Régime fiscal : relever du régime normal d'imposition
Régime réel normal d'imposition : en ce qui concerne l'imposition des bénéfices
Etes-vous concerné ? Les entreprises dont le chiffre d'affaires annuel excède la limite du régime simplifié, ou qui sont exclues de ce régime, sont soumises de plein droit au régime réel normal d'imposition. Sont, donc, en pratique, concernées les entreprises dont le chiffre d'affaires de l’année précédente excède 840000 € HT si l'activité consiste en la vente de marchandises, en la fourniture de logement ou en la vente de denrées à emporter ou à consommer sur place, ou 254000 € HT si l'entreprise réalise des prestations de services.
Le saviez-vous ?
Bien entendu, ce régime peut s'appliquer, sur option, aux entreprises, relevant du régime micro ou du régime réel simplifié, qui en font la demande. Cette option doit être exercée avant la date limite de transmission de la déclaration de résultat souscrite pour la période précédant celle au titre de laquelle l'option s'applique. Elle est valable un an et peut être reconduite tacitement par période d'un an.
Vos obligations comptables. Dès lors que vous relevez (de plein droit ou sur option) du régime réel normal d'imposition, vous êtes astreint à la tenue d'une comptabilité complète et régulière, conformément aux prescriptions de la règlementation comptable : livre journal, grand livre, documents annuels (bilan, compte de résultat, annexes), etc.
Attention. Le livre d’inventaire ne figure plus au titre des documents obligatoires pour les exercices ouverts depuis le 1er janvier 2016.
Vos obligations déclaratives. Au plan fiscal, vous êtes tenu, au titre de chaque exercice, de souscrire une déclaration annuelle de résultat, accompagnée de l'ensemble des tableaux annexes comptables et fiscaux. Pour les entreprises relevant de l'impôt sur le revenu, votre déclaration n° 2031, accompagnée de ses annexes, devra être envoyée au plus tard le 2ème jour ouvré qui suit le 1er mai (quelle que soit la date de clôture) ; si votre société est soumise à l'impôt sur les sociétés, vous êtes astreint au dépôt de la déclaration n° 2065, accompagnée de ses annexes, dans les 3 mois de la clôture de l'exercice (par exception, au plus tard le 2ème jour ouvré qui suit le 1er mai si votre société clôture son exercice le 31 décembre ou dans l'hypothèse où aucun exercice n'est clos au cours de l'année).
Le saviez-vous ?
Un délai de 15 jours supplémentaires est accordé en cas de dépôt dématérialisé des déclarations de résultats en mode EDI ou EFI.
Des obligations allégées ? Vous pouvez adopter :
- une présentation simplifiée de vos comptes annuels si votre entreprise répond aux caractéristiques des petites entreprises et respecte deux des trois critères suivants, au titre du dernier exercice comptable clos : le total du bilan ne doit pas excéder 6 M€, le montant de votre chiffre d'affaires ne doit pas excéder 12 M€ et/ou le nombre de salariés employés en moyenne au cours de l'exercice ne doit pas excéder 50 personnes ;
- une présentation simplifiée du compte de résultat si votre entreprise répond à la définition des moyennes entreprises et respecte deux des trois critères suivants, au titre du dernier exercice comptable clos : le total du bilan ne doit pas excéder 20 M€, le montant de votre chiffre d'affaires ne doit pas excéder 40 M€ et/ou le nombre de salariés employés en moyenne au cours de l'exercice ne doit pas excéder 250 personnes.
En outre... Si vous exploitez une entreprise répondant aux critères des « micro-entreprises », vous n’êtes pas tenu d’établir d’annexe (sont qualifiées de micro-entreprises les entreprises pour lesquelles deux des trois seuils suivants ne sont pas dépassés au titre du dernier exercice clos : 350 000 € de total du bilan ; 700 000 € de chiffre d'affaires net ; 10 salariés employés en moyenne au cours de l'exercice).
Le saviez-vous ?
Si votre société répond aux critères de la micro-entreprise, vous pouvez déclarer que vos comptes annuels ne seront pas rendus publics (ils restent toutefois accessibles et consultables par les autorités judiciaires et administratives et par la Banque de France).
Si votre société répond aux critères de la petite entreprise, vous pouvez demander à ce que votre compte de résultat ne soit pas rendu public.
Si votre société répond aux critères de la moyenne entreprise, vous pouvez ne rendre publique qu’une présentation simplifiée du bilan et des annexes.
Pour les entreprises non commerciales. Les entreprises non commerciales dont les recettes annuelles excèdent 77700 € relèvent du régime de la déclaration contrôlée, régime qui se caractérise par l'obligation de déclarer le montant exact de leur bénéfice (au moyen de la déclaration n° 2035 et de ses annexes, à produire au plus tard le deuxième jour ouvré qui suit le 1er mai), déterminé à partir de leur comptabilité. Elles sont tenues, en outre, à l'obligation de tenir un livre-journal et un registre des immobilisations et amortissements (ces documents devant être tenus en respectant les plans comptables professionnels si vous adhérez à une association de gestion agréée).
A noter. A compter de la campagne déclarative 2019, les tableaux des liasses fiscales sont consultables, sur le site impôts.gouv.fr, sous la forme d’un document unique et non plus formulaire par formulaire.
Régime réel normal d'imposition : en ce qui concerne la TVA
Etes-vous concerné ? Les entreprises qui relèvent obligatoirement du régime réel normal d'imposition sont celles dont le chiffre d'affaires annuel excède, là encore, les limites du régime simplifié ou qui sont exclues de ce régime : vous serez donc normalement concerné de plein droit par ce régime si votre chiffre d'affaires de l’année précédente excède 840000 € HT si votre activité consiste en la vente de marchandises, en la fourniture de logement ou en la vente de denrées à emporter ou à consommer sur place, ou 254000 € HT si vous êtes prestataire de services. Bien entendu, les entreprises relevant du régime de la franchise en base de TVA ou du régime simplifié peuvent opter pour le régime réel normal d'imposition.
À noter. Les entreprises qui relèvent du régime réel simplifié et qui exercent l'option pour le régime réel normal ont la possibilité de conserver le régime du réel simplifié pour la TVA.
Vos obligations. Si vous êtes soumis au régime réel normal, vous devez déclarer et payer votre TVA due tous les mois : vous déposez mensuellement à cet effet une déclaration CA3 indiquant l'ensemble des opérations réalisées au titre du mois précédent, et récapitulant le montant de votre TVA collectée et votre TVA déductible. Le paiement de la taxe nette due se fait en même temps que l'envoi de la déclaration de TVA.
A retenir
Le régime réel normal est le régime d’imposition le plus complet, tant en matière d’imposition sur les bénéfices qu’en matière de TVA. Il concerne les entreprises déclarant au moins 840000 € ou 254000 € de chiffre d’affaires, selon l’activité concernée.
J'ai entendu dire
J'ai entendu dire que certaines entreprises étaient autorisées à déposer des déclarations de TVA trimestrielles. Qu'en est-il exactement et à quelles conditions ?Certaines entreprises sont effectivement autorisées à déposer leur déclaration de TVA tous les trimestres (au lieu d'une fréquence mensuelle), dès lors que la taxe exigible annuellement n'excède pas 4 000 €.
- Articles 53 A, 54 et 223 du Code général des impôts (imposition des bénéfices et obligations déclaratives)
- Articles 287 et 1692 du Code général des impôts (TVA et obligations déclaratives)
- Article 267 septies A de l’annexe II du Code général des impôts
- Articles L 123-16 et L 123-16-1 du Code de commerce (obligations comptables allégées)
- Articles D 123-200 du Code de commerce (seuils d’appréciation des micro-entreprises et des petites entreprises)
- Loi de finances rectificative pour 2013, n° 2013-1279 du 29 décembre 2013 (article 20)
- Ordonnance n° 2014-86 du 30 janvier 2014 allégeant les obligations comptables des micro-entreprises et petites entreprises
- Décret n° 2014-136 du 17 février 2014 fixant les seuils prévus aux articles L 123-16 et L 123-16-1 du Code de Commerce
- Décret n° 2015-903 du 23 juillet 2015 relatif aux obligations comptables des commerçants
- Loi n°2017-1837 du 30 décembre 2017 de finances pour 2018 (article 22)
- Loi n°2019-486 du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises (article 47)
- Décret n° 2019-539 du 29 mai 2019 portant application de l'article 47 de la loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises
- www.impots.gouv.fr
- Décret n° 2022-942 du 27 juin 2022 relatif à l'allongement des délais d'option et de renonciation à un régime réel normal d'imposition pour les contribuables exerçant une activité dans le champ des bénéfices industriels et commerciaux et relevant du régime réel simplifié d'imposition
Imposition des bénéfices : bénéficier du « régime micro »
Régime micro : qui peut en bénéficier ?
Serez-vous concerné par le régime « micro » ? En pratique, sont ici visées les petites entreprises individuelles dont le chiffre d'affaires de l’année précédente n'excède pas 188700 € HT si votre entreprise exercice une activité de vente de marchandises, de vente de denrées à consommer sur place ou à emporter ou de fourniture de logement, ou 77700 € HT si votre entreprise exerce une activité de prestations de services : on parle alors du régime « micro-BIC ». S'agissant des activités non commerciales, le régime micro, appelé le « micro-BNC », s'applique aux exploitants individuels qui réalisent un montant annuel de recettes non commerciales n'excédant pas 77700 € HT.
Non, si… Si vous exploitez votre activité sous forme de société (qu'elle relève de l'impôt sur le revenu ou qu'elle soit soumise à l'impôt sur les sociétés), vous ne pourrez pas bénéficier de ce régime (sauf s’il s’agit d’une EURL dirigée par une personne physique). Par ailleurs, il faut noter, à titre d’information, que certaines activités sont expressément exclues du régime micro : les opérations réalisées par les marchands de biens et les lotisseurs, le tourisme à la ferme (chambres d'hôtes, tables d'hôtes...) dans le cadre d'une exploitation agricole, les professions de santé telles que les médecins ou infirmiers, les notaires et commissaires de justice ainsi que les activités des agents immobiliers, etc. ne peuvent pas relever du régime micro.
À noter. Les opérations de location de matériels et de biens de consommation durable peuvent relever du régime du micro
Le saviez-vous ?
Si vous exercez simultanément une activité de vente et une activité de prestations de services, l'appréciation des seuils de chiffre d'affaires pour l'application du régime micro s'effectue de la manière suivante : le chiffre d'affaires global ne doit pas excéder 188700 €, le chiffre d'affaires de la seule activité de prestations de services ne devant pas excéder 77700 €.
À noter. Pour apprécier les seuils de chiffres d’affaires, il faut faire référence à l’année civile N-1.
Concrètement. Voici comment cela va se passer désormais :
- Le régime micro-BIC s’appliquera en 2023 si :
- pour les ventes : le chiffre d’affaires n’excède pas 188700 € HT ;
- pour les prestations de services : le chiffre d’affaires n’excède pas 77700 € HT ;
- Le régime micro-BNC s’appliquera en 2023 si le chiffre d’affaires n’excède pas 77700 € HT.
Attention. Le régime du micro et la franchise en base de TVA sont déconnectés. En conséquence :
- une entreprise qui ne bénéficie pas de la franchise en base de TVA (ou qui n’est pas exonérée de TVA) peut quand même relever du micro-BIC ou BNC ;
- une entreprise qui franchit le seuil de franchise en base de TVA et qui, consécutivement, devient redevable de la TVA selon les règles classiques, ne perd pas le bénéfice du micro-BIC ou BNC, sous réserve bien sûr de ne pas excéder les seuils du micro.
Quant opter pour le régime "micro"? L'option pour le régime "micro" s'effectue lors de la création de l'entreprise via la déclaration de début d'activité ou de constitution de société. Si l'option n'est pas exercée à la création, un délai supplémentaire de trois mois est accordé pour adresser un courrier au service des impôts des entreprises. Ce courrier doit dénoncer l'option effectuée pour le régime réel d'imposition. Si l'option intervient en cours d'activité, elle doit être effectuée avant le 1er février de l'année considérée pour les commerçants et artisans ou avant le 2ème jour ouvré suivant le 1er mai pour les libéraux.
Régime micro : quelles sont vos obligations ?
Comment ça marche ? On rappelle tout d’abord que le bénéfice réalisé dans le cadre de votre entreprise sera soumis à l’impôt sur le revenu, déclaré et imposé à votre nom personnel. Dans le cadre de ce régime, votre bénéfice imposable (hors plus ou moins-values professionnelles) est calculé en appliquant au montant de votre chiffre d'affaires un abattement forfaitaire, représentatif des charges d'exploitations, qui varie selon l'activité exercée (cet abattement forfaitaire ne pouvant être inférieur à 305 € ; si vous exercez des activités mixtes, les abattements sont calculés séparément pour chaque fraction du chiffre d'affaires correspondant aux activités exercées, ainsi la déduction minimale est de 610 euros) :
- cet abattement est fixé à 71 % du chiffre d'affaires pour les entreprises dont l'activité consiste en la vente de marchandises, de denrées à consommer sur place ou à emporter ou la fourniture de logement ;
- cet abattement est fixé à 50 % du chiffre d'affaires pour les entreprises prestataires de services ;
- cet abattement est fixé à 34 % du montant des recettes brutes pour les entreprises non commerciales.
Vous l’aurez noté… Dans le cadre de ce régime, vous ne pouvez pas constater de déficit, quand bien même votre activité est susceptible d’en générer.
Le saviez-vous ?
Les entreprises qui relèvent d’un régime micro-fiscal seront automatiquement placées sous un régime micro-social. Toutefois, celles qui relevaient au 31 décembre 2015 du régime social de droit commun pourront continuer à en bénéficier.
Si vous vendez des biens de votre exploitation… Le calcul des plus-values professionnelles, dégagées à l’occasion de la vente de biens affectés à l’exploitation (un véhicule, une machine, des locaux d’exploitation, etc.), ne rentrent pas dans ce dispositif. Elles font l’objet d’une imposition séparée, selon des modalités qui diffèrent en fonction de la nature de la plus ou moins-value dégagée. Au préalable, il est fait une compensation entre les plus ou moins-values pour faire apparaître le montant net de la plus ou moins-value (cette compensation étant effectuée entre plus ou moins-value de même nature). Ensuite, il faut appliquer l’impôt sur le montant net ainsi déterminé :
- s’il s‘agit d’une « plus-value nette à court terme », elle est soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu ;
- s’il s’agit d’une moins-value nette à court terme », elle va générer un déficit qui s’imputera sur votre revenu global, et donc diminuer d’autant votre revenu qui sera soumis à l’impôt ;
- s’il s‘agit d’une « plus-value nette à long terme », elle sera imposée en appliquant sur son montant un taux réduit de 12,8 % (on parle d’imposition « proportionnelle », à la différence de l’imposition progressive, soumise au barème de l’impôt), auquel il faut ajouter les prélèvements sociaux au taux de 17,2 %, soit une imposition globale de 30 % ;
- s’il s’agit d’une « moins-value nette à long terme », elle ne pourra que s’imputer sur une ou des plus-values à long terme réalisées au cours des 10 exercices suivants : concrètement, cette moins-value est placée en réserve et si, dans ce délai de 10 ans, vous réalisez une plus-value à long terme, cette moins-value viendra diminuer le montant de la nouvelle plus-value pour le calcul de l’impôt dû.
Comment distingue-t-on le court terme du long terme ? Voici un petit tableau récapitulatif pour vous aider à qualifier la nature de la plus ou moins-value, nature qui diffère selon la durée de détention du bien vendu et son caractère amortissable ou non.
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Nature du bien vendu |
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Détenu depuis moins de 2 ans |
Détenu depuis plus de 2 ans |
Détenu depuis moins de 2 ans |
Détenu depuis plus de 2 ans |
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Amortissable |
CT (court terme) |
CT dans la limite des amortissements pratiqués, LT (long terme) au-delà |
CT |
CT |
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LT |
CT |
LT |
Le saviez-vous ?
Les plus-values nettes à court terme peuvent bénéficier d’un étalement de l’imposition sur 3 ans (sauf si cette plus-value est réalisée à l’occasion de la vente ou de la cessation de l’exploitation), pour limiter les effets de seuil de la progressivité de l’impôt sur le revenu : il ne s’agit que d’une faculté (mais pourquoi y renoncer ?) qui consiste à répartir, par fractions égales, le montant de la plus-value sur l’année de sa réalisation et les 2 années suivantes.
Sachez, en outre, qu’il existe des dispositifs permettant d’exonérer tout ou partie des plus-values professionnelles.
Comment déclarer vos bénéfices ? Il vous suffira de reporter sur votre déclaration de revenus, à l'emplacement réservé à cet effet, le montant brut de votre chiffre d'affaires ou de vos recettes. Le bénéfice net imposable sera calculé directement par l'administration (une vérification s’imposera tout de même pour s’assurer de la bonne application par l’administration de cet abattement). Quant aux éventuelles plus-values ou moins-values qui auront été réalisées au cours de votre exercice, les modalités déclaratives sont, là encore, très allégées, puisqu’il vous suffira de reporter leurs montants sur la déclaration de revenus dans la case ad hoc.
Est-ce intéressant ? Vous l’aurez compris, ce régime micro trouve son intérêt dans la simplicité qu’il entraîne au quotidien. Les modalités déclaratives, sur le plan fiscal, sont très simples, et, sur le plan comptable, vos obligations sont allégées : vous êtes dispensé d’établir des comptes annuels, mais vous devez tenir un registre récapitulant le détail de vos achats et un livre-journal détaillant vos recettes professionnelles (vous aurez soin de conserver les factures et les pièces justifiant vos recettes et vos dépenses). Cela étant, ce n’est pas nécessairement le meilleur des régimes pour optimiser l’imposition de vos résultats puisqu’il n’est pas tenu compte de vos charges réelles. Un rapide calcul du montant de ces charges par rapport au résultat de l’application de l’abattement vous démontrera peut-être l’intérêt d’opter pour un autre régime…
Le saviez-vous ?
Les travailleurs indépendants ont l’obligation d’ouvrir un compte bancaire séparé dédié à leur activité s’ils ont réalisé, pendant 2 années consécutives, au moins 10 000 € de chiffre d’affaires.
A retenir
Réservé aux entreprises individuelles, ce régime se caractérise par sa simplicité puisque votre bénéfice imposable est calculé en appliquant au chiffre d’affaires réalisé un abattement de 71 %, 50 % ou 34 % selon l’activité que vous exercez.
Si le montant global de vos charges excède le montant de cet abattement, étudiez l’intérêt d’une option pour un autre régime d’imposition (le régime simplifié d’imposition par exemple).
J'ai entendu dire
J'ai entendu dire que le régime micro était maintenu temporairement en cas de dépassement des seuils de chiffre d'affaires. Qu'en est-il exactement ?Si l’entreprise dépasse le seuil en année N, elle pourra continuer à bénéficier du régime micro en N+1, à condition qu’il s’agisse d’un premier dépassement sur une période de 2 ans. Le régime micro et la franchise en base de TVA étant dorénavant déconnectés, le dépassement du seuil de franchise ne fait pas perdre le bénéfice du micro.
- Article 50-0 du Code Général des Impôts (régime micro-BIC)
- Article 102 ter du Code Général des Impôts (régime micro-BNC)
- Articles 39 quaterdecies et 39 quindecies du Code Général des Impôts (imposition des plus-values)
- Articles 293 B et suivants du Code Général des Impôts (régime de la franchise en base TVA)
- Article L 123-28 du Code de Commerce (obligations comptables)
- Loi n° 2014-626 du 18 juin 2014 relative à l'artisanat, au commerce et aux très petites entreprises
- Loi de Finances rectificative pour 2013, n° 2013-1279 du 29 décembre 2013 (article 20)
- Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2016 n° 2015-1702 du 21 décembre 2015 (article 15)
- Loi n°2017-1837 du 30 décembre 2017 de finances pour 2018 (article 22)
- Loi n°2017-1837 du 30 décembre 2017 de finances pour 2018 (article 38)
- Loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises (article 39)
- www.impots.gouv.fr
- Loi de finances pour 2019 du 28 décembre 2019, n°2019-1479
- Réponse ministérielle Lainé du 15 février 2022, Assemblée nationale, n°26726 (montant de l’abattement forfaitaire pour les artistes-auteurs)
Changer de régime d'imposition
Au moment de créer l’entreprise…
Un choix entre plusieurs régimes… Que ce soit pour l’imposition des bénéfices de l’entreprise ou pour les modalités déclaratives et de paiement de la TVA, plusieurs régimes existent :
- le régime micro-BIC, le régime réel simplifié ou le régime réel normal pour l’imposition des bénéfices industriels, commerciaux ou artisanaux ;
- le régime micro-BNC et le régime de la déclaration contrôlée pour l’imposition des revenus tirés d’une activité dite non commerciale (activité libérale notamment) ;
- la franchise en base, le régime simplifié ou le régime normal pour la TVA.
… dicté par des seuils de chiffre d’affaires. Vous n’avez pas nécessairement le choix entre ces différents régimes, puisque votre assujettissement à l’un ou l’autre de ces régimes dépendra de votre activité et de votre niveau de chiffre d’affaires (CA), apprécié hors taxes. Schématiquement, voici un panorama des différents régimes :
- pour les entreprises commerciales :
- le régime micro-BIC ne s’applique qu’aux exploitants individuels dont le CA de l’année précédente est inférieur à :
- 188700 € pour les entreprises de vente ou de fourniture de logement ;
- 77700 € pour les prestataires de services ;
- le régime réel simplifié d’imposition s’applique aux entreprises, exclues du régime micro, dont le CA de l’année précédente est inférieur à :
- 840000 € pour les entreprises de vente ou de fourniture de logement ;
- 254000 € pour les prestataires de services ;
- le régime réel normal s’applique aux entreprises dont le CA de l’année précédente excède les limites précédentes ;
- le régime micro-BIC ne s’applique qu’aux exploitants individuels dont le CA de l’année précédente est inférieur à :
- pour les entreprises non commerciales :
- le régime micro-BNC s’applique aux exploitants individuels dont le CA de l’année précédente est inférieur à 77 700 € ;
- le régime de la déclaration contrôlée s’applique aux entreprises dont le CA de l’année précédente excède cette même limite ;
- en matière de TVA :
- le régime de la franchise en base s’applique aux entreprises dont le CA de l’année précédente est inférieur à :
- 91900 € pour les entreprises de vente ou de fourniture de logement ;
- 36800 € pour les prestataires de services ;
- le régime simplifié d’imposition s’applique aux entreprises ne bénéficiant pas de la franchise en base, dont le CA de l’année précédente est inférieur à :
- 840000 € pour les entreprises de vente ou de fourniture de logement ;
- 254000 € pour les prestataires de services ;
- le régime réel normal s’applique aux entreprises dont le CA de l’année précédente excède les limites précédentes.
- le régime de la franchise en base s’applique aux entreprises dont le CA de l’année précédente est inférieur à :
Mais des options sont possibles… Cela étant, l’application de ces régimes n’est pas nécessairement figée : non seulement, les variations à la hausse ou à la baisse de votre chiffre d’affaires pourront avoir pour conséquence un changement de régime, tant pour l’imposition de vos bénéfices que pour la TVA, mais vous pouvez aussi opter pour un autre régime que celui auquel vous êtes soumis de plein droit. Options qui peuvent présenter quelques intérêts en fonction des situations… Dans tous les cas, il est conseillé de solliciter l’appui de votre expert-comptable ou de votre avocat afin de sécuriser un éventuel changement de régime d’imposition qui doit être analysé en fonction des sujétions propres à chaque entreprise.
Un point important à connaître… Le choix du lieu de l’implantation de l’entreprise peut être guidé par une optimisation fiscale et sociale, certains dispositifs permettant de bénéficier d’avantages non négligeables, pour autant, bien entendu et comme toujours, que les conditions d’application de ces dispositifs soient respectées (on pense aux dispositifs des entreprises nouvelles implantées dans des zones à finalité régionale, des entreprises implantées dans des zones franches urbaines, des jeunes entreprises innovantes, des entreprises intégrées dans un pôle de compétitivité, etc.). Parmi les conditions d’application de ces régimes figure souvent l’obligation d’être soumis à un régime réel d’imposition (simplifié ou normal).
Par la suite : changer de régime d’imposition des bénéfices
Si vous relevez du régime micro. Vous pouvez trouver un intérêt à opter pour un régime réel d'imposition, que ce soit le régime simplifié ou le régime normal. Différents critères peuvent être retenus, et notamment :
- la prise en compte des charges d'exploitation réellement exposées (en lieu et place de l'abattement forfaitaire obligatoirement appliqué dans le cadre du régime micro), de sorte que le montant effectivement soumis à l'impôt sur les bénéfices soit optimisé (un calcul rapide consistant à comparer le montant des charges réelles d’exploitation, en y incluant la variation des stocks, par rapport au montant de l’abattement vous donnera un premier éclairage sur l’intérêt d’exercer une telle option) ;
- la possibilité d'imputer les déficits constatés au titre d'un exercice, ce que ne permet pas le régime micro ;
- la possibilité de bénéficier des crédits ou réductions d'impôt qui sont réservés aux entreprises relevant d'un régime réel d'imposition (par exemple : crédit d'impôt recherche, crédit d'impôt apprentissage, crédit d'impôt pour la formation du chef d'entreprise, etc.).
Quand ? Comment ? Cette option peut être exercée, par lettre recommandée avec accusé réception, jusqu’à la date limite de dépôt de la déclaration d’ensemble des revenus souscrite au titre de l'année précédant celle au titre de laquelle cette même option s'applique. L'option est valable 1 an (elle est irrévocable pendant cette période) et est reconduite tacitement tant que l'entreprise reste dans le champ d'application du régime micro (bien entendu, si votre entreprise dépasse les seuils d'application du régime micro, l'option devient caduque). Si vous désirez renoncer à votre option, vous devez notifier (par lettre recommandée avec accusé réception) votre choix à votre service des impôts des entreprises dans les délais applicables au dépôt de la déclaration souscrite au titre des résultats de l’année précédant celle au titre de laquelle la renonciation s’applique.
À noter. Les entreprises non commerciales relevant du régime micro-BNC ont, de la même manière, la possibilité d'opter pour le régime de la déclaration contrôlée, cette option devant être exercée (par lettre recommandée avec accusé réception) dans le délai imparti pour le dépôt de la déclaration des bénéfices non commerciaux, fixé, en pratique, au plus tard le 2ème jour ouvré qui suit le 1er mai. Comme pour les entreprises relevant du régime micro-BIC, l'option est valable 1 an (elle est également irrévocable pendant cette période) et est reconduite tacitement. Là encore, si vous désirez renoncer à votre option, vous devez notifier ce choix (par lettre recommandée avec accusé réception) à votre service des impôts des entreprises dans les délais applicables au dépôt de la déclaration souscrite au titre des résultats de la période précédant celle au titre de laquelle la renonciation s'applique.
Sachez que les entreprises, relevant du régime micro et qui optent pour un régime réel d'imposition (ou pour le régime de la déclaration contrôlée, s'agissant des entreprises non commerciales) peuvent conserver, si besoin est, le cas échéant, le bénéfice du régime de la franchise en base de TVA.
Si vous relevez du régime réel simplifié. Vous pouvez opter pour le régime réel normal d'imposition, étant ici précisé que la différence essentielle entre ces deux régimes, au regard de l'imposition sur les bénéfices, consiste en un allègement des obligations au bénéfice du régime simplifié. Attention, l'option pour le régime réel normal est globale, de telle sorte qu'elle s'applique à la fois pour l'imposition des bénéfices et de la TVA (vous pouvez toutefois opter pour le régime normal uniquement en matière de TVA et conserver le bénéfice du régime simplifié pour l'imposition des bénéfices).
Quand ? Comment ? L'option, là encore, doit être exercée (par lettre recommandée avec accusé réception) dans les délais applicables au dépôt de la déclaration de résultat de la période précédant celle au titre de laquelle cette même option s’applique. Notez que l’option est valable 1 an et est reconduite tacitement, chaque année, pour cette même durée. Enfin, notez que les entreprises ont la possibilité de renoncer à leur option : pour ce faire, elles doivent notifier leur choix à l’administration dans les délais applicables au dépôt de la déclaration de résultat de la période précédant celle au titre de laquelle la renonciation s’applique.
Par la suite : changer de régime d’imposition en matière de TVA
Si vous bénéficiez de la franchise en base. Le régime de la franchise en base de TVA vous dispense de tout paiement de TVA : vous ne facturez aucune TVA à vos clients, mais en contrepartie, vous êtes privé de toute possibilité de déduction de la TVA payée à vos fournisseurs. Vous pouvez donc trouver un intérêt à opter pour le paiement de la TVA, ce qui vous permettra de récupérer la TVA acquittée auprès de vos fournisseurs, et notamment à raison des investissements que vous pouvez être amené à réaliser dans le cadre de votre exploitation. Si vous optez pour le paiement de la TVA, vous relèverez du régime simplifié ou, sur option, du régime normal.
Le saviez-vous ?
L’option pour le paiement de la TVA, permet, en outre, bénéficier d’un crédit de départ, au titre des stocks et des immobilisations détenues à la date d’effet de l’option. Cela signifie que vous pourrez récupérer partiellement la TVA payée au moment de l’achat de ces investissements.
Concrètement, pour les stocks, vous pourrez déduire la TVA payée lors de l’acquisition du stock que vous détenez à la date de l’option (il est alors impératif d’établir un inventaire du stock à cette date).
S’agissant des immobilisations qui n’ont pas encore été utilisées à la date de l’option, la récupération de la TVA est intégrale. Pour les immobilisations en cours d’utilisation à la date de l’option, la TVA est récupérable après application d’un abattement d’1/5ème par année civile ou fraction d’année civile écoulée depuis la date à laquelle cette taxe est devenue exigible (l’abattement est d’1/20ème pour les immeubles).
Option pour le paiement de la TVA : comment faire ? Vous pouvez exercer cette option à tout moment (par lettre recommandée avec accusé réception envoyée à votre service des impôts des entreprises), étant précisé qu'elle prendra effet au 1er jour du mois au cours duquel elle est déclarée. L’option couvre obligatoirement une période de 2 ans ; elle est renouvelable par tacite reconduction (vous pouvez dénoncer votre option à l'expiration de chaque période).
Le saviez-vous ?
Si vous obtenez un remboursement de crédit de TVA au cours d'une période couverte par votre option, cette dernière est reconduite de plein droit pour une nouvelle période de 2 années !
Si vous relevez du régime simplifié. Si vous relevez, de plein droit ou sur option, du régime simplifié d'imposition, vous acquittez votre TVA, d'abord sous forme d'acompte au cours de l'exercice, pour ensuite, l'année suivante, régulariser le solde à payer en récapitulant sur une déclaration annuelle l'ensemble des opérations de l'exercice écoulé. Vous pouvez, toutefois, renoncer à ces formalités simplifiées et opter pour le régime réel normal en matière de TVA : l'option pour le régime réel normal d'imposition suppose que vous souscriviez des déclarations de TVA tous les mois (ou, le cas échéant, tous les trimestres), récapitulant votre opération du mois (ou du trimestre) écoulé ; vous ne faites donc plus l'avance de la TVA (au moyen des acomptes) et vous n'acquittez que la TVA nette due déterminée au titre de la période déclarée.
Le saviez-vous ?
Si le montant de votre TVA exigible au titre de l’exercice précédent excède 15000 €, vous serez dans l’obligation de déclarer et payer votre TVA mensuellement (comme les entreprises placées sous le régime réel normal d’imposition en matière de TVA).
À noter. Cette option en matière de TVA n'entraîne pas automatiquement d’assujettissement pour le régime normal en matière d'imposition sur les bénéfices : vous pouvez donc, pour l'imposition des résultats, continuer à bénéficier du régime réel simplifié.
Option pour le régime réel normal : comment faire ? Vous notifiez votre option (par lettre recommandée avec accusé réception) à votre service des impôts : cette option est valable pour une période 2 ans (elle est irrévocable pendant cette période) et est reconduite tacitement. Elle prendra effet au 1er janvier de l'année en cours si vous exercez cette option avant la date limite de dépôt de votre déclaration récapitulative annuelle ; elle prendra effet au 1er janvier de l'année suivante dans le cas contraire.
A retenir
Le choix fait au moment de la création de l’entreprise peut ne pas être définitif, ce qui vous permet, au moyen d’options, d’adapter le régime d’imposition de votre entreprise à sa situation et ses contraintes d’exploitation.
Comme dans toute décision de gestion, il est utile de solliciter l’analyse de votre conseil habituel pour mesurer et valider les conséquences d’un changement de régime.
J'ai entendu dire
Comment apprécier les limites de chiffre d’affaires lorsqu’une entreprise exerce à la fois une activité de vente et une activité de prestations de services ?D’une manière générale, dans cette situation, pour apprécier les limites d’application du régime micro-BIC et du régime simplifié d’imposition, le chiffre global de l’entreprise ne doit pas dépasser le seuil appliqué à l’activité de vente et de fourniture de logement, et, dans le même temps, le chiffre d’affaires de la seule activité de prestations de services ne doit pas dépasser le seuil qui lui est spécifiquement appliqué.
Par exemple, une entreprise relèvera, de plein droit, du régime simplifié d’imposition si son CA global ne dépasse pas 840000 € et si son CA se rapportant à la seule activité de prestations de services ne dépasse pas à lui seul 254000 €.
- Article 50-0 du Code général des impôts
- Article 102 ter du Code général des impôts
- Article 267 quinquies de l'annexe II du Code général des impôts
- Article 267 septies A de l'annexe II du Code général des impôts
- Article 293 F du Code général des impôts
- Article 204 ter A de l'annexe II du Code général des impôts
- Loi de Finances rectificative pour 2013, n° 2013-1279 du 29 décembre 2013 (article 20)
- Loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique (article 124)
- Loi n°2017-1837 du 30 décembre 2017 de finances pour 2018 (article 22)
- Loi de Finances pour 2020 du 28 décembre 2019, n°2019-1479
- Foire aux questions sur les mesures d’accompagnement de la DGFIP
- Loi de finances pour 2022 du 30 décembre 2021, n°2021-1900 (article 7)
- Décret n° 2022-942 du 27 juin 2022 relatif à l'allongement des délais d'option et de renonciation à un régime réel normal d'imposition pour les contribuables exerçant une activité dans le champ des bénéfices industriels et commerciaux et relevant du régime réel simplifié d'imposition
Faut-il adhérer à un organisme de gestion agréé ?
Le rôle du centre de gestion agréé
Un peu de terminologie. Un centre de gestion agréé s’adresse aux entreprises industrielles, commerciales, artisanales, alors qu’une association agréée s’adresse aux professions libérales et aux titulaires de charges et offices. Un organisme mixte de gestion agréé s’adresse tout aussi bien aux commerçants, artisans, industriels qu’aux professionnels libéraux.
Une aide à ne pas négliger… Une association (pour les professions libérales) ou un centre (pour les entreprises) de gestion agréé ont pour mission principale de vous aider dans le cadre de la gestion de votre entreprise. À ce titre, un tel centre sera investi d’un certain nombre de missions :
-
dématérialisation et la télétransmission des déclarations fiscales ;
-
formation et l'information ayant trait au droit, à la fiscalité, à la comptabilité ou à la gestion ;
-
restitution de statistiques ;
-
examen de conformité fiscale ;
-
audit technique lié à l’activité de l’entreprise ou du professionnel ;
-
aide à la création de microentreprise ainsi que l'accompagnement en matière commerciale et dans les domaines de la communication et de la transition numérique.
À noter. Le formulaire d’adhésion doit reprendre la mention suivante : « Si vous rencontrez des difficultés de paiement, vous êtes invité à contacter le service des impôts dont vous dépendez. En cas de difficultés particulières, et sur demande, une information complémentaire relative aux dispositifs d’aide aux entreprises en difficultés est proposée par l’organisme de gestion agréé ». Un renvoi vers l’adresse www.economie.gouv.fr/dgfip/mission-soutien-aux-entreprises doit être prévu.
Le saviez-vous ?
Un inspecteur des impôts apporte aide et assistance technique au centre de gestion agréé en s’engageant à répondre à ses questions en matière fiscale, notamment s‘agissant de la situation des adhérents au regard de leurs impositions. Il faut savoir, à cet égard, que les réponses écrites de l’inspecteur des impôts sont susceptibles d’engager l’administration à l’égard de l’adhérent concerné, qui pourra donc se prévaloir de la réponse dans le cadre d’un contentieux fiscal.
… à condition d’être transparent. L’adhésion à un centre de gestion agréé suppose que vous lui fournissiez votre liasse fiscale (intégrant votre bilan, votre compte de résultats et les documents annexes) et tous documents utiles, à partir desquels le centre procèdera à un examen de cohérence et de concordance. Sachez que le centre de gestion agréé vous remettra un compte rendu de mission à l’issue de cette opération de contrôle, une copie de ce compte-rendu étant transmise au service des impôts dont vous dépendez. En cas de manquements graves ou répétés à ces obligations, l’entreprise pourra être exclue du centre.
À ce sujet… Dans le cadre de sa mission, non seulement l’organisme doit fournir un dossier de gestion qui présentera la situation économique et financière de votre entreprise, mais il devra aussi réaliser un examen périodique de sincérité de vos pièces justificatives afin de vérifier que vos déclarations fiscales sont correctement établies. L’organisme sélectionne, chaque année, un panel d’adhérents qui subiront cet examen. La réalisation de cet examen doit, en tout état de cause, être effectuée au moins tous les 6 ans lorsque vos comptes sont tenus ou présentés annuellement par un professionnel de l'expertise comptable et au moins tous les 3 ans dans le cas contraire.
Examen de conformité fiscale. Depuis le 30 octobre 2021, le centre, l’association, l’organisme ou le professionnel de l’expertise comptable sera dispensé de réaliser cet examen périodique si, au titre de l’exercice concerné, l’adhérent ou le client a demandé la réalisation d’un examen de conformité fiscale.
Le saviez-vous ?
Les adhérents à un centre de gestion agréé ont l’obligation d’accepter les règlements par chèque et par carte bancaire, et doivent en informer leur clientèle. Vous devez donc apposer de manière claire et lisible, dans vos locaux destinés à recevoir la clientèle ainsi que dans les emplacements ou véhicules aménagés en vue d'effectuer des ventes ou des prestations de services, un document comportant la mention suivante : « Acceptant le règlement des sommes dues par chèques libellés à son nom ou par carte bancaire en sa qualité de membre d’un centre de gestion agréé par l’administration fiscale ».
Il faut aussi que soit mentionné de manière apparente le nom de l’organisme auquel vous adhérez, la plaque ou l’écriteau devant être placé de manière à pouvoir être lu sans difficulté par la clientèle.
Notez que vous devez reproduire ces mentions dans votre correspondance et sur les documents professionnels adressés ou remis aux clients et que l’organisme auquel vous adhérez s’assurera de l’exécution effective de ces différentes obligations.
Attention. Si les professionnels qui adhèrent à un organisme de gestion agréé ont l’obligation d’accepter les paiements par chèques ou par cartes bancaires, cette obligation présente un caractère alternatif. Ainsi, les adhérents devront choisir :
-
soit d’accepter seulement les règlements par carte bancaire ;
-
soit d’accepter seulement les règlements par chèque ;
-
soit d’accepter les règlements par chèque et par carte bancaire.
Qui peut adhérer ? L’adhésion est ouverte à toutes les entreprises : entreprises individuelles, sociétés relevant de l’impôt sur le revenu (EURL, SNC, etc.), celles soumises à l’impôt sur les sociétés (SARL, SA ; SAS, etc.), quel que soit leur régime fiscal et leur activité.
À noter. Il est admis que la première année d’adhésion, l’organisme de gestion pratique une cotisation réduite. Mais uniquement au titre de cette 1re année d’adhésion… Quant à l’adhésion, elle peut être réalisée directement en ligne (sous réserve qu’un mécanisme d’authentification de la signature électronique soit prévu).
Les avantages inhérents à une adhésion
Des avantages fiscaux pour certains adhérents ! L’adhésion à un centre de gestion agréé emporte un certain nombre d’avantages fiscaux, mais qui ne profitent qu’aux entreprises relevant de l’impôt sur le revenu et soumises à un régime réel d’imposition.
Attention. Si l’adhésion emporte des avantages, elle nécessite de se conformer à certaines obligations, notamment concernant la tenue de la comptabilité.
Réduction d’impôt pour frais de tenue de comptabilité. Si votre chiffre d’affaires n’excède pas 188700 € (activité de vente) ou 77700 € (activité libérale ou prestataire de services) et que vous avez opté pour un régime réel d’imposition (ou pour le régime de la déclaration contrôlée), vous bénéficiez d’une réduction d’impôt sur le revenu égale aux dépenses que vous engagez pour tenir votre comptabilité et adhérer à un centre de gestion agréé. Le montant de cette réduction est égale aux 2/3 des dépenses de tenue comptable et d’adhésion et, au maximum, à 915 €. En contrepartie, les frais correspondant ne seront pas déductibles des résultats imposables (dans la limite de 915 €).
Un dossier de gestion complet. Le centre de gestion vous fournit, dans un délai de 9 mois suivant la clôture de votre exercice comptable, un dossier comprenant :
-
les ratios et les autres éléments caractérisant la situation financière et économique de l'entreprise ;
-
un commentaire sur la situation financière et économique de l'entreprise ;
-
à partir de la clôture du 2e exercice suivant celui de l'adhésion et dans le même délai de 9 mois, une analyse comparative des bilans et des comptes de résultat de l'entreprise (pour les entreprises soumises au régime simplifié d'imposition, seule l'analyse comparative des comptes d'exploitation est fournie) ;
-
un document de synthèse présentant une analyse des informations économiques, comptables et financières de l'entreprise et lui indiquant, le cas échéant, les démarches à accomplir.
Pour la petite histoire… La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a jugé que la majoration appliquée aux revenus des entrepreneurs non-adhérents n’était pas conforme aux droits et libertés des individus. L’État a été condamné à rembourser les impôts payés par un avocat du fait de l’application de cette majoration. Notez que cette incitation fiscale a pris fin en 2023.
Faut-il adhérer ?
En pratique, et compte tenu des contraintes fiscales qui peuvent s’imposer aux entreprises relevant de l’impôt sur le revenu non adhérentes, force est de constater que ces dernières ne disposent pas d’un réel choix.
Mais pour les autres ? Si la motivation d’une adhésion n’est pas à rechercher dans le bénéfice de quelconques avantages fiscaux, vous pourrez néanmoins y trouver un intérêt certain au regard des services que vous apportera le centre de gestion agréé. Mais sachez aussi que les experts comptables sont également à même de vous procurez ce type de services. Une étude tarifaire sur les coûts d’adhésion pourra aussi guider vos choix en la matière.
À retenir
Si l’adhésion à un centre de gestion agréé est (souvent) motivée par les avantages fiscaux qu’elle induit, les différentes missions proposées par le centre peuvent être de nature à vous apporter une aide efficace dans la gestion de votre entreprise.
- Articles 1649 quater C à 1649 quater H du Code général des impôts et articles 371 A à 371 Z de l’annexe II de ce même code (centres de gestion agréés et associations de gestion et de comptabilité)
- Articles 158 et 1649 quater L du Code général des impôts (absence de majoration du bénéficie en cas de recours aux professionnels de l’expertise comptable)
- Article 199 quater B du Code général des impôts (réduction d’impôt accordée aux adhérents)
- Article 1755 du Code général des impôts (dispense de majoration sous conditions)
- Articles L169 et L176 du Livre des procédures fiscales (délai de reprise ramené à 2 ans)
- Article 371 A bis de l’annexe II au Code général des impôts
- Article 371 M bis de l’annexe II au Code général des impôts
- BOFiP-Impôts-BOI-DJC-OA-20
- Loi de finances pour 2015, no 2014-1654, du 29 décembre 2014 (articles 69, 70 et 80)
- Loi de finances rectificative pour 2015 no 2015-1786 du 29 décembre 2015, article 37
- Décret no 2016-1356 du 11 octobre 2016 relatif aux centres de gestion, associations et organismes mixtes de gestion agréés, aux professionnels de l’expertise comptable et aux certificateurs à l’étranger
- Arrêté du 9 janvier 2017 fixant la méthode de sélection des adhérents ou des clients faisant l’objet, au titre d’une année donnée, d’un examen périodique de pièces justificatives par les organismes de gestion agréés et les professionnels de l’expertise comptable
- Arrêt du Conseil d’État du 29 mars 2017, no 397658 (majoration de 25 %)
- Arrêt du Conseil d’État du 21 mars 2012, no 343986 (obligation d’indiquer l’identité des patients dans sa comptabilité pour le médecin qui adhère à une AGA)
- Loi de finances pour 2019 du 28 décembre 2018, no 2018-1317 (article 60)
- Arrêt de la cour administrative d’appel de Paris du 21 novembre 2019, no 18PA02399 (loueur en meublé non professionnel non adhérent à un centre de gestion agréé et majoration de 25 %)
- Actualité BOFiP-Impôts du 3 juin 2020, BOI-DJC-OA-20-10-20-20 (fin de la tolérance permettant aux associations agréées et aux organismes mixtes de gestion agréés de tenir la comptabilité de leurs adhérents)
- Dossier de presse du 29 juin 2020 – Ministère de l’Économie et des Finances – Plan en faveur du commerce de proximité, de l’artisanat et des indépendants
- Loi de finances pour 2021 du 29 décembre 2020, no 2020-1721, article 34 (suppression progressive de la majoration de 25 %)
- Arrêt de la cour administrative d’appel de Paris du 20 avril 2021, no 19PA04072 (calcul de la majoration pour défaut d’adhésion à un OGA)
- Décret no 2021-1303 du 7 octobre 2021 relatif aux services fournis par les centres de gestion et associations agréés aux entreprises et professionnels non-adhérents et adhérents
- Arrêté du 21 juillet 2021 modifiant l'arrêté du 9 janvier 2017 fixant la méthode de sélection des adhérents ou des clients, prévue aux articles 371 E, 371 Q, 371 Z sexies et 371 bis F de l'annexe II au code général des impôts, faisant l'objet, au titre d'une année donnée, d'un examen périodique de pièces justificatives par les centres de gestion agréés, les associations agréées, les organismes de gestion agréés et les professionnels de l'expertise comptable
- Actualité Bofip-Impôts du 20 décembre 2021 (Précisions relatives à l’activité des OGA et des professionnels de l’expertise comptable, à leurs moyens financiers, et à la périodicité du contrôle qualité)
- Réponse ministérielle Giraud, Assemblée Nationale, du 7 mars 2023, no 3559 (maintien de la réduction d’impôt)
- Réponse ministérielle Fait du 18 juillet 2023, Assemblée nationale, no 6190 : « Adhésion aux organismes de gestion agréés » (suppression de la majoration de 25 % et absence de création de nouveaux avantages fiscaux)
- Arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme du 7 décembre 2023, requête no 26604/16, affaire « Waldner c. France »
Bailleurs et crise sanitaire : un crédit d’impôt pour certains abandons de loyers
Un crédit d’impôt : pour qui ?
Un avantage fiscal. Les bailleurs, particuliers ou personnes morales de droit privé domiciliés en France, peuvent bénéficier d’un crédit d’impôt pour les abandons ou renonciations définitifs de loyers (hors accessoires comme le droit d’affichage par exemple) échus au titre du mois de novembre 2020, consentis au plus tard le 31 décembre 2021, au profit d’entreprises locataires qui remplissent les conditions suivantes :
- louer des locaux qui font l’objet d’une interdiction d’accueil du public au cours de la période de confinement courant du 30 octobre au 15 décembre 2020, ou exercer son activité principale dans les secteurs de l’hôtellerie, des cafés, de la restauration, de la culture ou de l’évènementiel particulièrement touchés par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l’épidémie de Covid-19 ; l’exercice d’une activité de livraison et de retraits de commande ne fait pas obstacle au bénéfice de l’avantage fiscal ;
- avoir un effectif de moins de 5 000 salariés ;
- ne pas être en difficulté au 31 décembre 2019, au sens de la règlementation européenne ;
- ne pas être en liquidation judiciaire au 1er mars 2020.
Une condition d’effectif. Pour apprécier la condition tenant à l’effectif salarié, il est tenu compte de l’ensemble des salariés des filiales, lorsque l’entreprise locataire contrôle ou est contrôlée par une autre entreprise.
Précisons que cette condition d’effectif ne s’applique pas aux locataires constitués sous forme d’association. Ces derniers devront toutefois :
- être assujettis aux impôts commerciaux ;
- ou employer au moins 1 salarié.
Attention. Lorsque l’entreprise locataire est exploitée par un ascendant, un descendant ou un membre du foyer fiscal du bailleur, ou lorsqu’il existe des liens de dépendance entre elle et le bailleur, ce dernier ne pourra bénéficier du crédit d’impôt qu’à la condition de justifier, par tous moyens, des difficultés de trésorerie de l’entreprise locataire. Cette justification peut résulter, par exemple, d’une attestation fournie par l’expert-comptable de l’entreprise.
Pour mémoire, des liens de dépendance sont réputés exister entre deux entreprises :
- lorsque l'une détient directement ou par personne interposée la majorité du capital social de l'autre ou y exerce en fait le pouvoir de décision ;
- ou lorsqu'elles sont placées l'une et l'autre sous le contrôle d'une même tierce entreprise.
Précisions concernant les bailleurs exonérés d’impôt sur les bénéfices. Le crédit d’impôt profite également aux bailleurs exonérés d’impôt sur les bénéfices au titre de différents dispositifs :
- entreprise nouvelle créée en zone à finalité régionale (ZAFR) ;
- jeune entreprise innovante (JEI) ;
- reprise d’entreprise en difficulté ;
- exploitation d’entreprise en zone franche urbaine territoire entrepreneur (ZFU-TE) ;
- exploitation d’entreprise dans un bassin d’emploi à redynamiser (BER) ;
- exploitation d’entreprise en zone de restructuration de la défense (ZRD) ;
- régimes particuliers (syndicats professionnels, SPPICAV, SIIC, etc.).
Précision pour certaines sociétés. Pour les sociétés de personnes, les sociétés créées de fait, les sociétés civiles de placement immobiliers (SCPI), les organismes de placement collectif, les groupements d’intérêts économiques (GIE), les groupements européens d’intérêts économiques (GEIE), et les groupements d’intérêts publics (GIP), le crédit d’impôt peut être utilisé par leurs associés ou par les porteurs de parts ou les actionnaires, proportionnellement à leurs droits dans ces sociétés, groupements ou fonds.
Enfin, cet avantage fiscal profite uniquement aux bailleurs qui, au 31 décembre 2019, n’étaient pas en difficulté au sens de la réglementation européenne.
Un cumul possible ? Ce crédit d’impôt est cumulable avec :
- l’exonération d’impôt au titre des revenus fonciers mis en place temporairement pour les abandons et renonciations de loyers consentis entre le 15 avril 2020 et le 31 décembre 2021 ;
- la possible déduction du résultat imposable des abandons et renonciations de loyers consentis entre le 15 avril 2020 et le 31 décembre 2021, pour les entreprises soumises à l’impôt sur le revenu ou à l’impôt sur les sociétés.
Un crédit d’impôt : combien ?
Combien ? Le crédit d’impôt est égal à 50 % de la somme totale des abandons ou renonciations de loyers.
Attention. Lorsque l’effectif de l’entreprise locataire est égal ou supérieur à 250 salariés, le montant de l’abandon ou de la renonciation de loyers consenti au titre d’un mois est retenu dans la limite des 2/3 du montant du loyer prévu au bail au titre du mois concerné.
Un plafond. Notez que le montant total des abandons ou renonciations de loyers dont bénéficie chaque entreprise locataire qui donne lieu au bénéfice du crédit d’impôt ne peut excéder un plafond de 800 000 €.
Un crédit d’impôt : quand ?
Quand (pour les entreprises soumises à l’IR) ? Pour les entreprises soumises à l’impôt sur le revenu (IR), le crédit d’impôt s’applique au titre de l’année civile au cours de laquelle les abandons ou renonciations définitifs de loyers ont été consentis, y compris en cas de clôture d’exercice en cours d’année civile. Si le montant du crédit d’impôt excède l’impôt dû, l’excédent est restitué.
Par dérogation, le crédit d’impôt est imputable sur l’IR dû au titre de l’année 2021.
Quand (pour les entreprises soumises à l’IS) ? Pour les entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés (IS), le crédit d’impôt est imputé sur l’IS dû par l’entreprise au titre de l’exercice au cours duquel les abandons ou les renonciations définitifs de loyers ont été consentis. Si le montant du crédit d’impôt excède l’impôt dû, l’excédent est restitué.
Par dérogation, le crédit d’impôt est imputable sur l’IS dû au titre des exercices clos à compter du 31 décembre 2021.
Cas particulier des groupes de sociétés. Dans le cas d’un groupe de sociétés ayant opté pour le régime de l’intégration fiscale, la société mère est substituée aux sociétés du groupe pour l’imputation du crédit d’impôt dégagé par chaque société sur le montant de l’IS dont elle est redevable.
Enfin, précisons que l’excédent de crédit d’impôt non utilisé est inaliénable et incessible, sauf dans les cas et selon les conditions prévues en matière de cession « Dailly ». Schématiquement, les cessions « Dailly » consistent, pour une entreprise, à céder ou à nantir une ou plusieurs créance(s) qu’elle détient sur ses clients à une banque, qui, en contrepartie, lui verse le montant des sommes cédées.
Un crédit d’impôt : comment ?
Une déclaration. Pour bénéficier du crédit d’impôt, les bailleurs doivent soit déposer une déclaration conforme à un modèle établi par l’administration fiscale dans les mêmes délais que la déclaration annuelle de revenu ou de résultat, soit compléter une case spécifique de leur déclaration n°2042-RICI ou 2042-C-PRO.
Dans le cas d’un groupe de sociétés ayant opté pour le régime de l’intégration fiscale, la société mère déclare les crédits d’impôt pour le compte des sociétés du groupe, y compris ceux qui la concernent, lors du dépôt de la déclaration relative au résultat d’ensemble du groupe.
Dans le cas d’une SCI soumise à l’IS. Pour les SCI soumises à l’impôt sur les sociétés (IS), le montant du crédit d’impôt doit être déclaré sur le formulaire n°2069-RCI-SD et reporté sur le relevé de solde de l’IS n°2572-SD.
Dans le cas d’une SCI soumise à l’IR. Les SCI soumises à l’impôt sur le revenu (IR) doivent indiquer dans leur déclaration de résultats n°2072, pour chaque associé, la quote-part de loyer abandonné qui ouvre droit au crédit d’impôt. Ensuite :
- les associés qui déclarent leur quote-part en revenus fonciers doivent indiquer le montant des loyers abandonnés éligibles au crédit d’impôt dans la case 7LS de leur déclaration n°2042-RICI ; le montant de l’avantage fiscal sera calculé automatiquement par l’administration ;
- les associés qui déclarent leur quote-part dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), des bénéfices non commerciaux (BNC) ou des bénéfices agricoles (BA), calculent le montant de l’avantage fiscal sur leur déclaration n°2069-RCI-SD et reportent le crédit d’impôt sans la case 8LA de leur déclaration n°2042-C-PRO ;
- les associés qui déclarent leur quote-part à l’IS calculent le montant de l’avantage fiscal sur leur déclaration n°2069-RCI-SD et reportent le crédit d’impôt sur le relevé de solde de l’IS n°2572-SD.
A retenir
Le crédit d’impôt, égal à 50% du montant des loyers abandonnés, profite aussi bien aux bailleurs particuliers ou sociétés, mais à la condition que le local soit loué à une entreprise particulièrement touchée par la crise économique liée à la propagation du coronavirus (Covid-19).
- Loi de Finances pour 2021 du 29 décembre 2020, n°2020-1721, article 20 (création du crédit d’impôt qui profite aux bailleurs qui consentent certains abandons de loyer)
- Actualité BOFiP-Impôts du 25 février 2021 (diverses précisions sur l’application du crédit d’impôt)
- Foire aux questions sur les mesures d’accompagnement de la DGFIP
- Loi de finances rectificative pour 2021 du 19 juillet 2021, n°2021-953 (article 8) – prorogation dispositif abandons de loyers
- Réponse ministérielle Renaud-Garabedian du 9 septembre 2021, Sénat, n°21903 (pas de crédit d’impôt pour les bailleurs non domiciliés en France)
Dispositif Girardin : une réduction d’impôt pour certains investissements réalisés par les entreprises à compter de 2022
Réduction Girardin : pour qui ?
Une nouvelle réduction d’impôt. La Loi de Finances pour 2021 crée pour les entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés (IS), une nouvelle réduction d’impôt à raison des investissements productifs neufs réalisés à Saint-Pierre-et-Miquelon, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, à Saint-Martin, à Saint-Barthélemy, dans les îles Wallis et Futuna et les Terres australes et antarctiques françaises, applicable du 1er janvier 2022 et jusqu’au 31 décembre 2029 (pour Saint-Martin, la date effective d’application est fixée au 7 mai 2022).
Une mise à disposition. Pour pouvoir prétendre au bénéfice de cet avantage fiscal, l’entreprise qui réalise l’investissement doit le mettre à disposition d’une autre entreprise dans le cadre d’un contrat de location revêtant un caractère commercial et conclu pour une durée au moins égale à 5 ans ou pour la durée normale d’utilisation du bien loué si elle est inférieure.
Une condition d’exploitation. Les investissements doivent être exploités par l’entreprise locataire pour l’exercice d’une activité relevant d’un secteur éligible.
Secteurs non éligibles. Les investissements réalisés dans les secteurs suivants ne permettent pas de bénéficier de la réduction d’impôt :
- commerce ;
- cafés, débits de tabac et débits de boisson ainsi que la restauration, à l'exception des restaurants dont le dirigeant ou un salarié est titulaire du titre de maître-restaurateur et qui ont été contrôlés dans le cadre de la délivrance de ce titre ainsi que, le cas échéant, des restaurants de tourisme classés ;
- conseil ou expertise ;
- éducation, santé et action sociale ;
- banque, finance et assurance ;
- toute activité immobilière ;
- navigation de croisière, réparation automobile, location sans opérateurs, à l'exception de la location directe de navires de plaisance ou au profit des personnes physiques utilisant pour une durée n'excédant pas deux mois des véhicules de tourisme ;
- services fournis aux entreprises, à l'exception de la maintenance, des activités de nettoyage et de conditionnement à façon et des centres d'appel ;
- activités de loisirs, sportives et culturelles, à l'exception, d'une part, de celles qui s'intègrent directement et à titre principal à une activité hôtelière ou touristique et ne consistent pas en l'exploitation de jeux de hasard et d'argent et, d'autre part, de la production et de la diffusion audiovisuelles et cinématographiques ;
- activités associatives ;
- activités postales.
Attention. Pour ce même investissement, l’entreprise locataire aurait dû pouvoir bénéficier de la déduction fiscale ouverte aux entreprises soumises à l’IS réalisant, au titre de leur dernier exercice clos, un chiffre d'affaires inférieur à 20 M€, pour les investissements réalisés à Saint-Pierre-et-Miquelon, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, à Saint-Martin, à Saint-Barthélemy, dans les îles Wallis et Futuna et les Terres australes et antarctiques françaises si, imposable en France, elle avait acquis directement le bien.
Le saviez-vous ?
Cette déduction fiscale prendra fin au 31 décembre 2021, laissant ainsi la place à cette nouvelle réduction d’impôt.
Où ? L’entreprise propriétaire de l’investissement doit également être exploitée en France métropolitaine ou dans un département d’Outre-mer.
Une rétrocession. 80 % de l’avantage en impôt procuré par la réduction d’impôt pratiquée au titre de l’investissement sont rétrocédés par l’entreprise bailleresse (donc celle qui a réalisé l’investissement) à l’entreprise locataire.
Enfin, les entreprises réalisant l’investissement et les entreprises exploitantes doivent être à jour de leurs obligations fiscales et sociales et de l’obligation de dépôt de leurs comptes annuels.
Réduction Girardin : pour quoi ?
Investissements éligibles. La réduction d’impôt s’applique à certains investissements limitativement énumérés, à savoir :
- les travaux de rénovation et de réhabilitation d’hôtel, de résidence de tourisme et de village de vacances classés lorsque ces travaux constituent des éléments de l’actif immobilisé ;
- les investissements affectés plus de 5 ans par le concessionnaire à l’exploitation d’une concession de service public local à caractère industriel et commercial et réalisés dans des secteurs éligibles ;
- les acquisitions ou constructions de logements neufs à usage locatif situés à Saint-Pierre-et-Miquelon, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, à Saint-Martin, à Saint-Barthélemy et dans les îles Wallis et Futuna, sous conditions :
- pour les investissements réalisés dans le secteur du logement intermédiaire :
- les logements sont donnés en location nue, dans les 12 mois de leur achèvement ou de leur acquisition si elle est postérieure et pour une durée au moins égale à 5 ans, à une entreprise exploitée à Saint-Pierre-et-Miquelon, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, à Saint-Martin, à Saint-Barthélemy, dans les îles Wallis et Futuna et les Terres australes et antarctiques françaises ;
- les logements sont donnés en sous-location nue ou meublée par l’entreprise pour une durée au moins égale à 5 ans à des personnes physiques qui en font leur résidence principale ;
- le loyer et les ressources du locataire n’excèdent pas certains plafonds ;
- une fraction du prix de revient d’un ensemble d’investissements correspond à des dépenses supportées au titre de l’acquisition d’équipements de production d’énergie renouvelable, d’appareils utilisant une source d’énergie renouvelable ou de matériaux d’isolation ; cette fraction est égale à 4,5 % du coût de la construction lorsque tous les logements sont équipés d’une installation d’eau chaude sanitaire et à 3,5 % dans les autres cas ;
- 80 % de l’avantage en impôt procuré par la réduction d’impôt pratiquée au titre de l’investissement et par l’imputation du déficit provenant de la location du bien acquis et de la moins-value réalisée lors de la cession de ce bien ou des titres de la société bailleresse sont rétrocédés à l’entreprise locataire sous forme de diminution du loyer et du prix de cession du bien ;
- pour les investissements réalisés dans le secteur du logement social :
- les logements sont donnés en location nue, dans les 12 mois de leur achèvement ou de leur acquisition si elle est postérieure et pour une durée au moins égale à 5 ans, à un organisme de logement social agréé conformément à la réglementation locale par l’autorité publique compétente ; l’opération peut prendre la forme d’un crédit-bail immobilier ;
- les logements sont donnés en sous-location nue ou meublée par l’organisme de logement social et pour une durée au moins égale à 5 ans à des particuliers qui en font leur résidence principale et dont les ressources n’excèdent pas des plafonds fixés par décret à paraître en fonction du nombre de personnes destinées à occuper à titre principal le logement et de la localisation de celui-ci ;
- les logements peuvent être spécialement adaptés à l’hébergement de personnes âgées de plus de 65 ans ou de personnes handicapées auxquelles des prestations de services de nature hôtelière peuvent être proposées ;
- le montant des loyers à la charge des locataires ne peut excéder certaines limites ;
- une part minimale de la surface habitable des logements compris dans un ensemble d’investissements, fixée à 30 %, est louée, par l’organisme de logement social et pour une durée au moins égale à 5 ans à des particuliers qui en font leur résidence principale et dont les ressources n’excèdent pas des plafonds, pour des loyers inférieurs à certaines limites ;
- une fraction du prix de revient d’un ensemble d’investissements correspond à des dépenses supportées au titre de l’acquisition d’équipements de production d’énergie renouvelable, d’appareils utilisant une source d’énergie renouvelable ou de matériaux d’isolation ; cette fraction est égale à 4,5 % du coût de la construction lorsque tous les logements sont équipés d’une installation d’eau chaude sanitaire et à 3,5 % dans les autres cas ;
- 80 % de l’avantage en impôt procuré par la réduction d’impôt pratiquée au titre de l’investissement et par l’imputation du déficit provenant de la location du bien acquis et de la moins-value réalisée lors de la cession de ce bien ou des titres de la société bailleresse sont rétrocédés à l’organisme de logement social locataire sous forme de diminution du loyer et du prix de cession du bien ;
- à l'issue de la période de location (au moins égale à 5 ans), les logements ou les parts ou actions des sociétés qui en sont propriétaires sont cédés à l'organisme locataire ou à des particuliers choisis par lui et dont les ressources n'excèdent pas, au titre de l'année précédant celle de la première occupation du logement, certains plafonds qui seront fixés par décret (non encore paru à ce jour).
- pour les logements faisant l’objet d’un contrat de location-accession à la propriété immobilière :
- l’entreprise signe avec un particulier, dans les 12 mois de l’achèvement de l’immeuble ou de son acquisition si elle est postérieure, un contrat de location-accession dans les conditions prévues par la réglementation locale définissant la location-accession à la propriété immobilière ;
- une fraction du prix de revient d’un ensemble d’investissements correspond à des dépenses supportées au titre de l’acquisition d’équipements de production d’énergie renouvelable, d’appareils utilisant une source d’énergie renouvelable ou de matériaux d’isolation ; cette fraction est égale à 4,5 % du coût de la construction lorsque tous les logements sont équipés d’une installation d’eau chaude sanitaire et à 3,5 % dans les autres cas ;
- 80 % de l’avantage en impôt procuré par la réduction d’impôt pratiquée au titre de l’acquisition ou la construction de l’immeuble sont rétrocédés à la personne physique signataire du contrat de location-accession sous forme de diminution de la redevance prévue dans le contrat de location-accession et du prix de cession de l’immeuble ;
- pour les investissements réalisés dans le secteur du logement intermédiaire :
- à compter du 1er janvier 2022, les travaux de démolition préalables à la construction des logements sociaux pour les investissements réalisés dans le secteur du logement social lorsque l'achèvement des fondations de l'immeuble intervient dans un délai de 2 ans suivant la date de fin des travaux de démolition ;
- les équipements et opérations de pose de câbles sous-marins de communication desservant pour la première fois la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, La Réunion, Mayotte, la Polynésie française, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon, les îles Wallis et Futuna, la Nouvelle-Calédonie ou les Terres australes et antarctiques françaises lorsque, parmi les options techniques disponibles pour développer les systèmes de communication outre-mer, le choix de cette technologie apparaît le plus pertinent. Pour les exercices clos à compter du 31 décembre 2022, les conditions suivantes doivent être respectées :
- les investissements doivent avoir reçu l'agrément préalable du ministre chargé du budget et répondre à certaines conditions ;
- les fournisseurs des investissements éligibles ont été choisis au terme d'une procédure de mise en concurrence préalable au dépôt de la demande d'agrément et ayant fait l'objet d'une publicité ;
- à l'occasion de la demande d'agrément, la société exploitante a indiqué à l'administration fiscale les conditions techniques et financières dans lesquelles les opérateurs de communications électroniques déclarés auprès de l'Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse peuvent, sur leur demande, accéder aux capacités offertes par le câble sous-marin, au départ de la collectivité desservie ou vers cette collectivité ;
- les navires de croisière neufs d'une capacité maximum de 400 passagers affectés à la croisière régionale au départ et à l’arrivée des ports de la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, La Réunion, Mayotte, la Polynésie française, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon, des îles Wallis et Futuna ou de la Nouvelle-Calédonie. Pour les exercices clos à compter du 31 décembre 2022, les conditions suivantes doivent être respectées :
- les investissements doivent avoir reçu l'agrément préalable du ministre chargé du budget et répondre à certaines conditions ;
- les fournisseurs des investissements éligibles ont été choisis au terme d'une procédure de mise en concurrence préalable au dépôt de la demande d'agrément et ayant fait l'objet d'une publicité ;
- le navire navigue sous le pavillon d'un État membre de l'Union européenne ou d'un autre État partie à l'accord sur l'Espace économique européen ayant conclu avec la France une convention d'assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l'évasion fiscales ;
- la société exploitante détient une filiale dans l'un des territoires mentionnés ci-dessus ;
- le volume annuel d'opérations du navire comprend au moins 90 % des têtes de ligne au départ et à l'arrivée d'un port de la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, La Réunion, Mayotte, la Polynésie française, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon, des îles Wallis et Futuna ou de la Nouvelle-Calédonie ; notez qu’au moins 75 % des escales pendant les itinéraires du navire doivent être réalisées dans l'un des ports de ces collectivités ;
- pour les exercices clos à compter du 31 décembre 2022, pour les investissements réalisés dans le secteur du transport aérien ou maritime, sous réserve du respect des conditions suivantes :
- les investissements sont exploités exclusivement pour effectuer des liaisons au départ ou à destination de la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, La Réunion, Mayotte, la Polynésie française, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon, des îles Wallis et Futuna ou de la Nouvelle-Calédonie ; attention, ces territoires ne doivent pas constituer une simple escale ;
- des activités de maintenance des investissements sont réalisées dans l’un de ces territoires ;
- les souscriptions en numéraire réalisées par les entreprises soumises à l’IS, au capital de :
- sociétés de développement régional des collectivités d’Outre-mer et de Nouvelle-Calédonie ;
- sociétés effectuant des investissements productifs dans les collectivités d’Outre-mer et en Nouvelle-Calédonie ;
- sociétés concessionnaires effectuant dans les collectivités d’Outre-mer et en Nouvelle-Calédonie des investissements productifs affectés plus de 5 ans par le concessionnaire à l’exploitation d’une concession de service public local à caractère industriel et commercial ;
- sociétés affectées exclusivement à l’acquisition ou à la construction de logements neufs dans les collectivités d’Outre-mer et en Nouvelle-Calédonie lorsque ces sociétés ont pour activité exclusive la location de tels logements.
En revanche, la réduction d’impôt ne s’applique pas aux investissements portant sur :
- l’achat de véhicules de tourisme qui ne sont pas strictement indispensables à l’activité de l’entreprise locataire ; les véhicules « strictement indispensables » sont les véhicules neufs, acquis dans le cadre de l'exercice d'une activité ouvrant droit à la réduction d'impôt, sans lesquels l'entreprise ne peut poursuivre son activité ;
- des installations de production d’électricité utilisant l’énergie radiative du soleil.
Réduction Girardin : combien ?
Un taux. Le taux de la réduction d’impôt est fixé à 35 %.
Une base d’imposition. La réduction d’impôt est assise sur le montant, hors taxes et hors frais de toute nature, notamment les commissions d’acquisition, à l’exception des frais de transport, d’installation et de mise en service amortissables, des investissements productifs, diminué de la fraction de leur prix de revient financée par une aide publique.
Cas particulier 1. Pour les souscriptions au capital de certaines société, la réduction d’impôt est assise sur le montant total des souscriptions en numéraires effectuées.
Cas particulier 2. Pour les projets d’investissement comportant l’acquisition, l’installation ou l’exploitation d’équipements de production d’énergie renouvelable, ce montant est pris en compte dans la limite d’un montant par watt installé, fixé par arrêté à paraître.
Cas particulier 3. Pour les équipements et opérations de pose de câbles sous-marins de communication, l’assiette de la réduction d’impôt est égale à la moitié du montant hors taxes et hors frais de toute nature des investissements productifs. De même, pour les équipements et opérations de pose du câble de secours, la base d’imposition est égale au quart du montant hors taxes et hors frais de toute nature des investissements productifs.
Cas particulier 4. Pour les investissements portant sur les navires de croisière neufs d'une capacité maximum de 400 passagers, l’assiette de la réduction d’impôt est égale à 20 % du montant hors taxes et hors frais de toute nature des investissements productifs.
Cas particulier 5. Pour les travaux de rénovation et de réhabilitation d’hôtel, de résidence de tourisme et de village de vacances classés, la réduction d’impôt est assise sur le prix de revient de l’hôtel, de la résidence de tourisme ou du village de vacances classés après réalisation des travaux, diminué du prix de revient de ces mêmes biens avant réalisation des travaux et de la fraction du prix de revient des travaux financée par une aide publique.
Cas particulier 6. Pour les logements neufs à usage locatif situés à Saint-Pierre-et-Miquelon, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, à Saint-Martin, à Saint-Barthélemy et dans les îles Wallis et Futuna, la réduction d’impôt est assise sur le prix de revient des logements, minoré d’une part, des taxes et des commissions d’acquisition versées et, d’autre part, des aides publiques reçues. Ce montant est retenu dans la limite de 2 727 € hors taxes appréciée par mètre carré de surface habitable.
Cas particulier 7. Pour les travaux de démolition, la réduction d’impôt accordée au titre de l’exercice de leur achèvement, est assise sur le prix de revient des travaux de démolition minoré des taxes versées et des aides publiques reçues au titre de ces travaux, dans la limite de 25 000 € par logement démoli.
Un plafonnement. L’assiette de cette réduction d’impôt fait l’objet d’un plafonnement par m² de surface habitable.
Réduction Girardin : quand ?
À quel moment ? Le bénéfice de cet avantage fiscal est accordé au titre de l’exercice au cours duquel l’investissement est mis en service. Il est imputé sur l’IS dû au titre de l’exercice au cours duquel le fait générateur de la réduction d’impôt est intervenu.
En cas d’excèdent. L’excédent éventuel est utilisé pour le paiement de l’IS dû au titre des 5 exercices suivants.
Des particularités. Toutefois :
- lorsque l’investissement consiste en l’achat d’un immeuble à construire ou en la construction d’immeuble, il est accordé au titre de l’exercice au cours duquel les fondations sont achevées ;
- en cas de rénovation ou de réhabilitation d’immeuble, il est accordé au titre de l’exercice au cours duquel les travaux ont été achevés ;
- en cas de souscription au capital de sociétés il est accordé au titre de l’exercice au cours duquel les fonds ont été versés ; en cas de versements échelonnés, ceux-ci sont pris en compte au titre de chacun des exercices au cours desquels ils ont été effectués.
Un agrément ? Lorsque le montant total par programme d’investissements est supérieur à 1 000 000 €, ou à 250 000 € pour les investissements réalisés par certaines structures, le bénéfice de la réduction d’impôt est conditionné à l’obtention d’un agrément préalable délivré par le ministre chargé du budget.
Réduction Girardin : perte de l’avantage fiscal
Une durée minimale d’exploitation. L’investissement ayant ouvert droit à la réduction d’impôt doit être exploité par l’entreprise locataire pendant un délai de 5 ans, décompté à partir de la date de réalisation dudit investissement. Ce délai est réduit à la durée normale d’utilisation de l’investissement si cette durée est inférieure à 5 ans.
Une durée différente selon la nature des investissements. Pour les investissements dont la durée normale d’utilisation est au moins égale à 7 ans, l’entreprise locataire doit prendre l’engagement d’utiliser effectivement pendant 7 ans au moins l’investissement dans le cadre de l’activité pour laquelle il a été acquis ou créé. Cet engagement est porté à 10 ans pour les investissements portant sur les navires de croisière neufs d’une capacité maximum de 400 passagers et à 15 ans pour les investissements consistant en la construction, la rénovation ou la réhabilitation d’hôtels, de résidences de tourisme ou de villages de vacances.
Perte de l’avantage fiscal. La réduction d'impôt pourra faire l'objet d'une reprise au titre de l'exercice au cours duquel l'une des conditions permettant d’en bénéficier n'est plus respectée.
Enfin, au titre d’un même programme d’investissement, cette réduction d’impôt n’est pas cumulable avec les autres avantages fiscaux relevant du dispositif Girardin.
A retenir
Pour les investissements productifs neufs réalisés en Outre-mer par les entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés entre le 1er janvier 2022 et le 31 décembre 2029, il pourra être fait application d’une nouvelle réduction d’impôt, sous réserves du respect de (très) nombreuses conditions.
- Loi de Finances pour 2021, n° 2020-1721, du 29 décembre 2020, article 108
- Article 244 quater Y du Code général des impôts
- Loi de finances pour 2022 du 30 décembre 2021, n°2021-1900 (articles 16, 72)
- Décret n° 2022-330 du 7 mars 2022 fixant l'entrée en vigueur des dispositions de l'article 138 de la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018 de finances pour 2019 et de l'article 109 de la loi n° 2020-1721 du 29 décembre 2020 de finances pour 2021 pour les investissements réalisés en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à La Réunion, à Mayotte et à Saint-Martin
- Décret n° 2022-781 du 4 mai 2022 pris pour l'application de l'article 108 de la loi n° 2020-1721 du 29 décembre 2020 de finances pour 2021
- Arrêté du 4 mai 2022 pris pour l'application de l'article 244 quater Y du code général des impôts
- Décret n° 2022-1551 du 10 décembre 2022 pris pour l'application de l'article 108 de la loi n° 2020-1721 du 29 décembre 2020 de finances pour 2021 et des articles 16 et 73 de la loi n° 2021-1900 du 30 décembre 2021 de finances pour 2022
- Loi de finances pour 2023 du 30 décembre 2022, n°2022-1726 (article 13)
Entreprises exploitées en zone franche d’activité nouvelle génération (ZFANG) en outre-mer : un allégement d’impôt
Entreprises exploitées en ZFANG « outre-mer » : quel avantage fiscal ?
Un abattement simple… Pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2019 et toutes conditions remplies, les entreprises qui exploitent leurs activités en ZFANG « outre-mer », c’est-à-dire en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à Mayotte et à la Réunion, bénéficient d’un abattement pour le calcul de leur bénéfice soumis à l’impôt.
Montant. Le taux de cet abattement est fixé à 50 %.
Un plafond. Le montant de l’avantage fiscal qu’il est possible d’obtenir du fait de l’application de cet abattement est plafonné à 150 000 € par période d’imposition de 12 mois.
… ou majoré. Dans les situations suivantes, le taux de l’abattement sera majoré à 80 % :
- lorsque les bénéfices imposables proviennent d’exploitations situées en Guyane et à Mayotte ;
- lorsque les bénéfices imposables proviennent d’exploitations situées en Guadeloupe, en Martinique ou à la Réunion, sous réserve qu’elles exercent une activité dans l’un des secteurs prioritaires suivants :
- recherche et développement ;
- technologie de l’information et de la communication ;
- tourisme, y compris les activités de loisirs et de nautisme qui s’y rapportent ;
- agro-nutrition ;
- environnement ;
- énergies renouvelables
- bâtiments et travaux publics ;
- transformation de produits destinés à la construction ;
- production cosmétique et pharmaceutique ;
- industrie ;
- réparation et maintenance navale ;
- édition de jeux électroniques ;
- lorsque les bénéfices imposables proviennent d’exploitations situées en Guadeloupe, en Martinique ou à la Réunion qui bénéficient du régime du perfectionnement actif, sous réserve qu’au moins 1/3 de leurs chiffres d’affaires proviennent d’opérations portant sur des marchandises ayant bénéficié de ce régime, au titre de l’année d’application de l’abattement.
À noter. Contrairement au régime applicable dans les anciennes ZFA outre-mer, les exploitations situées dans les Iles des Saintes, à Marie-Galante, et à la Désirade ne bénéficient plus du taux d’abattement majoré. Ce taux majoré ne profite plus non plus aux exploitations bénéficiant du régime du perfectionnement actif situées en Guadeloupe, en Martinique ou à la Réunion et à celles ayant signé une convention de recherche avec une université (ou un organisme public).
Un plafond. En cas de majoration, le montant de l’avantage fiscal est plafonné à 300 000 € par période d’imposition de 12 mois.
Un plafond européen. Le montant annuel de cette aide et des aides octroyées dans l’année au titre de tous les régimes d’aides au fonctionnement à finalité régionale ne doit pas excéder l’un des 3 plafonds suivants :
- 35 % de la valeur ajoutée brute créée chaque année par le bénéficiaire dans la région ultrapériphérique concernée ;
- 40 % des coûts annuels du travail supportés par le bénéficiaire dans la région ultrapériphérique concernée ;
- 30 % du chiffre d’affaires annuel réalisé par le bénéficiaire dans la région ultrapériphérique concernée.
Entreprises exploitées en ZFANG « outre-mer » : quelles conditions ?
Un avantage fiscal... Comme nous avons pu le voir, une entreprise qui exploite son activité dans une ZFANG peut bénéficier d’un avantage fiscal non négligeable. Cela suppose toutefois de respecter un certain nombre de conditions.
…sous conditions. L’entreprise devra, en effet, respecter des conditions tenant à la taille de l’entreprise, à son régime d’imposition et à la nature de son activité.
Taille de l’entreprise. À la clôture de l’exercice pour lequel l’entreprise entend appliquer l’abattement, elle doit employer moins de 250 salariés et réaliser un chiffre d’affaires inférieur à 50 M €.
Régime d’imposition. Le bénéfice de cet avantage fiscal est applicable à toutes les entreprises, quelle que soit leur forme, qu’elles relèvent de l’impôt sur le revenu (régimes réels ou régimes micro) ou de l’impôt sur les sociétés.
Activités. Pour pouvoir bénéficier du ou des abattements, l’entreprise doit exercer, à titre principal, l’une des activités suivantes :
- une activité agricole, industrielle, commerciale ou artisanale ;
- une activité dans le secteur de l’énergie photovoltaïque.
Activités non éligibles. Contrairement à l’ancien régime ZFA outre-mer, les activités suivantes ne sont pas éligibles au bénéfice de l’avantage fiscal lié à l’exploitation d’activités en ZFANG :
- les activités ayant trait à la comptabilité ;
- les activités de conseil aux entreprises, qu’elles soient ou non réglementées ;
- et les activités d’ingénierie ou d’études techniques à destination des entreprises.
À noter. Il est important de préciser que les entreprises exerçant ce type d’activité et bénéficiant déjà des avantages fiscaux liés à l’exploitation en ZFA outre-mer continueront à en bénéficier pour les exercices ouverts en 2019.
Le saviez-vous ?
Notez que les entreprises en difficulté peuvent, également, bénéficier des abattements.
Des dépenses de formation ? Contrairement à l’ancien régime ZFA Outre-mer, il n’est plus nécessaire, pour l’exploitant, de réaliser des dépenses de formation professionnelle ou des versements au fonds d’appui aux expérimentations en faveur de jeunes, pour prétendre au bénéfice du régime ZFANG.
À retenir
Si vous exploitez une entreprise au sein d’une ZFANG, vous pourrez bénéficier pour la détermination des bénéfices soumis à l’impôt, toutes conditions remplies, d’un abattement de droit commun (50 %) ou d’un abattement majoré (80 %).
- Article 44 quaterdecies du Code général des Impôts
- Article 199 undecies B du Code général des impôts
- Loi de finances pour 2019 du 28 décembre 2018, no 2018-1317 (article 19)
- Actualité Bofip-Impôts du 27 octobre 2021
- Actualité du BOFIP du 16 novembre 2022 : BIC - Dispositif d'exonération fiscale dans les zones franches d'activités nouvelle génération (ZFANG) - Non-éligibilité de l'activité de conseil en systèmes et logiciels informatiques
- Décret no 2022-1731 du 28 décembre 2022 modifiant les articles 49 ZB et 49 ZC de l'annexe III au Code général des impôts
- Loi de finances pour 2024 du 29 décembre 2023, no 2023-1322 (article 74)
Le dispositif Girardin appliqué aux investissements des entreprises
Le dispositif Girardin : un conseil
Un conseil. Si vous souhaitez investir en Outre-mer, vous pouvez prendre conseil auprès d’un cabinet de conseils spécialisé en défiscalisation en Outre-mer. Ce type de structure est dans l’obligation de s’inscrire sur un registre public.
Les obligations qui pèsent sur ces cabinets. Cette inscription oblige les cabinets de conseils spécialisés en défiscalisation :
- à respecter une charte de déontologie ;
- à déclarer les opérations réalisées et le montant des commissions perçues ;
- à déclarer les noms et adresses des investisseurs.
Une assurance. En plus de leurs autres obligations, ces professionnels devront contracter une assurance contre les conséquences pécuniaires de leur responsabilité civile professionnelle 'couvrant tous les risques afférents au montage des opérations réalisées pour le bénéfice des avantages fiscaux '.
Une inscription limitée dans le temps. Notez que cette inscription est désormais limitée dans le temps : elle est valable pour une durée de 3 ans.
Une inscription sous conditions. L’inscription initiale et son renouvellement sont subordonné(e)s au respect de l'ensemble des conditions suivantes par les dirigeants et associés :
- ils doivent justifier de leur aptitude professionnelle ;
- ils doivent être à jour de leurs obligations fiscales et sociales ;
- ils doivent présenter un bulletin n°3 de leur casier judiciaire vierge de toute condamnation ;
- ils doivent justifier d’une certification annuelle de leurs comptes par un commissaire aux comptes ;
- ils doivent signer et respecter une charte de déontologie.
Une déduction fiscale pour les entreprises soumises à l’IS
Un avantage fiscal pour qui ? Cet avantage est ouvert aux entreprises imposables au titre de l’IS qui ont réalisé un chiffre d’affaires inférieur à 20 M€.
Pour quoi ? Sont éligibles à la déduction les investissements directs et les souscriptions au capital de certains types de sociétés.
Les investissements directs. Il s’agit :
- des investissements productifs neufs, c’est-à-dire l’acquisition ou la création de biens corporels amortissables par nature ;
- des acquisitions ou constructions de logements neufs à usage locatif sous réserve :
- de respecter les plafonds de loyer et de ressources des locataires ;
- dans les 6 mois de l’achèvement ou de l’acquisition, de s’engager à louer l’immeuble nu pendant au moins 6 ans ;
Un délai de mise en location prolongé. Pour les immeubles achetés ou dont la construction est achevée depuis le 1er juillet 2018, le délai de mise en location est porté à 12 mois (au lieu de 6 mois).
- des acquisitions ou constructions de logements neufs destinés à la location dans le cadre de contrat de location-accession.
À noter. Si vous envisagez d’acquérir un bien corporel amortissable, veillez à obtenir et conserver son titre de propriété.
Les souscriptions au capital de certains types de sociétés. Il s’agit des parts souscrites au moment de la constitution d’une société ou, au moment d’augmentation de capital ultérieure. Si vous choisissez d’investir au titre de ce régime, il est important de noter que vous devrez vous engager à conserver les titres pendant au moins 5 ans. Sont concernées les parts de :
- sociétés ayant pour objet exclusif l'acquisition ou la construction de logements neufs destinés à un usage locatif ;
- sociétés de développement régional des DOM (Soderag, Sodere, Sodep) ;
- sociétés dont l'activité, exercée exclusivement en Outre-mer, relève d'un secteur commercial, industriel, artisanal ou agricole.
- Consultez la liste des activités exclues du bénéfice du dispositif Girardin
Depuis le 1er janvier 2022, et toutes conditions par ailleurs remplies, il est prévu que cette déduction s’applique, sous conditions, aux achats ou constructions de logements neufs à usage locatif situés dans les départements d’Outre-mer (DOM), à l’exclusion des logements neufs à caractère social, à hauteur du prix de revient des logements (comprenant, par exemple, les études de sol, les dépenses de construction des voies, réseaux et branchements privés, etc.) minoré des taxes et commissions d’acquisition, ainsi que des aides publiques reçues.
Pour les exercices clos à compter du 31 décembre 2022, pour les investissements réalisés dans le secteur du transport aérien ou maritime, la déduction s'applique sous réserve des 2 conditions suivantes :
- les investissements sont exploités exclusivement pour effectuer des liaisons au départ ou à destination de la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, La Réunion, Mayotte, la Polynésie française, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon, des îles Wallis et Futuna ou de la Nouvelle-Calédonie ; attention, ces territoires ne doivent pas constituer une simple escale ;
- des activités de maintenance des investissements sont réalisées dans l’un de ces territoires.
Pour les navires de pêche. Cet avantage fiscal s’applique également aux investissements portant sur l’achat ou la construction de navires de pêche, sous réserve qu’ils respectent l’une des conditions suivantes :
- les navires sont exploités à La Réunion et leur longueur hors tout est comprise entre 12 et 40 mètres ;
- les navires sont exploités en Polynésie française, à Saint-Barthélemy, à Saint-Pierre-et-Miquelon, dans les Îles Wallis et Futuna, en Nouvelle-Calédonie ou dans les Terres australes et antarctiques françaises.
Une déduction fiscale : combien ?
Le montant de la déduction. La déduction au titre du résultat imposable est égale au montant de l’investissement réalisé. La base de déduction est en principe assise sur le montant de l’investissement réalisé, hors taxes et hors frais.
Un plafond. Pour les investissements immobiliers ce montant est retenu dans la limite de 2 615 € hors taxe par m² de surface habitable.
Jusqu’à quand ? Bénéficieront de l’avantage fiscal les investissements réalisés jusqu’au 31 décembre 2029.
Une déduction fiscale : des conditions
Une durée normale d’utilisation. Si, dans le délai de 5 ans de son acquisition ou de sa création, ou pendant sa durée normale d’utilisation si elle est inférieure ou, à compter du 1er janvier 2022, pendant 7 ans au moins lorsque sa durée normale d’utilisation est égale ou supérieure à 7 ans, l’investissement ayant ouvert droit à l’avantage fiscal est vendu, s’il cesse d’être affecté à l’activité pour laquelle il a été créé ou acquis, ou si l’acquéreur cesse son activité, les sommes déduites seront rapportées au résultat imposable de l’entreprise ayant opéré la déduction au titre de l’année au cours de laquelle cet évènement est intervenu.
Une utilisation effective. Pour les investissements dont la durée normale d’utilisation est au moins égale à 7 ans, l’entreprise bénéficiaire de la souscription devra prendre l’engagement d’utiliser effectivement pendant 7 ans au moins l’investissement dans le cadre de l’activité pour laquelle il a été acquis ou créé.
Cet engagement est porté à 15 ans pour les investissements consistant en la construction, la rénovation ou la réhabilitation d’hôtels, de résidences de tourisme ou de villages de vacances.
Spécificité concernant les navires. Cet engagement est porté à 10 ans pour les investissements portant sur les navires de croisière neufs d’une capacité maximale de 400 passagers.
Une sanction. Le non-respect, par l’entreprise locataire ou bénéficiaire des souscriptions, de l’engagement d’utiliser l’investissement réalisé dans le cadre de l’activité pour laquelle il a été acquis ou créé, l’expose au paiement d’une amende égale à 60 % du montant de l’avantage obtenu.
Un agrément préalable dans certains secteurs. Les secteurs soumis à agrément sont les mêmes que ceux soumis à agrément ministériel dans le cadre de la réduction d’impôt offerte aux personnes physiques qui investissent par l’intermédiaire d’une entreprise soumise à l’IR.
Des conditions à remplir. L’agrément sera délivré dès lors que l’investissement :
- présente un intérêt économique pour le département dans lequel il est réalisé ; il ne doit pas porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ou constituer une menace contre l'ordre public ou laisser présumer l'existence de blanchiment d'argent ;
- poursuit comme l'un de ses buts principaux la création ou le maintien d'emplois dans ce département ;
- s'intègre dans la politique d'aménagement du territoire, de l'environnement et de développement durable ;
- garantit la protection des investisseurs et des tiers.
Le saviez-vous ?
Le bénéfice de cet avantage fiscal est subordonné au respect de la règlementation européenne en matière d’aides à l'investissement à finalité régionale.
A retenir
Le dispositif Girardin regroupe en réalité un grand nombre de régimes de défiscalisation Outre-mer. Il est important de prendre le temps d’étudier votre situation pour déterminer le régime le plus opportun.
- Article 217 undecies du CGI (investissements des entreprises soumises à l’IS)
- Article 242 septies du CGI (professionnels de la défiscalisation Outre-mer)
- Bofip impôts BOI-IS-GEO-10
- Bofip impôts BOI-IR-RICI-380-20
- Bofip Impôts BOI-IR-RICI-380-10-20
- Bofip Impôts BOI-IR-RICI-80-10-20
- Bofip-Impôts-BOI-ANNX-000292
- Loi de finances pour 2018 du 30 décembre 2017, n°2017-1837 (articles 71 et 72)
- Arrêt du Conseil d’État du 19 mars 2018, n°401896 (respect par l’entreprise par l’intermédiaire de laquelle l’investissement est réalisé de ses obligations fiscales et sociales)
- Loi de finances pour 2019 du 28 décembre 2018, n°2018-1317, articles 131, 30, 31, 139 et 153
- Arrêté du 3 mai 2019 pris pour l’application du premier alinéa de l’article 242 septies du Code Général des Impôts
- Arrêt du Conseil d’État du 18 novembre 2019, n°423979 (conditions à remplir pour bénéficier de l’agrément)
- Ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période
- BOFiP-Impôts-BOI-DJC-COVID19-10 et suivants
- Arrêt du Conseil d’État du 5 juin 2020, n°424037 (refus injustifié d’agrément et indemnisation par l’Etat)
- Loi de finances pour 2021 du 29 décembre 2020, n°2020-1721, articles 108 et 109
- Rescrit BOFIP-Impôts-BOI-RES-IS-000093 (absence de dépréciation des parts de la société de portage)
- Rescrit Bofip-Impôts du 15 décembre 2021, n°000095 (traitement fiscal de l’indemnité versée par l’exploitant final en cas de remise en cause de l’avantage fiscal)
- Loi de finances pour 2022 du 30 décembre 2021, n°2021-1900 (article 72)
- Décret n° 2022-330 du 7 mars 2022 fixant l'entrée en vigueur des dispositions de l'article 138 de la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018 de finances pour 2019 et de l'article 109 de la loi n° 2020-1721 du 29 décembre 2020 de finances pour 2021 pour les investissements réalisés en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à La Réunion, à Mayotte et à Saint-Martin
- Décret n° 2022-781 du 4 mai 2022 pris pour l'application de l'article 108 de la loi n° 2020-1721 du 29 décembre 2020 de finances pour 2021
- Décret n° 2022-1551 du 10 décembre 2022 pris pour l'application de l'article 108 de la loi n° 2020-1721 du 29 décembre 2020 de finances pour 2021 et des articles 16 et 73 de la loi n° 2021-1900 du 30 décembre 2021 de finances pour 2022
- Loi de finances pour 2023 du 30 décembre 2022, n°2022-1726 (articles 13 et 14)
- Décret n° 2024-270 du 26 mars 2024 fixant l'entrée en vigueur des dispositions de l'article 14 de la loi n° 2022-1726 du 30 décembre 2022 de finances pour 2023 pour les investissements consistant en l'acquisition ou la construction de navires de pêche exploités à La Réunion et d'une longueur hors tout comprise entre 12 et 40 mètres
Entreprise implantée dans un bassin d’emploi à redynamiser (BER) : une exonération d’impôt possible ?
Entreprise implantée dans un BER : quel avantage fiscal ?
Une exonération. Toutes conditions remplies, si vous créez votre entreprise dans un bassin d’emploi à redynamiser (BER), vous pourrez bénéficier d’une exonération totale d’impôt sur les bénéfices couvrant une période de 60 mois (5 ans).
Point de départ. L’exonération d’impôt sur les bénéfices commence à courir à compter du début effectif de l’activité.
Bénéfices. Pour pouvoir être exonérés d’impôt, les bénéfices réalisés doivent provenir d’une activité implantée au sein d’un BER. Plus simplement, si votre entreprise exerce 2 activités éligibles, mais que seule l’une d’entre elles est effectivement située en zone (BER), l’exonération d’impôt ne concernera que le bénéfice dégagé par cette activité.
Calcul. L’exonération d’impôt porte sur les bénéfices réalisés dans le cadre d’une activité implantée en zone, après imputation des déficits, et qui sont régulièrement déclarés par elle.
Attention. Tous les bénéfices ne sont pas exonérés. Sont ainsi exclus :
- les produits des actions ou parts de sociétés, résultats de sociétés ou organismes soumis au régime des sociétés de personnes (lorsqu'ils ne proviennent pas d'une activité exercée dans un BER) et résultats de cession de titres de sociétés ;
- les produits correspondant aux subventions, libéralités et abandons de créances ;
- les produits de créances et d'opérations financières pour le montant qui excède le montant des frais financiers engagés au cours du même exercice ou de la même année d'imposition ;
- les produits tirés des droits de la propriété industrielle et commerciale lorsque ces droits n'ont pas leur origine dans l'activité exercée dans un BER.
Cumul. Si votre entreprise peut potentiellement bénéficier de plusieurs régimes d’exonération d’impôt sur les bénéfices, mais qu’elle souhaite bénéficier de celui qui résulte de son implantation dans un BER, elle devra exercer une option expresse dans les 6 mois de son début d’activité.
Attention. Cette option est irrévocable : si l’entreprise opte pour le régime de faveur qui découle de son implantation dans un BER, elle ne pourra pas changer d’avis par la suite pour finalement opter pour un autre régime d’exonération.
Option. Comme nous l’avons vu, l’option doit être exercée dans les 6 mois du début d’activité. Elle doit être notifiée à l’administration sur papier libre.
Le saviez-vous ?
L’exonération d’impôt sur les bénéfices est soumise à 2 types de plafonnement alternatifs :
- soit le plafonnement applicable en matière de réglementation européenne sur les aides de minimis ;
- soit, sur option, si l’entreprise est créée dans une zone à finalité régionale, le plafonnement applicable en matière de réglementation européenne relative aux aides à finalité régionale.
Entreprise implantée dans un BER : pour qui ?
Un avantage fiscal… Comme nous avons pu le voir, si vous faites le choix d’implanter votre entreprise dans un BER, vous pouvez bénéficier d’un avantage fiscal non négligeable. Cela suppose toutefois de respecter un certain nombre de conditions.
Le saviez-vous ?
L’exonération d’impôt sur les bénéfices est applicable à toutes les entreprises, quelle que soient leur forme, qu’elles relèvent de l’impôt sur le revenu (IR) ou de l’impôt sur les sociétés (IS). Le régime d’imposition est sans incidence : ainsi, les entreprises relevant du régime des micro-entreprises pourront bénéficier, elles aussi, de l’exonération d’impôt.
Les activités éligibles
Principe. Pour bénéficier de l’avantage fiscal, l’entreprise doit exercer une activité dite éligible de façon exclusive.
Activités éligibles... Il s’agit :
- des activités commerciales, industrielles et artisanales, y compris les activités de location d’immeubles à usage commercial ou industriel munis de leurs équipements et situés dans un BER ;
- des activités professionnelles, à condition d’être exercées dans le cadre d’une société soumise à l’IS. Il faut ici entendre les activités libérales, les revenus des charges et offices et les profits résultant de toutes les occupations ne se rattachant à aucune autre catégorie de revenus.
…de façon exclusive. Seules les activités éligibles exercées de façon exclusive ouvrent droit à l’avantage fiscal. Mais il est possible que les entreprises qui exercent en plus de leur activité éligible une activité non éligible puissent en bénéficier, à condition toutefois que l’activité inéligible soit le complément indissociable de l’activité éligible.
Exclusions. Ne sont jamais éligibles au bénéfice de l’exonération d’impôt les activités suivantes :
- les activités de crédit-bail mobilier ;
- les activités de location d’immeuble à usage d’habitation ;
- les activités de location d’immeuble à usage agricole ;
- les activités civiles.
Les créations et les reprises d'activités
Une création… L’exonération d’impôt est réservée aux entreprises qui se créent ou qui reprennent une activité existante dans un BER.
…une reprise… Une entreprise qui s’implante dans un BER pour reprendre une activité préexistante peut bénéficier de l’avantage fiscal. Les modalités de la reprise (location-gérance, acquisition, etc.) sont, en principe, sans incidence.
…une concentration (ou une restructuration)… Les activités créées dans un BER suite à une concentration ou à une restructuration d’entreprise peuvent également bénéficier de l’exonération d’impôt sur les bénéfices.
À noter. Si l’activité située dans un BER est issue d’une reprise, d’une concentration ou d’une restructuration d’activité préexistante bénéficiant déjà du dispositif d’exonération d’impôt, l’entreprise nouvellement créée pourra également en bénéficier, mais uniquement pour la durée restant à courir.
Exemple. En 2020, vous reprenez une activité située dans un BER et qui a déjà bénéficié de l’exonération d’impôt sur les bénéfices pendant 3 ans. Votre entreprise nouvellement créée ne pourra donc bénéficier de l’exonération d’impôt que pour une durée de 2 ans.
Mais. Si l’entreprise nouvellement créée reprend une activité (ou procède à des opérations de concentration ou de restructuration d’activités préexistantes) qui n’avait pas précédemment bénéficié de l’avantage fiscal, elle pourra prétendre à l’exonération d’impôt sur les bénéfices pour toute la durée d’application prévue par la loi.
Conditions. L’entreprise ne pourra bénéficier d’une pleine période d’exonération que s’il y a création soit d’une société nouvelle, soit d’une implantation nouvelle.
Attention. Même en cas de création d’une société (ou d’une implantation) nouvelle, il ne sera pas possible de bénéficier d’une période d’exonération totale lorsque :
- l’entreprise du cédant a fait l’objet d’une reprise, ou d’une opération de concentration ou de restructuration, au profit de son conjoint, de son partenaire de PACS, de ses ascendants, de ses descendants, ou de ses frères et sœurs ;
- suite à l’opération de reprise, de concentration ou de restructuration, le cédant exerce, directement ou indirectement, en droit ou en fait, la direction effective de l’entreprise créée ;
- suite à l’opération de reprise, de concentration ou de restructuration, le cédant, son conjoint, son partenaires de PACS, ses descendants, ses ascendants ou ses frères et sœurs détiennent ensemble, directement ou indirectement, plus de 50 % des droits de vote ou des droits aux bénéfices sociaux de l’entreprise créée.
…une transformation… Si l’entreprise est créée dans un BER à l’issue d’une transformation, elle conservera le bénéfice de l’exonération d’impôt pour la durée restant à courir. En revanche, l’entreprise ne pourra pas bénéficier de l’avantage fiscal pour une activité qui, préalablement à la transformation, ne permettait pas de bénéficier de l’exonération d’impôt sur les bénéfices.
…voir un transfert d’activité. Enfin, si l’entreprise est créée suite au transfert d’une activité préalablement exercée dans un autre BER, elle pourra continuer à bénéficier de l’exonération d’impôt pour la durée restant à courir.
Entreprise implantée dans un BER : où ?
Localisation. En plus des conditions liées à la nature de l’activité, l’entreprise doit être créée dans un BER. Il n’existe actuellement que 2 BER regroupant plus de 400 communes : l’un est situé dans la région Champagne-Ardenne et l’autre en Midi-Pyrénées.
=> Consultez notre annexe pour connaître la liste des communes situées dans un BER
Date. L’implantation dans un BER ne peut pas intervenir à n’importe quel moment. Ainsi, bénéficieront de l’avantage fiscal les entreprises qui se créent en zone entre le 1er janvier 2007 et le 31 décembre 2024.
Activités non sédentaires. Certaines activités non sédentaires peuvent être considérées comme étant implantées exclusivement dans un BER et peuvent donc bénéficier de l’exonération d’impôt sur les bénéfices si :
- l’implantation matérielle des moyens d’exploitation est située dans le BER ;
- un salarié est affecté à un emploi sédentaire à temps plein (ou équivalent) dans le local situé en zone ;
- 25 % au moins du chiffre d’affaires annuel est réalisé dans le BER.
Entreprise implantée dans un BER : comment ?
Obligation déclarative. Si vous souhaitez bénéficier de l’exonération d’impôt sur les bénéfices applicable au titre de la création d’une entreprise dans un BER, vous devrez joindre à votre déclaration de résultat un état de détermination du bénéfice susceptible d’être exonéré.
=> Consultez le modèle d’état à joindre à la déclaration de résultats
Perte de l’avantage. Si l’entreprise créée dans un BER décide de procéder à une distribution de dividendes au profit de ses actionnaires, elle perd de ce fait le bénéfice de l’exonération d’impôt.
À noter. L’entreprise ne perdra l’avantage fiscal que pour le futur : il n’y aura pas de remise en cause de l’avantage fiscal obtenu pour les années qui précèdent la distribution de dividendes.
À retenir
Si vous créez une entreprise avant le 31 décembre 2024 et que vous décidez de l’implanter dans un BER, vous pourrez bénéficier, toutes conditions remplies (nature de l’activité, localisation, etc.), d’une exonération totale d’impôt sur les bénéfices pendant 5 ans.
- Article 44 duodecies du Code général des impôts
- BOFiP-Impôts-BOI-BIC-CHAMP-80-10-50
- Décret no 2007-228 du 20 février 2007 fixant la liste des bassins d'emploi à redynamiser et les références statistiques utilisées pour la détermination de ces bassins d'emploi
- Article 14 du règlement (UE) no 651/2014 de la Commission, du 17 juin 2014, déclarant certaines catégories d’aides compatibles avec le marché intérieur en application des articles 107 et 108 du traité
- Loi de finances pour 2018 du 30 décembre 2018, no 2017-1837 (article 70) (prolongation du dispositif)
- Loi de finances pour 2021 du 29 décembre 2020, no 2020-1721, articles 144 et 223 (prolongation dispositif)
- Loi de finances pour 2022 du 30 décembre 2021, no 2021-1900 (article 68) (prolongation du dispositif)
- Loi de finances pour 2024 du 29 décembre 2023, no 2023-1322 (article 73) (prolongation du dispositif)
Entreprises implantées en zone franche urbaine (ZFU-TE) : une exonération d’impôt possible ?
Entreprises implantées en ZFU-TE : quel avantage fiscal ?
Une exonération totale... Toutes conditions remplies, les entreprises qui s’implantent en zone franche urbaine territoire entrepreneur (ZFU-TE) à compter du 1er janvier 2006 et jusqu’au 31 décembre 2023 bénéficient d’une exonération totale d’impôt sur les bénéfices de 60 mois à compter du 1er jour du mois qui marque le début d’activité.
… puis partielle. Une fois cette période d’exonération arrivée à son terme, les entreprises implantées depuis le 1er janvier 2015 bénéficient d’un abattement applicable sur le montant de leurs bénéfices pour le calcul de l’impôt. Cet abattement sera de :
- 60 % pour la 1ère période de 12 mois suivant la fin de la période d’exonération ;
- 40 % pour la 2nde période de 12 mois suivant la fin de la période d’exonération ;
- 20 % pour la 3ème période de 12 mois suivant la fin de la période d’exonération.
Attention. Pour les entreprises ayant fait le choix de s’installer en ZFU-TE avant le 1er janvier 2015, les abattements étaient plus conséquents, à savoir :
- 60 % pour les 5 premières périodes de 12 mois suivant la fin de la période d’exonération ;
- 40 % pour les 6èmes et 7èmes périodes de 12 mois suivant la fin de la période d’exonération ;
- 20 % pour les 8èmes et 9èmes périodes de 12 mois suivant la fin de la période d’exonération.
En conséquence. Aujourd’hui, une entreprise qui s’implante en ZFU-TE bénéficie d’un régime de faveur pendant près de 8 ans.
Bénéfices. Quelle que soit la commune d’implantation de l’entreprise, l’exonération d’impôt et les abattements portent sur les bénéfices qui sont réalisés après imputation des déficits et qui sont régulièrement déclarés par elle. Notez également que certains produits sont toutefois à exclure des bénéfices pris en compte. Tel est le cas, par exemple, des produits qui sont tirés des droits de la propriété industrielle lorsqu’ils n’ont pas leur origine dans l’activité exercée au sein de la ZFU.
Attention. Si l’entreprise n’exerce qu’une partie de son activité en ZFU-TE (l’autre partie étant exercée hors zone), un prorata sera établi entre chiffre d’affaires en zone et chiffre d’affaires hors zone afin de déterminer la part exonérée.
Cumul ? Si l’entreprise peut potentiellement bénéficier de plusieurs régimes d’exonération d’impôt sur les bénéfices, elle devra faire un choix. Les différents régimes ne sont pas cumulables les uns avec les autres. Si elle souhaite bénéficier de celui qui résulte de son implantation en ZFU-TE, elle devra exercer une option expresse et irrévocable dans les 6 mois de son début d’activité.
Pour les entreprises créées en ZFU-TE depuis le 1er janvier 2012, l’exonération temporaire d’impôt sur les bénéfices est soumise au plafonnement applicable en matière de réglementation européenne sur les aides de minimis. En conséquence, le total des avantages fiscaux dont pourra bénéficier l’entreprise sera limité à 200 000 € sur une période glissante de 3 ans : il s’agit effectivement d’un plafond global et non pas d’un plafond de 200 000 € par aide ou avantage financier.
Plafonnement. Depuis le 1er janvier 2015, les entreprises qui s’implantent en ZFU-TE sont soumises au respect d’un plafond : le bénéfice exonéré ne peut pas excéder 50 000 € par période de 12 mois. Pour les entreprises qui se sont implantées avant cette date, l’ancien plafond de 100 000 € par période de 12 mois reste applicable.
Une majoration… Ce plafond de 50 000 € par an peut être majoré de 5 000 € supplémentaires par salarié embauché, sous réserve de respecter certaines conditions :
- le salarié doit avoir été embauché à temps plein, pour 6 mois au moins, à compter du 1er janvier 2015 ;
- le salarié doit résider dans un QPV ou dans une ZFU-TE.
Entreprises implantées en ZFU : quelles conditions ?
Des conditions. Comme nous avons pu le voir, une entreprise qui fait le choix de s’implanter dans une ZFU-TE peut bénéficier d’un avantage fiscal non négligeable. Cela suppose toutefois de respecter un certain nombre de conditions.
Régime d’imposition. Le bénéfice de l’exonération temporaire d’impôt sur les bénéfices (et des abattements consécutifs) est applicable à toutes les entreprises, quelle que soient leur forme, qu’elles relèvent de l’impôt sur le revenu (micro, régimes réels ou déclaration contrôlée) ou de l’impôt sur les sociétés (IS).
Détention. Si l’entreprise est constituée sous forme de société, son capital ne doit pas être détenu pour 25 % ou plus par une ou plusieurs sociétés employant plus de 250 salariés et dont le chiffre d’affaires est supérieur à 50 M€ ou le total de bilan supérieur à 43 M€.
Dimension. Si l’entreprise qui s’implante en ZFU-TE souhaite bénéficier de l’avantage fiscal, elle doit respecter un certain dimensionnement : son effectif doit être inférieur à 50 salariés et son chiffre d’affaires annuel ou son total de bilan doit être inférieur à 10 M€.
Localisation. L’entreprise doit s’implanter dans une commune située en ZFU-TE.
=> Consultez notre annexe répertoriant les communes situées en ZFU-TE
Attention. Suite à la création des ZFANG (zone franche d’activité nouvelle génération), en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à Mayotte et à la Réunion, pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2019, les avantages fiscaux liés à la création d’entreprise en ZFU-TE sont supprimés : les avantages en question ne continueront à s'appliquer que pour les entreprises implantées dans ces zones au plus tard le 31 décembre 2018.
Création ? Si les entreprises qui se créent en ZFU-TE sont principalement concernées par le régime d’allégement, ce ne sont pas les seules. Sont aussi concernées :
- les entreprises issues d’un transfert d’activité sauf :
- ○ si l’entreprise était précédemment implantée en zone de revitalisation rurale ou en zone de redynamisation urbaine et a donc bénéficié dans les 5 ans précédant le transfert d’une exonération d’impôt sur les bénéfices ;
- ○ si l’entreprise a bénéficié dans les 5 ans précédant le transfert d’une prime d’aménagement du territoire ;
- les entreprises issues d’une concentration, d’une restructuration ou d’une reprise d’activité si l’activité précédemment exercée était déjà placée sous le régime de faveur lié à l’implantation en ZFU-TE : dans ce cas, l’entreprise nouvellement implantée pourra bénéficier d’une exonération d’impôt sur les bénéfices pour le temps restant.
Tempérament. Dans une récente affaire, le juge a précisé que dans le cadre d’une reprise d’activité, dès lors que le repreneur remplit toutes les conditions requises pour bénéficier de l’exonération, celle-ci n’est pas subordonnée au fait que l’entreprise cédante ait elle-même bénéficié du régime de faveur.
Un point sur les transferts d’activité. Dans l’hypothèse où l’activité transférée dans une ZFU était auparavant exercée dans une autre ZFU, l’entreprise devra, pour le calcul de la durée d’exonération, déduire la durée d’exonération obtenue lors de l’exercice de son activité dans la 1ère zone.
En revanche, si l’activité transférée était exercée hors d’une ZFU, l’exonération totale s’appliquerait à compter du transfert en ZFU, pour l’ensemble de la durée de 60 mois.
En conséquence, le bénéfice de l’exonération d’impôt en cas de transfert d’activité en ZFU ne suppose ni que l’activité ait bénéficié jusque-là de l’exonération applicable dans ce type de zone, ni que le dirigeant de l’entreprise « transférée » soit distinct de celui de l’entreprise auparavant installée hors ZFU.
Implantation. Pour pouvoir bénéficier de l’avantage fiscal, l’entreprise doit être implantée en ZFU-TE, c’est-à-dire qu’elle doit disposer dans cette zone de moyens matériels ou humains lui permettant de dégager des bénéfices. Elle doit également exercer une activité effective à l’intérieur de la zone.
Activités non sédentaires. Certaines entreprises exerçant une activité non sédentaire pour tout ou partie hors zone (par exemple les médecins ou les infirmiers) peuvent être considérées comme implantées en ZFU-TE, et donc peuvent bénéficier de l’exonération d’impôt sur la totalité de leur bénéfice si l’une des 2 conditions suivantes est respectée :
- employer au moins 1 salarié sédentaire à temps plein (ou équivalent) qui doit exercer ses fonctions dans les locaux (situés en zone) affectés à l’activité ;
- réaliser au moins 25 % de son chiffre d’affaires auprès de clients eux-mêmes situés en ZFU-TE.
Une activité éligible. Pour bénéficier de l’avantage fiscal, l’entreprise doit donc être implantée en ZFU-TE, mais elle doit aussi exercer une activité dite éligible, à savoir une activité commerciale, industrielle, artisanale, ou professionnelle non commerciale.
Exclusions. Ne sont jamais éligibles au bénéfice de l’allégement d’impôt les activités suivantes :
- les activités de construction-vente et plus généralement les activités civiles ;
- les activités agricoles ;
- les profits non commerciaux sans caractère professionnel ;
- les activités de crédit-bail mobilier ;
- les locations d’immeubles à usage d’habitation ;
- les activités qui sont exercées à titre principal par l’entreprise et qui sont exclues par la réglementation de minimis telles que la construction automobile ou navale, la fabrication de fibres textiles artificielles ou synthétiques, la sidérurgie, le transport routier de marchandises.
A noter. Un simple changement de code NAF (nomenclature des activités françaises) ne suffira pas à vous faire bénéficier de l’avantage fiscal liée à votre implantation en ZFU-TE.
Clause d’emploi… Pour les entreprises qui se sont implantées en ZFU-TE à partir du 1er janvier 2015, l’exonération d’impôt n’est plus liée au bénéfice d’une exonération sociale. Dorénavant, l’entreprise doit respecter une clause d’emploi, c’est-à-dire qu’au moins 50 % de ses salariés en contrat à durée indéterminée (CDI) ou en contrat à durée déterminée (CDD) d’au moins 12 mois doivent résider dans une ZFU-TE ou dans un QPV de l’unité urbaine dans laquelle est située la ZFU-TE.
… ou clause d’embauche. L’entreprise dispose d’une alternative : si elle choisit de ne pas appliquer la clause d’emploi (ou si elle ne peut pas le faire), elle devra respecter une clause d’embauche à savoir : 50 % des salariés embauchés en CDI ou CDD d’au moins 12 mois depuis l’implantation de l’entreprise en ZFU-TE doivent résider dans une ZFU-TE ou dans un QPV de l’unité urbaine dans laquelle est située la ZFU-TE.
A noter. Il va de soi que le respect de la clause d’emploi ou de la clause d’embauche n’est requis qu’à partir du 2nd salarié employé ou embauché. En conséquence, si votre entreprise n’emploie qu’un seul salarié et que celui-ci ne réside pas en ZFU-TE, vous pourrez quand même bénéficier de l’exonération d’impôt.
Contrat de ville. Pour les entreprises qui se créent en zone à partir du 1er janvier 2016, l’exonération d’impôt ne sera possible que si la ZFU-TE se situe sur un territoire où s’applique un contrat de ville au 1er janvier de l’année d’implantation.
Concrètement. Un contrat de ville est un contrat conclu à l’échelle intercommunale entre l’Etat et ses établissements publics d’une part, et les communes et les établissements publics de coopération intercommunale d’autre part. Il est destiné à favoriser la mise en œuvre de la politique de la ville.
Entreprises implantées en ZFU : comment ?
Une mention. L’entreprise qui souhaite bénéficier de l’exonération d’impôt sur les bénéfices devra le mentionner directement sur sa déclaration de résultats, en cochant la case adéquate. Dans le même temps, elle devra joindre à sa déclaration de résultat un document (une fiche de calcul) comportant les éléments permettant de calculer au mieux l’avantage fiscal.
=> Consultez le modèle de fiche de calcul conforme fourni par l’administration
A noter. Pour pouvoir bénéficier de l’avantage fiscal, l’entreprise doit régulièrement déclarer ses bénéfices, c’est à-dire qu’elle doit déposer sa déclaration de résultats dans les délais prévus par la Loi. A défaut, le bénéfice de l’exonération fiscale sera refusé pour les bénéfices qui n’ont pas été déclarés dans les conditions et délais légaux.
Une tolérance... Par mesure de tolérance, l’administration admet qu’une société puisse conserver le bénéfice de l’exonération d’impôt, dès lors qu’elle dépose spontanément une déclaration rectificative destinée à corriger les erreurs qui pourraient affecter sa déclaration de résultats initiale.
… encadrée. Cette tolérance n’est possible que si une déclaration initiale a bel et bien été déposée dans les temps. Ainsi, une entreprise qui dépose sa déclaration initiale après que l’administration l’eut mise en demeure de le faire dans le cadre d’un contrôle fiscal ne peut pas bénéficier la tolérance administrative et donc, de l’exonération d’impôt.
Un état de suivi des bénéfices exonérés. La société qui souhaite bénéficier de l’exonération d’impôt devra non seulement déposer sa déclaration de résultats dans les délais prévus par la Loi, mais aussi y joindre un état de suivi des bénéfices exonérés.
Attention. En cas de contrôle, il faudra pouvoir prouver que cet état de suivi a bien été envoyé : pensez donc à le transmettre soit par voie électronique, soit par courrier recommandé avec accusé de réception.
Pour la petite histoire … Une société s’installe sur le territoire d’une zone franche urbaine. Pensant pouvoir bénéficier d’une exonération d’impôt sur les bénéfices, elle en fait mention sur sa déclaration d’impôt, qu’elle dépose le 3 janvier. L’administration lui refuse le bénéfice de l’avantage fiscal, considérant que sa déclaration d’impôt a été déposée tardivement. Elle rappelle que la seule condition pour pouvoir bénéficier de l’exonération d’impôt, est de déposer sa déclaration de résultats dans les délais. Or, la société qui clôture son exercice comptable le 30 septembre doit déposer sa déclaration d’impôt dans les 3 mois qui suivent, soit au plus tard le 31 décembre. La déclaration ayant été déposée trop tard, l’avantage fiscal est refusé, ce qui a été confirmé par le juge.
Attention. L’entreprise devra bien préciser sur ce document annexe les informations suivantes :
- le nombre de salariés pouvant être considérés comme résidant en ZFU-TE ou en QPV de l’unité urbaine dans laquelle est située la ZFU-TE ;
- le nombre de salariés employés et embauchés dans chaque ZFU-TE.
Pour éviter toute erreur et empêcher les entreprises de se prévaloir à tort des allégements fiscaux, l’administration a mis en place une procédure d’accord préalable. Cette procédure, qui n’est pas obligatoire, permet aux entreprises qui s’interrogent sur leur éligibilité au dispositif, d’obtenir une prise de position formelle de l’administration. Notez que la réponse de l’administration l’engage pour l’avenir, à condition toutefois qu’elle ait pu se prononcer en toute connaissance de cause.
Si vous envisagez de recourir à cette procédure, soyez donc aussi précis que possible pour permettre à l’administration de se prononcer et surtout, pour l’empêcher par la suite de revenir sur sa décision.
Cas particulier. Les bailleurs d’immeubles qui peuvent prétendre au bénéfice de l’exonération d’impôt sur les bénéfices ne sont pas tenus de joindre à leur déclaration de résultats la fiche de calcul mentionnée plus haut. En revanche, ils devront joindre la liste et le lieu d’implantation de leurs propriétés placées en location, ainsi que le détail des bénéfices retirés de la location d’immeubles situés en ZFU-TE.
Si vous décidez d’implanter votre entreprise dans une ZFU-TE, vous pourrez bénéficier d’une exonération totale d’impôt sur les bénéfices de 60 mois, puis d’un abattement de 60 %, puis 40 % et 20 % pour les 3 années suivantes.
Ce régime de faveur est soumis au respect de nombreuses conditions tenant essentiellement à la nature de l’activité développée par l’entreprise qui doit être éligible et exercée de façon exclusive, au respect d’une clause d’embauche ou d’une clause d’emploi mais aussi à l’existence d’un contrat de ville.
- Article 44 octies A du Code Général des Impôts
- Article 49 L annexe III du Code Général des Impôts
- BOFiP-Impôts-BOI-BIC-CHAMP-80-10-30
- BOFiP-Impôts-BOI-BIC-CHAMP-80-10-20-10
- Articles 5 et 6 de la loi n°2014-173 du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine (contrat de ville et QPV)
- Réponse ministérielle Lévy, Assemblée Nationale du 25 octobre 2016, n°92955
- Arrêt du Conseil d’Etat du 8 juillet 1998, n°186279 (activité inéligible et complément indissociable d’une activité éligible)
- Arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Marseille du 13 juillet 2017, n°16 MA01157 (retard de dépôt de la déclaration de résultat et refus de l’avantage fiscal)
- Arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Versailles du 19 septembre 2017, n°15VE03842 (Activité non sédentaire et seuil de CA de 25 %)
- Arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Bordeaux du 13 novembre 2017, n°16BX00134 (transport routier de produits sanguins)
- Loi de finances pour 2019 du 28 décembre 2018, n°2018-1317, article 19
- Loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises
- Réponse ministérielle Vercamer du 15 octobre 2019, Assemblée Nationale, n°22289 (rappels autour de la condition d’embauche / d’emploi)
- Arrêt du Conseil d’Etat du 27 décembre 2019, n°422558 (activité de la société en ZFU)
- Arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Paris du 11 décembre 2019, n°18PA02994 (NP) (état de suivi des bénéfices exonérés)
- Arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Bordeaux du 13 novembre 2017, n° 15BX01341 (retard de dépôt des déclarations fiscales et refus de l’avantage fiscal)
- Arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Bordeaux du 12 mars 2020, n° 18BX00988 (retard de dépôt de la déclaration de résultat et refus de l’avantage fiscal)
- Arrêt de la Cour administrative d’appel de Bordeaux du 20 mai 2020, n°18BX02291 (retard de dépôt de la déclaration de résultat et refus de l’avantage fiscal)
- Arrêt du Conseil d’Etat du 4 novembre 2020, n°436048 (ZFU et transfert d’activité)
- Arrêt de la Cour administrative d’appel de Lyon du 3 décembre 2020, n°19LY02629 (retard de dépôt de la déclaration de résultats et refus de l’avantage fiscal)
- Loi de finances pour 2021 du 29 décembre 2020, n°2020-1721, articles 223 (prolongation du dispositif d’exonération d’impôt sur les bénéfices)
- Arrêt de la Cour administrative d’appel de Bordeaux du 15 décembre 2020, n°19BX03232 (médecin, activité non sédentaire, et standard téléphonique géré par une SCM située hors ZFU)
- Arrêt de la Cour administrative d’appel de Nancy du 6 mai 2021, n°19NC02881 (pas d’exonération d’IS pour une société qui ne dispose ni d’une implantation matérielle, ni de moyens d’exploitation en ZFU)
- Loi de finances pour 2022 du 30 décembre 2021, n°2021-1900 (article 68)
- Arrêt de la cour administrative d’appel de Marseille du 13 juillet 2022, n° 20MA04110 (reprise d’entreprise et absence d’application du régime de faveur par le cédant)
