qu’un immeuble est réputé achevé lorsque sont exécutés les ouvrages et sont installés les éléments d'équipement qui sont indispensables à l'utilisation du logement, conformément à sa destination.
Concernant le locataire. Pour les investissements réalisés à partir du 1er janvier 2019, il vous est possible de louer le logement à un ascendant ou un descendant (pour autant qu’il ne soit pas rattaché à votre foyer fiscal).
Le saviez-vous ?
Le non-rattachement au foyer fiscal s’apprécie au titre de l'année de conclusion du bail, ainsi qu'au titre de chacune des années de location.
Attention. Le non-respect de ces conditions sera susceptible d’entraîner une remise en cause de l’avantage fiscal dont vous bénéficiez. Nous attirons particulièrement votre attention sur l’engagement de location et les modalités de cette location : votre engagement est pris sur au moins 6 ans, une durée relativement longue. Vous devez être en mesure de louer le bien acquis pendant cette période : autant acheter un bien que vous serez sûr de louer dans de bonnes conditions, d’où l’importance de la qualité du logement que vous achetez…
À noter. La réduction d’impôt Denormandie ne peut pas se cumuler, pour un même logement, avec la réduction d’impôt Pinel.
À retenir
En optant pour un engagement de location de 6 ans, vous bénéficierez d’une réduction d’impôt maximale de 36 000 €. Elle s’élève à 54 000 € si votre engagement de location porte sur une période de 9 ans et 63 000 € si vous prorogez cet engagement jusqu’à 12 ans.
Vous êtes autorisé à louer votre logement à un ascendant ou un descendant (non membre de votre foyer fiscal), pour autant que soient respectés les plafonds de loyer et de ressources.
- Article 199 novovicies du Code général des impôts
- Loi de Finances pour 2019 du 28 décembre 2018, no 2018-1317 (article 226)
- www.economie.gouv.fr
- Décret no 2019-232 du 26 mars 2019 relatif aux conditions d'application de la réduction d'impôt sur le revenu au titre de l'investissement locatif prévue au 5o du B du I de l'article 199 novovicies du code général des impôts
- Arrêté du 26 mars 2019 relatif à la liste des communes ouvrant droit à la réduction d'impôt prévue au 5o du B du I de l'article 199 novovicies du code général des impôts
- Arrêté du 26 mars 2019 relatif à la réduction d'impôt sur le revenu au titre de l'investissement locatif prévue à l'article 199 novovicies du code général des impôts, pris pour l'application du 3o ;de l'article 46 AZA octies-0 A de l'annexe III du même code
- Loi de finances pour 2020 du 28 décembre 2019, no 2019-1479, article 115
- Décret no 2020-426 du 10 avril 2020 relatif aux conditions d'application de la réduction d'impôt sur le revenu au titre de l'investissement locatif prévue au 5o du B du I de l'article 199 novovicies du code général des impôts
- Arrêté du 10 avril 2020 abrogeant l'article 18-0 bis D de l'annexe IV au code général des impôts
- Actualité BOFiP-Impôts du 27 août 2020
- Loi de finances pour 2022 du 30 décembre 2021, no 2021-1900 (article 75)
- Loi de finances pour 2024 du 29 décembre 2023, no 2023-1322 (article 72)
- Loi no 2024-322 du 9 avril 2024 visant à l'accélération et à la simplification de la rénovation de l'habitat dégradé et des grandes opérations d'aménagement (article 42)
Défiscalisation immobilière : les points de vigilance
La défiscalisation ne fait pas tout !
Attention aux miroirs aux alouettes ! Qui n’a pas déjà vu une publicité dans les journaux qui évoque, à propos d’un investissement immobilier : « Ici, Monsieur Dupont a économisé 10 000 € d’impôts ! ». Ou comment transformer l’immobilier en un simple produit de défiscalisation... En matière d’investissement immobilier, comme pour tout investissement, la prudence est de rigueur, et la prise de risque mérite d’être bien étudiée…
Respectez la règle d’or ! En matière immobilière, on ne répètera jamais assez que la qualité d’un investissement repose sur 3 règles :
- règle n°1 : l’emplacement
- règle n°2 : encore l’emplacement
- règle n°3 : encore et toujours l’emplacement
A titre d’exemple. C’est précisément ce qu’un couple a appris à ses dépens. Les époux ont choisi d’investir en achetant un appartement situé dans une petite commune de Franche-Comté (700 habitants) située à près de 600 km de leur domicile. Suite à un contrôle fiscal, ils se sont vu refuser le bénéfice du dispositif De Robien, n’étant pas parvenu à louer l’appartement. Le couple a tenté d’obtenir une indemnisation en attaquant le conseil qui leur avait recommandé cet investissement, sans succès. Le juge a en effet examiné le contrat qui n’a pas été signé dans le but de bénéficier d’un avantage fiscal, de sorte que le professionnel ne peut être poursuivi en indemnisation à la suite d’un redressement fiscal.
La défiscalisation ne doit être que la « cerise sur le gâteau »… Posez-vous la question de votre motivation à investir : souhaitez-vous vous constituer un patrimoine immobilier en vue de la retraite ? Souhaitez-vous investir en vue de financer, à terme, les études de vos enfants ? Est-ce un bien que vous envisagez d’habiter dans les années à venir ? Le montage de votre dossier de financement et d’investissement doit tenir compte de l’ensemble de ces paramètres. Quant à la défiscalisation, même si elle s’avère fortement incitative et vous permettra de financer votre investissement, elle ne doit pas être la seule motivation : n’oubliez pas qu’avant de défiscaliser, vous investissez dans un bien immobilier, sur le long terme.
Et elle peut être source de déconvenue… Si un investissement réalisé dans le cadre d’une opération de défiscalisation présente l’immense avantage d’optimiser votre fiscalité personnelle (votre impôt finance en partie votre investissement), il n’en demeure pas moins que ce n’est pas sans conditions. Notamment, ces dispositions de défiscalisation immobilière sont assorties d’un engagement de location plus ou moins long (de 6 à 9 ans, voire 12 ans). Pendant ce délai, votre logement doit être loué, sous peine de voir l’administration vous refuser le bénéfice de l’avantage fiscal attaché à votre investissement.
Pour la petite histoire…Un couple est propriétaire d’un appartement au titre duquel il a opté pour le régime de défiscalisation immobilière « Robien » Ce dispositif n’est applicable que si le logement est loué à une personne qui en fera sa résidence principale. Problème : à l’occasion d’un contrôle fiscal, l’administration s’est aperçue que le logement loué ne constituait pas la résidence principale du locataire. Elle a donc a remis en cause l’avantage fiscal dont a bénéficié le couple. Mais ce dernier conteste ce redressement : pour lui, le titulaire du bail est présumé occuper le logement; en outre, le couple estime qu’aucune fraude ni négligence ne peuvent lui être reproché à ce sujet qui pourraient conduire à une remise en cause de l’avantage fiscal. Mais là n’est toutefois pas le problème pour le juge : le seul fait que le logement ne soit pas occupé « à titre de résidence principale » par le locataire empêche de pouvoir bénéficier de l’avantage fiscal.
Investir dans un logement locatif : les bons réflexes !
Un investissement qui engage ! Investir dans un logement est loin d’être un acte banal, notamment (et surtout ?) sur le plan financier. Vous vous engagez sur de nombreuses années, vous devez bien souvent rembourser un emprunt, etc.
Posez-vous les bonnes questions ! Au-delà de la vérification de la qualité du bien en lui-même, avant d’investir, interrogez-vous sur l’environnement du bien :
- situation du bien : est-il bien desservi et accessible (facilité de stationnement, proche d’un transport en commun…) ? Le quartier est-il agréable (présence de commerces de proximité, de services, etc.) ?
- marché locatif : le marché de la location est-il dynamique ou, au contraire, est-il en saturation ? Quelle est la typologie des logements locatifs construits récemment (plutôt des maisons individuelles, plutôt des T2/T3, plutôt des petites surfaces) ?
- la qualité du logement en lui-même : offre-t-il une réelle perspective de location sur le long terme ? Offre-t-il une perspective de revente dans de bonnes conditions, le cas échéant ?
Evitez les pièges ! Combien d’investisseurs ont subi une véritable déconvenue en achetant un bien immobilier dans une ville qu’ils ne connaissaient pas, sous prétexte de réaliser des économies d’impôt ? Avant d’acheter, allez sur place pour vous faire votre propre idée. Renseignez-vous sur la qualité de vie du lieu de votre investissement. Demandez-vous si vous accepteriez que vos propres enfants habitent dans un logement situé là où vous envisagez d’investir.
Au cas où… Dans une affaire qui a opposé un couple et un promoteur, l’investisseur a obtenu l’annulation d’un contrat de vente d’un logement au motif qu’il avait été trompé par le promoteur. Malgré un état de saturation du marché locatif local de Carcassonne qu’il connaissait, un promoteur avait néanmoins assuré au couple investisseur, par l'intermédiaire de la plaquette de commercialisation, une forte demande locative et un placement sûr et rentable à court terme. L’agence qui a commercialisé ce logement avait d’ailleurs réalisé une étude financière personnalisée en faveur du couple sur la base de ce document et lui avait remis un dossier destiné à lui faire croire que leur investissement était avantageux et sans aucun risque. Autant d’éléments caractéristiques d’un dol, selon le juge, qui a validé l’annulation de la vente.
Mais attention ! Dans une autre affaire, l’investisseur a perdu son procès contre le promoteur qui lui a vendu un appartement dans le cadre d’une opération de défiscalisation immobilière. L’investisseur reprochait au professionnel de ne pas lui avoir fourni d’information circonstanciée sur le potentiel locatif du logement. Mais le professionnel conteste toutes ces allégations et rappelle au contraire que :
- l’investisseur a bénéficié d’un dossier lui présentant l’ensemble de données économiques et fiscales du projet, mettant en évidence le dispositif de défiscalisation immobilière ;
- le revenu locatif mensuel du logement correspond à celui auquel il a pu être loué ;
- le bien a été loué de manière assez constante à un prix dont il n’est pas soutenu qu’il n’ait pas été conforme aux conditions pratiquées sur le marché locatif ;
- l’investisseur devait nécessairement intégrer les aléas d’une location immobilière et les fluctuations du marché ;
- l’investisseur n’a jamais pris le soin de s’informer de la pertinence de ce projet au regard de sa situation, ni même de se rendre sur place.
Autant d’arguments qui ont convaincu le juge pour qui l’investisseur n’apporte pas la preuve que l’intermédiaire aurait manqué intentionnellement à son obligation précontractuelle d’information, qui n’a donc rien à se reprocher ici.
Le rôle de la banque. Il ne faut pas non plus sous-estimer le rôle de la banque qui, en étudiant la faisabilité financière de l’investissement, saura aussi attirer votre attention sur le risque encouru. Sachez d’ailleurs, à ce sujet, qu’elle est même tenue d’un devoir de mise en garde si elle estime que l’investissement immobilier vous expose à un endettement excessif au regard de vos capacités financières.
Le rôle du conseiller en patrimoine. Le conseil malavisé d’un gestionnaire en patrimoine ne donne pas forcément lieu à indemnisation relative au montant d’un éventuel redressement fiscal : par principe, en effet, le paiement de l'impôt mis à la charge d'un contribuable à la suite d'une rectification fiscale ne constitue pas un dommage indemnisable sauf lorsqu'il est établi que, dûment informé ou dûment conseillé, il n'aurait pas été exposé au paiement de l'impôt rappelé ou aurait acquitté un impôt moindre.
Exemple. Il a été jugé qu’un gestionnaire en patrimoine ayant mal conseillé ses clients sur les avantages fiscaux auxquels ils pouvaient prétendre dans le cadre d’un programme de défiscalisation n’avait pas pour autant à les indemniser, dans la mesure où ceux-ci avaient soutenu qu’un conseil avisé les aurait fait renoncer à l’opération. Le juge a rappelé que l’indemnisation n’était due par le gestionnaire en patrimoine que dans la mesure où un bon conseil aurait permis à ses clients de payer un impôt moindre que celui qui a été mis à leur charge suite à la rectification fiscale. Ce qui n’était pas le cas dans cette affaire.
A retenir
N’oubliez jamais qu’un investissement « Duflot-Pinel » n’est pas qu’un produit de défiscalisation : vous achetez avant tout un bien immobilier. Vérifiez la qualité de ce que vous achetez, sa situation, l’état du marché locatif local, sa capacité locative, sa capacité de revente…
- Article 199 novovicies du Code Général des Impôts
- Arrêt de la Cour de Cassation, 3ème chambre civile, du 7 avril 2016, n° 14-24164 (manœuvres dolosives et annulation de la vente)
- Arrêt de la Cour de Cassation, 3ème chambre civile, du 7 avril 2016, n° 15-13064 (confirmation de la vente)
- Arrêt de la Cour de Cassation, chambre commerciale, du 18 janvier 2017, n° 15-17125 (devoir de mise en garde de la banque)
- Arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Lyon du 31 août 2017, n°16LY00099 (non-respect de l’engagement de location et remise en cause de l’avantage fiscal)
- Arrêt de la Cour de Cassation, 3ème chambre civile, du 12 octobre 2017, n° 16-23362 (manœuvres dolosives et annulation de la vente-investissement à Carcassonne)
- Arrêt de la Cour de Cassation, 3ème chambre civile, du 14 décembre 2017, n°16-24096 et 16-24108 (investissement dans une commune de 700 habitants et refus d’application du dispositif de défiscalisation)
- Arrêt de la Cour de Cassation, chambre commerciale, du 11 mars 2020, n° 18-19124 (indemnisation préjudice lié au redressement fiscal)
- Arrêt de la Cour de Cassation, chambre commerciale, du 11 mars 2020, n° 18-20026 (indemnisation préjudice lié au redressement fiscal)
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 17 février 2021, n° 19-13119 (le paiement de l'impôt mis à la charge d'un contribuable à la suite d'une rectification fiscale ne constitue pas un dommage indemnisable par son conseiller en patrimoine sauf s'il prouve que, dûment conseillé, il n'aurait pas été exposé au paiement de l'impôt rappelé)
- Arrêt du Conseil d’Etat du 7 octobre 2021, n°437532 (non-respect de l’engagement de location et remise en cause de l’avantage fiscal)
Pour aller plus loin…
Investir dans une résidence services
Défiscalisation Censi-Bouvard : pour qui ?
Un dispositif de défiscalisation immobilière. Investir dans une résidence services vous permet de bénéficier d’un avantage fiscal qui prend la forme d’une réduction d’impôt sur le revenu calculée sur la base de l’investissement réalisé. Mais ce n’est pas ouvert à tout le monde…
Pour qui ? Cette réduction d’impôt bénéficie aux particuliers qui investissent, avant le 31 décembre 2022, dans une résidence services. Il n’est pas possible de profiter de cet avantage fiscal si l’investissement est réalisé par l’intermédiaire d’une société : pour ouvrir droit à la réduction d’impôt, l’immeuble doit être acquis directement par la personne physique qui entend bénéficier de l’avantage fiscal.
Défiscalisation Censi-Bouvard : pour quoi ?
Une résidence services. L’investissement doit porter sur un logement neuf ou assimilé destiné à la location meublée (activité exercée à titre non professionnel), et pour autant qu’il s’agisse d’une résidence services.
Concrètement. Votre investissement porte sur un logement situé dans une résidence services exploitée par une société spécialisée dans ce type d’immeubles :
- une résidence de tourisme classée (pour les investissements réalisés jusqu’au 31 décembre 2016) ;
- une résidence avec services pour étudiants ;
- un établissement social ou médico-social qui accueille des personnes âgées ou adultes handicapés ;
- un établissement délivrant des soins de longue durée à des personnes, n’ayant pas leur autonomie de vie et dont l’état nécessite une surveillance médicale constante et des traitements d’entretien, et comportant un hébergement ;
- une résidence avec services pour personnes âgées ou handicapées ayant obtenu l'agrément « qualité » ;
- un ensemble de logements géré par un groupement de coopération social ou médico-social et affecté à l’accueil familial salarié de personnes âgées ou handicapées.
Résidence avec services pour personnes âgées ou handicapées. A compter de l’imposition des revenus 2019, pour les achats intervenus depuis le 1er janvier 2019, l’avantage fiscal est étendu aux personnes qui acquièrent un logement situé dans une résidence avec services pour personnes âgées ou handicapées ayant obtenu une autorisation départementale : la réduction d’impôt n’est donc plus réservée aux logements situés dans une résidence services ayant obtenu un agrément.
Résidence avec services pour étudiants. Pour pouvoir bénéficier de l’exonération d’impôt, la résidence avec services pour étudiants doit être occupée à 70 % au moins par des étudiants. Le seul fait d’investir dans une résidence que le promoteur destine au logement d’étudiants n’est pas suffisant
Le saviez-vous ?
Une résidence services doit proposer des services non individualisables, à savoir :
- l’accueil personnalisé et permanent des résidents et de leurs visiteurs ;
- la mise à disposition d’un personnel spécifique attaché à la résidence, le cas échéant complétée par des moyens techniques, permettant d’assurer une veille continue quant à la sécurité des personnes et à la surveillance des biens ;
- le libre accès aux espaces de convivialité et aux jardins aménagés.
Logement neuf ? L’investissement doit porter sur un logement acquis à l’état neuf (c’est-à-dire qu’il n’a jamais été utilisé à quelque titre que ce soit) ou en état futur d’achèvement. L’investissement pourra aussi porter sur un logement achevé depuis au moins 15 ans et ayant fait ou faisant l’objet de travaux de réhabilitation.
Défiscalisation Censi-Bouvard : combien ?
Un avantage fiscal… La réduction d’impôt est égale à 11 % du coût du logement (dans la limite d’un prix de revient égal à 300 000 € au maximum). Au cours d’une année, vous pouvez bénéficier de cette réduction d’impôt pour l’acquisition de plusieurs logements, mais la base de calcul de la réduction d’impôt ne pourra pas, en tout état de cause, dépasser 300 000 € par an.
… sous conditions ! Hormis la nature de l’investissement et sa date de réalisation, l’avantage fiscal suppose aussi que vous preniez un engagement de location. Concrètement, vous devez prendre l’engagement de louer le logement meublé pendant au moins 9 ans à l’exploitant de l’établissement ou de la résidence où se situe ce logement (la mise en location doit intervenir dans le délai d’un mois à compter de l’achèvement du logement ou de son acquisition).
Le saviez-vous ?
En cas de changement d’exploitant au cours de la période couverte par votre engagement de location (ce qui peut arriver assez fréquemment), votre logement doit, en principe, être loué au nouvel exploitant dans un délai d’un mois. A défaut de location à un nouvel exploitant après l’expiration de ce délai d’un mois, la réduction d’impôt fait l’objet d’une reprise au titre de l’année de rupture d’engagement de location.
Notez toutefois que, par tolérance, la période de vacance du logement avant sa location à un nouvel exploitant peut, dans certains cas de défaillance de l’exploitant, être supérieure à un mois sans toutefois pouvoir excéder 12 mois.
Et aussi… L’activité de location meublée résultant de cet investissement doit être réalisée à titre non professionnel (vous ne pouvez pas bénéficier de la réduction d’impôt si vous exercez cette activité à titre professionnel au moment de l’acquisition du logement).
A noter. Passer d’un statut de loueur en meublé non professionnel à un celui de loueur en meublé professionnel au cours de la période couverte par votre engagement de location ne remettra pas en cause l’avantage fiscal obtenu.
Défiscalisation Censi-Bouvard : comment ?
Une location meublée. Il s’agit d’une location d’un logement muni de tous les éléments mobiliers indispensables à une occupation normale par le locataire. Ce type de location relève d’un régime fiscal particulier, à savoir celui des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) : les revenus que vous retirez de la location du logement à l’exploitant de la résidence services sont donc imposés dans la catégorie des BIC (et non pas dans celle des revenus fonciers).
Quelques particularités. Le régime de la location meublée connaît quelques particularités. Ainsi, vous pouvez tenir compte d’un amortissement qui viendra diminuer le montant des revenus imposables : toutefois, dans le cadre de ce dispositif, les amortissements ne seront admis en déduction qu’à hauteur de ceux pratiqués sur la fraction du prix de revient des immeubles excédant le montant retenu pour le calcul de cette réduction d’impôt (300 000 €).
Une imputation sur l’IR. Le montant de la réduction d’impôt est imputé sur votre impôt sur le revenu ; mais cette imputation est en pratique répartie sur 9 ans, à raison d’1/9ème par année, et pour la 1ère fois l’année de l’acquisition du logement ou de son achèvement ou encore de l’achèvement des travaux.
Le saviez-vous ?
Lorsque la fraction de la réduction d'impôt imputable au titre d'une année d'imposition excède l'impôt dû par le contribuable au titre de cette même année, le solde peut être imputé sur l'impôt sur le revenu dû au titre des années suivantes, jusqu'à la sixième année inclusivement.
Une remise en cause possible. Si vous ne respectez pas les conditions d’application du régime Censi-Bouvard, vous risquez une remise en cause de l’avantage fiscal. Il en sera ainsi notamment en cas de :
- non-respect de l’engagement de location ;
- non-respect des conditions de mise en location ;
- vente du logement pendant la période couverte par votre engagement de location.
A retenir
Si vous faites l’acquisition d’un logement situé dans une résidence services, vous pourrez bénéficier d’un avantage fiscal égal à 11 % du prix d’achat (retenu dans la limite de 300 000 €). Cela suppose notamment que vous preniez l’engagement de louer ce logement à l’exploitant de la résidence services (résidence de tourisme, résidence étudiante, résidence pour personnes âgées ou handicapées, etc.).
- Article 199 sexvicies du Code Général des Impôts
- Article R 111-1-1 à R 111-17 du Code de la Construction et de l’Habitation (notion de logement)
- Loi de Finances pour 2017 n° 2016-1918 du 29 décembre 2016 (article 69)
- BOFiP-Impôts-BOI-IR-RICI-220
- Décret n° 2016-1737 du 14 décembre 2016 déterminant les catégories de services spécifiques non individualisables pouvant bénéficier aux occupants des résidences-services prévue à l'article L. 631-13 du code de la construction et de l'habitation
- Arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Nantes du 28 septembre 2017, n°15NT02565 (investissement dans une résidence services étudiants)
- Loi n°2017-1837 du 30 décembre 2017 de Finances pour 2018
- Arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Nantes du 18 juin 2018, n°17NT01905 (avantage fiscal et location dans le délai d’un mois suivant l’achèvement de la résidence)
- Loi de finances pour 2019 du 28 décembre 2018, n°2018-1317, article 186
- Loi de finances pour 2020 du 28 décembre 2019, n°2019-1479, article 165
- Loi de finances pour 2022 du 30 décembre 2021, n°2021-1900 (article 74)
Défiscalisation « Malraux » : quel avantage ?
Défiscalisation Malraux : pour qui et pour quoi ?
Le principe. La réduction d’impôt Malraux s’adresse aux personnes qui investissent dans des opérations de restauration immobilière dans certains quartiers strictement définis, suivies par un architecte des bâtiments de France. Ce qui suppose de définir qui peut bénéficier de cet avantage fiscal et pour quel type d’investissement.
Un investisseur… particulier ? La réduction d’impôt bénéficie aux personnes physiques et aux associés personnes physiques de certaines sociétés (fiscalement domiciliés en France) qui perçoivent, dans le cadre de cette opération immobilière, des loyers imposés dans la catégorie des revenus fonciers. L’investissement est possible par l’intermédiaire d’une société (non soumise à l’IS) dès lors que les loyers sont imposés au niveau de l’associé comme des revenus fonciers.
Le saviez-vous ?
Le bénéfice de la réduction d'impôt est réservé aux personnes qui sont titulaires de la pleine propriété de l'immeuble ou des titres. Le démembrement n’est admis que dans l’hypothèse où il a lieu à la suite du décès de l'un des conjoints.
Un investissement… localisé ? La réduction d’impôt Malraux s’applique aux opérations de restauration immobilière agréées par l’autorité publique. Elle suppose d’engager des dépenses de restauration dans des immeubles situés :
- dans un quartier ancien dégradé (dispositif applicable jusqu’au 31 décembre 2024),
- dans un quartier présentant une concentration élevée d’habitats anciens dégradés (liste fixée par arrêté ministériel), sous réserve que la restauration soit déclarée d'utilité publique (dispositif applicable jusqu’au 31 décembre 2024),
- dans un site patrimonial remarquable.
Un bien… précis ? Il doit s’agir de locaux à usage d'habitation, de locaux destinés originellement à l'habitation et réaffectés à cet usage ou bien encore de locaux affectés à un usage autre que l'habitation n'ayant pas été originellement destinés à l'habitation (il s'agit, dans la plupart des cas, de locaux affectés à usage de commerce situés au rez-de-chaussée des immeubles de centre-ville qui sont donnés en location commerciale après la réalisation des travaux).
Défiscalisation Malraux : combien ?
Une réduction d’impôt. Calculée sur la base des dépenses et travaux éligibles au dispositif, elle est égal à :
- 30 % pour les immeubles situés dans un site patrimonial remarquable couvert par un plan de sauvegarde et de mise en valeur approuvé ;
- 22 % pour les immeubles situés dans un site patrimonial remarquable couvert par un plan de valorisation de l’architecture et du patrimoine approuvé ;
- 22 % pour les immeubles situés dans un site patrimonial remarquable et pour lesquels l’opération de restauration a été déclarée d’utilité publique ;
- 30 % pour ceux situés dans un quartier présentant une concentration élevée d’habitats anciens dégradés et dans un quartier ancien dégradé.
Quelles dépenses ? Pour le calcul de la réduction d’impôt, vous pouvez retenir les charges de propriété suivantes : les dépenses de réparation et d'entretien, les primes d'assurance, les dépenses d'amélioration, les impositions, les frais de gestion ainsi que la fraction des provisions versées pour les dépenses de travaux de la copropriété et pour le montant effectivement employé par le syndic de la copropriété au paiement desdites dépenses. Vous pouvez également tenir compte des frais d'adhésion à des associations foncières urbaines de restauration.
Quels travaux ? Il s’agit des dépenses de travaux imposés ou autorisés par l’autorité publique en application des réglementations relatives aux secteurs, quartiers et zones concernés. Les travaux retenus pour le calcul de la réduction d’impôt sont :
- les travaux de démolition,
- les travaux de reconstitution de toiture,
- les travaux de murs extérieurs d'immeubles existants,
- les travaux de transformation de logement de tout ou partie d'un immeuble,
- les travaux déclarés d’utilité publique,
- les travaux ayant pour effet de rendre habitables des combles, des greniers ou parties communes ou encore des travaux de réparation, d'entretien et d'amélioration de l'habitation (sauf les travaux d'agrandissement).
Des dépenses engagées sur une durée précise. Les dépenses doivent être supportées à compter, soit de la date de délivrance du permis de construire, soit de celle d’expiration du délai d’opposition à la déclaration préalable, et jusqu’au 31 décembre de la 3e année suivant, selon le cas, l’une ou l’autre de ces deux dates. Vous pouvez donc bénéficier d’un avantage fiscal pendant 4 années d’imposition au maximum.
Des dépenses effectives. Seules sont prises en compte les sommes effectivement payées et dont vous justifiez qu’elles ont bien été affectées au paiement des dépenses correspondantes. Des sommes versées au fur et à mesure de la réalisation des travaux éligibles et qui donnent lieu à facturation ouvrent donc droit à l’avantage fiscal au titre de l’année du paiement correspondant.
Des dépenses plafonnées. Les dépenses éligibles sont retenues dans une limite pluriannuelle de 400 000 € sur 4 ans.
À noter. Les dépenses éligibles doivent être retenues, s’il y a lieu, sous déduction des aides ou subventions accordées pour la réalisation des travaux, notamment par l’Agence Nationale de l’Habitat (ANAH).
Le saviez-vous ?
Notez que la réduction d’impôt est aussi susceptible de s’appliquer (sous conditions) aux souscriptions de parts de sociétés civiles de placement immobilier (SCPI).
Une réduction d’impôt reportable. La réduction est imputée sur l’impôt dû au titre de l’année de paiement des dépenses. Si cette réduction excède l’impôt dû, l’excédent peut être imputé sur l’impôt dû au titre des 3 années suivantes.
Pour information. Parce que les dépenses de travaux auront ouvert droit à une réduction d’impôt, il n’est pas possible d’en tenir compte pour le calcul de l’éventuelle plus-value qui serait réalisée lors de la revente du logement (notamment pour majorer le prix d’achat du logement et ainsi optimiser le montant de la plus-value imposable).
Concernant les revenus fonciers. Le juge a récemment rappelé qu’il est impossible, pour une personne bénéficiant de la réduction d’impôt Malraux, de déduire de ses revenus fonciers les dépenses éligibles au dispositif de faveur et ce, même si le montant de celles-ci excède le plafond de la réduction d’impôt.
Défiscalisation Malraux : comment ?
Un engagement de location. Vous devez prendre l’engagement de louer l’immeuble pendant au moins 9 ans. Si la location porte sur un logement, le locataire (qui ne peut pas être un membre de votre foyer fiscal, un ascendant ou un descendant ou, dans le cas d’une SCI, l'un de ses associés ou un membre de son foyer fiscal, un ascendant ou un descendant) doit en faire sa résidence principale.
Le saviez-vous ?
La location doit être effective dans les 12 mois de l’achèvement des travaux. Elle doit être effective et continue pendant les 9 ans.
Un engagement de conservation des parts. Si l'immeuble est la propriété d'une SCI, c’est elle qui prend l’engagement de location ; de votre côté, vous devez vous engager à conserver vos parts jusqu'au terme de l'engagement de location pris par la société.
Attention. Si les conditions d’application de ce dispositif ne sont pas respectées, vous encourez une remise en cause de l’avantage fiscal correspondant. Il faut également noter que la réduction d’impôt Malraux ne se cumule pas avec d’autres dispositifs de défiscalisation immobilière (et notamment la défiscalisation Pinel).
Mais... Aucune remise en cause de l’avantage fiscal ne vous sera opposée si vous ne respectez pas votre engagement de logement en raison d’une invalidité, d’un décès ou d’un licenciement (vous concernant ou concernant votre conjoint ou partenaire de Pacs).
A retenir
En fonction du secteur dans lequel est situé l’immeuble éligible aux opérations de restauration immobilière, vous pourrez bénéficier d’une réduction d’impôt de 22 % ou de 30 %, calculée sur la base des dépenses et des travaux admis.
Cette réduction d’impôt suppose de prendre l’engagement de louer le bien restauré pendant au moins 9 ans.
- Article 199 tervicies du Code général des impôts
- Article 156 du Code général des impôts
- BOFiP-Impôts-BOI-IR-RICI-200
- BOFiP-Impôts-BOI-RFPI-SPEC-40
- Loi de Finances pour 2016 n° 2015-1785 du 29 décembre 2015 (articles 5 et 79)
- Loi n° 2016-925 du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (article 75)
- Loi de Finances rectificative pour 2016 n° 2016-1918 du 29 décembre 2016 (article 40)
- Réponse ministérielle Eblé, Sénat, du 12 janvier 2017, n° 21771 (les travaux de restauration ne sont pas pris en compte dans le calcul de la plus-value imposable)
- Arrêté du 19 janvier 2018 relatif à la liste des quartiers prioritaires de la politique de la ville présentant une concentration élevée d’habitat ancien dégradé prévue à l’article 199 tervicies du code général des impôts
- Arrêté du 15 janvier 2019 rectifiant la liste des quartiers prioritaires de la politique de la ville présentant les dysfonctionnements urbains les plus importants et visés à titre complémentaire par le nouveau programme national de renouvellement urbain
- Réponse ministérielle Frassa du 10 janvier 2019, Sénat, n°01409 (majoration du prix d’achat et travaux ayant ouvert droit au bénéfice de la réduction Malraux)
- Loi de finances pour 2020 du 28 décembre 2019, n°2019-1479, article 160
- Arrêt de la Cour administrative d’appel de Bordeaux du 21 juin 2022, n° 20BX02345 (réduction d’impôt Malraux et revenus fonciers)
- Loi de finances pour 2023 du 30 décembre 2022, n°2022-1726 (article 19)
- Loi de finances pour 2024 du 29 décembre 2023, no 2023-1322 (article 14)
Défiscalisation « Pinel » : quel avantage fiscal ?
Défiscalisation Pinel : une réduction d’impôt avantageuse
Une réduction d’impôt conséquente. Si vous achetez un logement neuf ou faites construire un logement, directement ou par l’intermédiaire d’une SCI (non soumise à l’impôt sur les sociétés), jusqu'au 31 décembre 2024, vous pourrez opter pour la réduction d’impôt « Pinel », dont le montant va varier selon les modalités choisies.
Variable… Cet avantage fiscal repose sur un engagement de louer le logement acheté ou construit à un locataire qui en fera sa résidence principale. Cet engagement, qui peut être d’une durée de 6 ans ou de 9 ans, est prorogeable pour une durée de 3 ans renouvelable une fois (si l’engagement initial est de 6 ans) ou de 3 ans non renouvelable (si l’engagement initial est de 9 ans), ce qui porte la durée maximale possible de votre engagement à 12 ans.
Concrètement. La réduction d’impôt sera répartie sur 6, 9 ou 12 ans. Elle se calcule en appliquant au montant de votre investissement, retenu dans la limite de 300 000 €, le taux correspondant.
Un taux. Depuis 2021, le taux de la réduction d’impôt est fixé de la manière suivante :
Taux de la réduction d’impôt
Durée de l’engagement de location
Durée de la prorogation de l’engagement de location
Pour les investissements réalisés en 2021
Pour les investissements réalisés en 2022
Pour les investissements réalisés en 2023
Pour les investissements réalisés en 2024
6 ans
12 % (23 % pour les investissements en Outre mer)
12 % (23 % pour les investissements en Outre mer)
10,5 % (21,5 % pour les investissements en Outre mer)
9 % (20 % pour les investissements en outre mer)
1ère prorogation triennale
6 %
6 %
4,5 %
3 %
2nde prorogation triennale
3 %
3 %
2,5 %
2 %
9 ans
18 % (29 % pour les investissements en Outre-mer)
18 % (29 % pour les investissements en Outre-mer)
15 % (26 % pour les investissements en Outre-mer)
12 % (23 % pour les investissements en Outre-mer)
Unique prorogation triennale
3 %
3 %
2,5 %
2 %
Toutefois. Ne sont pas concernés par cette baisse progressive :
- les investissements réalisés dans le cadre du dispositif Denormandie ;
- les investissements réalisés dans des logements situés dans un quartier prioritaire de la politique de la ville ;
- les investissements réalisés dans des logements qui respectent un niveau de qualité supérieur à la réglementation.
En métropole, les logements qui respectent un niveau de qualité supérieur à la réglementation sont ceux :
- situés dans un bâtiment d’habitation collectif qui atteint un niveau de performance énergétique et environnementale supérieur à la réglementation en vigueur :
- ○ jalon 2025 de la RE 2020 pour les logements neufs achetés en 2023 ;
- ○ jalon 2025 de la RE 2020 et classe A du DPE (diagnostic de performance énergétique) pour les logements neufs achetés en 2024 ;
- ○ label E+C- et classe A du DPE pour les logements achetés neufs en 2023 ou 2024 dans le cadre d’une opération de construction pour laquelle la demande de permis de construire a été déposée avant le 1er janvier 2022 ;
- ○ classe A ou B du DPE pour les logements achetés en 2023 et 2024 qui ne résultent pas d’une opération de construction ;
- et qui présentent les caractéristiques d’usage et de confort suivantes :
- ○ une surface minimale par typologie : 28m² pour un T1, 45m² pour un T2, 62m² pour un T3, 79m² pour un T4 et 96m² pour un T5 ;
- ○ la présence systématique d’un espace extérieur d’une surface minimale par typologie de logement ;
- ○ une double exposition à partir du T3.
En outre-mer. En Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à La Réunion, à Mayotte, à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin, à Saint-Pierre-et-Miquelon, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie Française et à Wallis-et-Futuna, les logements qui respectent un niveau de qualité supérieur à la réglementation sont ceux qui :
- sont situés dans un bâtiment d’habitation collectif qui atteint un niveau de performance énergétique et environnementale supérieur à la réglementation en vigueur (variable selon la collectivité concernée), consultable ici ;
- et qui présentent les caractéristiques d’usage et de confort suivantes :
- ○ surface minimale : 28 m² pour un T1, 45 m² pour un T2, 62 m² pour un T3, 79 m² pour un T4 et 96 m² pour un T5 ;
- ○ existence d’espaces extérieurs privatifs ou à jouissance privative d’une surface minimale : 3 m² pour un T1, 3 m² pour un T2, 5 m² pour un T3, 7 m² pour un T4 et 9 m² pour un T5 ;
- ○ existence d’une ouverture sur l’extérieur de type fenêtre ou porte-fenêtre sur au moins deux façades d’orientations différentes pour les T3 et plus.
Attention.Pour les contrats de réservation et actes authentiques signés à compter du 1er avril 2020, les frais et commissions qui sont imputés par les agents immobiliers et les autres intermédiaires à l’occasion de l’investissement sont plafonnés à 10 % du prix de revient du logement.
Une sanction. Tout dépassement du plafond des frais et commissions susceptibles d’être perçus par les intermédiaires dans le cadre d’opérations d’acquisition de logements ouvrant droit à la réduction d’impôt Pinel est passible d’une amende administrative dont le montant ne peut excéder 10 fois les frais excédant le plafond.
L’avantage fiscal vaut non seulement pour l’achat d’un logement neuf (achevé ou acquis en l’état futur d’achèvement) ou la construction d’un logement, mais aussi pour l’achat d’un logement qui fait l’objet d’une réhabilitation totale ou qui fait l’objet de travaux d’une importance telle que l’opération est assimilée à une construction d’un logement neuf.
Pour information. Sachez qu’il est également possible de bénéficier de cet avantage fiscal en cas de souscription dans des parts de SCPI, à condition que 95 % de la souscription servent à financer un investissement immobilier éligible au dispositif. Le bénéfice de la réduction d’impôt supposera notamment que vous preniez l’engagement de conserver les parts de SCPI pendant toute la durée de l’engagement de location pris par la SCPI.
Défiscalisation Pinel : quand ?
Construction. Si vous faites construire une habitation, il est nécessaire d’opérer une distinction entre la date de réalisation de l’investissement (dépôt de la demande de permis de construire), qui ouvre droit au bénéfice de l’avantage fiscal, et la date à laquelle la réduction d’impôt s’appliquera effectivement à votre revenu (date d’achèvement de la construction qui doit intervenir dans les 30 mois suivant l’obtention du permis de construire).
Achat d’un logement. Vous pouvez bénéficier de l’avantage fiscal au titre de l’année au cours de laquelle l’acte authentique de vente a été signé, donc à compter de l’année où vous avez effectivement acheté le logement.
Travaux de réhabilitation. Si vous achetez un logement qui fait l’objet d’une réhabilitation totale, la réduction d’impôt s’appliquera effectivement à votre revenu à la date d’achèvement des travaux qui, pour mémoire, doit intervenir au plus tard le 31 décembre de la 2ème année qui suit celle de l’acquisition. Même chose pour les travaux de transformation.
Achat d’un logement en VEFA. Si vous achetez un logement en VEFA, il est nécessaire d’opérer une distinction entre la date de réalisation de l’investissement, qui ouvre droit au bénéfice de l’avantage fiscal, et la date à laquelle la réduction d’impôt s’appliquera effectivement à votre revenu (date d’achèvement de la construction qui, pour mémoire, doit intervenir dans les 30 mois qui suivent la signature de l’acte authentique).
Une précision importante… En cas d’interruption de chantier, l’administration admet, dans certains cas particuliers, que le délai de 30 mois puisse être prorogé.
Défiscalisation Pinel : les conditions à respecter
Concernant le logement. Non seulement il doit s’agir d’un logement neuf ou proche du neuf, mais en plus :
- il doit respecter un niveau de performance énergétique précis :
- o pour les logements neufs : il s‘agit de la réglementation thermique 2012 (RT 2012) ou le label « bâtiment basse consommation énergétique 2005 (BBC 2005) » ;
- o pour les autres logements : il s’agit du label « haute performance énergétique rénovation (HPE rénovation 2009) » ou le label « bâtiment basse consommation énergétique rénovation (BBC rénovation 2009) » ;
- pour les investissements réalisés à partir du 1er janvier 2018, il doit être situé dans une zone du territoire marquée par un déséquilibre entre l’offre et la demande de logement : en pratique, il s’agit des zones communes éligibles situées en zone A, A bis, B1.
A noter. Le dispositif Pinel s’applique aussi, depuis le 1er janvier 2017, aux investissements réalisés sur le territoire des communes couvertes par un contrat de redynamisation des sites de défense : il s’agit essentiellement des sites sur lesquels d’anciens bâtiments affectés à la défense ont été détruits. Dans ce cas, la zone dans laquelle se situe la commune (A, Abis, B1, B2 ou C) est sans importance.
- Consultez la liste des communes situées dans les différentes zones
A noter (bis). La réduction Pinel est également ouverte, depuis le 1er janvier 2018, aux investissements réalisés dans des communes ayant été couvertes par un contrat de redynamisation des sites de la défense dans un délai de 8 ans précédant l’investissement. Cela se justifie par le fait que la plupart des contrats de redynamisation ont expiré en 2014.
Un changement pour 2021. Pour les investissements réalisés, ainsi que pour les demandes de permis de construire déposées à compter du 1er janvier 2021, l’avantage fiscal est réservé aux investissements portant sur des bâtiments d’habitation collectifs. Il ne sera donc plus possible de bénéficier de la réduction d’impôt pour les bâtiments d’habitation individuels.
Définition de la notion de « bâtiment d’habitation collectif ». Pour l’administration fiscale, la notion de « bâtiment d’habitation collectif » nécessite la réalisation d’un nombre minimal de logement, qui doit obligatoirement être supérieur à 2.
De même, ces logements doivent être regroupés dans un seul et même bâtiment, sans que cela n’implique nécessairement une superposition verticale : les logements peuvent donc être alignés ou en bande, dès lors qu’ils appartiennent au même bâtiment.
Enfin, quelle que soit la configuration des logements, la construction doit se présenter comme un seul bâtiment présentant une unité de structure (fondation, gros œuvre, toiture, etc.).
En conséquence, les villas individuelles construites au sein d’une copropriété, ou encore les villas construites de manière jumelée ou en bande, ne sont pas des logements situés dans un bâtiment d’habitation collectif, et ne permettent donc pas de bénéficier de la réduction d’impôt Pinel.
Vous concernant. Vous devez respecter les conditions et engagements suivants :
- vous devez vous engager à louer le logement (pendant 6 ou 9 ans prorogeables) sans y associer le mobilier (location nue), à une personne qui en fait sa résidence principale (un logement qui n’est pas affecté à la résidence principale du locataire peut entraîner une remise en cause de l’avantage fiscal) ;
- si le logement appartient à une SCI, c’est elle qui prend cet engagement de location et vous devez, de votre côté, prendre un engagement de conserver les titres de la SCI pendant toute la durée de l’engagement de location ;
- vous devez louer le logement en respectant des plafonds de loyer et de ressources du locataire ;
- vous ne pourrez bénéficier de la réduction d’impôt qu’à raison de deux logements au titre d’une même année d’imposition (en cas de construction de plus de 2 logements, tous achevés la même année, il faut choisir les 2 logements pour lesquels l’avantage fiscal s’appliquera) ;
- la base de calcul de votre réduction d’impôt ne pourra pas excéder le prix de revient d’au plus 2 logements, retenu dans la limite d’un plafond de 5 500 € par m² de surface habitable, sans pouvoir dépasser la limite de 300 000 € par contribuable et pour une même année d'imposition.
Attention. La location doit prendre effet dans les 12 mois de l'acquisition ou de l'achèvement de la construction ou des travaux. Elle doit être effective et continue. Il faut savoir qu’un immeuble est réputé achevé lorsque sont exécutés les ouvrages et sont installés les éléments d'équipement qui sont indispensables à l'utilisation du logement, conformément à sa destination. L’achèvement du logement ne peut, en outre, résulter que d'une constatation contradictoire entre l'acquéreur et le vendeur. C’est à partir de la signature de ce procès-verbal de livraison que démarre le délai de 12 mois, et non pas de la signature de l’attestation d’achèvement par le seul promoteur.
=> Consultez les plafonds de loyers et les plafonds de ressources du locataire
Attention à la reprise de l’engagement de location, en cas de donation du logement ou de succession, par le donataire, l’héritier, l’époux survivant, voire même à la suite d’un divorce ou d’un PACS entre partenaires faisant l’objet d’une imposition commune.
Cette reprise, qui doit être formalisée et souscrite auprès de l’administration fiscale, est une condition essentielle pour continuer à bénéficier de l’avantage fiscal pour la période restant à courir et éviter toute remise en cause de la réduction d’impôt !
Concrètement. En cas de décès d’un époux, le bénéfice de l’avantage fiscal suppose que le conjoint survivant reprenne l’engagement de location qui a initialement été souscrit conjointement par les époux. La reprise de cet engagement vaut pour la fraction du délai de location qui reste à courir à la date de décès. Il en sera de même pour l’héritier ou le donataire (notez qu’en cas de donation, l’engagement de location formulée par le donataire permet au donateur de conserver le bénéfice de l’avantage fiscal qu’il a obtenu).
Concernant le locataire. Il faut distinguer selon la date de réalisation de votre investissement :
- pour les investissements réalisés à partir du 1er janvier 2015, il vous est possible de louer le logement à un ascendant ou un descendant (non rattaché à votre foyer fiscal) ; lorsque le logement est la propriété d’une SCI, le locataire doit être une personne autre qu’un associé ou un membre du foyer fiscal d’un associé ;
- pour les investissements réalisés avant le 1er janvier 2015, la location n’est pas possible au profit d’un membre de votre foyer fiscal, d’un de vos ascendants ou de vos enfants, petits-enfants ou arrières petits-enfants ; si le logement appartient à une SCI, le locataire ne pourra pas être un associé, un membre de son foyer fiscal, ou un ascendant ou un descendant de l'un des associés.
Le non-rattachement au foyer fiscal s’apprécie au titre de l'année de conclusion du bail, ainsi qu'au titre de chacune des années de location.
A noter. La réduction d’impôt Pinel ne peut pas se cumuler, pour un même logement, avec la réduction d’impôt Denormandie (aussi appelée « Pinel ancien »).
Attention. Le non-respect de ces conditions sera susceptible d’entraîner une remise en cause de l’avantage fiscal dont vous bénéficiez. Nous attirons particulièrement votre attention sur l’engagement de location et les modalités de cette location : votre engagement est pris sur au moins 6 ans, une durée relativement longue. Vous devez être en mesure de louer le bien acquis pendant cette période : autant acheter un bien que vous serez sûr de louer dans de bonnes conditions, d’où l’importance de la qualité du logement que vous achetez…
Défiscalisation Pinel : les formalités à respecter
Si vous investissez en direct… Vous devez établir une note annexe, à conserver précieusement (et à joindre à votre déclaration de revenus en cas de dépôt sous format papier), comportant les mentions suivantes :
- vos coordonnées et adresse ;
- l’adresse du logement concerné, sa date d’acquisition ou d’achèvement, la date de sa première mise en location et la surface à prendre en compte pour l’appréciation du plafond de loyer ;
- le montant du loyer mensuel, charges non comprises ;
- l’engagement de louer le logement non meublé à usage d’habitation principale du locataire, pendant une durée de 6 ans au moins, à une personne autre qu’un membre de votre foyer fiscal (pour les investissements réalisés à partir du 1er janvier 2015) ;
- les modalités de calcul de la réduction d’impôt.
En outre… Vous devrez également conserver ou joindre une copie du bail et une copie de l’avis d’imposition du locataire établi au titre de l’avant-dernière année précédant celle de la signature du bail, ainsi que l’ensemble des documents ayant trait à l’acquisition ou la construction du logement (déclaration d’ouverture de chantier, déclaration d’achèvement des travaux, copie du dépôt de la demande de permis de construire, copie du document attestant de sa date d’obtention, etc.).
Si vous investissez via une SCI… La société doit respecter les obligations précitées et joindre à sa déclaration de résultats de l’année d’investissement un engagement de louer, pendant une durée de 6 ans, le logement non meublé à usage d’habitation principale du locataire, à une personne autre qu’un associé ou un membre de son foyer fiscal (pour les investissements réalisés à partir du 1er janvier 2015). De votre côté, vous devez conserver votre propre engagement lié à la conservation des titres pendant toute la durée de l’engagement de location pris par la SCI. Vous devez également conserver le document établi par la SCI, tous les ans, et qui mentionne :
- l'identité et l'adresse de l'associé ;
- le nombre et les numéros des parts détenues au 1er janvier et au 31 décembre et, le cas échéant, des parts souscrites, acquises et transmises au cours de l'année ainsi que la date de ces opérations ;
- la quote-part des revenus des immeubles de la société correspondant aux droits de l'associé ;
- l'adresse du ou des immeubles ouvrant droit à la réduction d'impôt ;
- l'attestation que la location remplit les conditions de loyer et de ressources prévues ;
- la part du revenu net foncier correspondant aux droits de l'associé déterminé dans les conditions de droit commun ;
- le montant de la réduction d'impôt correspondant aux droits de l'associé ;
- en cas de non-respect par la société ou un associé de ses engagements, la quote-part de la réduction d'impôt que l'associé doit ajouter à l'impôt sur le revenu de l'année au cours de laquelle la rupture de l'engagement ou la cession du logement ou des parts est intervenue.
Défiscalisation Pinel : une expérimentation en Bretagne
Une expérimentation. Dans le cadre de cette expérimentation, jusqu'au 31 décembre 2024, pour les logements situés dans la région Bretagne, la réduction d'impôt Pinel s'appliquera exclusivement aux logements situés dans des communes ou parties de communes se caractérisant par une tension élevée du marché locatif et des besoins en logements intermédiaires importants, déterminées par arrêté du représentant de l'État dans la région, après avis du comité régional de l'habitat et de l'hébergement et du président du conseil régional.
Des plafonds de loyer et de ressources. C’est le représentant de l'État dans la région qui devra arrêter, pour chaque commune ou partie de commune et par type de logement, les plafonds de loyer et de ressources du locataire.
Quand ? Cette expérimentation s’applique aux achats de logements et, s'agissant des logements que le contribuable fait construire, aux dépôts de demande de permis de construire réalisés entre le 1er avril 2020 et le 31 décembre 2024.
Une déclaration... Les personnes bénéficiant de la réduction d'impôt pour des investissements réalisés en Bretagne doivent souscrire :
- une déclaration spécifique l’année suivant l’achèvement de l’immeuble ou des travaux ou l’achat de l’immeuble si elle est postérieure ;
- une déclaration complémentaire par logement, chaque année durant l’engagement de location.
…par voie électronique. Ces déclarations doivent être transmises par voie électronique ou par l’intermédiaire d’un formulaire spécifique mis à disposition par la direction générale de l’aménagement, du logement et de la nature.
Le contenu de ces déclarations varie selon que l’investisseur est un particulier ou une société.
Particuliers. Ainsi, pour un particulier, elles doivent comporter les informations suivantes :
- son identité et son adresse ;
- l'adresse complète du logement concerné (numéro et nom de rue, code postal, commune, numéro d'appartement, étage, escalier, bâtiment, ou résidence), la référence cadastrale mentionnée dans l'acte authentique d'acquisition, sa date d'acquisition ou d'achèvement, la date d'entrée du premier locataire, la surface habitable, et la surface des annexes ;
- le montant du loyer mensuel, charges non comprises, et le montant des charges mensuelles tels qu'ils résultent du bail ;
- la durée de l'engagement de louer le logement non meublé à usage d'habitation principale du locataire à une personne autre qu'un membre de son foyer fiscal, pendant une durée minimale de six ou neuf ans, selon l'option choisie ;
- le revenu fiscal de référence du ou des locataires établis au titre de l'avant-dernière année précédant celle de la signature du contrat de location ainsi que la composition du foyer fiscal du ou des locataires à la date de signature du bail (couple ou personne seule, et nombre de personnes à charge).
Sociétés. Les sociétés, quant à elles, doivent communiquer les informations suivantes dans leurs déclarations :
- les dénomination sociale et adresse de la société ;
- l'identité et l'adresse de chaque associé ;
- pour chaque associé, le nombre des parts détenues au 1er janvier et au 31 décembre ;
- pour chaque logement détenu par la société, l'adresse complète du logement concerné (numéro et nom de rue, code postal, commune, numéro d'appartement, étage, escalier, bâtiment, ou résidence), la référence cadastrale mentionnée dans l'acte authentique d'acquisition, sa date d'acquisition ou d'achèvement, la date d'entrée du premier locataire, la surface habitable, et la surface des annexes ;
- pour chaque logement détenu par la société, le montant du loyer mensuel, charges non comprises, et le montant des charges mensuelles tels qu'ils résultent du bail ;
- pour chaque logement détenu par la société, la durée de l'engagement de louer le logement non meublé à usage d'habitation principale du locataire à une personne autre que les associés ou un membre de leur foyer fiscal, pendant une durée minimale de six ou neuf ans, selon l'option choisie ;
- pour chaque logement détenu par la société, le revenu fiscal de référence du ou des locataires établis au titre de l'avant-dernière année précédant celle de la signature du contrat de location ainsi que la composition du foyer fiscal du ou des locataires à la date de signature du bail (couple ou personne seule, et nombre de personnes à charge).
Des informations supplémentaires. Lorsque le logement n'est pas loué au moment du dépôt de la déclaration, l’investisseur (particulier ou société) devra en outre indiquer :
- le montant prévisionnel du loyer mensuel, charges non comprises, et le montant prévisionnel des charges mensuelles ;
- la date prévisionnelle de sa première mise en location du ou des locataires.
En cas de changement de locataire au cours de la période d'engagement de location, la déclaration complémentaire spécifique est mise à jour l'année suivant celle au cours de laquelle le changement est intervenu.
En optant pour un engagement de location de 6 ans, vous bénéficierez d’une réduction d’impôt maximale de 36 000 €. Elle s’élève à 54 000 € si votre engagement de location porte sur une période de 9 ans et 63 000 € si vous prorogez cet engagement jusqu’à 12 ans.
Vous êtes autorisé à louer votre logement à un ascendant ou un descendant (non-membre de votre foyer fiscal), pour autant que soient respectés les plafonds de loyer et de ressources.
- Article 199 novovicies du Code Général des Impôts
- Loi de Finances pour 2015, n° 2014-1654, du 29 décembre 2014 (article 5)
- Loi de Finances pour 2016 n° 2015-1785 du 29 décembre 2015 (article 7)
- Loi de Finances pour 2017 n° 2016-1917 du 29 décembre 2016 (article 68)
- Décret n° 2015-503 du 4 mai 2015 relatif aux obligations déclaratives afférentes à l’article 199 novovicies du Code Général des Impôts
- Arrêté du 1er août 2014 pris en application de l’article R 304-1 du code de la construction et de l’habitation
- Arrêté du 4 juillet 2019 pris en application de l'article R. 304-1 du code de la construction et de l'habitation
- BOFiP-Impôts-BOI-IR-RICI-360
- Actualités BOFiP-Impôts du 13 juillet 2018 et du 10 mai 2019
- BOI-RES-000005 ( VEFA et prorogation du délai d’achèvement de 30 mois)
- Arrêt de la Cour Administrative de Marseille du 10 décembre 2015, n° 14MA00239 (date de départ du délai de 12 mois pour la mise en location)
- Arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Douai du 1er mars 2016, n° 14DA01890 (reprise engagement de location à la suite décès d’un époux)
- Arrêt du Conseil d’Etat du 20 octobre 2016, n° 390790 (affectation du logement à la résidence principale du locataire)
- Réponse ministérielle Deromedi, Sénat, du 5 mai 2016, n° 17470 (reprise engagement de location rupture PACS)
- Décret n°2017-761 du 4 mai 2017 relatif à l’agrément et au classement des communes pour l’application du quatrième alinéa du IV de l’article 199 novovicies du code général des impôts et à l’actualisation pour l’année 2017 des plafonds de loyer et de ressources des locataires prévus pour l’application du III du même article
- Arrêt du Conseil d’Etat du 25 janvier 2017, n° 387034 (départ du locataire et engagement de location
- Arrêt de la Cour Administrative d’Appel du 27 juin 2017, n° 17MA00437 (départ du locataire et engagement de location)
- Loi n°2017-1837 du 30 décembre 2017 de Finances pour 2018
- Réponse ministérielle Verchère du 22 mai 2018, Assemblée nationale, n°5911 (construction de logement et distinction entre date de réalisation de l’investissement ouvrant droit à la réduction et fait générateur de l’imputation)
- Arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Nantes du 12 avril 2018, n°16NT01288 (construction d’un logement et bénéfice de la réduction d’impôt : dépôt du permis de construire ou achèvement des travaux ?)
- Arrêt du Conseil d’Etat du 18 juillet 2018, n°412142 (limitation du nombre de logements ouvrant droit au bénéfice de la réduction d’impôt)
- Loi de Finances pour 2019 du 28 décembre 2018, n°2018-1317, articles 11, 187, 188 et 189
- Loi de finances pour 2020 du 28 décembre 2019, n°2019-1479, articles 161 et 164
- Décret n°2019-1426 du 20 décembre 2019 pris pour l’application du X bis de l’article 199 novovicies du code général des impôts et relatif au plafonnement des frais et commissions des intermédiaires intervenant lors d’une acquisition de logement bénéficiant de la réduction d’impôt prévue à cet article
- Actualité BOFiP-Impôts du 21 août 2020
- Décision du Conseil Constitutionnel, QPC du 15 octobre 2020, n°2020-861 (le plafonnement des frais des agents immobiliers et promoteurs est conforme à la Constitution)
- Loi de finances pour 2021 du 29 décembre 2020, n°2020-1721, articles 168 et 169 (et prolongation du dispositif Pinel et réduction progressive du taux de l’avantage fiscal)
- Rescrit BOFiP-Impôts-BOI-RES-000079 (appréciation de la notion de bâtiment d’habitation collectif)
- Décret n° 2021-289 du 15 mars 2021 relatif aux obligations déclaratives résultant de l'application de l'article 164 de la loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020
- Communiqué de presse du Ministère de la transition écologique du 14 octobre 2021 (critères envisagés pour l’application du « Pinel + »)
- Loi de finances pour 2022 du 30 décembre 2021, n°2021-1900 (article 92)
- Rescrit BOFiP-impôts du 02/03/2022, BOI-RES-IR-000101 (tolérance en matière de délai d’achèvement liée à la crise sanitaire)
- Décret n° 2022-384 du 17 mars 2022 relatif au niveau de qualité des logements résultant de l'application en France métropolitaine de l'article 168 de la loi n° 2020-1721 du 29 décembre 2020 de finances pour 2021
- Communiqué de presse du ministère de la transition écologique du 17 mars 2022 (maintien des taux du Pinel pour certains investissements)
- Décret n° 2022-1691 du 28 décembre 2022 relatif au niveau de qualité des logements résultant de l’application outre-mer de l’article 168 de la loi n° 2020-1721 du 29 décembre 2020 de finances pour 2021
- Arrêt de la cour administrative d’appel de Paris du 21 octobre 2022, n° 21PA01675 (loyer excédant le plafond et remise en cause de la réduction d’impôt)
Défiscalisation immobilière : attention à votre engagement de location !
Défiscalisation immobilière : des conditions à respecter
Une réduction d’impôt. Qu’il s’agisse du « Scellier », du « Duflot », du « Pinel », du « Denormandie » ou du « Borloo », ces dispositifs de défiscalisation immobilière permettent de bénéficier d’une réduction d’impôt sur le revenu, dont le montant est susceptible de varier selon la date à laquelle vous avez réalisé votre investissement. A titre d’exemple, un investissement « Scellier » réalisé en 2010 vous rapportera une réduction d‘impôt maximale de 75 000 €, répartie sur 9 ans.
Des conditions très précises à respecter. Des conditions sont à respecter pour bénéficier de cet avantage fiscal : type d’investissement, respect de caractéristiques thermiques et de performance énergétique, localisation géographique du logement, etc.
=> Retrouvez toutes les conditions d’application du dispositif Scellier
=> Consultez la fiche pratique consacrée au dispositif Duflot
=> Consultez la fiche pratique consacrée au dispositif Pinel
=> Consultez la fiche pratique consacrée au dispositif Denormandie
Dont un engagement de location. Parmi ces différentes conditions figure un engagement de location pendant une durée qui varie selon les dispositifs, location elle-même assortie de certaines conditions et notamment les suivantes :
- vous devez respecter des plafonds de loyers (variables selon la localisation de votre bien locatif) et de ressources pour certains types d’investissement ;
- votre locataire ne doit pas être, ni un membre de votre foyer fiscal, ni, dans le cadre du dispositif Duflot ou du Scellier dit « intermédiaire », un ascendant ou un descendant ;
- votre locataire doit faire de ce logement sa résidence principale : il ne peut donc pas s’agir d’une location saisonnière par exemple ;
- la location est dite « nue », c’est-à-dire que le logement doit être dépourvu de meubles.
Le saviez-vous ?
Dans le cadre du dispositif « Scellier intermédiaire », vous pouvez suspendre votre engagement de location pour mettre votre logement à la disposition d’un ascendant ou d’un descendant. Toutefois, cette mise à disposition, qui n’est pas prise en compte pour apprécier la durée de votre engagement de location d’au moins 9 ans, ne peut intervenir qu’à l’issue d’une période de location d’au moins 3 ans et ne doit pas excéder 9 ans. Pendant cette période, vous ne pouvez pas bénéficier des avantages fiscaux qui sont, eux aussi, suspendus.
Défiscalisation immobilière : un engagement de location
Un engagement sur une longue période ! La location doit être effective et continue pendant toute la durée de votre engagement. Cet engagement est de 9 ans minimum pour les investissements Scellier et Duflot et varie de 6 à 12 ans pour les investissements Pinel et Denormandie. Cette durée est calculée de date à date, à compter de celle de la prise d’effet du bail initial. C’est à ce niveau que vous pouvez rencontrer quelques difficultés…
Vous avez un an pour trouver un locataire ! De nombreux investisseurs ont malheureusement connu cette mésaventure, celle de ne pas trouver de locataire pour occuper leur logement locatif. Il est impératif que votre logement soit mis en location dans les 12 mois qui suivent, soit la date d’acquisition, soit la date d’achèvement des travaux, soit la date d’achèvement du logement. A défaut, vous risquez une remise en cause de l’avantage fiscal !
En cas de départ de votre locataire. Il s’agit d’une situation que vous serez très certainement amené à rencontrer : en cas de départ d’un locataire pendant la période couverte par votre engagement de location, vous devez remettre aussitôt votre bien en location, et ce tant que dure votre engagement de location pour éviter toute remise en cause de votre réduction d’impôt. C’est l’application du principe selon lequel la location doit être effective et continue tout le temps que dure votre engagement de location.
Vous ne trouvez pas de nouveau locataire ? Au-delà de la contrainte de ne pas percevoir de loyer en cas de vacance dans la location, sachez que vous risquez, là encore, une remise en cause de la réduction d’impôt. Mais vous disposez, toutefois d’un délai de 12 mois pour trouver un nouveau locataire ou effectuer les travaux nécessaires à la remise en état du logement pour une remise en location dans les meilleurs délais. Ce n’est qu’à défaut de relocation effective dans un délai de 12 mois à compter de la date de réception de la lettre recommandée par laquelle le locataire vous a signifié son congé que l’administration pourra remettre en cause la réduction d’impôt obtenue.
Le saviez-vous ?
Cette période de vacance temporaire de 12 mois maximum n’est admise par l’administration fiscale que si vous êtes en mesure de prouver que vous avez accompli toutes les diligences nécessaires pour mettre votre bien en location, à des conditions non dissuasives de surcroît. Conservez précieusement une copie des annonces que vous avez déposées à cet effet, prouvez le cas échéant le recours à une agence immobilière, etc.
Une exception à connaître. Lorsqu’un locataire donne son congé moins de 12 mois avant le terme de votre période d’engagement de location, vous ne risquerez pas de remise en cause de votre avantage fiscal. Toutefois, pour cela, vous devez tout de même établir que votre logement est en état d’être loué et que vous ne vous en réservez pas l’usage à quelque titre que ce soit, voire que le logement n’a pas été vendu avant l’expiration de l’engagement de location.
Défiscalisation immobilière : une remise en cause de votre avantage fiscal !
1ère hypothèse : le défaut de location. Comme nous l’avons signalé précédemment, le défaut de location dans les 12 mois de l’achat ou de l’achèvement du logement entraîne une reprise de la réduction d’impôt : concrètement, votre impôt sur le revenu des années au titre desquelles la réduction d’impôt a été pratiquée est majoré du montant de cette réduction.
Pour la petite histoire 1. Un couple qui a investi dans un logement situé à Carcassonne n’a pas réussi trouver de locataire et n’a donc pas pu profiter de l’avantage fiscal attaché à son investissement. Mécontent, le couple s’est estimé trompé par la société qui lui a vendu l’appartement en promettant un placement idéal et sans risque : plus précisément, il a reproché à la société de lui avoir assuré via une étude financière personnalisée, un placement sûr et rentable. Ce dont s’est défendu la société pour qui, entre autres arguments, tout investissement immobilier locatif comporte un risque, ce qui est connu de tous. Or, elle connaissait l’état de saturation du marché locatif à Carcassonne et, malgré cela, a fait croire au couple à un investissement avantageux et sans risque. C’est ce qu’a relevé notamment le juge pour conclure que le couple a été trompé et annuler la vente !
Bon à savoir. Il est conseillé de mentionner l’objectif de défiscalisation dans le contrat de vente. Annexer les documents publicitaires au contrat de vente peut également être judicieux.
2ème hypothèse : le défaut de relocation. Si vous ne procédez pas à la relocation de votre bien dans le délai de 12 mois, ou si vous vous réservez la jouissance de votre logement pendant la durée de votre engagement, vous risquez également une reprise de la réduction d’impôt : votre impôt de l’année au cours de laquelle intervient l’événement qui entraîne la déchéance de l’avantage fiscal est majoré du montant total de la réduction d’impôt obtenue.
Le saviez-vous ?
Des exceptions à cette remise en cause de l’avantage fiscal sont prévues. Vous ne risquez rien si vous-même ou votre conjoint ou partenaire (dès lors que vous êtes soumis à imposition commune) êtes atteint d’une invalidité correspondant au classement dans la 2ème ou 3ème catégorie ou êtes licencié, ou encore en cas de décès.
3ème hypothèse : la vente du logement. Si vous revendez le logement loué avant l’expiration de votre engagement de location, votre avantage fiscal sera remis en cause par l’administration. Mais aucune remise en cause ne sera effectuée si la revente du logement est motivée par l’invalidité, le décès ou le licenciement d’un des époux ou partenaires (soumis à imposition commune).
Attention. L’absence de remise en cause en cas de perte d’emploi ne vaut qu’en cas de licenciement, c’est-à-dire une rupture du contrat de travail à l’initiative de l’employeur. Il a été jugé qu’un investisseur ne peut pas se prévaloir de cette tolérance en cas de rupture conventionnelle.
4ème hypothèse : la spécificité du « Scellier intermédiaire ». Imaginons que vous ayez choisi de louer votre logement dans le cadre du régime « Scellier intermédiaire ». Comme nous l’avons précisé, ce régime particulier vous permet de bénéficier d’une déduction complémentaire de 30 % (calculée sur vos revenus fonciers) et d’un complément de réduction d’impôt (sous réserve, dans ce cas, de prolonger votre engagement de location à l’issue de la période initiale de 9 ans, et ce, pour une durée maximale de 6 ans). Cela suppose de louer votre bien, non seulement en respectant des plafonds de loyers plus restrictifs, mais aussi de louer votre bien à une personne autre qu’un descendant ou un ascendant qui respecte des plafonds de ressources.
Une difficulté de location ? Au cours des 9 ans que dure votre engagement de location dans le cadre de ce dispositif, vous pouvez avoir des difficultés à trouver des locataires qui respectent les conditions requises ; vous pouvez également souhaiter louer votre logement à un enfant majeur qui n’est plus rattaché à votre foyer fiscal.
Les risques à connaître. Dans ce cas, vous risquez là aussi une remise en cause de l’avantage fiscal. Notez cependant que si vous respectez les conditions d’application de la réduction d’impôt et que seules celles relatives à l’application des avantages fiscaux supplémentaires précités ne sont pas respectées, la remise en cause concernera uniquement ces avantages supplémentaires. Concrètement, si vous louez votre logement à une personne qui ne respecte pas les conditions de ressources par exemple, vous encourez une remise en cause de l’application de la déduction complémentaire de 30 %, mais vous pourrez conserver le bénéfice de la réduction d’impôt, toutes autres conditions étant par ailleurs remplies. Bien entendu, vous ne pourrez pas bénéficier d’un complément de réduction d’impôt.
5ème hypothèse : le décès du conjoint. Dans l’hypothèse où l’acquisition du logement est faite par des conjoints, l’engagement de location est réputé souscrit conjointement par les époux. Si l’un des époux décède au cours de cette période d’engagement de location, il est impératif que l’époux survivant souscrive auprès de l’administration un nouvel engagement de location pour la période restant à courir. Ce qui n’a, par exemple, pas été fait par une personne à la suite du décès de son épouse et qui a tout de même subi un contrôle fiscal qui a abouti, pour ces raisons, à une remise en cause (au moins partielle) de son avantage fiscal !
À retenir
Pour bénéficier sans risque de la réduction d’impôt, le logement doit être loué dans les 12 mois qui suivent la date d’acquisition du bien ou la date d’achèvement des travaux ou de la construction du logement.
En cas de départ du locataire, vous devez impérativement relouer votre logement dans les 12 mois. Ce délai vous est accordé sous réserve que vous soyez à même de prouver que vous avez accompli toutes les diligences nécessaires pour mettre votre bien en location.
J'ai entendu dire
Que se passe-t-il en cas de divorce pendant la période couverte par l’engagement de location ?Lorsqu’un tel événement intervient au cours de la période initiale d'engagement de location, il est admis que le nouveau contribuable (et notamment l’ex-époux attributaire du bien ayant ouvert droit à la réduction d’impôt, en cas de divorce) puisse, toutes conditions étant par ailleurs remplies, demander la reprise à son profit du dispositif (s’il ne demande pas cette reprise, la réduction d’impôt fait l’objet d’une remise en cause). Il faut prendre un engagement de location qui sera limité à la fraction du délai de neuf ans restant à courir.
Pour calculer les 9 années de location, doit-on soustraire les périodes de vacance locative entre deux locataires ?
S'agissant de l'appréciation du délai de 9 ans, l'admission d'une période de vacances entre 2 locataires est une tolérance de l'administration qui, à notre sens, par définition, doit s'interpréter dans un sens favorable au bénéficiaire de l'avantage fiscal. A cet égard, aucune précision sur une prorogation du délai de 9 ans n'est mentionnée dans la doctrine administrative. Le délai de 9 ans doit donc s'interpréter stricto sensu, à partir de l'achat ou de l'achèvement des travaux du bien immobilier.
Attention: il ne faut pas perdre de vue que cette tolérance ne vaut que pour autant que la vacance locative n'excède pas 12 mois et que le propriétaire ait effectué (et prouvé!) toutes les démarches utiles en vue de relouer son bien dans les meilleurs délais.
- Article 199 septvicies du Code général des impôts
- BOFiP-Impôts-BOI-IR-RICI-230-20 et 230-60
- Réponse ministérielle Navarro, Sénat, du 28 juillet 2016, n° 12009 (rupture conventionnelle et remise en cause de l’avantage fiscal)
- Arrêt de la Cour administrative d’appel de Nantes du 24 mars 2016, n° 14NT02276 (rupture conventionnelle et remise en cause de l’avantage fiscal)
- Arrêt de la Cour administrative d’appel de Douai du 1er mars 2016, n° 14DA01890 (décès d’un époux et reprise de l’engagement de location)
- Arrêt du Conseil d’État du 20 octobre 2016, n° 390790 (affectation du logement à la résidence principale du locataire)
- Arrêt du Conseil d’État du 25 janvier 2017, n° 387034 (départ du locataire et travaux de remise en état)
- Arrêt de la Cour de cassation, 3ème chambre civile, du 12 octobre 2017, n° 16-23362 (investissement à Carcassonne-pas de location et impossibilité de profiter de l’avantage fiscal)
- Arrêt de la Cour de cassation, 3ème chambre civile, du 14 décembre 2017, n° 16-24096 (investissement en Franche-Comté)
- Arrêt de la Cour d’appel administrative de Versailles, 6ème chambre, du 28 avril 2020, n° 18VE00712 (dispositif Borloo – la rupture de l’engagement de location par l’acquéreur entraîne la reprise de l’avantage fiscal)
- Arrêt de la Cour administrative d’appel de Nancy du 31 décembre 2021, n°20NC00281 (dispositif Scellier et vacance locative de 2 ans et demi)
- Arrêt de la Cour de cassation, 3e chambre civile, du 2 février 2022, n° 21-10197 (faute du conseiller financier)
- Arrêt de la Cour administrative d’appel de Versailles du 10 février 2022, n°19VE04165 (vacance locative de 5 ans et maintien de la réduction d’impôt)
- Arrêt de la Cour administrative d’appel de Bordeaux du 26 mars 2024, no 22BX00247 (mise à disposition gratuite ne vaut pas location)
Défiscalisation « Duflot » : quel avantage ?
Défiscalisation Duflot : un avantage fiscal intéressant
Une réduction d’impôt conséquente. Si vous achetez un logement neuf ou faites construire un logement, directement ou par l’intermédiaire d’une SCI (non soumise à l’impôt sur les sociétés), vous pourrez opter pour la réduction d’impôt « Duflot » (qui remplace, en pratique, le dispositif « Scellier ») : cette réduction, répartie sur 9 ans, se calcule en appliquant au montant de votre investissement, retenu dans la limite de 300 000 €, le taux de 18 % (29 % pour un investissement immobilier en Outre-mer).
54 000 € d’économies d’impôt ? Au maximum, vous pouvez bénéficier d‘une réduction de votre impôt d’un montant de 6 000 € par an pendant 9 ans. Voilà qui peut vous aider à financer votre investissement, sans compter le loyer escompté qui fera partie intégrante de votre plan de financement.
De nombreuses conditions. Comme tout dispositif de ce type, vous devez respecter un certain nombre de conditions, qui tendent, au gré des nouveaux dispositifs, à se durcir, rendant peut-être un peu moins attractif l’investissement concerné. Notez, au préalable, que ce dispositif est remplacé depuis le 1er septembre 2014 par le dispositif « Pinel ».
Le saviez-vous ?
L’avantage fiscal vaut non seulement pour l’achat d’un logement neuf (achevé ou acquis en l’état futur d’achèvement) ou la construction d’un logement, mais aussi pour l’achat d’un logement qui fait l’objet d’une réhabilitation totale ou qui fait l’objet de travaux d’une importance telle que l’opération est assimilée à une construction d’un logement neuf. Sont également concernés les acquisitions de locaux qui sont transformés en logement.
Attention. Le logement dont la propriété est démembrée (nue-propriété et usufruit dévolus à des personnes différentes) n’est pas éligible à ce dispositif.
Pour information. Sachez qu’il est également possible de bénéficier de cet avantage fiscal en cas de souscription dans des parts de SCPI, à condition que 95 % de la souscription servent à financer un investissement immobilier éligible au dispositif. Le bénéfice de la réduction d'impôt supposera notamment que vous preniez l’engagement de conserver les parts de SCPI pendant toute la durée de l’engagement de location pris par la SCPI.
Défiscalisation Duflot : les conditions à respecter
De nombreuses conditions… Comme tout avantage fiscal, le dispositif Duflot suppose que soient respectées de nombreuses conditions qui intéressent tout autant l’objet de l’investissement, l’investisseur, le locataire, etc.
Concernant le logement. Non seulement il doit s’agir d’un logement neuf ou proche du neuf, mais en plus :
- il doit respecter un niveau de performance énergétique précis :
- o pour les logements neufs : il s‘agit de la réglementation thermique 2012 (RT 2012) ou le label « bâtiment basse consommation énergétique 2005 (BBC 2005) » ;
- o pour les autres logements : il s’agit du label « haute performance énergétique rénovation (HPE rénovation 2009) » ou le label « bâtiment basse consommation énergétique rénovation (BBC rénovation 2009) » ;
- il doit être situé dans une zone du territoire marquée par un déséquilibre entre l’offre et la demande de logement (il est ici fait référence aux zones A, A bis, B1, et B2, retenues pour le dispositif « Scellier », les communes situées en zone B2 n’étant plus éligibles que sur agrément, délivré par les services de la Préfecture, à compter du 1er juillet 2013) ;
- dans le cadre des immeubles collectifs (comportant au moins 5 logements), le nombre de logements qui pourront ouvrir droit à l’avantage est limité à 80 % du total des logements : le non-respect de cette condition est sanctionné, en principe, auprès du promoteur, mais pour éviter tout problème, assurez-vous qu’elle est effectivement respectée (une mention dans l’acte d’acquisition doit, à ce titre, être précisée aux termes de laquelle ce quota est respecté par le promoteur).
Le saviez-vous ?
Des conditions particulières sont requises pour les logements situés en Guyane, en Martinique, en Guadeloupe et à La Réunion, s’agissant du respect d’un niveau minimum de performance énergétique des logements (qui ont notamment trait, par exemple, au niveau de protection solaire, à la ventilation naturelle permettant un recours limité à la climatisation, à la production d'eau chaude sanitaire, etc.). Renseignez-vous auprès des promoteurs en cas d’investissement immobilier en Outre-mer.
Il faut, par ailleurs, noter qu’aucune condition de performance énergétique n’est requise pour les logements situés à Mayotte.
Vous concernant. Vous devez respecter les conditions et engagements suivants :
- vous devez vous engager à louer le logement pendant 9 ans, sans y associer le mobilier (location nue), à une personne qui en fait sa résidence principale ;
- si le logement appartient à une SCI, c’est elle qui prend cet engagement de location et vous devez, de votre côté, prendre un engagement de conserver les titres de la SCI pendant toute la durée de l’engagement de location ;
- vous devez louer le logement en respectant des plafonds de loyer et de ressources du locataire ;
- vous ne pourrez bénéficier de la réduction d’impôt qu’à raison de 2 logements au titre d’une même année d’imposition ;
- la base de calcul de votre réduction d’impôt ne pourra pas excéder le prix de revient d’au plus 2 logements, retenu dans la limite d’un plafond de 5 500 € par m² carrée de surface habitable, sans pouvoir dépasser la limite de 300 000 € par contribuable et pour une même année d'imposition.
Concernant le locataire. Vous ne pourrez pas louer le logement à n’importe qui :
- il ne pourra pas s’agir d’un membre de votre foyer fiscal, d’un de vos ascendants ou de vos enfants, petits-enfants ou arrières petits-enfants ;
- il ne pourra pas non plus s’agir d’un associé ou d’un membre de son foyer fiscal, ou un ascendant ou un descendant de l'un des associés si le logement appartient à une SCI ;
- il devra respecter des conditions de ressources, au moment de la signature du bail.
Attention. La location doit prendre effet dans les 12 mois de l'acquisition ou de l'achèvement de la construction ou des travaux.
Consultez le barème à respecter, tant au niveau des ressources du locataire que du montant des loyers praticables.
Attention. Le non-respect de ces conditions sera susceptible d’entraîner une remise en cause de l’avantage fiscal dont vous bénéficiez. Nous attirons particulièrement votre attention sur l’engagement de location et les modalités de cette location : votre engagement est pris sur 9 ans, une durée relativement longue. Vous devez être en mesure de louer le bien acquis pendant cette période : autant acheter un bien que vous serez sûr de louer dans de bonnes conditions, d’où l’importance de la qualité du logement que vous achetez…
Défiscalisation Duflot : les conditions à respecter
Si vous investissez en direct… Vous devez établir une note annexe, à conserver précieusement (et à joindre à votre déclaration de revenus en cas de dépôt sous format papier), comportant les mentions suivantes :
- vos coordonnées et adresse ;
- l’adresse du logement concerné, sa date d’acquisition ou d’achèvement, la date de sa première mise en location et la surface à prendre en compte pour l’appréciation du plafond de loyer ;
- le montant du loyer mensuel, charges non comprises ;
- l’engagement de louer le logement non meublé à usage d’habitation principale du locataire, pendant une durée de 9 ans au moins, à une personne autre qu’un membre de votre foyer fiscal, un ascendant ou un descendant ;
- les modalités de calcul de la réduction d’impôt.
En outre… Vous devrez également conserver ou joindre une copie du bail et une copie de l’avis d’imposition du locataire établi au titre de l’avant-dernière année précédant celle de la signature du bail, ainsi que l’ensemble des documents ayant trait à l’acquisition ou la construction du logement (déclaration d’ouverture de chantier, déclaration d’achèvement des travaux, copie du dépôt de la demande de permis de construire, copie du document attestant de sa date d’obtention, etc.).
Si vous investissez via une SCI… La société doit respecter les obligations précitées et joindre à sa déclaration de résultats de l’année d’investissement un engagement de louer, pendant une durée de 9 ans, le logement non meublé à usage d’habitation principale du locataire, à une personne autre qu’un associé ou un membre de son foyer fiscal, un ascendant ou un descendant. De votre côté, vous devez conserver votre propre engagement lié à la conservation des titres pendant toute la durée de l’engagement de location pris par la SCI. Vous devez également conserver le document établi par la SCI, tous les ans, et qui mentionne :
- l'identité et l'adresse de l'associé ;
- le nombre et les numéros des parts détenues au 1er janvier et au 31 décembre et, le cas échéant, des parts souscrites, acquises et transmises au cours de l'année ainsi que la date de ces opérations ;
- la quote-part des revenus des immeubles de la société correspondant aux droits de l'associé ;
- l'adresse du ou des immeubles ouvrant droit à la réduction d'impôt ;
- l'attestation que la location remplit les conditions de loyer et de ressources prévues ;
- la part du revenu net foncier correspondant aux droits de l'associé déterminé dans les conditions de droit commun ;
- le montant de la réduction d'impôt correspondant aux droits de l'associé ;
- en cas de non-respect par la société ou un associé de ses engagements, la quote-part de la réduction d'impôt que l'associé doit ajouter à l'impôt sur le revenu de l'année au cours de laquelle la rupture de l'engagement ou la cession du logement ou des parts est intervenue.
A retenir
La réduction d’impôt est particulièrement intéressante : en faisant un investissement immobilier que vous vous engagez à mettre en location pendant au moins 9 ans, vous pouvez récupérer, au maximum, 6 000 € d’impôts par an pendant 9 ans.
Mais n’oubliez jamais qu’il ne s’agit pas que d’un produit de défiscalisation : vous achetez avant tout un bien immobilier. Vérifiez la qualité de ce que vous achetez, sa situation, l’état du marché locatif local…
J'ai entendu dire
- Article 199 novovicies du Code Général des Impôts
- Loi de Finances pour 2013, n° 2012-1509, du 29 décembre 2012 (article 80)
- Décret n° 2012-1532 du 29 décembre 2012 relatif aux plafonds de loyer et de ressources des locataires au classement des communes se caractérisant par un déséquilibre entre l'offre et la demande de logements et au niveau de performance énergétique globale et plafond de prix de revient par mètre carré de surface habitable des logements pour l'application de la réduction d'impôt sur le revenu au titre de l'investissement locatif prévue à l'article 199 novovicies du Code Général des Impôts
- Décret n° 2013-474 du 5 juin 2013 relatif aux plafonds de loyer et de ressources des locataires et au niveau de performance énergétique globale des logements pour l'application au titre de l'investissement locatif dans les départements d'Outre-mer de la réduction d'impôt sur le revenu prévue au XII de l'article 199 novovicies du Code Général des Impôts
- Décret n° 2013-517 du 19 juin 2013 relatif à la réduction des plafonds de loyer et à l'agrément prévus respectivement au second alinéa du III et au deuxième alinéa du IV de l'article 199 novovicies du Code Général des Impôts
- Décret n° 2013-1235 du 23 décembre 2013 relatif aux obligations déclaratives afférentes à l’article 199 novovicies du Code Général des Impôts
- Arrêté du 29 décembre 2012 relatif au classement des communes par zone se caractérisant par un déséquilibre important entre l'offre et la demande de logements pour l'application de la réduction d'impôt sur le revenu au titre de l'investissement immobilier locatif prévue au premier alinéa du IV l'article 199 novovicies du Code Général des Impôts
- Arrêté du 1er août 2014 pris en application de l’article R 304-1 du code de la construction et de l’habitation
Copropriété : ce qu’il faut savoir sur le syndicat des copropriétaires
Syndicat des copropriétaires : de quoi s’agit-il ?
Le syndicat des copropriétaires. Dans toutes les copropriétés, la collectivité des copropriétaires est constituée en un syndicat qui s’exprime via l’assemblée générale (AG) des copropriétaires.
Le syndicat de tous les copropriétaires. Le syndicat des copropriétaires est composé de tous les copropriétaires, sans exceptions. La seule condition à remplir pour y appartenir est, en effet, d’être copropriétaire.
Quelles missions ? Le syndicat des copropriétaires a plusieurs missions. Il doit notamment décider du budget prévisionnel annuel, de l'amélioration de l'immeuble, des travaux nécessaires, de la nomination du syndic, etc. Toutes ces décisions sont prises via l’AG.
Le saviez-vous ?
Lorsqu’une copropriété comporte plusieurs immeubles, il peut y avoir des syndicats de copropriétaires secondaires, un par immeuble, en plus du syndicat des copropriétaires principal.
Syndicat des copropriétaires : une responsabilité pouvant être engagée !
Le syndicat est responsable. Le syndicat des copropriétaires a une personnalité juridique propre, distincte de celle des copropriétaires. A ce titre, il doit souscrire une assurance le couvrant contre les risques de responsabilité civile.
Illustrations pratiques. Voici 3 exemples illustrant l’engagement de responsabilité ou non de syndicats des copropriétaires.
Exemple 1. Un syndicat des copropriétaires a fait condamner un copropriétaire qui s’était approprié sans autorisation des parties communes de la copropriété (en l’occurrence des combles). Le copropriétaire a dû remettre les combles dans l’état où ils étaient auparavant (il avait détruit le plafond pour que son appartement ait un accès direct aux combles).
Exemple 2. Le syndicat des copropriétaires est responsable à l'égard des copropriétaires ou des tiers des fautes commises par le syndic dans l'exercice de ses missions. Tel est le cas lorsqu’un syndic indique à un acquéreur qu’il n’y a pas de termites dans l’immeuble, alors même que l’immeuble est infesté.
Exemple 3. Un syndicat des copropriétaires a été condamné à indemniser un copropriétaire, possédant un studio situé au rez-de-chaussée, qui ne pouvait pas ouvrir les volets de son studio à cause de la neige tombée du toit de l’immeuble (un monticule de 3 mètres s’était formé). Or, le syndicat des copropriétaires a la charge d’entretenir le toit et donc le déneiger en hiver. Cette situation étant survenue plusieurs fois, elle constituait, selon le juge, un préjudice indemnisable pour le copropriétaire.
Une responsabilité moins étendue. Jusqu’à présent, à l’issue d’un chantier, en cas de vice de construction et/ou de défaut d’entretien, la responsabilité du syndicat des copropriétaires pouvait être engagée. Ce n’est plus le cas désormais, depuis le 1er juin 2020. Cette mesure doit avoir pour effet de simplifier et de réduire un contentieux relativement abondant, notamment sur le défaut d'entretien.
Focus sur les taux d’usure. Pour mémoire, le taux de l’usure est le taux maximal d’intérêt auquel un prêt bancaire peut être accordé. Le taux de l’usure varie selon les catégories de prêts accordés, notamment eu égard à la qualité de la personne qui le souscrit (consommateur ou société, par exemple).
Une nouveauté pour les syndicats de copropriétaires. Dans ce cadre, il est désormais prévu que les contrats de crédits accordés à des syndicats de copropriétaires doivent être assimilés à des contrats de crédits consentis à des consommateurs. Par conséquent, tout organisme de crédit qui accorde un prêt à un syndicat de copropriétaires est tenu de respecter les règles applicables aux consommateurs au titre de la règlementation sur l’usure.
Bon à savoir. Un syndicat de copropriétaires ne peut se prévaloir de la prescription biennale de l'action des professionnels, pour les biens et les services qu'ils fournissent aux consommateurs.
A retenir
Le syndicat des copropriétaires est composé de tous les copropriétaires d’un immeuble situé en copropriété. Il s’exprime via l’assemblée générale des copropriétaires. Doté d’une personnalité juridique propre, sa responsabilité peut être engagée.
- Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis (articles 14, 14-1, 15, 16 et 17)
- Rapport au Président de la République relatif à l'ordonnance n° 2019-1101 du 30 octobre 2019 portant réforme du droit de la copropriété des immeubles bâtis
- Ordonnance n° 2019-1101 du 30 octobre 2019 portant réforme du droit de la copropriété des immeubles bâtis
- Arrêt de la Cour de cassation, 3ème chambre civile, du 12 juillet 2018, n° 17-16967 (déneigement de la toiture)
- Arrêté du 24 novembre 2020 aménageant les catégories de prêts servant de base à l'application des dispositions relatives à l'usure pour les prêts aux syndicats de copropriétaires
- Arrêt de la Cour de cassation, 3e chambre civile, du 15 juin 2022, n° 21-16223 (faute du syndic et responsabilité du syndicat)
- Arrêt de la Cour de cassation, 3e chambre civile, du 28 septembre 2022, n° 21-19829 (pas de prescription biennale-biens et services fournis aux consommateurs)
