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Vous recevez un avis de contrôle Urssaf : les 1ers réflexes, les 1ères questions, les 1ères décisions

Date de mise à jour : 21/04/2023 Date de vérification le : 21/04/2023 33 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Ce matin, au courrier, vous signez un recommandé postal qui contient un avis de contrôle Urssaf. Forcément, à l’annonce d’un contrôle Urssaf, on s’interroge : qu’est-ce-que l’inspecteur vient chercher ? Jusqu’à quand peut-il remonter ? Peut-on se faire assister ? Où l’installer ? Pour les réponses, lisez ce qui suit…

Rédigé par l'équipe WebLex.
Vous recevez un avis de contrôle Urssaf : les 1ers réflexes, les 1ères questions, les 1ères décisions


Décryptez l’avis de contrôle…

Qui dit avis de contrôle… Un avis de contrôle est annonciateur d’une visite prochaine d’un inspecteur Urssaf dans vos locaux. Au-delà de la contrainte inhérente à ce type d’intervention, n’oublions pas que ce type de contrôle, dans un système déclaratif comme le nôtre, est un évènement normal dans la vie de l’entreprise et consistera principalement à vérifier le respect de la législation sociale et l’exactitude des montants versés, ainsi que l’exactitude des cotisations de retraite complémentaire obligatoire et des contributions d’assurance chômage. Cela ne nous empêche toutefois pas d’être vigilants face à un contrôle Urssaf annoncé. Quels sont les premiers réflexes et les premières décisions à prendre ?

... dit « obligation ». Cet avis de contrôle est obligatoire : un contrôle qui débuterait sans remise préalable d’un avis de contrôle ne serait pas valable (et encourrait la nullité). Sachez que cet avis doit vous être remis au moins 15 jours avant le début des opérations de contrôle.

Le saviez-vous ?

En pratique envoyé en recommandé avec accusé réception, cet avis peut toutefois vous être remis ou adressé par tout autre moyen, permettant de rapporter la preuve de sa date de réception.

Si l’inspecteur de l’Urssaf décide finalement de reporter le contrôle à une date ultérieure, il n’a pas à le faire par lettre recommandée avec AR et peut très bien le faire par email, dès lors qu’il en informe l’entreprise contrôlée en temps utile.

... dit « contenu précis ». L’avis doit mentionner que vous pouvez faire appel au conseil de votre choix et doit indiquer qu’une charte du cotisant contrôlé est mise à votre disposition : l’avis doit préciser l’adresse électronique où ce document peut être consulté, étant entendu qu’il pourra vous être communiqué sur demande de votre part. Consultez avec attention cette charte du cotisant contrôlé : elle reprend de manière synthétique les principales dispositions qui gouvernent le contrôle Urssaf, les modalités de déroulement du contrôle et les droits et garanties dont vous bénéficiez tout au long de ce contrôle.

Mention du contrôle « concerté ». Un contrôle concerté fait suite à la décision de l'agence centrale des organismes de sécurité sociale (ACOSS) de contrôler plusieurs employeurs issus du même secteur d'activité. L'avis de contrôle préalable, envoyé par l'URSSAF à l'employeur visé par le contrôle, n'a pas à mentionner le caractère concerté du contrôle.

     =>  Consultez un exemplaire de la charte du cotisant contrôlé

A noter. Lorsque l’Urssaf a déjà procédé à un contrôle des cotisations sociales portant sur une période donnée, elle ne peut pas effectuer un nouveau contrôle sur des points déjà vérifiés sur cette même période. En revanche, cette règle ne vaut pas pour les décisions de l’Urssaf qui font suite à une demande de remboursement d’un cotisant : le remboursement opéré par l’Urssaf à la suite d’une réclamation ne la prive pas de tout contrôle ultérieur portant sur la même période.

... dit « destinataire ». Sachez que cet avis doit être adressé à la bonne personne, à savoir au représentant légal de l’entreprise au siège social de l’entreprise qui, en qualité d’employeur, est tenue aux obligations de paiement des cotisations et contributions contrôlées. Lorsqu’il s’agit d’une personne physique, l’avis lui est adressé à son domicile ou à son adresse professionnelle déclarée.

Sinon… L’omission de ces mentions obligatoires sera de nature à entraîner la nullité du contrôle et des éventuels redressements envisagés par l’Urssaf.

... dit « information essentielle ». Vérifiez que l’avis de contrôle mentionne effectivement la date de la 1ère visite de l’inspecteur, afin que vous puissiez utilement vous préparer et organiser votre défense avec votre conseil : une entreprise a ainsi vu son contrôle annulé par le juge, et les redressements correspondants abandonnés, parce que l’avis préalable de contrôle ne mentionnait pas la date de la visite de l’inspecteur du recouvrement, quand bien même la règlementation n’impose pas que soit mentionnée la date exacte du contrôle.

… mais… L’avis peut ne pas mentionner la nature des éléments ou la période sur lesquels vont porter le contrôle.

En présence d’établissements multiples. Sachez que, dans le cas d’une entreprise multi-établissements, un seul avis de passage envoyé au siège de l’entreprise, pour le contrôle de l’ensemble des établissements, suffit (plus exactement, les juges ont précisé que l’avis doit être envoyé à l’employeur tenu aux obligations de paiement des cotisations et contributions sur lesquelles va porter le contrôle envisagé). L'avis adressé à l'employeur n'a pas à préciser, le cas échéant, ceux des établissements susceptibles de faire l'objet d'un contrôle.

Le saviez-vous ?

Un avis de contrôle peut aussi vous être envoyé dans le cadre d’un « contrôle sur pièce » : en pratique, l’inspecteur vous demande la communication d’un certain nombre de documents et exerce son contrôle directement dans ses bureaux. Il peut également vous demander à ce que les documents à consulter lui soient présentés dans un ordre qu’il vous déterminera, et ce pour les besoins de son enquête.

Notez que si vous ne transmettez pas les documents demandés, le contrôle sur pièces pourra se poursuivre en contrôle sur place.

Le contrôle sur pièce, en pratique. Il s’agit, en pratique, d’un véritable contrôle, qui ne peut toutefois concerner que les entreprises de moins de 10 salariés (seuil d’effectif apprécié au 31 décembre de l’année qui précède l’envoi de l’avis de contrôle), qui porte sur vos obligations déclaratives et de paiement. Il obéit aux mêmes règles de procédures et comporte les mêmes garanties qu’un contrôle sur place.

Attention. Il ne faut pas confondre ce contrôle sur pièces avec la faculté offerte à l’Urssaf de vérifier, en interne, l’exactitude des déclarations transmises et, le cas échéant, de procéder à des redressements, quel que soit l’effectif de votre entreprise : dans ce cadre, elle vous envoie un courrier qui précise le motif et le calcul du redressement et la possibilité de vous faire assister par le conseil de votre choix pour répondre à ce courrier, réponse qui doit être faite dans les 30 jours. Cet envoi peut être réalisé en recommandé avec AR ou, depuis le 16 décembre 2018, par n’importe quel autre moyen conférant date certaine à sa réception et donc notamment par voie dématérialisée.

Un défaut d’avis de contrôle ? L’inspecteur de l’Urssaf n’est pas autorisé à rechercher lui-même les documents sans vous les avoir demandés préalablement. Il doit impérativement vous adresser un avis de contrôle qui vous informe de l’existence de ce contrôle.

Le cas particulier du travail dissimulé. Dans le cadre de la lutte contre le travail dissimulé, l’agent de contrôle peut procéder à un contrôle sans envoi préalable d’un avis de contrôle, ni remise ou information concernant la charte du cotisant contrôlé. Néanmoins, si à l’issue de ce contrôle, il n’a pas constaté d’infraction mais qu’il entend poursuivre le contrôle sur d’autres points, il doit, cette fois, adresser l’avis de contrôle conformément aux règles habituelles.


Contrôle Urssaf : vos premiers réflexes…

1er réflexe. Puisque l’avis de contrôle doit obligatoirement mentionner la possibilité de vous faire assister par le conseil de votre choix, un contact avec votre conseil habituel traitant de vos questions d’ordre social peut s’avérer judicieux. Non seulement ce professionnel vous sera d’un appui très utile, mais vous pourrez aussi mettre en place une stratégie de contrôle de manière à anticiper d‘éventuelles questions émises par l’inspecteur.

2ème réflexe. C’est justement le deuxième réflexe à avoir. Préparez-vous au contrôle : faites le point sur vos obligations en matière sociale, anticipez les questions sur d’éventuels sujets potentiellement à risque, définissez les rôles à tenir vis-à-vis de l’inspecteur (si vous entendez déléguer le suivi du contrôle, préparez le mandat de représentation en conséquence), etc.

3ème réflexe. Organisez-vous et préparez un dossier de contrôle regroupant l’ensemble des documents demandés par l’inspecteur : documents sociaux (bordereaux de cotisations et de versements, déclarations, bulletins de salaires, dossiers du personnel, contrats de travail, registre du personnel, justificatifs de frais, etc.), documents comptables et fiscaux (bilans, grands livres, liasses fiscales, etc.), documents juridiques (statuts, éventuels jugements de conseils de prud’hommes, etc.). Un dossier bien présenté est gage de fiabilité.

Bien entendu… Si la date annoncée du début du contrôle ne vous convient pas, vous pouvez solliciter un report, pour autant que le motif soit légitime (nécessité de récupérer des documents stockés chez votre expert-comptable, fermeture de l’entreprise pour congés, etc.).

Attention. Rappelons qu’une fois l’avis de contrôle reçu, vous ne pouvez pas solliciter l’Urssaf dans le cadre d’un rescrit.

A éviter ! Evitez de vous opposer au contrôle Urssaf (en tentant, par tous actes ou omissions, de faire obstacle aux opérations de contrôle ou de vous y soustraire). Sachez qu’une opposition à contrôle est sanctionnée par une pénalité égale à :

  • 7 500 € par salarié (dans la limite de 750 000 €) ;
  • 7 500 € pour un travailleur indépendant au titre de ses cotisations personnelles ;
  • 3 750 € pour un particulier employeur.

A noter. Sera caractéristique d’une opposition à contrôle, à titre d’exemple :

  • un refus d’accès à des lieux professionnels,
  • un refus de communication d’une information formellement sollicitée, quel qu'en soit le support, y compris dématérialisé,
  • un silence ou une réponse abusivement fausse, incomplète ou tardive à toute demande de pièce justificative ou d'information,
  • un refus de réponse à une convocation, dès lors qu’elle est nécessaire à l'exercice du contrôle.

Sur quelle période peut s’étendre le contrôle ?

Mentions sur l’avis de contrôle ? L’administration n’a pas l’obligation d’indiquer sur l’avis de contrôle la période sur laquelle elle entend vérifier votre entreprise. Cela ne l’autorise cependant pas à vérifier toutes vos archives vieilles de plus de 10 ans…

3 ans + année en cours. Le délai pendant lequel l’administration sociale peut contrôler l’entreprise est limité : le « délai de reprise » comprend les 3 dernières années (les 5 dernières années en cas de constatation d’une infraction de travail illégal) et l’année en cours.

Concrètement. Si votre entreprise reçoit, en 2018, un avis de contrôle, l’administration pourra vérifier et contrôler les cotisations exigibles durant les années 2017, 2016, 2015 et, le cas échéant, celles qui sont exigibles en 2018 au titre de la période qui précède l’envoi de l’avis de contrôle.

Cela ne signifie pas que… L’inspecteur pourra toutefois vous demander de lui communiquer des documents se rapportant à une période antérieure (on dit « prescrite »), mais uniquement s’ils servent aux contrôle des cotisations des années concernées par le contrôle. C’est ce qu’a rappelé le juge en précisant que le contrôle peut porter sur des éléments correspondant à une période prescrite s’ils permettent de déterminer le montant des cotisations dues au titre de la période concernée par le contrôle.

Le saviez-vous ?

Le délai de reprise concerne, en pratique, le pouvoir de redresser, pas le pouvoir de contrôler, puisque l’inspecteur pourra contrôler des exercices prescrits, sans pour autant redresser le montant des cotisations dues au titre de ces exercices prescrits.

Pendant combien de temps ? Par principe, la durée du contrôle n’est pas limitée dans le temps. Toutefois, pour les travailleurs indépendants et les entreprises versant des rémunérations à moins de 10 salariés, le contrôle ne pourra pas durer plus de 3 mois (décompté à partir du début effectif du contrôle jusqu’à l’envoi de la lettre d’observations).

Et si vous avez plus de 10 salariés ? Pour les contrôles Urssaf engagés depuis le 12 août 2018, et à titre expérimental, cette limitation de la durée du contrôle à 3 mois est étendue aux entreprises qui versent des rémunérations à moins de 20 salariés. L’expérimentation doit durer 3 ans (soit jusqu’au 12 août 2021).

Début du contrôle ? La date de début effectif du contrôle correspond à la date de la 1ère visite de l’inspecteur en cas de contrôle sur place ou à la date de début des vérifications indiquée sur l’avis en cas de contrôle sur pièces.

Fin du contrôle ? L’administration précise qu’il faut retenir la date d’envoi en recommandé de la lettre d’observations pour apprécier l’expiration du délai de 3 mois.

A noter. Cette nouvelle garantie appelle toutefois les observations suivantes :

  • la durée de 3 mois pourra être prorogée 1 fois, sur demande écrite expresse de l’organisme contrôleur ou l’entreprise elle-même (ce qui porte, en pratique, la durée maximale à 6 mois) ;
  • elle ne s’applique pas s’il est établi à l’encontre de l’entreprise une situation de travail dissimulé, un obstacle à contrôle, un abus de droit, un constat de comptabilité insuffisante ou de documentation inexploitable ;
  • elle ne s’applique pas aux entreprises appartenant à un groupe au sein duquel sont employées au moins 10 personnes.

Dans certaines régions. Une nouvelle expérimentation va être menée pour les contrôles engagés à compter du 1er décembre 2018, sur une période de 4 ans, dans la région des Hauts de France et dans la région Auvergne Rhône Alpes.

Des critères. Il est prévu que les opérations de contrôle (fiscal ou social) des entreprises de moins de 250 salariés et dont le chiffre d'affaires annuel n'excède pas 50 millions d'euros ne pourront pas excéder une durée cumulée de 9 mois sur une période de 3 ans.

Une durée par établissement. La durée cumulée des contrôles (simultanés ou successifs) se calcule par établissement, et non par entreprise. En conséquence, une entreprise qui dispose de plusieurs établissements devra suivre le décompte de la durée de 270 jours pour chacun de ses établissements pris distinctement.

Un décompte ? La durée de chacun des contrôles entrant dans cette expérimentation sera décomptée à partir de la date de commencement du contrôle (figurant sur l’avis de contrôle) et jusqu’à la notification de son achèvement. A défaut de recevoir un avis de contrôle, le délai sera décompté à partir de la date de la 1ère visite sur place ou de la date de réception d’une demande de renseignements (ou de documents). Pareillement, à défaut de notification de l’achèvement des opérations de contrôle, le délai prendra fin le jour où l’entreprise reçoit les conclusions définitives du contrôleur.

Attention. La durée des contrôles est exprimée en jours entiers : les contrôles d’une durée inférieure à 1 jour seront tout de même comptabilisés pour 1 jour entier.

Une alerte ? Lorsque la durée cumulée des contrôles (9 mois) est sur le point d’être atteinte, l’entreprise peut en informer l’administration qui souhaite engager un nouveau contrôle. Dans ce cas, l’administration devra renoncer à toute velléité de contrôle jusqu’à l’expiration du délai de 3 ans.

Une preuve. A l’appui de son affirmation, l’entreprise devra fournir à l’administration les copies des attestations mentionnant le champ et la durée des contrôles déjà opérés sur l’établissement concerné au titre des 3 dernières années, afin que cette dernière puisse vérifier que les 270 jours ont été atteints.

Une information. L'administration devra informer l'entreprise concernée, à titre indicatif, de la durée de ce contrôle et (avant le terme annoncé), le cas échéant, de sa prolongation.

Attention. Cette limitation de la durée du contrôle ne sera pas opposable s'il existe des indices précis et concordants témoignant du fait que l’entreprise a manqué à une obligation légale ou réglementaire.

Un échange d’informations. Enfin, en cas de contrôles réalisés par différentes administrations, elles devront s'échanger les informations utiles à la computation de la durée cumulée des contrôles.


La première visite…

Qui vient ? Le contrôle sera, en principe, diligenté par un(e) inspecteur(trice) du recouvrement, salarié(e) de l’Urssaf (les contrôleurs du recouvrement étant également habilités à exercer un contrôle sur pièces des employeurs occupant 9 salariés au plus). Vous avez la possibilité de demander à ce qu’il ou elle vous présente sa carte professionnelle. Les agents vérificateurs sont assermentés : ils prêtent serment devant le Tribunal d’instance de ne rien révéler des secrets de fabrication et en général des procédés et résultats d’exploitation dont ils pourraient prendre connaissance dans l’exercice de leur mission.

Où ? En principe (et exception faite du contrôle sur pièce des entreprises de moins de 10 salariés), le contrôle a lieu dans l’entreprise. Si vous rencontrez des problèmes de place, il est possible de demander à ce que le contrôle soit délocalisé et se déroule, par exemple, chez l’expert-comptable, notamment si la plupart des documents sont stockés chez lui.

Votre rôle. Il est régulièrement conseillé aux chefs d’entreprise d’être présents, au moins lors de la première visite et à la fin du contrôle. La première visite de l’inspecteur sera aussi l’occasion de lui présenter l’entreprise, les conditions et contraintes d’exploitation, etc. Rien ne vous empêchera de déléguer, par la suite, le suivi du contrôle à votre conseil ou un collaborateur (dans ce cas, pensez à rédiger un mandat en ce sens).


Et si vous demandiez à être contrôlé ?

Une nouveauté 2018. Depuis le 11 août 2018, il existe un « droit au contrôle » prévoyant que toute entreprise peut demander à faire l’objet d’un contrôle diligenté par l’inspection du travail ou d’un contrôle portant sur ses déclarations de cotisations sociales.

Une demande. Dans cette situation, la demande doit préciser les points sur lesquels le contrôle est sollicité.

Un traitement. L’administration devra traiter cette demande dans un délai raisonnable (non déterminé à ce jour), sauf en cas de :

  • mauvaise foi du demandeur ;
  • demande abusive ;
  • demande ayant manifestement pour effet de compromettre le bon fonctionnement du service, ou de mettre l’administration dans l’impossibilité matérielle de mener à bien son programme de contrôle.

Une décision. La décision prise par l’administration (Inspection du travail, Urssaf, etc.) dans le cadre de la demande de contrôle lui sera opposable : concrètement, à l’occasion d’un contrôle ultérieur, elle ne pourra pas revenir sur la décision prise dans le cadre de la demande de contrôle, sauf à ce qu’un changement de circonstances (en droit ou en fait) ait affecté sa validité ou à ce qu’elle procède à un contrôle donnant lieu à de nouvelles conclusions expresses.

A noter. A l’issue de ce contrôle, le cas échéant, le demandeur bénéficie du droit à l’erreur.

Le droit à l’erreur, une autre nouveauté. Le droit à l’erreur permet à une entreprise qui se trompe pour la 1ère fois en remplissant une déclaration sociale, soit parce qu’elle a méconnu une règle applicable à sa situation, soit parce qu’elle a commis une simple erreur matérielle (par exemple en se trompant dans les cases à cocher), de ne pas être pécuniairement sanctionnée.

Attention. Le droit à l’erreur ne s’applique ni au défaut ou au retard de déclaration, ni au défaut ou au retard de paiement.

Une régularisation… Cette absence de sanction pécuniaire suppose toutefois que la personne régularise sa situation, donc qu’elle corrige son erreur, soit spontanément, soit après avoir été invitée à le faire par l’administration et dans le délai qui lui a été imparti. Mais attention ! L’absence de sanction pécuniaire n’implique pas systématiquement l’absence de majoration ou d’intérêts de retard…

…par une personne de bonne foi. Ce « droit à l’erreur » ne concerne que les personnes qui commettent une erreur de bonne foi : si la personne est de mauvaise foi, ou si elle a délibérément tenté de commettre une fraude, les sanctions pécuniaires pourront toujours être prononcées et ce, sans même que le contrevenant n’ait été invité à régulariser sa situation.

Une preuve. En cas de contestation, il appartiendra à l’administration de prouver que le contrevenant est effectivement de mauvaise foi.

A noter. Il sera impossible de se prévaloir du droit à l’erreur pour certaines sanctions :

  • celles requises pour la mise en œuvre du droit de l’Union européenne,
  • celles prononcées par les autorités de régulation à l’égard des professionnels soumis à leur contrôle.

A retenir

Les premiers réflexes :
  -   contactez votre conseil habituel ;
  -   préparez les documents demandés et anticipez les questions éventuelles sur des sujets potentiellement sensibles.
N’oubliez pas que le contrôle Urssaf peut porter sur les 3 dernières années plus l’année en cours. 

 

J'ai entendu dire

Les contrôles Urssaf sont-ils fréquents ?

Il n’existe aucune règle en la matière. Cela étant, compte tenu, d’une part, de la pratique, et, d’autre part, des règles de prescription, les entreprises sont susceptibles de faire l’objet d’un contrôle Urssaf tous les 3 ans.
 
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Sources
  • Articles L 243-7 et suivants du Code de la Sécurité Sociale
  • Article L 244-3 du Code de la Sécurité Sociale
  • Articles L 243-12-1 et L 243-12-4 du Code de la Sécurité Sociale
  • Articles R 243-43-3 et R 243-43-4 du Code de la Sécurité Sociale
  • Articles R 243-59 et suivants du Code de la Sécurité Sociale
  • Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2017 n° 2016-1827 du 23 décembre 2016 (article 23)
  • Décret n° 2013-1107 du 3 décembre 2013 relatif aux redressements des cotisations et contributions sociales en cas de constat de travail dissimulé ou d’absence de mise en conformité
  • Décret n° 2016-941 du 8 juillet 2016 relatif au renforcement des droits des cotisants
  • Décret n° 2018-1154 du 13 décembre 2018 relatif aux procédures de recouvrement et de contrôle et mettant en œuvre les modalités d'application de la sanction pour obstacle à l'accomplissement des fonctions des agents de contrôle
  • « charte du cotisant contrôlé »
  • Arrêté du 23 décembre 2016 fixant le modèle de la charte du cotisant contrôlé prévue pour les organismes en charge du recouvrement des cotisations et contributions sociales
  • Lettre circulaire ACOSS n° 2015-0000019 du 13 avril 2015
  • Loi n°2018-727 du 10 août 2018 pour un Etat au service d’une société de confiance (dite Loi Essoc), article 2 : droit au contrôle, droit à l’erreur / article 33 (limitation de la durée du contrôle pour les entreprises de moins de 20 salariés)
  • Décret n°2018-1019 du 21 novembre 2018 relatif à l’expérimentation d’une limitation de la durée cumulée des contrôles effectués par les administrations sur certaines entreprises
  • Circulaire du 19 février 2019 relative à l’expérimentation d’une limitation de la durée cumulée des contrôles effectués par les administrations sur les petites et moyennes entreprises dans les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Hauts-de-France, n° CPAM1831428C
  • Décret n° 2019-1050 du 11 octobre 2019 relatif à la prise en compte du droit à l'erreur par les organismes chargés du recouvrement des cotisations de sécurité sociale
  • Arrêté du 31 mars 2022 fixant le modèle de la charte du cotisant contrôlé prévue à l'article R. 243-59 du code de la sécurité sociale pour les organismes en charge du recouvrement des cotisations et contributions sociales au 1er janvier 2022
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 10 juillet 2008, n° 07-18152 (sanction défaut d’avis de contrôle)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 2 octobre 2008, n° 07-17936 (l’avis peut ne pas mentionner la nature des éléments et la période vérifiés)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, 2ème chambre civile, du 25 avril 2013, n° 12-30049 (mention de la date de la 1ère visite de l’inspecteur Urssaf)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, 2ème chambre civile, du 19 juin 2014, n° 13-20374 (contrôle exercice prescrit)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, 2ème chambre civile, du 18 septembre 2014, n° 13-17084 (défaut des mentions obligatoires sur l’avis de contrôle)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, 2ème chambre civile, du 6 novembre 2014, n° 13-23895 (1 seul avis de passage envoyé au siège de l’entreprise suffit)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, 2ème chambre civile, du 9 juillet 2015, n° 14-21755 (personne à qui est envoyé l’avis de contrôle)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, 2ème chambre civile, du 31 mars 2016, n° 15-14683 (l’inspecteur de l’Urssaf ne peut rechercher seul auprès d’un tiers les renseignements qui justifieront un redressement)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, 2ème chambre civile, du 21 décembre 2017, n° 16-26567 (la charte du cotisant contrôlé n’a pas à être remise en cas de recherche et constatation de travail dissimulé)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, 2ème chambre civile, du 15 mars 2018, n° 17-13409 (report du contrôle par l’inspecteur de l’Urssaf)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, 2ème chambre civile, du 4 avril 2018, n° 17-15599 (demande de remboursement d’un cotisant et contrôle d’assiette postérieur au remboursement)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, 2ème chambre civile, du 13 février 2020, n° 18-26348 (avis de contrôle et établissements multiples)
  • Arrêt de la Cour de cassation, 2ème Chambre civile, du 6 avril 2023, n° 21-17206 (contrôle concerté)
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Cotisations sociales en outre-mer : Exonération de cotisations sociales à Saint-Martin et Saint-Barthélemy dite Lodeom

Date de mise à jour : 24/05/2022 Date de vérification le : 24/05/2022 8 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Le dispositif Lodeom qui permet de bénéficier d’exonérations de cotisations sociales en outre-mer s’applique notamment à Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Quelles sont les spécificités…

Rédigé par l'équipe WebLex.
Cotisations sociales en outre-mer : Exonération de cotisations sociales à Saint-Martin et Saint-Barthélemy dite Lodeom


Des calculs

Un dispositif spécifique. A la suite de la révision du dispositif Lodeom, un dispositif d’exonération de cotisations sociales est spécifiquement applicable à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin : le barème dit sectoriel.

Qui est concerné ? Les employeurs du secteur privé sont exonérés du paiement des cotisations patronales de sécurité sociale (à l’exception des cotisations d’accident du travail et de maladie professionnelle), dans la limite des 11 premiers salariés ou, sans condition d'effectif, dans les secteurs :

  • du BTP,
  • de l'industrie,
  • de la restauration,
  • de la presse,
  • de la production audiovisuelle,
  • des énergies renouvelables,
  • des nouvelles technologies de l'information et de la communication et des centres d'appel,
  • de la pêche, des cultures marines, de l'aquaculture, de l'agriculture, du tourisme, y compris les activités de loisirs s'y rapportant et de l'hôtellerie.

Mais aussi... Peuvent également prétendre à cette exonération :

  • les employeurs de transport aérien assurant la liaison :
  • ○ entre la métropole et Saint-Barthélemy ou Saint-Martin,
  • ○ entre Saint-Barthélemy et Saint-Martin,
  • ○ entre Saint-Barthélemy ou Saint-Martin et la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique ;
  • les employeurs assurant la desserte maritime ou fluviale :
  • ○ dans Saint-Martin ou Saint-Barthélemy,
  • ○ ou assurant la liaison entre ces 2 collectivités,
  • ○ ou assurant la liaison entre l’une de ces 2 collectivités et la Guadeloupe, la Guyane ou la Martinique.

Employeurs d’au moins 11 salariés. L'exonération est totale pour une rémunération inférieure à 1,4 Smic. Elle est dégressive jusqu'à être nulle lorsqu'elle atteint 3 Smic.

Une formule. Lorsque le salaire horaire brut, correspondant au rapport entre la rémunération mensuelle brute et le nombre d’heures totales effectuées, est égal ou supérieur à 1,4 Smic (soit 16.31 € pour l’année 2024) mais inférieur à 3 Smic (soit 34.95 € pour l’année 2024), le montant de l’exonération mensuelle s’obtient en multipliant la rémunération du salarié à un coefficient déterminé selon la formule suivante :

Coefficient = 1,4 × T ÷ 1,6 × (3 ×Smic horaire × nombre d’heures rémunérées ÷ rémunération mensuelle brute -1)

T = valeur maximale du coefficient, déterminée selon le taux Fnal applicable à l’entreprise

Le barème dit de compétitivité de droit commun « moins de 11 salariés ». Pour les employeurs de moins de 11 salariés, l'exonération est :

  • totale lorsque le salaire est inférieur à 1,4 Smic ;
  • plafonnée lorsque la rémunération est égale ou supérieure à 1,4 Smic mais inférieure à 2 Smic ; dans ce cas, l’exonération est plafonnée à celle qui serait due pour une rémunération inférieure à 1,4 Smic ;
  • dégressive lorsque la rémunération horaire est égale ou supérieure à 2,5 Smic mais inférieure à 4,5 Smic ;
  • nulle lorsque la rémunération horaire est égale à 4,5 Smic.

Une formule. Lorsque le salaire horaire brut, correspondant au rapport entre la rémunération mensuelle brute et le nombre d’heures totales effectuées, est égal ou supérieur à 2 Smic (soit 23.3 € pour l’année 2024) mais inférieur à 3 Smic (soit 34.95 € pour l’année 2024), le montant de l’exonération mensuelle s’obtient en multipliant la rémunération du salarié à un coefficient déterminé selon la formule suivante :

Coefficient = 1,4 × T × (3 ×Smic horaire × nombre d’heures rémunérées ÷ rémunération mensuelle brute -1)

T = valeur maximale du coefficient, déterminée selon le taux Fnal applicable à l’entreprise

Le saviez-vous ?

Les entreprises situées dans ces collectivités bénéficient également de l’allègement général des cotisations sociales. A ce titre, l’allègement « étendu », comprenant les cotisations patronales d’assurance chômage, s’applique à compter du 1er janvier 2019 (au lieu du 1er octobre 2019).


Des particularités

Cas particulier des entreprises d’intérim. Les entreprises de travail temporaire peuvent bénéficier de ces dispositifs d’exonération de cotisations sociales. Elles bénéficient, pour chaque mission, de l’exonération applicable à l’entreprise utilisatrice à laquelle elles sont liées par un contrat de mise à disposition. L’effectif pris en compte est celui de l’entreprise de travail temporaire.

Attention ! Si le salarié intérimaire est occupé auprès de plusieurs entreprises utilisatrices, le coefficient des formules de calcul est déterminé selon chaque mission.

Une exclusion. La réduction de cotisations sociales ne s’applique pas aux salariés employés en CDI intérimaires (bénéficiant d’une rémunération mensuelle minimale au moins égale, pour un temps plein, à 151,67 fois le smic horaire (soit 5.3660300407292E+161 € pour l’année 2024).

A retenir

L’exonération Lodeom est un dispositif d’exonération de charges sociales qui dépend à la fois de l’entreprise bénéficiaire et des rémunérations qu’elle verse. Ce dispositif n’est pas cumulable avec un autre dispositif d’exonération de charges.
 

J'ai entendu dire

Ce dispositif comprenant des modalités de calcul complexes et plusieurs barèmes, il est parfois difficile de s’y retrouver. Puis-je facilement estimer le montant de l’exonération dont mon entreprise bénéficie ?

Oui, pour aider les employeurs d’Outre-mer, l’Urssaf met à leur disposition, sur son site internet, un estimateur. Attention toutefois : l’estimation qui en ressort est donnée à titre indicatif. L’outil ne tient, en effet, pas compte des taux et répartitions de cotisations dérogatoires.
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Payer ses cotisations sociales avec le versement en lieu unique (VLU)

Date de mise à jour : 09/06/2022 Date de vérification le : 09/06/2022 7 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Le versement en lieu unique (VLU) est un dispositif permettant aux entreprises disposant de plusieurs établissements distincts de procéder à leurs déclarations et de régler leurs cotisations auprès d’une seule et même Urssaf, pour l’ensemble de leurs établissements. Le VLU peut être obligatoire ou facultatif sous certaines conditions. Lesquelles ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Payer ses cotisations sociales avec le versement en lieu unique (VLU)


Mise en place obligatoire du VLU

Principe. Par principe, les employeurs déclarent et versent les cotisations sociales aux organismes de recouvrement dont leurs établissements (et leurs salariés) relèvent. Ainsi, concrètement, chaque établissement distinct d’une seule et même entreprise peut dépendre d’une Urssaf différente, en raison notamment de sa localisation.

Mais… Afin de faciliter les démarches et de limiter le nombre d’intervenants, le versement en lieu unique (VLU) obligatoire a été mis en place pour les entreprises comptabilisant un certain nombre de salariés.

Seuil de 250 salariés. Depuis le 1er janvier 2020, le seuil d’effectif devant être atteint pour entrer dans le dispositif du VLU obligatoire est de 250 salariés.

Conséquence. Lorsque l’entreprise a atteint ce seuil d’effectif, elle est dans l’obligation de déclarer et de verser l’ensemble de ses cotisations à une seule et même Urssaf, dite « Urssaf interlocuteur unique ».

Appréciation de l’effectif. Les seuils d’effectifs sont appréciés sur l’année précédant l’introduction de la demande de désignation de l’Urssaf interlocuteur unique par l’entreprise. C’est l’effectif annuel moyen de l’entreprise de l’année précédente qui est pris en compte.

Concrètement. En pratique, ceci signifie que lorsque la demande de rattachement est effectuée sur l’année N, l’effectif moyen est apprécié sur l’année N-1.

Effet de franchissement du seuil. Lorsque le seuil d’effectif de l’année N-1, apprécié en tenant compte de tous les établissements de l’entreprise, est franchi, le directeur de l’Acoss adresse à l’entreprise une proposition de rattachement à « l’Urssaf interlocuteur unique » avant le 1er septembre de l’année N, pour une entrée dans le dispositif au 1er janvier suivant (N+1).

Une durée de 4 ans. Le mécanisme reste en place, en dépit d’éventuelles fluctuations d’effectifs, jusqu’au 31 décembre de la 4e année suivant la date d’effet.

Exemple. Une entreprise a franchi le seuil de 250 salariés en 2019. Le directeur de l’Acoss lui aura adressé la proposition de rattachement le 1er septembre 2020 au plus tard. Elle sera rattachée à une Urssaf unique dès le 1er janvier 2021. Elle la conservera au moins jusqu’au 31 décembre 2025, peu importe les éventuelles fluctuations de son effectif.

Désignation de l’Urssaf interlocuteur unique. L’Urssaf interlocuteur unique est désignée par le directeur de l’Acoss, après consultation de l’entreprise. En pratique, ce dernier envoie une proposition de rattachement au plus tard le 1er septembre de l’année précédant l’entrée dans le dispositif (effectif année N, proposition au plus tard le 1er septembre N+1, pour effet au 1er janvier N+2 et pendant 4 ans, donc jusqu’à N+5)

Délai. L’entreprise a 15 jours pour accepter ou refuser la proposition qui lui est faite (le silence vaut accord tacite). En cas de refus, le directeur de l’Acoss désigne l’Urssaf interlocuteur unique.

Le saviez-vous ?

Durant 4 ans, cette désignation ne peut être modifiée que sur demande de l’entreprise et après autorisation du directeur de l’Acoss. Cela a pour effet de lancer une nouvelle procédure de désignation.

Effets du VLU. Les entreprises d’au moins 250 salariés versent à leur interlocuteur unique toutes les cotisations Urssaf, c’est-à-dire les cotisations de sécurité sociale, contribution solidarité autonomie, CSG, CRDS ainsi que toutes les autres cotisations recouvrées par l’Urssaf (FNAL, versement transport, assurance chômage et AGS).

Le saviez-vous ?

La déclaration préalable à l’embauche (DPAE) doit, dans tous les cas, être effectuée auprès de l’Urssaf du lieu de travail du salarié embauché.

Déclaration par établissement. L’employeur a toujours la même obligation d’effectuer une déclaration par établissement. Cependant, cette déclaration doit être adressée à l’Urssaf désignée interlocuteur unique.

Groupes d’au moins 500 salariés. L'entreprise appartenant à un groupe dont l'effectif cumulé des entreprises, situées dans la circonscription de plusieurs Urssaf, est d'au moins 500 salariés est, elle aussi, soumise au dispositif du VLU.

Définition du groupe. Le groupe est constitué :

  • d’une part, par une entreprise ayant publié des comptes consolidés l'année précédant la désignation de l’interlocuteur unique (appelée aussi « société mère »),
  • d’autre part, par les sociétés qu'elle contrôle ou sur lesquelles elle exerce une influence dominante au sens du droit des sociétés (appelées aussi « filiales »).

Conséquences en matière de contrôle. L’Urssaf de rattachement a compétence également, en sa qualité d’interlocuteur unique, pour toutes les opérations de vérification du calcul des cotisations, d’encaissement, de contrôle et de contentieux.

Contentieux. Le contentieux lié au VLU est porté devant le tribunal judiciaire du lieu de situation de l’Urssaf interlocuteur unique, auprès duquel l'employeur verse ses cotisations et contributions sociales.


Mise en place facultative du VLU

Depuis le 1er janvier 2020, l’entreprise ayant un effectif de moins de 250 salariés peut mettre en place le VLU, de manière facultative. Au-delà, c’est le dispositif de « l’interlocuteur unique » qui s’applique obligatoirement.

Conditions particulières. L’employeur doit répondre à plusieurs conditions pour bénéficier du dispositif :

  • être en relation avec au moins 2 Urssaf ;
  • être à jour des déclarations et du paiement des cotisations sociales ;
  • centraliser la gestion de la paie de l’ensemble des salariés de l’entreprise (tous établissements confondus) ;
  • n’avoir aucune procédure contentieuse en cours avec une quelconque Urssaf.

Comment procéder pour bénéficier du VLU facultatif ? Toute entreprise souhaitant bénéficier du VLU facultatif doit déposer sa demande avant le 31 octobre, pour une application au 1er janvier de l’année suivante. L’entreprise doit ensuite retourner son dossier à l’Acoss.

Dossier d’adhésion. Le dossier d’adhésion au dispositif du VLU est disponible sur le site Internet de l’Urssaf. Il doit être complété et retourné par courrier à l’Acoss.

Filiales ou groupes de sociétés. Une entreprise qui adhère déjà au VLU peut l’étendre aux filiales ou aux autres sociétés du groupe. Pour ce faire, elle doit compléter différents documents également accessibles sur le site Internet de l’Urssaf, et notamment une fiche de demande d’extension, la liste des établissements, etc.

Choix de l’Urssaf. En pratique, l’Acoss proposera alors à l’entreprise 3 choix d’Urssaf.

Effets du VLU. L’entreprise versera à son Urssaf interlocuteur unique toutes les cotisations Urssaf, c’est-à-dire les cotisations de sécurité sociale, contribution solidarité autonomie, CSG, CRDS ainsi que toutes les autres cotisations recouvrées par l’Urssaf (FNAL, versement transport, assurance chômage et AGS).

Le saviez-vous ?

La déclaration préalable à l’embauche (DPAE) doit, dans tous les cas, être effectuée auprès de l’Urssaf du lieu de travail du salarié embauché.

Contentieux. Le contentieux lié au VLU est porté devant le tribunal judiciaire du lieu de situation de l’Urssaf interlocuteur unique, auprès duquel l'employeur verse ses cotisations et contributions sociales.

Vers une extension aux entreprises de + de 100 salariés ? Le Gouvernement souhaite aujourd’hui étendre ce dispositif aux entreprises de plus de 100 salariés. Ainsi, en avril 2021, une expérimentation sera menée en ce sens dans 4 régions :

  • Lorraine ;
  • Picardie ;
  • Aquitaine ;
  • Midi Pyrénées.

Objectif 2022 ! Un bilan sera fait en fin d’année 2021, dans un objectif de généraliser cette pratique début 2022.

A retenir

Le VLU est un dispositif de simplification administrative pour les entreprises qui ont plusieurs établissements rattachés à des Urssaf différentes, dans le sens où il évite de multiplier les interlocuteurs Urssaf. Malgré tout, la déclaration préalable à l’embauche doit toujours être adressée à l’Urssaf du lieu de travail du salarié embauché.

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Cotisations sociales en outre-mer : dispositif Lodeom en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique et à la Réunion

Date de mise à jour : 24/05/2022 Date de vérification le : 24/05/2022 12 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Avant même l’apparition du dispositif « réduction Fillon », il existait un système d’exonération de cotisations sociales applicable en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à la Réunion ainsi qu'à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin. Ce dispositif dit « exonération Lodeom » a, depuis, été aménagé...

Rédigé par l'équipe WebLex.
Cotisations sociales en outre-mer : dispositif Lodeom en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique et à la Réunion

Des barèmes

Un dispositif spécifique. Dans un but de simplification du dispositif d’exonération de cotisations sociales en Outre-mer (dit « Lodeom »), un dispositif spécifique, comprenant 3 barèmes, s’applique aux entreprises ou à leurs établissements implanté(e)s en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique et à la Réunion.

1er barème. Ce 1er barème dit de compétitivité concerne :

  • peu importe leur secteur d’activité : les entreprises de moins de 11 salariés ;
  • peu importe leur effectif :
    • les entreprises de transport aérien assurant les liaisons entre les départements et régions d’Outre-mer et entre la métropole et ces territoires, ainsi que les dessertes intérieures ;
    • les entreprises du secteur du bâtiment et des travaux publics,
    • les entreprises de la presse (jusqu'au 31 décembre 2019) ou de la production audiovisuelle ;
    • les employeurs des secteurs éligibles aux régimes de compétitivité renforcée ou d’innovation et de croissance, qui ne respectent pas les conditions d’effectifs (moins de 250 salariés) ou de chiffres d’affaires annuel (moins de 50 millions d’euros).

Conditions d’exonération de cotisations patronales. Dans le cadre de ce 1er barème, si le salaire est inférieur à 1,3 Smic annuel (soit 27563.9 € pour l’année 2024), l’employeur sera totalement exonéré de cotisations patronales de sécurité sociale. Cette exonération s’effacera de manière dégressive, jusqu’à disparaître complètement lorsque le salaire atteindra 2,2 Smic annuel (soit 46646.6 € pour l’année 2024).

Une formule. Pour les revenus compris entre 1,3 Smic annuel et 2,2 Smic annuel, le montant de l’exonération s’obtient en multipliant la rémunération annuelle brute due au salarié à un coefficient déterminé selon la formule suivante :

Coefficient = 1,3 × T ÷ 0,9 × (2,2 ×Smic annuel ÷ rémunération annuelle brute -1)

T = valeur maximale du coefficient, déterminée selon le taux Fnal applicable à l’entreprise

2ème barème. Un autre barème dit de compétitivité renforcée s’applique aux entreprises employant moins de 250 salariés et ayant un chiffre d’affaires annuel inférieur à 50 M € :

  • qui relèvent des secteurs :
    • de l'industrie,
    • de la restauration,
    • de l'environnement,
    • de l'agronutrition,
    • des énergies renouvelables,
    • des nouvelles technologies de l'information et de la communication et des centres d'appel,
    • de la pêche,
    • des cultures marines,
    • de l'aquaculture,
    • de l'agriculture,
    • du tourisme, y compris les activités de loisirs s'y rapportant,
    • du nautisme,
    • de l'hôtellerie,
    • de la recherche et du développement,
    • de la presse au 1er janvier 2020,
    • de la production audiovisuelle (à compter du 1er janvier 2021)
  • qui, en Guyane, relèvent des secteurs d’activité éligibles à la réduction d'impôt pour investissements réalisés en Outre-mer, ou qui exercent une activité de comptabilité, de conseil aux entreprises, d’ingénieries ou d’études techniques ;
  • qui bénéficient du régime de perfectionnement actif (régime qui permet de bénéficier d’une exonération de certain(e)s droits et taxes douaniers(ères) concernant les importations dans le but de la transformation et de la réexportation de marchandises).

Conditions d’exonération de cotisations patronales. Dans ces entreprises, soumises au 2ème barème, lorsque le salaire annuel est inférieur à 1,7 Smic annuel (soit 36045.1 € pour l’année 2024), l’exonération est totale. Au-delà, elle est dégressive puis devient nulle lorsque le salaire atteint 2,7 Smic annuel (soit 57248.1 € pour l’année 2024).

Une formule. Lorsque le revenu est égal ou supérieur à 2 Smic annuel mais inférieur à 2,7 Smic annuel, le montant de l’exonération s’obtient en multipliant la rémunération annuelle brute due au salarié à un coefficient déterminé selon la formule suivante :

Coefficient = 2 × T × (2,7 ×Smic annuel ÷ rémunération annuelle brute -1)

T = valeur maximale du coefficient, déterminée selon le taux Fnal applicable à l’entreprise

3ème barème. Un troisième barème dit d'innovation et de croissance s’applique aux employeurs de moins de 250 salariés et dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur à 50 M € au titre de la rémunération des salariés concourant essentiellement à la réalisation de projets innovants dans le domaine des technologies de l'information et de la communication.

Conditions d’exonération de cotisations patronales. Dans ce dernier cas, l’exonération est :

  • totale si le salaire est inférieur à 1,7 Smic annuel (soit 36045.1 € pour l’année 2024) ;
  • plafonnée à ce montant d’exonération si le salaire est supérieur ou égal à 1,7 Smic annuel (soit 36045.1 € pour l’année 2024) mais inférieur à 2,5 Smic annuel (soit 53007.5 € pour l’année 2024) ;
  • dégressive si le salaire est égal ou supérieur à 2,5 Smic annuel (soit 53007.5 € pour l’année 2024) mais inférieur à 3,5 Smic annuel (soit 74210.5 € pour l’année 2024) ;
  • nulle si le salaire atteint 3,5 Smic annuel (soit 74210.5 € pour l’année 2024).

Une formule. Lorsque le revenu est égal ou supérieur à 2,5 Smic annuel mais inférieur à 3,5 Smic annuel, le montant de l’exonération s’obtient en multipliant la rémunération annuelle brute due au salarié à un coefficient déterminé selon la formule suivante :

Coefficient = 1,7 × T × (3,5 ×Smic annuel ÷ rémunération annuelle brute -1)

T = valeur maximale du coefficient, déterminée selon le taux Fnal applicable à l’entreprise

Attention ! Ce dernier coefficient ne s’applique que si les conditions suivantes sont cumulativement satisfaites, à savoir :

  • les salariés sont principalement employés à la réalisation de projets innovants ; les salariés affectés aux tâches administratives, financières, logistiques et de ressources humaines n'ouvrent pas droit à l'exonération ;
  • les projets innovants s'entendent ici des projets ayant pour but l'introduction d'un bien, d'un service, d'une méthode de production ou de distribution nouveaux ou sensiblement améliorés sur le plan de ses caractéristiques ou de l'usage auquel il est destiné ;
  • ces projets sont réalisés dans les domaines d'activité suivants : 
    • télécommunication,
    • informatique, dont notamment programmation, conseil en systèmes et logiciels, tierce maintenance de systèmes et d'applications, gestion d'installations, traitement de données, hébergement et activités connexes,
    • édition de portails internet et de logiciels,
    • infographie, notamment conception de contenus visuels numériques,
    • conception d'objets connectés.

Dans tous les cas. Le montant de la réduction serait calculé chaque année civile, pour chaque salarié et pour chaque contrat de travail, en fonction des revenus pris en compte pour la détermination de l'assiette des cotisations sociales. Une proratisation de la rémunération est prévue en cas de temps partiel.

Le saviez-vous ?

Les entreprises situées dans ces collectivités bénéficient également de l’allègement général des cotisations sociales. A ce titre, l’allègement « étendu », comprenant les cotisations patronales d’assurance chômage, s’applique à compter du 1er janvier 2019 (au lieu du 1er octobre 2019).


Des particularités

Cas particulier des entreprises d’intérim. Les entreprises de travail temporaire peuvent bénéficier de ces dispositifs d’exonération de cotisations sociales. Elles bénéficient, pour chaque mission, de l’exonération applicable à l’entreprise utilisatrice à laquelle elles sont liées par un contrat de mise à disposition. L’effectif pris en compte est celui de l’entreprise de travail temporaire.

Attention ! Si le salarié intérimaire est occupé auprès de plusieurs entreprises utilisatrices, le coefficient des formules de calcul est déterminé selon chaque mission.

Une exclusion. La réduction de cotisations sociales ne s’applique pas aux salariés employés en CDI intérimaires (bénéficiant d’une rémunération mensuelle minimale au moins égale, pour un temps plein, à 151,67 fois le smic horaire (soit 1766.9555 pour l’année 2024).

A retenir

L’exonération Lodeom est un dispositif d’exonération de charges sociales qui dépend à la fois de l’entreprise bénéficiaire et des rémunérations qu’elle verse. Ce dispositif n’est pas cumulable avec un autre dispositif d’exonération de charges.
 

J'ai entendu dire

Ce dispositif comprenant des modalités de calcul complexes et plusieurs barèmes, il est parfois difficile de s’y retrouver. Puis-je facilement estimer le montant de l’exonération dont mon entreprise bénéficie ?

Oui, pour aider les employeurs d’Outre-mer, l’Urssaf met à leur disposition, sur son site internet, un estimateur. Attention toutefois : l’estimation qui en ressort est donnée à titre indicatif. L’outil ne tient, en effet, pas compte des taux et répartitions de cotisations dérogatoires.
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Cotisations d’assurance vieillesse : ce qu’il faut savoir

Date de mise à jour : 02/12/2021 Date de vérification le : 02/12/2021 15 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Le système d’assurance retraite repose sur un régime de base, géré par la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) et un régime complémentaire relevant de l’Agirc-Arrco. Comment sont financés ces différents régimes ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Cotisations d’assurance vieillesse : ce qu’il faut savoir

Assurance vieillesse : cotisations au régime de base

Plusieurs cotisations ? L’assurance vieillesse-veuvage gérée par la Cnav est financée par des cotisations sociales, calculées sur les rémunérations versées aux salariés ou travailleurs assimilés.

Cotisations au régime de base. La cotisation due au régime de base se divise en 2 parties :

  • l’une porte sur la fraction de la rémunération inférieure ou égale au plafond de la Sécurité sociale (fixé à 3864 € pour l’année 2024), et est appelée cotisation d’assurance vieillesse de base plafonnée ;
  • l’autre porte sur la rémunération totale et est appelée cotisation d’assurance vieillesse de base déplafonnée.

Répartition des cotisations d’assurance vieillesse. Une part de la cotisation est à la charge des employeurs. L’autre est à la charge des salariés. Actuellement, le taux de ces cotisations est fixé :

  • pour la part plafonnée :
  • ○ à 8,55 % pour l’employeur,
  • ○ à 6,90 % pour le salarié ;
  • pour la part déplafonnée :
  • ○ à 1,90 % pour l’employeur,
  • ○ à 0,40 % pour le salarié.


Assurance vieillesse : cotisations au régime complémentaire

Agirc-Arrco = retraite complémentaire. Les régimes de retraites complémentaires Agirc et Arrco ont fusionné. Il résulte de cette fusion des modifications en termes de cotisations retraite à compter du 1er janvier 2019.

Répartition des cotisations d’assurance vieillesse complémentaire. Par principe, les cotisations de retraite complémentaire sont réparties entre l’employeur et le salarié, à hauteur de 60 % pour l’employeur et 40 % pour le salarié. Cependant, l’employeur peut décider d’appliquer une répartition plus favorable au salarié.

2 tranches de rémunération. Depuis le 1er janvier 2019, les cotisations retraite sont déterminées sur la base de 2 tranches de rémunération, sans différencier les salariés cadres des salariés non-cadres :

  • la 1ère tranche (T1) correspondrait à la fraction des revenus qui n’excède pas le plafond mensuel de la Sécurité Sociale (soit 3864 € pour l’année 2024) ;
  • la 2ème tranche (T2) correspondrait à la fraction de revenus supérieure au plafond mensuel de la Sécurité Sociale et inférieure à 8 fois ce même plafond (soit 30912 € pour l’année 2024).

Taux de cotisation. Le taux de cotisation correspond au taux de calcul des points (fixé à 6,20 % sur les revenus de la tranche T1 et à 17 % sur les revenus de la tranche T2) multiplié par le taux d’appel de 127 %.

Concrètement. Depuis le 1er janvier 2019, la cotisation retraite est appelée sur la base d’un taux de :

  • 7,87 % sur la tranche T1 (soit 4,72 % à la charge de l’employeur et 3,15 % à la charge du salarié) ;
  • 21,59 % sur la tranche T2 (soit 12,95 % à la charge de l’employeur et 8,64 % à la charge du salarié).

À ajouter aux « contributions d’équilibre ». En plus de cette cotisation, qui permet l’acquisition de points de retraite pour le salarié, il est institué 2 contributions d’équilibre qui ne sont pas, quant à elles, génératrices de points pour le salarié :

  • une contribution d’équilibre général au taux de :
  • ○ 2,15 % sur la tranche T1 (soit 1,29 % à la charge de l’employeur et 0,86 % à la charge du salarié),
  • ○ 2,70 % sur la tranche T2 (soit 1,62 % à la charge de l’employeur et 1,08 % à la charge du salarié) ;
  • pour les rémunérations qui excèdent le plafond mensuel de Sécurité Sociale (soit 3864 € pour l’année 2024), une contribution d’équilibre technique au taux de 0,35 % applicable sur les tranches 1 et 2 des revenus (dont 0,14 % à la charge du salarié).

Le saviez-vous ?

Depuis le 1er janvier 2019, il n’existe plus de « cotisation AGFF », de « contribution d'équilibre temporaire » et de « Garantie minimale de points ».

Vers une hausse de la valeur du point ? Dès le 1er novembre 2021, la valeur de service du point de retraite complémentaire augmentera de 1 %, s’élevant à 1,28 €. Notez que la caisse prévoit, si besoin, la possibilité d’un rattrapage automatique au 1er novembre 2022, en fonction de l’inflation réelle constatée sur l’année 2021.

Et la valeur d’achat ? A compter du 1er janvier 2022, la valeur d’achat du point de retraite augmentera de 0,2 %, et s’élèvera donc à 17,43 €.

Recouvrement. Aujourd’hui, le recouvrement des cotisations sociales des salariés au titre de la retraite complémentaire est assuré par les insultions de retraites complémentaires.

Précisions. Notez que dans un objectif de simplification, les cotisations AGRIC-ARRCO seront recouvrées par les Urssaf dès le 1er janvier 2023.

Des exceptions. Ne sont pas concernés par ce dispositif :

  • les salariés agricoles : le recouvrement de leurs cotisations reste confié à la MSA ;
  • les notaires, à raison des cotisations versées à la caisse de retraite et d’assistance des clercs de notaires : le recouvrement de ces cotisations reste confié à leur caisse de retraite et de prévoyance.

Dispositif transitoire. A compter du 1er janvier 2022 et pour une durée d’un an, les Urssaf, les CGSS, le groupement d’intérêt public « modernisation des déclarations sociales » ainsi que les institutions de retraite complémentaire et leurs fédérations pourront mettre à disposition des éditeurs de logiciels de paies et des entreprises volontaires un service leur permettant d’expérimenter le fonctionnement du dispositif unifié de vérification des déclarations sociales nominatives (DSN), découlant de ce futur transfert.

Comment ? Une charte viendra définir les modalités techniques de mise en œuvre de ce dispositif, ainsi que les modalités d’accompagnement des éditeurs de logiciels de paie et des entreprises volontaires par ces organismes.


Assurance vieillesse : une réduction de cotisations

Préambule. Le taux global des cotisations d’assurance vieillesse (de base + complémentaire légale), pour la part salariale, diffère selon le niveau de rémunération du salarié. Concrètement :

  • pour un salarié dont la rémunération n’excède pas le plafond mensuel de sécurité sociale (soit 3864 € pour l’année 2024), le taux global est fixé à 11,31 % ;
  • pour un salarié dont la rémunération excède le plafond mensuel de sécurité sociale (soit 3864 € pour l’année 2024), le taux appliqué à la fraction qui excède ce plafond est fixé à 11,31 %.

Une réduction de la cotisation salariale d’assurance vieillesse. Les heures supplémentaires et complémentaires réalisées depuis le 1er janvier 2019 permettent aux salariés de bénéficier d’une réduction de l’ensemble des cotisations d'assurance vieillesse et veuvage « légales » (c’est-à-dire du régime de base et du régime complémentaire). Cette réduction est égale au montant de la rémunération des heures supplémentaires et complémentaires effectuées par le salarié multiplié par le taux des cotisations d’assurance vieillesse (de base + complémentaire légale), dans la limite de 11,31 %.

Concrètement. Cette réduction est :

  • totale pour un salarié dont la rémunération n’excède pas le plafond mensuel de sécurité sociale (soit 3864 € pour l’année 2024) ;
  • partielle pour un salarié dont la rémunération excède le plafond mensuel de sécurité sociale (soit 3864 € pour l’année 2024) : le taux de la réduction est limité à 11,31 %.

Exemple 1. Un salarié, employé à temps plein, est payé 12 € de l’heure (soit 1 820,04 € par mois) effectue au cours d’un mois 5 heures supplémentaires rémunérées avec une majoration de 25% :

  • rémunération des heures supplémentaires = 12 € × 125 % × 5 = 75 €
  • taux de réduction = 11,31 % (soit 6,90 % au titre des cotisations retraite plafonnées, 0,40 % au titres des cotisations retraite déplafonnées, 3,15 % au titre des cotisations complémentaires permettant l’acquisition de points retraite et 0,86 % au titre de la contribution d’équilibre)
  • montant de la réduction = 75 € × 11,31 % = 8,48 €

Exemple 2. Un salarié dont la rémunération excède le plafond mensuel de Sécurité sociale (soit 3666 € pour l’année 2023) consacre un taux plus important de sa rémunération aux régimes vieillesse. Celui-ci verra donc le montant de ses cotisations (affectées aux régimes vieillesse) réduit pour les heures supplémentaires ou complémentaires réalisées à partir du 1er janvier 2019, le taux de réduction des cotisations salariales d’assurance vieillesse étant limité à 11,31 %.

Application de la réduction. La réduction ne s’applique qu’à la majoration des heures supplémentaires prévue par accord collectif (d’entreprise ou de branche) ainsi qu’à celle des heures complémentaires prévue par accord de branche. A défaut d’accord, la réduction s’appliquera à la majoration des heures supplémentaires ou complémentaires telle qu’elle est prévue par la Loi.

     = >  Pour en savoir plus sur la rémunération des heures supplémentaires, consultez la fiche : Heures supplémentaires : quelles contreparties pour le salarié ?

A noter. Le montant de réduction ainsi déterminé est déduit des cotisations d’assurance vieillesse dues à l’Urssaf au titre de l’ensemble de la rémunération du salarié. Les cotisations salariales de retraite complémentaire doivent être déclarées et acquittées de façon habituelle auprès de l'institution de retraite complémentaire (Agirc-Arrco).

Salariés au forfait jour. Concernant particulièrement les salariés ayant conclu une convention de forfait en jours sur l’année, la réduction s’applique sur la majoration de leur rémunération due au titre des jours travaillés au-delà de 218 jours par an, en contrepartie de leur renonciation à des jours de repos.

A retenir

Les régimes d’assurance vieillesse de base et complémentaire sont financés par des cotisations salariales et patronales calculées sur les rémunérations versées aux salariés.
 

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Comprendre la tarification des risques d’accidents du travail et des maladies professionnelles

Date de mise à jour : 28/11/2023 Date de vérification le : 28/11/2023 24 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Chaque année, vous cotisez pour le risque « accidents du travail / maladies professionnelles » (AT/MP). Cette cotisation doit s’adapter à la situation de votre entreprise, en fonction du risque qu’elle représente. Concrètement, comment est déterminé son taux ? Comment évolue-t-il ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Comprendre la tarification des risques d’accidents du travail et des maladies professionnelles

Détermination du taux de cotisation du risque AT/MP

Par établissement. Le mode de tarification de la cotisation relative aux accidents du travail (AT) et aux maladies professionnelles (MP) dépend de l’effectif de l’entreprise ; mais la tarification de cette cotisation dépend de l’activité exercée par établissement (chacun pris séparément, dans le cas des entreprises composées de plusieurs établissements).

Exemple. Une société qui exploite 2 fonds de commerce distincts (thalassothérapie et hôtellerie), situés à la même adresse mais dans des locaux distincts, faisant l’objet de 2 contrats de location-gérance distincts, doit être assujettie, pour chacun de ces établissements distincts, au taux de cotisation propre à leur activité.

3 modes de tarification. Il existe 3 modes de tarification selon l’effectif de l’entreprise (tout établissement confondu) :

 

Hors Alsace-Moselle

En Alsace-Moselle

Tarification collective

Entreprises de moins de 20 salariés

Entreprises de moins de 50 salariés

Tarification individuelle

Entreprises d’au moins 150 salariés

Entreprises d’au moins 150 salariés

Tarification mixte

Entreprises d’au moins 20 salariés et de moins de 150 salariés

Entreprises d’au moins 50 salariés et de moins de 150 salariés

Le saviez-vous ?

Par dérogation, la tarification collective s’applique, quel que soit l’effectif de l’entreprise :

  • aux établissements nouvellement créés (pendant l’année de leur création et les années civiles suivantes) ;
  • aux activités listées en annexe ;
  • aux travailleurs à domicile qui constituent chacun un établissement distinct.

La tarification collective. Le taux de cotisation est déterminé, chaque année, par un barème national qui tient compte de l’activité exercée.

     =>  Pour connaître les taux applicables concernant la tarification collective, consultez le barème : Tarification des cotisations d’ATMP des activités professionnelles relevant du régime général de la sécurité sociale - Année 2020

Le saviez-vous ?

A partir de 2024, le taux de cotisation des entreprises d’au moins 10 salariés pourra être majoré jusqu’à 10 % lorsqu’au moins un accident du travail par an sur les 3 années précédant l’année N-1 a entraîné un arrêt de travail.

Pour la cotisation de 2024, la Caisse tiendra alors compte des AT éventuellement survenus en 2020, 2021 et 2022.

La tarification individuelle. Cette tarification tient compte de la somme des coûts moyens des accidents du travail et des maladies professionnelles (sinistres) survenus dans votre établissement au cours des 3 années précédant l’année N-1 selon leur degré de gravité (caractérisé par la durée de l’arrêt de travail et éventuellement par la catégorie de l’incapacité permanente résultant du sinistre).

Exemple. Pour déterminer votre cotisation de 2021, la Caisse tient compte des sinistres survenus dans votre établissement sur les années 2017, 2018 et 2019.

     =>  Pour aller plus loin, concernant la tarification individuelle, consultez le barème : Coûts moyens incapacité temporaire et incapacité permanente - Année 2020

Le saviez-vous ?

Une telle tarification a pour but de vous encourager à prévenir les accidents de travail en prenant des mesures en matière d’hygiène et de sécurité.

La tarification mixte. Cette tarification est un mélange de 2 autres : la Caisse va additionner une partie du taux déterminé en fonction du nombre de sinistres survenus dans votre établissement sur les 3 années précédant l’année N-1 à une fraction du taux collectif. Plus l'effectif de l'entreprise sera important, plus la proportion du taux individuel sera importante par rapport à celle du taux collectif.

Calcul du taux mixte (hors Alsace-Moselle)

 

Jusqu’en 2017

A partir du 1er janvier 2018

Taux individuel

(Effectif - 19) ÷ 131

0,9 ÷ 130 × (Effectif - 20) + 0,1

Taux collectif

1 - [(Effectif - 19) ÷ 131]

1 - [0,9 ÷ 130 × (Effectif - 20) + 0,1]

Calcul du taux mixte en Alsace-Moselle

Taux individuel

(0,075 Effectif - 1,25) ÷ 10

Taux collectif

1 - [(0,075 Effectif - 1,25) ÷ 10]

Le saviez-vous ?

L’entreprise soumise à la tarification individuelle ou mixte peut demander à bénéficier d’un taux unique de cotisations relatives au risque AT/MP pour l’ensemble de ses établissements ayant une même activité. Pour ce faire, elle doit adresser sa demande :

  • à la caisse régionale de santé dont dépend son siège social ou son principal établissement situé en France, hors des départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle ;
  • par tout moyen permettant d’attester de la date de réception (idéalement par lettre recommandée avec AR) ;
  • avant le quatrième trimestre (1er octobre) de l'année civile en cours pour une application au 1er janvier de l'année civile suivante.

Attention ! Cette demande est irrévocable : l’entreprise ne pourra plus, par la suite, demander que chaque établissement se voit appliquer un taux propre.

Calcul de l’effectif. Jusqu’en 2017, l’effectif annuel était déterminé sur la base d’une moyenne de l’effectif au dernier jour de chaque trimestre. Depuis le 1er janvier 2018, l’effectif annuel est déterminé sur la base de la moyenne mensuelle. Sont inclus :

  • les apprentis ;
  • les titulaires d'un contrat initiative-emploi, pendant la durée d'attribution de l'aide financière ;
  • les titulaires d'un contrat d'accompagnement dans l'emploi pendant la durée d'attribution de l'aide financière ;
  • les titulaires d'un contrat de professionnalisation jusqu'au terme prévu par le contrat lorsque celui-ci est à durée déterminée ou jusqu'à la fin de l'action de professionnalisation lorsque le contrat est à durée indéterminée.

     =>  Pour en savoir plus, consultez notre fiche Décompter vos effectifs

 

Une information annuelle. Chaque année, la Caisse régionale de santé dont vous dépendez (Carsat ou Cramif) vous adresse le taux de cotisation relatif au risque accident de travail et maladie professionnelle. Toutefois, aucune notification n’est effectuée pour certaines catégories de travailleurs, pour lesquelles le taux collectif est directement applicable.

     =>  Consultez notre annexe pour connaître les catégories de travailleurs concernées.

Une information dématérialisée. Les entreprises reçoivent par voie dématérialisée les notifications de taux AT/MP et leur classement de risques.

Adhésion au compte AT/MP impérative ! Cette notification dématérialisée nécessite, pour ces entreprises qui ne l’ont pas déjà fait, d’adhérer au compte AT/MP sur le site net-entreprises.fr. A défaut, une sanction est applicable, dans la limite de 10 000 € par établissement. Cette pénalité, due au titre de chaque année ou, à défaut, au titre de chaque fraction d'année durant laquelle l'absence d'adhésion au téléservice : " Compte AT/MP " est constatée, est égale :

  • pour les entreprises de moins de 20 salariés, de 0,5 % du PASS (arrondi à l’euro supérieur) par salarié ou assimilé compris dans les effectifs de l'entreprise pour lesquels l'absence d'adhésion est constatée ;
  • pour les entreprises de 20 à 149 salariés, de 1 % du PASS (arrondi à l’euro supérieur) par salarié ou assimilé compris dans les effectifs de l'entreprise pour lesquels l'absence d'adhésion est constatée ;
  • pour les entreprises d’au moins 150 salariés, de 1,5 % du PASS (arrondi à l’euro supérieur) par salarié ou assimilé compris dans les effectifs de l'entreprise pour lesquels l'absence d'adhésion est constatée.

Ameli.fr. Vous trouverez plus de précisions concernant l’ouverture de ce compte AT/MP sur le site ameli.fr.

Cas du recours à l’intérim. Il n’est pas possible, pour une entreprise utilisatrice, de contester le taux d’incapacité d’un intérimaire fixé par la Caisse de sécurité sociale à la suite d’un accident de travail dont il a été victime. Le juge a rappelé que cette faculté n’était offerte qu’à l’employeur, c’est-à-dire à l’entreprise de travail temporaire.


Détermination de l’évolution du taux de cotisation du risque AT/MP

Evolution du risque. Votre taux de cotisation doit refléter le risque d’accidents que présente votre établissement, c’est pourquoi il évolue (outre les changements de barèmes, révisés chaque année). Il est donc possible de se voir appliquer une majoration, ou, au contraire mais sous conditions, de bénéficier de ristournes. Mais est-il possible de bénéficier d’une exonération de cotisations ?

Une exonération de cotisations possible ? Aucune exonération totale des cotisations relatives au risque AT/MP n’est possible.

Ristourne sur la cotisation AT/MP. La Caisse régionale de santé, de sa propre initiative ou sur demande de l’employeur, peut accorder des ristournes aux établissements :

  • soumis à la tarification collective ou à la tarification mixte ;
  • qui justifient d’efforts accomplis en vue de prévenir les accidents de travail par le biais de mesures efficaces ;
  • à jour du paiement de leurs cotisations sociales et qui les ont régulièrement payées au cours des 12 derniers mois.

Montant de la ristourne sur cotisation AT/MP. La réduction de cotisation résultant de la ristourne accordée ne peut excéder 25 % du taux collectif.

Durée de la ristourne sur cotisation AT/MP. La ristourne est consentie à compter du 1er jour du mois civil qui suit la décision de la caisse et pour une durée maximale d’un an sans nouvel examen. Elle peut toutefois être supprimée ou suspendue par la caisse.

Ristourne sur la majoration pour accidents de trajet. Le taux net de cotisation tient compte de 4 majorations forfaitaires, dont l’une est liée aux accidents de trajets. Une ristourne (d’une valeur de 25 % pour les établissements cotisant au taux collectif) est possible à l’initiative de la caisse (après consultation du CSE) pour les établissements :

  • qui justifient d’efforts accomplis en vue de prévenir la fréquence et la gravité des accidents de trajet par le biais de mesures efficaces ;
  • à jour du paiement de leurs cotisations sociales et qui les ont régulièrement payées au cours des 12 derniers mois.

Le saviez-vous ?

Les établissements soumis à une tarification collective ou mixte peuvent bénéficier d’un cumul des ristournes, mais il est toutefois limité selon des règles spécifiques.

Des cotisations supplémentaires. La Caisse régionale de santé peut vous imposer une cotisation supplémentaire pour tenir compte des risques exceptionnels liés à votre exploitation :

  • révélés par une infraction constatée par l’inspecteur du travail ;
  • ou résultant d’une inobservation des mesures de prévention prescrites par une caisse d'assurance retraite et de la santé au travail étendues par arrêté ministériel ou de celles qu’elle vous a elle-même prescrites.

Montant de la cotisation supplémentaire. Le montant de la cotisation supplémentaire est au moins égal à 25 % de la cotisation normale sur une période de 3 mois sans pouvoir être inférieure à 1 000 €. Le montant de cette cotisation supplémentaire sera encore augmenté et porté à :

  • 50 % si l’employeur n’a pas pris l'une des mesures dont la non-exécution a justifié cette cotisation supplémentaire dans un délai fixé par le comité technique régional (délai de 6 mois maximum) ;
  • 200 % si l’employeur persiste à refuser de prendre l’une des mesures dont la non-exécution a motivé la cotisation supplémentaire initiale dans un délai de six mois à compter de l'expiration du 1er délai fixé par le comité technique régional.

En cas de faute inexcusable de l’employeur… Lorsqu’un salarié, victime d’un accident du travail, obtient la reconnaissance de la faute inexcusable de son employeur, il bénéficie d’une majoration de sa rente d’incapacité. Elle lui est versée par la Caisse de sécurité sociale qui en obtient le remboursement auprès de l’employeur responsable. Par suite, la Caisse régionale de santé peut appliquer à l’employeur la cotisation supplémentaire dans les mêmes conditions que précédemment.

     =>  Pour en savoir plus sur le sujet, consultez notre fiche : La faute inexcusable de l’employeur.

Refus de prise en charge d’un accident du travail. Notez que la décision de refus de prise en charge de l’accident que la Caisse lui notifie est définitive à l’égard de l’employeur, quand bien même le salarié la contesterait avec succès. Par conséquent, l’employeur n’aura pas, dans une telle hypothèse, à supporter les dépenses afférant à l’accident du salarié et à la majoration de sa rente d’incapacité, qui n’auront pas non plus à être inscrites à son compte AT/MP.


Le cas spécifique des personnels administratifs

Principe. Lorsque des salariés ne sont pas exposés aux risques de l’activité principale de l’entreprise (sont visés principalement les personnels administratifs), et pour le calcul de leur cotisation nécessaire à la couverture des accidents du travail, le taux retenu correspond à un taux réduit appelé taux « bureau ».

Mais... Les entreprises de moins de 20 salariés (qui relèvent du taux collectif) et de 20 à 149 salariés (qui relèvent du taux mixte) peuvent demander l’application du nouveau taux « fonctions supports de nature administrative » pour ce personnel administratif, installé dans des locaux non exposés aux autres risques de l’entreprise. Sont considérées comme fonctions supports de nature administrative (parce qu’elles concourent à la réalisation des tâches de gestion administrative communes à toutes les entreprises) : le secrétariat, l’accueil, la comptabilité, les affaires juridiques, la gestion financière et les ressources humaines.

À compter du 1er janvier 2020. Le taux « bureau » disparaît définitivement au profit du nouveau taux « fonctions supports de nature administrative ». Si vous n’êtes pas éligible à ce nouveau dispositif, ou en l’absence de demande de taux fonctions supports, un seul taux (celui de votre activité principale) deviendra applicable à l’ensemble de vos salariés à compter du 1er janvier 2020.

Concrètement. Pour les entreprises comptant plus de 149 salariés (en tarification individuelle), ce taux sera calculé en fusionnant le taux de l’activité principale (coûts moyens et salaires) avec celui du taux bureau. La suppression du taux bureau conduira donc à baisser le taux de l’activité principale qui s’appliquera à l’ensemble des salariés. Pour les autres entreprises qui souhaiteraient bénéficier du taux fonctions supports pour les personnels administratifs, et ainsi optimiser le coût de la cotisation accident du travail de l’entreprise le cas échéant, il faut se rapprocher de votre caisse régionale d’assurance retraite et de santé au travail (CARSAT) pour demander l’application de ce taux (il faudra vous munir d’un plan détaillé des locaux de l’entreprise).

À noter. L’application du taux fonctions supports sera effective au 1er jour du mois qui suit la réception de votre demande par votre caisse.

À retenir

Votre cotisation visant à mutualiser le coût des accidents de travail, des accidents de trajet et des maladies professionnelles est déterminée par établissement et non par entreprise. Cependant, pour vous imposer un mode de tarification de la cotisation, l’effectif de l’entreprise doit être pris en compte. Le taux qui vous sera attribué pourra parfois être diminué ou augmenté pour tenir compte de votre action pour limiter la fréquence et la gravité des accidents de travail.
 

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Décompter vos effectifs « droit du travail »

Date de mise à jour : 05/07/2022 Date de vérification le : 05/07/2022 5 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Décompter vos effectifs est impératif pour connaître vos obligations. Le décompte de l’effectif « droit du travail » s’applique par principe aux obligations découlant du code du travail. Mais ce principe connaît des exceptions…

Rédigé par l'équipe WebLex.
Décompter vos effectifs « droit du travail »


Dans quel cas faut-il appliquer le décompte de l’effectif « droit du travail » ?

Application du décompte « droit du travail ». Le décompte de l’effectif « droit du travail » s’applique aux obligations prévues par le code du travail. Par exemple :

  • le document unique d’évaluation des risques ;
  • l’accord collectif par référendum ;
  • etc.

Par exception : application du décompte de l’effectif sécurité sociale. Le décompte de l’effectif « sécurité sociale » s’applique pour de nombreuses obligations prévues par le code du travail. Il convient donc d’être vigilant !


Comment se compose votre effectif ?

Des salariés. En principe, tous les salariés titulaires d’un contrat de travail sont pris en compte dans le décompte de l’effectif. Il s’agit donc :

  • des salariés à temps plein ou à temps partiel ;
  • des intermittents ;
  • des salariés en CDI ;
  • des salariés en CDD ;
  • des salariés en période d’essai, ou en cours de préavis ;
  • des salariés dont le contrat de travail est suspendu,
  • etc.

Des exclusions. Sont en revanche exclus du décompte du code du travail pour le calcul des effectifs :

  • les salariés titulaires d’un CDD et les salariés temporaires lorsqu’ils remplacent un salarié absent ou dont le contrat de travail est suspendu, notamment du fait d’un congé de maternité, d’un congé d’adoption ou d’un congé parental d’éducation ;
  • les apprentis ;
  • les titulaires d’un contrat initiative-emploi ou d’un contrat d’accompagnement dans l’emploi pendant la durée d’attribution de l’aide financière qui y est rattachée ;
  • les titulaires d'un contrat de professionnalisation jusqu'au terme prévu par le contrat lorsque celui-ci est à durée déterminée ou jusqu'à la fin de l'action de professionnalisation lorsque le contrat est à durée indéterminée.

Le saviez-vous ?

Les salariés en contrat initiative-emploi ou d’accompagnement dans l’emploi sont pris en compte dans l’effectif pendant la durée d’attribution de l’aide afférente dans deux cas : pour l’application des règles relatives aux institutions représentatives du personnel et, pour celles liées à la tarification des risques d’accidents du travail et de maladies professionnelles.

Cas des salariés mis à disposition. Les salariés des entreprises sous-traitantes ou prestataires qui travaillent dans une entreprise utilisatrice sont par principe pris en compte dans l’effectif de l’employeur. En revanche, ces salariés seront décomptés dans l’effectif de l’entreprise utilisatrice à la condition d’être présents dans les locaux de l’entreprise utilisatrice et d’y travailler depuis au moins un an.

Cas des salariés temporaires (intérimaires). Les salariés temporaires sont pris en compte dans l’effectif de l’entreprise utilisatrice à due proportion de leur temps de présence au cours des 12 mois précédents.


Comment calculer l’effectif selon le code du travail ?

Les CDI à temps plein. Les salariés titulaires d'un contrat de travail à durée indéterminée à temps plein et les travailleurs à domicile sont pris intégralement en compte dans l'effectif de l'entreprise.

Les CDD, contrat de travail intermittent, mis à disposition ou temporaires. Ces salariés sont pris en compte au prorata de leur présence dans l’entreprise au cours des 12 mois précédents.

Les temps partiels. Les salariés à temps partiel, quelle que soit la nature de leur contrat de travail, sont pris en compte en divisant la somme totale des horaires inscrits dans leurs contrats de travail par la durée légale ou la durée conventionnelle du travail.

Un effectif à virgule, est-ce possible ? Rien n’est prévu au niveau légal lorsque le calcul de l’effectif abouti à un nombre qui n’est pas entier. Dans une affaire datant de 2008, le juge a précisé que pour une entreprise dont l’effectif était de 74,5 salariés, il n’y avait pas lieu de l’arrondir au nombre entier supérieur.

Exemple. La mise en place d’un règlement intérieur est obligatoire dans les entreprises employant au moins 50 salariés. Si l’entreprise a un effectif de 49,7, il n’y a pas d’obligation d’arrondir au nombre entier supérieur, elle n’aura donc pas l’obligation de mettre en place un règlement intérieur.


Que faire en cas de variation d’effectif ?

Gel des effets de seuil ? Ici aussi, rien n’est prévu au niveau légal. Le code du travail ne prévoit pas de mécanisme général de neutralisation de franchissement de seuils (comme pour le calcul des effectifs du code de la Sécurité sociale). Pour autant, il existe des dispositions spécifiques de gel des effets de seuil, tels que le franchissement des seuils de 50 ou 300 salariés pour les attributions du CSE.

Variation d’effectif pour le CSE. Après la mise en place du CSE, si l’effectif de l’entreprise atteint pendant 12 mois consécutifs, le seuil d’au moins 50 salariés, le comité dispose alors d’attributions étendues à l’expiration d’un délai de 12 mois à compter de la date à laquelle le seuil de 50 salariés a été atteint pendant 12 mois consécutifs.

A retenir

Le décompte de votre effectif selon les règles du code du travail implique de prendre en compte tous les salariés avec lesquels vous avez un contrat de travail. Certains salariés sont néanmoins exclus. Connaître son effectif est vital pour savoir à quelles obligations vous êtes tenu.

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Appliquer la déduction forfaitaire spécifique aux cotisations sociales

Date de mise à jour : 08/11/2021 Date de vérification le : 08/11/2021 10 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

En tant qu’employeur, vous êtes tenu de déclarer à l’Urssaf l’ensemble des rémunérations que vous versez à vos salariés. Cette déclaration permet d’évaluer, et de payer, les cotisations sociales applicables. Mais certains employeurs peuvent appliquer une déduction forfaitaire permettant de diminuer la base de calcul des cotisations sociales…

Rédigé par l'équipe WebLex.
Appliquer la déduction forfaitaire spécifique aux cotisations sociales


Appliquer la déduction forfaitaire spécifique : quelques conditions…

Remboursement des frais professionnels… Dès lors que l’un de vos collaborateurs engage des frais pour les besoins de son activité professionnelle (la dépense étant inhérente à l’emploi) et dans l’intérêt de l’entreprise, ils doivent lui être remboursés.

…soumis à cotisations sociales ? Le remboursement des frais professionnels ne s’impute pas sur la rémunération du salarié et n’est, en principe, pas soumis à cotisations sociales. Pour en être exonéré, vous devez justifier des frais réellement engagés par vos salariés ou respecter les barèmes concernés qui fixent les limites au-delà desquelles vos remboursements seront soumis à cotisations.

Cas particulier de certaines professions. Certaines professions doivent faire face à des frais professionnels bien plus importants que d’autres. Dans ce cas, l’employeur est autorisé à appliquer une déduction forfaitaire spécifique sur ses cotisations sociales. Le taux de cette déduction forfaitaire dépend de la profession exercée par le salarié. Ce sera le cas par exemple des ouvriers du bâtiment, des chauffeurs de cars, des journalistes, etc.

     =>  Vous pouvez consulter notre annexe pour connaître la liste des professions concernées et le taux de déduction qui leur est applicable.

Sous conditions. Non seulement le salarié doit faire partie de la liste des professions fixée par la réglementation, mais il doit aussi exposer effectivement des frais professionnels à l’occasion de l’exercice de son activité professionnelle. A cet égard, il appartient à l'employeur de démontrer que le salarié a réellement engagé des frais professionnels.

Le saviez-vous ?

En pratique, les ouvriers de nettoyage sont assimilés aux ouvriers du bâtiment alors qu’ils ne sont pas prévus par la Loi. Vous pouvez donc appliquer la même déduction forfaitaire spécifique pour ces ouvriers mais c’est à la condition qu’ils soient contraints de se déplacer sur plusieurs sites pour votre compte.

A noter. L’application de cette déduction ne dépend pas de l’activité de l’entreprise mais de la profession exercée par le ou les salariés concernés. Lorsqu'un salarié exerce plusieurs professions au sein d’une même entreprise, certaines ouvrant droit à la déduction forfaitaire spécifique, la déduction forfaitaire spécifique ne s’appliquera qu’aux revenus tirés de la profession concernée.

Opter pour la déduction forfaitaire spécifique. Aucun employeur n’est obligé d’opter pour la déduction forfaitaire spécifique, il s’agit uniquement d’une faculté pour lui. Cette option est soumise à la condition qu’un accord collectif le prévoie ou que le comité social et économique (CSE) l’ait autorisé.

Consentement du salarié. A défaut d'accord collectif ou d'accord du CSE, l’employeur doit demander individuellement à chaque salarié s’il accepte que la déduction forfaitaire spécifique pour frais professionnels s’applique à ses cotisations sociales. Notez que l’employeur doit s’assurer annuellement du consentement de ses salariés.

Et en cas d’application à tort de la déduction ? Notez que lorsqu’un employeur applique, à tort, une déduction forfaitaire spécifique pour le calcul des cotisations sociales de l’un de ses salariés et que cela a une incidence négative sur les droits sociaux de ce salarié, il peut être condamné à verser des dommages et intérêt aux fins de réparer le préjudice subi par ce même salarié.

Comment obtenir l’accord du salarié ? Pour obtenir le consentement du salarié, l’employeur doit mettre en œuvre une procédure consistant à informer chaque salarié concerné sur le dispositif de la DFS et ses conséquences sur la validation de ses droits.

Précisions Vous pouvez prévoir une clause dans le contrat de travail, selon laquelle le salarié accepte que la base de calcul de ses cotisations sociales soit déterminée après application de la déduction forfaitaire spécifique. Un avenant au contrat de travail peut être rédigé en ce sens. Sinon, vous pouvez aussi adresser une lettre recommandée avec AR à chaque salarié concerné pour l’informer de ce dispositif et de ses conséquences sur la validation de ses droits (notamment en termes de retraite). Dans ce cas, votre courrier doit être accompagné d'un coupon-réponse d'accord ou de refus à retourner par le salarié. L’absence de réponse du salarié vaut acceptation. La décision du salarié prendra alors effet à compter de l’année suivante.

Quelles conséquences ? Un salarié peut refuser d’appliquer la déduction forfaitaire spécifique parce que cette méthode de calcul influera sur le montant de ses cotisations sociales, notamment en termes de retraite. Cela peut avoir pour effet de diminuer sa pension de retraite.

En cas de changement d’avis ? Vous pouvez revenir également sur votre option (en pratique, lors de l'établissement de la DSN). Mais il est également possible que les signataires de l’accord collectif décident de réformer l’accord. Dans ce cas, la modification ne prendra pas effet pour l’année en cours mais pour l’année suivante. Enfin, il est également possible pour le salarié de revenir sur l’accord qu’il a donné, avant le 31 décembre de l’année en cours. Cependant, sa décision ne pourra être prise en compte que pour l’année suivante.

Un consentement annuel ? Dans certaines situations, l’employeur devra, à compter du 1er janvier 2022, recueillir chaque année le consentement des salariés à bénéficier de la déduction forfaitaire spécifique, notamment :

  • en l’absence de mention prévoyant l’application de la DFS dans l’accord collectif (de branche ou d’entreprise) ;
  • en l’absence d’accord du CSE.

Précisions. Notez qu’en cas de contrôle, jusqu’au 31 décembre 2022, l’Urssaf procédera uniquement à une demande de mise en conformité pour l’avenir.

Le saviez-vous ?

Pour bénéficier de la « réduction Fillon », sachez qu’en principe, la rémunération prise en compte dans la formule de calcul du coefficient de cette réduction ne tient compte de la déduction forfaitaire spécifique que dans une certaine limite.

Un avantage plafonné. Ainsi, pour les employeurs des salariés bénéficiant d'une déduction forfaitaire spécifique pour frais professionnels, l'application du calcul relatif à la détermination du coefficient des allègements généraux (« réduction Fillon ») ne doit pas leur procurer, sur une année donnée, un gain monétaire supérieur à 130 % du gain perçu par un employeur dont le salarié ne bénéficie pas de la déduction forfaitaire spécifique à rémunération identique.

CICE. L’application de la DFS est également compatible avec le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE). La base de calcul de ce crédit d’impôt sera alors la rémunération après application de la déduction. En cas de cumul des deux dispositifs, les remboursements de frais professionnels, s’ils donnent lieu à cotisations, sont réintégrés dans la base de calcul de ce crédit d’impôt.


Appliquer la déduction forfaitaire spécifique : quelques chiffres…

Appliquer la déduction forfaitaire spécifique. La déduction forfaitaire spécifique constitue un abattement. Celui-ci s’appliquera sur l’ensemble des rémunérations versées au salarié, frais professionnels inclus.

Quelles sont les sommes entendues comme rémunérations ? Pour déterminer la base de calcul des cotisations, il faut tenir compte de toutes les rémunérations versées au salarié. C’est-à-dire non seulement son salaire de base mais aussi :

  • ses indemnités,
  • ses primes ou gratifications,
  • les sommes versées au salarié à titre de remboursement des frais professionnels.

DFS. En cas d’application d’une DFS, notez que les indemnités versées par l’employeur au salarié au titre de remboursement de frais professionnels (ou les prises en charges directes par l’employeur) doivent être réintégrées dans la base de calcul des cotisations, avant même d’appliquer la déduction.

Des exceptions. Il existe toutefois des exceptions à l’inclusion des rémunérations dans la détermination de l’assiette de cotisations :

  • les remboursements de frais professionnels aux salariés relevant de certaines professions bénéficiant d'une déduction forfaitaire spécifique dont le montant est notoirement inférieur à la réalité des frais professionnels exposés par lui ;
  • les rémunérations versées au titre d'avantages venant en contrepartie de contraintes professionnelles particulièrement lourdes;
  • les frais de transport exposés à l’occasion des voyages de début et fin de chantier ainsi que les voyages de détente prévus par les conventions collectives du bâtiment et des travaux publics ;
  • l’avantage tiré en cas de mise à disposition par l’employeur d’un véhicule de transport en commun à destination des salariés pour les conduire sur le lieu de travail.

     =>  Pour connaître précisément les exceptions, consultez notre annexe.

De nouvelles exceptions… provisoires... De nouvelles exceptions sont tolérées jusqu’au 31 décembre 2022 :

  • prise en charge directe par l’employeur auprès d’un tiers (hôtelier, restaurateur, entreprise de taxi…) des frais de son salarié en situation de déplacement professionnel ;
  • remboursement des dépenses d’entretien des vêtements de travail ;
  • remboursement des dépenses engagées par le salarié dans le cadre de sa participation, à la demande de son employeur, à titre exceptionnel, à des manifestations organisées dans le cadre de la politique commerciale de l’entreprise ;
  • remboursement des dépenses engagées par le salarié ou prises en charge directement par l’employeur à l’occasion des repas d’affaires dûment justifiés (sauf abus manifeste).

… et pérennes. Depuis le 22 octobre 2021, il est admis que les frais exposés par les salariés afin d’acheter ou d’entretenir du matériel ou des fournitures (bureautique, vêtements de travail…) pour le compte de l’entreprise, alors même que l’exercice normale de l’activité ne le prévoit pas, ne doivent pas être intégrés dans la base de calcul des cotisations sociales avant d’appliquer la DFS.

Quelles sont les cotisations concernées ? La déduction forfaitaire spécifique s’applique à la base de calcul des cotisations de Sécurité sociale et à toutes les cotisations qui reposent sur la même assiette (contribution de solidarité autonomie, versement transport, contribution au Fonds national d’aide au logement, cotisations chômage – sauf pour les journalistes – et cotisations de retraite complémentaire). En revanche, le calcul de la CSG et de la CRDS est effectué sur la base du salaire brut, sans abattement.

Une déduction limitée. L’abattement maximum pratiqué dans le cadre de la déduction forfaitaire spécifique est fixé à 7 600 € par année civile et par salarié (dans le respect des taux applicables selon la profession exercée). Sachez, en outre, que l’application de l’abattement ne peut avoir pour effet de ramener la base de cotisations sociales en deçà de l’assiette minimum de cotisations (correspondant au Smic).

Concrètement... Pour déterminer la base de calcul des cotisations sociales, vous devez appliquer le taux d’abattement relatif à la profession de votre salarié (référez-vous à notre annexe pour vérifier le taux applicable). S’il excède le montant du plafond de 7 600 €, c’est alors ce plafond qui s’appliquera. Vous déduirez donc cette somme du montant des rémunérations versées. Le produit qui en résultera servira de base au calcul des cotisations sociales.

Le saviez-vous ?

Si « Rémunération totale (incluant les frais professionnels) – taux d’abattement > 7 600 € » alors, « base de calcul = rémunération totale – plafond de 7 600 € ».

Exemple. Pour un salarié percevant une rémunération annuelle de 30 000 € (salaire de base et toutes indemnités confondues) et dont la profession lui permet de bénéficier d’un abattement de 10 %, vous appliquerez le calcul suivant : 30 000 – 10 % = 3 000. Le montant de l’abattement étant inférieur au plafond de 7 600 €, c’est ce montant de 3 000 € que vous retiendrez. Vous déduirez donc 3 000 € de la rémunération totale versée (30 000 €), ce qui vous fera une base de 27 000 € pour calculer les cotisations sociales dues sur la rémunération de ce salarié.

A retenir

La déduction forfaitaire spécifique s’applique aux rémunérations versées à certains salariés en fonction de leur profession, sous réserve d’un accord préalable (accord collectif ou accord individuel de chaque salarié). Le taux de cette déduction dépend du métier exercé par le salarié. Dans tous les cas, elle est nécessairement plafonnée à 7 600 € par an et par salarié.

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Payer le versement transport (ou « versement mobilité »)

Date de mise à jour : 05/12/2023 Date de vérification le : 30/05/2024 14 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Vous pouvez être tenu de participer au développement du réseau de transports en commun en payant un versement, appelé versement transport ou, depuis 2020, versement mobilité. Sous quelles conditions serez-vous soumis à ce paiement ? A qui devrez-vous le verser ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Payer le versement transport (ou « versement mobilité »)

Versement transport : qui est concerné ?

Qui peut être concerné ? Toutes les entreprises, publiques ou privées, peuvent être soumises au versement de transport ou versement mobilité, à condition d’atteindre un seuil d’effectif déterminé et d’exercer son activité dans une zone où le versement transport est instauré. Notez toutefois qu’en dehors de la région Ile-de-France, la mise en place du versement mobilité par les collectivités locales, en charge de la mobilité, est subordonnée à la mise en place d’un service régulier de transport public.

Qui n’est pas concerné ? Les associations ou fondations à but non lucratif, reconnues d'utilité publique et exerçant une activité à caractère social ne sont pas soumises au versement transport. Attention toutefois : ces conditions sont cumulatives. Les associations concernées bénéficient de l’exonération du versement transport sur décision expresse de l’autorité organisatrice de la mobilité ou, en Ile-de-France, du Stif (Syndicat des transports d’Ile-de-France).

Une nouvelle exception. Depuis le 1er janvier 2021, les associations intermédiaires sont également exonérées du versement transport (dans et hors région Ile-de-France).

À noter. Une activité de nature sociale n’est pas légalement définie. Ce sont donc divers faisceaux d’indices qui pourront caractériser une activité de nature sociale, et notamment l’analyse de l’activité en elle-même, du financement de l’association (au moyen ou non de fonds publics), de l’activité des bénévoles (participation aux actions de l’association ou cantonnement aux seules tâches administratives), etc.

Exemple. Une association sportive pourra bénéficier d’une exonération du versement transport si elle parvient à prouver le caractère prépondérant de son action sociale en faveur d’une (ou de plusieurs) population(s) dans le besoin.

Contre-exemple. Tel n’est pas le cas d’une association qui prétend favoriser l’accès à la pratique sportive à tout type de population (personnes de nationalités étrangères, handicapées, mineurs isolés, etc.) alors qu’une une très petite minorité de ses adhérents sont des personnes de nationalité étrangère, qu’une minorité encore plus infirme sont des personnes handicapées bénéficiant d’une adhésion à tarif réduit (la réduction n’étant, par ailleurs, que de 40 %) et que le nombre de mineurs isolés qui auraient accès gratuitement au sport n’est pas communiqué.

Le saviez-vous ?

Pour voir si la commune impose un versement transport, connectez-vous sur 'Versement mobilité-Urssaf.fr'

Un seuil d’effectif. Sont concernées les entreprises qui emploient plus de 10 salariés. Si vous venez d’embaucher votre 11ème salarié, vous êtes dispensé de versement transport pendant 3 ans. Les 3 années suivantes, vous bénéficierez d’un taux réduit de la contribution (respectivement, pour chaque année suivante, réduit de 75 %, 50 % et 25 %).

À noter. Cette dispense, suivie de la réduction de taux pendant 3 ans, suppose que vous ayez déjà embauché au moins 1 salarié et que vous procédiez à un accroissement de votre effectif. Autrement dit, vous ne pouvez pas bénéficier de la dispense, suivie de la réduction de taux pendant 3 ans, si vous passez soudainement de 0 à 11 salariés : les juges considèrent qu’il ne s’agit pas d’un « accroissement » de l’effectif.

Optimisation de la zone de rattachement. Si votre entreprise dispose de salariés itinérants (dépanneurs, chauffeurs-livreurs, etc…), il faut tenir compte du lieu où ils exercent leur activité principale. Celle-ci dépend du temps passé par le salarié sur une période de paie et non de sa rémunération. En cas de contrôle, il vous appartient de justifier que le salarié concerné est bien affecté sur ce lieu d’activité. Néanmoins, s’il n’est pas possible de déterminer le lieu de l’activité principale, le versement transport n’est pas dû. Quant aux salariés affectés sur des chantiers, c’est le lieu du chantier, quand sa durée excède 1 mois, qui permet de déterminer si le versement transport est dû.

Catégories spécifiques de salariés. La détermination de l’effectif pourra entraîner un assujettissement ponctuel de certains salariés à cette contribution :

  • pour les salariés titulaires d'un contrat de mission avec une entreprise de travail temporaire ou d'un contrat de travail conclu avec un groupement d'employeurs, il faut prendre en compte le lieu d'exécution de leur mission ou de leur activité dans chacune des zones où est institué le versement transport ;
  • pour les autres salariés qui exercent leur activité hors d'un établissement de leur employeur, il faut prendre en compte le lieu où est exercée cette activité plus de 3 mois consécutifs dans chacune des zones où est institué le versement transport.

Le saviez-vous ?

Pour les entreprises de transport routier ou aérien, si leurs salariés navigants exercent leur activité à titre principal en dehors d'une zone où a été institué le versement transport, ils ne sont pas pris en compte pour la détermination des effectifs servant au calcul du versement transport.

Exemple. Vous employez régulièrement 20 salariés : 12 travaillent au siège de l’entreprise, 5 travaillent dans les locaux d’un établissement secondaire et 3 sont affectés à ce même établissement mais sont amenés à faire des déplacements quotidiens dans le département. Si la commune où est située le siège de l’entreprise a institué le versement transport, vous êtes tenu de payer la contribution pour les 12 salariés concernés. Pour la commune où est situé l’établissement secondaire, vous n’avez pas atteint le seuil d’effectif vous imposant le versement de la contribution.


Versement transport : combien et comment ?

Un taux de cotisation… Le montant de la contribution dépend d’un taux défini par le syndicat des transports d’Ile-de-France (STIF), pour cette région, ou, pour les communes ou communautés de communes d’autres régions, par délibération du conseil municipal ou de l'organe délibérant compétent. Notez qu’un salarié n’est pris en compte pour l'assujettissement de son employeur au versement de transport que si son lieu effectif de travail, à l'exclusion de l'établissement auquel il est rattaché, se situe dans le périmètre où est institué ce versement.

À noter. Les syndicats mixtes compétents peuvent moduler le taux du versement mobilité (selon la densité de la population et de son potentiel fiscal). Ils peuvent également, sous conditions, instituer un versement additionnel.

… établi périodiquement. Tout changement de taux ne peut entrer en vigueur que le 1er janvier ou le 1er juillet. Les autorités qui les définissent doivent communiquer leur décision à l’URSSAF, qui est l’organisme collecteur de la contribution, au moins 2 mois avant leur entrée en vigueur (c’est-à-dire le 1er mai ou le 1er novembre). L’URSSAF doit, à son tour, informer les entreprises assujetties de cette évolution un mois avant que le nouveau taux ne devienne applicable (soit le 1er juin ou le 1er décembre).

Le saviez-vous ?

La liste des différents bénéficiaires du versement transport et du taux de versement applicable au 1er juillet 2023 peut être consultée ici. À compter du 1er janvier 2024, les taux applicables sont consultables ici. 

Une base de calcul. Le taux du versement transport s’applique à l’ensemble des rémunérations soumises à cotisations sociales. L’assiette de cette contribution est donc la même que celle des cotisations sociales.

Recouvrement. Le versement de transport doit être acquitté dans les mêmes conditions que les cotisations sociales, c’est-à-dire à l’Urssaf. À ce titre, vous ne pouvez réclamer les cotisations indument payées, directement à l’Urssaf, que pendant une période de 3 ans.

Le saviez-vous ?

Les entreprises de travail temporaire (ETT) doivent souscrire une garantie financière pour assurer le paiement des salaires et des charges sociales. Mais le versement de transport ne constituant pas une cotisation sociale, la caution n’a pas à en assurer le paiement, en cas de défaillance de l’ETT.

Attention. Si vous ne versez pas vos contributions aux dates d’échéance qui vous sont applicables, vous encourez une majoration de retard, fixée à 5 % du montant des cotisations, assortie d’une majoration complémentaire de 0,4 % par mois ou fraction de mois écoulé, à compter de la date d'exigibilité.

Déclaration. Le versement mobilité doit être déclaré via la Déclaration Sociale Nominative (DSN) le 5 ou le 15 de chaque mois.

À retenir

Le versement transport est une contribution que toutes les entreprises sont susceptibles de payer, dès lors qu’elles dépassent un seuil d’effectif. Il est destiné au financement du développement du réseau de transport en commun. Son taux peut changer évoluer régulièrement.

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Gérer les rémunérations ou avantages versés à des tiers

Date de mise à jour : 19/05/2022 Date de vérification le : 19/05/2022 10 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Le salarié d’un de vos clients vous a permis de signer un nouveau contrat commercial. Vous souhaitez l’en remercier en lui offrant une rémunération. C’est possible. Toutefois, faites attention à l’impact « social » de cette rétribution. Pourquoi ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Gérer les rémunérations ou avantages versés à des tiers


Des rémunérations soumises à cotisations sociales : qui ?

Par principe, toute somme ou avantage octroyé(e) à un salarié, même par une personne qui n'a pas la qualité d'employeur, est soumis(e) à cotisations sociales, CSG et CRDS, dès lors que cette rémunération, ou cet avantage, est consenti(e) en contrepartie d'une activité accomplie dans l'intérêt de la personne qui rémunère.

Qui assure le paiement des cotisations ? Si vous versez une rémunération à un salarié d’une autre entreprise, c’est à vous qu’il appartient de payer les cotisations sociales.

Le saviez-vous ?

Si vous versez une somme globale à une entreprise qui déterminera elle-même la répartition entre ses salariés, il appartient à l’employeur d’assumer la déclaration et le paiement des cotisations sociales, selon les modalités applicables aux salaires de ses collaborateurs.

Condition de salariat. Pour être considéré comme tiers vis-à-vis du bénéficiaire, il ne faut pas qu’il soit placé sous votre direction (il ne faut pas de lien de subordination entre ce bénéficiaire et vous). Il doit être salarié d’une autre entreprise ou assimilé. Cela signifie que si vous souhaitez récompenser un travailleur indépendant, celui-ci déclare lui-même la rémunération ou l’avantage octroyé dans ses revenus.

Information de l’employeur. Vous devrez informer l’employeur du bénéficiaire de la rémunération versée et des cotisations et contributions acquittées. Pour cela, vous lui transmettrez une copie du document fourni au salarié, recensant l’ensemble de ces montants. Vous effectuerez cette transmission au plus tard le 1er jour du mois suivant le règlement des avantages ou sommes, ou au plus tard le 30 juin de l’année civile suivant celle de ce règlement.

Une information à conserver ! Veillez à conserver vous-même une copie de ce document, faisant état des sommes versées et des cotisations ou contributions acquittées, et à le tenir à disposition des agents de contrôle de l’Urssaf, le cas échéant.

Cas des sommes versées par l’intermédiaire de tiers. Toutes les sommes versées à des salariés, même par l’intermédiaire de tiers, sont soumises à cotisations sociales. Dans une affaire, un employeur a été contraint de payer des cotisations sociales sur des sommes qu’il faisait verser, par un Institut, non pas à ses salariés mais aux enfants de celui-ci. Les sommes étaient versées sur un compte bancaire particulier que les enfants de ses salariés pouvaient débloquer à l’âge de 19 ans.


Des rémunérations soumises à cotisations sociales : quoi ?

Une rétribution... Les sommes et avantages attribués en contrepartie du service rendu par le salarié tiers sont soumis à cotisations sociales. Il peut s’agir d’un paiement en argent, de bons d’achats ou de chèques-cadeaux, d’avantages en nature…

Mais… Les sommes qui seraient qualifiées de remboursement de frais professionnels si elles étaient versées par l’employeur ne sont pas soumises à ce dispositif. Sont exclus également :

  • les voyages d’information et de formation, congrès, séminaires professionnels, notamment dans le secteur du tourisme, donnant lieu à des sujétions professionnelles qui mobilisent le bénéficiaire, si ces voyages ou séminaires sont effectués ou organisés à vos frais, avec l’accord de l’employeur, en dehors des congés du salarié, sans que celui-ci ne soit accompagné à vos frais de membres de sa famille ou de personnes de son choix ;
  • votre prise en charge des frais de participation aux réunions à but d’information, de formation et d’animation de réseaux de vente ou de prescripteurs si cette participation s’effectue avec l’accord de l’employeur en dehors des congés du salarié et sans que celui-ci ne soit accompagné à vos frais de membres de sa famille ou personnes de son choix ;
  • la fourniture d’échantillons de produits de parfumerie ou cosmétique dans le but de tester les produits.


Des rémunérations soumises à cotisations sociales : combien ?

Quelles cotisations ? Ces rémunérations ou avantages sont soumis(es) aux cotisations de sécurité sociale (c’est-à-dire assurance maladie, maternité, invalidité, décès, assurance vieillesse), à la CSG et à la CRDS mais également aux cotisations de retraite complémentaire du régime Arrco.

Des exonérations possibles ? Vous ne pouvez appliquer aucun dispositif d’exonération, d’abattement d’assiette ou de réduction de taux aux sommes ou avantages que vous octroyez à des salariés tiers. Cette règle est valable même si vous pouvez prétendre à de tels dispositifs pour vos propres salariés ou si l’employeur de votre bénéficiaire a lui-même droit à un allègement de ses charges.

Assiette des cotisations. Le montant de la rémunération ou de l’avantage octroyé est considéré comme une rémunération brute. Si vous ne rémunérez le tiers bénéficiaire qu’avec des avantages en nature, ou qu’avec des titres-cadeaux, ou bien qu’avec des avantages en nature et des titres-cadeaux, aucune contribution sociale n’est due.

Assujettissement aux cotisations sociales. Il existe 2 hypothèses :

  • soit les sommes et avantages versés sont assujettis, dès le 1er euro, aux cotisations et contributions de sécurité sociale sans tenir compte des sommes versées par l’employeur du salarié bénéficiaire ;
  • soit l’activité exercée entre dans le champ de la contribution libératoire qui dépendra de la valeur de l’avantage consenti.

Une contribution libératoire. Ce dispositif est spécifique aux activités commerciales : seule une contribution libératoire sera due si le salarié exerce une activité commerciale ou en lien direct avec la clientèle pour laquelle il est d’usage qu’un tiers alloue des sommes ou avantages aux salariés (exemple : secteur des cosmétiques, de la distribution, des grands magasins). Cette contribution est calculée de la manière suivante :

  • si l’avantage accordé n’excède pas, pour l’année, 15 % du SMIC mensuel (soit 265.038 € en 2024) : aucune contribution n’est due ;
  • si cet avantage est compris, pour l’année, entre 15 % et 150% du SMIC mensuel, cette contribution est égale à 20 % du montant de cet avantage ;
  • au-delà, les cotisations sociales sont dues dans les conditions normales.

Le saviez-vous ?

Si votre entreprise appartient au même groupe que l’employeur du salarié bénéficiaire, vous ne pouvez pas verser la contribution libératoire.

A retenir

Par principe, toutes les rémunérations et tous les avantages que vous pouvez verser à des salariés sont soumis à cotisations sociales, même si ces salariés sont tiers à votre entreprise. C’est pourquoi lorsque vous souhaitez récompenser un salarié tiers, vous devez avoir conscience des impacts sociaux de cette rétribution.

N’oubliez pas d’informer l’employeur du salarié bénéficiaire de la rétribution du montant de celle-ci et du montant des cotisations que vous aurez acquittées.

 

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