Plan de résilience : création d’une aide financière pour les entreprises grandes consommatrices d’énergie
Une aide financière pour qui ? Combien ?
- Pour qui ?
Les entreprises grandes consommatrices d'énergie qui ont subi une hausse des coûts d'approvisionnement de gaz naturel et/ou d'électricité entre mars 2022 et août 2022 et dont l'activité est particulièrement affectée par la guerre en Ukraine peuvent bénéficier d’une aide financière pour la période allant du 1er mars 2022 au 31 août 2022.
Pour obtenir cette aide, il faut remplir plusieurs conditions. Ainsi, l’entreprise doit notamment :
- avoir été créée avant le 1er décembre 2021 ; s’il s’agit d’une association, elle doit être assujettie aux impôts commerciaux ou employer au moins 1 salarié ;
- avoir des achats de gaz et/ou d'électricité atteignant au moins 3 % de son chiffre d'affaires en 2021 ;
- avoir subi un doublement du prix du gaz et/ou de l'électricité sur la période éligible par rapport à une moyenne de prix sur l'année 2021 au titre de l’un des mois de la période éligible trimestrielle considérée (soit des mois de mars à mai 2022, soit des mois de juin à août 2022) ;
- etc.
- 1 aide, 2 plafonnements
Au titre de la période allant du 1er mars 2022 au 31 août 2022, le montant de l’aide versée peut faire l’objet de 2 plafonnements :
- le premier à 2 M€ ;
- le second à 25 M€, voire à 50 M€ pour certaines entreprises.
Le plafond de l’aide applicable à chaque entreprise dépend notamment de l’évaluation, par un expert-comptable ou par un commissaire aux comptes, de son excédent brut d’exploitation (EBE) gaz et électricité sur la période éligible.
Plus précisément, il est prévu que le montant de l'aide est égal, selon la situation de l’entreprise, à :
- 30 % des coûts éligibles, avec un plafond à 2 M€ pour les entreprises subissant une baisse d'excédent brut d'exploitation (EBE) de 30 % par rapport à 2021 ou ayant un EBE négatif ;
- 50 % des coûts éligibles plafonné à 25 M€, pour les entreprises dont l'EBE est négatif et dont l'augmentation des coûts éligibles s'élève au moins à 50 % de la perte d'exploitation ;
- 70 % des coûts éligibles avec un plafond à 50 M€, pour les entreprises qui respectent les critères de l'aide plafonnée à 25 M€ et qui exercent leur activité principale dans un ou plusieurs des secteurs et sous-secteurs listés par le gouvernement (comme la production d’aluminium, la sidérurgie, etc.).
Dans ces 2 derniers cas, l’aide est limitée à 80 % du montant des pertes.
- Quand ?
La demande d'aide, qui est trimestrielle, doit être faite sur Internet, à partir d’un modèle-type disponible sur le site www.impots.gouv.fr, dans les délais suivants :
- au titre des mois de mars, avril et mai 2022, elle est déposée dans un délai de 45 jours à compter du 4 juillet 2022 ;
- au titre des mois de juin, juillet et août 2022, elle est déposée dans un délai de 45 jours à compter du 15 septembre 2022.
La demande doit être accompagnée d’un grand nombre de pièces justificatives, dont la teneur diffère selon le montant de plafonnement de l’aide applicable à l’entreprise éligible.
Pour consulter la liste des pièces justificatives à joindre à la demande :
- Décret n° 2022-967 du 1er juillet 2022 instituant une aide visant à compenser la hausse des coûts d'approvisionnement de gaz naturel et d'électricité des entreprises particulièrement affectées par les conséquences économiques et financières de la guerre en Ukraine
- Communiqué de presse du ministère de l’Economie du 2 juillet 2022
Interdiction des moteurs thermiques pour les voitures neuves dès 2035
Fin des moteurs thermiques : un objectif européen
Dans le cadre du Plan vert pour l’Europe, un ensemble de mesures vont être adoptées afin de réduire, d’ici 2030, les émissions de CO2 de 55 % par rapport à 1990 et de viser la neutralité climatique en 2050.
A cet effet, le Parlement européen a voté l’interdiction de la vente de véhicules neufs à moteur essence ou diesel au sein de l’Union européenne et ce, dès 2035.
Un répit est laissé pour les « automobiles de luxe » : ces véhicules pourront être équipés d’un moteur thermique jusqu’en 2036.
Dernière précision : la filière automobile ne pourra pas commercialiser de véhicules hybrides performants ou de véhicules utilisant des biocarburants. Seuls seront autorisés les véhicules électriques.
Affaire à suivre...
- Vie-publique.fr, actualité du 29 juin 2022, « Union européenne : vers l'interdiction de voitures neuves à moteur thermique dès 2035 »
Concurrence et consommation : quoi de neuf en matière de contrôle ?
Concurrence et consommation : légers ajustements techniques
Pour mémoire, les services chargés de la concurrence et de la consommation ont notamment pour mission de s’assurer que la règlementation relative à la liberté des prix et à la concurrence est pleinement respectée par les entreprises.
Dans le cadre de cette mission, les agents habilités procèdent à diverses enquêtes qui donnent lieu à l’établissement de procès-verbaux.
Par principe, ceux-ci doivent énoncer la nature, la date et le lieu des constatations ou des contrôles effectués.
Jusqu’à présent, les procès-verbaux devaient, sauf exception, être signés par la personne concernée par les investigations. Cette exigence a été supprimée au 4 juillet 2022.
Dans le cadre de la recherche et de la constatation d’infractions, les agents des services de la concurrence et de la consommation peuvent également être amenés à effectuer des prélèvements d’échantillons.
A ce sujet, il est désormais prévu, conformément à la règlementation européenne, que les opérateurs du secteur alimentaire et de l’alimentation animale ont la possibilité de demander l’avis d’un second expert sur les analyses effectuées dans le cadre d’un contrôle officiel.
En cas de différend entre les agents de contrôle et les opérateurs sur la base de ce second avis, les opérateurs peuvent demander, à leurs propres frais, l’examen documentaire de l’analyse, de l’essai ou du diagnostic initial voire, le cas échéant, une autre analyse, un autre essai ou un autre diagnostic par un autre laboratoire officiel.
- Décret n° 2022-973 du 1er juillet 2022 portant diverses dispositions relatives aux contrôles effectués par les agents des services chargés de la concurrence et de la consommation
Evènements musicaux : des outils pour mesurer l’empreinte carbone des spectacles
2 nouveaux projets innovants
Afin d’encourager l’innovation dans le secteur de la culture, le Gouvernement a lancé, depuis 2012, l’appel à projets « Services numériques innovants » qui est un dispositif permettant de financer et de soutenir de nouvelles solutions numériques innovantes.
Cette année, ce dispositif a récompensé « So Watt ?! » et l’association BMA, 2 initiatives ayant vocation à mesurer l’empreinte carbone des évènements musicaux.
Le dispositif « So Watt ?! », projet de simulateur destiné aux professionnels leur permettant de jauger de la production énergétique de leurs spectacles, a l’avantage de pouvoir être utilisé par les acteurs du secteur de l’évènementiel et permettra au public de pouvoir s’informer sur son impact carbone.
Le projet de BMA, quant à lui, voit plus large et vise plus globalement le développement durable qui s’articulerait autour de 3 axes :
- environnemental ;
- social ;
- territorial.
Le but est de créer un outil permettant un calcul automatisé des évènements culturels, en prenant en compte ces 3 axes. La forme de cet outil reste encore à définir, mais pourrait correspondre à une combinaison entre un logiciel, une application et un site internet.
- Actualité du ministère de la Culture, du 29 juin 2022
Bornes de recharge en immeuble collectif : quoi de neuf ?
Un préfinancement possible
Depuis août 2021, il existe un dispositif de préfinancement des infrastructures collectives de recharge pour véhicules électriques, qui est assuré par le gestionnaire du réseau de distribution ou un opérateur.
En d’autres termes, le coût de l’installation de cette infrastructure n’est pas supporté par le propriétaire de l’immeuble (ou la copropriété, en cas de propriétaires multiples) mais par ses futurs utilisateurs. Il n’y a donc aucune avance de frais par le ou les propriétaires, l’infrastructure étant « remboursée » par les participations des seuls utilisateurs des bornes.
Une convention nécessaire entre l’opérateur et le propriétaire de l’immeuble
S’il est fait le choix d’utiliser ce mécanisme avec un opérateur, une convention doit être signée.
Depuis le 1er juillet 2022, le contenu de cette convention est connu. Elle doit notamment préciser :
- les éléments contractuels essentiels entre l’opérateur et le propriétaire (ou le syndicat des copropriétaires en cas de copropriété) ;
- les conditions générales des relations contractuelles entre l’opérateur et les futurs utilisateurs de points de recharge raccordés à l’infrastructure collective ;
- la nature, l’importance, la durée des travaux d’installation à effectuer ;
- les conditions de gestion, d’entretien et de remplacement des équipements et installations, ainsi que la périodicité des entretiens et des contrôles ;
- etc.
- Décret n° 2022-959 du 29 juin 2022 relatif aux conventions sans frais entre les opérateurs d'infrastructures de recharge pour véhicules électriques et les propriétaires, ou syndicats des copropriétaires, pour l'installation d'une infrastructure collective dans l'immeuble
Crise économique : les acteurs du bâtiment et des travaux publics s’engagent à rester solidaires
Valoriser les comportements exemplaires des acteurs économiques
La pandémie, les confinements, et plus récemment la guerre en Ukraine ont désorganisé les filières de production d’énergie, de matières premières et la chaîne de logistique internationale.
Par solidarité, et pour préserver l’activité et l’emploi dans ce contexte particulier, les acteurs du secteur viennent de s’engager à respecter certaines bonnes pratiques, parmi lesquelles :
- l’accès et la diffusion d’une information fiable sur les perspectives d’approvisionnement ; tous les acteurs sont en effet invités à pouvoir expliciter et justifier les hausses des prix à leurs clients jusqu’au consommateur final ;
- la préservation d’un traitement équitable dans la relation client-fournisseur ; la filière énonce les pratiques à éviter, comme les « augmentations de prix inopinées et brutales dans leur ampleur, sans délai de prévenance raisonnable » et appelle plus généralement à conserver un comportement loyal dans les relations contractuelles ;
- l’aménagement des conditions d’exécution des marchés ; privilégier le dialogue sur le terrain est présenté comme une bonne solution en l’absence de clause contractuelle de rencontre et/ou de réexamen en cas de circonstances imprévues ;
- le recours à la médiation ; la filière recommande le recours aux modes amiables de résolution des différents et plus particulièrement celui au Médiateur des entreprises, qui propose un dispositif d’accompagnement gratuit, simple, rapide et confidentiel.
Vous pouvez retrouver l’ensemble des engagements pris ici.
- Dossier de presse du Gouvernement du 11 juillet 2022 : « Les acteurs du Bâtiment et des Travaux Publics signent une déclaration de solidarité de la filière »
Crédits, livrets d’épargne, services de paiement et assurances : attention aux escroqueries !
Liste noire : 437 nouvelles inscriptions au cours du 2e trimestre 2022 !
L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) tient une liste noire des sites ou entités qui proposent, sans autorisation, en France, des crédits, livrets d’épargne, services de paiement ou encore des contrats d’assurance.
L’ACPR rappelle que cette liste n’est pas exhaustive et qu’il convient, à ce titre, de procéder à une vérification systématique de la qualité de son interlocuteur grâce aux outils suivants :
- registre des agents financiers (REGAFI) ;
- registre des organismes d’assurance (REFASSU) ;
- site de l’Organisme pour le registre unique des intermédiaires en assurance, banque et finance (ORIAS).
Au cours du 2e trimestre 2022, 437 nouvelles inscriptions ont été ajoutées à la liste noire, qui peut être consultée ici.
- Communiqué de presse de l’ACPR du 7 juillet 2022
Lancement de la plateforme pour la finance numérique de l’Union européenne
Fintech : un dialogue renforcé entre entreprises et autorités de contrôle européennes
Afin de renforcer le dialogue entre les entreprises innovantes de la technologie financière (fintech) et les autorités de contrôle européennes, la plateforme pour la finance numérique de l’Union européenne (EU Digital Finance Platform) a été créée. Cette plateforme comprend :
- d’une part l’Observatoire de la finance numérique, qui propose des fonctions interactives (carte géographique des entreprises du domaine, calendrier des événements par exemple) ;
- d’autre part un Portail du forum européen des facilitateurs d’innovation, qui permet notamment d’échanger avec les autorités de contrôle.
Les acteurs de la fintech qui souhaitent bénéficier de ce dispositif sont invités à se créer un compte sur la plateforme européenne pour la finance numérique (en anglais).
De nouvelles fonctionnalités seront ajoutées à la plateforme en 2023.
- Publication du 6 juillet 2022 de la Revue de l’ACPR
Pénalités logistiques : des précisions de l’administration
Des questions/réponses sur les pénalités logistiques
Pour rappel, les pénalités logistiques correspondent à des pénalités infligées à un fournisseur si celui-ci n’exécute pas correctement ses engagements contractuels.
Instituées par la loi dite « Egalim 2 » en octobre 2021, les pénalités logistiques obéissent à des règles très précises que l’administration a souhaité éclaircir.
Ces règles sont établies « sous réserve de l’appréciation souveraine des tribunaux ». Elles peuvent être consultées ici sous forme de questions/réponses.
A titre d’exemple, vous y trouverez des précisions concernant :
- la notion de marge d’erreur ;
- la notion de marge d’erreur ;
- l’interdiction de la déduction d’office ;
- la notion de circonstances indépendantes de la volonté des parties ;
- etc.
- Actualité du 11 juillet 2022 de la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes
Vente de titres et garantie de passif : cas vécu…
Garantie de passif : focus sur l’origine de la dette
Une entreprise (que nous appellerons « le vendeur ») cède les titres d’une société à une autre (que nous appellerons « l’acheteur ») et lui consent, à cette occasion, une « garantie de passif ».
Cette garantie prévoit que le vendeur des titres s’engage à indemniser l’acheteur si une dette, qui trouve son origine dans un évènement antérieur à la vente, vient alourdir le bilan de la société dont les titres sont cédés après la vente.
2 ans plus tard, la société dont les titres ont été vendus licencie un salarié pour inaptitude.
Mécontent, celui-ci saisit le juge, et demande le versement d’une indemnité… ce qui décide l’acheteur à réclamer la mise en œuvre de la garantie de passif.
A tort, selon le vendeur, qui rappelle que l’indemnité susceptible d’être octroyée par le juge au salarié mécontent trouve sa source dans le licenciement : or, cet évènement est postérieur à la vente des titres, ce qui rend inapplicable la garantie de passif !
« Faux », rétorque le juge : l’action en justice du salarié a trait à son licenciement, qui est lui-même la conséquence directe de son inaptitude et donc de l’impossibilité pour la société de le reclasser. Or, cette inaptitude découle elle-même d’un accident de travail dont a été victime le salarié… antérieurement à la vente des titres.
Dès lors, la garantie de passif trouve à s’appliquer, et le vendeur des titres doit effectivement indemniser l’acheteur.
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 6 juillet 2022, n° 21-11483
