Prêt immobilier : les nouveautés du 1er juin 2022
Assurance emprunteur et droit à l’oubli : quoi de neuf ?
Actuellement, la plupart des prêts immobiliers accordés par les organismes de crédit sont accompagnés par un contrat d’assurance.
Cette assurance couvre les risques qui sont de nature à diminuer les capacités de l’acquéreur à rembourser (décès, invalidité, perte d’emploi ou incapacité de travail, etc.).
Depuis le 1er juin 2022, le délai au-delà duquel aucune information médicale relative aux pathologies cancéreuses ne peut être recueillie par les organismes assureurs ne peut excéder 5 ans après la date de fin du protocole thérapeutique. C’est ce qu’on appelle le « droit à l’oubli ».
De plus, les emprunteurs n’ont plus à se soumettre à un questionnaire et à un examen médical si les 2 conditions suivantes sont réunies :
- la part assurée sur l'encours cumulé des contrats de crédit n'excède pas 200 000 € par assuré ;
- l'échéance de remboursement du crédit contracté est antérieure au 60ème anniversaire de l'assuré.
L’absence de questionnaire médical concerne les prêts immobiliers octroyés à des consommateurs pour l'acquisition de biens à usage d'habitation et à usage mixte (habitation et professionnel).
En raison de ces modifications, le modèle-type de la fiche standardisée d'information relative à l'assurance ayant pour objet le remboursement d'un prêt est mis à jour.
Enfin, pour rappel, le consommateur peut résilier à tout moment son contrat d’assurance-emprunteur pour les offres de prêt émises depuis le 1er juin 2022. Ce droit n’est ouvert aux contrats d’assurance en cours d’exécution à cette date qu’à compter du 1er septembre 2022.
- Arrêté du 27 mai 2022 modifiant l'arrêté du 29 avril 2015 modifié précisant le format et le contenu de la fiche standardisée d'information relative à l'assurance ayant pour objet le remboursement d'un prêt
Conformité aux règles de concurrence : tout un programme !
Mise en place d’un programme de conformité aux règles de concurrence
Le respect des règles en matière de concurrence est un enjeu important pour une entreprise, car les infractions à cette règlementation peuvent entrainer des conséquences financières importantes (amendes, dédommagement des concurrents, etc.).
Ainsi, pour prévenir ces risques, il est fortement conseillé d’établir un programme de conformité, c’est-à-dire de mettre en place, en interne, un processus de prévention et de contrôle adapté à son activité.
Concrètement, vous pouvez notamment :
- former vos salariés et dirigeants pour les sensibiliser au respect de cette règlementation ;
- mettre en place des procédures d’alerte, de conseil, d’audit, etc. pour permettre la détection rapide d’éventuelles infractions ;
- désigner un référent qui devra s’assurer de la mise en œuvre du programme de conformité ;
- mettre en place un dispositif de suivi en cas d’infraction ;
- etc.
Pour vous accompagner et vous aiguiller dans l’établissement de ce programme, l’autorité de la concurrence vient de publier la mise à jour d’un document-cadre, disponible ici, précisant :
- les pouvoirs dont dispose l’Autorité de la concurrence pour mener à bien sa mission de surveillance des marchés ;
- les bénéfices et avantages de la mise en place d’un programme de conformité ;
- les critères et conditions permettant de s’assurer de l’efficacité du programme ;
- etc.
- Communiqué de presse de l’autorité de la concurrence du 24 mai 2022
Renouvellement du bail commercial : changer d’avis n’est pas toujours une option
Renouvellement du bail commercial : une acceptation (ir)révocable
Un bailleur notifie un commandement de payer un arriéré de charges à son locataire commercial, sous peine de mettre fin au bail.
Au fil des échanges, le bailleur et le locataire évoquent le renouvellement du bail commercial. D’accord sur le principe du renouvellement, le bailleur explique quand même qu’il est conditionné à une hausse de loyer dont le montant sera décidé par le juge.
Mais, quelques mois plus tard, les tensions ressurgissent et le bailleur refuse finalement de renouveler le bail commercial.
Sauf qu’il ne peut pas changer d’avis, conteste le locataire…
Ce que confirme le juge : à partir du moment où il a accepté de renouveler le bail commercial, sous la seule réserve d'une hausse du loyer du bail renouvelé, le bailleur a manifesté sa volonté de renoncer à son choix initial de ne pas le renouveler en raison des manquements contractuels du locataire.
Dès lors, le bailleur ne peut plus changer d'avis, de sorte que le locataire ne peut pas se voir ici notifier un refus de renouvellement de son bail.
- Arrêt de la Cour de cassation, 3e chambre civile, du 11 mai 2022, n° 19-13738
Actifs numériques : un guide pour accompagner les entreprises du secteur
Un guide d’accompagnement mis à jour au 31 mai 2022
Pour rappel, une entreprise qui souhaite proposer des produits en cryptomonnaies en France est considérée comme un « prestataire de services sur actifs numériques » (PSAN).
A ce titre, elle doit, selon les situations, se faire enregistrer ou obtenir un agrément auprès de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF).
Pour aider les entreprises à monter leur dossier de demande d’enregistrement ou d’agrément, l’AMF a publié sa « doctrine PSAN », une sorte de guide d’accompagnement.
Celle-ci vient d’être mise à jour, pour tenir compte des évolutions dans les produits et les modèles d’affaires des acteurs du secteur.
A titre d’exemple, la doctrine vise désormais les activités de :
- « staking », qui permettent de générer des revenus passifs en immobilisant une cryptomonnaie dans un portefeuille ;
- « lending », qui sont des activités de prêt en cryptomonnaies, utilisées dans le cadre de la finance décentralisée (DeFi).
- Actualité de l’AMF du 1er juin 2022
Professionnels du tourisme : et si vous obteniez le label Qualité tourisme ?
Label Qualité tourisme : meilleur accueil, meilleures prestations
Le Label Qualité tourisme vise à renforcer la qualité des destinations de vacances en France.
Fédérant plus de 5 500 établissements, il concerne notamment les hôtels, les résidences de tourisme, les villages de vacances, les campings, les restaurants, les cafés et les brasseries.
L’objectif du label est de garantir la qualité des prestations proposées par les établissements qui le détiennent.
Chaleur de l’accueil, attention du personnel, maîtrise des langues étrangères, propreté et confort, etc., autant de critères qui peuvent déterminer la satisfaction et la fidélisation des clients !
Pour l’obtenir, les professionnels sont dans l’obligation de suivre une démarche qualité particulière, et font l’objet d’un contrôle « mystère » tous les 3 à 5 ans.
Notez enfin qu’un moteur de recherche spécifique « Qualité tourisme » permet de retrouver l’ensemble des établissements labellisés.
- Actualité du site economie.gouv.fr du 2 juin 2022
RGPD : qui est responsable dans une commande publique ?
RGPD et commande publique : publication d’un guide pratique
Au regard de la réglementation générale sur la protection des données (RGPD), lorsqu’un organisme privé exécute une commande publique et qu’il collecte des données personnelles à cette occasion, il peut être :
- responsable de traitement ;
- co-responsable de traitement avec l’administration ;
- sous-traitant pour le compte de l’administration.
Quelle que soit l’hypothèse choisie, elle doit être contractualisée entre l’administration qui passe la commande publique et l’organisme privé.
Pour aiguiller les acteurs concernés sur la marche à suivre, la Cnil a publié un guide sur la responsabilité des acteurs dans le cadre de la commande publique.
- Actualité de la Cnil du 2 juin 2022
Outil d’analyse statistique : à mettre (impérativement) à jour ?
Une simple modification du paramétrage n’est pas suffisante
Pour mémoire, le transfert de données personnelles vers un pays situé hors de l’Union européenne (UE) est strictement encadré par le Règlement général sur la protection des données (RGPD).
Celui-ci interdit, en effet, le transfert de données vers un pays qui n’offre pas un niveau de protection suffisant, comme les Etats-Unis. Pourtant, il est apparu que l’utilisation d’un outil d’analyse statistique (« Google Analytics ») entrainait un transfert des données des utilisateurs des sites sur lesquels il est intégré vers ce pays.
Après recherches, la Cnil vient d’annoncer qu’une simple modification du paramétrage de l’outil est insuffisante. A ce stade, une seule solution est possible : l’utilisation d’un serveur mandataire (« proxy ») pour éviter tout contact direct entre le terminal de l’internaute et les serveurs de l’outil de mesure.
Le choix du proxy demande une étude approfondie car il faut qu’il respecte un ensemble de critères permettant de s’assurer que la pseudonymisation des données est bel et bien efficace.
Il faut également s’assurer que le serveur du proxy est lui-même hébergé dans des conditions qui permettent de garantir que les données ne seront pas transférées vers un pays qui n’offre pas un niveau de protection suffisant.
Enfin, sachez que pour aider les professionnels, la Cnil a mis en place une foire aux questions.
- Actualité de la Cnil du 7 juin 2022
Plan Touch : du nouveau pour les professionnels du divertissement
Lancement de la deuxième promotion des Accélérateurs Jeux Vidéo et Cinéma Audiovisuel
Bpifrance, le Centre National du Cinéma et de l’image animée (CNC) et l’Institut pour le Financement du Cinéma et des Industries Culturelles (IFCIC) ont lancé la deuxième promotion de l’Accélérateur Jeux Vidéo et de l’Accélérateur Cinéma Audiovisuel.
Cette aide vise, pendant 18 mois, à accroître la compétitivité des acteurs de ces filières et à les aider à faire face aux défis de demain.
Les bénéficiaires profiteront d’un accompagnement innovant, sélectif et personnalisé, axé sur 5 enjeux majeurs :
- maîtriser l’évolution de leur modèle économique et de leur marché,
- financer les cycles de production,
- développer leur leadership et gérer leurs talents dans un environnement créatif,
- sécuriser leur développement international,
- innover pour anticiper les attentes des publics.
Concrètement, les Accélérateurs comportent :
- un volet conseil : réalisation d’un diagnostic d’entrée ou d’un diagnostic 360° pour challenger l’entreprise et son business-model, afin d’identifier les axes prioritaires de croissance, suivi de 10 à 20 jours de conseil adapté à leurs enjeux ;
- un volet formation : 6 séminaires d’une journée dispensés par HEC Paris, sur des thématiques ciblées (stratégie, financement du développement, RH, etc.), permettant aux entreprises de renforcer leurs compétences et de nourrir leurs réflexions stratégiques ;
- un volet mise en relation : 4 journées dédiées aux enjeux spécifiques de la filière avec l’ensemble des partenaires du programme et 2 journées orientées business ; les entreprises auront également un accès privilégié à certains réseaux d’entrepreneurs (communauté des Accélérés, communauté Bpifrance Excellence, etc.).
- Actualité de Bpifrance du 7 juin 2022
Agence de voyages : anticiper (et prévoir ?) les accidents !
Agence de voyages : l’expérience ne suffit pas…
Au cours d’un circuit à moto organisé aux Etats-Unis par un voyagiste, un motard en heurte un autre et le blesse.
Le motard blessé réclame alors des indemnités au voyagiste… qui refuse de payer : il ne s’estime pas responsable de l’accident puisque celui-ci était « imprévisible ». Il rappelle, en effet, que les participants au voyage étaient tous expérimentés et que le motard responsable de la collision n’avait jamais eu d’accident.
« Un accident prévisible », conteste le motard blessé, puisque le voyagiste a justement exigé des participants qu’ils aient une certaine expérience.
Ce que confirme le juge : l’éventualité d’un accident était effectivement prévisible, ce qui explique que le voyagiste ait exigé des motards qu’ils soient expérimentés.
Dès lors, le voyagiste ne peut pas s’exonérer de sa responsabilité et doit indemniser le motard blessé.
- Arrêt de la Cour de cassation, 1re chambre civile, du 15 juin 2022, n° 19-10798
Usage des pesticides : la liste des interdictions s’élargit
Renforcement de l’interdiction de l’usage des pesticides
Pour rappel, depuis 2017, il est interdit à l’Etat, aux collectivités territoriales et aux établissement publics d’utiliser des produits phytosanitaires (c’est-à-dire tous les produits phytopharmaceutiques, sauf les produits de biocontrôle, les produits qualifiés à « faible risque » et les produits d’agriculture biologique). Cette interdiction concerne l’entretien des espaces verts, les voiries, les promenades et les forêts, ouverts au public.
A partir du 1er juillet 2022, l’utilisation des produits phytopharmaceutiques sera également interdite dans :
- les propriétés privées à usage d'habitation, y compris leurs espaces extérieurs et leurs espaces d'agrément ;
- les hôtels et les auberges collectives, les hébergements ainsi que les terrains de campings et les parcs résidentiels de loisirs ;
- les cimetières et columbariums ;
- les jardins ;
- les parcs d'attraction ;
- les zones accessibles au public dans les zones destinées au commerce et activités de services ;
- les voies d'accès privées, les espaces verts et les zones de repos sur les lieux de travail, à l'exclusion des zones où le traitement est nécessaire pour des questions de sécurité ;
- les zones à usage collectif des établissements d'enseignement ;
- les établissements de santé, les maisons de santé et les centres de santé, y compris leurs espaces verts, leurs forêts, leurs voiries, ou leurs promenades accessibles ou ouverts au public ;
- les établissements sociaux et médico-sociaux à l'exception des établissements participant à ou assurant des formations professionnelles, ou assurant une activité d'aide par le travail conduisant potentiellement à l'usage de ces produits, y compris leurs espaces verts, leurs forêts, leurs voiries, ou leurs promenades accessibles ou ouverts au public ;
- les maisons d'assistants maternels et les domiciles des assistants maternels qui accueillent des mineurs, y compris leurs espaces verts ;
- les aérodromes affectés à titre principal au ministère chargé de l'aviation civile, côté ville, sur certains espaces et côté piste, à l'exception des zones sur lesquelles le traitement est nécessaire pour des motifs de sécurité aéronautique ou de sûreté aéroportuaire ;
- les équipements sportifs, autres que :
- ○ les terrains de grands jeux, les pistes d'hippodromes et les terrains de tennis sur gazon, dont l'accès est réglementé, maîtrisé et réservé aux utilisateurs ;
- ○ les golfs et les practices de golf, uniquement s'agissant des départs, greens et fairways.
Notez que pour ce type d’équipements sportifs, en effet, l’interdiction ne sera effective qu’à partir du 1er janvier 2025.
Pour finir, retenez que l’interdiction d’utiliser des produits phytopharmaceutiques ne s'applique pas :
- aux traitements et mesures nécessaires à la destruction et à la prévention de la propagation des organismes nuisibles réglementés ;
- aux traitements par des produits phytopharmaceutiques qui s'avèrent nécessaires pour lutter contre un danger sanitaire grave menaçant la pérennité du patrimoine historique ou biologique et ne pouvant être maîtrisé par un autre moyen, y compris une méthode non chimique.
Elle ne s’appliquera pas non plus, à compter du 1er janvier 2025, pour les terrains de grands jeux, les pistes d'hippodromes et les terrains de tennis sur gazon, dont l'accès est réglementé, maîtrisé et réservé aux utilisateurs, ainsi que pour les golfs et les practices de golf, uniquement s'agissant des départs, greens et fairways, aux usages des produits phytopharmaceutiques, figurant sur une liste établie ultérieurement, pour lesquels aucune solution technique alternative ne permet d'obtenir la qualité requise dans le cadre des compétitions officielles.
- Arrêté du 15 janvier 2021 relatif aux mesures de protection des personnes lors de l'utilisation de produits phytopharmaceutiques dans les propriétés privées, les lieux fréquentés par le public et dans les lieux à usage collectif et modifiant l'arrêté du 4 mai 2017 relatif à la mise sur le marché et à l'utilisation des produits phytopharmaceutiques et de leurs adjuvants visés à l'article L. 253-1 du code rural et de la pêche maritime
