Organiser une foire ou un salon : ce qu’il faut savoir
Foires et salons : une double réglementation
2 types de manifestations commerciales... Il existe 2 façons d’organiser une foire ou un salon : soit vous l’organisez dans un parc d’exposition, soit vous l’organisez hors d’un parc d’exposition (il s’agit alors forcément d’un salon professionnel). Cette dualité de manifestations commerciales engendre 2 règles différentes à respecter selon le type d’organisation choisie.
… pour 2 types de déclarations. Si vous choisissez d’opter pour un parc d’exposition, sachez que le programme des manifestations commerciales fait l’objet d’une déclaration annuelle préalable. De la même manière, si vous optez pour un salon professionnel, il faut déclarer au préalable auprès de l’autorité compétente la tenue du salon.
Exclusions. Ne sont pas soumis à ces 2 types de déclarations :
- les expositions internationales régies par la Convention de Paris du 22 novembre 1928 relative aux expositions internationales et universelles ;
- les expositions ne comportant aucune opération commerciale ;
- les expositions de nature éducative, scientifique, d’information ou consacrées aux œuvres de l’esprit relevant du code de la propriété intellectuelle ;
- les manifestations exclusivement artistiques ;
- les fêtes foraines ;
- les manifestations agricoles lorsque seuls des producteurs ou des éleveurs y sont exposants.
Sanctions. En cas de foires ou de salons professionnels organisés sans déclaration préalable, la sanction prévue est une amende de 15 000 €.
Le saviez-vous ?
Depuis le 1er juillet 2018, l’enregistrement (initial et modificatif) d’un parc d’exposition, d’une foire ou d’un salon peut seulement se faire en ligne.
Foires et salons : la réglementation dans un parc d’exposition
Parc d’exposition. Un parc d’exposition est « un ensemble immobilier clos indépendant, doté d'installations et d'équipements appropriés ayant un caractère permanent, qui accueille pendant tout ou partie de l'année, des manifestations commerciales ou autres, à caractère temporaire ».
Déclaration du programme annuel. L’organisation d’une foire dans un parc suppose que l’exploitant ait déclaré préalablement le programme annuel, pour chaque année civile, avant le 1er octobre de l’année précédente.
Exemple. Si vous souhaitez organiser une foire pendant une semaine au mois de juin 2019, il faut que la foire soit déclarée avant le 1er octobre 2018 auprès de la Préfecture.
Concrètement. Organiser une manifestation commerciale dans un parc d’exposition suppose de s’y prendre longtemps à l’avance. Il vous faut contacter l’exploitant avant le 1er octobre de l’année précédente pour qu’il inscrive votre manifestation commerciale sur le programme annuel qu’il va déclarer.
Salon professionnel : une réglementation particulière
Définition. Un salon professionnel est un cas particulier. C’est « une manifestation commerciale consacrée à la promotion d'un ensemble d'activités professionnelles réservée à des visiteurs justifiant d'un titre d'accès payant ou gratuit. Il ne propose à la vente sur place que des marchandises destinées à l'usage personnel de l'acquéreur ». Tout comme pour la manifestation commerciale se trouvant dans un parc d’exposition, le salon professionnel hors parc d’exposition doit être déclaré au préalable auprès de la Préfecture.
Comment déclarer ? Au moins 2 mois avant l’organisation de la foire ou du salon professionnel, vous devez déclarer préalablement, par lettre recommandée avec AR, le salon professionnel. Vous devez fournir les principales caractéristiques de la manifestation. Vous recevrez un récépissé de déclaration dans un délai de 15 jours maximum à compter de la réception du dossier complet de déclaration à afficher à l’entrée du salon.
A retenir
Quelle que soit l’organisation commerciale (hors ou à l’intérieur d’un parc d’exposition), il faut que la foire ou le salon soit déclaré(e) en Préfecture. Pour cela, soit vous devez vous faire inscrire sur une programme annuel que l’exploitant du parc d’exposition déclare, soit vous déclarez vous-même le salon professionnel si vous organisez hors d’un parc d’exposition.
- Circulaire du 12 juin 2006 relative aux manifestations commerciales dites « foires et salons »
- Article L 310-5 du Code de Commerce (sanctions du non-respect de la réglementation)
- Articles L 762-1 et suivants du Code de Commerce (législation manifestations commerciales)
- Articles R 762-1 et suivants du Code de Commerce (réglementation manifestations commerciales)
- Articles A 762-1 et suivants du Code de Commerce (réglementation manifestations commerciales)
- Décret n° 2018-81 du 9 février 2018 relatif à la procédure de déclaration des manifestations commerciales
Services à la personne : des informations précontractuelles obligatoires
Services à la personne : une information sur vos prestations
Un principe. Plusieurs informations doivent être mises à la disposition des clients sur le lieu d’accueil du public dans votre entreprise et sur votre site Internet le cas échéant, informations qui concernent le contenu de vos prestations et votre mode d’intervention.
S’agissant des prestations proposées… La première obligation qui s’impose à vous est de lister les prestations que vous êtes en mesure de proposer à vos clients, que cette activité soit exercée sous agrément, déclaration ou autorisation préalable. Sont notamment visés :
- la garde d’enfants à domicile et l’accompagnement d’enfants ;
- l’aide à domicile et l’accompagnement de personnes âgées, handicapées, dépendantes ;
- les travaux ménagers ;
- les travaux de jardinage et de petits bricolages ;
- le soutien scolaire ;
- les soins esthétiques à domicile pour les personnes dépendantes ;
- la préparation et/ou la livraison de repas à domicile ;
- la collecte et la livraison de linge repassé ;
- la livraison de courses à domicile ;
- l’assistance informatique à domicile ;
- les soins et promenades d’animaux ;
- la maintenance, l’entretien et la vigilance temporaires à domicile ;
- l’assistance administrative à domicile.
S’agissant de votre mode d’intervention… La seconde information porte sur votre mode d’intervention selon lequel chacune des prestations est réalisée. Vous devez donc préciser pour chaque prestation si :
- vous intervenez selon le mode « mandataire » : vous placez des travailleurs auprès de vos clients qui seront les employeurs ;
- vous intervenez selon le mode « mise à disposition » : vous recrutez des travailleurs qui seront mis à la disposition de vos clients ;
- vous intervenez selon le mode « prestataire » : vous fournissez une prestation de services à vos clients.
Une information précise ! À ce sujet, il est précisé que sur les prix, les devis et la première page du contrat, vous devez faire figurer de façon visible et lisible l’une des mentions suivantes, selon les hypothèses retenues :
- si vous intervenez selon le mode « mandataire » : « Attention, dans le cadre d'un contrat de placement de travailleurs, le consommateur est l'employeur de la personne qui effectue la prestation à son domicile. En cette qualité d'employeur, le consommateur est soumis à diverses obligations résultant notamment du Code du travail et du Code de la sécurité sociale » ;
- si vous intervenez selon le mode « mise à disposition » : « Dans le cadre d'un contrat de mise à disposition de travailleurs, le prestataire de service reste l'employeur ».
Services à la personne : une information sur les prix
Un principe. Bien entendu, vous êtes dans l’obligation d’apporter une information à vos clients en ce qui concerne le prix de vos prestations. Mais cette information doit être précise et complète.
Une information complète. Non seulement, vous devez évoquer le prix de vos prestations, mais vous devez aussi détailler le coût des frais annexes éventuels tels que les frais de dossier, les frais de gestion ou encore les frais de déplacement.
Une information précise. Vous devez également mentionner le prix de chaque prestation rapporté à une unité horaire ou, le cas échéant, le prix forfaitaire de chaque prestation proposée (lorsque la référence à une unité horaire n’est pas appropriée).
Le saviez-vous ?
Les prix que vous indiquez doivent être exprimés « hors taxes » et « toutes taxes comprises ».
À noter. En ce qui concerne l’avantage fiscal ou social attaché à votre prestation, il faut clairement le mentionner, de manière apparente et détachée du prix, dans une police de caractère d’imprimerie de taille inférieure à celle utilisée pour l’information sur le prix.
Attention ! Deux catégories de prestataires de services d’aide et d’accompagnement à domicile, qui ne sont pas habilitées à recevoir des bénéficiaires de l'aide sociale, voient les prix de leurs prestations librement fixés lors de la signature du contrat. Ces prix varient ensuite dans la limite d'un pourcentage fixé par le Gouvernement, tenant compte de l'évolution des salaires et du coût des services.
Quels sont les prestataires concernés ? Sont concernés :
- les établissements et les services qui accueillent des personnes âgées ou qui leur apportent à domicile une assistance dans les actes quotidiens de la vie, des prestations de soins ou une aide à l'insertion sociale ;
- les établissements et les services, y compris les foyers d'accueil médicalisé, qui accueillent des personnes handicapées, quel que soit leur degré de handicap ou leur âge, ou des personnes atteintes de pathologies chroniques, qui leur apportent à domicile une assistance dans les actes quotidiens de la vie, des prestations de soins ou une aide à l'insertion sociale ou bien qui leur assurent un accompagnement médico-social en milieu ouvert.
En 2023., les prix des prestations ne pourront pas augmenter de plus de 7,36 % par rapport à 2022.
Services à la personne : un devis personnalisé obligatoire ?
Une obligation ? Vous devez fournir gratuitement un devis personnalisé si vous proposez une prestation ou un ensemble de prestations dont le prix mensuel est supérieur ou égal à 100 € TTC. Pour une prestation inférieure à ce seuil, l’obligation de fournir un devis personnalisé gratuitement ne s’impose que sur demande du client.
Une information précise. A cet égard, il est précisé que vous devez afficher sur les lieux de vente et sur Internet la mention suivante : « Le vendeur remet gratuitement un devis personnalisé au consommateur à qui il propose une prestation ou un ensemble de prestations dont le prix total est supérieur ou égal à 100 € TTC ou au consommateur qui lui en fait la demande ».
Le saviez-vous ?
Notez que vous devez conserver ces devis pendant une durée minimum d’un an.
Des mentions obligatoires sur vos devis. Votre devis doit comporter les mentions suivantes :
- la date de rédaction et la durée de validité de l'offre ;
- le nom ou la raison sociale et l'adresse du prestataire de service ;
- le numéro de la déclaration si elle a été faite, d'agrément ou d'autorisation du prestataire de service ;
- le nom et l'adresse du client ;
- le ou les lieux de l'intervention ou la zone d'intervention indiqués par le client,
- la description de chaque prestation proposée ;
- le ou les modes d'intervention proposés (mandataire, mise à disposition, prestation de services) ;
- le nombre d'heures de travail correspondant à chaque prestation proposée sauf si cette indication n'est pas pertinente compte tenu de la nature de la prestation ;
- le prix horaire ou, lorsque le rapport à l'unité horaire n'est pas approprié, le prix forfaitaire pour chaque prestation proposée ;
- le cas échéant, le taux de TVA applicable à chaque prestation ;
- le montant total à payer ou, si le contrat n'a pas de durée déterminée par avance, le montant total mensuel ou hebdomadaire (exprimés hors taxes et toutes taxes comprises) ;
- le cas échant, le montant détaillé de tous les frais annexes (hors taxes et toutes taxes comprises).
Pour la petite histoire. Un prestataire s’est vu confier la mission de réaliser un site Internet, un devis étant alors établi à cette occasion. Une fois la mission terminée, le client a refusé de payer la facture présentée par le prestataire, au motif qu’une partie de mission déterminée dans le devis avait été réalisée par une autre société. À tort selon le juge, à la lecture du devis qui avait été parfaitement rédigé.
A retenir
L’ensemble de ces informations est obligatoire à compter du 1er juillet 2015. A compter de cette date, elles devront être obligatoirement portées à la connaissance de vos clients sur le lieu d’accueil de votre entreprise et sur votre site Internet.
- Article L347-1 du Code de l’action sociale et des familles (tarif des prix libres mais variation encadrée
- Article L312-1du Code de l’action sociale et des familles (prestataires dont la variation des tarifs sont encadrés)
- Arrêté du 17 mars 2015 relatif à l’information préalable du consommateur sur les prestations de services à la personne
- Arrêté du 23 décembre 2022 relatif aux prix des prestations de certains services d'aide et d'accompagnement à domicile
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 26 avril 2017, n° 16-12589 (prestation conforme au devis)
Industriels : ce qu’il faut savoir sur l’indice de réparabilité
Indice de réparabilité : qui est concerné ?
Au lancement du dispositif, les équipements électriques et électroniques concernés sont :
- les smartphones ;
- les ordinateurs portables ;
- les lave-linge à hublots ;
- les téléviseurs ;
- les tondeuses éléctriques.
Depuis le 4 novembre 2022, le dispositif s'étend pour inclure:
- les lave-linge à chargement par le dessus ;
- les lave-vaisselle ;
- les nettoyeurs à haute pression ;
- les aspirateurs filaires, sans fil et robots.
Bon à savoir. Cette communication est faite gratuitement.
Vente en ligne. Cette obligation vaut aussi pour les équipements électriques et électroniques vendus en ligne aux consommateurs.
Modalités d’information. Le fabricant ou l'importateur est chargé de mettre ces informations à la disposition du public par voie électronique, dans un format aisément réutilisable et exploitable par un système de traitement automatisé sous une forme agrégée.
Les producteurs ou importateurs doivent communiquer sans frais et sous un format dématérialisé aux distributeurs ou aux vendeurs au moment du référencement et à la livraison des équipements électriques et électroniques pour chaque modèle d'équipement mis sur le marché :
- l'indice de réparabilité selon les modalités et la signalétique prévues ;
- les paramètres ayant permis d'établir l'indice de réparabilité.
Le saviez-vous ?
Lorsqu’il ne vend pas lui-même l’équipement électrique ou électronique à un consommateur, le distributeur doit communiquer gratuitement l'indice et les paramètres de son calcul au vendeur au moment du référencement et à la livraison des équipements électriques et électroniques.
Combien de temps ? Les informations de réparabilité sont mises à disposition du public par voie électronique et communiquées sans frais par les producteurs ou importateurs, dans un délai de 15 jours, à toute personne qui en fait la demande pendant une période d'au minimum 2 ans après la mise sur le marché de la dernière unité d'un modèle d'équipement.
Où faire figurer l’indice de réparabilité ? Lorsque l'équipement électrique ou électronique est proposé à la vente en magasin, le vendeur doit faire figurer l'indice de réparabilité, de manière visible, sur chaque équipement proposé à la vente, ou à proximité immédiate. En cas de vente à distance, l'indice de réparabilité doit être affiché de manière visible dans la présentation de l'équipement et à proximité de son prix.
A noter. L'indice peut être apposé directement sur chaque équipement ou sur l'emballage par voie d'étiquetage ou de marquage.
Information sur les paramètres. Le vendeur met également à disposition des consommateurs les paramètres ayant permis d'établir l'indice de réparabilité de l'équipement, par tout procédé approprié.
Sanction. Le non-respect de l’obligation d’information sur l’indice de réparabilité est sanctionné par une amende dont le montant ne peut excéder 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une société. Notez que le dispositif d’amende s’applique depuis le 1er janvier 2022.
Indice de réparabilité : comment est-il calculé ?
Une note sur 10. L'indice de réparabilité consiste en une note sur 10 destinée à être portée à la connaissance des consommateurs au moment de l'acte d'achat d'un équipement neuf. Cet indice se rapporte à chaque modèle de cet équipement.
Quels critères ? L'indice de réparabilité est calculé à partir des critères suivants :
- une note sur 20 relative à la durée de disponibilité de la documentation technique et relative aux conseils d'utilisation et d'entretien, auprès des producteurs, réparateurs, et des consommateurs ;
- une note sur 20 relative au caractère démontable de l'équipement entendu comme le nombre d'étapes de démontage pour un accès unitaire aux pièces détachées, ainsi que les caractéristiques des outils nécessaires et des fixations entre pièces détachées ;
- une note sur 20 relative aux durées de disponibilité sur le marché des pièces détachées et aux délais de livraison, auprès des producteurs, des distributeurs en pièces détachées, des réparateurs et des consommateurs ;
- une note sur 20 relative au rapport entre le prix de vente des pièces détachées par le constructeur ou l'importateur et le prix de vente des équipements par le constructeur ou l'importateur ;
- une note sur 20 relative à des critères spécifiques à la catégorie d'équipements concernée.
Addition. L'indice de réparabilité est obtenu en additionnant les 5 notes obtenues puis en divisant ce total par 10 pour exprimer une note synthétique sur une échelle de 1 à 10.
Présentation de l’indice. L'indice de réparabilité est présenté sous la forme d'une note sur 10 pouvant comporter une décimale après la virgule. Si le chiffre après la première décimale est :
- inférieur à 5, la note est arrondie à la décimale inférieure ;
- supérieur ou égal à 5, la note est arrondie à la décimale supérieure.
Un code couleur. Selon la note ainsi obtenue, les codes couleurs suivants sont utilisés pour l'affichage de l'indice :
- note supérieure ou égale à 0 et inférieure ou égale à 1,9 : rouge, référence Pantone 186 C ;
- note supérieure ou égale à 2 et inférieure ou égale à 3,9 : orange, référence Pantone 1 585 C ;
- note supérieure ou égale à 4 et inférieure ou égale à 5,9 : jaune, référence Pantone 7 548 C ;
- note supérieure ou égale à 6 et inférieure ou égale à 7,9 : vert clair, référence Pantone 2 291 C ;
- note supérieure ou égale à 8 et inférieure ou égale à 10 : vert foncé, référence Pantone 347 C.
Bon à savoir. Le modèle de signalétique est consultable à l’adresse suivante : https://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf?id=3EW2asQgntsWrcVjAJncs3m5ifQeOmNVXdsTzHrVmHE=.
A retenir
Depuis le 1er janvier 2021, les équipements électriques et électroniques (smartphones, ordinateurs portables, lave-linges, téléviseurs, etc.) doivent faire l’objet d’un étiquetage informant le consommateur sur sa réparabilité (il s’agit d’une note sur 10).
- Articles L541-9-2 et L541-9-4 du Code de l’environnement
- Décret n° 2020-1757 du 29 décembre 2020 relatif à l'indice de réparabilité des équipements électriques et électroniques
- Arrêté du 29 décembre 2020 relatif aux modalités d'affichage, à la signalétique et aux paramètres généraux de calcul de l'indice de réparabilité
- Arrêté du 29 décembre 2020 relatif aux critères, aux sous-critères et au système de notation pour le calcul et l'affichage de l'indice de réparabilité des ordinateurs portables
- Arrêté du 29 décembre 2020 relatif aux critères, aux sous-critères et au système de notation pour le calcul et l'affichage de l'indice de réparabilité des téléphones mobiles multifonctions
- Arrêté du 29 décembre 2020 relatif aux critères, aux sous-critères et au système de notation pour le calcul et l'affichage de l'indice de réparabilité des téléviseurs
- Arrêté du 29 décembre 2020 relatif aux critères, aux sous-critères et au système de notation pour le calcul et l'affichage de l'indice de réparabilité des tondeuses à gazon électriques filaires
- Arrêté du 29 décembre 2020 relatif aux critères, aux sous-critères et au système de notation pour le calcul et l'affichage de l'indice de réparabilité des tondeuses électriques batteries
- Arrêté du 29 décembre 2020 relatif aux critères, aux sous-critères et au système de notation pour le calcul et l'affichage de l'indice de réparabilité des tondeuses électriques robot
- Arrêté du 22 avril 2022 relatif aux critères, aux sous-critères et au système de notation pour le calcul et l'affichage de l'indice de réparabilité des aspirateurs filaires
- Arrêté du 22 avril 2022 relatif aux critères, aux sous-critères et au système de notation pour le calcul et l'affichage de l'indice de réparabilité des aspirateurs robots
- Arrêté du 22 avril 2022 relatif aux critères, aux sous-critères et au système de notation pour le calcul et l'affichage de l'indice de réparabilité des lave-linges ménagers à chargement par le dessus
- Arrêté du 22 avril 2022 relatif aux critères, aux sous-critères et au système de notation pour le calcul et l'affichage de l'indice de réparabilité des lave-vaisselles ménagers
- Arrêté du 22 avril 2022 relatif aux critères, aux sous-critères et au système de notation pour le calcul et l'affichage de l'indice de réparabilité des nettoyeurs à haute pression
- Arrêté du 22 avril 2022 relatif aux critères, aux sous-critères et au système de notation pour le calcul et l'affichage de l'indice de réparabilité des aspirateurs non filaires
- Actualité de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes du 4 novembre 2022 : « De nouveaux produits concernés par l’indice de réparabilité »
- Actualité de la DGCCRF du 20 mars 2024 : « Indice de réparabilité : trop de flou sur les calculs »
Industriels : obtenir une aide financière à la décarbonation
Industriels et aide à la décarbonation : pour qui ?
Quelles entreprises industrielles ? Peut bénéficier de l'aide financière toute entreprise exerçant dans le secteur d'activité des industries manufacturières au sens de la nomenclature d'activités française établie par l’INSEE, ou tout tiers-financeur d'une telle entreprise industrielle.
Attention ! Seules les entreprises qui sont à jour de leurs obligations fiscales et sociales peuvent prétendre à cette aide.
Industriels et aide à la décarbonation : pour quoi ?
Une aide sous forme de subvention peut être versée aux industriels qui réalisent un investissement dans un bien acquis à l'état neuf, inscrit à l'actif immobilisé de l’entreprise, hors frais financiers, affecté à une activité industrielle manufacturière sur le territoire français, lorsque ce bien permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Quels biens ? Cette aide vise notamment :
- des biens de récupération de force ou de chaleur ;
- des biens destinés à l'amélioration du rendement énergétique d'appareils ou d'installations.
=> Consultez la liste des biens éligibles à l’aide financière
Le bénéfice de l'aide est conditionné à ce qu'aucun commencement d'exécution du projet d'investissement ne soit réalisé avant la date de réception de la demande de subvention par l'Agence de services et de paiement.
La dépense d'investissement éligible est constituée du coût HT des biens éligibles acquis à l'état neuf, effectivement supporté par l’entreprise.
A noter. Dans le cas où les biens éligibles font l'objet d'un contrat de crédit-bail ou d'un contrat de location avec option d'achat, la dépense d'investissement prise en compte correspond à la valeur du bien éligible à la date de signature du contrat que le locataire aurait inscrit à son actif s'il en avait été propriétaire, hors frais financiers immobilisés par le bailleur.
Bon à savoir. La dépense d'investissement est sans minimum et d'un montant maximal de 3 M€.
Non-cumul. Cette aide n'est pas cumulable avec le dispositif de déduction fiscale exceptionnelle qui profite aux entreprises qui investissent dans certains équipements « robotiques ».
Industriels et aide à la décarbonation : quel montant ?
Taux de subvention. Le montant de la subvention est fixé sur la base du montant des dépenses éligibles auquel il convient d’appliquer un taux fixé comme suit :
- pour les biens éligibles relevant des catégories 1 à 14 :
- ○ 50 % pour une petite entreprise ;
- ○ 40 % pour une moyenne entreprise ;
- ○ 30 % pour les entreprises de taille intermédiaire et les grandes entreprises ;
- pour les biens éligibles relevant des catégories 15 à 18 :
- ○ 20 % pour une petite entreprise ;
- ○ 10 % pour une moyenne entreprise ;
- ○ 10 % pour les entreprises de taille intermédiaire et les grandes entreprises (limité à 200 000 € ou à 800 000 €, sous réserve d'éligibilité au régime cadre temporaire SA.56985 2020/N).
SA.56985 2020/N. Une entreprise de taille intermédiaire ou une grande entreprise qui a connu des difficultés de trésorerie liée à la crise sanitaire de la covid-19 peut bénéficier de l’aide d’État SA.56985 (2020/N) - France - COVID-19 : régime cadre temporaire pour le soutien aux entreprises. Pour cela, l’entreprise doit :
- remplir la déclaration sur l’honneur relative au régime SA.56985, disponible sur le site de l’ASP, et la joindre à son dossier de demande de subvention ;
- signer et renvoyer à l’ASP la convention d’attribution de l’aide avant le 31/12/2020, date à laquelle se termine ce régime cadre temporaire. Cette démarche permet de relever le plafond à 800 000 € (au lieu de 200 000 €).
Quid des aides publiques ? Si l’entreprise perçoit d’autres aides publiques (aides régionales, aides distribuées par l’ADEME, etc.) pour le même projet, elles seront prises en compte pour le calcul du montant de l’aide financière à la décarbonation.
Industriels et aide à la décarbonation : par qui ? Comment ?
Agence de services et de paiement. La gestion de l'aide est confiée à l'Agence de services et de paiement (ASP). Elle est chargée :
- de réceptionner et d'instruire la demande de subvention ;
- en cas d'inéligibilité de la demande, d'en notifier le rejet au demandeur ;
- en cas d'éligibilité de la demande, de notifier au demandeur une décision d'attribution précisant le montant maximum de la subvention qui lui sera attribuée ou une décision de non attribution motivée ;
- de réceptionner et d'instruire les demandes de paiement transmises par le bénéficiaire ;
- de déterminer et de verser le montant de la subvention au bénéficiaire dans les conditions prévues par la décision d'attribution.
Pour obtenir l’aide financière, il faut remplir un formulaire et fournir des pièces justificatives. Le formulaire est disponible sur le site Web de l’ASP (https://www.asp-public.fr/).
=> Consultez la liste des pièces justificatives
Une aide limitée dans le temps ! L'aide peut être demandée jusqu'au 30 juin 2022.
Notice d’information. L’ASP a édité une notice d’information consultable à l’adresse suivante : https://www.asp-public.fr/aide-en-faveur-des-investissements-de-decarbonation-des-outils-de-production-industrielle.
Si la demande est éligible, l’ASP notifie à l'entreprise la décision d'attribution de la subvention en indiquant le taux et le montant maximum estimatifs auxquels elle aurait droit, sous réserve de la réalisation de l'investissement prévu et de l'envoi d'une demande de paiement.
Si la demande n'est pas éligible ou si elle est rejetée, l’ASP notifie la décision de rejet de la demande de subvention en indiquant le motif de sa décision.
La décision d'attribution de la subvention aux projets éligibles ne peut être prise que sous réserve des crédits accordés à l’ASP.
Bon à savoir. Les demandes de versement sont traitées dans l'ordre de réception d'une demande complète.
Demande de paiement. Le bénéficiaire de la subvention qui a réalisé son projet d'investissement doit adresser une demande de paiement à l’ASP, aux fins de règlement par virement sur le compte bancaire ou postal indiqué, accompagnée de la facture certifiée acquittée du bien par le vendeur.
Versement de l’aide. Si le projet d'investissement est réalisé et justifié conformément à ce qui était prévu dans la décision d'attribution, l’ASP verse le montant de la subvention au bénéficiaire. Si la subvention dépasse 23 000 €, une convention entre l'Agence de services et de paiement et l'entreprise doit être signée préalablement au versement.
Si les conditions requises ne sont pas remplies, l’ASP notifie la décision de rejet de la demande de paiement en indiquant le motif.
A retenir
Jusqu’au 30 juin 2022, certaines entreprises industrielles pouvaient demander à l’Agence de services et de Paiement le bénéfice d’une aide financière à la décarbonation, à l’occasion de certains investissements strictement limités.
- Décret n° 2020-1361 du 7 novembre 2020 instaurant une aide en faveur des investissements de décarbonation des outils de production industrielle
- Arrêté du 7 novembre 2020 relatif aux modalités de gestion de l'aide en faveur des investissements de décarbonation des outils de production industrielle
- Décret n° 2022-922 du 22 juin 2022 modifiant le décret n° 2020-1361 du 7 novembre 2020 instaurant une aide en faveur des investissements de décarbonation des outils de production industrielle
Industriels : des bâtiments aux toitures « vertes »
Bâtiments agricoles : une obligation de « toit vert »
L’objectif. Au moins 30 % des toitures ou des ombrières surplombant les aires de parking de certains bâtiments doivent intégrer un système de production d’énergies renouvelables (comme des panneaux photovoltaïques) ou un système de végétalisation (comme un toit vert).
Qui est concerné ? Cette obligation s’applique à l’occasion de la construction et l'extension de nouveaux magasins, de locaux à usage industriel ou artisanal et de certains entrepôts, hangars et parcs de stationnement couverts de plus de 1 000 m² d'emprise.
Pour les exploitants agricoles. Vous êtes aussi concernés par cette obligation, y compris pour les bâtiments relevant des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Toutefois, compte tenu de leur nature, quelques spécificités sont à connaître.
Bâtiments agricoles : des aménagements pour les ICPE
Des bâtiments agricoles exemptés. Il est expressément prévu que sont exemptés de l’obligation de « verdissement » les bâtiments abritant des ICPE au titre des rubriques 1312, 1416, 1436, 2160, 2260-1 2311, 2410, 2565, des rubriques 27XX (sauf les rubriques 2715, 2720, 2750, 2751 et 2752), des rubriques 3260, 3460, des rubriques 35XX et des rubriques 4XXX.
Un mode de calcul des 30 % spécifique… Des précisions ont été apportées aux modalités de calcul de la proportion de toitures (30 %) des bâtiments agricoles qui doivent intégrer un système de production d’énergies renouvelables ou de végétalisation :
- en cas d’arrêtés préfectoraux imposant la présence de dispositifs de sécurité en toiture, les surfaces requises pour accueillir ces dispositifs sont exclues de la surface prise en compte pour le calcul des 30 % de toitures ;
- les surfaces de toiture correspondant aux bandes de protection de part et d'autre des murs séparatifs REI et à une bande de 5 mètres de part et d'autre des parois séparatives REI ne sont pas prises en compte pour le calcul des 30 % de toitures (ce sont des murs coupe-feu).
… exemptant de nouveaux des bâtiments agricoles. Après déduction des surfaces précitées, si la surface de toiture disponible est inférieure à 30 % de la surface totale de la toiture, le bâtiment n’est pas tenu d’intégrer un système de production d’énergies renouvelables ou un système de végétalisation. L'obligation continue toutefois de s'appliquer aux ombrières séparées des bâtiments par un espace à ciel ouvert, supérieur à 10 mètres.
Panneaux photovoltaïques. Il y a un ensemble de prescriptions techniques à respecter si vous optez pour l’installation de panneaux photovoltaïques. Vous pouvez les consulter à l’adresse suivante : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041661290&dateTexte=&categorieLien=id.
A retenir
Par principe, la construction de bâtiments relevant des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) nécessite désormais de prévoir que 30 % des toitures sont végétalisés ou intègrent des panneaux photovoltaïques. Toutefois, certains de ces bâtiments sont exemptés de cette obligation, soit en raison de leur classification, soit en raison de l’application d’un mode de calcul de la surface de la toiture spécifique.
Entreprises industrielles : bénéficier d’une aide financière ?
Aide financière : combien ?
Une facture qui augmente… Respectant le principe de « pollueur-payeur », un dispositif européen a été mis en place en se basant sur la règle suivante : plus un site industriel émet de carbone, plus sa facture d’électricité augmente.
… parfois involontairement ! Toutefois, il arrive que des sites industriels soient victimes bien involontairement d’une fuite de carbone, ce qui augmente la facture d’électricité.
Bénéficier d’une aide financière. Le montant de l'aide est assis sur les coûts des quotas du système européen d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre répercutés sur les prix de l'électricité. Ces coûts sont calculés en effectuant le produit des facteurs suivants :
- le facteur d'émission de l'électricité consommée en France, en tonnes de dioxyde de carbone par mégawattheure ;
- le prix à terme des quotas du système d'échange de quotas d'émission, en euros par tonne de dioxyde de carbone : pour les coût supportés en 2023, le prix est fixé à 83,56 €/tonne ;
- le volume de l'électricité éligible en fonction des produits fabriqués par l’entreprise.
Aide financière : comment ?
Réclamer l’aide financière. Pour obtenir cette aide financière, une entreprise industrielle doit en demander le versement à l’Agence de services et de paiement. Cette demande est effectuée chaque année, au plus tard le 31 mars, l’Agence devant donner sa réponse avant le 1er juillet.
Constituer un dossier. Dans le cadre de sa demande, l’entreprise doit constituer un dossier contenant notamment les pièces suivantes :
- un extrait K bis de la société et l'identification du site concerné par la demande ;
- un relevé d'identité bancaire ou postal sur lequel le versement de l'aide doit être effectué ;
- une copie des contrats de fourniture d'électricité ou une attestation du fournisseur, ou toute autre pièce permettant de justifier que l'approvisionnement en électricité est éligible au bénéfice de l'aide ;
- une copie des factures d'électricité pour l'année au titre de laquelle la demande est présentée ;
- un plan de performance énergétique ;
- une validation par un organisme que l'ensemble des données fournies par le site demandeur est conforme aux pièces justificatives jointes au dossier de demande de versement de l'aide.
Accusé réception. Une fois le dossier réceptionné, l’Agence de services et de paiement en accusera réception dans un délai de 5 jours.
Aide financière : pour qui ?
Qui peut bénéficier de l’aide ? Les entreprises pouvant bénéficier de l’aide financière doivent appartenir à un secteur d’activité bien précis, à savoir :
- la production d’aluminium ;
- l’extraction de de minéraux pour l’industrie chimique et d’engrais naturels ;
- la fabrication d’autres produits chimiques inorganiques ;
- la métallurgie du plomb, du zinc ou de l’étain ;
- la fabrication de vêtements en cuir ;
- la sidérurgie, y compris la fabrication de tuyaux sans soudure en acier ;
- la fabrication de papier et de carton ;
- la fabrication de produits azotés et d’engrais ;
- la métallurgie du cuivre ;
- la fabrication d'autres produits chimiques organiques de base ;
- la filature de l'industrie cotonnière ;
- la fabrication de fibres artificielles ou synthétiques ;
- l’extraction de minerais de fer ;
- les sous-secteurs suivants du secteur fabrication de matières plastiques de base :
- ○ le polyéthylène à basse densité ;
- ○ le polyéthylène à basse densité linéaire ;
- ○ le polyéthylène à haute densité ;
- ○ le polypropylène ;
- ○ le chlorure de polyvinyle ;
- ○ le polycarbonate ;
- le sous-secteur suivant du secteur fabrication de pâte à papier :
- ○ les pâtes mécaniques.
Une aide exceptionnelle pour les industriels exposés à un risque significatif de fuite de carbone
Qui ? Peuvent en bénéficier les entreprises qui exercent leurs activités dans un des secteurs ou sous-secteurs exposés à un risque significatif de fuite de carbone en raison de la répercussion des coûts des quotas du système européen d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre sur les prix de l’électricité.
Combien ? Le montant de l’aide est assis sur les coûts des quotas du système européen d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre répercutés sur les prix de l’électricité. Il est fixé à 75 % des coûts en question, supportés pour les années 2021 à 2030.
Combien bis ? Pour les secteurs pour lesquels l’intensité d’aide de 75 % n’est pas suffisante pour garantir une protection adéquate contre le risque de fuite de carbone, le montant des coûts indirects résiduels à supporter par l’entreprise, après versement de l’aide, peut être limité à 1,5 % de la valeur ajoutée brute de l’entreprise concernée au cours de l’année au titre de laquelle l’aide est accordée. Lorsqu’il est décidé de limiter le montant des coûts indirects à verser au niveau de l’entreprise à 1,5 % de la valeur ajoutée brute, cette limitation s’applique à toutes les entreprises éligibles dans le secteur concerné.
Des obligations. Les bénéficiaires des aides doivent :
- respecter l’obligation qui leur incombe de réaliser un audit énergétique ;
- mettre en œuvre les recommandations contenues dans le rapport d’audit, dans la mesure où le délai d’amortissement des investissements concernés ne dépasse pas 3 ans et que les coûts de leurs investissements sont proportionnés ;
- réduire l’empreinte carbone de leur consommation d’électricité, de manière à couvrir au moins 30 % de leur consommation d’électricité générée à partir de sources décarbonées.
Versement. L’aide est versée dans le courant de l’année qui suit celle pour laquelle l’aide est accordée.
- consultez les modalités de calcul de l’aide exceptionnelle ;
- consultez le contenu du dossier de demande d’aide ;
- consultez les modalités de calcul du montant de l’avance.
À retenir
Sous certaines conditions, il est possible d’obtenir une aide financière versée par l’Agence de services et de paiement. La somme versée vise à compenser le coût du système de quotas carbone incorporé dans le prix de l’électricité qui augmente la facture de certaines entreprises industrielles.
- Articles L22-8 du Code de l'énergie
- Décret n° 2016-1095 du 11 août 2016 relatif à l'aide en faveur des entreprises exposées à un risque significatif de fuite de carbone en raison des coûts du système d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre répercutés sur les prix de l'électricité
- Arrêté du 11 août 2016 relatif aux modalités de gestion de l'aide en faveur des entreprises exposées à un risque significatif de fuite de carbone en raison des coûts du système d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre répercutés sur les prix de l'électricité
- Loi de finances pour 2021 du 29 décembre 2020, n°2020-1721, article 179 (aide exceptionnelle pour les industriels exposés à un risque significatif de fuite de carbone)
- Loi de finances pour 2022 du 30 décembre 2021, n°2021-1900, article 182
- Décret n° 2022-1591 du 20 décembre 2022 relatif à l'aide en faveur des entreprises exposées à un risque significatif de fuite de carbone en raison des coûts du système d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre répercutés sur les prix de l'électricité
- Arrêté du 20 décembre 2022 relatif aux modalités de gestion et à la publication d'informations de l'aide en faveur des entreprises exposées à un risque significatif de fuite de carbone en raison des coûts du système d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre répercutés sur le prix de l'électricité
- Arrêté du 27 décembre 2023 fixant le prix du quota carbone utilisé dans le calcul de l'aide accordée au titre de 2023 ainsi que de l'avance accordée au titre de 2024 aux entreprises exposées à un risque significatif de fuite de carbone en raison des coûts du système d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre répercutés sur les prix de l'électricité, ainsi que le coefficient de l'électricité décarbonée dans la production nationale en 2022
- Décret n° 2024-443 du 17 mai 2024 précisant les modalités de présentation du plan de performance énergétique pour les entreprises bénéficiaires de l'aide en faveur des entreprises exposées à un risque significatif de fuite de carbone en raison des coûts du système d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre répercutés sur les prix de l'électricité
- Arrêté du 25 avril 2024 fixant le coefficient de l'avance accordée aux entreprises exposées à un risque significatif de fuite de carbone en raison des coûts du système d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre répercutés sur les prix de l'électricité pour l'année 2024
Industriels : le point sur la responsabilité du « fabricant d’Epers »
« Fabricant d’Epers » : une définition encadrée
Un souci. Dans les années 60 et 70, le secteur immobilier s’est fortement développé. Durant la même période, de nombreux litiges sont apparus entre les constructeurs et les particuliers. Parfois, ces litiges avaient pour source des éléments fournis par des fabricants, tiers au contrat de construction.
Une solution. Pour inciter les fabricants à fournir des éléments de qualité au maître d’ouvrage et que l’entrepreneur ne soit plus nécessairement le seul responsable vis-à-vis des particuliers, le législateur a créé un principe de responsabilité solidaire du « fabricant de composants » ou du « fabricant d’Epers » (fabricant d’éléments pouvant entraîner la responsabilité solidaire).
C’est qui ? Le fabricant est celui qui fournit un grossiste ou un détaillant qui lui-même fournit l’entrepreneur.
Fabricant d’Epers = 4 critères cumulatifs ! Pour identifier un Epers, 4 critères cumulatifs doivent être réunis, à savoir :
- le déplacement d’une partie de la conception, (incorporée au produit, elle est donc retranchée de la mission de conception) ;
- la prédétermination en vue d’une finalité spécifique d’utilisation ;
- la satisfaction en état de service à des exigences précises et déterminées à l’avance ;
- la capacité du produit à être mis en œuvre sans modification.
Le saviez-vous ?
Parmi les fabricants, on trouve aussi les importateurs d’ouvrages ou de parties d’ouvrages fabriqués à l’étranger et les distributeurs qui vendent les ouvrages, parties d’ouvrages et équipements en y mentionnant leur nom comme fabricant (le fournisseur non fabricant n’est ici pas concerné).
Fabricant = sous-traitant ? En pratique, le sous-traitant est un fabricant. Mais juridiquement, ce n’est pas le cas. Un fabricant ne bénéficie donc pas du statut de sous-traitant. Il ne peut donc pas, par exemple, engager une demande directe en paiement contre le maître d’ouvrage comme peut le faire le sous-traitant.
Comment les différencier ? Pour différencier un fabricant d’un sous-traitant, il faut tout d’abord analyser le contrat. Alors que le contrat liant le fabricant à un entrepreneur est un contrat de vente, le contrat liant un sous-traitant à un entrepreneur est un contrat de sous-traitance.
Mais aussi. Analyser le contrat n’est pas suffisant. Il faut également apprécier l’apport de l’intervenant sur le chantier. Plus le travail est spécifique, plus la part de main d’œuvre est importante, plus le juge aura tendance à considérer que le professionnel est un sous-traitant et non un fabricant.
Fabricant d’Epers. Voici quelques exemples pour lesquels les juges ont retenu que les professionnels avaient la qualité de fabricants d’Epers :
- la fabrication d’une pompe à chaleur ;
- la fabrication d’un plancher chauffant ;
- la fabrication d’une coque de piscine en polyester.
A contrario. Voici quelques d’exemples pour lesquels les juges ont retenu que les professionnels n’avaient pas la qualité de fabricants d’Epers :
- la fabrication de béton prêt à l’emploi ;
- la fabrication de poutres taillées à la mesure ;
- la fabrication de dalles d’un court de tennis.
« Fabricant d’Epers » : une responsabilité solidaire
Une responsabilité solidaire. Le fabricant est solidairement responsable des obligations qui pèsent sur les entrepreneurs qui ont posé les éléments fabriqués à l’égard du maître d’ouvrage, sous réserve que 3 conditions soient réunies. Lesquelles ?
3 conditions. Les 3 conditions suivantes doivent être réunies pour que le fabricant soit solidairement responsable avec l’entrepreneur :
- l’élément doit être fabriqué sur mesure, en vue de répondre à des exigences spécifiques, pour l’ouvrage en cause (sans qu’il soit pour autant réservé à ce seul ouvrage et exclusif de tout autre emploi) ;
- l’élément doit être mis en œuvre sans modification par l’entreprise chargée de le poser ;
- la mise en œuvre doit être conforme aux règles édictées par le fabricant.
Quelles obligations ? Concrètement, cela veut dire que le fabricant est solidaire avec l’entrepreneur au titre de la garantie biennale et de la garantie décennale dès lors que l’objet fabriqué cause un dommage au maître d’ouvrage.
À l’égard de l’entrepreneur. Le fabricant et l’entrepreneur étant liés par un contrat de vente, le fabricant sera donc responsable au titre de la garantie des vices cachés, de la défectuosité du produit ou d’un défaut de conformité.
À retenir
Le « fabricant d’Epers » (fabricant d’éléments pouvant entraîner la responsabilité solidaire) est solidairement responsable avec l’entrepreneur au titre de la garantie biennale et décennale à l’égard du maître d’ouvrage.
- Article 1792-4 du Code civil (responsabilité solidaire du fabricant)
- Arrêt de la Cour de cassation, 3e chambre civile, du 9 mars 2017, no 16-12891 (fabricant-pas d’action directe en paiement contre le maître d’ouvrage)
- Arrêt de la Cour de cassation, 3e chambre civile, du 14 avril 1999, no 97-14512 (pas fabricant d’Epers-poutres taillées à la mesure)
- Arrêt de la Cour de cassation, 3e chambre civile, du 17 juin 1998, no 95-20841 (fabricant d’Epers-coque de piscine)
- Arrêt de la Cour de cassation, 3e chambre civile, du 25 juin 1997, no 95-18234 (fabricant d’Epers-plancher chauffant)
- Arrêt de la Cour de cassation, 3e chambre civile, du 20 janvier 1993, no 90-21224 (fabricant d’Epers-pompe à chaleur)
- Arrêt de la Cour de cassation, 3e chambre civile, du 26 octobre 1988, no 87-11367 (pas fabricant d’Epers-dalles d’un court de tennis)
- Arrêt de la Cour de cassation, 3e chambre civile, du 24 novembre 1987, no 86-15489 (pas fabricant d’Epers-béton prêt à l’emploi)
Installations classées (ICPE) : obtenir une autorisation préalable
ICPE : le dossier de demande d’autorisation
Définition d’une ICPE. Sont concernés par une installation classée pour la protection pour l’environnement (ICPE) « les usines, ateliers, dépôts, chantiers et, d'une manière générale, les installations exploitées ou détenues par toute personne physique ou morale, publique ou privée qui peuvent présenter des dangers ou des inconvénients soit pour la commodité du voisinage, soit pour la santé, la sécurité, la salubrité publiques, soit pour l'agriculture, soit pour la protection de la nature, de l'environnement et des paysages, soit pour l'utilisation économe des sols naturels, agricoles ou forestiers, soit pour l'utilisation rationnelle de l'énergie, soit pour la conservation des sites et des monuments ainsi que des éléments du patrimoine archéologique ».
Pourquoi faut-il une autorisation ? Une autorisation préalable est nécessaire pour exploiter dès lors que l’activité que vous envisagez porte atteinte à la commodité du voisinage, à la santé, à la sécurité, à la salubrité publique, à la protection de la nature, etc.
À noter. Il existe 3 types de réglementations :
- la déclaration (c’est la procédure la plus simple qui concerne les activités les moins dangereuses) ;
- l’enregistrement (ou l’autorisation simplifiée) ;
- l’autorisation (procédure la plus lourde car les dangers sont plus importants).
Qui demande l’autorisation ? Il faut que la demande soit déposée par la personne qui a l’intention d’exploiter elle-même l’ICPE. À défaut, la demande ne peut pas être recevable. Ainsi, même si vous n’êtes pas propriétaire, vous pouvez quand même déposer une demande d’autorisation préalable.
Le saviez-vous ?
Il existe une nomenclature des activités concernées par une ICPE que vous pouvez trouver sur le site www.installationsclassees.developpement-durable.gouv.fr
Contenu de la demande. La demande d’autorisation, qui doit être rédigée en 7 exemplaires, doit notamment mentionner :
- pour une personne physique, ses nom, prénoms et domicile et, pour une personne morale, sa dénomination ou sa raison sociale, sa forme juridique, l'adresse de son siège social ainsi que la qualité du signataire de la demande ;
- l'emplacement sur lequel l'installation doit être réalisée ;
- la nature et le volume des activités que vous envisagez d'exercer ainsi que la ou les rubriques de la nomenclature dans lesquelles l'installation doit être rangée ;
- les procédés de fabrication qui seront mis en œuvre, les matières utilisées, les produits fabriqués, de manière à apprécier les dangers ou les inconvénients de l'installation ;
- le cas échéant, en exemplaire unique et sous pli séparé, les informations dont la diffusion vous apparaît de nature à entraîner la divulgation de secrets de fabrication ;
- les capacités techniques et financières de l'exploitant.
Quelles pièces au dossier ? Notez qu’à chaque exemplaire de la demande, il vous faut y joindre certaines pièces, notamment :
- une carte à l’échelle 1/25 000 ou, à défaut, au 1/50 000 sur laquelle sera indiqué l'emplacement de l'installation projetée ;
- une étude d'impact (précisez ici les risques auxquels l'installation peut exposer l’environnement) ;
- une étude de dangers ;
- une notice portant sur la conformité de l'installation projetée avec les prescriptions législatives et réglementaires relatives à l'hygiène et à la sécurité du personnel.
Secrets d’entreprise. Vous pouvez demander que certaines dispositions ne soient pas affichées pour garder notamment des secrets d’entreprise.
Garanties financières. Lorsque vous déposez une demande d’autorisation, vos capacités financières doivent être justifiées et sont vérifiées afin de s’assurer que votre projet est viable. À défaut de présentation de garanties financières, l’autorisation ne peut pas être obtenue, même si elle ne sert qu’à régulariser la situation d’une ICPE qui était déjà exploitée.
À noter. Les documents que vous présentez pour justifier de vos garanties financières doivent être précis. À défaut, vous serez considéré comme ne justifiant pas de vos capacités financières et l’autorisation vous sera refusée. C’est notamment ce qui a été jugé dans une affaire dans laquelle la société ne produisait :
- qu’une note « sur les principes de financement de projet d’une centrale électrique au gaz » explicitant la technique utilisée pour financer le projet ;
- et plusieurs lettres de banques attestant que le montage financier envisagé constitue une pratique courante dans le secteur d’activité de la société.
… pour autant… Pour que les insuffisances relevées rendent l’autorisation irrégulière, il faut qu’elles soient susceptibles d'exercer une influence sur le sens de la décision prise ou qu'elles ont pour effet de nuire à l'information complète du public. Si ce n’est pas le cas, l’autorisation est tout de même valablement délivré.
Le saviez-vous ?
Le seuil d’exigibilité de la garantie est de 100 000 €.
Pour rappel, les garanties ne couvrent pas les indemnisations dues par l’exploitant aux tiers qui pourraient subir un préjudice dû à une pollution ou accident causé par votre installation.
Enquête publique. Avant que l’exploitation de l’ICPE ne soit autorisée, une procédure publique est mise en place, sous l’égide d’un commissaire-enquêteur qui rédige un rapport à cette occasion. L’avis d’enquête indique la nature de l’installation. Notez qu’en cas d’indication insuffisante, l’autorisation peut être déclarée illégale.
À noter. Le conseil municipal de la Mairie où est situé le terrain sur lequel l’exploitation est envisagée doit donner son avis. Le conseil général tout comme le conseil régional peut également être amené à donner son avis, selon la dangerosité plus ou moins grande de votre activité.
Travaux. Si votre projet nécessite des travaux, ils ne peuvent commencer qu’après la clôture de l’enquête publique. Le permis de construire ou le récépissé de demande de permis de construire doit impérativement accompagner la demande d’autorisation. À défaut, l’autorisation sera refusée.
À noter. Si dans le cadre des travaux, vous envisagez d’installer des appareils photovoltaïques sur l’ICPE que vous allez exploiter afin d’effectuer des économies d’énergie, vous devez respecter des règles de sécurité.
Attention ! Ces règles de sécurité ne s’appliquent pas :
- aux ICPE soumises à autorisation dès lors qu’une analyse montre que les appareils photovoltaïques ne présentent aucun impact notable pour l’ICPE ;
- aux ICPE soumises à autorisation qui appartiennent aux rubriques 2101 à 2150 et 3660 de la nomenclature des ICPE.
Le saviez-vous ?
Pour rappel, si le récépissé de travaux n’est pas joint au dossier soumis à l'enquête publique, mais que cette absence est sans influence sur la décision d’autorisation de l’IPCE, l’autorisation n’est pas illégale.
ICPE : la délivrance de l’autorisation préalable
Qui délivre ? C’est la Préfecture qui délivre l’autorisation d’exploitation d’une ICPE. Lorsque l’exploitation concerne plusieurs départements ou régions, l'autorisation est accordée par le Ministre chargé des installations classées, après avis du Conseil supérieur de la prévention des risques technologiques.
Dans quel délai ? Une fois que la Préfecture a réceptionné le rapport rédigé par le commissaire-enquêteur, le préfet a 3 mois pour statuer. En cas d’'impossibilité de statuer dans ce délai, le préfet, par un arrêté motivé, peut fixer un nouveau délai.
Absence de réponse. Si la Préfecture ne répond pas dans le délai imparti, cela ne fait pas naître de décision implicite : le préfet reste tenu de statuer. Dès lors, si la décision est rendue après le délai, elle n’est pas illégale.
Autorisation sous réserves. L’exploitation peut être autorisée sous la condition de respecter certaines prescriptions que la Préfecture juge indispensable.
Durée de l’autorisation. L’autorisation est délivrée sans limite de durée, sauf pour les ICPE qui créent des dangers ou des inconvénients inacceptables du fait d'une utilisation croissante du sol ou du sous-sol. Dans ces cas, l'autorisation doit fixer la durée maximale de l'exploitation ou de la phase d'exploitation.
Validité de l'autorisation. Pour être valable, l’autorisation doit être conforme au plan local d'urbanisme (PLU) de la commune où doit être implantée l’ICPE. Par conséquent, une autorisation délivrée en violation des règles prévues par le PLU peut être annulée par le juge. Toutefois, si entre temps, les règles du PLU ont changé que l’autorisation est valide au regard des nouvelles règles qu’il contient, l’autorisation n’a pas à être annulée.
Mise en service. Une fois l’autorisation obtenue, vous avez 3 ans pour mettre en service l’exploitation. À défaut, l’autorisation cesse de produire ses effets. Des travaux peuvent interrompre le délai s’ils sont en rapport direct avec l'autorisation accordée et d'une importance suffisante pour être regardés comme interruptifs du délai de 3 ans.
À retenir
Vous devez être rigoureux dans le montage de votre dossier de demande d’autorisation préalable car les mentions à respecter sont très précises. Un commissaire-enquêteur sera nommé et procédera à une enquête publique sur l’ICPE que vous envisagez d’exploiter.
Une fois son rapport remis, le préfet aura 3 mois pour statuer. Il peut autoriser l’ICPE sous réserves. Une fois l’autorisation obtenue, vous avez 3 ans pour mettre en service l’installation.
J'ai entendu dire
J’ai entendu dire qu’il est possible d’instituer des servitudes d’utilité publique (charges imposées sur une propriété dans un but d’intérêt général) sur l’utilisation du sol d’une ICPE. Pouvez-vous m’expliquer dans quelles conditions ?Une servitude d’utilité publique sur l’utilisation du sol d’une ICPE peut limiter ou interdire certains usages susceptibles de porter atteinte au voisinage, à l’environnement, à l’agriculture, etc. Elle peut également limiter le droit d’implanter des constructions ou des usages ou d’aménager les terrains, le nombre des employés travaillant sur l’ICPE ou subordonner l’autorisation au respect de quelques prescriptions. La création de la servitude d’utilité publique est décidée sur requête du demandeur de l’autorisation ou du Maire de la commune concernée ou encore à l’initiative du préfet.
- Article L 425-10 du Code de l’Urbanisme (permis de construire)
- Article L 122-1 du Code de l’Environnement (étude d’impact)
- Articles L 511-1 et suivants du Code de l’Environnement (activités relevant de la réglementation des ICPE)
- Articles L 512-1 et suivants du Code de l’Environnement (réglementation ICPE soumises à autorisation préalable)
- Article L 515-8 et suivants du Code de l’Environnement (servitude d’utilité publique)
- Article R 122-5 du Code de l’Environnement (étude d’impact)
- Article R 123-1 du Code de l’Environnement (enquête publique)
- Article R 511-9 du Code de l’Environnement (nomenclature ICPE)
- Article R 516-2 du Code de l’Environnement (garantie financière)
- Article R 512-74 du Code de l’Environnement (fin de l’autorisation préalable)
- Arrêt du Conseil d’État, du 16 juin 1972, n° 82069 (qualité pour déposer la demande d’autorisation)
- Arrêt du Conseil d’État, du 30 avril 1980, n° 19242 (demande par le locataire ou le propriétaire)
- Arrêt du Conseil d’État, du 7 février 1986, n° 36746 (nullité de la procédure en cas d’absence de demande de permis de construire ou de récépissé de demande de permis de construire)
- Arrêt du Conseil d’État, du 9 juin 1995, n° 127763 (absence de réponse dans le délai imparti)
- Arrêt du Conseil d’État, du 30 juillet 1997, n° 147890 (délai de péremption suspendu pour cause de travaux importants)
- Arrêt du Conseil d’État, du 23 mai 2001 n° 201938 (absence de récépissé du dépôt de permis de construire)
- Arrêt du Conseil d’État, du 23 juin 2004, n° 247626 (vérification des capacités financières)
- Arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Lyon, du 1er décembre 2005, n° 01-2553 (indication gravement insuffisante viciant l’enquête publique)
- Arrêt du Conseil d’État, du 22 février 2016, n° 384821 (documents justifiant de la garantie financière trop imprécis)
- Arrêt du Conseil d’État, du 16 décembre 2012, n° 391452 (appréciation de la légalité de l’autorisation par rapport au PLU en vigueur lors du jugement)
- Arrêté du 25 mai 2016 modifiant l'arrêté du 4 octobre 2010 relatif à la prévention des risques accidentels au sein des installations classées pour la protection de l'environnement soumises à autorisation
- Rapport au Président de la République relatif à l'ordonnance n° 2017-80 du 26 janvier 2017 relative à l'autorisation environnementale
- Ordonnance n° 2017-80 du 26 janvier 2017 relative à l'autorisation environnementale
- Arrêté du 24 septembre 2018 fixant les règles de calcul et les modalités de constitution des garanties financières prévues par l'article R. 516-2-I du code de l'environnement
- Loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets
- Arrêt du Conseil d’État du 5 février 2024 no 463619 (information sur les capacités financières incomplètes mais pas rédhibitoire)
Industriels : le point sur les règles d’étiquetage des produits
Étiquetage : quelques points communs
Pas de réglementation générale… Par principe, il n’existe pas de réglementation générale vous indiquant comment respecter votre obligation d’étiquetage. Il existe néanmoins des dispositions générales qu’il est nécessaire de respecter afin d’assurer l’objectif d’information de l’étiquetage. Lesquelles ?
1 but = la protection du consommateur. L’étiquetage obéit à des règles communes, dont le but est de protéger le consommateur des pratiques commerciales trompeuses. Une pratique commerciale est trompeuse notamment quand :
- elle crée une confusion avec un autre bien ou service, une marque, un nom commercial, ou un autre signe distinctif d'un concurrent ;
- elle repose sur des allégations, indications ou présentations fausses ou de nature à induire en erreur et portant sur certains éléments (par exemple l’indication du prix, son mode de calcul, les modalités du service après-vente, etc.) ;
- la personne pour le compte de laquelle elle est mise en œuvre n'est pas clairement identifiable.
Le saviez-vous ?
Sachez que la pratique commerciale trompeuse est sanctionnée par 2 ans d’emprisonnement et 300 000 € d’amende.
8 points constants. Il existe 8 points d’étiquetage qui vous permettent d’éclairer le consommateur sans le tromper. Vous devez ainsi être amené à :
- indiquer le montant du prix et des conditions particulières de la vente ;
- indiquer la mention de votre marque qui s’acquiert par un enregistrement auprès de l’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI), l’enregistrement durant 10 ans et étant indéfiniment renouvelable ;
- apposer une image, une illustration, un signe, qui vous distingue de vos concurrents (un signe pouvant être sonore) ;
- adjoindre au produit un mode d’emploi ou d’utilisation, qui doit être rédigé obligatoirement en langue française ;
- le cas échéant, indiquer le montant du poids ou du volume pour les produits préemballés destinés à la vente par quantités nominales constantes exprimées en unités de masse ou de volume lorsque ces quantités sont égales ou supérieures à 5 grammes ou 5 millilitres (pour mémoire, un produit est dit préemballé lorsqu'il est conditionné, hors de la présence de l'acheteur, dans un emballage de quelque nature que ce soit, le recouvrant totalement ou partiellement de telle sorte que la quantité de produit contenue ne puisse pas être modifiée sans qu'il y ait ouverture ou modification décelable de l'emballage, ou modification décelable du produit) ;
- le cas échéant, pour les produits agricoles, forestiers ou maritimes, indiquer un signe d’identification de la qualité et de l’origine du produit (par un label, une appellation d’origine, etc.) ou inscrire une mention valorisante tel que « montagne » ou « produit de la ferme » ;
- le cas échéant, pour les produits autres qu’agricoles, forestiers ou maritimes, faire certifier vos services et produits ;
- apposer un marquage « conforme aux exigences », dit marquage CE (attention, le marquage CE ne peut être apposé que par le fabricant du produit ou son mandataire).
Pour information. Pour les produits préemballés destinés à la vente par quantités nominales constantes exprimées en unités de masse ou de volume lorsque ces quantités sont égales ou supérieures à 5 grammes ou 5 millilitres, le préemballage doit comporter de façon lisible et visible :
- la quantité nominale (masse nominale ou volume nominal) exprimée, en utilisant comme unité de mesure le kilogramme ou le gramme, le litre, le centilitre ou le millilitre ;
- une marque ou inscription permettant d'identifier l'emplisseur ou celui qui a fait faire l'emplissage ou l'importateur ;
- le cas échéant, la lettre minuscule « e » d'une hauteur minimale de 3 mm, placée dans le même champ visuel que l'indication de la masse ou du volume nominal et certifiant sous la responsabilité du préemballeur ou de l'importateur que le préemballage satisfait aux exigences normatives.
Étiquetage : des réglementations particulières
Spécification de l’étiquetage. Si l’étiquetage ne fait pas l’objet d’une réglementation générale, certains produits sont très encadrés, jusqu’à leur étiquetage même. Pourquoi ?
Pour informer le consommateur. Pour rappel, comme indiqué ci-dessus, l’étiquetage a un seul but : protéger le consommateur par une information claire et lisible. Certains produits sont donc très encadrés, notamment les produits mentionnés ci-dessous par exemple.
Denrées alimentaires. Les denrées alimentaires viennent de faire l’objet d’un strict encadrement par le biais des instances européennes et plus précisément par ce qui est appelé le « règlement INCO ». Il a pour but l’information du consommateur, par l’indication obligatoire de certaines mentions, comme par exemple la liste des ingrédients, la date limite de consommation ou encore l’indication de la présence ou non de produits allergènes.
Origine de la viande dans les plats. Les établissements proposant des repas à consommer sur place et/ou emporter et/ou à livrer, doivent obligatoirement indiquer l’origine ou la provenance des viandes bovines, porcines, ovines et de volailles, servies à leur clientèle (sur le menu par exemple).
À noter, les informations à afficher sont les suivantes :
|
Produit |
Mentions à indiquer |
|
Lorsque la naissance, l'élevage et l'abattage de l'animal dont sont issues les viandes ont eu lieu dans le même pays |
« Origine : (nom du pays) » |
|
Viande bovine lorsque la naissance, l'élevage et l'abattage ont eu lieu dans des pays différents |
« Né et élevé : (nom du pays de naissance et nom du ou des pays d'élevage) et abattu : (nom du pays d'abattage) » |
|
Viande de porc, de mouton et de volaille lorsque la naissance, l'élevage et l'abattage ont eu lieu dans des pays différents |
« Elevé : (nom du ou des pays d'élevage) et abattu : (nom du pays d'abattage) » |
Depuis le 1er octobre 2023, tous les établissements proposant ces plats sont concernés par cette obligation, peu importe qu’ils proposent des repas à prendre sur place ou non.
Depuis le 7 mars 2024, cette obligation s’applique également aux viandes transformées et non plus uniquement aux viandes fraiches préparées par les restaurateurs.
Sanctions. Là encore le non-respect de ces dispositions peut être sanctionné au paiement d’une amende pouvant aller jusqu’à 1 500 € pour les personnes physiques et 7 500 € pour les personnes morales.
Nutri-score... « Nutri-score » est un étiquetage comportant 5 couleurs et allant de A à E, à savoir :
- le vert fondé associé à la lettre A (il s’agit de la meilleure qualité nutritionnelle) ;
- le vert clair associé à la lettre B ;
- l’orange clair associé à la lettre C ;
- l’orange moyen associé à la lettre D ;
- l’orange foncé associé à la lettre E (il s’agit de la moins bonne qualité nutritionnelle).
… un étiquetage facultatif. Ce nouvel étiquetage doit être mis en place par les professionnels si ceux-ci le veulent bien ! Ce nouveau dispositif fonctionne, en effet, sur la base du volontariat.
Origin’Info… Il s’agit d’un autre étiquetage facultatif, mis en place durant l’été 2024, qui doit permettre aux consommateurs d’être mieux informés sur l’origine des matières premières agricoles entrant dans la composition des produits transformés.
Un logo peut être apposé sur l’emballage du produit et peut revêtir 3 formes différentes :
- la première qui liste les principales matières agricoles et donne leur origine ;
- la deuxième qui indique en plus le lieu de transformation du produit ;
- la troisième dans laquelle un graphique informe sur la part de chaque pays dans la composition du produit.
Nanotechnologies. Les denrées alimentaires doivent indiquer clairement si elles contiennent des nanomatériaux manufacturés dans la liste de leurs ingrédients. Concrètement, le nom de l’ingrédient doit dans ce cas être suivi du mot « nano » entre crochets.
Chaussures. L’étiquetage des chaussures est strictement encadré. Vous devez indiquer quels sont les matériaux utilisés dans la composition de la chaussure vendue au consommateur. Vous devez faire apparaître les informations sur 3 parties de la chaussure, à savoir :
- la tige ;
- l’ensemble constitué de la doublure et de la semelle de propreté ;
- la semelle extérieure.
Le saviez-vous ?
La réglementation sur l’étiquetage des chaussures ne concerne pas les chaussures usagées ou d’occasion, les chaussures de sécurité à usage professionnel et les chaussures ayant le caractère de jouet.
Conserves. En plus du respect de la législation sur les denrées alimentaires, pour mettre en vente une semi-conserve, il vous faut mentionner « conservation à… » suivi de la température à respecter. Pour mémoire, une semi-conserve est « une denrée alimentaire d'origine végétale ou animale, périssable, conditionnée en récipients étanches aux liquides, et ayant subi, en vue d'assurer une conservation plus limitée, un traitement autorisé » tandis qu’une conserve est une « denrée alimentaire d'origine végétale ou animale, périssable, dont la conservation est assurée par l'emploi combiné des 2 techniques suivantes :
- conditionnement dans un récipient étanche aux liquides, aux gaz et aux micro-organismes à toute température inférieure à 55 degrés ;
- traitement par la chaleur, ou par tout autre mode autorisé. Ce traitement doit avoir pour but de détruire ou d'inhiber totalement, d'une part, les enzymes, d'autre part, les micro-organismes et leurs toxines, dont la présence ou la prolifération pourraient altérer la denrée considérée ou la rendre impropre à l'alimentation humaine ».
Meubles. Concernant les meubles, l’étiquetage doit comporter les mentions suivantes :
- le prix et l'énumération des objets livrés ou emportés pour ce prix ;
- la ou les principales matières, essences ou matériaux les composant ainsi que leurs procédés de mise en œuvre et la nature de la finition (ces informations peuvent ne concerner que les parties apparentes si une mention en informe le public) ;
- les dimensions d'encombrement ;
- les mots : « à monter soi-même », s'ils sont fournis démontés ;
- les mots : « style » ou « copie » avant toute référence à une période, un siècle, une époque, une école, un Etat ou une région autres que ceux de la fabrication ;
- le mot : « neuf » au cas où ils sont mis en vente dans les mêmes locaux que des meubles anciens ou d'occasion.
Vêtements. Il existe des étiquetages obligatoires (composition, prix et état du vêtement) et facultatifs mais fortement conseillés (taille, entretien et origine du vêtement).
Miel. Sachez que le miel doit respecter la réglementation INCO précitée. Mais ce produit doit également respecter dans son étiquetage, certaines dispositions spécifiques et notamment indiquer, lorsque le miel est destiné à l’industrie, les termes « destiné exclusivement à la cuisson » ou encore mentionner son origine florale ou végétale.
Vins. La réglementation de l’étiquetage des vins est très précise. Vous devez, entre autres, mentionner le nom du producteur ou de l’élaborateur sur l’étiquetage et son cépage. En ce qui concerne son origine, il faut informer le consommateur sur le ou les pays (en cas de mélange, ou de réalisation en plusieurs étapes dans des pays différents) de confection du vin, mais aussi la dénomination ou appellation d’origine protégée (DOP et AOP) et l’indication géographique protégée (IGP).
Boissons spiritueuses. L'étiquetage des boissons spiritueuses (rhum, eau-de-vie de marc de raison, eau-de-vie de cidre de poiré, etc.) mises en vente depuis le 1er janvier 2017 peuvent désormais comporter des mentions relatives au vieillissement. Par exemple, pour le rhum, l’étiquetage peut être le suivant :
- pour un vieillissement égal ou supérieur à 6 mois : « brun » ;
- pour un vieillissement égal ou supérieur à 1 an : « élevé sous bois » ;
- pour un vieillissement égal ou supérieur à 3 ans : « vieux, très vieux, very old ou VO » ;
- pour un vieillissement égal ou supérieur à 4 ans : « vieille réserve, réserve spéciale, cuvée spéciale ou VSOP » ;
- pour un vieillissement égal ou supérieur 6 ans : « millésime XXX, hors d’âge, extra vieux, extra old, XO ou grande réserve ».
Désodorisants à combustion. À compter du 1er janvier 2019, l’étiquetage des désodorisants à combustion (comme l’encens, par exemple) devra comporter des informations de sécurité portant sur la ventilation de la pièce après l'utilisation des produits, ainsi que sur l'absence d'inhalation directe de la fumée. Elles figureront de manière visible et lisible sur les emballages des désodorisants combustibles, sous forme de mentions, rédigées en langue française, ou de symboles.
Huile d’olive. À la suite d’une enquête de conformité des huiles d’olive, la DGCCRF a remarqué de nombreux défauts chez les grossistes et au stade de la vente directe. Elle rappelle de faire attention de ne pas user de manière abusive des mentions valorisantes, de la catégorie « vierge extra », ou de l’origine française.
Pneumatiques. À compter du 1er mai 2021, une nouvelle obligation d’étiquetage sur les pneumatiques est mise en place par la réglementation européenne. Cette étiquette doit être posée sur chaque pneu ou, le cas échéant, sur chaque lot de pneus identiques et respecter certaines exigences quant à son contenu, sa taille et son graphisme. Elle doit notamment comporter des informations concernant le fournisseur, la conformité du produit, l’efficacité en carburant, l’adhérence sur sol mouillé ou encore le volume du bruit de roulement.
L’objectif. Le but de cette obligation d’étiquetage des pneumatiques est d’accroître la sécurité, la protection de la santé ainsi que l’efficacité économique et environnementale du transport routier grâce à la promotion de pneus efficaces en carburant, durables, sûrs et à faible niveau de bruit.
Produits à usage unique en plastique. Depuis le 3 octobre 2021, un marquage permettant d’informer les consommateurs de la présence de plastique dans les produits ou leurs emballages et de leurs conséquences néfastes sur l’environnement lorsqu’ils sont jetés dans la nature et obligatoires.
Pour quels produits ? Les produits concernés par cette nouvelle obligation sont :
- les serviettes hygiéniques, tampons et applicateurs de tampons ;
- les lingettes pré-imbibées destinées à un usage corporel ou domestique ;
- les produits du tabac comportant des filtres (cigarettes, tabac à rouler, cigares, etc.) ;
- les gobelets et verres pour boissons.
Quelle sanction ? Un producteur, importateur ou distributeur mettant sur le marché un produit à usage unique en plastique sans respecter ces dispositions peut être contraint au paiement d’une amende de 450 € au maximum.
Produits « reconditionnés ». Depuis le 1er janvier 2022, l’utilisation des termes « reconditionné » ou « produit reconditionné » n’est autorisée que si les produits ou les pièces détachées concernés respectent les conditions suivantes :
- ils doivent avoir subi des tests de toutes leurs fonctionnalités, permettant de s’assurer qu’ils respectent les obligations de sécurité et qu’ils sont bien conformes à l'usage auquel le consommateur peut s'attendre ;
- si besoin, ils doivent recevoir les interventions nécessaires à la récupération de leurs fonctionnalités (réparation, suppression des données enregistrées, etc.).
Produits reconditionnés et interdictions. Les termes « état neuf », « comme neuf », « à neuf » ou toute mention similaire, ne sont pas cumulables avec la mention « reconditionné » : leur utilisation est donc interdite pour ces produits.
À noter, L’expression « reconditionné en France » ne peut être mentionnée que si les tests et interventions sur le produit ou les pièces détachées ont bien été réalisés en France.
À retenir
Il n’existe pas de réglementation générale de l’étiquetage. Néanmoins, il existe certains aspects communs qu’il vous faut respecter (mention du prix, de la marque, etc.) afin de bien informer le consommateur. Tout en sachant que de nombreuses réglementations spécifiques s’appliquent à certains produits.
J'ai entendu dire
J’ai des doutes sur les pratiques d’un concurrent. Puis-je demander à un de mes salariés d’aller relever les prix sur l’étiquetage du produit ?Oui, vous pouvez tout à fait pratiquer un relevé de prix chez un concurrent. Au titre du libre jeu de la concurrence, les concurrents peuvent comparer leurs prix et, en conséquence, faire des relevés réalisés par leurs salariés dans leurs magasins respectifs.
- Articles L 121-1 et suivants du Code de Commerce (pratique commerciale trompeuse)
- Article L 112-1 du Code de la Consommation (conditions de vente et garantie)
- Article L 433-3 du Code de la Consommation (produits industriels et services)
- Article L 441-1 du Code de la Consommation (sanction pratique commerciale trompeuse)
- Articles R 412-12 et suivants du Code de la Consommation (modes de présentations et inscriptions des produits)
- Article L 711-1 du Code de la Propriété Intellectuelle (image, illustration, dessein)
- Article L 712-1 du Code de la Propriété Intellectuelle (enregistrement d’une marque)
- Article L 640-2 du Code Rural (signes et qualités des produits)
- Règlement (CE) n°765/2008 du Parlement Européen et du Conseil du 9 juillet 2008 fixant les prescriptions relatives à l'accréditation et à la surveillance du marché pour la commercialisation des produits et abrogeant le règlement (CEE) n° 339/93 du Conseil (articles 30 et suivants)
- Règlement (UE) n° 1007/2011 du Parlement Européen et du Conseil du 27 septembre 2011 relatif aux dénominations des fibres textiles et à l'étiquetage et au marquage correspondants des produits textiles au regard de leur composition en fibres, et abrogeant la directive 73/44/CEE du Conseil et les directives 96/73/CE et 2008/121/CE du Parlement européen et du Conseil
- Règlement (UE) n° 1169/2011 du Parlement Européen et du Conseil du 25 octobre 2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires, modifiant les règlements (CE) n° 1924/2006 et (CE) n° 1925/2006 du Parlement européen et du Conseil et abrogeant la directive 87/250/CEE de la Commission, la directive 90/496/CEE du Conseil, la directive 1999/10/CE de la Commission, la directive 2000/13/CE du Parlement européen et du Conseil, les directives 2002/67/CE et 2008/5/CE de la Commission et le règlement (CE) n° 608/2004 de la Commission
- Loi n° 94-665 du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française (article 2 – mode d’emploi)
- Décret n°55-241 du 10 février 1955 pris pour l'application en ce qui concerne le commerce des conserves et semi-conserves alimentaires de la loi du 1er août 1905 modifiée et complétée sur la répression des fraudes
- Décret n°78-166 du 31 janvier 1978 relatif au contrôle métrologique de certains préemballages
- Décret n°86-583 du 14 mars 1986 portant application de l'article L. 214-1 du code de la consommation en ce qui concerne les produits d'ameublement
- Décret n°96-477 du 30 mai 1996 relatif à l'étiquetage des matériaux utilisés dans les principaux éléments des articles chaussants proposés à la vente au consommateur
- Décret n°2003-587 du 30 juin 2003 pris pour l'application de l'article L. 214-1 du code de la consommation en ce qui concerne le miel
- Décret n° 2012-655 du 4 mai 2012 relatif à l'étiquetage et à la traçabilité des produits vitivinicoles et à certaines pratiques œnologiques
- Décret n° 2015-447 du 17 avril 2015 relatif à l'information des consommateurs sur les allergènes et les denrées alimentaires non préemballées
- Décret n° 2016-1757 du 16 décembre 2016 relatif à l'étiquetage des boissons spiritueuses, à leur composition et à leurs conditions d'élaboration
- Décret n° 2017-946 du 10 mai 2017 relatif à l'étiquetage des produits désodorisants à combustion sur les informations de sécurité pour l'utilisateur
- Arrêté du 20 octobre 1978 portant application du décret n° 78-166 du 31 janvier 1978 relatif au contrôle métrologique de certains préemballages
- Arrêté du 5 mai 2017 fixant les conditions d'étiquetage des nanomatériaux manufacturés dans les denrées alimentaires
- Arrêt de la Cour de Cassation, chambre commerciale, du 4 octobre 2011, n° 10-21862 (le relevé de prix d’un concurrent est licite)
- Arrêté du 31 octobre 2017 fixant la forme de présentation complémentaire à la déclaration nutritionnelle recommandée par l'Etat en application des articles L. 3232-8 et R. 3232-7 du code de la santé publique
- Réponse Ministérielle Herbillon, Assemblée Nationale, du 6 octobre 2020, n° 28015 (pas d’obligation de tailles de caractères pour l’étiquetage des vêtements)
- Arrêt Conseil d’Etat du 10 mars 2021, n°404651
- Décret n° 2021-1279 du 30 septembre 2021 relatif au marquage de certains produits en plastique à usage unique
- Décret n° 2022-65 du 26 janvier 2022 modifiant le décret n° 2002-1465 du 17 décembre 2002 relatif à l'étiquetage des viandes bovines dans les établissements de restauration
- Décret n° 2022-482 du 4 avril 2022 relatif au miel
- Décret n° 2022-1038 du 22 juillet 2022 relatif à l'information sur la provenance des vins
- Décret n° 2023-492 du 21 juin 2023 relatif à l'indication de l'origine des viandes applicable aux établissements de restauration proposant seulement des repas à emporter ou à livrer
- Décret n° 2024-171 du 4 mars 2024 relatif à l'indication de l'origine des viandes utilisées en tant qu'ingrédients dans des préparations de viandes et des produits à base de viande applicable aux établissements de restauration
- Actualité de Service-public.fr du 31 mai 2024 : « Origin’Info, un nouveau logo pour vous informer de l’origine des produits alimentaires transformés »
Distributeurs-grossistes : le point sur la responsabilité du « fabricant d’Epers »
« Fabricant d’Epers » : une définition encadrée
Un souci. Dans les années 60 et 70, le secteur immobilier s’est fortement développé. Durant la même période, de nombreux litiges sont apparus entre les constructeurs et les particuliers. Parfois, ces litiges avaient pour source des éléments fournis par des fabricants, tiers au contrat de construction.
Une solution. Pour inciter les fabricants à fournir des éléments de qualité au maître d’ouvrage et que l’entrepreneur ne soit plus nécessairement le seul responsable vis-à-vis des particuliers, le législateur a créé un principe de responsabilité solidaire du « fabricant de composants » ou du « fabricant d’Epers » (fabricant d’éléments pouvant entraîner la responsabilité solidaire).
C’est qui ? Le fabricant est celui qui fournit un grossiste ou un détaillant qui lui-même fournit l’entrepreneur.
Fabricant d’Epers = 4 critères cumulatifs ! Pour identifier un Epers, 4 critères cumulatifs doivent être réunis, à savoir :
- le déplacement d’une partie de la conception, (incorporée au produit, elle est donc retranchée de la mission de conception) ;
- la prédétermination en vue d’une finalité spécifique d’utilisation ;
- la satisfaction en état de service à des exigences précises et déterminées à l’avance ;
- la capacité du produit à être mis en œuvre sans modification.
Le saviez-vous ?
Parmi les fabricants, on trouve aussi les importateurs d’ouvrages ou de parties d’ouvrages fabriqués à l’étranger et les distributeurs qui vendent les ouvrages, parties d’ouvrages et équipements en y mentionnant leur nom comme fabricant (le fournisseur non fabricant n’est ici pas concerné).
Fabricant = sous-traitant ? En pratique, le sous-traitant est un fabricant. Mais juridiquement, ce n’est pas le cas. Un fabricant ne bénéficie donc pas du statut de sous-traitant. Il ne peut donc pas, par exemple, engager une demande directe en paiement contre le maître d’ouvrage comme peut le faire le sous-traitant.
Comment les différencier ? Pour différencier un fabricant d’un sous-traitant, il faut tout d’abord analyser le contrat. Alors que le contrat liant le fabricant à un entrepreneur est un contrat de vente, le contrat liant un sous-traitant à un entrepreneur est un contrat de sous-traitance.
Mais aussi. Analyser le contrat n’est pas suffisant. Il faut également apprécier l’apport de l’intervenant sur le chantier. Plus le travail est spécifique, plus la part de main d’œuvre est importante, plus le juge aura tendance à considérer que le professionnel est un sous-traitant et non un fabricant.
Fabricant d’Epers. Voici quelques exemples pour lesquels les juges ont retenu que les professionnels avaient la qualité de fabricants d’Epers :
- la fabrication d’une pompe à chaleur ;
- la fabrication d’un plancher chauffant ;
- la fabrication d’une coque de piscine en polyester.
A contrario. Voici quelques d’exemples pour lesquels les juges ont retenu que les professionnels n’avaient pas la qualité de fabricants d’Epers :
- la fabrication de béton prêt à l’emploi ;
- la fabrication de poutres taillées à la mesure ;
- la fabrication de dalles d’un court de tennis.
« Fabricant d’Epers » : une responsabilité solidaire
Une responsabilité solidaire. Le fabricant est solidairement responsable des obligations qui pèsent sur les entrepreneurs qui ont posé les éléments fabriqués à l’égard du maître d’ouvrage, sous réserve que 3 conditions soient réunies. Lesquelles ?
3 conditions. Les 3 conditions suivantes doivent être réunies pour que le fabricant soit solidairement responsable avec l’entrepreneur :
- l’élément doit être fabriqué sur mesure, en vue de répondre à des exigences spécifiques, pour l’ouvrage en cause (sans qu’il soit pour autant réservé à ce seul ouvrage et exclusif de tout autre emploi) ;
- l’élément doit être mis en œuvre sans modification par l’entreprise chargée de le poser ;
- la mise en œuvre doit être conforme aux règles édictées par le fabricant.
Quelles obligations ? Concrètement, cela veut dire que le fabricant est solidaire avec l’entrepreneur au titre de la garantie biennale et de la garantie décennale dès lors que l’objet fabriqué cause un dommage au maître d’ouvrage.
À l’égard de l’entrepreneur. Le fabricant et l’entrepreneur étant liés par un contrat de vente, le fabricant sera donc responsable au titre de la garantie des vices cachés, de la défectuosité du produit ou d’un défaut de conformité.
À retenir
Le « fabricant d’Epers » (fabricant d’éléments pouvant entraîner la responsabilité solidaire) est solidairement responsable avec l’entrepreneur au titre de la garantie biennale et décennale à l’égard du maître d’ouvrage.
- Article 1792-4 du Code civil (responsabilité solidaire du fabricant)
- Arrêt de la Cour de cassation, 3e chambre civile, du 9 mars 2017, no 16-12891 (fabricant-pas d’action directe en paiement contre le maître d’ouvrage)
- Arrêt de la Cour de cassation, 3e chambre civile, du 14 avril 1999, no 97-14512 (pas fabricant d’Epers-poutres taillées à la mesure)
- Arrêt de la Cour de cassation, 3e chambre civile, du 17 juin 1998, no 95-20841 (fabricant d’Epers-coque de piscine)
- Arrêt de la Cour de cassation, 3e chambre civile, du 25 juin 1997, no 95-18234 (fabricant d’Epers-plancher chauffant)
- Arrêt de la Cour de cassation, 3e chambre civile, du 20 janvier 1993, no 90-21224 (fabricant d’Epers-pompe à chaleur)
- Arrêt de la Cour de cassation, 3e chambre civile, du 26 octobre 1988, no 87-11367 (pas fabricant d’Epers-dalles d’un court de tennis)
- Arrêt de la Cour de cassation, 3e chambre civile, du 24 novembre 1987, no 86-15489 (pas fabricant d’Epers-béton prêt à l’emploi)
