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C’est l’histoire d’une société qui rappelle à l’administration que la taxe foncière est affaire de propriétaires…

27 novembre 2018

Une société civile immobilière (SCI), propriétaire de plusieurs appartements destinés à l’habitation, se voit réclamer par l’administration fiscale un supplément de taxe foncière …qu’elle refuse de payer. « Et pourquoi cela ? » s’étonne l’administration, qui rappelle à la SCI que puisqu’elle était propriétaire des appartements au 1er janvier, elle est tenue, comme tout propriétaire, de payer sa taxe foncière.

« C’est justement le problème », répond la SCI qui rappelle que la consistance de son patrimoine a évolué : elle a en effet vendu plusieurs de ces appartements avant le 1er janvier. Elle n’a donc pas de taxe foncière à payer pour ces appartements vendus : l’administration doit alors recalculer le montant de taxes foncières dû pour ne tenir compte que des appartements dont elle est réellement (et encore) propriétaire.

Ce que ne peut que confirmer le juge qui invite l’administration à revoir sa copie et qui, en conséquence, accorde à la SCI une décharge partielle de taxe foncière.


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Arrêt du Conseil d’Etat du 14 novembre 2018, n°408345
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C’est l’histoire d’un dirigeant qui veut rencontrer le supérieur hiérarchique de son contrôleur fiscal…

20 novembre 2018

Une société fait l’objet d’un contrôle fiscal qui se solde par des rehaussements d’impôt sur les sociétés (IS) et de TVA. Parce qu’elle conteste le supplément d’IS, son dirigeant sollicite une entrevue avec le supérieur hiérarchique du vérificateur. « Trop tard », lui répond l’administration qui refuse d’organiser cet entretien.

Elle rappelle au dirigeant qu’en cas de désaccord avec le vérificateur sur le résultat du contrôle fiscal, il peut effectivement demander à rencontrer le supérieur hiérarchique… tant que le paiement des redressements ne lui a pas été réclamé. Malheureusement pour lui, le dirigeant a déjà reçu la demande de paiement du supplément de TVA…

« Et alors ? » répond le dirigeant qui ne voit pas où est le problème : il ne conteste pas le supplément de TVA, mais le supplément d’IS. Puisqu’il n’a reçu aucune demande de paiement pour ce supplément, il était en droit de rencontrer le supérieur du vérificateur, estime le juge qui, en conséquence, annule le redressement fiscal.


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Arrêt du Conseil d’Etat du 7 novembre 2018, n°406365
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C’est l’histoire d’un couple qui trouve que l’administration fiscale confond vitesse et précipitation…

06 novembre 2018

Un couple reçoit, le même jour, 2 courriers de l’administration : un 1er courrier qui l’informe de la tenue prochaine d’un contrôle fiscal à titre personnel (qui donnera lieu à une rectification de son impôt sur le revenu) ; un 2nd courrier aux termes duquel l’administration lui réclame le dépôt d’une déclaration fiscale que le couple a omis.

Une succession de courriers qui donne un argument au couple pour contester son redressement fiscal : en lui adressant ce 2nd courrier, l’administration a, selon lui, immédiatement commencé les opérations de contrôle, ce qui est interdit ! Puisqu’aucun délai (minimum de 2 jours) n’a été respecté entre les 2 courriers, le couple, qui estime ne pas avoir eu le temps de se préparer, réclame l’annulation du contrôle…

… que lui refuse le juge : le 2nd courrier ne marque pas le début des opérations de contrôle, mais permet simplement au couple de régulariser sa situation avant même la 1ère visite du vérificateur. Le redressement fiscal est donc maintenu.


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Arrêt du Conseil d’Etat du 24 octobre 2018, n°416676
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C’est l’histoire d’une société qui, parce qu’elle fait des travaux, réclame une réduction de sa taxe foncière…

30 octobre 2018

Une société, propriétaire d’un immeuble sur lequel d’importants travaux sont réalisés, reçoit sa taxe foncière. Mais parce que le bâtiment est inutilisable, elle demande à ce qu’elle soit taxée non pas au titre des propriétés bâties, mais des propriétés non bâties, ce qui aboutit à une réduction de taxe…

… que refuse l’administration. Pour bénéficier de cet avantage, encore faut-il que les travaux réalisés affectent le gros œuvre d’une façon telle que le bâtiment ne peut plus être utilisé. Ici, bien qu’il s’agisse de travaux de réhabilitation, force est de constater que l’intégralité de la façade et de la toiture a été conservée, et que les ouvertures n’ont pas été refaites. Elle refuse donc la demande de la société…

… que le juge va pourtant accorder : pour refuser cet avantage, l’administration doit prouver que les travaux n’ont pas empêché l’utilisation du bâtiment quelle que soit leur ampleur. Ici le bâtiment est effectivement « inutilisable ». Le redressement fiscal est donc annulé.


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Arrêt du Conseil d’Etat du 17 octobre 2018, n°412571
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C’est l’histoire d’un dirigeant qui estime ne pas entretenir assez de « liens professionnels » avec sa secrétaire…

23 octobre 2018

Un dirigeant fait l’objet d’un contrôle fiscal qui aboutit à un rehaussement de son impôt personnel… ce qu’il conteste : la proposition de rectification qu’il a reçue ne lui a pas été régulièrement « notifiée » puisqu’il n’a pas signé l’accusé de réception du courrier.

« Et alors ? » répond l’administration qui ne voit pas où est le problème puisque c’est une secrétaire de son entreprise qui a signé l’accusé de réception. « Sauf qu’il ne s’agit pas de sa secrétaire particulière », répond à son tour le dirigeant. Employée par son entreprise, elle n’entretient pas de liens professionnels suffisants avec lui, selon le dirigeant : elle ne pouvait donc pas réceptionner le courrier en son nom.

« Faux » rétorque le juge. Puisque la secrétaire travaille pour lui, ses liens professionnels avec le dirigeant lui suffisent pour réceptionner et transmettre le courrier qui lui est destiné. En conséquence, la proposition de rectification est parfaitement valable… et le redressement fiscal maintenu !


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Arrêt de la Cour de Cassation, chambre commerciale, du 26 septembre 2018, n°17-20000
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C’est l’histoire d’une société qui décide d’offrir des chèques cadeaux à ses clients…

16 octobre 2018

Une société, spécialisée dans la vente de vêtements, offre à ses clients des chèques cadeaux d’une valeur de 15 € (non remboursables en espèces) lorsqu’ils dépensent plus de 300 € en magasin. Parce qu’elle estime que l’utilisation éventuelle de ces chèques-cadeaux par ses clients pourrait constituer une charge future, la société décide de constituer une provision qu’elle déduit de son résultat imposable.

Pour calculer cette provision, la société retient la valeur faciale des chèques cadeaux, soit 15 € correspondant au prix de revient augmenté de sa marge. Ce que conteste l’administration : puisque les chèques cadeaux ne sont pas remboursables en espèces, le montant de la provision pour charges doit être limité au seul coût de revient des articles comptabilisés par la société.

Ce que confirme le juge : le montant de la provision déductible ne doit pas comprendre le montant de la marge commerciale réalisée par la société sur la vente des articles. Le redressement fiscal est donc confirmé.


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Source : Arrêt du Conseil d’Etat du 1er octobre 2018, n°412574
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C’est l’histoire d’une société qui apprend, à ses dépens, qu’il y a un temps pour chaque chose…

09 octobre 2018

A l’issue d’un contrôle fiscal, l’administration réclame à une société un supplément de TVA, ce que cette dernière conteste, sans succès. A réception de l’avis de paiement, et prise d’un doute sur le motif du redressement, la société demande à l’administration de lui communiquer les documents, obtenus auprès de tiers, ayant servi à justifier sa position.

« Pas de problème », répond l’administration qui précise tout de même que la société ne pourra pas s’en servir pour contester le redressement fiscal. « Et pourquoi cela ? » s’étonne la société : elle est parfaitement en droit d’obtenir une copie des documents ayant servi à fonder le redressement, et surtout de s’en servir pour contester.

« Sauf qu’il y a un temps pour chaque chose », répond le juge : la demande de copie des documents doit être faite avant la mise en recouvrement du supplément de TVA. Ici, la société l’a fait après, donc trop tard : elle ne pourra pas s’en servir pour contester le redressement qui, de fait, est maintenu.


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Arrêt du Conseil d’Etat du 28 septembre 2018, n°407352
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C’est l’histoire d’un dirigeant qui tente d’obtenir l’annulation de son contrôle fiscal…

02 octobre 2018

Suite au contrôle fiscal de sa société, un dirigeant reçoit une proposition de redressement concernant son impôt personnel. En examinant ce courrier, il s’aperçoit que, pour le calcul du redressement, l’administration fait simplement référence, sans autres détails, à la proposition de rectifications adressée à la société… sans pour autant la joindre en copie.

Un manquement suffisant, selon le dirigeant, pour faire annuler son contrôle fiscal personnel. Sauf qu’il a bien eu connaissance du contenu du courrier adressé à la société, estime l’administration qui fournit les lettres d’observations transmises par le dirigeant lui-même, et sur lesquelles il fait expressément référence au contenu du redressement notifié à la société.

Le dirigeant ayant parfaitement connaissance du contenu de la proposition de rectifications reçue par la société, le juge estime que, si manquement il y a de la part de l’administration, il est insuffisant pour obtenir l’annulation du redressement fiscal personnel.


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Arrêt du Conseil d’Etat du 26 septembre 2018, n°406865
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C’est l’histoire d’une société qui rappelle à l’administration qu’un zodiac n’est pas un bateau…

25 septembre 2018

Dans le cadre de l’exploitation d’un restaurant côtier, une société utilise un zodiac pour récupérer des clients séjournant en mer, sur des bateaux, et les amener dans son établissement. Alors qu’elle a déduit de son résultat imposable les charges liées à l’entretien du zodiac, l’administration lui refuse cette déduction…

Elle rappelle que les dépenses, dites « somptuaires », résultant de l’utilisation d’un bateau de plaisance ou d’un yacht ne sont jamais déductibles. « Sauf qu’il s’agit d’un zodiac, qui n’est ni un bateau de plaisance, ni un yacht » rappelle la société : il s’agit simplement d’un véhicule utilitaire qu’elle utilise pour les besoins de son activité.

Une position partagée par le juge : le zodiac étant indispensable au bon fonctionnement du restaurant (il lui permet de toucher une clientèle qui, sans ce moyen de transport, ne se rendrait pas dans son restaurant), les charges liées à son entretien sont parfaitement déductibles. Le redressement fiscal est donc annulé.


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Arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Marseille du 20 janvier 2015, n°13MA02150
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C’est l’histoire d’une société qui pense que des clients ne vont pas la payer…

18 septembre 2018

Une société pense qu’elle va rencontrer des difficultés pour obtenir le paiement de factures envoyées à plusieurs clients. Face à ce risque, elle décide d’anticiper cette probable perte en constituant une « provision pour créance douteuse », qu’elle déduit de son bénéfice imposable.

A tort, selon l’administration qui rappelle qu’il n’est possible de constituer (et déduire) une provision qu’à partir du moment où le défaut de paiement est probable et clairement précisé, ce qui est loin d’être le cas ici : la perte, résultant pour elle d’un éventuel défaut de paiement, est loin d’être précise ! Pour preuve, la société a provisionné cette créance avant même d’envoyer des courriers de relance à ses clients.

« Oui, mais ces mêmes clients ont déjà provoqué des incidents de paiement par le passé », rappelle à son tour la société. « Oui, mais le passé, c’est le passé » décide le juge qui valide le redressement fiscal, la société ayant anticipé un risque d’impayés pour le moment inexistant.


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Arrêt du Conseil d’Etat du 17 février 2016, n°377415
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