Concurrence et consommation : quoi de neuf en matière de contrôle ?
Concurrence et consommation : légers ajustements techniques
Pour mémoire, les services chargés de la concurrence et de la consommation ont notamment pour mission de s’assurer que la règlementation relative à la liberté des prix et à la concurrence est pleinement respectée par les entreprises.
Dans le cadre de cette mission, les agents habilités procèdent à diverses enquêtes qui donnent lieu à l’établissement de procès-verbaux.
Par principe, ceux-ci doivent énoncer la nature, la date et le lieu des constatations ou des contrôles effectués.
Jusqu’à présent, les procès-verbaux devaient, sauf exception, être signés par la personne concernée par les investigations. Cette exigence a été supprimée au 4 juillet 2022.
Dans le cadre de la recherche et de la constatation d’infractions, les agents des services de la concurrence et de la consommation peuvent également être amenés à effectuer des prélèvements d’échantillons.
A ce sujet, il est désormais prévu, conformément à la règlementation européenne, que les opérateurs du secteur alimentaire et de l’alimentation animale ont la possibilité de demander l’avis d’un second expert sur les analyses effectuées dans le cadre d’un contrôle officiel.
En cas de différend entre les agents de contrôle et les opérateurs sur la base de ce second avis, les opérateurs peuvent demander, à leurs propres frais, l’examen documentaire de l’analyse, de l’essai ou du diagnostic initial voire, le cas échéant, une autre analyse, un autre essai ou un autre diagnostic par un autre laboratoire officiel.
- Décret n° 2022-973 du 1er juillet 2022 portant diverses dispositions relatives aux contrôles effectués par les agents des services chargés de la concurrence et de la consommation
IOTA : vers un dépôt dématérialisé de leur déclaration
Modification de la procédure de déclaration des IOTA
Actuellement, la réglementation impose la déclaration des IOTA (installations, ouvrages, travaux et activités ayant une incidence sur l’eau ou le fonctionnement des écosystèmes aquatiques) via le dépôt de 3 exemplaires papier et également sous forme électronique.
À compter du 25 juillet 2022, cette procédure sera, par défaut, dématérialisée : le déclarant devra donc, en principe, déposer sa déclaration sous la forme électronique (téléprocédure). Il pourra toutefois continuer d’utiliser un exemplaire papier mais, dans ce dernier cas, la déclaration devra tout de même être accompagnée de sa version électronique.
De nouveaux éléments seront par ailleurs à inclure dans la déclaration, comme les moyens de surveillance ou d’évaluation prévus lors des phases de construction et de fonctionnement, notamment concernant les prélèvements et les déversements.
L’intégralité de cette nouvelle procédure peut être consultée ici.
- Décret n° 2022-989 du 4 juillet 2022 relatif à la procédure de déclaration en matière de police de l'eau
Nitrites/nitrates : l’Anses invite à réduire leur consommation
Réduire l’exposition aux nitrites et aux nitrates dans l’alimentation
Saisie par le Gouvernement, l’Anses (l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) avait pour mission d’évaluer les risques associés à la consommation de nitrites/nitrates.
Son rapport, rendu le 12 juillet 2022, invite à limiter leur utilisation au strict nécessaire, tout en continuant à garantir la sécurité alimentaire du consommateur. L’Anses confirme en effet « l’existence d’une association entre le risque de cancer colorectal et l’exposition aux nitrates et/ou nitrates […] ».
Dans le même rapport, elle identifie également plusieurs leviers d’actions :
- réduire aussi bas que raisonnablement possible l’ajout de nitrates et de nitrites dans les charcuteries, qui vise entre autres à limiter le développement des bactéries à l’origine de certaines maladies comme la salmonellose, la listériose ou le botulisme, à condition de prendre des mesures pour maîtriser le risque de contamination par certaines bactéries ;
- maîtriser la teneur en nitrates dans l’eau et les sols en ajustant l’épandage de fertilisants et d’effluents d’élevage au mieux aux besoins des cultures ;
- en pratique, limiter sa consommation de charcuterie à 150 grammes par semaine.
Une 1re réunion se tiendra avec les acteurs techniques des filières avant la fin du mois de juillet 2022, dont les résultats se traduiront par un plan d’actions à l’automne, qui sera présenté au Parlement.
- Communiqué de presse du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire du 12 juillet 2022
Crédits, livrets d’épargne, services de paiement et assurances : attention aux escroqueries !
Liste noire : 437 nouvelles inscriptions au cours du 2e trimestre 2022 !
L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) tient une liste noire des sites ou entités qui proposent, sans autorisation, en France, des crédits, livrets d’épargne, services de paiement ou encore des contrats d’assurance.
L’ACPR rappelle que cette liste n’est pas exhaustive et qu’il convient, à ce titre, de procéder à une vérification systématique de la qualité de son interlocuteur grâce aux outils suivants :
- registre des agents financiers (REGAFI) ;
- registre des organismes d’assurance (REFASSU) ;
- site de l’Organisme pour le registre unique des intermédiaires en assurance, banque et finance (ORIAS).
Au cours du 2e trimestre 2022, 437 nouvelles inscriptions ont été ajoutées à la liste noire, qui peut être consultée ici.
- Communiqué de presse de l’ACPR du 7 juillet 2022
Pénalités logistiques : des précisions de l’administration
Des questions/réponses sur les pénalités logistiques
Pour rappel, les pénalités logistiques correspondent à des pénalités infligées à un fournisseur si celui-ci n’exécute pas correctement ses engagements contractuels.
Instituées par la loi dite « Egalim 2 » en octobre 2021, les pénalités logistiques obéissent à des règles très précises que l’administration a souhaité éclaircir.
Ces règles sont établies « sous réserve de l’appréciation souveraine des tribunaux ». Elles peuvent être consultées ici sous forme de questions/réponses.
A titre d’exemple, vous y trouverez des précisions concernant :
- la notion de marge d’erreur ;
- la notion de marge d’erreur ;
- l’interdiction de la déduction d’office ;
- la notion de circonstances indépendantes de la volonté des parties ;
- etc.
- Actualité du 11 juillet 2022 de la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes
Vente de titres et garantie de passif : cas vécu…
Garantie de passif : focus sur l’origine de la dette
Une entreprise (que nous appellerons « le vendeur ») cède les titres d’une société à une autre (que nous appellerons « l’acheteur ») et lui consent, à cette occasion, une « garantie de passif ».
Cette garantie prévoit que le vendeur des titres s’engage à indemniser l’acheteur si une dette, qui trouve son origine dans un évènement antérieur à la vente, vient alourdir le bilan de la société dont les titres sont cédés après la vente.
2 ans plus tard, la société dont les titres ont été vendus licencie un salarié pour inaptitude.
Mécontent, celui-ci saisit le juge, et demande le versement d’une indemnité… ce qui décide l’acheteur à réclamer la mise en œuvre de la garantie de passif.
A tort, selon le vendeur, qui rappelle que l’indemnité susceptible d’être octroyée par le juge au salarié mécontent trouve sa source dans le licenciement : or, cet évènement est postérieur à la vente des titres, ce qui rend inapplicable la garantie de passif !
« Faux », rétorque le juge : l’action en justice du salarié a trait à son licenciement, qui est lui-même la conséquence directe de son inaptitude et donc de l’impossibilité pour la société de le reclasser. Or, cette inaptitude découle elle-même d’un accident de travail dont a été victime le salarié… antérieurement à la vente des titres.
Dès lors, la garantie de passif trouve à s’appliquer, et le vendeur des titres doit effectivement indemniser l’acheteur.
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 6 juillet 2022, n° 21-11483
Filière de la canne à sucre : signature de la convention 2022-2027
Un prix minimum d’achat garanti aux planteurs
La nouvelle « convention canne » pour 2022-2027 a été signée le 13 juillet 2022.
Pour mémoire, cette convention définit les modalités d’achat de la canne à sucre sur l’Île de la Réunion par les industriels du secteur.
4 nouveautés sont à retenir :
- la prime bagasse peut désormais être revalorisée jusqu’à 3 € par tonne de canne ;
- la répartition des bénéfices entre l’industriel sucrier et les planteurs est équilibrée ;
- un dispositif exceptionnel d’appui aux planteurs sur la « coupe longue machine » a été mis en place ;
- une clause de revoyure a été introduite ; pour mémoire, les clauses de « revoyure » sont des clauses qui prévoient la fixation d’un délai avant une prochaine rencontre entre les parties au contrat ou à l’accord dans lequel elles sont insérées.
De fait, le prix d’achat de la tonne de canne augmentera de 15 € par rapport à la convention antérieure et dépassera les 100 € : le prix minimum d’achat garanti aux planteurs s’élèvera à 40,07 € la tonne.
- Communiqué de presse du 13 juillet 2022 du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire
PAC : fin de la négociation sur le plan stratégique national français
1er janvier 2023 : entrée en vigueur de la nouvelle PAC
Dans le cadre des négociations autour de la nouvelle politique agricole commune (PAC), afin d’obtenir un système permettant de concilier plus-value environnementale et facilités de mise en œuvre pour les agriculteurs, la bonne condition agro-environnementale 7 (BCAE 7) était encore en négociation début juillet 2022 avec la Commission européenne.
Pour mémoire, la BCAE 7 est relative à la rotation des cultures ou de ses alternatives, comme la diversification des cultures.
Les négociations à ce sujet viennent de prendre fin, ce qui permet :
- à la France d’obtenir la validation de son plan stratégique national ;
- l’entrée en vigueur de la nouvelle PAC le 1er janvier 2023.
Pour le détail des dispositions relatives à la BCAE 7, il convient de se reporter au communiqué de presse du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire.
- Communiqué de presse du 15 juillet 2022 du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire
Corse et Outre-mer : indemnisation exceptionnelle des exploitations agricoles et piscicoles
Un dispositif d’urgence destiné uniquement aux éleveurs et pisciculteurs
- Conditions
L’aide exceptionnelle mise en place par le gouvernement est réservée aux exploitations agricoles et piscicoles se trouvant en Corse et dans les départements d’Outre-mer (DOM) qui sont fortement impactés par l’augmentation du coût de l’alimentation animale.
Peuvent en bénéficier les personnes physiques ou morales (comme les sociétés), actives dans la production agricole primaire et la production piscicole, et :
- constituées en tant qu’exploitant agricole, groupement agricole d’exploitation en commun (GAEC), exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL), ou autre personne ayant pour objet l’exploitation agricole ou piscicole ;
- immatriculées au répertoire SIREN de l’INSEE par un numéro SIRET actif au moment du dépôt de la demande d’aide et au jour du paiement ;
- ayant au moins 1 500 € de charges d’alimentation (hors charges des ateliers sous contrats d’intégration) sur la période courant du 16 mars 2021 au 15 juillet 2021 sur le dernier exercice clos avant le 28 février 2022, sauf exceptions.
Attention, à la Réunion, l’aide n’est destinée qu’aux exploitations piscicoles.
- Montant
Le montant de l’aide n’est pas forfaitaire. Il est déterminé en prenant en compte 3 paramètres :
- le montant des achats d’alimentation animale sur la période allant du 16 mars 2021 au 15 juillet 2021 : si l’entreprise ne peut pas fournir de données précises pour cette période pour cause d’absence d’historique, de données représentatives ou de cas de force majeure, d’autres périodes peuvent être retenues ;
- un pourcentage forfaitaire de 40 % pour la Corse et de 60 % pour les DOM ;
- et un taux d’aide de 40 % pour la Corse et de 60 % pour les DOM.
Le montant minimum éligible pour bénéficier de l’aide est de 500 € par demandeur avant plafonnement budgétaire. En conséquence, si ce montant n’est pas atteint, l’aide ne pourra pas être versée.
Sachez que le montant total des aides versées dans le cadre de la crise ukrainienne (y compris cette aide exceptionnelle) ne peut pas dépasser le plafond de 35 000 € par entreprise exerçant des activités dans les domaines de la production agricole primaire, de la pêche et de l’aquaculture.
- Délai
Le Gouvernement indique que le dispositif d’aide doit être mis en œuvre sans délai.
Pour le moment, la date limite d’engagement et de paiement est fixée au 31 décembre 2022.
- Contrôle
Enfin, les demandes font systématiquement l’objet de contrôle administratifs, et peuvent également faire l’objet de contrôle après paiement.
Si des irrégularités sont découvertes après paiement, le bénéficiaire devra rembourser en tout ou partie l’aide attribuée.
Si l’irrégularité est relevée avant paiement, l’aide sollicitée est réduite à concurrence du montant indu.
- Circulaire relative à la mise en œuvre d'un dispositif d’indemnisation exceptionnel des exploitations agricoles et des exploitations piscicoles d'élevage de Corse touchées par la hausse de leurs charges d'alimentation animale engendrée par les conséquences du conflit Russo-Ukrainien
- Circulaire relative à la mise en œuvre d'un dispositif d'indemnisation exceptionnel des exploitations agricoles et des exploitations piscicoles d'élevage dans les départements d'Outre-Mer touchées par la hausse de leurs charges d’alimentation animale engendrée par les conséquences du conflit Russo-Ukrainien
Une obligation d’information sur la provenance des vins ?
L’affichage de la provenance du vin désormais obligatoire
Qu’ils soient restaurateurs ou vendeurs de vin à consommer sur place ou à emporter, les professionnels doivent désormais respecter une nouvelle obligation d’information vis-à-vis des consommateurs.
Ils doivent, en effet, faire apparaitre sur les menus, cartes des vins ou tout autre support, la provenance des vins commercialisés, c’est-à-dire :
- le pays d’origine ;
- les pays d’origine en cas de mélange ou de différence entre le pays de récolte du raisin et le pays de vinification ;
- la provenance européenne, si la production est issue de plusieurs États membres de l’UE ;
- la dénomination ou appellation d’origine protégée (DOP et AOP) ;
- l’indication géographique protégée (IGP).
Notez que le non-respect de cette obligation vous expose au paiement d’une amende allant jusqu’à 1 500 € (3 000 € en cas de récidive).
- Décret n° 2022-1038 du 22 juillet 2022 relatif à l'information sur la provenance des vins
