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Je loue un logement meublé : le point sur le dépôt de garantie

Date de mise à jour : 06/09/2023 Date de vérification le : 06/09/2023 13 minutes
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Vous avez investi dans l’achat d’un appartement meublé et avez trouvé le locataire idéal. Lors de la conclusion du contrat de bail de location, se pose la question du dépôt de garantie. Quelles sont les règles qui s’imposent à vous à ce sujet ?

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Je loue un logement meublé : le point sur le dépôt de garantie

Dépôt de garantie : quel montant ?

De quoi s’agit-il ? Le dépôt de garantie est une somme que vous pouvez exiger du locataire qui sert à couvrir les éventuels manquements de ce dernier à ses obligations locatives (réalisation des réparations locatives, régularisation des loyers, etc.). Face au flou qui entoure le dépôt de garantie et les litiges que cela occasionnait, une nouvelle réglementation a été mise en place (depuis le 27 mars 2014) qui vise notamment le montant du dépôt de garantie.

Pour une location meublée... Un logement, pour être considéré comme meublé, doit être doté de meubles et d’équipements en nombre et qualité suffisants pour permettre au locataire d’y vivre normalement avec ses seuls effets personnels.

Le saviez-vous ?

Désormais, il existe une liste du mobilier minimum que doit comporter un logement meublé, à savoir :

  • une literie comprenant couette ou couverture ;
  • un dispositif d'occultation des fenêtres dans les pièces destinées à être utilisées comme chambre à coucher ;
  • des plaques de cuisson ;
  • un four ou four à micro-ondes ;
  • un réfrigérateur et congélateur ou, au minimum, un réfrigérateur doté d'un compartiment permettant de disposer d'une température inférieure ou égale à -6 °C ;
  • une vaisselle nécessaire à la prise des repas ;
  • des ustensiles de cuisine ;
  • une table et des sièges ;
  • des étagères de rangement ;
  • des luminaires ;
  • un matériel d'entretien ménager adapté aux caractéristiques du logement.

… quel montant ? Le montant du dépôt de garantie ne peut pas être supérieur à 2 mois de loyer, hors charges, et doit figurer obligatoirement dans le contrat. Il ne peut pas être réclamé si le locataire verse d’avance un loyer supérieur à 2 mois (ce sera par exemple le cas si le locataire paie ses loyers trimestriellement).

Qu’en disent les juges ? Sachez que les juges font une application restrictive des règles s’appliquant au dépôt de garantie afin de protéger le locataire. Vous devez donc clairement détailler la clause mentionnant le dépôt de garantie dans le contrat de bail.

Quand le verser ? Le dépôt de garantie doit être versé au moment de la signature du bail.

Conseil. Si le locataire verse le loyer en espèces, donnez-lui un reçu spécifiant que la somme perçue l’est au titre du dépôt de garantie.

Le saviez-vous ?

Il est également possible de percevoir le dépôt de garantie par un tiers, à savoir :

  • par l’Action Logement sous forme d’une avance loca-pass ;
  • par le fonds de solidarité pour le logement lorsque le locataire fait une demande d’aide pour financer le dépôt de garantie.


Dépôt de garantie : quand le locataire s’en va…

Un dépôt de garantie à rendre ! Par principe, le dépôt de garantie est restituable au locataire. Il s’agit d’une obligation qui vous incombe, dès lors que le bail a pris fin. Vous devez effectuer les démarches nécessaires pour que la restitution ait lieu.

Quand ? Le dépôt de garantie doit être restitué dès l’établissement de l’état des lieux (EDL) de sortie et la remise des clés. Il doit être restitué dans un délai de 1 mois si l’EDL de sortie est conforme à celui d’entrée (à défaut, le délai de restitution est de 2 mois).

Le saviez-vous ?

Le délai s’apprécie à compter du jour de la restitution des clés par le locataire qui peut les remettre soit en mains propres, soit par lettre recommandée avec AR.

La retenue sur le dépôt de garantie. Par principe, il ne peut être retenu sur le montant du dépôt de garantie que les sommes encore dues : il pourra s’agir des loyers qui demeurent impayés, des travaux locatifs non effectués, des éventuelles dégradations qui ont nécessité des réparations, etc.

Attention ! Si des retenues sont effectuées, il faut pouvoir les justifier. Ainsi, par exemple, en cas de retenues liées à des travaux ou des dégradations, justifiez-les en produisant les EDL d’entrée et de sortie contradictoires, des photos, un constat d’huissier, des factures, etc. Il faut que les frais de remise en état du bien soient liés au non-respect par le locataire de ses obligations locatives. Si les travaux sont liés à l’usure normale du logement, vous ne pouvez pas effectuer une retenue sur le dépôt de garantie.

Particularité des copropriétés. Si le logement est situé dans une copropriété, vous devez demander un arrêté des comptes de copropriété provisoire et pouvez conserver 20 % du montant du dépôt de garantie jusqu’à l’arrêté annuel des comptes de la copropriété. La restitution définitive devra alors se faire dans le mois qui suit l’approbation des comptes de l’immeuble.

Le saviez-vous ?

Pour déterminer le montant du dépôt de garantie devant être restitué à un locataire, le bailleur ne doit pas tenir compte d’un éventuel avoir sur charges de copropriété (qui doit être restitué au moment de la régularisation des charges locatives).

Petite astuce. Pour que l’EDL de sortie se passe bien, effectuez une 1re visite quelques jours avant la date prévue pour son établissement : vous pourrez ainsi vous rendre compte de l’état de l’immeuble et prévenir le locataire des éventuels manquements que vous constatez pour qu’il fasse le nécessaire afin que vous n’ayez pas à effectuer une retenue sur le dépôt de garantie.

Attention. En cas de vente de votre bien loué, l’obligation de restitution vous incombe (en tant que bailleur originaire), et non à celui qui rachète votre bien loué. Mais une clause dans l’acte de vente peut prévoir le transfert de cette obligation à l’acheteur. Notez toutefois qu’une telle clause est inopposable au locataire : en cas de litige, il pourra se retourner contre vous, puisque vous êtes identifié comme bailleur lors de la conclusion du contrat de bail.

En cas de non-restitution… Si le dépôt de garantie n’est pas restitué, le locataire peut vous mettre en demeure de restituer les sommes dues par lettre recommandée avec AR. A défaut d’accord ou de réponse de votre part, il est possible de saisir une Commission départementale de Conciliation. S’il n’y a toujours pas d’accord, le litige doit être porté devant le juge des contentieux de la protection (auprès du tribunal judiciaire).

… les intérêts de retard. Il peut être dû des intérêts de retard au locataire si le dépôt de garantie n’est pas restitué dans le délai imparti. La majoration est égale à 10 % du loyer mensuel hors charges pour chaque mois de retard commencé et vaut pour tous les baux, peu importe qu’ils aient été conclus avant ou après la Loi Alur.

Le saviez-vous ?

L’action en restitution du dépôt de garantie est dirigée contre le bailleur et non contre son mandataire.

A retenir

Il est possible (recommandé) de réclamer au locataire un dépôt de garantie dont le montant ne peut pas être supérieur à 2 mois de loyer hors charges.

Au départ du locataire, si des dépenses le justifient, il est possible de pratiquer des retenues sur le montant du dépôt de garantie à restituer. Mais attention, il faut être en mesure de prouver la réalité des dépenses réalisées ou à réaliser par des factures, des devis, des photos, etc.

 

J'ai entendu dire

Un locataire peut-il se servir du dépôt de garantie pour payer le dernier mois de loyer ?

Non, c’est interdit. Le locataire doit payer l’intégralité de son loyer jusqu’à la fin du bail. S’il le fait, le locataire ne peut prétendre obtenir une quittance de loyer (remise lorsqu’il quitte le logement). De plus, le bailleur peut procéder à des saisies sur le compte bancaire du locataire et le faire condamner au paiement du loyer impayé ainsi qu’à des dommages-intérêts.
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Sources
  • Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs et portant modification de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986
  • Loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové
  • Loi n° 2015-990 du 6 août 2015 pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques (article 82)
  • Décret n°2005-212 du 2 mars 2005 relatif aux fonds de solidarité pour le logement
  • Décret n° 2015-981 du 31 juillet 2015 fixant la liste des éléments de mobilier d'un logement meublé
  • Article L213-4-4 du Code de l’organisation judiciaire (compétence du juge des contentieux de la protection)
  • Articles R 313-19 et suivants du Code de la Construction et de l’Habitation
  • Arrêt de la Cour de Cassation, 3ème chambre civile, du 1er avril 2003, n° 02-10096 (action dirigée contre l’ancien bailleur recevable- pas de clause de subrogation dans le contrat de vente)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, 3ème chambre civile, du 9 février 2005, n° 03-15128 (appréciation location meublée)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, 3ème chambre civile, du 23 juin 2009, n° 08-13938 (action en restitution dirigée contre le bailleur et non le mandataire)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, 3ème chambre civile, du 9 juin 2015, n° 14-16133 (travaux dus à l’usure normale du logement)
  • Arrêt de la Cour de cassation, 3ème chambre civile, du 17 novembre 2016, n° 15-24552 (majoration de 10%-bail conclu avant la Loi Alur)
  • Arrêt de la Cour de cassation, 3ème chambre civile, du 31 mai 2018, n° 17-18069 (non-prise en compte des avoirs sur charges)
  • Arrêt de la Cour de cassation, 3ème chambre civile, du 28 novembre 2019, n° 18-18193 (retenu sur le dépôt de garantie-2 jours de loyers impayés)
  • Arrêt de la Cour de cassation, 2e chambre civile, du 8 juillet 2021, n° 20-13304 (conservation du dépôt de garantie injustifiée)
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Location d’un logement et préavis de départ : si vous êtes propriétaire

Date de mise à jour : 31/01/2023 Date de vérification le : 08/04/2024 14 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Propriétaire d’un logement mis en location, à l’approche de l’arrivée du terme du bail, vous souhaitez en reprendre la libre disposition. Mais est-ce que ce sera possible ? Oui, si vous respectez toutes les conditions requises…

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Location d’un logement et préavis de départ : si vous êtes propriétaire

Préavis de départ : pour un logement vide

Le principe. Vous devez respecter certaines conditions de forme et de délais. Par principe, vous ne pouvez pas mettre fin au bail d’habitation prématurément ; vous ne pourrez le faire qu’à l’arrivée du terme du bail. Il faut toutefois distinguer selon que la location porte sur un logement vide ou meublé.

Un préavis de 6 mois. Dans le cadre d’une location nue, vous ne pouvez mettre fin au bail qu’en donnant congé au locataire dans les 6 mois précédant l’échéance du contrat de bail par voie d’huissier de justice ou par lettre recommandée avec AR. Il est également possible de notifier ce congé par remise en mains propres contre émargement ou récépissé.

Attention. En cas d'acquisition d'un bien occupé, sachez que :

  • lorsque le terme du contrat de location en cours intervient plus de 3 ans après la date d'acquisition, vous ne pouvez pas donner congé à votre locataire pour vendre le logement au terme du contrat de location en cours ;
  • lorsque le terme du contrat de location en cours intervient moins de 3 ans après la date d'acquisition, vous ne pouvez pas donner congé à votre locataire pour vendre le logement qu'au terme de la première reconduction tacite ou du premier renouvellement du contrat de location en cours ;
  • lorsque le terme du contrat en cours intervient moins de 2 ans après l'acquisition, le congé pour reprise que vous donnez au terme du contrat de location en cours ne prend effet qu'à l'expiration d'une durée de 2 ans à compter de la date d'acquisition.

Le saviez-vous ?

Pendant le délai de préavis, le locataire reste tenu au paiement du loyer. Si vous trouvez un nouveau locataire avant la fin du préavis, le locataire évincé n’est plus tenu de verser le loyer correspondant à compter de la prise d’effet du nouveau bail.

Bon à savoir. Le locataire peut tout à fait fixer la date de son congé postérieurement au délai de préavis légal. Dans ce cas, il reste redevable du paiement du loyer jusqu’au terme qu’il a fixé et non jusqu’à celui correspondant au préavis légal.

Un congé qui doit être motivé. Lorsque vous congédiez le locataire, vous devez, à peine de nullité, mentionner le motif de la non-reconduction du bail. Il en existe 3, à savoir :

  • la reprise du logement pour y habiter soi-même ou y loger un proche ;
  • le congé pour vendre le logement ;
  • la reprise par l’existence d’un motif légitime et sérieux de non-renouvellement du bail.

Reprise pour habiter. Vous devez dans ce cas reprendre le logement pour en faire votre résidence principale. Vous ne pouvez pas reprendre le logement pour un usage secondaire ou pour un usage professionnel.

Le saviez-vous ?

Si le bailleur achète le bien déjà occupé, il ne peut donner congé qu’à compter d’un délai de 2 ans si le terme du bail intervient moins de 2 ans après l’achat ou au terme du bail s’il intervient plus de 2 ans après l’achat.

Qui peut reprendre pour habiter ? Il pourra s’agir :

  • de vous-même ;
  • du bailleur-société civile, constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu’au 4ème degré inclus (les cousins germains) : dans ce cas, la société reprend le logement au profit de l’un des associés ;
  • de certains de vos proches ;
  • et, lorsque le logement est en indivision, de tout membre de l’indivision souhaitant habiter le logement à titre principal (y compris vos proches cités ci-dessous).

À noter. Il faut indiquer dans la lettre le motif du congé et le lien existant entre le bénéficiaire du logement et vous.

Quels proches ? Les proches qui peuvent bénéficier du congé pour reprise sont :

  • votre conjoint ;
  • votre partenaire lié par un Pacs ;
  • votre concubin notoire depuis au moins 1 an ;
  • vos ascendants ;
  • vos descendants (y compris les descendants du conjoint, du partenaire ou du concubin notoire).

À défaut de reprise pour habiter. Si vous ne respectez pas le motif de reprise pour habiter, le locataire évincé peut vous demander des dommages-intérêts. Il lui incombe de prouver le non-respect du motif.

Congé pour vendre le logement. Il s’agit d’un mode de congé qui ouvre droit au locataire à un droit de préemption. Le congé vaut alors offre de vente au profit du locataire qui pourra acheter le bien en question. Si vous avez acheté le bien déjà loué, vous ne pouvez délivrer un congé pour vendre au locataire qu’au terme du 1er renouvellement du bail en cours.

     =>  Pour en savoir plus, consultez la fiche « Vendre un logement occupé : le point sur le congé pour vendre »

Congé pour motif légitime et sérieux. Cette circonstance n’est possible qu’en fin de bail, et sous réserve de faire état d’un motif légitime et sérieux. Ce sera le cas en présence de troubles de voisinage causés par le locataire, de défaut de paiement des loyers, etc.

Protection du locataire âgé. En cas de résiliation à votre initiative, lorsque le locataire est âgé et que ses ressources sont faibles, vous ne pouvez vous opposer au renouvellement du bail si vous ne proposez pas une solution de relogement à proximité correspondant aux besoins et possibilités du locataire âgé. Pour l’application de cette disposition, le locataire doit être âgé de plus de 65 ans et ses ressources annuelles doivent être inférieures au plafond retenu pour l’attribution des logements locatifs conventionnés.

Attention. Si le locataire héberge une personne de plus de 65 ans et qu’elle remplit les conditions de ressources évoquées ci-dessus, si le montant cumulé des ressources annuelles de l’ensemble des personnes vivant dans le logement est inférieur au plafond de ressources, la protection s’applique également.

Exception. La protection du locataire âgé tombe lorsque le bailleur est également une personne âgée de plus de 65 ans ou qu’il dispose de ressources inférieures au plafond retenu pour l’attribution des logements locatifs conventionnés.

À noter. La condition d’âge est appréciée au moment de la date d’échéance du contrat, tandis que le montant des ressources est apprécié à la date de notification du congé.

Le saviez-vous ?

Un congé sans offre de relogement sera possible, malgré l’âge du locataire, si ce dernier ne paie pas ses loyers.

Congé pour réaliser des travaux énergétiques. Un bailleur peut donner congé pour la réalisation de travaux d’économie d’énergie dans les parties privatives rendant nécessaire la libération des lieux et permettant d’atteindre le niveau de performance minimal requis pas la loi.


Préavis de départ : pour un logement meublé

Des règles différentes. Si le logement est loué meublé, c’est-à-dire pourvu des éléments de confort et des meubles nécessaires pour y vivre convenablement, les règles qui entourent le congé délivré par le bailleur sont différentes.

En ce qui concerne le délai. Par principe, le congé doit être délivré au moins 3 mois avant la date d’échéance du contrat de location. Notez que le locataire ne reste tenu au paiement du loyer que le temps pendant lequel il occupe effectivement le logement.

En ce qui concerne les motifs. Le congé ne peut être délivré que pour certains motifs (qui doivent être précisés dans la lettre de congé). Le congé ne peut être délivré que s’il est motivé par la vente du logement, sa reprise pour être habité par vous ou une autre personne ou pour un motif légitime et sérieux (impayés par exemple). En cas de congé pour reprise du logement, le bénéficiaire de cette reprise ne peut être que vous-même, votre conjoint, votre partenaire de Pacs ou votre concubin depuis au moins 1 an, vos parents ou vos enfants (ou ceux de votre conjoint, votre partenaire ou votre concubin).

Le saviez-vous ?

Les locataires âgés sont protégés. C’est ainsi que, le bailleur ne peut pas donner un congé au locataire âgé si vous ne lui proposez pas une solution de relogement à proximité correspondant à ses besoins et possibilités (le locataire doit être âgé de plus de 65 ans et ses ressources annuelles doivent être inférieures au plafond retenu pour l’attribution des logements locatifs conventionnés). Cette protection s’applique également si le locataire héberge une personne de plus de 65 ans, dans les mêmes conditions évoquées ci-dessus.

Cette règle ne s’applique pas si vous-même êtes âgé de plus de 65 ans ou si vous disposez de ressources inférieures au plafond retenu pour l’attribution des logements locatifs conventionnés.

À retenir

Vous ne pouvez donner un congé au locataire que dans certaines situations : congé pour vendre le logement, pour l’habiter ou encore si vous faites état d’un motif légitime et sérieux (en présence d’impayés par exemple).
 

J'ai entendu dire

Que se passe-t-il si le bailleur ne respecte pas les conditions de délivrance du congé, et notamment les motifs qui lui sont imposés ?

Le non-respect des conditions entraîne la nullité du congé. Notez, en outre, que, dans le cadre du congé donné pour habiter le logement, le défaut d’occupation des lieux par le bénéficiaire de la reprise pourra être sanctionné par l’attribution de dommages-intérêts au profit du locataire.
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Location d’un logement et préavis de départ : si vous êtes locataire

Date de mise à jour : 08/04/2024 Date de vérification le : 08/04/2024 8 minutes
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Locataire d’un logement, vous envisagez de le quitter en vue de la prochaine acquisition de votre résidence principale. Attention, vous devez respecter un délai de préavis : quel sera sa durée exacte ? Cela va dépendre du motif exact pour lequel vous souhaitez quitter le logement…

Rédigé par l'équipe WebLex.
Location d’un logement et préavis de départ : si vous êtes locataire

Préavis de départ : une durée de 3 mois par principe

Le principe. Il peut être mis fin à un bail d’un logement vide ou meublé par le locataire ou le bailleur. Selon la personne qui souhaite mettre fin aux relations contractuelles, les règles à respecter ne sont pas strictement identiques.

À tout moment ? Pour le locataire, la règle est simple : il peut, par principe, résilier le bail d’habitation à tout moment, sans avoir à donner le motif pour lequel il souhaite quitter le logement. Le congé prend alors effet à compter de la fin du délai de préavis.

Comment notifier ? Le congé est notifié par huissier de justice ou par lettre recommandée avec AR. Il est également possible de notifier par remise en mains propres contre émargement ou récépissé. Notez que le délai de préavis court à compter de la date de réception de la lettre de congé par le propriétaire.

Attention ! Le préavis de départ d'un congé court à compter du jour de la réception de la lettre recommandé, de la signification par huissier de justice ou de la remise en main propre. Lorsque le congé est notifié par lettre recommandée, la date de réception est celle qui est apposée par La Poste sur l'accusé de réception, lors de la remise du courrier à son destinataire. Or, cette date ne peut pas être apposée lorsque le courrier revient au locataire avec la mention « non réclamée ».

Bien entendu… Le locataire reste redevable des loyers jusqu’à ce que le délai de préavis de 1 ou 3 mois soit écoulé, sauf si le logement est, entre temps, reloué.

Un délai de 3 mois. Vous devez toutefois respecter un délai de préavis normalement fixé à 1 mois pour un logement meublé, à 3 mois pour un logement vide. Dans ce dernier cas, un délai plus court vous est toutefois offert, sous réserve de respecter certaines conditions.

Bon à savoir. Vous pouvez tout à fait fixer la date de son congé postérieurement au délai de préavis légal. Dans ce cas, vous restez redevable du paiement du loyer jusqu’au terme que vous avez fixé et non jusqu’à celui correspondant au préavis légal.

Le saviez-vous ?

Lorsque le bailleur manque gravement à ses obligations, le locataire peut quitter son logement sans préavis : c’est le cas notamment lorsque le logement est insalubre.


Préavis de départ : une durée de 1 mois par exception

Un délai d’1 mois… Pour un logement vide, le délai pourra être ramené à 1 mois. Mais ce préavis réduit n’est possible que dans certaines situations. Lesquelles ?

… sous conditions ! Le délai d’1 mois de préavis ne sera possible que dans les situations suivantes :

  • lorsque le bien est situé dans une zone tendue ;
  • si vous êtes bénéficiaire du Revenu de Solidarité Active (RSA) ou de l’allocation adulte handicapé (AAH);
  • lorsque des raisons de santé justifient un changement de domicile ;
  • si vous obtenez un premier emploi (CDD ou CDI) ;
  • si vous perdez votre emploi à la suite d’un licenciement, de la fin de votre CDD ou après une rupture conventionnelle ;
  • si vous retrouvez un nouvel emploi suite à une perte d’emploi au cours du même bail (pour un locataire qui était au chômage au moment de la signature du bail et qui retrouve un emploi, le délai de préavis est de 3 mois) ;
  • si vous devez déménager suite à une mutation professionnelle ;
  • si un logement social vous est attribué ;
  • si vous changez de logement dans le parc social, pour autant que le nouveau logement appartienne au même bailleur social (le délai est de 2 mois si le nouveau logement n’appartient pas au même bailleur social).

Le saviez-vous ?

Vous devez préciser (et justifier) le motif qui vous permet de bénéficier du délai de préavis d’1 mois dans la lettre de congé. Une attestation de la CAF indiquant que le locataire bénéficie du RSA est suffisant pour bénéficier du délai de préavis de 1 mois.

À retenir

Vous pouvez donner congé à tout moment, à condition de respecter un délai de préavis de 3 mois, sans motif (délai qui peut être réduit à 1 mois sous réserve d’en respecter les conditions).

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Location immobilière : comment serez-vous imposé ?

Date de mise à jour : 08/02/2023 Date de vérification le : 08/02/2023 10 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Toutes les locations immobilières ne sont pas imposées de la même manière : vous ne subirez pas la même fiscalité selon que vous louez un logement nu ou meublé, un local commercial muni du mobilier et du matériel, etc., à titre privé, par l’intermédiaire d’une société, dans le cadre de votre activité professionnelle, etc. Pour vous aider à vous retrouver dans ce « maquis fiscal », voici une fiche qui vous présente, de manière synthétique, les différents cas de figure et leurs conséquences fiscales.

Rédigé par l'équipe WebLex.
Location immobilière : comment serez-vous imposé ?

Location immobilière : une distinction selon le bailleur

1 principe, 2 hypothèses. Le bailleur (celui qui met le bien en location) est soumis à l’impôt pour les revenus qu’il perçoit au titre des locations immobilières. Mais il pourra s’agir, soit de l’impôt sur le revenu (IR), soit de l’impôt sur les sociétés (IS). Et s’il s’agit de l’IR, le bailleur percevra, soit des revenus fonciers, soit des bénéfices industriels et commerciaux. Explications…

Une imposition à l’IR ? Les modalités d’imposition seront différentes selon que vous agissez à titre privé ou à titre professionnel :

  • si la location s’inscrit dans le cadre de votre activité professionnelle, les profits locatifs sont en principe taxés dans la catégorie d’imposition de vos revenus professionnels, à savoir les BIC (bénéfices industriels et commerciaux), les BNC (bénéfices non commerciaux) ou encore les BA (bénéfices agricoles) ;
  • si vous exercez une activité de location dans le cadre de la gestion de votre patrimoine privé, les loyers sont imposables dans la catégorie des revenus fonciers (sauf à être inscrits à l’actif d’une entreprise individuelle ou d’une société exerçant une activité commerciale, industrielle, artisanale, agricole ou libérale : dans ce cas, les profits retirés de la location sont taxables dans la même catégorie d’imposition que les bénéfices réalisés au titre de l’activité).

Une imposition à l’IS ? Ce type d’imposition se rencontrera lorsque les revenus locatifs proviennent d’immeubles qui appartiennent à des sociétés soumises de droit ou sur option à l’impôt sur les sociétés (SA, SAS, SARL, SCI ayant opté à l’IS, etc.) : ces revenus seront alors soumis à cet impôt, quelle que soit la nature des sociétés.


Location immobilière : une distinction selon le bien loué

Différentes situations. Vous pouvez louer un logement, un appartement meublé, un local commercial ou industriel, nu ou muni du matériel et du mobilier, un terrain, etc. Selon la nature et les conditions de la location, les modalités d’imposition ne seront pas les mêmes… Imaginons les situations suivantes, en partant de l’hypothèse que cette activité locative s’inscrit dans le cadre de la gestion de votre patrimoine privé.

« Je loue un logement… ». Dans l’hypothèse où il s’agit d’une location « nue », c’est-à-dire dépourvu de tout le mobilier nécessaire au confort de l’habitation, les loyers et les revenus accessoires seront imposés dans la catégorie des revenus fonciers.

« Je loue un logement meublé… ». Les profits provenant de la location d'un immeuble garni de meubles ont un caractère commercial : on parle de location meublée taxée comme des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Il faut cependant distinguer ici deux types de loueurs en meublés, à savoir les loueurs en meublé professionnels (taxés dans la catégorie des BIC professionnels) et les loueurs en meublé non professionnels (taxés dans la catégorie des BIC non professionnels), qui connaissent quelques différences :

  • alors que les plus-values réalisées à la suite de la vente d’un bien par un loueur professionnel sont imposables au titre des BIC (régime plus-values professionnelles), les plus-values réalisées par un loueur non professionnel relèvent du régime des plus-values immobilières privées (régime applicable au particulier qui vend un bien immobilier) ;
  • alors qu’un déficit est imputable sur le revenu global en présence de BIC professionnels, tel n’est pas le cas en matière de BIC non professionnels puisque dans cette dernière hypothèse, le déficit ne peut s’imputer que sur des revenus de même nature.

Le saviez-vous ?

La location de salles de spectacles ou de réunion munies du mobilier nécessaire à leur exploitation est considérée, sur le plan fiscal, comme une activité commerciale. Les revenus sont alors taxés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux.

« Je sous-loue… ». Les loyers perçus dans le cadre d’une sous-location ne sont pas considérés, sur le plan fiscal, comme des revenus fonciers : ils sont au contraire considérés comme des bénéfices non commerciaux. A une exception près : si la sous-location porte sur un logement ou un local meublé, les revenus seront fiscalement assimilés à des BIC.

« Je loue un garage… ». Les revenus provenant de la location d'emplacements ou de boxes pour le garage de véhicules automobiles – ou le stockage de marchandises – entrent dans la catégorie des revenus fonciers, à la condition que vous n'assuriez aucun service ou prestation (lavage, distribution d'essence, atelier de réparations par exemple). Dans le cas contraire, ces profits ont le caractère de revenus commerciaux.

« Je loue un local commercial… ». On se retrouve ici dans la même situation qu’un particulier qui loue un logement : les revenus sont considérés comme des revenus fonciers.

« Je loue un local commercial muni du matériel et du mobilier… ». Il s’agit ici de la location d'établissements commerciaux ou industriels munis du mobilier ou du matériel nécessaire à leur exploitation. Les profits correspondants sont en principe inclus dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux.

Le saviez-vous ?

Les produits de la location d'un immeuble industriel et commercial sont considérés comme des recettes commerciales, même si cette location ne porte que sur des locaux nus, si, eu égard aux circonstances, la location apparaît comme un procédé destiné à permettre à l'ancien exploitant de poursuivre, sous des modalités différentes, son ancienne activité.

« Je loue des emplacements sur un terrain… ». S’il s’agit d’un terrain nu, vos revenus seront des revenus fonciers. Mais si vous louez un terrain aménagé ou sur lequel un service de gardiennage est assuré (du type terrain de camping), la location des emplacements sera alors imposable comme des BIC.

A retenir

Retenez que vos revenus pourront être taxés comme des revenus fonciers ou des bénéfices industriels et commerciaux, voire comme des revenus non commerciaux. Tout va dépendre de qui loue et de ce qui est loué.

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Louer un local à usage professionnel : faut-il opter pour la TVA ?

Date de mise à jour : 06/12/2022 Date de vérification le : 06/12/2022 19 minutes
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Vous envisagez d’acquérir un local commercial ou professionnel que vous mettrez en location. Vous vous demandez si la location sera soumise ou non à la TVA et, dans la négative, s’il est opportun d’opter pour le paiement de la TVA sur les loyers. Cette fiche vous aidera à répondre à cette question.

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Louer un local à usage professionnel : faut-il opter pour la TVA ?

Location immobilière : par principe, pas de TVA

TVA… ou pas ? Par principe, une activité de location constitue une prestation de services et, en tant que telle, doit être soumise à la TVA. Mais ce principe n’a pas vocation à s’appliquer à toutes les locations immobilières : certaines sont expressément soumises à la TVA, d‘autres ne le sont pas ou peuvent l’être sur option. Faisons le point sur les locations portant sur les immeubles destinés à abriter des entreprises, des locaux commerciaux, ou encore des locaux professionnels.

TVA applicable ? Par principe, les locations d’immeubles dits aménagés, c’est-à-dire pourvus du mobilier et du matériel nécessaires à l’exercice d’une activité, sont soumises à la TVA. Ce sera aussi le cas des terrains aménagés (exemples : terrain de camping disposant d’emplacements et d’équipements spécifiques comme des sanitaires par exemple, terrain loué à une société d’auto-école disposant d’une piste d’entraînement goudronnée et de marquages au sol délimitant les circuits permettant de pratiquer divers exercices de conduite, etc.).

Pas de TVA ? Inversement, les locations d’immeubles dits nus, c’est-à-dire dépourvus, cette fois, de tout le matériel et le mobilier nécessaires à l’exercice d’une activité, sont exonérées de TVA. Ne sont toutefois pas concernées par cette exonération, et sont donc automatiquement soumises à la TVA, les locations qui constituent pour le bailleur un moyen de poursuivre, sous une autre forme, l'exploitation d'un actif commercial ou d'accroître ses débouchés ou lorsque le bailleur participe aux résultats de l'entreprise locataire (ce sera le cas, par exemple, si vous apportez un fonds de commerce à une société et que vous lui louez l’immeuble nécessaire à son exploitation).

TVA sur option possible… En cas de location d’immeubles nus à usage professionnel, vous avez toutefois la possibilité d’opter pour le paiement de la TVA sur les loyers. Et cette option mérite d’être étudiée : pourquoi ?


Location immobilière : l’intérêt de l’option pour la TVA

Une option possible. L’option pour la TVA vise les locations de locaux nus à usage professionnel (locaux commerciaux, locaux professionnels, entrepôts, etc.) que le locataire va utiliser pour exercer son activité professionnelle.

Attention. Cette option ne concerne que les locaux affectés à un usage professionnel. Elle ne peut pas s’appliquer aux locaux qui seraient affectés à un autre usage. On pense ici aux locaux qui sont utilisés pour les besoins privés du locataire ou qui sont affectés à l’habitation : l’option à la TVA ne peut pas couvrir la partie du loyer correspondant à ces locaux (sauf, exceptionnellement, s’il s’agit de logements affectés à l’hébergement du personnel impliquant une résidence permanente sur les lieux mêmes du travail, notamment pour des missions permanentes de surveillance et de sécurité).

Une option à exercer. Plusieurs motifs encouragent l’exercice d’une telle option, qu’il faut analyser tant en ce qui concerne la situation du bailleur que celle du locataire.

Pour le propriétaire. Opter pour le paiement de la TVA vous permettra de récupérer la TVA que vous payez, de votre côté, sur l’ensemble des frais et charges que vous engagez à propos du local loué : TVA appliquée sur les factures d’entretien, TVA appliquée sur les éventuels travaux réalisés, etc. Dans l’hypothèse où vous avez acquitté de la TVA au moment de l’acquisition du local (notamment s’il s’agit d’un immeuble neuf), cette TVA sera également déductible (ce qui peut permettre la constatation d’un crédit de TVA remboursable). Cette option permettra également d’éviter, le cas échéant, la contribution sur les revenus locatifs.

Pensez au « crédit de départ ». Il peut arriver que l’option à la TVA ne soit pas exercée immédiatement : tout n’est pas perdu pour autant puisque vous pouvez bénéficier d’un droit à déduction de la TVA à propos d’un investissement en cours d’utilisation. Pour simplifier l’explication, prenons un exemple.

Exemple. Vous avez constitué une SCI en 2016 qui a acheté un local commercial mis en location, acquisition qui a été soumise à la TVA. On imagine que la TVA qui a grevé cet achat est d‘un montant de 60 000 €. En 2018, le propriétaire décide d’opter pour le paiement de la TVA sur les loyers. Il va alors pouvoir récupérer une partie de la TVA qui a grevé son achat. Voici comment.

Un droit à connaître. La règle est la suivante : les personnes qui deviennent redevables de la TVA peuvent déduire une fraction de la TVA qui a grevé l’achat du local, dès lors que cet immeuble est effectivement utilisé au moment où l’option est exercée. Dans ce cas, la fraction de la TVA déductible est égale au montant de la TVA, payée lors de l’acquisition, diminuée d’1/20ème par année ou fraction d’année civile écoulée depuis cette date. Ainsi, dans notre exemple, le propriétaire pourra récupérer 51 000 € de TVA (la TVA récupérable est diminuée d’un abattement égal à 3/20ème, soit
9 000 €).

Conseil. Faites le point avec votre conseil sur la possibilité d’utiliser cette disposition, car elle nécessite tout de même un minimum de formalisme (constatation d’une livraison à soi-même, détermination de la fraction déductible de la TVA, etc.).

Une option globale ? Que se passe-t-il si le bailleur met en location plusieurs locaux nus à usage professionnel situés dans le même immeuble ? Peut-il choisir d’opter pour le paiement de la TVA sur les loyers d’un seul local ? Ou s’agit-il d’une option globale qui, dès lors qu’elle est exercée, couvre l’ensemble des locaux loués ?

Pas nécessairement... Un bailleur a la possibilité de ne soumettre à la TVA qu’une partie des locaux qu’il loue au sein d’un même bâtiment à condition que son option identifie de manière expresse, précise et non équivoque le bail ainsi que le local concerné, permettant ainsi d’en exclure les autres locaux.


Location immobilière : la conséquence de l’option pour la TVA

Une conséquence... Opter pour le paiement de la TVA supposera de facturer vos loyers en y ajoutant la TVA (au taux normal de 20 %). Vous devrez également soumettre l’ensemble des refacturations faites au locataire à la TVA, comme par exemple la taxe foncière, les charges, etc. …

... pour le locataire. Le locataire d’un local loué nu à usage professionnel est souvent un professionnel, lui-même assujetti à la TVA. Soumettre les loyers à la TVA n’emportera pas de conséquences pour lui, puisque cette TVA viendra en déduction de sa propre TVA collectée auprès de ses clients.

Mais ce n’est pas toujours le cas… Si le locataire n’est pas assujetti à la TVA, une option pour le paiement de la TVA sur les loyers aura une incidence directe pour lui : le montant du loyer sera majoré de la TVA qu’il ne pourra pas récupérer.

Le saviez-vous ?

C’est pour cette raison que, vis-à-vis d’un locataire qui n’est pas assujetti à la TVA, l’option doit être clairement et expressément mentionnée dans le contrat de bail. Cette clause aura pour objet de traduire l’accord exprès entre vous et le locataire pour le paiement de la TVA sur les loyers.

Une autre conséquence pour vous. Une SCI a opté pour le paiement de la TVA sur les loyers et a demandé le remboursement d’un crédit de TVA. L’administration a procédé à une vérification de comptabilité de cette SCI qui a abouti à la remise en cause de la déduction de la TVA. La SCI a contesté la régularité de la procédure de contrôle : parce qu’elle n’est pas obligée de tenir une comptabilité, elle a estimé ne pas devoir faire l’objet d’une vérification de comptabilité. « Faux ! », lui répond le juge : en exerçant une option pour le paiement de la TVA, elle doit respecter l’ensemble des règles applicables aux redevables de la TVA, ce qui vaut aussi pour le contrôle fiscal.

Conseil. Cela signifie aussi qu’en cas de contrôle fiscal de votre SCI, vous bénéficiez des garanties applicables aux contribuables vérifiés (obligation d’envoi d’un avis de vérification, faculté d’être assisté d’un conseil, etc.). En outre, en matière de TVA, le contrôle prend la forme d’une vérification de comptabilité, ce qui vous offre le bénéfice des garanties propres à ce type de contrôle : durée de la vérification limitée à 3 mois, obligation d’un débat oral et contradictoire, etc...

Conseil pour les propriétaires. En optant pour le paiement de la TVA, vous devez respecter certaines obligations comptables, même allégées : vous devez au moins tenir un livre comptable, aux pages numérotées, sur lequel vous devez inscrire, jour par jour, sans blanc ni rature, le montant de chacune de vos opérations, en distinguant, au besoin, les opérations taxables et celles qui ne le sont pas.

Le saviez-vous ?

N’oubliez pas non plus qu’en exerçant l’option à la TVA, vous êtes obligatoirement soumis à l’ensemble des obligations des redevables de la TVA, notamment en ce qui concerne la déclaration et le paiement de la TVA.

A noter. En matière de prestation de service, y compris de location, la TVA devient exigible (et doit donc être reversée à l’Etat) au moment de l’encaissement des loyers. Selon les juges, le fait que les loyers soient directement appréhendés par un créancier du bailleur est sans incidence sur le paiement de la TVA : le bailleur devra déclarer et payer sa TVA quand bien même le montant des loyers encaissés a servi à régler une dette.


Location immobilière : les modalités de l’option pour la TVA

C’est une option. Parce qu’il s’agit d’une option, vous devez effectuer des démarches pour informer l’administration fiscale de votre volonté de soumettre votre activité de location immobilière à la TVA. Cette option s’exercera tout simplement en adressant à votre service des impôts un courrier l’informant de votre souhait de placer votre activité dans le champ d’application de la TVA.

Quand ? L’option prend effet le 1er jour du mois au cours duquel vous l’avez formulé auprès de votre service des impôts. Une option réalisée le 10 février 2019 prendra donc effet le 1er février 2019. Une fois exercée, cette option s’applique aussi longtemps qu’elle n’a pas été dénoncée ; mais sachez qu’elle couvre obligatoirement une période minimale obligatoire puisqu’elle ne pourra être dénoncée qu’à partir du 1er janvier de la 9ème année civile suivant celle au cours de laquelle vous avez exercé l’option (la dénonciation de l’option prend effet au 1er jour du mois au cours duquel votre courrier de dénonciation est parvenu à votre service des impôts).

Le saviez-vous ?

Cette option peut être dénoncée à compter de la 9ème année même si vous avez obtenu un remboursement de crédit de TVA.

A noter. Le cas échéant, si vous détenez plusieurs immeubles pour lesquels vous optez à la TVA, vous devez exercer une option distincte pour chaque immeuble ou ensemble d’immeuble.

Une possibilité à connaître. En cas de création d’entreprise qui aura pour objet l’activité de location immobilière imposable à la TVA sur option, vous pouvez exercer cette option directement sur la déclaration d’existence. Mais attention, il est impératif que cette dernière comporte les éléments nécessaires à l’identification précise du ou des immeubles auxquels cette option s’applique.

A retenir

Si vous louez un local à usage commercial ou professionnel, vous pouvez opter pour le paiement de la TVA sur les loyers, ce qui vous permettra de déduire la TVA payée à l’occasion de travaux, d’entretiens divers, etc. Vous pourrez même récupérer la TVA acquittée lors de l’achat du local, si cette acquisition a été soumise à la TVA.

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Sources
  • Articles 260 et suivants D du Code Général des Impôts
  • Articles 286 et 195 A de l’annexe II du Code Général des Impôts (obligations comptables)
  • BOFiP-Impôts-BOI-TVA-CHAMP-50-10
  • Décret n° 2014-44 du 20 janvier 2014 relatif aux modalités d'option pour le paiement de la taxe sur la valeur ajoutée applicables à certaines opérations locatives et à la procédure de transfert du droit à déduction prévue en faveur des personnes morales de droit public
  • Arrêt du Conseil d’Etat du 7 septembre 2009, n° 313138 (logement du personnel chargé de fonctions impliquant une résidence permanente sur le lieu du travail)
  • Arrêt du Conseil d’Etat du 23 décembre 2011, n° 323189 (option possible sur la déclaration d’existence)
  • Arrêt du Conseil d’Etat du 26 décembre 2013, n° 360124 (terrain aménagé loué à une auto-école)
  • Arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Paris du 18 octobre 2013, n° 13PA00671 (vérification de comptabilité d’une SCI)
  • Arrêt du Conseil d’Etat du 5 novembre 2014, n° 356798 (vérification de comptabilité d’une SCI en matière de TVA).
  • Arrêt du Conseil d’Etat du 14 juin 2017, n°396901 (encaissement des loyers par un créancier du bailleur)
  • Arrêt de la Cour administrative d’Appel de Nancy du 27 décembre 2019, n°18NC02185 (plusieurs locaux nus à usage professionnel situés dans un même immeuble)
  • Arrêt du Conseil d’Etat du 9 septembre 2020, n°439143 (plusieurs locaux nus à usage professionnel situés dans un même immeuble)
  • Réponse ministérielle Grau du 16 novembre 2021, Assemblée nationale, n°38389 (option pour la soumission à la TVA pour certains locaux seulement)
  • Arrêt de la cour administrative d’appel de Douai du 27 octobre 2022, n° 20DA01626 (requalification d’une activité en activité de « location de locaux aménagés »)
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Pour aller plus loin…

Le coin du dirigeant TVA et location immobilière : attention au changement de locataire
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TVA et location immobilière : attention au changement de locataire
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TVA et location immobilière : attention au changement de locataire

Date de mise à jour : 08/09/2021 Date de vérification le : 08/09/2021 5 minutes
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Propriétaire d’un local commercial, vous le louez à un commerçant qui envisage de partir. Vous allez donc devoir vous mettre en recherche d’un nouveau locataire, et vous craignez de subir une interruption de la location. Au-delà des désagréments de ce type de situation, vous devriez aussi vous poser la question de votre situation au regard de la TVA. Pourquoi ?

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TVA et location immobilière : attention au changement de locataire


Location immobilière : une option possible pour la TVA

Le cas des locaux professionnels. Parce qu’il s’agit d’une prestation de services, une activité de location immobilière est normalement soumise à la TVA. Si c’est vrai, s’agissant de l’immobilier d’entreprise, pour les locaux aménagés, ça ne l’est pas pour la location de locaux nus à usage professionnel. Mais, pour ces derniers, une option pour le paiement de la TVA est possible…

En pratique. En exerçant une option pour la TVA, le propriétaire devient assujetti à cette taxe à raison de son activité de location : il doit donc facturer les loyers en les soumettant à la TVA (il en sera de même pour les diverses refacturations de frais mis à la charge du locataire). En contrepartie, il pourra récupérer la TVA qui lui est facturée par ses propres fournisseurs (notamment en ce qui concerne les travaux, les coûts d’entretien, les honoraires de gestion, etc.). Et comme, dans la plupart des cas, le locataire est lui-même un professionnel assujetti à la TVA, il pourra, de son côté, récupérer la TVA facturée sur les loyers et autres charges répercutées par le propriétaire.

Le saviez-vous ?

Cette option pour le paiement de la TVA vise les locations de locaux nus affectés à usage professionnel (locaux commerciaux, locaux professionnels, entrepôts, etc.) que le locataire va utiliser pour exercer son activité professionnelle.

Attention. Si le locataire n’est pas assujetti à la TVA, une option pour le paiement de la TVA sur les loyers aura une incidence directe pour lui : le montant du loyer sera majoré de la TVA qu’il ne pourra pas récupérer. C’est pour cette raison que, vis-à-vis d’un locataire non assujetti à la TVA, l’option doit être clairement et expressément mentionnée dans le contrat de bail. Cette clause aura pour objet de traduire l’accord exprès entre vous et le locataire pour le paiement de la TVA sur les loyers.


Location immobilière : en cas de départ du locataire

Plus de recettes soumises à la TVA ? En cas de départ d’un locataire qui n’est pas immédiatement suivi de l’arrivée d’une nouvelle entreprise dans le local loué, vous constaterez une interruption de la location. Cette interruption aura pour conséquence que, pendant un certain laps de temps, vous ne percevrez pas de loyers soumis à la TVA. Cette situation est-elle de nature à remettre en cause votre option pour le paiement de la TVA et, par voie conséquence, les éventuelles déductions que vous avez effectuées au titre de la TVA ? Normalement non…

Pas de remise en cause. Pendant la période de vacance locative, vous ne serez soumis à aucune obligation de reverser tout ou partie de la TVA antérieurement déduite (on parle de « régularisations ») ; cela suppose toutefois que cette vacance locative soit indépendante de votre volonté, ce qui ne devrait pas être contesté dans l’hypothèse d’un départ du locataire.

Conseils. Faites en sorte de démontrer que vous avez accompli toutes les diligences pour mettre en location votre bien et rechercher un nouveau locataire (conservez toutes les pièces justificatives utiles, comme une copie de vos annonces de location, une copie du mandat confié à un professionnel immobilier, etc.).


Location immobilière : les changements de la situation locative

En cas de renouvellement du bail. En présence d’un renouvellement du bail, sans changement de locataire, l’option pour la TVA que vous avez initialement prise continue de produire ses effets, jusqu’à son terme.

En cas de changement de locataire. Par principe, un changement de locataire n’entraîne aucune conséquence au regard de votre option pour la TVA qui ne sera pas remise en cause. Attention, toutefois : si le nouveau locataire n’est pas assujetti à la TVA, pensez à insérer une clause précisant que vous avez exercé l’option pour la TVA. Et si le nouveau locataire, non assujetti à la TVA, n’accepte pas cette option, elle cessera de produire ses effets si vous consentez malgré tout à cette location.

En cas de changement d’utilisation des locaux. Un simple changement d’activité n’est pas susceptible de remettre en cause votre option pour la TVA. L’administration fiscale précise, à cet égard, qu’il en est ainsi dans le cas d’un locataire, assujetti à la TVA, qui change d’activité et devient non assujetti (même si le contrat de bail ne mentionne pas votre option). Mais attention au cas où le locataire cesse d’utiliser le local pour les besoins de son activité économique : dans cette hypothèse, votre option cesse de produire ses effets.

Le saviez-vous ?

Retenez que si vous cessez votre activité, si votre option cesse de produire ses effets à la suite de divers changements, vous serez tenu de procéder à des régularisations de la TVA antérieurement déduite lorsque cette cessation intervient avant le commencement de la 19ème année qui suit celle au cours de laquelle votre droit à déduction de la TVA a pris effet.

A retenir

En cas de changement de locataire, votre option à la TVA n’est pas remise en cause, même si vous constatez une interruption dans la perception de loyers soumis à la TVA. Conservez toutefois toutes les preuves qui vous permettront de justifier votre volonté de remettre votre bien en location et de rechercher un nouveau locataire.

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Sources
  • Articles 260 et suivants D du Code Général des Impôts
  • BOFiP-Impôts-BOI-TVA-CHAMP-50-10
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Transmettre mon patrimoine

Comment établir un testament-partage ?

Date de mise à jour : 02/08/2023 Date de vérification le : 02/08/2023 8 minutes
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Pour organiser la transmission de son patrimoine, une personne peut rédiger un testament. Parmi les différentes formes de testaments qui existent, il en est un qui permet de procéder au partage anticipé de la succession : le testament-partage. Que faut-il savoir à son sujet ?

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Comment établir un testament-partage ?

Établir un testament partage : la rédaction

Testament-partage : c’est quoi ? Le testament partage est un acte par lequel vous partagez, par anticipation, les biens que vous laisserez à votre décès.

À ne pas confondre ! Il faut savoir que :

  • pour un testament-partage, le partage est effectué au moment du décès ;

  • pour une donation-partage, le partage est effectué dès la signature de l’acte et donc du vivant de la personne.

Par conséquent, il est tout à fait possible de faire un nouveau testament pour révoquer un testament-partage, ce qui n’est pas possible dans le cadre d’une donation-partage.

De même, vous pouvez modifier votre testament-partage afin, par exemple, de l’adapter à votre nouveau patrimoine.

Les bénéficiaires du testament-partage sont seulement vos « héritiers présomptifs », c’est-à-dire vos héritiers légaux. En clair, si vous avez un conjoint et 2 enfants, ce sont eux les bénéficiaires de votre testament-partage. Vous ne pouvez donc rien transmettre à vos frères et sœurs par ce biais.

À noter. Si vous avez pour héritier un conjoint, 2 enfants et 3 petits-enfants, il est tout à fait possible de transmettre des biens à vos petits-enfants. Néanmoins, il faut savoir que vos enfants demeurent protégés par la « réserve héréditaire » (qui interdit de déshériter totalement un descendant). Ainsi, les biens transmis à vos petits-enfants ne doivent pas, à votre décès, porter atteinte à cette réserve héréditaire.

Quels sont les biens transmis ? Seuls les biens que vous possédez seul peuvent faire l’objet d’une transmission anticipée via le testament-partage (on parle de « biens propres »). Ainsi, si vous possédez un bien en commun avec votre conjoint(e), celui-ci ne pourra pas être transmis via ce testament.

Tous les biens propres ? Le testament-partage peut ne viser qu’une partie seulement de vos biens. Le reste est alors partagé selon les règles de dévolution successorale légales.

Bon à savoir. Vous pouvez rédiger un testament-partage seul ou faire appel à un notaire.

Un avantage pour l’entrepreneur. Le testament-partage est outil particulièrement intéressant pour un entrepreneur car il lui permet de transmettre ses droits sociaux à son descendant reprenant l’entreprise, évitant ainsi qu’ils ne tombent en indivision.


Établir un testament partage : les effets de votre vivant

De votre vivant, le testament-partage ne produit aucun effet. C’est pourquoi vous pouvez le modifier, si vous le souhaitez.

Bon à savoir. Il se peut qu’entre la rédaction de votre testament-partage et votre décès, vous vendiez un bien visé par ce document. Dans une telle hypothèse, on considère que vous avez révoqué le partage testamentaire.

Bon à savoir (bis). Il se peut également qu’entre la rédaction de votre testament-partage et votre décès, l’un de vos héritiers décède. Dans une telle hypothèse, la pratique professionnelle considère que le bien transmis revient aux héritiers de la personne prédécédée.


Établir un testament partage : les effets à votre décès

À votre décès, les biens sont transmis selon vos souhaits.

Les dispositions du testament-partage s’imposent aux bénéficiaires que vous avez désignés. Ces derniers peuvent les accepter ou les refuser en bloc. S’ils les refusent, ils ne peuvent pas réclamer un nouveau partage successoral.

Par exemple, si vous transmettez une maison et une voiture à votre fils, celui-ci ne peut pas accepter la maison et refuser la voiture. Soit il accepte la maison et la voiture, soit il refuse le tout.

Un enregistrement. Au décès du testateur, le notaire va procéder à l’enregistrement de votre testament-partage. Il doit le faire au plus tard au jour de l'enregistrement de l'acte constatant le partage de la succession.


La fiscalité du testament-partage

Double imposition ! Le testament-partage donne lieu à une imposition :

  • aux droits de mutation par décès (on parle aussi de « droits de succession ») ;

  • et au droit proportionnel de partage au taux de 2,5 %.

Évaluation fiscale. Les biens doivent être évalués au jour de votre décès.

Les réductions de droits dont bénéficient les donations-partages n’existent pas ici. C’est l’une des raisons qui expliquent que le testament-partage est peu utilisé.

Soulte. Il se peut que le testament-partage donne lieu au versement d’une soulte. Celle-ci n’est pas déductible pour la perception du droit de partage.

Fusion de formalités. Notez que les formalités d'enregistrement et de la publicité foncière sont fusionnées pour les actes publiés au fichier immobilier. Cela concerne donc les testaments-partages qui comprennent des biens immobiliers.

A retenir

Le testament-partage est un outil qui permet d’anticiper la transmission de ses biens, pour empêcher qu’ils ne tombent en indivision au jour du décès. En outre, cela permet de conserver la propriété du bien transmis jusqu’à son décès, contrairement à la donation-partage.
 

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Rédiger un testament authentique : ce qu’il faut savoir

Date de mise à jour : 02/08/2023 Date de vérification le : 02/08/2023 9 minutes
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Vous souhaitez rédiger un testament, mais ne savez pas quelles sont les mentions obligatoires requises ou voulez éviter toute contestation de son contenu par l’un de vos héritiers : la solution est de recourir à un « testament authentique », rédigé par un notaire. Que devez-vous savoir ?

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Rédiger un testament authentique : ce qu’il faut savoir

Testament authentique : c’est quoi ?

Qu’est-ce qu’un testament ? Le testament est un acte écrit par lequel vous (en qualité de « testateur », entendu comme celui qui rédige un testament) prévoyez le sort de vos biens et de vos droits après votre décès, et que vous pouvez modifier ou annuler à tout moment.

Quels sont les différents types de testament ? Il existe plusieurs sortes de testament, à savoir :

  • le testament olographe (c’est le testament que vous rédigez vous-même, de votre main) ;

  • le testament authentique (rédigé par un notaire) ;

  • le testament mystique (combinaison du testament olographe et du testament authentique) ;

  • le testament international (valide quel que soit le pays où il est rédigé ; en France, la présence d’un notaire est obligatoire).

Testament authentique. Nous ne traiterons ici que des testaments authentiques (aussi appelés « testaments par acte public »).

Avantages. Le testament authentique est rédigé par un notaire, ce qui permet de réduire les risques d’annulation. En outre, au moment de votre décès, l’existence du testament sera connue du notaire qui gérera votre succession.

Inconvénient. Il n’est pas gratuit (113,19 € HT, soit 135,83 € TTC).


Testament authentique : quand est-il obligatoire ?

Par principe, vous êtes libre de la forme de votre testament.

Toutefois, dans certaines circonstances, la rédaction d’un testament authentique sera obligatoire, selon le contenu de vos dernières volontés ou en raison de vos capacités.

Le recours obligatoire à un testament authentique se retrouve dans les cas suivants :

  • si vous ne savez pas écrire, ou si vous n’êtes plus en état physique de le faire (personnes âgées ou handicapées, par exemple) ;

  • si vous souhaitez priver votre conjoint survivant de son droit viager sur le logement ;

  • si vous voulez reconnaître par testament un enfant naturel dont vous aviez souhaité garder l’existence cachée ;

  • si vous ne parlez pas français ;

  • si vous pouvez écrire en langue française mais êtes muet ;

  • si vous ne pouvez ni parler ou entendre, ni lire ni écrire.


Testament authentique : les conditions à respecter

La présence d’un notaire. Le testament authentique est obligatoirement reçu par 2 notaires (qui n’exercent pas dans le même office) ou par un notaire assisté de 2 témoins.

Qui rédige ? Dans les 2 situations, vous devez dicter votre testament et c’est le notaire lui-même qui le rédige.

Le saviez-vous ?

Le testament doit vous être lu.

Testateur étranger = interprète. Si le testateur est étranger, la dictée et la lecture du testament peuvent être réalisées par un interprète. Ce dernier est choisi par le testateur sur la liste nationale des experts judiciaires dressée par la Cour de cassation ou sur la liste des experts judiciaires dressée par chaque cour d'appel. L'interprète doit veiller à l'exacte traduction des propos tenus. Le notaire n'est pas tenu de recourir à un interprète lorsque lui-même ainsi que, selon le cas, l'autre notaire ou les témoins comprennent la langue dans laquelle s'exprime le testateur.

Lorsque le testateur sait écrire en français mais ne peut pas parler, le notaire écrit lui-même le testament d'après les notes rédigées devant lui par le testateur, puis en donne lecture à ce dernier. Lorsque le testateur ne peut pas entendre, il doit prendre connaissance du testament en le lisant lui-même, après lecture faite par le notaire.

À noter. Ces situations doivent être décrites dans le testament.

Qui signe ? Vous devez signer votre testament en présence des témoins et du(des) notaire(s). Si vous ne savez ou ne pouvez pas signer, le testament doit le mentionner expressément, ainsi que la cause qui vous empêche de signer. Le testament doit également être signé par les témoins et le(s) notaire(s).

Qui est témoin ? Tout le monde peut être témoin d’un testament, à l’exception de vos légataires, de vos parents ou alliés jusqu’au 4e degré et des clercs des notaires par lesquels le testament est reçu. Par ailleurs, ils doivent :

  • comprendre la langue française ;

  • être majeurs ;

  • savoir signer et avoir la jouissance de leurs droits civils ;

À noter. Des époux ne peuvent pas être témoins dans le même acte.

Qui est notaire ? Un notaire ne peut pas rédiger un testament :

  • pour des parents ou alliés, en ligne directe, à tous les degrés ;

  • en ligne collatérale, jusqu'au 3e degré (pour un oncle, une tante, un neveu ou une nièce).

Mais aussi. Un notaire ne peut pas non plus recevoir un acte qui contiendrait des dispositions en faveur des personnes précitées. Ainsi, par exemple, un notaire ne pourra pas rédiger le testament d’un ami de son oncle qui souhaite léguer des biens à ce dernier.

Le saviez-vous ?

Ces interdictions s'étendent aux parents et alliés de tous les notaires associés ou salariés exerçant dans l'office notarial.


Testament authentique : en cas de nullité

Le sort du testament authentique annulé. Si les conditions requises pour la validité du testament authentique ne sont pas réunies, celui-ci est nul. Il ne se transforme pas en testament olographe. En conséquence, les dispositions du testament ne seront pas respectées.

Un rattrapage possible ? La validité peut être « rattrapée » par le testament international, si les conditions de validité de celui-ci sont réunies.

A retenir

Pour sécuriser votre testament, il est opportun de recourir à un testament authentique. Cela nécessite de faire appel aux services d’un notaire. Celui-ci devra être accompagné d’un 2nd notaire ou de 2 témoins. Notez que si le notaire rédige votre testament, c’est vous qui devez le dicter.
 

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Absence de testament : quelles conséquences pour la succession ?

Date de mise à jour : 27/10/2020 Date de vérification le : 27/10/2020 5 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Vous pouvez tout à fait décider de transmettre votre patrimoine sans rédiger de testament. Dans ce cas, votre patrimoine sera transmis selon les règles prévues par la Loi (dites de « dévolution légale »). Comment cela va-t-il se passer ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Absence de testament : quelles conséquences pour la succession ?


Dévolution légale : des ordres et des degrés

Pas de testament = succession ab intestat. A votre décès, si vous n’avez pas rédigé de testament, votre succession sera dite « ab intestat » et transmise selon les règles de dévolution légale.

A noter. Pour information, ne seront abordées ici que les règles de dévolution légale applicables en l’absence d’un conjoint survivant.

Les 4 catégories d’ordre. Vos héritiers seront divisés en 4 ordres, comprenant pour :

  • le 1er ordre, vos enfants et leurs propres enfants (on parle de « descendants ») ;
  • le 2ème ordre, votre père et votre mère (dénommés « ascendants privilégiés »), vos frères et sœurs ainsi que leurs enfants (dénommés « collatéraux privilégiés ») ;
  • le 3ème ordre, vos grands-parents, arrière-grands-parents, etc. (les « ascendants ordinaires ») ;
  • le 4ème ordre, les « collatéraux ordinaires » : vos tantes, oncles, cousins, etc., jusqu’au 6ème degré.

L’exclusion par ordre. Un ordre d’héritier exclut les suivants. Ainsi, en présence d’héritiers du 1er ordre (vos descendants), les héritiers du 2ème ordre (vos parents, vos frères et sœurs, vos neveux et nièces) seront exclus.

L’exclusion par degré. Si au sein d’un ordre, il existe plusieurs héritiers, le plus proche de vous par degré exclut le plus éloigné. Ainsi, si vous avez des enfants et des petits-enfants, ce sont vos enfants qui hériteront. Ils sont, en effet, vos descendants au 1er degré tandis que vos petits-enfants sont des descendants au 2ème degré.

En cas d’égalité. Si des héritiers arrivent à égalité dans l’ordre de succession par nature et par ordre (c’est par exemple le cas de vos enfants), la succession est partagée entre eux, « par tête ».

Conjoint survivant ? Sachez que les règles seront différentes si au moment de votre décès, votre conjoint est encore en vie. Dans ce cas, ce dernier aura le droit de percevoir une partie de votre patrimoine. Notez que les règles varient également lorsqu’à votre décès, en plus de votre conjoint survivant, vous avez des enfants (pour en savoir plus, prenez conseil auprès d’un conseil spécialisé : avocat, notaire, etc.).


Dévolution légale : la fente successorale

La fente successorale. Comme nous avons pu le voir, au sein d’un ordre, les héritiers sont classés par degré. L’exclusion d’un héritier par degré peut être corrigée par le mécanisme de la représentation (voir ci-dessous) mais également, par le mécanisme de la « fente successorale ».

Attention ! Ce mécanisme ne s’applique qu’en présence d’héritiers du 3ème et du 4ème ordre.

Comment ça marche ? Ce dernier consiste à séparer la branche paternelle de la branche maternelle. Votre patrimoine est alors divisé par moitié entre chaque branche : l’héritier d’une branche est alors le plus proche par ordre et par degré. A défaut d’héritiers dans une branche, l’autre recueille toute la succession.

A noter. Le mécanisme de la fente successorale s’applique aussi lorsque vos héritiers sont des ascendants ordinaires dans une branche et votre père ou votre mère dans l’autre branche. Ainsi, si vous décédez en laissant pour seuls héritiers :

  • votre grand-père paternel et votre arrière-grand-mère maternelle, chacun recevra la moitié de votre patrimoine ;
  • votre grand-mère maternelle et votre arrière-grand-mère maternelle, seule votre grand-mère maternelle recevra votre patrimoine ;
  • votre mère et votre grand-mère paternelle, chacune recevra la moitié de votre patrimoine.


Dévolution légale : la représentation

La représentation : c’est quoi ? Il permet à une personne de venir hériter à la place d’une autre. Ce mécanisme joue dans 3 cas de figure : il faut que la personne représentée soit décédée, déclarée indigne ou qu’elle ait renoncé à l’héritage.

La représentation en cas de décès. Si vous avez plusieurs enfants mais que l’un d’entre eux est décédé, le mécanisme de la représentation permet aux enfants de ce dernier (vos petits-enfants) d’hériter à sa place.

Bon à savoir. Les héritiers par représentation forment une « souche ».

Le saviez-vous ?

La représentation est une fiction juridique qui joue à l’infini en ligne directe descendante (comprenant vos enfants, vos petits-enfants, vos arrière-petits-enfants, etc.). Mais elle ne joue pas en faveur des ascendants : ainsi, le plus proche en degré exclut les autres.

Attention ! La représentation ne joue que lorsqu’il y a plusieurs enfants. Ainsi, si votre enfant unique est décédé avant vous et qu’il laisse 2 petits-enfants, ces derniers sont héritiers de leur propre chef et ne viennent donc pas en représentation.

La représentation en cas d’indignité. La représentation joue également lorsqu’un héritier est déclaré indigne. Cela suppose, par exemple, que l’héritier ait été condamné à une peine criminelle pour avoir tenté de tuer son parent, pour l’avoir violenté, etc. L’indignité est prononcée par le juge.

Bon à savoir. Depuis le 1er août 2020, un nouveau cas d’indignité successorale sur décision de justice existe : cette sanction peut désormais être prononcée à l’encontre d’un héritier qui est condamné, comme auteur ou complice, à une peine criminelle ou correctionnelle, pour avoir commis des tortures et actes de barbarie, des violences volontaires, un viol ou une agression sexuelle envers le défunt.

La représentation en cas de renonciation. Un héritier peut tout à fait renoncer à la succession. Dans ce cas, les enfants de ce dernier viennent par représentation. Ce mécanisme est souvent utilisé pour permettre aux petits-enfants d’hériter directement de leurs grands-parents.

A noter. Si la personne qui renonce n’a pas d’héritier pour le représenter, sa part d’héritage vient augmenter celle de ses cohéritiers.

A retenir

En l’absence de testament, votre patrimoine est transmis selon les règles de dévolution légale (on parle de succession « ab intestat »). Ces règles répartissent les héritiers selon des catégories d’ordre et de degrés qui nécessitent, parfois, la mise en place de mécanismes de correction (représentation et fente successorale).

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Rédiger un testament olographe : ce qu’il faut savoir

Date de mise à jour : 02/08/2023 Date de vérification le : 02/08/2023 7 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Vous rédigez votre testament pour prévoir la transmission de votre patrimoine après votre décès : il s’agit là d’un acte important qui demande le respect de certaines règles très strictes. Voici ce qu’il faut savoir pour sécuriser la validité de votre testament et éviter qu’il soit annulé…

Rédigé par l'équipe WebLex.
Rédiger un testament olographe : ce qu’il faut savoir

Testament olographe : c’est quoi ?

Qu’est-ce qu’un testament ? Le testament est un acte écrit par lequel vous (en qualité de « testateur », entendu comme celui qui rédige un testament) prévoyez le sort de vos biens et de vos droits après votre décès, et que vous pouvez modifier ou annuler à tout moment.

Quels sont les différents types de testament ? Il existe plusieurs sortes de testament, à savoir :

  • le testament olographe (c’est le testament que vous rédigez vous-même, de votre main).

  • le testament authentique (rédigé par un notaire) ;

  • le testament mystique (combinaison du testament olographe et du testament authentique) ;

  • le testament international (valide quel que soit le pays où il est rédigé ; en France, la présence d’un notaire est obligatoire).

Testament olographe. Nous ne traiterons ici que des testaments olographes.

Les avantages… C’est la forme de testament la plus utilisée en France car la plus simple : il est gratuit, simple et facile à modifier ou annuler, aucune condition de forme n’étant requise.

Les inconvénients. Cette forme de testament est à l’origine de nombreux contentieux : parfois, les testaments sont, en effet, mal rédigés par maladresse ou ignorance… d’où la nécessité de se faire accompagner dans la rédaction par un notaire ou un avocat.


Testament olographe : les conditions à respecter

3 conditions à respecter. Pour que le testament soit valide, il faut qu’il soit écrit, daté et signé de votre main.

Rédigé de votre main. Le testament doit être entièrement manuscrit (rédigé de votre main). Si vous le rédigez par ordinateur pour ensuite le signer de votre main, il ne sera pas valable. La même sanction s’appliquera si vous ne rédigez que partiellement votre testament.

Recevoir de l’aide ? De la même manière, le testament sera nul si vous vous contentez de le dicter. Cependant, vous pouvez vous faire aider dans la rédaction : on parle alors de testament « à main guidée ». Pour cela, 2 conditions doivent être respectées :

  • votre écriture doit être reconnaissable ;

  • le testament doit exprimer votre volonté.

Daté de votre main. Pour être valable, votre testament doit également être daté. C’est une condition très importante si vous avez rédigé plusieurs testaments : le plus récent sera appliqué. Le testament doit donc mentionner le jour, le mois et l’année de sa rédaction.

Mais. Cette exigence est atténuée par les juges : lorsque la date n’est pas sûre ou absente, si des éléments permettent de déterminer une date précise, votre testament sera valable.

Signé de votre main. Vous devez impérativement signer votre testament. À défaut, il sera nul. Sachez que l’emplacement de la signature est primordial : vous devez signer à la suite du texte et non au début ou dans le corps du texte.

Mais. Il existe là aussi une atténuation admise par les juges : la validité de votre testament sera acquise si votre identité est certaine (une simple mention de votre nom et de votre prénom peut alors suffire) et si votre volonté d’approuver son contenu est également certaine.


Testament olographe : les précautions à prendre

Conservation du testament chez un notaire. Il arrive également que le testament soit perdu ou détruit : pour une plus grande sécurité, n’hésitez pas à déposer votre testament auprès d’un notaire. Concrètement, le notaire conservera dans son office votre testament jusqu’à votre décès ou jusqu’à ce que vous demandiez à vous le faire restituer.

À noter. Lors du dépôt, ne négligez pas les conseils du notaire tant sur le fond de votre testament que sur sa forme.

Bon à savoir. Il est possible d’inscrire votre testament au fichier central des dispositions de dernières volontés.

Coût. Déposer un testament chez le notaire implique de payer des frais :

  • frais d’ouverture et de description du testament olographe : 26,41 HT € (soit 31,69 TTC €) ;

  • frais de garde du testament olographe avant le décès : 26,41 HT € (soit 31,69 TTC €).

A retenir

Le testament olographe est la forme la plus utilisée de testament car la plus simple (et gratuite). Mais, c’est aussi celle qui est la plus contestée. Pour sécuriser sa rédaction, il peut être utile de prendre les conseils d’un notaire.
 

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