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Nouvelles visites médicales : de mi-carrière, de fin d’exposition aux risques et de fin de carrière

Date de mise à jour : 24/05/2022 Date de vérification le : 24/05/2022 11 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Si, d’une manière générale, on sait qu’une visite médicale est obligatoire en cas d’embauche d’un nouveau salarié, ce n’est pas la seule hypothèse qui rend obligatoire une telle visite. Dans quels autres cas vos salariés doivent-ils consulter la médecine du travail ?

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Nouvelles visites médicales : de mi-carrière, de fin d’exposition aux risques et de fin de carrière

Organiser une visite médicale de mi-carrière

Une date soumise à plusieurs conditions. Depuis le 31 mars 2022, une visite médicale de mi-carrière peut être organisée à la date prévue par l’accord de branche, ou à défaut, dans l’année du 45ème anniversaire du salarié. Elle peut également être réalisée dès le retour à l’emploi du salarié, s’il remplit les conditions de l’accord de branche ou les conditions légales d’âge.

Une anticipation possible. Si le salarié a une visite médicale prévue dans les 2 années qui précédent cette date, il est alors possible d’anticiper la visite de mi-carrière (pour réaliser les 2 visites en même temps).

Plusieurs objectifs. Cet examen médical a pour objectif :

  • d’établir un état des lieux de l’adéquation entre le poste de travail et l’état de santé du salarié ;
  • d’évaluer les risques de désinsertion professionnelle ;
  • de sensibiliser le salarié aux enjeux du vieillissement au travail ainsi que sur la prévention des risques professionnels.

A l’issue de cet examen médical. Après avoir échangé avec le salarié et l’employeur, le médecin du travail peut alors proposer des mesures d’aménagement, d’adaptation ou de transformation du poste de travail. Il peut également proposer des aménagements du temps de travail du salarié en fonction de son état de santé.

Dans les entreprises de 250 salariés et plus. A la demande du salarié, le référent handicap a la possibilité de participer à ces échanges, tout en respectant son obligation de discrétion concernant les informations personnelles qu’il sera amené à connaître à cette occasion.

Le saviez-vous ?

Cet examen peut également être réalisé par un infirmier en santé au travail, exerçant en pratique avancée. Toutefois, ce dernier ne pourra, en aucun cas, prescrire les mesures que peut prescrire le médecin du travail à l’issue de la visite. En revanche, il pourra, s’il l’estime nécessaire, renvoyer le salarié vers le médecin du travail.


Organiser une visite médicale de fin d’exposition à un risque professionnel

Quoi ? Les travailleurs occupant des postes à risques pour leur santé ou leur sécurité (ou pour celle de leurs collègues ou de tiers évoluant dans leur environnement immédiat) bénéficient d’un suivi individuel renforcé de leur état de santé. Depuis le 31 mars 2022, ces salariés doivent être impérativement examinés par le médecin du travail, au cours d’une visite médicale, dans les meilleurs délais après la cessation de leur exposition à des risques particuliers pour leur santé ou leur sécurité.

Pourquoi ? L’objectif de cet examen est d’établir une traçabilité et un état des lieux, à date, des expositions à un ou plusieurs facteurs de risques professionnels auxquels le salarié a été soumis. Vous pouvez retrouver la liste de ces facteurs de risques ici.

Quelles conséquences ? Si le médecin du travail constate une exposition du travailleur à certains risques dangereux, notamment chimiques, ce dernier doit mettre en place une surveillance post-exposition ou post-professionnelle, en lien avec le médecin traitant et le médecin conseil des organismes de sécurité sociale.


Organiser une visite médicale de fin de carrière

Travailleurs à risque. Les travailleurs occupant des postes à risque pour leur santé ou leur sécurité ou pour celle de leurs collègues ou de tiers évoluant dans leur environnement immédiat bénéficient d’un suivi individuel renforcé de leur état de santé.

Visite médicale de fin de carrière. Depuis le 1er octobre 2021, les salariés bénéficiant de ce dispositif, ou qui en ont bénéficié au cours de leur carrière (ou qui ont bénéficié, avant le 1er janvier 2017, de l’ancien suivi médical spécifique du fait de leur exposition à un ou plusieurs facteurs de risques) doivent être impérativement examinés par le médecin du travail avant leur départ à la retraite, au cours d’une visite médicale de fin de carrière.

Le saviez-vous ?

Cet examen médical s’adresse à l’ensemble des travailleurs, qu’il relève du régime général ou du régime agricole de la Sécurité sociale.

Rôle de l’employeur. Afin d’organiser la visite médicale de fin de carrière du salarié concerné, l’employeur doit informer son service de de prévention et de santé au travail (SPST) de son départ ou de sa mise à la retraite, dès qu’il en a connaissance. Il doit ensuite prévenir sans délai ce salarié du fait qu’il a transmis cette information aux SPST.

Le saviez-vous ?

Notez qu’un travailleur qui estime remplir les conditions pour bénéficier d’une telle visite et qui n’a pas été prévenu peut, durant le mois précédant son départ, demander à bénéficier de cette visite directement auprès des SPST compétents. Il doit néanmoins informer son employeur de cette démarche.

Rôle des SPST. Une fois informé, les SPST doivent déterminer par tout moyen si le salarié remplit effectivement les conditions pour bénéficier de cette visite et, si tel est le cas, organiser la visite.

Déroulement de la visite. Lors de cette visite, le médecin du travail doit établir un état des lieux des expositions du salarié aux différents facteurs de risques professionnels, notamment sur la base des informations contenues dans son dossier médical en santé au travail, ainsi que des déclarations du travailleur lui-même et de ses employeurs successifs.

Fin de la visite. A l'issue de la visite, le médecin du travail doit remettre au travailleur un document dressant cet état des lieux.

Vers une surveillance post-professionnelle ? Si ce document fait état de l'exposition du travailleur à un ou plusieurs facteurs de risques professionnels ou si l'examen fait apparaître d'autres risques professionnels, le médecin du travail devra préconiser, le cas échéant, la surveillance post-professionnelle du salarié.

Marche à suivre. Le médecin du travail devra transmettre ce document et, le cas échéant, les informations complémentaires au médecin traitant du salarié. Cette transmission s’effectuera uniquement si le médecin du travail le juge nécessaire et avec l’accord du travailleur. Les documents transmis devront être assortis de préconisations et de toutes informations utiles à la prise en charge médicale ultérieure. Pour finir, notez que le médecin du travail devra informer le travailleur remplissant les conditions pour bénéficier de cette surveillance post-professionnelles des différentes démarches à effectuer.

À retenir

L’employeur n’est pas tenu d’organiser qu’une seule visite médicale au cours de la carrière de ses salariés. Dans certains cas, une visite médicale de fin de carrière doit être organisée, dans d’autres, le salarié peut demander à bénéficier d’une visite de mi-carrière.
 

J'ai entendu dire

Comment faire lorsque le salarié refuse de se rendre à la visite médicale ?

Un salarié qui refuse de se présenter à une visite médicale peut se voir infliger une sanction disciplinaire, pouvant aller jusqu’au licenciement (le juge a déjà eu l’occasion de préciser qu’un tel refus pouvait constituer une cause réelle et sérieuse de licenciement). Notez qu’en principe, si vous avez d’ores et déjà payé le coût de la visite médicale, vous ne pouvez pas vous retourner contre le salarié indélicat pour en obtenir le remboursement.
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Visite médicale : questions pratiques

Date de mise à jour : 06/10/2023 Date de vérification le : 06/10/2023 13 minutes
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Les salariés sont amenés à se rendre à plusieurs visites médicales au cours de la carrière, certaines obligatoires, d’autres pas. Mais que faut-il savoir sur l’organisation pratique de telles visites ? Existe-t-il des particularités dans le cas d’une inaptitude ?

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Visite médicale : questions pratiques

Visite médicale : ce qu’il faut savoir

Visite médicale non prévue par la loi. Un salarié peut, à sa demande, bénéficier d’une visite médicale. Dans ce cas, il doit vous en formuler la demande. Ce sera ensuite à vous de prendre rendez-vous avec les services de santé compétents pour organiser cette visite

Attestation de suivi de visite médicale. La visite médicale des salariés donne lieu soit à une attestation de suivi, soit un avis d’aptitude (ou d’inaptitude). Vous recevrez, en tant qu’employeur, une copie de ce document, que vous devez conserver et tenir à la disposition de l’inspection du travail.

Temps de visite = temps de travail ? Le temps nécessité par les examens médicaux est pris sur le temps de travail, y compris pour les visites médicales non-obligatoires sollicitées par le salarié. 

Temps de visite = temps rémunéré ? Aucune retenue de salaire ne peut être effectuée à raison du temps passé en examen médical ; si l’examen se déroule en dehors des heures de travail, le temps qui y est consacré doit être rémunéré comme temps de travail normal.

La télémédecine. Depuis le 31 mars 2022, le salarié peut effectuer ses consultations ou ses entretiens avec la médecine du travail à distance. Ce recours à la télémédecine ne pouvant lui être imposé, son consentement doit être recueilli au préalable, par tout moyen, et consigné dans son dossier médical en santé au travail. Le professionnel de santé doit utiliser des technologies adaptées, respectant la confidentialité des échanges, étant précisé que le recours à de telles visites doit être effectué par vidéotransmission. Enfin, le professionnel de santé au travail peut proposer après avoir recueilli le consentement du salarié, qu’un professionnel de santé choisi par le salarié ou que son médecin traitant participe à l’entretien ou la consultation. Cette proposition pourra être faite dès lors que l’état de santé du salarié le justifie, mais également dès lors qu’il est exposé à des risques professionnels.

Le saviez-vous ?

Les frais de transport engagés à l’occasion de la visite médicale doivent être pris en charge par l’entreprise (le temps de transport est assimilé à du temps de travail effectif).

 

Visite médicale : quelle procédure en cas d’inaptitude ?

Le point sur l’inaptitude. Un salarié ne pourra être déclaré inapte que si le médecin du travail a réalisé :

  • un examen médical du salarié ;
  • une étude de poste dans l’entreprise ;
  • une étude des conditions de travail dans l’établissement (en indiquant la date à laquelle la fiche d’entreprise a été actualisée) ;
  • un échange, par tout moyen, avec l’employeur permettant au médecin et à l’employeur de faire valoir leurs observations sur les avis et propositions que le médecin entend adresser.

Un second examen médical ? S’il l’estime nécessaire, le médecin du travail pourra réaliser un second examen médical du salarié dans un délai qui n’excède pas 15 jours après le premier examen.

Avis d’inaptitude. L’avis d’inaptitude qui est rendu, le cas échéant, doit être notifié, au plus tard, 15 jours après le premier examen médical du salarié. Des mesures de reclassement doivent alors être envisagées par l’employeur.

Exception d’impossibilité de reclassement. L’avis d’inaptitude peut indiquer que tout maintien du salarié dans un emploi serait gravement préjudiciable à sa santé ou que l’état de santé du salarié fait obstacle à tout reclassement dans un emploi. Dans ce cas, l’employeur est dispensé de rechercher un poste de reclassement dans l’entreprise.

Avis d’aptitude partielle. L’aptitude « partielle » ou « avec réserves » n’est pas un avis d’inaptitude. Aussi, si un salarié est déclaré apte avec des réserves du médecin du travail, il ne peut pas être licencié pour inaptitude. En revanche, l’employeur est tenu de respecter les préconisations du médecin du travail. Sachez, par exemple, qu’il n’est pas possible de licencier un salarié en raison de ses absences répétées, si ces absences sont liées au non-respect des préconisations du médecin du travail. En cas de contestation par un salarié concernant l’aménagement de son poste selon les recommandations de la médecine du travail, c’est bien à l’employeur de solliciter à nouveau la médecine du travail.

Attention ! Un licenciement fondé sur l’état de santé est discriminatoire et donc nul. C’est le cas lorsqu’il est prononcé à l’encontre d’un salarié qui refuse de reprendre son poste, incompatible avec les observations du médecin du travail.

En revanche… Une proposition de mutation, par la mise en œuvre de la clause de mobilité et compatible avec les réserves émises par le médecin du travail, ne constitue pas une discrimination. Aussi, le licenciement qui repose sur le refus de cette mutation par le salarié est valable.

Cas particulier. En cas de plusieurs avis successifs du médecin du travail, seul le dernier doit être pris en compte. Aussi, si un salarié a été déclaré inapte à la suite de 2 visites médicales mais qu’il fait ensuite l’objet d’un 3ème examen le déclarant apte avec réserves, il ne peut pas faire l’objet d’un licenciement pour inaptitude.

Incidence du remplissage du formulaire… Peu importe que le médecin du travail ait coché la case « apte » lorsqu’il conclut, dans des termes clairs, à l’inaptitude définitive d’un salarié dans son poste de travail.

Avis « de complaisance » ? Sachez que, comme tout médecin, le médecin du travail doit s’abstenir de délivrer un certificat de complaisance. Ainsi, il doit, pour établir un lien entre l’(in)aptitude et les conditions de travail, se baser sur ses connaissances personnelles de l’entreprise, acquises, notamment, grâce aux consultations des autres salariés. En cas d’un avis « de complaisance », causant un préjudice à l’employeur, celui-ci peut saisir le conseil de l’ordre d’une plainte afin que des sanctions disciplinaires soient éventuellement prises contre le médecin concerné.

À retenir

Le salarié est amené à se rendre à plusieurs visites médicales au cours de sa carrière. Ces visites suivent une certaine procédure, qui a évolué dans le temps avec, par exemple, l’apparition de la télémédecine.
 

J'ai entendu dire

Comment faire lorsque le salarié refuse de se rendre à la visite médicale ?

Un salarié qui refuse de se présenter à une visite médicale peut se voir infliger une sanction disciplinaire, pouvant aller jusqu’au licenciement (le juge a déjà eu l’occasion de préciser qu’un tel refus pouvait constituer une cause réelle et sérieuse de licenciement). Notez qu’en principe, si vous avez d’ores et déjà payé le coût de la visite médicale, vous ne pouvez pas vous retourner contre le salarié indélicat pour en obtenir le remboursement.
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Suivi médical des salariés : dispositif de lutte contre la désinsertion professionnelle

Date de mise à jour : 22/02/2023 Date de vérification le : 22/02/2023 12 minutes
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Pour prendre la pleine mesure des enjeux du travail sur la santé et vice versa, des dispositifs ont été mis en place. Focus sur le médecin praticien correspondant et la lutte contre la désinsertion professionnelle.

Rédigé par l'équipe WebLex.
Suivi médical des salariés : dispositif de lutte contre la désinsertion professionnelle

Collaboration entre médecins de ville et médecine du travail

Qui ? Depuis le 1er janvier 2023, un médecin praticien correspondant (MPC) peut, en lien avec le médecin du travail et au sein des services de prévention et de santé au travail interentreprise (SPSTI) contribuer au suivi médical des salariés, à l’exception du suivi médial renforcé prévu pour les salariés exposés à des risques professionnels.

Précisions. Le médecin praticien correspondant ne peut pas cumuler sa fonction avec celle de médecin traitant.

Comment ? Le MPC doit conclure un protocole de collaboration avec le SPSTI, qui :

  • prévoit, le cas échéant, les garanties supplémentaires en termes de formations, justifiées par les spécificités du suivi médical des travailleurs pris en charge par le SPSTI ;
  • définit les modalités de la contribution du MPC à ce suivi médical.

À noter. La conclusion d’un tel protocole de collaboration n’est autorisée que dans les zones caractérisées par un nombre insuffisant ou une disponibilité insuffisante de médecins du travail pour répondre aux besoins du suivi médical des travailleurs. Les modalités d’application de ce dispositif doivent être précisées par décret (non encore paru à ce jour).

 

L’essai encadré

Définition. L’essai encadré est un dispositif de lutte contre la désinsertion professionnelle. Il permet à un travailleur en arrêt de travail, quelle qu’en soit la cause et la durée, de bénéficier d’une reprise d’activité en adéquation avec son état de santé. Il peut s’agir d’une reprise de poste avec un éventuel aménagement, ou de la découverte d’une toute autre profession. Cet essai peut être réalisé dans l’entreprise dont le travailleur est issu ou bien dans n’importe quelle autre entreprise partenaire.

Bénéficiaires. L’essai encadré est ouvert, dès lors qu’ils sont en arrêt de travail :

  • depuis le 31 mars 2022, aux :
    • salariés relevant du régime général;
    • bénéficiaires d’un contrat de mission temporaire ou d’apprentissage ;
    • stagiaires de la formation professionnelle.
  • depuis le 1er juillet 2022, aux :
    • salariés relevant du régime général;
    • salariés et assimilés du régime agricole ;
    • chefs d'exploitation ou d'entreprise agricole, conjoints collaborateurs, aides familiaux et associés d’exploitations.

Formalités. L’essai encadré peut être entrepris à la demande du travailleur ou sur initiative de son assurance maladie (CPAM ou MSA), du service de prévention et de santé au travail, ou d’un organisme de placement spécialisé. Le projet est validé par le service social de la caisse compétente, avec l’accord du médecin traitant, du médecin conseil et du médecin du travail assurant le suivi du salarié. Si l’administration peut refuser cette demande elle doit, en revanche, motiver ce refus.

Démarches employeur. L’entreprise employeur du travailleur en essai encadré n’a aucune formalité à remplir si l’essai est effectué près d’une autre entreprise. En revanche, l’entreprise d’accueil, quelle qu’elle soit, doit signer une convention par laquelle elle atteste de ses engagements et désigne un tuteur référent.

Durée de l’essai. L’essai, soumis à convention écrite, ne peut excéder la durée initiale de 14 jours mais peut être renouvelé dans la limite de 28 jours ouvrables.

Tutorat. Les bénéficiaires de cet essai sont alors suivis par un tuteur, dans l’entreprise concernée pendant toute cette période, à la fin de laquelle un bilan est dressé, en lien avec le bénéficiaire. Ce dernier est alors communiqué aux médecins du travail concernés, au service social et aux organismes dédiés.

Indemnité. L’essai encadré ne donne pas lieu à rémunération de la part de l’entreprise d’accueil. Les bénéficiaires conservent en revanche le droit aux indemnités journalières de leur caisse d’assurance maladie et à l’éventuel complément de l’employeur initial. À cet égard, il est précisé que les travailleurs indépendants ne peuvent bénéficier de cette indemnisation qu’elle soit liée à un essai encadré ou à une convention de rééducation professionnelle.

En cas d’accident. Dans le cas où un accident du travail surviendrait ou une maladie professionnelle serait constatée pendant l’essai encadré, c’est à l’entreprise concernée par cet essai de réaliser la déclaration de cet accident de travail.


La convention dite « de rééducation professionnelle en entreprise » (CRPE)

Définition. Depuis le 31 mars 2022, la convention de rééducation professionnelle en entreprise (CRPE) permet à des travailleurs en proie à une inaptitude ou d’ores et déjà déclarés inaptes de profiter d’une période transitoire, à l’issue de leur arrêt de travail, durant laquelle ils peuvent :

  • se réhabituer à leur poste dans leur entreprise d’origine ;
  • se former à une toute autre profession dans leur entreprise d’origine ;
  • se former à une nouvelle profession au sein d’une entreprise tierce.

Bénéficiaires. Tout salarié issu des régimes général et agricole peut bénéficier d’une CRPE à condition d’avoir été déclaré inapte à son poste ou qu’un tel risque ait été identifié lors de la visite de pré-reprise. Il n’est pas nécessaire d’avoir la qualité de travailleur handicapé pour y prétendre, cette qualification n’y faisant pas obstacle par ailleurs.

Démarches. La CRPE peut être initié par le travailleur lui-même, la caisse d’assurance maladie (CPAM ou MSA), la médecine du travail ou un organisme de placement spécialisé.

Convention écrite. La CRPE est formalisée par un document écrit signé des parties : l'employeur, le salarié et la caisse d’assurance maladie (CPAM ou MSA). Il fixe les modalités d’exécution de la rééducation, la rémunération et l’indemnité journalière afférente.

Durée. La CRPE ne peut excéder 18 mois.

Rémunération. Le bénéficiaire continue de percevoir les indemnités journalières qu’il percevait avant la rééducation et reçoit également un complément de salaire de la part de l’employeur d’accueil afin d’avoir au moins la même rémunération qu’avant l’arrêt de travail.

Démarches employeur. Si l’employeur d’origine assure la rééducation du travailleur, un avenant au contrat de travail doit être établi et signé (sans modification de la rémunération). Dans le cas contraire, il s’agit d’une mise à disposition. Il transmet la convention à l’entreprise d’accueil et facture à cette dernière la fraction de la rémunération, des charges sociales et des frais professionnels du complément normalement laissé à sa charge.

Démission post rééducation. Si le travailleur démissionne à l’issue de sa rééducation pour être embauché par une autre entreprise, il bénéficie des indemnités journalières durant 3 mois.

Période d’essai. Si l’entreprise ayant assuré la rééducation du travailleur l’embauche, la durée de mise à disposition est déduite de la période d’essai.

A retenir

Afin de rendre la médecine du travail plus efficiente, mais également afin de lutter contre la désinsertion professionnelle, plusieurs dispositifs ont été mis en place comme l’essai encadré, la convention de rééducation professionnelle et la place prépondérante d’un nouvel interlocuteur : le médecin praticien correspondant.

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Comment faire lorsque le salarié refuse de se rendre à la visite médicale ?

Un salarié qui refuse de se présenter à une visite médicale peut se voir infliger une sanction disciplinaire, pouvant aller jusqu’au licenciement (le juge a déjà eu l’occasion de préciser qu’un tel refus pouvait constituer une cause réelle et sérieuse de licenciement). Notez qu’en principe, si vous avez d’ores et déjà payé le coût de la visite médicale, vous ne pouvez pas vous retourner contre le salarié indélicat pour en obtenir le remboursement.
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Organiser une visite médicale après une absence prolongée

Date de mise à jour : 15/06/2023 Date de vérification le : 26/02/2024 14 minutes
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En tant qu’employeur, vous avez l’obligation d’organiser certaines visites médicales pour vos salariés, notamment lorsque l’un d’eux a fait l’objet d’une absence prolongée. Quelles sont les modalités d’une telle visite ? Quelles conséquences pour le contrat de travail ?

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Quelles modalités ?

Un rendez-vous de liaison. Depuis le 31 mars 2022, l’employeur ou le salarié peut organiser un rendez-vous de liaison en cas d’arrêt de travail de 30 jours minimum. Ce rendez-vous a pour but d’informer le salarié qu’il peut bénéficier d’actions visant à prévenir la désinsertion professionnelle. Lors de ce rendez-vous, le salarié peut se faire assister par le référent handicap. Si le salarié refuse de s’y rendre, cela ne doit entraîner aucune conséquence. Enfin, l’employeur a l’obligation d’informer le salarié qu’il peut en solliciter l’organisation.

En cas de future reprise du travail après un arrêt de travail. Une visite médicale de pré-reprise doit être organisée si l’arrêt a duré plus de 3 mois. Elle peut être organisée à l’initiative du salarié, du médecin traitant et du médecin conseil. Depuis le 31 mars 2022, en cas de retour anticipé du salarié, le médecin du travail peut également en solliciter une.

Bon à savoir. Le médecin du travail peut déléguer à un infirmier en santé au travail la réalisation de divers examens et visites, notamment les visites de reprise, de préreprise et de mi-carrière.

Issue de l’examen de pré-reprise. Au cours de l’examen, le médecin du travail peut recommander :

  • des aménagements ou des adaptations de poste ;
  • un aménagement du temps de travail ;
  • une reconversion professionnelle ;
  • un reclassement ou une formation afin de faciliter sa reconversion ou sa réorientation professionnelle.

Une information. Le médecin peut alors, sauf avis contraire du salarié, vous en informer. Cet examen de pré-reprise a pour but de vérifier si le poste de travail est toujours en adéquation avec l’état de santé du salarié.

En cas de retour de votre salarié. La visite de reprise doit avoir lieu, si possible, avant le retour effectif du salarié à son poste, et, le cas échéant, au plus tard, dans les 8 jours suivant son retour :

  • après un congé maternité ;
  • après une absence pour cause de maladie professionnelle ;
  • après une absence d’au moins 30 jours pour cause d’accident du travail ou d’accident non professionnel ou de maladie non professionnelle.

Une obligation pour l’employeur. Elle est obligatoire, même si le salarié a bénéficié d’une visite de pré-reprise. Le défaut d’organisation de visite médicale dans ce délai maintient la période de suspension du contrat de travail. Aussi même si un salarié revient travailler 1 jour puis s’absente de nouveau, sans justificatif, cette absence n’est pas fautive.

Attention (pour l’employeur). Ne pas organiser une visite de reprise cause nécessairement un préjudice au salarié, justifiant l’octroi de dommages-intérêts (et peut justifier une prise d’acte de la rupture du contrat aux torts de l’employeur).

Attention (pour le salarié). Par ailleurs, un refus du salarié de se rendre à la visite médicale de reprise peut constituer un comportement fautif, susceptible de justifier son licenciement (voire même une faute grave si le salarié fait obstacle de façon réitérée à l'examen de reprise par le médecin du travail). Mais attention au motif de licenciement que vous serez susceptible de retenir.

Exemple. Un salarié s’est trouvé en arrêt maladie pendant environ 10 mois. A l’issue de cet arrêt maladie, il a refusé de se rendre à la visite médicale de reprise, sans pour autant reprendre le travail, ce qui a motivé, selon l’employeur, un licenciement pour abandon de poste. Mais le juge a sanctionné l’employeur dans cette affaire : en l’absence de visite de reprise, le contrat reste suspendu. Il n’est donc pas possible de reprocher au salarié un abandon de poste. Il aurait mieux valu que l’employeur motive son licenciement par le refus du salarié de se présenter à la visite médicale de reprise obligatoire.

Convoquer le salarié à une visite ? Pour permettre au salarié de passer effectivement sa visite médicale, vous devez lui adresser personnellement la convocation. Tel n’est pas le cas d’une convocation affichée dans les vestiaires de l’entreprise.


Quelles conséquences sur le contrat de travail ?

Fin de la suspension du contrat de travail ? Suite à une période d’absence pour accident de travail d’au moins 30 jours, tant que la visite médicale de reprise n’a pas eu lieu (dans un délai maximum de 8 jours après la reprise du travail par votre salarié), le contrat de travail est suspendu. Il est alors impossible d’envisager un licenciement, sauf en cas de faute grave ou d’impossibilité de maintenir le contrat de travail pour un motif étranger à l’accident de travail.

Exemple. A la suite d’un arrêt de travail de plus de 30 jours, une salariée a repris son poste pour une seule demi-journée puis n’a plus donné de nouvelles, malgré 2 LRAR de son employeur lui demandant de justifier son absence. Il l’a finalement licenciée pour faute grave. Licenciement validé par le juge qui estime que la salariée ne peut pas reprocher à l’employeur de n’avoir pas organisé la visite de reprise alors qu’il était resté sans nouvelles malgré ses démarches par courrier RAR. La même décision a été prise à l’encontre d’un salarié qui n’a pas repris le travail à l’issue de son arrêt de plus de 30 jours et a laissé son employeur sans nouvelles malgré une mise en demeure de ce dernier.

Ou encore. Le licenciement d’une autre salariée qui, quant à elle, n’a pas repris le travail, a également été validé : elle n’avait pas, elle non plus, répondu à la lettre recommandée avec AR de son employeur lui demandant de reprendre son poste ou de fournir des explications. Dans ces conditions, le juge a estimé que l’employeur, resté sans réponse, n’avait pas à organisé la visite de reprise. De même, le salarié, qui ne s'est pas présenté dans l'entreprise après la fin de son arrêt de travail et qui n’a pas manifesté sa volonté de reprendre son travail ou sollicité l'organisation d'une visite de reprise ne peut pas reprocher à son employeur un manquement grave justifiant une prise d’acte.

Contre-exemple. A la suite d’un arrêt de travail, un salarié du BTP reprend son poste. Son employeur l’affecte sur un chantier situé à 300 km de chez lui. Ce que le salarié refuse, estimant que son contrat reste suspendu tant qu’il n’avait pas passé sa visite médicale de reprise (programmée pour le lendemain de sa reprise). Ce qui constitue une faute grave, selon l’employeur. Mais pas selon le juge : le refus du salarié n’est pas fautif puisque lors de son refus, le salarié n’avait pas encore passé la visite médicale et son aptitude n’avait pas encore été vérifiée. Le licenciement du salarié est donc sans cause réelle et sérieuse.

Le saviez-vous ?

Dans le cas où un salarié est en arrêt de travail sur une durée de plus de 3 mois, une visite de pré-reprise doit être organisée par le médecin du travail à l’initiative du médecin traitant, du médecin conseil des organismes de sécurité sociale ou du salarié. L’administration admet qu’une visite de pré-reprise peut aussi être organisée dans l’hypothèse d’un arrêt de travail de moins 3 mois, à l’initiative des mêmes personnes.

Pour information. Sachez que le médecin du travail doit être informé de tout arrêt de travail d’une durée inférieure à 30 jours pour cause d’accident du travail afin de pouvoir apprécier l’opportunité d’un nouvel examen médical.

A retenir

L’employeur n’est pas tenu d’organiser qu’une seule visite médicale au cours de la carrière de ses salariés. Non seulement la visite médicale doit être renouvelée régulièrement, mais certains évènements (notamment un arrêt maladie de plus de 30 jours) donnent lieu à une visite médicale de reprise.
 

J'ai entendu dire

Comment faire lorsque le salarié refuse de se rendre à la visite médicale ?

Un salarié qui refuse de se présenter à une visite médicale peut se voir infliger une sanction disciplinaire, pouvant aller jusqu’au licenciement (le juge a déjà eu l’occasion de préciser qu’un tel refus pouvait constituer une cause réelle et sérieuse de licenciement). Notez qu’en principe, si vous avez d’ores et déjà payé le coût de la visite médicale, vous ne pouvez pas vous retourner contre le salarié indélicat pour en obtenir le remboursement.
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Renouvellement périodique obligatoire de la visite médicale

Date de mise à jour : 14/03/2023 Date de vérification le : 14/03/2023 5 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Si, d’une manière générale, on sait qu’une visite médicale est obligatoire en cas d’embauche d’un nouveau salarié, ce n’est pas la seule hypothèse qui rend obligatoire une visite médicale. Dans quels autres cas vos salariés doivent-ils consulter la médecine du travail ?

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Renouvellement périodique obligatoire de la visite médicale

Renouvellement périodique obligatoire de la visite médicale : le déroulement

Examen médical ou visite d’information ? Depuis le 1er janvier 2017, il a été fait une distinction entre 2 types de visites qui sont organisées par la médecine du travail. Les salariés devront se rendre soit à une visite d’information et de prévention, soit à un examen médical d’aptitude. Si le but de ces 2 visites est différent, en pratique, vous êtes toujours tenu, en tant qu’employeur, de planifier une visite médicale pour chacun de vos salariés.

Un renouvellement tous les 5 ans. D’une manière générale, la visite d’information et de prévention doit être renouvelée, au minimum, tous les 5 ans.

Le saviez-vous ?

L’absence d’organisation des visites périodiques n’a pas pour effet de causer un préjudice automatique au salarié. Si ce dernier met en cause son employeur sur ce point, il devra donc prouver l’existence d’un préjudice pour prétendre à une indemnisation.

Déroulement de la visite d’information et de prévention. La visite d'information et de prévention dont bénéficie le travailleur est individuelle. Elle a notamment pour objet :

  • d'interroger le salarié sur son état de santé ;
  • de l'informer sur les risques éventuels auxquels l'expose son poste de travail ;
  • de le sensibiliser sur les moyens de prévention à mettre en œuvre ;
  • d'identifier si son état de santé ou les risques auxquels il est exposé nécessitent une orientation vers le médecin du travail ;
  • de l'informer sur les modalités de suivi de son état de santé par le service et sur la possibilité dont il dispose, à tout moment, de bénéficier d'une visite à sa demande avec le médecin du travail.

Renouvellement tous les 3 ans pour… Les travailleurs de nuit, les jeunes travailleurs de moins de 18 ans et les travailleurs handicapés ou percevant une pension d’invalidité bénéficient d’une visite médicale au moins tous les 3 ans.

Attention ! Pour chaque salarié, le médecin du travail peut convenir d’une périodicité différente de renouvellement de la visite médicale. En effet, la périodicité de renouvellement de la visite médicale est une périodicité maximale. Le médecin du travail peut adapter cette périodicité en fonction de l’âge, de l’état de santé, des conditions de travail et des risques professionnels auxquels est exposé le salarié.

Le saviez-vous ?

Un salarié qui travaille de nuit, sauf pendant les nuits du samedi et du dimanche, ne pourra être convoqué à la visite médicale que le lundi (en raison, notamment, des conséquences pratiques liées au droit au repos quotidien et aux heures d’ouverture des services de la médecine du travail).


Renouvellement périodique obligatoire de la visite médicale : les aspects pratiques

Une surveillance médicale renforcée. Certains salariés font l’objet d’une surveillance médicale renforcée qui se caractérise par un suivi médical plus régulier. Ces salariés sont ceux qui sont affectés à un poste de travail à risque qui les expose :

  • à l’amiante ;
  • au plomb ;
  • aux agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction ;
  • aux agents biologiques des groupes 3 et 4 ;
  • aux rayonnements ionisants ;
  • au risque hyperbare ;
  • au risque de chute de hauteur lors des opérations de montage et de démontage d’échafaudage.

En pratique. Les salariés qui occupent l’un de ces postes à risques sont soumis à un examen médical d’aptitude au minimum tous les 4 ans. Une visite intermédiaire à la médecine du travail doit être prévue au plus tard 2 ans après la visite avec le médecin du travail. En pratique, par exemple, un salarié reçu par un médecin du travail pour un examen médical en février 2017, devra bénéficier d’une visite médicale avant février 2019, tandis que le prochain examen médical d’aptitude devra avoir lieu avant février 2021.

Travail sur écran. Les salariés travaillant sur écran doivent aussi bénéficier d’un examen préalable des yeux et de la vue par le médecin du travail, examen qui doit être renouvelé périodiquement, et à chaque fois que le salarié se plaint de troubles dus à l’utilisation de l’écran.

A la demande du salarié… Tout salarié qui anticipe un risque d’inaptitude peut solliciter une visite médicale dans l’objectif d’engager une démarche de maintien en emploi et de bénéficier d’un accompagnement personnalisé. La demande du salarié ne peut motiver aucune sanction.

Agents chimiques présents dans l’atmosphère du lieu de travail. Certains agents chimiques peuvent parfois se trouver dans l’atmosphère des lieux de travail. Leur taux de concentration ne doit pas dépasser certains seuils, prévus par décret.

=> Vous pouvez consultez en annexe le détail des valeurs limites d’expositions à ces agents chimiques présents dans l’atmosphère des lieux de travail

A retenir

L’employeur n’est pas tenu d’organiser qu’une seule visite médicale au cours de la carrière de ses salariés. En effet, la visite médicale doit être renouvelée régulièrement…

J'ai entendu direComment faire lorsque le salarié refuse de se rendre à la visite médicale ?

Un salarié qui refuse de se présenter à une visite médicale peut se voir infliger une sanction disciplinaire, pouvant aller jusqu’au licenciement (le juge a déjà eu l’occasion de préciser qu’un tel refus pouvait constituer une cause réelle et sérieuse de licenciement). Notez qu’en principe, si vous avez d’ores et déjà payé le coût de la visite médicale, vous ne pouvez pas vous retourner contre le salarié indélicat pour en obtenir le remboursement.
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Visite médicale d’embauche

Date de mise à jour : 11/07/2023 Date de vérification le : 11/07/2023 22 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Lors de l’embauche d’un nouveau salarié, l’employeur doit remplir de nombreuses formalités. La visite médicale d’embauche en fait partie. Est-elle identique pour tous les salariés ? Doit-elle être organisée en amont ou en aval de la prise de poste de votre nouveau collaborateur ? Quels sont les délais pour l’organiser ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Visite médicale d’embauche

Visite médicale d’embauche d’un salarié : le cas général

Examen médical ou visite d’information ? Depuis le 1er janvier 2017, il a été fait une distinction entre 2 types de visites médicales. Les salariés devront se rendre, soit à une visite d’information et de prévention, soit, pour certaines catégories de salariés, à un examen médical d’aptitude. Si le but de ces 2 visites est différent, en pratique, vous êtes toujours, en tant qu’employeur, tenu d’organiser un entretien à la médecine du travail pour chacun de vos salariés, notamment lors de leur embauche.

Le principe : la visite d’information et de prévention. La règle est la suivante : vous devez organiser une visite d’information et de prévention (qui remplace la visite médicale d’embauche) pour chaque nouveau collaborateur, au plus tard dans les 3 mois qui suivent la prise effective de poste.

La visite médicale d’embauche n’est pas obligatoire lorsque… Il n’est pas nécessaire de procéder à cette visite (sauf si le médecin du travail l'impose ou si le salarié en fait la demande), si le salarié a déjà bénéficié d’une visite d’information et de prévention au cours des 5 dernières années et si toutes les conditions suivantes sont réunies :

  • le salarié est appelé à occuper un emploi identique et présentant des risques d'exposition équivalents au poste qu’il a occupé précédemment ;
  • le professionnel de santé est en possession de la dernière attestation de suivi ou du dernier avis d’aptitude ;
  • aucun avis d’inaptitude physique ni aucune mesure individuelle d’adaptation, d’aménagement ou de transformation du poste n’ont été prononcés au cours des 5 dernières années.

À noter. La même dispense s’applique pour les travailleurs handicapés et les personnes titulaires d’une pension d’invalidité, dans les mêmes conditions, s’ils ont subi une visite dans les 3 ans précédant leur embauche.

Le saviez-vous ?

Cette visite est obligatoire, même si vous embauchez votre salarié sous contrat à durée déterminée, quelle que soit sa durée : un employeur s’est ainsi vu sanctionné pour ne pas avoir organisé une visite médicale pour un salarié embauché pour 2 jours et demi.

Toujours obligatoire. Cette visite est toujours obligatoire, même lorsque le contrat de travail en lui-même ne la prévoit pas, ni même n’y fait référence. Et elle demeure obligatoire, quel que soit le type de contrat (CDD, CDI, contrat de professionnalisation, etc.).

Quel objectif ? Il ne s’agit plus, en réalité, de vérifier l’aptitude médicale du salarié à occuper un poste dans l’entreprise. L’objectif de cette visite d’information et de prévention, qui ne donne pas nécessairement lieu à un examen médical, est :

  • d’interroger le salarié sur son état de santé ;
  • de l’informer sur les risques liés à son poste de travail ;
  • de le sensibiliser sur les moyens de prévention ;
  • de l’informer sur les modalités de suivi de son état de santé, et notamment de la possibilité de solliciter à tout moment le médecin du travail.

Attention. D’une manière générale, en qualité d’employeur, vous êtes tenu à une obligation de sécurité envers vos salariés. Compte tenu de ce principe, si un salarié justifie d’un préjudice du fait du défaut d’organisation de la visite médicale, il pourra obtenir (en justice) des dommages-intérêts. Il est donc impératif que vous organisiez cette visite médicale lors de l’embauche d’un nouveau salarié.

Attention (bis). Les juges ont également précisé qu’une prise d’acte de la rupture du contrat de travail, par le salarié, pour défaut ou refus de visite médicale, produirait les effets d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse. Ce qui ne sera toutefois pas le cas s’il s’agit d’un simple retard ou d’une simple négligence, qui, toujours selon les juges, ne constitue pas un manquement suffisamment grave de votre part.

Attention (ter). Vous devez vous assurer que l’examen médical obligatoire à l’embauche a effectivement eu lieu dans les délais. Un employeur pensant que l’envoi de la déclaration préalable à l’embauche suffisait, dans la mesure où elle entraîne automatiquement un avis transmis par l’Urssaf à la médecine du travail, a été condamné à verser des dommages-intérêts à un salarié qui n’a, en définitive, pas passé l’examen médical obligatoire au moment de son embauche.


Visite médicale d’embauche d’un salarié : les cas particuliers

Pour certains salariés… Pour certaines catégories de salariés, les règles sont différentes : il s’agit des salariés exposés à des postes à risques, des travailleurs de nuit et des travailleurs âgés de moins de 18 ans.

Une visite préalable à l’embauche. Pour ces salariés, la visite est préalable à leur affectation sur leur poste de travail. Concrètement, avant toute prise de poste :

  • les travailleurs de nuit et les salariés mineurs doivent suivre une visite d’information et de prévention ;
  • les salariés qui occupent des postes à risques, quant à eux, doivent suivre un examen médical en vue de vérifier leur aptitude médicale à occuper le poste en entreprise.

Les postes à risques. Les postes de travail de l’entreprise qui sont considérés comme des postes à risques sont ceux qui exposent les travailleurs :

  • à l’amiante ;
  • au plomb ;
  • aux agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction ;
  • aux agents biologiques des groupes 3 et 4 ;
  • aux rayonnements ionisants ;
  • au risque hyperbare ;
  • au risque de chute de hauteur lors des opérations de montage et de démontage d’échafaudages.

À noter. Cette liste peut être complétée par l’employeur, après l’avis du médecin du travail et du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (ou, à défaut et le cas échéant, des délégués du personnel). La liste ainsi complétée est transmise au service de santé au travail, elle est également tenue à la disposition de la direction du travail. L’employeur doit motiver l’inscription de tout poste sur cette liste, et procéder à sa mise à jour chaque année.

Le saviez-vous ?

Les services de santé au travail deviendront, à compter du 31 mars 2022, les services de prévention et de santé au travail. Ce changement de dénomination s’accompagne notamment d’un élargissement des missions qui leur sont confiées.

Exception si la dernière visite a moins de 3 ans pour... Les travailleurs de nuit peuvent être dispensés de la visite d’embauche dès lors que leur dernière visite a été effectuée moins de 3 ans avant leur nouvelle embauche et qu’ils remplissent les conditions suivantes :

  • le salarié est appelé à occuper un emploi identique et présentant des risques d'exposition équivalents au poste qu’il a occupé précédemment ;
  • le professionnel de santé est en possession de la dernière attestation de suivi ou du dernier avis d’aptitude ;
  • aucun avis d’inaptitude physique ni aucune mesure individuelle d’adaptation, d’aménagement ou de transformation du poste n’ont été prononcés au cours des 5 dernières années.

Exception pour les salariés qui occupent un poste à risques… Pour un salarié occupant un poste à risques et ayant bénéficié d’une visite médicale d’aptitude dans les 2 ans précédant son embauche, l’organisation d’un nouvel examen médical n’est pas obligatoire dès lors que toutes les conditions précédemment citées sont réunies.


Visite médicale de l’apprenti

Une expérimentation. A titre expérimental, la visite d’information et de prévention des apprentis, dont les contrats seront conclus entre le 30 avril 2019 et le 31 octobre 2021, pourra être réalisée par un médecin de ville, dès lors que le médecin du travail ne sera pas disponible sous 2 mois (seule la visite médicale réalisée à l’occasion de l’embauche est visée). Les apprentis relevant de l’enseignement agricole ne sont toutefois pas visés par cette expérimentation.

Concrètement. L’employeur doit saisir son service de santé au travail (SST), au plus tard à la date d'embauche de l'apprenti, afin d'organiser la visite d'information et de prévention (qui remplace, depuis le 1er janvier 2017, la visite médicale d’embauche). Il doit informer l’apprenti de l’objet et du contenu de cette visite, qui doit avoir lieu avant l'expiration d'un délai de 2 mois à compter de la date d'embauche de l’apprenti, ou avant l'affectation de l'apprenti au poste s’il a moins de 18 ans.

Les suites. Le SST dispose ensuite d'un délai de 8 jours suivant sa saisine pour répondre à l'employeur de l'apprenti. S’il ne répond pas ou s’il indique qu’aucun professionnel de santé du SST (médecin du travail, médecin collaborateur, interne en médecine du travail ou infirmier) n’est disponible dans ce délai de 2 mois, la visite d’information et de prévention peut être réalisée par :

  • n’importe quel médecin conventionné avec lui qui exerce en secteur ambulatoire (dont il aura fourni la liste et les coordonnées à l’employeur) ;
  • en cas d’indisponibilité de ces médecins ou en l’absence de convention avec des médecins exerçant en secteur ambulatoire, par tout médecin exerçant en secteur ambulatoire, notamment le médecin traitant de l'apprenti (dans cette hypothèse, l’employeur devra obtenir l’accord de l’apprenti ou de ses représentants légaux, s’il est mineur).

Les démarches préalables. Avant le jour de la visite d'information et de prévention de l’apprenti, l'employeur devra adresser :

  • au médecin chargé de la réaliser : la fiche de poste de l'apprenti (ou tout autre document précisant les tâches confiées à l'apprenti), les conditions dans lesquelles ses tâches seront effectuées, ainsi que les coordonnées du SST dont il dépend ;
  • au SST dont il dépend : les coordonnées du médecin chargé de la visite.

Suites de la visite. A l'issue de la visite, le médecin qui l’aura réalisée remet à l'apprenti un document de suivi attestant la réalisation de la visite (selon le modèle arrêté par le ministère du travail). Il en transmet une copie à l'employeur de l'apprenti ainsi qu'au SST concerné, afin que ce dernier assure le suivi périodique de l'état de santé de l'apprenti. Dans le cas où le médecin constate que l’état de santé de l’apprenti, ou les risques auxquels il est exposé nécessitent une orientation vers le médecin du travail, il le mentionne dans le document de suivi attestant de la réalisation de la visite. Il en informe l'apprenti, son employeur et le SST concerné.

Prise en charge des honoraires. Les honoraires du médecin sont déterminés selon les tarifs conventionnels (fixés à 23 € depuis le 15 septembre 2018) majorés d’un coefficient de 1,5. Ils sont pris en charge :

  • par l’employeur, si l’entreprise dispose d’un service de santé au travail autonome ;
  • par son service de santé au travail si l’employeur y a adhéré, sous réserve qu’il soit à jour du paiement de ses cotisations.


Visite médicale : questions pratiques

Temps de visite = temps de travail ? Le temps nécessité par les examens médicaux est pris sur le temps de travail. Pour information, sachez que les examens peuvent être réalisés dans l’enceinte même de l’entreprise pour les établissements comptant au moins 200 salariés.

Temps de visite = temps rémunéré ? Aucune retenue de salaire ne peut être effectuée à raison du temps passé en examen médical ; et si l’examen se déroule en dehors des heures de travail, le temps qui y est consacré doit être rémunéré comme temps de travail normal.

Le saviez-vous ?

Les frais de transport engagés à l’occasion de la visite médicale doivent être pris en charge par l’entreprise (le temps de transport est assimilé à du temps de travail effectif).

Attestation de suivi de visite médicale. La visite médicale des salariés donne lieu soit à une attestation de suivi, soit un avis d’aptitude (ou d’inaptitude). Vous recevrez, en tant qu’employeur, une copie de ce document, que vous devez conserver à la disposition de l’inspection du travail.

Le point sur l’inaptitude. Un salarié ne pourra être déclaré inapte que si le médecin du travail a réalisé :

  • un examen médical du salarié ;
  • une étude de poste dans l’entreprise ;
  • une étude des conditions de travail dans l’établissement (en indiquant la date à laquelle la fiche d’entreprise a été actualisée) ;
  • un échange, par tout moyen, avec l’employeur permettant au médecin et à l’employeur de faire valoir leurs observations sur les avis et propositions que le médecin entend adresser.

Un second examen médical ? S’il l’estime nécessaire, le médecin du travail pourra réaliser un second examen médical du salarié dans un délai qui n’excède pas 15 jours après le premier examen.

Avis d’inaptitude. L’avis d’inaptitude qui est rendu, le cas échéant, doit être notifié, au plus tard, 15 jours après le premier examen médical du salarié. Des mesures de reclassement doivent alors être envisagées par l’employeur.

Exception d’impossibilité de reclassement. L’avis d’inaptitude peut indiquer que tout maintien du salarié dans un emploi serait gravement préjudiciable à sa santé ou que l’état de santé du salarié fait obstacle à tout reclassement dans un emploi. Dans ce cas, l’employeur est dispensé de rechercher un poste de reclassement dans l’entreprise.

Avis d’aptitude partielle. L’aptitude « partielle » ou « avec réserves » n’est pas un avis d’inaptitude. Aussi, si un salarié est déclaré apte avec des réserves du médecin du travail, il ne peut pas être licencié pour inaptitude. En revanche, l’employeur est tenu de respecter les préconisations du médecin du travail. Sachez, par exemple, qu’il n’est pas possible de licencier un salarié en raison de ses absences répétées si ces absences sont liées au non-respect des préconisations du médecin du travail.

Cas particulier. En cas de plusieurs avis successifs du médecin du travail, seul le dernier doit être pris en compte. Aussi, si un salarié a été déclaré inapte à la suite de 2 visites médicales mais qu’il fait ensuite l’objet d’un 3ème examen le déclarant apte avec réserves, il ne peut pas faire l’objet d’un licenciement pour inaptitude.

Cas des travailleurs multiemployeurs. Le suivi de l'état de santé du travailleur est assuré par le service de prévention et de santé au travail interentreprises (SPSTI) de l'employeur principal, auquel adhèrent les autres employeurs au titre de ce travailleur.

À retenir

Par principe la visite médicale d’embauche est toujours obligatoire. En général, elle doit être organisée dans les 3 mois qui suivent la prise de poste du salarié nouvellement embauché. Dans certains cas, néanmoins, elle doit être organisée en amont de la prise de poste.
 

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Sources
  • Articles R4624-10 et suivants du Code du travail (cas généraux)
  • Articles R4624-23 et suivants du Code du travail (postes à risque)
  • Loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel (article 11)
  • Loi n° 2021-1018 du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travail (articles 1, 7, 12 et 35)
  • Décret n° 2016-1908 du 27 décembre 2016 relatif à la modernisation de la médecine du travail
  • Décret n° 2018-1340 du 28 décembre 2018 portant sur l'expérimentation relative à la réalisation de la visite d'information et de prévention des apprentis par un professionnel de santé de la médecine de ville
  • Décret n° 2023-547 du 30 juin 2023 relatif au suivi de l'état de santé des travailleurs ayant plusieurs employeurs
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre sociale, du 23 mai 1986, n° 83-45409 (conséquence absence du salarié)
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre sociale, du 11 juillet 2012, n° 11-11709 (visite médicale d’embauche et CDD de très courte durée)
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre sociale, du 5 octobre 2010, n° 09-40913 (préjudice du salarié en l’absence de visite médicale d’embauche)
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre sociale, du 27 juin 2012, n° 10-21306 (visite médicale d’un salarié travaillant de nuit)
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre sociale, du 18 septembre 2013, n° 12-19344 (simple retard dans l’organisation de la visite médicale)
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre sociale, du 18 décembre 2013, n° 12-15454 (la DPAE ne suffit à remplir l’obligation de la visite médicale d’embauche)
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre sociale, du 18 février 2015, n° 13-21804 (le défaut de visite médicale dû à une négligence ne justifie pas un manquement grave)
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre sociale, du 4 novembre 2016, n° 15-14281 (visite médicale obligatoire même quand elle n’est pas prévue au contrat de professionnalisation)
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Faire face à l’invalidité d’un salarié

Date de mise à jour : 21/01/2022 Date de vérification le : 21/01/2022 5 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Si vous savez qu’il est interdit de discriminer un salarié en raison de son état de santé ou de son handicap, vous savez moins comment réagir lorsqu’un salarié vous révèle son invalidité. L’invalidité peut-elle avoir des répercussions sur la relation de travail ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Faire face à l’invalidité d’un salarié


L’invalidité, qu’est-ce que c’est ?

Un secret… Sachez qu’aucun salarié n’est tenu de vous révéler son état de santé ou sa situation de handicap. Cela est valable même si vous êtes soumis à une obligation d’emploi de travailleurs handicapés.

… de polichinelle ? Mais lorsque vous apprenez la situation du salarié concerné, vous devez adopter certains réflexes. Sachez tout d’abord qu’un salarié qui est titulaire d’une pension d’invalidité ou d’une carte d’invalidité est reconnu travailleur handicapé. Ce statut impose une surveillance médicale renforcée par le médecin du travail et permet au salarié de bénéficier d’un doublement de son préavis (dans la limite de 3 mois), en cas de rupture de son contrat.

Qu’est-ce que l’invalidité ? L’invalidité désigne la situation d’une personne dont la capacité de travail ou de gain est fortement diminuée en raison de son état de santé. Elle est évaluée par la caisse de Sécurité Sociale et n’a pas d’impact direct sur le contrat de travail.

Le saviez-vous ?

C’est le médecin conseil de la Sécurité Sociale qui constate l’invalidité et qui détermine la catégorie d’invalidité de la personne examinée. Il en existe 3 :

  • la 1ère catégorie correspond aux invalides capables d'exercer une activité rémunérée,
  • la 2ème catégorie correspond à ceux qui sont absolument incapables d'exercer une activité professionnelle,
  • la 3ème catégorie correspond à ceux qui, non seulement sont incapables d'exercer une quelconque activité professionnelle mais sont, en outre, dépendants de l’assistance d'une tierce personne pour effectuer les actes ordinaires de la vie.


L’invalidité, des effets sur le contrat de travail ?

Une distinction capitale. L’invalidité est à distinguer de l’inaptitude. Un salarié peut être invalide sans toutefois être inapte à son poste. Réciproquement, un salarié peut être inapte à son poste, sans pour autant être invalide, ni même être reconnu en tant que travailleur handicapé.

Le rôle des médecins… Alors que l’invalidité est constatée uniquement par le médecin conseil de la Sécurité sociale, l’inaptitude, quant à elle, résulte d’un constat établi par le médecin du travail. Seule l’inaptitude aura, par ailleurs, des effets sur le contrat de travail.

Invalidité reconnue pendant un arrêt maladie. Il peut arriver qu’à l’occasion d’un arrêt maladie, un de vos salariés soit reconnu invalide. Sachez que s’il n’est pas tenu de vous en informer, la Sécurité Sociale n’a pas non plus à le faire. Si votre salarié continue de vous adresser ses arrêts maladie, le contrat de travail reste suspendu.

Spécificité de l’invalidité 2ème catégorie. Si, en cours d’arrêt maladie, votre salarié vous informe qu’il est classé en invalidité 2ème catégorie, vous devez faire procéder à une visite médicale de reprise, même si votre salarié ne vous précise pas qu’il souhaite reprendre le travail. Vous ne pourrez vous dispenser de cette formalité que si le salarié manifeste clairement sa volonté de ne pas reprendre le travail.

Pour la petite histoire… Un employeur, informé par son salarié de son classement en invalidité 2ème catégorie, a attendu 4 ans pour convier ce salarié à une visite médicale de reprise. Il a ensuite été licencié pour inaptitude et impossibilité de reclassement. Considérant que l’organisation de la visite de reprise était trop tardive, le salarié a agi en justice pour demander des dommages-intérêts… que le juge lui a accordés. Une telle négligence de l’employeur justifie la résiliation judiciaire du contrat de travail, produisant les effets d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse.

A noter. Toutefois, en l’absence de visite de reprise, le contrat de travail reste suspendu. Le salarié ne peut donc pas exiger le bénéfice des dispositions relatives à l’inaptitude.

Des dommages-intérêts ? Un retard dans l’organisation d’une visite de reprise pourra ouvrir droit à une indemnisation au bénéfice du salarié. Toutefois, il appartient au juge d’apprécier l’existence d’un préjudice et son évaluation. Il a ainsi pu refuser d’indemniser une salariée qui ne justifiait d’aucun préjudice qui aurait résulté du retard de la visite médicale de reprise, organisée à son initiative, 4 ans après son placement en invalidité.

Le saviez-vous ?

Si votre salarié est classé en invalidité en l’absence de tout arrêt de travail, vous n’avez pas à faire intervenir le médecin du travail.

Attention ! Vous ne pouvez pas déduire du classement en invalidité (quelle que soit la catégorie) de votre salarié qu’il est inapte à occuper son poste. Si vous le licenciez pour inaptitude alors qu’il n’aura pas vu le médecin du travail, le licenciement pourra être déclaré nul (parce que motivé par l’état de santé du salarié).

A retenir

En principe, l’invalidité n’a pas d’incidence directe sur la relation de travail. Le classement en invalidité permet au salarié concerné d’être reconnu travailleur handicapé, ce qui aura des effets sur sa surveillance médicale, l’exécution de son préavis… Mais il est interdit de licencier un salarié du fait de son invalidité. En revanche, son inaptitude, constatée par le médecin du travail, justifierait une fin de contrat, en cas d’impossibilité de reclassement.

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Sources
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 7 novembre 2006, n° 05-41380 (silence du salarié sur son handicap et application des dispositions applicables aux handicapés)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 25 janvier 2011, n° 09-43172 (organisation de la visite médicale de reprise et classement en invalidité 2ème catégorie)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 17 mai 2016, n° 14-23138 (dommages-intérêt à défaut d’organisation de la visite médicale de reprise malgré l’information de l’invalidité)
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre sociale, du 20 décembre 2017, n° 12-19886 (le classement en invalidité 2ème catégorie ne justifie pas un licenciement pour inaptitude)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 23 septembre 2020, n° 18-24978 (défaut de visite de reprise et invalidité de 2e catégorie)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 23 septembre 2020, n° 18-26481 (défaut de visite de reprise et invalidité de 2e catégorie)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 30 septembre 2020, n° 19-15922 (retard dans la visite de reprise et absence de préjudice)
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Protégez vos salariés du froid

Date de mise à jour : 18/01/2024 Date de vérification le : 18/01/2024 13 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Que ce soit lié à l’hiver, ou bien aux conditions de travail de l’entreprise, le froid peut devenir un ennemi contre lequel il faut se prémunir. Et en tant qu’employeur, vous devez organiser le travail de vos salariés de telle sorte qu’ils soient protégés au maximum contre les dangers auxquels ils s’exposent sur leur lieu de travail. Que devez-vous spécifiquement prévoir contre le froid ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Protégez vos salariés du froid

Travail au froid : protégez vos salariés

Un problème annuel. Chaque année, de novembre à mars, des vagues de froid touchent le pays. Pendant cette période, ce sont non seulement les personnes les plus vulnérables qui sont particulièrement touchées, mais également certains travailleurs qui peuvent être fortement tributaires de la météo. Parfois, c’est la nature du travail en elle-même qui expose les travailleurs au froid. En tant qu’employeur, c’est votre rôle de contribuer à la protection de vos collaborateurs, que le froid soit intrinsèque au travail ou qu’il soit lié à la météo.

Quels travailleurs en particulier ? Potentiellement tous les travailleurs peuvent être exposés à des risques liés au grand froid. Mais certains travailleurs sont plus exposés par la nature de leur travail. Il convient d’être particulièrement vigilant pour les travaux en extérieur (dans le secteur du BTP, de la pêche en mer, du commerce ou de l’agriculture par exemple), pour les travaux en altitude (tels que pour les guides de montagne, ou bien les travailleurs du BTP) et pour les travaux en eaux froides (plongeurs, ostréiculteurs…).

Le froid peut être dangereux. L’exposition au froid peut avoir des répercussions sur la santé des personnes. Ainsi une exposition directe au froid peut causer de multiples conséquences en fonction du temps d’exposition du travailleur, comme notamment :

  • des gelures plus ou moins importantes selon la sensibilité de la personne ;
  • des crampes ;
  • de l’hypothermie (baisse de la température corporelle à moins de 35°C) ayant pour conséquence l’apparition de frissons, fatigue, confusion ou perte de connaissance (pouvant entraîner dans des situations extrêmes un coma voire provoquer la mort) ;
  • une diminution de l’irrigation sanguine des doigts caractérisée par leur pâleur ;
  • des troubles musculo-squelettiques occasionnés par un manque de repos suffisant, des postures extrêmes, des mouvements répétitifs…

Un seuil de protection ? Il n’existe pas de seuil de température vous imposant la mise en place de protection particulière pour vos salariés. Vous devez estimer la température convenable à laquelle vos salariés vont pouvoir travailler. C’est une notion de bon sens qui dépendra des critères physiques, climatiques et individuels de chaque salarié et de chaque poste de travail.

Mais... selon l’institut nationale de recherche et de sécurité (INRS) pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles, à partir de -5°C, il y a un risque immédiat pour les travailleurs exposés.

 

Le saviez-vous ?

Les jeunes travailleurs de moins de 18 ans ne peuvent pas être affectés à des travaux les exposant à une température extrême susceptible de nuire à leur santé.

Quelles protections mettre en place ? Dans le cadre de votre obligation de santé et de sécurité, vous devez organiser la protection de vos collaborateurs. Tout comme l’estimation de la température convenable, la protection à mettre en place relève très souvent du bon sens. Cependant, quelques mesures peuvent être imposées par la Loi :

  • l’évaluation des risques de chaque poste de travail doit prendre en compte les conditions climatiques ;
  • la mise en place d’information et de formation des salariés, portant spécifiquement sur les risques liés au froid ;
  • l’aménagement des postes et des situations de travail exposés au froid (installation de chauffage, isolation des outils en métal…) ;
  • la mise à disposition d’équipements de protection individuels adaptés au froid qui ne nuisent pas aux exigences liées à la tâche à effectuer ;
  • l’organisation du travail en fonction de la température ambiante (roulement, pauses, horaires décalés…) ;
  • la mise en place de chauffage dans les locaux fermés permettant de maintenir une température convenable.
  • l’évitement du travail isolé pour alerter les secours rapidement en cas de nécessité et éviter ainsi un retard de prise en charge sanitaire, sinon prévoir un système d’alarme en cas d’immobilité prolongée du travailleur.

Heures perdues. L’employeur peut également modifier des dispositions relatives à la récupération des heures perdues peuvent être mobilisées. A défaut d’accord, la récupération des heures ne peut avoir pour effet d’augmenter la durée du travail de plus d’1 heure par jour, ni de plus de 8 heures par semaine.

Travailler au froid chaque jour… Dans certains cas, c’est la nature du travail en lui-même qui expose les travailleurs au froid (agroalimentaire, entrepôts frigorifiques, abattoirs…). Vous devez mettre à la disposition de ces salariés des équipements personnels isolants adéquats. Aménagez également l’organisation du travail (roulement des postes de travail pour éviter de rester immobile, temps de pause dans une pièce chauffée…) et les postes de travail (isolez les travailleurs des surfaces en métal par des gants ou des carters, fournissez des outils et ustensiles utilisables avec des gants…).

Crise sanitaire. L’ensemble des mesures de protection mises en place doit être mis en œuvre dans le respect des règles sanitaires actuelles.


Organiser le travail pendant une vague de froid

Tenez-vous informé. La météo, loin d’être une science exacte, peut néanmoins devenir votre plus grande alliée pendant l’hiver. Les vagues de froid n’arrivent que rarement par surprise. Aussi, anticipez le froid, l’hiver et ses contraintes afin de protéger au mieux vos collaborateurs et de maintenir une ambiance chaleureuse au travail.

Chauffez vos bâtiments ! Pendant l’hiver, le chauffage devient plus que nécessaire, il devient obligatoire. Si aucune température n’est imposée par la loi, vous devez installer un dispositif de chauffage permettant de maintenir une température convenable dans chacun des locaux fermés. Les locaux concernés sont ceux qui sont clos par des murs, un toit et des portes. Peu importe la taille du local, l’ouverture régulière des portes, le va-et-vient des personnes et des marchandises, le local doit être maintenu à une température convenable.

Droit de retrait.Même sesi le droit de retrait n’est pas spécifique aux températures extrêmes, les salariés peuvent se retirer de leur poste s’ils estiment que leur situation de travail présente un danger grave et imminent pour leur vie ou leur santé, ou s’ils constatent un manquement dans les systèmes de protection de l’entreprise. Dans ce cas, aucune retenue de salaire ne peut être effectuée (sauf si le retrait est abusif).

Attention ! Il a déjà été jugé que la prise d’acte de la rupture du contrat de travail pour manque de chauffage, par une salariée reconnue travailleur handicapé devait être analysée comme étant un licenciement sans cause réelle et sérieuse. La salariée reprochait à son employeur de ne pas avoir installé un dispositif de chauffage adéquat, ce qui avait été confirmé par le médecin du travail. L’employeur avait en effet installé seulement quelques radiateurs électriques dans un local de plus de 300 m².

Attention au monoxyde de carbone ! Portez une attention particulière à votre système de chauffage. Chaque année, pendant les périodes hivernales, les accidents sont fréquents et de nombreuses victimes sont à déplorer à cause d’une intoxication au monoxyde de carbone. Ce gaz est émis par une combustion incomplète et sa présence est accentuée par une mauvaise aération. Veillez à l’entretien de votre système de chauffage. Vous pouvez également installer un détecteur de monoxyde de carbone (il se présente sous la même forme que les détecteurs de fumée).

Ne chauffez pas que le local de travail ! Les locaux destinés à la restauration, à la médecine du travail, aux pauses, aux permanences etc. doivent également être chauffés.

Et pour les postes de travail en extérieur… Vous devez adapter ces postes extérieurs de manière à ce que les travailleurs soient protégés des intempéries et du froid. En pratique, aménagez des pauses régulières dans un local chauffé afin de permettre à chacun de se réchauffer, équipez vos collaborateurs de vêtements chauds et d’équipements de protection individuels adéquats.

A noter. En cas de danger grave et imminent, tout travailleur doit informer son employeur d’une telle situation et peut user de son droit de retrait.

A retenir

Vos salariés peuvent être impactés par une vague de froid. Dans ce cas, prenez toutes les mesures nécessaires pour les protéger au maximum. Notez notamment que le chauffage des lieux clos est obligatoire et qu’il peut être nécessaire d’aménager les postes de travail et l’organisation du travail pendant cette période.
 

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Que devez-vous faire en cas de fortes chaleurs ?

Date de mise à jour : 24/05/2023 Date de vérification le : 24/05/2023 16 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Au cours de l'été, en pleine période de forte chaleur, vous remarquez qu’un de vos salariés tient des propos pour le moins incohérents et semble pris de vertiges. Attention : ce sont les signes avant-coureurs d’un « coup de chaleur » aux conséquences qui peuvent être dramatiques ! Que devez-vous faire ? Quelles sont vos obligations ? Quelles sont les précautions à prendre en période de canicule ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Que devez-vous faire en cas de fortes chaleurs ?

Canicule estivale : les précautions à prendre

Situations de plus en plus fréquentes. Depuis quelques années, les périodes de fortes chaleurs estivales (les « canicules ») ont tendance à se répéter : été 2003, été 2006, été 2012, été 2013, été 2022… Ces périodes de canicule peuvent avoir des conséquences sanitaires dommageables sur la population, notamment pour les personnes âgées, les personnes isolées, les personnes en situation de précarité et sans abri, les jeunes enfants… Mais les travailleurs figurent aussi parmi les personnes qui peuvent être particulièrement exposées au risque canicule, ce qui vous oblige à prendre les précautions nécessaires dans le cadre de votre obligation générale de protection de la santé et de la sécurité de vos collaborateurs dans l’entreprise.

Les travailleurs en première ligne. Le danger, en période de canicule, concerne les coups de chaleur qui peuvent entraîner une urgence médicale en raison d’un danger de mort. Vous devez savoir que plusieurs facteurs sont propices aux coups de chaleurs, qu’ils concernent l’environnement de travail ou le salarié lui-même :

  • s’agissant de l’environnement de travail, voici des exemples de facteurs à risque :
  •      o travail dans des espaces installés dans des bâtiments à forte inertie thermique,
  •      o température ambiante élevée et circulation d’air très chaud,
  •      o travail physique exigeant,
  •      o port de vêtements de travail empêchant l’évaporation de la sueur,
  •      o chaleur dégagée par les machines, les produits et les procédés de travail (par exemple dans les boulangeries ou les pressings)
  • s’agissant de vos collaborateurs eux-mêmes, soyez vigilants, notamment vis-à-vis de ceux qui ont des pathologies existantes (risque cardio-respiratoire, trouble métabolique, etc.) et/ou qui sont en cours de traitements médicamenteux, qui sont en mauvaise condition physique, dont vous constatez une insuffisante consommation d’eau, une consommation d’aliments trop riche, une consommation de tabac, etc.

Le saviez-vous ?

Il est interdit de les affecter à des travaux les exposant à une température extrême susceptible de nuire à la santé.

Prévention de l'employeur. Vous êtes tenu de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et la protection de la santé de vos salariés, ce qui suppose notamment de prendre en compte les conditions climatiques. Voilà pourquoi vous devez anticiper, autant que possible, les risques liés à la canicule. Voici quelques exemples de ce vous pouvez/devez faire :

  • informer vos représentants du personnel au comité social et économique (CSE) des recommandations à mettre en œuvre en cas d’exposition aux fortes chaleurs ;
  • prévoir l’installation d’un local, l’utilisation d’un local existant ou des aménagements de chantier pertinents pour accueillir les travailleurs du chantier lors des pauses liées aux interruptions momentanées de l’activité ;
  • solliciter le médecin du travail pour qu’il établisse un document, à afficher dans l’entreprise en cas d’alerte météorologique, rappelant les risques liés à la chaleur, les moyens de les prévenir et les premiers gestes à accomplir si un salarié est victime d’un coup de chaleur ;
  • vérifier que la ventilation des locaux est correcte et conforme à la réglementation, pour vous assurer que la température ambiante des lieux de travail est adéquate ;
  • vérifier que le port des protections individuelles est compatible avec les fortes chaleurs ;
  • prévoir éventuellement des mesures correctives sur des bâtiments ou locaux existants (stores, volets, faux plafonds, rafraîchissement d'ambiance, ventilation forcée de nuit, films antisolaires sur les parois vitrées etc.) ;

Le saviez-vous ?

Pensez à actualiser votre document unique qui vous permettra de définir les risques professionnels et de prendre les mesures de précautions nécessaires pour adapter l’environnement de travail dans l’entreprise. Intégrez dans ce document le risque « fortes chaleurs » pour anticiper les mesures à prendre en période de canicule.

Construction nouvelle. L’administration rappelle que, depuis le 1er janvier 1993, les constructions nouvelles devant abriter des locaux affectés au travail, doivent permettre d’adapter la température à l’organisme humain pendant le travail, compte tenu des méthodes de travail et des contraintes physiques supportées par les travailleurs.


Canicule estivale : optimisez l’organisation et le fonctionnement de l’entreprise

Information préalable indispensable. Par principe, les périodes de fortes chaleurs et de canicule sont annoncées par voie de presse (radio, TV, presse papier, Internet, etc.). Dès l’annonce d’une période de ce type, vous devez vous organiser, au sein de l’entreprise, afin de prévenir tous risques sur la santé de vos salariés.

Des obligations s’imposent à vous ! Vous devez :

  • mettre à la disposition des travailleurs de l’eau potable et fraîche pour la boisson ;
  • permettre le renouvellement de l’air dans les locaux fermés où le personnel est amené à séjourner, pour éviter les élévations exagérées de température, les odeurs désagréables et les condensations ;
  • dans les locaux fermés à pollution non spécifique (seule présence humaine), l’aération doit être faite par ventilation mécanique ou naturelle, selon l’espace de travail ;
  • aménager les postes de travail extérieurs pour protéger au maximum vos salariés contre les conditions atmosphériques (prévoir des zones d’ombre, des abris, des locaux climatisés...) ;
  • sur les chantiers du BTP, mettre à la disposition de vos salariés au moins 3 litres d’eau potable et fraîche, par jour et par travailleur ;
  • toujours sur les chantiers du BTP, mettre à la disposition des travailleurs un local permettant leur accueil dans des conditions préservant leur santé et leur sécurité en cas de survenance de conditions climatiques susceptibles d’y porter atteinte.

Quelques recommandations… Pensez aussi à :

  • mettre à la disposition des personnels des moyens utiles de protection (ventilateurs d'appoint, brumisateurs d'eau minérale, vaporisateurs d'humidification, stores extérieurs, volets...) ;
  • adapter les horaires de travail dans la mesure du possible : début d’activité plus matinal, suppression des équipes d’après-midi, etc. ;
  • réexaminer la liste des salariés bénéficiant du télétravail en prêtant une attention particulière aux femmes enceintes, aux personnes souffrant de pathologies chroniques ou en situation de handicap, etc. ;
  • organiser des pauses supplémentaires et/ou plus longues aux heures les plus chaudes, si possible dans une salle plus fraîche ;
  • installer des sources d’eau potable fraîche à proximité des postes de travail et en quantité suffisante ;
  • vérifier que les adaptations techniques permettant de limiter les effets de la chaleur ont été mises en place et sont fonctionnelles ;
  • fournir des aides mécaniques à la manutention ;
  • surveiller les ambiances thermiques des lieux de travail (température...).

Le saviez-vous ?

Les salariés disposent d’un droit de retrait s’ils estiment que les conditions de travail présentent un danger pour eux.

Vos salariés doivent aussi faire attention ! Pensez à (in)former vos salariés qui doivent, eux aussi, adopter de bonnes pratiques pour se protéger en période de canicule : porter des vêtements légers, se protéger la tête du soleil, être vigilants s’ils ont des antécédents médicaux, s’hydrater régulièrement, éviter les consommations d’alcool, etc. Sensibilisez-les sur le port de protections pour éviter les contacts avec les surfaces directement exposées au soleil, sur l’intérêt d’éliminer toute source de chaleur additionnelle non indispensable (éteindre le matériel électrique non utilisé par exemple), etc.

Désignation d’un référent sécurité. Quelle que soit la taille de votre entreprise, vous devez désigner un référent sécurité. Il s’agit d’un salarié compétent pour s’occuper des activités de protection et de prévention des risques professionnels de l’entreprise. Ce référent peut informer et former les collaborateurs sur les risques liés à la chaleur. Renseignez-vous auprès des services de prévention et de santé au travail pour compléter la formation du référent sécurité !

Intervenant extérieur. Notez qu’en l’absence de salarié référent sécurité désigné, les services de prévention et de santé au travail peuvent intervenir au sein de votre entreprise.

Sauveteurs-secouristes du travail. Un salarié peut également être formé aux premiers secours. Dans la plupart des cas, cette désignation est facultative, mais elle peut être obligatoire, notamment dans les ateliers de travaux dangereux ou sur certains chantiers.
 

Le saviez-vous ?

Incitez vos salariés à se surveiller mutuellement pour déceler et vous signaler rapidement les signes ou symptômes du coup de chaleur, pour que vous puissiez agir vite et contacter les services sanitaires si besoin.


Canicule estivale : conseils utiles et bonnes pratiques

Documentez-vous ! Des documents sont à votre disposition sur le site de l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS), www.inrs.fr, brochures et documents ayant notamment trait aux conditions de travail en période de forte chaleur.

Boire manger de manière efficace. Il est recommandé d’éviter les alimentations trop riches, la consommation d’alcool et de tabac, qui sont des facteurs aggravants, de même qu’il est fortement recommandé de boire au moins un verre d’eau toutes les 15 à 20 minutes, même si la soif ne se fait pas ressentir.
 

Le saviez-vous ?

Un « coup de chaleur » se reconnait aux symptômes suivants : grande faiblesse, grande fatigue, étourdissements, vertiges, propos incohérents, perte de l’équilibre et perte de connaissance. Si vous constatez qu’un salarié présente ces symptômes, agissez vite (un coup de chaleur est une urgence médicale !). Contactez immédiatement les secours, rafraîchissez votre salarié, mettez-le dans un endroit protégé du soleil, idéalement ventilé.

Tolérer certaines tenues ? Vous ne pouvez pas interdire le port de tongs ou de short à vos salariés, à moins que cette interdiction ne soit justifiée par la nature des tâches à accomplir et proportionnée au but recherché. C’est-à-dire que vous pouvez exiger qu’un conseiller commercial ne se présente pas devant les clients en tongs et en short. De même, vous devez exiger que, malgré les températures, les salariés conservent leurs équipements de protection individuelle dans le secteur du bâtiment, par exemple. En tout état de cause, la tenue du salarié doit toujours être décente (pas de maillot de bain pour travailler !).

À retenir

Vous devez prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité, protéger la santé mentale et physique des salariés, prévenir la pénibilité du travail (actions de prévention, de formation, etc.). Et cette obligation passe la mise en œuvre de mesures de prévention en cas de fortes chaleurs, sans oublier que les risques liés à la chaleur doivent être évalués et anticipés dans le document unique.

Adaptez le rythme de travail, surveillez la température ambiante dans les lieux de travail, mettez à la disposition de vos salariés des moyens de protections (ventilateurs, brumisateurs…), organisez des temps de pause plus longs aux heures les plus chaudes, etc.

J'ai entendu dire

J’ai entendu dire que l’utilisation d’un ventilateur n’était pas toujours recommandée. Qu’en est-il ?

Il est recommandé de ne pas utiliser de ventilateur au-delà d’une température de 32° C, au risque d’augmenter la température. Sachez, en outre, qu’il est recommandé d’évacuer les locaux climatisés si la température atteint ou dépasse 34° C en cas de défaut prolongé du renouvellement de l’air.
 
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Le tabac, l’alcool, les stupéfiants…

Consommation de drogue en entreprise : quelle attitude faut-il adopter ?

Date de mise à jour : 06/09/2022 Date de vérification le : 06/09/2022 8 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

A l’ouverture de l’entreprise, ce matin, vous constatez qu’un de vos salariés n’est manifestement pas dans son état normal. Au vu de son comportement, vous suspectez qu’il est sous l’emprise ou l’influence de produits stupéfiants. Comment réagir ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Consommation de drogue en entreprise : quelle attitude faut-il adopter ?


Consommation de drogue sur le lieu de travail

Interdiction de fumer au bureau. Rappelons que la règlementation est très stricte sur ce point : Il est absolument interdit de fumer dans les lieux à usage collectif et particulièrement sur le lieu de travail. Cette interdiction vaut tout aussi bien pour les lieux fermés et couverts, les lieux qui accueillent du public (réception, accueil…), les salles de réunion et de formation, les espaces de repos, les locaux affectés à la restauration collective, etc.

A fortiori pour le cannabis… Commençons tout d’abord par rappeler qu’au regard de la règlementation pénale, l’usage de substances ou de plantes illicites constitue un délit punissable par la loi. Mais si, en plus, cet usage est constaté à l’occasion du travail dans l’entreprise, vous ne devez pas rester sans réagir.

Sur le lieu de travail… La problématique qui se pose pour vous sera de vous assurer que le comportement du salarié sous l’emprise d’une drogue ne met pas en danger, ni sa propre sécurité, ni celle des autres dans l’entreprise ou à l’occasion de son travail. En tout état de cause, et dans la mesure où il s’agit d’un comportement pénalement répréhensible, il n’est pas possible de tolérer un tel comportement.

Une sanction ? A notre sens oui. S’il est établi qu’un salarié travaille sous l’emprise de stupéfiants, voire de drogue dure, vous devez faire usage de votre pouvoir disciplinaire pour sanctionner ce comportement fautif, sanction qui peut aller jusqu’au licenciement immédiat.

Pour la petite histoire… Un salarié d’un magasin d’optique s’était isolé dans l’arrière-boutique pour fumer du cannabis. Malheureusement pour lui, il n’a pas été assez discret, des clients et des collègues s’étant aperçus de ces agissements. Un de ses collègues ayant témoigné auprès de son employeur, le salarié a été sanctionné pour faute grave, justifiant un licenciement immédiat.

A noter. Le juge, d’une manière générale, considère que la consommation de substance illicite par un ou plusieurs salariés constitue une faute grave qui pourra justifier un licenciement immédiat, sans que soit nécessaire un avertissement préalable. Mais dans tous les cas, il est impératif que vous soyez en mesure de prouver la faute.

Le saviez-vous ?

Vous pouvez envisager, au sein du règlement intérieur de l’entreprise, d’organiser des contrôles de l’usage de drogues au moyen de tests salivaires - ou urinaires. Attention toutefois, l’utilisation de ces tests, s’ils ne nécessitent pas l’intervention du médecin du travail (car ils ne permettent pas de déterminer la nature du stupéfiant consommé, ni l’aptitude du salarié à exercer son emploi), doivent être effectués par un supérieur hiérarchique du salarié contrôlé. Le supérieur hiérarchique, et tous ceux qui auront accès aux résultats de ces tests, doivent être soumis au secret professionnel. Le salarié doit avoir la possibilité de demander une contre-expertise médicale si le résultat du test s’avère positif.

Quoiqu’il en soit, ce type de contrôle doit être proportionné par rapport au but recherché, être justifié par la nature des postes occupés par les salariés concernés (idéalement ciblés en collaboration avec le médecin du travail) et respectueux de la vie privée du salarié contrôlé.

L’organisation de tests salivaires dans ces conditions est possible et peut conduire, le cas échéant, au prononcé d’une sanction disciplinaire pouvant aller jusqu’au licenciement, le cas échéant.


Consommation de drogue en dehors du travail

Un usage interdit. Comme nous le rappelions précédemment, consommer du cannabis constitue un acte pénalement répréhensible. A cet effet, la règlementation est claire sur ce point : l’usage de stupéfiants est puni d’un an d’emprisonnement et de 3 750 € d’amende.

Dans le cadre de la vie privée… Il est clair que cette règlementation s’applique de manière générale, et vaut tout autant si la consommation de stupéfiant intervient dans le cadre de la vie privée. Mais, en aucun cas, un employeur pourra licencier un salarié pour avoir consommé des stupéfiants en dehors de son temps de travail et ailleurs que sur le lieu de travail.

La conséquence sur le lieu de travail… Cette affirmation doit être nuancée dans l’hypothèse où, même si l’usage de stupéfiant intervient en dehors du temps et du lieu de travail, cette consommation a des conséquences sur le comportement du salarié, qui se trouverait sous l’influence de produits stupéfiants pendant l’exercice de ses fonctions.

Pour la petite histoire… Un salarié est employé par une compagnie aérienne en qualité de personnel naviguant. Le temps d’une escale entre deux vols, il a consommé des stupéfiants (en l’occurrence des drogues dures dans cette affaire), ce qui a conduit son employeur à le licencier pour faute grave. Le salarié conteste ce licenciement, arguant du fait que le temps d’escale entre deux vols constitue un temps de repos relevant de la vie personnelle du salarié. Qu’à cela ne tienne rappelle le juge : en consommant de la drogue pendant le temps d’escale, et en restant ensuite sous l’influence des produits en question pendant l’exercice de ses fonctions, le salarié, qui appartenait au « personnel critique pour la sécurité » n’a pas respecté les obligations prévues à son contrat de travail et a fait courir un risque aux passagers. Il a donc commis une faute grave justifiant la rupture immédiate du contrat de travail.

Conséquence. Même si des stupéfiants sont consommés en dehors du temps et du lieu de travail, un salarié qui travaille ensuite sous l’influence de tels produits peut être licencié, dans la mesure où il met en danger sa propre sécurité et celle de tiers. Comme le rappelle le juge, un motif tiré de la vie personnelle du salarié peut justifier un licenciement disciplinaire s’il constitue un manquement de sa part à une obligation découlant de son contrat de travail.

Le saviez-vous ?

Vous pouvez vous engager dans la lutte contre les drogues et les conduites addictives en milieu professionnel, grâce au projet « les Entreprises et les Services Publics s’Engagent Résolument » (ESPER) mis en place par la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA). Ce projet s’inscrit dans le cadre de la promotion de la santé au travail, et se structure autour d’une charte qui met à disposition de ses signataires une boîte à outils afin de rendre efficace leur engagement.

Cette charte doit notamment permettre aux entreprises de définir un projet global de prévention, d’instaurer un dialogue et un climat de confiance, d’organiser une prévention non stigmatisante tout en assurant le respect de la dignité des personnes et enfin, d’assurer l’accompagnement des travailleurs vulnérables et de prévenir la désinsertion professionnelle.

Attention ! Evitez d’user d’une ruse pour prouver l’emprise de stupéfiants de vos salariés : une Cour d’appel a estimé qu’un employeur s’était conduit de manière déloyale en provoquant le contrôle routier d’un salarié qu’il soupçonnait d’être drogué. Le contrôle s’avérant positif, l’employeur s’en est servi pour justifier le licenciement pour faute grave de l’intéressé. Par ailleurs, le juge a considéré que l’employeur avait sciemment fait courir un risque au salarié en le laissant prendre le volant.

A retenir

Parce que vous êtes tenu à une obligation générale de sécurité, un salarié sous l’emprise de produits stupéfiants doit être sanctionné : c’est non seulement vrai si le salarié consomme de tels produits sur le lieu et le temps de travail, mais ce devra être le cas également si, même consommés en dehors du travail, le salarié reste sous l’influence de ces produits pendant l’exercice de ses fonctions.

J'ai entendu dire

Est-il possible d’organiser des tests de dépistage en entreprise pour prévenir les états d’emprise sous influence de produits stupéfiants ?

Le Conseil Consultatif National d’Ethique (CCNE) s’est prononcé sur cette question : tout en précisant qu’un test de dépistage systématique de tous les salariés doit, à son avis, être écarté, il estime qu’un tel dépistage, par test salivaire, doit pouvoir être possible pour les salariés occupant des postes à risque pour leur propre sécurité et celle des autres (qu’il est conseillé de clairement identifier). Mais il rappelle que ce type de dépistage ne peut être mis en œuvre que sous la seule responsabilité du service de santé au travail. En outre, ce type de dépistage ne peut être mis en œuvre que s’il est prévu dans un règlement intérieur et si le salarié en a été préalablement informé. A ce jour, les conditions de mise en œuvre de tels dépistages en entreprise ne sont pas clairement établies, de sorte qu’il est vivement conseillé de se rapprocher de la Médecine du Travail avant de mettre en place ce type de procédure. Il ne faut pas exclure tout risque de contestation de ces tests qui, organisés dans de mauvaises conditions, pourraient être interprétés comme étant attentatoires à la liberté et à la dignité des personnes.
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Sources
  • Article L 3421-1 du Code de la Santé Publique (sanction usage de drogue)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 1er juillet 2008, n° 07-40053 et 07-40054 (licenciement immédiat)
  • Arrêt de la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence du 10 mai 2013, n° 11/16117 (faute grave)
  • Arrêt de la Cour d’Appel de Paris, du 11 septembre 2012, n° 10/09919 (consommation en dehors du temps et du lieu de travail)
  • Arrêt de la Cour d’Appel d’Orléans, du 12 janvier 2016, n° 15/00392 (l’employeur ne doit pas user d’une ruse pour prouver l’emprise des stupéfiants sur un salarié)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 27 mars 2012, n° 10-19915 (salarié travaillant sous l’influence de drogues consommées en dehors du temps de travail)
  • Avis du Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) pour les sciences de la vie et de la santé du 19 mai 2011, n° 144, relatif à « l’usage de l’alcool, des drogues et toxicomanie en milieu de travail. Enjeux éthiques liés à leurs risques et à leur détection »
  • Arrêt du Conseil d'État du 5 décembre 2016, n° 394178 (conditions de validité des tests salivaires prévus par un règlement intérieur)
  • Arrêt de la Cour d’Appel d’Amiens, du 27 janvier 2021, n° 19/04143 (détection de consommation de cannabis par test urinaire)
  • Arrêt de la Cour d’Appel d’Amiens du 27 janvier 2021, n° 19/04143 (validité d’un test de dépistage salivaire réalisé par l’employeur)
  • Actualité de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives, du 10 novembre 2021
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