2020 : du nouveau pour les entreprises
Les mesures fiscales pour tous
- Baisse du taux de l’IS
Le taux d’IS pour les sociétés réalisant un chiffre d’affaires au moins égal à 250 M€ est rehaussé : pour les exercices ouverts en 2020, il sera fixé à 28 % pour la fraction de bénéfice imposable inférieure à 500 000 € et 31 % pour la fraction du bénéfice imposable supérieure à 500 000 €.
- Vente d’un local professionnel ou d’un terrain à bâtir destiné à être transformé en logements
Pour le bénéfice du taux réduit d’imposition à 19 %, la Loi de Finances pour 2020 ajoute les organismes fonciers solidaires à la liste des organismes auxquels la vente doit être consentie.
- Réduction d’impôt mécénat
Pour les exercices clos à compter du 31 décembre 2020, pour les versements supérieurs à 2 M€, le taux de la réduction d’impôt est abaissé à 40 %. Pour les versements inférieurs à 2 M€, le taux de la réduction d’impôt est toujours fixé à 60 % dans la limite de 5 pour mille du chiffre d’affaires ou, si elle est plus favorable, dans la limite de 20 000 €.
Le montant des dons sous forme de mise à disposition de personnel est évalué sur la base du prix de revient. Dorénavant ce prix de revient est plafonné, par salarié, à hauteur de 3 fois le montant du plafond de la sécurité sociale.
- Crédit d’impôt recherche et crédit d’impôt innovation
Pour les dépenses de recherche engagées depuis le 1er janvier 2020, le taux des dépenses de personnel prises en compte est fixé à 43 % au lieu de 50 %.
L’obligation de déposer un état descriptif de la nature et du déroulement des recherches pèse désormais sur les entreprises qui engagent plus de 100 M€ (au lieu de 2 M€) de dépenses éligibles.
Les règles relatives à la sous-traitance des opérations de recherche sont modifiées.
Enfin, le crédit d’impôt collection et celui qui concerne les dépenses liées à la réalisation d’opérations de conception de prototypes ou d’installations pilotes de nouveaux produits cesseront de s’appliquer au 31 décembre 2022.
- Crédit d’impôt famille
Initialement, le projet de Loi de Finances pour 2020 prévoyait de limiter cet avantage fiscal dans le temps : il ne devait s’appliquer qu’aux dépenses engagées jusqu’au 31 décembre 2021. Finalement, cette limitation dans le temps est abandonnée.
- Crédit d’impôt pour investissement en Corse
Les meublés de tourisme acquis dans le cadre d’une vente en l’état futur d’achèvement non finalisés à la date du 1er janvier 2019, sont éligibles au bénéfice du crédit d’impôt dès lors :
- qu’un contrat de réservation a été signé et déposé au rang des minutes d’un notaire ou enregistré auprès du service des impôts des entreprises avant le 31 décembre 2018 ;
- que les travaux de construction sont achevés avant le 31 décembre 2020.
- Jeunes entreprises innovantes
L’exonération d’impôt sur les bénéfices, l’exonération de taxe foncière et l’exonération de cotisation foncière des entreprises qui profite aux JEI sont prorogées jusqu’au 31 décembre 2022.
Les conditions d’accès au régime des jeunes entreprises innovantes sont simplifiées.
- Facturation électronique
Au plus tôt à compter du 1er janvier 2023 et au plus tard à compter du 1er janvier 2025, les factures des transactions entre assujettis à la TVA devront être émises sous forme électronique et les données y figurant devront être transmises à l'administration.
- Taxe sur les bureaux en Ile-de-France
La liste des locaux pouvant être exonérés de taxe annuelle selon l’utilisation qui en est faite est modifiée.
Ensuite, pour la détermination du tarif applicable, et donc pour le calcul de la taxe, il est créé une 4ème circonscription tarifaire.
- Impôts locaux
Pour les impositions établies au titre des années 2020 à 2023, la Loi de Finances pour 2020 vient créer 2 dispositifs d’exonération partielle ou totale de taxe foncière sur les propriétés bâties et 2 dispositifs d’exonération partielle ou totale de cotisation foncière des entreprises (CFE), qui portent sur :
- les immeubles situés dans les zones de revitalisation des commerces en milieu rural ;
- les immeubles situés dans les zones de revitalisation des centres-villes.
- Seuils d’effectifs Loi Pacte
Les nouvelles modalités de décompte d’effectifs ne s’appliqueront que pour les exercices ouverts depuis le 1er janvier 2020. En conséquence, pour les exercices clos entre le 1er janvier et le 31 décembre 2019, les seuils d’effectifs seront appréciés suivant les règles applicables avant la Loi Pacte.
- Focus sur les véhicules
Pour les véhicules relevant du nouveau dispositif européen d’immatriculation qui devrait entrer en vigueur en France prochainement, le tarif de la taxe sur les véhicules de société et le seuil de déductibilité de l’amortissement des véhicules de sociétés sont révisés. Le barème du malus est également modifié.
En 2021, la plupart des taxes liées à l’immatriculation des véhicules seront supprimées et remplacées par 4 nouvelles taxes.
- Fraude fiscale et indemnisation des dénonciateurs
Le dispositif d’indemnisation des dénonciateurs est codifié et étendu aux dénonciations qui interviennent en matière de TVA.
- Contrôle fiscal et réseaux sociaux
La Loi de Finances pour 2020 lance une expérimentation, pour une durée de 3 ans : elle autorise l’administration fiscale et l’administration des douanes, à collecter et exploiter au moyen de traitements informatisés et automatisés n'utilisant aucun système de reconnaissance faciale les contenus, librement accessibles sur les sites internet pour rechercher les manquements pouvant révéler l’existence d’une activité occulte ou d’une fausse domiciliation à l'étranger en matière fiscale, ainsi que d’une activité de contrebande et de vente de produits contrefaits en matière douanière.
- Demande de justifications
A compter du 1er janvier 2020, l’administration pourra utiliser la procédure de demande de justifications en matière de plus-values de cessions d’actifs numériques (Bitcoins, Ethereums, etc.).
- Prélèvement d’échantillons
A compter du 1er janvier 2020, et pour le contrôle des taxes sur le chiffre d’affaires, l’administration pourra prélever des échantillons de marchandise pour analyse ou expertise.
- Spécificités pour l’Outre-mer
Deux dispositifs d’exonérations de TVA applicables en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique et à la Réunion sont abrogés.
Ensuite, pour le bénéfice de certains avantages fiscaux relevant du dispositif Girardin, la durée de conservation et d’exploitation des navires est modifiée.
Enfin, le bénéfice du crédit d’impôt pour investissement dans le logement social est étendu, sous conditions, aux travaux de rénovation et de réhabilitation de logements sociaux achevés depuis plus de 20 ans.
Les mesures sociales pour tous
- Prime exceptionnelle
La possibilité de verser aux salariés dont la rémunération n’excède pas 3 fois le SMIC une prime exceptionnelle, exonérée de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu dans la limite de 1 000 €, est reconduite en 2020, sous de nouvelles conditions.
Notamment, cette prime, à verser avant le 30 juin 2020, suppose la conclusion d’un accord d’intéressement par l’entreprise (pour une durée d’au moins 1 an).
- Taxe sur les CDD d’usage
La Loi de Finances pour 2020 vient créer une taxe de 10 € due pour chaque CDD d’usage conclu à compter du 1er janvier 2020, quelle que soit leur durée (des exceptions étant toutefois prévues pour certains secteurs d’activités).
- Congé de présence parentale
Un salarié peut être autorisé à bénéficier d’un congé de présence parentale, de 310 jours ouvrés maximum, s’il a un enfant à charge atteint d’une maladie, d’un handicap ou d’un accident grave nécessitant une présence soutenue ou des soins contraignants.
Il sera désormais possible de fractionner ce congé ou de le transformer en temps partiel (selon des modalités à définir par Décret).
- Congé de proche aidant
Un salarié peut être autorisé à prendre un « congé de proche aidant » pour s’occuper d’un proche souffrant d’un handicap grave ou d’une perte d’autonomie d’une particulière gravité (sans condition d’ancienneté désormais).
Il est prévu, au plus tard le 30 septembre 2020, que ce congé puisse être indemnisé, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent, l’indemnisation prenant la forme d’une allocation journalière, dont le montant doit encore être défini par Décret.
- Paiement des cotisations
A partir du 1er janvier 2020, tous les employeurs auront l’obligation de payer leurs cotisations et contributions sociales par voie dématérialisée. Cette nouveauté vise notamment les employeurs qui versent un montant annuel de cotisations inférieur à 20 000 € qui pouvaient encore payer leurs cotisations par chèque.
- Financement de la formation professionnelle et de l’alternance
Le dispositif de recouvrement par l’Urssaf est décalé d’un an et devra donc intervenir au plus tard le 1er janvier 2022.
Les rémunérations versées aux apprentis par les employeurs de moins de 11 salariés sont à nouveau exonérées de taxe d’apprentissage à compter du 1er janvier 2020.
Les exonérations de taxe d’apprentissage et de contribution à la formation professionnelle pour les rémunérations versées à des personnes recrutées à l'occasion et pour la durée des manifestations de bienfaisance ou de soutien par certains organismes à but non lucratif seront supprimées au plus tard au 1er janvier 2022.
Par ailleurs, les conditions d’assujettissement à la contribution supplémentaire à l’apprentissage due par les entreprises employant au moins 250 salariés sont aménagées.
- Lutte contre le travail dissimulé
Les dispositifs de contrôle et de sanctions dans le cadre de la lutte contre le travail dissimulé font encore l’objet d’aménagements, notamment en ce qui concerne la modulation de l’annulation des réductions et exonérations sociales dont a pu bénéficier une entreprise qui s’est rendue coupable de travail dissimulé.
Nouveautés 2020 : focus sur les industriels
Les mesures fiscales
- Suramortissement des engins fonctionnant avec une énergie propre
La Loi de Finances pour 2020 vient créer un nouveau dispositif de suramortissement pour les engins fonctionnant avec des énergies « propres ».
Il s’agit d’un nouveau dispositif, applicable aux exercices clos depuis le 1er janvier 2020, qui est réservé aux entreprises de travaux publics, aux entreprises du bâtiment, aux entreprises produisant des substances minérales solides, aux exploitants de remontées mécaniques et domaines skiables, et aux exploitants aéroportuaires, soumises à l’IR (suivant un régime réel d’imposition) ou à l’IS, qui font le choix d’investir dans des engins fonctionnant avec des énergies propres et ce jusqu’au 31 décembre 2022.
Les entreprises pourront en bénéficier pour les biens acquis entre le 1er janvier 2020 et le 31 décembre 2022, et pour les biens pris en crédit-bail ou en location avec option d’achat (LOA) entre le 1er janvier 2020 et le 31 décembre 2022.
Notez que dans l’hypothèse d’une location, seule l’entreprise locataire pourra bénéficier du suramortissement : la déduction exceptionnelle ne profitera pas au bailleur.
Le taux de cette déduction exceptionnelle est fixé à 40 %, calculé sur la valeur d’origine des biens (hors frais financiers). Elle est répartie de façon linéaire sur la durée normale d’utilisation du bien.
Sont éligibles au suramortissement les engins non routiers inscrits à l’actif immobilisé de l’entreprise et qui fonctionnent :
- au gaz naturel ;
- à l’énergie électrique ;
- à l’hydrogène.
Sont également concernés les véhicules hybrides rechargeables.
Outre un critère de fonctionnement au moyen d’une énergie « propre », les engins concernés doivent appartenir à l’une des catégories suivantes :
- matériels et outillages utilisés pour des opérations industrielles ;
- matériels de manutention ;
- moteurs installés dans les matériels de ces deux précédentes catégories.
Cette déduction exceptionnelle est soumise au plafonnement applicable en matière de réglementation européenne sur les aides de minimis pour les exercices clos à compter du 1er janvier 2014 : le total des avantages fiscaux dont pourra bénéficier l’entreprise sera donc limité à 200 000 € sur une période glissante de 3 ans (s’agissant d’un plafonnement global et pas d’un plafond de 200 000 € par aide ou avantage financier).
- Publicité en faveur des boissons sucrées
Les messages publicitaires en faveur de boissons avec ajouts de sucres, de sel ou d'édulcorants de synthèse ou de produits alimentaires manufacturés doivent contenir une information à caractère sanitaire. Dans le cas des messages publicitaires sur internet, télévisés ou radiodiffusés, cette obligation ne s'applique qu'aux messages émis et diffusés à partir du territoire français et reçus sur ce territoire.
La même obligation d'information s'impose à toute promotion, destinée au public, par voie d'imprimés et de publications périodiques édités par les producteurs ou distributeurs de ces produits.
Le non-respect de cette obligation d'information par les annonceurs et promoteurs est puni, depuis le 1er janvier 2020, de 37 500 € d'amende.
Le montant de cette amende peut être porté à 30 % des dépenses consacrées à l'émission et à la diffusion des messages mentionnés plus haut ou à la réalisation et à la distribution des imprimés et publications mentionnés plus haut.
- Redevance pour exploitation de mines d’hydrocarbures
A compter du 1er janvier 2020, les titulaires de concessions de mines d'hydrocarbures liquides ou gazeux sont tenus de payer annuellement à l'Etat une redevance à taux progressif et calculée sur la production.
Pour les gisements en mer situés dans la limite du plateau continental, à l'exception des gisements en mer exploités à partir d'installations situées à terre, le paiement de la redevance se fait à 50 % à l'Etat et à 50 % à la région dont le point du territoire est le plus proche du gisement.
Cette redevance est due rétroactivement au jour de la première vente des hydrocarbures extraits à l'intérieur du périmètre qui délimite la concession. 28,5 % du produit de cette redevance sont versés à la caisse autonome nationale de sécurité sociale dans les mines.
- Valeur locative des installations de stockage de déchets
Dès le 1er janvier 2020, l’exonération de taxe foncière sur les propriétés bâties propre aux installations de stockage de déchets autorisés est supprimée.
Corrélativement, il est désormais prévu que la valeur locative des équipements indissociables des installations de stockage de déchets autorisés, utilisée pour le calcul des différents impôts fonciers, ne sera pas déterminée selon la méthode comptable prévue pour les locaux industriels, dès lors que les installations en question ont cessé de procurer des revenus provenant de l’enfouissement des déchets avant le 1er janvier de l’année au titre de laquelle l’imposition est établie, sans prise en compte des revenus accessoires provenant de l’extraction de biogaz.
Cette valeur locative sera déterminée selon la méthode tarifaire prévue pour les locaux professionnels.
Les mesures sociales
- Branche des ports et de la manutention
Les avantages versés à partir du 1er janvier 2020 dans le cadre de la préretraite instituée dans la branche des ports et de la manutention sont exonérés de la contribution patronale de préretraite de 50 %.
Loi mobilité : top 10 des (petites) mesures juridiques à connaître
Loi mobilité : le retour du 90 km/h ?
Le président du conseil départemental peut désormais, sur la base d’une étude d’accidentalité, modifier la vitesse maximale autorisée sur les routes et l’augmenter de 10 km/h.
Seules les routes, hors agglomérations, ne comportant pas au moins 2 voies affectées à un même sens de circulation sont concernées.
Concrètement, il sera ainsi possible de circuler, sur certaines routes, de nouveau à 90 km/h au lieu de 80 km/h.
Loi mobilité : l’autoroute n’est pas gratuite !
Depuis le 27 décembre 2019, le fait de prendre l’autoroute sans payer de « manière habituelle » au péage est sanctionné par une amende de 7 500 €.
Notez que le fait de prendre l’autoroute sans payer au péage est déjà sanctionné par une amende de 750 €. Désormais, si un conducteur se fait prendre au moins 6 fois à frauder le péage sur une période inférieure ou égale à 12 mois, il pourra être condamné à payer une autre amende de 7 500 €.
Par ailleurs, si le conducteur ne paye pas l’amende de 750 € dans un délai de 2 mois, il doit payer une amende forfaitaire majorée au Trésor Public. Désormais, si cette amende majorée reste impayée pendant 4 mois après la réception de son avis de recouvrement, le Trésor Public peut s’opposer au transfert du certificat d’immatriculation du véhicule du contrevenant en cas de vente.
Loi mobilité : en cas de pic de pollution…
Depuis le 27 décembre 2019, en cas de pic de pollution, le Préfet a l’obligation de restreindre ou de suspendre la circulation lorsque le dépassement des normes de pollution a pour origine les émissions polluantes des véhicules.
Par ailleurs, jusqu’à présent, le maire pouvait interdire pendant un temps donné sur la journée l'accès de certaines voies de l'agglomération ou réserver cet accès à diverses catégories de véhicules (professionnels, pompiers, etc.). Désormais, le Maire peut prévoir des interdictions ou réservations à toute heure de la journée.
Loi mobilité : focus sur les zones à circulation restreinte
Les zones à circulation restreinte (ZCR) sont renommées zones à faibles émissions mobilités (ZFE), lesquelles sont désormais obligatoires dans les territoires où les normes de qualité de l’air ne sont pas respectées.
Pour rappel, dans ces zones, la circulation peut être restreinte, voire interdite. Afin de contrôler le respect de la circulation (souvent réservée aux voitures peu polluantes), des radars pourront être disposés dans ces zones.
Notez que 15 % au plus du nombre moyen journalier de véhicules circulant au sein de la zone peuvent être contrôlés.
Loi mobilité : le pouvoir (renforcé) du Maire en matière de trottinette
Depuis le 26 octobre 2019, la circulation en trottinette est désormais strictement réglementée : il faut avoir au moins 12 ans, circuler en dessous de 50 km/h et de préférence sur les pistes cyclables, et porter des équipements de protection.
Il est désormais prévu que le Maire puisse fixer des règles de circulation dérogatoires dans des conditions qui seront précisées dans un Décret à venir.
Loi mobilité : une expérimentation à connaître
Les véhicules sont tenus de respecter des normes sonores.
Si le contrôle de ces normes ne pose pas de problème, lors de la construction d’un véhicule, il en va autrement au cours de la vie de celui-ci. Il se peut, en effet, que les silencieux installés sur un véhicule voient leur efficacité diminuer ou que le propriétaire les désactive (c’est notamment le cas des propriétaires de 2-roues).
Pour remédier à cela, un Décret va établir une procédure expérimentant le contrôle des niveaux d’émissions sonores des véhicules par des appareils fixes et mobiles. Cette expérimentation durera 2 ans.
Loi mobilité : un dispositif antipollution doit le rester
Actuellement, le fait de supprimer ou de dégrader un dispositif antipollution est sanctionné par une amende de 7 500 €. Mais cette sanction ne vise que le prestataire qui réalise cette opération, par la personne qui recourt aux services de ce prestataire.
La Loi mobilité remédie à cela : ainsi, ces personnes voient aussi leur responsabilité engagée et encourent désormais de ce fait 7 500 € d’amende.
Loi mobilité : une redevance de stationnement sociale
Depuis le 27 décembre 2019, le tarif de la redevance de stationnement peut être diminué en fonction du niveau de revenu des usagers, de leur statut ou du nombre de personnes vivant au sein de leur foyer.
Cette modulation doit se faire dans un objectif d’équité sociale.
Loi mobilité : pas de places de stationnement près des passages piétons
Depuis le 27 décembre 2019, il est interdit de prévoir des places de stationnement 5 mètres en amont des passages piétons.
Une exception est toutefois prévue pour les places de stationnement pour les vélos et les trottinettes car des études montrent que la multiplication des places de stationnement pour ces modes de déplacement est susceptible d’engendrer une augmentation de la fréquentation commerciale dans les centres-villes.
Loi mobilité : focus sur les contrôles routiers
Lors d’un contrôle routier, les forces de l’ordre peuvent être amenées à effectuer des dépistages d’alcoolémie, de stupéfiants ou à contrôler l’identité du conducteur et des passagers.
Les forces de l’ordre peuvent aussi vérifier que ces derniers ne sont pas recherchés pour des crimes et délits punis d’au moins 3 ans de prison ni inscrits sur le fichier des personnes recherchées.
Il est désormais prévu que de tels contrôles ne doivent pas être rediffusés (sur les applications mobiles, les réseaux sociaux, etc.) pour ne pas prévenir les autres conducteurs qui pourraient alors chercher à se soustraire à ces contrôles.
Les sociétés qui gèrent de telles applications mobiles ou de tels sites Web doivent supprimer les rediffusions faites par leurs utilisateurs. A défaut, ils encourent 30 000 € d’amende et 2 ans de prison.
Un Décret à venir précisera cette mesure.
Par ailleurs, les forces de l’ordre peuvent désormais, sur autorisation de la Préfecture, faire procéder à l’immobilisation et à la mise en fourrière d’un véhicule en cas de conduite sous l’emprise de l’alcool ou de produits stupéfiants, de refus de se soumettre aux tests de contrôle de l’alcoolémie et de l’usage de produits stupéfiants, de conduite sans permis de conduire et de dépôts illégaux d’ordures.
Grèves : faites-vous accompagner …
Des fiches récapitulatives à disposition des entreprises
Pour accompagner les entreprises impactées par les différents mouvements de grève, le Gouvernement a non seulement réactivé les mesures mises en place lors du mouvement des « gilets jaunes » (délais de paiement, chômage partiel, etc.), mais vient également de publier sur le site Internet www.economie.gouv.fr un ensemble de fiches récapitulatives qui contiennent :
- les outils de l’Etat pour aider les entrepreneurs fragilisés ;
- la liste des contacts dédiés et sensibilisés à la situation des entrepreneurs.
Il précise également que les entreprises concernées peuvent être accompagnées à l’occasion des démarches suivantes :
- remboursement accéléré des crédits d’impôts (TVA) ;
- report des échéances sociales ou fiscales (Urssaf, impôts) ;
- plan d’étalement des créances avec l’appui de l’Etat et de la Banque de France ;
- obtention ou maintien d’un crédit bancaire via Bpifrance ;
- chômage partiel ;
- traitement de conflits avec des clients ou des fournisseurs.
Enfin, le Gouvernement précise, pour les entreprises qui souhaitent effectuer leurs démarches seules ou par l’intermédiaire d’un expert -comptable, les services auxquels s’adresser pour obtenir des informations (Urssaf, services des impôts des entreprises, Bpifrance, Ministère du travail, etc.).
Loi Engagement et Proximité : du nouveau pour les entreprises
Loi Engagement et Proximité : fermer un établissement recevant du public
Depuis le 29 décembre 2019, les prérogatives du Maire et du Préfet sont renforcées en matière de contrôle du respect des règles de sécurité par les établissements recevant du public (ERP). Sont notamment visées les entreprises qui accueillent et reçoivent du public.
Ils ont notamment le pouvoir d’ordonner la fermeture d’un établissement qui ne respecterait pas ces règles de sécurité. Et, désormais, ils peuvent infliger au propriétaire ou à l’exploitant de l’ERP des indemnités journalières d’un montant ne pouvant pas excéder 500 € par jour de retard, en cas de non-respect de l’arrêté l’obligeant à fermer son établissement.
En outre, le montant de l’amende à laquelle le propriétaire ou l’exploitant d’un ERP peut être condamné à payer, en cas de non-respect de l’obligation de fermeture, passe de 3 750 € à 10 000 €.
Enfin, si le Maire et le Préfet sont obligés d’engager des frais pour faire fermer un ERP, c’est désormais au propriétaire ou à l’exploitant de l’établissement de les prendre entièrement en charge.
Loi Engagement et Proximité : relancer les entreprises après une catastrophe naturelle
Depuis le 29 décembre 2019, le département est autorisé à verser des aides aux entreprises, en dehors de son champ de compétences, en cas de catastrophe naturelle, pour aider au redémarrage de leur activité.
Loi Engagement et Proximité : focus sur les marchés publics
Depuis le 29 décembre 2019, les intercommunalités à fiscalité propre sont autorisées à passer des marchés publics au nom et pour le compte de leurs communes membres, réunies en « groupement de commandes », même si elles ne détiennent pas les compétences pour conclure les contrats faisant l’objet des marchés publics.
Loi Engagement et Proximité : protéger les activités touristiques et culturelles
Certaines activités peuvent voir leurs existences locales menacées du fait de recours des voisins contre les nuisances qu’elles occasionnent.
C’est pourquoi la Loi les protège en leur permettant de faire valoir leur existence antérieure à l’arrivée des constructions d’habitation.
Sont ainsi protégées les activités agricoles, industrielles, artisanales, commerciales ou aéronautiques.
Depuis le 29 décembre 2019, les activités touristiques et culturelles peuvent aussi faire valoir leur antériorité.
Loi Engagement et Proximité : 4 (petites) mesures à connaître
Loi Engagement et Proximité : le pouvoir (renforcé) du Maire en matière d’élagage
Depuis le 29 décembre 2019, un Maire peut sanctionner une personne d’une amende d’un montant maximal de 500 € lorsqu’elle ne respecte pas un arrêté communal l’obligeant à élaguer et entretenir des arbres et haies donnant sur la voie ou le domaine public/que.
Une amende identique est prévue en cas d’occupation illicite des voies publiques à des fins commerciales.
Loi Engagement et Proximité : le pouvoir (renforcé) du Maire en cas d’abandon de voiture
La Loi Engagement et Proximité entend lutter contre la prolifération de véhicules abandonnés sur les voies publiques.
Pour cela, elle permet au Maire, en cas de non-exécution des mises en demeure qu’il adresse aux propriétaires de véhicules abandonnés, de prononcer une astreinte journalière d’un montant maximal de 50 euros, jusqu’à exécution des mesures prescrites.
L’application de l’astreinte sera toutefois limitée aux situations les plus graves, c’est-à-dire lorsque la non-évacuation du véhicule présente un risque pour la sécurité des personnes ou constitue une atteinte grave à l’environnement.
Loi Engagement et Proximité : encourager le recours aux médiateurs
La Loi Engagement et Citoyen encourage les communes à recourir à des médiateurs. Ces derniers auront notamment pour mission de favoriser le règlement amiable des différends entre une collectivité territoriale et un administré (un professionnel ou un particulier).
Cette disposition s’appliquera aux saisines intervenant au plus tard à compter du 1er janvier 2021.
Loi Engagement et Proximité : généralisation du « chèque-eau »
Suite à une expérimentation qui a duré plusieurs années, le principe du « chèque-eau » est généralisé.
Pour rappel, le « chèque-eau » permet à une collectivité de mettre en place une tarification sociale de l’eau.
Concrètement, une collectivité peut, par exemple :
- facturer les habitants en tenant compte de leurs revenus ;
- mettre en place des mesures d’accompagnement pour aider les habitants à faire des économies (recherche de fuite, gestes pour économiser l’eau, etc.).
Loi Engagement et Proximité : du nouveau pour le règlement local de publicité
Loi Engagement et Proximité : focus sur le règlement local de publicité
Le règlement local de publicité (RLP) est un outil local de planification de l'affichage publicitaire destiné à réglementer la publicité, les enseignes et préenseignes.
Depuis l’adoption de la Loi « ENE » en 2010, c’est la commune (ou l’intercommunalité) qui est compétente en matière de règlement local de publicité.
Toutefois, les délais de mise en œuvre de ces nouvelles compétences sont extrêmement contraignants : or, les anciens règlements locaux de publicité adoptés avant 2010 par plus de 1 200 communes (on parle de RPL de « première génération) seront caducs au 14 juillet 2020, sans que les communes n’aient pu prendre les mesures nécessaires pour mettre en place à temps de nouveaux règlements locaux de publicité.
En outre, les ajustements législatifs votés ces dernières années font peser une forte insécurité juridique sur les règlements locaux de publicité mis en place ces derniers temps par les intercommunalités.
Pour remédier à toutes ces difficultés, la Loi Engagement et Citoyen comporte les 3 mesures suivantes :
- elle reporte de 2 ans l’échéance de caducité des règlements locaux de publicité dits de « première génération », qui interviendra donc le 14 juillet 2022 ;
- durant une période de 2 ans, les publicités conformes aux règlements locaux de publicité caducs pourront être maintenues sans être exposées à des recours contentieux ;
- elle valide juridiquement les règlements locaux de publicité intercommunaux élaborés ces dernières années.
Loi Engagement et Proximité : focus sur la publicité illicite
Depuis le 29 décembre 2019, les publicités apposées sur une propriété sans l’accord du propriétaire peuvent donner lieu à un arrêté ordonnant que dans les 5 jours (contre 15 jours auparavant), la publicité soit supprimée ou que la situation soit régularisée.
Plastiques à usage unique : c’est fini ?
Plastiques à usage unique : c’est (en partie) fini depuis le 1er janvier 2020 !
Depuis le 1er janvier 2020, vous ne pouvez plus vendre les produits suivants, dès lors qu’ils sont en plastique à usage unique : assiettes jetables, gobelets, verres, pailles, couverts, piques à steak, couvercles à verre jetables, plateaux-repas, pots à glace, saladiers, boîtes, bâtonnets mélangeurs pour boissons et cotons tiges.
Notez que vous disposez tout de même de 6 mois pour vendre les produits suivants que vous possédez encore dans vos stocks : pailles, couverts, piques à steak, couvercles à verre jetables, plateaux-repas, pots à glace, saladiers, boîtes et bâtonnets mélangeurs.
Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2020, il est également interdit d’utiliser des bouteilles d'eau plate en plastique dans les services de restauration collective scolaire (sauf dans les territoires non desservis par un réseau d'eau potable ou en cas de restriction d’eau).
Plateformes industrielles : quelles sont les opérations collectives de sécurité obligatoires ?
Plateformes industrielles : le point sur la sécurité collective
Depuis le 1er janvier 2020, les gestionnaires de sites industriels peuvent mutualiser leur fonctionnement, afin de réduire leurs coûts, via la création de « plateformes industrielles ».
Parmi les domaines qui peuvent faire l’objet d’un fonctionnement mutualisé figurent la prévention et la gestion des accidents.
Si tel est le cas, les membres de la plateforme industrielle doivent prendre l’engagement de participer aux opérations collectives de sécurité qui sont menées.
Il s’agit des opérations suivantes :
- la consultation préalable mutuelle avant la remise à l'administration d'une étude de dangers ou d'un plan d'urgence ;
- le partage des retours d'expérience concernant les incidents et accidents survenus ;
- la rédaction de procédures d'urgence coordonnées et la réalisation au moins annuelle, sous la direction du gestionnaire de la plateforme industrielle, d'un exercice coordonné et simultané ;
- la gestion et la maintenance des équipements communs de protection individuelle requis par ces procédures ;
- l’information de l'ensemble des personnels sur l'ensemble des risques auxquels ils sont exposés du fait des activités des autres membres de la plateforme industrielle, et la formation aux mesures de protection à prendre ;
- la coordination vis-à-vis des exigences applicables aux entreprises extérieures.
ERP et accessibilité des personnes handicapées : du nouveau !
ERP : maintien de la dérogation aux règles d’accessibilité
Pour rappel, sur décision du Préfet, vous pouvez déroger aux règles d’accessibilité :
- en cas d'impossibilité technique de procéder à la mise en accessibilité résultant de l'environnement du bâtiment (en raison notamment des caractéristiques du terrain, de la présence de constructions existantes ou de contraintes liées au classement de la zone de construction, notamment au regard de la réglementation de prévention contre les inondations ou en raison de difficultés liées à ses caractéristiques ou à la nature des travaux qui y sont réalisés) ;
- en cas de contraintes liées à la conservation du patrimoine architectural ;
- lorsqu'il y a une disproportion manifeste entre les améliorations apportées par la mise en œuvre des prescriptions techniques d'accessibilité, d'une part, et leurs coûts, leurs effets sur l'usage du bâtiment et de ses abords ou la viabilité de l'exploitation de l'établissement, d'autre part ;
- lorsque les copropriétaires d'un bâtiment à usage principal d'habitation réunis en assemblée générale s'opposent à la réalisation des travaux de mise en accessibilité d'un ERP existant ou créé dans ce bâtiment (dérogation accordée de plein droit dans ce cas).
Il peut arriver qu’un bâtiment bénéficiant d’une dérogation aux règles d’accessibilité fasse l’objet d’une demande de permis de construire ou d’une demande d’autorisation de travaux. Ces travaux peuvent affecter les critères qui ont permis d’obtenir ladite dérogation.
Dans une telle situation, à compter du 18 février 2020, pour que la dérogation soit maintenue, il faut en faire la demande en Préfecture.
A défaut, à compter de la date d’ouverture du chantier ou de début des travaux, la dérogation devient caduque.
ERP : focus sur l’agenda d’accessibilité
Pour mémoire, si vous n’étiez pas en conformité avec les règles d’accessibilité au 31 décembre 2014 concernant votre établissement recevant du public (ERP), vous pouviez bénéficier d’un délai supplémentaire de mise en conformité grâce à l’agenda d’accessibilité programmée (Ad’Ap). Cet agenda constitue un engagement de réaliser les travaux requis dans un calendrier précis.
- Modification de l’agenda d’accessibilité
Depuis le 19 décembre 2019, vous pouvez modifier le calendrier et la durée d’un agenda d'accessibilité afin de prendre en compte l'évolution du patrimoine impactant votre ERP.
- Suivi de l’agenda d’accessibilité
Jusqu’à présent, vous deviez transmettre au Préfet :
- un point de situation sur la mise en œuvre de l'agenda à l'issue de la première année ;
- un bilan des travaux et autres actions de mise en accessibilité réalisés à la moitié de la durée de l'agenda.
Depuis le 19 décembre 2019, vous devez aussi transmettre un bilan de fin d'agenda dans les 2 mois qui suivent l'achèvement de cet agenda.
