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C’est l’histoire d’un chercheur à qui l’administration fiscale explique qu’un revenu de 150 000 € n’est pas exceptionnel…

03 avril 2018

Un neurobiologiste perçoit des revenus importants dans le cadre d’une activité de consultant qu’il développe parallèlement à son activité de chercheur. Estimant que le montant de cette rémunération (environ 150 000 € pour 6 mois) lui conférait un caractère exceptionnel, il a demandé à bénéficier du système (avantageux) du quotient pour le calcul de son impôt sur le revenu.

Refus de l’administration qui considère que la mission réalisée n’a, au vu de sa complexité ou du montant de la rémunération perçue, rien d’exceptionnel. L’expertise qu’il a réalisée en tant que consultant n’excède en rien ce qui peut être demandé habituellement à un chercheur possédant ses compétences professionnelles.

Puisqu’il a fait usage, pour cette mission, des méthodes et moyens qu’il développe dans le cadre de son activité habituelle, les rémunérations perçues à ce titre sont susceptibles, par nature, de se renouveler tous les ans. Le système du quotient n’est donc pas applicable, ce que confirme le juge.


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Arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Versailles du 6 juin 2017, n°16VE01047
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C’est l’histoire d’un propriétaire qui optimise fiscalement la transformation d’une maison en 3 appartements…

27 mars 2018

Le propriétaire d’une maison d’habitation décide de la louer après l’avoir transformée en 3 appartements. Pour le calcul de son impôt sur les revenus fonciers, il déduit les travaux d’aménagement qui ont été nécessaires à cette transformation…

Sauf qu’il s’agit de travaux de reconstruction, et pas de travaux d’aménagement, pour l’administration qui refuse la déduction fiscale des dépenses correspondantes. Pour preuve de ses dires, elle liste les travaux effectués : dépose et emport des cloisons et plafonds, réfection du plancher, de l’installation électrique et de la plomberie notamment. Vu l’importance et l’ampleur des travaux, il s’agit nécessairement d’une reconstruction.

« Mais pas du tout ! » rétorque le propriétaire. Même si les travaux sont importants, ils n’ont ni modifié le gros œuvre, ni augmenté le volume de la maison. Il s’agit donc bien de travaux d’aménagement (déductibles !) et pas de travaux de reconstruction… Ce que confirme le juge qui annule le redressement fiscal.


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Arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Marseille du 17 octobre 2017, n°16MA00610
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C’est l’histoire d’un couple qui, en moins d’un an, vend 2 résidences principales…

20 mars 2018

Un couple vend son appartement et, parce qu’il s’agit de sa résidence principale, bénéficie d’une exonération d’impôt pour le gain réalisé. Suite à cette vente, il s’installe dans un autre logement qui, de fait, devient sa nouvelle résidence principale. 8 mois plus tard, il vend ce 2ème appartement et réclame, une nouvelle fois, une exonération fiscale.

« Non », répond l’administration. Le couple n’a occupé sa nouvelle « résidence principale » que très brièvement : à peine 8 mois ! « Et alors ? » rétorque le couple : même si le logement a été occupé peu de temps, il n’en demeure pas moins sa résidence principale. Pour preuves, le couple produit un avis de taxe d’habitation, une lettre de la mairie lui octroyant une carte de stationnement et des factures d’électricité.

Preuves suffisantes pour le juge : dès lors que le couple vend sa résidence principale, il a droit à l’exonération d’impôt. La brièveté de l’occupation étant sans incidence, le redressement fiscal ne peut qu’être annulé.


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Arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Paris du 21 février 2018, n°17PA00527
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C’est l’histoire d’un avocat qui veut se faire appeler « maître » par l’administration fiscale…

13 mars 2018

Un avocat conseille à ses clients d’acheter des logements pour réduire le montant de leur impôt. Estimant qu’en proposant ce type d’investissement, il assume en fait une prestation de maîtrise d’œuvre, comme le ferait un architecte, il facture ses clients en appliquant un taux réduit de TVA.

« Quelle maîtrise d’œuvre ? » s’étonne l’administration qui, à l’issue d’un contrôle fiscal, remet en cause le bénéfice du taux réduit de TVA. Elle rappelle à l’avocat que, dans le langage courant, la « maîtrise d’œuvre » s’entend de la direction effective des travaux… ce qui n’est pas le cas ici : le fait pour un avocat d’inciter ses clients à acheter un immeuble ne fait pas de lui un maître d’œuvre !

Argument entendu par le juge : le fait de fournir une assistance administrative et fiscale à ses clients, sans assurer de suivi technique des travaux, ne permet pas de qualifier la prestation proposée par l’avocat de « maîtrise d’œuvre ». En conséquence de quoi, le redressement fiscal est maintenu.


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Arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Bordeaux du 13 novembre 2017, n°15BX02624
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C’est l’histoire d’un dirigeant qui refuse de donner le nom de ses clients à l’administration fiscale…

06 mars 2018

Un dirigeant, avocat de profession, invite régulièrement des clients à déjeuner et déduit les sommes payées de ses bénéfices. Dans le cadre d’un contrôle, l’administration lui demande de lui communiquer le nom des clients invités pour s’assurer du caractère professionnel des dépenses.

« Secret professionnel » rétorque l’avocat, qui rappelle à l’administration qu’il n’a pas le droit de divulguer l’identité de ses clients. Qu’à cela ne tienne, répond l’administration : constatant que le nombre de repas était disproportionné au regard du nombre des clients, elle refuse la déduction fiscale des frais de restaurant. Sauf que le montant des frais n’est pas disproportionné par rapport au chiffre d’affaires conteste l’avocat…

Argument qui ne convainc pas le juge : si l’administration ne peut en effet pas exiger que lui soit communiqué le nom de ses clients, l’avocat est toujours tenu de prouver que les repas ont bien été pris en charge dans l’intérêt du cabinet. Preuve qu’il ne rapporte pas ici…


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Arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Paris du 9 novembre 2017, n°16PA03719
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C’est l’histoire d’une femme qui ne veut pas payer le redressement fiscal de son ex-mari…

27 février 2018

Une femme et son mari divorcent et, quelques années plus tard, l’administration engage un contrôle fiscal de leurs revenus perçus pendant le mariage : elle constate, à cette occasion, que le mari n’a pas déclaré les revenus procurés par son activité d’agent immobilier. Elle rehausse en conséquence le montant de l’impôt dû et en réclame le paiement, non seulement à l’ex-mari, mais aussi à l’ex-épouse.

Ce que l’ex-épouse conteste, estimant de toute façon ne pas pouvoir payer cette dette au vu de ses faibles revenus. « Faibles revenus ? », s’interroge l’administration : l’ex épouse dispose tout de même d’un patrimoine qui lui permet de régler la moitié de la dette tout de suite, le reste pouvant être soldé en moins de 5 ans. Elle est donc bien tenue au paiement solidaire du redressement fiscal…

… ce que refuse d’admettre le juge. Face à la disproportion entre le montant de la dette et le montant de ses revenus, l’ex-épouse doit être déchargée de son obligation solidaire de paiement.


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Arrêt du Conseil d’Etat du 16 février 2018, n°409496
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C’est l’histoire d’une société qui tient tête à l’administration fiscale…

20 février 2018

Une société souhaite bénéficier du statut de « jeune entreprise innovante » (JEI), ce que lui refuse l’administration qui rend 2 avis négatifs en ce sens. Avis sans importance pour la société qui passe outre. « C’est toujours non » lui rappelle l’administration qui, à l’issue d’un contrôle fiscal, lui adresse une proposition de rectifications rappelant l’existence de ses 2 avis négatifs précédents.

« De quels courriers s’agit-il déjà ? » demande la société, qui s’étonne du fait que l’administration ne fait que les mentionner sans les joindre à la proposition, et sans même en reproduire le contenu. Puisqu’elle ne peut pas savoir ce qu’on lui reproche, elle réclame l’annulation du redressement fiscal…

…ce que lui accorde le juge qui rappelle à l’administration que sa proposition de rectifications, pour être valable, doit être « motivée », c’est-à-dire argumentée. Elle ne peut donc pas se contenter d’évoquer l’existence de courriers, même si la société les a déjà en sa possession.


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Arrêt du Conseil d’Etat du 7 février 2018, n°397737
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C'est l'histoire d'une dirigeante de société… qui a 2 ans…

13 février 2018

Un père, souhaitant optimiser la transmission de son entreprise, donne ses parts à sa fille de 2 ans. Une semaine plus tard, les parts sont vendues à une société qui reverse le prix de vente directement sur le compte bancaire de l’enfant.

« Donation fictive » s’insurge l’administration qui constate que le père a retiré librement la quasi-totalité des fonds déposés sur le compte de l’enfant pour les placer sur ses propres comptes bancaires. « Vraie donation » répond le père : les sommes qu’il a retirées correspondent en réalité à un prêt que lui a consenti sa fille et qu’il s’est par ailleurs engagé à rembourser.

Mais encore aurait-il fallu qu’il fasse enregistrer le fameux « contrat de prêt », estime le juge. Puisqu’aucun élément ne prouve l’existence d’un prêt, le juge conclut que le père s’est servi du mécanisme de la donation pour faire échapper à l’impôt le gain réalisé à l’occasion de la vente des parts. S’agissant bien d’une donation fictive, le redressement fiscal est maintenu.


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Arrêt du Conseil d’Etat du 5 février 2018, n°409718
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C’est l’histoire d’un entrepreneur qui demande à ses clients de payer le montant de son redressement fiscal…

06 février 2018

Un entrepreneur réalise des travaux dans le logement d’un couple. Pris d’un doute sur la possibilité d’appliquer le taux réduit de TVA, il informe le couple d’un risque de contrôle fiscal ultérieur. Le couple entend la mise en garde, mais passe outre, et lui transmet une attestation afin de bénéficier du taux réduit de TVA.

Et ce qui devait arriver arriva… Un contrôle fiscal est engagé : l’administration applique le taux normal de TVA, considérant que les travaux sont trop importants pour bénéficier du taux réduit, et réclame à l’entrepreneur le paiement d’un supplément de taxe.

L’entrepreneur, considérant l’avoir assez prévenu, se retourne contre le couple pour obtenir le remboursement du supplément d’impôt… sans succès. Le juge lui rappelle qu’en sa qualité de professionnel, il ne pouvait pas ignorer qu’au vu de l’ampleur des travaux, le taux réduit de TVA ne pouvait pas s’appliquer. Puisqu’il a pris le risque d’appliquer le taux réduit, il doit seul assumer le redressement fiscal.


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Arrêt de la Cour de Cassation, chambre commerciale, du 21 juin 2011, n°10-17975
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C’est l’histoire d’un médecin qui pensait (à tort ?) ne pas avoir à payer de TVA…

30 janvier 2018

Un médecin réalise des électrocardiogrammes sur des patients qui participent à un essai clinique destiné à évaluer la fiabilité d’un nouveau médicament. Il livre ensuite son avis, contre honoraires, au laboratoire pharmaceutique en charge de cet essai. Puisqu’il est médecin, pense-t-il, il n’a pas à soumettre ces honoraires à la TVA.

Raisonnement que ne partage pas l’administration fiscale qui, à l’issue d’un contrôle, réclame le paiement de la TVA sur ces honoraires. Le médecin conteste, rappelant qu’un électrocardiogramme est un acte médical. Or, les actes médicaux sont expressément exonérés de TVA…

« Ce n’est pas tout à fait ça » rétorque l’administration : seuls les actes médicaux dont la finalité est de diagnostiquer, soigner, guérir le malade, ou de protéger, maintenir ou rétablir la santé, sont exonérés de TVA. Les actes médicaux effectués au cours d’essais cliniques ne répondant à aucune de ces finalités, le médecin ne peut pas être exonéré de TVA, ce que confirme le juge.


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Arrêt du Conseil d’Etat du 2 avril 2015, n°375212
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