Décisions de la CNIL : de lourdes sanctions contre des professionnels
Données personnelles : des erreurs coûteuses
En France, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) est l’autorité administrative compétente pour veiller à ce que les réglementations européennes et nationales en matière de protection des données à caractère personnel soient respectées.
Pour ce faire, elle informe, enquête mais aussi sanctionne en cas de manquements graves. À ce titre, 2 sociétés ont reçu d’importantes amendes après que la CNIL a constaté de nombreuses violations des règles applicables.
Ces sociétés, un fournisseur d’énergie et un gestionnaire de plateforme de discussion en ligne, ont respectivement écopé d’une amende de 600 000 € et 800 000 €, la CNIL ayant notamment constaté les manquements suivants :
- défaut de recueil du consentement des personnes intéressées pour l’utilisation de leurs données à des fins de prospections commerciales ;
- défaut d’information des personnes sur leurs droits et sur l’exercice de ces droits (accès aux données, opposition à leur traitement) ;
- absence de définition et de limitation de la durée de préservation des données ;
- absence de réalisation de l’analyse d’impact obligatoire du fait de l’important volume de données traitées ;
- sécurité insuffisante des données traitées.
Pour fixer le montant des amendes, la CNIL prend en compte la gravité des manquements, leurs durées, la nature des données concernées mais aussi, la coopération de l’entreprise visée.
Notez que les amendes peuvent au maximum atteindre 20 M€ ou 4 % du chiffre d’affaires annuel mondial d’une entreprise.
- Communiqué de la CNIL du 17 novembre 2022 : « Sanction de 800 000 euros à l’encontre de la société DISCORD INC. »
- Communiqué de la CNIL du 29 novembre 2022 : « Prospection commerciale et droits des personnes : sanction de 600 000 euros à l’encontre d’EDF »
Formalités des entreprises : dernière répétition pour le guichet unique !
Formalités des entreprises : prendre de nouvelles habitudes d’ici 2023
En vue de la suppression des centres de formalités des entreprises (CFE) en 2023, les entrepreneurs peuvent d’ores et déjà se familiariser avec le guichet unique électronique tenu par l’INPI (Institut national de la propriété intellectuelle) pour réaliser certaines formalités : création, modification de situation et cessation d’activité.
Il ne s’agit toutefois que d’une faculté ! Jusqu’au 31 décembre 2022, ils conservent la possibilité de réaliser ces formalités via leur CFE habituel.
À partir du 1er janvier 2023, cette option disparaîtra et les formalités seront obligatoirement effectuées auprès du guichet unique.
Dépôt des comptes annuels : le guichet unique s’ouvre également
Par principe, toutes les sociétés commerciales sont tenues de déposer leurs comptes annuels auprès du greffe du tribunal de commerce compétent.
Cette publication doit intervenir dans le mois suivant l’approbation des comptes. Ce délai est porté à 2 mois en cas de dépôt par voie électronique.
Jusqu’au 5 novembre 2022, le dépôt se faisait uniquement auprès du greffe du tribunal de commerce, par courrier, par remise direct ou par voie électronique.
Depuis cette date, vous pouvez choisir de déposer vos comptes annuels auprès du greffe du tribunal de commerce ou du guichet unique.
Dans les deux cas, vous aurez un interlocuteur (le greffe ou le guichet unique) qui vous indiquera les pièces manquantes à transmettre et vous délivrera, le cas échéant, le certificat validant le dépôt.
Les entrepreneurs individuels ne sont pas concernés par cette ouverture anticipée du guichet unique. Ils ne seront amenés à l’utiliser qu’à partir du 1er janvier 2023.
Comme indiqué plus haut, à partir de cette même date, les demandes d’inscription ou les dépôts d’actes devront obligatoirement être effectués auprès du guichet unique.
Toutefois, cette obligation ne s’appliquera pas au dépôt des comptes annuels : si vous le souhaitez, vous pourrez donc toujours les déposer auprès du greffe du tribunal de commerce, mais uniquement sur support papier.
- Arrêté du 21 octobre 2022 relatif à la transmission électronique des documents comptables au sein du registre du commerce et des sociétés
- Décret no 2021-300 du 18 mars 2021 portant application de l’article 1er de la Loi no 2019-486 du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises et introduction de diverses mesures applicables aux formalités incombant aux entreprises
- Loi no 2019-486 du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises
- Actualité Service public du 5 décembre 2022 : « Dépôt des comptes annuels : possibilité d’utiliser le guichet électronique des formalités »
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Formalités douanières : FRANCE SÉSAME s’étend…
FRANCE SÉSAME, qu’est-ce que c’est ?
FRANCE SÉSAME est une plateforme numérique, publique et gratuite, destinée à centraliser et fluidifier les formalités douanières relatives à certaines marchandises devant entrer sur le territoire français.
Elle est utilisée par les importateurs et tous les intermédiaires de la chaîne logistique, c’est-à-dire les représentants en douane enregistrés et les transitaires. Cette plateforme sert à fluidifier le passage des frontières des marchandises soumises à des contrôles sanitaires et phytosanitaires (SPS).
Concrètement, sont concernées :
- les marchandises importées, c’est-à-dire celles qui entrent et restent sur le territoire français ;
- les marchandises mises en transit, c’est-à-dire celles qui passent par le territoire français mais qui ont pour destination finale un autre pays.
Vous ne pouvez pas utiliser FRANCE SÉSAME pour toutes les marchandises. La plateforme ne concerne que celles soumises à de strictes obligations sanitaires et phytosanitaires, à savoir :
- les animaux vivants ;
- les produits d’origine animale ;
- les végétaux, les produits végétaux et autres objets présentant un risque phytosanitaire ;
- les aliments pour animaux ;
- les denrées alimentaires d’origine non-animale soumises à certains contrôles vétérinaires, de conformité, etc.
La plateforme se veut un outil de compétitivité pour les acteurs du secteur douanier. Pour cela, elle permet :
- un suivi en temps réel des formalités administratives ;
- la prise de rendez-vous en ligne pour les contrôles physiques exercés par la Direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI), la Direction générale de l'alimentation (DGAL) et le Service d’inspection vétérinaire et phytosanitaire aux frontières (SIVEP), sauf pour les SIVEP de La Réunion ;
- un accès à un dossier d'importation numérique ;
- l’envoi de notifications via l’application, par mail ou par SMS ;
- un service de messagerie ;
- un service de consultation à 360° des activités réalisées via la plateforme numérique ;
- la restitution des informations relatives à l’ensemble des formalités administratives déposées lors du passage en douane.
FRANCE SÉSAME, qu’est-ce qui change ?
FRANCE SÉSAME a été lancée en novembre 2021 sur les grands ports maritimes du Havre, de Marseille et de Dunkerque.
Depuis le 22 novembre 2022, elle couvre désormais 13 nouveaux ports et 8 aéroports :
- les ports de Bordeaux, Brest, Guadeloupe, Guyane, La Réunion, La Rochelle, Lorient, Martinique, Nantes Saint-Nazaire, Mayotte, Perpignan Port-Vendres, Saint-Malo et Sète ;
- les aéroports de Bordeaux, Guadeloupe, Guyane, Marseille-Marignane, Strasbourg-Entzheim, Mayotte, La Réunion et Martinique.
- Actualité des ministères de la Transition énergétique, de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires du 24 novembre 2022 : « France Sésame : extension de la plateforme numérique à de nouveaux sites portuaires et aéroportuaires »
- Site FRANCE SÉSAME « Foire aux questions et documentation »
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Vente de fichiers clients : quelques règles à observer
La protection des données avant tout
Véritables trésors pour les sociétés faisant de la prospection commerciale, les fichiers clients contenant les coordonnées de nombreuses personnes font régulièrement l’objet de transactions entre professionnels.
Cependant, les informations contenues dans ces fichiers, comme les noms, prénoms, adresses et numéros de téléphone, sont des données à caractères personnelles et sont, à ce titre, protégées par le Règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD).
C’est pourquoi la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) propose quelques rappels sur les règles à respecter lors de la vente de ces fichiers.
Pour le vendeur :
- les données concernées doivent avoir été obtenues de façon conforme et les personnes concernées doivent avoir été averties d’un possible transfert de leurs données ;
- les personnes concernées doivent avoir consenti à cette possibilité de transfert et ne doivent pas s’y être opposées dans un second temps ;
- les données transmises ne peuvent concerner que des clients actifs actuellement sous contrat avec l’entreprise.
Pour l’acquéreur :
- informer les personnes concernées du traitement de leur données et de l’origine du fichier utilisé ;
- s’assurer du consentement des personnes à ce que leurs données soient utilisées pour la prospection commerciale ;
- respecter l’ensemble des obligations qui incombaient au vendeur en tant que gestionnaire de traitement de ces données.
- Actualité de la CNIL du 5 décembre 2022 : « Vente de fichiers clients : la CNIL rappelle les règles »
Responsabilité élargie du producteur : des précisions réglementaires…
Responsabilité élargie du producteur : extension à la filière véhicules hors d’usage (VHU)
La réglementation des véhicules hors d’usage (VHU), mise en place depuis plus de 20 ans, fixe des objectifs de réutilisation et de recyclage, ainsi que de réutilisation et de valorisation.
Cette réglementation a été refondue afin de soumettre cette activité à la responsabilité élargie du producteur (REP), plus contraignante, depuis le 1er janvier 2022.
Pourquoi mettre en place une filière REP pour les VHU ? Principalement pour 3 raisons :
- pour lutter contre la filière illégale de traitement des VHU ;
- pour améliorer la qualité et les performances de traitement des VHU ;
- pour résorber le nombre de véhicules abandonnés sur la voie publique en Outre-mer.
Avec un peu de retard, un décret vient préciser le cadre réglementaire de cette nouvelle filière REP.
Pour rappel, afin d’assumer leurs obligations liées à la REP, les professionnels concernés peuvent, comme pour toutes les autres filières REP, confier la gestion de ces déchets à un éco-organisme, c’est-à-dire une entreprise privée ayant obtenu un agrément spécifique et devant respecter une règlementation stricte, auquel ils versent une écocontribution.
Responsabilité élargie du producteur : des précisions pour la filière bâtiment
La REP a été élargie aux produits et matériaux de construction du secteur du bâtiment (PMCB) en janvier 2022 et entrera concrètement en vigueur le 1er janvier 2023 (soit avec 1 an de retard par rapport à ce qui était initialement prévu).
Toutefois, pour certains professionnels du secteur, la réglementation mise en place pouvait, parfois, manquer de clarté. C’est pourquoi un avis vient d’être publié, explicitant les notions problématiques, à savoir celles de :
- « producteur assujetti » à la REP ;
- « produits à double usage » ;
- « produits importés » ;
- « REP PMCB » : à ce propos, une liste de produits concernés non exhaustive a été communiquée.
Responsabilité élargie du producteur : des précisions pour l’ensemble des filières
Pour rappel, les professionnels soumis à la REP doivent s’enregistrer auprès de l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) et lui transmettre, chaque année, un certain nombre d’informations.
Cette transmission d’informations se fait via le téléservice SYDEREP.
Des précisions viennent d’être apportées sur la :
- transmission d’informations par les producteurs ;
- transmission d’informations par les éco-organismes et les systèmes individuels ;
- transmission d’informations relatives à l’exercice des éco-organismes ;
- mise à disposition du public par l’ADEME ou les éco-organismes de certaines informations ;
- transmission d’informations par les éco-organismes à l'autorité compétente chargée de l'élaboration et du suivi du schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires (SRADDET) ou, le cas échéant, du plan régional de prévention et de gestion des déchets (PRPGD).
- Décret n° 2022-1495 du 24 novembre 2022 relatif à la gestion des véhicules hors d'usage et à la responsabilité élargie des producteurs de voitures particulières, de camionnettes, de véhicules à moteur à deux ou trois roues et quadricycles à moteur)
- Avis relatif au champ d'application de la filière à responsabilité élargie du producteur des produits et matériaux de construction du secteur du bâtiment
- Arrêté du 12 décembre 2022 relatif aux données des filières à responsabilité élargie des producteurs (REP))
Renouvellement des contrats d’électricité : publication d’une « checklist » pour les entreprises
Renouvellement des contrats d’électricité : que prévoit la « checklist » ?
Le comité de crise sur l’énergie est une instance réunissant les principaux fournisseurs d’énergie et organisations interprofessionnelles représentatives, animée par le Médiateur des entreprises.
Ce comité a publié une « checklist » pédagogique à destination des chefs d’entreprise(s), afin de faciliter leur prise de décision dans le cadre du renouvellement de leurs contrats de fourniture d’énergie.
Cette « checklist », disponible sur le site du Médiateur des entreprises et régulièrement actualisée, est actuellement composée de 10 questions regroupées sous 4 thématiques :
- le contrat :
- ○ Quels sont les points clés à regarder dans votre contrat de fourniture d’énergie ?
- ○ Que faire quand votre contrat prend fin à court terme ?
- ○ Que faire si le fournisseur refuse le renouvellement du contrat ou si aucun fournisseur ne propose une offre ?
- les prix :
- ○ Qui peut bénéficier des tarifs réglementés de vente ?
- ○ Face à des offres de prix élevées, quelles sont les marges de manœuvre ?
- ○ Comment évaluer les offres des différents fournisseurs ?
- ○ Comment comprendre la part « Accès régulé à l'électricité nucléaire historique (ARENH) » du contrat de fourniture d’électricité ?
- les aides :
- ○ Quelles sont les aides financières ?
- la médiation :
- ○ Qui contacter en cas de litige ?
- ○ Que peut apporter le Médiateur des entreprises ?
- Actualité Entreprendre.service-public.fr du 2 décembre 2022 : « La « checklist » énergie, nouvel outil d’accompagnement des entreprises »
Emballage des fruits et légumes : le Gouvernement sommé de revoir sa copie
Emballage plastique des fruits et légumes : quand les juges et le Gouvernement sont en désaccord…
Depuis le 1er janvier 2022, la loi interdit à tout commerce de détail la vente de fruits et légumes frais dans des emballages plastiques, tout en autorisant le Gouvernement à prévoir certaines exceptions permanentes, notamment pour les fruits et légumes dits « fragiles ».
Se saisissant de cette opportunité, le Gouvernement a intégré dans la liste des produits pouvant encore être emballés de plastique : les endives, les asperges, les brocolis, etc.
Une liste que les juges viennent d’annuler. Pourquoi ? Parce qu’il s’avère qu’elle :
- incluait des fruits et légumes ne présentant pas nécessairement un risque de détérioration lors de leur vente vrac ;
- fixait un terme aux exemptions prévues.
Le Gouvernement devrait donc publier une nouvelle liste prochainement. À suivre…
- Arrêt du Conseil d'État du 9 décembre 2022, n° 458440
Grippe aviaire : faire face à l’hiver
Grippe aviaire : la mise à l’abri est recommandée
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) vient de mettre à jour ses recommandations concernant la gestion des volailles dans le cadre de la lutte contre la grippe aviaire.
Elle continue d’inciter à isoler le plus possible les volailles pour éviter tout risque de transmission, notamment durant la période hivernale.
Notez que le Gouvernement envisage d’adapter les procédures de confinement durant le printemps et l’été 2023. L’objectif ? Donner plus de libertés aux animaux.
Grippe aviaire : vers une vaccination obligatoire ?
Pour lutter contre la grippe aviaire, certains ont soumis l’idée de rendre obligatoire la vaccination des volailles, dès l’hiver 2022/2023.
« Non », répond l’Anses, car à l’heure actuelle :
- aucun vaccin efficace n’est disponible ;
- la circulation est trop active chez les poules ;
- la vaccination ne sera pas lancée tant qu’il n’y aura pas d’étude concrète sur la vaccination chez les canards, espèce très réceptive au virus.
- Actualité de l’Anses du 16 décembre 2022 : « Influenza aviaire : la vaccination des poules n’est pas envisageable cet hiver »
- Actualité du ministère de l’Agriculture du 16 décembre 2022 : « Lutte contre l’influenza aviaire : la mise à l’abri des volailles, une mesure impérative qui s’adapte à la suite de la publication d’un nouvel avis de l’Anses »
2023 : focus sur les nouveautés propres à l’outre-mer
Les nouveautés fiscales
- Octroi de mer
L'octroi de mer est une imposition spécifique à l’Outre-mer qui s’applique en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à Mayotte et à La Réunion.
À ce titre, les biens qui proviennent d’un Etat membre de l’Union européenne sont importés en franchise de TVA et d’octroi de mer, dès lors que leur valeur totale ne dépasse pas :
- 1 000 €, pour les biens transportés par les voyageurs ;
- 400 € (au lieu de 205 €), pour les biens faisant l’objet de petits envois non-commerciaux, à compter du 1er avril 2023.
- Taxe foncière
En principe, tout propriétaire d’un immeuble bâti est redevable de la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB).
Comme souvent en matière fiscale, ce principe souffre de nombreuses exceptions, qui peuvent prendre la forme d’exonérations, de dégrèvements ou d’allègements de taxe.
Ainsi, parmi ces dispositifs, il est possible de citer :
- l’exonération de taxe foncière qui profite aux redevables âgés de plus de 75 ans au 1er janvier de l’année d’imposition et qui porte sur l’immeuble habité par eux, lorsque le montant des revenus de l’année précédente n’excède pas certaines limites ;
- le dégrèvement de 100 € qui profite aux redevables âgés de plus de 65 ans au 1er janvier de l’année d’imposition (autres que ceux visés plus haut), appliqué sur la taxe due au titre de l’immeuble habité par eux, lorsque le montant des revenus de l’année précédente n’excède pas certaines limites ;
- pour les contribuables dont les revenus n’excèdent pas certains plafonds, le dégrèvement égal à la fraction de la cotisation supérieure à 50 % du montant total de leurs revenus.
En outre-mer, pour la taxe établie au titre de 2022, le montant du revenu fiscal de référence dont il faut tenir compte pour déterminer l’éligibilité au bénéfice de l’exonération totale de taxe foncière ou du dégrèvement de 100 € est le suivant :
- pour la Martinique, la Guadeloupe et La Réunion :
- ○ 13 343 € pour la 1re part,
- ○ majorés de 3 187 € pour la 1re demi-part,
- ○ et de 3 011 € pour chaque demi-part supplémentaire à compter de la 2e ;
- pour la Guyane :
- ○ 13 950 € pour la 1re part,
- ○ majorés de 3 840 € pour la 1re demi-part,
- ○ et de 3 011 € pour chaque demi-part supplémentaire à compter de la 2e ;
- pour Mayotte :
- ○ 20 907 € pour la 1re part,
- ○ majorés de 5 752 € pour la 1re demi-part,
- ○ et de 4 510 € pour chaque demi-part supplémentaire.
Quant au montant du revenu fiscal de référence dont il faut tenir compte pour déterminer le bénéfice du dégrèvement partiel, il est fixé :
- pour la Martinique, la Guadeloupe et La Réunion :
- ○ à 32 044 € pour la 1re part,
- ○ majorés de 6 797 € pour la 1re demi-part,
- ○ de 6 481 € pour la 2e demi-part,
- ○ et de 4 877 € pour chaque demi-part supplémentaire à compter de la 3e ;
- pour la Guyane :
- ○ à 35 117 € pour la 1re part,
- ○ majorés de 6 797 € pour chacune des 2 premières demi-parts,
- ○ de 5 787 € pour la 3e demi-part,
- ○ et de 4 877 € pour chaque demi-part supplémentaire à compter de la 4e ;
- pour Mayotte :
- ○ à 38 591 € pour la 1re part,
- ○ majorés de 7 471 € pour chacune des 2 premières demi-parts,
- ○ de 6 361 € pour la 3e demi-part,
- ○ et de 5 358 € pour chaque demi-part supplémentaire à compter de la 4e.
À compter de l’imposition établie au titre de 2024, les seuils applicables à Mayotte seront alignés sur ceux applicables en Guyane.
- Dispositifs Girardin
Un certain nombre de dispositifs fiscaux de faveur propres à l’outre-mer et connus sous l’appellation générique de « dispositifs Girardin » sont prolongés jusqu’au 31 décembre 2029.
Sont concernés :
- la réduction d’impôt sur le revenu ouverte aux particuliers qui font réaliser, sous conditions, des travaux de réhabilitation ou de confortation de logements contre le risque sismique ou cyclonique ; initialement, cet avantage fiscal devait prendre fin au 31 décembre 2023 ;
- la réduction d'impôt sur le revenu à raison des investissements productifs neufs réalisés dans les départements d'outre-mer, à Saint-Pierre-et-Miquelon, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, à Saint-Martin, à Saint-Barthélemy, dans les îles Wallis-et-Futuna et les Terres australes et antarctiques françaises, dans le cadre d'une entreprise exerçant une activité agricole ou une activité industrielle, commerciale ou artisanale ; initialement, cet avantage fiscal devait s’appliquer aux investissements mis en service jusqu’au 31 décembre 2025, aux travaux de réhabilitation hôtelière achevés au plus tard à cette date, aux acquisitions d'immeubles à construire et aux constructions d'immeubles dont les fondations devaient être achevées au plus tard à cette date ;
- la réduction d’impôt sur le revenu à raison de l’achat ou de la construction de logements neufs à Saint-Pierre-et-Miquelon, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, à Saint-Martin, à Saint-Barthélemy et dans les Iles Wallis et Futuna ; initialement, cet avantage fiscal devait prendre fin au 31 décembre 2025 ;
- la déduction fiscale pour investissements productifs : cet avantage fiscal devait initialement s’appliquer aux investissements neufs mis en service jusqu’au 31 décembre 2025, aux travaux de rénovation et de réhabilitation d'hôtels, de résidences de tourisme et de villages de vacances classés achevés au plus tard à cette date, aux acquisitions d'immeubles à construire et aux constructions d'immeubles dont les fondations devaient être achevées au plus tard à cette date et aux souscriptions versées jusqu'au 31 décembre 2025 ;
- le crédit d’impôt pour investissements productifs : initialement, cet avantage fiscal devait s’appliquer aux investissements mis en service jusqu’au 31 décembre 2025, aux travaux de réhabilitation hôtelière achevés au plus tard à cette date et aux acquisitions d'immeubles à construire et constructions d'immeubles dont les fondations devaient être achevées au plus tard à cette date ;
- le crédit d’impôt en faveur des organismes d’habitations à loyer modéré qui réalisent des investissements dans les logements neufs en outre-mer : initialement, cet avantage fiscal devait s’appliquer aux acquisitions, constructions ou réhabilitations d'immeubles effectuées jusqu'au 31 décembre 2025 ;
- la réduction d’impôt qui profite aux entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés qui réalisent des investissements productifs neufs à Saint-Pierre-et-Miquelon, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, à Saint-Martin, à Saint-Barthélemy, dans les îles Wallis et Futuna et les Terres australes et antarctiques françaises : initialement, cet avantage fiscal devait prendre fin le 31 décembre 2025.
- Réduction d’impôt pour investissements productifs neufs réalisés dans le cadre d’une entreprise exerçant une activité agricole, industrielle, commerciale ou artisanale
Les contribuables domiciliés en France peuvent, sous conditions, bénéficier d’une réduction d’impôt sur le revenu pour les investissements productifs neufs qu'ils réalisent dans les départements d'outre-mer, à Saint-Pierre-et-Miquelon, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, à Saint-Martin, à Saint-Barthélemy, dans les îles Wallis-et-Futuna et les Terres australes et antarctiques françaises, dans le cadre d'une entreprise exerçant une activité agricole, industrielle, commerciale ou artisanale, sauf exception.
Cet avantage fiscal fait l’objet de nombreux aménagements concernant :
- son montant ;
- le droit de reprise de l’administration fiscale ;
- le délai de conservation des titres de certaines sociétés et groupements ;
- les navires de croisière.
La nouveauté la plus importante concerne les navires de pêche.
Cette réduction d’impôt s’applique désormais aux investissements portant sur l’achat ou la construction de navires de pêche, sous réserve qu’ils respectent l’une des conditions suivantes :
- les navires sont exploités à La Réunion et leur longueur hors tout est comprise entre 12 et 40 mètres ;
- les navires sont exploités en Polynésie française, à Saint-Barthélemy, à Saint-Pierre-et-Miquelon, dans les Îles Wallis et Futuna, en Nouvelle-Calédonie ou dans les Terres australes et antarctiques françaises.
Les nouveautés sociales
- Prime de partage de la valeur
Pour les salariés qui, au cours des 12 derniers mois précédant son versement, ont perçu une rémunération inférieure à 3 fois le Smic correspondant à la durée de travail prévue au contrat, la prime de partage de la valeur est, dans la limite de certains montants, exonérée :
- d’impôt sur le revenu ;
- de CSG ;
- de CRDS.
Notez que le cas échéant, cette prime peut aussi être exonérée (selon les mêmes conditions) de la contribution relative au financement du régime d'assurance maladie, maternité, invalidité, décès et autonomie de Mayotte.
- Mesures relatives au pouvoir d’achat
Pour rappel la loi dite « pouvoir d’achat » a prévu des déductions forfaitaires de cotisations patronales sur les heures supplémentaires pour les entreprises d’au moins 20 et de moins de 250 salariés.
Pour les cotisations dues au titre des périodes courant à compter du 1er octobre 2022, ces déductions s’imputent sur les sommes dues par les employeurs pour chaque salarié concerné, au titre de l’ensemble de la rémunération versée concernant les heures supplémentaires, et non plus sur la seule majoration de salaire.
Ces déductions s’appliquent également au rachat de RTT intervenant dans le cadre du dispositif de monétisation des RTT mis en place récemment.
- Régime de sécurité sociale à Mayotte
Pour rappel, à Mayotte, des règles spécifiques s’appliquent concernant le régime de Sécurité sociale.
- Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2023 du 23 décembre 2022, n°2022-1616
- Loi de finances pour 2023 du 30 décembre 2022, n°2022-1726
2023 : les nouveautés en matière de contrôle fiscal et social
Les nouveautés en matière de contrôle fiscal
- Pouvoirs de la Direction générale des finances publiques
- Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2023 du 23 décembre 2022, n°2022-1616
- Loi de finances pour 2023 du 30 décembre 2022, n°2022-1726
