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Obtenir un crédit d’impôt innovation

Date de mise à jour : 15/02/2022 Date de vérification le : 15/02/2022 9 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Emanation du crédit d’impôt recherche, dont il fait partie intégrante, le crédit d’impôt innovation profite aux PME qui réalisent, comme son nom l’indique, des dépenses d’innovation : comment fonctionne-t-il et à quelles conditions ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Obtenir un crédit d’impôt innovation


Crédit d’impôt innovation : qui peut en bénéficier ?

Certaines entreprises. Le crédit d’impôt innovation n’a vocation à bénéficier qu’aux entreprises qui répondent à la définition des petites et moyennes entreprises, telle qu’elle est retenue au sens du droit communautaire.

Concrètement. Il s’agit donc des entreprises, quel que soit leur régime fiscal, qui emploient moins de 250 salariés et dont le chiffre d’affaires est inférieur à 50 M€ (ou dont le total de bilan est inférieur à 43 M€). Retenez que la date d'appréciation des données de l'entreprise (effectif, chiffre d'affaires et total de bilan), appréciées sur 12 mois, est la date de fin du dernier exercice clôturé au jour du dépôt de la déclaration spéciale de crédit d'impôt recherche, sur laquelle sera reportée les éléments déclaratifs liés au crédit d’impôt innovation.

Un avantage fiscal limité dans le temps. Le crédit d’impôt innovation est désormais limité dans le temps pour les PME qui engagent des dépenses liées à la réalisation d’opérations de conception de prototypes ou d’installations pilotes de nouveaux produits : il cessera de s’appliquer à compter du 31 décembre 2024.


Crédit d’impôt innovation : quelles dépenses prendre en compte ?

Des dépenses précises. Vous pourrez bénéficier d’un crédit d’impôt innovation, dès lors que vous engagez des dépenses dans le cadre d’opérations de conception de prototypes ou installations pilotes de nouveaux produits (autres que celles que vous auriez, le cas échéant, déjà prises en compte dans le cadre d’un crédit d’impôt recherche). Que faut-il entendre par là ?

Installation pilote et prototype : de quoi s’agit-il ? Un prototype est un modèle original qui possède les qualités techniques et les caractéristiques de fonctionnement du nouveau produit. Il n’en revêt pas nécessairement la forme ou l’aspect final, mais il permet de prouver que ce dernier présente des performances supérieures. Quant à l’installation pilote, il s’agit d’un ensemble d’équipements ou de dispositifs permettant de démontrer, à une échelle ou dans un environnement proche de la réalité industrielle, que le nouveau produit présente des performances supérieures.

Nouveau produit : définition. Par « nouveau produit », il faut entendre, selon l’administration fiscale, un bien ou un élément nouveau qui n’est pas encore mis à disposition sur le marché et qui se distingue des produits existants ou précédents par des performances supérieures sur le plan technique, de l'écoconception, de l'ergonomie ou de ses fonctionnalités. On distingue, en général, quatre catégories d’innovation : les innovations de produit, les innovations de procédé, les innovations de commercialisation et les innovations d’organisation.

Présentant des performances accrues ? Vous devez être en mesure de qualifier précisément les performances du ou des nouveaux produits que vous développez, étant entendu qu’ils doivent présenter des performances supérieures à celles des produits déjà existants. Concrètement :

  • la supériorité des performances au plan technique s'entend d'une amélioration sensible des caractéristiques non fonctionnelles (fiabilité, précision, temps de réponse, vitesse, débit, poids, etc.) : par exemple, l’utilisation des techniques issues de jeux vidéo pour améliorer l'attractivité des logiciels éducatifs constitue, pour l’administration, un niveau de performance supérieure ;
  • la supériorité des performances au plan de l’écoconception vise à prendre en compte les impacts environnementaux ou l'impact sur la santé humaine dans la conception et le développement du produit tout au long de son cycle de vie ; sont par exemple pris en compte la durabilité du produit, l’augmentation de la part de ressources renouvelables utilisées dans le produit (hors énergie), la diminution de substances dangereuses utilisées ou de nuisances (sonores, visuelles, olfactives), etc. ;
  • la supériorité des performances au plan de l'ergonomie vise à répondre à deux types de problématiques : adaptation de l’outil aux caractéristiques physiologiques et morphologiques de l’être humain ou d’une certaine population (c'est l'ergonomie physique) et adaptation des outils au fonctionnement cognitif des utilisateurs (c'est l'ergonomie cognitive) ; c’est ainsi que l’administration fiscale admet qu’une application permettant de composer des messages électroniques en utilisant la reconnaissance de mouvements peut être considéré comme un nouveau produit ;
  • enfin, les performances supérieures sur le plan des fonctionnalités se caractérisent par l’ajout d’une ou plusieurs nouvelles fonctionnalités ou par l’amélioration sensible de fonctionnalités qui existent sur le marché.

Pour la petite histoire…A l’occasion d’un litige avec l’administration fiscale, une société s’est vu refuser le bénéfice du crédit d’impôt innovation pour les développements apportés à l’un de ses logiciels. Dans cette affaire, l’administration fiscale et le juge ont, en effet, considéré que si les développements réalisés par la société avaient bien pour objectif d’apporter des fonctionnalités supérieures au logiciel mis sur le marché 2 ans plus tôt, elle ne justifiait pas que ces nouvelles fonctionnalités se distingueraient, par des performances supérieures, des autres produits déjà présents sur le marché.

Attention ! Ce n’est pas parce que vous fabriquez des articles sur mesure ou des produits complexes et uniques répondant spécifiquement à la demande d’un client que vous pourrez pour autant considérer qu’il s’agit d’un produit nouveau ou innovant. En clair, la réalisation d'un placard sur mesure ne constitue pas une activité de conception de nouveau produit. Il en sera de même pour toute évolution mineure qui apporte des corrections de dysfonctionnements, qui correspond à l'adaptation ou à l'intégration de nouveaux composants matériels ou à la mise à jour d'un logiciel pour une nouvelle version d'un système informatique.

A noter. Les dépenses engagées par l’entreprise pour se protéger contre la cybercriminalité ne peuvent pas être regardées comme des dépenses d’innovation et, de fait, ne peuvent pas ouvrir droit au bénéfice du crédit d’impôt.

Le saviez-vous ?

Préalablement à la réalisation de votre opération, vous pouvez demander à l’administration fiscale de se prononcer sur la régularité et la validité, au plan fiscal, de l’opération envisagée, au moyen d’une procédure spécifique le rescrit fiscal.

Cette sollicitation se fait au moyen d’une demande aux termes de laquelle vous détaillez votre projet de conception de prototypes ou d’installations pilotes de nouveaux produits, les dépenses d’innovation prévisionnelles, etc.

     =>  Consultez le Modèle de rescrit fiscal relatif au crédit d’impôt innovation

Pour information. Pour favoriser la conciliation, en cas de conflit portant sur la réalité de l’affectation à l’innovation des dépenses prises en compte pour le calcul du crédit d’impôt, il est possible de solliciter un comité consultatif du CIR, saisi soit par l’administration, soit par l’entreprise, qui rendra un avis sur cette affectation (pour les propositions de rectifications émises à compter du 1er juillet 2016).


Crédit d’impôt innovation : quel avantage fiscal ?

Une base de calcul. Le crédit d’impôt innovation aura pour base de calcul un certain nombre de dépenses qui sont limitativement énumérées. Il s’agit :

  • des dotations aux amortissements des biens et équipements neufs affectés directement à la réalisation d’opérations de conception de prototypes ou installations pilotes de nouveaux produits (sont pris en comptes les biens créés ou acquis à compter du 1er janvier 2013) ;
  • des dépenses de personnel directement et exclusivement affectés à la réalisation de ces opérations ;
  • des autres dépenses de fonctionnement, fixées forfaitairement à 75 % des dotations aux amortissements et 43 % des dépenses de personnel précitées (50 % avant le 1er janvier 2020) ; à compter du 1er janvier 2023, cette prise en compte forfaitaire est supprimée ;
  • des dotations aux amortissements, des frais de prise, de maintenance et de défense de brevets et de certificats d’obtention végétale, ainsi que des frais de dépôt et de défense de dessins et modèles relatifs aux opérations de conception de prototypes ou installations pilotes de nouveaux produits ;
  • des dépenses externalisées auprès d’entreprises et de bureaux d’études et d’ingénierie agréés.

Un taux jusqu'au 31 décembre 2022. Calculé par année civile, le crédit d’impôt innovation est égal à 20 % des dépenses éligibles (40 % dans les départements d’outre-mer et, pour les exercices clos à compter du 31 décembre 2019, en Corse), retenues dans la limite globale de 400 000 € par an : le montant maximum de crédit d’impôt que vous pouvez obtenir est donc égal à 80 000 € sur une année.

Des précisions pour la Corse. Depuis le 1er janvier 2021, pour les entreprises exploitées en Corse, le taux majoré est fixé 40 % pour les petites entreprises (occupant moins de 50 personnes et dont le chiffre d'affaires annuel ou le total du bilan annuel n'excède pas 10 M€ ) et à 35 % pour les moyennes entreprises (occupant moins de 250 personnes et dont le chiffre d'affaires annuel n'excède pas 50 M€ ou dont le total du bilan annuel n'excède pas 43 M€).

Un taux à partir du 1er janvier 2023. A compter du 1er janvier 2023 et jusqu'au 31 décembre 2024, les taux du crédit d’impôt sont respectivement portés à 30 % pour la métropole (au lieu de 20 %) et à 60 % pour l’Outre-mer (au lieu de 40 %). Concernant la Corse, les taux du crédit d’impôt sont inchangés.

Un remboursement ? Ce crédit d’impôt s’impute sur le montant de l’impôt dû par l’entreprise ; l’excédent éventuellement non imputé sera remboursable immédiatement.

Une formalité. Pour l’obtention du crédit d’impôt, vous devez compléter une déclaration spéciale n°2069-A, à joindre à votre relevé de solde d’IS pour les sociétés soumises à cet impôt. Les entreprises relevant de l’IR doivent joindre cette déclaration spéciale à leur déclaration de résultat.

Le saviez-vous ?

Vous devez également joindre un exemplaire de cette déclaration au Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Des documents à votre disposition. Pour vous aider, vous accompagner et vous sécuriser dans votre démarche d’obtention du crédit d’impôt innovation, l’administration fiscale met à votre disposition différents documents, et notamment une notice d’accompagnement et un dossier justificatif des travaux déclarés au titre du crédit d’impôt innovation. Ces documents peuvent vous être très utiles pour vous poser les bonnes questions relatives à l’éligibilité de vos dépenses au crédit d’impôt recherche.

=> Consultez la notice d’accompagnement

=> Consultez le dossier d’expertise

A retenir

Pour autant que vos dépenses soient effectivement éligibles au crédit d’impôt recherche, vous pouvez bénéficier d’un avantage fiscal égal à 30 % de ces dépenses. Mais attention, ces dépenses doivent correspondre à des dépenses de recherche (appliquée, fondamentale, expérimentale) !

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Sources
  • Article 244 quater B du Code Général des Impôts (crédit d’impôt recherche)
  • BOFiP-Impôts-BOI-BIC-RICI-10-10-45
  • Décret n° 2013-1215 du 23 décembre 2013 relatif à l'agrément des entreprises et bureaux d'études et d'ingénierie auxquels les petites et moyennes entreprises peuvent confier la réalisation d'opérations de conception de prototypes ou installations pilotes de nouveaux produits en application du 6° du k du II de l'article 244 quater B du Code Général des Impôts
  • Arrêté du 28 novembre 2014 fixant le modèle des demandes d’appréciation prévues aux 3° et 3° bis de l’article L 80 B du Livre des Procédures Fiscales
  • Dossier de presse du 1er avril 2015 – www.impots.gouv.fr (comité consultatif)
  • Loi de Finances rectificative pour 2015, n° 2015-1785, du 29 décembre 2015 (article 46)
  • Réponse ministérielle Gorce, Sénat, du 10 août 2017, n°00237
  • Loi de finances pour 2019 du 28 décembre 2018, n°2018-1317 (article 151)
  • Loi de finances pour 2020, du 28 décembre 2019, n°2019-1479, articles 29, 130, 132
  • Arrêt du Conseil d’Etat du 19 juin 2019, n° 413000 (prise en compte des seules cotisations sociales obligatoires)
  • Arrêt de la Cour administrative d’appel de Nantes du 24 septembre 2020, n°18NT03352 (pas de crédit d’impôt pour les développements apportés à un logiciel, ces derniers ne présentant pas le caractère d’un « produit nouveau »)
  • Loi de finances pour 2021 du 29 décembre 2020, n°2020-1721, article 35 (divers aménagements)
  • Loi de finances pour 2022 du 30 décembre 2021, n°2021-1900 (article 83)
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Bénéficier d'un avantage fiscal

Bénéficier du crédit d’impôt recherche

Date de mise à jour : 04/08/2023 Date de vérification le : 04/08/2023 55 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Les contrôles fiscaux liés au crédit d’impôt recherche sont de plus en plus fréquents et majoritairement assortis de redressements fiscaux. Ce qui tend à faire penser que, s’il est effectivement avantageux, il n’en reste pas moins un dispositif particulièrement complexe dont il faut appréhender les conditions et les modalités pour être certain de pouvoir en bénéficier sans risque…

Rédigé par l'équipe WebLex.
Bénéficier du crédit d’impôt recherche

Crédit d’impôt recherche : qui peut en bénéficier ?

Un contrôle assuré ? L’administration fiscale s’en défend, mais il est vrai que l’on assiste à une recrudescence des contrôles fiscaux qui aboutissent souvent à une remise en cause du crédit d’impôt recherche (CIR) dans les entreprises qui l’ont appliqué. Mais il faut aussi reconnaître que, parfois, une entreprise se lance dans le CIR alors que les conditions requises ne sont pas nécessairement remplies. À commencer par le champ d’application même de cet avantage fiscal : n’oublions pas que dans « crédit d’impôt recherche », il y a « recherche »…

Des conditions strictes. Comme tout dispositif avantageux sur le plan fiscal, il faut respecter des conditions strictes et précises. Et comme ce dispositif date de quelques années maintenant et qu’il a fait l’objet de nombreuses modifications, les méandres sont nombreux, pour ne pas dire nébuleux. Tentons d’y voir un peu plus clair : à quelles conditions, aujourd’hui, pouvez-vous obtenir un CIR ?

Qui ? On commence par définir les entreprises qui peuvent bénéficier du CIR. Sont éligibles toutes les entreprises, quel que soit le régime fiscal, exerçant une activité industrielle, artisanale, agricole ou commerciale, à condition d’être imposées selon un régime réel d’imposition (ce qui exclut de facto les micro-entreprises soumises au régime micro-BIC).

Et les associations ? Le fait d'exercer une activité sous la forme associative ne fait pas, par lui-même, obstacle au bénéfice du CIR dès lors que l'organisme est soumis à l’IS, et qu’il exerce une activité de nature industrielle et commerciale ou agricole.

Quoi ? Mais pour qu’elles bénéficient du CIR, ces entreprises doivent engager des dépenses qui auront pour objectif de permettre la réalisation d’opérations de recherche scientifique ou technique. Et c’est bien souvent à ce niveau que les discussions portent pour savoir si une entreprise peut ou non bénéficier du CIR.

Pour les entreprises du secteur du textile. Le bénéfice du crédit d’impôt, ouvert à ces entreprises à raison de l’élaboration de nouvelles collections (on parle de « crédit d’impôt collection »), ne vise que les entreprises qui exercent une activité industrielle dans ce secteur : cela suppose donc une activité qui concourt directement à la fabrication ou à la transformation des produits et pour laquelle les moyens techniques, les matériels et l’outillage jouent un rôle important. Cette circonstance n’empêche pas le recours à la sous-traitance à la condition que l’entreprise achète elle-même la matière première et qu’elle assume tous les risques de la fabrication et de la commercialisation. Notez qu’il a été rappelé que cette tolérance ne s’applique pas aux entreprises qui, bien que relevant de la codification NAF (nomenclature d'activités française) « industrie de l'habillement », ne présentent pas de caractère industriel ou sous-traitent l'intégralité de la production.

Cas particulier de la fabrication de tissus. Parce qu’une société élabore des échantillons de tissus, au sein d’un laboratoire, sur commande de ses clients, en respectant un cahier des charges technique relatif aux coloris, au toucher, aux effets et aspects, au confort et aux mélanges possibles de matières, elle demande à bénéficier du CIR. Ce que lui refuse l’administration fiscale, qui rappelle que le crédit d’impôt recherche ne bénéficie aux entreprises du secteur textile qu’à raison de l’élaboration de nouvelles collections. Or, ici, la société n’élabore pas de « nouvelles collections » : elle fabrique simplement des échantillons de tissus…

Sauf qu’en produisant ces échantillons, et même si elle n’élabore pas elle-même de nouvelles collections, la société participe à l’élaboration des nouvelles collections de ses clients, ce qui lui permet bel et bien de bénéficier du CIR, estime le juge.

Un avantage fiscal limité dans le temps. Le crédit d’impôt collection est désormais limité dans le temps et cessera de s’appliquer à compter du 31 décembre 2024.

Le saviez-vous ?

Retenez que le crédit d’impôt recherche ouvert au secteur textile-habillement-cuir (le crédit d’impôt recherche collection) s’applique aux entreprises industrielles, c’est-à-dire à celles qui exercent une activité qui concourt directement à la fabrication ou à la transformation de biens corporels mobiliers et pour laquelle le rôle des installations techniques, matériels et outillages mis en œuvre est prépondérant.

Pour les entreprises de portage salarial. Une entreprise de portage salarial a mis à disposition de ses clients, dans la cadre d’un contrat commercial de portage, des ingénieurs « chercheurs ». Ces ingénieurs ayant été chargés, par les entreprises utilisatrices, de participer à des travaux de recherche, l’entreprise de portage a demandé à bénéficier du CIR.

Refus. L’administration refuse rappelant que le fait, pour une entreprise, de mettre à disposition de ses clients des salariés « chercheurs » ne la fait pas automatiquement participer aux travaux de recherche qui sont menés. Une position partagée par le juge de l’impôt qui rappelle à son tour que :

  • seules les sociétés clientes de l’entreprise de portage ont engagé des dépenses de recherche en recourant, pour des besoins temporaires, aux prestations des ingénieurs de l’entreprise de portage ;
  • le contrat commercial de prestation de portage, même s’il reprend les éléments de négociation de la prestation conclue entre le salarié porté et la société cliente (périmètre des recherches, etc.), ne permet pas de considérer que l’entreprise de portage réalise, elle aussi, une activité de recherche.


Crédit d’impôt recherche : quel type de dépenses de recherche engager ?

Attention ! Le bénéfice du CIR suppose que vous exposiez des dépenses de recherche, qui présentent un réel caractère de nouveauté ou d'amélioration substantielle de produits ou procédés : sont définies comme telles les activités de recherche fondamentale, les activités de recherche appliquée et les activités de développement expérimental.

De quoi s’agit-il ? Ces différentes activités se définissent de la manière suivante :

  • la recherche fondamentale consiste en des travaux entrepris principalement en vue d’acquérir de nouvelles connaissances sur les fondements des phénomènes et des faits observables, sans envisager une application ou une utilisation particulière ;
  • les activités de recherche appliquée sont celles qui visent à discerner les applications possibles des résultats d'une recherche fondamentale ou à trouver des solutions nouvelles permettant à l'entreprise d'atteindre un objectif déterminé choisi à l'avance ; le résultat d'une recherche appliquée consiste en un modèle probatoire de produit, d'opération ou de méthode ;
  • les activités de développement expérimental sont celles qui sont effectuées au moyen de prototypes ou d'installations pilotes, dans le but de réunir toutes les informations nécessaires pour fournir les éléments techniques des décisions, en vue de la production de nouveaux matériaux, dispositifs, produits, procédés, systèmes, services ou en vue de leur amélioration substantielle. Par amélioration substantielle, on entend les modifications qui ne découlent pas d’une simple utilisation de l’état des techniques existantes et qui présentent un caractère de nouveauté.

Le saviez-vous ?

Le CIR s’applique également aux dépenses liées à la réalisation d’opérations de conception de prototypes ou d’installations pilotes de nouveaux produits. Sachez que ces dépenses peuvent ouvrir droit à un crédit d’impôt innovation spécifique pour les PME innovantes.

=> Consultez la fiche dédiée ce crédit d’impôt innovation

Une frontière parfois floue… La frontière entre une activité de recherche éligible et une activité connexe, non éligible, est parfois difficile à établir (d’où la recrudescence des contrôles fiscaux et du nombre d’entreprises qui pensent, à tort, pouvoir bénéficier du CIR). Ainsi, par exemple, certaines activités s’inscrivent dans le cadre d’un processus d’innovation sans pour autant relever des activités de recherche, ce qui pourra être le cas des études de conception industrielle, du démarrage de la production et la commercialisation de produits technologiquement nouveaux ou améliorés, etc.

Le saviez-vous ?

Prenons l’exemple du développement de logiciels : les dépenses de conception de logiciels permettent l’obtention du CIR si elles sont engagées en vue de la création de logiciels réellement innovants ou pour apporter des améliorations substantielles aux produits existants. Ne faites pas de CIR si le développement du nouveau logiciel que vous mettez en place ne vise qu’à combiner des techniques existantes.

Un critère fondamental ! Un projet de recherche doit combiner un élément de nouveauté non négligeable avec la dissipation d’une incertitude scientifique et/ou technique. Autrement dit, le projet de recherche vise à résoudre un problème dont la solution n’apparaît pas évidente à quelqu’un qui est parfaitement au fait de l’ensemble des connaissances, pratiques et techniques couramment utilisées dans le secteur considéré. Les opérations de recherche représentent donc un écart appréciable par rapport au savoir-faire de la profession ou aux pratiques généralement répandues dans le domaine d’application concerné.

Exemple 1. Un joaillier subit un contrôle fiscal à l’issue duquel l’administration vient remettre en cause le CIR dont il estimait pouvoir bénéficier pour la conception de 4 bijoux (manchette, collier, bracelet et boucles d’oreilles). À tort selon le professionnel, qui estime avoir mené des opérations de recherche, puisque :

  • les bijoux ont été conçus grâce à une collaboration entre joailliers et infographistes ;
  • certaines pièces ont nécessité une modélisation mathématique ;
  • les prototypes imaginés ont été produits à l’aide de nouveaux logiciels (CAO Solidwork et logiciels de conception 3D).

Mais. Le juge considère néanmoins que les dépenses de conception engagées par le joailler ne sont pas des dépenses de recherche : il a fait appel à des techniques existantes qu’il s’est contenté d’appliquer au domaine de la joaillerie. N’ayant résolu aucune incertitude technique ou scientifique et la conception des 4 bijoux ne présentant aucun caractère de nouveauté, le professionnel n’a pas droit au bénéfice du crédit d’impôt.

Exemple 2. Une société ayant pour activité l’élevage, le débourrage, le pré-entraînement et le commerce de chevaux de course se voit refuser par l’administration le bénéfice du CIR pour 2 projets, qui portent sur :

  • l’étude des pedigrees, et la collecte, l’archivage et le traitement de données, afin d’améliorer la prédiction d’un cheval gagnant à partir de données généalogiques ;
  • la mise en place d’un plan d’expérience pour identifier les paramètres les plus performants, et la mise en œuvre de programmes pour faire participer chaque facteur à l’amélioration.

Dans cette affaire, l’administration et le juge ont considéré que les projets menés par la société consistent seulement à améliorer la compétitivité des poulains de course : il s’agit donc de travaux dépourvus de caractère substantiel, qui portent uniquement sur l’amélioration ou le perfectionnement de techniques déjà existantes. En conséquence, puisque la société ne mène pas de véritables opérations de développement expérimental, elle ne peut pas prétendre au bénéfice du CIR.

La question du brevet. Un brevet obtenu dans le cadre d’un projet peut être un indicateur de l’existence de travaux de recherche. Mais il faut savoir qu’un brevet n’implique pas que des travaux de recherche ont été nécessaires et, inversement, des travaux de recherche ne donnent pas nécessairement lieu à dépôt de brevet. Par conséquent, l'existence ou l'absence de brevet ne peut caractériser à elle seule l'existence d'activités de recherche. Le caractère brevetable d'une création technique peut cependant être utilisé comme l’un des éléments d'analyse de l’existence de travaux de recherche, mais, comme l’a rappelé le juge, le dépôt d’un brevet ne suffit pas à lui seul à caractériser l’innovation technique nécessaire à l’obtention du CIR.

À noter. Les dépenses engagées par l’entreprise pour se protéger contre la cybercriminalité ne peuvent pas être regardées comme des dépenses d’innovation et, de fait, ne peuvent pas ouvrir droit au bénéfice du crédit d’impôt.

De même, les refacturations de frais de prise, de maintenance et de défense des brevets ne sont pas, en tant que telles, des dépenses de recherches, et ne peuvent donc pas vous permettre de bénéficier du crédit d’impôt recherche.

Le saviez-vous ?

Toutes les start-up ne font pas de dépenses de recherche ! Retenez que la conception d'un système qui ne ferait qu'adapter une méthode, des moyens ou des composants préexistants à un cas spécifique et qui ne soulèverait pas de problèmes scientifiques et/ou techniques nouvelles ne constitue pas une activité de recherche. Cela reste vrai même si l’utilisation du nouveau système constitue une innovation et un progrès pour les utilisateurs.

La question de la sous-traitance. Lorsqu’une entreprise confie à un sous-traitant l’exécution de prestations nécessaires à la réalisation d’opérations de recherche qu’elle mène, les dépenses correspondantes peuvent être prises en compte pour la détermination du montant de son CIR. Le fait que les opérations sous-traitées, prises isolément, ne constituent pas des travaux de recherche est sans incidence.

La question des organismes de recherche agréés. Pour le calcul de leur propre crédit d’impôt, les organismes de recherche agréés qui interviennent en tant que sous-traitant doivent déduire les sommes reçues de leurs donneurs d’ordre.


Crédit d’impôt recherche : quel avantage fiscal ?

Une base de calcul. Le CIR aura pour base de calcul un certain nombre de dépenses qui sont limitativement énumérées. Sont notamment concernés les amortissements des biens et équipements neufs affectés aux opérations de recherche, les dépenses de personnel des personnes directement et exclusivement affectées à ces opérations (salariées ou mises à disposition de l'entreprise, mais à la condition qu'elles effectuent les opérations de recherche dans les locaux de l'entreprise et avec ses moyens), les frais de brevet, etc.

=>  Consultez la liste des dépenses éligibles au crédit d’impôt recherche

Le saviez-vous ?

Les rémunérations des dirigeants des sociétés soumises à l’IS qui participent effectivement et personnellement aux projets de recherche éligibles au CIR peuvent être comprises dans la base de calcul de ce crédit d'impôt, à condition qu'elles constituent des charges déductibles du résultat imposable de l'entreprise (seule la rémunération ayant trait à l'activité de recherche, à l'exclusion de celle qui se rapporte à l'exercice des fonctions de dirigeant, peut être retenue dans l'assiette du CIR).

Dans les structures non soumises à l’IS, pour ne pas pénaliser les petites entreprises dont le dirigeant participe lui-même aux projets de recherche, il est admis de retenir, pour le calcul de la part du forfait des frais de fonctionnement relative aux dépenses de personnel, un forfait représentatif de la participation personnelle du dirigeant aux opérations de recherche de l'entreprise : ce forfait est égal au salaire moyen d'un cadre (tel qu'il est établi à partir des données statistiques de l'INSEE et du Ministère chargé du travail, dans la limite de la rémunération effectivement attribuée).

Pour la petite histoire… Le juge vient de nous le rappeler à l’occasion d’une affaire impliquant la gérante d’une société d’aromathérapie. Il a constaté que la gérante n’avait ni diplôme, ni expérience de chercheuse et que sa fonction consiste essentiellement à assurer la coordination des projets en cours, en lien avec des sous-traitants. Dès lors, elle ne peut pas être qualifiée de chercheuse et les rémunérations qui lui sont versées ne peuvent pas être prises en compte pour la détermination du CIR.

Cas particulier d’une convention de management. Une SARL signe avec l’une de ses filiales (une SAS) une convention de management aux termes de laquelle il est prévu qu’elle prenne en charge la rémunération du responsable de la recherche et du développement de cette filiale.

À l’occasion d’un contrôle, l’administration fiscale examine les dépenses de recherche pour lesquelles la SAS demande à bénéficier du CIR, et décide d’exclure du calcul de cet avantage fiscal les rémunérations versées au responsable de la recherche et prises effectivement en charge par la SARL.

Une contestation. La SAS conteste, rappelant que si son responsable de la recherche a bien été rémunéré par la SARL, en application de la convention de management conclue, celle-ci n’a eu aucune incidence concrète sur les conditions dans lesquelles ce salarié a exercé ses fonctions : il a continué à réaliser des opérations de recherche dans les locaux et avec les moyens de la SAS. Les rémunérations versées par la SARL à son responsable de recherche doivent donc être prises en compte dans le calcul de son CIR. Ce que confirme le juge.

Un taux. Calculé par année civile, le CIR est égal à 30 % (50 % dans les départements d’outre-mer) des dépenses éligibles retenues dans la limite de 100 M€ (au-delà, le taux est abaissé à 5 %). Le taux est fixé à 30 % (60 % dans les départements d’outre-mer) pour les dépenses (retenues dans la limite de 400 000 €) liées à la conception de prototypes ou d’installations pilotes de nouveaux produits (correspondant au crédit d’impôt innovation).

Cas particulier de la Corse depuis le 1er janvier 2021. Le taux du crédit d’impôt recherche fixé à 50 % est supprimé (le taux de 30 % s’applique donc pour la fraction des dépenses de recherche n’excédant pas 100 M€). Pour le crédit d’impôt innovation, le taux majoré est fixé 40 % pour les petites entreprises (occupant moins de 50 personnes et dont le chiffre d'affaires annuel ou le total du bilan annuel n'excède pas 10 M€ ) et à 35 % pour les moyennes entreprises (occupant moins de 250 personnes et dont le chiffre d'affaires annuel n'excède pas 50 M€ ou dont le total du bilan annuel n'excède pas 43 M€).

Un état descriptif. Les entreprises ont l’obligation de déposer cet état descriptif de la nature et du déroulement des recherches dès lors qu’elles engagent plus de 100 M€ de dépenses éligibles. À défaut, elles s’exposent au paiement d’une amende de 1 500 €.

Une nouvelle obligation déclarative. Les entreprises qui engagent des dépenses de recherche dont le montant est compris entre 10 et 100 M€ sont tenus à nouvelle obligation déclarative. Elles doivent fournir à l’administration un document précisant :

  • la part de doctorants financés par ces dépenses de recherche (ou recrutés sur la base de ces dépenses) ;
  • le nombre d’équivalents temps plein correspondant ;
  • la rémunération moyenne de ces personnes.

Pas d’amende. L’amende de 1 500 € pour non-production de l’état descriptif ne s’applique pas à cette nouvelle obligation déclarative.

Si vous obtenez une subvention… Vous devez tenir compte des subventions publiques que vous auriez obtenues et qui viennent en diminution du montant des dépenses éligibles. Selon l’administration fiscale, ces subventions publiques doivent être déduites de la base de calcul du crédit d’impôt l’année au titre de laquelle les dépenses que ces subventions ont vocation à couvrir sont engagées. L’administration précise toutefois que s’il s’agit d’une subvention remboursable, elle doit être déduite de la base de calcul du crédit d’impôt de l’année au cours de laquelle la dépense faite grâce à cette subvention a été effectivement exposée (corrélativement, le montant que vous remboursez constitue une dépense de recherche éligible au crédit d’impôt calculé au titre de l’année du remboursement).

Une subvention publique ? Pour le juge de l’impôt, la notion de « subvention publique » fait référence aux aides versées par une personne morale de droit public, à raison d’opérations ouvrant droit au CIR.

Le saviez-vous ?

Si vous faites appel à une société de conseil pour l’octroi du CIR, sachez que les dépenses correspondantes ne sont pas prises en compte dans le calcul du CIR.

Plus exactement, sa rémunération fixée en pourcentage du montant du crédit d’impôt est déduite des bases de calcul du crédit d’impôt. Il en sera de même des éventuelles autres dépenses exposées avec cette société, à concurrence du montant qui excède le plus élevé des 2 seuils suivants : 15 000 € ou 5 % des dépenses de recherche (diminuées des subventions publiques).

Un remboursement ? Par principe, ce crédit d’impôt s’impute sur le montant de l’impôt dû par l’entreprise ; l’excédent éventuellement non imputé constitue une créance fiscale qui pourra servir au paiement de l’impôt dû au titre des 3 années suivantes (le reliquat non utilisé est alors remboursé). Mais vous pouvez obtenir le remboursement immédiat de cette créance, sans attendre le délai de 3 ans, dans les cas suivants :

  • les entreprises nouvelles (répondant à certaines conditions) ;
  • les jeunes entreprises innovantes (JEI) ;
  • les entreprises faisant l’objet d’une procédure de conciliation ou de sauvegarde, de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire ;
  • les petites et moyennes entreprises (PME) remplissant les critères suivants : employer moins de 250 salariés, réaliser un chiffre d’affaires inférieur à 50 M€ (ou avoir un total de bilan inférieur à 43 M€).

Le saviez-vous ?

Si la société bénéficiaire du CIR est membre d’un groupe de sociétés ayant opté pour l’intégration fiscale, seule la société mère est fondée à demander le remboursement du crédit d’impôt.

Ce principe a été rappelé par le juge qui admet toutefois une exception : une société membre d’un groupe fiscalement intégré peut elle-même formuler une demande de remboursement de crédit d’impôt à condition de détenir un mandat régulier de sa société mère.

Cas particulier des sociétés qui sortent d'un groupe fiscalement intégré. À l’occasion d’une question qui lui était posée, l’administration a précisé que lorsqu’une société, qui répond à la définition des PME, sort d'un groupe de sociétés fiscalement intégrées, elle peut elle-même demander, au cours de l’année N+1, le remboursement de sa créance de crédit d’impôt au titre de l’année N, toutes conditions part ailleurs remplies.

Une réclamation. Cette demande de remboursement immédiat constitue une réclamation fiscale (elle ne peut pas faire l’objet d’une acceptation tacite de la part de l’administration à défaut de réponse dans les 3 mois). Ce qui entraîne 2 conséquences à connaître :

  • d’une part, elle peut demander des informations complémentaires pour instruire la demande de remboursement, ce qui implique, en substance, que le remboursement n’est pas automatique ;
  • d’autre part, si l’administration ne répond pas à votre demande dans les 6 mois, cette dernière est considérée comme rejetée ce qui vous autorise à saisir le juge de l’impôt (faites en sorte d’envoyer votre demande de remboursement en recommandé avec AR pour lui donner une date certaine et non contestable).

En cas de retard…Comme indiqué plus haut, l’administration est tenue d’assurer l’instruction des demandes de remboursement de CIR dans les 6 mois de la demande. Notez que toute décision de remboursement prise au-delà de ce délai donne lieu au versement d’intérêts légaux au profit de l’entreprise.

À noter. Sachez que l’administration a mis en place un processus de sécurisation de la restitution des créances de CIR, non imputées sur l’impôt sur les bénéfices : dans ce cadre, elle envoie souvent des demandes de renseignement avant de procéder au remboursement du crédit d’impôt non imputé.

Une formalité. Pour l’obtention du crédit d’impôt, vous devez compléter une déclaration spéciale n°2069-A, à joindre à votre relevé de solde d’IS pour les sociétés soumises à cet impôt. Les entreprises relevant de l’IR doivent joindre cette déclaration spéciale à leur déclaration de résultat.

Attention. Depuis le 1er janvier 2020, la déclaration de crédit d’impôt recherche n°2069-A et, le cas échéant, les déclarations annexes n°2069-A-1-SD et n° 2069-A-2-SD, doit / doivent être adressée(s) à l’administration par voie de télétransmission.

Notez. Le non-respect de l’obligation de souscrire par voie électronique une déclaration et ses annexes est sanctionné par l’application d’une majoration de 0,2 % calculée sur le montant des droits dus.

Le saviez-vous ?

Vous devez également joindre un exemplaire de cette déclaration au ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche.


Crédit d’impôt recherche : quel contrôle ?

Une dépense sous contrôle ? Bien entendu, le bénéfice du crédit d’impôt peut faire l’objet d’un contrôle fiscal a posteriori, l’administration fiscale pouvant procéder à des rectifications si elle estime que les conditions requises pour bénéficier de cet avantage fiscal ne sont pas réunies.

2 types de contrôles ! Par principe, seule l’administration fiscale est compétente pour procéder à des redressements fiscaux si elle estime que le bénéfice du CIR dont prétend bénéficier l’entreprise n’est pas fondé. Mais il faut aussi savoir que les agents du ministère chargé de la recherche sont habilités à vérifier la réalité de l’affectation à la recherche des dépenses qui seront prises en compte pour le calcul du crédit d’impôt.

Des obligations. Dans le cadre de cette intervention, les agents du ministère doivent :

  • adresser à l’entreprise contrôlée une demande d’éléments justificatifs ;
  • lui garantir un délai de 30 jours pour y répondre ;
  • lui reconnaître la faculté de s’entretenir avec l’agent chargé du contrôle lorsque, ne pouvant mener à bien son expertise, ce dernier lui a adressé une 2nde demande d’informations complémentaires ; en conséquence, en dehors du cas où l’agent vérificateur adresse une 2de demande d’informations, il n’est pas tenu d’engager avec l’entreprise contrôlée un débat oral et contradictoire sur la réalité de l’affectation à la recherche des dépenses prises en compte pour la détermination du CIR.

Exemple. C’est précisément ce que le juge vient de rappeler à l’occasion d’une affaire opposant l’administration fiscale à une société ayant développé une solution informatique destinée à automatiser les rapports entre les vendeurs et les plateformes de vente en ligne. Ici, après avoir sollicité le ministère de la recherche afin qu’il procède au contrôle de la réalité de l’affectation à la recherche des dépenses prises en compte pour le calcul du CIR de la société, l’administration a notifié à cette dernière un redressement fiscal.

Le problème, c’est que l’agent du ministère qui est intervenu a souligné l’ambiguïté et l’insuffisance des explications fournies par la société pour démontrer le caractère novateur des réponses techniques qu’elle soutenait avoir développées, alors même qu’il ne lui a envoyé ni demande d’éléments justificatifs, ni demande d’informations complémentaires pour mener son expertise à bien. Parce que la société a, de fait, été privée d’une garantie fondamentale, le redressement fiscal ne peut qu’être annulé !

Un avis possible. Lors d'une vérification du crédit d'impôt recherche, l'administration fiscale peut solliciter l'avis du ministère chargé de la recherche toutes les fois où l'appréciation du caractère scientifique des travaux apparaît nécessaire (dans un souci de transparence et d’impartialité, vous devez avoir connaissance du nom de l’agent du ministère de la Recherche). Dans ce cas, les résultats de ces contrôles, communiqués à l'administration fiscale, sont aussi portés à votre connaissance.

Dans ce cas… Si elle rectifie votre impôt sur les bénéfices, notamment parce qu’elle remet en cause votre crédit d’impôt, les éléments communiqués par le ministère, s’il a été sollicité, doivent figurer en termes clairs dans le corps même de la notification de redressements. Notez que le simple renvoi à la notification des résultats du contrôle effectué par les services du ministère chargé de la recherche ne devrait pas être regardé comme une motivation suffisante des redressements notifiés par l'administration fiscale.

Comité consultatif. Pour favoriser la conciliation, en cas de conflit portant sur la réalité de l’affectation à la recherche ou à l’innovation des dépenses prises en compte pour le calcul du CIR, il est possible de saisir le comité consultatif du crédit d’impôt pour dépenses de recherche qui rendra un avis sur cette affectation.

Un document de synthèse. Les entreprises qui souhaitent saisir ce comité consultatif doivent transmettre au service vérificateur un document de synthèse des contestations. Ce document doit être établi conformément au modèle édité par l’administration (formulaire 2211-SD, CERFA n°16147), disponible sur les sites Internet des impôts et du ministère chargé de la recherche et de l’innovation, et doit être transmis dans les 60 jours qui suivent la demande de saisine du comité consultatif (délai non contraignant).

Un rapport complémentaire. Notez que le comité pourra demander aux services du ministère de la recherche un rapport complémentaire d’expertise technique sur la qualification des dépenses de recherche. Ce rapport sera communiqué à l’entreprise et à l’administration dans un délai raisonnable avant la tenue de la séance au cours de laquelle il sera amené à émettre un avis.

Conseil. Dans le cadre du CIR, il peut être utile de solliciter au préalable l’avis de l’administration fiscale, ou des services du ministère de la Recherche dans le cadre de la procédure dite des « accords implicites » : vous interrogez l’administration sur l’éligibilité de votre projet de recherche et l’administration dispose d’un délai de 3 mois pour y répondre (un défaut de réponse dans ce délai ou une réponse non motivée vaut accord tacite). Il est toutefois vivement conseillé de ne pas réaliser seul une telle demande : le recours aux conseils et services d’un spécialiste dans ce domaine vous permettra de sécuriser votre dossier et d’éviter les mauvaises surprises.

Le saviez-vous ?

Pour vous aider, vous accompagner et vous sécuriser dans votre démarche d’obtention du crédit d’impôt recherche, l’administration fiscale met à votre disposition différents documents, et notamment une notice d’accompagnement et un dossier justificatif des travaux de recherche et développement déclarés au titre du crédit d’impôt recherche. Ces documents peuvent vous être très utiles pour vous poser les bonnes questions relatives à l’éligibilité de vos dépenses au crédit d’impôt recherche.

=> Consultez le dossier d’expertise

A retenir

Pour autant que vos dépenses soient effectivement éligibles au crédit d’impôt recherche, vous pouvez bénéficier d’un avantage fiscal égal à 30 % de ces dépenses. Mais attention, ces dépenses doivent correspondre à des dépenses de recherche (appliquée, fondamentale, expérimentale) !

J'ai entendu dire

Une entreprise exonérée d’impôt sur les bénéfices peut-elle bénéficier du crédit d’impôt recherche ?

Une entreprise exonérée d’impôt sur les bénéfices peut, par principe, bénéficier du crédit d’impôt recherche, mais seulement si cette exonération correspond à l’un des dispositifs suivants : jeunes entreprises innovantes, entreprises nouvelles, entreprises créées pour la reprise d’une entreprise en difficulté, entreprises implantées en zone franche urbaine, dans un bassin d’emploi à redynamiser, en zone de restructuration de la défense, en zone franche outremer ou en zone franche rurale. Une entreprise qui bénéficie d’un régime d’exonération ne correspondant pas à l’un de ceux précités ne pourra bénéficier du crédit d’impôt recherche qu'à raison, le cas échéant, des dépenses de recherche se rattachant à ses activités non exonérées.
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Sécuriser votre crédit d’impôt recherche

Date de mise à jour : 05/02/2021 Date de vérification le : 05/02/2021 11 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Les contrôles fiscaux liés au crédit d’impôt recherche sont de plus en plus fréquents et majoritairement assortis de redressements fiscaux. Voilà pourquoi il peut être intéressant et utile de solliciter l’avis préalable de l’administration fiscale sur l’éligibilité de vos opérations de recherche à cet avantage fiscal. Mais attention tout de même…

Rédigé par l'équipe WebLex.
Sécuriser votre crédit d’impôt recherche


Rescrit fiscal « crédit d’impôt recherche » : pourquoi ?

Obtenir en amont l’avis de l’administration fiscale. Solliciter l’avis de l’administration fiscale consiste à faire ce que l’on appelle dans le jargon juridique un « rescrit ». Une procédure spéciale existe à ce sujet, s’agissant spécifiquement du crédit d’impôt recherche.

Sur quoi ? Concrètement, il s’agit, préalablement à la réalisation d’une opération, de demander à l’administration fiscale de se prononcer sur la régularité et la validité, au plan fiscal, de l’opération envisagée.

Une arme à double tranchant ! Effectivement : en sollicitant l’administration fiscale sur un projet de crédit d’impôt recherche, vous l’informez sur le projet, son contenu, ses modalités, etc. N’oubliez pas que votre demande est nécessairement nominative et qu’elle pourra susciter un intérêt accru de la part de l’administration sur votre situation fiscale. Elle ne manquera pas de s’assurer du suivi de ses recommandations. Cela signifie donc que si vous ne les suivez pas, vous vous exposez à un contrôle a posteriori qui pourrait être source de redressements fiscaux. Il est donc important de mesurer l’intérêt de recourir à ce type de procédure.

Notre conseil. Sur un sujet aussi délicat, et qui peut être lourd de conséquences s’il n’est pas suffisamment maîtrisé, il est toujours conseillé de recourir aux services d’un conseil spécialisé dans ce domaine (votre expert-comptable, votre avocat, etc.) : habitué à solliciter régulièrement l’administration fiscale sur la validité des crédits d’impôt recherche, il saura utilement vous aider dans la démarche d’obtention de cet avantage fiscal et vous conseiller sur l’intérêt de faire une demande préalable auprès de l’administration.

Le saviez-vous ?

De nombreuses sociétés se sont fait une spécialité d’optimiser les crédits d’impôt recherche dans les entreprises, et vantent l’intérêt de leur intervention en insistant sur leur mode de rémunération calculé sur un pourcentage des économies réalisées. Si certaines ont de réelles compétences en la matière, ce n’est pas nécessairement le cas de tous ces « cost killers ». Avant de signer une lettre de mission, renseignez-vous et demandez-leur des références, qu’il faudra vérifier.

Rescrit JEI = rescrit crédit d’impôt recherche ? La réponse de l’administration confirmant à une entreprise l’application du régime de la jeune entreprise innovante (JEI) valide également, au titre de la même année, l’éligibilité au crédit d’impôt recherche (CIR) des dépenses de recherches présentées dans la demande de rescrit.

Mais… si la prise de position de l’administration porte sur l’application du régime de la JEI et l’éligibilité au CIR des dépenses de recherche, elle ne valide pas pour autant :

  • le quantum des dépenses éligibles au titre de ce crédit d’impôt ;
  • la qualification des dépenses n’ayant pas été présentées dans le cadre de la demande de rescrit.


Rescrit fiscal « crédit d’impôt recherche » : comment ?

Un objectif. Votre demande, portant sur le crédit d'impôt recherche, aura pour objectif de savoir si le projet de dépenses de recherche en question est éligible à ce régime fiscal de faveur. Il est également possible de demander la validation, par l’administration, d’un montant plancher des dépenses de recherche au titre de l’exercice en cours, à l’exclusion des dépenses d’innovation (mais cette possibilité est réservée aux entreprises dont le chiffre d’affaires n’excède pas 1,5 M€ - activités de ventes - ou 450 000 € - autres activités). Voilà pourquoi il faut que votre demande contienne un certain nombre d’éléments qui seront utiles à l’administration pour qu’elle puisse se prononcer en toute connaissance de cause et que vous puissiez, de votre côté, utilement vous prévaloir de sa prise de position.

Plusieurs conditions. Pour que la réponse de l’administration (ou son accord tacite à défaut de réponse dans les 3 mois) l’engage, et donc pour que vous puissiez faire valoir cette garantie, votre demande doit respecter des caractéristiques et des conditions précises.

Une demande préalable, par principe. Votre demande doit être effectuée préalablement à votre opération, c'est-à-dire avant la mise en œuvre des opérations de recherche prévues dans votre projet. Les demandes parvenues postérieurement à l'engagement du projet de recherche restent recevables à la condition qu’elles interviennent au moins 6 mois avant la date limite de dépôt de la déclaration spéciale de crédit d’impôt recherche.

Une demande détaillée. Vous devez faire une présentation précise, complète et sincère du projet de dépenses de recherche en cause. Utiliser la prise de position de l’administration suppose que vous soyez de bonne foi : l'administration doit pouvoir se prononcer en toute connaissance de cause. Votre demande doit donc apporter tous les éléments qui sont nécessaires pour apprécier si vous remplissez les conditions légales requises pour bénéficier du crédit d'impôt recherche. Retenez que vous ne pourrez pas vous prévaloir de la réponse de l'administration si vous avez fourni des éléments incomplets, imprécis ou inexacts.

A noter. S’agissant du rescrit portant sur le montant des dépenses, notez que :

    • la demande de validation du montant des dépenses doit s’inscrire dans le cadre d’un rescrit portant sur l’éligibilité même du projet de recherche ;
    • elle doit être accompagnée de tous les justificatifs permettant d’apprécier le montant des dépenses que vous souhaitez intégrer dans le crédit d’impôt recherche.

          => Consulter le modèle de rescrit fiscal relatif au crédit d’impôt recherche

          => Consulter le tableau récapitulatif type des dépenses à joindre à la demande de rescrit (pour les PME sollicitant la validation du montant plancher des dépenses)

Le saviez-vous ?

Sachez que l'administration fiscale peut solliciter l'avis des services relevant du Ministère chargé de la recherche ou de BPI France, pour la partie innovation, tant sur le caractère scientifique et technique de l'activité de recherche développée par l'entreprise que sur la nature, la validation du montant des dépenses réalisées et leur éligibilité au crédit d'impôt recherche. Dans un souci de transparence, vous devez pouvoir obtenir une copie du rapport d'expertise.

Une demande nominative. Bien entendu, votre demande est nominative : vous n’omettrez donc pas de la signer (vous-même ou votre représentant dûment habilité).


COVID-19 : une suspension temporaire des délais

Une suspension. Pendant la période comprise entre le 12 mars 2020 et le délai d’un mois à compter de la fin de l’état d’urgence sanitaire, le cours des délais applicables en matière de rescrit est suspendu, tant pour l’administration fiscale que pour les contribuables. Il n’y aura donc pas de « rescrit tacite » pendant cette période.

Pour quoi ? Sont notamment concernés les rescrits suivants :

  • amortissements exceptionnels, entreprises nouvelles (ZAFR), entreprises implantées en ZFU, ZRR, etc.;
  • crédit d'impôt recherche ;
  • jeunes entreprises innovantes - jeunes entreprises universitaires ;
  • établissements stables ;
  • définition de la catégorie de revenus professionnels ;
  • abus de droit ;
  • mécénat ;
  • clause anti-abus générale de l'impôt sur les sociétés.

A noter. Cette suspension concerne non seulement les délais en cours à la date du 12 mars 2020, mais aussi, les délais qui ont pu commencer à courir pendant la période de suspension.


Rescrit fiscal « crédit d’impôt recherche » : la suite…

Une réponse dans les 3 mois. L’administration doit se prononcer dans le délai de 3 mois, qui commence à courir à compter de la réception de votre demande par l'administration (il se calcule de quantième à quantième). Attention, sachez que si votre demande est imprécise ou incomplète, de sorte qu’elle ne permet pas à l'administration de se prononcer, le délai de 3 mois ne court qu'à compter de la réception des pièces requises qui vous auront été demandées.

Quelle réponse ? 3 situations peuvent se présenter :

  • la réponse est négative : l'administration ne partage pas votre point de vue et vous fait part de son désaccord (vous pouvez passer outre son avis, mais vous vous exposez alors à des redressements en cas de contrôle) ;
  • la réponse est positive : cette réponse vaut « prise de position formelle sur la situation de fait de l'entreprise au regard du crédit d'impôt recherche », mais cette fois-ci dans un sens favorable ; cela signifie que l'administration ne pourra pas refuser ultérieurement le bénéfice du crédit d’impôt en se fondant sur une appréciation différente du projet de recherche qui a fait l'objet de la demande (il en est de même pour sa réponse positive quant au montant plancher des dépenses le cas échéant) ;
  • la réponse est positive, mais assortie de conditions : dans ce cas, l’administration ne sera engagée par sa réponse que dans la mesure où vous aurez satisfait les conditions qu’elle vous aura précisées.

Pas de réponse ? Une réponse tacite de l'administration vaut aussi prise de position de sa part sur votre situation au regard du crédit d’impôt recherche. Elle ne pourra donc pas, là encore, remettre en cause le bénéfice du crédit d'impôt recherche, en se fondant sur une appréciation différente du projet de dépenses de recherche qui a fait l'objet de la demande.

Attention. Sachez toutefois que vous ne pourrez opposer à l’administration sa réponse, explicite ou tacite, que si la situation réelle correspond effectivement à la situation décrite dans votre demande. Toute subjectivité étant à proscrire par principe, cette précision justifie tout de même à elle seule l’intérêt que vous aurez à être suffisamment exhaustif dans votre demande pour éviter de vous voir opposer une « évolution » de la situation décrite dans votre demande, et qui pourrait servir à écarter la portée de la réponse de l’administration…

Pour information. Une autre procédure existe, qui consiste à solliciter un organisme chargé de soutenir l’innovation pour obtenir un avis sur le caractère scientifique et technique de votre projet de dépenses de recherche. Vous pouvez ainsi saisir directement les services relevant du Ministère chargé de la recherche. La prise de position favorable du service ou de l’organisme saisi, notifiée dans un délai de 3 mois à compter de la réception de la demande, est opposable à l’administration fiscale en cas de contrôle ultérieur. Une absence de réponse vaut réponse implicite favorable également opposable aux services fiscaux.

Attention. Pour pouvoir être opposable à l’administration, l’avis du ministère de la recherche doit être rendu avant la réalisation d’un contrôle fiscal. Une société l’a appris à ses dépens : elle a sollicité le bénéfice d’un crédit d’impôt recherche, ce que l’administration lui a refusé. La société conteste devant le juge et produit un rapport d’expertise et un guide pratique émanant du ministère de la recherche qui confirment, selon elle, que les travaux qu’elle réalise sont bien des recherches « éligibles » à l’avantage fiscal. Pourtant, le juge confirme le refus opposé par l’administration : il considère d’une part, que les documents fournis par la société ont été publiés plusieurs années après le rejet de sa demande par l’administration et, d’autre part, que l’expert fait part d’une grande incertitude quant à la nature des travaux réalisés !


Et si le projet de recherche évolue ?

Hypothèse. Vous avez obtenu un avis favorable de l’administration à propos de votre projet de recherche, ce qui engage donc l’administration fiscale. Mais un projet peut évoluer de telle manière que ce qui a été décrit dans le rescrit soumis à l’administration ne correspond peut-être plus à la réalité. Comment faire dans ce cas ?

Solliciter un nouveau rescrit ? Depuis le 1er octobre 2016, vous pouvez demander une révision de votre rescrit en cas de modification de votre projet de recherche. Là encore, cette demande doit parvenir au moins 6 mois avant la date limite de dépôt de la déclaration spéciale de crédit d’impôt recherche.

C’est possible… La demande de révision du rescrit doit impérativement renvoyer à votre demande initiale de rescrit (pensez à joindre une copie de ce rescrit initial et une copie de la réponse favorable de l’administration). Elle devra comprendre une présentation précise, complète et sincère des modifications apportées au projet.

A noter. L’administration dispose d’un délai de 3 mois pour se prononcer sur votre demande de révision.

A retenir

En sollicitant l’avis de l’administration fiscale, préalablement à l’opération de recherche, afin de valider la mise en place et le bénéfice d’un crédit d’impôt recherche dans l’entreprise, vous sécurisez votre dossier. Mais cela suppose, d’une part, de décrire avec précision votre projet et, d’autre part, d’accepter la réponse de l’administration, surtout si elle est négative, et de s’y conformer.

J'ai entendu dire

Comment faire si la réponse de l’administration fiscale ne nous satisfait pas ? Dispose-t-on d’un recours ?

Si l'administration ne partage pas vos conclusions au vu de la situation exposée dans votre demande et vous fait part de son désaccord, elle prend alors formellement position dans un sens différent du vôtre. Dans ce cas, vous pouvez solliciter un second examen de votre demande. Faites alors en sorte de développer et d’argumenter sur les points de désaccords apparus dans la réponse de l’administration. Vous pouvez aussi passer outre l'avis de l'administration, mais vous vous exposez alors à des rehaussements en cas de contrôle.
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Date de mise à jour : 06/10/2023 Date de vérification le : 06/10/2023 22 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Vous êtes sollicité par une association pour faire un don à son profit. Pour vous encourager dans cette démarche, elle met en avant le bénéfice pour votre entreprise d’une réduction d’impôt. Et elle a raison, mais encore faut-il que toutes les conditions pour en bénéficier soient respectées…

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Mécénat : à qui pouvez-vous faire un don ?

Une 1re condition à vérifier ! Le bénéfice de la réduction d’impôt suppose que le don soit fait au profit d’une association « éligible » : entendez par-là une association qui est habilitée par la réglementation fiscale à recevoir des dons ouvrant droit à la réduction d’impôt. Au profit de qui devrez-vous faire ce don ?

Plus exactement… Voici la liste exhaustive des organismes éligibles à cette réduction d’impôt :

  • œuvres ou organismes d'intérêt général ayant un caractère philanthropique, éducatif, scientifique, social, humanitaire, sportif, familial, culturel ou concourant à la mise en valeur du patrimoine artistique, à la défense de l'environnement naturel ou à la diffusion de la culture, de la langue et des connaissances scientifiques françaises ;
  • fondations universitaires, fondations partenariales, fondations d’entreprise, projets de thèse proposés au mécénat de doctorat par les écoles doctorales ;
  • fondations ou associations reconnues d’utilité publique ;
  • musées de France ;
  • associations cultuelles ou de bienfaisance et établissements publics des cultes reconnus d'Alsace-Moselle ;
  • établissements d'enseignement supérieur ou d'enseignement artistique publics ou privés, d'intérêt général, à but non lucratif ;
  • établissements d’enseignement supérieur consulaire pour leurs activités de formation professionnelle, initiale et continue, et de recherche ;
  • sociétés ou organismes de recherche scientifique et technique, publics ou privés, agréés ;
  • organismes publics ou privés, dont la gestion est désintéressée et qui ont pour activité principale la présentation au public d'œuvres dramatiques, lyriques, musicales, chorégraphiques, cinématographiques, audiovisuelles et de cirque ou l'organisation d'expositions d'art contemporain, à la condition que les versements soient affectés à cette activité ;
  • Fondation du patrimoine ou fondations ou associations qui affectent irrévocablement ces versements à la Fondation du patrimoine ;
  • organismes de sauvegarde du patrimoine culturel d’intérêt mondial ;
  • fonds de dotation dont la gestion est désintéressée et qui, soit constituent eux-mêmes un organisme éligible, soit reversent à un tel organisme les revenus tirés des versements reçus ;
  • organismes agréés dont l'objet exclusif est de verser des aides financières permettant la réalisation d'investissements ou de fournir des prestations d'accompagnement à des petites et moyennes entreprises ;
  • sociétés, dont l'État est l'actionnaire unique, qui ont pour activité la représentation de la France aux expositions universelles ;
  • sociétés nationales de programme pour le financement de programmes audiovisuels culturels ;
  • orchestres de Radio France, fédérations ou unions d’organismes, dûment agréées, ayant pour objet exclusif de fédérer, d’organiser, de représenter et de promouvoir les organismes agréés, sous réserve qu’elles présentent une gestion désintéressée et réalisent exclusivement des prestations non rémunérées au bénéfice de leurs membres ;
  • communes, syndicats intercommunaux de gestion forestière, syndicats mixtes de gestion forestière et groupements syndicaux forestiers pour la réalisation, dans le cadre d’une activité d’intérêt général concourant à la défense de l’environnement naturel, d’opérations d’entretien, de renouvellement ou de reconstitution de bois et forêts présentant des garanties de gestion durable, ou pour l’acquisition de bois et forêts destinés à être intégrés dans le périmètre d’un document d’aménagement approuvé.

Exemple des centres de santé associatifs. Les centres de santé, même constitués sous forme associative, ne peuvent pas recevoir de dons éligibles à la réduction d’impôt mécénat si leur activité s’inscrit dans un cadre concurrentiel, notamment avec des praticiens du secteur libéral, et si elle est exercée dans des conditions similaires. Cela tient au fait qu’en concurrençant le secteur privé, l’association ne peut pas être assimilée à un organisme « d’intérêt général ».


Mécénat : quel avantage fiscal ?

Une réduction d’impôt. Si vous faites un don, par l’intermédiaire de votre entreprise, vous pourrez bénéficier d’une réduction d’impôt qui viendra s’imputer directement sur l’impôt sur les bénéfices dû par votre entreprise. Mais le bénéfice de cette réduction d’impôt est entouré de conditions précises.

Quel montant ? Cette réduction d’impôt est égale à 40 % des sommes versées, pour la fraction des versements qui excède 2 M €. Pour les versements n’excédant pas ce seuil de 2 M €, le taux de la réduction d’impôt est fixé à 60 % des sommes versées dans la limite de 5 pour mille du chiffre d’affaires ou, si elle est plus favorable, dans la limite de 20 000 €.

Des exceptions. Le taux de 40 % ne s’appliquera pas aux versements effectués au profit d’organismes sans but lucratif qui proposent les prestations ou les produits suivants :

  • fourniture gratuite de repas à des personnes en difficulté ;
  • logement de personnes en difficulté ;
  • lorsqu'elle est exercée à titre principal, la fourniture gratuite à des personnes en difficulté de :
    • soins dispensés par les membres des professions médicales et paramédicales réglementées, par les pharmaciens, par les praticiens autorisés à faire usage légalement du titre d'ostéopathe, de chiropracteur, de psychologue ou de psychothérapeute et par les psychanalystes titulaires d'un des diplômes requis, à la date de sa délivrance, pour être recruté comme psychologue dans la fonction publique hospitalière ainsi que les travaux d'analyse de biologie médicale et les fournitures de prothèses dentaires par les dentistes et les prothésistes ;
    • matériels (literie, dispositif d’occultation des fenêtres dans les pièces destinées à être utilisées comme chambre à coucher, etc.), ainsi que meubles de rangement, linge de maison, équipements de salle de bain et de puériculture, biberons et matériels pour nourrissons et enfants en bas âge, petits et gros appareils électroménagers ;
    • matériels et équipements conçus spécialement pour les personnes handicapées ou à mobilité réduite ;
    • fournitures scolaires, y compris jouets et jeux d'éveil et éducatifs ;
    • vêtements, y compris chaussures ;
    • produits sanitaires, y compris d'entretien ménager, et produits d'hygiène bucco-dentaire et corporelle ;
    • produits de protection hygiénique féminine ;
    • couches pour nourrissons ;
    • produits et matériels utilisés pour l'incontinence ;
    • produits contraceptifs.

Quelles conditions ? La réduction d’impôt a pour base le don que vous ferez à l’association choisie. Et qui dit « don », dit versement effectué sans aucune contrepartie directe ou indirecte à votre profit. L’administration précise que le mécénat s’entend, en effet, d’un soutien matériel ou financier apporté sans contrepartie directe ou indirecte de la part du bénéficiaire à une œuvre pour l’exercice d’activités présentant un intérêt général.

À ne pas confondre ! C’est en cela qu’un don se distingue d’une dépense de sponsoring, qui, elle, supposera une contrepartie, notamment un retour en termes de retombées publicitaires.

Quel type de don ? Dans la majorité des cas, le don se fera sous la forme d’un versement en numéraire (somme d’argent), mais rien n’interdit de faire un don en nature (biens, moyens en personnel, services, compétences.)

Un don de denrées alimentaires. Dans le cas d’un don en nature, même portant sur des denrées alimentaires, vous devrez retenir le prix de revient comme valeur servant de base au calcul de la réduction d’impôt. Ce prix de revient, qui correspond en général à la valeur marchande des denrées alimentaires, comprend également les coûts qui peuvent être supportés par la société pour acquérir ou produire les produits en question. De même, si la société a engagé des frais liés à des prestations relatives à ces dons (par exemple, si elle a fait appel à une entreprise de transport pour livrer les denrées à l’association), ces frais seront inclus dans le prix de revient, à condition bien sûr qu’ils puissent être rattachés à un don.

Un don sous forme de mise à disposition de personnel. Dans cette hypothèse, aussi appelée « mécénat de compétence » pour le calcul de la réduction d’impôt, le montant du don est évalué à son prix de revient, c’est-à-dire à hauteur de la rémunération et des charges sociales y afférentes. Ce prix de revient est plafonné, par salarié mis à disposition, à hauteur de 3 fois le montant du plafond de la sécurité sociale (3 666 € par mois en 2023).

Des salariés « pompiers » ? Si vous comptez parmi vos salariés des sapeurs-pompiers volontaires, vous pourrez bénéficier de cette réduction au titre de leur mise à disposition, à titre gratuit, au profit des services départementaux d’incendie et de secours (SDIS), pendant les heures de travail et pour des interventions opérationnelles ou des formations nécessaires pour la réalisation d’interventions opérationnelles. Pour le calcul de la réduction d’impôt, le don sera évalué à son prix de revient, c’est-à-dire à hauteur de la rémunération et des charges sociales y afférentes, desquelles seront déduits les éventuels dédommagements versés par le SDIS à l’entreprise (subrogation de l’indemnité du sapeur-pompier).

Des salariés « réservistes » ? Il en sera de même si vous comptez parmi vos salariés des réservistes : l’administration admet que la mise à disposition de salariés réservistes pendant les heures de travail au profit de la réserve opérationnelle des forces armées ou de la gendarmerie nationale constitue du mécénat, éligible à la réduction d’impôt. L’entreprise devra justifier cette mise à disposition par une attestation précisant les dates et heures des interventions des salariés au titre de cette réserve.


Mécénat : un reçu

Demandez un reçu ! Pour éviter toute remise en cause de la réduction d’impôt par l’administration fiscale, il vous faudra apporter la preuve que votre don répond aux conditions exigées par la règlementation : en clair, vous allez devoir prouver la réalité du don, la nature, la date et le montant du versement, ainsi que l’identité de l’association bénéficiaire.

Une obligation supplémentaire. Pour les dons et versements effectués depuis le 1er janvier 2022, l’entreprise doit être en mesure de présenter les pièces justificatives de la réalité des dons et versements effectués à la demande de l’administration fiscale, ainsi que le reçu fiscal conforme au modèle établi par l’administration.

À noter. L’administration peut se rendre directement dans les locaux d’une association pour contrôler les reçus fiscaux émis, et surtout, pour vérifier que les dons, mentionnés sur les reçus, ont réellement été encaissés par elle. Depuis le 1er janvier 2022, elle peut également contrôler sur place la régularité de la délivrance des reçus, attestations ou de tous autres documents par lesquels les organismes bénéficiaires de dons et versements indiquent à une entreprise qu’elle est éligible au bénéfice de la réduction d’impôt.

Garanties de l’organisme contrôlé. Ce contrôle sera toutefois assorti de diverses garanties pour l’organisme bénéficiaire, puisqu’il ne pourra notamment être engagé qu’à la condition que l’organisme qui bénéficie des dons et versements en ait été préalablement informé par le biais d’un avis de contrôle. De plus, la durée du contrôle sera limitée à 6 mois à compter de la présentation de l’ensemble des documents et pièces de toute nature nécessaires à l’administration.

Une amende. Le fait, pour une association, de délivrer sciemment un reçu permettant d'obtenir indûment une réduction d'impôt entraîne l'application d'une amende dont le taux est égal à celui de la réduction d'impôt ou du crédit d'impôt en cause. Le montant de l’amende sera calculé sur la base des sommes indûment mentionnées sur le reçu. À défaut d’une telle mention, l'amende sera égale au montant de l'avantage fiscal indûment obtenu.

Une déclaration annuelle. Les organismes qui délivrent des reçus, des attestations ou tous autres documents par lesquelles ils indiquent à une entreprise qu’elle est en droit de bénéficier d’une réduction d’impôt sont dans l’obligation, chaque année, au plus tard le 31 décembre, de déclarer à l’administration fiscale :

  • le montant global des dons et versements mentionnés sur ces documents et perçus au cours de l’année civile précédente (ou au cours du dernier exercice clos s’il ne coïncide pas avec l’année civile) ;
  • et le nombre de documents délivrés au cours de cette période ou de cet exercice.

Les exclusions. Notez que cette disposition ne s’applique pas :

  • aux dons versés à une association de financement électorale ou à un mandataire financier, qui sont consentis à titre définitif et sans contrepartie, dont il est justifié à l’appui du compte de campagne présenté par un candidat, un binôme de candidats ou une liste ;
  • aux dons ou des cotisations versées aux partis et groupements politiques par l’intermédiaire de leur mandataire.

Quelle sanction ? Pour mémoire, le défaut de production dans les délais prescrits d’un document devant être remis à l’administration fiscale entraîne l’application d’une amende de 150 €. Ce montant est porté à 1 500 € en cas d’infraction, pour la 2e année consécutive, à l’obligation de déposer la déclaration annuelle.


Mécénat : une obligation déclarative

Une déclaration spécifique. Vous devez, par principe, remplir et adresser avec votre déclaration de résultats l’imprimé n° 2069-RICI-SD (intitulé Réductions et crédits d’impôts de l’exercice) obligatoirement par voie électronique (sauf pour les auto-entrepreneurs).

Pour les gros « donateurs ». Les entreprises qui engagent des dépenses de mécénat à hauteur de plus de 10 000 € par exercice doivent déclarer à l’administration fiscale le montant et la date de ces dons, l’identité des bénéficiaires ainsi que, le cas échéant, la valeur des biens et services reçus directement ou indirectement en contrepartie. À défaut de respecter cette obligation, elles s’exposent au paiement d’une amende de 1 500 €.

Une transmission par voie électronique. Ces informations doivent être transmises par voie électronique, par l’intermédiaire du tableau joint au formulaire n°2069-RCI-SD, dans le délai prévu pour le dépôt de la déclaration de résultats.

A retenir

Pour autant que l’organisme à qui vous faites un don est éligible, l’entreprise bénéficiera d’une réduction d’impôt égale à 60 % du montant du don, retenu dans la limite de 5 p. mille du chiffre d’affaires ou de 20 000 € (si elle est plus favorable). Pour la fraction des versements qui excède 2 M €, ce taux est abaissé à 40 %.

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Crédit d'impôt pour la formation du chef d'entreprise : comment ça marche ?

Date de mise à jour : 29/03/2023 Date de vérification le : 29/03/2023 11 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Si vous suivez une formation, votre entreprise pourra bénéficier d'un avantage fiscal sous la forme d’un crédit d’impôt. Qui peut effectivement bénéficier de cet avantage ? Toutes les formations sont-elles éligibles à ce crédit d’impôt ? Quel en sera le réel bénéfice pour votre entreprise ? Quelles conditions devez-vous remplir ?

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Crédit d'impôt pour la formation du chef d'entreprise : comment ça marche ?

Crédit d'impôt formation : qui peut en bénéficier ?

Un avantage à connaître. Les entreprises qui exposent des dépenses pour la formation de leurs dirigeants peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt, dont l’objectif affiché est d’aider les dirigeants de PME à s'adapter aux évolutions des modes de gestion et des techniques.

Un avantage limité dans le temps. Le crédit d’impôt formation des dirigeants ne s’applique qu’aux heures de formation effectuées jusqu’au 31 décembre 2024.

Pour vous, dirigeant d’entreprise. Ce crédit d'impôt a vocation à s'appliquer dès lors que l’entreprise engage des dépenses de formation dont le bénéficiaire sera le chef d'entreprise. Entendez par « chef d'entreprise » les dirigeants d'entreprises ou de sociétés, quelles que soient leur forme et leur activité, et qu'elles relèvent de l'impôt sur le revenu ou soient soumises à l'impôt sur les sociétés.

Sauf... Une contrainte existe toutefois : l'entreprise doit être imposée selon un régime réel d'imposition, que ce soit le régime simplifié ou le régime normal. Si vous relevez du régime de la micro-entreprise, vous ne pourrez pas en bénéficier.

Concrètement. Que vous soyez entrepreneur individuel, gérant de SARL, président de SA ou de SAS, directeur général d’une société par actions, membre du directoire ou du conseil d'administration d'une SA ou d’une SAS, etc. vous êtes éligibles à ce dispositif. Pour autant que vous suiviez une ou des formations dites « éligibles »…

Quelles formations ? Vous devez suivre une formation qui entre dans le cadre de la formation professionnelle continue (et, à ce titre, admise en déduction du bénéfice imposable de votre entreprise). Sont donc visées :

  • les actions de formation ;
  • les bilans de compétences ;
  • les actions permettant de faire valider les acquis de l’expérience ;
  • les actions de formation par apprentissage.

Le saviez-vous ?

Vous pourrez donc bénéficier du crédit d’impôt pour toutes les formations classiques liées à la gestion de votre entreprise, au management, au développement commercial, à l’informatique, etc., mais aussi pour des formations techniques spécifiques à votre métier (acquisition de nouvelles compétences informatiques pour un informaticien, nouvelles techniques de coiffures pour un coiffeur, etc.).

Attention. Bien entendu, les dépenses de formation doivent être engagées dans l'intérêt de votre entreprise. Voilà pourquoi l'administration a précisé, par exemple, à propos des actions de formation de sapeurs-pompiers volontaires suivies par des chefs d'entreprise, que le crédit d'impôt n'a pas vocation à s'appliquer aux formations qui sont délivrées à titre gratuit et, a fortiori, aux formations rémunérées (comme c'est souvent le cas des actions de formation de sapeurs-pompiers volontaires qui sont effectuées gratuitement et ouvrent droit à une indemnisation sur la base d'une vacation horaire non imposable). Faites en sorte d'obtenir des conventions de formation (ou, en l'absence de conventions, des factures ou des bons de commande) qui préciseront l'intitulé, la nature, la durée, les modalités de déroulement, etc. de la formation que vous suivez.

Le saviez-vous ?

Ces actions de formation doivent être établies et réalisées en fonction d'un programme préétabli qui précise notamment les moyens pédagogiques, techniques et d'encadrement mis en œuvre, ainsi que les moyens permettant de suivre son exécution et d'en apprécier les résultats. Conservez ce programme, qui viendra s’ajouter à la liste des pièces justificatives en cas de contrôle fiscal.


Crédit d'impôt formation : quel avantage fiscal ?

Un crédit d’impôt... Le montant du crédit d'impôt que vous pouvez obtenir est égal au produit du nombre d'heures que vous avez passées en formation, au cours de l’année (plafonné à 40 heures par année civile et par entreprise) par le taux horaire du SMIC (le taux horaire à prendre en compte étant celui en vigueur au 31 décembre de l'année au titre de laquelle est calculé le crédit d'impôt). Parce que ce crédit d'impôt est calculé sur l’année civile, quelle que soit la date de clôture de votre exercice, vous devez prendre en compte les heures de formation suivies au cours de la dernière année civile écoulée.

Exemple. Pour 2023, le Smic horaire étant passé à 11.65 € au 1er janvier 2024, le crédit d'impôt formation du chef d'entreprise s'élève à 450,8 € (11.65 x 40) au maximum.

... imputable sur votre impôt sur les bénéfices. Calculé sur l'année civile (quelle que soit la date de clôture de votre entreprise), le crédit d'impôt est imputé sur l'impôt sur les bénéfices dû au titre de l'année au cours de laquelle ont été suivies les heures de formation. Comme tout crédit d'impôt, l'excédent qui n’aura pas pu être imputé sera restitué à votre entreprise.

Pour les microentreprises. Pour les heures de formation effectuées à compter du 1er janvier 2022, les microentreprises (soit celles qui occupent moins de 10 personnes et dont le chiffre d’affaires annuel ou le total de bilan n’excède pas 2 M€) peuvent bénéficier d'un montant de crédit d'impôt égal au double du produit indiqué ci-dessus. Cet aménagement est toutefois subordonné au respect de la règlementation européenne relative aux aides de minimis.

Le saviez-vous ?

Si votre entreprise est soumise à l’impôt sur le revenu, le crédit d’impôt, calculé à son niveau, sera ensuite imputable sur votre propre impôt sur le revenu (dans le cadre d’une société, ce crédit d’impôt est réparti au prorata de la participation détenue par chaque associé). Pensez à reporter le montant de ce crédit d’impôt sur votre déclaration de revenus.

Complétez un imprimé spécifique. Pour bénéficier de ce crédit d'impôt, il vous suffit de remplir et d'adresser avec votre déclaration de résultats la déclaration n° 2069-RICI (intitulé Réductions et crédits d’impôts de l’exercice). Vous n’avez plus à déposer la déclaration spéciale n° 2079-FCE-SD (mais, parce qu’elle vous permet de calculer ce crédit d’impôt, vous devez toujours la remplir et la conserver puisqu’elle pourra vous être réclamée par l’administration).

Attention. Depuis le 1er janvier 2018, la déclaration spéciale n°2069-RICI doit obligatoirement être souscrite par voie électronique (sauf pour les auto-entrepreneurs).

Prise en charge de la formation ? Renseignez-vous auprès de votre organisme de formation pour vérifier les éventuelles conditions de prise en charge du coût de la formation. Des aides régionales peuvent également être mises en place au bénéfice des dirigeants d’entreprise pour financer une partie de leur formation. Des avantages supplémentaires à ne pas négliger…

A retenir

Si vous suivez une formation au cours de l’année, vous pourrez bénéficier d’un crédit d’impôt qui viendra s’imputer sur l’impôt sur les bénéfices de votre entreprise. Il est égal au nombre d’heures de formation suivies (dans la limite de 40 heures) par le montant du SMIC horaire. Simple à mettre en œuvre, ce crédit d’impôt, aussi minime soit-il, est toujours bon à prendre…

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Crédit d'impôt apprentissage : comment ça marche ?

Date de mise à jour : 29/07/2021 Date de vérification le : 29/07/2021 6 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Si vous employez des apprentis sous contrat, vous êtes susceptible de bénéficier d'un crédit d'impôt spécifique. Toutes les entreprises peuvent-elles en bénéficier ? Quelles sont les conditions posées par la règlementation fiscale ? Quel est l’avantage pour votre entreprise ? Attention, ce dispositif est supprimé pour les périodes d’impositions et exercices ouverts à partir du 1er janvier 2019…

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Crédit d'impôt apprentissage : comment ça marche ?


Crédit d'impôt apprentissage : qui peut en bénéficier ?

Etes-vous concerné ? Vous pourrez bénéficier de ce crédit d'impôt sous diverses conditions. La première condition suppose que votre entreprise soit soumise à l'impôt sur le revenu ou à l'impôt sur les sociétés et imposée selon un régime réel d'imposition, la forme sociale et la nature de l'activité exercée important peu (une entreprise relevant du régime de la micro-entreprise ne pourra donc pas en bénéficier de cet avantage fiscal).

Oui, si... Pour bénéficier du crédit d’impôt, vous devez, bien entendu, employer des apprentis sous contrat. Rappelons que le contrat d'apprentissage est un contrat de travail par lequel vous vous engagez, outre au versement d'un salaire, à assurer à un jeune travailleur une formation professionnelle méthodique et complète, dispensée pour partie en entreprise et pour partie en centre de formation d'apprentis. En contrepartie, l'apprenti s'oblige, en vue de sa formation, à travailler pour votre entreprise pendant la durée du contrat, et à suivre la formation dispensée en centre de formation d'apprentis et en entreprise.

Oui, si... Le crédit d'impôt bénéficie également aux entreprises qui emploient des apprentis bénéficiant d'un accompagnement personnalisé et renforcé, consistant notamment en la réalisation d'un bilan de compétences et d'un projet professionnel de l'apprenti (sont ici visés les jeunes de 16 à 25 ans révolus sans qualification de niveau Vbis – CAP ou BEP – ou de niveau VI – sans diplôme à la fin de la scolarité obligatoire – et confrontés à un risque d'exclusion professionnelle).

Oui, si... Le crédit d'impôt bénéficie aussi, en outre, aux entreprises qui emploient des apprentis pour lesquels la qualité de travailleur handicapé est reconnue par la Commission technique d'orientation et de reclassement professionnel.

Oui, si... Sont également concernés par le dispositif du crédit d'impôt apprentissage les apprentis ayant signé un contrat d'apprentissage à l'issue d'un contrat de volontariat pour l'insertion.

Le saviez-vous ?

Peuvent être engagés comme apprentis les jeunes âgés de 16 à 25 ans au début de l'apprentissage, ainsi que les jeunes âgés d'au moins 15 ans qui peuvent souscrire un contrat d'apprentissage s'ils justifient avoir effectué la scolarité du premier cycle de l'enseignement secondaire.

Mais attention. Pour le crédit d’impôt calculé à compter du 1er janvier 2014, l’avantage fiscal suppose que l’apprenti n’ait pas achevé la première année de son cycle de formation dans l’entreprise et que le diplôme préparé équivaut au plus à un brevet de technicien (BTS) ou un diplôme des instituts universitaires de technologie (DUT), c’est-à-dire un niveau BAC + 2 au maximum.

Concrètement. Les apprentis en 2ème et/ou 3ème année du cycle de formation ne sont donc plus concernés par cet avantage fiscal (un apprenti en 2ème année de BTS par exemple). Il en sera de même, sauf exceptions (voir infra) pour les apprentis qui, par exemple, préparent une licence (niveau BAC + 3).


Crédit d'impôt apprentissage : quel avantage fiscal ?

1 600 € par apprenti. Le crédit d'impôt apprentissage est égal au nombre moyen annuel d'apprentis multiplié par 1 600 €. Le nombre moyen annuel d'apprentis s'apprécie en fonction du nombre d'apprentis dont le contrat avec l'entreprise a été conclu depuis au moins un mois (cette condition s'appréciant au 31 décembre de l'année civile au titre de laquelle le crédit d'impôt est calculé), le temps de présence d'un apprenti dans l'entreprise au cours d'une année civile étant calculé en mois.

Exemple. Si vous avez employé un apprenti du 1er avril 2016 au 31 mars 2018, il sera pris en compte, pour le calcul du nombre moyen annuel d’apprentis, au titre des années 2016, 2017 et 2018.

2 200 € par apprenti ? L’avantage est porté à 2 200 € lorsque l'apprenti est :

  • un travailleur handicapé,
  • un apprenti sans qualification bénéficiant de l'accompagnement personnalisé,
  • un apprenti employé par une entreprise portant le label « Entreprises du patrimoine vivant »,
  • ou un apprenti qui a signé son contrat d'apprentissage à l'issue d'un contrat de volontariat pour l'insertion.

Le saviez-vous ?

Aucune condition de niveau de diplôme n’est requise pour le bénéfice de l’avantage majoré de 2 200 €. Ainsi, par exemple, l’embauche d’un apprenti bénéficiant du statut de travailleur handicapé ouvrira droit au crédit d’impôt majoré, quel que soit le niveau du diplôme préparé, pour autant qu’il n’ait pas achevé la 1ère année de son cycle de formation.

Attention. Le crédit d'impôt est plafonné au montant des dépenses de personnel afférentes aux apprentis employés par l'entreprise (ce montant étant minoré des aides publiques reçues en contrepartie de l'accueil de ces apprentis par l'entreprise) : prenez en compte les salaires proprement dits, les éventuels avantages en nature, les primes et les cotisations sociales obligatoires (sécurité sociale, assurance chômage, caisses de retraite complémentaire).

Imputable sur votre impôt. Le crédit d'impôt apprentissage est imputé sur l'impôt sur le revenu ou l'impôt sur les sociétés dû par votre entreprise au titre de l'année au cours de laquelle elle a employé des apprentis. Si votre entreprise relève de l’impôt sur le revenu, le crédit d’impôt vous sera transféré : il viendra donc diminuer votre imposition personnelle (pensez à reporter le montant de crédit vous revenant sur votre déclaration de revenus).

Complétez un imprimé spécifique. Pour bénéficier de ce crédit d'impôt, il vous suffit de remplir et d'adresser avec votre déclaration de résultats la déclaration n°2069-RCI (intitulé Réductions et crédits d’impôts de l’exercice). Vous n’avez plus à déposer la déclaration spéciale n° 2079-A-SD (mais, parce qu’elle vous permet de calculer ce crédit d’impôt, vous devez toujours la remplir et la conserver puisqu’elle pourra vous être réclamée par l’administration).

Attention. Depuis le 1er janvier 2018, la déclaration spéciale n°2069-RICI doit obligatoirement être souscrite par voie électronique (sauf pour les auto-entrepreneurs).

Le saviez-vous ?

Du fait de la suppression définitive du dispositif de l’apprentissage junior, le crédit d’impôt spécifique qui était associé est également supprimé (il permettait d’obtenir un crédit d’impôt de 100 € par élève accueilli dans le cadre du parcours d’initiation aux métiers, par semaine, dans la limite de 26 semaines, et d’une majoration du crédit d’impôt, porté à 2 200 €, en cas d’embauche dans le cadre de l’apprentissage junior confirmé).

A retenir

Si vous employez un apprenti, vous aurez droit à un crédit d’impôt égal à 1 600 € (voire 2 200 € dans certaines hypothèses). Plusieurs conditions doivent être remplies : pour le bénéfice de cet avantage fiscal, le contrat doit, notamment, avoir été conclu depuis au moins 1 mois pour que votre apprenti soit pris en compte.

J'ai entendu dire

Certaines entreprises bénéficient d’exonérations de charges sociales lorsqu’elles emploient un ou plusieurs apprentis, et notamment les artisans et les entreprises d’au plus 10 salariés. Faut-il tenir compte de ces exonérations de charges sociales pour le calcul du plafond applicable à ce crédit d’impôt ?

Non. Comme le précise l’administration fiscale, ces charges sociales exonérées ne sont pas prises en compte pour le calcul du plafond applicable au crédit d’impôt apprentissage.

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Sources
  • Article 244 quater G du Code Général des Impôts
  • Articles L 6222-1 et L 6222-2 du Code du Travail
  • Articles L 337-3 et L 337-3-1 du Code de l'Education
  • BOFiP-Impôts-BOI-BIC-RICI-10-40
  • Loi n° 2013-595 du 8 juillet 2013 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République, article 56 (suppression de l’apprentissage junior)
  • Loi de Finances pour 2014 n° 2013-1278 du 29 décembre 2013 (article 36)
  • Loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, article 27 (suppression du crédit d’impôt apprentissage à compter du 1er janvier 2019)
  • Décret n° 2016-395 du 31 mars 2016 portant simplification des obligations déclaratives relatives à certains crédits et réduction d'impôt
  • www.impots.gouv.fr
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Bénéficier d'un avantage fiscal

Bénéficier du crédit d'impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE)

Date de mise à jour : 09/11/2021 Date de vérification le : 09/11/2021 22 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Dès lors que vous employez du personnel salarié, vous êtes susceptible de bénéficier du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Mais ce ne sera pas la seule condition requise pour bénéficier de cet avantage fiscal, censé diminuer le coût du travail. Quelles autres conditions devez-vous remplir pour bénéficier de ce crédit d’impôt ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Bénéficier du crédit d'impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE)


Crédit d'impôt pour la compétitivité et l’emploi : pour qui ?

Toutes les entreprises ? Que vous exerciez votre activité sous l’égide d’une société ou dans le cadre d’une entreprise individuelle, vous pourrez bénéficier du CICE. Toutefois, cet avantage fiscal ne bénéficiera à votre entreprise ou société que si elle est imposée selon un régime réel d’imposition, peu importe qu’elle soit soumise à l’impôt sur les sociétés (IS) ou relève de l’impôt sur le revenu (IR). Par conséquent, si vous êtes imposé selon un régime forfaitaire, vous n’êtes pas concerné : pour bénéficier de ce crédit d’impôt, il faudra alors opter pour l’imposition de vos résultats selon un régime réel. Mais ce ne sera pas là la seule condition…

Employer des salariés. Le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) suppose que votre entreprise emploie du personnel salarié, puisque sa base de calcul et l’avantage fiscal qui y est lié repose sur le montant des rémunérations versées. Tous les salariés de l’entreprise sont potentiellement visés par ce dispositif, mais seuls ceux dont la rémunération n’excède pas 2 fois et demie le SMIC (soit 53007.5 € pour l’année 2024) seront effectivement pris en compte : vous pouvez tenir compte, le cas échéant, des rémunérations versées aux apprentis, aux salariés sous contrat de professionnalisation, etc.

Et vous, dirigeant de société ? A priori, vous n’êtes pas concerné : votre rémunération, perçue en qualité de dirigeant, ne sera pas prise en compte pour le calcul du crédit d’impôt. Seule la rémunération versée au titre de votre mandat social est toutefois exclue : si vous cumulez un contrat de travail avec votre mandat social, la rémunération perçue à ce titre sera prise en compte. Il faut cependant rappeler que des conditions strictes doivent être respectées pour qu’un tel cumul soit valablement admis : vous devez exercer des fonctions techniques, distinctes de votre mandat social, dans le cadre d’un lien de subordination avec la société.

Et vous, exploitant individuel ? La même sanction s‘applique : parce que la rémunération d’un exploitant individuel est représentée par le bénéfice même de l’entreprise, elle ne peut pas être prise en compte dans le calcul du crédit d’impôt.

Ce n’est pas « gratuit ». Le CICE a pour objet de financer l’amélioration de la compétitivité des entreprises : vous devez donc faire des efforts d’investissements, de recherche, de recrutement, etc. La Loi précise que vous ne pouvez pas utiliser ce CICE, ni pour financer une hausse de la part des bénéfices distribués, ni pour augmenter vos rémunérations perçues au titre de vos fonctions de direction.

Pas de sanction ? Sachez toutefois que l’absence d’utilisation du CICE conformément à ces objectifs ne sera pas sanctionnée. Il vous est toutefois demandé de faire le bilan de l'utilisation du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi : à ce titre, vous devez faire figurer, sous la forme d’une description littéraire, des informations relatives à l’utilisation du CICE en annexe du bilan ou dans une note jointe aux comptes (l’administration précise que ces informations ne conditionnent pas l’attribution du CICE, mais correspondent à une obligation de transparence).

Le saviez-vous ?

Vous devez informer et consulter les membres de votre comité social et économique, s’il existe, ou de votre comité d’entreprise ou, à défaut, vos délégués du personnel, sur l’utilisation faite du CICE : l’objectif de cette consultation est de permettre à vos représentants du personnel de s’assurer que le CICE est effectivement utilisé conformément aux objectifs poursuivis (en vue de contribuer aux efforts d’investissements, de recherche, de recrutement, etc.).

Si vos représentants du personnel estiment que les informations communiquées ne sont pas conformes à l’objet même du CICE, ils pourront vous demander des explications. A défaut d’explications suffisantes, ils pourront alerter les pouvoirs publics en transmettant un rapport circonstancié au comité régional de suivi du CICE.

A noter. De nombreux entrepreneurs se sont plaints de subir un chantage au CICE qui consiste à subir de la part de leurs clients professionnels des pressions tendant à leur rétrocéder une partie des sommes perçues au titre du CICE sous forme d’une baisse de leurs tarifs. Pour information, ce type de pratique constitue une pratique abusive illicite. En effet :

  • les clauses prévoyant la possibilité de bénéficier rétroactivement de remises ou de ristournes sont nulles de plein droit ;
  • la demande de rétrocession des avantages tirés du CICE peut également constituer une soumission ou une tentative de soumission à une obligation créant un « déséquilibre significatif dans les droits et obligations des parties », sanctionnée par la Loi ;
  • si par ailleurs, la demande s'accompagne d'une menace de rupture de la relation commerciale, la pratique sera également sanctionnée par le Code de Commerce qui prohibe l'obtention ou la tentative d'obtention de conditions manifestement abusives concernant les prix sous la menace d'une rupture brutale des relations commerciales.


Crédit d'impôt pour la compétitivité et l’emploi : combien ?

Une base de calcul. Vous prenez en compte les rémunérations versées au cours de l’année civile, quelle que soit la date de clôture de votre exercice (en cas de clôture en cours d’année, le crédit d’impôt est calculé en prenant en compte les rémunérations versées au titre de la dernière année civile). Bien entendu, vous ne tenez compte que des rémunérations n’excédant pas 2,5 fois le SMIC (soit 53007.5 € pour l’année 2024) : les rémunérations supérieures à 2,5 fois le SMIC ne sont pas prises en compte, même pour leur fraction inférieure à ce seuil.

Un taux. Le CICE est égal à 6 % des rémunérations versées à compter du 1er janvier 2018.

A noter. Dans les départements d’Outre-mer (La Réunion, Guadeloupe, Martinique, Guyane, Mayotte), le taux est fixé à 7,5 % pour les rémunérations versées en 2015 et à 9 % pour les rémunérations versées à compter du 1er janvier 2016.

Attention. Le CICE est supprimé depuis le 1er janvier 2019, sauf à Mayotte. Sur le territoire de Mayotte, le CICE est maintenu dans les conditions jusqu’à présent applicables : application d’un taux de 9 % assis sur les rémunérations n’excédant pas 2,5 SMIC.

Le saviez-vous ?

Pour être effectivement prises en compte, les rémunérations doivent constituer des charges déductibles du résultat imposable de votre entreprise (ce qui suppose donc qu’elles répondent aux conditions générales de déduction des charges, et notamment qu’elles correspondent à un travail effectif et soient exposées dans l’intérêt de l’exploitation).

A noter. Les mêmes dépenses de rémunération peuvent entrer dans la base de calcul du CICE et d'un autre crédit d'impôt. Ainsi, par exemple, les rémunérations versées peuvent être retenues dans la base de calcul du CICE et dans celle du crédit d'impôt recherche. A l'inverse, les rémunérations retenues dans le calcul du CICE ne peuvent pas l'être, par exemple, dans celle du crédit d'impôt en faveur des métiers d'art.


Crédit d'impôt pour la compétitivité et l’emploi : comment ?

Imputable sur l’impôt de votre entreprise. Le CICE s’impute sur l’impôt sur les bénéfices de l’entreprise. Si le montant de l’impôt n’est pas suffisant, l’excédent (qui constitue pour vous une créance fiscale) peut être utilisé au paiement de l’impôt dû au titre des 3 années suivantes (la fraction de cette créance non utilisée est remboursée à l’expiration de ces 3 ans). L’administration a précisé que cette créance fiscale ne constitue pas un produit imposable du résultat de l’exercice au titre duquel vous la constatez (il faut donc déduire le montant de cette créance de manière extracomptable dans le cadre de la détermination du résultat fiscal).

Un remboursement immédiat ? Certaines entreprises peuvent toutefois obtenir le remboursement immédiat de la créance de CICE. Il s’agit :

  • des entreprises nouvelles,
  • des jeunes entreprises innovantes,
  • des PME n’employant pas plus de 250 personnes, et dont le chiffre d’affaires n’excède pas 50 M€ ou dont le total de bilan est inférieur à 43 M€,
  • des entreprises qui font l’objet d’une procédure de conciliation, de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire.

En matière d’IS. Une créance de CICE qui n'a pas pu être imputée en totalité sur le solde de l'impôt peut s'imputer sur les acomptes d'IS dus au titre de l'exercice suivant (il s’agira des acomptes d’IS versés postérieurement au dépôt des déclarations relatives au CICE). Ce qui vous offre en pratique un choix si votre société répond à la définition de la PME : soit vous en demandez le remboursement immédiat, soit vous l’utilisez pour payer vos acomptes d’IS à venir.

Le saviez-vous ?

Un site internet spécialement dédié au CICE a été mis en place par le Gouvernement (www.ma-competitivite.gouv.fr) : sur ce site, vous obtiendrez, outre des informations sur ce crédit d’impôt, un simulateur qui vous permettra d’estimer le montant du crédit d’impôt que vous pourriez obtenir.

Pour information. Le montant du CICE doit être comptabilisé au crédit d'un sous- compte dédié du compte 64 – « charges de personnel ». Par voie de conséquence, et dans la mesure où les charges de personnel ne sont pas déductibles de la valeur ajoutée, le CICE n'a pas d'impact sur le calcul de la valeur ajoutée et donc sur la cotisation sur la valeur ajoutée due par votre entreprise. 

Vos obligations déclaratives. Vous êtes soumis à plusieurs obligations déclaratives, tant auprès du service des impôts des entreprises que des services de l’URSSAF dont relève votre entreprise.

Une obligation « sociale ». Vous devez mentionner le montant cumulé de la masse salariale et le nombre de salariés concernés par le CICE sur vos bordereaux URSSAF (une ligne spécifique « Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi » est mise en place). Sur chaque bordereau figurera, en pratique, le montant de la masse salariale calculé depuis le mois de janvier de l’année concernée. Ces données sont ensuite transmises par l’URSSAF, à la direction générale des finances publiques, au moyen des déclarations obligatoires relatives aux cotisations et contributions sociales suivant une périodicité mensuelle ou trimestrielle.

Des obligations « fiscales ».

  • vous devez, tout d’abord, souscrire une déclaration qui permettra de déterminer le montant du crédit d’impôt dont vous pouvez bénéficier ;
  • le montant du crédit d’impôt doit, ensuite, être mentionné sur votre liasse fiscale (tableau n° 2058-B ou 2033-D) ; si vous exercez votre activité dans le cadre d’une entreprise relevant de l’impôt sur le revenu, n’oubliez pas de reporter le montant du crédit d’impôt (ou la quote-part) vous revenant sur votre déclaration de revenus.

A noter. Le crédit d’impôt est à reporter sur la déclaration n° 2069-RCI-SD (intitulé Réductions et crédits d’impôts de l’exercice), à déposer en même temps que la déclaration de résultats. Vous n’avez plus à déposer la déclaration spéciale n° 2079-CICE-SD (mais, parce qu’elle vous permet de calculer ce crédit d’impôt, vous devez toujours la remplir et la conserver puisqu’elle pourra vous être réclamée par l’administration).

Attention. Depuis le 1er janvier 2018, la déclaration spéciale n°2069-RICI doit obligatoirement être souscrite par voie électronique (sauf pour les auto-entrepreneurs).

Le saviez-vous ?

Lors de leurs contrôles, les URSSAF portent à votre connaissance les observations faites au cours du contrôle, relatives aux rémunérations éligibles au CICE. A l’issue du délai qui vous est ouvert pour répondre à ces observations, le résultat des contrôles effectués est transmis à l’administration fiscale.

A retenir

Le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi est égal à 6 % du montant des rémunérations versées, au cours de l’année, n’excédant pas 2,5 fois le SMIC (soit 53007.5 € pour l’année 2024).

Pour en bénéficier, vous devez remplir une demande spécifique à adresser à votre service des impôts (déclaration n° 2079-CICE-SD), et compléter vos déclarations URSSAF en indiquant la masse salariale éligible au crédit d’impôt et l’effectif salarié concerné par ce dispositif.

J'ai entendu dire

Mon entreprise clôture son exercice le 31 mars 2018. Pouvez-vous me préciser les modalités d’imputation du crédit d’impôt, compte tenu du décalage entre la prise en compte des rémunérations versées au cours de l’année civile et une durée d’exercice qui ne coïncide pas avec l’année civile ?

Le CICE est calculé sur la base des rémunérations versées au cours de l’année civile et s’impute sur l’impôt sur les bénéfices dû par l’entreprise. Si votre exercice ne coïncide pas avec l’année civile, vous devez imputer ce crédit d’impôt sur l’impôt dû au titre de l’exercice clos l’année qui suit celle pendant laquelle les rémunérations ont été versées. Dans votre cas, le CICE calculé sur les rémunérations versées en 2017 s’imputera sur l’impôt dû au titre de votre exercice clos le 31 mars 2018.

J’ai entendu parler d’un préfinancement du CICE : de quoi s’agit-il ?

Le préfinancement du CICE correspond, en réalité, à une avance de trésorerie : plutôt que d’attendre 2019 pour bénéficier de l’économie fiscale réalisée à raison des salaires versés en 2018, vous pouvez obtenir un préfinancement du CICE prévisionnel. Vous pouvez faire cette demande auprès de votre banque, mais aussi auprès de la banque publique d’investissement (Bpifrance Financement, ex-OSEO) qui est en mesure de proposer ce préfinancement (via son dispositif « Avance + Emploi »).

Des démarches particulières doivent être faites : vous devez notamment obtenir de votre expert-comptable une évaluation certifiée du montant de votre CICE (on parle de « créance en germe »), vous contactez votre banque qui informera de son côté l’administration fiscale de la cession de cette créance en germe, laquelle lui notifiera une déclaration n° 2577-SD (« Préfinancement du CICE – Certificat délivré par l’administration fiscale ») précisant que la créance n’a pas déjà fait l’objet d’une cession ou d’un nantissement. Au moment où vous déclarez vos résultats, vous déclarez cette créance, en précisant que la créance a fait l’objet d’une cession. L’administration transmettra à la banque un certificat de créance, ce qui permettra à cette dernière d’obtenir la restitution de la créance qu’elle vous aura versée par anticipation.

N’oubliez pas que ce préfinancement n’en demeure pas moins un concours bancaire qui pourra générer des frais de dossiers, des commissions d’engagement et des intérêts d’emprunt.
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Sources
  • Article 244 Quater C du Code Général des Impôts
  • BOFiP-Impôts-BOI-BIC-RICI-10-150
  • BOFiP-Impôts-BOI-IS-DECLA-20-10
  • Loi n° 2013-504 du 14 juin 2013 relative à la sécurisation de l’emploi, article 8
  • Loi de Finances pour 2017 n° 2016-1917 du 29 décembre 2016 (article 72)
  • Décret n° 2013-1236 du 23 décembre 2013 relatif aux modalités d’application du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi prévu à l’article 244 quater C du Code Général des Impôts
  • Note d’information de l’Autorité des Normes Comptables du 28 février 2013 sur le traitement comptable en règles françaises du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE)
  • Réponse ministérielle STURNI du 2 avril 2013, n° 17365 – Assemblée Nationale (non prise en compte de la rémunération de l’exploitant individuel)
  • Réponse ministérielle Mignon, Assemblée Nationale, du 2 septembre 2014, n° 36457 (sanctions des pratiques liées au chantage au CICE)
  • Décret n° 2016-395 du 31 mars 2016 portant simplification des obligations déclaratives relatives à certains crédits et réduction d'impôt
  • Dossier de presse du Ministère de l’Economie et des Finances du 9 septembre 2016
  • Loi n°2017-1837 du 30 décembre 2017 de Finances pour 2018 (article 86)
  • www.impots.gouv.fr
  • Loi de Finances pour 2019 du 28 décembre 2018, n°2018-1317, article 155
  • Arrêt du Conseil d’Etat du 16 avril 2019, n° 422868 (calcul seuil effectif et remboursement anticipé de la créance)
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Crédit d'impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) : comment le calculer ?

Date de mise à jour : 09/11/2021 Date de vérification le : 09/11/2021 18 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Dans le cadre du Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi, il a été décidé la mise en place d’un crédit d’impôt spécifique qui a pour objet affiché de diminuer le coût du travail : le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Comme toujours avec ce type de dispositif, rien n’est vraiment simple… Essayons d’y voir un petit peu plus clair, notamment en ce qui concerne ses modalités de calcul…

Rédigé par l'équipe WebLex.
Crédit d'impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) : comment le calculer ?


CICE : quels sont les salariés concernés ?

Attention. Le CICE est supprimé depuis le 1er janvier 2019, sauf à Mayotte. Les développements suivants ne sont donc plus applicables.

Une condition liée à l’emploi. Il s’agit là de la condition principale que vous devez respecter pour bénéficier du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) : votre entreprise doit employer du personnel salarié, puisque la base de calcul de cet avantage fiscal est constituée par les rémunérations versées aux salariés. Que faut-il entendre par « personnel salarié » ?

Quels « salariés » ? Tous les salariés de l’entreprise sont potentiellement visés par ce dispositif, quels que soient leurs statuts. Mais seuls ceux dont la rémunération n’excède pas 2 fois et demie le SMIC (soit 53007.5 € pour l’année 2024) seront effectivement pris en compte. Vous pouvez donc tenir compte des rémunérations versées à vos salariés embauchés en CDI, en CDD, mais aussi aux apprentis, aux salariés sous contrat de professionnalisation, etc. Quelques particularités méritent toutefois d’être soulignées…

En ce qui concerne les dirigeants d’entreprise. La rémunération que vous percevez, en qualité de dirigeant, au titre de votre mandat social ne sera pas prise en compte pour le calcul du crédit d’impôt. Seule la rémunération versée au titre de votre mandat social est toutefois exclue : si vous cumulez un contrat de travail avec votre mandat social, la rémunération perçue à ce titre sera prise en compte (ce cumul suppose l’exercice de fonctions techniques, distinctes de votre mandat social, exercées dans le cadre d’un lien de subordination avec la société).

En ce qui concerne les exploitants individuels. La rémunération d’un entrepreneur individuel est représentée par le bénéfice même réalisé par l’entreprise. A ce titre, cette rémunération est donc exclue du calcul du crédit d’impôt. L’administration justifie cette exclusion en précisant notamment qu’il est difficile d’apprécier le niveau de rémunération d’un exploitant individuel, dès lors que le temps de travail n’est pas mesuré.

En ce qui concerne les intérimaires. L’intérim se caractérise par une relation tripartite : l’agence d’intérim emploie un salarié dit « intérimaire » qui va le mettre à votre disposition. En qualité d’entreprise « utilisatrice », vous ne rémunérez pas directement le salarié intérimaire. Pour cette raison, c’est l’entreprise de travail temporaire qui bénéficiera du CICE, au titre de la rémunération versée à l’intérimaire. Voilà un élément dont il faut désormais tenir compte dans votre politique d’embauche…

En ce qui concerne les salariés en mission. Si vous mettez du personnel salarié à disposition d’une autre entreprise, vous bénéficierez du CICE au titre des rémunérations que vous leur versez (y compris si cette rémunération vous est remboursée par l’entreprise bénéficiaire). Il en sera de même pour les entreprises qui envoient des salariés en mission à l’étranger. A contrario, si vous avez dans vos effectifs du personnel mis à votre disposition par une autre entreprise, vous ne pouvez pas prendre en compte leurs rémunérations pour le calcul de votre CICE.

En ce qui concerne les stagiaires. Les rémunérations des stagiaires en entreprise ne sont pas prises en compte pour le calcul du CICE.


CICE : quelles sont les rémunérations prises en compte ?

Une règle a priori simple. Le CICE est égal à 6 % des rémunérations qui n’excèdent pas 2,5 SMIC versées (soit 53007.5 € pour l’année 2024) à compter du 1er janvier 2018(dans les départements d’Outre-mer : 7,5 % en 2015 et 9 % pour les rémunérations versées à compter du 1er janvier 2016). Cette règle se veut donc simple : vous prenez uniquement en compte les rémunérations qui n’excèdent pas 2 fois et demie le SMIC (soit 53007.5 € pour l’année 2024). Là où ce calcul se complique, c’est lorsque l’on entre un peu plus dans le détail et dans la vie concrète des entreprises : faut-il prendre en compte les heures complémentaires ou supplémentaires ? Comment sont gérés les contrats à durée déterminée ? Faut-il prendre en compte les frais professionnels, l’intéressement, etc. ?

Attention. Le CICE est supprimé depuis le 1er janvier 2019, sauf à Mayotte. Sur le territoire de Mayotte, le CICE est maintenu dans les conditions jusqu’à présent applicables : application d’un taux de 9 % assis sur les rémunérations n’excédant pas 2,5 SMIC.

Mais qui peut se compliquer… Force est de constater que le calcul du CICE est effectivement tout sauf simple. En quelques lignes, analysons les éléments essentiels que tout employeur doit connaître pour appréhender au mieux ce dispositif.

La détermination du plafond : 2,5 SMIC. Pour que la rémunération de vos salariés soit prise en compte, elle ne doit pas dépasser 2,5 fois le SMIC (soit 53007.5 € pour l’année 2024), prise individuellement. Les rémunérations supérieures à 2,5 fois le SMIC (soit 53007.5 € pour l’année 2024) ne sont donc pas retenues, même pour leur fraction inférieure à ce plafond.

La valeur du SMIC à prendre en compte. Vous devez tenir compte du SMIC calculé pour un an sur la base de la durée légale du travail (pour les salariés relevant du forfait jours, le forfait correspondant à cette durée légale est de 218 jours). La valeur annuelle du SMIC est égale à 1 820 fois le SMIC horaire ou 12 fois le SMIC mensuel. Si vous rémunérez mensuellement vos salariés sur la base de 151,67 heures, il est admis de prendre en compte le SMIC sur la base de 12 fois cette valeur.

En cas de revalorisation du SMIC. Si le SMIC est revalorisé en cours d’année, il faut en tenir compte. Par exemple, si la valeur du SMIC au 1er janvier de l’année N, égale à 9,40 €, passe à 9,43 € le 1er juillet de l’année N, la valeur annuelle est égale à 17 135,68 €, soit : (9,40 € x 6 mois x 151,67 heures) + (9,43 € x 6 mois x 151,67).

Les heures complémentaires ou supplémentaires. Le nombre d’heures complémentaires ou supplémentaires est ajouté à la durée légale du travail, sans prise en compte des majorations auxquelles elles donnent lieu, pour le calcul du plafond de 2,5 fois le SMIC : une heure supplémentaire ou complémentaire sera comptée pour 1, à condition qu’elle soit rémunérée au moins comme une heure normale.

Exemple. Vous rémunérez un salarié sur la base de 2,4 fois le SMIC. Il a effectué 40 heures supplémentaires sur l’année, dont la rémunération est majorée de 25 % :

  • sur la base du SMIC horaire au 1er janvier 2023 égal à 11.65 €, sa rémunération annuelle est donc égale à 45 014,64 €, selon la formule suivante : (2,4 x 1 820 x 11.65) + [(2,4 x 40 x (11.65 + 25 %)] ;
  • le plafond retenu pour le calcul du CICE, compte tenu des heures supplémentaires, est égal à 46 639,5 €, selon le calcul suivant : 2,5 x [(1 820 x 11.65) + (40 x 11.65)] ;
  • la rémunération de ce salarié est donc éligible au CICE.

Pour les salariés à temps partiel. Le plafond de 2,5 fois le SMIC (soit 53007.5 € pour l’année 2024) est, dans ce cas, corrigé à proportion de la durée de travail du salarié. Par exemple, pour un salarié travaillant à 80 %, le plafond est égal à 41022,8 €, selon le calcul suivant : 2,5 x 1 820 x 11.65 x 80 %. Ce plafond sera comparé avec la rémunération totale perçue par le salarié concerné pour vérifier si elle rentre dans la base de calcul du CICE.

Pour les salariés en CDD. Le calcul se fera de la même manière que pour les salariés embauchés en contrat à durée indéterminée. Que se passe-t-il toutefois si vous concluez, pour un même salarié, plusieurs CDD entrecoupés de période « hors contrat » ? Dans cette hypothèse, le crédit d’impôt va se calculer contrat par contrat.

La rémunération prise en compte. La base de calcul du crédit d’impôt est constituée par la rémunération brute versée au salarié au cours de l’année civile, soumise aux cotisations sociales, et effectivement admise en déduction du résultat imposable de votre entreprise. Vous devez donc tenir compte du salaire brut proprement dit, mais aussi des indemnités de congés payés, des primes, des avantages en nature, des heures supplémentaires (y compris, cette fois, en tenant compte des majorations), etc. Par contre, certains éléments ne doivent pas être pris en compte.

Le saviez-vous ?

Pour certaines entreprises adhérant obligatoirement à une caisse de congés payés (secteur du BTP et du transport notamment), le CICE, calculé sur la base des rémunérations éligibles, est majoré du rapport 100/90, par référence à la valeur fixée pour le calcul de la réduction Fillon.

En ce qui concerne les frais professionnels. Ils sont exclus de la base de calcul du crédit d’impôt. Pour les professions qui appliquent une déduction forfaitaire pour frais professionnels, retenez que la base de calcul du crédit d’impôt est constituée de la rémunération versée après application de cette déduction.

En ce qui concerne l’intéressement et la participation. Les primes liées à l’intéressement et à la participation des salariés aux résultats de l’entreprise ne sont pas prises en compte pour le calcul du CICE.

Le saviez-vous ?

Certains contrats aidés bénéficient d’une aide spécifique. Ce sera le cas par exemple du contrat initiative emploi. Si vous êtes dans ce cas, sachez que l’aide financière doit être déduite de la base de calcul du crédit d’impôt, pour son montant total accordé au titre de l’année civile.

A noter. Les mêmes dépenses de rémunération peuvent entrer dans la base de calcul du CICE et d'un autre crédit d'impôt. Ainsi, par exemple, les rémunérations versées peuvent être retenues dans la base de calcul du CICE et dans celle du crédit d'impôt recherche. A l'inverse, les rémunérations retenues dans le calcul du CICE ne peuvent pas l'être, par exemple, dans celle du crédit d'impôt en faveur des métiers d'art.

A retenir

Retenez que seules les rémunérations individuelles qui n’excèdent pas 2,5 fois le SMIC (soit 53007.5 € pour l’année 2024) sont prises en compte (celles qui dépassent ce plafond n’entrent pas dans le calcul du CICE, même pour leur fraction inférieure à ce plafond).

La rémunération à prendre en compte s’entend du salaire proprement dit, des primes diverses, des avantages en nature. Ne tenez pas compte des frais professionnels ni de l’intéressement et de la participation aux résultats de l’entreprise.

J'ai entendu dire

Le fait de bénéficier d’une réduction de cotisations sociales a-t-il une incidence sur le calcul du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi ?

Non : l’administration a précisé que l'existence de dispositifs d'exonération de cotisations sociales dont peuvent bénéficier les rémunérations des salariés concernés est sans incidence sur l'éligibilité de ces rémunérations au crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi.

Comment faire en cas de rappels de salaires ? Peut-on en tenir compte pour le calcul du CICE ?

Voici la position de l’administration sur ce sujet : dans le cas où la rémunération d'un mois est versée au cours du mois suivant en raison d'une erreur dans l'établissement de la paie, si cette situation est avérée, notamment par la mention « rappel de salaire » sur le bulletin de paye, le mois régularisé ultérieurement peut être reconstitué pour le calcul du crédit d'impôt. Par ailleurs, si des rappels de salaire font l’objet de versements postérieurs au départ du salarié, ces montants devront être réintégrés à la rémunération prise en compte pour le calcul du crédit d'impôt au titre de l’année à laquelle se rapportent les rappels de salaires.
 
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Sources
  • Article 244 Quater C du Code Général des Impôts
  • BOFiP-Impôts-BOI-BIC-RICI-10-150
  • Loi de Finances pour 2017 n° 2016-1917 du 29 décembre 2016 (article 72)
  • Réponse ministérielle STURNI du 2 avril 2013, n° 17365 – Assemblée Nationale (non prise en compte de la rémunération de l’exploitant individuel)
  • Dossier de presse du Ministère de l’Economie et des Finances du 9 septembre 2016
  • Loi n°2017-1837 du 30 décembre 2017 de Finances pour 2018 (article 86)
  • Loi de Finances pour 2019 du 28 décembre 2018, n°2018-1317, article 155
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La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) : de quoi s’agit-il ?

Date de mise à jour : 15/02/2023 Date de vérification le : 15/02/2023 5 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

La responsabilité sociétale des entreprises, plus communément appelée la RSE, a pour objectif de placer l’enjeu environnemental au cœur du fonctionnement de l’entreprise. Bien que de nombreux textes nourrissent le sujet, aucun, pour le moment, ne vient poser de cadre clair. La RSE vous concerne-t-elle ? Quelles sont les actions à mettre en place ? Éléments de réponse…

Rédigé par l'équipe WebLex.
La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) : de quoi s’agit-il ?

RSE : une dynamique volontaire et un label pour l’entreprise

Définition. La RSE (responsabilité sociétale des entreprises) est l’intégration volontaire, par les entreprises, de préoccupations sociales et environnementales dans leurs activités commerciales et leurs relations avec les tiers. Ce concept s’articule autour de 7 grands thèmes :

  • la gouvernance de l’organisation ;
  • les droits de l’Homme ;
  • les relations et conditions de travail ;
  • l’environnement ;
  • la loyauté des pratiques ;
  • les enjeux liés aux clients / consommateurs ;
  • l’implication dans les territoires (développement local).

Entreprises concernées. Actuellement, cette démarche n’est pas une obligation pour les entreprises. Toutefois, elle est ouverte aux entreprises de toutes tailles, de toutes formes et de tous secteurs d’activité.

Norme ISO 26000. Ainsi, les entreprises qui souhaitent prouver leur engagement écoresponsable (et donc, gagner en attractivité) peuvent se servir de la norme ISO 26000. Il s’agit, sur cette base, d’obtenir « un label » qui atteste de la mise en œuvre des normes internationales en matière de RSE. Il existe plusieurs labels, délivrés, par exemple, par l’Afnor ou encore Ecocert.


RSE : un exemple, des outils

Entreprise à mission. Les entreprises soucieuses d’agir en ce sens peuvent, par exemple, inscrire dans leurs statuts « la raison d’être » de l’entreprise, les objectifs sociaux et environnementaux qu’elles se donnent pour mission de poursuivre dans le cadre de leurs activités et les modalités de contrôle de cet engagement. On appelle ce type de structure des « sociétés à mission ». Si vous souhaitez plus d’informations sur ce sujet, vous pouvez consulter notre fiche dédiée.

Des outils. Si vous souhaitez obtenir de l’aide dans votre démarche RSE, vous pouvez vous connecter sur la plateforme RSE ou vous rapprocher de votre CCI.

A retenir

La RSE consiste, pour les entreprises, à mesurer l’impact de leur activité sur une échelle sociale et environnementale. L’idée est de développer son activité en considération du développement durable et des droits humains. Bien qu’il s’agisse, pour la plupart des entreprises, d’une démarche volontaire, la RSE constitue aujourd’hui un critère de compétitivité, de valorisation et d’attractivité de l’entreprise.

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Blockchain : un régime pilote pour tester et innover

Date de mise à jour : 29/06/2022 Date de vérification le : 25/07/2023 4 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

La blockchain est une nouvelle technologie qui permet d’innover… quand le cadre juridique le lui permet. Ce qui n’est pas forcément toujours le cas. Pour lever les freins existants, un « régime pilote » est mis en place. Explications.

Rédigé par l'équipe WebLex.
Blockchain : un régime pilote pour tester et innover

Blockchain : des freins à l’innovation

La blockchain est une jeune technologie encore en pleine innovation dans divers domaines.

Exemple de secteur d’innovation. L’un des domaines expérimentaux est celui des instruments financiers, qui profite des possibilités offertes par l’émergence des crypto-actifs qualifiables d’instruments financiers (dits « security tokens »). Dans ce domaine, il faut faire très attention à ce que l’innovation ne mette pas à mal la nécessaire protection des investisseurs, ainsi que l'intégrité du marché.

Problème : les différentes réglementations mises en place par l’Union européenne (UE) élaboré pour les systèmes financiers préexistants peuvent constituer un frein à l’innovation…


Blockchain : lever les freins à l’innovation

Pour lever les freins à l’innovation tout en garantissant un niveau de protection suffisant aux investisseurs, un « régime pilote » est mis en place. Il est applicable depuis le 23 mars 2023, pour 3 ans (renouvelable 1 fois), et pourra être pérennisé selon les résultats obtenus.

Le régime pilote crée de nouveaux acteurs économiques : les infrastructures de marché ayant recours à des technologies de registres distribués (Distributed Ledger Technology ou « DLT »), donc à la blockchain.

La catégorie des DLT comporte 3 acteurs, à savoir :

  • le système multilatéral de négociation DLT ou « MTF DLT », un système multilatéral de négociation de titres tokénisés qui n’admet à la négociation que des instruments financiers DLT ;
  • le système de règlement DLT ou « SR DLT », un système de règlement de titres tokénisés qui règle des transactions sur des instruments financiers DLT ;
  • le système de négociation et de règlement DLT ou « SNR DLT » qui permet à une même entité de combiner la négociation et le règlement-livraison de titres financiers tokénisés.

Concrètement, le régime pilote autorise les acteurs précités à déroger aux différentes réglementations préexistantes, afin d’innover, dans le respect des conditions qu’il fixe.

Pour aider les entreprises concernées par la levée des freins dans ce domaine de la blockchain, l’Autorité des marchés Financiers (AMF) les invite à se rapprocher d’elle via le lien suivant : Contact Innovation & Finance Digitale.

À retenir

Pour innover dans le secteur des instruments financiers grâce à la blockchain, il est possible, pour les entreprises relevant de la catégorie des DLT, de déroger aux différentes réglementations existantes. Cette dérogation, applicable depuis le 23 mars 2023, pendant 3 ans, est issue d’un « régime pilote ».

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