Warrants agricoles : de nouveaux bordereaux !
Warrants agricoles : le formalisme évolue
Pour mémoire, un exploitant agricole est souvent amené à emprunter des fonds dans le cadre de son activité.
Afin de rassurer son prêteur, il peut être mis en place un warrant agricole : il s’agit d’une garantie accordée par le professionnel emprunteur sur les biens de son exploitation.
Lorsqu’une telle garantie est envisagée, elle doit être inscrite sur un registre spécial tenu par le greffier du tribunal judiciaire ou de commerce.
Le Gouvernement vient d’apporter des précisions concernant les bordereaux utilisés pour inscrire ces warrants au registre concerné.
Les modèles de bordereaux sont ainsi consultables ici.
- Arrêté du 24 janvier 2023 relatif aux bordereaux d'inscriptions initiales, modificatives, de renouvellement et de radiation des warrants agricoles au registre des sûretés mobilières
Outre-mer : importation de produits congelés = concurrence déloyale ?
Outre-mer et produits de dégagement : la problématique des produits congelés
Pour rappel, les produits de dégagement importés en Outre-mer sont principalement des caisses de poulets congelés provenant de France continentale, vendus à moins de 2 € le kilo.
Des produits qui génèreraient une concurrence déloyale avec les viandes locales fraiches vendues plus chères…
Pour endiguer tout phénomène de concurrence déloyale entre les produits de dégagement et les produits locaux, le Gouvernement rappelle que le préfet peut imposer la signature d’un accord entre les acteurs du secteur agroalimentaire, pour que des actions soient menées afin de privilégier les denrées locales.
Toutefois, pour que cet accord puisse voir le jour, il faut que des produits alimentaires identiques ou similaires à ceux produits localement soient vendus à des prix manifestement inférieurs à ceux pratiqués dans l'hexagone.
Or, l’Autorité de la concurrence (ADLC) considère que les produits surgelés ne peuvent pas être considérés comme des produits concurrents des viandes fraîches issues de la production locale.
Par conséquent, le préfet ne peut pas rendre obligatoire la conclusion d’un accord entre les acteurs du secteur agroalimentaire sur ce point.
Au-delà de la problématique des poulets congelés, le Gouvernement rappelle son objectif de tendre progressivement vers l'autonomie alimentaire en Outre-mer.
Pour cela, les préfets sont invités à élaborer avec les collectivités locales et les professionnels du secteur agroalimentaire un plan territorial pour l’autonomie alimentaire.
- Réponse ministérielle Maillot du 7 février 2023, Assemblée nationale, n° 4278 : « Produits de dégagement »
Pêche en Méditerranée : publication des quotas d’effort de pêche pour 2023
Pêche professionnelle en Méditerranée : focus sur les quotas d’effort de pêche
Le Gouvernement vient de publier, pour l’année 2023, la répartition des quotas d’effort de pêche pour certaines activités de pêche professionnelle en Méditerranée (zone FAO 37) par les navires battant pavillon français.
Pour mémoire, le quota d’effort de pêche répond à une définition technique très précise. S’exprimant en jours, en kW-jours, en kW-heures ou en GT-jours, il s’agit :
- de la durée maximale d'activité de pêche ou d'absence du port en vue de capturer une quantité d'un ou de stocks donnés ;
- ou du produit de cette durée par la capacité de pêche, exprimée en unité de puissance (le kilowatt) ou en tonnage (GT ou UMS).
Sont concernées les activités de pêche professionnelle :
- au chalut ;
- à la drague d’étang ;
- à la senne de plage ;
- à la senne tournante coulissante.
- Arrêté du 1er février 2023 portant répartition des quotas d'effort de pêche pour certaines activités de pêche professionnelle en mer Méditerranée par les navires battant pavillon français pour l'année 2023
Registre des bénéficiaires effectifs : toujours accessible à tous ?
Registre des bénéficiaires effectifs : rien ne change (pour l’instant) !
Pour rappel, en 2017, un registre des bénéficiaires effectifs a été mis en place afin de lutter contre le blanchiment des capitaux, la fraude fiscale et le financement du terrorisme.
Concrètement, les sociétés doivent déclarer les personnes identifiées comme « bénéficiaires effectifs », cette déclaration étant, par la suite, annexée au registre du commerce et des sociétés (RCS).
Pour mémoire, un bénéficiaire effectif est une personne physique qui détient, directement ou indirectement, plus de 25 % du capital ou des droits de vote de la société, ou qui exerce par tout autre moyen un pouvoir de contrôle sur la société.
Il se trouve que certaines informations sur les bénéficiaires effectifs des sociétés (nom, mois et année de naissance, pays de résidence, etc.) sont accessibles au grand public. Une situation inadmissible, pour le juge européen.
Restait à savoir quelles allaient être les conséquences pratiques d’une telle décision… Pour l’instant, elles sont nulles : le Gouvernement a, en effet, annoncé qu’il maintenait l’accès du grand public aux données du registre des bénéficiaires effectifs, le temps de prendre la pleine mesure de la décision du juge européen.
- Actualité du ministère de l’Économie du 19 janvier 2023 : « Registre des bénéficiaires effectifs : Maintien de l’accès au grand public »
Crise de la filière vitivinicole : l’État propose des solutions
Des aides ponctuelles et des guichets pour investir à long terme
La filière vitivinicole connaît aujourd’hui des difficultés conjoncturelles, avec notamment l’inflation et la crise ukrainienne, mais aussi structurelles, avec les changements climatiques et la nécessaire adaptation qu’ils impliquent.
L’État met donc en place 2 volets de mesures afin d’aider le secteur sur le court et le moyen terme.
- Focus sur la gestion de crise conjoncturelle
L’État souhaite mettre des moyens à la fois humains et financiers à disposition des professionnels de la vitiviniculture.
Sur le plan financier, dès l’été 2023, ce sont 40 M€ de crédits nationaux auxquels s’ajoutent 40 M€ issus du Fonds européen agricole de garantie (FEAGA) qui seront distribués, selon des critères pour l’instant inconnus.
Une 2de salve d’aides pourra également être organisée à partir d’octobre 2023 (40 M€ de l’État et 40 M€ du FEAGA) sous réserve de l’accord préalable de la Commission Européenne.
Sur le plan des aménagements, le Gouvernement prolonge jusqu'à la fin de l'année 2023 l’accord de place sur les restructurations de prêts garantis par l’État (PGE). Les entreprises peuvent donc demander au Médiateur du crédit, de manière gratuite et confidentielle, un rééchelonnement de leur PGE.
Enfin, une « task force », autrement dit un groupe de travail dédié à une mission, a été mise à la disposition des agriculteurs, afin de les orienter au mieux dans les méandres des dispositifs d’aides.
- Focus sur la gestion de crise structurelle
Un travail de réflexion a été engagé, afin de mettre en place un « plan stratégique d’avenir », sur la base de plusieurs pistes :
- diversification agricole ;
- renouvellement des générations ;
- arrachage sanitaire pour enrayer la flavescence dorée (une maladie touchant la vigne et mettant en danger jusqu’à la survie même d’un vignoble).
Le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) est évoqué pour financer ce plan.
Enfin, l’État a annoncé que seront mis en place 2 guichets d’aide de 20 M€ chacun. Ces guichets ont pour objectif d’aider les agriculteurs à investir dans des équipements de protection contre les aléas climatiques.
Ces équipements doivent venir renforcer le système d’assurance récolte entré en vigueur en 2023 qui permet, sous conditions, d’indemniser tous les agriculteurs, même non-assurés, en cas d’aléas climatiques exceptionnels.
Notez qu’un de ces 2 guichets sera exclusivement réservé aux agriculteurs assurés.
- Communiqué de presse du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire du 6 février 2023 : « Crise de la filière viti-vinicole : l’État s’engage avec la filière pour mettre en place des mesures de gestion conjoncturelles et structurelles »
Tarifs de l’électricité en Outre-mer : quoi de neuf ?
Tarifs de l’électricité : un plafonnement également pour les Outre-mer
Pour mémoire, pour contrer la hausse des prix de l’électricité, un bouclier tarifaire a été mis en place pour les ménages et les TPE/PME.
Le Gouvernement a annoncé étendre ce bouclier tarifaire en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane, à La Réunion, à Mayotte, à Saint-Pierre-et-Miquelon et à Wallis-et-Futuna.
Les entreprises implantées sur ces territoires bénéficient, en effet, d’un tarif réglementé de la vente d’électricité. Concrètement, la hausse de ces tarifs sera donc plafonnée à 15 % TTC pour chaque tarif et chaque territoire.
- Communiqué de presse du ministère de l’Intérieur et des Outre-mer du 1er février 2023 : « Les coûts de l’électricité seront plafonnés à 15 % pour les entreprises ultramarines »
Pacte d’associés : conclu pour 99 ans ?
Pacte d’associés : un engagement long ≠ un engagement perpétuel !
Une SCI familiale est créée en 1969. Des années plus tard, en 2010, un pacte d’associés est conclu entre les différents associés : un père et ses enfants. L’objectif est que la SCI demeure familiale au décès du père.
Mais, peu après, un litige survient entre le père et l’un de ses fils et le père décide de mettre fin unilatéralement au pacte. Ce qu’il ne peut pas faire, réplique son fils…
Pour obtenir gain de cause, le père fait valoir que le pacte d’associés a été conclu pour la durée de vie de la société, à savoir 99 ans à compter de son immatriculation. Sa dissolution est donc prévue pour 2068, si tant est que cette durée ne soit pas ultérieurement renouvelée...
Parce que cette durée est excessive, le père considère que le pacte d’associés ici conclu est un engagement perpétuel, interdit par la loi… Il est donc nul !
« Sauf que 99 ans n’est pas un engagement perpétuel ! », réplique son fils. Son père ne peut donc pas mettre fin unilatéralement au pacte.
Ce que confirme le juge : l’interdiction des engagements perpétuels n’empêche pas de conclure un pacte d'associés pour la durée de vie de la société… quand bien même celle-ci est fixée à 99 ans. Le pacte d’associés est donc ici valable.
- Arrêt de la Cour de cassation, 1re chambre civile, du 25 janvier 2023, n° 19-25478
Loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur (LOPMI) : quoi de neuf ?
LOPMI : le point sur les mesures à connaître
Quelques mesures de la loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur (LOPMI) intéressent spécifiquement les professionnels et les particuliers.
Ainsi, il est prévu que :
- les opérateurs de plateforme Web qui fournissent un service de mise en relation puissent être sanctionnés par une amende de 150 000 € et 5 ans d’emprisonnement lorsqu’ils permettent sciemment des transactions d’objets illicites ;
- le remboursement, par les assureurs, des rançons payées à la suite d’une cyberattaque soit conditionné au dépôt d’une plainte de la victime dans les 72 heures suivant son paiement ;
- le pouvoir de réquisition du procureur général de la République soit étendu, notamment pour lutter contre le travail dissimulé ;
- les outrages sexistes et sexuels soient plus sévèrement sanctionnés, notamment dans les transports (taxis, VTC) ;
- les saisies d’actifs numériques par les officiers de police judiciaire soient autorisées ;
- les atteintes au système de traitement automatisé de données soient plus sévèrement sanctionnées ;
- les plaintes par voie de télécommunication audiovisuelle soient autorisées ;
- le dispositif d’amende forfaitaire délictuelle soit étendu pour limiter le contentieux pénal (vente au déballage, infractions en matière de transport routier, en matière de navigation, etc.), tandis que la procédure de contestation est simplifiée pour les personnes à faibles revenus.
- Loi n° 2023-22 du 24 janvier 2023 d'orientation et de programmation du ministère de l'Intérieur
Espaces naturels et clôtures : de nouvelles mesures à connaître !
Propriétaires de terrain clôturés : du nouveau !
Avec pour objectif d’améliorer la biodiversité, d’éviter la dégradation des paysages et l’entrave à la circulation de la faune, une nouvelle loi a récemment été promulguée.
Elle prévoit ainsi que les clôtures des zones naturelles ou forestières délimitées par un plan local d’urbanisme (PLU) devront permettre la libre circulation des animaux sauvages. Il en va de même pour celles des espaces naturels.
- Quelles sont les clôtures concernées ?
Les clôtures nouvellement posées sont bien évidemment concernées.
Il en va de même des clôtures installées il y a moins de 30 ans : elles devront être mises en conformité avant le 1er janvier 2027.
- Quelles sont les nouvelles conditions ?
Les nouvelles clôtures et celles installées depuis le 2 février 1993 devront être posées ou mises en conformité selon les prescriptions suivantes : elles doivent être posées 30 centimètres au-dessus de la surface du sol, pour une hauteur maximale de 1,20 mètre. Elles ne devront pas non plus blesser ou constituer des pièges pour la faune.
Le propriétaire doit prouver par tous moyens la date de construction de la clôture.
À noter que toute réfection ou rénovation de clôtures construites avant le 2 février 1993 devra se conformer aux nouvelles prescriptions.
Il existe des exceptions à cette nouvelle réglementation. Ainsi, ne seront pas concernés les domaines nationaux, mais aussi les clôtures :
- des parcs d'entraînement, de concours ou d'épreuves de chiens de chasse ;
- des élevages équins ;
- érigées dans un cadre scientifique ;
- revêtant un caractère historique et patrimonial ;
- posées autour des parcelles sur lesquelles est exercée une activité agricole ;
- nécessaires au déclenchement et à la protection des régénérations forestières ;
- posées autour des jardins ouverts au public ;
- nécessaires à la défense nationale, à la sécurité publique ou à tout autre intérêt public.
- Loi n° 2023-54 du 2 février 2023 visant à limiter l'engrillagement des espaces naturels et à protéger la propriété privée
Bouclier tarifaire et aide pour les TPE : de nouvelles précisions
Une nouvelle aide complémentaire pour les TPE
Pour faire face à l’augmentation des prix de l’énergie, une aide supplémentaire a été mise en place pour les entreprises rassemblant les conditions suivantes :
- ce sont des TPE, c’est-à-dire qu’elles emploient moins de 10 personnes et que leur chiffre d’affaires, leurs recettes ou leur total de bilan annuels n’excèdent pas 2 M € ;
- elles sont titulaires d’un contrat de fourniture d’électricité pour l’année 2023 signé entre le 1er janvier 2022 et le 31 décembre 2022 ;
- leur site est raccordé au réseau métropolitain continental.
Cette aide prend la forme d’une réduction de facture. Les entreprises n’ont pas de démarche à faire : ce sont les fournisseurs d’énergie qui doivent faire la demande d’aide auprès de l’Agence de services et de paiement (ASP).
Concrètement, le fournisseur doit avancer la somme à son client sous forme de réduction du prix et obtient, dans un 2nd temps, un remboursement par l’ASP.
La seule hypothèse où l’entrepreneur devra faire lui-même les démarches est celle où le fournisseur d’électricité serait en cessation d’activité, de paiement ou en procédure collective, à moins d’être lui-même dans une de ces 3 situations.
Dans ce cas, il ne pourra tout simplement pas bénéficier de ce dispositif.
Cette aide couvre la période du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2023.
Les modalités de calcul de cette aide changent en fonction des autres aides déjà touchées par l’entreprise, à savoir :
- le bouclier tarifaire pour les TPE ayant un compteur électrique d’une puissance inférieure ou égale à 36 kilovoltampères (kVA) ;
- l’amortisseur électricité pour les autres TPE.
Retenez que, si vous devez déposer vous-même votre demande à l’ASP, vous avez jusqu’au 1er mars 2024 pour le faire. Ce dernier devra comprendre :
- les références de votre contrat ;
- les dates de début et de fin du contrat ;
- le prix moyen de la part variable hors taxe et hors TURPE de l'électricité (en c€/kWh) après application du bouclier tarifaire, ou le prix moyen de la part variable hors taxe et hors TURPE de l'électricité (en c€/kWh) figurant dans le contrat de fourniture d'électricité avant application de l’amortisseur ;
- les données d'identification (disponibles ici) ;
- l’identité du fournisseur ;
- le montant de l'aide évaluée dans les conditions prévues ici.
Attention, l’ASP pourra procéder à un contrôle et, le cas échéant, au recouvrement des sommes versées à tort (majorées de 10 %, notamment en cas de fraude).
Une extension du bouclier tarifaire pour l’habitat collectif
Pour rappel, l’habitat collectif est éligible au bouclier tarifaire. Ce sont les fournisseurs d'électricité, les exploitants d'installations de chauffage collectif et les gestionnaires de réseaux de chaleur urbains qui se chargent des formalités. Quelques élargissements ont été prévus.
- Élargissement des délais
Les délais de dépôt de dossiers ont été allongés d’un mois :
- pour la période du 1er janvier 2023 au 30 juin 2023, les fournisseurs ont jusqu’au 1er octobre 2023 ;
- pour la période du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2023, les fournisseurs ont jusqu’au 1er avril 2024.
Le délai accordé aux bénéficiaires de cette aide pour se faire connaître auprès de leur fournisseur est étendu au 20 mars 2023, pour la période courant du 1er juillet 2022 au 31 décembre 2022. Ce nouveau délai concerne à la fois le dispositif d’aide pour l’électricité et celui pour le gaz.
- Élargissement des bénéficiaires
Le bénéfice du bouclier tarifaire est étendu :
- à l’ensemble des places d’hébergement, ce qui inclut les places dites « en dehors de structures collectives », pour l’électricité et le gaz ;
- aux infrastructures de recharge électrique, afin de réduire la facture des utilisateurs de ce type de véhicules.
Notez que le modèle d’attestation à fournir à l’ASP par les fournisseurs d’énergie a été modifié. Le nouveau modèle est disponible ici.
- Décret n° 2023-62 du 3 février 2023 relatif à l'aide en faveur des TPE éligibles au bouclier et à l'amortisseur ayant signé un contrat en 2022 et modifiant les décrets n° 2022-1764 du 30 décembre 2022 relatif à l'aide en faveur de l'habitat collectif résidentiel face à l'augmentation du prix de l'électricité au second semestre 2022, n° 2022-1763 du 30 décembre 2022 relatif à l'aide en faveur de l'habitat collectif résidentiel face à l'augmentation du prix de l'électricité pour 2023 et n° 2022-1762 du 30 décembre 2022 relatif à l'aide en faveur de l'habitat collectif résidentiel face à l'augmentation du prix du gaz naturel en 2023
