Coronavirus (COVID-19) et activité partielle : quid des saisonniers pour la saison printemps/été 2021 ?
Coronavirus (COVID-19) et activité partielle : une ouverture aux travailleurs saisonniers… sous conditions
Le gouvernement vient d’autoriser le recours à l’activé partielle pour les travailleurs saisonniers, placés dans les situations suivantes :
- leur contrat de travail est renouvelé en vertu de l’obligation de renouvellement prévue par une convention collective et/ ou par une clause de leur contrat de travail. Si une telle clause est prévue, l’employeur devra alors justifier d’au moins un recrutement du même saisonnier l’année dernière ;
- leur contrat saisonnier est renouvelé de manière tacite pour la même période, matérialisé par l’existence d’au moins 2 contrats successifs, sans que cela ne soit explicitement prévu par le contrat de travail ou la convention collective.
Dans la situation où ces contrats ne pourraient pas être exécutés, ils pourront exceptionnellement être pris en charge dans le cadre du dispositif de l’activé partielle jusqu’à fin juin 2021, sur l’ensemble du territoire.
- Communiqué de presse du Ministère du travail, du 13 avril 2021 : Saisonniers : précisions sur les conditions de prise en charge au titre de l’activité partielle
Entreprise de nettoyage : un transfert sous conditions
Transfert de marché et de salariés : une condition liée au temps de travail
Engagé en qualité d’agent d’entretien à temps partiel, un salarié n’est pas repris par l’entreprise de nettoyage qui vient de reprendre la suite de l’entreprise qui l’a embauché pour s’occuper de l’entretien du site sur lequel il est affecté.
L’entreprise nouvellement titulaire de ce marché lui explique alors que, parce qu’il ne consacre pas au minimum 30 % de son temps de travail à ce marché, elle n’est pas obligée de le reprendre parmi ses effectifs. Ce qu’il conteste, bulletins de salaires à l’appui…
Sauf, maintient l’entreprise, que ces bulletins de salaires ne prouvent pas qu’il a effectivement réalisé les heures qui y sont mentionnées sur le site qui fait l’objet du marché qu’elle vient de reprendre.
Il est vrai, rappelle le juge, qu’en vertu de la convention collective des entreprises de propreté, le nouveau prestataire doit s'engager à garantir l'emploi de 100 % du personnel affecté au marché faisant l'objet de la reprise qui passe sur ce marché au moins 30 % de son temps de travail total effectué pour le compte de l'entreprise sortante.
Mais il rappelle aussi que ce n’est pas au salarié de prouver qu’il remplit effectivement cette condition, mais à l’entreprise. Une preuve qu’elle a pourtant, ici, fait peser sur le salarié.
A tort selon le juge, qui va donc dans le sens du salarié…
- Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 31 mars 2021, n° 19-18890 (NP)
