Document unique de marché européen (DUME) : ce qu’il faut savoir
Document unique de marché européen : une obligation ?
Qu’est-ce que le DUME ? Le document unique de marché européen (DUME) est un formulaire dématérialisé, au format .xml, utilisé dans les procédures de passation des marchés publics, par les acheteurs publics (Etat, régions, collectivités locales, etc.) et les entreprises. Il permet aux entreprises de candidater dans tous les pays membres de l’Union européenne.
Une obligation ou une faculté ? Recourir au DUME n’est pas obligatoire. Mais les acheteurs publics sont tenus d’accepter les DUME, peu importe le montant du marché concerné.
Le saviez-vous ?
Par exception, dans les marchés publics de défense et de sécurité, l’acheteur public peut refuser un DUME.
Document unique de marché européen : mode d’emploi
Comment accéder au DUME ? Il est possible d’accéder au DUME sur le site web dume.chorus-pro.gouv.fr.
Comment utiliser le DUME ? Il existe 2 types de DUME :
- un profil d’acheteur qui donne accès à toutes les fonctionnalités proposées par le service DUME ;
- un DUME utilitaire qui permet de concevoir, visionner ou télécharger un DUME à usage unique.
DUME = simplification. Le DUME simplifie les démarches administratives car :
- il limite les ressaisies, le réemploi de DUME existants étant possible ;
- il est possible de compléter ou de rafraîchir les données de l’entreprise via l’API entreprises ;
- l’entreprise peut postuler dans tous les marchés européens avec ce document ;
- il réduit les coûts : c’est un gain de temps ;
- avec le profil d’acheteur, il est inutile de transmettre les documents déjà détenus par certaines administrations.
Le saviez-vous ?
L’API Entreprise est une plateforme web d’échange qui met à disposition des opérateurs publics et des administrations, des données et des documents administratifs de référence, relatifs aux entreprises et associations, qui sont délivrés par les administrations et les organismes publics, afin de simplifier les démarches administratives et la gestion des dossiers.
À retenir
Le document unique de marché européen (DUME) est un formulaire dématérialisé, au format .xml, qui permet de candidater dans tous les pays membres de l’Union européenne. Il est possible d’accéder à ce formulaire sur le site web dume.chorus-pro.gouv.fr.
- Règlement d’exécution (UE) 2016/7 de la commission du 5 janvier 2016 établissant le formulaire type pour le document unique de marché européen
- Directive 2014/24/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 sur la passation des marchés publics et abrogeant la directive 2004/18/CE
- Décret n° 2018-1075 du 3 décembre 2018 portant partie réglementaire du code de la commande publique
Recourir à une lettre recommandée électronique (LRE) : ce qu’il faut savoir
Lettre recommandée électronique : que vaut-elle juridiquement ?
LRE = lettre recommandée ? La Loi prévoit qu’une lettre recommandée électronique (LRE) a la même valeur juridique qu’une lettre recommandée classique. Et elle est utilisable dans de nombreux domaines.
Illustrations pratiques. Recourir à une LRE présente plusieurs avantages et peut être une bonne idée dans plusieurs situations. Voici quelques exemples pratiques.
Contrat. Suite à la signature d’un contrat ou pour l’exécution d’un contrat, il est parfois prévu, pour des questions de preuve, de recourir à une lettre recommandée. Dans cette situation, le recours à une LRE est tout à fait envisageable.
Le saviez-vous ?
Ce n’est pas parce qu’un contrat a été conclu « à la main » et non de façon « électronique » que le recours à une LRE est impossible.
Relations avec un salarié. Aucun texte n’exclut expressément l’utilisation d’une LRA pour la rupture du contrat de travail. Lorsque l’employeur veut utiliser une LRE, il doit obligatoirement avoir obtenu au préalable l’accord préalable du salarié.
Accord préalable obligatoire du salarié. Lorsque l’employeur veut utiliser une LRE, il doit obligatoirement avoir obtenu au préalable l’accord préalable du salarié.
Soyez vigilant ! Le prestataire que vous utilisez pour envoyer une LRE doit avoir été agréé à cet effet par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI).
Anonymat. Comme la lettre recommandée postale, la LRE repose sur un principe d’anonymat de l’expéditeur jusqu’à sa remise contre signature au destinataire.
Lettre recommandée électronique : mode d’emploi
LRA = procédure ! Utiliser la LRE nécessite de respecter une stricte procédure, pour que la LRE soit juridiquement valable.
Si le destinataire n’est pas un professionnel. Si le destinataire du courrier n’est pas un professionnel, il doit avoir donné son consentement à recevoir des envois recommandés électroniques.
Les obligations du prestataire. Pour que la LRE ait la même valeur qu’une lettre recommandée papier, le prestataire :
- procède à la vérification initiale de l’identité de l’expéditeur et du destinataire ;
- délivre à l'expéditeur une preuve du dépôt électronique de l'envoi, comportant :
- les nom et prénom ou la raison sociale de l'expéditeur, ainsi que son adresse électronique,
- les nom et prénom ou la raison sociale du destinataire ainsi que son adresse électronique,
- un numéro d'identification unique de l'envoi attribué par le prestataire,
- la date et l'heure du dépôt électronique de l'envoi indiquées par un horodatage électronique qualifié,
- la signature électronique avancée ou le cachet électronique avancé, utilisé(e) par le prestataire de services qualifié lors de l'envoi ;
- conserve cette preuve de dépôt pendant au moins 1 an ;
- informe le destinataire, par voie électronique, qu'une lettre recommandée électronique lui est destinée et qu'il a la possibilité, pendant un délai de 15 jours à compter du lendemain de l'envoi de cette information, d'accepter ou non sa réception ;
- ne précise pas l’identité de l’expéditeur tant que le destinataire n’a pas accepté la réception de la lettre recommandée électronique (LRE).
Acceptation par le destinataire. Si le destinataire de la LRE en accepte la réception, le prestataire procède à sa transmission et conserve une preuve de la réception des données transmises et du moment de la réception, pendant au moins 1 an. Cette preuve précise la date et l'heure de la réception telles qu'indiquées par un horodatage électronique qualifié, et fait mention des mêmes informations que la preuve de dépôt.
Refus ou non-réclamation de la LRE. Si, au contraire, le destinataire refuse la LRE ou s’il ne la réclame pas, le prestataire met à disposition de l'expéditeur, au plus tard le lendemain de l'expiration du délai de 15 jours, une preuve de ce refus ou de cette non-réclamation. Cette preuve précise la date et l'heure du refus telles qu'indiquées par un horodatage électronique qualifié, et fait mention des mêmes informations que la preuve de dépôt.
Conservation des informations. L'expéditeur a accès aux informations concernant la réception, le refus ou la non-réclamation de la lettre pendant 1 an.
Responsabilité du prestataire. Le prestataire de lettre recommandée électronique engage sa responsabilité en cas de retard dans la réception ou en cas de perte des données.
À retenir
Une lettre recommandée électronique (LRE) possède la même valeur juridique qu’une lettre recommandée classique.
Notez que recourir à une LRE suppose le respect d’un formalisme différent de celui de la lettre recommandée classique.
- Articles 1125 et suivants du Code civil (conclusion d’un contrat par voie électronique)
- Décret n° 2018-347 du 9 mai 2018 relatif à la lettre recommandée électronique
- Articles R53 et s. du Code des postes et des communications électroniques
- Article L 100 du Code des postes et des communications électroniques (statut de la LRE)
- Loi n° 2021-1308 du 8 octobre 2021 portant diverses dispositions d'adaptation au droit de l'Union européenne dans le domaine des transports, de l'environnement, de l'économie et des finances
- Réponse ministérielle Dumas du 11 janvier 2024, Sénat, n° 01238 : « Opportunité de lever l'anonymat de l'expéditeur d'une lettre recommandée à son destinataire »
Quitter une franchise : ce qu’il faut savoir
Quitter une franchise : que dit le contrat ?
Franchise = contrat. Le contrat de franchise que vous avez signé encadre vos relations avec le franchiseur et notamment les modalités de rupture des relations commerciales.
2 situations. En pratique, 2 situations se rencontrent : soit vous souhaitez quitter la franchise au terme du contrat, soit vous souhaitez quitter la franchise par anticipation.
Par principe. Il n’est pas possible de rompre par anticipation un contrat de franchise, sauf à devoir indemniser le franchiseur, et sauf si l’une des parties se rend coupable de violation grave et répétée d’une des clauses contractuelles.
Quitter une franchise : comment faire ?
1re situation : le contrat arrive à terme. Dans cette situation, vous êtes libre de mettre fin à votre relation avec le franchiseur. Vous devez tout de même vous assurer des modalités et des conditions prévues dans le contrat.
Respecter un préavis ? Les contrats de franchise prévoient un préavis que vous devez respecter pour dénoncer le contrat. La durée de ce préavis peut varier selon l’ancienneté des relations entre vous et le franchiseur.
Exception. Une faute grave rendant impossible le maintien du contrat autorise une rupture sans respect du préavis.
2de situation : rompre le contrat par anticipation. Dans cette situation, quelles que soient les raisons qui vous poussent à vouloir quitter la franchise, vous devez négocier votre départ avec le franchiseur.
Sans accord. Si vous quittez la franchise sans l’accord du franchiseur, ce dernier peut vous réclamer une indemnité.
Pour la petite histoire. Une clause imposait à un franchisé de s’approvisionner auprès d’une entreprise tierce au contrat de franchise. Pour le juge, il s’agissait d’une clause contractuelle donnant à un tiers (l’entreprise tierce au contrat) un droit direct à l’encontre du promettant (le franchisé). Juridiquement, il s’agit d’une « stipulation pour autrui ». Cette clause a ici permis à l’entreprise tierce d’agir à l’encontre du franchisé afin de réclamer des indemnités, au titre de la rupture abusive du contrat de franchise.
Pour la petite histoire (2). Il a été jugé qu’un franchisé qui met fin de manière anticipée à son contrat de franchise est tenu d’indemniser son franchiseur, et ce, même dans l’hypothèse où le contrat ne prévoit pas une telle indemnisation. Dans cette affaire, un restaurateur a cédé son fonds de commerce à un acheteur, qui a refusé le transfert du contrat de franchise. Celui-ci a donc pris fin 6 ans avant son terme. Après avoir constaté que le contrat ne prévoyait pas d’indemnisation dans ce cas, le juge a toutefois rappelé que le contrat de franchise est un contrat comme un autre : or, en matière de relations contractuelles, la Loi prévoit clairement que la personne qui n’exécute pas ses obligations jusqu’au terme prévu par le contrat est tenue d’indemniser son cocontractant. Dès lors, le restaurateur qui provoque la fin précoce de son contrat de franchise est tenu d’indemniser son franchiseur, quand bien même le contrat en cause ne prévoit pas expressément d’indemnisation dans ce cas.
Faute du franchiseur. Vous pouvez quitter la franchise sans avoir à payer d’indemnité dans une seule situation : vous devez prouver un manquement grave du franchiseur à ses obligations contractuelles. Par exemple, il vous faudrait démontrer qu’il ne vous a transmis aucun savoir-faire, qu’il ne vous a pas porté assistance, etc.
Conséquences de la fin du contrat. Vous devez cesser toute utilisation de la marque et faire disparaître les signes d’appartenance au réseau.
Focus sur le pacte de préférence. Pour mémoire, le pacte de préférence est un contrat par lequel le propriétaire d’un bien s’engage à le céder en priorité à un acheteur en particulier.
Dans le cadre d’un contrat de franchise. Dans le cas d’une franchise, il est possible que le franchisé s’engage à informer préalablement le franchiseur en cas de cession de ses parts sociales, afin que celui-ci puisse, s’il le souhaite, les acquérir prioritairement.
Pour la petite histoire. Il a été jugé que le terme de « franchisé » pouvait, dans le cadre d’un pacte de préférence, viser indifféremment la société franchisée et son gérant associé majoritaire. Dans cette histoire, le gérant, qui avait cédé l’intégralité de ses parts sociales de la société franchisée, considérait que le pacte de préférence prévu dans le contrat de franchise au bénéfice du franchiseur ne liait que le « franchisé », à savoir la société elle-même. Dès lors, lui-même n’était pas tenu d’informer le franchiseur de la cession de ses parts sociales. À tort, selon le juge, qui rappelle que le contrat de franchise en question précisait bien que le terme de « franchisé » visait indifféremment ici la société, mais également le gérant associé, dont la situation de dirigeant effectif et d’associé majoritaire était essentielle aux yeux du franchiseur. En omettant d’informer le franchiseur de la vente de ses parts sociales, le gérant associé majoritaire avait donc commis une faute indemnisable.
Le saviez-vous ?
Il faut savoir que le contrat prévoit souvent une clause de non-concurrence sans contrepartie financière : pour être valable, elle doit être limitée dans le temps et l’espace et être proportionnée aux intérêts légitimes du franchiseur.
Focus sur la clause de non-affiliation
Définition. Une clause de non-affiliation est une stipulation du contrat de franchise qui s’applique dans la période post-contractuelle. En vertu de cette clause, le franchisé ayant quitté le réseau de son franchiseur s’engage à ne pas s’affilier à un autre réseau concurrent pour un certain temps.
Distinction. Une clause de non-affiliation n’est pas une clause de non-concurrence. En effet, tandis que cette dernière interdit l’exercice d’une activité sur un territoire et une période donnés, la clause de non-affiliation empêche l’adhésion ou la participation à un réseau concurrent. Autrement dit, l’exploitant peut tout à fait exercer son activité, mais de manière indépendante.
Conditions de validité. Les critères de validité dépendent de la date de signature du contrat :
- soit le contrat est antérieur au 6 août 2016, c’est-à-dire à la date d’entrée en vigueur de la loi dite « Macron » ;
- soit le contrat est postérieur au 6 août 2016.
Avant le 6 août 2016. Pour les contrats signés avant le 6 août 2016, la clause de non-affiliation est valide si elle :
- respecte une proportionnalité entre les intérêts du franchisé et du franchiseur ;
- est limitée à l’activité du réseau ;
- est limitée géographiquement ;
- est limitée dans le temps.
Sanction. Une clause ne respectant pas ces critères cumulatifs est annulée par le juge.
Après le 6 août 2016. Pour les contrats signés après le 6 août 2016, les clauses ayant pour effet de restreindre la liberté d’exercice de l’activité commerciale de l’exploitant ne sont valides que si elles respectent les conditions suivantes :
- elles concernent des biens et services en concurrence avec ceux qui font l'objet du contrat de réseau ;
- elles sont limitées aux terrains et locaux à partir desquels l'exploitant exerce son activité pendant la durée du contrat ;
- elles sont indispensables à la protection du savoir-faire substantiel, spécifique et secret transmis dans le cadre du contrat ;
- leur durée n'excède pas un an après l'échéance ou la résiliation du contrat.
Pour la petite histoire. Ces critères sont applicables aux « magasins de commerce de détail ». Le juge a récemment indiqué que, faute de définition donnée par la loi, sont aussi bien concernés les activités de vente de marchandises que les activités de services. Par conséquent, l’exploitant membre d’une franchise de services est également protégé par ces règles.
Sanction. Une clause ne respectant pas ces critères cumulatifs est réputée non-écrite.
À retenir
Avant de quitter une franchise, il est important de relire le contrat que vous avez signé : les modalités de rupture des relations commerciales sont, en effet, prévues par le contrat. Généralement, un préavis doit être respecté. Attention : si vous décidez de quitter le réseau de franchise par anticipation, négociez un accord avec le franchiseur.
J'ai entendu dire
Lorsque je quitte un réseau de franchise, puis-je vendre librement mon point de vente ?La signature d’un contrat de franchise comprend un fort « intuitu personae » : en clair, le franchiseur accepte de confier un point de vente parce qu’il s’agit de vous et non d’une autre personne. Pour vendre votre activité, le franchiseur aura alors son mot à dire : il dispose, en effet, d’un droit de préemption afin de pouvoir sélectionner lui-même un candidat à la reprise.
- Articles L 330-3 et suivants du Code de commerce
- Articles R 330-1 et suivants du Code de commerce
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 20 décembre 2017, no 16-20500 (stipulation pour autrui)
- Arrêt de la Cour d’appel de Paris, du 1er juillet 2020, no 18/21756 (NP) (le franchisé qui met fin de manière anticipée au contrat de franchise est tenu d’indemniser son franchiseur, même si le contrat ne le prévoit pas)
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 13 janvier 2021, no 19-17051(le pacte de préférence liant une société franchisée et son franchiseur peut également lier le gérant associé majoritaire de la société franchisée)
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 16 février 2022, no 20-12885 (clause de non-concurrence post-contractuelle)
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 5 juin 2024 no 23-15741 (conditions de validité d’une clause de non-affiliation et application aux franchises de services)
Avis en ligne : optimisez votre e-réputation !
Avis en ligne : un outil utile pour attirer une nouvelle clientèle
Pourquoi c’est utile ? De nombreuses personnes, avant de se rendre dans un hôtel, dans un restaurant, de faire appel à un artisan, etc., se rendent sur le site web du professionnel ou sur des forums afin de lire des avis écrits par des clients qui ont déjà fait appel à ce professionnel.
Pourquoi certains clients se méfient ? Toutefois, de nombreuses personnes se méfient de ce qui peut être écrit sur internet. Il existe, en effet, de nombreux cas de faux avis.
Avis en ligne : un outil sécurisé pour attirer une nouvelle clientèle
Faire appel à une entreprise spécialisée… Pour rassurer le (futur) client, il est possible de faire appel à des entreprises spécialisées qui se chargent, pour votre compte, de réguler les avis en ligne sur votre site.
… qui a des obligations à respecter ! Ces entreprises ont des obligations à respecter, obligations qui doivent vous rassurer en tant que client, mais également rassurer votre (futur) client. Lesquelles ?
Qu’est-ce qu’un avis en ligne ? Tout d’abord, sachez que la Loi définit désormais ce qu’est un avis en ligne. La définition légale est désormais la suivante : « un avis en ligne s'entend de l'expression de l'opinion d'un consommateur sur son expérience de consommation grâce à tout élément d'appréciation, qu'il soit qualitatif ou quantitatif. L'expérience de consommation s'entend que le consommateur ait ou non acheté le bien ou le service pour lequel il dépose un avis. Ne sont pas considérés comme des avis en ligne, les parrainages d'utilisateurs, les recommandations par des utilisateurs d'avis en ligne, ainsi que les avis d'experts ».
Quel est le contenu de l’obligation ? Les entreprises dont l’activité consiste, à titre principal ou accessoire, à collecter, à modérer ou à diffuser des avis en ligne provenant de consommateurs doivent indiquer, de manière claire et visible :
- à proximité des avis :
- l'existence ou non d'une procédure de contrôle des avis ;
- la date de publication de chaque avis, ainsi que celle de l'expérience de consommation concernée par l'avis ;
- les critères de classement des avis parmi lesquels figurent le classement chronologique ;
- dans une rubrique spécifique facilement accessible :
- l'existence ou non de contrepartie fournie en échange du dépôt d'avis ;
- le délai maximum de publication et de conservation d'un avis.
Contrôle des avis. Lorsque ces entreprises spécialisées contrôlent les avis, elles doivent veiller à ce que les traitements de données à caractère personnel réalisés dans ce cadre soient conformes à la Loi et précisent dans la rubrique spécifique précitée :
- les caractéristiques principales du contrôle des avis au moment de leur collecte, de leur modération ou de leur diffusion ;
- la possibilité, le cas échéant, de contacter le consommateur auteur de l'avis ;
- la possibilité ou non de modifier un avis et, le cas échéant, les modalités de modification de l'avis ;
- les motifs justifiant un refus de publication de l'avis.
Le saviez-vous ?
Lorsque l’entreprise refuse la publication d'un avis, elle doit informer son auteur des motifs de refus par tout moyen approprié.
Se défendre face à de faux avis. Les professionnels qui doivent faire face à de faux avis en ligne ont 2 moyens de défense (plus ou moins efficaces compte tenu des délais d’intervention) :
- ils peuvent les signaler grâce à une fonctionnalité mis gratuitement à leur disposition par les plateformes Web ;
- ils peuvent les faire retirer, en saisissant le juge.
La problématique de la langue. Les sites web marchands étrangers n’ont pas l’obligation d’imposer aux consommateurs l’utilisation de la langue française pour les avis clients présents sur la version française du site. Notez que la plupart du temps, pour une meilleure image de la marque, celles-ci ont tout de même recours à des logiciels de traduction.
À retenir
Faire appel à une entreprise qui se chargera de collecter et gérer des avis clients pour votre compte peut être une bonne idée. Sachez que cette entreprise doit respecter des obligations de transparence, afin de s’assurer que l’avis consultable est réel.
- Article L 111-7-2 du Code de la consommation
- Articles D 111-9 et suivants du Code de la consommation
- Loi no 2016-1321 du 7 octobre 2016 pour une République numérique (article 52)
- Décret no 2017-1436 du 29 septembre 2017 relatif aux obligations d'information relatives aux avis en ligne de consommateurs
- Loi no 2024-449 du 21 mai 2024 visant à sécuriser et à réguler l'espace numérique
- Décret no 2024-753 du 7 juillet 2024 modifiant le code de la consommation en ce qui concerne les obligations d'information des fournisseurs de comparateurs en ligne, de places de marché en ligne et d'agrégateurs de contenus d'actualité en ligne
- Réponse Ministérielle Fiévet, Assemblée Nationale, du 10 décembre 2019, no 51543 (modalités pour se défendre face à de faux avis en ligne)
- Réponse ministérielle Magnier du 21 février 2023, Assemblée nationale, no 114 : « Utilisation de la langue française sur les sites Internet marchands »
Label, AOC, etc. : quels sont les labels officiels de qualité ?
Labels officiels de qualité : pour les produits alimentaires
2 types de signes officiels de qualité. Les signes officiels de qualité (label, appellation protégée, etc.) sont de 2 sortes : soit ils sont relatifs aux produits alimentaires, soit ils sont relatifs aux produits non alimentaires. Mais ils ont un point commun : ils se matérialisent sous la forme d’un logo apposé sur le produit ou sur l’emballage du produit.
Produits alimentaires. Dans un 1er temps, nous allons envisager les labels de qualité propres aux produits alimentaires.
AOC. L’Appellation d’origine contrôlée (AOC) est un label officiel qui désigne un produit qui est originaire d’une région et dont la qualité est due à cette région. La production, la transformation et l’élaboration du produit doivent avoir eu lieu dans la région dont le produit provient.
Exemples d’AOC. Le « poulet de Bresse » ou le « Muscadet » (vin nantais) sont reconnus comme AOC.
Le saviez-vous ?
L’Appellation d’origine protégée (AOP) est l’équivalent européen de l’AOC.
IGP. L’Indication géographique protégée (IGP) est un label qui établit un lien géographique entre un produit et une région tout comme l’AOP. Il s’agit d’un label européen moins fort auprès du consommateur : il ne concerne, en effet, que les produits dont le lien avec une région peut se limiter à la production ou à la transformation comme le vin du « Val-de-Loire », par exemple.
Label rouge. Il s’agit d’un label français qui peut être obtenu par un produit dès lors que ses conditions de production ou de fabrication sont d’une qualité supérieure à celles des produits similaires (œufs, charcuterie, poissonnerie, etc.).
STG. La Spécialité traditionnelle garantie (STG) est un signe qualitatif officiel européen. Il protège les recettes traditionnelles (jambon Serrano, moules de bouchot, etc.).
Agriculture biologique. L’Agriculture biologique (AB) garantit que le produit est issu d’une production respectueuse de l’environnement et du bien-être animal. C’est un mode de production qui exclut notamment l’usage des OGM.
Qui délivre ces labels qualitatifs ? Tous ces labels qualitatifs sont délivrés par l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO) ou par des établissements agréés par l’INAO.
Le saviez-vous ?
Pour en savoir plus, n’hésitez pas à vous rendre sur le site Internet « www.inao.gouv.fr ».
CCP. Le Certificat de conformité de produits (CCP) est un signe qualitatif qui ne garantit pas une qualité supérieure du produit mais qui se distingue par un mode de production qui comporte un plus par rapport à la réglementation. Par exemple, s’agissant de l’élevage de poulets, il s’agira pour un agriculteur d’élever les poulets en plein air. Il est nécessaire que la caractéristique soit significative, objective et mesurable. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site « agriculture.gouv.fr ».
Autres mentions. Il existe de nombreuses autres mentions valorisantes qu’il peut être utile de faire mentionner sur un produit comme « produit de montagne » ou « produit à la ferme ».
À noter. Pour chaque label, il existe un cahier des charges à respecter.
Le saviez-vous ?
Apposer l’un des logos de ces différents labels sans en avoir le droit est sanctionné par 300 000 € d’amende et 2 ans de prison.
Labels officiels de qualité : pour les produits non alimentaires
Produits non alimentaires. Dans cette 2nde partie, seuls seront évoqués les labels de qualité qui concernent les produits non alimentaires.
Appellation d’origine. Il s’agit d’un label qui garantit un lien étroit du produit avec son milieu géographique et le savoir-faire local. Si peu de produits en bénéficient, c’est néanmoins le cas des « mouchoirs et toiles de Cholet », des « émaux de Limoges » ou encore du « monoï de Tahiti ».
IG. L’Indication géographique (IG), différent de l'IGP (indication géographique protégée), est un label récent qui met en évidence un lieu ou une région de production précise et détermine les qualités caractéristiques du produit originaire de ce lieu. Notez que si les IG pour les produits agricoles sont reconnues et protégées à l’international, ce n’est pas le cas des IG de produits industriels et artisanaux.
Certifications. Tous les produits non alimentaires peuvent recevoir une certification dès lors que le produit est conforme à des caractéristiques précises décrites dans un référentiel déterminé par un organisme indépendant. Cet organisme doit obligatoirement avoir été accrédité par le Comité Français d’Accréditation (COFRAC).
Label écologique. Ce label est attribué à un produit qui est respectueux de l’environnement tout au long de son cycle de vie.
Ecolabel européen. Il s’agit d’un label écologique européen permettant aux consommateurs de reconnaitre les produits les plus protecteurs de l’environnement et de la santé. Il concerne les produits qui contiennent le moins de substances toxiques, consomment le moins et génèrent le moins de déchets tout au long de leur vie. Il s’applique à l’ensemble des pays de l’Union européenne, mais également à la Suisse, la Turquie, l’Islande et la Norvège.
Label « EPV ». Le label « Entreprise du patrimoine vivant » (EPV) vise à promouvoir le développement des entreprises de production, de restauration ou de transformation détenant un savoir-faire rare renommé ou ancestral, reposant sur la maîtrise de techniques traditionnelles ou de haute technicité et circonscrit à un territoire.
À noter. Tout comme pour les labels attribués aux produits alimentaires, un cahier des charges devra être respecté.
À retenir
Afin d’inciter les consommateurs à acheter un produit, il peut être judicieux d’obtenir un label de qualité. Pour cela, il est nécessaire de respecter un cahier des charges propre au label souhaité. Pour connaître la liste des labels, rendez-vous sur le site « www.inao.gouv.fr » ou sur le site « agriculture.gouv.fr ».
J'ai entendu dire
Un marquage de conformité à la réglementation, comme le marquage « CE » par exemple, est-il un label officiel de qualité ?Non, un marquage de respect de la réglementation ne constitue en aucun cas un label officiel de qualité. Il indique seulement que le produit respecte les exigences essentielles de sécurité prévues la Loi.
- Article L 431-1 et suivants du Code de la consommation (appellation d’origine pour les produits non alimentaires)
- Articles L 640-2 et suivants et R 641-1 et suivants du Code rural et de la pêche maritime (autres mentions comme « produit de montagne »)
- Loi n° 2014-344 du 17 mars 2014 relative à la consommation (article 73)
- Décret n° 2015-595 du 2 juin 2015 relatif aux indications géographiques protégeant les produits industriels et artisanaux et portant diverses dispositions relatives aux marques
- Décret n° 2016-980 du 19 juillet 2016 relatif à l'information nutritionnelle complémentaire sur les denrées alimentaires
- Règlement (UE) N° 1151/2012 du Parlement Européen et du Conseil du 21 novembre 2012 relatif aux systèmes de qualité applicables aux produits agricoles et aux denrées alimentaires
- Règlement (CE) N° 66/2010 du Parlement Européen et du Conseil du 25 novembre 2009 établissant le label écologique de l’UE
- Règlement (CE) N° 543/2008 de la Commission du 16 juin 2008 portant modalités d’application du règlement (CE) n° 1234/2007 du Conseil en ce qui concerne les normes de commercialisation pour la viande de volaille
- Règlement (CE) N° 834/2007 du Conseil du 28 juin 2007 relatif à la production biologique et à l'étiquetage des produits biologiques et abrogeant le règlement (CEE) n° 2092/91
- Arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne, du 2 mai 2019, n° C-614/17 (protection AOP)
- Réponse Ministérielle Corneloup, Assemblée Nationale, du 18 mai 2021, n° 38719 : « Indication géographique des entreprises »
- Actualité du site de l’INPI (avantages de l’indication géographique)
- Actualité du site services-public.fr du 22 avril 2022 (Ecolabel européen)
Magasin et signalétique : ce qu’il faut savoir
Un problème : l’installation illégale de panneaux
Une multiplication des panneaux « sauvages ». Afin d’indiquer aux clients où leur établissement se situe (quel que soit le commerce en question : hôtel, supérette, camping, etc.), des professionnels peuvent détourner ou installer illégalement des panneaux sur les bords de routes.
Un problème de sécurité routière. Ces détournements ou installations « sauvages » peuvent être dangereux pour la sécurité routière.
Une pollution visuelle. Outre les problèmes de sécurité routière, ces panneaux « sauvages » causent aussi, bien souvent, une pollution visuelle.
Une solution : le panneau de signalisation d’information locale (SIL)
SIL. Afin de résoudre le problème de ces panneaux « sauvages », la réglementation relative aux panneaux de signalisation d’information locale (SIL) a vu le jour.
Objectif. Ce règlement a pour objectif d’intégrer les panneaux de SIL dans la signalisation routière en unifiant notamment le graphisme afin de rendre la lecture des panneaux par les conducteurs plus efficace.
Réglementation. La réglementation des SIL est la suivante :
- elle est applicable en agglomération et hors agglomération ;
- les panneaux de SIL sont interdits sur autoroutes et routes à chaussée séparée ainsi que sur leurs voies d’accès ;
- il doit y avoir une différence entre les panneaux de SIL et les panneaux directionnels courants visant spécifiquement la circulation ;
- le panneau de SIL doit concerner un service ou un équipement d’intérêt local.
Le saviez-vous ?
Le panneau de SIL n’est pas un outil de publicité ! Il a juste pour but de guider un conducteur en déplacement qui cherche à se rendre à l’établissement indiqué sur le panneau tandis qu’un panneau publicitaire cherche à attirer une nouvelle clientèle.
2 catégories de SIL. Il existe 2 catégories de panneaux de SIL :
- les panneaux de présignalisation qui se trouvent avant une intersection ;
- les panneaux de signalisation de position qui se trouvent à l’intersection même ou sur le lieu où la manœuvre est effectuée.
Contenu du panneau de SIL. Le panneau de SIL contient un idéogramme (une tente pour les campings, par exemple), un indicateur de classement lorsque l’établissement possède une ou plusieurs étoiles (cas spécifique aux hôtels) et une flèche directionnelle.
À proscrire ! Le panneau de SIL ne peut en aucun cas contenir un logotype propre à l’établissement pour éviter toute publicité, la distance qu’il reste à parcourir ainsi que le temps de parcours.
=> Consultez un exemple de SIL
Qui peut demander un panneau de SIL ? La Loi autorise notamment les établissements suivants à disposer d’une SIL :
- les hôtels ;
- les villages de vacances ;
- les campings ;
- les centres commerciaux ;
- les établissements industriels ;
- les hôpitaux.
Mairie. C’est auprès de la Mairie qu’il faut demander si un panneau de SIL peut être installé ou non.
Le saviez-vous ?
Pour autoriser ou non l’installation d’un panneau de SIL, la Mairie peut notamment prendre en compte la notion « d’isolement » de votre établissement. La définition de cette notion est appréciée par la Mairie elle-même.
A retenir
Installer un panneau de signalisation d’information locale (SIL) librement n’est pas possible. Ce pouvoir appartient, en effet, à la Mairie. Ce panneau, qui n’a pas pour objectif de faire de la publicité, sert simplement à guider un conducteur vers l’établissement qu’il mentionne.
- Loi n° 2019-1461 du 27 décembre 2019 relative à l'engagement dans la vie locale et à la proximité de l'action publique (articles 22 et 54)
- Arrêté du 24 novembre 1967 relatif à la signalisation des routes et des autoroutes
- Instruction Interministérielle sur la Signalisation Routière du 22 octobre 1963
- www.equipementsdelaroute.developpement-durable.gouv.fr
- Réponse ministérielle Brindeau, Assemblée Nationale, du 21 septembre 2021, n° 38564 (rappel de la réglementation applicable)
Téléphone et accessibilité des personnes handicapés : êtes-vous aux normes ?
Normes d’accessibilité des handicapés : pour le téléphone ?
Jusqu’à présent. Toutes les entreprises possèdent un numéro de téléphone sur lequel un client peut appeler, sauf celui qui est malheureusement sourd, malentendant, sourd-aveugle ou aphasique.
Désormais. Les avancées technologiques sont telles qu’il est désormais possible, aujourd’hui, pour les personnes souffrant des handicaps précités, de pouvoir téléphoner, à condition que certains investissements soient réalisés.
Conséquences. Pour permettre une égalité de traitement entre les clients handicapés ou non, le Gouvernement a décidé de rendre obligatoire l’accessibilité des téléphones des entreprises aux personnes handicapées.
Normes d’accessibilité des handicapés : pour toutes les entreprises ?
Qui est concerné ? Toutes les entreprises ne sont pas concernées par l’obligation de rendre accessible aux personnes handicapées leur numéro de téléphone. Il faut, en effet, qu’un seuil de chiffre d’affaires soit dépassé. Lequel ?
Un seuil précis. Sont soumises aux normes d’accessibilité des handicapés, les entreprises qui réalisent un chiffre d’affaires supérieur à 250 millions d’euros. Pour déterminer si vous êtes au-dessus de ce seuil ou non, sachez que le chiffre d’affaires est calculé par unité légale sur la base moyenne du chiffre d’affaires annuel des 3 derniers exercices comptables précédant l’année considérée.
Le saviez-vous ?
Il faut seulement tenir compte du chiffre d’affaires réalisé en France pour déterminer si vous dépassez le seuil de chiffre d’affaires ou non.
Normes d’accessibilité des handicapés : quels investissements ?
Des téléphones spéciaux. Concrètement, il faut investir dans des téléphones spéciaux permettant de communiquer avec une personne handicapée. Il existe, pour cela, des téléphones qui permettent d’échanger en « Langage Parlé Complété » via une webcam ou par transcription écrite simultanée.
Des horaires d’accessibilité précis. Le service d’accessibilité doit fonctionner de la manière suivante :
- jusqu’au 30 septembre 2026, sur une amplitude horaire au moins égale à 50 % des horaires d’ouverture de l’entreprise ;
- à compter du 1er octobre 2026, le service d’accessibilité devra fonctionner durant toute l’amplitude d’horaires d’ouverture.
Des téléconseillers qualifiés ! Les téléconseillers appelés à travailler au service dédié à la réception des appels téléphoniques des personnes handicapées doivent être titulaires de diplômes listés par le Gouvernement.
- Consultez la liste des diplômes que doivent posséder les téléconseillers
Création d’une solution d'accessibilité téléphonique universelle
Pour satisfaire l’obligation d’accessibilité des personnes handicapées aux services téléphoniques, une solution d'accessibilité téléphonique universelle qui prend la forme d’un service de traduction simultanée écrite et visuelle mis à la disposition des utilisateurs sourds, malentendants, sourd-aveugles et aphasiques, sans surcoût, a été instituée. Le respect de la confidentialité des échanges traduits ou transcrits est garanti.
Le non-respect de cette obligation d’accessibilité est sanctionné par le paiement d’une amende administrative dont le montant ne peut excéder 75 000 € pour une personne physique et 1 % du chiffre d'affaires hors taxes réalisé en France lors du dernier exercice clos pour une personne morale.
À retenir
Toute entreprise qui remplit les critères posés par la Loi, (seuil de chiffre d’affaires de 250 M€, etc.), doit mettre en place un service permettant aux personnes handicapées (sourdes, malentendantes, etc.) de les joindre par téléphone.
- Loi n° 2016-1321 du 7 octobre 2016 pour une République numérique (article 105)
- Décret n° 2017-875 du 9 mai 2017 relatif à l'accès des personnes handicapées aux services téléphoniques
- Rapport au Président de la République relatif à l'ordonnance n° 2023-857 du 6 septembre 2023 relative à l'accessibilité des personnes sourdes, malentendantes, sourdaveugles et aphasiques aux services téléphoniques
- Ordonnance n° 2023-857 du 6 septembre 2023 relative à l'accessibilité des personnes sourdes, malentendantes, sourdaveugles et aphasiques aux services téléphoniques
Dispositif Crit’Air : une pastille obligatoire ?
Pour circuler librement, recourez à la pastille Crit’Air
L’utilisation des voitures est restreinte. Les mairies restreignent de plus en plus l’utilisation des voitures dans leurs communes afin de limiter la pollution atmosphérique. Restrictions qui ne sont pas sans conséquence sur votre activité professionnelle…
Pour travailler, vous devez circuler en voiture. Pour les besoins de votre activité professionnelle, vous pouvez être amené à vous déplacer en voiture. Pour vous permettre de travailler, le dispositif Crit’Air a notamment été mis en place.
Crit’Air. Il consiste à apposer sur le pare-brise des véhicules un « certificat qualité de l’air » prenant la forme d’une pastille de couleur différente en fonction du véhicule.
6 pastilles. Le dispositif Crit’Air distingue 6 catégories de véhicules, à savoir :
- les véhicules « zéro émission moteur » 100 % électrique et hydrogène qui possèdent la pastille verte ;
- les véhicules à essence correspondant aux normes Euro 5 et 6 qui possèdent la pastille violette ;
- les véhicules à essence (norme Euro 4) ou diesel (norme Euro 5 et 6) qui possèdent la pastille jaune ;
- les véhicules à essence (normes Euro 2 et 3) ou diesel (norme Euro 4) qui possèdent la pastille orange ;
- les véhicules diesel correspondant à la norme Euro 3 qui possèdent la pastille bordeaux ;
- les véhicules diesel correspondant aux la norme Euro 2 et 3 qui possèdent la pastille grise.
À noter. Les véhicules antérieurs au 31 décembre 1996 sont exclus du système Crit’Air en raison de leur ancienneté et, par conséquent, de la pollution qu’ils engendrent.
Pourquoi ? Disponibles pour tous types de véhicules (scooter, motos, voitures particulières, véhicules professionnels, camionnettes, utilitaires, poids lourds, autocars, etc.), ces pastilles donnent droit à des avantages pour les véhicules les moins polluants. Ils peuvent ainsi, en fonction des critères de circulation qui sont définies par les collectivités locales :
- bénéficier de modalités de stationnement favorables ;
- obtenir des conditions de circulation privilégiée ;
- circuler dans des zones à circulation restreinte (ZRC).
À noter. En cas de pics de pollution, cette classification peut être utilisée en lieu et place de la circulation alternée basée sur les numéros de plaques d’immatriculation. Dans une telle situation, le préfet a l’obligation de restreindre ou de suspendre la circulation lorsque le dépassement des normes de pollution a pour origine les émissions polluantes des véhicules. Ce qui peut rendre la possession d’une pastille Crit’Air indispensable…
Obligatoire ? Non, ce dispositif n’est pas obligatoire, le Gouvernement privilégiant la voie de l’incitation. Mais il ne faut toutefois pas perdre de vue qu’en fonction des règles de circulation définies par les collectivités locales ou les préfectures, dans les zones couvertes par un plan de protection de l’atmosphère et dans les zones à faibles émissions mobilité, seuls les véhicules équipés des pastilles adéquates peuvent circuler. Ce qui peut parfois rendre ce dispositif indispensable…
Amende. Circuler dans une commune qui a instaurée le dispositif Crit’Air sans disposer de la pastille sera sanctionné par une amende d’un montant de 68 € (135 € pour les poids-lourds).
D’ici le 1er janvier 2025, la mise en place de ZFE est obligatoire dans toutes les agglomérations de plus de 150 000 habitants où les valeurs de qualité de l’air recommandées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sont dépassées. Ces zones se divisent en 2 catégories :
- les territoires ZFE effectifs, qui concernent les agglomérations qui dépassent de manière régulière les seuils réglementaires de qualité de l’air : sont concernées les villes de Paris et Lyon qui doivent alors respecter le calendrier législatif dont la prochaine échéance prévoit des restrictions pour les voitures diesel de plus de 14 ans et les voitures essence de plus de 19 ans au 1er janvier 2025 (Crit’Air 3) ;
- les territoires de vigilance, qui visent les agglomérations qui respectent les seuils réglementaires de qualité de l'air, mais présentent des niveaux de pollution supérieurs aux valeurs recommandées par l’OMS. Elles se répartissent en 2 sous-catégories :
- les agglomérations qui n'ont pas encore mis de règle en place (30 agglomérations) et qui doivent restreindre la circulation, avant le 1er janvier 2025, des voitures immatriculées avant le 31 décembre 1996 et / ou des véhicules utilitaires légers immatriculés avant le 30 septembre 1997 et / ou des poids lourds immatriculés avant le 30 septembre 2001, c’est-à-dire les véhicules non-classés ;
- les agglomérations dans lesquelles des ZFE existent déjà (10 agglomérations) qui ont toutes au moins mis en place ou prévu les restrictions minimales prévues par la loi et qui n’ont plus d'obligation de renforcer leurs restrictions actuelles.
Sont concernées par la 1re sous-catégorie : Dunkerque, Lille, Douai-Lens, Valenciennes, Amiens, Béthune, Le Havre, Caen, Rennes, Brest, Le Mans, Nantes, Angers, Tours, Orléans, Limoges, Bordeaux, Bayonne, Pau, Perpignan, Nîmes, Avignon, Toulon, Chambéry, Annecy, Annemasse, Dijon, Mulhouse, Nancy, Metz
Sont concernées par la 2e sous-catégorie : Rouen, Toulouse, Montpellier, Aix-Marseille, Nice, Grenoble, Saint-Étienne, Clermont-Ferrand, Strasbourg, Reims.
Le saviez-vous ?
Il est également possible d’avoir accès à certaines zones de circulation sans avoir recours au dispositif Crit’Air : pour cela, vous devez contacter votre mairie. Celle-ci pourra vous accorder, à titre individuel, une autorisation de circulation ; cette autorisation précisera les conditions de validité de la dérogation, le périmètre sur lequel elle s’applique et sa durée de validité (qui ne peut pas excéder 3 ans).
Exceptions. Notez qu’il existe des exceptions temporaires à l’interdiction de circuler pour certaines activités. Sont notamment concernés les transporteurs qui assurent un service public de transport en commun.
Le saviez-vous ?
Les annonces de vente de voitures doivent obligatoirement afficher la catégorie Crit’Air à laquelle celles-ci appartiennent.
Comment obtenir la pastille Crit’Air ?
Un site Internet à connaître ! Pour obtenir la pastille, vous devez vous rendre sur le site Internet www.certificat-air.gouv.fr.
Une pastille payante ? Le coût total de la pastille est de 3,72 € (montant de l’acheminement par voie postale compris).
Comment obtenir cette pastille ? La pastille est différente en fonction de chaque véhicule, les critères retenus étant la norme Euro (par exemple norme 1 à 5 pour les voitures particulières en fonction de la date de la première mise en circulation) et la carburation (essence, diesel ou autres). Un téléservice via Internet a été mis à votre disposition, connecté au service des immatriculations (une procédure par courrier a été également mise en place).
À noter. Une fois obtenue, la pastille est définitive et n’a pas à être renouvelée (sauf si elle devient illisible, le cas échéant).
À retenir
Le dispositif Crit’Air permet de distinguer les véhicules polluants des véhicules non polluants. Non obligatoire, le recours à la pastille est néanmoins recommandé car de plus en plus de mairies rendent obligatoire le port de la pastille par les véhicules pour que ces derniers puissent avoir accès à certaines zones de circulation. La pastille s’achète sur le site www.certificat-air.gouv.fr
- Arrêté du 21 juin 2016 établissant la nomenclature des véhicules classés en fonction de leur niveau d'émission de polluants atmosphériques en application de l'article R318-2 du Code de la route
- Arrêté du 29 juin 2016 fixant le tarif de la redevance pour la délivrance du certificat qualité de l'air
- Décret n° 2016-847 du 28 juin 2016 relatif aux zones à circulation restreinte
- Décret n° 2016-858 du 29 juin 2016 relatif aux certificats qualité de l'air
- Décret n° 2017-782 du 5 mai 2017 renforçant les sanctions pour non-respect de l'usage des certificats qualité de l'air et des mesures d'urgence arrêtées en cas d'épisode de pollution atmosphérique
- Arrêté du 14 février 2018 modifiant l'arrêté du 29 juin 2016 fixant le tarif de la redevance pour la délivrance du certificat qualité de l'air
- Arrêté du 28 juin 2019 relatif à la durée des exceptions temporaires aux restrictions de circulation dans une zone à circulation restreinte au profit des véhicules des services publics de transport en commun
- Arrêté du 28 juin 2019 relatif aux obligations déclaratives portant sur les véhicules de services publics de transports en commun bénéficiant d'exceptions temporaires aux restrictions de circulation dans une zone à circulation restreinte
- Décret n° 2019-663 du 28 juin 2019 relatif aux exceptions temporaires aux interdictions de circulation dans une zone à circulation restreinte au profit des véhicules des services publics de transport en commun
- Loi n° 2019-1428 du 24 décembre 2019 d'orientation des mobilités
- Décret n° 2020-1138 du 16 septembre 2020 relatif au non-respect de manière régulière des normes de la qualité de l'air donnant lieu à une obligation d'instauration d'une zone à faibles émissions mobilité
- Décret n° 2020-1412 du 18 novembre 2020 portant modification de la liste des véhicules à très faibles émissions au sens de l'article L318-1 du Code de la route définie à l'article D224-15-12 du Code de l'environnement
- Actualité no 543 des ministères de la transition écologique et de la Cohésion des territoires et de la Transition énergétique du 30 janvier 2023 : « Arnaques vignettes Crit’Air : le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires appelle à la vigilance »
- Réponse ministérielle Vignal du 31 janvier 2023, Assemblée nationale, no 3909 : « Impact des Zones à Faible Émission sur les forains »
- Actualité de la Direction de l’information légale et administrative du 5 avril 2024 : « Restrictions de circulation des voitures Crit’air 3 en 2025 : quelles agglomérations sont concernées ? »
Made in France : quelle est la réglementation ?
Made in France : comment déterminer l’origine d’un produit ?
L’origine du produit peut être complexe. La mondialisation touche la fabrication des produits : par exemple, pour un téléphone portable, la conception peut être réalisée en France, l’assemblage avoir lieu en Chine et les matières premières provenir du Chili (cuivre), de Bolivie (lithium) et du Congo (cobalt). Dans ce cas, il peut être difficile de déterminer l’origine du portable.
Le Made in France : c’est quoi ? La Loi ne définit pas ce qu’est le « Made in France ».
L’indication d’origine : une obligation. Malgré l’absence de définition juridique, sachez que certains produits doivent obligatoirement indiquer leur origine : c’est le cas, par exemple, de la viande bovine et des fruits et légumes.
L’indication d’origine : une faculté. Même si elles ne sont pas obligées de le faire, certaines entreprises indiquent l’origine des produits qu’elles commercialisent afin de rassurer le client. Mais pour indiquer que le produit est « Made in France », l’entreprise doit se conformer à la « règle d’origine non préférentielle ».
La règle d’origine non préférentielle : c’est quoi ? Selon ce principe posé par l’Union européenne, un produit pour lequel plusieurs pays sont intervenus est originaire du pays où a eu lieu la dernière transformation substantielle. Ainsi, par exemple, une chemise confectionnée en France à partir d’un tissu chinois peut être vendue « Made in France ».
Made in France : une protection grâce aux labels
Made in France : des labels à connaître. Certains professionnels considèrent que la règle d’origine non préférentielle est insuffisante. C’est pourquoi ils ont recours à des labels aux exigences plus ou moins contraignantes.
Labels non contraignants. Certains professionnels peuvent apposer des logos indiquant que leurs produits sont originaires de France. Mais il peut s’agir de simples allégations déclaratives.
Le saviez-vous ?
Par exemple, les mentions « designed in » ou « conçu en » ne signifient pas à elles seules que le produit concerné a été fabriqué en France.
Labels « privés ». Certaines structures privées ont créé des « labels » à destination des entreprises désireuses de faire valoir l’origine française de leur production, à condition qu’un cahier des charges soit respecté et que des mesures de contrôle soient réalisées. Il peut s’agir, par exemple, des labels « Fabriqué en France », « Produit en Bretagne », « Savon de Marseille », etc.
Le label « Origine France Garantie ». Parmi la multitude de labels « Made in France », il existe un label qui s’appelle « Origine France Garantie ». C’est le label qui garantit le plus haut degré d’exigence de l’origine française du produit vendu. Pour obtenir ce label, il est nécessaire que :
- 50 % du prix unitaire de revient soit acquis en France, excepté les dépenses de marketing ;
- le produit acquiert ses « caractéristiques essentielles » en France.
À retenir
Afin d’attirer une nouvelle clientèle, il est possible de mettre en avant que vos produits soient « Made in France ». Pour cela, il vous faut respecter la règle « d’origine non préférentielle » posée par l’Union européenne.
Mais vous pouvez également recourir à des labels dont les règles d’obtention sont propres à la France (comme le label « Origine France Garantie ») ou qui sont délivrés par des structures privées (comme les labels « Produit en Bretagne » ou « Fabriqué en France »).
- Règlement (UE) no 52/2013 du Parlement Européen et du Conseil du 9 octobre 2013 établissant le code des douanes de l'Union
- Actualité du ministère de l’Économie du 6 novembre 2023 : « Fabriqué en France », « Produit en France » ou « Made in France » : comment utiliser ces mentions pour valoriser vos produits ?
Proposer du co-working : ce qu’il faut savoir
Co-working : pour qui ?
Qu’est-ce que le co-working ? Le co-working est une méthode d’organisation du travail dans laquelle un espace de travail est partagé entre plusieurs entrepreneurs (appelés « co-workers »), cet espace devant favoriser les rencontres professionnelles conviviales. En pratique, il s’agit d’une sorte de « colocation professionnelle ».
À qui s’adresse-t-il ? Le public auquel vous vous adressez est composé avant tout de créateurs d’entreprise et de travailleurs indépendants. Ces derniers peuvent alors bénéficier d’un espace de travail à moindre coût, ce qui constitue là l’un des intérêts principaux du co-working. Le co-working intéresse donc les petites structures.
Le saviez-vous ?
Vous pouvez choisir de proposer un espace de co-working spécifiquement réservé à un public précis ou à un secteur d’activité donné (par exemple, le numérique).
À noter. Les bâtiments publics destinés au co-working sont en augmentation : on en retrouve de plus en plus dans les pépinières et hôtels d’entreprises gérés par des structures publiques.
Autorisation. Faites attention si vous n’êtes pas propriétaire des locaux que vous occupez et que vous souhaitez adjoindre à votre activité professionnelle des espaces de location en co-working ! Les juges n’ont pour l’instant pas eu à se prononcer sur l’adjonction d’une activité de co-working par une entreprise mais, par mesure de prudence, il est tout de même recommandé d’obtenir l’autorisation du bailleur pour s’adonner à cette activité.
Contrat de co-working : quel est son contenu ?
Un contrat. Vous êtes lié au co-worker par un contrat de co-working. La rédaction du contrat demande de la vigilance : vous devez y décrire les services que vous proposez de manière précise.
Une durée variable. La durée du contrat de co-working est variable : c’est là l’un des principes même du co-working et l’un de ses atouts. Le co-worker peut, en effet, louer l’espace pendant quelques heures, quelques jours, quelques semaines ou quelques mois.
Une rémunération variable. Votre tarif, qui variera selon le temps d’utilisation de l’espace par le co-worker (tarif à l’heure, à la demi-journée, à la journée, etc.), devra être évidemment porté à la connaissance du co-worker et effectivement précisé dans le contrat.
Des services additionnels. Au-delà de l’espace de travail, vous pouvez également mettre à disposition de votre clientèle une salle de réunion, un bureau privé ou un espace dédié à la création d’évènements. L’espace de co-working peut également proposer des évènements qui prennent la forme d’ateliers, de conférences, de discussions, etc. Le but recherché est l’échange entre les différents acteurs économiques.
Mais aussi. Il peut également être proposé un accès Internet (c’est généralement le cas), une ligne téléphonique, une imprimante, de services de gestion du courrier, du secrétariat, etc., services dont le prix peut être facturé en plus du loyer.
Le saviez-vous ?
Vous pouvez proposer d’effectuer les démarches de domiciliation de l’entreprise en lieu et place du co-worker.
Conseil. Rédigez le contrat de co-working avec l’aide d’un professionnel (expert-comptable, avocat, notaire, juriste spécialisé, etc.) qui pourra vous conseiller au mieux et éviter que le contrat soit requalifié en contrat de location commerciale.
A retenir
Lorsque vous proposez des espaces de co-working, vous visez principalement les petites structures. Votre cocontractant sera appelé « co-worker » : le contrat que vous signez avec lui doit mentionner, d’une part la durée du contrat et le montant de votre rémunération, d’autre part la description de tous les services additionnels que vous proposez et auxquels souscrit votre client.
- Articles R 123-166-1 et suivants du Code de commerce (domiciliation de l’entreprise)
