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Déménageurs : quelle est l’étendue de votre responsabilité ?

Date de mise à jour : 01/06/2021 Date de vérification le : 01/06/2021 12 minutes
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Un de vos clients vous fait part d’une réclamation concernant l’état de ses biens suite à un déménagement. Un autre se plaint de délai non respecté et vous demande une indemnisation. Comment faire face à ces situations ? Quelle est l’étendue de votre responsabilité ?

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Déménageurs : quelle est l’étendue de votre responsabilité ?


Une responsabilité découlant du contrat de déménagement

Un principe. Le contrat de déménagement doit prévoir ses modalités d’exécution. Cela signifie qu’il doit mentionner les conditions d'enlèvement, de transport et de livraison des biens de votre client (les délais, notamment), le prix de la prestation et les obligations respectives des parties.

Un modèle de contrat ? A défaut de stipulations particulières, vos relations commerciales seront soumises aux clauses d’un contrat type.

     => Vous pouvez consulter notre annexe : contrat type de commission de transport.

Pendant combien de temps ? Votre responsabilité peut, en principe, être engagée pendant un délai d’un an pour les actions concernant un retard, la perte de marchandises ou des avaries. Ce délai se décompte à partir de la date de livraison des biens de votre client (ou de la date à laquelle elle devait être remise, en cas de perte totale). Il peut être interrompu en cas de reconnaissance non équivoque par le transporteur de son obligation d’indemniser son client (ce qui peut permettre au client d’agir en justice au-delà du délai d’un an). Le délai de recours est toutefois porté à 5 ans si vous vous rendez coupable de fraude ou d’infidélité (cas qui implique une volonté malveillante ou de déloyauté de votre part).

Délai de prescription : attention aux détails ! Le juge a récemment rappelé que le délai de prescription d’un an ne concerne que les seuls contrats ayant pour objet des prestations de transport de marchandises. Ainsi, l’entreprise sous-traitante qui n’a été mandatée que pour la manutention d’un transformateur électrique ne peut se prévaloir de ce délai.

Le saviez-vous ?

Vous pouvez engager la responsabilité de votre client, si les marchandises transportées pour son compte ont causé des dommages à votre véhicule de transport. Dans ce cas, vous êtes également tenu d’agir dans le délai d’un an à compter de la date de livraison prévue au contrat, ou celle à laquelle la marchandise a pu être livrée.

Des formalités ? Pour bénéficier du délai d’un an pour agir en responsabilité, il faut que votre cocontractant mécontent accomplisse certaines formalités. Il s’agit ici de compléter la lettre de voiture au moment de la livraison de la marchandise. Une réception sans réserve de la marchandise vous exonère de toute responsabilité quant aux dommages qui ont pu être causés à la marchandise.

Un court délai. Le contrat de déménagement conclu entre un professionnel et un particulier obéit à un régime spécifique : le consommateur dispose d’un délai de 10 jours à compter de la réception de ses biens pour émettre ses réserves, par lettre recommandée. Il peut aussi émettre ses réserves au moment même de la réception. Dans ce cas, il n’a pas besoin de confirmer les réserves par LRAR.


Une responsabilité résultant du retard de livraison

Une indemnisation. Par principe, tout retard préjudiciable dans l’exécution d’un contrat, s’il n’est pas justifié par un cas de force majeure, doit donner lieu à une indemnisation. En matière de transport de marchandises, ce principe est quelque peu adapté.

Une indemnisation limitée ? Le contrat type de commission de transport prévoit que tout retard occasionnant un préjudice donne lieu à indemnisation, celle-ci se limitant toutefois au prix de la prestation de transport (hors droits, taxes et frais divers).

Un complément d’indemnisation ? Si vous avez signé un contrat déterminant les modalités de son exécution, en fixant un délai ferme de livraison, ce délai s’impose à vous. Dès lors, tout retard occasionnant un préjudice donne lieu à réparation de l’entier préjudice subi par votre cocontractant.

Sauf… si vous justifiez d’un cas de force majeure ou si le contrat de commission de transport prévoit une clause limitative de responsabilité.

Pas d’indemnisation ? La clause qui exonère le transporteur de toute responsabilité pour retard est nulle.

Le saviez-vous ?

La clause limitative de responsabilité n’est pas valable en cas de faute inexcusable de votre part. C’est-à-dire si vous avez commis une faute délibérée (sans raison valable) avec la pleine conscience qu’il puisse en résulter un dommage pour votre client.


Responsabilité du transporteur en cas de pertes ou d’avaries

Qu’est-ce que la perte ? La perte résulte de l’impossibilité de livrer la marchandise prise en charge. Elle est partielle lorsqu’une partie de la marchandise mentionnée dans le document de prise en charge est livrée à destination. Elle est totale lorsque vous êtes dans l’impossibilité matérielle de livrer le bien mentionné dans le document de prise en charge.

Qu’est-ce qu’une avarie ? Une avarie est un dommage causé à la marchandise entre son chargement et son déchargement du véhicule.

Quelle responsabilité ? Vous ne pouvez pas vous exonérer de cette responsabilité par une clause spécifique dans le contrat de commission de transport : il s’agit d’une obligation de résultat qui pèse sur vous. Cela signifie que la marchandise doit arriver conformément à ce qu’elle était d’après le document de prise en charge. Ce principe est toutefois atténué si le dommage résulte d’un vice inhérent à la marchandise.

Le saviez-vous ?

Si votre donneur d’ordre participe au chargement du véhicule, il a alors la qualité d’expéditeur. Aussi, en cas de réserves émises par le destinataire, c’est lui-même qui pourra être mis en cause.

Client professionnel : quelle indemnisation ? L’indemnisation peut être plafonnée en application du contrat, lorsqu’il le prévoit. Par ailleurs, le contrat type fixe la réparation due par le transporteur à 20 € par kilogramme de poids brut de marchandise manquante ou avariée, sans pouvoir excéder une somme supérieure au produit du poids brut de la marchandise de l'envoi exprimé en tonnes multiplié par 5 000 €.

Mais… Il est possible de faire remplir une déclaration de valeur ou une déclaration d’intérêt spécial à la livraison. Dans ces cas, en cas de perte ou d’avarie, vous serez redevable d’une indemnité égale à la valeur déclarée. Ces options peuvent, bien entendu, donner lieu à un coût supplémentaire pour le donneur d’ordre.

Client particulier : quelle indemnisation ? L’indemnisation peut être plafonnée en application du contrat, lorsqu’il le prévoit. Toutefois, la clause qui a pour objet de supprimer ou de réduire le droit à réparation du client en cas de manquement du déménageur à ses obligations est abusive.

Vol de marchandises. En cas de vol de marchandises, vous devez effectuer toutes les diligences nécessaires pour faire constater précisément l’existence et l’étendue des pertes.

Pour la petite histoire. Une société dont la marchandise a été volée a réclamé l’indemnisation totale de son préjudice, le transporteur n’ayant pas respecté le contrat. Ce dernier interdisait, en effet, le recours à la sous-traitance, ce qu’a pourtant fait le transporteur. Peine perdue, cependant, le juge rappelant que le seul fait de ne pas respecter l’interdiction de sous-traitance n’implique pas, en lui-même, la réalisation du vol.

Pour la petite histoire (bis). Une société dont la marchandise a été endommagée a également réclamée l’indemnisation totale de son préjudice, le transporteur ayant tenté de passer, sans succès, sous un pont trop petit pour le camion. Pour la société, il s’agissait là d’une faute délibérée du transporteur. A tort, pour le juge : le pont n’était pas aux normes départementales, ce qu’aucun panneau ne signalait.

Pour la petite histoire (ter). Une société de déménagement a émis une offre d’indemnité à une cliente dont les meubles avaient été abimés. Celle-ci a refusé l’offre et a par la suite saisit la justice plus d’un an après le déménagement. Pour justifier ce dépassement du délai d’un an, la cliente a expliqué que l’offre d’indemnité valait reconnaissance de responsabilité, cette reconnaissance interrompant le délai de pour agir. A tort, pour le juge qui a rappelé qu’en l’absence de reconnaissance de responsabilité expressément mentionnée dans l’offre, celle-ci n’avait pas pour effet d’interrompre le délai pour agir.

Pour la petite histoire (quater). Une société de transport n’a pas pu faire valoir la clause limitative de responsabilité insérée dans un contrat à son client, suite au vol de sa marchandise (des téléviseurs). Le juge a, en effet, considéré que la société avait commis une faute inexcusable : le transporteur s’était garé, de nuit, sur un site isolé en pleine campagne, sans aucune surveillance effective. En outre, Les téléviseurs se trouvaient dans une remorque non cadenassée, ce qui était en contradiction avec les instructions qui lui avaient été données.

Pour la petite histoire (quinquies). Un transporteur a été chargé de transporter par navire des palmiers, dont 9 sont arrivés morts, à destination. Sa responsabilité n’a pas été retenue par le juge car le transporteur n’avait pas reçu d’instruction particulière, de la société qui les avait achetés, pour les soins à apporter aux palmiers ; et un rapport d’expertise a révélé que c’est l’entreprise qui avait chargé les palmiers dans le navire qui était fautive.

Pour la petite histoire (sexies). Un transporteur a vu sa responsabilité engagée, sans qu’il puisse se prévaloir de la clause limitative de responsabilité, suite au vol des photocopieurs transportés durant un week-end, car il avait commis une faute inexcusable (entrepôt non surveillé le week-end et attelage laissé portes ouvertes).

Pour la petite histoire (septies). Un juge a considéré qu’un transporteur n’avait pas commis de faute inexcusable en obéissant à l’injonction de voleurs déguisés en policiers.

Pour la petite histoire (octies). Il a été jugé qu’un transporteur n’ayant pas sanglé les marchandises transportées, qui ont chuté pendant le transport, n’avait pas commis de faute inexcusable dans la mesure où il ne lui avait été donné aucune instruction quant à l’arrimage des caisses. A défaut d’avoir eu conscience de la probabilité du dommage, il ne peut pas lui être reprochée une faute délibérée.

Pour la petite histoire (nonies A). Il a été jugé qu’un transporteur qui laisse une remorque de marchandises sur un parking sans surveillance après avoir désolidarisé la remorque du véhicule qui la tracte est responsable de son vol.

Pour la petite histoire (nonies B). Il a été jugé qu’un transporteur terrestre qui n’a pas émis de réserves à la réception de la marchandise peut toutefois s’exonérer de sa responsabilité s’il prouve que les pertes et avaries sont survenues pendant le transport maritime. Dans cette affaire, le transport de la marchandise s’est fait en 2 temps : transport maritime, puis transport terrestre. A la suite du constat de la disparition et de la casse d’une partie de la marchandise à la livraison finale, le transporteur maritime contestait l’engagement de sa responsabilité, en indiquant que le transporteur terrestre, qui était intervenu en dernier lieu, n’avait pas émis de réserves à la réception de la marchandise. Sauf, a retenu le juge, que les éléments de preuve apportés par le transporteur terrestre prouvent que les avaries sont arrivées pendant le transport maritime. Le transporteur maritime est donc seul responsable.

Pour la petite histoire (nonies C). Il a été jugé qu’un transporteur n’est pas tenu de rembourser l’intégralité d’une marchandise volée au moment de la livraison, lorsqu’il existe un contrat de transport entre elle est la société expéditrice plafonnant cette indemnité. Selon le juge, le remboursement intégral n’est dû que lorsque le transporteur a commis une faute délibérée entrainant le vol. Or, s’il n’a pas connaissance de la valeur et de l’importance de la marchandise, il ne peut savoir que des précautions particulières sont à prendre. Dans ces conditions, il ne peut donc pas avoir conscience de la probabilité du dommage.

A retenir

Lorsque vous êtes chargé de réaliser un déménagement, vous êtes tenu d’une obligation de résultat dans la livraison, c’est-à-dire que vous devez livrer les biens de votre client, conformément à l’état dans lesquels ils étaient lorsque vous les avez pris en charge. Cela signifie que si le résultat n’est pas atteint, votre responsabilité peut être engagée. Néanmoins, les indemnisations auxquelles vous pouvez être tenu sont susceptibles d’être plafonnées, en fonction de ce que votre contrat prévoit. D’où l’intérêt de sécuriser vos contrats !

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Sources
  • Article 1231-1 du Code Civil (indemnisation en cas d’inexécution du contrat)
  • Articles L 133-1 et suivants du Code de Commerce (responsabilité des transporteurs)
  • Article L 224-63 du Code de la consommation (délai du consommateur pour les réserves)
  • Articles L1432-1 et suivants du Code des Transports
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 12 juillet 2016, n° 14-20906 (une faute non intentionnelle n’est pas une faute inexcusable)
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 13 septembre 2016, n° 14-23137 (pas de responsabilité du transporteur pour avarie si l’expéditeur a chargé les marchandises dans le véhicule)
  • Arrêt de la Cour de cassation, 1ère chambre civile, du 12 octobre 2016, n° 15-21194 (contrat de déménagement avec prestation de transport-prescription d’un an)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre commerciale, du 8 mars 2017, n° 15-13384 (négligence fautive du transporteur)
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 10 janvier 2018, n° 16-21227 (marchandises volées-constatations insuffisantes)
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 24 janvier 2018, n° 16-21284 (le voiturier est celui a effectué personnellement le transport)
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 13 septembre 2017, n° 16-10596 (pas d’indemnisation totale-recours à la sous-traitance interdite par le contrat)
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 11 avril 2018, n° 17-12975 (absence de faute délibérée du transporteur)
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 9 mai 2018, n° 17-13030 (nullité de la clause qui exonère le transporteur de toute responsabilité pour retard)
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 20 juin 2018, n° 17-15164 (chauffeur qui roule trop vite-client non responsable)
  • Arrêt de la Cour de cassation, 1ère chambre civile, du 19 septembre 2018, n° 17-21483 (déménagement-offre d’indemnité qui ne vaut pas reconnaissance de responsabilité)
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 21 novembre 2018, n° 17-17468 (téléviseurs volés-faute inexcusable)
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 16 janvier 2019, n° 17-17314 (palmiers morts-faute du chargeur et non du transporteur)
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 16 janvier 2019, n° 17-26299 (photocopieurs volés-faute du transporteur)
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 16 janvier 2019, n° 17-31683 (mobil-home qui heurte un pont-action hors délai du client)
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 30 janvier 2019, n° 17-16604 (vol commis par des voleurs déguisés en policiers)
  • Arrêt de la Cour de cassation, 1ère chambre civile, du 11 décembre 2019, n° 18-21164 (clause abusive et contrat de déménagement)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre commerciale, du 11 mars 2020, n° 18-25552 (NP - délai de prescription applicable en cas de fraude au contrat de transport)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre commerciale, du 11 mars 2020, n° 17-31612 (NP - le transporteur qui n'a pas reçu d'instruction d'arrimage des caisses transportées n'a pas commis de faute inexcusable, car il ne pouvait pas avoir conscience de la probabilité du dommage)
  • Arrêt de la Cour de Cassation, chambre commerciale, du 11 mars 2020, n° 17-31612 (problème de sangles)
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 21 octobre 2020, n° 19-16206 (NP)(un transporteur qui laisse une remorque de marchandises sur un parking sans surveillance après avoir désolidarisé la remorque du véhicule qui la tracte est responsable de son vol)
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 6 janvier 2021, n° 18-22782 (NP) (le transporteur terrestre qui n’a pas émis de réserves à la réception des marchandises peut s’exonérer de sa responsabilité s’il prouve que les pertes et avaries sont survenues pendant le transport maritime)
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale du 25 novembre 2020, n°18-26387 (la société qui n’informe pas le transporteur de la valeur importante des colis transportés ne peut réclamer, en cas de vol de ceux-ci, une indemnisation intégrale de son préjudice)
  • Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 19 mai 2021, n° 19-22706 (NP) (un contrat de sous-traitance qui ne porte que sur la manutention d’un transformateur électrique n’a pas à être soumis au délai de prescription d’un an prévu en matière de transport)
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Prestataires de services : si vous diffusez de la musique…

Date de mise à jour : 29/07/2021 Date de vérification le : 07/09/2023 7 minutes
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Si vous envisagez de diffuser de la musique dans votre local, vous devrez, au préalable, effectuer des démarches afin d’être en conformité avec la réglementation. Mais une fois obtenue l’autorisation de diffuser de la musique, de nouvelles règles s’imposent. Lesquelles ?

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Prestataires de services : si vous diffusez de la musique…


Diffusion de musique : le principe de redevance

Diffuser de la musique de sonorisation… Diffuser de la musique en fond sonore dans votre local professionnel participe à l’attrait de votre clientèle dans votre établissement et à sa fidélisation, tendant à agrémenter son passage.

…ce n’est pas gratuit ! Diffuser de la musique à des fins commerciales n’est pas gratuit : il faut rémunérer l’artiste-interprète et les producteurs, la rémunération étant répartie par moitié et calculée par rapport aux recettes de l’exploitation ou bien évaluée forfaitairement.

La SACEM. Pour rémunérer l’artiste-interprète et les producteurs, il y a un acteur incontournable que vous devez contacter : la société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM), organisme qui gère un répertoire important d’artistes-interprètes. C’est, en effet, à la SACEM qu’il faut verser les redevances.

La SPRE. En plus de la rémunération due à la SACEM, il faut verser une rémunération à la société pour la perception de la rémunération équitable (SPRE) au titre du droit à une rémunération équitable.

Le saviez-vous ?

Lorsque la diffusion n’a pas de but commercial et n’est pas susceptible d’attirer de nouveaux clients comme un cabinet dentaire, par exemple, la diffusion ne donne pas lieu à rémunération.

Déclarez la sonorisation ! Vous devez vous rendre sur le site internet de la SACEM (www.sacem.fr) et y faire une déclaration de demande d’autorisation de diffusion de musique.

Quel forfait ? Le forfait varie selon l’activité de l’établissement. Il existe un forfait spécifique pour :

  • l’activité de karting ;
  • les agences commerciales ;
  • les établissements de bowling (le montant dépend du nombre de pistes, il existe une majoration de 25 % pour les bowlings saisonniers) ;
  • les discothèques (la redevance varie selon que vous choisissez un montant forfaitaire (qui est plafonné) ou bien dépendant de votre chiffre d’affaires) ;
  • les stations-services (le montant varie selon le nombre de voitures qui peuvent se ravitailler en même temps) ;
  • les parcs d’attraction (la redevance dépend du nombre d’entrées annuel et du prix du ticket d’entrée et de la présence d’un éventuel espace animalier ou floral).

Accords de groupes. Si votre établissement fait partie d’un organisme professionnel qui a conclu un accord avec la SACEM, vous pouvez bénéficier d’un forfait réduit.

Sanctions. Sachez que la diffusion de musique sans autorisation de la SACEM est sanctionnée par une amende pouvant atteindre 300 000 € et 3 ans d’emprisonnement. Notez que, le cas échéant, le juge peut ordonner la fermeture totale ou partielle, définitive ou temporaire, pour une durée au plus de 5 ans, de l'établissement ayant servi à commettre l'infraction.


Diffusion de musique : limiter les nuisances sonores

Attention aux nuisances sonores ! Si vous pouvez diffuser de la musique, vous ne pouvez pas le faire n’importe comment. Il existe, en effet, des règles qui limitent la puissance de diffusion afin de ne pas créer une nuisance sonore auprès du voisinage.

Vous devez monter un dossier d’études d’impact. Pour connaître les règles à respecter, vous devez tout d’abord rédiger une étude d’impact des nuisances sonores.

Locaux contigus. Lorsque votre local professionnel est contigu de bâtiments d'habitation ou est situé à l'intérieur de tels bâtiments, l'isolation phonique doit être suffisante pour ne pas gêner le voisinage.

À retenir

Si vous diffusez de la musique dans votre établissement, vous devez contacter la SACEM à qui vous verserez une redevance (qui va varier selon votre activité.) Diffuser de la musique doit également se faire dans le respect du voisinage. Respectez les limites sonores.
 

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Organiser une foire ou un salon : ce qu’il faut savoir

Date de mise à jour : 22/06/2021 Date de vérification le : 22/06/2021 4 minutes
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Si vous souhaitez organiser une foire ou un salon professionnel, cela suppose de respecter certaines règles précises afin de remplir vos obligations. Quelles sont les démarches que vous avez à connaître et à respecter ?

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Organiser une foire ou un salon : ce qu’il faut savoir


Foires et salons : une double réglementation

2 types de manifestations commerciales... Il existe 2 façons d’organiser une foire ou un salon : soit vous l’organisez dans un parc d’exposition, soit vous l’organisez hors d’un parc d’exposition (il s’agit alors forcément d’un salon professionnel). Cette dualité de manifestations commerciales engendre 2 règles différentes à respecter selon le type d’organisation choisie.

… pour 2 types de déclarations. Si vous choisissez d’opter pour un parc d’exposition, sachez que le programme des manifestations commerciales fait l’objet d’une déclaration annuelle préalable. De la même manière, si vous optez pour un salon professionnel, il faut déclarer au préalable auprès de l’autorité compétente la tenue du salon.

Exclusions. Ne sont pas soumis à ces 2 types de déclarations :

  • les expositions internationales régies par la Convention de Paris du 22 novembre 1928 relative aux expositions internationales et universelles ;
  • les expositions ne comportant aucune opération commerciale ;
  • les expositions de nature éducative, scientifique, d’information ou consacrées aux œuvres de l’esprit relevant du code de la propriété intellectuelle ;
  • les manifestations exclusivement artistiques ;
  • les fêtes foraines ;
  • les manifestations agricoles lorsque seuls des producteurs ou des éleveurs y sont exposants.

Sanctions. En cas de foires ou de salons professionnels organisés sans déclaration préalable, la sanction prévue est une amende de 15 000 €.

Le saviez-vous ?

Depuis le 1er juillet 2018, l’enregistrement (initial et modificatif) d’un parc d’exposition, d’une foire ou d’un salon peut seulement se faire en ligne.


Foires et salons : la réglementation dans un parc d’exposition

Parc d’exposition. Un parc d’exposition est « un ensemble immobilier clos indépendant, doté d'installations et d'équipements appropriés ayant un caractère permanent, qui accueille pendant tout ou partie de l'année, des manifestations commerciales ou autres, à caractère temporaire ».

Déclaration du programme annuel. L’organisation d’une foire dans un parc suppose que l’exploitant ait déclaré préalablement le programme annuel, pour chaque année civile, avant le 1er octobre de l’année précédente.

Exemple. Si vous souhaitez organiser une foire pendant une semaine au mois de juin 2019, il faut que la foire soit déclarée avant le 1er octobre 2018 auprès de la Préfecture.

Concrètement. Organiser une manifestation commerciale dans un parc d’exposition suppose de s’y prendre longtemps à l’avance. Il vous faut contacter l’exploitant avant le 1er octobre de l’année précédente pour qu’il inscrive votre manifestation commerciale sur le programme annuel qu’il va déclarer.


Salon professionnel : une réglementation particulière

Définition. Un salon professionnel est un cas particulier. C’est « une manifestation commerciale consacrée à la promotion d'un ensemble d'activités professionnelles réservée à des visiteurs justifiant d'un titre d'accès payant ou gratuit. Il ne propose à la vente sur place que des marchandises destinées à l'usage personnel de l'acquéreur ». Tout comme pour la manifestation commerciale se trouvant dans un parc d’exposition, le salon professionnel hors parc d’exposition doit être déclaré au préalable auprès de la Préfecture.

Comment déclarer ? Au moins 2 mois avant l’organisation de la foire ou du salon professionnel, vous devez déclarer préalablement, par lettre recommandée avec AR, le salon professionnel. Vous devez fournir les principales caractéristiques de la manifestation. Vous recevrez un récépissé de déclaration dans un délai de 15 jours maximum à compter de la réception du dossier complet de déclaration à afficher à l’entrée du salon.

A retenir

Quelle que soit l’organisation commerciale (hors ou à l’intérieur d’un parc d’exposition), il faut que la foire ou le salon soit déclaré(e) en Préfecture. Pour cela, soit vous devez vous faire inscrire sur une programme annuel que l’exploitant du parc d’exposition déclare, soit vous déclarez vous-même le salon professionnel si vous organisez hors d’un parc d’exposition.

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Sources
  • Circulaire du 12 juin 2006 relative aux manifestations commerciales dites « foires et salons »
  • Article L 310-5 du Code de Commerce (sanctions du non-respect de la réglementation)
  • Articles L 762-1 et suivants du Code de Commerce (législation manifestations commerciales)
  • Articles R 762-1 et suivants du Code de Commerce (réglementation manifestations commerciales)
  • Articles A 762-1 et suivants du Code de Commerce (réglementation manifestations commerciales)
  • Décret n° 2018-81 du 9 février 2018 relatif à la procédure de déclaration des manifestations commerciales
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Services à la personne : des informations précontractuelles obligatoires

Date de mise à jour : 01/02/2023 Date de vérification le : 01/02/2023 6 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Préalablement à toute vente de prestations, les professionnels qui interviennent dans le secteur des services à la personne sont tenus d’apporter un certain nombre d’informations à leurs clients. Informations qui sont obligatoires depuis le 1er juillet 2015…

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Services à la personne : des informations précontractuelles obligatoires


Services à la personne : une information sur vos prestations

Un principe. Plusieurs informations doivent être mises à la disposition des clients sur le lieu d’accueil du public dans votre entreprise et sur votre site Internet le cas échéant, informations qui concernent le contenu de vos prestations et votre mode d’intervention.

S’agissant des prestations proposées… La première obligation qui s’impose à vous est de lister les prestations que vous êtes en mesure de proposer à vos clients, que cette activité soit exercée sous agrément, déclaration ou autorisation préalable. Sont notamment visés :

  • la garde d’enfants à domicile et l’accompagnement d’enfants ;
  • l’aide à domicile et l’accompagnement de personnes âgées, handicapées, dépendantes ;
  • les travaux ménagers ;
  • les travaux de jardinage et de petits bricolages ;
  • le soutien scolaire ;
  • les soins esthétiques à domicile pour les personnes dépendantes ;
  • la préparation et/ou la livraison de repas à domicile ;
  • la collecte et la livraison de linge repassé ;
  • la livraison de courses à domicile ;
  • l’assistance informatique à domicile ;
  • les soins et promenades d’animaux ;
  • la maintenance, l’entretien et la vigilance temporaires à domicile ;
  • l’assistance administrative à domicile.

S’agissant de votre mode d’intervention… La seconde information porte sur votre mode d’intervention selon lequel chacune des prestations est réalisée. Vous devez donc préciser pour chaque prestation si :

  • vous intervenez selon le mode « mandataire » : vous placez des travailleurs auprès de vos clients qui seront les employeurs ;
  • vous intervenez selon le mode « mise à disposition » : vous recrutez des travailleurs qui seront mis à la disposition de vos clients ;
  • vous intervenez selon le mode « prestataire » : vous fournissez une prestation de services à vos clients.

Une information précise ! À ce sujet, il est précisé que sur les prix, les devis et la première page du contrat, vous devez faire figurer de façon visible et lisible l’une des mentions suivantes, selon les hypothèses retenues :

  • si vous intervenez selon le mode « mandataire » : « Attention, dans le cadre d'un contrat de placement de travailleurs, le consommateur est l'employeur de la personne qui effectue la prestation à son domicile. En cette qualité d'employeur, le consommateur est soumis à diverses obligations résultant notamment du Code du travail et du Code de la sécurité sociale » ;
  • si vous intervenez selon le mode « mise à disposition » : « Dans le cadre d'un contrat de mise à disposition de travailleurs, le prestataire de service reste l'employeur ».


Services à la personne : une information sur les prix

Un principe. Bien entendu, vous êtes dans l’obligation d’apporter une information à vos clients en ce qui concerne le prix de vos prestations. Mais cette information doit être précise et complète.

Une information complète. Non seulement, vous devez évoquer le prix de vos prestations, mais vous devez aussi détailler le coût des frais annexes éventuels tels que les frais de dossier, les frais de gestion ou encore les frais de déplacement.

Une information précise. Vous devez également mentionner le prix de chaque prestation rapporté à une unité horaire ou, le cas échéant, le prix forfaitaire de chaque prestation proposée (lorsque la référence à une unité horaire n’est pas appropriée).

Le saviez-vous ?

Les prix que vous indiquez doivent être exprimés « hors taxes » et « toutes taxes comprises ».

À noter. En ce qui concerne l’avantage fiscal ou social attaché à votre prestation, il faut clairement le mentionner, de manière apparente et détachée du prix, dans une police de caractère d’imprimerie de taille inférieure à celle utilisée pour l’information sur le prix.

Attention ! Deux catégories de prestataires de services d’aide et d’accompagnement à domicile, qui ne sont pas habilitées à recevoir des bénéficiaires de l'aide sociale, voient les prix de leurs prestations librement fixés lors de la signature du contrat. Ces prix varient ensuite dans la limite d'un pourcentage fixé par le Gouvernement, tenant compte de l'évolution des salaires et du coût des services.

Quels sont les prestataires concernés ? Sont concernés :

    • les établissements et les services qui accueillent des personnes âgées ou qui leur apportent à domicile une assistance dans les actes quotidiens de la vie, des prestations de soins ou une aide à l'insertion sociale ;
    • les établissements et les services, y compris les foyers d'accueil médicalisé, qui accueillent des personnes handicapées, quel que soit leur degré de handicap ou leur âge, ou des personnes atteintes de pathologies chroniques, qui leur apportent à domicile une assistance dans les actes quotidiens de la vie, des prestations de soins ou une aide à l'insertion sociale ou bien qui leur assurent un accompagnement médico-social en milieu ouvert.

En 2023., les prix des prestations ne pourront pas augmenter de plus de 7,36 % par rapport à 2022.


Services à la personne : un devis personnalisé obligatoire ?

Une obligation ? Vous devez fournir gratuitement un devis personnalisé si vous proposez une prestation ou un ensemble de prestations dont le prix mensuel est supérieur ou égal à 100 € TTC. Pour une prestation inférieure à ce seuil, l’obligation de fournir un devis personnalisé gratuitement ne s’impose que sur demande du client.

Une information précise. A cet égard, il est précisé que vous devez afficher sur les lieux de vente et sur Internet la mention suivante : « Le vendeur remet gratuitement un devis personnalisé au consommateur à qui il propose une prestation ou un ensemble de prestations dont le prix total est supérieur ou égal à 100 € TTC ou au consommateur qui lui en fait la demande ».

Le saviez-vous ?

Notez que vous devez conserver ces devis pendant une durée minimum d’un an.

Des mentions obligatoires sur vos devis. Votre devis doit comporter les mentions suivantes :

  • la date de rédaction et la durée de validité de l'offre ;
  • le nom ou la raison sociale et l'adresse du prestataire de service ;
  • le numéro de la déclaration si elle a été faite, d'agrément ou d'autorisation du prestataire de service ;
  • le nom et l'adresse du client ;
  • le ou les lieux de l'intervention ou la zone d'intervention indiqués par le client,
  • la description de chaque prestation proposée ;
  • le ou les modes d'intervention proposés (mandataire, mise à disposition, prestation de services) ;
  • le nombre d'heures de travail correspondant à chaque prestation proposée sauf si cette indication n'est pas pertinente compte tenu de la nature de la prestation ;
  • le prix horaire ou, lorsque le rapport à l'unité horaire n'est pas approprié, le prix forfaitaire pour chaque prestation proposée ;
  • le cas échéant, le taux de TVA applicable à chaque prestation ;
  • le montant total à payer ou, si le contrat n'a pas de durée déterminée par avance, le montant total mensuel ou hebdomadaire (exprimés hors taxes et toutes taxes comprises) ;
  • le cas échant, le montant détaillé de tous les frais annexes (hors taxes et toutes taxes comprises).

Pour la petite histoire. Un prestataire s’est vu confier la mission de réaliser un site Internet, un devis étant alors établi à cette occasion. Une fois la mission terminée, le client a refusé de payer la facture présentée par le prestataire, au motif qu’une partie de mission déterminée dans le devis avait été réalisée par une autre société. À tort selon le juge, à la lecture du devis qui avait été parfaitement rédigé.

A retenir

L’ensemble de ces informations est obligatoire à compter du 1er juillet 2015. A compter de cette date, elles devront être obligatoirement portées à la connaissance de vos clients sur le lieu d’accueil de votre entreprise et sur votre site Internet.

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Distributeurs : ce qu’il faut savoir sur l’obligation de reprise des déchets

Date de mise à jour : 13/03/2023 Date de vérification le : 13/03/2023 7 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Les distributeurs sont tenus par une obligation de reprise de certains déchets. Lesquels ? Que doivent-ils faire pour respecter cette obligation de reprise ? Peuvent-ils facturer leurs clients lorsqu’ils reprennent un déchet ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Distributeurs : ce qu’il faut savoir sur l’obligation de reprise des déchets

Obligation de reprise des déchets : pour qui ?

Un constat. Compte tenu de la durée de vie limitée de certains produits, leur renouvellement régulier est nécessaire. Ce qui pose le problème des équipements devenus défectueux ou usagés...

Une solution. Pour permettre aux ménages de se débarrasser de leurs déchets facilement, et dans un but de protection de l’environnement (les déchets sont recyclés), la Loi a mis en place la responsabilité élargie des producteurs (REP). La REP comporte un certain nombre d’obligations, dont l’obligation de reprise des déchets par les distributeurs.

Quels déchets ? L’obligation de reprise des distributeurs vaut pour les décehets suivants :

  • équipements électriques et électroniques ;
  • contenus et contenants de produits chimiques ménagers pouvant présenter un risque significatif pour la santé et l’environnement et aux déchets issus de ces produits ;
  • éléments d’ameublement, aux produits rembourrés d’assise ou de couchage et aux éléments de décoration textile ;
  • cartouches de gaz combustible à usage unique ;
  • jouets, aux articles de sport et de loisirs et aux articles de jardin et de bricolage ;
  • produits ou matériaux de construction du secteur du bâtiment (depuis le 1er janvier 2023 et la prise en charge de ces déchets par les éco-organismes).

Sanctions. Le distributeur qui ne respecte pas ses obligations de reprise des déchets ou d’information en la matière peut être condamné au paiement d’une amende de 1 500 €.


Obligation de reprise des déchets : comment ça marche ?

2 types de reprise. L’obligation de reprise des déchets prend 2 formes : la reprise « 1 pour 1 » et la reprise « 1 pour 0 ».

Reprise 1 pour 1. Les distributeurs doivent reprendre sans frais les produits usagés de même type quand ils vendent un produit neuf, dans la limite du nombre de produits vendus (dispositif de reprise dit « un pour un »). En cas de vente à distance, le produit doit être repris sur le lieu de livraison.

Reprise 1 pour 0. Ils sont aussi tenus par une obligation de reprise sans frais des déchets issus des produits du même type que ceux qu’ils commercialisent, sans que cette possibilité soit conditionnée à une obligation d’achat (dispositif de reprise dit « un pour zéro »). Cette obligation s’applique dans la limite des produits de nature et de dimensions équivalentes qu’ils proposent à la vente. Et lorsqu’ils proposent temporairement des produits à la vente, ils ne sont pas tenus d'assurer leur reprise, en dehors des périodes de vente.


Obligation de reprise des déchets : comment ça marche ?

2 critères à retenir. Les distributeurs doivent respecter l'obligation de reprise si des critères de seuil de surface et/ou de chiffre d’affaires sont remplis, variables selon les déchets en question.

Pour les équipements électriques et électroniques :

  • reprise dite « un pour un » : il n’existe pas de critère à respecter ;
  • reprise dite « un pour zéro » : la surface de vente consacrée aux équipements électriques et électroniques est d'au moins 400 m².

Pour les contenus et contenants de produits chimiques (à l'exception des produits pyrotechniques et des extincteurs) :

  • reprise dite « un pour un » et « un pour zéro : la surface de vente consacrée à ces produits est d’au moins 200 m² ;
  • reprise dite « un pour un » : pour les produits en vente en livraison, il faut un chiffre d’affaires annuel associé supérieur à 100 000 €.

Pour les produits pyrotechniques et des extincteurs : les reprises dites « un pour un » et « un pour zéro » s’appliquent sans seuil.

Pour les éléments d’ameublement :

  • reprise dite « un pour un » : la surface de vente consacrée à ces produits est d’au moins 200 m² ; pour les produits en vente en livraison, il faut un chiffre d’affaires annuel associé supérieur à 100 000 € ;
  • reprise dite « un pour zéro » : la surface de vente consacrée à ces produits est d’au moins 1 000 m².

Pour les cartouches de gaz combustible à usage unique :

  • les reprises dites « un pour un » et « un pour zéro » s’appliquent dès lors que la surface de vente consacrée à ces produits est d’au moins 1 m² en tenant compte de chacune des étagères utilisées pour proposer les produits à la vente ;
  • reprise dite « un pour un » : il n’y a pas de seuil à respecter pour ceux dont la distribution s’effectue par livraison.

Pour les jouets, les articles de sport et de loisir, ainsi que des articles de bricolage et de jardin :

  • reprise dite « un pour un » : la surface de vente consacrée à ces produits est d’au moins 200 m² ; pour les produits en vente en livraison, il faut un chiffre d’affaires annuel associé supérieur à 100 000 € ;
  • reprise dite « un pour zéro » : la surface de vente consacrée à ces produits est d’au moins 400 m² ; cette obligation est toutefois limitée, pour les magasins dont la surface de vente reste inférieure à 1 000 m², aux produits usagés dont toutes les dimensions extérieures sont inférieures à 160 cm et dont le transport ne nécessite aucun équipement.

Pour les produits ou matériaux de construction du secteur du bâtiment :

  • reprise « un pour zéro » : la surface de vente doit être supérieure à 4 000 m² (la surface de vente est définie comme l'ensemble des surfaces dédiées à la vente de produits et de matériaux de construction du secteur du bâtiment, y compris les surfaces de stockages attenantes ou à proximité immédiate destinées à la fourniture de ces produits et matériaux aux clients).

Pour les déchets pneumatiques (à compter du 1er janvier 2024) :

  • pour la reprise « un pour zéro » : la surface de vente consacrée à la vente de pneus destinés pour la reprise « un pour un » : sans seuil (pour rappel, dans les autres filières, pour que la REP soit applicable, des seuils sont requis) ;
  • aux véhicules légers et aux motos est d’au moins 250 m², dans la limite de 8 pneus usagés par an et par personne (hors professionnel).

Lorsque la vente s'effectue en magasin et sans livraison, la reprise des produits usagés s'effectue sur le lieu de vente ou à proximité immédiate.

Lorsque la vente s'effectue avec une livraison, la reprise des produits usagés s'effectue :

  • au point de livraison ;
  • ou auprès d'un point de collecte de proximité que le distributeur finance et organise ou fait organiser lorsqu'il s'agit de produits transportables sans équipement ;
  • ou par la mise à disposition d'une solution de renvoi sans frais pour le détenteur telle qu'un service postal ou équivalent lorsque les caractéristiques des produits usagés le permettent ;
  • ou auprès d’un opérateur de la prévention ou de la gestion des déchets en contrat avec un éco-organisme agréé sur cette catégorie de produit lorsque celui-ci le propose.

Information de l’acheteur. L’acheteur est informé dans le lieu de vente des conditions de reprise mises à sa disposition de manière visible, lisible et facilement accessible, et avant que la vente ne soit conclue.

En cas de vente à distance, le distributeur doit s'assurer que cette information est fournie à l'acheteur de manière visible, lisible et facilement accessible préalablement à la conclusion de la vente.

Les distributeurs et les points de collecte de proximité doivent mettre gratuitement à disposition des conteneurs ou bennes adaptés à la collecte des produits usagés, ainsi que les équipements de protection individuels associés.


Obligation de reprise des déchets : est-il possible de refuser ?

Refus du distributeur. Le distributeur peut refuser de reprendre le produit usagé qui, à la suite d'une contamination ou d'une mauvaise manipulation, présente un risque pour la sécurité et la santé du personnel chargé de la reprise. Il faut toutefois que les équipements de protection individuels conventionnels ou les moyens de conditionnement courants mis à disposition par les producteurs ou leur éco-organisme en ne permettent pas d'éviter ce risque.

Dans ce cas, le distributeur est tenu d'informer le détenteur du produit usagé refusé des solutions alternatives de reprise.

A retenir

Les distributeurs sont tenus de reprendre gratuitement certains déchets, notamment les équipements électriques et électroniques (cette obligation vaut pour les sites web). Dans le cadre de cette obligation, un distributeur doit informer clairement ses clients de ses droits et des modalités pratiques de reprise de ces déchets.

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CHR : mettre en place des animations musicales

Date de mise à jour : 02/03/2023 Date de vérification le : 02/03/2023 3 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Pour attirer une nouvelle clientèle dans votre établissement, vous pouvez recourir à des animations musicales (blind test, concert, karaoké, etc.). La mise en place de celles-ci n’est pas sans incidence juridique : vous devez, en effet, obtenir l’autorisation de diffuser de la musique. Explications.

Rédigé par l'équipe WebLex.
CHR : mettre en place des animations musicales

Animations musicales : le principe de redevance

Mettre en place des animations musicales… Mettre en place des blind tests, des karaokés, des concerts, etc. dans votre établissement participe à l’attrait de votre clientèle pour votre établissement et à sa fidélisation.

…ce n’est pas gratuit ! Lors de ces animations, la diffusion de la musique, à des fins commerciales, n’est pas gratuite : il faut rémunérer l’artiste-interprète et les producteurs, la rémunération étant répartie par moitié et calculée par rapport aux recettes de l’exploitation, ou bien évaluée forfaitairement.

La SACEM. Pour rémunérer l’artiste-interprète et les producteurs, il y a un acteur incontournable que vous devez contacter : la société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM), organisme qui gère un répertoire important d’artistes-interprètes. C’est, en effet, à la SACEM qu’il faut verser les redevances.

La SPRE. En plus de la rémunération due à la SACEM, il faut verser une rémunération à la société pour la perception de la rémunération équitable (SPRE) au titre du droit à une rémunération équitable.

Le saviez-vous ?

Lorsque la diffusion n’a pas de but commercial et n’est pas susceptible d’attirer de nouveaux clients comme un cabinet dentaire, par exemple, la diffusion ne donne pas lieu à rémunération.

Déclarez la sonorisation ! Vous devez vous rendre sur le site internet de la SACEM et y faire une demande d’autorisation de diffusion de musique, à l’adresse suivante : https://clients.sacem.fr/autorisations/animations-musicales-dans-les-cafes-hotels-et-restaurants.


Animations musicales : quels tarifs ?

Un forfait spécial. La SACEM a créé un forfait spécial qui permet aux professionnels du CHR (cafés, hôtels, restaurants) d’organiser des animations musicales. Son montant dépend du nombre d'animations organisées annuellement. En souscrivant ce forfait, il n’y a pas à effectuer de déclarations ou de démarches supplémentaires.

Conditions. Pour relever de ce forfait :

  • les animations musicales doivent être en libre accès (pas de billetterie) ;
  • les prix pratiqués habituellement ne doivent pas être majorés ;
  • les animations musicales ne doivent pas être organisées pour le compte d'un tiers (privatisation par une entreprise ou évènement professionnel) ;
  • le budget artistique ne doit pas excéder 650 € par animation (salaires / cachets des artistes et du personnel technique) ;
  • les animations musicales doivent être réalisées sans le soutien d’une structure scénique fixe ;
  • le nombre d’animations musicales ne peut pas dépasser 50 par an ; au-delà, c’est un autre tarif qui s’applique.
Le saviez-vous ?

Les animations organisées à l'occasion des réveillons des 24 et 31 décembre relèvent d'une tarification spécifique.

Quel est le montant du forfait ? Le montant du tarif est le suivant :

FORFAIT ANNUEL EN € HT (2022-2023)

Nombre d’animations par an

Tarif général

Tarif réduit

Jusqu’à 6

546,77

437,42

Jusqu’à 12

984,19

787,35

Jusqu’à 18

1 405,98

1 124,78

Jusqu’à 24

1 718,42

1 374,74

Jusqu’à 30

2 265,19

1 812,15

Jusqu’à 36 + 1 offertes

2 702,60

2 162,08

Jusqu’à 42 + 1 offerte

3 124,40

2 499,52

Jusqu’à 48 + 2 offertes

3 436,83

2 749,46

Tarif réduit. Il s’agit d’un tarif obtenu en effectuant sa demande d'autorisation à l'avance.

Bon à savoir. Les établissements réalisant, au titre de leur exercice écoulé, un chiffre d’affaires HT inférieur ou égal à 100 000 € et situés dans une commune jusqu’à 2 000 habitants bénéficient, sous réserve d’en apporter la justification à l’aide des documents comptables appropriés, d’une réduction de 10%.

A retenir

Si vous souhaitez organiser des animations musicales dans votre établissement, vous devez contacter la SACEM à qui vous verserez une redevance (qui va varier selon le nombre d’animations musicales organisées durant l’année).

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Classement des campings : ce qu'il faut savoir

Date de mise à jour : 02/03/2023 Date de vérification le : 02/03/2023 6 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Quels sont les critères d’attribution des étoiles décernées aux campings ? Pour quelle durée le classement est-il attribué ? Quelles sont les modalités pour obtenir et valider le nombre d’étoiles d’un camping ? Réponses…

Rédigé par l'équipe WebLex.
Classement des campings : ce qu'il faut savoir

Classement des campings : quels critères ?

Un nouveau classement. Depuis 2009 le nouveau classement des hébergements touristiques marchands (et notamment celui des campings) est entré en application. L’objectif affiché est de moderniser les critères de classement et de refondre la procédure permettant d'obtenir les étoiles. Voyons cela de plus près, à propos des campings...

Tableau de classement. Les nouvelles normes de classement, résolument tournées vers la satisfaction des clients, comportent 5 catégories (de 1 à 5 étoiles). Elles ont pour objectif de faire bénéficier à la clientèle d’une garantie sur les engagements suivants :

  • un accueil soigné dans un établissement bien entretenu ;
  • une information fidèle et complète sur les services proposés ;
  • le traitement et le suivi de la satisfaction et des réclamations ;
  • une équipe sensibilisée à l'accueil des clients en situation de handicap ;
  • une équipe sensibilisée au développement durable.

204 critères. Pour procéder aux classements des hôtels de tourisme, 204 critères sont retenus, répartis en 3 grands chapitres :

  • un chapitre consacré aux équipements et aménagements : sont visés l’accès du camping, la densité d’occupation, la délimitation des emplacements, les terrains de jeux et activités, l’espace baignade, les équipements sanitaires, etc. ;
  • un chapitre consacré aux services aux clients : fiabilité et qualité de l'information client, traitement de la réservation, réception et accueil, service de restauration, etc. ;
  • un chapitre consacré à l'accessibilité et au développement durable : accessibilité aux personnes handicapées et/ou à mobilité réduite, environnement et développement durable.

S'agissant spécifiquement des campings, consultez le tableau de classement complet

Depuis le 1er avril 2022, il est tenu compte du partage d’équipements ou de services entre des hébergements touristiques, dès lors que ceux-ci se situent dans un même bâtiment, à proximité ou au sein d'un même domaine. Les conditions à respecter sont consultables ici.

Valable 5 ans. Le classement attribué est valable 5 ans.


Classement des campings : un site internet dédié

Atout France. L'agence de développement touristique de la France, Atout France, a pour mission d'animer, de gérer et de promouvoir ce nouveau classement, à la fois auprès des professionnels du secteur et du grand public. Atout France est responsable de la procédure et des décisions de classement des hébergements touristiques marchands (hôtels, terrains de camping, résidences de tourisme, villages résidentiels de tourisme, villages de vacances, à l'exception des meublés de tourisme). Les demandes doivent donc être adressées, par voie électronique, à Atout France, via le site www.classement.atout-france.fr.

www.classement.atout-france.fr. Vous trouverez sur ce site dédié au nouveau classement des hébergements touristiques l'ensemble des informations utiles, que ce soit la procédure pour l'obtention du classement, la liste des cabinets de contrôle, les nouveaux panonceaux, etc.

Une visite de contrôle. Tout d’abord, vous devez commander une visite de contrôle auprès d'un organisme évaluateur, accrédité par le Comité Français d'accréditation (COFRAC). Cet organisme vous remettra un certificat de visite qui comprendra un rapport de contrôle attestant la conformité au tableau de classement dans la catégorie demandée. Ce certificat comportera, en outre, mention de l'avis de l'organisme sur le classement dans cette catégorie : attention, ce rapport étant valable 3 mois, vous devez faire en sorte que cette visite intervienne dans les 3 mois précédant la transmission de la demande. Ce certificat de visite vous est transmis, sous forme numérique, dans les 15 jours à compter de la date à laquelle s'est achevée la visite de votre établissement.

Une demande de classement. Par la suite, vous effectuez votre demande de classement auprès d’ATOUT France : cette demande doit être transmise par voie électronique, accompagnée du certificat de visite délivré par un organisme évaluateur accrédité. Atout France doit prendre la décision de classement dans la catégorie pour laquelle l'organisme évaluateur a émis un avis favorable dans le mois qui suit la réception du dossier complet de demande de classement.

Perdre son classement ? Atout France peut abroger sa décision de classement ou la modifier pour la durée restant à courir de la décision initiale. Pour cela, il faut préalablement mener une procédure contradictoire devant établir que votre établissement n’est pas conforme à votre tableau de classement. Pour prendre cette décision d’abrogation ou de modification de la décision initiale de classement :

  • Atout France doit vous demander d’évaluer votre pratique professionnelle par lettre recommandée avec accusé de réception ou par lettre recommandée électronique ;
  • Atout France doit mettre en avant un écart de conformité réel et sérieux entre la réalité de la situation de votre hébergement par rapport à la décision initiale de classement ;
  • à défaut d’évaluation ou si l’évaluation est insuffisante, Atout France doit vous demander de mettre en œuvre un plan d’actions avec des mesures correctrices ;
  • ensuite, une contre-visite de l’établissement sera effectuée ; un certificat de contre-visite précisant la catégorie de classement à laquelle l’établissement doit appartenir vous sera remis ; vous devrez le transmettre à Atout France ;
  • en cas de changement de catégorie, Atout France doit prononcer une décision modificative de classement, valant pour la durée restant à courir de la décision initiale de classement :
  • en l’absence de transmission du certificat de contre-visite, Atout France doit abroger sa décision initiale de classement de l’établissement

La procédure de déclassement d’un camping

Réclamation d’un organisme de contrôle. À la suite d’une visite de contrôle, un organisme évaluateur peut émettre une réclamation auprès d’Atout France, s’il estime que l’établissement visité doit être déclassé.

Auto-évaluation. Atout France va alors accorder un délai à l’exploitant afin qu’il évalue sa pratique professionnelle au regard des critères de classement.

Mise en œuvre de mesures correctrices. En l'absence de réponse dans le délai imparti ou lorsque les informations fournies ne permettent pas de confirmer la conformité des prestations aux critères du classement obtenu, Atout France va ensuite demander à l’exploitant de mettre en œuvre un plan d'actions avec des mesures correctrices.

Contre-visite. Par la suite, un organise évaluateur procède à une contre-visite, à l’issue de laquelle un certificat est remis au gérant du camping, précisant la catégorie dans laquelle l'établissement peut être classé. Dans les 15 jours qui suivent la transmission du certificat à Atout France, celle-ci prononce le déclassement du camping, si nécessaire. Cette décision vaut pour la durée restant à courir de la décision initiale de classement.

Attention ! Si le certificat de contre-visite n’est pas transmis, la décision de classement est purement et simplement abrogée !

A retenir

Pour obtenir une étoile, il faut valider la conformité de l’établissement par rapport au tableau de classement actuellement en vigueur, demander une visite de contrôle et solliciter la demande de classement auprès d’Atout France.

Sources

CHR : rappels utiles sur l’étiquetage des bières

Date de mise à jour : 02/03/2023 Date de vérification le : 02/03/2023 5 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Dans le cadre de votre activité de brasserie, vous vendez des bières à vos clients. Ces bières sont soumises à une réglementation stricte, via un étiquetage, dont l’objectif est d’informer le client. Que devez-vous savoir sur cette réglementation ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
CHR : rappels utiles sur l’étiquetage des bières

Étiquetage des bières : une double réglementation

2 réglementations. La bière est soumise à 2 réglementations relatives à son étiquetage : l’une peut être qualifiée de « générale », l’autre de « spécifique ».

Un étiquetage « général ». À l’instar de toutes les « denrées alimentaires », l’étiquette apposée sur la bière doit comporter les mentions suivantes :

  • la dénomination de la bière ;
  • la liste des ingrédients ;
  • les produits allergènes contenus ;
  • la quantité de certains ingrédients ou catégories d’ingrédients ;
  • la quantité nette de bière ;
  • la date de durabilité minimale ou la date limite de consommation ;
  • les conditions particulières de conservation et/ou d’utilisation ;
  • le nom ou la raison sociale et l’adresse de l’exploitant ;
  • le cas échéant, le pays d’origine ou le lieu de provenance ;
  • le mode d’emploi, lorsque son absence rend difficile un usage approprié de la bière ;
  • le titre alcoométrique volumique acquis.

Faut-il mentionner la déclaration nutritionnelle ? Obligatoire pour la plupart des denrées alimentaires, il existe toutefois une dérogation pour la vente de bière (et plus généralement pour les boissons alcoolisées) qui permet de ne pas faire figurer la déclaration nutritionnelle sur l’étiquetage.

Une réglementation « spécifique ». Pour pouvoir appeler une boisson « bière », il est nécessaire que la boisson remplisse des critères fixés par la Loi.

« Bière ». La dénomination « bière » est réservée à la boisson obtenue par fermentation alcoolique d'un moût préparé à partir de malt de céréales, de matières premières issues de céréales, de sucres alimentaires et de houblon, de substances conférant de l'amertume provenant du houblon et d'eau potable.

Attention ! Le malt de céréales représente au moins 50 % du poids des matières amylacées ou sucrées mises en œuvre. L'extrait sec représente au moins 2 % du poids du moût primitif.

Le saviez-vous ?

Des herbes aromatiques ou des épices naturelles peuvent être ajoutées à la bière si l'adjonction de ces ingrédients ne confère pas au produit final de manière perceptible les caractéristiques aromatiques typiques de ces ingrédients. Les ingrédients ajoutés sont mentionnés dans l'étiquetage du produit.

Des dénominations spécifiques. À côté de la dénomination générale « bière », il existe des appellations spécifiques. Elles aussi nécessitent que des critères soient remplis pour s’en prévaloir.

« Bière de fermentation lactique » ou « Gueuze ». La dénomination « bière de fermentation lactique » ou « Gueuze » est réservée à la bière qui fait l'objet d'une fermentation lactique au cours de son processus d'élaboration.

« Bière sans alcool ». La dénomination « bière sans alcool » est réservée à la bière qui présente un titre alcoométrique acquis inférieur ou égal à 1,2 % en volume, à la suite d'une désalcoolisation ou d'un début de fermentation.

« Bière à… ». La dénomination « bière à ... » complétée par la nature de l'ingrédient mis en œuvre, est réservée à la bière élaborée par addition ou macération de matières végétales ou d'origine végétale ou de boissons alcoolisées ou de miel. Ces ingrédients ne doivent pas excéder 10 % du volume du produit fini. L'ajout de boissons alcoolisées ne peut entraîner une augmentation du titre alcoométrique acquis final supérieure à 0,5 % en volume.

« Bière aromatisée à… ». La dénomination « bière aromatisée à ... » est réservée à la bière aromatisée par des arômes.

« Panaché ». La dénomination « panaché » est réservée à la boisson présentant un litre alcoométrique inférieur ou égal à 1,2 % en volume et exclusivement constituée d'un mélange de bière et de boisson gazeuse aromatisée sans alcool.

« Bière de garde ». La mention « bière de garde » est réservée à la bière qui, après sa fermentation primaire, a subi une période de garde d'une durée de 21 jours minimum.

« Pur malt ». La mention « pur malt » est réservée à la bière obtenue par fermentation alcoolique d'un moût préparé uniquement à partir de malt de céréales.


Étiquetage des bières : sous le contrôle de la DGCCRF

La DGCCRF. La DGCCRF est chargée du contrôle du respect de la réglementation relative à l’étiquetage des bières.

Contrôler quoi ? La DGCCRF peut vérifier la présence, l’exactitude, la visibilité et la lisibilité des mentions obligatoires. Elle veille également à la loyauté de l’information délivrée aux clients (présentation générale du produit, emploi de mentions valorisantes telles que le terme « artisanal », etc.).

À noter. En dehors de l’étiquetage, la DGCCRF peut également contrôler les publicités, les sites internet, mais aussi les conditions de production de la bière (hygiène, intrants, autocontrôles, traçabilité, etc.), les relations commerciales entre fournisseurs et distributeurs, etc.

Contrôle négatif. En cas de non-respect des dispositions réglementaires, et en fonction des circonstances, la DGCCRF peut enjoindre le fabricant à modifier l’étiquetage. Elle peut aussi signaler l’infraction au Procureur de la République.

A retenir

Vendre de la bière suppose de respecter une obligation d’étiquetage afin d’informer votre clientèle. Outre des mentions obligatoires, communes à toutes les denrées alimentaires, il existe des mentions spécifiques, qui vont dépendre de la nature de la bière vendue.

Le respect de cette réglementation est contrôlé par la DGCCRF.

J'ai entendu direExiste-t-il une réglementation à respecter pour employer le terme « bière artisanale » ?

Oui, pour appeler une bière « bière artisanale », il faut être immatriculé (au répertoire des métiers si vous n’employez pas plus de 10 salariés, au registre du commerce et des sociétés au-delà) et respecter les exigences de qualification professionnelle pour le métier de brasseur. Notez que ces critères sont également à respecter pour employer le terme « brasserie artisanale ».
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CHR : rappels utiles sur la gestion des déchets alimentaires

Date de mise à jour : 02/03/2023 Date de vérification le : 02/03/2023 3 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

L’activité dans le secteur café-hôtel-restaurant (CHR) entraîne nécessairement la production de déchets, et notamment de déchets alimentaires, qui occasionnent un coût financier et environnemental certain. C’est pourquoi la Loi encadre (strictement) la gestion des déchets alimentaires…

Rédigé par l'équipe WebLex.
CHR : rappels utiles sur la gestion des déchets alimentaires

Déchets alimentaires : un coût financier et environnemental

Des déchets… Toute activité de restauration donne lieu à l’émission de déchets alimentaires. Ces déchets peuvent provenir de la cuisine (denrées périmées, restes de préparation, etc.), de la table du client (restes de plats), de la difficulté d’estimer les commandes en amont, des minimas de commande imposés par certains fournisseurs, etc.

… qui ont un coût ! Un déchet alimentaire a un coût financier pour un restaurant car c’est un investissement qui n’est pas rentabilisé. Mais il a également un coup environnemental : le Gouvernement estime, en effet, que, dans le secteur de la restauration, le gaspillage alimentaire est en moyenne de 230 grammes par personne et par repas.


Déchets alimentaires : réduire le coût financier et environnemental

2 solutions. Pour réduire les coûts financiers et environnementaux causés par les déchets alimentaires, il existe 2 solutions : trier les déchets et prendre des initiatives personnelles.

Triez les déchets : une obligation légale ! L’obligation de trier les déchets à la source s’impose à vous dès lors que vous produisez plus de 10 tonnes de déchets par an (ce qui correspond à environ 275 couverts par jour sur 260 jours dans l’année).

Sanctions. En cas de non-respect de l’obligation de tri à la source des déchets alimentaires, vous encourez la condamnation au paiement d’une amende de 75 000 € et 2 ans de prison.

Prenez des initiatives ! Au-delà de votre obligation légale de tri des déchets alimentaires à la source, vous pouvez vous-même prendre des initiatives plus importantes que les obligations légales. Voici quelques exemples de bonnes pratiques.

Doggy bag. Vous pouvez proposer à vos clients d’emporter les restes de leur repas dans un « doggy bag » ou un « wine bag ». Notez que depuis le 1er juillet 2021, les restaurants et les débits de boissons à consommer sur place doivent obligatoirement proposer des doggy bags à leur client, à l’exception de ceux mis à disposition sous forme d’offre à volonté. En outre, vos clients peuvent aussi apporter eux-mêmes un « doggy bag » ou un « wine bag ». Vous pouvez toutefois refuser de les utiliser s’ils sont manifestement sales ou inadaptés.

Attention ! L’obligation de proposer des doggy bags ne concerne pas les boissons dont le contenant est soumis à un système de consigne.

Le saviez-vous ?

Proposer des tailles de plats différentes peut également être une bonne idée. Le client va alors commander un plat qui correspondra à sa faim. Il y a donc moins de risques que le plat revienne en cuisine avec des restes !

Communiquez ! Une démarche de tri des déchets alimentaires est un atout qu’il peut être opportun de communiquer auprès de la clientèle. Cela permet, en effet, de valoriser l’image du restaurant auprès du public et d’attirer une nouvelle clientèle.

Formez vos salariés ! Il est important de former vos salariés aux gestes simples qui permettent de limiter l’accumulation des déchets.

A retenir

Pour réduire le coût financier et environnemental des déchets alimentaires, au-delà de votre obligation légale de tri à la source, il est conseillé de prendre des initiatives personnelles (formation des salariés, recours au « doggy bag », varier les portions des repas, etc.).

Sources
  • Loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l'environnement (article 204)
  • Loi n° 2018-938 du 30 octobre 2018 pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous (article 62)
  • Loi n° 2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire
  • Arrêté du 12 juillet 2011 fixant les seuils définis à l'article R. 543-225 du code de l'environnement
  • Circulaire du 10 janvier 2012 relative aux modalités d’application de l’obligation de tri à la source des biodéchets par les gros producteurs (article L 541-21-1 du code de l’environnement)
  • agriculture.gouv.fr
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Travaux dans un hôtel : des règles particulières

Date de mise à jour : 02/03/2023 Date de vérification le : 02/03/2023 4 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Si l’hôtel que vous exploitez nécessite un rafraîchissement, sachez que l’exécution de travaux dans un hôtel, alors que vous n’êtes pas propriétaire des lieux, obéit à des règles spécifiques. Cette dérogation aux règles générales qui gouvernent les baux commerciaux est due à la nature même de l’activité d’hôtelier. Que devez-vous savoir ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Travaux dans un hôtel : des règles particulières

Travaux dans un hôtel : le propriétaire ne peut pas s’y opposer

Les travaux durant le bail. Par principe, le propriétaire de l’immeuble dans lequel vous exploitez un hôtel ne peut pas s’opposer, et ce malgré l’existence de clauses contraires dans le bail, « à l'exécution des travaux d'équipement et d'amélioration » que vous réalisez à vos frais et sous votre responsabilité.

Quels sont les travaux autorisés ? Les travaux qui sont concernés par l’absence d’autorisation du propriétaire concernent :

  • la distribution de l'eau, du gaz et de l'électricité ;
  • l'installation du téléphone, d'appareils récepteurs de radiodiffusion et de télévision ;
  • l'équipement sanitaire ;
  • le déversement à l'égout ;
  • l'installation du chauffage central ou de distribution d'air chaud ou climatisé ;
  • l'installation d'ascenseurs, monte-charges et monte-plats ;
  • l'aménagement des cuisines et offices ;
  • la construction de piscines.

À noter. Si les travaux envisagés ci-dessus affectent le gros-œuvre, il vous faut, à défaut d’accord du propriétaire, un avis favorable d’une commission dans laquelle sont représentés les hôteliers et les propriétaires d’immeubles.

Notifiez votre intention de procéder à des travaux ! Même si vous n’avez pas besoin de l’accord du propriétaire pour procéder aux travaux, vous devez lui notifier votre intention par lettre recommandée avec AR. Dans cette notification, vous devez joindre un plan d’exécution et un devis descriptif et estimatif des travaux projetés.

Travaux sur le gros-œuvre. Si les travaux affectent le gros-œuvre, le propriétaire doit vous rendre sa décision dans un délai de 2 mois. À défaut de réponse, il est considéré comme ayant accepté les travaux. En cas de refus, vous pouvez vous rendre devant la commission évoquée ci-dessus.

Pour les autres travaux. Vous pouvez commencer les travaux dès la notification faite auprès du bailleur.

À défaut. Si vous ne notifiez pas votre intention de procéder à des travaux, vous ne pouvez bénéficier de l’abattement pour travaux hôtelier (voir ci-dessous).

Que se passe-t-il à la fin du bail ? Lorsque vous quittez le local, les lieux sont restitués dans l’état où ils se trouvent. Le propriétaire ne peut pas demander la remise des lieux dans leur état antérieur. En cas de refus de renouvellement du bail, les travaux sont pris en compte dans le calcul du montant de l’indemnité d’éviction.

          Le saviez-vous ?

L’interdiction du propriétaire de demander la remise en état des lieux loués ne vise que les travaux d’amélioration. Il est bien entendu qu’une remise en état pourra être demandée et imposée par le propriétaire si le locataire ne s’acquitte pas correctement de ses obligations découlant du bail, notamment en ce qui concerne l’entretien des lieux.


Travaux dans un hôtel : une influence sur le montant du loyer

Pas de majoration de loyer. Lorsque vous effectuez des travaux, sachez que le propriétaire ne peut pas, pendant la durée du bail ou lorsque ce dernier est renouvelé, dans une durée de 12 ans maximum à compter du délai d’exécution des travaux, augmenter le loyer que vous lui versez du fait de l’incorporation des travaux à l’immeuble.

À partir de quand ? Comme les juges ont eu à le rappeler, le point de départ du délai de 12 ans est la date à laquelle les travaux sont exécutés et non celle à laquelle le propriétaire accepte les travaux.

Application d’un abattement. Pour déterminer la valeur locative de l’hôtel, il est appliqué un abattement sur la valeur locative actuelle, afin de neutraliser la valeur des travaux. Cet abattement varie selon l’importance des travaux.

Exception. Si vous ne procédez pas à la notification de votre intention des travaux auprès du propriétaire, vous ne pouvez prétendre à l’application d’un abattement.

A retenir

Même si vous n’avez pas besoin de l’accord du propriétaire pour effectuer des travaux, vous devez lui notifier votre intention de procéder à des travaux. Si les travaux touchent au gros-œuvre, vous devez avoir l’autorisation du propriétaire (ou à défaut, celle d’une commission spéciale). Le propriétaire ne peut augmenter le loyer pendant 12 ans suivant l’exécution des travaux du fait de leur incorporation à l’immeuble.

Sources
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