C’est l’histoire d’un propriétaire qui confond « lieu de travail » et « lieu de vie »…
Un propriétaire achète l’appartement accolé au sien, utilisant alors son 1er appartement, temporairement mis en location, comme bureau pour son activité professionnelle. Mais il décide finalement de le vendre et réclame l’exonération fiscale propre aux résidences principales…
Ce que lui refuse l’administration : non seulement l’appartement vendu a été temporairement mis en location, mais il était depuis utilisé comme bureau pour son activité professionnelle. Ce qui empêche tout bénéfice de l’exonération fiscale « résidence principale »… « Faux ! », conteste le propriétaire : son locataire n’est pas resté longtemps et, une fois parti, les 2 appartements ne formaient plus qu’une seule et même résidence principale, le 1er, accolé au 2d, étant utilisé comme bureau…
Mais même si le logement vendu, accolé à l’appartement habité, était toujours utilisé par le propriétaire comme bureau, il ne s’agissait pas pour autant d’une « résidence principale », tranche le juge… qui refuse l’exonération !
- Arrêt de la cour administrative d’appel de Paris du 30 juin 2023, no 21PA05087 (NP)
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C’est l’histoire d’un employeur qui « calcule » les qualités professionnelles des collaborateurs…
Un employeur, contraint d’envisager un licenciement économique, définit l’ordre des licenciements en se fondant sur les qualités professionnelles des salariés concernés notées lors d’entretiens… que n’ont pas pu passer certains salariés, absents ou trop récemment arrivés dans l’entreprise…
Ce qui ne pose pas de problème pour l’employeur, qui leur applique la moyenne des notes obtenues par les autres salariés… Ce qui pose un problème, au contraire, pour le CSE, qui conteste cette méthode ciblant particulièrement, selon lui, les salariés qui n’ont pu être évalués. Pourtant, relève l’employeur, il a bien pris en considération les comptes-rendus d’évaluation en affectant aux salariés non évalués un nombre de points correspondant à la moyenne des évaluations professionnelles des salariés de leur catégorie professionnelle…
Une méthode statistique validée par le juge : les éléments d’appréciation retenus par l’employeur pour ce système d’évaluation professionnelle ne sont pas discriminatoires !
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C’est l’histoire d’un stagiaire qui souhaite devenir notaire...
À la suite de la soutenance de son rapport de stage, un étudiant en notariat se voit attribuer par le jury la note de 8/20. Une note insuffisante pour lui délivrer le certificat de fin de stage et donc pour exercer en tant que notaire, selon son institut…
« Peu importe la note ! », conteste l’étudiant : selon lui, en effet, la réglementation en la matière ne conditionne pas la délivrance du certificat à l'obtention d'une note minimale. Ayant réalisé les 30 mois de stage requis, rédigé son rapport et effectué sa soutenance, qui sont les seules conditions prévues par les textes, il devrait pouvoir l’obtenir. « Non ! », maintient l’institut, pour qui cette note traduit une insuffisance du niveau de l’étudiant. Pour preuve notamment, la note obtenue pour son rapport de stage, purement descriptif et qui manque d’analyse au fond…
Ce que confirme le juge : l’insuffisance du niveau de l’étudiant, dont la preuve est ici rapportée, justifie le refus de délivrance du certificat de fin de stage !
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« Mes Points Permis » : plus besoin de tenir les comptes !
« Mes Points Permis » remplace « Télépoints » !
Mis en service en 2007, le téléservice appelé « Télépoints » permettait de consulter le nombre de points présents sur son permis de conduire.
Depuis le 23 novembre 2023, ce service a laissé place à un nouvel outil appelé « Mes Points Permis », sur lequel vous pourrez vous créer un compte ou vous connecter via FranceConnect. Vous pourrez ainsi :
- connaître le nombre de points sur votre permis ;
- télécharger un « relevé d’information restreint » qui renseigne sur la validité de votre permis et les catégories de véhicules que vous pouvez conduire.
Ce relevé peut, très concrètement, être demandé par :
- votre assureur automobile ;
- l’opérateur vous mettant en relation avec des passagers si vous exercez une activité de conducteur de voiture de transport avec chauffeur (VTC).
Il peut également être utile pour justifier de vos droits si votre responsabilité civile est engagée dans le cadre d’un accident de la route.
Attention, notez qu’il existe un décalage dans les mises à jour de votre solde de points. Ainsi, si vous pensez avoir commis un excès de vitesse, il faudra quelques jours avant qu’il soit pris en compte… Cela sera vrai également lorsque vous récupérerez vos points !
Pour accéder à ce téléservice, cliquez ici !
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Investissements financiers : un jeu d’enfant ?
L’AMF sensibilise sur la « gamification » de l’investissement
En France, l’Autorité des marchés financiers (AMF) est chargée de réguler le secteur de la finance, de veiller à la bonne application de la réglementation en vigueur, mais également de garantir que les droits des investisseurs sont bien respectés.
Dans cette optique, elle est amenée à surveiller les tendances commerciales émergentes afin de s’assurer qu’elles ne présentent pas de risques pour les personnes souhaitant investir.
Une pratique qui se révèle ainsi de plus en plus présente : celle de la « gamification ». Par là il est entendu le fait d’emprunter certaines mécaniques caractéristiques de la conception des jeux vidéo pour les appliquer à des secteurs à première vue non liés.
Parmi ces pratiques qui peuvent être appliquées à la finance on retrouve, notamment, le fait de proposer des récompenses, des trophées, des classements de performance des investisseurs, etc.
L’AMF a souhaité communiquer sur une étude réalisée par l’université de Strasbourg cherchant à mesurer les conséquences de cette gamification sur les comportements des investisseurs.
Il en ressort que plus les outils d’investissement sont gamifiés, plus les investisseurs auront tendance à souscrire à des produits présentant de plus grands risques.
Il apparait donc primordial pour l’AMF de surveiller cette tendance et de sensibiliser les investisseurs afin qu’ils ne se mettent pas en danger.
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Frais de relogement d’urgence et catastrophe naturelle : changement de calendrier
Frais de relogement d’urgence : un peu d’avance
Pour mémoire, une loi est venue réformer les systèmes d’indemnisation en cas de catastrophes naturelles en 2021. Dans le prolongement, des changements étaient prévus pour le 1er janvier 2024 concernant les frais de relogement d’urgence.
Le Gouvernement a décidé d’avancer cette date au 1er novembre 2023.
Pour rappel, sont concernés :
- les frais directs relatifs à l’hébergement des occupants assurés à hauteur des frais engagés pour le relogement d’urgence des sinistrés assurés, dans la limite du plafond fixé dans le contrat ;
- les frais de relogement d’urgence rendus strictement nécessaires par les travaux de réparation des dommages causés par une catastrophe naturelle ;
- le cas échéant, les frais de relogement quand l’habitation est incessible en raison des effets d’une catastrophe naturelle.
- Décret no 2023-1090 du 25 novembre 2023 modifiant le décret no 2022-1737 du 30 décembre 2022 relatif à l'indemnisation des catastrophes naturelles
- Arrêté du 25 novembre 2023 modifiant la date d'entrée en vigueur des dispositions relatives à la prise en charge des frais de relogement d'urgence et aux franchises applicables aux contrats d'assurance mentionnés à l'article L125-1 du Code des assurances
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Sécheresse : des nouveautés pour les sinistrés
Sécheresse : une meilleure indemnisation des sinistrés
Les glissements de terrains qui interviennent à la suite de la réhydratation des sols à l’issue d’épisodes de sécheresse se sont multipliés ces dernières années.
Ce qui a poussé le Gouvernement à intervenir afin d’améliorer l’indemnisation des sinistrés.
Ainsi, dès le 1er janvier 2024, il est prévu :
- la création d’un nouveau mécanisme de reconnaissance « Cat Nat » pour y ajouter les dommages causés par une succession anormale d’événements de sécheresse d’ampleur significative, qui n’entrent pas dans les critères actuels ;
- l’apport de précisions sur les conditions d’indemnisation des sinistrés ;
- l’obligation, pour les sinistrés, d’utiliser l’indemnité perçue pour mettre en œuvre des travaux de réparation des dommages ;
- un encadrement de l’expertise des assurances.
Certains bâtiments sont exclus de la garantie « Cat Nat » pour les dommages matériels directs non-assurables, à savoir :
- les bâtiments construits sans permis de construire quand cela était exigé ;
- pendant une durée de 10 ans suivant la réception des travaux, les bâtiments dont le permis de construire a été déposé après le 1er janvier 2024, s’il ne peut pas être justifié par le maître d’ouvrage du dépôt du document établi par un contrôleur technique attestant qu'il a tenu compte de ses avis sur le respect des règles de prévention des risques sismiques et cycloniques.
Dernière nouveauté à retenir : l'annexion obligatoire de l'attestation RGA (retrait gonflement des argiles) à la promesse de vente ou à l'acte authentique de vente d'un bien immobilier.
Cette attestation doit rester annexée au titre de propriété du bien et suit les mutations successives de celui-ci.
- Rapport au Président de la République relatif à l'ordonnance n° 2023-78 du 8 février 2023 relative à la prise en charge des conséquences des désordres causés par le phénomène naturel de mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols
- Ordonnance n° 2023-78 du 8 février 2023 relative à la prise en charge des conséquences des désordres causés par le phénomène naturel de mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols
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C’est l’histoire d’un salarié victime d'un accident (du travail ?)...
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C’est l’histoire d’un salarié victime d'un accident (du travail ?)...
Après avoir constaté une panne de connexion internet, un salarié en télétravail sort de chez lui pour en rechercher la cause… et est victime de la chute d’un poteau téléphonique qui lui occasionne plusieurs fractures. Un accident du travail, pour le salarié… Un accident certes, mais pas « du travail », conteste l’employeur…
Sauf qu’il est sorti de chez lui pour comprendre l'origine de la panne, la liaison internet étant essentielle pour son travail, rappelle le salarié : il est donc sorti de son domicile pour les besoins de son activité professionnelle. Sauf qu’en sortant de son domicile pour vérifier cette panne, son « lieu de travail » lorsqu’il est en télétravail, le salarié a interrompu son travail ; il a donc cessé sa mission pour un motif personnel. D’autant qu’à aucun moment il ne lui a demandé de vérifier les causes de la coupure, fait en outre remarquer l’employeur…
Ce que confirme le juge, qui donne raison à l’employeur : il ne s’agit pas ici d’un accident « du travail » !
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Inondations : le recours à l’activité partielle est possible !
Inondations : un dispositif d’activité partielle adapté
Pour mémoire, l’activité partielle permet à l’employeur de réduire l’horaire de travail ou de fermer temporairement l’établissement, ou une partie de l’établissement, s’il rencontre des difficultés ponctuelles.
À la suite des inondations intervenues en octobre et novembre 2023 dans les départements du Pas-de-Calais et du Nord, le dispositif d’activité partielle peut être mobilisé :
- par les employeurs dont les entreprises sont directement sinistrées, sous couvert du motif suivant : « sinistre ou intempéries de caractère exceptionnel ». L’autorisation peut être accordée pour une durée de 6 mois renouvelable, sans limitation de durée ;
- par les employeurs directement affectés par l’arrêt ou la baisse de l’activité d’autres entreprises sinistrées ou par l’impossibilité d’utiliser, pour leur activité, les voies de circulation coupées, sous couvert du motif « tout autre circonstance de caractère exceptionnel ». Dans cette hypothèse, il faudra prouver l’existence d’un lien direct entre l’activité exercée et les perturbations liées aux inondations, et démontrer avoir tout mis en œuvre pour trouver une solution alternative au placement en activité partielle (télétravail, prise de congés payés, etc.) ;
- lorsque la baisse ou l’interruption de l’activité résulte de l’impossibilité, pour les salariés, de se rendre sur leur lieu de travail en raison de l’interruption des voies de circulation. La demande d’activité partielle devra se limiter à la durée de l’interruption des voies de circulation et l’employeur devra démontrer l’impossibilité pour les salariés de se rendre sur le lieu de travail. Il devra également apporter la preuve qu’il a tout mis en œuvre pour trouver une solution alternative au placement en activité partielle (télétravail, prise de congés payés, etc.).
Pour les 2 dernières situations, l’autorisation d’activité partielle peut être accordée pour 3 mois maximum, renouvelable dans la limite de 6 mois, sur une période de référence de 12 mois consécutifs.
Les salariés placés en activité partielle perçoivent pour les heures chômées au titre de l’activité partielle une indemnité à hauteur de 60 % de leur rémunération antérieure brute.
L’employeur, quant à lui, reçoit une allocation d’activité partielle versée par l’État équivalente à 36 % de la rémunération antérieure brute du salarié placé en activité partielle.
Attention, l’employeur dispose d’un délai de 30 jours à compter de la date de placement de ses salariés en activité partielle pour déposer sa demande d’autorisation auprès de l’autorité administrative, au moyen de la plateforme dédiée : https://activitepartielle.emploi.gouv.fr/apart/.
