Jeton individuel d’accès (token access) : le point sur les bonnes pratiques
Jeton individuel d’accès : entre usage et risques
L’authentification par jeton numérique (aussi appelé token access) est notamment utilisée pour :
- les procédures de confirmation de création de compte, de génération et de renouvellement de mot de passe ;
- la connexion automatisée à un serveur pour faciliter l’accès à un service donné (validation d’un formulaire pour le recueil du consentement, page de désinscription à des lettres d’information, etc.) ;
- la consultation directe de documents et de données en ligne (bons de livraison, documents bureautiques en ligne, résultats d’examen médicaux, etc.).
Dans tous les cas, concrètement, l’utilisateur reçoit un lien à suivre incluant un jeton d’authentification : lorsqu’il clique sur ce lien, le serveur vérifie la validité du jeton, accepte l’authentification et active la fonctionnalité demandée par l’utilisateur.
Si l’utilisation d’un token access présente de multiples avantages, cela n’est pas sans risques : c’est, en effet, un moyen d’accès aux données personnelles de l’utilisateur.
C’est pour cela que l’envoi de jetons frauduleux par mail ou SMS est devenu courant.
Pour réduire les risques liés à l’utilisation d’un token access, la CNIL recommande de respecter les principes suivants :
- journaliser la création et l’utilisation des jetons ;
- définir une durée de validité des jetons adaptée à leurs finalités ;
- générer un lien d’authentification ne contenant aucune donnée personnelle ou avec un contenu haché ;
- imposer une nouvelle authentification dans le cas où le jeton permet l’accès à des données personnelles ou si le jeton a une durée de vie insuffisamment limitée ;
- limiter le nombre d’accès, en prévoyant un usage unique ou temporaire en fonction des finalités visées ;
- restreindre l’utilisation du jeton à certains services ou ressources en évitant sa réutilisation pour tous les parcours utilisateurs ;
- supprimer automatiquement, de manière temporaire ou définitive, l’accès à la ressource demandée en cas de demandes intensives suspectes ;
- permettre la révocation d’un jeton depuis un compte utilisateur en cas de comportement suspect automatiquement détecté ;
- permettre à l’utilisateur de choisir le mode de transmission du jeton (par mail, par SMS, par courrier, etc.).
Enfin, sachez que la CNIL a donné 3 exemples pratiques de jetons individuels de connexion, consultables ici, qui concernent :
- la confirmation de la création d’un compte utilisateur ;
- le suivi de livraison ;
- l’échange de fichiers.
- Actualité de la CNIL du 8 septembre 2022 : « Les jetons individuels de connexion ou token access »
Vers des produits interdits d’importation pour lutter contre la déforestation ?
Lutte contre la déforestation : un devoir de vigilance pour les entreprises
Pour limiter la responsabilité de l’Union européenne (UE) dans la déforestation mondiale, un devoir de vigilance va être mis à la charge des entreprises, qui devront s’assurer que les produits vendus dans l’UE ne sont pas issus de terres déboisées ou dégradées.
Pour autant, aucun pays ni aucun produit de base ne fera l’objet d’une interdiction d’importation.
Les entreprises mettant des produits sur le marché commun devront simplement faire preuve de diligence raisonnable pour évaluer les risques dans leur chaîne d’approvisionnement.
L’UE classera les pays (ou certaines parties de pays) selon le niveau de risque bas, standard ou élevé : les produits issus de pays à bas risque seront soumis à moins d’obligations que ceux issus de pays à risque élevé.
Notez que ce devoir de vigilance concernera le bétail, le cacao, le café, l’huile de palme, le soja et le bois, y compris les produits qui contiennent, ont été nourris avec ou fabriqués à partir de ces produits de base (cuir, chocolat, meubles, etc.).
Le Parlement européen souhaite que soit également inclus dans la réglementation la viande de porc, les ovins et les caprins, la volaille, le maïs et le caoutchouc, ainsi que le charbon de bois et les produits en papier imprimés.
La version finale du texte instituant ce devoir de vigilance doit encore faire l’objet de négociations entre les différents États membres de l’UE et le Parlement européen. Affaire à suivre…
- Communiqué de presse du Parlement européen du 13 septembre 2022 : « Changement climatique : de nouvelles règles pour contribuer à limiter la déforestation mondiale imputable à l’UE »
Plan sobriété énergétique : à établir en septembre 2022 !
Plan sobriété énergétique : quel contenu ?
Le Gouvernement a rappelé que la sobriété énergétique concerne les entreprises et pas seulement les particuliers, car elles seront les premières touchées en cas de mesures de rationnement.
Pour éviter cela, il invite toutes les entreprises à établir, durant le mois de septembre 2022, un plan « sobriété énergétique », pour permettre une réduction de leur consommation de 10 % sur 2 ans par rapport à 2019.
Pour cela, il est recommandé que dans chaque entreprise, un ambassadeur de la sobriété soit nommé, à l’instar des référents Covid qui ont vu le jour durant la crise sanitaire.
A titre d’exemple, dans le cadre de ce plan, l’entreprise peut :
- revoir la mobilité des salariés : mise en place d’un plan mobilité employeur, engagement en faveur des différents dispositifs de soutien aux salariés (forfait mobilités durables, prime transport, autopartage, label employeur pro-vélo, etc.) ;
- promouvoir des pratiques éco-responsables au bureau, notamment en matière d’éclairage, de températures et de choix informatiques ;
- mettre à jour des plans de continuité de l’activité, actualiser des fiches métier en incluant, notamment, des consignes simples en cas de travail en période de « grand froid » ou de « fortes chaleurs ».
Notez que pour aider les entreprises, le gouvernement va mobiliser des organismes publics afin de produire des documents simples et didactiques et des outils de communication adapté.
Enfin, sachez que début octobre 2022, le Gouvernement tirera un bilan de la mise en place des plans de sobriété pour décider, par la suite, de la mise en place de mesures plus ou moins contraignantes. Affaire à suivre…
- Actualité du gouvernement.fr du 29 août 2022
Gardes champêtres équipés de caméra : début de l’expérimentation
Traitement des données filmées par les gardes champêtres : un cadre légal
Depuis le 18 septembre 2022, les gardes champêtres peuvent, sur autorisation du préfet, porter une caméra afin de filmer leurs interventions. L’enregistrement ne peut pas être permanent : il n’est possible que si un incident se produit ou est susceptible de se produire du fait de la nature de l’intervention ou du comportement des personnes concernées.
Même si le garde champêtre lui-même n’est pas autorisé à accéder aux enregistrements, il en résulte nécessairement un traitement de données à caractère personnel qui doit être encadré.
Selon le territoire sur lequel intervient le garde champêtre il appartient aux maires des communes concernées de présenter un dossier au préfet du département afin d’obtenir l’autorisation de l’usage des caméras. Les pièces nécessaires à la constitution de ce dossier sont consultables ici.
Il est précisé que ce sont les communes qui sont responsables du traitement des données récoltées. Les enregistrements doivent être remis par le garde champêtre dès son retour au service et transférés sur un support informatique sécurisé. Ils ne pourront être consultés qu’à ce moment et ne peuvent en aucun cas faire l’objet d’un visionnage en temps réel.
Sauf le cas où les enregistrements doivent être utilisés pour une procédure judiciaire, administrative ou disciplinaire, ils sont supprimés 6 mois après leur captation.
Cette expérimentation prendra fin le 24 novembre 2024.
- Décret n° 2022-1235 du 16 septembre 2022 portant application de l'article 46 de la loi n° 2021-646 du 25 mai 2021 pour une sécurité globale préservant les libertés et relatif à la mise en œuvre à titre expérimental de traitements de données à caractère personnel provenant des caméras individuelles des gardes champêtres
Suppression du ticket de caisse : des précisions bienvenues…
Suppression du ticket de caisse au 1er janvier 2023 : des précisions attendues
La disparition annoncée du ticket de caisse au 1er janvier 2023 suscite de nombreuses questions quant aux risques d’inexactitudes ou de fraudes du fait de cette suppression.
C’est pourquoi le ministère de l’Économie a rappelé la réglementation à ce sujet et apporté des précisions sur les modalités d’application de cette mesure.
Ainsi, l’impression et la distribution systématique des tickets de caisse, de carte bancaire, des tickets d’automates, de bons d’achat et autres seront interdites au plus tard à compter du 1er janvier 2023, sauf demande contraire du client, dans les surfaces de vente et dans les établissements recevant du public.
Selon le ministère, l’application de ce nouveau principe doit prendre en compte 2 axes principaux :
- assurer la protection du consommateur (afin de permettre la traçabilité adéquate des transactions pour la mise en œuvre des garanties par exemple) ;
- respecter les objectifs de la politique de transition écologique (lutte contre le gaspillage et la production inutile de déchets).
Pour cela, il indique que la réglementation à venir précisera, notamment, que le consommateur sera informé, à l’endroit où s’effectue le paiement, par voie d'affichage et de manière lisible et compréhensible, que, sauf exception légale, l'impression et la remise des tickets de caisse et de carte bancaire ne seront réalisées qu'à sa demande, ou que ces mêmes tickets seront envoyés par courriel.
Il est par ailleurs rappelé que l’envoi d’un ticket de caisse par courriel ne peut pas être utilisé à d’autres fins par le commerçant, comme de la prospection commerciale, sans le consentement explicite du consommateur.
- Réponse ministérielle Meizonnet du 20 septembre 2022, Assemblée nationale, no 442 : « Disparition du ticket de caisse : craintes des consommateurs »
Recettes du terroir français : protégées par le droit d’auteur ?
Recettes du terroir français : de multiples protections à connaître
À l’occasion d’une question qui lui a été posé, le Gouvernement vient de rappeler que le droit d’auteur ne protège pas les recettes culinaires.
Toutefois, le juge admet que les recettes de cuisine soient protégées dans leur expression littéraire.
Plus précisément, sous réserve de satisfaire à la condition d'originalité, la présentation visuelle d’une recette ou d’un plat dans les ouvrages de recettes culinaires est éligible à la protection du droit d'auteur.
Par ailleurs, il existe d’autres moyens de protéger les recettes du terroir (signes, logos officiels, etc.). C'est notamment le cas du label « spécialité traditionnelle garantie » établi dans l'Union européenne (UE) pour sauvegarder les méthodes de production et recettes traditionnelles.
Pour finir, le Gouvernement estime que le mécanisme du secret des affaires peut être invoqué, le cas échéant, pour protéger une recette de terroir.
- Réponse ministérielle Borchio Fontimp du 15 septembre 2022, Sénat, n° 01110 : « Protection culinaire des recettes de cuisine régionale »
Apiculteurs : des reines françaises ?
Apiculteurs : les mesures pour des abeilles françaises
Comme le rappelle le Gouvernement, la majorité des apiculteurs procèdent à une multiplication des ruches à partir de reines issues de leur cheptel.
Les autres achètent des reines qui sont principalement importées des pays du sud de l’Europe et de l’Amérique du Sud.
Pour favoriser la sélection ou l’élevage de reines françaises, quelques apiculteurs se sont organisés collectivement dans le cadre, par exemple, de la fédération nationale du réseau de développement apicole (ADA) ou de l'association nationale des éleveurs de reines et des centres d'élevage apicole.
Par ailleurs, le Gouvernement a mis en place un plan d'action pour accompagner le développement des activités de sélection apicole et de production de reines en France dans le cadre du plan national en faveur des insectes pollinisateurs et de la pollinisation 2021-2026.
- Réponse ministérielle Schellenberger du 20 septembre 2022, Assemblée Nationale, n° 30 : « Élevage de reines et essaims en France »
Étiquetage des vins : quelle réglementation ?
Des mentions obligatoires, d’autres facultatives
Le Gouvernement rappelle que la réglementation prévoit 2 grandes catégories de vin :
- les vins sans indication géographique ;
- les vins avec indication géographique, ces derniers étant soumis à des conditions de production strictes et étant eux-mêmes divisés en deux groupes :
- ○ ceux avec indication géographique protégée (IGP) ;
- ○ ceux avec appellation d’origine protégée (AOP).
Concernant l’étiquetage des bouteilles de vin, il existe 9 mentions obligatoires :
- la dénomination de vente ;
- le titre alcoométrique volumique acquis (pourcentage d’alcool) ;
- le volume nominal (volume de liquide) ;
- la provenance ;
- les informations relatives à l’embouteilleur ;
- la présence d’allergènes ;
- l’indication de la teneur en sucre pour les vins mousseux, les vins mousseux gazéifiés, les vins mousseux de qualité et les vins mousseux de qualité de type aromatique ;
- le numéro de lot ;
- le message sanitaire pour les boissons dont le volume nominal est supérieur à 1,2 % d’alcool (message ou pictogramme déconseillant la consommation d’alcool pour les femmes enceintes).
Notez que deux nouvelles mentions deviendront obligatoires à compter du 8 décembre 2023 : la liste des ingrédients et la déclaration nutritionnelle.
Au-delà de ces mentions obligatoires, vous pouvez retrouver sur les étiquettes certaines mentions facultatives, comme :
- le millésime (pour pouvoir faire valoir une année de millésime, le producteur doit avoir récolté au moins 85 % des raisins pendant l'année mentionnée sur la bouteille) ;
- le cépage ;
- la méthode de production (exemple : « élevé en fût de chêne » ou encore « fermentation en bouteille », « vin biologique ») ;
- l'exploitation agricole, réservée aux AOP et IGP ;
- les logos de l’Union européenne « AOP » et « IGP » ;
- la teneur en sucre pour les vins dits « tranquilles ».
- Publication du ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique du 14 septembre 2022 : « Conseils conso : quelles sont les mentions à vérifier sur les étiquettes des bouteilles de vin ? »
Ordinateurs et téléphones portables, clés USB : comment (bien) réagir en cas de vol ?
Perte ou vol de matériel informatique : protéger les données personnelles
En cas de perte ou de vol d’un téléphone portable, d’une clé USB ou encore d’un ordinateur portable appartenant à l’entreprise, la CNIL indique qu’il faut :
- prévenir le responsable de la sécurité informatique, s’il y en a un, afin d’évaluer les risques liés aux données personnelles ;
- contacter le délégué à la protection des données de l’entreprise.
Ces 2 professionnels vont ensuite se répartir les tâches pour analyser les risques d’accès aux données personnelles, réinitialiser les mots de passe, voire révoquer certains accès du salarié, etc.
Le cas échéant, s’il y a un risque élevé de violation des données personnelles, il faut contacter la CNIL dans les 72 heures.
À toutes fins utiles, cette commission vous conseille de :
- gérer le parc informatique et les ressources des utilisateurs :
- ○ être capable de déterminer la nature du matériel affecté à chaque personne ;
- ○ être capable de déterminer les profils ou les fonctions qui permettent d’accéder aux différents logiciels et ressources réseaux ;
- ○ avoir à sa disposition les outils permettant de gérer les accès et avoir la possibilité de les révoquer ;
- gérer les procédures d’authentification :
- ○ mettre en place un dispositif d’authentification robuste ;
- ○ ne pas stocker ses identifiants et mots de passe au sein de ses navigateurs ;
- ○ mettre à disposition des utilisateurs des gestionnaires de mots de passe sécurisés ;
- chiffrer les données :
- ○ sur les postes nomades ;
- ○ au repos des supports amovibles, comme les clé USB ou disques dur ;
- ○ mettre en place une procédure de gestion des clés cryptographiques ;
- effectuer des sauvegardes régulières ;
- sensibiliser les utilisateurs sur les risques liés à la perte d’un support contenant des données personnelles.
- Actualité de la CNIL du 15 septembre 2022 : « Perte ou vol de matériel informatique nomade : les bons réflexes à avoir ! »
Numérisation : où en sont les entreprises ?
77 % des entreprises ont un site Web en 2022
L’enquête menée par France Num en avril 2022 révèle que 77 % des entreprise ont désormais un site Web, contre 66 % en 2020.
14 % des dirigeants d‘entreprises qui ne disposent pas d’un tel outil ont mis en avant une problématique budgétaire. Quant aux autres, il est question :
- d’un manque de connaissance technique ;
- du choix des réseaux sociaux plutôt que d’un site Web ;
- de l’absence de pertinence d’un tel outil pour leur secteur d’activité.
S’agissant des motivations qui ont amené les entreprises à créer un site Web, il a été avancé :
- les opportunités commerciales offertes ;
- l’agrandissement de l’entreprise ;
- le fait que la concurrence possède un site Web.
En ce qui concerne le budget de création, il se situe le plus souvent entre 1 000 € et 5 000 €.
L’enquête précise également que la création du site Web est faite à 50 % par un salarié de l’entreprise.
À propos de l’influence de la création d’un site sur les dépenses marketing et numériques de l’entreprise, 64 % des entrepreneurs estiment qu’après avoir créé leurs sites Web, ils ont investi davantage dans le marketing.
Il est à noter que les problématiques liées au fait d’avoir un site Web adapté aux téléphones (« responsive ») et à l’amélioration de la sécurité du site sont très peu prises en compte par les entreprises.
Pour finir, sachez que dans le cadre du plan Destination France, 10 000 petites entreprises contribuant à l’attractivité touristique du territoire peuvent bénéficier d’un diagnostic individuel de maturité numérique gratuit, accompagné d’un plan d’action pour développer leur activité avec le numérique. Si cela vous intéresse, cliquez ici.
- Actualité de Francenum.gouv.fr du 24 août 2022 : « Sites internet : où en sont les TPE et PME en France en 2022 ? », à jour au 1er septembre 2022
- Actualité de Francenum.gouv.fr du 20 septembre 2022 : « Destination France : numérisation des entreprises pour le tourisme », à jour au 21 septembre 2022
