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Donner un objet, une somme d’argent : quelle imposition ?

Date de mise à jour : 04/08/2023 Date de vérification le : 18/03/2024 17 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Vous envisagez d’offrir une voiture à la personne qui partage votre vie, ou de donner une somme d’argent à chacun de vos enfants. Ce don sera-t-il soumis à l’impôt ? Si oui, comment cet impôt sera-t-il calculé ? Et finalement, qui doit le payer ?

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Donner un objet, une somme d’argent : quelle imposition ?

C’est quoi une donation ?

Un don. Une donation est un acte par lequel une personne va se « dépouiller » irrévocablement d’un bien au profit d’une autre personne. Les donations de biens recouvrent des formes multiples : il peut s’agir, par exemple, d’une donation simple, d’un don manuel, d’un don familial de somme d’argent, etc.

Un don, imposable ? Par principe, les donations sont soumises à l’impôt (ce que l’on appelle les droits de mutation) lorsque :

  • la donation est réalisée à titre gratuit : il s’agit concrètement d’un don qui doit témoigner d’une réelle intention libérale ;
  • le « donateur » (la personne qui donne) se départit immédiatement du bien donné ;
  • la donation est acceptée par la personne qui la reçoit (le « donataire »).

Cas particulier : le don manuel. Le don manuel est celui que l’on rencontre le plus fréquemment. Il consiste à donner un bien « de la main à la main », qu’il s’agisse d’une somme d’argent ou de tout autre objet. Ce type de don ne peut donc être soumis à l’impôt que lorsqu’il est porté à la connaissance de l’administration fiscale par le biais :

  • soit d’une déclaration accompagnant un acte soumis à enregistrement (par exemple une donation par acte authentique rédigée par notaire) ;
  • soit d’une reconnaissance judiciaire ;
  • soit d’une révélation qui peut être spontanée ou effectuée à la demande de l’administration.

Un don exonéré ? Toutes les donations ne sont pas soumises à l’impôt. Un certain nombre d’entre elles sont exonérées d’impôt, soit totalement, soit partiellement.

Cas particulier : le don TEPA. Le don TEPA est le terme générique que l’on emploie pour désigner un don familial de somme d’argent en pleine propriété. Ce type de don porte exclusivement sur des sommes d’argent : un don de voiture n’est pas un don TEPA.

Un abattement. Pour le calcul des droits de mutation, un abattement de 31 865 € est appliqué, sous réserve que le bénéficiaire du don soit majeur, ou émancipé, et que la personne qui donne soit âgée de 80 ans au maximum.

Un don familial. Pour qu’un don puisse bénéficier de cet abattement, il doit être consenti au profit :

  • d’un enfant ;
  • d’un petit-enfant ;
  • d’un arrière-petit-enfant ;
  • à défaut d’une descendance, d’un neveu ou d’une nièce ou d’un petit-neveu ou petite-nièce.

À noter. Le plafond de 31 865 € est propre à chaque donataire et ce quel que soit le nombre de donations. Un donateur peut par exemple consentir à son fils 10 donations. Si le montant cumulé de ces 10 donations est inférieur au seuil de 31 865 €, toutes les donations bénéficieront de cet abattement. En revanche, si le seuil est atteint dès la 8e donation, les 2 suivantes seront soumises aux droits de mutation.

À noter bis. L'abattement se renouvelle tous les 15 ans. Concrètement, un parent peut donner 31 865 € en franchise d’impôt à chacun de ses enfants, tous les 15 ans.

Un cumul. L’abattement de 31 865 € se cumule avec les abattements qui s’appliquent au moment du calcul de l’impôt dû. Prenons un exemple : un père donne 150 000 € à son fils. Il faut commencer par appliquer l’abattement de 31 865 €. Le fils doit donc, en principe, soumettre à l’impôt la somme de 118 135 € (150 000 € - 31 865 €). Au moment du calcul de l’impôt, le bénéficiaire du don étant le fils du donateur, il bénéficie d’un abattement de 100 000 €. Il ne devra donc soumettre effectivement à l’impôt que la somme de 18 135 € (118 135 € - 100 000 €) sur les 150 000 € reçus au départ.

Le saviez-vous ?

Il est important d’opérer une distinction entre le « présent d’usage » et le « don ». Les présents d'usage, qui se définissent comme étant 'les cadeaux faits à l'occasion de certains évènements, conformément à un usage, et n'excédant pas une certaine valeur', sont de simples cadeaux non soumis aux droits de donation.

L'administration fiscale se sert, en effet, de cette définition pour distinguer un présent d'usage (non soumis à taxation) d'une donation (soumise à taxation).


Donation : comment calculer l’impôt ?

Une base d’imposition. L’impôt est calculé sur la base de la valeur vénale réelle du bien donné au jour de la donation. Il n’existe pas vraiment de définition de la notion de « valeur vénale ». Si le don porte sur une somme d’argent, cela ne pose pas vraiment problème : la base d’imposition est constituée par le montant de la somme donnée. Si c’est un bien meuble qui est donné (par exemple une voiture), il faudra regarder la valeur accordée à un tel bien sur le marché.

Un calcul. Pour calculer le montant des droits de mutation, il convient d’abord de regarder s’il est possible d’appliquer un abattement à la base d’imposition. Une fois cela fait, il faut appliquer au solde restant un tarif et, dans certains cas, une réduction.

Un abattement. Il n’existe pas 1 seul abattement, mais plusieurs, qui s’appliquent en fonction de la qualité du bénéficiaire du don. Ainsi, il existe :

  • un abattement de 100 000 € pour les dons consentis en ligne directe, c’est-à-dire au profit des père et mère du donateur ou de ses enfants : cet abattement est cumulable avec l’exonération prévue dans le cadre des dons TEPA ;
  • un abattement de 15 932 € pour les dons consentis au profit d’un frère et ou d’une sœur ;
  • un abattement de 7 967 € pour les dons consentis au profit d’un neveu ou d’une nièce : cet abattement est cumulable avec l’exonération prévue dans le cadre des dons TEPA dans l’hypothèse où le donataire n’a pas de descendance ;
  • un abattement de 159 325 € pour les dons consentis au profit d’une personne handicapée physique ou mentale, cet abattement se cumule avec tout autre abattement ;
  • un abattement de 80 724 € pour les dons consentis au profit d’un époux/d’une épouse ou d’un partenaire de Pacs : cet abattement est cumulable avec celui prévu pour les personnes handicapées ;
  • un abattement de 31 865 € pour les dons consentis au profit d’un petit-enfant du donateur et ce, quel que soit l’âge de ce dernier : cet abattement est cumulable avec l’exonération prévue dans le cadre des dons TEPA, ainsi qu’avec l’abattement prévu pour les personnes handicapées ;
  • un abattement de 5 310 € pour les dons consentis au profit d’un arrière-petit-enfant du donateur et ce, quel que soit l’âge de ce dernier : cet abattement est cumulable avec l’exonération prévue dans le cadre des dons TEPA, ainsi qu’avec l’abattement prévu pour les personnes handicapées.

Exemple. Vous décidez de donner la somme de 100 000 € à votre partenaire de Pacs. Il s’agit d’une donation simple et pas d’un don TEPA. Après application de l’abattement adéquat, le donataire (votre partenaire) doit soumettre à l’impôt la somme de 19 276 € (100 000 € - 80 724 €).

Un tarif. Une fois que la base d’imposition a été réduite de l’abattement adéquat (ou si aucun abattement n’est applicable), il convient de lui appliquer un tarif qui varie suivant la qualité du bénéficiaire de la donation (descendant, ascendant, conjoint, frère et sœur, etc.).

     =>  Consultez les tarifs des droits de donation (barème 2023)

Suite de l’exemple. Une fois l’abattement appliqué, votre partenaire doit soumettre à l’impôt la somme de 19 276 €. Il convient d’appliquer à la fraction de cette somme qui n’excède pas 8 072 € un tarif de 5 % (8 072 € x 5 % = 403,6 €), à la fraction de la somme comprise entre 8 072 € et 15 932 € (soit 7 860 €) un tarif de 10 % (7 860 € x 10 % = 786 €) et à la fraction de la somme comprise entre 15 932 € et 19 276 € (soit 3 344 €) un tarif de 15 % (3 344 € x 15 % = 501,6 €). Votre partenaire sera donc tenu au paiement des droits de mutation à hauteur de 1 691,2 € (403,6 € + 786 € + 501,6 €).

Une réduction ? Une fois le montant de l’impôt calculé, il existe pour les mutilés de guerre frappés d’une invalidité de 50 % une réduction de moitié du montant des droits de mutation dus, sans que la réduction ne puisse excéder 305 €.

Chronologie des donations. Récemment, le juge a précisé que si 2 donations-partages sont faites le même jour devant notaire, entre un même donateur et un même donataire, et présentées le même jour à l’enregistrement, celle devant recevoir l’abattement familial est celle ayant été dressée en premier par le notaire.


Donation : à déclarer !

Une déclaration... Si le don (TEPA ou manuel) est réalisé par acte authentique, c’est le notaire qui se chargera de procéder aux déclarations nécessaires auprès du SIE (service des impôts des entreprises). Si le don n’est pas consenti par acte authentique, le bénéficiaire devra remplir une déclaration no 2735 à adresser en double exemplaire au SIE.

…dématérialisée. Depuis le 30 juin 2021, les déclarations de dons manuels de sommes d’argent, d’actions, d’obligations et d’objets d’art, doivent s’effectuer en ligne, sur le site internet impots.gouv.fr, en suivant le chemin suivant : Votre espace particulier / Déclarer / Vous avez reçu un don ? / Déclarez le.

Un accompagnement. Une foire aux questions, disponible ici, ainsi qu’un « pas-à-pas », consultable ici, ont été mis en ligne pour vous accompagner.

Paiement. En principe, c’est au donataire de payer les droits de mutation. Toutefois, il est possible que le donateur se substitue à lui s’il souhaite assumer personnellement la charge de l’impôt.

Un télérèglement. Le paiement en ligne des droits de donation par carte bancaire ou autorisation de prélèvement est disponible sur son espace impôts.gouv.fr.

À retenir

Une donation est un acte effectué à titre gratuit par lequel le donateur se dépouille irrévocablement d’un bien (ou d’une somme d’argent) au profit du donataire (bénéficiaire de la donation).
 

Par principe, toutes les donations sont soumises à l’impôt (droits de mutation) qui est calculée en appliquant un tarif, fixé par la loi, à la base d’imposition (valeur vénale réelle du bien donné) préalablement réduite d’un ou plusieurs abattements.
 

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Diviser son patrimoine : ce qu’il faut savoir sur la présomption légale de propriété

Date de mise à jour : 04/08/2023 Date de vérification le : 04/08/2023 15 minutes
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Pour optimiser la transmission de son patrimoine, une personne peut choisir de diviser la propriété de ses biens pour en transmettre la nue-propriété et s’en réserver l’usufruit, c’est-à-dire la jouissance. C’est ce qui s’appelle un démembrement de propriété. Pourtant, l’administration fiscale peut être amenée à se poser la question de la propriété des biens. C’est pourquoi la loi est venue instituer une présomption légale de propriété. De quoi s’agit-il ?

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Diviser son patrimoine : ce qu’il faut savoir sur la présomption légale de propriété

La présomption légale de propriété : le principe

Une présomption légale... Il s’agit d’une présomption de propriété des biens, établie par la loi, et qui n’a vocation à s’appliquer qu’en matière fiscale. Cette présomption est utilisée par l’administration lorsqu’il est question du calcul des droits de mutation à devoir suite au décès d’une personne.

… de propriété. Cette présomption revient à considérer qu’un bien meuble ou immeuble, dont l’usufruit (c’est-à-dire le droit d’utiliser le bien et, le cas échéant, d’en percevoir les revenus) appartient au défunt et la nue-propriété à ses héritiers potentiels (appelés « héritiers présomptifs »), doit entièrement faire partie de la succession de l’usufruitier pour le calcul des droits de mutation, jusqu’à preuve du contraire, sauf à ce que la donation ait été consentie plus de 3 mois avant le décès, par acte régulier.

Donation inexistante. En clair, la donation de la nue-propriété est présumée inexistante si le décès intervient moins de 3 mois après le démembrement, sauf à ce que la preuve de la sincérité et de la réalité de la donation soit apportée à l’administration.

Un démembrement préalable. Vous l’aurez noté, cette présomption légale de propriété ne trouve à s’appliquer qu’aux hypothèses de démembrement de propriété impliquant un usufruitier et son ou ses héritier(s) présomptif(s) ayant la qualité de nu(s)-propriétaire(s) des biens.

Nus-propriétaires. La présomption légale de propriété n’est applicable que lorsque l’administration se trouve face à un certain type de nus propriétaires, dont la liste est limitativement fixée par elle. Il s’agit des personnes suivantes :

  • héritiers présomptifs de la personne consentant la donation, même s’ils sont renonçants à la succession ou exclus par testament ;

  • donataires (personnes recevant un don) ou légataires (personnes étant désignées héritières par testament), même s’ils obtiennent cette qualité grâce à un testament postérieur au démembrement de propriété, ou s’ils sont renonçants à la succession ;

  • personnes réputées interposées entre le défunt et ses héritiers, ses donataires ou ses légataires : parmi ces personnes interposées, on retrouve les pères et mères, ainsi que les époux et, pour les légataires et donataires uniquement, les enfants et autres descendants.

À noter. La présomption légale de propriété sera utilisée dans tous les cas où le nu-propriétaire a eu, à un quelconque moment, la qualité d’héritier présomptif. Il n’est pas requis qu’il ait eu cette qualité au moment de l’acte constatant le démembrement, ou qu’il l’ait encore au moment du décès de l’usufruitier.

Le saviez-vous ?

La présomption légale de propriété est utilisée la plupart du temps par l’administration elle-même au moment du calcul des droits de mutation. Elle est utilisée plus rarement comme moyen de défense par les nus-propriétaires.

Le juge de l’impôt a eu récemment à se prononcer sur un redressement fiscal au cours duquel le nu-propriétaire a invoqué la présomption légale de propriété. Il indiquait que le décès était intervenu moins de 3 mois après l’acte constatant le démembrement et qu’il était dans l’impossibilité d’apporter la preuve de la sincérité de la donation. Partant de là, il contestait le redressement fiscal qui lui était appliqué sur les droits de donation. Ce que le juge a confirmé : puisque la donation était présumée inexistante, le bien objet du démembrement faisait partie intégrante de la succession. L’administration n’était donc pas fondée à réclamer un supplément d’impôt au nu-propriétaire, au titre des droits payés au moment de l’enregistrement du démembrement.

Une sécurité. Ce mécanisme a été mis en place pour éviter que certaines personnes, volontairement, ne se dépouillent de leur vivant de la nue-propriété de leurs biens au profit de leurs héritiers et ce, pour permettre à ces derniers d’échapper au paiement de l’impôt de succession au moment du décès. En effet, quand un usufruit s’éteint du fait du décès de l’usufruitier, le nu-propriétaire récupère la pleine propriété du bien sans avoir à payer de droits de mutation pour ce bien au moment de la succession !


La présomption légale de propriété : les limites

Des limitations... La présomption légale de propriété ne s’applique pas à tous les cas de démembrement de propriété.

…diverses. Certaines situations de démembrement y échapperont, soit en raison de la nature de l’acte ou de l’évènement ayant conduit à la division, soit en raison du droit détenu par le défunt.

Nature de l’acte. Il ne sera pas tenu compte de la présomption légale de propriété si le démembrement de propriété du bien a pour origine :

  • une donation régulière de la nue-propriété (donation ordinaire ou donation-partage) consentie plus de 3 mois avant le décès de l’usufruitier ;

  • une donation consentie dans un contrat de mariage sans condition de délai ;

  • une succession dévolue au défunt (de son vivant) et à ses héritiers présomptifs, et dans laquelle le 1er a reçu l’usufruit viager d’un bien et les 2ds la nue-propriété ;

  • une disposition testamentaire prévoyant que l’usufruit est légué à une personne et la nue-propriété à ses héritiers présomptifs.

Droit du défunt. Il ne sera pas non plus fait application de la présomption légale dans l’hypothèse où le défunt ne serait pas usufruitier mais disposerait simplement d’un droit d’usage et d’habitation.

À noter. Si le « simple » droit d’usage et d’habitation cache en réalité un véritable usufruit, la présomption légale trouvera à s’appliquer.

Exemple. Une personne vend sa maison, avant son décès. L’acte de vente prévoit que le vendeur se réserve la jouissance d’un logement, jusqu’à la fin de sa vie. Quelque temps plus tard, cette personne décide de placer le logement en location : le droit d’usage et d’habitation ne pouvant pas faire l’objet d’une location, le vendeur dispose en réalité d’un usufruit ! Il faudra donc faire application de la présomption légale de propriété.

Le saviez-vous ?

L’application ou non de la présomption légale de propriété va très souvent résulter de l’appréciation des situations de faits.

C’est le cas, par exemple, des ventes successives de la nue-propriété et de l’usufruit. Une personne vend à ses héritiers présomptifs la nue-propriété d’un bien puis, quelques années plus tard, leur en cède l’usufruit. Dans cette hypothèse, l’administration a considéré que la présomption de propriété n’était pas applicable au moment du décès, à condition toutefois que la cession de l’usufruit soit effective et sincère.


La présomption légale de propriété : la preuve contraire

Une présomption simple. Outre les cas de limitation, il est important de rappeler que la présomption légale de propriété est une présomption simple et qu’en tant que telle, elle peut être combattue par la preuve contraire.

Sincérité de l’opération. S’il souhaite combattre cette présomption, le nu-propriétaire devra apporter la preuve de la sincérité du démembrement de propriété.

Renversement de la charge de la preuve. Vous l’aurez noté, il appartient au nu-propriétaire d’apporter la preuve de la sincérité de l’opération que la loi présume fictive. Cette preuve sera examinée au cas par cas par l’administration.

Exemple 1. Les éléments suivants, à eux seuls, n’ont pas été retenus comme étant des preuves suffisantes par l’administration et le juge de l’impôt :

  • acte de démembrement passé devant notaire ;

  • démembrement de propriété opéré par adjudication, même si le prix est payé comptant ;

  • prix converti en rente viagère, même si la personne pouvait produire des quittances ou des reçus ;

  • travaux d’aménagement (ou autres) réalisés par le nu-propriétaire.

Exemple 2. En revanche, les éléments suivants ont été reconnus comme constituant des preuves suffisantes :

  • démembrement résultant d’un partage complet sincère ;

  • donation de sommes d’argent, constatée par un acte ayant une date certaine, en vue de financer, plus de 3 mois avant le décès, l’acquisition de tout ou partie de la nue-propriété d’un bien, sous réserve bien sûr de pouvoir justifier l’origine des sommes d’argent dans l’acte de donation ;

  • décès intervenu de manière soudaine et imprévue, alors même que l’usufruitier était en bonne santé au moment de la donation.

À noter. Dans cette dernière hypothèse, le nu-propriétaire avait pu fournir une attestation du médecin traitant de l’usufruitier mentionnant qu’il était en bonne santé. De même, il avait fourni les témoignages d’autres personnes qui avaient rencontré l’usufruitier quelques jours avant son décès et qui l’avaient trouvé en bonne santé. Enfin, le nu-propriétaire avait pu apporter la preuve que cette donation s’inscrivait dans la continuité d’une autre donation, effectuée des années auparavant.


La présomption légale de propriété : les effets

Décès. La présomption légale de propriété induit une présomption d’inexistence de l’acte de démembrement. Pour autant, cette présomption ne produit ses effets qu’au moment du décès de l’usufruitier.

Calcul de l’impôt. Si la présomption est applicable, le bien est réputé appartenir (pour sa globalité) au patrimoine du défunt. Partant de là, le nu-propriétaire sera personnellement tenu au paiement des droits de mutation, calculés sur la valeur totale du bien, du fait du décès de l’usufruitier.

Imputation. Pour éviter une double imposition, si le nu-propriétaire a la qualité d’héritier, donataire, légataire, etc., les droits de mutation qu’il aura acquittés au moment du démembrement de propriété s’imputeront sur les droits dus suite au décès de l’usufruitier.

Inversement. À l’inverse, aucune imputation ne sera possible si le démembrement résulte, par exemple, d’une acquisition conjointe ou si le nu-propriétaire a acquis son droit auprès d’une autre personne que l’usufruitier défunt.

Justification. Si le nu-propriétaire souhaite bénéficier de la possibilité d’imputer les droits déjà payés sur ceux restants dus, il devra justifier le montant des sommes qu’il indique avoir déjà réglées. À cet effet, il devra produire l’original ou l’expédition de l’acte de démembrement. À défaut, il pourra fournir à l’administration la date à laquelle la formalité de l’enregistrement a été effectuée.

A retenir

La présomption légale de propriété permet à l’administration, pour le calcul des droits de mutation, de considérer qu’un bien faisant l’objet d’un démembrement de propriété fait partie, pour sa globalité, du patrimoine de l’usufruitier défunt.
 

Si le nu-propriétaire ne peut pas se prévaloir des limites légales, il pourra toujours contester l’application de la présomption en apportant la preuve de la sincérité de la donation.
 

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Donner un logement neuf : une exonération fiscale possible

Date de mise à jour : 23/12/2020 Date de vérification le : 23/12/2020 5 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Vous faites construire un logement que vous envisagez de donner ensuite à un enfant. Cette situation répond en tous points à un dispositif qui vous permet d’optimiser, sur le plan fiscal, la donation de ce logement. Pourquoi ? Comment ? Sous quelles conditions ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Donner un logement neuf : une exonération fiscale possible


Exonération fiscale de la donation d’un logement neuf : pour quoi ?

Une exonération fiscale… Un dispositif spécial vous permet de bénéficier d’une exonération des droits de donation normalement dus lorsque vous donnez un bien, pour autant qu’elle porte sur un logement neuf (un appartement ou une maison). Mais cette exonération fiscale n’est que temporaire.

… temporaire… Pour bénéficier de cet avantage fiscal, il faut que la donation porte sur un logement neuf pour lequel un permis de construire a été obtenu entre le 1er septembre 2014 et le 31 décembre 2016, sous réserve que cette donation ait été effectivement constatée par acte notarié au plus tard dans les 3 ans qui suivent l’obtention du permis de construire.

… pour une donation d’un logement « neuf »... Sont visés par ce dispositif les logements neufs : au sens fiscal du terme, un logement neuf s’entend d’un logement qui n’a jamais été habité, ni utilisé à quelque titre que ce soit.

Le saviez-vous ?

Les donations en pleine propriété de parts ou d'actions de sociétés, notamment de sociétés civiles immobilières, détenant des terrains à bâtir sont exclues du dispositif.

… en « pleine propriété »... Seules les donations en pleine propriété peuvent bénéficier de cette exonération fiscale.

… de votre vivant. Seules les donations consenties « entre vifs » sont concernées par cette exonération fiscale. Mais peu importe qu’il y ait ou non un lien de parenté entre celui qui donne et celui qui reçoit.


Exonération fiscale de la donation d’un logement neuf : comment ?

Un avantage fiscal appréciable… L’exonération fiscale dont il est question concerne les droits de donation : concrètement, vous ne payez pas de droits de donation sur la valeur du logement, mais jusqu’à un certain plafond qui diffère selon les circonstances de la donation.

… mais variable. L'exonération s'applique, dans la limite de la valeur déclarée du logement, à concurrence de :

  • 100 000 € en cas de donation consentie au profit d'un enfant, d’un petit-fils ou d’une petite-fille ou d’un parent en ligne directe, du conjoint ou du partenaire lié par un PACS ;
  • 45 000 € en cas de donation consentie au profit d'un frère ou d'une sœur ;
  • 35 000 € en cas de donation consentie au profit d'une autre personne.

Attention ! L'exonération s'applique dans la limite de la valeur déclarée du logement. Ce qui explique qu’en cas de redressement fiscal concernant cette valeur déclarée (et dans l'hypothèse où le montant d'exonération n'aurait pas été intégralement utilisé), la valeur ainsi rehaussée par l’administration n’ouvrira pas droit à un complément d'exonération.

Un plafond global. Par ailleurs, en plus de ce plafond d'exonération (variable en fonction du lien de parenté), il faut tenir compte d’un plafond global de 100 000 € applicable pour l'ensemble des donations de logements neufs consenties par un même donateur (mais il est possible de cumuler l’exonération fiscale liée à la donation d’un logement neuf et celle liée à la donation d’un terrain à bâtir qui bénéficie aussi d’une exonération fiscale temporaire de même nature).

Le saviez-vous ?

Cette exonération fiscale ne vous fait pas perdre le bénéfice des abattements normalement applicables en cas de donation (exemple : abattement de 100 000 € en cas de donation entre parents et enfants).

Cela signifie que si une donation bénéficie de cette exonération fiscale, vos conservez le bénéfice des abattements normalement applicables pour une donation ultérieure au profit d’un même bénéficiaire.


Exonération fiscale de la donation d’un logement neuf : sous quelles conditions ?

Justifiez l’achèvement du logement. Pour rappel, la donation doit porter sur un logement neuf pour lequel un permis de construire a été obtenu entre le 1er septembre 2014 et le 31 décembre 2016. En outre, cette donation doit être faite dans les 3 ans qui suivent l’obtention du permis de construire. L’acte de donation doit donc contenir les éléments suivants :

  • La date d’obtention du permis de construire,
  • La déclaration attestant l’achèvement et la conformité des travaux.

Un logement neuf ! Il faut, en outre, rappeler que cette exonération suppose que le logement n’ait jamais été habité, ni utilisé à quelque titre que ce soit au moment de la donation.

Sinon… Le risque est le suivant : le bénéficiaire de la donation (le donataire) devra payer les droits de donation qui ont été exonérés, assortis de l’intérêt de retard (au taux de 0,40 % par mois de retard ou 0,20 % depuis 2018, décompté depuis la date du délai légal de l’enregistrement de l’acte notarié) et d’une majoration complémentaire de 15 %.

Le saviez-vous ?

Pour rappel, en cas de donation, les droits sont en principe dus par le donataire.

A noter. Des circonstances particulières peuvent tempérer ces sanctions :

  • d’une part, le droit complémentaire de 15 % n’est pas dû en cas de licenciement, d’invalidité ou de décès du donataire ;
  • d’autre part, ce droit complémentaire n’est pas dû si le donataire ne peut pas respecter les conditions pour bénéficier de cette exonération fiscale en raison de circonstances exceptionnelles indépendantes de sa volonté (cas de force majeure) : contestation de la légalité du permis de construire, mise en liquidation de l’entreprise chargée de construire le logement, etc.

A retenir

Si vous faites une donation d’un logement neuf (pour lequel un permis de construire a été obtenu entre le 1er septembre 2014 et le 31 décembre 2016), dans les 3 ans de l’obtention du permis de construire, la donation est exonérée de droits d’enregistrement (à concurrence d’une valeur déclarée du logement de 100 000 € au maximum).

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Sources
  • Article 790 I du Code Général des Impôts
  • Article 1840 G ter du Code Général des Impôts
  • BOFiP-Impôts-BOI-ENR-DMTG-20-20-20
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Donner un terrain à bâtir : une exonération fiscale possible

Date de mise à jour : 23/12/2020 Date de vérification le : 23/12/2020 5 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Vous êtes propriétaire d’un terrain à bâtir et envisagez de le donner à un enfant pour qu’il puisse y construire sa future maison. Cette situation répond en tous points à un dispositif qui vous permet d’optimiser, sur le plan fiscal, la donation de ce terrain à bâtir. Pourquoi ? Comment ? Sous quelles conditions ?

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Donner un terrain à bâtir : une exonération fiscale possible


Exonération fiscale de la donation d’un terrain à bâtir : pour quoi ?

Un dispositif temporaire. Un dispositif spécial vous permet de bénéficier d’une exonération des droits de donation normalement dus lorsque vous donnez un terrain à bâtir. Mais cette exonération fiscale n’est que temporaire puisqu’elle s’applique aux donations faites entre le 1er janvier et le 31 décembre 2015 (il faut prendre en compte la date de signature de l’acte notarié).

Donner un « terrain à bâtir »… Sont visés par ce dispositif les terrains à bâtir : au sens fiscal du terme, un terrain à bâtir est un terrain sur lequel des constructions peuvent être autorisées en application d'un plan local d'urbanisme, d'une carte communale opposable aux tiers, d'un autre document d'urbanisme en tenant lieu. Il faut donc se renseigner auprès de la mairie pour s’assurer que le terrain que vous envisagez de donner répond effectivement à cette définition.

Le saviez-vous ?

Les donations en pleine propriété de parts ou d'actions de sociétés, notamment de sociétés civiles immobilières, détenant des terrains à bâtir sont exclues du dispositif.

… en « pleine propriété »... Seules les donations en pleine propriété peuvent bénéficier de cette exonération fiscale. Si vous envisagez de démembrer la propriété du terrain à bâtir et ne donner par exemple que sa nue-propriété, l’exonération fiscale ne s’applique pas.

… de votre vivant. Seules les donations consenties « entre vifs » sont concernées par cette exonération fiscale. Mais peu importe qu’il y ait ou non un lien de parenté entre celui qui donne et celui qui reçoit.


Exonération fiscale de la donation d’un terrain à bâtir : comment ?

Un avantage fiscal appréciable… L’exonération fiscale dont il est question concerne les droits de donation : concrètement, vous ne payez pas de droits de donation sur la valeur du terrain à bâtir, mais jusqu’à un certain plafond qui diffère selon les circonstances de la donation.

… mais variable. L'exonération s'applique, dans la limite de la valeur déclarée du terrain à bâtir, à concurrence de :

  • 100 000 € en cas de donation consentie au profit d'un enfant, d’un petit-fils ou d’une petite-fille ou d’un parent en ligne directe, du conjoint ou du partenaire lié par un pacte civil de solidarité ;
  • 45 000 € en cas de donation consentie au profit d'un frère ou d'une sœur ;
  • 35 000 € en cas de donation consentie au profit d'une autre personne.

Attention ! L'exonération s'applique dans la limite de la valeur déclarée du terrain à bâtir. Ce qui explique qu’en cas de redressement fiscal concernant cette valeur déclarée (et dans l'hypothèse où le montant d'exonération n'aurait pas été intégralement utilisé), la valeur ainsi rehaussée par l’administration n’ouvrira pas droit à un complément d'exonération.

Un plafond global. Par ailleurs, en plus de ce plafond d'exonération (variable en fonction du lien de parenté), il faut tenir compte d’un plafond global de 100 000 € applicable pour l'ensemble des donations de terrain à bâtir consenties par un même donateur (mais il est possible de cumuler l’exonération fiscale liée à la donation d’un terrain à bâtir et celle liée à la donation d’un logement neuf qui bénéficie aussi d’une exonération fiscale temporaire de même nature).

Le saviez-vous ?

Cette exonération fiscale ne fait pas obstacle au bénéfice des abattements normalement applicables en cas de donation (exemple : abattement de 100 000 € en cas de donation entre parents et enfants). Si vous donnez un terrain à bâtir d’une valeur de 80 000 € à un enfant, vous conservez le bénéfice de l’abattement de 100 000 € pour une donation ultérieure au profit de ce même enfant.


Exonération fiscale de la donation d’un terrain à bâtir : sous quelles conditions ?

Un engagement de construire. La personne qui reçoit le terrain à bâtir (le donataire) doit s’engager à construire son logement sur ce terrain dans les 4 ans de la donation. Cet engagement doit être expressément mentionné dans l’acte de donation rédigé par le notaire (si le terrain est donné à une indivision, chaque coïndivisaire doit prendre cet engagement).

A justifier ! Le donataire doit justifier, à l’expiration du délai de 4 ans, de la réalisation et de l’achèvement de ce logement. Cette justification peut être utilement apportée en produisant la déclaration d’achèvement et de conformité des travaux.

Sinon… Le risque est le suivant : il devra payer les droits de donation qui ont été exonérés, assortis de l’intérêt de retard (au taux de 0,40 % par mois de retard décompté depuis la date du délai légal de l’enregistrement de l’acte notarié) et d’une majoration complémentaire de 15 %.

Le saviez-vous ?

Pour rappel, en cas de donation, les droits sont en principe dus par le donataire.

A noter. Des circonstances particulières peuvent tempérer ces sanctions :

  • d’une part, le droit complémentaire de 15 % n’est pas dû en cas de licenciement, d’invalidité ou de décès du donataire ;
  • d’autre part, ce droit complémentaire n’est pas dû si le donataire ne peut pas respecter les conditions pour bénéficier de cette exonération fiscale en raison de circonstances exceptionnelles indépendantes de sa volonté (cas de force majeure) : contestation de la légalité du permis de construire, mise en liquidation de l’entreprise chargée de construire le logement, etc.

Un logement neuf achevé ? Par logement « neuf », il faut entendre un logement qui n’a jamais été habité, ni utilisé pour quelque forme que ce soit. Par logement « achevé », il faut entendre un logement dont l’état d’avancement des travaux en permet une utilisation propice à l’habitation.

A retenir

Si vous faites une donation d’un terrain à bâtir avant le 31 décembre 2015 sur lequel le bénéficiaire s’engage à construire un logement dans les 4 ans, la donation est exonérée de droits d’enregistrement (à concurrence d’une valeur déclarée du terrain de 100 000 € au maximum).

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Sources
  • Article 790 H du Code Général des Impôts
  • Article 1840 G ter du Code Général des Impôts
  • BOFiP-Impôts-BOI-ENR-DMTG-20-20-20
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Revenus fonciers : bénéficier d’une déduction fiscale spécifique

Date de mise à jour : 07/02/2022 Date de vérification le : 07/02/2022 9 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Si vous louez votre logement dans le cadre d’une convention conclue avec l’Agence Nationale de l’Habitat (Anah), vous pouvez bénéficier d’une déduction fiscale spéciale pour le calcul de vos revenus fonciers (dispositif Borloo ancien). Sous conditions, comme toujours…

Rédigé par l'équipe WebLex.
Revenus fonciers : bénéficier d’une déduction fiscale spécifique


Déduction fiscale Anah : pour qui, pour quoi ?

Un avantage fiscal ? Connu sous le nom de « conventionnement ANAH », ou « Louer abordable », ce dispositif permet de bénéficier d’une déduction spécifique des revenus fonciers si vous donnez en location des logements à loyers maîtrisés, en application d’une convention conclue avec l’Agence nationale de l’habitat (Anah).

Le saviez-vous ?

Ce dispositif est surtout connu sous le nom de « Borloo ancien » a été remplacé par le dispositif « Cosse». Le « Cosse» (ou dispositif « Louer abordable ») s’applique aux locations effectuées dans le cadre d’une convention conclue avec l’ANAH à compter du 1er janvier 2017 et dont la date d’enregistrement de la demande de conventionnement par cet organisme intervient jusqu’au 28 février 2022.

Pour qui ? Par principe ouvert aux particuliers bailleurs, ce dispositif s’applique aussi si le logement est loué par l’intermédiaire d’une SCI (non soumise à l’IS). Dans ce cas, l'avantage fiscal s'applique à l'associé personne physique de la société.

Pour quoi ? Le dispositif « conventionnement Anah » s’applique aux propriétaires bailleurs qui louent des logements à loyers maîtrisés, en application d’une convention conclue avec l’Agence nationale de l’habitat (Anah). Il peut s’agir d’une convention à loyer intermédiaire ou d’une convention à loyer social ou très social.

Attention. Le logement doit satisfaire aux conditions de volume, de surface, de confort et de sécurité ainsi qu’aux obligations de décence (il ne doit pas présenter de risques pour la sécurité et la santé des occupants et doit être pourvu des équipements habituels permettant de l’habiter normalement).

A noter. Les locaux à usage mixte ne peuvent pas, en principe, ouvrir droit au bénéfice de l’avantage fiscal. Toutefois, il est admis que la partie du logement louée à usage d’habitation ouvre droit à la déduction spécifique sous réserve que le local soit affecté à l’habitation pour les trois quarts au moins de sa superficie.

A compter du 1er janvier 2017. Dans le cadre du « Cosse », le logement doit être situé dans une zone géographique se caractérisant par un déséquilibre entre l’offre et la demande de logements locatifs (en pratique, il s’agit des zones A, A bis, B1 et B2 retenues pour l’application du dispositif Duflot-Pinel).

Pour les conventions conclues depuis le 1er juillet 2020. L’avantage fiscal ne s’applique que pour les logements qui respectent un certain niveau de performance énergétique globale.

En France métropolitaine, l’avantage fiscal ne profitera qu’aux personnes qui placent en location des logements pour lesquels la consommation conventionnelle en énergie primaire est inférieure à 331 kWh/m²/an. Sont donc exclus du bénéfice de la déduction spécifique les logements classés F ou G dans le diagnostic de performance énergétique (DPE).

Une justification. Pour justifier du respect de cette exigence de performance énergétique, il faudra fournir à l’Anah une évaluation énergétique en cours de validité à la date de dépôt de la demande de convention.

En Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à La Réunion et à Mayotte, les propriétaires devront justifier que leur logement respecte au moins l’une des améliorations de la performance énergétique suivantes :

  • travaux d'isolation thermique des toitures, à savoir les travaux de protection des toitures contre les rayonnements solaires conformes à certaines prescriptions techniques ;
  • travaux d'isolation thermique des murs donnant sur l'extérieur, à savoir les travaux de protection des murs donnant sur l'extérieur contre les rayonnements solaires conformes à certaines prescriptions techniques ;
  • travaux d'isolation thermique des parois vitrées et portes donnant sur l'extérieur, à savoir les travaux de protection des baies donnant sur l'extérieur contre les rayonnements solaires, le cas échéant associés à l'installation de brasseurs d'air fixes, conformes à certaines prescriptions techniques ;
  • travaux d'installation ou de remplacement de systèmes de chauffage, le cas échéant associés à des systèmes de ventilation économiques et performants, ou de production d'eau chaude sanitaire conformes à certaines prescriptions techniques.

Une justification. Pour justifier du respect de cette exigence, il faudra fournir, sur simple demande, toutes les factures ou notes émises par les entreprises prestataires, ou tout autre moyen de preuve.


Déduction fiscale Anah : combien ?

Un avantage fiscal ! L’avantage fiscal associé à ce dispositif prend la forme d’une déduction spécifique qui vient en diminution du montant des loyers bruts tirés de la location du logement conventionné. Le taux de cette déduction forfaitaire varie selon les situations et les dispositifs.

Un taux variable dans le cadre du « Borloo ancien ». Les taux de la déduction spécifique varient selon la date de conclusion du bail, la nature de la convention conclue avec l’Anah et le caractère direct ou non de la location. Pour les baux conclus depuis le 28 mars 2009, le taux est le suivant :

  • En cas de location directe :
  •    o pour une convention à loyer intermédiaire : 30 %
  •    o pour une convention à loyer social ou très social : 60 %
  • En cas de location à un organisme public ou privé :
  •    o pour une convention à loyer intermédiaire : 30 % ou 70 %
  •    o pour une convention à loyer social ou très social : 60 % ou 70 %

Pour information. La déduction spécifique au taux de 70 % concerne exclusivement les logements situés dans les communes classées dans les zones géographiques se caractérisant par un déséquilibre entre l’offre et la demande de logements.

Un taux variable dans le cadre du « Cosse ». Depuis le 1er janvier 2017, il faut distinguer selon la situation géographique du logement pour connaitre le taux de la déduction spécifique. Ce taux sera le suivant :

  • Pour les logements situés en zone B2 :
  •   o en cas de location directe en secteur intermédiaire : 15 %
  •   o en cas de location directe en secteur social et très social : 50 %
  •   o en cas d’intermédiation locative pour les personnes défavorisées : 85 %
  • Pour les logements situés en zone A, A bis et B1 :
  •   o en cas de location directe en secteur intermédiaire : 30 %
  •   o en cas de location directe en secteur social et très social : 70 %
  •   o en cas d’intermédiation locative pour les personnes défavorisées : 85 %
  • pour les logements situés dans les autres zones :
  • o en cas de location directe en secteur social et très social : 50 % pour les conventions conclus à compter du1er janvier 2018 et dont la date d’enregistrement de la demande de conventionnement par cet organisme intervient jusqu’au 28 février 2022 (à condition que la convention prévoit que le bailleur réalise des travaux d’amélioration) ;
  • o en cas d’intermédiation locative pour les personnes défavorisées : 85 % (y compris lorsque la convention ne prévoit pas la réalisation de travaux d’amélioration par le bailleur).

A noter pour les SCI. Lorsque vous louez le logement par l’intermédiaire d’une SCI (non soumise à l’IS), vous appliquez cette déduction spécifique dans la limite de la quote-part du revenu brut vous revenant.

Le saviez-vous ?

La déduction spécifique s’applique pendant toute la durée de la convention jusqu’à son échéance. Elle ne se cumule pas avec certains avantages fiscaux applicables dans le cadre des dispositifs Périssol, Besson, Robien ou encore Scellier (déduction au titre de l’amortissement ou déduction spécifique des revenus fonciers).

En cas de déficit. En principe, un déficit foncier est imputable sur le revenu global du propriétaire, pour le calcul de son impôt sur le revenu, dans la limite de 10 700 €. Dans le cadre du dispositif Cosse, à compter de l’imposition des revenus de 2019, cette limite est portée à 15 300 €.


Déduction fiscale Anah : comment ?

Un engagement de location. Vous devez vous engager à louer nu le logement à une personne qui en fera sa résidence principale (autre qu’un membre de votre foyer fiscal, un ascendant ou descendant), et ce, pendant toute la durée du bail conventionné (la durée de la convention est de 6 ans, portée à 9 ans en cas de travaux subventionnés par l’Anah).

A noter. La location peut aussi être consentie à un organisme public ou privé qui destine le logement à un usage de résidence principale de particuliers autres que le propriétaire ou un membre de son foyer fiscal ou de sa famille (on parle d’intermédiation locative pour les personnes défavorisées). Dans le cadre du « Cosse », ce dispositif est aussi ouvert à l’intermédiation locative avec mandat de gestion à une agence immobilière à vocation sociale.

Pour les SCI. Dans ce cas, c’est la société qui prend l’engagement de location (à une personne autre que l'un de ses associés, un membre du foyer fiscal ou un ascendant ou un descendant d'un des associés). Quant à vous, en qualité d’associé, vous devez vous engager à conserver vos parts de la SCI pendant la durée de la convention.

Une durée. Le bénéfice de la déduction spécifique suppose que le logement soit donné en location pendant toute la durée de la convention. Cette durée est calculée de date à date, à compter de la prise d’effet du 1er bail conclu pour l’application de la convention.

Un plafond de loyer et de ressources du locataire. Pendant toute la durée de la convention, le loyer mensuel par mètre carré ne doit pas être supérieur à certains plafonds qui varient selon la nature de la convention et le lieu de situation du logement concerné. Les locataires doivent par ailleurs satisfaire à certaines conditions de ressources.

     =>  Consultez les plafonds de loyers et de ressources du locataire pour 2021

Une remise en cause ? La déduction spécifique obtenue fait notamment l’objet d’une remise en cause en cas de non-respect de l’engagement de location, de non-respect des conditions de mise en location, ou en cas de vente du logement pendant la période d’engagement de location.

Des obligations déclaratives. Ce dispositif suppose le respect de certaines obligations déclaratives.

     =>  Consultez les obligations déclaratives du dispositif conventionnement Anah

A retenir

A condition de louer le logement dans le cadre d’une convention signée avec l’Anah, vous pouvez bénéficier d’une déduction spécifique de 15 % à 85 %, selon les cas, qui viendra diminuer le montant des loyers perçus au titre de cette location.

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Déclarez vos revenus fonciers : le point sur les travaux déductibles

Date de mise à jour : 06/02/2024 Date de vérification le : 04/06/2024 31 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Propriétaire d’un local commercial que vous mettez en location, vous avez, cette année, réalisé et pris en charge des travaux d’amélioration et d’agrandissement. Au moment de faire votre déclaration de revenus fonciers, vous vous apprêtez à déduire l’ensemble des montants correspondant à ces travaux. Avant de renvoyer votre déclaration, lisez ce qui suit, car toutes les dépenses de travaux ne sont pas nécessairement déductibles

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Déclarez vos revenus fonciers : le point sur les travaux déductibles


Revenus fonciers : déduire les travaux d’entretien et de réparation ?

Une distinction à faire. Parmi les charges que vous pouvez déduire des loyers perçus, pour le calcul de votre impôt sur le revenu, figurent les dépenses de travaux. Mais il faut toutefois distinguer selon la nature des travaux réalisés et le type de local dans lequel ils sont réalisés, puisque certaines dépenses de travaux ne sont pas déductibles.

Pas de difficultés majeures pour les travaux d’entretien. La déductibilité des travaux d’entretien et de réparation que vous prenez en charge ne pose pas de difficultés majeures : ces travaux sont, par principe, déductibles, qu’il s’agisse d’entretien ou de réparation. Seront considérées comme des dépenses d’entretien et de réparation celles qui ont pour objet de maintenir votre bien en bon état et d’en permettre un usage qualifié de « normal ». Ces travaux ne doivent pas modifier la consistance ou l’agencement de votre bien (exemples : remise en état d’un mur, réparation d’un plafond, remise en état d’une installation de chauffage, travaux de peinture, réfection des sols, etc.).

Attention. Si vous réalisez, dans le cadre d’un même chantier, des travaux de réparation (déductibles) et des travaux d’agrandissement (non déductibles), veillez à bien les dissocier, tant sur les documents d’urbanismes que sur les factures des professionnels. En l’absence d’une telle distinction entre les différents postes de travaux, vous ne pourrez pas déduire de vos revenus fonciers le montant des travaux de réparation.

Le saviez-vous ?

Les frais de déplacement engagés pour la réalisation de travaux d’entretien et de réparation sont déductibles en intégralité des revenus fonciers, à condition d’être effectivement justifiés.

Sauf s’il s’agit de dépenses locatives… Les dépenses et charges locatives ne sont par principe pas déductibles. Il en est ainsi des dépenses directement prises en charge par le locataire (vous n’êtes en pratique pas concerné par la dépense), mais aussi de celles que vous payez et qui vous sont remboursées par votre locataire dans la mesure où vous ne tenez pas compte de ces sommes en recettes.

Exemple. Un couple, propriétaire d’une maison placée en location par l’intermédiaire d’une SCI, fait réaliser, par un professionnel, d’importants travaux d’entretien du jardin, notamment l’élagage des arbres et la mise en déchetterie des déchets, qu’il déduit de son revenu foncier imposable. Refus de l’administration qui rappelle qui si la déduction des dépenses d’élagage est ici possible, s’agissant de charges qui ne sont pas récupérables sur le locataire, il n’en va pas de même des dépenses liées à la mise en déchetterie des déchets. Ici, elle considère, implicitement, que les dépenses de mise en déchetterie sont récupérables sur le locataire.

Une opinion que ne partage pas le juge. Puisqu’une partie des dépenses de mise en déchetterie des déchets (67,56 %) est liée de façon certaine à l’élagage des arbres, elles sont en partie déductibles des revenus fonciers du propriétaire (à hauteur de 67,56 %). Le redressement fiscal est donc partiellement annulé.

Exceptions à l’exception. Il est toutefois admis 3 exceptions à ce principe de non-déductibilité des dépenses locatives d’entretien et de réparation. Vous pouvez ainsi déduire :

  • les dépenses occasionnées par la vétusté ou la force majeure ;
  • les dépenses engagées en vue de faciliter la location ;
  • les dépenses que vous supportez pour le compte du locataire et que ce dernier ne vous a pas remboursées au moment de son départ.


Revenus fonciers : déduire les travaux d’amélioration ?

Tout va dépendre du type de local dans lequel ces travaux sont réalisés. On définit d’une manière générale ces travaux comme ceux qui apportent à l’immeuble un élément de confort nouveau ou mieux adapté aux standards actuels, sans modifier la structure du bien en question. Leur déductibilité va dépendre du type de local dans lequel ils sont effectués.

Exemples. Seront notamment considérés comme des dépenses qualifiées d’amélioration l'installation initiale ou le remplacement par un équipement mieux adapté aux conditions modernes de vie du chauffage, d'une salle d'eau, d'une cuisine, du tout-à-l'égout, etc., l’agrandissement des fenêtres et pose de persiennes (notamment pour y placer des huisseries normalisées), la réfection de l'installation électrique, la réparation de la toiture d'un bâtiment par remplacement d'une partie de la charpente, le ravalement d’une façade, la réfection de la peinture et de la plomberie, etc.

Pour les locaux d’habitation. Les dépenses d’amélioration constituent, selon l’administration fiscale, des dépenses d’investissement non déductibles (susceptibles, selon elle, de provoquer une augmentation de la valeur de votre bien). Toutefois, afin d’encourager la modernisation de l’habitat, vous êtes autorisé à déduire les travaux d’amélioration que vous faites réaliser dans le ou les logements que vous mettez en location.

Immeuble à rénover. Le juge s’est également prononcé récemment sur le caractère déductible des travaux entrepris dans un immeuble à rénover. Dans cette affaire, il s’agissait d’un couple, propriétaire d’une maison à rénover, dans laquelle il a fait réaliser 200 000 € de travaux. Une fois la maison en état d’être louée, le couple a demandé naturellement à déduire de ses revenus fonciers le montant des travaux réalisés, ce que l’administration lui a refusé.

Pourquoi ? L’administration rappelle au couple que pour pouvoir déduire les travaux de ses revenus fonciers, encore faut-il mettre en location le logement. Or, force est de constater que la maison n’est pas louée, et que le couple n’a jamais fait part de son intention de la placer en location. Dans ces conditions, la déduction est refusée. Une position qui est confirmée par le juge.

Le saviez-vous ?

Si vous avez réalisé des travaux qui ont donné droit au crédit d’impôt sur le revenu en faveur des économies d’énergie, vous ne pourrez pas, à la fois, déduire les dépenses correspondantes de vos revenus fonciers et bénéficier du crédit d’impôt (qui bénéficie, sous conditions, aux bailleurs de locaux d’habitation qui s’engagent à louer leur bien pendant au moins 5 ans).

Si vous avez opté pour un régime de défiscalisation immobilière, au titre duquel vous constatez un amortissement déductible des revenus fonciers (du type « Périssol », « Besson » ou « Robien »), les dépenses d’amélioration ne sont déductibles que sous la forme d’un amortissement, égal à 10 % du montant des travaux, pendant 10 ans (vous n’êtes pas tenu de reprendre un engagement de location pour bénéficier de cet amortissement déductible).

Pour les locaux commerciaux. Pour les locaux affectés à un autre usage que l’habitation, et notamment les locaux commerciaux, la déduction des dépenses d’amélioration n’est pas autorisée, par principe. Il en sera ainsi, par exemple, de travaux de réalisation d’une nouvelle installation électrique, de l’installation et de l’aménagement d’une climatisation et d’une ventilation mécanique contrôlée, la pose de nouvelles cloisons, etc.

Exceptions ? Seules 2 exceptions sont admises : elles concernent les dépenses qui ont pour objet de faciliter l’accueil des personnes handicapées (aménagement de place de parking, construction d‘une rampe d’accès, élargissement de la porte d’entrée, suppression d'arche ou de seuils, etc.) et de protéger les locaux contre l’amiante.

Pour les propriétés rurales. Des règles spécifiques sont susceptibles de s’appliquer pour les propriétés rurales. Ainsi, pour information, sachez que seront admises en déduction :

  • les dépenses d’amélioration non rentables afférentes aux propriétés bâties autres que les locaux d’habitation, si elles n’entraînent pas une augmentation du fermage ;
  • les dépenses d’amélioration liées aux propriétés non bâties que vous supportez effectivement ;
  • les travaux de restauration ou de gros entretien réalisés en vue du maintien en bon état écologique et paysager de certains espaces naturels protégés qui ont reçu l’accord préalable de l’autorité administrative compétente.

Local d’habitation/local commercial. Récemment, le juge est venu préciser que le fait qu’un local d’habitation soit temporairement donné en location à une société dans un cadre commercial ne lui fait pas perdre sa qualité de “local d’habitation”, dès lors que les travaux n’ont pas modifié sa conception, son aménagement ou ses équipements. Par conséquent, les travaux d’amélioration qui y ont été réalisés demeurent déductibles des revenus fonciers.


Revenus fonciers : déduire les travaux de construction ?

Ce sont des dépenses d’investissement. Qu’il s’agisse de dépenses de construction, de reconstruction ou d’agrandissement, ces dépenses correspondent à des dépenses d’investissement. Sont visés les travaux qui ont notamment pour conséquence la création de nouveaux locaux, les travaux ayant pour effet d’apporter une modification importante au gros œuvre de locaux existants, les travaux qui, par leur importance, équivalent à une reconstruction, les travaux ayant pour effet d’accroître le volume ou la surface habitable de locaux existants.

Le saviez-vous ?

Il arrive que la nuance entre travaux de reconstruction et travaux d’amélioration soit infime. Il sera bien souvent tenu compte de l’ampleur des travaux et de leur impact sur le gros œuvre pour apprécier s’il s’agit ou non de travaux de reconstruction non déductibles.

Exemple. Ont ainsi été déclarés non déductibles des travaux qui ont consisté en l'aménagement des combles et en la transformation du logement préexistant en 6 lots d’habitation. Ces travaux ont, en pratique, comporté la suppression d’une fenêtre en façade sur cour, la démolition de sols et du carrelage, la réalisation de dalles en béton, l’ouverture de portes, le renforcement des poutres, la réfection de la façade, le remplacement des fenêtres et des voltés, la réalisation de cloisons, etc. Ces travaux ont eu pour conséquence d’apporter une modification importante du gros œuvre et d’augmenter la surface habitable : même si pris isolément, ils auraient pu constituer des travaux d’améliorations déductibles, les juges ont considéré que ces travaux correspondaient à des travaux de reconstruction, non déductibles des revenus fonciers.

Dépenses non déductibles. Parce qu’elles sont susceptibles d’entraîner une augmentation de la valeur de votre bien, ces dépenses ne sont pas admises en déduction de vos revenus fonciers. Il s’agit d’un principe qui ne souffre pas d’exceptions, à deux nuances près.

Pour certains investissements immobiliers locatifs. Si vous avez opté pour un régime de défiscalisation immobilière du type « Périssol », « Besson » ou « Robien », qui vous autorise à calculer un amortissement déductible de vos revenus fonciers, vous pouvez demander la déduction au titre de l’amortissement des dépenses de reconstruction ou d’agrandissement ; cela suppose toutefois de prendre un nouvel engagement de location de 9 ans, l’amortissement étant alors calculé selon les mêmes modalités que l’investissement initial.

Pour les propriétés rurales. Vous êtes autorisé à déduire les travaux de construction d’un nouveau bâtiment agricole que vous prenez en charge, dès lors qu’il est destiné à remplacer un bâtiment existant, vétuste ou inadapté aux techniques modernes de l’agriculture et à condition que cette construction n’entraîne pas une augmentation du fermage.

Le saviez-vous ?

Dans le cadre d'une opération comportant la réalisation simultanée de travaux de natures différentes, leur caractère déductible ou non s’appréciera globalement s’il n’est pas possible de les dissocier : c’est ainsi, par exemple, que les travaux d'amélioration n'ouvrent pas droit à déduction, lorsqu'ils sont effectués, non en vue d'améliorer des locaux existants, mais à l'occasion de travaux de construction, reconstruction et agrandissement dont ils sont indissociables et auxquels ils doivent être assimilés.

A titre d’exemple, ont été qualifiés d’indissociables des travaux de réfection d’une installation électrique, de plomberie, de menuiserie et de chauffage effectués dans le cadre de travaux de reconstruction.


Revenus fonciers : déduire votre main d’œuvre ?

Un cas fréquent. Il peut arriver que réalisez vous-mêmes des travaux, par nature déductibles, dans un immeuble que vous mettez en location. La question se pose alors de savoir si la valeur de ces travaux, entendue comme votre main d’œuvre et les matériaux achetés, est effectivement admise en déduction de vos revenus fonciers.

Dans ce cas... La valeur de votre main d’œuvre n’est pas déductible au titre des revenus fonciers. A l’inverse, et sous réserve de le justifier (au moyen de tickets de caisse ou de factures), le prix d’achat des matériaux est déductible des revenus fonciers, sous réserve, bien entendu, que la nature des travaux corresponde à des travaux déductibles.


Revenus fonciers : quel montant déduire ?

Bien souvent… Il est fait appel à une entreprise spécialisée qui fera le nécessaire pour la réalisation des travaux dans le local loué. Dans ce cas, dès lors, bien entendu, que les travaux sont effectivement déductibles, le montant à déduire correspondra à la facture émise par l’entreprise, incluant les équipements et la main d’œuvre (retenez le montant TTC si la location n’est pas elle-même soumise à la TVA).

Mais aussi… Faire appel à un entrepreneur n’est pas une obligation : de nombreux propriétaires font eux-mêmes leurs travaux. Dans ce cas, seul le prix d'achat des matériaux est déductible (le travail que vous effectuez personnellement n'est pas pris en compte).

Mais aussi… Abordons le cas de l’entrepreneur qui fait des travaux dans un bâtiment loué lui appartenant : dans ce cas, sous réserve que le bien fasse effectivement partie de son patrimoine privé, les dépenses de matériaux et de main-d'œuvre doivent être distraites des comptes de l’entreprise et prises en compte pour la détermination de son revenu net foncier imposable.


Revenus fonciers et déduction des travaux : le cas de l’immeuble démembré

« Démembré » ? Un immeuble est dit « démembré » lorsque le droit de propriété est, en quelque sorte, réparti entre un usufruitier qui a le droit d’utiliser l’immeuble et d’en percevoir les revenus lorsqu’il est loué et un nu-propriétaire qui, lui, est titulaire du droit d’en disposer.

Une répartition des travaux. En présence d’un immeuble démembré, la prise en charge des travaux est répartie de la manière suivante, sur le plan strictement juridique :

  • l’usufruitier n’est tenu qu’aux dépenses d’entretien et de menues réparations,
  • le nu-propriétaire doit assumer les grosses réparations, à moins que ces réparations n’aient été occasionnées par un défaut d’entretien de la part de l’usufruitier, auquel cas ce dernier en doit aussi participer à leur prise en charge.

Une répartition des déductions ? Si l’immeuble est loué, la question se pose de l’impact de ces travaux au regard de l’impôt sur le revenu. Comme nous venons de le rappeler, les loyers reviennent à l’usufruitier, lequel les soumet à l’impôt sur le revenu, et ce dernier pourra déduire de ses propres revenus fonciers les travaux d’entretien qu’il a payé pour calculer le montant net des revenus imposables. Le nu-propriétaire est, de son côté, autorisé à prendre aussi en compte les travaux qu’il a pris financièrement en charge. Dans ce cas :

  • soit il est par ailleurs propriétaire de biens loués et ces dépenses viendront compenser les loyers imposables perçus par ailleurs,
  • soit il ne dispose pas de revenus fonciers et ces dépenses de travaux viendront s’imputer sur son revenu global dans la limite annuelle de 10 700 € (la fraction qui excède cette limite est uniquement imputable sur les revenus fonciers perçus au cours des 10 années suivantes),
  • soit il ne dispose pas de revenus fonciers et ces dépenses de travaux pourront, sur option irrévocable, s’imputer sur son revenu global dans la limite annuelle de 25 000 € (la fraction qui excède cette limite est uniquement imputable sur les revenus fonciers perçus au cours des 10 années suivantes).

A noter. La possibilité pour un nu-propriétaire d’imputer les travaux de grosses réparations sur son revenu global dans la limite de 25 000 € ne s’applique que pour les dépenses supportées jusqu’au 31 décembre 2016. Cette option a été supprimée par la Loi pour les dépenses engagées à compter du 1er janvier 2017, sauf si elles résultent d’un devis (avec versement d’acompte) signé avant le 31 décembre 2016.

Sous conditions. Le démembrement du droit de propriété doit concerner un immeuble (bâti ou non bâti), ce qui exclus donc les démembrements qui portent sur des titres de sociétés, et doit résulter d'une succession ou d'une donation entre vifs effectuée sans charge ni condition et consentie entre parents jusqu'au 4ème degré inclusivement.

Mais attention. La déduction de ces travaux ne sera possible, tant pour l’usufruitier que pour le nu-propriétaire, que s’il s’agit de travaux d’entretien, de réparation et d’amélioration (pour un logement dans ce dernier cas). Il faut, en effet, rappeler que les travaux de construction, de reconstruction, d’agrandissement ne sont jamais déductibles, quelle que soit la personne qui les prend en charge.

A retenir

Retenez que les travaux de construction, de reconstruction ou d’agrandissement ne sont jamais déductibles. S’agissant des travaux d’entretien ou de réparation que vous prenez en charge, ils sont par principe, déductibles, sauf s’il s’agit de dépenses locatives incombant, par nature, au locataire. Quant aux dépenses dites d’amélioration, elles seront déductibles si vous louez un logement ; pour un local commercial, ce type de dépenses n’est, par principe, pas déductible.
 

J'ai entendu dire

Dans le cadre d’un agrandissement d’une maison que nous mettons en location, nous avons fait refaire l’intégralité de l’installation électrique. Si les travaux d’agrandissement ne sont, par principe, pas déductibles, pouvons-nous néanmoins déduire les travaux de réfection de l’électricité ?

La réfection ou la remise en état d’une installation électrique peut être classée parmi les travaux d’entretien. Il s’agit donc de dépenses de travaux, par nature, déductibles. Nous attirons toutefois votre attention sur le fait que si ce type de travaux est réalisé à l’occasion de travaux de construction ou d’agrandissement, ils ne seront pas déductibles s’ils sont indissociables de ces derniers. Notez que la réponse sera identique à propos des dépenses d’amélioration indissociables de travaux de reconstruction ou d’agrandissement.

Nous avons installé un nouveau système de chauffage dans la maison que nous mettons en location. Cette installation a nécessité la construction d‘un petit local attenant à la maison et des dépenses de raccordement spécifiques. Pouvons-nous déduire ces dépenses ?

Dans ce cas, l’administration admet la déduction des dépenses d’installation du chauffage (achat et frais de pose) et les dépenses de raccordement correspondantes. Toutefois, les dépenses de construction du local en lui-même ne sont pas admises en déduction.
 
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Déclarez vos revenus fonciers : le point sur les primes d’assurances

Date de mise à jour : 19/06/2023 Date de vérification le : 19/06/2023 6 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Propriétaire d’un bien immobilier que vous mettez en location, vous êtes tenu de souscrire une assurance et de payer une ou des primes à ce titre. Vous supportez également un coût en termes d’assurance si vous avez souscrit un emprunt pour financer l’achat de ce bien immobilier. Ces primes d’assurance sont-elles déductibles ?

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Déduire les primes d’assurance

Attention ! La question de la déductibilité des primes d’assurance se pose uniquement si vous êtes soumis au régime réel. Elle ne concerne pas les personnes relevant du micro-foncier.

Par principe, les primes sont déductibles. Tout propriétaire d’immeuble qu’il met en location est tenu de souscrire une assurance, communément appelée « propriétaire non occupant ». À ce titre, vous payez des primes d’assurance, selon une fréquence bien souvent mensuelle : ces primes d’assurances sont, par principe déductibles de vos revenus fonciers. À cet égard, les sociétés d’assurance envoient, tous les ans, un récapitulatif du montant des primes effectivement payées au cours de l’année.

Une déduction sous conditions

Mais des conditions existent… Les sommes versées au titre de votre contrat d’assurance seront déductibles pour autant qu’elles se rapportent effectivement au bien immobilier que vous mettez en location. En outre, vous devez avoir effectivement payé et supporté ces primes au cours de l’année d’imposition. Peu importe la nature du risque couvert. Ainsi, vous pouvez déduire les primes d’assurance qui couvrent :

  • le risque incendie ;

  • les dégâts des eaux ;

  • le bris de glace ;

  • les dégâts causés par la tempête, la grêle ou la neige ;

  • les dommages causés par le vol ou le vandalisme ;

  • votre responsabilité civile en qualité de propriétaire-bailleur ;

  • etc.

Le cas des assurances liées à l’emprunt. Dans le cadre de l’emprunt souscrit pour financer votre investissement, vous pouvez avoir souscrit une assurance pour garantir son remboursement. Les primes versées dans ce cadre sont déductibles de vos revenus fonciers. Mais il faut attirer votre attention sur le point suivant : dans l’hypothèse où vous constatez un déficit foncier, les primes versées vont suivre le même régime que l’emprunt dont elles constituent un accessoire. Par voie de conséquence, la fraction du déficit qui provient des intérêts d’emprunt et des primes d’assurance liées à cet emprunt ne pourra s’imputer que sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.

Le saviez-vous ?

Comme pour toute dépense admise en déduction de vos revenus fonciers, conservez précieusement tous les documents justifiant la réalité et le montant des primes versées, et qui pourront vous être réclamés par l’administration en cas de contrôle : contrat d’assurance, quittance fournie par l’assureur, etc.


A retenir

Les primes d‘assurance souscrite à raison du bien que vous mettez en location sont déductibles, quel que soit le risque couvert (incendie, dégâts des eaux, dégâts causés par la tempête, la grêle ou la neige, le vol, le vandalisme…).
 

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Déclarez vos revenus fonciers : le point sur les intérêts d’emprunt

Date de mise à jour : 26/10/2023 Date de vérification le : 26/10/2023 17 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Vous avez réalisé un investissement immobilier en vue de le mettre en location. Pour le financer, vous avez souscrit un emprunt bancaire. Parce que vous allez mettre en location ce bien, vous allez encaisser des revenus fonciers, soumis à l’impôt. Pour le calcul du montant imposable de ces revenus, vous pourrez déduire les intérêts d’emprunt. N’y a-t-il pas d’autres frais liés à cet emprunt que vous pourrez déduire ?

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Revenus fonciers : déduire les intérêts d’emprunt

Des charges par principe déductibles. Répondant à la déduction générale des charges foncières qui veut qu’une dépense engagée en vue de l’acquisition ou de la conservation du revenu foncier soit déductible, les intérêts d’emprunt sont, par principe, déductibles pour le calcul de votre impôt foncier net imposable, quelle que soit l’affectation du local en question (habitation, commerce, local professionnel, etc.), sous réserve d’être soumis au régime du réel. 

En pratique. Sont visés par cette règle les seuls intérêts versés au cours de l’année, à l’exclusion des remboursements du capital emprunté. En règle générale, votre établissement bancaire vous envoie, tous les ans, à l’époque des déclarations de revenus, un récapitulatif des montants correspondants aux frais déductibles.

Un cas vécu. Un propriétaire s’est vu refuser, par l’administration fiscale et le juge, la déduction des intérêts d’emprunts puisqu’il n’apportait pas la preuve que les intérêts en question correspondaient effectivement à un prêt obtenu pour l’achat de l’appartement placé en location.

Attention. Seuls les intérêts d’emprunt sont déductibles, en ce qu’il s’agit de dépenses effectuées en vue de l'acquisition du revenu. À l’inverse, le remboursement du capital n’est pas déductible dès lors qu’il s’analyse, non comme une dépense engagée en vue de l'acquisition d'un revenu foncier, mais comme une dépense engagée en vue de l'acquisition d'un capital.

Achat, mais aussi travaux. Bien entendu, l’emprunt doit avoir pour objet le financement d’un bien que vous destinez effectivement à la location, source de revenus fonciers. Cette déduction est donc admise à propos des intérêts d’emprunts contractés pour l’achat ou la construction de votre bien immobilier mis en location. Mais vous pouvez aussi, le cas échéant, déduire les intérêts d’emprunts contractés pour l’agrandissement, la réparation ou encore l’amélioration de votre bien locatif.

Le saviez-vous ?

Dans le cadre des SCI (non soumise à l’impôt sur les sociétés), non seulement vous pouvez déduire de vos revenus fonciers la quote-part des intérêts de l’emprunt contracté par la société qui vous revient, mais vous pouvez aussi déduire les intérêts du prêt que vous avez personnellement contracté pour faire votre apport à la SCI ou acheter vos parts.

Rachat des parts d’un associé de SCI. Dans un litige opposant l’administration fiscale à plusieurs associés de SCI, il a été jugé que les intérêts de l’emprunt souscrit par la SCI pour racheter les parts sociales de l’un de ses associés étaient déductibles des revenus fonciers des autres associés, la souscription de ce prêt étant liée à une condamnation judiciaire dont le non-respect aurait exposé la société et les associées restants au risque de vente du bien immobilier.

Des intérêts non déductibles ? La liste des intérêts d’emprunt admis en déduction est limitative : dès lors, si vous contractez un emprunt pour un autre motif que ceux décrits précédemment, les intérêts ne seront pas déductibles. Par exemple, si vous devez emprunter pour financer une indemnité d’éviction que vous devez verser au locataire de votre local commercial, les intérêts d’emprunt versés à ce titre ne seront déductibles que si l’indemnité d’éviction est elle-même déductible de vos revenus fonciers. Pour information, une indemnité d’éviction versée au locataire lors de la résiliation ou du non-renouvellement d’un bail commercial ne sera pas déductible si vous reprenez le local pour l’utiliser à des fins personnelles ou pour le revendre libre de toute occupation. Inversement, cette indemnité d’éviction sera déductible dans l’hypothèse où vous souhaitez vous séparer du locataire en place pour relouer votre local à des conditions de loyer plus avantageuses pour vous.

Le cas des emprunts substitutifs. Vous renégociez votre prêt pour obtenir de meilleures conditions. Les intérêts de ce nouvel emprunt que l’on appelle « emprunt substitutif » seront-ils déductibles au même titre que le 1er emprunt qu’il remplace ? La réponse n’est pas si évidente puisque l’administration répond, par principe, par la négative. Néanmoins, elle admet que ces intérêts soient, malgré tout, déductibles, lorsque les 2 conditions cumulatives suivantes sont remplies :

  • le nouvel emprunt doit être souscrit pour rembourser ou se substituer à l’emprunt initial (assurez-vous que le nouveau contrat mentionne expressément l’emprunt initial en se référant à ce dernier) ;
  • les intérêts admis en déduction ne doivent pas excéder ceux qui figuraient sur l’échéancier initial.

Le saviez-vous ?

Certains contrats d’assurance-vie vous permettent de bénéficier d’une avance de fonds contre remboursement à échéance du capital avancé et paiement d’intérêts à l’organisme d’assurance.

Si avec cette avance, vous faites le choix d’acheter un bien immobilier que vous donnez ensuite en location, les intérêts payés à l’organisme d’assurance seront, toutes conditions remplies, déductibles de vos revenus fonciers.


Revenus fonciers : déduire les frais annexes

Il n’y a pas que les intérêts qui soient déductibles. Lorsque vous souscrivez un emprunt, vous souscrivez généralement une assurance qui servira à garantir le remboursement de l’emprunt. De même, l’organisme financeur vous demandera le versement de frais de dossier, vous pourrez avoir à acquitter des frais d’inscription hypothécaire ou en privilège de prêteur de deniers, vous pourrez avoir à payer des sommes au titre de la caution, etc. Tous ces frais sont-ils déductibles ?

Les frais annexes. Sont admis en déduction les frais d’emprunt qui suivent le même régime fiscal que les intérêts de l’emprunt dont ils découlent : sont visés les frais de constitution de dossier, les frais d’inscription hypothécaire et/ou les frais de mise en place du privilège de prêteur de deniers, les sommes versées à un organisme de cautionnement, les frais de mainlevée, les agios ou commissions de banque.

Le saviez-vous ?

Parmi les frais d’acte hypothécaire ou d’inscription en privilège de prêteur de deniers figure la rémunération du notaire : vous pouvez donc la prendre en compte parmi ces frais, en y incluant la TVA correspondante, et la déduire de vos revenus fonciers. Mais attention, seule la rémunération liée à ces prises de garantie est déductible : il faut donc la distinguer de celle qui correspond à l’achat du bien immobilier lui-même (laquelle n’est pas déductible).

Les primes d’assurance. Les primes d’assurance liées à la souscription de l’emprunt sont elles aussi déductibles de votre revenu foncier. Cette solution est également admise dans l’hypothèse où une SCI souscrit une assurance-décès sur la tête de son dirigeant : les primes versées seront déductibles des revenus fonciers dès lors qu’elle a été imposée par la banque et que la société ne pourra récupérer les sommes que si le risque couvert se réalise.

Les indemnités de résiliation anticipée d’un emprunt. Cette indemnité de résiliation n’est, par principe, pas déductible des revenus fonciers. Une exception est toutefois admise dans l’hypothèse d’un emprunt substitutif : les frais liés à cet emprunt et le coût de la résiliation de l’emprunt initial seront déductibles si l’opération de refinancement a permis de diminuer le montant global de la charge d’intérêts restant dus.

Les frais de souscription d’un emprunt substitutif. Par principe, ces frais liés à la souscription d'un emprunt substitutif ne sont pas déductibles (sauf ceux se rapportant aux primes d’assurances contractées pour garantir le remboursement du nouvel emprunt). Toutefois, l’administration admet que ces frais soient déductibles, s’il est établi que la résiliation du prêt initial et la souscription d’un emprunt substitutif ont effectivement permis de diminuer le montant global de la charge d’intérêts restant dus. Ce qui est tout de même le but de l’opération, en principe…

Conseil. Si vous vous trouvez dans cette situation, mettez en avant tous les arguments possibles : diminution de la charge d’emprunt globale grâce à des conditions plus avantageuses, maintien des tarifs de location conformes au marché, sans vous mettre vous-même en difficulté, etc. Insistez sur le fait que cette opération vous permet de préserver les revenus que vous tirez de votre investissement locatif. Vous pourrez ainsi démontrer que cette dépense, en l’occurrence l’indemnité de résiliation, est effectivement « engagée en vue de l’acquisition et de la conservation du revenu » (selon la formule consacrée), et, de ce fait, déductible de vos revenus fonciers.


Revenus fonciers : si vous constatez un déficit foncier

Une attention particulière. Par principe, un déficit foncier s’impute sur votre revenu global, dans la limite de 10 700 €. Mais attention : la fraction du déficit qui provient des intérêts d’emprunt n’est pas imputable sur le revenu global, mais uniquement sur les revenus fonciers des 10 années suivantes au maximum. Vous devez donc distinguer, parmi vos dépenses déductibles, les intérêts d’emprunt des autres dépenses.

Sont non seulement visés les intérêts, mais aussi les frais annexes. La fraction résultant des intérêts d'emprunts s'entend de l'ensemble des intérêts d'emprunts que vous avez contracté pour acheter, construire, réparer, améliorer, agrandir votre bien locatif. Mais cette fraction intègre aussi les frais accessoires à l’emprunt, qui sont assimilés aux intérêts (frais de dossier, assurance-vie ou chômage...) et suivent le même régime.

A retenir

Non seulement vous pouvez déduire les intérêts d’emprunt contracté pour financer l’acquisition ou la construction de votre investissement locatif (voire même pour financer des travaux ou des agrandissements), mais vous pouvez aussi déduire les primes d’assurance qui y sont associées et les frais annexes : frais d’hypothèque ou de privilège de prêteur de deniers, frais de caution, frais de dossier, etc.
 

J'ai entendu dire

Je finance par emprunt des travaux d’amélioration dans un local commercial que je mets en location. Or, j’apprends que ce type de travaux n’est pas déductible de mes revenus fonciers, puisque le local n’est pas affecté à l’habitation. Qu’en est-il des intérêts d’emprunt ?

La déduction des intérêts sera admise même si la dépense d’amélioration n’est pas, elle-même, admise en déduction de vos revenus fonciers.

Je finance par emprunt la construction d’une maison que je destine à la location. Bien que la maison, non encore achevée, ne soit pas effectivement mise en location, est-ce que je peux déduire par anticipation les intérêts d’emprunt déjà versés au titre de cette opération ?

Par principe, vous devez justifier que l’emprunt est destiné à financer un bien qui va vous procurer des revenus fonciers. Dans le cas d’une maison en cours de construction, vous pouvez déduire les intérêts versés au cours de cette construction à la condition que vous manifestiez clairement votre intention d’utiliser ce logement, un fois achevé, à une opération locative, source de revenu fonciers. Cette intention sera confirmée par la mise en location effective de ce bien, une fois celui-ci achevé, et par la déclaration de revenus fonciers.
 
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Déclarez vos revenus fonciers : le point sur les impôts déductibles

Date de mise à jour : 16/06/2023 Date de vérification le : 16/06/2023 8 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Propriétaire d’un appartement ou d’une maison que vous mettez en location, vous devez, tous les ans, déclarer vos revenus fonciers imposables. Pour calculer le montant qui sera soumis à l’impôt, vous devez déduire des loyers perçus l’ensemble des charges et dépenses dites déductibles. Parmi celles-ci figurent les différents impôts ou taxes que vous êtes amené à payer : lesquels sont effectivement déductibles ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
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Revenus fonciers : les impôts et taxes que vous pouvez déduire

Déduire vos impôts fonciers. Le principe est le suivant : vous êtes autorisé à déduire les impôts et les taxes que vous payez au cours de l’année, et qui concernent le ou les biens immobiliers que vous mettez en location. L’une des conditions requises par la règlementation impose que les impôts ou taxes déductibles sont ceux qui sont perçus au profit des collectivités locales et de certains établissements publics ou d’organismes divers. Concrètement, quels sont les impôts que vous pouvez déduire ?

Voici la liste. Sont donc admis en déduction de vos revenus fonciers :

  • la taxe foncière ;

  • certaines taxes annexes à la taxe foncière, comme par exemple, la taxe spéciale d’équipement.

Attention. Seuls sont, par principe, déductibles les impôts et taxes qui ont effectivement été payés au cours de l’année. Toutefois, il est admis que vous puissiez déduire un impôt ou une taxe que vous n’avez pas payé à la condition que vous ayez toutefois reçu l’avis d’imposition : dans ce cas, vous pouvez déduire de vos revenus fonciers le montant exact qui figure sur l’avis d’imposition.

Le saviez-vous ?

Si vous avez été sanctionné parce que vous avez payé votre taxe avec retard, vous pouvez déduire la pénalité pour paiement tardif à laquelle vous avez été assujetti, de la même manière que vous pouvez déduire la taxe à laquelle se rapporte cette pénalité.

Une taxe remboursée par le locataire ? Il peut arriver que le contrat de bail prévoit un remboursement par le locataire d’une taxe ou d’un impôt dont vous êtes, en qualité de propriétaire, normalement redevable. À titre d’exemple fréquemment rencontré figure l’hypothèse du remboursement de la taxe foncière par le titulaire d’un contrat de bail commercial au bénéficie du bailleur. Parce que la taxe vous incombe normalement en qualité de propriétaire, le remboursement ainsi effectué par votre locataire viendra augmenter vos revenus imposables : il faut donc rajouter au montant des loyers le montant de ce remboursement.

À titre de règle pratique, une tolérance est admise. Si la taxe qui vous est remboursée par votre locataire est normalement déductible de vos revenus fonciers, l'administration admet que vous puissiez faire purement et simplement abstraction de ces sommes, tant en recettes qu'en dépenses : vous n’incluez pas le remboursement dans vos recettes et vous ne déduisez pas le montant correspondant.


Revenus fonciers : les impôts et taxes que vous ne pouvez pas déduire

Plusieurs catégories. Les autres impôts ou taxes, et spécialement ceux perçus au profit de l’État et ceux qui incombent normalement à votre locataire ne sont pas déductibles de vos revenus fonciers. Concrètement, quels sont ces impôts ou taxes ?

Lesquelles ? Parmi les impôts que vous ne pouvez pas déduire figurent l’impôt sur le revenu lui-même et les droits de mutation (que vous pouvez être amené à payer au moment de l’achat de votre bien immobilier ou lors d’une succession ou d’une donation). Ne sont pas non plus déductibles les différentes taxes que l’on qualifie d’élément du prix de revient de l’immeuble : on pense ici à la taxe d’aménagement, le versement pour dépassement du plafond légal de densité, etc. Enfin, depuis l’imposition des revenus 2015, il n’est plus possible de déduire la taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux, les locaux commerciaux et les locaux de stockage, qui est spécifique à la région Ile de France.

Le saviez-vous ?

Dans certains cas, et notamment lorsque vous mettez en location un local commercial ou professionnel dépourvu du mobilier ou du matériel vous pouvez opter pour le paiement de la TVA sur les loyers, ce qui vous autorise à déduire la TVA que vous payez vous-même à l’occasion de dépenses liées à l’immeuble loué. Cette TVA n’est toutefois pas déductible de vos revenus : en pratique, vous retenez le montant des loyers et des dépenses pour leur montant hors taxes.

Les taxes incombant au locataire. Vous ne pouvez pas non plus déduire les impôts et taxes qui sont normalement à la charge du locataire. On pense, ici, à la taxe d’habitation et à la taxe d’enlèvement des ordures ménagères.

A retenir

Sont par principe déductibles les taxes qui vous incombent en qualité de propriétaire. Il s’agira notamment de la taxe foncière. Si cette taxe foncière vous est remboursée par le locataire (ce qui est souvent le cas dans les baux commerciaux par exemple), elle doit être ajoutée au montant des loyers imposables. Mais vous pouvez aussi en faire purement et simplement abstraction en n’en tenant pas compte, ni au niveau des loyers, ni au niveau des dépenses déductibles.
 

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Déclarez vos revenus fonciers : le point sur les charges de copropriété

Date de mise à jour : 16/06/2023 Date de vérification le : 16/06/2023 7 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Vous êtes propriétaire d’un appartement dans un immeuble collectif que vous mettez en location. Tous les trimestres, en règle générale, le syndic de copropriété vous envoie des provisions à payer au titre des charges de copropriété. Ces provisions pour charge de copropriété sont-elles déductibles en totalité ? Comment en tenir compte pour le calcul de vos revenus fonciers nets imposables ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Déclarez vos revenus fonciers : le point sur les charges de copropriété

Déduire vos charges de copropriété l’année de leur paiement

Des modalités particulières de déduction. Vous pouvez déduire les provisions pour dépenses de copropriété pour le calcul des revenus fonciers imposables, que ces dépenses soient ou non prévues dans le budget prévisionnel de la copropriété. Mais le montant déductible est diminué du montant des provisions de l’année précédente qui correspond à des charges non déductibles ou récupérables auprès de votre locataire. Il faut opérer en 2 temps…

À quoi correspond une provision pour charges de copropriété ? Une provision pour charges de copropriété a pour objet, indistinctement :

  • des charges déductibles de vos revenus fonciers (une dépense d’entretien par exemple) ; 

  • des charges non déductibles des revenus fonciers (une dépense d’agrandissement par exemple) ;

  • et des charges récupérables auprès de votre locataire (les dépenses de fonctionnement des parties communes par exemple : entretien, éclairage chauffage, etc.).


Tout déduire l’année du paiement. Votre syndic appelle, tous les mois ou, plus généralement, tous les trimestres le montant des provisions pour charges de copropriété, qui correspond aux dépenses liées à la copropriété, réparties entre chaque copropriétaire. Les provisions déductibles sont celles que vous avez effectivement payées au syndic au cours de l’année, et qui se rapportent aux dépenses courantes de maintenance, d’entretien, de réparation, de fonctionnement et d’administration des parties communes et équipements communs de l’immeuble.

Peu importe l’affectation des dépenses. Ces provisions que vous payez au cours de l’année sont déductibles pour leur montant total : vous n’avez donc pas à faire de distinction entre les charges effectivement déductibles des revenus fonciers de celles qui ne le sont pas. La régularisation s’opèrera l’année suivante.


Régularisez vos charges de copropriété effectivement déductibles l’année suivante

Une fois les comptes de la copropriété établis. L’année suivante (année N+1), le syndic arrête les comptes, avec les membres du conseil syndical, et sollicite l’approbation des copropriétaires dans le cadre de l’assemblée générale appelée à statuer sur les comptes de l’exercice écoulé. À l’issue de cette approbation, vous allez pouvoir procéder à la ventilation définitive des charges de copropriété versées l’année précédente (année N).

En pratique. Vous devez réintégrer dans votre revenu imposable de l'année N + 1 les charges de copropriété déduites des revenus de l'année N lorsqu'elles correspondent à des charges non déductibles ou récupérables sur les locataires. Le syndic de copropriété indique, en général, dans le décompte individuel de charges qu’il vous envoie à l’issue de l’assemblée générale, le quantum des charges récupérables.

En ce qui concerne le solde. À l’issue de l’approbation des comptes de l’exercice apparait généralement un solde, positif ou négatif. Ce solde doit aussi faire l’objet d’une régularisation : le solde positif doit être réintégré dans les revenus imposables et le solde négatif doit faire l’objet d’une déduction complémentaire.

A retenir

L’année du paiement des charges de copropriété, vous déduisez l’intégralité des appels de fonds effectués par le syndic. Ce n’est que l’année suivante que vous régularisez la situation, en rajoutant à votre revenu imposable les charges de copropriété effectivement non déductibles ou les charges récupérables sur les locataires.
 

J'ai entendu dire

Si on connaît dès l’appel de fonds par le syndic la ventilation entre les charges déductibles et non déductibles, peut-on en tenir compte dès l’année du paiement pour ne retenir que les charges effectivement déductibles, sans avoir à opérer de régularisation l’année suivante ?

Cette méthode de calcul est obligatoire. Vous ne pouvez donc pas vous y soustraire. Une exception est à noter toutefois, qui concerne l’hypothèse où vous cessez de mettre en location votre appartement : dans ce cas, il est admis que les provisions pour charges de copropriété que vous avez versées au cours de l’année fasse l’objet, au titre de l’année de la cessation de la location, d’une régularisation prévisionnelle anticipée (vous pouvez, par exemple, retenir la même proportion de charges déductibles que celle que vous avez constatée l’année précédente).

Vous dites que les charges récupérables ne sont pas déductibles des revenus fonciers. Mais que se passe-t-il si un locataire part sans payer les charges qu’il doit rembourser au propriétaire ?

Il faut savoir, ici, que les charges locatives qui n’ont pas été remboursées par le locataire au 31 décembre de l’année de son départ sont effectivement déductibles. Il importe peu, à cet égard qu’il s’agisse de charges engagées au titre de l’année de départ du locataire ou de charges se rapportant à d’autres années depuis son entrée dans le logement.
 
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