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Opter pour le régime de « groupe TVA »

Date de mise à jour : 04/08/2023 Date de vérification le : 04/08/2023 14 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

À compter du 1er janvier 2022, un régime de groupe au regard de la TVA a été institué. Création, fonctionnement et contrôle, voici ce que vous devez savoir à ce sujet…

Rédigé par l'équipe WebLex.
Opter pour le régime de « groupe TVA »

Création d’un « groupe TVA »

Un régime de groupe. À compter du 1er janvier 2022, un régime de groupe au regard de la TVA a été institué, pour une application effective en 2023.

Un objectif. L’objectif de ce dispositif est de constituer un « groupe TVA » ou un « assujetti unique » entre :

  • personnes assujetties à la TVA qui ont en France le siège de leur activité économique (ou un établissement stable, ce qui inclut donc les entreprises étrangères installées en France) ;
  • et qui, bien que juridiquement indépendantes, sont étroitement liées entre elles sur les plans financier, économique et organisationnel.

Des précisions. Les liens devront présenter les caractéristiques suivantes :

  • liens financiers : seront considérés comme liés entre eux sur le plan financier les assujettis contrôlés en droit, directement ou indirectement, par une même personne, y compris cette dernière ; cette condition sera satisfaite lorsqu’un assujetti ou une personne morale non assujettie, détient plus de 50 % du capital d’un autre assujetti, directement ou indirectement par l’intermédiaire d’autres assujettis ou personnes morales non assujetties, ou plus de 50 % des droits de vote d’un autre assujetti ou d’une personne morale non assujettie dans les mêmes conditions ;
  • liens économiques : seront considérés comme liés entre eux sur le plan économique les assujettis exerçant soit une activité principale de même nature, soit des activités interdépendantes, complémentaires ou poursuivant un objectif économique commun, soit une activité réalisée en totalité ou en partie au bénéfice des autres membres ;
  • liens organisationnels : seront considérés comme liés entre eux sur le plan de l’organisation les assujettis qui sont en droit ou en fait, directement ou indirectement, sous une direction commune, ou qui organisent leurs activités totalement ou partiellement en concertation.

Ces conditions devront être remplies au moment de la constitution du groupe TVA et pendant toute la durée de vie de ce groupe TVA.

Une option. Le périmètre du groupe, qui pourra être fixé librement, sera créé sur option des membres, au plus tard le 31 octobre de l’année qui précède son application. En pratique, il s’agira de formuler une option auprès du service des impôts compétent qui précisera :

  • la dénomination et la domiciliation du représentant de l’assujetti unique,
  • la nature des activités de chacun des membres,
  • la liste des membres, leur numéro individuel d’identification à la TVA qui leur a été attribué avant leur entrée dans le groupe TVA,
  • leur accord pour intégrer le groupe TVA.

Attention. Une personne assujettie ne peut être membre que d’un assujetti unique et un assujetti unique ne peut pas être membre d’un autre assujetti unique.

Quand ? L’option pour la création du groupe TVA ou de l’assujetti unique prend effet le 1er janvier de l’année qui suit au cours de laquelle elle a été formulée et vaut pour une période minimale obligatoire d’une durée de 3 ans.

Un périmètre figé pendant 3 ans… Pendant ces 3 années, le périmètre du groupe est figé, de sorte que :

  • l’entrée d’un nouveau membre n’est possible que si, au jour de l’option, il ne remplissait pas les conditions de liens entre les membres (l’entrée sera alors effective, sur demande du représentant de l’assujetti unique accompagnée de l’accord du nouveau membre, au 1er janvier de l’année qui suit) ;
  • la sortie d’un membre ne pourra être effective que s’il ne remplit plus ces conditions (la sortie sera alors effective de plein droit à compter du 1er jour du mois suivant).

… puis assoupli. A l’issue de cette période obligatoire de 3 ans, le périmètre du groupe TVA sera assoupli :

  • tout nouveau membre remplissant les conditions pourra rejoindre le groupe TVA, sur demande du représentant de l’assujetti unique accompagnée de l’accord du nouveau membre (avec effet au 1er janvier de l’année qui suit) ;
  • un membre du groupe TVA pourra décider de sortir du groupe, avec l’accord du représentant de l’assujetti unique, avec effet au 1er janvier de l’année qui suit (le représentant devra en informer l’administration au plus tard le 31 octobre de l’année qui précède celle de la sortie du membre) ;
  • il pourra être mis fin au groupe TVA sur dénonciation de l’option formulée par le représentant et sur accord exprès de chacun des membres, avec effet au 1er jour du 2e mois qui suit.

Une obligation d’information annuelle. Chaque année, le représentant communique à l’administration, au plus tard le 31 janvier, la liste des membres de l’assujetti unique appréciée au 1er janvier de la même année. À compter du 1er janvier 2024, cette liste sera à transmettre le 10 janvier et non plus le 31 janvier.


Fonctionnement du « groupe TVA »

Un numéro d’identification. L’assujetti unique reçoit un numéro individuel d’identification à la TVA.

Un représentant. Les membres de l’assujetti unique désignent parmi eux un représentant qui s’engage à accomplir les obligations déclaratives, ainsi que toute formalité en matière de TVA incombant à l’assujetti unique et, en cas d’opérations imposables, à acquitter la taxe en son nom, ainsi qu’à obtenir le remboursement de crédit de TVA.

Concrètement, l’assujetti unique, par l’intermédiaire de son représentant, souscrira les déclarations mensuelles de TVA au titre de toutes les opérations réalisées par l’ensemble de ses membres avec des tiers avec le coefficient de taxation « forfaitaire » appliqué. Il devra aussi communiquer à l’administration le montant total du chiffre d'affaires correspondant aux livraisons de biens et aux prestations de services réalisées par le membre concerné au bénéfice d’autres membres du groupe TVA (dites « opérations internes ») et qui auraient été imposables à la TVA en l’absence d’assujettit unique. Enfin, il acquittera la taxe correspondante à toutes ces opérations. En présence d’un crédit de TVA, il lui sera définitivement acquis.

Une solidarité. Chaque membre de l’assujetti unique reste tenu solidairement au paiement de la TVA et, le cas échéant, des intérêts de retard, majorations et amendes fiscales correspondants dont l’assujetti unique est redevable, à hauteur des droits et pénalités dont il serait redevable s’il n’était pas membre de l’assujetti unique.


Déduction de la taxe par le “groupe TVA”

De nouvelles dispositions visent à adapter la règlementation relative aux modalités de déduction et de facturation de la TVA, notamment en ce qui concerne :

  • la détermination du quantum de la taxe déductible ;
  • les obligations déclaratives et comptables pour l’exercice du droit à déduction ;
  • les règles de facturations applicables.

À titre d’exemple, il est prévu que l’assujetti pourra appliquer un coefficient de taxation « forfaitaire » aux dépenses qu’il supporte et qui sont utilisées par plusieurs de ses membres, à la fois pour effectuer des opérations ouvrant droit à déduction de la TVA et des opérations n'ouvrant pas droit à déduction (dépenses « mixtes »)

L’ensemble de ces dispositions sont consultables ici.


Contrôle du « groupe TVA »

Un parallèle avec l’intégration fiscale. Les membres du groupe TVA peuvent être contrôlés, en matière de TVA, comme s’ils n’étaient pas membres de l’assujetti unique (sauf pour les livraisons et prestations à un autre membre de cet assujetti unique). Les conséquences financières seront, le cas échéant, alors notifiées au membre concerné. Le représentant de l’assujetti unique supporte le montant des rappels de TVA résultant des procédures de rectification suivies à l’égard des membres de cet assujetti unique, ainsi que les intérêts de retard et pénalités correspondants.

Une obligation d’information. Lorsque le représentant d’un assujetti est amené à supporter le montant des rappels de taxe sur la valeur ajoutée résultant des procédures de rectification suivies à l’égard des membres de cet assujetti unique, ainsi que des intérêts de retard et pénalités correspondants, l’administration adresse à ce représentant, préalablement à la mise en recouvrement des sommes correspondantes, un document l’informant du montant global des droits, intérêts de retard et pénalités dont il est redevable.

En cas de demande de remboursement de crédit de TVA présentée par le représentant de l’assujetti unique nécessitant une procédure d’instruction sur place, l’avis d’instruction sur place est adressé au(x) membre(s) de l’assujetti unique dont les opérations ont concouru à la formation du crédit de TVA. Dans ce cas, le représentant est informé de l’engagement de la ou des procédures d’instruction sur place et les délais de 60 jours (à compter de la 1ère intervention) et de 4 mois (à compter de la notification de l’avis d’instruction sur place) ne sont pas applicables.

A retenir

Il est instauré un régime de groupe au regard de la TVA au terme duquel il sera possible de considérer comme un seul assujetti les entreprises et groupements, indépendants entre eux d’un point de vue juridique, mais étroitement liés sur les plans financier, économique et organisationnel.

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Intermédiaires opaques, intermédiaires transparents : une distinction importante !

Date de mise à jour : 27/11/2020 Date de vérification le : 02/08/2023 11 minutes
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Généralement, un intermédiaire est une personne qui s’entremet entre deux autres personnes : la personne pour le compte de laquelle elle agit (le commettant) et un tiers (le client). Suivant la façon dont il s’entremet, l’intermédiaire sera considéré, au plan fiscal, comme un intermédiaire transparent ou comme un intermédiaire opaque. Une distinction essentielle en matière de TVA : pourquoi ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Intermédiaires opaques, intermédiaires transparents : une distinction importante !

Un intermédiaire transparent : qu’est-ce que c’est ?

Une personne clairement identifiée. Un intermédiaire transparent est une personne qui agit clairement au nom d’autrui. Pour le client auquel il vend un produit ou une prestation de service, il est clairement identifié comme agissant au nom et pour le compte d’un commettant (généralement un autre professionnel).

Un courtier. Si la personne met en relation deux personnes qui contractent entre elles, en clair si l’intermédiaire joue le rôle de courtier, on parlera bien d’intermédiaire transparent.

Mais pas seulement. Seront également considérées comme des intermédiaires transparents les personnes qui contractent personnellement avec les tiers, sous réserve que l’une des conditions suivantes soit remplie :

  • le contrat passé avec le tiers mentionne expressément que l’intermédiaire agit au nom et pour le compte d’un commettant, c’est-à-dire que le contrat reprend le nom ou la raison sociale, l’adresse, etc. de la personne pour le compte de laquelle l’intermédiaire agit ;
  • à défaut de contrat, la facture doit être émise directement :
    • par le commettant si l’intermédiaire s’entremet dans une vente,
    • par le tiers à l’attention du commettant si l’intermédiaire s’entremet dans une opération d’achat ;
  • à défaut de contrat et de facture, l’examen de la situation factuelle doit permettre d’établir que le tiers (client) avait clairement connaissance que l’intermédiaire agissait bien au nom et pour le compte d’une tierce personne.

À noter. Si la facture est directement émise par l’intermédiaire ou si elle lui est adressée directement par le tiers, elle doit clairement faire mention du fait que l’intermédiaire agit au nom et pour le compte d’une tierce personne (mention du nom ou de la raison sociale du commettant, mention de l’adresse du commettant, etc.).

Exemple. Le juge de l’impôt a pu considérer qu’un vendeur de véhicules d’occasion avait bien la qualité d’intermédiaire transparent puisqu’il pouvait produire à la fois le contrat passé avec ses clients mentionnant qu’il agissait au nom et pour le compte d’un professionnel espagnol, mais aussi les factures du garage espagnol libellées au nom des clients finaux.

Une distinction importante. La distinction intermédiaire opaque/ intermédiaire transparent est importante pour l’application des règles en matière de TVA.

Un prestataire de service. En matière de TVA, l’intermédiaire transparent sera considéré comme un simple prestataire de service : il ne sera soumis à TVA que sur le montant de sa rémunération (commission).

Exemple. Un intermédiaire commercialise un produit au nom et pour le compte d’un autre professionnel. Il vend ce produit pour un montant de 100 € HT (dont 20 € HT de commission). Il restitue la somme de 80 € HT à son commettant. L’intermédiaire ne sera soumis à TVA que sur les 20 € de sa commission.


Un intermédiaire opaque : qu’est-ce que c’est ?

Une personne qui n’est pas clairement identifiée. Un intermédiaire opaque est une personne qui, bien que s’entremettant entre un commettant et un tiers, agit en son nom propre. En clair, le client (le tiers) n’est pas en mesure d’identifier le commettant qui se trouve derrière l’intermédiaire.

Un commissionnaire. Les commissionnaires, à défaut de remplir les conditions leur permettant d’être qualifiés d’intermédiaires transparents, sont généralement considérés comme étant des intermédiaires opaques.

Une distinction importante. Il convient de rappeler que la distinction intermédiaire opaque/ intermédiaire transparent est importante pour l’application des règles en matière de TVA.

La totalité du prix de vente. En matière de TVA, l’intermédiaire opaque sera considéré comme ayant personnellement reçu et fourni les services, ou comme ayant personnellement acheté, puis livré le bien : on considère qu’il achète le bien au commettant pour le revendre personnellement au client.

Prix de vente + commission. L’intermédiaire opaque est soumis à TVA sur la totalité du prix de vente, commission incluse.

Exemple. Un intermédiaire opaque commercialise un produit qu’il vend pour un montant de 100 € HT (dont 20 € HT de commission). Il restitue la somme de 80 € HT à son commettant. L’intermédiaire sera soumis à TVA sur l’intégralité du prix de vente, soit sur les 100 €.


Les débours : TVA ou pas TVA ?

Une somme…Le terme « débours » désigne une dépense qu’un commettant rembourse à son intermédiaire, à condition que cette dépense ait bien été engagée au nom et pour le compte du commettant.

…engagée au nom et pour le compte du commettant. Seules les dépenses engagées au nom et pour le compte du commettant peuvent bénéficier du régime des débours. Les sommes correspondant à des dépenses engagées par l’intermédiaire lui-même, dans le cadre de sa propre entreprise (par exemple les frais de transport de son propre personnel), ne seront pas traitées fiscalement comme des débours.

Une absence de TVA. Les débours perçus par un intermédiaire, qu’il soit opaque ou transparent, ne sont pas soumis à TVA sous réserve du respect de nombreuses conditions, tant générales que spécifiques.

Conditions générales. Parmi les conditions à respecter, on retrouve des conditions générales. Ainsi :

  • les remboursements doivent correspondre à des dépenses engagées au nom et pour le compte du commettant ;
  • l’intermédiaire doit rendre compte au commettant du montant des dépenses réalisées et de l’usage qui a été fait de ces sommes : il doit faire ce que l’on appelle une reddition de comptes;
  • en comptabilité, les dépenses doivent être portées dans un compte de passage ;
  • l’intermédiaire doit pouvoir justifier à l’administration fiscale du montant et de la nature des dépenses réalisées.

Conditions propres aux intermédiaires. En plus de ces conditions générales, des conditions spécifiques, propres au statut d’intermédiaire, doivent être respectées :

  • les débours doivent être détachables de la prestation de service ou de la vente du bien dans laquelle l’intermédiaire intervient ;
  • les dépenses ne doivent pas être engagées par l’intermédiaire lui-même, dans le cadre de sa propre entreprise ;
  • le fournisseur du bien ou du service qui facture les sommes considérées comme des débours doit être clairement informé que l’intermédiaire agit en tant que représentant du commettant.

Exemple. Des dépenses d’entreposage ont été considérées comme étant des débours : le contrat passé entre l’intermédiaire et l’entrepositaire faisait clairement apparaître que le bénéficiaire réel de la prestation était le commettant.

Contre-exemple. Des dépenses liées à l’hébergement et à la restauration de stagiaires, engagées par l’organisateur d’un stage de danse, n’ont pas été considérées comme étant des débours en l’absence de mandat et de reddition de compte.

Le saviez-vous ?

Les intermédiaires n’étant pas soumis à TVA sur les sommes correspondant à des débours, ils ne pourront pas faire jouer leur droit à déduction, c’est-à-dire qu’ils ne pourront pas demander à récupérer la TVA payée.

A retenir

L’intermédiaire transparent est celui qui agit clairement au nom et pour le compte d’autrui, tandis que l’intermédiaire opaque est réputé agir en son nom propre.

La distinction est importante, notamment en matière de TVA : l’intermédiaire transparent n’est imposable que sur le montant de sa commission tandis que l’intermédiaire opaque est imposable sur le montant total de l’opération.

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TVA : comment gérer les réductions de prix ?

Date de mise à jour : 24/05/2023 Date de vérification le : 24/05/2023 8 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Régulièrement, vous pouvez être amené à pratiquer des réductions de prix sur la vente des produits ou des services que vous proposez à vos clients. Par principe, ces réductions de prix viennent diminuer la base de calcul de la TVA collectée auprès de vos clients. Mais encore faut-il que toutes les conditions soient respectées pour éviter les mauvaises surprises…

Rédigé par l'équipe WebLex.
TVA : comment gérer les réductions de prix ?

Réductions de prix : de quoi s’agit-il ?

Une pratique commerciale. Une réduction de prix consiste à proposer au client un avantage commercial qui consiste, comme son nom l’indique, à diminuer le prix de vente du produit ou du service vendu. En pratique, on va parler de rabais, de remise, de ristourne ou encore d’escompte. Chacune de ces réductions de prix correspond à des situations précises…

Des définitions précises. Voici comment il est possible de définir ces réductions de prix :

  • un rabais consiste en une réduction de prix convenu préalablement avec le client pour tenir compte des conditions de la vente : ce sera, par exemple, le cas en présence d’un défaut sur le produit vendu ;
  • une remise est une réduction de prix fixée en accord avec le client en considération, par exemple, de l’importance et/ou de la fréquence des ventes et prestations conclues ensemble (une remise est généralement calculée en pourcentage du prix de vente) ;
  • une ristourne est une réduction de prix qui, elle, s’applique souvent en présence d’un ensemble de ventes réalisées avec un même client sur une période déterminée) ;
  • un escompte est une réduction de prix accordée en cas de paiement du prix à une date antérieure à celle résultant de l'application des conditions générales de vente.

Quelques exemples. En pratique, les réductions de prix peuvent prendre différentes formes. Ainsi, ont été par exemples assimilées à des réductions de prix, dès lors qu’elles ne constituent pas la contrepartie d’un service :

  • les « primes de fidélité » consenties contractuellement et motivées uniquement par l'existence de relations commerciales durables entre deux partenaires ;
  • les « primes d'objectif ou de volume », accordées par une entreprise à ses revendeurs indépendants, qui peuvent prendre la forme d'avoirs venant en diminution du prix des produits qu'ils lui achètent, et qui sont calculées en fonction des volumes de vente au-delà des objectifs fixés par l’entreprise (cela suppose que le revendeur vende les produits pour son propre compte et à ses propres risques dans la zone géographique qui lui est dévolue et qu'il ne rende à son fournisseur aucune prestation particulière dont les primes seraient la contrepartie) ;
  • les « primes de conjoncture » que consent une entreprise à ses revendeurs pour leur permettre de vendre les produits à des prix concurrentiels ;
  • les garanties de loyer que consent un promoteur à l’occasion de la vente d’un logement : elles constituent, en principe, une modalité de réalisation de la vente du logement de nature à entraîner, à concurrence des sommes versées en exécution de cette garantie, une réduction du prix d'acquisition initialement stipulé.


Réductions de prix : TVA ou pas de TVA ?

Pas de TVA… Par principe, une réduction de prix vient effectivement diminuer la base d’imposition à la TVA pour autant que les 3 conditions suivantes soient respectées.

… sous conditions ! La réduction de prix, quelle que soit la forme qu’elle prend :

  • doit bénéficier intégralement au client, pour son montant exact ;
  • ne doit pas constituer la contrepartie ou la rémunération d’un service rendu par le client au vendeur ou au prestataire ;
  • et doit être proportionnelle au montant des opérations qui s’y rapportent.


Réductions de prix : un formalisme à respecter

A mentionner sur la facture… Par principe, les réductions de prix acquises et chiffrables lors de la vente doivent être mentionnées sur la facture. Et toujours par principe, ces réductions de prix doivent être mentionnées directement sur la ligne se rapportant au produit ou au service auquel elles se rapportent. Cela n’empêche toutefois pas les remises globales mentionnées en fin de facture.

… ou sur une facture rectificative, le cas échéant. Si la réduction de prix est accordée une fois la facture envoyée au client, il faut rectifier la facture initiale, soit au moyen d’une nouvelle facture qui mentionne la réduction de prix, soit au moyen d’une note d’avoir.

En cas d’erreur sur la facture… Si la réduction de prix n’a pas été déduite sur la facture pour le calcul de la TVA, le client a payé trop de TVA et le professionnel en a trop reversé au fisc. Même si cela ressemble à une opération blanche, le fisc n’est pas du même avis.

La solution : établir une note de crédit. Pour rectifier cette erreur, il convient d’établir une note de crédit pour l’excédent de TVA payé par le client. Cette note doit comporter la mention « correction de la TVA collectée suite à une erreur dans la base d’imposition sur la facture n°…du…. ».

A retenir

Les réductions de prix, quelle que soit leur forme, sont exclues de la base d’imposition à la TVA si elles bénéficient intégralement au client, pour leur montant exact, si elles ne constituent pas la contrepartie ou la rémunération d’un service rendu par le client au vendeur ou au prestataire et si elles sont proportionnelles au montant des opérations qui s’y rapportent.
 

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TVA, travaux et sous-traitance : autoliquidation obligatoire ?

Date de mise à jour : 23/01/2023 Date de vérification le : 22/07/2024 9 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Un nouveau régime d’autoliquidation de la TVA, spécifiquement applicable au secteur du bâtiment, a été mis en place, notamment pour lutter contre les tentatives de fraude à la TVA, régime qui n’est pas sans susciter de nombreuses interrogations : qui est concerné, pour quelles opérations, selon quelles modalités ? Voici les réponses…

Rédigé par l'équipe WebLex.
TVA, travaux et sous-traitance : autoliquidation obligatoire ?


Autoliquidation de la TVA : pourquoi ?

Volonté de lutter contre la fraude. L’objectif affiché de ce dispositif est de lutter contre la fraude à la TVA dans le secteur du bâtiment, lorsqu’une entreprise recourt aux services d’un sous-traitant. Sont donc visées les opérations par lesquelles un entrepreneur confie, sous sa responsabilité, à un sous-traitant l’exécution de tout ou partie d’un marché ou d’un contrat conclu avec le maître d’ouvrage.

Concrètement. Cela suppose donc la conclusion de 2 contrats pour l’exécution des travaux, auxquels interviennent 3 intervenants : un contrat principal conclu par l’entreprise principale avec le client final (le maître de l’ouvrage) et un contrat de sous-traitance conclu par l’entreprise principale avec le sous-traitant, pour la réalisation de tout ou partie des travaux prévus dans le contrat principal. Attention : la sous-traitance ne doit pas être confondue avec la cotraitance, qui consiste à créer un groupement entre plusieurs entrepreneurs pour la réalisation de travaux, la différence essentielle portant sur le fait que le cotraitant contracte directement avec le maître de l’ouvrage.

Quelle fraude ? La fraude identifiée est la suivante : un sous-traitant facture sa prestation à son donneur d’ordre en y incluant la TVA, mais ne reverse jamais cette TVA au Trésor Public. De son côté, l’entreprise principale, bien souvent et dans la plupart des cas de bonne foi, déduit la TVA qui lui a été facturée par le sous-traitant. D’où une perte de recettes fiscales pour le Trésor Public.

Comment ? Afin de lutter contre cette fraude, il est donc mis en place un système d’autoliquidation de la TVA : ce mécanisme revient à mettre à la charge de l’entreprise principale le paiement de la TVA relative à la prestation sous-traitée, cette TVA étant elle-même déductible dans les conditions de droit commun (il s’ensuit, en principe, aucune sortie de trésorerie pour l’entreprise principale puisque la TVA collectée est compensée par la TVA déductible d’égal montant).

Le saviez-vous ?

Ce mécanisme d’autoliquidation de TVA s’applique aux prestations fournies dans le cadre de contrats de sous-traitance signés depuis le 1er janvier 2014 (ou de contrats conclus avant cette date, mais qui ont fait l’objet d’une tacite reconduction après le 1er janvier 2014).

Notez qu’en l’absence de contrat de sous-traitance clairement formalisé, l’administration pourra se référer à des devis, des bons de commande signés ou tout autre document qui lui permettra d’établir la réalité d’un accord entre une entreprise principale et un sous-traitant pour la réalisation de travaux sous-traités.


Autoliquidation de la TVA : pour quoi ?

Quelle opération ? Ce mécanisme d’autoliquidation de la TVA vise les opérations ayant trait aux travaux de construction, y compris ceux de réparation, de nettoyage, d’entretien, de transformation et de démolition effectués en relation avec un bien immobilier par une entreprise sous-traitante pour le compte d’une entreprise dite principale. Ce champ d’application mérite quelques précisions…

Quels travaux ? Cette mesure d’autoliquidation ne vise que les « travaux immobiliers » réalisés par un sous-traitant (quel que soit son rang en cas de sous-traitance à la chaîne). Les travaux visés correspondent donc aux travaux de construction de bâtiment et autres ouvrages immobiliers, y compris les travaux de réfection, de nettoyage, d'entretien et de réparation des immeubles et installations à caractère immobilier.

Concrètement. Sont notamment concernés :

  • les travaux de bâtiment exécutés par les différents corps de métiers participant à la construction ou la rénovation des immeubles ;
  • les travaux publics et ouvrages de génie civil ;
  • les travaux d'équipement des immeubles, qui ont pour effet d'incorporer aux constructions immobilières les appareils ou les canalisations faisant l'objet de l'installation ;
  • les travaux de réparation ou de réfection ayant pour objet la remise en état d'un immeuble ou d'une installation à caractère immobilier.

      =>  Consultez la définition des travaux immobiliers retenue par l’administration

A noter. Les opérations de nettoyage qui sont le prolongement ou l'accessoire des travaux précités sont soumises au mécanisme d’autoliquidation.

Inversement. Ne sont pas concernées par ce dispositif les prestations intellectuelles confiées par les entreprises de construction à des bureaux d'études, des économistes de la construction ou des sociétés d'ingénierie. De même, les contrats de location d'engins et de matériels de chantier, y compris lorsque cette location s'accompagne du montage et du démontage sur le site, sont exclus de ce mécanisme d’autoliquidation.

A noter. Lorsque qu'une entreprise titulaire du marché, voire même une entreprise elle-même sous-traitante, fait appel à une autre entreprise pour la fabrication de matériaux ou d'ouvrages spécifiques destinés à l'équipement de l'immeuble faisant l'objet des travaux, cette opération ne s'analyse pas comme de la sous-traitance : elle est donc exclue du dispositif d'autoliquidation.

Le saviez-vous ?

Les opérations de nettoyages faisant l’objet d’un contrat de sous-traitance séparé peuvent bénéficier du dispositif d’autoliquidation de la TVA, dès lors qu’elles sont le prolongement ou l’accessoire des travaux.

Parcs photovoltaïques. Selon l’administration fiscale, les parcs photovoltaïques au sol de grande superficie, dont les modules sont fixés au moyen de pieux profondément enfoncés dans le sol et dont l’installation et le démontage nécessiteraient le recours à de nombreuses personnes ainsi qu’à d’importants moyens logistiques constituent bien des immeubles. En conséquence, le dispositif d’autoliquidation de la TVA s’applique aux travaux réalisés sur ce type d’installations.


Autoliquidation de la TVA : comment ?

Pour le sous-traitant. La facture relative aux opérations sous-traitées, et correspondant à des travaux immobiliers effectivement visés par ce dispositif d’autoliquidation, ne mentionne pas la TVA. En clair, la prestation du sous-traitant est facturée hors taxes. Sur sa déclaration de TVA, l’entreprise sous-traitante doit mentionner sur la ligne « autres opérations non imposables » le montant total hors taxes de l’opération correspondante.

Le saviez-vous ?

La facture doit faire apparaître distinctement que la TVA est due par l’entreprise principale et porter la mention « Autoliquidation », ce qui permettra de justifier, pour le sous-traitant, l’absence de collecte de la TVA.

Conseil. En raison de ce mécanisme d’autoliquidation, un impact sur la trésorerie sera peut-être à anticiper pour les sous-traitants : parce que vous ne collectez plus de TVA auprès de l’entreprise principale, mais que vous décaissez la TVA versée à vos propres fournisseurs, vous risquez de vous retrouver fréquemment en situation de crédit de TVA, dont le remboursement est acquis, mais souvent dans un délai d’au moins 1 mois…

Pour l’entreprise principale. De son côté, l’entreprise principale mentionne, sur sa déclaration de TVA, le montant hors taxes des prestations qui lui sont fournies et qui sont soumises à l’autoliquidation sur la ligne « autres opérations imposables » de sa déclaration de chiffre d’affaires et reporte le montant de la TVA correspondante. La taxe ainsi acquittée est déductible dans les conditions de droit commun.

Attention. Le défaut de déclaration par l’entreprise principale donneur d'ordre est sanctionné par une amende de 5 %.

Le saviez-vous ?

Dans le cas de paiements directs des sous-traitants par le maître de l'ouvrage, ce dernier paie, au nom et pour le compte de l'entrepreneur principal, directement le sous-traitant pour la part du marché dont il assure l'exécution. Par conséquent, le maître de l'ouvrage paie le sous-traitant sur une base hors taxe et l'entrepreneur principal auto-liquide de son côté la TVA.

Exemple. Une entreprise principale a conclu un contrat avec un client particulier (le maître de l’ouvrage) d’un montant de 10 000 € HT, auquel s’ajoute un montant de TVA de 1 000 € HT (taux de 10 %). Elle sous-traite une partie de ce marché à un sous-traitant, accepté par le maître de l’ouvrage, pour un montant de 4 000 € HT. Il est convenu que le maître de l’ouvrage paie le sous-traitant pour la part de marché qu’il exécute.

  • le sous-traitant adresse au maître de l’ouvrage sa demande de paiement, accompagnée de l’original de la facture libellée au nom de l’entreprise principale et sur laquelle figure le montant HT du marché sous-traité, sans faire apparaître la TVA, soit 4 000 € HT (mention « Autoliquidation » à faire figurer) ;
  • l’entreprise principale a également réalisé des prestations en même temps que le sous-traitant, pour un montant hors taxes de 2 000 €. Au total, le montant des prestations réalisées au cours du même mois s’élève à 6 000 € HT, soit 6 600 € compte tenu d’une TVA calculée au taux de 10 %, incluant les travaux sous-traités ;
  • elle envoie un 1er décompte au maître de l’ouvrage reprenant ces montants ;
  • le maître de l’ouvrage paie le sous-traitant, sur la base HT, soit 4 000 € ;
  • le maître de l’ouvrage paie à l’entreprise principale le montant du décompte, déduction faite des sommes versées au sous-traitant, soit un montant global de 2 600 € (6 000 + 600 – 4 000) ;
  • l’entreprise déclare et paie donc 600 € de TVA sur sa déclaration du mois en cause ;
  • l’entreprise principale auto-liquide la TVA de son sous-traitant, sur la base de 4 000 € HT, montant qu’elle porte sur la ligne « autres opérations imposables » de sa déclaration de chiffre d’affaires (soit 800 € en retenant le taux de 20 % applicable à l’opération sous-traitée) ;
  • parallèlement, le sous-traitant porte ce même montant (4 000 €) sur la ligne « autres opérations non imposables » de sa déclaration ;
  • par la suite, l’entreprise émet un décompte final pour le maître de l’ouvrage pour les autres prestations réalisées, comprenant le montant HT de ses prestations (4 000 €) et la TVA calculée au taux de 10 % (400 €) ;
  • au total, elle aura donc facturé au maître de l’ouvrage la somme de 10 000 € HT (6 000 € + 4 000 €) + 1 000 € (600 € + 400 €) de TVA, soit un montant 11 000 € TTC, dont 4 000 € HT auront été payés directement au sous-traitant par le maître de l’ouvrage.

A retenir

Le mécanisme d’autoliquidation de la TVA vise les travaux immobiliers, et notamment les travaux du bâtiment exécutés par les différents corps de métiers participant à la construction ou la rénovation des immeubles, les travaux d'équipement des immeubles, les travaux de réparation ou de réfection ayant pour objet la remise en état d'un immeuble, etc.

Le sous-traitant qui réalise ce type de travaux pour le compte d’un entrepreneur principal facture sa prestation sans TVA, l’entrepreneur principal « auto-liquidant » la TVA correspondante (il la déclare en TVA collectée et déduit le même montant au titre de la TVA déductible).


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Prestataires de services : faut-il opter pour les débits ?

Date de mise à jour : 24/10/2023 Date de vérification le : 24/10/2023 9 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Parce que vous êtes prestataire de services, vous savez qu’en matière de TVA, vous devez reverser la TVA collectée auprès de vos clients au moment de l’encaissement du prix. Mais vous avez entendu parler de l’ « option sur les débits ». Avez-vous un intérêt à opter pour cette formule ?

Rédigé par l'équipe WebLex. En collaboration avec Jean-Marc Le Gallo, Avocat au Barreau de Marseille, spécialisé en droit fiscal
Prestataires de services : faut-il opter pour les débits ?

Décaisser la TVA au moment du paiement du prix

Un peu de jargon juridique… Déterminer le moment où vous devez déclarer la TVA collectée auprès de vos clients va dépendre de l'opération réalisée. Il faut, ici, faire référence aux notions de « fait générateur » (qui se définit comme le fait par lequel sont réalisées les conditions légales nécessaires pour l'exigibilité de la TVA) et d' « exigibilité » de la TVA (qui se définit comme le moment où le Trésor est en droit de vous réclamer le paiement de cette taxe).

Concrètement.

  • En matière de livraison de biens, le fait générateur de la TVA et son exigibilité coïncident => vous devez donc reverser la TVA collectée sur la période au cours de laquelle est intervenu le transfert du droit de propriété ; toutefois, pour les acomptes encaissés depuis le 1er janvier 2023, la TVA est exigible lors de l’encaissement des acomptes, à concurrence du montant encaissé.
  • En matière de prestation de services, ces deux notions ne coïncident pas, le fait générateur intervenant lorsque la prestation est réalisée et l'exigibilité de la taxe intervenant lors de l'encaissement des acomptes, du prix ou de la rémunération => vous devez donc reverser la TVA collectée sur la période au cours de laquelle vous avez été payé de votre prestation.

Pour les prestations de services. Il faut se référer à l’encaissement du prix, qu’il s’agisse du prix total, d’une avance ou d’un acompte : il s’agira donc de la date d’inscription du montant de la facture acquittée par votre client au crédit de votre compte bancaire. Cela suppose donc d’assurer un suivi de vos encaissements sur votre compte.

Opter pour le paiement d’après les débits

La conséquence d’une « option débit ». En optant pour le paiement de la TVA d’après les débits, vous avancez la date à laquelle vous êtes tenu de déclarer votre TVA collectée : vous ne faites plus référence à l’encaissement du prix, mais à l’inscription de la somme facturée au débit du compte du client concerné (en pratique, on retient souvent la date de facturation).

Le saviez-vous ?

Même si vous avez opté pour le paiement de la TVA d’après les débits, vous devrez, en présence d’un acompte, déclarer et payer votre TVA au moment de l’encaissement (n’attendez pas la facture finale pour déclarer le montant de la TVA sur l’acompte encaissé).

Les modalités de l’ « option sur les débits ». Vous devez expressément exercer cette option, ce qui signifie que vous devez envoyer une déclaration écrite en ce sens à votre service des impôts des entreprises. L’option prendra alors effet à compter du 1er jour du mois suivant.

Précisez-le sur vos factures. Même si vous n’y êtes pas obligé, il est recommandé de préciser sur votre facture que vous avez optez pour le paiement de la TVA d’après les débits, ce qui permettra à vos clients d’être informés de la possibilité qu’ils auront de déduire la TVA facturée dès réception de la facture (c’est donc aussi vrai pour vous si vous recevez une facture d’un fournisseur qui a exercé cette option).


Option sur les débits : faut-il exercer cette option ?

L’intérêt de l’« option débit » ? Cette option est relativement peu pratiquée par les petites entreprises : par cette option, vous faites l’avance de la TVA, puisque vous la déclarez avant d’avoir reçu paiement de votre client (compte tenu des délais de règlement client, cela peut s’avérer un sérieux inconvénient en termes de trésorerie). Cet inconvénient se trouve, en outre, accentué en cas d’impayés, même si une procédure spéciale vous permet de récupérer la TVA reversée, sous conditions.

Faut-il l’exercer ? Oui, pour les raison suivantes… et non pour les inconvénients précités. Tout va dépendre, en réalité, de votre situation :

  • vous pouvez y trouver un intérêt si vous traitez une grande masse de factures clients : en terme de gestion pratique, en faisant coïncider la date de facturation avec la date de déclaration de la TVA, vous évitez d’assurer un suivi des encaissements en banque qui pourrait être chronophage ;
  • vous pouvez y trouver un intérêt si vous réalisez des ventes de biens et des prestations de services : vous ne gérez plus deux systèmes de TVA différents, en fonction du chiffre d’affaires lié à chaque activité. Vous globalisez vos chiffres d’affaires, et ne retenez qu’une seule date d’exigibilité de la TVA ;
  • si vous collectez de la TVA à un taux inférieur à celui qui est utilisé pour calculer votre TVA déductible (cas des artisans qui interviennent majoritairement chez des particuliers), vous êtes en situation créditrice de TVA, ce qui peut atténuer les inconvénients listés plus haut, s’agissant notamment de l’avance de trésorerie.

A retenir

L’option pour le paiement de la TVA d’après les débits peut présenter un intérêt pratique, notamment s’agissant de la gestion proprement dite de la TVA, puisque vous déterminez le montant de la TVA collectée au moment de la facturation : vous n’assurez donc plus de suivi des encaissements pour calculer cette TVA collectée. Elle peut présenter aussi un intérêt si vous exercez, à la fois, une activité de vente et de prestations de services.

Pour le reste, il ne faut pas perdre de vue que vous décaissez la TVA collectée avant même d’en avoir reçu le paiement effectif de vos clients (vous faites alors une avance de trésorerie), sans compter, en plus, les éventuels soucis de factures impayées.

 

J'ai entendu dire

Peut-on renoncer à cette option pour le paiement de la TVA d’après les débits ?

Oui. Vous devez, dans ce cas, renoncer expressément à l’option en envoyant une déclaration écrite en ce sens à l’administration fiscale (à votre service des impôts des entreprises). Dans ce cas, vous serez de nouveau soumis au régime des encaissements à compter du 1er jour du mois suivant cette formalité.
 
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TVA : que faire en présence d’une facture impayée ?

Date de mise à jour : 24/10/2023 Date de vérification le : 24/10/2023 10 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Vous avez livré votre client et lui avez remis la facture correspondante le mois dernier et, alors que vous n’êtes toujours pas payé, vous le relancez : vous apprenez que vous ne serez pas payé, votre client connaissant des difficultés financières que vous ne soupçonniez pas. Au-delà du désagrément évident qu’occasionne ce genre de situation, vous vous posez la question de savoir ce qu'il va se passer au regard de la TVA… et vous avez raison. Voici pourquoi.

Rédigé par l'équipe WebLex. En collaboration avec Jean-Marc Le Gallo, Avocat au Barreau de Marseille, spécialisé en droit fiscal
TVA : que faire en présence d’une facture impayée ?

Vous avez déjà reversé la TVA… ?

Quand devez-vous reverser la TVA ? Si, comme la plupart des entreprises, vous déclarez et payez votre TVA mensuellement (trimestriellement si le montant de votre TVA annuelle est inférieur à 4 000 €), vous devez, en principe, reverser à l’administration la TVA que vous collectez auprès de vos clients :

  • au moment de la livraison des biens ou des marchandises ; pour les acomptes encaissés depuis le 1er janvier 2023, la TVA est exigible lors de l’encaissement des acomptes, à concurrence du montant encaissé ;
  • au moment de l’encaissement du prix si vous effectuez une prestation de services.

Le problème… Vous l’aurez compris : en présence d’une vente de biens ou de marchandises, vous êtes tenu de décaisser la TVA que vous collectez auprès de vos clients, indépendamment du paiement effectif par votre client de votre facture. Par voie de conséquence, vous subissez un décalage de trésorerie, conséquence d’autant plus dommageable si votre client finit par ne pas payer votre facture.

… qui n’est pas nécessairement isolé. Cette problématique ne concerne pas que les livraisons de biens, mais aussi certaines situations propres aux prestations de services. 2 exemples :

  • en cas de paiement par chèque, il arrive très fréquemment que les entreprises reversent la TVA au moment de la réception du chèque, indépendamment de son encaissement effectif : si le chèque s’avère par la suite sans provision, vous subissez la même difficulté, à savoir que vous avez fait l’avance de la TVA… que vous n’avez pas encaissée ;
  • si vous avez opté pour le paiement de la TVA sur les débits, le reversement de la TVA n’intervient plus au moment de l’encaissement du prix, mais au moment de l’inscription de la créance au débit du compte client correspondant : si votre client ne paie pas votre facture, vous vous retrouvez, ici aussi, dans la même situation qu’un vendeur de biens ou de marchandises impayé…


Pourrez-vous la « récupérer » ?

Oui ! Autant le dire tout de suite : dans une telle situation, vous êtes autorisé à récupérer la TVA que vous avez reversée au Trésor Public, mais cette récupération n’est pas sans conditions.

Si… 2 conditions doivent être respectées :

  • le texte impose, d’une part, que vous fassiez état d’une créance devenue « définitivement irrécouvrable » ;
  • il impose, en outre, que vous justifiiez, auprès de l’administration, de la rectification préalable de la facture initiale.

Concrètement. Cela suppose donc, de votre part, que vous agissiez de la manière suivante :

  • vous ne pouvez pas vous contenter d’un simple défaut de paiement : il est impératif que la créance soit irrécouvrable, ce qui vous oblige à justifier de lettres de relance, de mises en demeure restées sans réponse, etc. (conservez précieusement les accusés réception de vos courriers), et à inscrire, en comptabilité, ladite créance en perte définitive ; sachez, à cet égard, que la simple constitution d’une provision pour créance douteuse ou litigieuse n’est pas suffisante pour établir cette irrécouvrabilité ;
  • vous devez envoyer à votre client défaillant un duplicata de la facture initiale avec ses indications réglementaires (prix « net » et montant de la TVA correspondante), sur laquelle vous aurez soin de porter en caractères très apparents la mention suivante : « Facture demeurée impayée pour la somme de … €, dont … € de TVA qui ne pourra pas faire l’objet d’une déduction (article 272 du CGI) ».

Une tolérance. En cas d’omissions ou d’erreurs sur la facture rectificative (ou la note d’avoir), vous pourrez tout de même récupérer la TVA d’ores et déjà reversée au Trésor public, dès lors que vous êtes en mesure de produire des pièces suffisantes pour permettre d’établir le bien-fondé de votre demande.

À noter. En présence de plusieurs impayés de la part d’un même client, dans un souci de simplification, vous serez dispensés d'adresser ce duplicata pour chaque facture impayée, à condition de délivrer au client défaillant un état récapitulatif des factures impayées qui mentionne pour chacune d'entre elles :

  • le numéro d'ordre, le libellé et la date de la facture initiale ;
  • le montant hors taxe (HT) ;
  • le montant de la TVA ;
  • la mention « Facture impayée pour la somme de ...... euros (HT) et pour la somme de ...... euros (taxe correspondante) qui ne peut faire l'objet d'une déduction (art. 272 du CGI) ».

Le saviez-vous ?

Si votre client connaît des difficultés telles qu’il est engagé dans une procédure collective, sachez que la récupération de la TVA pourra se faire dès la date de la décision qui prononce la liquidation judiciaire de l’entreprise concernée ou, en cas de redressement judiciaire, à la date du jugement qui fixe le plan de redressement.

Si votre client disparaît sans laisser d’adresse, vous êtes dispensé de toute formalité de rectification de la facture initiale.

Si vous remplissez les conditions… Le montant de la TVA que vous êtes, dès lors, autorisé à récupérer doit être mentionné sur la ligne 21 de votre déclaration de TVA. Si, du fait de cette récupération, vous devez titulaire d’un crédit de TVA, vous pouvez en demander le remboursement.

Attention. Sachez, en tout état de cause, que vous devez faire cette imputation au plus tard le 31 décembre de la 2nde année qui suit celle au cours de laquelle vous avez eu connaissance de la défaillance de votre client.

A retenir

Vous pourrez récupérer la TVA que vous avez d’ores et déjà versée en cas de défaillance de votre client : vous devez toutefois prouver que votre client ne pourra définitivement pas payer votre facture (conservez vos lettres de relance, vos mises en demeure, les accusés réception de vos courriers…), facture que vous devrez « rectifier ».
 

J'ai entendu dire

J’ai un client qui est parti sans laisser d’adresse : comment puis-je faire pour justifier la récupération de la TVA dans un pareil cas ?

L’administration reconnaît, dans ce cas, que la créance est effectivement irrécouvrable (assurez-vous tout de même d’être en mesure de prouver que votre client a effectivement « disparu », au moyen de courriers recommandés restés sans réponses par exemple). Dans ce cas, sachez également que, dans cette situation particulière, vous êtes, par principe, et pour cause, dispensé de justifier de l’envoi de la facture initiale rectifiée.
 
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Déclaration de TVA pendant les congés payés : une tolérance bienvenue…

Date de mise à jour : 20/09/2021 Date de vérification le : 11/03/2024 3 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Tous les mois, vous êtes concerné par l’obligation de déclarer et de payer votre TVA. Seulement voilà, pendant les périodes de congés payés, les mois d’été notamment, l’entreprise est fermée, votre comptable est en vacances, etc. Autant de situation qui peuvent entraîner quelques difficultés pour remplir vos obligations en matière de TVA. Pas de panique : une tolérance est spécialement prévue… Comment faire ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Déclaration de TVA pendant les congés payés : une tolérance bienvenue…


Par principe, vous déclarez votre TVA tous les mois…

Pour les entreprises astreintes au paiement mensuel… Vous devez déclarer et payer votre TVA nette due tous les mois, à une échéance précise, qui varie selon le type de votre entreprise ou société et le lieu de son siège social. Votre déclaration mensuelle récapitulera les opérations du mois précédent, dans laquelle vous déclarerez la TVA collectée auprès de vos clients et la TVA déductible qui apparaît sur vos factures fournisseurs.

Des pénalités en cas de retard de paiement… Si vous déclarez et payez avec retard votre TVA, vous vous exposez à des majorations :

  • le retard de déclaration est sanctionné, outre par l'intérêt de retard (0,20 % par mois de retard), par une majoration de 10 % ou de 40 % lorsque vous n'avez pas déposé votre déclaration dans les 30 jours d'une mise en demeure ;
  • le retard de paiement est sanctionné, outre par l'intérêt de retard (0,20 % par mois de retard), par une majoration de 5 % (elle n'est toutefois pas due si vous déposez tardivement votre déclaration accompagnée du paiement complet de la TVA, les sanctions pour dépôt tardif de votre déclaration restant applicables).


A titre exceptionnel, pendant les congés payés…

Une tolérance bienvenue… Pendant la période des congés, certaines entreprises en effectif réduit peuvent avoir des difficultés à déclarer et payer la TVA dans les délais, quand elles ne sont pas purement et simplement fermées (comme cela est souvent le cas, notamment au mois d’août). Pour pallier cette difficulté, sans risquer le paiement des majorations, vos obligations peuvent être allégées, avec l’assentiment de l’administration fiscale.

Mode d’emploi à suivre. Le mois des congés payés, vous versez simplement un acompte qui est au moins égal à 80 % de la somme payée au titre du mois précédent (vous inscrivez dans la case « correspondance » de votre déclaration la mention suivante : « Congés payés – versement d’un acompte de … € »). Le mois suivant, vous régularisez votre TVA, de la manière suivante :

  • vous reportez sur la ligne 28 de votre déclaration la TVA nette due afférente aux opérations du mois écoulé et du mois précédent ;
  • vous reportez dans le cadre réservé à la correspondance de l'imprimé la mention « Période des congés payés - Versement d'un acompte de ... »  le montant de l’acompte précédemment versé ;
  • sur le total à payer, vous reportez le montant effectivement dû ;
  • précisez, enfin, dans la case « correspondance » de votre déclaration la mention suivante : « Congés payés – Régularisation »).

Au cas où… Si l’acompte que vous avez versé est supérieur au montant de la TVA nette à payer qui apparaît au titre de la régularisation, l’excédent pourra être reporté sur la déclaration suivante.

A retenir

Pour éviter le casse-tête de la déclaration de TVA pendant la période des congés payés, une tolérance administrative admet le versement exceptionnel d’un simple acompte. Vous régularisez alors le montant de la TVA effectivement dû le mois suivant.

J'ai entendu dire

Que se passe-t-il si on verse un acompte d’un montant inférieur à 80 % du montant payé au titre du mois précédent ?

Normalement, vous vous exposez au paiement de pénalités pour retard de paiement, calculées sur la différence qui est alors considérée comme une insuffisance de versement. Mais vous pouvez échapper à ces pénalités si vous arrivez à prouver que le montant de l’acompte correspond à au moins 80 % de la TVA qui était effectivement due.

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Sources
  • BOFiP-Impôts-BOI-TVA-DECLA-20-20-10-10
  • Loi de Finances rectificative pour 2017 du 28 décembre 2017, n°2017-1775 (article 55)
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Payez votre TVA par acompte ?

Date de mise à jour : 07/03/2022 Date de vérification le : 12/03/2024 8 minutes
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Si vous êtes soumis au régime simplifié pour le paiement de la TVA, vous devez payer des acomptes au cours de l’exercice, puis vous régularisez votre TVA effectivement due une fois par an. Dans cette fiche, vous trouverez un récapitulatif de vos obligations… et quelques conseils pour vous aider à optimiser votre TVA…

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Payez votre TVA par acompte ?


Vous versez des acomptes au cours de l’exercice : pour quel montant ?

Des acomptes à payer. Au cours de l’exercice, vous versez 2 acomptes en juillet et en décembre, respectivement égaux à 55 % et 40 % de la TVA qui était due au titre de l’exercice précédent, avant déduction de la TVA relative aux biens constituant des immobilisations (référez-vous à la ligne 23 de votre déclaration annuelle déposée au titre de l’exercice précédent).

Sauf si… Sachez que vous serez totalement dispensés du versement d’acomptes si le montant de votre TVA due au titre de l’exercice précédent, avant déduction de la TVA relative aux immobilisations, est inférieure à 1 000 € (vous n’aurez alors qu’un paiement annuel à faire, en même temps que votre déclaration annuelle).

Pour les entreprises nouvelles… Si vous venez de créer votre entreprise, ou si vous venez d’opter pour le régime simplifié d’imposition, vous n’avez pas de montant de TVA de référence. Vous devez donc, pour votre première année d’imposition à la TVA, calculer vous-même vos acomptes en ayant à l’esprit que leur montant ne peut pas être inférieur à 80 % de la TVA effectivement due au titre du trimestre concerné.

Attention. Il faut rappeler que si le montant de votre TVA exigible au titre de l’exercice précédent excède 15 000 €, vous serez dans l’obligation de déclarer et payer votre TVA mensuellement (comme les entreprises placées sous le régime réel normal d’imposition en matière de TVA).

Importations. Si vous réalisez des importations, des acquisitions intracommunautaires ou des sorties de régime suspensif, vous devez tout de même, depuis le 1er janvier 2022, déposer une déclaration mensuelle de TVA (CA3), sauf le si le montant de TVA exigible annuellement ne dépasse pas 4 000 €.

Le saviez-vous ?

Vous pouvez moduler, voire suspendre, le montant de vos acomptes de TVA, dans l’hypothèse où vous estimez que le montant global que vous avez déjà versé au titre de l’exercice représente d’ores et déjà un montant égal ou supérieur à celui la TVA qui sera finalement due. Cette modulation ou suspension interviendra au moment de payer le dernier acompte.

Vous pouvez également remplacer le montant de l’acompte par la TVA effectivement due au titre du semestre, après imputation de la TVA déductible au titre des immobilisations, à la condition que ce montant soit inférieur d’au moins 10 % du montant de l’acompte réclamé (ce qui supposera que vous établissiez le détail du calcul de montant que vous estimez devoir).

Dans tous les cas, vous devez remplir une déclaration de modulation de l’acompte, accompagnant votre avis d’acompte.

Une question à se poser… Payer sa TVA sous forme d’acompte suppose de faire l’avance de la TVA. Toute entreprise soumise à ce régime devrait se poser la question d’une option pour le régime réel d’imposition, en matière de TVA : une telle option vous obligera à déclarer et payer la TVA due au titre du mois ou du trimestre précédent, mais il s’agira alors du montant effectivement dû…


Vous récapitulez la TVA effectivement due une fois par an : quand ?

Payez vos acomptes le… Les acomptes sont à payer tous les semestres, en juillet et décembre, aux dates suivantes, qui varient selon le type d’entreprise ou de société et de l’adresse :


Dates limites de paiement des acomptes

 

Forme des entreprises

Entreprises individuelles

Toutes sociétés sauf sociétés anonymes

Sociétés anonymes

 

Résidence des entreprises

Selon la première lettre du nom patronymique de l'exploitant

Selon les 2 premiers chiffres du numéro d’identification attribué par l’INSEE

Ville de Paris et départements des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne

A à H : le 15
I à Z : le 17

00 à 68 : le 19
69 à 78 : le 20
79 à 99 : le 21

00 à 74 : le 23
75 à 99 : le 24

 

Autres départements

A à H : le 16
I à Z : le 19

le 21

le 24

 


Récapitulez votre TVA le…
Il s’agit là de votre seule obligation déclarative : vous ne déposez donc qu’une seule déclaration (annuelle), récapitulant les opérations de l'exercice écoulé. Cette déclaration fera apparaître un solde à payer ou un excédent de versement (imputable sur les acomptes futurs ou, le cas échéant, remboursé) et servira de base de calcul aux acomptes futurs. Cette déclaration devra être souscrite au plus tard le 2ème jour ouvré qui suit le 1er mai si votre exercice est clos au 31 décembre de chaque année, dans les 3 mois de la clôture de l'exercice dans le cas contraire.

A noter. En même temps que vous régularisez le montant de la TVA due au titre de l’exercice écoulé, vous devrez, le cas échéant, payer le montant des taxes assimilées à la TVA (exemples : taxe sur la publicité diffusée par voie de radiodiffusion sonore et de télévision, taxe sur les appareils de reproduction ou d’impression, taxe sur la publicité télévisée, etc.).

En cas de cession, de cessation, etc. Dans l’hypothèse où vous cédez votre activité ou si vous arrêtez toute activité (de même qu’en cas de redressement ou de liquidation judiciaire), vous devez déposer cette déclaration dans les 60 jours de cette cession ou cessation.

Le saviez-vous ?

Au moment de calculer la TVA due au titre de l’exercice, vous devez, par principe, tenir compte de la TVA déductible au titre des frais généraux (entendu par-là comme étant les biens et services autres que ceux qui constituent des immobilisations et ceux qui sont destinés à la revente). Mais vous pouvez aussi retenir un forfait égal à 0,20 % du chiffre d’affaires déclaré.


Déclarer et payer votre TVA : comment ?

Des modalités précises... Depuis le 1er octobre 2014, toutes les entreprises doivent télédéclarer et télépayer leur TVA. Pour cela :

  • soit vous utilisez le système EFI : vous effectuez, via un espace personnel, vos déclarations et vos paiements sur le site www.impots.gouv.fr ;
  • soit vous utilisez la procédure EDI, via un prestataire agréé (votre expert-comptable par exemple).

Attention. Le non-respect de cette obligation liée à la télétransmission est sanctionné par une majoration dont le taux est fixé à 0,2 % du montant de la TVA due. En outre, sachez que le retard de dépôt de la déclaration et/ou le retard de paiement des acomptes (qui pourra résulter d’une minoration injustifiée) sont sanctionnés de la manière suivante :

  • le défaut ou le retard de déclaration est sanctionné, outre par l'intérêt de retard (0,20 % par mois de retard), par une majoration de 10 % ou de 40 % lorsque vous n'avez pas déposé votre déclaration dans les 30 jours d'une mise en demeure ;
  • le défaut ou le retard de paiement est sanctionné, outre par l'intérêt de retard (0,20 % par mois de retard), par une majoration de 5 % (elle n'est toutefois pas due si vous déposez tardivement votre déclaration accompagnée du paiement complet de la TVA, les sanctions pour dépôt tardif restant applicables).

Comment est appliquée la majoration ? A l’occasion d’un litige opposant l’administration fiscale à une société n’ayant pas déposé ses déclarations de TVA au titre de 3 exercices dans les 30 jours d’une mise en demeure, le juge de l’impôt a précisé que la majoration de 40 % ne devait être appliquée qu’au seul montant résultant de la différence entre la TVA due par la société au titre des exercices pour lesquels les déclarations ont été omises et la TVA qu’elle a d’ores et déjà payée au moyen des acomptes semestriels.

Le saviez-vous ?

Il faut savoir, en outre, qu’une entreprise qui ne dépose pas dans le délai légal ses déclarations de TVA peut faire l’objet d’une taxation d’office.

A retenir

Vous versez en juillet et en décembre 2 acomptes, chacun étant égal, respectivement, à 55 % et 40 % de la TVA due au titre de l’exercice précédent. Puis, une fois votre exercice clos, vous récapitulez sur la déclaration annuelle le montant de la TVA effectivement dû et le montant des acomptes versés afin de déterminer le solde à verser ou l’éventuel excédent.

J'ai entendu dire

En raison de la restructuration et de la rationalisation de notre activité, nous n’avons pas clôturé d’exercice au cours de l’année civile. Quand devons-nous déposer notre déclaration annuelle ?

Dans ce cas, il est prévu que la « période d’imposition » en cours expire le 31 décembre de l’année concernée et qu’une nouvelle période débute le 1er janvier de l’année suivante. Vous devez alors souscrire une 1ère déclaration pour la période qui démarre à la fin du précédent exercice jusqu’au 31 décembre de l’année, puis une 2nde déclaration pour la période qui s’ouvre le 1er janvier suivant et s’achève à la date de clôture de l’exercice.

Par exemple, vous avez clôturé votre exercice le 31 décembre 2019 et le nouvel exercice se clôturera exceptionnellement le 30 juin 2021. Vous devez alors déposer une déclaration pour la période qui s’étend du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2020 (au plus tard le 3 mai 2021). La période suivante s’étalera du 1er janvier 2021 au 30 juin 2021 (avec dépôt d’une nouvelle déclaration au plus tard dans les 3 mois de clôture, soit le 30 septembre 2021).

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Sources
  • Articles 242 sexies et 242 septies A et suivants de l'annexe II du Code Général des Impôts
  • Articles 302 septies A de l’annexe III du Code Général des Impôts
  • Article 39-1 de l’annexe IV du Code Général des Impôts
  • Articles 1649 quater B quater III et 1695 quater du Code Général des Impôts
  • Articles 1727, 1728, 1731 et 1738 du Code Général des Impôts
  • BOFiP-Impôts-BOI-TVA-DECLA-20-20-30-20
  • Arrêt du Conseil d’Etat du 2 mai 2016, n° 389812 (un dépôt en retard d’une déclaration de TVA peut entraîner une taxation d’office)
  • Loi de Finances rectificative pour 2017, du 28 décembre 2017, n°2017-1775 (article 55)
  • Arrêt du Conseil d’Etat du 20 septembre 2019, n°428750 (majoration de 40 % et calcul du montant sur lequel elle doit être appliquée)
  • Loi de finances pour 2022 du 30 décembre 2021, n°2021-1900 (article 30)
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Calculer et payer la TVA

Payez votre TVA tous les mois (ou tous les trimestres)

Date de mise à jour : 19/09/2023 Date de vérification le : 19/09/2023 21 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Vous êtes soumis au régime réel normal d’imposition en matière de TVA : cela veut donc dire que vous devez, tous les mois ou trimestres, reverser de la TVA due à l’administration. À quel moment devez-vous déclarer cette TVA ? Comment devez-vous déclarer et payer cette taxe ?

Rédigé par l'équipe WebLex. En collaboration avec Jean-Marc Le Gallo, Avocat au Barreau de Marseille, spécialisé en droit fiscal
Payez votre TVA tous les mois (ou tous les trimestres)

Déclarer et payer votre TVA : combien ?

Une soustraction. Pour calculer la TVA nette due, il faut retrancher du montant de la TVA que vous collectez votre propre TVA déductible… Opération simple, en apparence, mais cela suppose toutefois de savoir déterminer, d’une part, cette TVA « collectée » et d'autre part, cette TVA « déductible ».

Déterminer la TVA « collectée ». Le premier élément de calcul concerne votre TVA collectée, dont le montant est déterminé à partir du prix facturé à vos clients. Le moment où vous devez déclarer cette TVA collectée dépendra, en pratique, de la nature de l'opération réalisée, selon qu'il s'agit d'une livraison de biens ou d'une prestation de services.

Déterminer la TVA « déductible ». Le second élément de calcul correspond au montant de la TVA déductible, c’est-à-dire la TVA qui vous est facturée par vos fournisseurs (et pour autant que toutes les conditions requises pour déduire cette TVA soient réunies). La date à laquelle vous pouvez effectivement déduire cette TVA est liée à celle de la TVA collectée (appliquée à votre fournisseur ou prestataire) : votre droit à déduction de la TVA prend, en effet, naissance lorsque cette TVA devient exigible chez votre fournisseur ou prestataire.

Combien devez-vous payer ? La différence positive entre le montant de la TVA collectée et le montant de la TVA déductible détermine le montant de votre TVA nette à payer. Une différence négative fera naître un crédit de TVA. Ce crédit de TVA est reportable et s'imputera sur le montant de la TVA à payer au titre des périodes suivantes (le crédit de TVA est reportable sans limitation de durée jusqu'à épuisement). Toutefois, sous réserve de respecter certaines conditions, vous pouvez vous faire rembourser ce crédit de TVA.


Déclarer et payer votre TVA : à quel moment ?

Une question. Comme nous l’évoquons précédemment, la question qui se pose est de savoir à quel moment vous devez vous placer pour déclarer la TVA collectée et déduire la TVA déductible. Il faut, ici, faire référence aux notions de « fait générateur » (qui se définit comme le fait par lequel sont réalisées les conditions légales nécessaires pour l'exigibilité de la TVA) et d'« exigibilité » de la TVA (qui se définit comme le moment où le Trésor est en droit de vous réclamer le paiement de cette taxe).

Concrètement. Voici ce qu’il faut retenir :

  • en principe, en matière de livraison de biens, le fait générateur de la TVA et son exigibilité coïncident : vous devez donc reverser la TVA collectée sur la période au cours de laquelle est intervenu le transfert du droit de propriété (on retient, en pratique, le moment de la livraison du bien) ; toutefois, pour les acomptes encaissés depuis le 1er janvier 2023, la TVA est exigible lors de l’encaissement des acomptes, à concurrence du montant encaissé ;
  • en matière de prestation de services, ces deux notions ne coïncident pas, le fait générateur intervenant lorsque la prestation est réalisée et l'exigibilité de la taxe intervenant lors de l'encaissement des acomptes, du prix ou de la rémunération => vous devez donc reverser la TVA collectée au titre de la période au cours de laquelle vous avez été payé de votre prestation.

Le saviez-vous ?

Il n’est pas possible d’invoquer l’existence d’une organisation comptable particulière pour dissocier la collecte de la TVA de la livraison effective des marchandises.

Dès lors que votre organisation interne vous empêche de déterminer précisément le montant de TVA à reverser à l’administration au moment de la livraison des marchandises, vous vous exposez à d’éventuels redressements.

Spécialement pour les prestataires de services. Vous pouvez opter pour le paiement de la TVA d'après les débits : dans ce cas, vous tenez compte, non pas de l'encaissement, mais de l'inscription en comptabilité du montant facturé au débit du compte 'client' (en pratique, on retient la date de facturation). Si vous exercez cette option, vous devez déclarer et reverser votre TVA collectée, sans attendre d'en avoir obtenu le paiement (elle doit donc être faite en toute connaissance de cause, au regard notamment du nombre de factures faites, des délais de paiement client, etc.). Pour exercer cette option, il vous suffit d'adresser un courrier en ce sens à votre service des impôts, l'option prenant alors effet à compter du 1er jour du mois suivant celui au cours duquel elle a été formulée.

Le saviez-vous ?

Inversement, si vous recevez une facture d’un fournisseur qui a opté pour le paiement de la TVA pour les débits, vous êtes autorisé à déduire la TVA facturée, avant même d’en avoir effectué le paiement auprès de votre fournisseur.

Spécialement pour les travaux immobiliers. Les travaux immobiliers sont considérés, au plan de la TVA, comme des prestations de services : par conséquent, un artisan doit décaisser sa TVA au moment de l’encaissement des acomptes et au fur et à mesure de l'encaissement du prix de sa prestation (sauf option pour les débits).

Attention. La TVA est exigible au moment de l’encaissement des acomptes, seulement si :

  • tous les éléments pertinents de la future prestation sont déjà connus à ce moment-là ;
  • la réalisation de la prestation n’est pas incertaine.

Une autre option. Mais un artisan dispose d’une autre option qui lui permet de décaisser la TVA au moment de la livraison des travaux (on retient, en pratique, la date de la réception provisoire des travaux ou celle de l’utilisation réelle des locaux si elle intervient avant). Cette option vise les marchés uniques comportant à la fois la fourniture de biens et l’installation des matériels ou appareils fournis, la valeur de vente de ces matériels et appareils devant excéder 50 % du montant total du marché.

Le saviez-vous ?

Cette option pour le paiement de la TVA au moment de la livraison des travaux n’est pas possible pour les travaux portant sur la réparation, la réfection, la construction de locaux d’habitation (ou plus exactement pour les immeubles destinés à être affectés à l’habitation pour les ¾ au moins de leur superficie).

Cas particuliers de la pose de panneaux photovoltaïques. La qualification d’une opération de pose de panneaux photovoltaïques peut poser problème au regard des règles applicables en matière de TVA : s’agit-il d’une livraison de bien, obligeant l’entreprise à reverser la TVA dès la livraison des panneaux ? Ou s’agit-il de travaux immobiliers lui permettant de reverser la TVA lors de l’encaissement du prix ? Il semble que la 1re hypothèse soit la bonne…


Déclarer et payer votre TVA : comment ?

Déclaration mensuelle… Vous devez, en principe, déposer tous les mois une déclaration n° 3310-CA3, récapitulant les opérations du mois précédent en détaillant le montant de la TVA collectée, par taux d'imposition, et les éventuelles régularisations (et notamment la TVA antérieurement déduite à reverser) ainsi que le montant de la TVA déductible (en distinguant la TVA déductible sur immobilisations, la TVA déductible sur autres et biens services, ainsi que les éventuelles régularisations de TVA déductible).

… trimestrielle ? Si le montant de votre TVA exigible annuellement est inférieur à 4 000 €, vous pouvez déposer vos déclarations CA3 tous les trimestres. Ce seuil de 4 000 € doit s’apprécier au début de chaque trimestre, par rapport au montant total de la TVA exigible sur les 4 trimestres civils précédents.

Des modalités précises... Toutes les entreprises doivent télédéclarer et télépayer leur TVA. Pour cela :

  • soit vous utilisez le système EFI : vous effectuez, via un espace personnel, vos déclarations et vos paiements sur le site www.impots.gouv.fr ;
  • soit vous utilisez la procédure EDI, via un prestataire agréé (votre expert-comptable par exemple).

Attention. Le non-respect de cette obligation liée à la télétransmission de vos déclarations est sanctionné par une majoration dont le taux est fixé à 0,2 % du montant de la TVA due (le montant de cette majoration ne pouvant être inférieur à 60 €). En outre, sachez que le retard de dépôt de la déclaration et/ou le retard de paiement sont sanctionnés de la manière suivante :

  • le défaut ou le retard de déclaration est sanctionné, outre par l'intérêt de retard (0,20 % par mois de retard), par une majoration de 10 % ou de 40 % lorsque vous n'avez pas déposé votre déclaration dans les 30 jours d'une mise en demeure ;
  • le défaut ou le retard de paiement est sanctionné, outre par l'intérêt de retard (0,20 % par mois de retard), par une majoration de 5 % (elle n'est toutefois pas due si vous déposez tardivement votre déclaration accompagnée du paiement complet de la TVA, les sanctions pour dépôt tardif de vos déclarations restant applicables).

Le saviez-vous ?

Il faut, en outre, savoir qu’une entreprise qui ne dépose pas dans le délai légal ses déclarations de TVA peut faire l’objet d’une taxation d’office.

En cas d’erreur. En présence d’une erreur ayant pour effet de majorer le montant de la TVA, vous devez normalement déposer une déclaration rectificative relative à la période au titre de laquelle l’erreur a été commise. Toutefois, si vous êtes de bonne foi, vous pouvez simplement corriger cette erreur spontanément sur la déclaration du mois de sa découverte (cette tolérance ne vaut que si l’erreur porte sur un montant de TVA inférieur à 4 000 €).


Déclarer et payer votre TVA : quand ?

Cela dépend… La date effective à laquelle vous devez déclarer et payer votre TVA va dépendre du type de votre entreprise et de son adresse.
 


Dates limites de dépôt des déclarations
 

 


Forme des entreprises
 

Entreprises individuelles

Toutes sociétés sauf sociétés anonymes

Sociétés anonymes

 

Résidence des entreprises

Selon la première lettre du nom patronymique de l'exploitant

Selon les 2 premiers chiffres du numéro d’identification attribué par l’INSEE

 Ville de Paris et  départements des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne

A à H : le 15
I à Z : le 17

00 à 68 : le 19
69 à 78 : le 20
79 à 99 : le 21

00 à 74 : le 23
75 à 99 : le 24

 

 Autres départements

A à H : le 16
I à Z : le 19

le 21

le 24

 

A retenir

Pour savoir au titre de quel mois vous devez reverser votre TVA, retenez la date de livraison (ou la date de l’encaissement de l’acompte depuis le 1er janvier 2023), en cas de vente de biens et de marchandises, et la date de l’encaissement du prix ou des honoraires en cas de prestations de services (sauf si vous optez pour le paiement d’après les débits, auquel cas vous pouvez retenir la date de facturation).

Pour les entreprises soumises à l’IS, la déclaration et le paiement se font désormais obligatoirement sous forme dématérialisée !

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Que faire d’un crédit de TVA ?

Date de mise à jour : 20/01/2023 Date de vérification le : 29/05/2024 13 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Vous avez payé à vos fournisseurs plus de TVA que vous n’en avez collectée auprès de vos clients : vous voilà titulaire d’un « crédit de TVA ». Comme vous le savez très certainement, vous pourrez le reporter sur votre prochaine déclaration ou vous le faire rembourser ; mais ce n’est pas la seule manière d’utiliser un crédit de TVA. Voyons cela d’un peu plus près…

Rédigé par l'équipe WebLex.
Que faire d’un crédit de TVA ?

Le principe du crédit de TVA…

« TVA collectée – TVA déductible »… Pour faire simple, disons que le montant de la TVA nette due correspond à la différence constatée entre le montant de la TVA que vous collectez auprès de vos clients et celui de la TVA payée auprès de vos fournisseurs et qui, toutes conditions remplies, vient s’imputer sur la TVA collectée (on parle ici de « TVA déductible »).

Trop de « TVA déductible »… Il peut arriver qu’au titre d’un mois donné, vous constatiez plus de TVA déductible que de TVA collectée, parce que vous avez procédé à un investissement important par exemple. Cette situation fait naître à votre profit ce que l'on appelle un « crédit de TVA ».


Une créance « imputable » ou « remboursable »…

La voie prioritaire : l’imputation. Par principe, dès lors que vous constatez un crédit de TVA, il est reporté sur les déclarations de TVA suivantes, jusqu’à complet épuisement : ce crédit de TVA viendra donc diminuer le montant de votre TVA nette due au titre des mois ou trimestres suivants.

La voie exceptionnelle : le remboursement. Si le crédit de TVA est d’un montant important, ou si vous êtes en situation régulière de crédit de TVA, vous pouvez solliciter son remboursement. Par principe, ce remboursement est annuel. Les demandes de remboursement doivent être déposées au cours du mois de janvier et porter sur un montant au moins égal à 150 €. Mais, exceptionnellement, vous pourrez solliciter un remboursement dès lors qu’une déclaration (mensuelle ou trimestrielle, selon les cas) fait apparaître un crédit d’au moins 760 €. Bien entendu, cette possibilité ne concerne que les entreprises soumises, de plein droit ou sur option, au régime réel normal qui les conduit à devoir déposer des déclarations mensuelles ou trimestrielles.

Pour les entreprises relevant du régime simplifié. Si vous êtes dans ce cas, vous ne déposez pas de déclarations mensuelles ou trimestrielles : vous payez des acomptes au cours de l’exercice et vous régularisez votre TVA due une fois par an, au moment du dépôt de la déclaration annuelle. C’est donc normalement à ce moment que vous pourrez éventuellement solliciter le remboursement d’un éventuel crédit de TVA, pour autant qu’il soit d’un montant supérieur à 150 €.

Une exception à connaître. Exceptionnellement, vous pouvez solliciter un remboursement au moment du dépôt du relevé d’acompte semestriel, mais uniquement s’agissant d’un crédit lié à de la TVA déductible ayant grevé l’achat de biens constituant des immobilisations, et pour autant que son montant soit supérieur à 760 €. Dans ce cas, le montant du remboursement sera calculé :

  • pour l’acompte de juillet, en fonction des opérations réalisées sur la période d’imposition en cours au 30 juin comprise entre le 1er décembre de l’année précédente et le 30 juin de l’année en cours ;
  • pour l’acompte de décembre, en fonction des opérations réalisées sur la période d’imposition en cours au 30 novembre comprise entre le 1er juillet et le 30 novembre.

Pour les entreprises qui cessent leur activité. Les entreprises qui cessent leur activité et qui, au jour de la cessation, disposent d’un crédit de TVA déductible, peuvent en demander le remboursement à l’administration.

Le saviez-vous ?

La demande de remboursement d’un crédit de TVA entraîne parfois quelques conséquences à ne pas négliger. Vous devez ainsi savoir qu’une demande de remboursement de crédit de TVA sera contrôlée par l’administration qui pourra demander une copie des factures d’achats et de prestations de services pour s’assurer du bien fondé de votre demande (et spécialement lorsqu’il s’agit de la première demande émanant d’une entreprise nouvelle).

Pour les entreprises qui, bénéficiant de la franchise en base de TVA, décident d’opter pour le paiement de la TVA, une demande de remboursement de crédit de TVA entraînera automatiquement la reconduction de cette option pour une nouvelle période de deux ans.

A noter. Le traitement comptable d’une créance de TVA, même erroné, même injustifié, est sans incidence aucune sur le droit à remboursement de cette créance. Si vous pouvez prouver que cette créance existe, l’administration n’aura d’autre choix que de procéder à son remboursement.


Une demande de remboursement de crédit de TVA sous surveillance !

Une visite de l’administration ? Si vous faites une demande de remboursement de crédit de TVA, sachez que l’administration pourra venir directement dans l’entreprise pour consulter votre comptabilité et toutes les pièces justificatives (les factures notamment) pour s’assurer de la sincérité de votre demande.

A condition de prévenir ! Avant cette visite, qui ne s’apparente pas à un contrôle fiscal en tant que tel (rien n’empêchera donc l’administration de revenir contrôler à nouveau la comptabilité de l’entreprise), l’administration doit vous envoyer un avis d’instruction sur place. La visite d’un vérificateur, quant à elle, ne peut avoir lieu qu’aux heures d’exploitation, entre 8h00 et 20h00, et uniquement dans les locaux affectés à l’exploitation de l’activité.

Le saviez-vous ?

Vous pouvez vous opposer à cette visite, dans un délai de 60 jours à compter de la réception de l’avis d’instruction sur place. Mais vous vous exposez alors à un refus de remboursement du crédit de TVA pour défaut de justification.

Un délai précis. Une fois la visite et les investigations sur place effectuées, l’administration a 60 jours pour rendre sa décision : soit elle valide le remboursement de crédit de TVA, soit elle le refuse en tout ou partie (une décision de refus doit être motivée et pourra être contestée par la suite). Dans tous les cas, la décision de l’administration ne pourra pas être rendue plus de 4 mois après la notification à l’entreprise de l’avis d’instruction sur place : si ce délai n’est pas respecté, le remboursement de crédit de TVA est réputé accepté.


Un moyen de paiement ?

Une 3ème solution à ne pas négliger… Vous pouvez utiliser votre crédit de TVA pour payer des échéances de certains impôts ou taxes. Cette faculté est ouverte pour les impôts professionnels suivants : TVA, impôt sur les sociétés, taxe sur les salaires, taxes d’apprentissage, participation à la formation professionnelle continue, etc.

Payer votre IS avec votre crédit de TVA ? Voici la marche à suivre : au moment du dépôt de votre demande de remboursement, vous sollicitez par écrit l’utilisation de votre crédit de TVA pour payer l’échéance à venir d’un impôt ou d’une taxe. Attention : votre demande doit intervenir au plus tard 30 jours avant l’échéance d’impôt ou de taxe que vous souhaitez régler, ce qui suppose d’anticiper cette demande.

Concrètement. Une fois cette demande faite, elle sera instruite par l’administration qui vous informera des suites qu’elle entend lui réserver. Si elle l’accepte, votre échéance de paiement sera alors automatiquement diminuée du crédit de TVA indiqué dans votre demande (l’éventuel surplus de la créance non imputé sera automatiquement remboursé).

A retenir

La voie prioritaire pour utiliser un crédit de TVA reste l’imputation de cet excédent sur la ou les déclarations de TVA suivantes, ce qui diminuera d’autant la TVA nette due. Mais si ce crédit est important, vous pouvez en demander le remboursement, ce qui aura le mérite de renforcer votre trésorerie.
 

J'ai entendu dire

Sous quel délai l’administration rembourse-t-elle un crédit de TVA ?

D’une manière générale, les demandes de remboursement de crédit de TVA sont traitées assez rapidement par les services de l’administration (souvent dans le mois qui suit la demande). Sachez, cependant, que la demande de remboursement constitue, d’un point de vue juridique, une réclamation contentieuse : l’administration n’est donc pas, en tant que telle, astreinte à un délai précis pour vous répondre. A défaut de réponse dans les 6 mois, vous pouvez considérer que l’administration a implicitement rejeté votre demande, rejet tacite que vous pouvez contester devant le tribunal administratif.
 
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