Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises : qui est concerné ?
Premièrement, vous serez concerné par la cotisation sur la valeur ajoutée si…
Attention. La CVAE sera définitivement supprimée en 2027 après une suppression progressive sur 4 ans
Si vous êtes assujetti à la cotisation foncière des entreprises. Si c’est le cas, alors vous êtes automatiquement assujetti à la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), quel que soit votre statut juridique (entrepreneur individuel, société, etc.), votre activité (industrielle, commerciale, artisanale, libérale, etc.), ou encore votre régime d'imposition.
Sauf si… Sachez que les exonérations admises pour la cotisation foncière des entreprises s'appliquent également à la CVAE.
Deuxièmement, vous serez concerné par la cotisation sur la valeur ajoutée si…
Attention. La CVAE sera définitivement supprimée en 2027 après une suppression progressive sur 4 ans.
Un 1er seuil de 152 500 €. Seules les entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 152 500 € sont concernées par cette cotisation. Le chiffre d’affaires à prendre en considération s’entend de celui relatif à l’ensemble des activités de l’entreprise, qu’elles soient imposables ou exonérées.
Un 2nd seuil de 500 000 €. Si vous êtes effectivement 'assujetti' à la CVAE dès lors que votre chiffre d'affaires est au moins égal à 152 500 €, vous ne serez, en pratique, redevable de cette cotisation que si votre chiffre d'affaires excède 500 000 €, compte tenu des modalités particulières de calcul de cette cotisation.
Concrètement. Même si vous ne payez pas de CVAE, parce que votre chiffre d’affaires n’atteint pas le « seuil de paiement », vous serez tout de même tenu à des obligations déclaratives si votre chiffre d’affaires est au moins égal à 152 500 €. Attention, si votre exercice est d’une durée supérieure ou inférieure à 12 mois, vous devez, pour apprécier si vous êtes ou non assujetti à la cotisation, le corriger pour le faire correspondre à une année pleine.
Cas particulier : les entreprises relevant du régime micro-BIC. Les entreprises relevant du régime micro-BIC (celles dont le chiffre d’affaires n’excède pas 188700 € pour les entreprises de vente, 77700 € pour les entreprises prestataires de services) et dont le chiffre d’affaires est compris entre 152 500 € et 188700 € (concrètement les entreprises de vente) sont de fait assujetties à la CVAE. Néanmoins, elles n’auront pas à la payer puisque leur chiffre d’affaires n’excède pas 500 000 €.
Un calcul simplifié. Les entreprises imposées selon le régime du micro-BIC doivent donc déclarer leur CVAE. Par soucis de simplification, la valeur ajoutée est déterminée de la façon suivante : elle est égale à 80 % de la différence entre le montant des recettes et celui des achats, au titre de l'année d'imposition.
Au cours d'une période de référence. Le chiffre d'affaires que vous devez prendre en compte est celui réalisé au cours de l'année au titre de laquelle la CVAE est calculée si votre exercice coïncide avec l'année civile ou du dernier exercice de 12 mois clos au cours de cette année si votre exercice ne coïncide pas avec l'année civile (période de référence). Signalons les cas particuliers suivants :
- si vous clôturez un exercice de plus ou de moins de 12 mois au cours de l'année d'imposition, vous devez corriger votre chiffre d'affaires pour le ramener à 12 mois ;
- si vous ne clôturez aucun exercice au cours de l'année d'imposition, vous devez retenir le chiffre d'affaires réalisé entre le 1er jour suivant la fin de la période retenue pour le calcul de la CVAE de l'année précédente et le 31 décembre de l'année d'imposition ;
- si vous clôturez plusieurs exercices au cours de l'année d'imposition, il faut faire la somme des chiffres d'affaires de ces exercices, somme ramenée, le cas échéant, à 12 mois.
Le saviez-vous ?
Le chiffre d'affaires à retenir pour apprécier les seuils de 152 500 € (seuil d'assujettissement) ou 500 000 € (seuil de paiement) est apprécié en tenant compte :
- des ventes de produits et des prestations de services ;
- des redevances pour concessions, brevets, licences, marques, droits et valeurs similaires ;
- des plus-values de cession d'immobilisations corporelles ou incorporelles (lorsqu'elles se rapportent à une activité courante et normale) et des refacturations de frais inscrites à un compte de transfert de charges.
Notez que des définitions différentes sont retenues pour les entreprises dont les recettes sont constituées de revenus fonciers et les entreprises non commerciales soumises à une comptabilité de caisse.
A retenir
Vous n’aurez une cotisation à payer que si votre chiffre d’affaires est au moins égal à 500 000 €. Mais si votre chiffre d’affaires est au moins égal à 152 500 €, vous êtes aussi concerné par cette cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, puisque vous serez tenu à une obligation déclarative.
- Articles 1586 ter et suivants du Code général des impôts
- BOFiP-Impôts-BOI-CVAE-CHAMP-10 et suivants
- BOFiP-Impôts-BOI-CVAE-BASE-20
- Question prioritaire de constitutionnalité en date du 19 mai 2017, n° 2017-629 (consolidation des chiffres d’affaires au sein d’une intégration fiscale)
- Arrêt du Conseil d’État du 13 avril 2018, n°410155 (Cas particulier société en participation)
- Arrêt du Conseil d’État du 29 novembre 2021, n°451521 (entreprise ayant pour activité la sous-concession de brevets)
- Loi de finances pour 2023 du 30 décembre 2022, n°2022-1726 (article 55)
- Loi de finances pour 2024 du 29 décembre 2023, no 2023-1322 (article 79 et 157)
Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises : déclarer et payer votre cotisation
Déclarez votre cotisation sur la valeur ajoutée
Attention. La CVAE sera définitivement supprimée en 2027 après une suppression progressive sur 4 ans.
Une déclaration annuelle. Dès lors que votre chiffre d'affaires excède 152 500 € (et même si vous n'avez aucune cotisation à payer), vous devez compléter la déclaration n° 1330-CVAE-SD au plus tard le 2ème jour ouvré qui suit le 1er mai. Cette déclaration mentionne, au titre de l'année d'imposition, votre chiffre d'affaires et votre valeur ajoutée, ainsi que votre effectif salarié (par établissement ou par lieu d'emploi).
Par voie électronique. Désormais, toutes les entreprises tenues de déposer une déclaration de cotisation sur la valeur ajoutée doivent recourir à la télédéclaration (même si le chiffre d'affaires est inférieur à 500 000 €).
15 jours de plus ? Un délai supplémentaire de 15 jours est généralement accordé pour le dépôt de cette déclaration.
Le saviez-vous ?
Vous pourrez être dispensé de déposer une déclaration de cotisation sur la valeur des entreprises si vous remplissez les conditions suivantes :
- avoir coché la case « Mono-établissement » et dûment rempli le cadre réservé à la CVAE dans votre déclaration de résultat ;
- ne disposer que d’un seul établissement ;
- ne pas employer des salariés exerçant leur activité plus de 3 mois sur un lieu hors de l’entreprise ;
- ne pas être une société civile de moyens ;
- ne pas exploiter plusieurs activités nécessitant des déclarations de résultat de natures différentes ;
- ne pas avoir clôturé plusieurs exercices au cours de la période de référence ;
- ne pas être membre d’un groupe fiscalement intégré (sauf si ce groupe fiscal bénéficie du taux réduit d’IS appliqué aux PME) ;
- ne pas avoir fusionné au cours de l’exercice de référence CVAE ;
- ne pas être une entreprise qui, n’employant aucun salarié en France et n’exploitant aucun établissement en France, y exerce cependant une activité de location d’immeubles ou de vente d’immeubles.
Pourquoi déclarer l’effectif salarié ? Sauf si votre entreprise ne dispose que d’un établissement (et qu’elle n’emploie aucun salarié pendant plus de 3 mois en dehors des locaux de l’entreprise), vous devez déclarer votre effectif salarié, par établissement de rattachement ou lieu d’emploi. L’objectif de cette déclaration sera de permettre la répartition du produit de cette cotisation aux collectivités territoriales.
Le saviez-vous ?
Vous devez déclarer l’ensemble de votre effectif salarié, sauf les titulaires :
- d’un contrat d’une durée inférieure à 1 mois,
- d’un contrat d’apprentissage,
- d’un contrat d’initiative-emploi,
- d’un contrat d’insertion,
- d’un contrat de professionnalisation,
- d’un contrat d’avenir,
- d’un contrat d’accompagnement dans l’emploi.
Payez votre cotisation sur la valeur ajoutée
Attention. La CVAE sera définitivement supprimée à compter de 2027 après une suppression progressive sur 4 ans.
Deux acomptes à payer. Rappelons que seules les entreprises dont le chiffre d'affaires excède 500 000 € doivent payer une CVAE. Ce paiement se fait, au cours de l'exercice, sous forme de deux acomptes.
Combien ? Chaque acompte est égal à 50 % de la CVAE calculée sur la base du chiffre d'affaires et de la valeur ajoutée mentionnés dans la dernière déclaration de résultat exigée à la date de paiement de l'acompte. Ils doivent être payés au plus tard les 15 juin et 15 septembre (le versement des acomptes n'est obligatoire que si la CVAE due au titre de l'année précédente est supérieure à 3 000 € ou 1 500 € pour les acomptes dus à compter de 2022). Vous devez acquitter ces acomptes spontanément. C'est à vous qu'il revient de déterminer les éléments qui serviront au calcul de l'acompte (vous pouvez utiliser, à cette fin, le bordereau n° 1329-AC et sa notice, disponibles sur le site www.impots.gouv.fr, rubrique 'Formulaires').
Le saviez-vous ?
Si la date limite de paiement correspond à un samedi, un dimanche ou un jour férié, la date limite de paiement est automatiquement au 1er jour ouvrable suivant.
Ajustez le paiement de votre deuxième acompte, le cas échéant… Si votre déclaration de résultat est déposée entre le paiement du 1er acompte (15 juin) et le paiement du 2nd acompte (15 septembre), vous devez ajuster le montant de ce 2ème acompte de manière à ce que le 1er acompte corresponde à la valeur ajoutée déclarée dans la dernière déclaration de résultats exigée à la date du paiement du 2ème acompte.
Un solde. L'année suivante, et au plus tard le 2ème jour ouvré qui suit le 1er mai, vous régularisez le montant de votre CVAE due au titre de l'année d'imposition. Soit vous constatez un excédent de versement, qui vous sera remboursé, soit il vous reste un solde à verser.
Attention. Vous ne devez pas utiliser les bordereaux papier (bordereau d'acompte n° 1329-AC et bordereau de liquidation n° 1329-DEF), qui peuvent toutefois servir d’aide au remplissage des données à compléter dans les écrans de saisie en ligne : vous avez l'obligation de payer votre CVAE (acompte et liquidation) par télérèglement.
Conseil. Conservez le support papier, qui pourra vous servir de justificatifs récapitulant l’ensemble des éléments et données déclarés.
À savoir. En outre, sachez que le défaut ou le retard de déclaration est sanctionné par l’application d’une majoration de 10 % (en l’absence de mise en demeure, ou en cas de dépôt de cette déclaration dans les 30 jours d’une mise en demeure) ou de 40 % (si la déclaration n’est pas déposée dans les 30 jours d’une mise en demeure), sans compter l’application de l’intérêt de retard au taux de 0,20 % par mois de retard.
Et aussi… Le retard de paiement est sanctionné, quant à lui, par une majoration de 5 % et d'un intérêt de retard calculé au taux de 0,20 % (cette majoration n’est pas due si la déclaration, déposée tardivement, est accompagnée du paiement intégral de la taxe due, les majorations pour retard de déclaration restant due).
Pouvez-vous « optimiser » le paiement de votre cotisation ?
Attention. La CVAE sera définitivement supprimée en 2027 après une suppression progressive sur 4 ans.
Diminuer le montant de votre acompte ? Si vous estimez que le montant cumulé des acomptes versés sera supérieur au montant de la cotisation que vous aurez finalement à payer au titre de l'exercice, vous pouvez réduire à due concurrence le montant de votre acompte.
Attention. Si, à la suite de la liquidation définitive de la CVAE, il apparaît que les versements effectivement réalisés lors du paiement des acomptes s'avèrent inexacts de plus d'1/10ème, vous vous exposez aux majorations pour retard de paiement sur le montant des sommes non versées. Si vous envisagez d'utiliser cette tolérance, faites un calcul précis et rigoureux de la CVAE que vous estimez due.
A retenir
Même si vous n’avez aucune cotisation à payer parce que votre chiffre d’affaires est inférieur à 500 000 €, vous devrez malgré tout remplir des obligations déclaratives, dès lors qu’il est au moins égal à 152 500 €.
Pour les entreprises tenues au paiement de la CVAE, vous devez obligatoirement déclarer et payer la cotisation par voie électronique.
J'ai entendu dire
Le fait de ne pas payer la cotisation par télérèglement est-il sanctionné ?Oui ! Si vous ne respectez pas cette obligation, vous pourrez être sanctionné au moyen d’une majoration de 0,2 % du montant à payer (avec un minimum de 60 €).
- Articles 1586 ter et suivants, 1649 quater B quater, 1679 septies et 1681 du Code général des impôts
- Articles 1727, 1728, 1731 et 1738 du Code général des impôts
- Article 199-O de l’annexe IV du Code général des impôts
- BOFiP-Impôts-BOI-CVAE-DECLA-10 et suivants
- Loi de finances rectificative pour 2017 du 28 décembre 2017, n° 2017-1775 (article 55)
- www.dsn-info.com
- Communiqué de presse du Ministère de l’Action et des Comptes publics du 29 mai 2020, n° 1037
- Loi de finances pour 2021 du 29 décembre 2020, n°2020-1721, article 8
- Loi de finances pour 2023 du 30 décembre 2022, n°2022-1726 (article 55)
- Loi de finances pour 2024 du 29 décembre 2023, no 2023-1322 (articles 79 et 157)
Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises : comment est-elle calculée ?
CVAE : déterminer la base de calcul
Attention. La CVAE sera définitivement supprimée en 2027 après une suppression progressive sur 4 ans.
Sur quelle base ? La base de calcul de la CVAE correspond à la valeur ajoutée produite par l'entreprise au cours de l'exercice (sachez que si votre exercice est d'une durée de plus ou de moins de 12 mois, aucun ajustement n'est à effectuer; vous prenez en compte la valeur ajoutée produite au cours de cet exercice).
En pratique. Cette valeur ajoutée correspond à celle qui est déterminée sur votre liasse fiscale, annexée à vos déclarations de résultats (annexe n° 2059-E ou 2033-E, ou, pour les titulaires de revenus fonciers, annexe n° 2072-E, ou, pour les titulaires de bénéfices non commerciaux, annexe n° 2035-E)
Pour plus de détails. Consultez les annexes suivantes :
=> Détermination du chiffre d’affaires et de la valeur ajoutée pour la généralité des entreprises
=> Détermination du chiffre d’affaires et de la valeur ajoutée pour les titulaires de revenus fonciers
Petite anecdote. Suite à un contrôle fiscal, l’administration rehausse le montant de la CVAE due par un club de football, considérant que les indemnités perçues en contrepartie de la vente des contrats des joueurs doivent être comprises dans le calcul de la valeur ajoutée. Le juge confirme cette position, considérant que les ventes de joueurs par les clubs de football professionnel présentent un caractère récurrent : les indemnités perçues à l’occasion de ces ventes constituent une part non négligeable, voire une part structurelle, du chiffre d’affaires du club. En conséquence, les indemnités reçues suite à la vente de joueurs doivent bien être prises en compte dans le calcul de la valeur ajoutée du club pour la détermination de la CVAE due.
Quid des dépenses de mécénat ? Dans le cadre d’un litige opposant une société à l’administration fiscale, la question s’est posée de savoir si les dépenses courantes de mécénat, comptabilisées en charges d’exploitation, étaient déductibles pour le calcul de la valeur ajoutée… La réponse est oui, elles sont déductibles comme toutes les charges d’exploitation, quand bien même les dépenses de mécénat consenties ne présentent aucune contrepartie pour la société (c’est-à-dire qu’elles ne correspondent ni à l’achat d’un bien, ni à l’acquisition d’un service auprès d’un tiers).
Attention. Si le calcul de la valeur ajoutée de l’entreprise nécessite de tenir compte des enregistrements comptables, il est important de préciser que l’administration, en cas de contrôle, pourra aller au-delà de cet enregistrement, pour examiner la nature même de la somme portée en compte.
Exemple. Une société verse à ses salariés des indemnités de « grand déplacement » destinées à couvrir leur frais de nourriture. Au plan comptable, elle enregistre ces indemnités dans le compte « autres achats et charges externes » et donc, n’en tient pas compte pour la détermination de la valeur ajoutée servant de base de calcul au montant de CVAE dont elle doit s’acquitter.
Mais. L’administration conteste : puisque la société n’apporte pas la preuve que ses salariés sont dans l’impossibilité de regagner leur domicile pour y prendre leurs repas, l’indemnité qu’elle leur verse doit être analysée comme un supplément de rémunération (avantage en nature). Or, les suppléments de rémunération ne peuvent pas être comptabilisés dans la catégorie des services ou charges extérieurs. En conséquence de quoi, il convient d’écarter l’enregistrement comptable pour ne retenir que la nature de l’indemnité versée par la société qui, dès lors, doit être incluse dans le calcul de la valeur ajoutée … Ce qu’a confirmé le juge.
Sur quelle période ? Vous devez retenir la valeur ajoutée produite au cours de l’année d’imposition (ou au cours du dernier exercice de 12 mois au cours de cette même année si votre exercice ne coïncide pas avec l’année civile). Pour votre information, sachez que :
- si la durée de votre exercice est d’une durée supérieure ou inférieure à 12 mois, vous retenez la valeur ajoutée produite au cours de cet exercice
- si vous clôturez plusieurs exercices au cours de l’année d’imposition, vous faites masse des valeurs ajoutées produites au cours de ces exercices (quelles que soient leurs durées respectives) ;
- si vous ne clôturez aucun exercice au cours de l’année d’imposition, vous devez retenir la valeur ajoutée produite entre le 1er jour suivant la fin de la période retenue pour le calcul de la CVAE de l’année précédente et le 31 décembre de l’année d’imposition ;
- dans tous les cas, il n'est pas tenu compte de la fraction d'exercice clos qui se rapporte à une période retenue pour l'établissement de l'impôt dû au titre d'une ou de plusieurs années précédant celle de l'imposition.
CVAE : déterminer votre taux d’imposition
Attention. La CVAE sera définitivement supprimée en 2027 après une suppression progressive sur 4 ans.
À quel taux ? A cette base, il faut appliquer un taux qui est fonction du chiffre d'affaires (CA) réalisé au cours de l’année d’imposition, établi selon le barème suivant :
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Barème de la cotisation sur la valeur ajoutée |
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Montant du chiffre d’affaires HT |
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Jusqu’en 2022 |
Pour 2023 |
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< 500 K€ |
0 % |
0 % |
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500 K€ ≤ CA ≤ 3 M€ |
[0,25 % × (CA – 500K€)] / 2,5 M€] |
[0,125 % × (CA – 500K€)] / 2,5 M€] |
|
3 M€ < CA ≤ 10 M€ |
[0,45 % × (CA – 3 M€) / 7 M€] + 0,25 % |
[0,225 % × (CA – 3 M€) / 7 M€] + 0,125 % |
|
10 M€ < CA ≤ 50M€ |
[0,05 % × (CA – 10 M€) / 40 M€] + 0,7 % |
[0,025 % × (CA – 10 M€) / 40 M€] + 0,35 % |
|
> 50 M€ |
0,75 % |
0,375 % |
Pour 2024, 2025 et 2026, les taux sont progressivement diminués, avant suppression totale de la CVAE en 2027 :
|
Montant du chiffre d’affaires (CA) HT |
Barème 2024 |
Barème 2025 |
Barème 2026 |
|
< 500 K€ |
0% |
0% |
0% |
|
500 K€ ≤ CA ≤ 3 M€ |
[0,094 % x (CA - 500 000 K€)]/ 2,5 M€] |
[0,063 % x (CA - 500 000 K€)]/ 2,5 M€] |
[0,031% x (CA - 500 000 K€)]/ 2,5 M€] |
|
3 M€ < CA ≤ 10 M€ |
[0,169 % × (CA – 3 M€) / 7 M€] + 0,094 % |
[0,113 % × (CA – 3 M€) / 7 M€] + 0,063 % |
[0,056 % × (CA – 3 M€) / 7 M€] + 0,031 % |
|
10 M€ < CA ≤ 50M€ |
[0,019 % × (CA – 10 M€) / 40 M€] + 0,263 % |
[0,013 % × (CA – 10 M€) / 40 M€] + 0,175 % |
[0,006 % × (CA – 10 M€) / 40 M€] + 0,087 % |
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> 50 M€ |
0,28 % |
0,19% |
0,09% |
Comment apprécier le chiffre d’affaires ? Pour la détermination du taux d’imposition, vous devez retenir le chiffre d’affaires réalisé au cours de l’année d’imposition, ou au cours du dernier exercice de 12 mois au cours de cette même année si votre exercice ne coïncide pas avec l’année civile. Si la durée de votre exercice n’est pas de 12 mois, ou si vous clôturez plusieurs exercices au cours de l’année d’imposition ou encore si, au contraire, aucun exercice n’est clos sur cette année pour calculer votre cotisation, vous devez corriger votre chiffre d’affaires pour le ramener à une année pleine, en vue de la détermination du taux d‘imposition.
Précision concernant les groupes de sociétés. Le mécanisme de consolidation du chiffre d’affaires s’applique à l’ensemble des sociétés, quel que soit leur régime d’imposition sur les bénéfices (IR ou IS), dès lors qu’elles remplissent les conditions pour être membre d’un groupe fiscalement intégré (notamment les conditions de détention de capital). Il n’est cependant pas exigé qu’une option pour l’intégration fiscale ait été formulée. Il n’est pas non plus tenu compte de la composition de leur capital.
Un mécanisme de consolidation. Concrètement, le mécanisme de consolidation consiste à faire la somme des chiffres d’affaires des sociétés membres du groupe pour déterminer le taux effectif d’imposition applicable aux sociétés membres du groupe.
Attention. Si la somme des chiffres d’affaires des sociétés membres du groupe est inférieure à 7 630 000 €, le mécanisme de consolidation ne sera pas applicable
En pratique, les bordereaux d'acompte et de liquidation de la CVAE (disponibles sur www.impots.gouv.fr/Formulaires) calculent automatiquement le taux applicable en fonction de votre situation.
Des frais annexes. S'ajoutent à la cotisation ainsi déterminée des frais de gestion (au taux de 1 %), ainsi qu'une taxe additionnelle perçue au profit des chambres consulaires (au taux de 9,23 % pour 2024).
Le saviez-vous ?
Plusieurs précisions doivent être ici apportées :
- pour les années 2024 à 2026, la CVAE n’est pas due lorsque son montant annuel n’excède pas 63 € ;
- si votre chiffre d'affaires est inférieur à 2 000 000 €, vous avez droit à un dégrèvement de CVAE automatique de 188 € pour 2024 ;
- si votre chiffre d'affaires est inférieur ou égal à 7 600 000 €, votre valeur ajoutée est plafonnée à 80 % de votre chiffre d'affaires ;
- si votre chiffre d'affaires est supérieur à 7 600 000 €, votre valeur ajoutée est plafonnée à 85 % de votre chiffre d'affaires.
A retenir
Compte tenu des modalités de calcul, vous ne paierez de cotisation que si votre chiffre d’affaires est au moins égal à 500 000 €.
Si votre chiffre d’affaires est inférieur à 2 000 000 €, vous bénéficiez automatiquement d’un dégrèvement de 188 €.
J'ai entendu dire
Pendant combien de temps l’administration peut-elle contrôler la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises ?D’une manière générale, elle dispose d’un délai qui expire la 3ème année qui suit celle au titre de laquelle l’imposition est due (le 31 décembre 2022 pour la CVAE 2019 par exemple).
Je loue mon local commercial et mon propriétaire refacture la taxe foncière : cette taxe peut-elle venir en déduction de la valeur ajoutée ?
Non, comme l’a précisé le juge de l’impôt. Même si cette taxe est comptabilisée dans le compte 614 « charges locatives et de copropriété » (charges normalement déductibles de la valeur ajoutée), la taxe foncière refacturée au locataire constitue selon le juge un complément de loyer non déductible de la valeur ajoutée.
- Articles 1586 ter et suivants du Code général des impôts
- BOFiP-Impôts-BOI-CVAE-BASE-10 et suivants
- BOFiP-Impôts-BOI-CVAE-LIQ-10 et suivants
- Arrêt de la cour administrative d’appel de Paris du 17 septembre 2014, n° 13PA03580 (exemple de plus-value revêtant un caractère habituel à prendre en compte dans le calcul de la valeur ajoutée)
- Arrêt du Conseil d’État du 7 décembre 2012 n°349913 (refacturation de la taxe foncière et détermination de la valeur ajoutée)
- Arrêt du Conseil d’État du 6 décembre 2017, n°401533 (vente de contrats de joueurs de foot et calcul de la valeur ajoutée)
- Loi n°2017-1837 du 30 décembre 2017 de finances pour 2018 (article 15)
- Arrêt de la cour administrative d’appel de Paris du 29 décembre 2017, n° 17PA00382 (calcul de la valeur ajoutée, enregistrement comptable et nature réelle de la charge)
- Arrêt du Conseil d’État du 9 mai 2018, n°388209 (déduction des dépenses courantes de mécénat pour le calcul de la valeur ajoutée)
- Arrêt du Conseil d’État du 6 juin 2018, n°409645 (calcul de la valeur ajoutée, enregistrement comptable et nature réelle de la charge)
- Arrêt du Conseil d’État du 25 septembre 2020, n°433942 (non prise en compte dans le calcul de la VA du gain réalisé à l’occasion de la vente d’un immeuble par une société d’investissements immobiliers cotée)
- https://www.collectivites-locales.gouv.fr/ouverture-site-planderelancegouvfr
- Loi de finances pour 2021 du 29 décembre 2020, n°2020-1721, article 8
- Arrêt de la cour administrative d’appel de Douai du 3 juin 2021, n°19DA00873 (calcul du chiffre d’affaires et de la valeur ajoutée servant de base à la CVAE et cas particuliers des rémunérations de mandats sociaux)
- Loi de finances pour 2023 du 30 décembre 2022, n°2022-1726 (article 55)
- Loi de finances pour 2024 du 29 décembre 2023, no 2023-1322 (articles 79 et 157)
Taxe pour la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations (GEMAPI) : pour qui ? Pour quoi ?
Taxe GEMAPI : pour quoi ?
Une taxe…Comme son nom l’indique, la taxe pour la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations est une taxe qui est instituée par votre commune ou par votre communauté de communes.
…communale. Seuls les communes ou les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) qui ont compétence pour assumer la gestion des milieux aquatiques et / ou la prévention des inondations peuvent instituer cette taxe par délibération (du conseil municipal ou de la communauté de communes).
Un bénéficiaire. La commune et l’EPCI sont directement bénéficiaires de cette taxe.
Un produit… La commune ou l’EPCI doivent, chaque année, avant le 1er octobre, établir le montant global de la taxe qui sera réclamé l’année suivante, dans le respect de la limite d’un plafond de 40 € par redevable. En conséquence, si la taxe GEMAPI est instituée dans votre commune, vous ne devrez pas payer plus de 40 €.
…affecté. Dernier point, notez que le produit de cette taxe est affecté exclusivement au financement des charges liées à l’exercice, par la commune ou l’EPCI, de la compétence de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations.
Taxe GEMAPI : qui paie ?
Les particuliers…Le montant global de la taxe est réparti entre toutes les personnes tenues au paiement des impôts fonciers (taxe foncière, taxe d’habitation et cotisation foncière des entreprises).
… et les entreprises. Sont donc tenus au paiement de cette taxe les particuliers comme les entreprises.
Base d’imposition. La base d’imposition à retenir pour calculer la taxe GEMAPI est la même que celle qui correspond à la part communale de l’impôt foncier auquel elle se rattache. Plus clairement, si votre commune vous demande de payer la taxe GEMAPI en même temps que votre taxe foncière, par exemple, la base d’imposition de la taxe GEMAPI sera la même que celle retenue pour le calcul de la taxe foncière.
Exonération ? Sont exonérés de taxe GEMAPI les organismes HLM (habitations à loyer modéré) et les sociétés d’économie mixte, pour les immeubles dont ils sont propriétaires et dont la location est attribuée sous condition de ressources.
Dégrèvements ? La commune ou l’EPCI peuvent établir des dégrèvements de taxe GEMAPI par délibération du conseil municipal ou de la communauté de communes. Rapprochez-vous de votre commune pour savoir si des dégrèvements (temporaires ou permanents) ont été mis en place par elle.
A retenir
La taxe GEMAPI est une taxe locale qui pèse sur les particuliers et les entreprises et qui se rattache aux impôts fonciers (taxe foncière, taxe d’habitation ou cotisation foncière des entreprises). Si vous êtes tenu au paiement de cette taxe, notez que la commune ou l’EPCI ne pourra pas vous réclamer plus de 40 €.
Cotisation foncière des entreprises : un minimum à payer
Cotisation minimum de CFE : qui et où ?
Tout le monde est concerné. Dès lors qu’une entreprise est redevable de la cotisation foncière des entreprises (CFE), elle devra au moins payer la cotisation minimum : concrètement, cette cotisation minimum est due à partir du moment où la valeur locative du local qui sert de base au calcul de cette CFE est inférieure à un montant minimum.
Sauf… Il existe toutefois des exceptions à cet assujettissement obligatoire à cette cotisation minimum. Parce que le paiement de cette cotisation minimum suppose d’être concerné par la CFE, elle n’est effectivement pas due :
- dès lors que votre entreprise bénéficie d’une exonération permanente ou temporaire de CFE ;
- l’année de création de l’entreprise ;
- par les redevables de la taxe pour frais de chambres de métiers et de l’artisanat assujettis au seul droit fixe ;
- par les redevables réalisant un chiffre d’affaires (ou un montant de recettes) inférieur ou égal à 5 000 € ;
- etc.
Pas d’activité ? Une entreprise sans salarié (notamment les autoentrepreneurs) qui n’exerce pas d’activité n’est pas concernée par cette cotisation foncière des entreprises minimum. En effet, elle est considérée comme n'ayant pas débuté son activité tant qu'elle n'a réalisé aucun chiffre d'affaires ou recettes.
Le saviez-vous ?
Bien entendu, les entreprises dont la CFE, calculée suivant les règles normales, excède la cotisation minimum, ne sont pas soumises à cette dernière.
Où ? Cette cotisation minimum est due au lieu du principal établissement de l’entreprise. Dans la mesure où, en pratique, la majorité des entreprises n’ont qu’un établissement, elle sera due à cette adresse. Mais certaines entreprises peuvent avoir plusieurs établissements. Dans cette hypothèse, la cotisation minimum de CFE sera due au lieu où :
- le chiffre d’affaires est le plus important, en cas d’activité commerciale ;
- la valeur des objets fabriqués est la plus élevée, en cas d’activité industrielle ;
- sont enregistrées les commandes ou le plus gros des commandes en cas de prestations de services.
Notez que si votre entreprise exerce une activité dite « mixte », ces mêmes règles seront appliquées sur l’activité prépondérante.
Pas de local ? Il peut arriver que, pour exercer votre activité, vous ne disposiez pas nécessairement d’un local d’exploitation. Dans ce cas, il faut distinguer plusieurs situations :
- si vous êtes titulaire d’un contrat de domiciliation commerciale, vous êtes redevable de la cotisation minimum au lieu de votre domiciliation ;
- si vous n’êtes pas sédentaire, vous êtes redevable de la cotisation minimum au lieu de la commune de rattachement mentionnée sur le récépissé de consignation ou, à défaut de ce récépissé, au lieu de votre habitation principale ;
- si vous êtes domicilié fiscalement au lieu de votre habitation, vous êtes redevable de la cotisation minimum à ce lieu.
Notez que si vous exercez une activité de remplacement (médecin généraliste par exemple), l’établissement principal sera celui où vous avez passé le plus de temps au cours de l’année concernée.
Le saviez-vous ?
Les commerçants non sédentaires qui ne disposent d'aucun local ni terrain ne sont pas imposables au lieu de leur emplacement de marché.
Cotisation minimum de CFE : combien ?
Un barème établi par la commune. C’est à la collectivité locale qu’il revient de déterminer les bases d’imposition de cette cotisation minimum. La CFE minimum est égale au produit de la base minimum par le taux global de CFE voté chaque année et applicable pour l'année d'imposition, augmenté des frais de gestion de la fiscalité directe locale.
Un barème. Pour 2023, le barème est le suivant :
|
Montant du chiffre d’affaires ou des recettes (en €) |
Montant de la base minimum (en €) – |
|
Inférieur ou égal à 10 000 |
Entre 237 et 565 |
|
Supérieur à 10 000 et inférieur ou égal à 32 600 |
Entre 237 et 1 130 |
|
Supérieur à 32 600 et inférieur ou égal à 100 000 |
Entre 237 et 2 374 |
|
Supérieur à 100 000 et inférieur ou égal à 250 000 |
Entre 237 et 3 957 |
|
Supérieur à 250 000 et inférieur ou égal à 500 000 |
Entre 237 et 5 652 |
|
Supérieur à 500 000 |
Entre 237 et 7 349 |
Chiffre d’affaires ? Le montant du chiffre d’affaires ou des recettes à prendre en compte correspond à celui réalisé au cours de la « période de référence » (ramenée le cas échéant sur 12 mois) : il s’agit de l'avant-dernière année civile (N-2) précédant celle de l'imposition ou le dernier exercice de 12 mois clos au cours de cette même année (si les dates de clôture de l'exercice ne coïncident pas avec l'année civile).
Le saviez-vous ?
La base minimum sert non seulement à calculer la CFE, mais aussi les impositions annexes ou additionnelles à cette CFE (taxe pour frais de chambre de commerce et d’industrie, taxe spéciale d’équipement, etc.).
A retenir
La cotisation minimum est due, par principe, par toutes les entreprises dont le montant de la cotisation foncière est calculé sur des bases très faibles. Il s’agit souvent, en pratique, d’entreprises qui disposent de très petites surfaces commerciales ou professionnelles.
- Articles 1647 D du Code général des impôts
- BOFiP-Impôts-BOI-IF-CFE-20 et suivants
- Réponse ministérielle Micouleau, Sénat, du 27 octobre 2016, n° 21171 (pas de CFE pour une entreprise sans activité)
- Loi n°2017-1837 du 30 décembre 2017 de finances pour 2018 (article 97)
- Décret n° 2019-559 du 6 juin 2019 portant incorporation au code général des impôts de divers textes modifiant et complétant certaines dispositions de ce code
- Arrêt du Conseil d’État du 10 juillet 2019, n° 413946 (notion de principal établissement)
- Communiqué de Presse du Ministre de l’Action et des Comptes Publics du 7 novembre 2019, n°862 (exonération de cotisation minimum pour les « très petites entreprises »)
- Décret n° 2020-897 du 22 juillet 2020 portant incorporation au code général des impôts de divers textes modifiant et complétant certaines dispositions de ce code
- Décret n° 2021-744 du 9 juin 2021 portant incorporation au code général des impôts de divers textes modifiant et complétant certaines dispositions de ce code
- Décret n° 2022-782 du 4 mai 2022 portant incorporation au code général des impôts de divers textes modifiant et complétant certaines dispositions de ce code
- Actualité du Bulletin officiel des finances publiques (BOFIP) du 24 août 2022 : « CFE –Précisions sur la définition du principal établissement pour l'imposition à une cotisation minimum – Actualisation pour 2022 du barème de fixation de la base minimum »
- BOFIP : BOI-IF-CFE-20-20-40-10
- BOFIP : BOI-IF-CFE-20-40-20
Cotisation foncière des entreprises : qui est concerné ?
Votre entreprise est-elle effectivement concernée ?
Peu importe la forme de l’entreprise… Que vous exerciez votre activité en entreprise individuelle ou par l’intermédiaire d’une société (SA, SAS, SARL, SNC, etc.), vous êtes susceptible de payer une cotisation foncière des entreprises (CFE).
Son régime d’imposition… Peu importe également votre régime fiscal : que votre société soit soumise à l’impôt sur les sociétés, que votre activité professionnelle soit taxée à l’impôt sur le revenu, que vous releviez du régime réel simplifié ou normal d’imposition, ou que vous puissiez bénéficier du régime des micros entreprises importe peu.
Son activité… La nature de l’activité est également indifférente, du moins d’une manière générale, puisque certaines activités peuvent bénéficier d’exonérations (voir infra). Que votre entreprise exerce donc une activité commerciale, artisanale, industrielle, libérale, etc. ne l’empêchera pas de payer une cotisation foncière des entreprises.
Cas particulier des activités de location nue. Si les activités de location ou sous-location meublée sont toujours taxables (sauf exceptions spéciales prévues par la loi), sachez que sont, désormais, considérées comme étant également exercées à titre professionnel, et par voie de conséquence, soumises à la CFE, les activités de location et de sous-location d'immeubles nus autres que celles liées aux immeubles à usage d'habitation, pour autant que les recettes annuelles retirées de cette activité soient d'au moins 100 000 € hors taxes.
CFE et taxe d’habitation ? Si la location porte sur des locaux meublés ne constituant pas l’habitation personnelle du loueur, ce dernier ne sera tenu qu’au paiement de la CFE. En revanche, si les locaux loués constituent également l’habitation personnelle du loueur, il sera non seulement soumis à la CFE, mais aussi à la taxe d’habitation.
Qu’est-ce qu’une activité imposable ? Le principe à retenir est le suivant : les entreprises passibles de la CFE sont celles qui exercent une activité « assujettie » à cette cotisation, c'est-à-dire celles qui exercent, à titre habituel, une activité professionnelle non salariée.
Exemple. Il a pu être jugé que les revenus perçus par une entreprise au titre de la concession d’une marque établissaient l’existence d’une activité exercée à titre professionnelle dès lors :
-
que l’entreprise affecte des moyens matériels et humains à cette activité de concession (de manière régulière et effective) ;
-
ou que l’entreprise a la possibilité de participer à l’exploitation du concessionnaire (c’est-à-dire de la personne qui a le droit d’utiliser la marque) et est rémunérée en conséquence.
Des entreprises exonérées de cotisation
Plusieurs modalités d’exonérations possibles. La loi prévoit plusieurs cas d’exonérations :
-
une entreprise peut bénéficier d’une exonération dite facultative, permanente ou temporaire, c’est-à-dire que cet avantage fiscal suppose une décision des collectivités locales bénéficiaires de la CFE :
-
soit l’exonération suppose une délibération de la collectivité ;
-
soit le bénéfice est acquis en l’absence de délibération contraire ;
-
-
une entreprise peut également bénéficier d’une exonération dite de plein droit : vous n’avez pas ici besoin de rechercher si une délibération de la collectivité a été ou non prise pour en bénéficier.
Consultez la liste des exonérations possibles. Nous avons synthétisé les exonérations possibles en matière de cotisation foncière des entreprises.
- Consultez la liste des activités et des personnes bénéficiant d'une exonération
Cas particulier des activités agricoles. Les exploitants qui exercent une activité de nature agricole sont, par principe, exonérés de CFE pour les bâtiments qui sont affectés à cette activité : plus simplement, la valeur locative de ces bâtiments n’est pas prise en compte pour le calcul de la cotisation due par le professionnel. En revanche, cette exonération ne s’applique pas lorsque les bâtiments sont affectés à une activité de nature industrielle et commerciale.
Et si un panneau photovoltaïque est installé sur une grange ? La base d’imposition à la CFE des entreprises qui produisent de l’énergie photovoltaïque ne comprend pas la valeur locative des panneaux photovoltaïques. Elle intègre uniquement la valeur locative des biens passibles de taxe foncière (c’est-à-dire des bâtiments) sur lesquels sont installés ces panneaux. Donc, si l’agriculteur ne dispose d’aucun bien passible de taxe foncière (comme c’est généralement le cas des bâtiments affectés à l’exploitation agricole), les panneaux photovoltaïques ne seront pas compris dans sa base d’imposition à la CFE.
À retenir
Parce que l’activité est exercée habituellement à titre professionnel, elle est par définition soumise à la CFE. Voilà pourquoi la plupart des entreprises sont concernées, quels que soient leur forme, leur activité, leur régime d’imposition.
J'ai entendu dire
Vous dites que les loueurs d’immeubles nus, autre que ceux à usage d’habitation, sont soumis à la CFE si le montant des loyers est supérieur à 100 000 € par an. Comment doit-on apprécier ce seuil ? Doit-on tenir compte des seuls loyers ou peut-on tenir compte des charges ?Il s’agit bien du montant des recettes hors taxes annuelles qui doit être inférieur à 100 000 €. Par recettes, il faut entendre, en outre, non seulement le montant des loyers, mais aussi le montant des dépenses qui vous incombe normalement, mais mises par convention à la charge des locataires ou sous-locataires, des subventions et indemnités destinées à financer des charges déductibles de l’impôt sur le revenu, des recettes provenant de la location du droit d’affichage ou du droit de chasse, etc. Aucune charge n’est admise en déduction.
- Articles 1447 et suivants du Code général des impôts
- BOFiP-Impôts-BOI-IF-CFE-10 et suivants
- Réponse ministérielle Micouleau, Sénat, du 7 avril 2016, no 21171 (pas de CFE pour une entreprise sans activité)
- Arrêt du Conseil d’État du 19 juin 2017, no 396780 (CFE et entreprise distributrice/entreprises gérantes)
- Arrêt de la Cour administrative d’appel de Nancy du 28 septembre 2017, no 16NC00177 (CFE et SCM)
- Réponse ministérielle Melchior du 4 septembre 2018, Assemblée nationale, no 3987 (activité agricole et panneaux photovoltaïques)
- Réponse ministérielle Robert du 6 septembre 2018, Sénat, no 05995 (exonération pour les auteurs compositeurs)
- Arrêt du Conseil d’État du 11 janvier 2019, no405031 (concession de marque et activité professionnelle)
- Loi de finances pour 2019 du 28 décembre 2018, no 2018-1317, article 173 (exonération de CFE pour les médecins)
- Actualité BOFiP du 3 juillet 2019 (exonération de CFE pour les librairies)
- Arrêt du Conseil d’Etat du 9 octobre 2019, no 417676 (exonération de CFE pour les personnes qui louent en meublé une partie de leur habitation principale)
- Réponse ministérielle Folliot du 15 octobre 2019, Assemblée Nationale, no 19550 (pas d’exonération pour les convoyeurs médicaux)
- Actualité BOFiP-Impôts du 07/08/2019 (exonération des cabinets médicaux secondaires)
- Arrêt du Conseil d’État du 13 février 2020, no 420760 (gérance de magasin et redevable de la CFE)
- Arrêt de la Cour administrative d’appel de Paris du 24 juin 2020, no 19PA02045 (location de locaux nu par une société qui participe à l’exploitation de son locataire, et soumission à la CFE)
- Réponse ministérielle Portarrieu du 29 septembre 2020, Assemblée nationale, no 7364 (location de locaux meublés : CFE et taxe d’habitation)
- Réponse ministérielle Sautarel du 28 janvier 2021, Sénat, no 19856 (activité agricole et panneaux photovoltaïques)
- Arrêt du Conseil d’État du 7 juillet 2022, no 440424 (organisation de producteurs et exonération de CFE)
- Arrêt du Conseil d'État du 20 septembre 2022, no 461477 (vente de salades assemblées et caractère agricole de l’activité exercée)
- Réponse ministérielle Folest du 18 avril 2023, Assemblée nationale, no 5365 : « Assujettissement des maisons de santé pluriprofessionnelles à la CFE »
- Arrêt de la Cour administrative d’appel de Toulouse du 28 mars 2024, no 22TL00645 (changement d’établissement en cours d’année)
CFE : que devez-vous faire en cas de changement d'exploitant ?
Déclaration de la CFE en cas de changement d'exploitant
Pour le nouvel exploitant. En cas de changement d'exploitant, une déclaration provisoire (n° 1447-C-SD) doit être fournie par le nouvel exploitant avant le 1er janvier de l'année suivant celle de la création ou du changement.
En pratique… Il faut déclarer les éléments qui vont servir de base d’imposition à la CFE, autrement dit, en pratique, mentionner :
- les renseignements d’identification de l’entreprise,
- l’origine de l’établissement (s’il s’agit d’une création, d’une reprise, d’un transfert, etc.),
- les renseignements relatifs à l’ancien exploitant,
- les éléments d’identification des biens passibles d’une taxe foncière (nature, adresse, situation, superficie, occupant précédent, affectation, etc.),
- les éventuelles exonérations ou abattements spécifiques.
Le saviez-vous ?
On évoque, à tort, le terme de déclaration « provisoire », car, en réalité, cette déclaration ne sera modifiée que dans des hypothèses limitées (uniquement en cas de modification ultérieure de la consistance des locaux servant de base d’imposition ou en vue d’obtenir une exonération spéciale). Il est donc important de renseigner correctement cette déclaration « provisoire ».
Pour l’ancien exploitant. L'ancien exploitant, quant à lui, doit faire la déclaration de ce changement à son service des impôts avant le 1er janvier de l'année suivant celle du changement lorsque le changement intervient en cours d'année, ou avant le 1er janvier de l'année du changement lorsque celui-ci prend effet au 1er janvier.
A noter. Si ce changement ne porte que sur une partie de l'établissement, il faut souscrire dans les mêmes délais une déclaration rectificative de ses bases de CFE : il s’agira de compléter une déclaration n° 1447-M-SD qui aura pour objectif de porter à la connaissance de l’administration les changements intervenus qui auront une incidence sur le calcul de la cotisation foncière des entreprises (modification de la surface des locaux, suppression d’un local d’exploitation suite à la cession, éventuelle demande d’une nouvelle exonération, etc.).
Paiement de la CFE en cas de changement d'exploitant
L'année du changement. Vous devez distinguer 2 situations :
- si la vente de l'entreprise ou du fonds de commerce intervient en cours d'année, le vendeur reste imposé pour l'année entière et l’acheteur n'est pas imposable ;
- si le changement prend effet au 1er janvier, le nouvel exploitant est imposé sur les bases relatives à l'activité de son prédécesseur ; toutefois, lorsque le changement ne porte que sur une partie de l'activité exercée et dès lors que les éléments cédés constituent un établissement, le nouvel exploitant n'est imposé que sur les bases correspondant aux éléments acquis et le cédant, sauf cessation complète d'activité, reste imposable sur les éléments de l'activité poursuivie.
Le saviez-vous ?
Si l'acte de vente prévoit que tout ou partie de la cotisation foncière des entreprises sera à la charge de l’acquéreur, il faut savoir que cette convention ne produit pas d’effet vis-à-vis de l’administration fiscale : pour cette dernière, le redevable légal demeure le cédant, qui sera le seul débiteur qu’elle poursuivra en cas de défaut de paiement.
Les années suivantes. Pour les deux années suivant l'année du changement, le nouvel exploitant est imposé de la manière suivante : la base de sa CFE est constituée des biens dont il a eu la disposition pour les besoins de son activité au 31 décembre de sa première année d'activité.
A retenir
En cas de changement d’exploitant du fonds de commerce en cours d’année, la cotisation foncière des entreprises est, par principe, due par le vendeur pour l’année entière ; le nouvel acquéreur ne paiera cette cotisation qu’à compter de l’année suivante.
N’oubliez pas de compléter la déclaration provisoire en cas de création ou de reprise d’un fonds de commerce.
J'ai entendu dire
- Articles 1467-A, 1477 et 1478 du Code Général des Impôts
- BOFiP-Impôts-BOI-IF-CFE-30-20
- Arrêt du Conseil d'État du 30 septembre 2022, n° 451948 (date prise en compte pour le calcul de la base d’imposition)
Cotisation foncière des entreprises : déclarer et payer votre cotisation
Déclarez votre cotisation foncière des entreprises
Comment déclarer ? En pratique, vous n'avez pas de déclaration à remplir, sauf dans les hypothèses suivantes :
- en cas de création d'entreprise, si vous reprenez une entreprise, ou si vous créez un nouvel établissement, vous devez compléter et envoyer à votre service des impôts une déclaration no 1447-C-SD (imprimé disponible sur www.impots.gouv.fr) au plus tard le 31 décembre de l'année de la création ;
- en cas de modification de vos biens imposables (prise à bail de nouveaux locaux, modification de la surface de vos locaux imposables par exemple), ou si vous sollicitez une exonération facultative, vous devez déposer une déclaration no 1447-M-SD (imprimé disponible sur www.impots.gouv.fr) au plus tard le 2e jour ouvré qui suit le 1er mai de l'année précédant celle de l'imposition.
Pour les activités immobilières. Si vous exercez une activité de location de locaux nus (autres que des logements), vous êtes assujetti à la CFE si le montant de vos recettes dépasse 100 000 € hors taxes. Si votre chiffre d'affaires évolue, de sorte qu’il vient à franchir ce seuil, dans un sens ou dans un autre, vous devrez déposer une déclaration de CFE no 1447-M pour tenir compte de cette évolution.
En cas de vente de l’entreprise ou du fonds de commerce. Dans cette hypothèse, l’ancien exploitant doit informer l’administration de la vente de l’entreprise (il n’y a pas de formulaire particulier à remplir), qu’il s’agisse d’ailleurs d’une cession totale ou partielle. Il ne faut pas oublier, en cas de cession partielle, de faire une nouvelle déclaration pour rectifier, éventuellement, les bases d’impositions à la CFE.
En cas de déménagement. Si vous transférez votre activité dans une autre commune, n’oubliez pas d’envoyer à votre service des impôts des entreprises, au plus tard le 31 décembre de l’année du transfert, une déclaration no 1447-C-SD mentionnant votre nouvelle adresse dans la commune d’arrivée, et les éléments nécessaires au calcul de votre cotisation.
Payez votre cotisation foncière des entreprises
Un avis d’imposition. En pratique, un avis d’imposition à la CFE est établi pour chaque établissement de l’entreprise. Cet avis récapitule vos base d’imposition, les taux votés par les collectivités, le montant obtenu étant, en outre, majoré de frais de gestion perçus au profit de l'État, des taxes consulaires et, le cas échéant, des taxes spéciales d'équipement.
Un acompte et un solde. Au plus tard au 15 juin de chaque année, vous devez payer un acompte (égal à 50 % de la CFE de l'année précédente), aucun acompte n'étant dû si le montant de la CFE de l'année précédente était inférieur à 3 000 €. Le solde de la cotisation est versé au plus tard le 15 décembre de chaque année.
Attention. Si la date limite de paiement correspond à un samedi, un dimanche ou un jour férié, la date limite de paiement est automatiquement au 1er jour ouvrable suivant. Sachez que le défaut ou le retard de paiement est sanctionné par une majoration de 5 %, à laquelle s'ajoute l'intérêt de retard au taux de 0,20 % par mois de retard.
Le saviez-vous ?
Vous devez obligatoirement payer votre CFE par prélèvement (mensuel ou à l’échéance) ou par télérèglement en ligne. Si votre entreprise relève de la direction des grandes entreprises (DGE), vous devez obligatoirement payer votre CFE par télérèglement.
En outre, les avis d'acompte et d'imposition sont désormais uniquement disponibles sur votre compte fiscal en ligne. Vous ne recevez donc plus d’avis d’imposition par La Poste.
Option pour le prélèvement mensuel. Si vous envisagez d’opter pour le prélèvement mensuel, voilà la marche à suivre :
- si l’option est formulée entre le 1er janvier et le 30 juin, les prélèvements mensuels seront effectués à compter du mois qui suit l’exercice de l’option ou à compter du 1er janvier de l’année suivante si vous le précisez à l’administration.
- si l’option est formulée après le 30 juin, les prélèvements mensuels seront effectués à compter du 1er janvier de l’année suivante.
Dénonciation de l’option. L’option est reconduite tacitement sauf à ce que vous la dénonciez. Si vous souhaitez renoncer à cette mensualisation, vous devrez formuler une demande en ce sens au plus tard le 30 septembre.
Minorer le montant de votre acompte ? Sachez que c’est possible, mais sous votre propre responsabilité (ce qui signifie qu’en cas d’erreur de plus de 10 %, vous encourez une majoration de 5 % et l’application d’un intérêt de retard), notamment si :
- vous estimez que vos bases d’imposition seront réduites de 25 % au moins par rapport à l’année précédente ;
- vous envisagez de cesser votre activité au cours de l’année ;
- vous bénéficiez du plafonnement en fonction de la valeur ajoutée : dans ce cas, vous pouvez imputer la moitié du dégrèvement attendu sur le montant de l’acompte.
Une dispense d’acompte. Si le montant de l’acompte ainsi réduit devient inférieur à 1 500 €, vous n’aurez pas à le payer.
Avis de cotisation foncière des entreprises : quelques vérifications à faire
Un avis de CFE. Au moment de payer le solde de cotisation foncière des entreprises, vous aurez à votre disposition un avis de cotisation (consultable en ligne dans votre compte fiscal professionnel sur www.impots.gouv.fr), sur lequel figurera le détail du calcul de votre cotisation et des taxes et contributions annexes. Avant de payer, un audit de cet avis mérite d’être effectué.
Quelques vérifications. Voici quelques questions qu’il convient de se poser :
- la réception de l’avis : assurez-vous que l’avis de cotisation est envoyé au bon destinataire (ce sera particulièrement vrai en cas de vente d’une entreprise ou de changement d’exploitant) ; si ce n’est pas le cas, il faudra procéder à une réclamation auprès du service des impôts ;
- les exonérations : vérifiez si vous pouvez ou non bénéficier d’une exonération de cotisation foncière des entreprises ;
- la base de calcul : munissez-vous de l’avis de CFE des années précédentes et vérifiez que la base de calcul retenue par l’administration est cohérente par rapport à celle retenue précédemment (bien entendu, si des investissements ou des évènements comme un déménagement par exemple sont intervenus depuis, la base d’imposition aura nécessairement évoluée en conséquence) ;
- toujours sur la base de calcul : si vous avez créé votre activité l’année précédente, vous devez bénéficier d’une réduction de moitié de votre base d’imposition ;
- toujours sur la base de calcul : vérifiez que vous pouvez prétendre à une réduction de cette base de calcul, notamment les entreprises saisonnières et les artisans soumis à la CFE et employant au plus 3 salariés ;
- les dégrèvements possibles : vérifiez si vos bases d’imposition ont diminué d’une année sur l’autre ;
- le montant à payer : vérifiez le calcul fait par l’administration.
À retenir
Sauf changement notoire, ou en cas de création d’entreprise, vous n’avez pas de déclaration spécifique à remplir tous les ans pour votre cotisation foncière des entreprises. Notez avec précision la date du 15 juin pour le paiement de votre acompte.
- Articles 1477, 1478, 1679 quinquies du Code général des impôts
- Articles 1600 à 1602 A du Code général des impôts (taxes pour frais de chambres consulaires)
- Articles 1727, 1731, 1731 B et 1738 du Code général des impôts
- Article R 196-2 du Livre des procédures fiscales
- Article 199-0 de l’annexe IV du Code général des impôts
- BOFiP-Impôts-BOI-IF-CFE-30 et suivants
- BOFiP-Impôts-BOI-IF-CFE-40-10
- BOFiP-Impôts-BOI-REC-PRO-20-20
- Décret no 2017-975 du 10 mai 2017 portant application de l’article 60 de la loi no 2016-1917 du 29 décembre 2016 de finances pour 2017 et modification des modes de paiement des impôts sur rôle
- Loi de finances rectificative pour 2017 du 28 décembre 2017, no 2017-1775 (article 55)
- Réponse ministérielle Tolmont, Assemblée Nationale, du 2 avril 2019, no 16263
- Communiqué de presse du ministère de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique du 6 novembre 2023, no 1301 : « Avis d’impôt 2023 de Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) et d’Imposition Forfaitaire sur les Entreprises de Réseaux (IFER) »
- Communiqué de presse du ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique du 4 décembre 2023, no 1411 : « Paiement du solde de CFE : les entreprises touchées par les récentes catastrophes climatiques peuvent demander des facilités de paiement »
Cotisation foncière des entreprises : comment est-elle calculée ?
Sur quelle base est calculée la cotisation foncière ?
Les biens taxés. Sont soumises à cette cotisation les propriétés bâties (les constructions : locaux d’exploitation, bâtiments et installations industrielles, locaux de stockage, bureaux, etc.) et non bâties (les terrains). Les biens qui sont taxables sont ceux dont vous avez la disposition au cours de la 'période de référence', pour les besoins de l'activité professionnelle.
C’est l’administration. Vous n'avez pas de calcul à faire : la base d'imposition correspond à la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière, déterminée en fonction des règles retenues pour l'établissement de la taxe foncière. Les modalités de calcul sont donc effectuées par les services de l'administration fiscale. Quant aux taux, ils sont votés, chaque année, par les collectivités locales.
=> Pour plus de précisions à ce sujet, consultez nos fiches « Taxe foncière et locaux industriels : ce qu’il faut savoir… » et « Taxe foncière et locaux professionnels : ce qu’il faut savoir… »
Attention. La détermination de la nature du bâtiment imposable est importante : selon que le bâtiment est un local industriel ou un local professionnel, la valeur locative ne se calcule pas de la même façon. A surface égale, le montant de CFE dû ne sera pas le même pour un local industriel et pour un local professionnel.
Le saviez-vous ?
Peu importe que vous soyez propriétaire ou locataire du local d’exploitation ou de vos bureaux professionnels : les biens donnés en location, pris en crédit-bail ou encore mis à disposition sont taxables chez le locataire, le crédit preneur ou, le cas échéant, l'utilisateur à titre gratuit de l'immeuble en question.
Des biens à la disposition de l’entreprise… Une entreprise est soumise à la CFE pour les biens qu’elle contrôle et qui sont utilisés matériellement pour la réalisation des opérations qu’elle effectue. Dans certains cas, il faut noter que le critère de l’utilisation matérielle n’est pas toujours pertinent pour savoir qui sera effectivement redevable de la cotisation foncière.
… pour les besoins de l’activité. Le bien ne sera toutefois retenu dans la base de calcul de la cotisation foncière que s’il est affecté à un usage professionnel, c’est-à-dire susceptible d’être utilisé comme instrument de travail. Un local affecté à un usage exclusif d’habitation ne sera ainsi pas pris en compte, même s’il figure au bilan d’une entreprise.
Sur quelle période ? Les biens taxés sont ceux dont votre entreprise a la disposition au cours de la « période de référence » : il s’agit de l'avant-dernière année civile (N-2) précédant celle de l'imposition ou le dernier exercice de 12 mois clos au cours de cette même année (si les dates de clôture de l'exercice ne coïncident pas avec l'année civile).
Concrètement, 3 situations sont à distinguer :
- vous avez clôturé votre exercice de 12 mois au 31 décembre N-2 : il faut retenir les biens à votre disposition au 31 décembre N-2 ;
- vous avez clôturé votre exercice de 12 mois N-2 en cours d'année : il faut retenir les biens à votre disposition à la clôture de l'exercice ;
- vous n'avez clôturé aucun exercice de 12 mois en N-2 : il faut retenir les biens à votre disposition au 31 décembre N-2.
Le saviez-vous ?
En cas de création d'établissement, la CFE n'est pas due au titre de l'année de la création. Pour les 2 années suivantes, la CFE a pour base d'imposition la valeur locative des biens dont vous avez disposé au 31 décembre de la première année d'activité. Au titre de la 2ème année d'activité, la base d'imposition est, en outre, réduite de moitié.
En cas de cessation d'activité en cours d'année (hors cession), la CFE n'est pas due pour les mois restant à courir (faites une demande en ce sens, le cas échéant, avant le 31 décembre de l’année qui suit celle de la mise en recouvrement).
Important. Ne tenez compte que des biens dont votre entreprise dispose à la fin de cette période de référence : si des biens sont vendus ou détruits, ou encore ont cessé d'être loués, ils ne doivent pas être pris en compte. En contrepartie, aucune réduction prorata temporis n'est faite en cas d'acquisition ou de location d'un bien en cours d'année.
Une particularité pour l’activité immobilière. Pour rappel, les activités de location et de sous-location d'immeubles nus autres que celles liées aux immeubles à usage d'habitation sont soumises à la CFE pour autant que les recettes annuelles retirées de cette activité soient d'au moins 100 000 € hors taxes. Pour le calcul de cette CFE, il faut savoir que ne sont pas prises en compte les parties communes des immeubles dont dispose l'entreprise qui exerce une activité de location ou de sous-location d'immeubles. Cette règle, qui ne vaut que pour les immeubles en copropriété, ne s’applique pas si l’entreprise est seule propriétaire de l’immeuble mis en location.
Des abattements possibles. Diverses mesures de réductions de la base d'imposition sont prévues (et concernent par exemple les installations portuaires et aéroportuaires, les installations antipollution, les coopératives, les diffuseurs de presse, etc.). Parmi ces différentes mesures, citons :
- les entreprises saisonnières (notamment les hôtels de tourisme, restaurants, cafés, discothèques exerçant une activité comprise entre 12 et 41 semaines dans l'année, de manière continue ou discontinue) qui bénéficient d'une réduction prorata temporis de leur base d'imposition ;
- les artisans (dès lors qu'ils ne sont pas exonérés de CFE), immatriculés au répertoire des métiers, qui emploient au plus 3 salariés et effectuent principalement des travaux de fabrication, de transformation, de réparation et pour lesquels la rémunération du travail représente plus de 50 % du chiffre d'affaires TTC, qui bénéficient d'une réduction de base d'imposition. Le montant de cette réduction est égale à 75 % de la base d’imposition en cas d'emploi d'un salarié, 50 % en cas d'emploi de deux salariés, 25 % en cas d'emploi de 3 salariés.
Une cotisation minimum
Si la base d’imposition est faible… Les entreprises sont soumises, hors cas d’exonération, au paiement d’une cotisation minimum. Ce sera le cas si la valeur locative de votre local imposable est trop faible. Notez que les petites entreprises louant des espaces de bureaux d’une surface relativement faible sont souvent concernées par cette cotisation minimum.
Vous payez une cotisation minimum. Cette cotisation est calculée sur une base fixée par le Conseil municipal du lieu d'implantation de votre établissement (ou, le cas échéant, par l’établissement public de coopération intercommunale).
=> Pour en savoir plus, consultez la fiche « Cotisation foncière des entreprises : un minimum à payer »
A retenir
Vous n’avez aucun calcul à faire : c’est l’administration fiscale qui détermine la valeur locative des locaux imposables. Cela étant, vérifiez tout de même si vous pouvez bénéficier d’une éventuelle réduction ou abattement.
J'ai entendu dire
Vous affirmez que les entreprises sont, en tout état de cause, soumises à une cotisation minimum de CFE. Mais est-ce vraiment le cas si l’entreprise bénéficie d’une exonération de CFE ?Non, et vous avez raison de le souligner. Le paiement d’une cotisation minimum suppose que l’entreprise soit effectivement soumise à la CFE, mais sur une base inférieure à celle retenue pour le calcul de la cotisation minimum. Donc, si vous êtes exonéré de CFE, vous n’avez pas à payer de cotisation minimum, du moins pendant le temps où vous bénéficiez de l’exonération.
En cas de cessation d’activité en cours d’année, peut-on obtenir un dégrèvement de CFE ?
Oui, si vous cessez toute activité dans l’établissement en question : vous ne serez alors pas redevable de la CFE pour les mois restant à courir (sauf en cas de vente de l'activité exercée dans l'établissement ou en cas de transfert d'activité). Ce dégrèvement « prorata temporis » s‘applique sur demande de votre part à faire avant le 31 décembre de l’année qui suit celle de la mise en recouvrement.
- Articles 1467 et suivants du Code général des impôts
- BOFiP-Impôts-BOI-IF-CFE-20 et suivants
- Réponse ministérielle Micouleau, Sénat, du 27 octobre 2016, n° 21171 (pas de CFE pour une entreprise sans activité)
- Arrêt de la cour administrative d’appel de Lyon du 17 octobre 2017, n°17LY02115 (valeur locative et local industriel/local professionnel)
- Arrêt du Conseil d’État du 26 janvier 2018, n°402269 (base d’imposition et contrat de concession d’un emplacement de marché)
- Loi de finances pour 2018 du 30 décembre 2017 (article 97)
- Arrêts de la cour administrative d’appel de Paris du 6 novembre 2017, n°16PA02846 et 16PA03819 (espaces fournisseurs dans les grands magasins)
- Arrêt du Conseil d’État du 14 février 2018, n°409099 (base d’imposition et sous-location d’appartements meublés dans une résidence services)
- Arrêt du Conseil d’État du 25 juin 2018, n°413466 (atelier de menuiserie : bâtiment industriel ou professionnel ?)
- Décret n° 2018-500 du 20 juin 2018 portant incorporation au code général des impôts et au code des douanes de divers textes modifiant et complétant certaines dispositions de ces codes (base minimum de cotisation pour 2019)
- Loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises
- Arrêt du Conseil d’État du 12 avril 2019, n° 417145 (CFE et grand magasin)
- Communiqué de Presse du Ministre de l’Action et des Comptes Publics du 7 novembre 2019, n°862 (exonération de cotisation minimum pour les « très petites entreprises »)
- Arrêt du Conseil d’État du 27 novembre 2019, n°427213 (laboratoire boucherie-charcuterie : local industriel ou professionnel ?)
- Arrêt de la cour administrative d’appel de Marseille du 1er octobre 2019, n°18MA02568 (CFE due par l’exploitant d’un terrain de camping)
- Arrêt du Conseil d’État du 6 novembre 2020, n° 439348 (CFE et parties communes des immeubles en copropriété)
- Arrêt de la cour administrative d’appel de Paris du 18 novembre 2020, n°19PA00802 (CFE, local d’une pâtisserie et appréciation de la limite légale de 500 000 €)
- Arrêt de la cour administrative d’appel de Nancy du 20 janvier 2022, n°20NC03269 (utilisation conjointe d’un bien immobilier)
- Arrêt de la cour administrative d’appel de Versailles du 31 mai 2022, n°20VE01922 (bâtiment dédié à la recherche et notion de local industriel)
- Arrêt du Conseil d'État du 30 septembre 2022, n°451948 (date prise en compte pour le calcul de la base d’imposition)
- Arrêt de la cour administrative d’appel de Douai du 15 septembre 2022, n° 21DA00479 (alvéoles d’enfouissement et exonération de la CFE)
- Arrêt du Conseil d'État du 15 novembre 2022, n° 449273 (panneaux solaires installés sur un bâtiment agricole)
- Arrêt du Conseil d’État du 9 juin 2023, n°466930 (réduction base d’imposition local industriel)
TVA et travaux dans les logements : 5,5 % sous conditions
TVA au taux de 5,5 % : quelles conditions ?
Plusieurs taux. 3 taux de TVA sont désormais susceptibles de s’appliquer dans le cadre de la réalisation, par une entreprise, de travaux dans un logement (achevé depuis plus de 2 ans) : 5,5 %, 10 % et 20 %. L’application du taux réduit de 5,5 % n’est effective que depuis le 1er janvier 2014 : pour quels travaux ?
5,5 % pour quels travaux ? Sont visés certains travaux d’amélioration de la qualité énergétique des logements (achevés depuis plus de 2 ans), correspondant à ceux retenus pour le dispositif MaPrimeRévov’, à savoir les travaux de pose, d’installation et d’entretien des matériaux et équipements suivants :
- les chaudières à condensation ;
- les chaudières à micro-cogénération gaz d’une puissance de production électrique inférieure ou égale à 3 kilovolt-ampères par logement ;
- les matériaux d’isolation thermique des parois opaques ou vitrées, de volets isolants ou de portes d’entrée donnant sur l'extérieur ;
- les matériaux de calorifugeage de tout ou partie d’une installation de production ou de distribution de chaleur ou d’eau chaude sanitaire ;
- les appareils de régulation de chauffage ;
- les équipements de production d’énergie utilisant une source d’énergie renouvelable, à l’exception des équipements de production d’électricité utilisant l’énergie radiative du soleil, ou des pompes à chaleur, autres que air/ air, dont la finalité essentielle est la production de chaleur ou d’eau chaude sanitaire ;
- l'échangeur de chaleur souterrain des pompes à chaleur géothermiques ;
- les équipements de raccordement à un réseau de chaleur, alimenté majoritairement par des énergies renouvelables ou par une installation de cogénération.
Des caractéristiques techniques. Ces différents matériaux et équipements doivent respecter des caractéristiques techniques précises.
Des conditions à respecter. Les prestations de rénovation énergétique qui répondent aux conditions suivantes relèvent du taux réduit de TVA à 5,5 % :
- elles sont effectuées dans des locaux achevés depuis au moins 2 ans ;
- les locaux en question sont affectés ou destinés à être affectés, à l’issue des travaux, à un usage d’habitation ;
- les prestations portent sur la pose, l’installation, l’adaptation ou l’entretien de matériaux, d’équipements, d’appareils ou de systèmes ayant pour objet d’économiser de l’énergie ou de recourir à de l’énergie produite à partir de sources renouvelables par l’amélioration :
- de l’isolation thermique ;
- du chauffage et de la ventilation ;
- de la production d’eau chaude sanitaire.
TVA au taux de 5,5 % : focus sur les « travaux induits indissociables »
Travaux « induits » ? Sont soumis aux taux réduit de 5,5 % les travaux induits qui sont indissociablement liés aux travaux d’amélioration de la qualité énergétique, eux-mêmes soumis au taux de 5,5 %.
Travaux « indissociables » ? Par travaux induits qui sont indissociablement liés aux travaux d’amélioration de la qualité énergétique, il faut entendre les travaux qui portent sur la même pièce que celle sur laquelle ont porté ces travaux d’amélioration ou sur les éléments du bâti directement affectés par ces travaux d'amélioration. Ainsi, par exemple, si une fenêtre double vitrage est installée dans une salle de bain, les éventuels travaux de peinture et de plâtrerie consécutifs à la pose de cette fenêtre double vitrage dans la salle de bain sont soumis au taux de 5,5 %. Si le client en profite pour faire repeindre les murs de sa cuisine, ces travaux-là sont soumis au taux qui leur est propre.
Attention ! Pour être éligibles au taux de 5,5 %, ces travaux induits doivent être facturés dans un délai maximum de trois mois à compter de la date de facturation des travaux d’amélioration de la qualité énergétique auxquels ils sont liés (une éventuelle facture complémentaire ou rectificative ne peut pas rouvrir le délai). A défaut, ces travaux induits s’apprécient comme des travaux indépendants qui doivent être soumis au taux de TVA qui leur est propre.
À noter. Lorsque les travaux induits précèdent les travaux d’amélioration auxquels ils sont indissociablement liés (par exemple, les travaux de forage et de terrassement nécessaires à l’installation de l’échangeur de chaleur souterrain des pompes à chaleur géothermique), ces derniers doivent aussi être facturés dans un délai maximum de trois mois à compter de la facturation des travaux induits. Là encore, si cette condition n’est pas respectée, ces travaux induits seront considérés comme des travaux indépendants qui doivent être soumis au taux de TVA qui leur est propre.
A retenir
Bénéficient du taux réduit de TVA fixé à 5,5 % les travaux d’amélioration de la qualité énergétique des logements (achevés depuis plus de 2 ans), mais aussi les travaux induits qui leur sont indissociablement liés, pour autant que ces derniers soient facturés dans les 3 mois à compter de la date de facturation des travaux d’amélioration de la qualité énergétique auxquels ils sont liés.
- Articles 278-0 bis et 278-0 bis A du Code général des impôts
- Article 18 bis de l’annexe IV du Code général des impôts
- Arrêté du 29 décembre 2013 pris pour l'application de l'article 200 quater du code général des impôts relatif au crédit d'impôt sur le revenu en faveur des dépenses d'équipement de l'habitation principale au titre des économies d'énergie et du développement durable
- BOFiP-Impôts-BOI TVA-LIQ-30-20-95
- Arrêté du 30 décembre 2015 pris pour l'application de l'article 200 quater du code général des impôts relatif au crédit d'impôt sur le revenu pour la transition énergétique
- Réponse ministérielle Carrez, Assemblée nationale du 4 avril 2017, n°93563
- Réponse ministérielle Maillart-Méhaignerie du 12 juin 2018, Assemblée nationale, n°649 (exclusion de certaines dépenses du CITE et maintien du taux de TVA à 5,5 %)
- Loi de finances pour 2019 du 28 décembre 2018, n°2018-1317, article 182
- Réponse ministérielle Lemoine du 3 mars 2020, Assemblée nationale, n°25157 (rejet d’une demande tendant à augmenter le taux de TVA applicable)
- Loi de finances pour 2023 du 30 décembre 2022, n°2022-1726 (article 65)
