2022 : les principales nouveautés pour les entreprises
Concernant l’impôt sur les bénéfices
- Impôt sur le revenu et allongement des délais d’option
Micro-BIC
Désormais, les entreprises qui relèvent du micro-BIC (bénéfices industriels et commerciaux) peuvent opter pour un régime réel d’imposition jusqu’à la date de dépôt de la déclaration de résultats.
Micro-BNC
Depuis le 1er janvier 2022, les professionnels qui souhaitent renoncer à leur option pour un régime réel d’imposition peuvent le faire jusqu’à la date de dépôt de leur déclaration de résultats.
- Carry-back
Une entreprise soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) peut décider d'imputer le déficit qu'elle constate à la clôture de son exercice sur le bénéfice non distribué de l'exercice précédent : c’est ce que l’on appelle un report en arrière des déficits ou « carry back ».
Certains bénéfices sont toutefois exclus du bénéfice d'imputation, parmi lesquels ceux ayant donné lieu à un impôt payé au moyen de réductions d'impôt.
- Plus-values professionnelles
Exonération des plus-values professionnelles et départ à la retraite
Parmi les conditions à remplir pour bénéficier de cet avantage fiscal, le vendeur doit cesser toute fonction dans l'entreprise cédée et faire valoir ses droits à la retraite dans les 2 ans qui suivent ou qui précèdent la cession.
Lorsque le cédant fait valoir ses droits à la retraite entre le 1er janvier 2019 et le 31 décembre 2021, et que son départ à la retraite précède la cession, le délai de 2 ans est porté à 3 ans.
Exonération des plus-values professionnelles en raison de leur montant
Dorénavant, les plus-values réalisées à l’occasion de la transmission d'une entreprise individuelle ou d'une branche complète d'activité sont :
- totalement exonérées d’impôt, si la valeur des éléments transmis est inférieure ou égale à 500 000 € ;
- partiellement exonérées d’impôt, si la valeur des éléments transmis est comprise entre 500 000 et 1 M€.
Taux réduit d’IS
Certaines plus-values nettes imposables qui résultent de la vente d'un local à usage de bureau ou à usage commercial ou industriel, ou d'un terrain à bâtir, par une personne morale soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) bénéficient, toutes conditions remplies, d'un taux réduit d'IS (à 19 %).
Ce dispositif de faveur est prorogé jusqu’au 31 décembre 2023.
- Amortissement
Pour les fonds de commerce acquis entre le 1er janvier 2022 et le 31 décembre 2025, l’amortissement comptable sera admis en déduction du résultat imposable de l'entreprise.
- Option IS pour les entrepreneurs individuels
Pour anticiper la suppression prochaine de la possibilité de créer de nouvelles EIRL, les entrepreneurs individuels qui ne sont pas soumis à un régime micro peuvent opter pour leur assimilation à une EURL ou à une EARL à laquelle ils tiennent lieu d'associé unique, afin d'être assujettis à l'IS et ce, sans avoir à modifier leur statut juridique.
- Avantages fiscaux
Jeunes entreprises innovantes
Depuis le 1er janvier 2022, pour prétendre au statut de jeune entreprise innovante, l'entreprise devra être créée depuis moins de 11 ans (au lieu de moins de 8 ans).
Crédit d’impôt formation du dirigeant
Pour les heures de formation effectuées à compter du 1er janvier 2022, le montant du crédit d’impôt est doublé pour les entreprises qui satisfont à la définition de la micro-entreprise au sens de la règlementation européenne.
Crédit d’impôt innovation
Ce crédit d'impôt est prolongé jusqu'au 31 décembre 2024. De plus, à compter du 1er janvier 2023, les taux de cet avantage fiscal sont respectivement portés à 30 % pour la métropole et à 60 % pour l’Outre-mer.
Crédit d’impôt en faveur des métiers d’art
Ce crédit d’impôt est prolongé pour une année supplémentaire et s'appliquera donc, toutes conditions remplies, aux dépenses engagées jusqu'au 31 décembre 2023.
Crédit d’impôt en faveur de la recherche collaborative
Ce nouveau crédit d'impôt est mis en place en vue de soutenir la recherche collaborative publique-privée. Toutes conditions remplies, il bénéficie aux entreprises industrielles et commerciales ou agricoles qui financent, dans le cadre d'un contrat de collaboration de recherche conclu entre le 1er janvier 2022 et le 31 décembre 2025, les dépenses engagées par des organismes de recherche et de diffusion des connaissances.
Dispositifs fiscaux de faveur
Enfin, certains dispositifs fiscaux et sociaux de faveur, applicables aux entreprises implantées dans certaines zones du territoire, et dont la période d’application arrivait à échéance au 31 décembre 2022, sont prolongés jusqu’au 31 décembre 2023.
Concernant la TVA
- Représentants fiscaux
Pour les accréditations délivrées à compter du 1er janvier 2022, les représentants fiscaux doivent remplir diverses conditions (absence de condamnation à certaines sanctions, critère de solvabilité, etc.).
- Exigibilité de la TVA
En cas de versement d’un acompte avant la livraison d’un bien, la TVA sera exigible au moment de l’encaissement de cet acompte, à concurrence du montant encaissé.
Cette nouveauté s’applique aux acomptes encaissés à compter du 1er janvier 2023.
Concernant les impôts locaux
- Contribution à l’audiovisuel public
Pour 2022, le montant de la contribution à l’audiovisuel public est de 138 € en France métropolitaine et 88 € dans les départements d’Outre-mer.
Concernant les taxes diverses
- Retenue à la source des sociétés non-résidentes
Des modifications sont apportées aux dispositions qui concernent la retenue à la source due par les sociétés non-résidentes :
- application d'un abattement de 10 % sur les sommes retenues ;
- restitution de la retenue à la source pour les sociétés étrangères déficitaires ;
- restitution a posteriori de la retenue à la source.
- Suppression de dispositifs fiscaux
Certains dispositifs fiscaux qui semblent aujourd'hui inefficients, obsolètes ou sous-utilisés sont supprimés, comme :
- la réduction d'impôt sur le revenu accordée au titre des dépenses de préservation du patrimoine naturel ;
- l’exonération d’impôt sur le revenu des intérêts des sommes inscrites sur un compte épargne d'assurance pour la forêt (CEAF) ouverts jusqu'au 31 décembre 2013 ;
- etc.
Les mesures sociales
- Obligation d’emploi des travailleurs handicapés
Tout employeur qui occupe au moins 20 salariés est tenu à diverses obligations en faveur de l'emploi des travailleurs handicapés (OETH).
Des précisions sont apportées concernant l’effectif salarié pris en compte pour la détermination des obligations de l’employeur.
- Taxe d’apprentissage
Pour faciliter la transition entre les anciennes et les nouvelles périodicités de recouvrement du solde de la taxe d'apprentissage et pour sécuriser les établissements bénéficiaires de ce solde en 2022, un régime transitoire leur garantissant, en 2022, le versement d'un montant équivalent au solde de la taxe d'apprentissage est instauré.
- Formation professionnelle
Les dispositions qui encadrent le financement de la formation professionnelle sont très largement aménagées :
- liste des personnes échappant aux obligations de financement ;
- spécificités concernant les entreprises du BTP ;
- spécificités concernant les entreprises de travail temporaire ;
- etc.
- Recouvrement des cotisations
Lorsqu’elles décident d’adhérer au dispositif simplifié de déclaration et de recouvrement des cotisations et contributions sociales, les entreprises doivent l’utiliser pour l'ensemble de leurs salariés. Cela ne sera plus le cas à compter du 1er janvier 2024.
- Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2022 du 23 décembre 2021, n°2021-1754
- Loi de finances pour 2022 du 30 décembre 2021, n°2021-1900
Coronavirus (COVID-19) : déclaration de l’état d’urgence sanitaire dans certains territoires d’Outre-mer
Coronavirus (COVID-19) : 7 territoires placés en état d’urgence sanitaire
A compter du 6 janvier 2022 à 0 heure, l'état d'urgence sanitaire est déclaré sur le territoire de la Guadeloupe, de la Guyane, de Mayotte, de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin.
Pour rappel, il est déjà en vigueur à La Réunion et à la Martinique.
Dans ces territoires, un couvre-feu peut également y être mis en place de 18h à 6h dans les zones où les préfets estiment que la situation sanitaire l’exige.
- Décret n° 2022-9 du 5 janvier 2022 déclarant l'état d'urgence sanitaire dans certains territoires de la République
- Décret n° 2022-10 du 5 janvier 2022 modifiant le décret n° 2021-699 du 1er juin 2021 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire
Coronavirus (COVID-19) : ce qui change pour les tests et les autotests
Coronavirus (COVID-19) : faciliter la délivrance des autotests
Actuellement, les boîtes contiennent 5 ou 10 autotests selon leur conditionnement. Or, les pharmaciens ont l’obligation de délivrer 2 autotests par personne contact ayant un schéma vaccinal complet ou âgée de moins de 12 ans, ayant réalisé un test négatif.
Pour faciliter la délivrance des autotests, les pharmaciens sont autorisés, depuis le 8 janvier 2022, à ouvrir les boîtes pour en prendre seulement 2, afin de les délivrer à la personne qui en est bénéficiaire.
Ce déconditionnement doit respecter des modalités techniques consultables ici.
Coronavirus (COVID-19) : augmenter les capacités de tests
Dans un contexte de forte circulation de la covid-19, le nombre de tests réalisés est très important, ce qui met à mal les ressources humaines déjà engagées.
Depuis le 9 janvier 2022, pour remédier à cette difficulté :
- lorsque les laboratoires ne disposent pas du nombre de techniciens nécessaire à l’examen des tests, ils peuvent faire appel aux étudiants en master « biologie moléculaire et cellulaire » ou « biochimie, biologie moléculaire » ;
- la réalisation des tests est ouverte à un nombre de personnes plus important (titulaires d'un diplôme dans le domaine de la biologie moléculaire ou justifiant d'une expérience professionnelle d'au moins 1 an dans ce domaine, étudiants de 3e et 4e années de 3e cycle du DES de biologie médicale et les étudiants en master « biologie moléculaire et cellulaire » ou « biochimie, biologie moléculaire »).
- Arrêté du 7 janvier 2022 modifiant l'arrêté du 1er juin 2021 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire
- Arrêté du 8 janvier 2022 modifiant l'arrêté du 1er juin 2021 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire
Coronavirus (COVID-19) : bas les masques en extérieur ?
Coronavirus (COVID-19) : un port du masque en extérieur sous conditions
Le juge vient de se prononcer sur la légalité de l’imposition du port du masque en extérieur.
Selon lui, cette obligation est tout à fait légale, sous réserve que :
- le port du masque soit limité aux lieux et aux heures de forte circulation de population quand la distanciation physique n’est pas possible, tels que les marchés, les rassemblements sur la voie publique ou les centres-villes commerçants ;
- la situation épidémiologique locale le justifie.
Il précise tout de même que le préfet peut délimiter des zones suffisamment larges pour que la règle soit compréhensible et son application cohérente.
- Arrêt du Conseil d’Etat du 11 janvier 2022, n° 460002
Secteur maritime : ce qui change au 1er janvier 2022
Un guichet unique de la fiscalité de la plaisance
Afin de simplifier les démarches des usagers de la mer (professionnel et non professionnel), un guichet unique de la fiscalité de la plaisance est ouvert, depuis le 1er janvier 2022, à Saint-Malo.
Interdiction (partielle) des « scrubbers »
La lutte contre la pollution des navires passe par une diminution des émissions de particules et notamment de la teneur en soufre de leur combustible. En 2020, ce taux a été baissé de 3,5 % à 0,5 % au niveau mondial.
Toutefois, des filtres spéciaux placés dans les cheminées des navires, appelés « scrubbers », permettent à certaines compagnies d’utiliser des combustibles plus soufrés que ce que permet la réglementation, tout en atteignant des taux d’émissions polluantes équivalents à l’utilisation de carburants réduits en soufre.
Pour contrer cette pratique, depuis le 1er janvier 2022, les rejets de ces scrubbers sont interdits sur l’ensemble du littoral français, dans les ports et jusqu’aux 3 milles marins.
Evolution du régime d’inspection des navires
Depuis le 1er janvier 2022, les permis de navigation délivrés aux armateurs après le bon déroulement de la visite périodique de leur navire n’ont plus de limite de validité.
En revanche, dans le cas où une prescription nécessite de revoir le navire, un permis à durée limitée est délivré.
Les navires continuent à faire l’objet d’inspections par les centres de sécurité des navires (CSN), mais sur la base d’un régime d’inspection qui ne dépend plus de la validité du permis de navigation : la périodicité des visites des navires est adaptée à leur accidentologie, au nombre de prescriptions émises lors des visites, au type d’exploitation ou de navire, etc. Retrouvez tous les détails nécessaires ici.
- Communiqué de presse du ministère de la Mer du 29 décembre 2021
- Communiqué de presse du ministère de la Mer du 23 décembre 2021
Services en ligne : simplifier la vie des entrepreneurs
Regroupement des services en ligne pour les entrepreneurs
En 2022, 3 nouveaux sites Web regroupant l’ensemble des services en ligne vont voir le jour, permettant aux entreprises :
- de s’informer et d’être orientées avec le nouveau site « entreprendre.service-public.fr » qui sera le centre d’information et d’orientation de référence dédié aux créateurs et chefs d’entreprises ;
- de réaliser leurs formalités avec le nouveau site « formalites.entreprises.gouv.fr » qui centralisera l’ensemble des formalités administratives à accomplir pour immatriculer, modifier ou cesser son activité ou encore déposer ses comptes, quel que soit son secteur ;
- de déclarer et payer avec le nouveau site « portailpro.gouv.fr » qui simplifiera et unifiera les démarches de déclaration et de paiement des professionnels en leur permettant d’accéder, au sein d’un seul et même espace, aux services proposés à la fois par les impôts, les Urssaf et la Douane.
- Communiqué de presse du ministère de l’Economie du 27 décembre 2022 n° 1848
Une nouvelle règlementation pour faciliter l’usage des transports collectifs
Billettique multimodale : comment ça marche ?
A compter du 1er juillet 2022, les voyageurs pourront réserver un billet en consultant les différents types de transport qui s’offrent à eux.
Pour cela, les prestataires qui veulent proposer ces services doivent respecter un certain nombre d’obligations (garantie financière, transmission de données, lutte contre la fraude, etc.) consultables ici.
- Décret n° 2021-1595 du 7 décembre 2021 relatif au service numérique d'information et de billettique multimodal
Vote des associés : les absents ont toujours tort ?
Vote des associés à l’unanimité = tous les associés !
Lors d’une assemblée générale (AG), des associés décident de ratifier a posteriori les décisions prises par le gérant d’une société qui excédaient ses pouvoirs.
Cette ratification est faite à l’unanimité des associés présents ou représentés : les associés absents et non représentés n’ont donc pas voté.
Une erreur, selon l’un de ces associés absents et non représentés : pour lui, cette ratification ne peut se faire qu’à l’unanimité de l’ensemble des associés… et pas seulement de l’ensemble des associés présents ou représentés.
Ce que confirme le juge : la ratification des décisions qui excèdent les pouvoirs reconnus aux gérants sont prises selon les dispositions statutaires ou, en l'absence de telles dispositions, à l'unanimité des associés, et pas seulement à l’unanimité des présents ou représentés.
- Arrêt de la Cour de cassation, 3e chambre civile, du 5 janvier 2022, n° 20-17428
Diagnostiqueurs : une certification gratuite ?
Annulation de la réglementation imposant l’accréditation des organismes de formation et de certification !
Les diagnostiqueurs immobiliers doivent faire certifier leurs compétences par un organisme de certification ou de formation.
Pour pouvoir certifier, cet organisme doit être accrédité sur la base des normes NF EN ISO/CEI 17024 et NF EN ISO/CEI 17065.
Problème : ces normes ne sont pas accessibles gratuitement sur le site Web de l'Association française de normalisation.
Une situation anormale, selon le juge, qui, en juillet 2021, a décidé d’annuler (partiellement) cette réglementation… à compter du 1er janvier 2022 seulement.
Dans le prolongement de cette décision, le gouvernement a rendu ces normes gratuites et ce, depuis le 1er janvier 2022.
- Arrêté du 24 décembre 2021 définissant les critères de certification des opérateurs de diagnostic technique et des organismes de formation et d'accréditation des organismes de certification
Loi sur l’économie du livre : que faut-il savoir ?
Panorama des mesures pour conforter l’économie du livre
Voici les principales mesures de la loi visant à conforter l'économie du livre et à renforcer l'équité et la confiance entre ses acteurs intéressant les entrepreneurs :
- il est apporté un soutien aux librairies indépendantes par la fixation d’un prix minimal de livraison (encore inconnu) ; la livraison peut être gratuite si le livre est retiré dans un commerce de vente au détail de livres ; notez que dans leurs activités de détaillants, les éditeurs qui vendent les livres qu’ils éditent ne sont pas concernés par le tarif minimal de livraison ;
- le prix des livres neufs doit être clairement distingué du prix du livre d’occasion ;
- les actions pour faire cesser ou réparer les conséquences d’une infraction à la réglementation sur le prix du livre sont soumises à la conciliation préalable du médiateur du livre ;
- les collectivités ou leurs groupements peuvent attribuer des subventions aux petites librairies indépendantes depuis le 1er janvier 2022 ;
- le contrat d’édition entre auteurs et éditeurs est réformé ;
- les auteurs et leurs organismes de défense peuvent saisir le médiateur du livre ;
- le mécanisme du dépôt légal numérique est modernisé.
- Loi n° 2021-1901 du 30 décembre 2021 visant à conforter l'économie du livre et à renforcer l'équité et la confiance entre ses acteurs
