Dispositif Pinel : un avantage fiscal moins attractif ?
Une baisse de taux… mais pas pour tous !
La réduction d’impôt sur le revenu « Pinel », répartie sur 6, 9 ou 12 ans, se calcule en appliquant au montant de l’investissement réalisé, retenu dans la limite de 300 000 €, un taux de 12 %, 18 %, ou 21 % (en métropole).
Ces taux seront respectivement portés à 10,5 %, 15 % et 17,5 %, pour les investissements réalisés en 2023 et à 9 %, 12 % et 14 % pour ceux réalisés en 2024.
Certains investissements échappent toutefois à cette baisse progressive du taux de la réduction d’impôt et conservent donc les taux initiaux de 12 %, 18 %, ou 21 %, à savoir :
- ceux réalisés dans le cadre du dispositif Denormandie ;
- ceux réalisés dans des logements situés dans un quartier prioritaire de la politique de la ville ;
- ou ceux qui respectent un niveau de qualité supérieur à la réglementation.
Il vient d’être précisé que les logements qui respectent un niveau de qualité supérieur à la réglementation sont ceux :
- situés dans un bâtiment d’habitation collectif qui atteint un niveau de performance énergétique et environnementale supérieur à la réglementation en vigueur :
- ○ jalon 2025 de la RE 2020 pour les logements neufs achetés en 2023 ;
- ○ jalon 2025 de la RE 2020 et classe A du DPE (diagnostic de performance énergétique) pour les logements neufs achetés en 2024 ;
- ○ label E+C- et classe A du DPE pour les logements achetés neufs en 2023 ou 2024 dans le cadre d’une opération de construction pour laquelle la demande de permis de construire a été déposée avant le 1er janvier 2022 ;
- ○ classe A ou B du DPE pour les logements achetés en 2023 et 2024 qui ne résultent pas d’une opération de construction ;
- et qui présentent les caractéristiques d’usage et de confort suivantes :
- ○ une surface minimale par typologie : 28m² pour un T1, 45m² pour un T2, 62m² pour un T3, 79m² pour un T4 et 96m² pour un T5 ;
- ○ la présence systématique d’un espace extérieur d’une surface minimale par typologie de logement ;
- ○ une double exposition à partir du T3.
- Décret n° 2022-384 du 17 mars 2022 relatif au niveau de qualité des logements résultant de l'application en France métropolitaine de l'article 168 de la loi n° 2020-1721 du 29 décembre 2020 de finances pour 2021
- Communiqué de presse du ministère de la transition écologique du 17 mars 2022
MaPrimeRénov : 1 000 € supplémentaires pour certains travaux !
Une augmentation pour réduire la dépendance aux énergies fossiles
Pour réduire la dépendance aux énergies fossiles, le montant de la prime forfaitaire de transition énergétique (aussi appelée « MaPrimeRénov ») est augmenté de 1 000 € pour l’installation d’un système de chauffage renouvelable (pompes à chaleur, chaudières biomasse, etc.) en remplacement d’une chaudière au gaz ou au fioul.
Cette augmentation s’appliquera aux demandes d’aide déposées à compter du 15 avril 2022 et jusqu’au 31 décembre 2022.
Pour finir, précisons qu’à compter du 1er janvier 2023, il ne sera plus possible de bénéficier de « MaPrimeRénov » pour l’installation d’une nouvelle chaudière au gaz.
- Communiqué de presse du ministère de la transition écologique du 17 mars 2022
Pacte réunionnais d’investissement dans les compétences : quoi de neuf ?
Un avenant pour renforcer la formation professionnelle
L’avenant au Pacte réunionnais d’investissement dans les compétences a pour objectif :
- d’amplifier l’effort de formation en 2022 et en 2023 vers les personnes en recherche d’emploi, les jeunes en situation de décrochage scolaire ou encore les publics touchés par l’illettrisme ;
- de favoriser leur insertion professionnelle durable ;
- de répondre aux besoins en compétences des entreprises réunionnaises.
Ainsi, en 2022, plus de 110 M€ seront consacrés à la formation des personnes en recherche d’emploi à La Réunion.
Cela permettra :
- d’amplifier les formations préparatoires à la qualification ;
- de mettre l’accent sur les formations qui mènent aux métiers de l’agriculture, de l’hôtellerie, du tourisme, des soins à la personne, du BTP et de l’environnement. En complément, des formations professionnalisantes et certifiantes orienteront les personnes vers les métiers de la gestion et du traitement de l’information, du commerce, de la pêche et de la mer.
- Communiqué de presse du Ministère du Travail, du 16 mars 2022.
Indemnité inflation : pour qui ?
Des précisions relatives à certaines catégories de personnes
Le gouvernement vient de lancer un nouveau portail numérique à destination des personnes qui remplissent les conditions pour bénéficier de l’indemnité inflation de 100 € mais qui, dans les faits, ne l’ont toujours pas perçue.
Ainsi, elles peuvent faire leur demande de prime via ce téléservice depuis le 25 mars 2022.
De même, ce service est ouvert aux travailleurs indépendants et aux travailleurs non-salariés agricoles soumis au régime micro-social simplifié qui, bien que ne remplissant pas la condition tenant au niveau de chiffre d'affaires ou de recettes moyen mensuel, réunissent toutes les autres conditions pour bénéficier de cette indemnité.
Sauf exceptions, ces demandes seront instruites sur la base des informations déclarées par le demandeur ou connues de l'administration.
Notez que les personnes écrouées et qui ne bénéficient pas d'un aménagement de peine ne sont pas éligibles à ce dispositif.
Enfin, de nouvelles catégories de bénéficiaires sont ajoutées à celles déjà existantes. Ainsi, peuvent désormais bénéficier de cette indemnité de 100 € les personnes qui :
- sont bénéficiaires au titre du mois d’octobre 2021 de prestations en espèces d'assurance maladie, maternité, paternité, accidents du travail et maladies professionnelles d'un régime obligatoire de Sécurité sociale, ou de prestations en espèce servies au titre d'une incapacité d'un montant inférieur à 2 000 € nets par mois (à l'exclusion de tout autre revenu d'activité, de remplacement et de certaines prestations et allocations) ;
- sont bénéficiaires au titre du mois d’octobre 2021 de l'allocation simple aux personnes âgées ;
- effectuent, au cours du mois d'octobre 2021, un projet de transition professionnelle et dont la rémunération est prise en charge par la commission paritaire interprofessionnelle régionale (sauf celles dont la rémunération est d'un montant supérieur ou égal à 2 000 € nets).
- Décret n° 2022-416 du 24 mars 2022 modifiant le décret n° 2021-1623 du 11 décembre 2021 relatif aux modalités de versement de l'aide exceptionnelle prévue à l'article 13 de la loi n° 2021-1549 du 1er décembre 2021 de finances rectificative pour 2021
Achat de titres et avantages fiscaux : il faut faire un choix !
Un cumul d’avantages fiscaux (im)possible ?
Un couple achète des actions, les place sur un plan d’épargne en actions (PEA), puis demande et obtient le bénéfice de la réduction d’impôt sur le revenu IR-PME (aussi appelée « réduction d’impôt Madelin »).
6 ans plus tard, le couple vend ses actions. Et parce que cette vente a eu lieu plus de 5 ans après le placement des titres sur le PEA, il demande à bénéficier de l’exonération d’impôt sur le gain réalisé applicable en pareil cas.
Ce que lui refuse l’administration fiscale, puis le juge, qui rappellent tous deux que la réduction d’impôt sur le revenu IR-PME n’est pas cumulable avec les avantages fiscaux attachés aux titres placés sur un PEA.
Dès lors que le couple a fait son choix (ici la réduction d’impôt), il ne peut pas changer d’avis pour demander, quelques années plus tard, à bénéficier d’un autre avantage fiscal (ici l’exonération d’impôt sur la plus-value), même si ce dernier est finalement plus avantageux...
- Arrêt de la Cour administrative d’appel de Nantes du 18 mars 2022, n°20NT00556
Paiement sans contact = vol sans contact
Vol d’une carte autorisant le paiement sans contact : un risque limité ?
Lorsqu’un particulier fait opposition suite au vol de sa carte bancaire, la fonctionnalité autorisant le paiement sans contact continue à rester active plusieurs jours.
Malgré ce désagrément, le gouvernement n’envisage pas de renforcer la réglementation. Il rappelle, en effet :
- que le paiement est plafonné à 50 € par jour ;
- qu’une vérification intervient systématiquement à l’issue d’un montant de paiement cumulé fixé par les banques (généralement entre 70 € et 150 €) ;
- que le titulaire de la carte volée dispose de 13 mois pour contester les transactions non autorisées.
- Réponse ministérielle Cordier, Assemblée Nationale, du 22 mars 2022, n° 41409
Allocation des travailleurs indépendants : des précisions
Allocation des travailleurs indépendants : quoi de neuf ?
Pour rappel, depuis le 1er mars 2022, les travailleurs indépendants dont l’entreprise, qui n’était pas viable économiquement (attestation d’un tiers de confiance à l’appui), a cessé totalement et définitivement son activité, peuvent bénéficier de l’ATI (allocation des travailleurs indépendants).
Depuis le 1er avril 2022, il est prévu que le caractère non viable doit être attesté, dans un document comprenant certaines informations (numéro SIRET de l'entreprise, baisse du revenu d'activité exprimée en montant et en pourcentage, etc.), par un tiers de confiance désigné au choix par le travailleur, et qui peut être :
- un expert-comptable ;
- une personne habilitée d'un établissement du réseau consulaire du secteur d'activité dont relève le travailleur indépendant.
Notez qu’une copie de la déclaration de cessation d'activité doit être jointe à cette attestation lors du dépôt de la demande relative à l’ATI.
De plus, toujours concernant le caractère non viable de l’activité, il est désormais précisé que ce dernier correspond à une baisse d'au moins 30 % (appréciée dans certaines conditions) des revenus correspondant à l'activité non salariée déclarés par le travailleur indépendant au titre de l'impôt sur le revenu.
Pour les travailleurs indépendants dont l'activité est soumise au régime de l'impôt sur les sociétés, ce caractère « non viable » doit résulter d’une baisse de revenus d'au moins 30 % (appréciée dans certaines conditions) et d’une stabilité ou d’une baisse du résultat de la société sur la période retenue pour apprécier la baisse du revenu correspondant à l'activité non salariée.
Enfin, toujours depuis le 1er avril 2022, le montant de cette allocation forfaitaire est fixé à 26,30 € par jour, étant précisé que dans le cas où le montant forfaitaire est supérieur au montant moyen mensuel des revenus d’activité antérieurs, le montant de l’allocation est réduit en conséquence (sans pouvoir être inférieur à 19,73 € par jour).
Pour finir, notez que :
- le calcul du montant moyen mensuel est précisé ;
- les critères d’appréciation de la notion de revenus antérieurs sont définis.
- Décret n° 2022-450 du 30 mars 2022 relatif à l'allocation des travailleurs indépendants
- Décret n° 2022-451 du 30 mars 2022 relatif au montant de l'allocation des travailleurs indépendants
Taxe sur les engins maritimes : report de la date limite de paiement
Date limite de paiement au 30 avril 2022 inclus !
Les propriétaires, au 1er janvier de l’année de taxation, d’un navire de plaisance à usage personnel répondant à certaines caractéristiques, doivent s’acquitter de la taxe annuelle sur les engins maritimes à usage personnel (anciennement « droit annuel de francisation et de navigation (DAFN) » et « droit de passeport (DP) »).
Pour la taxe 2022, la date limite de paiement est fixée au 30 avril 2022 inclus (au lieu du 30 mars 2022), et aucune majoration ne sera appliquée avant cette date.
Précisons que pour le calcul de cette taxe, les navires enregistrés dans un port corse peuvent bénéficier d’un abattement spécifique, compris entre 10 et 50 %, sous réserve :
- d’être enregistrés, au 1er janvier, dans un port corse ;
- de pouvoir justifier d’un stationnement dans un port corse au cours de l’année précédente.
En principe, ce justificatif de stationnement doit être transmis à l’administration avant le 1er avril de l’année de taxation.
Exceptionnellement, pour 2022, ce délai est prolongé jusqu’au 30 avril 2022.
- Actualité du ministère de la Mer du 30 mars 2022
- Arrêté du 21 mars 2022 relatif au délai prévu au second alinéa de l'article 45 du décret n° 2021-1914 du 30 décembre 2021 portant diverses mesures d'application de l'ordonnance n° 2021-1843 du 22 décembre 2021 portant partie législative du code des impositions sur les biens et services et transposant diverses normes du droit de l'Union européenne
Droit de communication : l’administration fiscale sait tout…
Quels éléments doivent être communiqués à l’administration fiscale ?
Les agents des Urssaf et des CGSS (caisses générales de Sécurité sociale) doivent communiquer à l'administration fiscale, avant le 30 juin de chaque année, les éléments nécessaires à l'établissement de l'impôt sur le revenu des travailleurs indépendants placés sous le régime micro-social.
A titre d’exemple, ils doivent lui fournir :
- la raison sociale, l’adresse et le numéro SIRET de l’organisme de Sécurité sociale émetteur des éléments ;
- le nom d’usage du travailleur indépendant, ses prénoms, sexe, date et lieu de naissance, adresse, numéro SIRET ;
- l’adresse d’exploitation de l’établissement principal ;
- etc.
En outre, les mêmes organismes doivent communiquer à l’administration fiscale, avant le 1er mars de chaque année, les éléments dont ils ont connaissance et qui sont nécessaires à l’établissement et au contrôle de l’impôt sur le revenu des particuliers employeurs d’un salarié à domicile.
Sont visées les données déclarées par ceux qui utilisent des dispositifs simplifiés (comme le Cesu ou Pajemploi) ou qui ont recours à des organismes ou à des associations pour déclarer les rémunérations versées à leurs salariés à domicile.
Vous pouvez retrouver ici la liste précise des éléments devant être communiqués.
- Décret n° 2022-431 du 25 mars 2022 pris pour l'application des articles L. 98 C et L. 98 D du livre des procédures fiscales
Amélioration de la performance énergétique des logements : du nouveau au 1er juillet 2022
Une nouvelle catégorie d’éco-prêt à taux zéro
L’avance remboursable sans intérêt, ou « éco-prêt à taux 0 » (éco-PTZ), est un dispositif spécial qui permet à un particulier de financer la réalisation, dans sa résidence principale, de certains travaux d’amélioration de la performance énergétique du logement.
A compter du 1er juillet 2022, s’ajoutent à la liste des travaux éligibles ceux ayant ouvert droit à la prime forfaitaire de transition énergétique (aussi appelée « MaPrimeRénov’ »). Vous pouvez en retrouver le détail ici.
Plus précisément, une nouvelle catégorie d’éco-PTZ, dont le montant est encadré, est instituée pour financer le reste à charge des travaux déjà financés par « MaPrimeRénov’ ».
Pour en bénéficier, l’emprunteur doit notamment fournir à l’établissement prêteur la décision d’octroi de la prime forfaitaire de transition énergétique.
En outre, la réalisation effective des travaux dans le délai prévu sera directement justifiée par l’Agence nationale de l’habitat (Anah), qui fournira au prêteur un document attestant du versement de la prime.
- Décret n° 2022-454 du 30 mars 2022 relatif aux avances remboursables sans intérêt destinées au financement de travaux de rénovation ayant ouvert droit à la prime de transition énergétique
