Financement de votre entreprise : avez-vous pensé au courtage ?
Courtier en financement professionnel : quelle est sa fonction ?
Appeler votre banquier ? Que ce soit au moment de créer ou de reprendre une entreprise, ou en cours de vie de votre société, pour financer un nouvel investissement par exemple, la recherche de financement est toujours une étape clé. Naturellement, on aura tendance à se rapprocher de son partenaire bancaire historique pour négocier un financement. Mais il n’est bien sûr pas à exclure le recours à d’autres banques afin de « faire jouer la concurrence ». Et si vous faisiez appel à un courtier en financement, dont c’est justement le métier ?
Une solution alternative ? Le courtage est un métier qui est régulièrement pratiqué en matière d’assurance et en matière de financement auprès des particuliers, notamment pour négocier le meilleur taux en cas d’investissement immobilier. Depuis quelques années se développe également l’activité de courtage en financement professionnel, qui est une solution de recherche de financement spécialement dédiée aux entreprises. Le recours à un courtier en financement professionnel est aujourd’hui une solution alternative à ne pas négliger par les entreprises : en faisant appel à lui, vous vous ouvrez la possibilité d’obtenir les meilleures conditions du marché, en adéquation avec votre projet, grâce à l’organisation d’un tour de table avec différentes banques.
Un intermédiaire professionnel. Rechercher un financement, monter un dossier de financement, préparer un prévisionnel financier, solliciter éventuellement plusieurs banques, etc. prend du temps. Appréhender son propre dossier de financement en fonction des attentes spécifiques des banques nécessite une expertise qui n’est pas nécessairement évidente à maîtriser. Déchiffrer un dossier de financement, en comprendre les enjeux, maîtriser les engagements qu’il implique ne doit pas être négligé. Un courtier en financement professionnel pourra utilement vous aider dans votre démarche, vous apporter son expertise et, au final, vous faire gagner du temps.
Pourquoi faire appel à un courtier en financement professionnel ?
Un rôle d’expert. La fonction première du courtier sera, en sa qualité d’intermédiaire, de mettre en relation un client (vous) et une banque qui prendra en charge le financement de votre opération. Spécialiste du milieu bancaire, le courtier offre plusieurs avantages :
- spécialiste du financement, il connaît les attentes des banques : expert dans son domaine d’intervention, il maîtrise le montage des dossiers de financement, ce qui peut vous permettre de bénéficier d’un rapport de force favorable dans la négociation avec les banques (elles auront tendance à étudier plus facilement une demande de financement émanant d’un professionnel qui aura, en amont, validé le dossier) ;
- par son activité, il est en contact régulier avec l’ensemble des acteurs du financement dans votre région : il saura qui mettre en concurrence en fonction des spécificités de votre dossier et des orientations des banques ;
- parce qu’il conclut régulièrement des opérations de financement, il bénéficie d’une volumétrie qui vous permettra d’obtenir les meilleures conditions du marché.
Un rôle d’accompagnement. Ne considérez pas que le courtier n’interviendra que pour vous permettre d’obtenir le meilleur taux d’emprunt. Son spectre d’intervention doit être plus global. Faites le point avec lui sur :
- le coût global de l’opération : il doit non seulement s’assurer que vous obtiendrez le meilleur taux, mais devra aussi analyser le niveau des garanties demandées, le coût des assurances et l’opportunité, voire la nécessité de recourir à la délégation d’assurance, le coût frais de dossier, les conditions tarifaires de gestion et de tenue de vos comptes bancaires professionnels, etc. ;
- les banques sollicitées : il doit évidemment faire jouer la concurrence, organiser un tour de table, ce qui impliquera pour lui de solliciter plusieurs banques, et notamment la vôtre (n’oubliez pas que la fidélité ne paie pas toujours, et que les banques ont parfois tendance à offrir des conditions plus favorables aux nouveaux clients qu’aux clients déjà en place : l’intervention d’un courtier pourra permettre de rétablir un certain équilibre, au vu des offres qu’il aura pu obtenir par ailleurs).
Un rôle de conseil. Un courtier en financement doit faire un travail d’analyse conséquent en amont : il doit analyser la faisabilité de l’opération, ce qui nécessite une implication de sa part dans votre analyse de marché, dans l’étude du bilan prévisionnel, dans l’analyse de votre besoin de trésorerie, etc. Il n’est pas à exclure qu’il se déplace dans votre entreprise (c’est même souhaitable) pour qu’il s’imprègne de votre environnement économique, de vos conditions de marché, de la typologie de votre clientèle, etc. Et bien souvent, le courtier en financement ne travaille pas seul : l’étude de votre dossier impliquera de sa part une démarche synergique avec vos conseils, qu’il s’agisse de votre expert-comptable ou de votre avocat. C’est là un atout qu’il faut souligner : vous bénéficiez d’un appui multi-services, chacun intervenant dans sa propre sphère de compétence.
Solliciter un courtier en financement professionnel : ayez les bons réflexes !
Plusieurs types d’intervenant. Là comme ailleurs, surtout en présence d’une activité en plein essor, différents types d’intervenants peuvent être en mesure d’exercer cette activité : vous pouvez faire appel à un indépendant, à un intervenant faisant partie d’un groupe national, d’un réseau de franchise, etc. Il est donc nécessaire de vous renseigner au préalable sur les compétences de l’intervenant choisi. N’hésitez pas à faire une petite étude de notoriété des différents professionnels intervenant sur votre secteur géographique pour choisir celui qui vous semble le plus à même de répondre à vos attentes. Demandez des références à ceux que vous aurez retenus.
Un expert local. Nous aurions bien entendu tendance à privilégier les conseillers en financement, idéalement issu du milieu bancaire (qui mieux qu’un ancien banquier peut maîtriser les attentes d’une banque), intervenant localement. La proximité est essentielle : les habitudes des banques peuvent varier d’une région à l’autre, ce qui impose de connaître parfaitement le tissu économique local, les habitudes des agences de votre région, etc. En outre, l’expérience aidant, un courtier bien implanté localement bénéficiera, grâce à son expérience, d’une relation de confiance construite dans la durée avec les instances de décision des banques.
Analysez les conditions d’intervention. Faites le point sur les conditions financières du courtier choisi : prend-il des honoraires fixes, travaille-t-il uniquement au résultat, facture-t-il des frais de dossier, etc. ? Analysez le mandat qui doit obligatoirement être conclu avec le courtier et qui doit préciser toutes les conditions de son intervention, notamment financières.
À vérifier ! En tout état de cause, assurez-vous que le partenaire choisi est certifié auprès de l'ORIAS. Cette certification vous assure de travailler avec un vrai professionnel qui détient effectivement le statut d’Intermédiaire en Opération de Banque et en Services de Paiement (IOBSP). Vous devez, en effet, savoir que tout professionnel qui propose ou aide à la conclusion d’opérations de banque doit obtenir cette certification IOBSP, ce certificat sanctionnant un certain niveau de compétence pour l’exercice de cette activité et imposant la souscription d’une assurance couvrant les conséquences pécuniaires de leur responsabilité civile. Pour vous assurer que votre partenaire rempli effectivement ces conditions, n’hésitez pas à lui demander son numéro d’immatriculation et consultez le site de l’ORIAS (www.orias.fr), organisme qui tient le registre unique des intermédiaires financiers.
À retenir
Votre conseiller professionnel bancaire n’est pas nécessairement le seul interlocuteur à consulter pour financer votre projet : en faisant appel à un courtier en financement professionnel, vous pouvez profiter d’un tour de table qui vous permettra d’obtenir les meilleures conditions du marché. Les banques auront toujours une écoute plus attentive lorsqu’un dossier de financement est présenté par l’intermédiaire d’un expert financier.
Vous pourrez en outre bénéficier des conseils précieux d’un expert en financement qui pourra vous conseiller en amont sur la faisabilité financière de votre projet, en synergie avec vos conseils habituels (expert-comptable, avocat, etc.).
Analysez toutefois les conditions d’intervention et assurez-vous que l’interlocuteur choisi est certifié IOBSP.
Étude de marché : validez la faisabilité commerciale de votre projet !
Faire une étude de marché : pourquoi ?
Un impératif… ! C’est devenu une obligation, souvent réclamée par les banques : lancer une nouvelle activité sans s’être au préalable renseigné sur le marché, les attentes clients et l’adéquation du produit ou du service que vous projetez de commercialiser est pour le moins risqué. Il ne s’agit pas de se rendre compte, une fois les investissements réalisés, que le marché est saturé, que le prix proposé est inadapté, etc.
... pour 3 objectifs principaux. L’étude de marché est une étape que vous devez anticiper suffisamment tôt pour concrétiser, tant sur le plan commercial que financier, votre projet. Elle vous permettra :
- de valider votre « marché » : en définissant l’étendue de votre marché, vous affinerez, voire vous confirmerez votre connaissance des clients et de leurs attentes, de la concurrence et autres acteurs clés de votre projet ;
- de définir au mieux votre politique « prix / produit ou services / distribution », et donc de valider, par la suite, vos hypothèses de chiffre d’affaires, vos perspectives de pénétration et d’évolution ;
- d’ajouter du crédit à votre projet : vous démontrez, grâce à cette étude, que vous maîtrisez l’environnement économique et commercial de votre projet (dans le cadre des discussions avec votre banquier, nul doute qu’une étude de marché détaillée et structurée, en appui d’un business plan qui valide les hypothèses relevées, sera perçue positivement).
Le saviez-vous ?
De très nombreux créateurs d’entreprises négligent l’étude de marché, pensant maîtriser leur projet et les moyens de le lancer et de le développer. Même si vous avez une idée très précise de ce que vous allez vendre ou réaliser, ne négligez et ne bâclez pas cette étape : au mieux, vous allez faire des découvertes qui vous permettront d’affiner votre projet, au pire vous confirmerez votre sentiment perçu sur le marché visé. Mettez toutes les chances de votre côté…
Faire une étude de marché : ce que vous devez analyser…
Définissez votre produit et/ou service. Vous avez normalement une idée bien précise du produit ou du service que vous envisagez de commercialiser, mais qu’est-ce qui fera la différence entre votre produit, votre service et ceux commercialisés par vos concurrents ?
- analysez les produits et services déjà existants sur le marché ;
- faites une étude comparative avec vos produits ou services : insistez sur les éléments différenciants à valeur ajoutée ;
- faites le point sur la règlementation de l’activité envisagée ;
- validez votre positionnement : vous situez-vous sur une niche ou vous orientez-vous sur un produit ou service de masse ?
Analysez les besoins des clients (et leurs évolutions).
- définissez avec précision la clientèle visée : vous adresserez-vous majoritairement à des particuliers, à une catégorie précise de personnes, exclusivement à des professionnels ?
- analysez leurs besoins : on peut, ici, imaginer de faire une étude par échantillonnage (d’abord une étude dite « qualitative », sur un panel de clients représentatifs de votre cible, qui permettra de cibler les besoins et leur adéquation au produit ou service proposé, puis une étude « quantitative » sur un panel plus large en vue de confirmer les éléments de réponse fournis par l’étude qualitative), votre objectif étant de valider si votre produit ou service répond aux besoins identifiés ;
- analysez les évolutions possibles des besoins de votre clientèle, afin d’être en mesure d’anticiper au mieux le développement de votre affaire.
Analysez le marché.
- validez votre « zone de chalandise » : vous attaquerez-vous à un marché local, régional, national ?
- analysez votre marché cible : est-il jeune, mature, saturé, en développement (que représente-t-il en potentiel « chiffre d’affaires »), innovant ? Existe-t-il des conditions et contraintes d’accès au marché (coût d’une implantation en centre-ville par exemple) ;
- étudiez la concurrence présente sur le marché cible, qu’elle soit directe ou indirecte (entendez par là les entreprises qui proposent des produits ou services connexes ou complémentaires au vôtre) : étudiez leur nombre, analysez leur offre, leur politique tarifaire, leur politique commerciale, leur évolution, etc. ; faites (ou faites faire) une étude financière des entreprises concurrentes (procurez-vous leurs comptes sociaux des dernières années), de leur produit ou service.
Définissez le prix. Il s’agit là d’une étape essentielle : vous validez votre potentiel commercial et la faisabilité financière du projet. Cette étape est importante car elle permettra de valider votre business plan :
- validez votre politique tarifaire, en tenant compte de vos contraintes liées au coût de revient : est-elle en adéquation avec les attentes de vos clients, avec le positionnement de la concurrence, etc. ?
- en fonction des perspectives et de l’état du marché, faites des projections de chiffre d’affaires prévisionnel ;
- estimez les coûts de commercialisation et de distribution.
Le saviez-vous ?
On parle souvent de « mix marketing » : il s’agit de définir les actions que vous mettrez en œuvre pour mieux vendre votre produit ou votre service. Cela supposera, pour vous :
- de définir votre gamme de produits et de services et d’être capable de valider son cycle pour asseoir le développement de l’entreprise, son évolution et le renouvellement de votre offre ;
- de fixer le prix de vente en vous appuyant sur votre étude de marché : ne vous fiez pas uniquement au coût de revient pour fixer votre prix, mais référez-vous aussi aux attentes de votre clientèle et aux prix pratiqués par la concurrence (n’oubliez jamais que le prix proposé est un élément majeur de différenciation par rapport à vos concurrents et permet de positionner vos produits et services dans la gamme présente sur le marché) ;
- de valider vos canaux de distribution et votre politique de communication et de commercialisation.
Faites-vous aider !
Des compétences, que vous n’avez peut-être pas ! Réaliser une étude de marché n’est pas aussi simple qu’il y paraît sur le papier. Si vous devez appréhender cette étape en effectuant vous-même certaines démarches, vous pourriez être bien inspiré de faire appel à un professionnel qui pourra vous aider dans cette démarche, notamment en analysant les résultats obtenus au regard de votre projet.
Différents dispositifs à votre disposition. On le sait, faire une étude de marché, c’est du temps, ça peut être aussi de l’argent. Sachez qu’il existe des dispositifs d’aide à la création d’entreprise qui intègrent la dimension marketing : sans compter les formations et accompagnement proposés par les chambres consulaires (chambre de commerce et d’industrie, chambre des métiers et de l’artisanat) et les réseaux d’accompagnement, vous pouvez, par exemple, solliciter un CAPE (contrat d’appui au projet d’entreprise) par lequel une société ou une association s’engage à vous fournir aide et assistance pendant la phase préparatoire et éventuellement le début de l’activité ; dans le même ordre d’idée, les chômeurs inscrits dans une démarche de création ou de reprise d’entreprise, peuvent obtenir auprès des services de Pôle Emploi une « évaluation préalable à la création ou reprise d’entreprise (EPCRE) » qui permet notamment de déterminer les points forts et les points faibles du projet, d’étudier la faisabilité du projet, d’identifier les actions nécessaires à la poursuite du projet.
À retenir
Ne sous-estimez pas l’importance de l’étude de marché : cette étude validera, sécurisera, crédibilisera votre projet.
Prenez le temps d’étudier votre marché, la concurrence et votre clientèle cible ; en fonction des éléments ainsi récupérés, validez votre positionnement produit et/ou service sur le marché cible et votre politique tarifaire, clé de voûte de votre projet.
J'ai entendu dire
J’ai entendu parler des Juniors Entreprises ? De quoi s’agit-il ?Les Juniors Entreprises sont des associations d’étudiants (bien souvent en écoles de commerce) qui proposent la réalisation d’études, et notamment d’études de marché au bénéfice des entreprises. Sachez que le recours à ces Juniors Entreprises a un coût (sollicitez systématiquement un devis).
Vous pouvez consulter la liste sur le site de Confédération Nationale des Juniors Entreprises (CNJE) : www.junior-entreprises.com.
- Loi pour l’initiative économique 2003-721 du 1er août 2003
- Articles L 127-1 et suivants du Code de Commerce (contrat d’appui au projet d'entreprise pour la création ou la reprise d'une activité économique)
- Articles R 127-1 et suivants du Code de commerce (contrat d’appui au projet d'entreprise pour la création ou la reprise d'une activité économique)
Bénéficier d’un « coup de pouce » financier
Une aide familiale à optimiser : un prêt, un don, un apport ?
La famille peut aider… Au démarrage d’un projet de création, il n’est pas rare que la famille vienne en aide au porteur de projet (on constate ces dernières années une solidarité familiale de plus en plus fréquente : on évoque souvent le nom de « love money ») : quelle forme peut prendre cette aide familiale ? Y en a-t-il une à privilégier plus que d’autres ?
Un prêt ? Tout d’abord, un membre de votre famille peut vous aider en prêtant tout simplement de l’argent. Le recours au prêt familial, simple de prime abord, nécessite tout de même de s’entourer de quelques précautions.
Précautions. Ainsi, il est vivement conseillé de rédiger un contrat écrit, ce qui permettra d'en définir clairement le contenu et de valider les clauses et conditions, notamment de remboursement, du prêt ainsi consenti : soit vous concluez un acte « sous seing privé » (rédigé entre vous, sans recourir aux services d’un notaire) ; soit vous privilégiez l’acte « authentique » (acte rédigé par un notaire) ; vous pouvez aussi rédiger une simple reconnaissance de dette signée par vous, en qualité d’emprunteur.
Le saviez-vous ?
Les prêts dont le montant principal excède 5 000 € sont à déclarer à l’administration fiscale : il faut, à cet effet, remplir une déclaration spéciale (déclaration n° 2062), qu’il s’agisse d’un contrat de prêt verbal ou écrit, productif ou non d’intérêts. Et si le prêt a été conclu avec intérêts, il faut déclarer les revenus correspondants sur l’imprimé n° 2561.
En tout état de cause, enregistrer le contrat auprès de l’administration fiscale, contre un coût fixe de 125 €, permettra non seulement de lui donner date certaine mais aussi de justifier l’origine des fonds en cas de contrôle (on peut ainsi éviter la requalification du prêt en libéralité, éventuellement source de droits de mutation).
Un don ? Un parent peut aussi vous donner de l’argent : il réalise à votre bénéfice une libéralité (un « don ») qui se caractérise par une absence totale de contrepartie. Par principe, ce don est soumis aux droits de mutation, mais un certain nombre de mesures permet d’éviter d’avoir à payer tout ou partie de ces droits d’enregistrement :
- tout d’abord, un dispositif favorise le don de somme d’argent (par chèque, virement…) au profit des enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants (ou, à défaut d’une telle descendance, les neveux et nièces) : aucun impôt n’est dû dès lors que le donateur est âgé de moins de 80 ans, le bénéficiaire est majeur ou émancipé et que le don n’excède pas 31 865 € (ce plafond s’applique aux donations consenties par un même donateur à un même bénéficiaire et ce don exonéré est renouvelable tous les 15 ans) ;
- ensuite, les droits de donation sont calculés en appliquant, au préalable, un abattement sur le montant de la donation (un abattement est ainsi prévu en cas de donation entre époux ou partenaires de PACS, aux donations aux enfants, entre frères et sœurs, aux petits-enfants, aux neveux et nièces, etc.). Par exemple, il est pratiqué un abattement de 100 000 € (depuis le 18 août 2012) sur une donation faite par un père à son enfant et sur celle faite par une mère à son enfant.
Un apport ? Un membre de la famille peut aussi décider d’apporter une aide financière directement dans l’entreprise : il s’agira alors de faire un apport au capital de la société que vous aurez constituée, puis, éventuellement, d’apporter des fonds en compte courant, en qualité d’associé. Cette modalité suppose toutefois d’accepter d’avoir, en qualité d’associé, un membre de la famille.
Le saviez-vous ?
Un apport en capital pourra permettre de bénéficier d’une réduction d’impôt, dont le montant est égal à 25 % de la souscription réalisée, retenue dans la limite de 50 000 € pour les personnes seules et 100 000 € pour les personnes mariées ou Pacsées, soumises à imposition commune.
Des conditions précises doivent être respectées : notamment, la société bénéficiaire de l’apport doit être soumise à l’IS, constituée depuis moins de 7 ans, compter au moins 2 salariés à la clôture de l’exercice qui suit celui de la souscription (1 salarié si l’entreprise est inscrite à la chambre des métiers et de l’artisanat), etc.
Pensez aux « prêts d’honneur »
Un moyen de compléter votre apport personnel. Un « prêt d’honneur » pourra vous aider à financer votre projet : en complément de votre apport personnel, ce type de prêt vous aidera à obtenir un concours bancaire pour financer votre projet. Il vise à financer les investissements de départ ou les besoins en fonds de roulement.
Ce n’est pas automatique… L’obtention d’un prêt d’honneur est soumise à des conditions d’accès qui diffèrent selon l’organisme qui l’octroie. D’une manière générale, il est réservé aux créateurs d’entreprise ou aux jeunes entreprises de moins de 3 ans et s’adresse plutôt aux petites entreprises.
Quelles sont les modalités pratiques de ce type d’aide ? L’aide pourra prendre la forme d’un prêt au créateur ou d’une avance remboursable faite directement à l’entreprise. En règle générale, le montant de l’aide varie selon les prêteurs de 2 000 € à 50 000 € en général (le montant moyen des prêts d’honneur accordés en 2018 par Réseau Entreprendre était de 29 000 €) sur une durée de 2 à 5 ans, sans intérêt (ou éventuellement en retenant un taux inférieur à ceux du marché) et sans garantie.
En pratique. Vous prenez contact avec un réseau qui vous accompagnera dans le montage de votre projet de création. Une fois votre dossier complété, vous êtes auditionné par un jury (composé de professionnels, d’avocats, d’experts-comptables, de banquiers, etc.) qui décidera, après délibération, de vous octroyer ou non le prêt d’honneur sollicité.
A qui s’adresser ? Plusieurs organismes ou réseaux sont susceptibles d’accorder, sur dossier, des prêts d’honneurs. Par exemple, nous pouvons citer les principaux réseaux : le Réseau Entreprendre (www.reseau-entreprendre.org), le réseau Initiative France (ww.initiative-france.fr), le réseau France Active (www.franceactive.org), l’ADIE (www.adie.org), etc.
Focus sur le « crowdfunding »
Un mode de financement… à la mode. Face à la difficulté d’obtenir des concours bancaires aujourd’hui, le crowdfunding (ou « financement participatif ») a tendance à se développer, notamment via des plates-formes web dédiées. De quoi s’agit-il ?
Un financement participatif. Le crowdfunding consiste, d’une manière générale, à mettre en relation un épargnant qui souhaite investir dans un projet d’entreprise et un créateur ou repreneur d’entreprise qui souhaite lever des fonds pour financer le démarrage de son activité. Ce mode de financement est porté par une plateforme dédiée sur laquelle seront présentés les projets à financer.
A noter. De multiples plateformes de crowdfunding existent aujourd’hui, de plus en plus spécialisées en fonction de thématiques : innovation, projets culturels, environnement, etc.
Différentes modalités. Le financement peut se faire sous forme de don, par un apport (avec une rémunération qui sera fonction des dividendes et de la valorisation de l’entreprise financée au moment de la revente des titres) ou par un prêt.
Le saviez-vous ?
Depuis le 31 octobre 2016, les particuliers peuvent, dans le cadre du financement participatif, octroyer des prêts avec intérêt dans la limite de 2 000 € par projet (sur une durée maximale de 7 ans) et des prêts sans intérêt dans la limite de 5 000 €.
A noter. Notez que les conseillers en investissements participatifs gestionnaires de plates-formes de crowdfunding peuvent proposer des actions de préférence et des obligations convertibles ainsi que, sous certaines conditions, des titres participatifs.
Le point sur les financements européens
Le contexte. L’Union Européenne verse de nombreuses aides financières aux porteurs de projets et aux entreprises.
Comment y prétendre ? Pour savoir si vous ou votre entreprise y êtes éligibles, divers outils sont à votre disposition, parmi lesquels :
- un guide, intitulé « Fonds européens, financez votre projet », qui présente le fonctionnement des divers financements européens et regroupe informations et conseils aux éventuels candidats ; disponible sur ce lien https://www.touteleurope.eu/actualite/financements-europeens-mode-d-emploi.html, il classe les aides en 3 catégories selon l’envergure du projet ou la nature de l’activité envisagé(e), à savoir :
- les fonds structurels, destinés au financement des projets locaux ;
- les programmes sectoriels, qui sont destinés au financement d’un secteur en particulier, pour des projets dont l’envergure dépasse l’échelon local ;
- les fonds pour l’action extérieure, dédiés au financement de projets qui concernent les problématiques de développement dans les pays hors UE ;
- un moteur de recherche dédié, sur le site dénommé « l’Europe est à vous », qui détaille les prêts et autres prises de participations supplémentaires proposés en complément de ceux apportés par les banques ou les investisseurs locaux à l’ensemble des entreprises, quel que soit leur secteur d’activité ;
- la base de données sur les aides européennes via le moteur de recherche aides-entreprises.fr.
A noter. En cas de questions, notez que vous avez la possibilité de vous rapprocher :
- de votre Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIRECCTE) ;
- de votre Conseil régional ;
- ou de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) dont vous dépendez.
A retenir
En complément d’un concours bancaire, ou pour faciliter son obtention, vous pouvez demander à bénéficier d’un prêt d’honneur.
L’aide familiale n’est pas non plus à négliger : prêt d’une somme d’argent, don, etc. Formalisez cette aide pour valider les conditions et modalités d’intervention de votre famille.
J'ai entendu dire
Le don de somme d’argent nécessite-t-il des formalités particulières ?Une obligation déclarative est attachée à ce don : vous devez compléter une déclaration n° 2731 (disponible uniquement sur le site www.impôts.gouv.fr, rubrique « formulaires »). Si le don excède ce montant, vous devez alors compléter une autre déclaration (le formulaire n° 2735) en précisant que vous sollicitez l’exonération à hauteur de la somme de 31 865 €. Une autre solution consiste à faire rédiger et enregistrer un acte de donation.
- Article 242 ter du Code Général des Impôts (déclaration de prêt)
- Articles 779 et 790 B à 790 F du Code Général des Impôts (abattements applicables aux donations)
- Article 790 G du Code Général des Impôts (dons familiaux en espèces)
- Ordonnance n° 2014-559 du 30 mai 2014 relative au financement participatif
- Décret n° 2014-1053 du 16 septembre 2014 relatif au financement participatif
- Loi de Finances rectificative pour 2015, n° 2015-1786, du 29 décembre 2015, article 25
- Décret n° 2016-1453 du 28 octobre 2016 relatif aux titres et aux prêts proposés dans le cadre du financement participatif
- Loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020
- Décret n° 2020-1014 du 7 août 2020 fixant la date d'entrée en vigueur de certaines dispositions relatives à la réduction d'impôt pour souscription en numéraire au capital des petites et moyennes entreprises
- Arrêté du 23 septembre 2020 actualisant le seuil de dispense de l'obligation déclarative des contrats de prêts prévue à l'article 49 B de l'annexe III au code général des impôts
- Actualité du site economie.gouv.fr (financements européens)
Réaliser un business plan : comment faire ?
1er réflexe : ne le faites pas tout seul !
Le 1er conseil que l’on peut vous donner. Parce que vous n’êtes peut-être pas un expert de la gestion d’entreprise, parce que vous ne pensez peut-être pas à toutes les données financières nécessaires à la sécurisation de votre projet d’entreprise, parce qu’il est toujours utile (et conseillé !) de se faire accompagner, ne faites pas votre « business plan » tout seul dans votre coin.
Vers qui se tourner ? Vous pouvez vous adresser à différents experts de la gestion d’entreprise qui auront, en outre, idéalement, une expérience des acquisitions et transmissions d’entreprises : on pense, bien entendu, aux avocats et experts comptables, mais aussi aux partenaires financiers (courtiers en financement d’entreprises par exemple), aux réseaux d’accompagnement dans la création et la reprise d’entreprise (le Réseau Entreprendre, l’association CRA-Cédants et Repreneurs d’Affaires, le réseau France Active, le réseau Initiative France, etc.). Contactez également votre chambre de commerce et d’industrie ou votre chambre des métiers et de l’artisanat.
Le saviez-vous ?
BpiFrance Création a lancé un outil d’accompagnement des créateurs d’entreprise qui permet notamment de construire en ligne votre business plan : le Pass’entrepreneur. Pour l’utiliser, il faut créer un compte sur le site web de BpiFrance Création (https://bpifrance-creation.fr).
C’est toujours un « plus »… Le business plan est un document essentiel, une étape primordiale dans la construction du projet : à l’appui de ce document, le banquier appréciera la qualité de votre projet et donc sa participation au financement que vous ne manquerez pas de solliciter. En faisant appel à un professionnel, non seulement vous bénéficierez de ses conseils et de son expérience, mais, en plus, vous sécuriserez votre dossier et ajouterez du crédit à votre démarche. En pratique, les banques exigent de plus en plus souvent que les dossiers de demande de financement soient accompagnés de prévisionnels réalisés par des professionnels.
Un point à valider… En fonction de l’intervenant, le coût de réalisation du business plan peut varier. Si certains intervenants le font gracieusement, d’autres se rémunéreront sur la prestation réalisée (la réalisation « gratuite » du business plan, sous conditions de conclure un contrat d’accompagnement par la suite, est une pratique que l’on peut aussi rencontrer).
Cela étant, faire appel à un conseil ne doit pas vous empêcher d’appréhender et de vous familiariser avec toutes ces techniques de gestion : au-delà de la maîtrise de l’idée, du concept, de la technique entourant votre projet, maîtriser les différents aspects liés à la gestion et à la prévision financière est tout aussi important dans la construction et la réussite de votre projet. En tout état de cause, ce conseil vous demandera un certain nombre d’éléments que vous seul pourrez lui amener : cette fiche va vous aider à décrypter le « business plan » et recensera les éléments que vous devez réunir pour optimiser la relation avec votre conseil.
Le « business plan », c’est une traduction financière de votre projet. Le business plan a pour objectif principal de valider la faisabilité financière du projet et sécuriser sa viabilité à moyen terme. Il s’agira donc de traduire, en termes financiers, votre projet de création ou de reprise d’entreprise : calculer le montant du financement et des apports nécessaires, estimer le potentiel de chiffre d’affaires et les différents coûts nécessaires à la réalisation de ce chiffre d’affaires (investissements, constitution des stocks, recrutement de salariés, etc.), déterminer le fameux « point mort » (en combien de temps pensez-vous que votre projet soit rentable ?), analyser le besoin en fonds de roulement (BFR), etc.
Le saviez-vous ?
Il existe autant de business plan qu’il y a de projets : même si, sur un plan strictement formel, les business plan peuvent se ressembler, sur le fond, il ne peut y avoir de modèles préétablis, même s’il est possible de s’inspirer de ce qui se pratique à l’intérieur d’un même secteur d’activité.
Cela veut donc dire que vous devez systématiquement affiner votre business plan en fonction des caractéristiques propres à votre projet : certains projets nécessitent des investissements lourds qu’il faut estimer, alors que d’autres pourront démarrer avec un minimum de charges ; certains nécessiteront de procéder à des recrutements de personnel dès le début de l’activité, alors que d’autres pourront attendre de monter en puissance avant de recruter, etc.
Combien va « coûter » votre projet ?
Réalisez un plan de financement initial. Ici, il s’agit de savoir « combien il faut mettre sur la table pour lancer l’activité ». Pour répondre à cette question, vous devez établir un plan de financement initial.
Ce que vous devez faire… En fonction des différents investissements à réaliser pour lancer votre entreprise (achat du fonds de commerce, achat de matériel et de mobilier, dépôt de marques, acquisition d’un droit au bail, cautionnement, agencement du local d’exploitation ou des bureaux, le besoin en fonds de roulement, etc.), vous allez déterminer vos « ressources financières » : quel est le montant de l’emprunt à solliciter et, par voie de conséquence, quel est le montant de votre propre apport personnel ? Dans le cadre d’une société, quel sera le montant apporté en capital et le montant déposé en compte courant d’associé ? À ce niveau, il vous appartient donc d’estimer le montant des investissements à réaliser (analysez vos besoins, faites des devis, etc.).
Le saviez-vous ?
Il est ici impératif que les « ressources financières » couvrent vos « besoins financiers » : si tel n’est pas le cas, il faut impérativement revoir les solutions de financement de votre projet.
Par la suite… Il faudra également s’assurer de la pérennité de votre activité : en fonction de l’accroissement de votre chiffre d’affaires, vous devrez être assuré de bénéficier des ressources financières suffisantes. On dit toujours « qu’aller chercher du chiffre d’affaires coûte de l’argent »… On parle, ici, de réaliser un plan de financement à au moins 3 ans, ce qui vous permettra de projeter l’évolution de vos besoins financiers et, par voie de conséquence, de vos ressources financières.
Prévoir votre « BFR ». Il va, en outre, falloir analyser votre besoin en fonds de roulement (BFR), notamment au démarrage de votre activité. Concrètement, vous allez devoir engager des dépenses avant même de pouvoir encaisser du chiffre d’affaires : c’est ce décalage de trésorerie qui va constituer le besoin en fonds de roulement.
Comment ? Prévoir le BFR n’est pas évident et dépendra, comme toujours, de la nature de votre activité. Il faut donc avoir une connaissance suffisamment précise des conditions de gestion d’entreprises exerçant une activité similaire à celle que vous envisagez de créer. C’est aussi à ce niveau qu’un conseil (avocat, expert-comptable, etc.) vous sera d’une grande utilité.
Exemple. Voici un exemple de calcul d’un BFR pour une entreprise de vente de marchandises auprès d’une clientèle de professionnels :
- Chiffre d’affaires estimé : 200 000 € HT, soit 240 000 € TTC
- Les achats de marchandises représentent 40 % du CA HT (soit 80 000 € HT ou 96 000 € TTC)
- Conditions de règlement prévues pour les fournisseurs : 30 jours
- Conditions de règlement prévues pour les clients : 60 jours
- Stocks de marchandises : 2 mois d’achat HT
Méthode. Le BFR se calculera au moyen des éléments suivants :
- Créances clients : (240 000 x 60) / 365 = 39 452 €
- Stocks de marchandises : (80 000 x 2)/12 = 13 334 €
- Crédits fournisseurs : (96 000 x 30) / 365 = 7 890 €
Résultat. Le BFR dans cet exemple est égal à 44 896 € (39 452 + 13 334 – 7 890).
Quel est votre « point mort » ?
Déterminer le « seuil de rentabilité ». Vous devez être capable de déterminer votre seuil de rentabilité et le délai nécessaire pour l’atteindre.
Au préalable, vous devez établir un « compte de résultat prévisionnel » sur au moins 3 ans. Il s’agit, ici, de retranscrire le déroulement de la vie de l’entreprise, sur le plan financier. Vous devez donc estimer exercice par exercice en étant le plus réaliste possible, l’ensemble de vos charges et l’ensemble de vos produits, la différence entre ces deux termes vous donnant le bénéfice dégagé par l’activité :
- exemples de charges : charges d’exploitation (achat de matières premières, de stocks, etc.), charges externes (loyer, charges locatives, téléphone, électricité, entretien, petits matériels et fournitures, honoraires, etc.), rémunérations et charges sociales, impôts et taxes (contribution économique territoriale notamment), amortissements des investissements, charges financières (coût des emprunts), etc.
- exemples de produits : montant des ventes à réaliser, produits financiers, subventions éventuelles, etc.
Conseils. Pensez à assortir votre prévisionnel de commentaires afin d’expliquer les hypothèses retenues. N’hésitez pas à moduler vos projections en fonction d’hypothèses plus ou moins optimistes, la qualité d’un bon gestionnaire étant la résultante d’un savant équilibre entre le prise de risque et une nécessaire prudence de « bon père de famille »…
Ensuite, vous calculerez votre « seuil de rentabilité ». Il s’agit, ici, de déterminer le niveau minimum de chiffre d’affaires que vous devez réaliser pour commercer à « faire du bénéfice ». C’est aussi le niveau de marge que vous devez réaliser de couvrir les charges fixes (charges que vous devez payer, quel que soit le chiffre d’affaires réalisé : exemple, vous devrez payer votre loyer même si vous ne vendez rien au cours du mois). Voici la méthode à appliquer pour calculer ce « point mort » :
- calculez la marge sur coûts variables : montant de vos ventes – charges variables (qui sont les charges directement liées à vos ventes : matières premières, stocks, coût du transport etc.) ;
- calculez le taux de marge sur coûts variables : (marge sur coûts variables / chiffre d’affaires) x 100 ;
- vous connaissez votre « seuil de rentabilité », qui est alors égal au montant des charges fixes par le taux de marge.
Le saviez-vous ?
Vous pouvez convertir votre point mort en nombre de jours, en nombre d’heures nécessaires à facturer, en nombre de produits ou d’articles à vendre… Ces données seront pour vous riches d’enseignement.
Pourrez-vous faire face à toutes vos dépenses ?
Pensez à faire un plan de trésorerie. Il s’agit, ici, d’estimer votre trésorerie sur l’exercice à venir. Concrètement, vous estimez, mois par mois, le montant de vos encaissements (votre chiffre d’affaires) et celui de vos décaissements (toutes vos dépenses mensuelles… n’oubliez pas le montant de la TVA à reverser). Cet outil vous permettra d’estimer si, mois par mois, vous êtes capable de faire face à vos échéances et s’il y a un risque d’impasse.
Un outil de gestion indispensable. « La trésorerie, c’est le nerf de la guerre ! ». Beaucoup (trop ?) d’entreprises échouent les premières années, non pas parce qu’elles n’ont pas nécessairement un manque d’activité, mais parce qu’elles ont un manque de trésorerie que la banque ne veut pas ou plus couvrir par manque de prévisions.
À retenir
C’est grâce au « business plan » que vous saurez si votre projet est financièrement viable. Il s’agit là d’une étape essentielle dans la construction de votre projet (il sera demandé par le banquier). Même s’il est conseillé de s’entourer pour réaliser ce business plan, vous devez être capable de maîtriser quelques principes de gestion : créer une entreprise, c’est aussi être capable de la gérer.
J'ai entendu dire
J’entends souvent parler du « besoin en fonds de roulement » : pouvez-vous m’expliquer ce que cela signifie concrètement ?Pour faire simple, raisonnons à partir d’un exemple. Vous envisagez de créer une activité de négoce : vous achetez et revendez des vêtements par exemple. Avant de vendre les vêtements, vous devez vous fournir auprès d’un fournisseur, ce qui signifie que vous allez devoir, bien souvent, payer votre fournisseur avant de vendre les produits achetés (on fera ici une digression pour préciser que la gestion des délais de paiement, tant fournisseurs que clients, doit être rigoureuse) : le besoin en fonds de roulement (BFR) correspond à ce décalage entre vos décaissements et vos encaissements.
Créer une entreprise : quel statut pour le conjoint du chef d’entreprise ?
Conjoint du chef d’entreprise : le choix du statut
Un choix entre 3 statuts. Lorsque le conjoint d’un chef d’entreprise exerce de manière régulière une activité professionnelle dans l’entreprise (qu’il s’agisse d’une entreprise artisanale, commerciale, libérale ou agricole), il doit opter pour l’un des statuts suivants : conjoint collaborateur, conjoint salarié ou conjoint associé.
Un choix exprimé par une déclaration. Ce choix se manifeste par une déclaration d’activité professionnelle faite par le dirigeant auprès du Centre de formalités des entreprises (CFE) lors de la création de l’entreprise.
Un nouveau guichet unique électronique. A compter de 2023, il est prévu que les entreprises passent par un guichet électronique de formalités pour remplir l’ensemble de leurs déclarations, dont les déclarations liées au statut du conjoint du chef d’entreprise. Notez que cette possibilité est déjà ouverte aux entreprises qui le souhaitent depuis le 1er avril 2021.
A noter. Seul le conjoint collaborateur fait l'objet d'une mention dans les registres de publicité légale à caractère professionnel (registre du commerce et des sociétés ou répertoire des métiers).
En l’absence de choix. A défaut de déclaration ou en cas d’oubli de déclaration, le conjoint est réputé exercer sous le statut de conjoint salarié. Notez que le CFE peut décider de refuser la déclaration muette sur le sort du conjoint.
Le choix peut être modifié. Suite à la création de l’entreprise, le conjoint peut toujours changer de statut. Pour cela, il faut faire une déclaration modificative auprès du CFE.
Conjoint du chef d’entreprise : le statut de conjoint collaborateur
A quelles conditions ? Pour pouvoir opter pour le statut de conjoint collaborateur, celui-ci doit exercer une activité professionnelle dans l’entreprise sans percevoir de rémunération et sans avoir la qualité d'associé.
Une durée limitée. Depuis le 1er janvier 2022, le statut de conjoint collaborateur ne peut être conservé que pendant 5 ans. Cette durée de 5 ans tient compte de l’ensemble des périodes postérieures au 1er janvier 2022 et des entreprises au titre desquelles la personne a opté pour ce statut. Passée cette limite, la personne devra opter pour un autre statut : soit celui de conjoint salarié, soit celui de conjoint associé. Notez qu’en l’absence d’option, elle sera automatiquement placée sous le statut de conjoint salarié.
Des exceptions. Les personnes qui atteindront l'âge de 67 ans au plus tard le 31 décembre 2031 pourront conserver le statut de conjoint collaborateur jusqu'à la liquidation de leurs droits à pension.
Informez les associés. Le choix effectué par le conjoint du gérant associé majoritaire de bénéficier du statut de conjoint collaborateur est porté à la connaissance des associés lors de la 1ère AG suivant la mention de ce statut auprès du CFE.
Des droits en cas de congé maternité. La conjointe collaboratrice d’un dirigeant, dès lors qu’elle remplit certaines conditions, notamment celle de cesser son activité pendant au moins 8 semaines (dont 6 après l’accouchement), bénéficie, à l’occasion d’un congé maternité :
- d’une allocation forfaitaire de repos maternel ;
- d’une indemnité de remplacement lorsqu’elle fait appel à du personnel salarié pour se faire remplacer dans les travaux, professionnels ou ménagers, qu'elle effectue habituellement.
En cas d’adoption. Le conjoint collaborateur d’un dirigeant bénéficie des mêmes allocations précitées, à l’occasion d’une adoption, mais pour moitié seulement. En outre, l’indemnité de remplacement peut faire l’objet d’une répartition entre les parents adoptants.
Epoux ou partenaire de PACS. Le statut de conjoint collaborateur est ouvert au conjoint, au partenaire de PACS d’un entrepreneur individuel ou au concubin, d’un gérant associé unique d’EURL, ou d’un gérant majoritaire d’une SARL ou d’une SELARL.
Calcul des cotisations sociales. Depuis le 1er janvier 2022, le conjoint collaborateur d’un micro-entrepreneur peut, à sa demande, choisir que le calcul de ses cotisations se fasse :
- soit sur la base d’un montant forfaitaire ;
- soit sur la base du chiffre d’affaires ou des recettes du chef d’entreprise.
Notez que le taux global de cotisation sera déterminé à raison des seuls risques cotisés par le conjoint (retraite de base, retraite complémentaire, indemnités journalières, etc.).
Conjoint du chef d’entreprise : le statut de conjoint salarié
Des conditions. Pour opter pour le statut de conjoint salarié, le conjoint doit participer effectivement à l’entreprise, à titre professionnel et habituel, avoir un contrat de travail, des fiches de paye mensuelles, et percevoir un salaire correspondant au salaire normal de sa catégorie professionnelle (devant donc être supérieur ou égal au Smic).
Conjoint, partenaire de Pacs ou concubin. Le statut de salarié peut être adopté par l’époux, le partenaire de PACS ou le concubin d’un entrepreneur individuel ou d’un dirigeant de société.
Le saviez-vous ?
Le conjoint salarié est affilié au régime général de la sécurité sociale, ou à la MSA pour les agriculteurs.
Depuis les exercices clos en 2018. Si l’entreprise est soumise à l’impôt sur le revenu (BIC, BNC, ou BA) le salaire du conjoint est déductible en totalité du revenu imposable, que l’exploitant individuels soit ou non adhérent d’un organisme de gestion agréé et quel que soit le régime matrimonial adopté par les époux. Les cotisations sociales doivent cependant avoir été acquittées. Cette règle s’applique également au salaire versé au conjoint d’un associé d’une société de personnes relevant de l’impôt sur le revenu (par exemple SARL ayant opté pour l’impôt sur le revenu).
Conjoint du chef d’entreprise : le statut de conjoint associé
Associé = société. Pour que le conjoint exerce son activité sous le statut d’associé, il faut que l’activité du dirigeant soit exercée dans le cadre d’une entreprise constituée sous la forme d’une société.
Quelle affiliation ? Les conjoints associés sont personnellement affiliés au régime des travailleurs indépendants, à condition de participer à l’entreprise et de ne pas être obligatoirement affiliés au régime général de la sécurité sociale en tant que salariés.
Conjoint, partenaire de Pacs ou concubin. Le statut d’associé peut être adopté par l’époux, le partenaire de PACS ou le concubin d’un dirigeant de société.
Conjoint du chef d’entreprise : les particularités du secteur agricole
3 statuts possibles. Dans le secteur agricole, les 3 statuts pour lesquels il est possible d’opter sont les suivants :
- le statut de conjoint collaborateur ;
- le statut de conjoint salarié ;
- le statut de chef d’exploitation ou d’entreprise agricole.
Le saviez-vous ?
Dans le secteur agricole, tous les conjoints doivent opter pour un statut, y compris le simple concubin.
Choisir le statut de conjoint collaborateur. Le choix fait par le conjoint d’exercer sous le statut de conjoint collaborateur doit être notifié à la Caisse de mutualité sociale agricole ou à la caisse générale de sécurité sociale dont relève le dirigeant. La notification se fait soit par LRAR, soit par dépôt contre décharge.
Un statut limité à 5 ans. Au-delà de ces 5 ans, le conjoint collaborateur devra choisir un autre statut de :
- salarié de l'exploitation ;
- chef d’exploitation ou d’entreprise, en devenant co-exploitant ou associé exploitant (dans le cadre d’une société.
Choisir le statut de conjoint salarié. L’option pour la qualité de salarié résulte des mentions de la déclaration préalable à l'embauche souscrite par le dirigeant. Elle prend effet à la date d'effet du contrat de travail mentionnée sur cette déclaration.
Conjoint du chef d’entreprise : le point sur les formalités administratives
Le principe. L’option pour l’un des 3 statuts disponibles s’effectue, qu’il s’agisse du cas d’une activité professionnelle régulière dans l’exploitation ou l’entreprise agricole ou du cas d’une activité régulière dans l’entreprise commerciale, artisanale ou libérale, dans le cadre d’une déclaration écrite (par le chef d’entreprise dans sa déclaration de création d’activité) adressée au CFE compétent ou au guichet unique de formalités des entreprises.
Le point sur l’attestation sur l’honneur. Cette déclaration doit s’accompagner d’une attestation sur l’honneur remplie par le conjoint, qui est rédigée selon un modèle spécifique et qui doit contenir certaines informations obligatoires.
Du nouveau en 2022. Le contenu de ces informations et du modèle à suivre est modifié :
A retenir
Le dirigeant doit déclarer le statut de son conjoint qui exerce une activité professionnelle régulière dans l’entreprise. 3 choix s’offrent au couple : collaborateur, salarié ou associé. A défaut de choix, le conjoint est réputé avoir opté pour le statut de salarié.
- Articles L 121-4 et suivants du Code de commerce
- Articles R 121-1 et suivants du Code de commerce
- Article L 311-6 du Code de la sécurité sociale
- Article L 321-5 du Code rural et de la pêche maritime
- Article R 321-1 du Code rural et de la pêche maritime
- Article L 663-1 et D 663-1 à D 663-3 du Code de la sécurité sociale (droits du conjoint collaborateur en matière de maternité et d’adoption)
- Article 154 du Code général des impôts
- Décret n° 2019-1048 du 11 octobre 2019 relatif au statut du conjoint du chef d'entreprise ou du partenaire lié au chef d'entreprise par un pacte civil de solidarité travaillant dans l'entreprise familiale
- Décret n° 2019-1092 du 25 octobre 2019 relatif aux déclarations effectuées par le chef d'exploitation ou d'entreprise agricole auprès du centre de formalités des entreprises concernant le statut de son conjoint, de son partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou de son concubin
- Loi 2018-1317 du 28 décembre 2018 art. 60 (déduction du conjoint salarié)
- Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2022 du 23 décembre 2021, n°2021-1754 (art 24)
- Décret n° 2021-300 du 18 mars 2021 portant application de l'article 1er de la loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises et introduction de diverses mesures applicables aux formalités incombant aux entreprises
- Arrêté du 6 août 2021 relatif à l'attestation sur l'honneur du conjoint, du partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou du concubin du chef d'exploitation ou d'entreprise agricole, qui exerce une activité professionnelle régulière dans l'exploitation ou dans l'entreprise agricole
- Arrêté du 6 août 2021 relatif à l'attestation sur l'honneur du conjoint ou du partenaire lié par un pacte civil de solidarité qui exerce une activité régulière dans l'entreprise commerciale, artisanale ou libérale dirigée par son conjoint ou son partenaire
- Arrêté du 8 avril 2022 modifiant l'arrêté du 6 août 2021 relatif à l'attestation sur l'honneur du conjoint, du partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou du concubin du chef d'exploitation ou d'entreprise agricole, qui exerce une activité professionnelle régulière dans l'exploitation ou dans l'entreprise agricole
- Arrêté du 9 mai 2022 modifiant l'arrêté du 6 août 2021 relatif à l'attestation sur l'honneur du conjoint ou du partenaire lié par un pacte civil de solidarité qui exerce une activité régulière dans l'entreprise commerciale, artisanale ou libérale dirigée par son conjoint ou son partenaire
Société anonyme : recourir aux AG par visioconférence
Société anonyme : une AG par visioconférence, c’est possible !
Toutes les SA ? Seules les SA dont les actions ne sont pas cotées peuvent prévoir, dans leurs statuts, que les assemblées générales (AG) sont tenues exclusivement par visioconférence.
À noter. Il faut que l’identification de l’actionnaire soit toutefois possible.
Société anonyme : comment s’opposer à la tenue d’une AG par visioconférence ?
Un droit d’opposition dans certains cas… Pour les assemblées générales extraordinaires, un ou plusieurs actionnaires peut / peuvent s’opposer au recours à la visioconférence.
… pour tous les actionnaires ? Pour pouvoir s’opposer au recours à la visioconférence, les actionnaires doivent représenter au moins 5 % du capital social.
Un droit encadré ! Les statuts prévoyant que les AG se tiennent exclusivement par visioconférence doivent préciser si le droit d'opposition des actionnaires s'exerce avant ou après les formalités de convocation.
Droit d’opposition avant les formalités de convocation. Lorsque le droit d'opposition s'exerce avant les formalités de convocation, la société avise les actionnaires de la date prévue pour la réunion de l’AG 35 jours au moins avant celle-ci, par LRAR ou par mail avec avis de réception à l'adresse mail indiquée par eux.
Contenu de l’avis. L’avis précise la nature de l’AG, comporte les points ainsi que le texte des projets de résolution que la société entend inscrire à l'ordre du jour et rappelle les modalités d’exercice du droit d’opposition.
Un délai de 25 jours. L'opposition à la tenue d'une AG par visioconférence est adressée à la société par LRAR ou par mail avec avis de réception 25 jours au moins avant la date de la tenue de l’AG.
Une attestation à fournir. Les auteurs de l'opposition doivent produire une attestation d'inscription en compte de nature à justifier qu'ils représentent au moins 5 % du capital social.
Droit d’opposition après les formalités de convocation. Lorsque le droit d'opposition s'exerce après les formalités de convocation, l'avis de convocation rappelle le droit d'opposition à la tenue de l’AG par visioconférence, ainsi que les conditions d'exercice de ce droit. Il indique également le lieu où l’AG se réunira en cas d’exercice du droit à l’opposition.
Un délai de 7 jours. Le droit d'opposition s'exerce dans un délai de 7 jours à compter de la publication de l'avis de convocation ou de l'envoi de cet avis par LRAR ou par mail avec avis de réception.
Prévenir tous les actionnaires. En cas d'exercice du droit d’opposition, la société avise les actionnaires par lettre simple ou par mail, au plus tard 48 heures avant la tenue de l’AG, que celle-ci ne se tiendra pas par visioconférence.
A retenir
Les AG des SA peuvent se tenir par visioconférence si les statuts le prévoient. Si tel est le cas, les statuts doivent également prévoit un droit d’opposition pour les associés à ce que les AG se tiennent par visioconférence.
- Ordonnance n° 2017-747 du 4 mai 2017 portant diverses mesures facilitant la prise de décision et la participation des actionnaires au sein des sociétés
- Décret n° 2018-146 du 28 février 2018 relatif à certaines modalités de participation des associés aux décisions collectives dans les sociétés anonymes et les sociétés à responsabilité limitée
- Loi n° 2019-744 du 19 juillet 2019 de simplification, de clarification et d'actualisation du droit des sociétés
Comment aménager vos locaux ?
Organisation du bâtiment
Ce que dit la Loi. Les bâtiments destinés à recevoir des bureaux doivent être munis d’installations de ventilation pour assurer le renouvellement de l’air, doivent laisser passer la lumière naturelle, doivent permettre l’adaptation de la température à l’organisme humain.
Ce qu’il faut en retenir. Vos locaux devront être munis de baies vitrées (transparentes et non pas seulement translucides) donnant sur l’extérieur, à hauteur des yeux. Ils devront également disposer d’un système de chauffage réversible permettant d’assurer une température des locaux qui convienne à l’organisme des travailleurs.
Le saviez-vous ?
Les locaux de restauration, les sanitaires, les locaux médicaux (ou infirmeries) doivent également être conçus de manière à permettre l’adaptation de la température.
Taille des espaces de circulation. La Loi détermine une largeur minimale des espaces de circulation (couloirs, par exemple) :
- pour une entreprise de moins de 20 personnes, le couloir ne doit pas être inférieur à 0,80 m ;
- pour une entreprise de 20 à 100 personnes, le couloir ne doit pas être inférieur à 1,50 m ;
- pour une entreprise de 101 à 300 personnes, les couloirs (au minimum au nombre de 2) ne doivent pas être inférieurs à 2 m ;
- pour une entreprise de 301 à 500 personnes, les couloirs (au minimum au nombre de 2) ne doivent pas être inférieurs à 2,50 m.
A noter. N’oubliez pas que les bâtiments et les locaux doivent être conçus et réalisés de manière à permettre, en cas de sinistre, l'évacuation rapide (ou parfois différée) de la totalité des occupants, dans des conditions de sécurité maximale. Plus globalement, les établissements et locaux de travail sont aménagés de manière à ce que leur utilisation garantisse la sécurité des salariés.
Propreté des locaux. Les établissements et locaux doivent être tenus dans un état constant de propreté et doivent présenter les conditions d’hygiène et de salubrité propres à assurer la santé des salariés.
Organisation des espaces de travail
Ce que dit la Loi. Les dimensions des locaux de travail, notamment leur hauteur et leur surface, sont telles qu'elles permettent aux travailleurs d'exécuter leur tâche sans risque pour leur santé, leur sécurité ou leur bien-être. L'espace libre au poste de travail, compte tenu du mobilier, doit être prévu pour que les travailleurs disposent d'une liberté de mouvement suffisante.
Ce qu’il faut en retenir. La Loi ne fixe pas les dimensions minimales des espaces de travail. Il existe néanmoins des normes homologuées qui constituent des références d’application volontaire. Leur application, qui n’est donc pas obligatoire, permet de concevoir des locaux dans le respect de votre obligation de sécurité.
Le saviez-vous ?
L’INRS met à votre disposition des fiches pratiques, notamment sur la conception et l’aménagement des bureaux, qui se réfèrent à ces normes.
Concrètement. Pour se conformer aux normes en vigueur, l’espace des bureaux doit être d’au minimum :
- 10 m² pour 1 personne seule ;
- 15 m² par personne dans un espace collectif bruyant (centre d’appels, par exemple).
Dimensions des bureaux (meubles). Les bureaux meublant vos locaux devraient, toujours dans l’idéal, avoir une hauteur réglable, une profondeur de 80 cm et une largeur d’au moins 120 cm.
A retenir
La Loi est muette sur les caractéristiques précises des locaux de travail. Néanmoins, il existe des normes d’application volontaire auxquelles vous pouvez vous référer. Le constructeur d’un bâtiment destiné à l’activité professionnelle doit tenir compte de ces normes.
Et n’oubliez pas, pour vous assurer de bonnes pratiques en matière de santé et de sécurité, de vous rapprocher de votre service de santé au travail et, le cas échéant, de vos représentants du personnel (CSE).
- Articles R 4211-1 à R 4214-17 du Code du travail
- Article R 4216-2 du Code du travail
- Arrêté du 4 novembre 1993 relatif à la signalisation de sécurité et de santé au travail
- Réponse Ministérielle Gremillet, Sénat, du 5 octobre 2017, n° 00683
- Norme NF X 35-102
- www.inrs.fr
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre sociale, du 9 mars 2022, n°20-22555 (locaux insalubres)
Pour aller plus loin…
Création d’entreprise : quelle convention collective appliquer ?
Déterminer votre secteur d’activité
Quelle est votre activité ? La convention collective applicable est celle dont relève l'activité principale exercée par l'employeur. C’est donc en déterminant votre activité principale que vous saurez quelle convention collective appliquer.
En cas de pluralité d’activités. Si votre entreprise exerce plusieurs activités, compliquant ainsi la détermination de l’activité principale, les conventions collectives et les accords professionnels peuvent prévoir les conditions dans lesquelles l'entreprise détermine elle-même les conventions et accords qui lui sont applicables.
Pour vous aider… Toute entreprise est inscrite au répertoire SIRENE, géré par l’Insee. Lors de cette inscription, un code caractérisant son activité principale (APE) lui est attribué, par référence à la nomenclature d'activités française (NAF). Attention, toutefois : lorsque l’entreprise comporte plusieurs établissements, il est possible que ses établissements n’aient pas le même code APE. De plus, ce code n’est qu’un outil permettant d’élaborer des statistiques et n’a aucune valeur juridique.
Le saviez-vous ?
Les conventions collectives nationales (CCN) recensent généralement les codes NAF, soumettant les entreprises visées aux règles qu’elles édictent.
Mais. La mention des codes NAF concernés dans les conventions collectives ne suffit pas à exclure les entreprises ayant un code NAF autre de son champ d’application. Elle n’a, en effet, qu’une valeur indicative. C’est l’activité principale de l’entreprise qui va déterminer son assujettissement à la convention collective.
Déterminer votre convention collective
A qui s’impose une convention collective déterminée ? Une convention collective ou un accord de branche peut s’imposer à un nombre restreint d’entreprises ou bien à l’ensemble des entreprises du territoire. Les conventions collectives (de branche) sont négociées entre une ou plusieurs organisations syndicales de salariés représentatives et une ou plusieurs organisations patronales. Elles définissent non seulement le secteur d’activité, mais aussi la zone géographique dans lesquels l’accord s’imposera.
Le saviez-vous ?
Si votre entreprise n’est pas située dans le secteur géographique défini par une convention collective, celle-ci ne s’appliquera donc pas. Par exemple, il est impossible pour une entreprise de métallurgie située en Ile-de-France d’appliquer la convention collective Métallurgie du Haut-Rhin.
Les conventions ou accords « non étendus ». Les conventions collectives non étendues ne s’appliquent qu’aux entreprises :
- qui les ont conclues, c’est-à-dire les entreprises membres d’une organisation patronale signataire ;
- ou qui y adhèrent, c’est-à-dire les entreprises membres d’une organisation patronale adhérente malgré son absence de signature (parce qu’elle n’existait pas lors de l’élaboration du texte, par exemple).
Concrètement. Si vous n’adhérez à aucun syndicat d’employeur, vous n’êtes pas assujetti à une convention collective « non étendue ».
Les conventions ou accords « étendus ». Les conventions collectives (de branche) peuvent être étendues par un arrêté ministériel, auquel cas elles s’appliquent à toutes les entreprises qui entrent dans le champ d’application défini par la convention collective.
Le saviez-vous ?
Afin d'être étendus, les accords de branche conclus depuis le 24 septembre 2017 doivent comporter des stipulations spécifiques pour les entreprises de moins de 50 salariés ou bien justifier des raisons de leur absence.
Exemple. Un restaurateur sera soumis à la convention collective nationale des hôtels, cafés restaurants (HCR) du 30 avril 1997, à moins qu’il n’exploite une entreprise de restauration collective ou une entreprise d'alimentation et de restauration rapide vendant ses plats et boissons dans des conditionnements jetables. Sous réserve de cette exclusion, cette convention a, en effet, été étendue à toutes les entreprises (signataires ou non, adhérentes ou non) du territoire métropolitain et des DOM.
Choisir sa convention collective : possible ? Si votre entreprise n’est pas soumise à une convention collective étendue et si vous n’êtes pas adhérent d’une organisation patronale signataire d’une convention collective non étendue, vous pouvez :
- appliquer la Loi ;
- appliquer volontairement les clauses d’une convention collective.
Le saviez-vous ?
Il a déjà été jugé qu’un employeur avait fait une application volontaire d’une convention collective spécifique (en l’occurrence, de la métallurgie) en faisant simplement référence :
- dans le contrat de travail, à un métier spécifique renvoyant à ce secteur d’activité ;
- et, dans le bulletin de paie, à un coefficient propre à cette même convention collective.
Option pour une convention collective nationale. Si vous décidez d’appliquer volontairement une convention collective nationale, sachez que cela ne vous oblige pas à appliquer les accords territoriaux, quand bien même les contrats de travaillent mentionneraient la convention collective nationale.
A noter. Les bulletins de paie à remettre au(x) salarié(s) doivent impérativement faire figurer l’intitulé de la convention collective applicable ou, à défaut, mentionner les articles du Code du Travail relatifs à la durée des congés payés du salarié et la durée des délais de préavis en cas de cessation de la relation de travail. La mention de la convention collective sur le bulletin de paie vaut présomption de son application à l'égard du salarié concerné (sauf preuve contraire de l’employeur, s’il estime que la convention collective mentionnée n’est, en définitive, pas applicable à l’entreprise).
Le saviez-vous ?
Si elle manque de clarté, la convention collective devra être interprétée comme la loi, c'est à dire d'abord en respectant la lettre du texte, ensuite en tenant compte d'un éventuel texte législatif ayant le même objet et, en dernier recours, en utilisant la méthode téléologique consistant à rechercher l'objectif social du texte.
A retenir
La détermination de la convention collective applicable à votre entreprise va nécessairement influencer les règles que vous devrez respecter, en matière de période d’essai, de congés payés, de rémunération, d’indemnités de licenciement, etc. Notez qu’il est parfois possible de choisir sa convention collective.
J'ai entendu dire
En raison d’une fusion d’entreprises, mon code APE ne correspond plus réellement à mon activité principale. Quelle convention collective dois-je appliquer ?A la suite d’une fusion, d'une vente, d'une scission ou d'un changement d'activité, vous devez dénoncer les accords collectifs alors applicables et inviter les partenaires sociaux à négocier un nouvel accord dans les 3 mois suivant la dénonciation.
Les accords ainsi dénoncés continueront, malgré tout, à s’appliquer pendant un délai d’un an (à moins que ne leur soit substitué, dans ce laps de temps, un nouveau texte). Si aucun accord n’est conclu après ce délai d’un an, seule la rémunération garantie aux salariés, conformément à l’accord dénoncé, est maintenue. Les autres avantages ne perdurent donc pas au-delà de ce délai d’un an (nombre de jours de congés, par exemple).
- Article L 2231-1 du Code du travail (capacité à négocier les conventions collectives)
- Article L 2261-2 du Code du travail (détermination)
- Articles L 2261-3 à L 2261-6 du Code du travail (adhésion)
- Articles L 2261-11 et suivants du Code du travail (dénonciation)
- Ordonnance n° 2017-1385 du 22 septembre 2017 relative au renforcement de la négociation collective, article 2
- Décret n° 2007-1888 du 26 décembre 2007 portant approbation des nomenclatures d'activités et de produits françaises
- Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 18 octobre 2017, n° 16-12586 (exemple d’application volontaire)
- Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 6 décembre 2017, n° 16-20559 (valeur du code Naf)
- Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 12 juillet 2018, n° 17-14699 (mention de la convention collective sur le bulletin de paie)
- Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 4 mars 2020, n° 18-11585 (convention collective nationale/conventions collectives territoriales)
- Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 25 mars 2020, n° 18-12467 (méthode d’interprétation d’une convention collective)
Rédiger les statuts de votre société : les bons réflexes à avoir, les erreurs à éviter
Rédaction des statuts : la méthode
La tentation… Tous les créateurs d’entreprise ont eu, à un moment ou à un autre, ce réflexe : dénicher des modèles de statuts (gratuits ou payants) sur le web pour ensuite les utiliser en vue de procéder à l’immatriculation de la société. Bien entendu, recourir à cette méthode n’est évidemment pas interdit, mais ce n’est pas celle que nous vous recommandons.
Le risque… Les statuts ont pour objet de définir les règles de fonctionnement de votre société et de régir les rapports entre les associés et la société et entre associés eux-mêmes : de nombreuses règles sont dites d’ordre public, c’est-à-dire que, imposées par la loi, vous ne pouvez pas y déroger. Mais certaines d’entre elles peuvent faire l’objet d’une adaptation. Recourir à des modèles préétablis ne permettra donc pas que soient pris en considération votre situation particulière, l’environnement de votre actionnariat, celui de votre activité, etc.
À noter. En fonction du type de société choisi, les règles régissant son fonctionnement seront différentes. Ainsi, par exemple, les organes de direction et d’administration, les règles de majorité, etc. seront différentes selon que vous exercez votre activité dans le cadre d’une SARL, d’une SAS ou d’une société en nom collectif (SNC).
Le saviez-vous ?
N’oubliez jamais qu’en présence de difficultés ou de litiges relatifs au fonctionnement de la société, il faudra toujours en revenir aux statuts et à ce qu’ils prévoient ! Il s’agit d’un acte fondateur essentiel pour votre société.
Le conseil… Dans le cadre d’une constitution de société, il ne faut pas, à notre sens, faire l’économie d’un recours aux conseils d’un spécialiste, qu’il s’agisse d’un avocat ou d’un expert-comptable. Non seulement, il pourra vous orienter sur le type de société qui correspond le mieux à votre projet et il s’assurera de la parfaite adéquation des statuts à votre situation, mais, en général, il procèdera à l’ensemble des formalités liées à l’immatriculation de la société. Vous serez donc libéré de ces formalités administratives. Et ce sera aussi l’occasion de valider d’autres aspects de votre projet, que ce soit en termes de recherche de financement, de conseils en matière sociale et fiscale, etc.
L’information… Recourir aux services d’un conseil n’empêche toutefois pas de se tenir informé et de savoir ce qu’il est utile, nécessaire, voire obligatoire d’insérer dans les statuts…
Le saviez-vous ?
Les statuts ne sont pas figés, de sorte que vous pouvez les modifier par la suite. Mais ces modifications nécessiteront de réunir les associés en assemblée générale extraordinaire en vue d’obtenir une décision des associés (prise à la majorité qualifiée). De plus, une modification des statuts nécessite de nouvelles formalités et donc des frais supplémentaires.
Rédaction des statuts : le contenu
Soyez curieux ! Les statuts ne doivent pas se résumer à une simple formalité : il s’agit d’un véritable contrat qui va réglementer vos rapports avec la société tout au long de votre activité. Même si vous ne vous chargez pas vous-même de rédiger les statuts de votre société, il est tout de même conseillé de comprendre ce que prévoient vos statuts et surtout pourquoi.
Des mentions obligatoires. Acte par nature écrit, les statuts doivent comporter des mentions obligatoires, quels que soient la forme de votre société, son activité, son régime d’imposition, etc. Vos statuts doivent donc mentionner, outre les apports de chaque associé, la forme (SARL, SAS, SA), l'objet, la dénomination sociale choisie, le siège social, le montant du capital social, la durée de la société (qui ne peut pas excéder 99 ans mais qui pourra être prorogée) et les modalités de son fonctionnement.
Le saviez-vous ?
Si, dans le cadre de la création de votre société, il est réalisé un apport d’immeuble, vous devrez recourir aux services d’un notaire : vos statuts devront alors être rédigés par « acte notarié ».
Mais aussi… Au-delà de ces mentions obligatoires, il peut être utile d’insérer des clauses et autres éléments qui régiront la vie de la société. À ce sujet, il nous semble important de différencier les situations en fonction des formes de sociétés. Pour prendre l’exemple des sociétés commerciales, il faut savoir que le fonctionnement des SA et des SARL fait l’objet d’une réglementation très précise par la loi, de sorte qu’il peut être utile de recourir à des statuts simplifiés : ils ne seront donc pas soumis aux aléas des modifications législatives qui impliqueraient des modifications statutaires. À l’inverse, le fonctionnement des SAS se caractérise par des règles de fonctionnement plus souples : la rédaction des statuts nécessitera plus de précisions, notamment en ce qui concerne la répartition et l’étendue des pouvoirs dévolus aux organes de direction et de contrôle de la société, les rapports entre associés, etc.
Les points à valider, à vérifier… Voici quelques exemples d’éléments qu’il est important de valider avec votre conseil :
- les apports sont-ils détaillés et le capital est-il entièrement libéré ?
- l’objet social est-il clairement défini et laisse-t-il une possibilité d’évolution ?
- dans le cadre d’une SARL, l’époux commun en biens intervient-il à l’acte pour renoncer à la qualité d’associé ou, au contraire, revendique-t-il cette qualité ?
- les modalités d’augmentation et de réduction du capital social sont-elles prévues ?
- les statuts prévoient-ils l’hypothèse d’un décès d’un associé et, par voie de conséquence, le sort réservé à ses parts ou actions ?
- la vente des parts ou actions par un associé est-elle libre ou est-il prévu une clause d’agrément des autres associés ?
- la répartition et l’étendue des pouvoirs et fonctions sont-elles prévues dans les statuts (notamment en présence de plusieurs gérants dans une SARL ou, dans une SAS, en présence d’une direction collégiale ou encore, dans une SA, entre les organes de direction et les organes de contrôle ou de surveillance) ?
- les modalités de convocation et de délibération des associés ou actionnaires aux assemblées générales sont-elles suffisamment explicites ?
- les statuts prévoient-ils les modalités de dissolution et de liquidation de la société ?
- les statuts reprennent-ils, en annexe, les actes accomplis pour le compte de la société en formation, lesquels seront dès lors considérés comme étant repris par la société ?
Le saviez-vous ?
Il est possible de compléter les statuts par un règlement intérieur, qui aura pour objet de compléter et d'expliciter une ou plusieurs clauses des statuts : ce règlement intérieur s’impose entre associés, mais est inopposable aux tiers dans la mesure où ils n’en ont pas connaissance (le règlement intérieur ne fait pas l’objet d’une publication).
De la même manière, il sera possible de compléter les statuts par un pacte d’actionnaires qui aura pour finalité de réglementer les rapports entre associés, ainsi que le contrôle de la conduite des affaires et de la composition du capital de la société.
Rédaction des statuts : la signature
Une étape essentielle. En signant les statuts vous manifestez clairement votre consentement au projet de société : à la date de la signature, la société est effectivement constituée. Une fois les statuts signés, ils devront faire l’objet d’un enregistrement auprès du service des impôts dont relève la société et vous pourrez effectuer les formalités en vue de son immatriculation au registre du commerce et des sociétés.
Un point important. La signature des statuts marque la reprise automatique des actes accomplis au nom et pour le compte de la société en formation (dont la liste doit être annexée aux statuts) : ces actes conclus, en pratique, par un associé avant l’immatriculation de la société, seront dès lors considérés comme ayant été conclus dès l’origine par la société elle-même.
Le saviez-vous ?
Depuis le 1er juillet 2015, lors de la création d’une société, il n’est plus nécessaire de déposer les statuts au service des impôts pour leur enregistrement (sauf s’ils sont rédigés par un notaire ou si la création de la société s’accompagne d’un apport d’immeuble, de fonds de commerce ou de titres de sociétés). Un exemplaire doit être déposé par voie dématérialisée sur le guichet unique qui le transmet ensuite aux organismes compétents pour enregistrement.
À retenir
Les statuts vont définir les règles de fonctionnement de votre société, ainsi que les rapports entre les associés et la société et entre associés eux-mêmes : il est donc essentiel que ces statuts soient en parfaite adéquation avec votre projet.
Validez son contenu avec votre conseil et pensez à toutes les clauses qui seront utiles à un fonctionnement optimal de votre société (au-delà des mentions obligatoires, pensez notamment aux clauses organisant la cession ou la transmission des parts entre associés ou au bénéfice des tiers).
- Article 1835 et suivants du Code civil
- Article 710-1 du Code civil (rédaction des statuts par notaire en présence d’un apport d'immeuble)
- Article L 210-2 du Code de commerce (sociétés commerciales
- Article L 210-7 du Code de commerce (sociétés commerciales)
- Loi n° 2014-1545 du 20 décembre 2014 relative à la simplification de la vie des entreprises, article 24 (dispense d’enregistrement des statuts auprès du service des impôts)
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 29 janvier 2020, n° 18-15179 (signature d’un document autorisant la création d'une entreprise concurrente par l'associé gérant démissionnaire puis cession des parts le même jour par ce dernier)
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 30 août 2023, n° 22-12084 (prorogation de la société après le délai légal)
Conclure des contrats avant la création de la société : attention aux formalités !
Actes passés pour le compte de la société en formation : une nécessité
Le chat qui se mord la queue ? Pour les besoins de votre future activité, votre société va devoir détenir un compte bancaire. Pour ouvrir un compte bancaire, votre société doit avoir une existence légale, c’est-à-dire être effectivement créée et immatriculée. Mais pour finaliser l’immatriculation définitive de votre société, vous devez avoir déposé les fonds représentant l’apport des associés sur un compte bancaire… ouvert à son nom. Comment faire ?
Prendre des engagements avant d’avoir créé la société ? La même difficulté peut se rencontrer lorsqu’il s’agira de conclure un emprunt bancaire, de conclure un bail commercial, voire de prendre des engagements avec des fournisseurs ou des clients, avant même que la société ne soit créée. Le développement commercial ne se fait pas toujours au rythme des formalités administratives, mais faut-il pour autant attendre que toutes les formalités administratives de création de la société soient effectuées pour démarrer votre activité ?
Oui, c’est possible. Heureusement, une formalité permet de pallier ses difficultés pour autant que vous en respectiez toutes les conditions : il sera possible de faire reprendre, par la société, à son compte, les différents actes que vous aurez conclus avant son immatriculation définitive.
Actes passés pour le compte de la société en formation : une reprise possible
Le problème. La règle est, en pratique, la suivante : une société ne sera dotée de la personnalité morale (c’est-à-dire qu’elle aura une existence propre la dotant d’une capacité à agir sur le plan juridique) que lorsqu’elle sera immatriculée au registre du commerce et des sociétés (RCS) : tant qu’elle n’est pas immatriculée, une société n’a pas la capacité de contracter. Si elle conclut un acte avant cette date d’immatriculation, l’acte est nul. Pour qu’il soit valable, il va falloir remplir certaines conditions.
La solution. Il faut prendre l’engagement ou conclure le contrat pour le compte de la société et faire reprendre, par la suite, ce contrat ou cet engagement par la société, une fois celle-ci définitivement constituée. Si toutes les conditions requises pour cette reprise sont réunies, l’acte ou le contrat sera réputé conclu dès l’origine par la société elle-même ; si ce n’est pas le cas, l’acte restera à votre charge.
Attention aux conditions ! Il est impératif que vous informiez votre co-contractant que vous n’agissez pas pour votre compte personnel, mais bien pour le compte de votre future société, pour qu’il sache avec précision avec qui le contrat est conclu. C’est pourquoi il est absolument nécessaire d’apposer, sur le contrat, la formule « Monsieur ou Madame… agissant au nom et pour le compte de la société en formation, dénommée…».
Attention aux conséquences ! Si cette mention ne figure pas dans l’acte, le contrat ne pourra pas être repris par la société et restera à la charge de celui qui l’a souscrit. C’est ce qui est arrivé à un dirigeant qui avait ouvert un compte bancaire « à titre provisoire en attendant la création de la société » et qui s’est retrouvé condamné à devoir régler à la banque le solde débiteur du compte bancaire.
Voire même… L’acte peut également être annulé au motif qu’il a été conclu par une société n’ayant pas d’existence légale, à défaut d’être immatriculée et donc d’être dépourvue de la « capacité juridique » à signer un acte ou un contrat.
Pour la petite histoire... Une société en cours de formation conclut une promesse de vente avec un tiers. Parce que le contrat n'est finalement jamais conclu du fait de cette personne, la société décide de réclamer une indemnisation. Sauf que la promesse n'a pas été conclue par le mandataire agissant pour le compte de la SCI... mais par la société elle-même. Elle n'est donc pas valable et l'indemnisation réclamée n'est pas due.
Le saviez-vous ?
À titre d’exemple, un bailleur a ainsi pu obtenir l’annulation d’un contrat de location conclu par une société à une date antérieure à celle de son immatriculation : le contrat avait été conclu par la société elle-même, et non pas « au nom et pour le compte de la société en formation », comme cela aurait dû être fait.
Actes passés pour le compte de la société en formation : des formalités à respecter
3 possibilités. Pour que la reprise de l’acte par la société soit régulière, et vous libère des engagements correspondants, il faut formaliser l’opération. Vous disposez, à cet effet, de 3 procédures distinctes pour formaliser la reprise des actes passés pour le compte de votre société en formation. Passons-les en revue.
La formalité la plus couramment utilisée. Il suffit d’annexer à vos statuts, déposés au greffe du Tribunal, un état indiquant la nature des actes accomplis « au nom et pour le compte de la société en formation » avant la signature de ces statuts et détaillant les engagements qui en résultent. Dans cette hypothèse, la signature des statuts emporte automatiquement reprise des engagements concernés par la société.
Soyez suffisamment précis ! Un état qui indique simplement, par exemple, un « engagement de frais et honoraires de conseil et du coût des formalités (publicité, greffe) en vue de la constitution de la société » ne suffit pas à valider la reprise de l’acte, faute d’avoir nommément désigné le contrat conclu avec la société de conseil en question.
Faire valider l’acte par les associés. La deuxième solution suppose une décision des associés : ils pourront, en effet, prendre, après l’immatriculation de la société, une décision validant expressément la reprise des actes et engagements pris au nom et pour le compte de la société en formation (dans le cas d’une EURL, ne comptant qu’un associé unique, la reprise doit résulter d’un acte exprès de sa part reporté sur le registre des décisions).
Pour la petite histoire. Il a été jugé qu’une société ne pouvait valablement reprendre à son compte un acte passé avant son immatriculation par ses fondateurs si celui-ci ne mentionnait pas expressément avoir été en son nom ou pour son compte.
Mandater un associé ou un dirigeant. Une troisième possibilité, moins courante, consiste à donner mandat (dans les statuts ou par acte séparé) à un associé ou à plusieurs d’entre eux les autorisant à prendre des engagements pour le compte de la société. Dans ce cas, l’immatriculation de la société validera la reprise des engagements par la société. Mais attention : cette possibilité ne vaut que pour les actes conclus entre la signature des statuts et l’immatriculation de la société ; et cela suppose que les modalités des engagements soient précisées dans le mandat (un mandat général et indéterminé sera inopérant).
Pour la petite histoire. Un couple signe un devis pour la construction d’une maison, puis crée une société civile immobilière (SCI), dont madame devient la gérante. Elle demande ensuite, au nom de la SCI, une indemnisation au constructeur après avoir constaté des malfaçons sur la maison. Demande irrecevable selon le juge, qui précise qu’aucune formalité requise n’a été faites pour prouver la reprise, par la SCI, des engagements pris par la gérante avant son immatriculation.
Le saviez-vous ?
Seule l’une de ces 3 procédures emporte la reprise des actes antérieurs passés au nom de la société en cours de formation. Aucune autre procédure n’est possible ! Même la reprise implicite...Cependant, il a récemment été jugé que le fait qu’un bail commercial, signé par le fondateur d’une société en formation, précise que la société se substituerait à celui-ci une fois immatriculée, était suffisant pour que la reprise d’acte soit valable. Le fait que la société n’ait effectué aucune des 3 formalités normalement nécessaires est sans d’incidence, d’autant qu’elle s’était toujours comportée en locataire, notamment en réglant les loyers.
A retenir
Les différents contrats signés ou engagements pris pour le compte de votre future société, avant son immatriculation définitive, seront réputés pris par elle dès l’origine à la condition que vous ayez expressément pris ces divers engagements « au nom et pour le compte de la société en formation ». En outre, cette reprise devra être formalisée, soit dans les statuts, soit par une décision collective des associés.
- Article L 210-6 du Code de Commerce
- Articles R 210-5 à R 210-7 du Code de Commerce
- Arrêt de la Cour de Cassation, chambre commerciale, du 27 octobre 1980, n° 79-11232 (ouverture du compte bancaire en attente de la création d’une société)
- Arrêt de la Cour de Cassation, chambre commerciale, du 13 juillet 2010, n° 09-68142 (défaut de précision dans l’état annexé aux statuts)
- Arrêt de la Cour de Cassation, chambre commerciale, du 21 octobre 2014, n° 13-22428 (exemple nullité d’un acte conclu par une société en formation)
- Arrêt de la Cour de Cassation, 3ème chambre civile, du 15 octobre 2015, n° 13-24355 (les 3 procédures légales sont les seules utilisables)
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 13 septembre 2017, n° 15-26491 (contrat de location nul-absence de la mention « au nom et pour le compte de la société en formation »)
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 20 février 2019, n° 17-14242 (pas de reprise implicite)
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 15 janvier 2020, n° 17-28127 (reprise d’acte mentionnée au bail)
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 10 juin 2020, n° 18-16441 (NP) (le contrat passé au nom d’une société en formation ne peut être repris valablement par elle s’il ne mentionne pas avoir été passé en son nom ou pour son compte)
- Arrêt de la Cour de cassation, 3e chambre commerciale, du 16 septembre 2021, n° 20-17372 (reprise des actes signés avant immatriculation d’une SCI)
- Arrêt de la Cour de cassation, 3e chambre civile, du 12 octobre 2022, no 21-19999 (nullité d'une promesse de vente signée par une SCI en cours de formation)
- Arrêts de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 29 novembre 2023, nos 22-18295 et 22-12865
