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Organiser les premiers secours

Date de mise à jour : 21/01/2022 Date de vérification le : 21/01/2022 5 minutes
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Un accident vient de se produire et un de vos salariés s’est blessé. Fort heureusement, il s’agit d’une blessure bénigne, mais cet épisode vous amène à réfléchir sur l’organisation à mettre en place en cas d’accident : avez-vous des obligations dans ce domaine ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Organiser les premiers secours


Vous devez prendre les mesures nécessaires pour organiser les secours

Mettez en place un plan d’organisation des secours. La majorité des entreprises ne dispose pas, en interne, de services médicaux ou d’une présence permanente de professionnels de santé. Cela ne vous dédouane toutefois pas de votre obligation d’assurer les premiers secours, en cas de survenance d’un accident ou d’un sinistre dans votre entreprise, en lien avec les services de secours d’urgence extérieurs à l’entreprise. Vous devez, à cet effet, mettre en place un plan d’organisation des secours, après avis des services de la médecine du travail. Toutes les mesures que vous serez amenées à prendre et observer doivent être consignées dans un registre, tenu à la disposition de l’inspection du travail.

Concrètement. Numéros des secours d’urgence à contacter (le 15, le 18 ou le 112), noms et fonctions des sauveteurs secouristes du travail, coordonnées de la médecine du travail, localisation des trousses de premiers secours, modalités de transport et d’évacuation des blessés, signalisation des issues de secours…. sont autant de consignes à faire figurer dans ce registre, registre qui doit être facilement accessibles et signalé de manière apparente. N’oubliez pas, non plus, que les numéros d’appel des secours et de la médecine du travail doivent être obligatoirement affichés sur les lieux de travail.

Le saviez-vous ?

La présence de personnel infirmier est obligatoire dans :

  • les établissements autres qu’industriels employant au moins 500 personnes ;
  • les établissements industriels employant au moins 200 personnes.


Dans ces établissements, un local doit être spécialement affecté aux soins et muni des équipements et du matériel nécessaires aux premiers secours.

Equipez-vous du matériel nécessaire. C’est une obligation pour vous : les lieux de travail doivent être équipés d’un matériel de premiers secours adaptés à la nature des risques. Ce matériel doit être localisé au moyen d’une signalisation adaptée et être, bien entendu, facilement accessible. Parmi ce matériel de premiers secours figurent notamment, et au minimum, la trousse de secours ou l’armoire à pharmacie, les extincteurs, etc.

Attention. C’est à proximité de ce matériel que doit être installé un dispositif d’appel (vers l’infirmière ou vers l’extérieur).


Vous devez former vos salariés sur la conduite à tenir en cas d’accident

Une obligation pour vous ! Vos salariés doivent bénéficier d’une formation à la sécurité dans l’entreprise, cette formation incluant notamment la conduite à tenir en cas d’accident ou de sinistre : qui appeler, quelles sont les consignes de sécurité dans l’entreprise, où localiser les matériels de premier secours… ? Au-delà de cette formation et information obligatoire, il peut être utile de désigner, dans l’entreprise, une personne qui aura la charge d’appeler les secours en cas de survenance d’un accident ou d’un sinistre dans l’entreprise (son nom devra être porté à la connaissance des salariés et mentionner sur le plan d’organisation des secours).

A noter. La formation à la sécurité sur les dispositions à prendre en cas d'accident ou de sinistre doit être dispensée dans le mois qui suit l'affectation du salarié à son emploi.

Faut-il former des sauveteurs secouristes du travail ? C’est une obligation dans 2 hypothèses. Ainsi un salarié doit recevoir une formation de secouriste pour donner les premiers secours d’urgence :

  • dans chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux;
  • dans chaque chantier employant au moins 20 salariés pendant plus de 15 jours où sont réalisés des travaux dangereux.

Mais...Au-delà de ces hypothèses, former un salarié pour qu’il devienne sauveteur secouriste du travail peut s’avérer utile pour l’entreprise : il aura notamment pour mission d’organiser l’alerte des secours, de procéder aux premiers examens de la victime.

Une sensibilisation aux gestes qui sauvent… Désormais, vous devrez également procéder à la sensibilisation de vos salariés à la lutte contre l'arrêt cardiaque et aux gestes qui sauvent avant qu’ils partent à la retraite. Toutefois, un Décret est attendu pour préciser les contours de cette nouvelle obligation.

A noter. La sensibilisation à la prévention des risques et aux missions des services de secours ainsi qu'un apprentissage des gestes de premiers secours seront désormais dispensés dans le cadre de la scolarité obligatoire.

A retenir

Mettez en place un plan d’organisation des secours et consignez les mesures adoptées dans un registre spécial, qui doit pouvoir être accessible facilement. Formez vos salariés à la sécurité dans l’entreprise, et spécialement sur la conduite à tenir en cas d’accident.

Tous les lieux de travail doivent être équipés d’un matériel de premiers secours (ex. : une trousse de secours), là encore facilement accessible.


J'ai entendu dire

Quels sont les éléments qui doivent obligatoirement figurer dans une trousse de secours ou une armoire à pharmacie ?

Il n’existe pas de liste règlementaire détaillant les matériels et produits devant figurer dans une trousse de secours ou une armoire à pharmacie. Il est simplement prévu que son contenu doit être adapté à la nature des risques. Pour plus de sécurité, contactez la médecine du travail pour valider le contenu de la trousse de secours. En tout état de cause, d’une manière plus générale, la médecine du travail doit être consultée pour donner son avis sur l’organisation des secours dans l’entreprise.

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Sécurité au travail : assurer la formation de vos salariés

Date de mise à jour : 15/03/2024 Date de vérification le : 15/03/2024 9 minutes
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En matière d’hygiène et de sécurité au travail, vous avez l’obligation de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé de vos salariés. Une des mesures concrètes utiles pour remplir cet objectif repose sur la formation de vos salariés. Faisons un petit tour d’horizon sur cette question…

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Sécurité au travail : assurer la formation de vos salariés

Qui peut, qui doit être formé ?

Vous devez former vos salariés à la sécurité. Vous devez vous assurer que vos collaborateurs bénéficient d’une formation pratique et appropriée en vue de faire face aux risques auxquels ils sont potentiellement exposés dans le cadre de leur travail. Et il est conseillé de se ménager des preuves écrites de la réalité de ces formations car, n’oubliez pas que vous avez une obligation de résultat en matière de sécurité : vous devez prouver que vous avez pris les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et la santé de vos salariés.

Une question de responsabilité. Imaginons qu’un de vos salariés ait un accident au travail : votre faute inexcusable pourrait être invoquée si, l’accident ayant une origine professionnelle, le salarié peut démontrer que vous aviez et auriez dû avoir conscience du risque et que vous n’avez pas pris les mesures nécessaires pour prévenir ce danger. En outre, vous pourriez être poursuivi pénalement pour violences involontaires et infractions à la règlementation sur la sécurité des travailleurs.

Les objectifs de ces formations. Grâce à ces formations, vos salariés bénéficieront d’outils pour identifier les risques et dangers auxquels ils peuvent être confrontés, se protéger contre ces risques et apprendre à anticiper et gérer les éventuels accidents ou sinistres. Il doit s’agir de formations pratiques et adaptées aux risques spécifiques de l’entreprise, qui porteront sur :

  • les conditions de circulation dans l’entreprise : consignes sur les règles de circulation des véhicules et engins sur les lieux de travail, les chemins d’accès aux lieux de travail, les issues et dégagements de secours, les modalités d’évacuation, etc.,
  • les conditions d’exécution du travail : enseignements relatifs aux comportements et gestes les plus sûrs, au fonctionnement des dispositifs de protection, aux utilisations des machines et équipements de l’entreprise, à la manipulation des produits dangereux, à la conduite des engins de toute nature, etc.,
  • la conduite à tenir en cas d’accident ou de sinistre (la formation à la sécurité sur les dispositions à prendre en cas d'accident ou de sinistre doit être dispensée dans le mois qui suit l'affectation du salarié à son emploi) : lui fournir les informations nécessaires pour appeler les secours et les personnes référents dans l’entreprise, pour localiser les trousses de secours, les extincteurs et autres matériels et équipements de secours, etc.

Formation à l’identification du risque de harcèlement. Les mesures de prévention du harcèlement, parmi lesquelles l’information et la formation des salariés, permettent à ces derniers de mieux identifier des faits qui pourraient déboucher sur un harcèlement. C’est pourquoi, il ne suffit pas à l’employeur de mettre en place une procédure d’alerte et de prendre des mesures immédiates pour remédier à un harcèlement.

Le stress au travail n’est pas une fatalité. Il est possible que vous soyez alerté d’une situation de stress à laquelle vos salariés sont spécifiquement soumis. Dans ce cas, dans le cadre de votre obligation de sécurité de résultat, vous pouvez notamment mettre en place un dispositif adapté et spécifiquement centré sur le stress et le mal-être au travail. Il peut s’agir d’une formation axée sur le stress ou une information sur le mal-être au travail par exemple.

Les bénéficiaires de ces formations. Le risque 0 n’existant pas, il est important que chaque salarié de l’entreprise soit sensibilisé à la question de la sécurité de son poste de travail et bénéficie, dans cet objectif, d’une formation appropriée à chaque fois que cela s’avère nécessaire. En tout état de cause, une formation à la sécurité doit être nécessairement assurée :

  • aux nouveaux embauchés,
  • aux salariés qui changent de poste de travail ou de technique de travail,
  • aux stagiaires, aux salariés temporaires et ceux embauchés en CDD, et spécialement à ceux qui sont affectés à des postes de travail présentant des risques particuliers, tant pour leur santé que pour leur sécurité, qui doivent, à ce titre, bénéficier d’une formation renforcée à la sécurité : vous devez, à cet égard, établir la liste des postes présentant « des risques particuliers pour la santé et la sécurité », après avis du médecin du travail et du CSE ; et si aucun poste de travail ne présente de risques particuliers, un état néant sera établi.

Attention. Votre faute inexcusable est présumée établie pour les salariés en CDD ou en intérim, victimes d’un accident du travail, alors qu’ils sont affectés à des postes de travail présentant des risques particuliers pour leur santé s’ils n’ont pas bénéficié d’un accueil ou d’une information adaptés dans l’entreprise. Dans l’hypothèse où un salarié intérimaire qui n’aurait pas bénéficié d’une formation renforcée à la sécurité, dispensée par l’entreprise utilisatrice, et serait victime d’un accident du travail, il pourrait faire reconnaître la faute inexcusable de son employeur (l’entreprise d’intérim). Cette dernière pourrait obtenir la prise en charge du coût de la faute inexcusable auprès de l’entreprise utilisatrice défaillante.

Le saviez-vous ?

A la demande du médecin de travail, une formation doit être assurée aux salariés qui reprennent leur activité après un arrêt de travail d’au moins 21 jours.

Attention. En cas d’infraction à l’obligation de formation à la sécurité, vous encourez une amende de 3 750 €, étant précisé que cette amende est appliquée autant de fois qu'il y a de salariés de l'entreprise concernés indépendamment du nombre d'infractions relevées.


Formation des salariés : modalités pratiques

Organisez ces formations. L’organisation des formations à la sécurité vous incombe (elles doivent se dérouler pendant l’horaire normal de travail), mais vous devez y associer les représentants du personnel et notamment, le cas échéant, le CSE (ou la CSSCT) qui participe à la préparation des formations. Associez également les services de la médecine du travail dans l’élaboration des contenus des formations.

Mettez en bonne place la question sécuritaire dans le processus d’intégration. Dans le cadre des nouvelles embauches, formalisez une intégration du nouveau salarié dans l’entreprise en lui remettant un livret d’accueil, dans lequel vous pourrez insérer des modules informant des risques liés à l’activité de l’entreprise et les mesures prises en interne pour prévenir les dangers.

Le saviez-vous ?

Vous devez élaborer le document unique d’évaluation des risques dans l’entreprise et permettre à l’ensemble des salariés d’en prendre connaissance. Vous devez également informer vos salariés sur les dispositions contenues dans le règlement intérieur.

Financez les formations. Le principe veut que le financement des formations à la sécurité dans l’entreprise soit à la charge de l’employeur. Contactez votre Caisse d'Assurance Retraite et de la Santé au Travail (CARSAT) qui pourra vous aider à organiser et à rechercher des financements pour la mise en place de vos formations ; prenez également l’attache de votre organisme paritaire collecteur agréé, de l’agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail, de l’inspection du travail, etc., autant d’organismes qui pourront vous apporter aide et assistance dans cette démarche de formation à la sécurité.


Formation des salariés : le passeport de prévention

Un nouvel outil… À compter de 2025, chaque salarié devra disposer d’un passeport de prévention produisant ses effets et répertoriant l’ensemble des attestations, certificats et diplômes qu’il a obtenu dans le cadre de formations relatives à la santé et à la sécurité au travail. 

À noter. Ce passeport pourra être complété, soit :

  • par l’employeur, dans le cadre des formations dispensées par l’entreprise ;
  • par les organismes de formations, à l’occasion des formations qu’ils dispensent ;
  • par le salarié lui-même, lorsqu’il suit des formations de sa propre initiative.

Consultation. L’employeur peut être autorisé par le salarié, sous conditions, à consulter l’ensemble des données contenues dans le passeport de prévention, pour les besoins du suivi de ses obligations en matière de formation à la santé et à la sécurité.

Le saviez-vous ?

Dans la situation où le salarié (ou le demandeur d'emploi) dispose d'un passeport d'orientation, de formation et de compétences, le passeport de prévention y sera intégré.

Quelle mise en œuvre ? Les modalités de mise en œuvre du passeport de prévention, ainsi que de sa mise à disposition de l’employeur, seront déterminées par le Comité national de prévention et de santé au travail (CNPST), une instance paritaire nouvellement créée par la loi santé au travail. Toutefois, si le Comité ne se prononce pas à ce sujet dans les 6 mois suivant sa création, les modalités de mises en œuvre du passeport de prévention seront alors déterminées par décret.

À retenir

Ne considérez pas que la formation des salariés à la sécurité consiste en une simple formation et prise en main du poste de travail. Il s’agira de former vos salariés, et notamment ceux nouvellement embauchés, sur les conditions de circulation dans l’entreprise, les conditions d’exécution du travail, la conduite à tenir en cas d’accident.

Associez la médecine du travail dans l’organisation des formations liées à la sécurité dans l’entreprise et consultez, le cas échéant, les représentants du personnel sur le programme de formation envisagé.

 

J'ai entendu dire

Un salarié peut-il refuser d’assister à une formation liée à la sécurité dans l’entreprise ?

En pratique, non : un salarié qui refuse une telle formation peut être sanctionné pour faute, dans la mesure où son refus de se former peut avoir des conséquences sur la sécurité et faire courir un risque dans l’entreprise. Il ne faut pas oublier, à cet égard, que si vous êtes tenu à une obligation de sécurité dans l’entreprise, le salarié est également tenu par cette obligation, pour assurer tant sa propre sécurité que celle des autres.
 
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Hygiène et sécurité : quelles sont vos obligations ?

Date de mise à jour : 17/04/2023 Date de vérification le : 09/02/2024 29 minutes
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En matière d’hygiène et de sécurité, vous devez savoir que tout employeur est tenu à une obligation qui impose de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé de ses salariés. Quelle est l’étendue de votre obligation en matière de sécurité et d’hygiène dans l’entreprise ? Voici un panorama rapide des éléments essentiels à connaître…

Rédigé par l'équipe WebLex.
Hygiène et sécurité : quelles sont vos obligations ?


Les principes généraux à connaître en matière de prévention

Une obligation pour vous ! C’est un principe qu’il est impératif, non seulement de connaître, mais aussi et surtout de mettre en œuvre : tout employeur doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité, protéger la santé mentale et physique des salariés et prévenir la pénibilité du travail.

Une obligation de résultat ? Par principe, assurer la sécurité et protéger la santé des salariés est, pour vous, une obligation de résultat. Mais les juges ont admis que vous pouviez vous exonérer de cette obligation s’il est clairement établi que vous avez pris toutes les mesures nécessaires et requises pour éviter à vos salariés un risque identifié et évalué par vos soins. Ce qui semble confirmer que cette obligation est en passe de devenir une obligation de moyens (à tout le moins renforcée).

Sinon... Si un accident ou une maladie professionnelle survient en raison d’un manquement de votre part, votre responsabilité sera engagée, source de dommages-intérêts : un tel manquement sera même qualifié de faute inexcusable, dès lors que vous aviez ou auriez dû avoir conscience du danger auquel est exposé un salarié sans avoir pris les mesures de précaution nécessaires. En outre, la faute du salarié contribuant à son propre dommage n’exclut pas votre responsabilité.

Reconnaissance du caractère « inexcusable ». Pour qu’une faute inexcusable de votre part soit effectivement caractérisée, l’accident ou la maladie doit avoir une cause professionnelle, le salarié doit prouver que vous aviez ou auriez dû avoir conscience du danger et l’absence de mesures de prévention. Sachez que votre faute inexcusable sera présumée de plein droit lorsque vous n’avez pas formé à la sécurité les salariés en CDD, en intérim et les stagiaires affectés à des postes présentant des risques particuliers (formation à la sécurité renforcée).

Cas du particulier employeur. Le juge reconnait que le particulier employeur est également tenu à une obligation légale de sécurité et de protection de la santé envers son employé de maison. Tout manquement à cette obligation a le caractère d’une faute inexcusable lorsqu’il avait ou aurait dû avoir conscience du danger auquel était soumis son employé et qu’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour l’en préserver.

Le saviez-vous ?

Les salariés qui ont été exposés à l’amiante peuvent agir contre leur employeur en réparation de leur préjudice d’anxiété, peu importe que leur exposition soit fonctionnelle ou environnementale. Ce préjudice peut se déduire de l’inscription de l’entreprise sur la liste des établissements ouvrant droit à la préretraite amiante.

Quelle est l’étendue de votre obligation ? Vous devez :

  • éviter les risques ;
  • évaluer les risques qui ne peuvent être évités ;
  • se renseigner sur les dangers encourus par le salarié, peu important le fait que le risque lui ait été, ou non, signalé ;
  • combattre les risques à la source ;
  • adapter les conditions de travail, en particulier en ce qui concerne la conception des postes de travail, le choix des équipements de travail, les méthodes de travail et de production (en vue notamment de limiter le travail monotone et le travail cadencé et de réduire leurs effets sur la santé des salariés), etc. ;
  • tenir compte de l’état de l’évolution de la technique ;
  • remplacer ce qui est dangereux par ce qui n’est pas ou moins dangereux ;
  • planifier la prévention des risques ;
  • prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protection individuelle ;
  • donner les instructions appropriées aux salariés ;
  • prendre les mesures nécessaires en cas d’alerte donnée par un salarié et/ou un représentant du personnel au CSE à propos de l’utilisation de produits ou de procédés de fabrication mis en œuvre dans l’entreprise qui feraient peser un risque grave sur la santé publique ou l’environnement.

A noter. Vous devez adopter une signalétique, dans l’entreprise, indiquant sur les lieux de travail les différents dangers, zones à risque, interdictions, etc. Notez que, pour information, depuis le 1er janvier 2014, les nouveaux panneaux de signalisation qui sont installés sur les lieux de travail doivent respecter la norme NF EN ISO 7010, version avril 2013 (les panneaux déjà installés respectant la norme NF X 08-003 demeures conformes).

Quelles mesures devez-vous prendre ? Vous devez donc mettre en œuvre des actions de prévention des risques professionnels, des actions d’information et de formation (formez vos salariés à la sécurité) et adapter les moyens et l’organisation du travail en vue de remplir cet objectif de sécurisation des conditions de travail, tout en tenant compte des changements susceptibles d’intervenir (nouveaux produits, nouveaux rythmes de travail, nouvelle ergonomie de poste de travail, etc.).

Poly-expositions. A compter du 31 mars 2022, les règles de prévention des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs exposés à des risques chimiques devront tenir compte des situations de poly-expositions, c’est-à-dire d’exposition à plusieurs risques.

Exonération de responsabilité. L’employeur ne peut s’exonérer de sa responsabilité au titre de son obligation de sécurité, que s’il justifie avoir pris toutes les mesures nécessaires précitées, pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.

Le saviez-vous ?

Dans le cadre de la réforme des retraites de 2014, n’oubliez pas qu’une obligation s’impose à vous qui consiste à comptabiliser, consigner et déclarer les facteurs de pénibilité auxquels sont exposés vos salariés, au-delà de certains seuils, dans le cadre du compte personnel de prévention de la pénibilité.

=> Consultez notre fiche « Le compte professionnel de prévention : mode d’emploi »

Le cas des violences… Des violences physiques commises sur un salarié sur le lieu de travail engagent la responsabilité de l’employeur pour manquement à son obligation de sécurité de résultat en matière de protection de la santé et de la sécurité des travailleurs. Et ce, même s’il a pris, a posteriori, des mesures en vue de faire cesser ces agissements. Notez que cette même solution s’applique en matière de harcèlement : il vaut toujours mieux prévenir que guérir !

Exemple.Dans une affaire, un salarié reprochait à son employeur un manquement à son obligation de sécurité, justifiant selon lui, la résiliation de son contrat de travail : il avait fait l’objet d’un harcèlement par un collègue qui lui avait adressé plusieurs mails à caractère raciste. Cependant, l’employeur a réagi rapidement et efficacement pour faire cesser cette situation en sanctionnant l’auteur des messages et en lui demandant de présenter ses excuses à sa victime. Après l’intervention de l’employeur, l’auteur n’a d’ailleurs pas réitéré ces actes. De ce fait, le juge a considéré que les faits ne présentent pas une gravité telle que la poursuite du contrat est devenue impossible.

En cas de jeûne d’un salarié. Sachez que votre obligation de sécurité persiste en cas de jeûne d’un salarié. De ce fait, n’hésitez pas à adapter les conditions de travail des salariés lorsque cela est possible (aménagement du temps de travail des salariés concernés, par exemple). Et si votre entreprise est pourvue d’un CSE, celui-ci pourra être un allié dans vos démarches de prévention. Dans tous les cas, le service de santé au travail pourra vous aider à explorer des pistes pour assurer la prévention des risques d’accidents.

Le saviez-vous ?

Les services de santé au travail deviennent, à compter du 31 mars 2022, les services de prévention et de santé au travail. Ce changement de dénomination s’accompagne notamment d’un élargissement des missions qui leur sont confiées.


Quelques exemples de bonnes pratiques

Evaluez les risques dans votre entreprise. Faites un travail d’analyse des modalités d’exposition de vos équipes à des dangers et risques potentiels (au niveau du poste de travail, de l’utilisation de matériel spécifique, de l’utilisation de produits dangereux, des contraintes de travail…). Faites cette évaluation régulièrement (au moins 1 fois par an).

Elaborez votre document unique. Un outil efficace d’analyse peut être mis à votre disposition : il s’agit du document unique dont l’élaboration est obligatoire dans toutes les entreprises : grâce à ce document, vous serez en mesure d’avoir une analyse des risques existants dans l’entreprise et vous pourrez mettre en place un plan d’action en vue de la mise en œuvre et du suivi des actions de prévention que vous aurez instaurées.

Associez vos salariés à la prévention des risques. La prévention des risques dans l’entreprise, si elle repose principalement sur vous, est aussi l’affaire de tous, et notamment des salariés qui ont aussi des obligations en la matière.

Sachez vous entourer. Consultez la médecine du travail pour obtenir des informations et des conseils en matière de prévention des risques. Désignez un responsable sécurité dans l’entreprise ou, à défaut de salariés compétents dans ce domaine, faites appel, auprès des représentants du personnel, à des intervenants en prévention des risques professionnels appartenant au service de santé au travail interentreprises auquel vous adhérez ou dûment enregistrés auprès de l'autorité administrative disposant de compétences dans le domaine de la prévention des risques professionnels et de l'amélioration des conditions de travail : ce responsable ou, le cas échéant, l’intervenant extérieur aura pour mission d’élaborer des avertissements et des consignes de sécurité, de sensibiliser aux bonnes pratiques, de proposer des améliorations, etc. Appuyez-vous, le cas échéant, sur le CSE si l’entreprise en est dotée.

Faites un point sur vos polices d’assurance. Le risque 0 n’existe pas : vous n’êtes donc pas à l’abri d’un accident dans votre entreprise. Vérifiez le contenu de votre contrat d’assurance pour valider les conditions et les modalités de prise en charge, de même que vos possibilités de couverture en cas de reconnaissance d’une faute inexcusable de votre part.

Des aides à connaître. De nombreuses aides peuvent profiter aux entreprises dans leurs démarches d’amélioration des conditions de travail.

INRS. L’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) publie, sur son site www.inrs.fr un certain nombre de documents dédiés aux PME en vue de les aider dans cette démarche de prévention des risques professionnels. Des informations sont également disponibles auprès de la Caisse nationale de la sécurité sociale dédiée aux risques professionnels (www.risquesprofessionnels.ameli.fr) ou de l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (www.anact.fr).

FACT. Un dispositif piloté par l’ANACT profite aux entreprises de moins de 300 salariés : il s’agit de l’aide du Fonds d’Amélioration pour les Conditions de Travail (FACT) qui vise à subventionner des projets d’expérimentation relatifs à l’amélioration des conditions de travail dans l’entreprise, en collaboration avec les représentants du personnel ou, à défaut, les salariés. Cette aide financière ne pourra porter que sur les coûts liés à l’animation et au temps consacré à la conduite du projet, à la capitalisation de l’expérience et au transfert de l’action innovante (elle ne peut pas porter sur des dépenses liées à des investissements).

CARSAT. Une aide peut également vous être apportée via la Caisse d’Assurance Retraite et de la Santé au Travail (Carsat), ou la Cramif en Ile-de-France, dans le cadre d’un contrat de prévention signé entre votre entreprise et la caisse de retraite, ou dans le cadre d’un financement d’actions.

Les aides financières. L'assurance maladie (via la Carsat ou la Cramif) vous permet de réserver des aides financières pour lutter contre les troubles musculo-squelettiques : une aide de diagnostic (TMS Pro Diagnostic) et une aide pour l’achat d’équipements permettant de lutter contre ces maux responsables d’un grand nombre de maladies professionnelles (TMS Pros Action). Sachez qu’elles sont chacune plafonnées à 25 000 €. Ces aides sont toutefois réservées aux entreprises de moins de 50 salariés.

     =>  Consultez notre annexe pour découvrir les différentes aides financières proposées aux entreprises de moins de 50 salariés

Concrètement. TMS Pro Diagnostic est une aide qui permet d’identifier et de maîtriser les risques de TMS en finançant jusqu’à 70 % d’une formation d’un salarié de l’entreprise qui sera capable d’animer et de mettre en œuvre un projet de prévention des TMS dans l’entreprise ou d’une prestation ergonomique pour la réalisation d’un diagnostic de prévention des TMS, incluant l’étude des situations de travail concernées et le plan d’actions. TMS Pros Action est une aide qui permet de financer jusqu’à 50 % d’achat d’équipements visant à réduire les contraintes physiques, notamment lors de manutentions manuelles de charges, d’efforts répétitifs ou de postures contraignantes. Ces équipements devront être inscrits dans un plan d’action pour être pris en charge.

Médecine du travail. La médecine du travail peut aussi vous apporter une aide en vue de l’adaptation des postes de travail le cas échéant.

Prenez des mesures appropriées. A titre d’exemple, un syndicat des copropriétaires, représenté par le syndic, a pu valablement agir contre un couple de copropriétaires indélicats qui faisaient subir à la gardienne d’immeuble des faits de harcèlement. Cette action s’inscrit dans le cadre des mesures destinées à faire cesser les agissements de harcèlement.

A noter. L’employeur qui n’a pas pris de mesure concrète pour éviter le renouvellement d’altercation entre 2 salariés aux caractères très différents (voire incompatibles) manque à son obligation de sécurité. L’employeur pensait, dans cette affaire précise, qu’une réunion le lendemain entre les 2 protagonistes, au cours de laquelle l’un présentait à l’autre ses excuses, ainsi que des réunions périodiques destinées à faciliter l’échange entre les services étaient des mesures suffisantes. Tel n’a pas été l’avis du juge qui l’a condamné à indemniser le salarié victime de ces altercations.

Soyez prompt à réagir. Dès lors que vous êtes informé de l’existence d’un danger, prenez immédiatement les mesures adaptées. C’est ce qui a permis à un employeur d’être mis hors de cause par le juge : au cours d’un contrôle technique, le véhicule de service d’un salarié a été immobilisé en raison de graves anomalies. L’employeur a immédiatement procédé aux réparations, ce qui a permis de faire passer la contre-visite (avec succès) 2 jours plus tard. Le salarié concerné n’a donc pas obtenu les indemnités qu’il réclamait à son employeur.


Pensez à former et informer vos salariés

Formez vos salariés. Chaque salarié doit pouvoir être formé en vue d’appréhender les risques auxquels il est susceptible d’être exposé dans le cadre de son activité, afin d’être instruit sur les précautions à prendre pour assurer leur propre sécurité et celles des autres personnes de l'entreprise. C’est ainsi que vous devez organiser une formation pratique et appropriée à la sécurité au bénéfice des salariés que vous embauchez (intégrez cette formation dans le parcours d’intégration dans l’entreprise), des salariés qui changent de poste de travail ou de technique, des salariés temporaires, etc. Ne négligez pas la formation de vos salariés à la sécurité, spécialement lorsqu’ils sont affectés à des postes à risques. Par ailleurs, en fonction des risques constatés, des actions particulières de formation à la sécurité devront être conduites. Ne négligez pas non plus la formation continue, en fonction de l’évolution des postes de travail, des technologies, etc.

Le stress au travail n’est pas une fatalité. Il est possible que vous soyez alerté d’une situation de stress à laquelle vos salariés sont spécifiquement soumis. Dans ce cas, dans le cadre de votre obligation de sécurité de résultat, vous pouvez notamment mettre en place un dispositif adapté et spécifiquement centré sur le stress et le mal-être au travail. Il peut s’agir d’une formation axée sur le stress ou une information sur le mal-être au travail par exemple.

Informez vos salariés. N’oubliez pas, non plus, que vous êtes astreint, notamment par voie d’affichage, à une obligation d’information de vos salariés, spécialement en matière de sécurité et de santé au travail. Vous devez organiser et dispenser une information auprès de vos salariés sur les risques encourus pour leur santé dans le cadre de leur activité et leur poste de travail ainsi que sur les mesures que vous avez prises pour y remédier. Vous êtes également tenu de les informer sir les risques que peuvent faire peser sur la santé publique et l’environnement les produits utilisés et les procédés de fabrication mis en œuvre dans l’entreprise. Vous devez adopter des consignes de sécurité que vous devez porter à la connaissance de vos équipes pour les sensibiliser à la problématique sécuritaire dans l’entreprise.

Soyez réactifs ! Dès lors que vous avez connaissance d’une pratique pouvant mettre en péril la sécurité des travailleurs, pensez à rappeler vos directives, ne restez pas passif !

A retenir

Vous devez prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité, protéger la santé mentale et physique des salariés, prévenir la pénibilité du travail (actions de prévention, de formation, etc.).

Un salarié victime d’un accident ou d’une maladie professionnelle pourra rechercher votre responsabilité pour faute inexcusable s’il prouve que vous aviez ou auriez dû avoir conscience du risque encouru et que vous n’avez pas pris les mesures nécessaires pour prévenir le danger.

 

J'ai entendu dire

Un salarié est mis à disposition d’une autre entreprise : l’employeur est-il tenu dans ce cas à une obligation de sécurité vis-à-vis du salarié travaillant pour l’autre entreprise ?

Dans une pareille situation, il ressort de la jurisprudence que la société doit, au titre de son obligation de résultat, se renseigner auprès de la société chez laquelle est affecté le salarié des conditions de travail de façon à s’assurer de l’absence de danger ou, en cas de danger potentiel, des moyens mis en œuvre pour préserver la santé de son salarié.
 
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L’inaptitude d’un salarié

Envisager le reclassement d’un salarié inapte

Date de mise à jour : 09/04/2024 Date de vérification le : 09/04/2024 28 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Dès lors que vous recevez un avis médical d’inaptitude pour l’un de vos salariés, vous devez envisager son reclassement. Quelle est la procédure à suivre ? Quels postes devez-vous lui proposer ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Envisager le reclassement d’un salarié inapte

Reclassement d’un salarié : se référer à l’avis médical d’inaptitude

L’avis médical : première référence. À la réception d’un avis médical d’inaptitude, vous devez être attentif aux annotations du médecin du travail. Par ailleurs, les échanges que vous avez eus avec lui, antérieurement à la réception de cet avis, vous permettent de savoir si vous devez envisager le reclassement de votre salarié.

Un avis médical motivé. L’avis médical d’inaptitude est annoté par le médecin du travail. Selon le cas, le médecin peut vous dispenser de rechercher des postes de reclassement si l’état de santé du salarié déclaré inapte l’y oblige.

Vous êtes exempté de recherche de reclassement si… Si l’avis médical indique que « tout maintien dans un emploi serait gravement préjudiciable à la santé du salarié » ou que « l’état de santé du salarié fait obstacle à tout reclassement dans un emploi », vous n’êtes pas tenu de rechercher des postes de reclassement pour le salarié ; par conséquent, vous pouvez procéder à son licenciement.

… mais également si… Si vous concluez une rupture conventionnelle avec un salarié inapte, vous n’êtes pas tenu de procéder à son reclassement. De même, l’obligation de reclassement ne s’applique pas au profit de l’apprenti déclaré inapte à son poste d’apprenti.

Échanger avec le médecin du travail. Le médecin du travail ne peut rendre un avis d’inaptitude qu’après avoir rempli toutes les étapes de la procédure (examen médical du salarié suivi d’une étude de poste et d’une étude des conditions de travail de l’établissement). La dernière étape de la procédure lui impose d’échanger avec l’employeur et avec le salarié sur l’inaptitude et le reclassement qu’il entend proposer. Ce moment d’échange est une opportunité que vous devez saisir afin de connaître le type de postes de reclassement que vous pourrez proposer au salarié.

Le saviez-vous ?

Les échanges que vous pourrez avoir avec le médecin du travail peuvent se faire par tout moyen (par téléphone, par e-mail, par courrier ou en le rencontrant).

Conseil. Les contentieux tendant à démontrer que l’employeur n’a pas respecté son obligation de reclassement étant extrêmement courants, il est impératif que vous puissiez produire des justificatifs des différentes démarches que vous avez menées pour rechercher les postes disponibles correspondant à la fois aux aptitudes médicales et aux compétences professionnelles du salarié. A défaut, l’éventuel licenciement prononcé à l’égard du salarié peut être considéré comme abusif, voire nul. Dans pareil cas, une indemnité de préavis sera due au salarié licencié (même en cas d’inaptitude non consécutive à un accident de travail ou à une maladie professionnelle).


Reclassement d’un salarié : les étapes à suivre

Le reclassement en plusieurs étapes. L’avis médical d’inaptitude doit entraîner la mise en marche d’une procédure de recherche de reclassement. Vous devez impérativement respecter l’ordre de ces étapes afin de garantir la validité de la procédure de reclassement.

Prenez contact avec le médecin du travail. Même si l’avis d’inaptitude est annoté, il est fort probable que vous nécessitiez des précisions quant au type de poste que vous pouvez envisager de proposer à votre salarié. Malgré l’étude de poste que le médecin du travail a effectué au sein de l’entreprise, demandez-lui de vous préciser, par écrit, les postes sur lesquels le salarié peut être reclassé. Vous pouvez également lui demander des précisions concernant les contraintes médicales auxquelles est soumis le salarié. Toutes ces précisions vous permettront de rechercher les postes en adéquation avec les conclusions du médecin du travail et avec l’état de santé et les capacités de votre salarié.

À noter. Les précisions que vous aurez reçu du médecin du travail vous seront utiles en cas de contentieux. Le juge a déjà admis que les précisions du médecin, postérieures à l’avis d’inaptitude, sur les possibilités de reclassement du salarié, attestant d’une impossibilité de reclassement concourent à la justification par l’employeur de l’impossibilité de remplir son obligation. Néanmoins, le juge a déjà considéré que l’employeur peut engager loyalement une recherche d’un poste de reclassement avant d’avoir eu le retour du médecin du travail, sollicité pour préciser l’avis d’inaptitude déjà rendu.  

Et si le médecin du travail ne se prononce pas ? Le juge a récemment rappelé que l’employeur est effectivement tenu de prendre en considération, au besoin en les sollicitant, les propositions du médecin du travail en vue du reclassement du salarié inapte. Mais il lui appartient, néanmoins, de tirer les conséquences du refus de ce médecin de donner lui-même son avis sur le poste de reclassement envisagé. Il a ainsi validé un licenciement pour inaptitude et impossibilité de reclassement alors qu’il envisageait plusieurs postes pour le salarié.

Établissez le dialogue avec votre salarié. Votre recherche de reclassement pourra vous mener à rechercher un poste en dehors de l’entreprise en elle-même. Ainsi, dès réception de l’avis constatant l’inaptitude physique du salarié, il est recommandé de lui demander par écrit (lettre recommandée avec AR) son périmètre de mobilité géographique et de vous communiquer un curriculum vitae complet (si vous ne l’avez pas déjà). L’objectif : vous permettre de mieux cibler vos recherches de reclassement. Il se peut que vous ne receviez aucune réponse du salarié. Dans ce cas, à l’issue d’un délai raisonnable (une semaine à 10 jours ouvrés), vous pouvez prendre le parti de continuer la procédure.

Attention ! Dans l’hypothèse où votre entreprise appartient à un groupe, la réponse d’un salarié qui indiquerait qu’il ne souhaite aucune mobilité, diminution de salaire, modification de sa durée de travail ni aucun autre emploi dans l’entreprise ne suffit pas à prouver que vous avez procédé aux efforts de reclassement au sein du groupe.

Procédez aux recherches de reclassement. Une fois que vous avez obtenu la réponse du médecin du travail, et, éventuellement, celle du salarié, vous devez procéder à la recherche de solutions de reclassement.

Information du CSE. Vous devez impérativement consulter le comité social et économique (CSE) des postes de reclassement que vous envisagez de proposer au salarié. Vous devez leur fournir l’ensemble des informations nécessaires pour qu’ils se prononcent (conclusions du médecin, réponse du salarié concernant ses possibilités de mobilité sur un secteur géographique donné, les solutions de reclassement envisagées…).

À noter. L’avis du CSE doit être recueilli préalablement à l’engagement de la procédure de licenciement (c’est-à-dire avant d’adresser au salarié une convocation à son entretien préalable à un éventuel licenciement).

Informer le salarié des solutions envisagées. Une fois que vous avez rempli toutes ces conditions, vous devez proposer les solutions de reclassement qui ont été retenues à votre salarié.

Le saviez-vous ?

Les microentreprises peuvent éprouver des difficultés à reclasser un salarié. A titre d’exemple, les juges ont admis l’impossibilité de reclasser, sur un poste administratif, un moniteur d’autoécole, microentreprise employant 2 salariés sur les mêmes fonctions, parce que la présence d’un salarié n’était pas nécessaire pour la préparation au code de la route et parce qu’il n’existait pas de poste d’accueil.

À noter. Le juge a décidé qu’une salariée protégée reconnue inapte par le médecin du travail, et qui avait mis son employeur dans l’impossibilité de s’acquitter de son obligation de reclassement, pouvait être licencié pour faute grave par son employeur en raison de ce comportement.


Reclassement d’un salarié : les postes de reclassement en question

Un nouvel emploi proche de l’ancien. Vous devez proposer au salarié un emploi correspondant autant que possible aux fonctions qu’il exerçait avant d’être déclaré inapte, en tenant compte à la fois de son niveau de formation, de sa qualification, mais aussi des observations du médecin du travail.

Mesures de reclassement. Le reclassement du salarié ne signifie pas nécessairement la mutation du salarié sur un nouveau poste. Vous pouvez, certes, être amené à envisager la mutation du salarié, mais son reclassement pourra également être envisagé par une transformation de son poste ou un aménagement de son temps de travail. Le reclassement passe par toutes les solutions que vous pourrez apporter afin de faciliter son maintien à son poste ainsi que son adaptation à son nouveau poste.

Le saviez-vous ?

Seules les recherches de reclassement compatibles avec les conclusions du médecin du travail émises au cours de la visite de reprise peuvent être prises en considération pour apprécier le respect par l'employeur de son obligation de reclassement : il faut donc débuter des recherches après la visite médicale et après la réception de l’avis d’inaptitude.

Faire un « effort de reclassement ». Il ne suffit pas de faire une unique proposition de reclassement à un salarié inapte mais de rechercher, en toute bonne foi, s’il existe un poste compatible avec son état de santé. S’il n’en existe pas, c’est votre « effort » dans la recherche de reclassement qui sera apprécié par le juge, en cas de contentieux. Aussi, un employeur qui a fait une proposition de reclassement à un salarié a tout de même été condamné pour n’avoir pas fait d’effort supplémentaire de reclassement.

Le saviez-vous ?

L’impossibilité de reclassement a déjà été reconnue lorsqu’un employeur soumet une proposition de poste au médecin du travail et que ce dernier émet un avis négatif. Dans ce cas, l’employeur n’a pas à proposer le poste qu’il a envisagé au salarié.

À noter pour le secteur de la distribution. L'absence de souhait exprimé par le salarié d’occuper un poste d’un réseau de distribution ne dispense pas l'employeur de procéder à des recherches au sein des entreprises dont l'organisation, les activités ou le lieu d'exploitation permettent, en raison des relations qui existent entre elles, d'y effectuer la permutation de tout ou partie du personnel. Et si l’employeur n’a pas effectué ces recherches, le licenciement du salarié, bien qu’inapte, est abusif.

Même un emploi en CDD ! Parmi tous les postes disponibles, vous devez également proposer à votre salarié les postes à pourvoir en CDD.

Mais… Les tâches confiées à des stagiaires ne peuvent pas constituer un poste de reclassement. Les stagiaires n’occupant pas un poste, mais étant en formation, leurs tâches ne peuvent pas être rassemblées en vue de créer un poste de reclassement.

Un reclassement « étendu »… Même si vous pouvez être tenté de limiter vos recherches de solutions de reclassement à des postes situés à proximité du lieu de travail habituel du salarié, sachez que votre obligation en la matière est bien plus large. Par conséquent, vous devez rechercher des solutions de reclassement dans l’ensemble des établissements composant votre société, et même dans le groupe auquel elle appartient. La notion de groupe désigne le groupe formé par une entreprise appelée entreprise dominante et les entreprises qu’elle contrôle.

Néanmoins… Dans une autre affaire, un employeur a proposé 6 postes de reclassement, en France, à son salarié. Le salarié les ayant tous refusés, l’employeur a procédé à son licenciement. Le salarié a contesté le motif réel et sérieux du licenciement, reprochant à son ancien employeur de ne pas avoir élargi ses recherches au niveau du groupe présent en Europe. Mais le juge a donné raison à l’employeur : ce dernier a, par ses propositions de reclassement, effectué une recherche sérieuse de reclassement.

Mais… Un employeur qui ne propose qu’une seule et unique proposition de reclassement à son salarié et qui, suite à son refus, ne procède pas à une recherche de reclassement complémentaire, ne procède pas à une recherche sérieuse de reclassement.

Recherches dans un « groupe de reclassement » ? Notez que l'adhésion à un GIE n'entraîne pas en soi la constitution d'un groupe. Sans possibilité de permutation de personnel entre les sociétés adhérentes du réseau, celles-ci ne sont pas considérées comme faisant partie d'un même groupe de reclassement.

Le saviez-vous ?

Les propositions de postes de reclassement proposées par l’entreprise au salarié ne doivent pas emporter modification de son contrat de travail ! Dans le cas contraire, le refus de reclassement du salarié n’est pas considéré comme abusif et le salarié doit recevoir une indemnité compensatrice de licenciement ainsi qu’une indemnité spéciale de licenciement.


Reclassement d’un salarié : solliciter l’avis du CSE

Un avis important et obligatoire. Si le médecin du travail impose un reclassement du salarié, vous devez, au préalable, consulter le CSE sur les propositions de reclassement que vous souhaitez faire au salarié. Vous devez alors leur fournir l’ensemble des informations nécessaires pour qu’ils se prononcent (conclusions du médecin du travail, solutions de reclassement envisagées, etc.).

Le saviez-vous ?

Si vous n’avez pas de CSE alors que vous êtes légalement tenu de mettre en place ces institutions dans l’entreprise, assurez-vous d’être en possession d’un PV de carence justifiant que vous avez respecté vos obligations en la matière. Il s’agira d’un moyen d’expliquer (et de prouver !) pourquoi vous n’avez pas pu consulter les représentants du personnel, faute d’élus.

Sanction du défaut de consultation. Prononcer un licenciement sans, dans cette hypothèse, consultation préalable du CSE vous expose au paiement d’une indemnité égale à 12 mois de salaire.

Recherche de reclassement même en cas d’avis favorable du CSE. Même si le CSE donne un avis favorable au licenciement, cet avis ne vous libère pas de votre obligation de procéder (sérieusement) à des recherches de solutions possibles de reclassement.

Pas de consultation en cas d’avis d’inaptitude dispensant l’employeur de rechercher un reclassement. Lorsque le médecin du travail mentionne expressément dans son avis que tout maintien du salarié dans l’emploi serait gravement préjudiciable à sa santé ou que l’état de santé du salarié fait obstacle à tout reclassement dans l’emploi, l’employeur, qui n’est pas tenu de rechercher un reclassement, n’a pas l’obligation de consulter les représentants du personnel. Cette dispense de consultation vaut que l’inaptitude soit d’origine professionnelle (maladie professionnelle ou accident du travail), ou d’origine non professionnelle (maladie).


Reclassement d’un salarié : informer le salarié

Dernière étape. Lorsque vous avez envisagé tous les postes que vous pourriez proposer à votre salarié, qui sont en corrélation avec son état de santé et lorsque le CSE a été consulté, vous devez informer votre salarié des résultats de votre recherche.

Informer votre salarié par courrier. Bien qu’aucun texte n’exige que vous fassiez des propositions de reclassement par écrit, il est impératif que vous vous constituiez des preuves. Aussi, nous vous recommandons de faire vos propositions par courrier recommandé avec avis de réception.

Le saviez-vous ?

Des propositions de reclassement faites oralement, au cours de l’entretien préalable et en présence d’un représentant du personnel au CSE chargé d’assister le salarié à cette occasion, témoignent de la recherche effective de reclassement. Mais encore faut-il que le représentant du personnel accepte de témoigner en ce sens en cas de contentieux…

Le courrier en question. La teneur de votre courrier dépend du résultat de vos recherches de reclassement :

  • soit vous formulez des propositions de postes correspondant aux restrictions médicales et aux compétences du salarié, en détaillant chaque proposition (lieu de travail, rémunération, durée du travail, fiche de poste détaillée, etc.) : le salarié devra alors disposer d’un délai suffisant pour répondre (favorablement ou défavorablement) à vos propositions ; il est d’ailleurs préférable de mentionner dans le courrier qu’une absence de réponse de sa part à l’issue de ce délai serait assimilable à un refus ;
  • soit vous lui faites part de l’absence de postes disponibles dans l’entreprise, après lui avoir exposé l’ensemble des démarches que vous avez entreprises, de manière à éviter toute contestation sur la réalité de vos recherches : cet écrit doit impérativement être envoyé par lettre recommandée avec AR et être totalement distinct de la convocation à entretien préalable que vous ferez parvenir au salarié ; il est d’ailleurs recommandé de procéder à l’envoi du courrier de convocation un ou deux jours après l’envoi du courrier d’information.

Attention ! Si vous envisagez de licencier un salarié inapte, faute de reclassement possible, vous devez impérativement, et avant d’engager la procédure de licenciement, lui exposer par écrit les motifs qui s’opposent au reclassement. A défaut, votre responsabilité, source de dommages-intérêts, pourra être engagée.

À retenir

Lorsque vous recevez un avis d’inaptitude pour l’un de vos salariés, vous devez envisager de le reclasser. Vous devez suivre strictement une procédure afin que le reclassement soit validé. N’oubliez pas de consulter votre CSE !
 

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L’inaptitude d’un salarié

Gérer l’inaptitude du salarié

Date de mise à jour : 10/11/2023 Date de vérification le : 10/11/2023 29 minutes
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Un salarié peut être déclaré inapte à la suite d’un accident de travail ou d’une maladie professionnelle. Cette inaptitude emporte un certain nombre d’obligations spécifiques. Comment gérer votre calendrier de démarches ? Quelles sont les conséquences sur la relation de travail ?

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Inaptitude du salarié : dans quels cas ?

Une procédure unique. Depuis le 1er janvier 2017, que l’inaptitude soit d’origine professionnelle ou d’origine non professionnelle, la procédure à respecter par l’employeur est la même. La seule différence : les indemnités à verser au salarié diffèrent selon l’origine de l’inaptitude.

Inaptitude : de quoi parle-t-on ? Le médecin du travail va constater l’inaptitude médicale au travail lorsque l’état de santé (physique ou mentale) du salarié est devenu incompatible avec le poste qu’il occupe.

À quel moment ? À plusieurs occasions l’aptitude ou l’inaptitude du salarié peut être constaté :

  • lors d’une visite médicale de reprise (par exemple après une maladie professionnelle, un congé de maternité, etc.) ;
  • lors d’un examen médical d’aptitude à l’embauche, pour les salariés bénéficiant d’un suivi médical renforcé ;
  • ou lorsque le salarié, l’employeur ou le médecin sollicite un examen ponctuel.

Une inaptitude d’origine professionnelle… L’inaptitude du salarié peut résulter d’un accident de travail ou d’une maladie professionnelle.

Ou non professionnelle. Elle peut également être la conséquence d’une maladie ou d’un accident non professionnel.


Inaptitude du salarié : comment est-elle constatée ?

Qui décide de l’inaptitude ? La décision appartient au médecin du travail : seul ce dernier est compétent pour déclarer un salarié inapte à exercer ses fonctions. Vous devez toutefois veiller à ce qu’une procédure particulière soit respectée. A défaut, l’éventuel licenciement prononcé contre le salarié inapte peut être considéré comme nul.

Un seul examen médical. Depuis le 1er janvier 2017, l’inaptitude d’un salarié peut être constatée grâce à un seul examen médical pratiqué par le médecin du travail. Il n’est plus nécessaire d’organiser 2 examens médicaux, espacés de 15 jours.

Un second examen médical ? S’il l’estime nécessaire, le médecin du travail pourra réaliser un second examen médical du salarié dans un délai qui n’excède pas 15 jours après le premier examen. Mais ce second examen n’est pas obligatoire.

Avis du médecin du travail. Le médecin du travail peut rendre plusieurs types de décisions s’agissant de l’aptitude du salarié à travailler ou non:

  • l’avis d’aptitude simple : le salarié déclaré apte à reprendre son poste doit être réintégré dans on emploi antérieur ou, à défaut, dans un emploi similaire assorti d’une rémunération équivalente ;
  • l’avis d’aptitude avec réserves ;
  • l’avis d’inaptitude physique.

Avis d’aptitude… Un avis d’aptitude n’est pas un avis d’inaptitude. Par principe, le salarié est donc apte à reprendre le travail. Toutefois, peu importe que le médecin du travail ait coché la case « apte » lorsqu’il conclut, dans des termes clairs, à l’inaptitude définitive d’un salarié dans son poste de travail.

Avis d’aptitude avec réserves… Attention, un avis d’aptitude avec réserves n’est pas non plus un avis d’inaptitude. Par principe, le salarié peut reprendre son poste mais avec des mesures individuelles d’aménagement, d’adaptation ou de transformation du poste de travail ou des mesures d’aménagement du temps de travail justifiées par considérations relatives notamment à l’âge ou à l’état de santé physique et mental du travailleur.

Avis d'inaptitude : procédure. Le médecin qui déclare inapte un salarié doit respecter un certain formalisme et doit réaliser :

  • un examen médical du salarié, et, le cas échéant, des examens complémentaires ;
  • une étude de poste dans l’entreprise (notez qu’une erreur de désignation du poste dans l’avis d’inaptitude ne remet pas en cause sa validité dès lors que le médecin a concrètement vérifié les conditions de travail du salarié) ;
  • une étude des conditions de travail dans l’établissement (en indiquant la date à laquelle la fiche d’entreprise a été actualisée) ;
  • un échange, par tout moyen, avec le salarié, puis un échange avec l’employeur.

Les échanges entre le médecin, l’employeur et le salarié. Ces échanges doivent permettre, pour chacune des parties, de faire valoir leurs observations sur les avis et propositions que le médecin entend adresser. Le dialogue entre le médecin et le salarié permet d’échanger sur les mesures d’adaptation, d’aménagement ou de mutation du poste, et, le cas échéant, sur la nécessité d’un changement de poste.

Le saviez-vous ?

Les échanges entre le médecin et l’employeur peuvent se faire par tout moyen. En pratique, vous pouvez être amené à dialoguer avec le médecin du travail par téléphone, par mail, par courrier…

Avis d’inaptitude : délai de notification. L’avis d’inaptitude rendu par le médecin du travail doit être notifié, au plus tard, 15 jours après le premier examen médical du salarié. En présence d’une seconde visite, l’avis d’inaptitude et doit être notifié à l’issue de cette seconde visite. Il doit être notifié à l’employeur et au salarié par tout moyen conférant une date certaine. De plus, l’avis devra être assorti par des indications écrites relatives au reclassement du salarié. Des mesures de reclassement devront alors être envisagées par l’employeur.

A noter. Le médecin pourra, en outre, consulter le médecin inspecteur du travail avant de rendre son avis.

Modèles d’avis d’inaptitude. L’avis médical pris par le médecin du travail doit être conforme à un modèle établi par arrêté ministériel.

Le saviez-vous ?

Depuis le 31 mars 2022, dès lors que votre salarié est déclaré inapte ou que le médecin du travail a identifié un risque d’inaptitude, vous pouvez lui proposer de conclure une convention de rééducation professionnelle, qui devra recueillir sa signature et la vôtre, mais également celle de la caisse primaire d’assurance maladie. Vous devrez alors faire signer un avenant à votre salarié sans que cela ne modifie sa rémunération.

Avis d’aptitude… Un avis d’aptitude n’est pas un avis d’inaptitude. Toutefois, peu importe que le médecin du travail ait coché la case « apte » lorsqu’il conclut, dans des termes clairs, à l’inaptitude définitive d’un salarié dans son poste de travail.

Exception d’impossibilité de reclassement. L’avis d’inaptitude peut indiquer que tout maintien du salarié dans un emploi serait gravement préjudiciable à sa santé ou que l’état de santé du salarié fait obstacle à tout reclassement dans un emploi. Dans ce cas, l’employeur est dispensé de rechercher un poste de reclassement dans l’entreprise.

Un avis à conserver ! Non seulement le médecin du travail doit conserver dans le dossier médical du salarié les motifs de l’avis médical qui a été rendu, mais vous devez également conserver une copie de cet avis afin de pouvoir le présenter, à tout moment, à l’inspection du travail et au médecin du travail inspecteur.


Inaptitude du salarié : comment réagir ?

Un impératif. Vous devez absolument respecter un certain nombre d’étapes pour garantir la validité de la procédure.

Premièrement : demandez des précisions écrites au médecin du travail. Dès réception de l’avis d’inaptitude, vous devez demander des précisions au médecin du travail sur les aspects de son avis qui vous posent des questionnements. Faites-le impérativement, même si une étude de poste a déjà été réalisée. Elle vous permet de vérifier que vous avez correctement identifié les contraintes médicales auxquelles est soumis le salarié, avant de procéder aux recherches de solutions de reclassement.

Le saviez-vous ?

En cas d’avis d’inaptitude d’origine professionnelle, n’hésitez pas à interroger le médecin du travail pour lui demander des précisions sur le reclassement.

Les conclusions du médecin du travail. Depuis le 1er janvier 2017 également, le médecin doit impérativement assortir l’avis d’inaptitude de conclusions écrites dont l’employeur doit tenir compte. S’il refuse, l'employeur doit faire part de ses motifs, par écrit, au médecin et au salarié.

Deuxièmement : demandez au salarié son périmètre de mobilité géographique. Dès réception de l’avis constatant l’inaptitude physique du salarié, il est recommandé de lui demander par écrit (lettre recommandée avec AR) son périmètre de mobilité géographique et de vous communiquer un curriculum vitae complet (si vous ne l’avez pas déjà). L’objectif : vous permettre de mieux cibler vos recherches de reclassement. Il se peut que vous ne receviez aucune réponse du salarié. Dans ce cas, à l’issue d’un délai raisonnable (une semaine à 10 jours ouvrés), vous pouvez prendre le parti de continuer la procédure.

Troisièmement : procédez aux recherches de solutions de reclassement. Dès que vous obtenez une réponse du médecin du travail et, éventuellement, du salarié, vous devez procéder aux recherches de solutions de reclassement.

     =>  Pour connaître la procédure à suivre lors de la recherche de postes de reclassement, consultez notre fiche Envisager le reclassement d’un salarié inapte

Le saviez-vous ?

Il a été jugé qu’en cas de cessation totale d’activité d’une entreprise en cours de liquidation judiciaire qui n’appartient pas à un groupe, la recherche de reclassement est alors impossible. Dans ce cas, le licenciement d’un salarié inapte n’est pas nul.

Quatrièmement : informez le CSE. Vous devez, le cas échéant, informer le CSE des solutions de reclassement que vous proposez au salarié. Aucun formalisme n’est imposé pour cette information. C’est pourquoi, il a déjà été admis que la convocation des délégués du personnel par mail à une réunion extraordinaire, destinée à leur présenter les éventuels reclassements, est valable.

À noter. L’avis des représentants du personnel doit être recueilli préalablement à l’engagement de la procédure de licenciement (c’est-à-dire avant d’adresser au salarié une convocation à son entretien préalable à un éventuel licenciement).

Le saviez-vous ?

Le juge a récemment décidé que le CSE n’a pas à être consulté si l’avis d’inaptitude dispense l’employeur de rechercher un reclassement.

Une régularisation possible ? Les juges ont reconnu la possibilité à l’employeur de régulariser la procédure de consultation des représentants du personnel, lorsqu’il a omis de les consulter avant de faire une proposition de reclassement au salarié. La régularisation procède de la convocation ultérieure, préalable à de nouvelles propositions de reclassement (ou au renouvellement des propositions antérieures).

A noter : en cas de transfert d’entreprise. En cas de reprise d’entreprise (avec transfert des contrats de travail) conservant son autonomie, il faut savoir que si l’entreprise cédante n’avait pas de représentants du personnel pour cause de carence (et avait établi un procès-verbal en ce sens), ce PV vous profite jusqu’à son échéance, à moins qu’un salarié ou une organisation syndicale ne vous demande, avant cette date, d’organiser de nouvelles élections.

Une procédure inapplicable dans certains cas. Si vous concluez une rupture conventionnelle avec un salarié inapte, vous n’êtes pas tenu de procéder à son reclassement. De même, l’obligation de reclassement ne s’applique pas au profit de l’apprenti déclaré inapte à son poste d’apprenti.

Attention ! Le défaut de recherche de reclassement, tout comme le défaut de consultation du CSE peut être sanctionné par une indemnité de 12 mois de salaire minimum. Notez tout de même qu’en cas d’erreurs multiples (défaut de consultation des représentants du personnel et omission de motivation du licenciement, sanctionné par un licenciement sans cause réelle et sérieuse), une seule indemnité ne sera due au salarié : la plus élevée. Mais elles ne se cumulent pas.

Le saviez-vous ?

Le médecin du travail est votre meilleur allié en cas d’inaptitude. Il vous aidera à trouver un poste de reclassement lorsque c’est possible. Le lien régulier et constant entre l’employeur et le médecin du travail permet d’attester, en cas de contentieux, de la bonne foi de l’employeur dans la recherche de reclassement.


Inaptitude du salarié : et après ?

2 options possibles. Vous disposez, en réalité, de 2 options :

Soit le changement de situation du salarié. Vous pouvez procéder au changement de situation du salarié parce qu’il a accepté l’une de vos propositions de reclassement. Un avenant au contrat de travail du salarié sera alors signé par les parties. Cet avenant n’est pas obligatoire, si le changement n’emporte pas modification du contrat, mais est cependant fortement recommandé.

Soit la rupture du contrat de travail. Vous devrez envisager la rupture de son contrat parce que :

  • vous ne disposez pas de solutions de reclassement satisfaisantes ;
  • parce que le salarié refuse vos propositions de reclassement ;
  • ou encore parce qu’il n’a pas répondu aux propositions de reclassement que vous avez formulées à l’issue du délai que vous aviez prédéfini.


Inaptitude du salarié : contester l'avis du médecin du travail ?

La procédure. Pour contester l’avis du médecin du travail, le salarié (ou l’employeur) dispose d’un délai de 15 jours pour saisir le conseil des prud’hommes « en référé » (le référé est une procédure d’urgence). Ce délai commence à courir à compter de l'avis du médecin du travail. Il est donc conseillé d’attendre l’expiration de cette procédure de recours avant de licencier le salarié car si l’avis d’inaptitude venait à être annulé, le licenciement serait privé de cause réelle et sérieuse.

Avis d’inaptitude erroné. Si l’avis d’inaptitude comporte une mention inexacte, le salarié n’est pas fondé à contester le licenciement devant les juges sur ce fondement s’il n’a pas, préalablement, contester l’avis en tant que tel dans le délai légal de 15 jours. 

À noter. Les délais et modalités de recours doivent être mentionnées sur les avis du médecin du travail.

Expertise médicale. Le tribunal peut solliciter l’intervention d’un médecin-inspecteur du travail qui se prononcera à son tour sur l’(in)aptitude du salarié. Ce médecin-inspecteur du travail pourra recourir au service d’un tiers pour l’aider dans son expertise.

Coût de l’expertise. Le tribunal fixe, le cas échéant, sa rémunération, qui est égale à 8 fois le coût de la consultation au cabinet augmentée de la majoration pour le médecin généraliste (acte C de la nomenclature générale des actes professionnels + MMG), soit 8 x 25 = 200 €. La somme est consignée à la Caisse des dépôts et consignations.

Qui paie ? Notez que ce n’est pas parce que c’est le salarié qui conteste l’avis du médecin du travail que les frais d’expertise seront nécessairement à sa charge ! Par principe, la rémunération est assurée par la partie perdante, sauf décision contraire motivée du Conseil de Prud’hommes. C’est, en effet, le juge qui déterminera qui, du salarié ou de l’employeur, devra assumer les frais de l’expertise.

Déroulement de l’expertise. Le médecin-expert se fera communiquer par le médecin du travail le dossier médical de santé au travail concernant le salarié. Il pourra entendre, s’il le souhaite, le médecin du travail. Ses conclusions se substitueront systématiquement à celles du médecin du travail.

À retenir

Qu’elle soit d’origine professionnelle ou non, l’inaptitude est constatée par le médecin du travail et vous pousse, dans un premier temps à rechercher des postes de reclassement à proposer au salarié concerné.

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L’inaptitude d’un salarié

Gérer le licenciement du salarié inapte

Date de mise à jour : 27/05/2024 Date de vérification le : 27/05/2024 26 minutes
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Un salarié se voit remettre un avis d’inaptitude d’origine professionnelle. Parce qu’il ne peut pas être reclassé, il doit, par principe, être licencié. Quelles sont les règles à respecter ?

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Gérer le licenciement du salarié inapte

Licenciement du salarié inapte : dans quels cas ?

Des cas limités. Il n’est possible pour l’employeur de rompre le contrat de travail du salarié inapte que dans les cas suivants :

  • l’employeur est dans l’impossibilité de proposer un emploi de reclassement au salarié ;
  • le salarié refuse le poste proposé, que le poste modifie ou non son contrat de travail ;
  • l’avis d’inaptitude mentionne que tout maintien du salarié dans un emploi serait gravement préjudiciable à sa santé ou que son état de santé fait obstacle à tout reclassement dans un emploi.

Un avis à conserver ! Non seulement le médecin du travail doit conserver dans le dossier médical du salarié les motifs de l’avis médical qui a été rendu, mais vous devez conserver également une copie de cet avis afin de pouvoir le présenter, à tout moment, à l’inspection du travail et au médecin du travail inspecteur.

Cas de la rupture conventionnelle. Elle est possible avec un salarié déclaré inapte à la suite d’un accident de travail. Les juges annulent la rupture conventionnelle si le salarié réussit à prouver un vice de son consentement (erreur, dol ou violence) ou une fraude de l’employeur. Cependant, rien n’est expressément prévu pour le salarié déclaré inapte à la suite d’un accident ou d’une maladie non professionnelle.


Licenciement du salarié inapte : quelle est la procédure ?

Une procédure unique. Que l’inaptitude soit d’origine professionnelle ou non professionnelle, la procédure à respecter par l’employeur est la même. La seule différence : les indemnités à verser au salarié diffèrent selon l’origine de l’inaptitude.

Respecter la procédure de licenciement pour motif personnel ! En effet, il s’agit de la même procédure … Lorsque vous avez fait le constat de l’impossibilité de trouver une solution de reclassement, et après en avoir informé le salarié impérativement par écrit, vous devez :

  • convoquer le salarié à un entretien préalable à un éventuel licenciement, en respectant un formalisme précis ;
  • réaliser l’entretien préalable, au cours duquel vous exposerez oralement au salarié les différentes étapes de la procédure que vous avez menée et lui confirmerez, sauf changement de dernière minute, que vous ne disposez d’aucun poste correspondant à ses restrictions médicales et/ou à ses compétences professionnelles ;
  • notifier le licenciement en raison de l’impossibilité dans laquelle vous vous trouvez de reclasser le salarié suite à la constatation de son inaptitude physique.

Attention au motif de licenciement ! Le licenciement doit être motivé à la fois par l’inaptitude et l’impossibilité, pour l’employeur, de procéder au reclassement du salarié. Ce motif doit figurer très clairement dans la lettre de licenciement. Remplit cette condition la lettre notifiant à un salarié son licenciement pour inaptitude, en raison de l'absence de poste disponible au regard de l'avis d'inaptitude émis par le médecin du travail.

Le saviez-vous ?

En aucun cas le refus de reclassement du salarié ne peut constituer une cause réelle et sérieuse du licenciement.

Des modèles de courrier pour vous aider. Afin de sécuriser vos licenciements, vous pouvez utiliser les modèles de lettres établis par le Gouvernement. Vous devez alors choisir le modèle adapté au motif du licenciement concerné.

Attention ! Vous ne pouvez pas prononcer un licenciement pour inaptitude pendant une période de suspension du contrat de travail. Ainsi, un licenciement pour inaptitude a déjà été déclaré nul pour avoir été prononcé à l’issue d’un examen médical non qualifié de visite médicale de reprise, ayant eu lieu 3 mois après la reprise effective du salarié. Le contrat de travail était donc toujours suspendu du fait de l’absence de cette visite médicale de reprise.


Licenciement du salarié pour inaptitude non professionnelle : quelles indemnités ?

Quelles indemnités ? Lorsque vous prononcez un licenciement pour inaptitude et impossibilité de reclassement, votre salarié bénéficie de l’indemnité de rupture (l’indemnité de licenciement) et de l’indemnité compensatrice de congés payés.

L’indemnité de licenciement. Celle-ci est égale à l’indemnité légale (1/5ème de mois de salaire par année d’ancienneté + 2/15ème de mois de salaire par année d’ancienneté au-delà de 10 ans) ou à l’indemnité conventionnelle de licenciement. On appliquera toujours le principe de faveur, c’est-à-dire les dispositions les plus favorables au salarié.

L’indemnité compensatrice de congés payés. Le salarié a également droit à cette indemnité s’il a acquis des congés payés qui n’ont pas pu être pris avant la rupture de son contrat de travail.

Une indemnité de préavis ? Le salarié licencié pour inaptitude d’origine non professionnelle ne bénéficiera pas d’une indemnité compensatrice de préavis. En conséquence, même un travailleur handicapé qui pourrait, habituellement, prétendre à un doublement de son préavis ne sera pas indemnisé. Néanmoins, la durée qu’aurait dû avoir le préavis s’il avait été exécuté est prise en compte dans le calcul de l’ancienneté du salarié, permettant d’établir le montant de l’indemnité de rupture. Enfin, retenez que si le licenciement est jugé sans cause réelle et sérieuse, le salarié pourra nécessairement prétendre à l’indemnité de préavis.


Licenciement du salarié pour inaptitude professionnelle : quelles indemnités ?

L’indemnité spéciale de licenciement. Sauf dispositions conventionnelles plus favorables, l’indemnité est égale au double de l’indemnité légale de licenciement. Si l’indemnité (non doublée) prévue par votre convention collective est supérieure à l’indemnité légale de licenciement doublée, alors cette indemnité conventionnelle remplacera l’indemnité spéciale.

À noter. L'indemnité compensatrice versée aux salariés licenciés pour inaptitude à la suite d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle, nonobstant son caractère indemnitaire, est soumise aux cotisations sociales dans la mesure où elle est assujettie à l'impôt sur le revenu. Concrètement, cette indemnité doit être exprimée en montant brut. 

Une indemnité de préavis ? La rupture du contrat de travail ouvre droit, pour le salarié, à une indemnité compensatrice d'un montant égal à celui de l'indemnité compensatrice de préavis. Il faut savoir que le montant de l’indemnité est calculé par référence à la durée légale du préavis et non par référence au préavis conventionnel, même si délai est plus long.

Calcul. L’indemnité spéciale de licenciement et l’indemnité de préavis sont calculées sur la base du salaire moyen brut qui aurait été perçu par l'intéressé au cours des 3 derniers mois s'il avait continué à travailler au poste qu'il occupait avant la suspension du contrat de travail provoquée par l'accident du travail ou la maladie professionnelle.

Le saviez-vous ?

Si votre salarié est déclaré inapte après que vous l’ayez reclassé pour des raisons économiques, le licenciement reposera alors sur l’inaptitude et non pas sur le motif économique. Si vous choisissez le mauvais motif, le licenciement pourra être requalifié par le juge en licenciement sans cause réelle et sérieuse.

Attention aux accords collectifs ! Des accords collectifs peuvent prévoir une procédure spécifique en cas de licenciement. A titre d’exemple, la charte du football professionnel prévoit une conciliation préalable à toute rupture du contrat qui trouverait sa cause dans un manquement d’une partie. Ainsi, cette conciliation n’est pas requise en cas de licenciement pour inaptitude.


Inaptitude du salarié : quelles sanctions ?

Cas de l’inaptitude non professionnelle. En cas de manquement de l’employeur à son obligation de reclassement, le licenciement du salarié est sans cause réelle et sérieuse.

Cas de l’inaptitude professionnelle. En cas de licenciement abusif, si l’employeur a manqué à son obligation de reclassement : défaut de consultation du CSE ou consultation irrégulière, absence de preuve de l’impossibilité de reclassement ou d’un refus du salarié ou licenciement prononcé pour un autre motif que l’inaptitude physique.

À retenir

S’il n’existe pas de solutions de reclassement ou que le salarié n’y a pas répondu ou les a refusées, l’issue ultime consistera en un licenciement. De même, si l’avis d’inaptitude prévoit que tout maintien du salarié dans un emploi serait gravement préjudiciable à sa santé ou que son état de santé fait obstacle à tout reclassement dans un emploi, le licenciement du salarié sera à envisager.
 

J'ai entendu dire

Suis-je obligé de verser une indemnité de licenciement spécifique ?

Tout à fait, si l’inaptitude fait suite à un accident du travail ou une maladie professionnelle ! Vous devez verser l’indemnité spéciale de licenciement au salarié licencié en raison de son inaptitude physique. Pour rappel, elle est égale au double de l’indemnité légale de licenciement ou, si elle est plus élevée, à l’indemnité conventionnelle de licenciement. Toutefois, l’indemnité conventionnelle n’est doublée que si la convention collective le prévoit expressément. A cette indemnité spéciale s’ajoute une indemnité compensatrice de préavis, versée même si le salarié n’a pas la capacité d’exécuter son préavis, et l’indemnité de congés payés.
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Obligations de l'employeur et du salarié

Gérer l’exercice du droit de retrait des salariés

Date de mise à jour : 04/06/2024 Date de vérification le : 04/06/2024 11 minutes
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Un salarié vous informe qu’il s’estime exposé à un risque en continuant de travailler à son poste et qu’il le quitte jusqu’à ce que vous ayez pris des mesures correctives. C’est ce qu’on appelle le droit de retrait. Mais pour être justifié, il doit remplir certaines conditions. Lesquelles ? Quelles en seront les conséquences ?

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L’exercice d’une alerte

Garantir la sécurité dans votre entreprise. Rappelons, tout d’abord, qu’en qualité d’employeur, vous êtes tenu de protéger la santé de vos salariés et d’assurer leur sécurité. A défaut, votre responsabilité pourrait être engagée.

Mais les salariés ont aussi des obligations ! Tout salarié doit, non seulement prendre soin de sa propre santé, mais aussi de celle des personnes qui peuvent être concernées par son travail. Il ne doit donc pas mettre en danger les autres employés de l’entreprise.

L’alerte donnée par le salarié. Le salarié doit immédiatement vous alerter de toute situation de travail dont il a un motif raisonnable de penser qu'elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé ainsi que de toute défectuosité qu'il constate dans les systèmes de protection.

Mais le CSE dispose également d’un droit d’alerte. Plus exactement, les membres du comité social et économique (CSE) disposent d’un droit d’alerte dans plusieurs domaines, et notamment en situation de danger grave et imminent ainsi qu'en matière de santé publique et d'environnement. Lorsque le représentant du personnel alerte l'employeur d’un danger grave et imminent, il consigne son avis par écrit sur un registre spécial dont les pages sont numérotées et authentifiées par le tampon du comité. Cet avis est daté et signé et comporte :

  • les postes de travail concernés par la cause du danger constaté ;
  • la nature et la cause de ce danger ;
  • le nom des travailleurs exposés.

Le saviez-vous ?

Le registre spécial, dans lequel sont consignées les alertes des membres du CSE, est tenu, sous la responsabilité de l'employeur, à la disposition des représentants du personnel.

Une enquête. Lorsque l’alerte a été donnée par un représentant du personnel, l'employeur procède immédiatement à une enquête avec ce représentant et prend les dispositions nécessaires pour y remédier.

Suites de l’alerte. L'employeur prend les mesures et donne les instructions nécessaires pour permettre aux travailleurs, en cas de danger grave et imminent, d'arrêter leur activité et de se mettre en sécurité en quittant immédiatement le lieu de travail.

En cas de désaccord. En cas de divergence sur la réalité du danger ou la façon de le faire cesser, notamment par arrêt du travail, de la machine ou de l'installation en cause, le CSE est réuni d'urgence, dans un délai de 24 heures au plus et l'employeur informe immédiatement l'inspecteur du travail et l'agent du service de prévention de la caisse régionale d'assurance maladie, qui peuvent assister à la réunion du CSE.

Rôle de l’inspecteur du travail. A défaut d'accord entre l'employeur et la majorité des élus sur les mesures à prendre et leurs conditions d'exécution, l'employeur peut saisir immédiatement l’inspecteur du travail. Ce dernier pourra alors :

  • ou bien mettre l’employeur en demeure de prendre toutes mesures utiles pour remédier à la situation dangereuse ;
  • ou bien saisir le juge en urgence (dans le cadre d’une procédure dite « de référé ») pour qu’il ordonne, en cas de risque d’atteinte à la sécurité physique d’un travailleur, toute mesure visant à faire cesser le risque (mise hors service, immobilisation ou saisie des matériels, machines, dispositifs, produits ou autres, par exemple).

Une alerte en matière de santé publique et d’environnement. Si un salarié (de bonne foi) estime que les produits ou procédés de fabrication utilisés ou mis en œuvre par l'établissement font peser un risque grave sur la santé publique ou l'environnement, il en alerte immédiatement l'employeur. Cette alerte, datée et signée, est consignée sur un registre spécial dont les pages sont numérotées. Elle mentionne :

  • les produits ou procédés de fabrication utilisés ou mis en œuvre par l'établissement dont le travailleur estime de bonne foi qu'ils présentent un risque grave pour la santé publique ou l'environnement ;
  • le cas échéant, les conséquences potentielles pour la santé publique ou l'environnement ;
  • toute autre information utile à l'appréciation de l'alerte consignée.

Information du salarié et des représentants du personnel. L'employeur informe le travailleur qui lui a transmis l'alerte de la suite qu'il réserve à celle-ci. Il informe également le CSE des alertes transmises en matière de santé publique et d’environnement, de leurs suites ainsi que des saisines éventuelles du Préfet du département.

L’alerte donnée par un membre du CSE. L’élu au CSE qui constate, notamment par l'intermédiaire d'un travailleur, qu'il existe un risque grave pour la santé publique ou l'environnement en alerte immédiatement l'employeur. L’alerte est consignée dans les mêmes conditions que l’alerte donnée par le salarié sur le registre spécial. L'employeur examine la situation conjointement avec l’élu qui lui a transmis l'alerte et l'informe de la suite qu'il réserve à celle-ci.

Le saviez-vous ?

Le registre spécial dans lequel sont consignées les alertes en matière de santé publique et d’environnement est, lui aussi, tenu, sous la responsabilité de l'employeur, à la disposition des représentants du personnel.

En cas de désaccord. En cas de divergence avec l'employeur sur le bien-fondé d'une alerte en matière de santé publique et d’environnement, ou en l'absence de suite dans un délai d'un mois, le salarié qui a donné l’alerte ou le représentant du personnel au CSE peut saisir le Préfet du département.


L’exercice du droit de retrait

Qu’est-ce que c’est ? Lorsqu’un salarié dispose d’un motif raisonnable de penser que sa situation de travail l’expose à un danger grave et imminent, il peut s’en retirer. Ce « motif raisonnable » est laissé à l’appréciation des juges, en cas de désaccord. Ce droit de retrait n’impose pas au salarié de solliciter votre autorisation préalable.

Le saviez-vous ?

Ce droit de retrait doit être exercé de manière à ne pas créer pour autrui une nouvelle situation de danger grave et imminent.

Une protection. Vous ne pouvez prendre aucune sanction, ni procéder à aucune retenue sur salaire, contre le salarié qui a exercé son droit de retrait parce qu’il avait un motif raisonnable de penser que sa situation de travail présentait un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé.

Mais ? Lorsque les conditions de l’exercice du droit de retrait ne sont pas réunies, le salarié s’expose à une retenue sur salaire, sans que l’employeur ne soit obligé de saisir préalablement le juge du bienfondé de l’exercice de ce droit par le salarié. En d’autres termes, le salarié qui exerce son droit de retrait illégitimement ou de manière injustifiée s’expose à une retenue sur salaire. 

Troubles psychosociaux : un motif raisonnable ? Le juge a considéré que l’inaction d’un employeur, alerté par un représentant du personnel de l’existence de troubles psychosociaux dans l’établissement depuis plusieurs mois, justifiait le retrait des salariés exposés au risque, d’autant que l’employeur a pris les mesures correctives le lendemain de l’exercice de leur droit de retrait.

Attention ! Dès lors que vous êtes alerté par un salarié ou un représentant du personnel, de l’existence d’un danger grave et imminent, votre faute inexcusable sera retenue en cas d’accident du travail (ou de maladie professionnelle) résultant de la réalisation du risque.

A retenir

Lorsqu’un salarié ou un membre du CSE vous alerte sur l’existence d’un danger grave et imminent, vous devez considérer cette alerte avec sérieux et prendre, le cas échéant, toutes les mesures utiles permettant de faire cesser ce danger. A défaut, le salarié pourra exercer son droit de retrait.
 

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Obligations de l'employeur et du salarié

Comment aménager vos locaux ?

Date de mise à jour : 25/05/2022 Date de vérification le : 25/05/2022 6 minutes
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Vous cherchez de nouveaux locaux ou envisagez de faire des travaux pour adapter ceux que vous occupez déjà ? Vous vous interrogez sur la façon d’aménager un bon espace de travail ? Voici quelques pistes pour vous permettre d’aménager vos locaux dans le respect de votre obligation de sécurité…

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Comment aménager vos locaux ?

Organisation du bâtiment

Ce que dit la Loi. Les bâtiments destinés à recevoir des bureaux doivent être munis d’installations de ventilation pour assurer le renouvellement de l’air, doivent laisser passer la lumière naturelle, doivent permettre l’adaptation de la température à l’organisme humain.

Ce qu’il faut en retenir. Vos locaux devront être munis de baies vitrées (transparentes et non pas seulement translucides) donnant sur l’extérieur, à hauteur des yeux. Ils devront également disposer d’un système de chauffage réversible permettant d’assurer une température des locaux qui convienne à l’organisme des travailleurs.

Le saviez-vous ?

Les locaux de restauration, les sanitaires, les locaux médicaux (ou infirmeries) doivent également être conçus de manière à permettre l’adaptation de la température.

Taille des espaces de circulation. La Loi détermine une largeur minimale des espaces de circulation (couloirs, par exemple) :

  • pour une entreprise de moins de 20 personnes, le couloir ne doit pas être inférieur à 0,80 m ;
  • pour une entreprise de 20 à 100 personnes, le couloir ne doit pas être inférieur à 1,50 m ;
  • pour une entreprise de 101 à 300 personnes, les couloirs (au minimum au nombre de 2) ne doivent pas être inférieurs à 2 m ;
  • pour une entreprise de 301 à 500 personnes, les couloirs (au minimum au nombre de 2) ne doivent pas être inférieurs à 2,50 m.

A noter. N’oubliez pas que les bâtiments et les locaux doivent être conçus et réalisés de manière à permettre, en cas de sinistre, l'évacuation rapide (ou parfois différée) de la totalité des occupants, dans des conditions de sécurité maximale. Plus globalement, les établissements et locaux de travail sont aménagés de manière à ce que leur utilisation garantisse la sécurité des salariés.

Propreté des locaux. Les établissements et locaux doivent être tenus dans un état constant de propreté et doivent présenter les conditions d’hygiène et de salubrité propres à assurer la santé des salariés.


Organisation des espaces de travail

Ce que dit la Loi. Les dimensions des locaux de travail, notamment leur hauteur et leur surface, sont telles qu'elles permettent aux travailleurs d'exécuter leur tâche sans risque pour leur santé, leur sécurité ou leur bien-être. L'espace libre au poste de travail, compte tenu du mobilier, doit être prévu pour que les travailleurs disposent d'une liberté de mouvement suffisante.

Ce qu’il faut en retenir. La Loi ne fixe pas les dimensions minimales des espaces de travail. Il existe néanmoins des normes homologuées qui constituent des références d’application volontaire. Leur application, qui n’est donc pas obligatoire, permet de concevoir des locaux dans le respect de votre obligation de sécurité.

Le saviez-vous ?

L’INRS met à votre disposition des fiches pratiques, notamment sur la conception et l’aménagement des bureaux, qui se réfèrent à ces normes.

Concrètement. Pour se conformer aux normes en vigueur, l’espace des bureaux doit être d’au minimum :

  • 10 m² pour 1 personne seule ;
  • 15 m² par personne dans un espace collectif bruyant (centre d’appels, par exemple).

Dimensions des bureaux (meubles). Les bureaux meublant vos locaux devraient, toujours dans l’idéal, avoir une hauteur réglable, une profondeur de 80 cm et une largeur d’au moins 120 cm.

A retenir

La Loi est muette sur les caractéristiques précises des locaux de travail. Néanmoins, il existe des normes d’application volontaire auxquelles vous pouvez vous référer. Le constructeur d’un bâtiment destiné à l’activité professionnelle doit tenir compte de ces normes.

Et n’oubliez pas, pour vous assurer de bonnes pratiques en matière de santé et de sécurité, de vous rapprocher de votre service de santé au travail et, le cas échéant, de vos représentants du personnel (CSE).

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Sources
  • Articles R 4211-1 à R 4214-17 du Code du travail
  • Article R 4216-2 du Code du travail
  • Arrêté du 4 novembre 1993 relatif à la signalisation de sécurité et de santé au travail
  • Réponse Ministérielle Gremillet, Sénat, du 5 octobre 2017, n° 00683
  • Norme NF X 35-102
  • www.inrs.fr
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre sociale, du 9 mars 2022, n°20-22555 (locaux insalubres)
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Pour aller plus loin…

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Gérer la restauration dans l’entreprise

Date de mise à jour : 15/12/2021 Date de vérification le : 15/12/2021 5 minutes
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Jusqu’à aujourd’hui, aucun salarié ne vous avait demandé à pouvoir déjeuner sur son lieu de travail. Mais depuis que cette demande vous a été transmise, vous vous demandez comment y répondre. Quelles sont vos obligations en matière de restauration ?

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Gérer la restauration dans l’entreprise


Un lieu exclusivement dédié à la restauration

Un espace dédié. En principe, il est interdit de laisser vos salariés prendre leur repas dans les locaux affectés au travail. C’est pourquoi, vous avez l’obligation, de mettre à leur disposition, au minimum, un espace dédié. Et ce, quels que soient le type d’entreprise, sa taille, la configuration de ses locaux, etc.

Un espace ouvert à tous. Tous les salariés de l’entreprise doivent y avoir accès (y compris les stagiaires, les salariés mis à disposition, les intérimaires et les salariés temporaires). Et n’oubliez pas que ce local doit être accessible aux personnes handicapées.

Le saviez-vous ?

La pause que vous devez accorder à vos salariés doit être au minimum de 20 minutes quand le temps de travail atteint 6 heures journalières. Vous pouvez, bien entendu, leur accorder plus de temps.

Quelques rappels. Le lieu de restauration de l’entreprise doit répondre aux exigences en matière de tabagisme et d’alcool. Comme tout local de travail, il est strictement interdit de fumer. Quant à la consommation d’alcool, elle est strictement limitée (vin, bière, cidre et poiré) dans l’enceinte de l’entreprise. Vous devez en interdire l’accès à toute personne en état d’ébriété.

Local de restauration… et de repos ! Si l’entreprise ne comporte pas de salle de pause, lorsque les activités l’exigent et après avis du CSE, le local ou l’emplacement de restauration peut être utilisé comme local de repos. Prévoyez alors des sièges avec dossier.


Une obligation… selon le nombre de salariés…

Emplacement ou local ? L’obligation qui vous est faite de mettre à la disposition de vos salariés un emplacement ou un local réservé à la restauration est liée au nombre de salariés.

Au moins 50 salariés Si l’un de vos établissements emploie plus de 50 personnes, vous êtes dans l’obligation, après avis du CSE, de mettre à la disposition de vos salariés un local de restauration.

Moins de 50 salariés. Si votre établissement emploie moins de 50 salariés, vous êtes dans l’obligation de mettre à disposition un « emplacement » de restauration, permettant à vos salariés de se restaurer dans de bonnes conditions de santé et de sécurité.

Seuil. Le franchissement à la hausse du seuil de 50 salariés est pris en compte lorsque ce seuil a été atteint ou dépassé pendant 5 années civiles consécutives. Le franchissement à la baisse de ce seuil sur une année civile a pour effet de faire à nouveau courir le délai de 5 ans. Cependant, cette durée de 5 ans ne s’applique pas aux entreprises qui étaient soumises, au 1er janvier 2020, à l’obligation de mettre en place un local de restauration, si ces dernières ont atteint l’effectif d’au moins 50 salariés au 1er janvier 2025.

Des mesures transitoires Les entreprises qui avaient un local de restauration avant le 1er janvier 2020 peuvent le conserver jusqu’au 31 décembre 2024, en appliquant le régime antérieur. Autrement dit, les employeurs concernés doivent maintenir ou mettre en place un tel local si 25 salariés en font la demande.

Où installer l’emplacement ? Il ne doit, en principe, pas se trouver sur les lieux de travail. Toutefois, vous pouvez adresser une déclaration à l’inspection du travail (après avis du médecin du travail) afin de bénéficier d’une dérogation. Vous ne pourrez installer l’emplacement sur le lieu de travail qu’à la condition d’avoir une autorisation, et seulement si aucune activité exercée dans ce local n’implique l’emploi de substances ou de préparations dangereuses.

Le saviez-vous ?

Cette déclaration devra être adressée par tout moyen permettant d’établir la date de communication (la lettre recommandée avec AR est donc préférable) et mentionner :

  • l'identité de l'employeur ou la raison sociale de l'entreprise ou de l'établissement ;
  • le secteur d'activité de l'entreprise ou de l'établissement ;
  • l'adresse du site concerné et le numéro Siret de l'établissement ;
  • le nombre de travailleurs concernés ;
  • les caractéristiques des locaux affectés au travail et de l'emplacement permettant aux salariés de se restaurer dans de bonnes conditions de santé et de sécurité.

Aménager un local de restauration. Vous devez demander l’avis du CSE avant de mettre en place ce local. Pourvoyez-le alors d’un nombre de sièges et de table suffisant. Comptez également un robinet d’eau potable pour 10 salariés (servant de l’eau chaude et froide). Enfin, ajoutez-y un réfrigérateur et une installation pour réchauffer les plats.

Nature du local. Créer un local de restauration n’est pas l’unique moyen de répondre à cette obligation. Vous pouvez également envisager de créer une cantine d’entreprise, un réfectoire ou un restaurant d’entreprise ou interentreprises.

A retenir

Le local ou l’emplacement de restauration n’est obligatoire qu’à partir du moment où un salarié vous le demande. La participation financière de l’entreprise aux repas de vos salariés ne permet pas de remplir cette obligation.

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Sources
  • Articles R 4228-19 et suivants du Code du travail
  • Décret n° 2016-1331 du 6 octobre 2016 relatif aux obligations des entreprises en matière de vestiaire et de restauration sur les lieux de travail
  • Décret n° 2019-1586 du 31 décembre 2019 relatif aux seuils d'effectif
  • Arrêté du 4 mai 2017 relatif à la déclaration auprès des services de l'inspection du travail pour les établissements dans lesquels le nombre de travailleurs souhaitant prendre habituellement leur repas sur les lieux de travail est inférieur à vingt-cinq
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre sociale, du 30 mars 2010, n° 09-12074 (le restaurant d’entreprise fait partie des activités sociales et culturelles du comité d’entreprise)
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Les installations sanitaires de l’entreprise

Date de mise à jour : 23/03/2022 Date de vérification le : 23/03/2022 6 minutes
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Chaque entreprise doit être équipée de toilettes, de lavabos et parfois de douches. Ces installations font entièrement partie de votre obligation de garantir la santé et la sécurité de vos collaborateurs. Sont-elles toutefois nécessairement obligatoires ?

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Les installations sanitaires de l’entreprise


Installations sanitaires : de quoi parle-t-on ?

Des installations à prévoir. Vos collaborateurs doivent pouvoir avoir accès à des installations de type vestiaire, lavabos et toilettes mais aussi, le cas échéant, à des douches. Quelles sont vos obligations quant à ces installations ?

Qui est concerné ? A priori, toutes les entreprises sont concernées, exception faite des douches qui ne sont obligatoires que dans le cas où le travail effectué par vos collaborateurs est insalubre et salissant.

Une dispense est possible. Si, compte-tenu de la disposition des lieux, vous ne pouvez pas aménager les installations sanitaires dans les conditions prévues par la Loi, vous pouvez demander des dispenses auprès de l’inspecteur du travail après avis du CHSCT (ou, à défaut, des délégués du personnel) et du médecin du travail. Vous devez tout de même veiller à respecter, au mieux, les conditions d’hygiène.

Une question d’accessibilité. Pensez à rendre accessible les installations sanitaires aux personnes atteintes d’un handicap, et ce, quel que soit le handicap (pensez aux dispositifs visuels et auditifs en cas d’alerte à l’attention des personnes handicapées malvoyantes ou malentendantes). Cependant, les dispositions concernant les personnes utilisant un fauteuil roulant ont des exigences plus importantes en matière d’espace et sont donc prédominantes.


Des vestiaires dans entreprise : une obligation ?

Une installation obligatoire. Toutes les entreprises ont l’obligation de mettre à la disposition de leurs salariés un vestiaire collectif. La Loi ne prévoit aucune limitation selon le secteur d’activité, l’effectif de l’entreprise, le type de travail effectué, ou selon qu’une tenue spécifique de travail soit obligatoire ou non.

Selon quelles modalités ? Le vestiaire collectif doit être placé dans un local spécial. Il est isolé des locaux de travail et de stockage et il est placé à proximité du passage des travailleurs. Les vestiaires hommes et femmes doivent être séparés. Mais un meuble de rangement sera suffisant pour les travailleurs, qui n’ont pas à porter de vêtement de travail spécifique, ni d’équipements de protection individuels, et peut remplacer le vestiaire. Ce casier dédié aux effets personnels doit, néanmoins, être sécurisé et disposé à proximité du poste de travail de chacun.

Comment l’équiper ? Dans chaque vestiaire, vous devez disposer un nombre suffisant de sièges et de casiers individuels ininflammables. Ces casiers doivent pouvoir fermer à clé (ou par cadenas) et doivent permettre de suspendre 2 vêtements de ville. Dans le cas où les vêtements de travail sont susceptibles d’être souillés de matières dangereuses, salissantes ou malodorantes, le casier individuel doit comprendre un compartiment réservé à ces vêtements.

A noter. Le vestiaire doit être construit de manière à ce que le sol et les murs soient recouverts d’un revêtement permettant un nettoyage efficace.


Installer des lavabos dans l’entreprise

Un nombre suffisant. L’entreprise doit mettre à disposition de ses salariés, au minimum, un lavabo pour 10 personnes. Il faut prendre en compte l’effectif maximal des salariés présents simultanément dans l’établissement.

Où les installer ? Les lavabos doivent être installés dans un local spécial, isolé des locaux de travail et de stockage, mais aussi placés à proximité du passage des travailleurs. Dans le cas où les vestiaires et les lavabos seraient installés dans des locaux séparés, la communication entre eux doit pouvoir se faire sans avoir à traverser les locaux de travail ou de stockage et sans passer par l’extérieur.

Quel aménagement ? Le lavabo doit servir une eau potable avec une température réglable. Vous devez également prévoir, en plus de moyens de nettoyage (savon ou détergent d’atelier), un dispositif de séchage (soufflant ou d’essuyage). Comme pour les vestiaires, le sol et les murs doivent être recouverts d’un revêtement permettant un nettoyage efficace.


Ne pas oublier les toilettes !

Banal ! Vous vous en doutez, l’installation de toilettes tombe sous le sens et fait aussi partie des installations obligatoires de l’entreprise. Obligatoire oui, mais en quel nombre ? Où les placer ? A usage mixte ?

En prévoir assez. Comme pour les lavabos, vous devez déterminer l’effectif maximal de travailleurs présents simultanément dans l’établissement. Il faut alors prévoir au minimum 2 cabinets pour 20 femmes et un cabinet et un urinoir pour 20 hommes.

Le saviez-vous ?

Si vous devez prévoir 10 toilettes, au moins l’un d’entre eux, ainsi qu’un lavabo placé à proximité, doit être aménagé pour qu’il soit accessible, de manière autonome, à une personne handicapée. Cependant, si vous prévoyez moins de 10 toilettes, veillez à ce qu’au moins l’un d’entre eux puisse être aménagé, par des travaux simples, afin de permettre son accessibilité à une personne handicapée.

Où les installer ? Les toilettes ne doivent pas donner directement sur un lieu de travail. Vous pouvez insérer une pièce écran où disposer des lavabos par exemple. Si vous employez un personnel mixte, vous devez prévoir des toilettes séparés.

Et l’équipement ? Chacune des toilettes doit être équipée de papier hygiénique, d’une chasse d’eau, et, spécifiquement pour les toilettes pour femme, d’une poubelle. Prévoyez également un système de verrouillage à chaque porte qui puisse permettre une ouverture par l’extérieur en cas d’incident.

Une question d’hygiène. Prévoyez un revêtement imperméable du sol et des murs permettant un nettoyage efficace. Quant au nettoyage, il doit être effectué au minimum une fois par jour.


Parfois l’installation de douches est obligatoire !

Seulement dans certaines entreprises. Les douches ne sont pas obligatoires dans chaque entreprise. Seules les entreprises qui exploitent une activité occasionnant un travail insalubre et salissant doivent installer des douches pour les salariés.

     =>  Consultez la liste des travaux concernés.

Quelques précisions. La température de l’eau doit être réglable et chaque douche doit être installée dans une cabine individuelle. Prévoyez, ici encore, un revêtement du sol et des murs permettant un nettoyage efficace et veillez à ce que ce local soit constamment propre.

Le saviez-vous ?

Le temps passé à la douche doit être rémunéré comme des heures de travail, même s’il n’est pas considéré comme étant du travail effectif. Ce temps est compris entre 15 minutes et 1 heure, temps de déshabillage et de rhabillage compris. Vous devez rémunérer ce temps de douche, et ce, même si la douche n’est pas prise. Prévoyez également de faire apparaître cette rémunération, à part, sur les bulletins de salaire.

A retenir

Les installations sanitaires sont obligatoires dans l’entreprise. Prévoyez suffisamment de toilettes et de lavabos en cas d’accroissement de l’effectif de l’entreprise (2 pour 20). Pensez aussi à adapter ces installations aux salariés handicapés.

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Sources
  • Articles R4225-6 et suivants du Code du Travail
  • Articles R4228-1 et suivants du Code du Travail
  • Articles L4221-1 et suivants du Code du Travail
  • Décret 2016-1331 du 6 octobre 2016 relatif aux obligations des entreprises en matière de vestiaires et de restauration sur les lieux de travail
  • Arrêté du 23 juillet 1947 fixant les conditions dans lesquelles les douches doivent être mises à la disposition du personnel effectuant des travaux insalubres ou salissants
  • Arrêté du 3 octobre 1985 fixant les conditions dans lesquelles des douches doivent être mises à la disposition du personnel effectuant des travaux insalubres ou salissants
  • TJ 11 de l’INRS : Installations sanitaires des entreprises - Aide-mémoire juridique
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre sociale, du 9 mars 2022, n°20-22555 (locaux insalubres)
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