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Investir dans une résidence services

Date de mise à jour : 09/02/2022 Date de vérification le : 09/02/2022 7 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Si vous investissez dans une résidence services, vous pourrez bénéficier d’un avantage fiscal particulièrement intéressant. Il s’agit de ce que l’on appelle la défiscalisation « Censi-Bouvard » qui, comme tout avantage fiscal, suppose le respect de (nombreuses) conditions, à commencer par la nature de l’investissement, la période d’investissement, l’engagement de location, etc.

Rédigé par l'équipe WebLex.
Investir dans une résidence services


Défiscalisation Censi-Bouvard : pour qui ?

Un dispositif de défiscalisation immobilière. Investir dans une résidence services vous permet de bénéficier d’un avantage fiscal qui prend la forme d’une réduction d’impôt sur le revenu calculée sur la base de l’investissement réalisé. Mais ce n’est pas ouvert à tout le monde…

Pour qui ? Cette réduction d’impôt bénéficie aux particuliers qui investissent, avant le 31 décembre 2022, dans une résidence services. Il n’est pas possible de profiter de cet avantage fiscal si l’investissement est réalisé par l’intermédiaire d’une société : pour ouvrir droit à la réduction d’impôt, l’immeuble doit être acquis directement par la personne physique qui entend bénéficier de l’avantage fiscal.


Défiscalisation Censi-Bouvard : pour quoi ?

Une résidence services. L’investissement doit porter sur un logement neuf ou assimilé destiné à la location meublée (activité exercée à titre non professionnel), et pour autant qu’il s’agisse d’une résidence services.

Concrètement. Votre investissement porte sur un logement situé dans une résidence services exploitée par une société spécialisée dans ce type d’immeubles :

  • une résidence de tourisme classée (pour les investissements réalisés jusqu’au 31 décembre 2016) ;
  • une résidence avec services pour étudiants ;
  • un établissement social ou médico-social qui accueille des personnes âgées ou adultes handicapés ;
  • un établissement délivrant des soins de longue durée à des personnes, n’ayant pas leur autonomie de vie et dont l’état nécessite une surveillance médicale constante et des traitements d’entretien, et comportant un hébergement ;
  • une résidence avec services pour personnes âgées ou handicapées ayant obtenu l'agrément « qualité » ;
  • un ensemble de logements géré par un groupement de coopération social ou médico-social et affecté à l’accueil familial salarié de personnes âgées ou handicapées.

Résidence avec services pour personnes âgées ou handicapées. A compter de l’imposition des revenus 2019, pour les achats intervenus depuis le 1er janvier 2019, l’avantage fiscal est étendu aux personnes qui acquièrent un logement situé dans une résidence avec services pour personnes âgées ou handicapées ayant obtenu une autorisation départementale : la réduction d’impôt n’est donc plus réservée aux logements situés dans une résidence services ayant obtenu un agrément.

Résidence avec services pour étudiants. Pour pouvoir bénéficier de l’exonération d’impôt, la résidence avec services pour étudiants doit être occupée à 70 % au moins par des étudiants. Le seul fait d’investir dans une résidence que le promoteur destine au logement d’étudiants n’est pas suffisant

Le saviez-vous ?

Une résidence services doit proposer des services non individualisables, à savoir :

  • l’accueil personnalisé et permanent des résidents et de leurs visiteurs ;
  • la mise à disposition d’un personnel spécifique attaché à la résidence, le cas échéant complétée par des moyens techniques, permettant d’assurer une veille continue quant à la sécurité des personnes et à la surveillance des biens ;
  • le libre accès aux espaces de convivialité et aux jardins aménagés.

Logement neuf ? L’investissement doit porter sur un logement acquis à l’état neuf (c’est-à-dire qu’il n’a jamais été utilisé à quelque titre que ce soit) ou en état futur d’achèvement. L’investissement pourra aussi porter sur un logement achevé depuis au moins 15 ans et ayant fait ou faisant l’objet de travaux de réhabilitation.


Défiscalisation Censi-Bouvard : combien ?

Un avantage fiscal… La réduction d’impôt est égale à 11 % du coût du logement (dans la limite d’un prix de revient égal à 300 000 € au maximum). Au cours d’une année, vous pouvez bénéficier de cette réduction d’impôt pour l’acquisition de plusieurs logements, mais la base de calcul de la réduction d’impôt ne pourra pas, en tout état de cause, dépasser 300 000 € par an.

… sous conditions ! Hormis la nature de l’investissement et sa date de réalisation, l’avantage fiscal suppose aussi que vous preniez un engagement de location. Concrètement, vous devez prendre l’engagement de louer le logement meublé pendant au moins 9 ans à l’exploitant de l’établissement ou de la résidence où se situe ce logement (la mise en location doit intervenir dans le délai d’un mois à compter de l’achèvement du logement ou de son acquisition).

Le saviez-vous ?

En cas de changement d’exploitant au cours de la période couverte par votre engagement de location (ce qui peut arriver assez fréquemment), votre logement doit, en principe, être loué au nouvel exploitant dans un délai d’un mois. A défaut de location à un nouvel exploitant après l’expiration de ce délai d’un mois, la réduction d’impôt fait l’objet d’une reprise au titre de l’année de rupture d’engagement de location.

Notez toutefois que, par tolérance, la période de vacance du logement avant sa location à un nouvel exploitant peut, dans certains cas de défaillance de l’exploitant, être supérieure à un mois sans toutefois pouvoir excéder 12 mois.

Et aussi… L’activité de location meublée résultant de cet investissement doit être réalisée à titre non professionnel (vous ne pouvez pas bénéficier de la réduction d’impôt si vous exercez cette activité à titre professionnel au moment de l’acquisition du logement).

A noter. Passer d’un statut de loueur en meublé non professionnel à un celui de loueur en meublé professionnel au cours de la période couverte par votre engagement de location ne remettra pas en cause l’avantage fiscal obtenu.


Défiscalisation Censi-Bouvard : comment ?

Une location meublée. Il s’agit d’une location d’un logement muni de tous les éléments mobiliers indispensables à une occupation normale par le locataire. Ce type de location relève d’un régime fiscal particulier, à savoir celui des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) : les revenus que vous retirez de la location du logement à l’exploitant de la résidence services sont donc imposés dans la catégorie des BIC (et non pas dans celle des revenus fonciers).

Quelques particularités. Le régime de la location meublée connaît quelques particularités. Ainsi, vous pouvez tenir compte d’un amortissement qui viendra diminuer le montant des revenus imposables : toutefois, dans le cadre de ce dispositif, les amortissements ne seront admis en déduction qu’à hauteur de ceux pratiqués sur la fraction du prix de revient des immeubles excédant le montant retenu pour le calcul de cette réduction d’impôt (300 000 €).

Une imputation sur l’IR. Le montant de la réduction d’impôt est imputé sur votre impôt sur le revenu ; mais cette imputation est en pratique répartie sur 9 ans, à raison d’1/9ème par année, et pour la 1ère fois l’année de l’acquisition du logement ou de son achèvement ou encore de l’achèvement des travaux.

Le saviez-vous ?

Lorsque la fraction de la réduction d'impôt imputable au titre d'une année d'imposition excède l'impôt dû par le contribuable au titre de cette même année, le solde peut être imputé sur l'impôt sur le revenu dû au titre des années suivantes, jusqu'à la sixième année inclusivement.

Une remise en cause possible. Si vous ne respectez pas les conditions d’application du régime Censi-Bouvard, vous risquez une remise en cause de l’avantage fiscal. Il en sera ainsi notamment en cas de :

  • non-respect de l’engagement de location ;
  • non-respect des conditions de mise en location ;
  • vente du logement pendant la période couverte par votre engagement de location.

A retenir

Si vous faites l’acquisition d’un logement situé dans une résidence services, vous pourrez bénéficier d’un avantage fiscal égal à 11 % du prix d’achat (retenu dans la limite de 300 000 €). Cela suppose notamment que vous preniez l’engagement de louer ce logement à l’exploitant de la résidence services (résidence de tourisme, résidence étudiante, résidence pour personnes âgées ou handicapées, etc.).

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Sources
  • Article 199 sexvicies du Code Général des Impôts
  • Article R 111-1-1 à R 111-17 du Code de la Construction et de l’Habitation (notion de logement)
  • Loi de Finances pour 2017 n° 2016-1918 du 29 décembre 2016 (article 69)
  • BOFiP-Impôts-BOI-IR-RICI-220
  • Décret n° 2016-1737 du 14 décembre 2016 déterminant les catégories de services spécifiques non individualisables pouvant bénéficier aux occupants des résidences-services prévue à l'article L. 631-13 du code de la construction et de l'habitation
  • Arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Nantes du 28 septembre 2017, n°15NT02565 (investissement dans une résidence services étudiants)
  • Loi n°2017-1837 du 30 décembre 2017 de Finances pour 2018
  • Arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Nantes du 18 juin 2018, n°17NT01905 (avantage fiscal et location dans le délai d’un mois suivant l’achèvement de la résidence)
  • Loi de finances pour 2019 du 28 décembre 2018, n°2018-1317, article 186
  • Loi de finances pour 2020 du 28 décembre 2019, n°2019-1479, article 165
  • Loi de finances pour 2022 du 30 décembre 2021, n°2021-1900 (article 74)
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Le coin du dirigeant
Opter pour la défiscalisation immobilière

Défiscalisation « Malraux » : quel avantage ?

Date de mise à jour : 13/02/2024 Date de vérification le : 13/02/2024 13 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

La défiscalisation « Malraux » s’adresse aux personnes qui investissent, dans certains quartiers urbains, dans des opérations de restauration d’appartements qu’elles destineront par la suite à la location. À la clé : une réduction d’impôt sur le revenu spécifique… sous conditions comme toujours.

Rédigé par l'équipe WebLex. En collaboration avec Olivier Pecqueur, consultant juridique et fiscal, CRIDON Ouest
Défiscalisation « Malraux » : quel avantage ?

Défiscalisation Malraux : pour qui et pour quoi ?

Le principe. La réduction d’impôt Malraux s’adresse aux personnes qui investissent dans des opérations de restauration immobilière dans certains quartiers strictement définis, suivies par un architecte des bâtiments de France. Ce qui suppose de définir qui peut bénéficier de cet avantage fiscal et pour quel type d’investissement.

Un investisseur… particulier ? La réduction d’impôt bénéficie aux personnes physiques et aux associés personnes physiques de certaines sociétés (fiscalement domiciliés en France) qui perçoivent, dans le cadre de cette opération immobilière, des loyers imposés dans la catégorie des revenus fonciers. L’investissement est possible par l’intermédiaire d’une société (non soumise à l’IS) dès lors que les loyers sont imposés au niveau de l’associé comme des revenus fonciers.

Le saviez-vous ?

Le bénéfice de la réduction d'impôt est réservé aux personnes qui sont titulaires de la pleine propriété de l'immeuble ou des titres. Le démembrement n’est admis que dans l’hypothèse où il a lieu à la suite du décès de l'un des conjoints.

Un investissement… localisé ? La réduction d’impôt Malraux s’applique aux opérations de restauration immobilière agréées par l’autorité publique. Elle suppose d’engager des dépenses de restauration dans des immeubles situés :

  • dans un quartier ancien dégradé (dispositif applicable jusqu’au 31 décembre 2024),
  • dans un quartier présentant une concentration élevée d’habitats anciens dégradés (liste fixée par arrêté ministériel), sous réserve que la restauration soit déclarée d'utilité publique (dispositif applicable jusqu’au 31 décembre 2024),
  • dans un site patrimonial remarquable.

Un bien… précis ? Il doit s’agir de locaux à usage d'habitation, de locaux destinés originellement à l'habitation et réaffectés à cet usage ou bien encore de locaux affectés à un usage autre que l'habitation n'ayant pas été originellement destinés à l'habitation (il s'agit, dans la plupart des cas, de locaux affectés à usage de commerce situés au rez-de-chaussée des immeubles de centre-ville qui sont donnés en location commerciale après la réalisation des travaux).


Défiscalisation Malraux : combien ?

Une réduction d’impôt. Calculée sur la base des dépenses et travaux éligibles au dispositif, elle est égal à :

  • 30 % pour les immeubles situés dans un site patrimonial remarquable couvert par un plan de sauvegarde et de mise en valeur approuvé ;
  • 22 % pour les immeubles situés dans un site patrimonial remarquable couvert par un plan de valorisation de l’architecture et du patrimoine approuvé ;
  • 22 % pour les immeubles situés dans un site patrimonial remarquable et pour lesquels l’opération de restauration a été déclarée d’utilité publique ;
  • 30 % pour ceux situés dans un quartier présentant une concentration élevée d’habitats anciens dégradés et dans un quartier ancien dégradé.

Quelles dépenses ? Pour le calcul de la réduction d’impôt, vous pouvez retenir les charges de propriété suivantes : les dépenses de réparation et d'entretien, les primes d'assurance, les dépenses d'amélioration, les impositions, les frais de gestion ainsi que la fraction des provisions versées pour les dépenses de travaux de la copropriété et pour le montant effectivement employé par le syndic de la copropriété au paiement desdites dépenses. Vous pouvez également tenir compte des frais d'adhésion à des associations foncières urbaines de restauration.

Quels travaux ? Il s’agit des dépenses de travaux imposés ou autorisés par l’autorité publique en application des réglementations relatives aux secteurs, quartiers et zones concernés. Les travaux retenus pour le calcul de la réduction d’impôt sont :

  • les travaux de démolition,
  • les travaux de reconstitution de toiture,
  • les travaux de murs extérieurs d'immeubles existants,
  • les travaux de transformation de logement de tout ou partie d'un immeuble,
  • les travaux déclarés d’utilité publique,
  • les travaux ayant pour effet de rendre habitables des combles, des greniers ou parties communes ou encore des travaux de réparation, d'entretien et d'amélioration de l'habitation (sauf les travaux d'agrandissement).

Des dépenses engagées sur une durée précise. Les dépenses doivent être supportées à compter, soit de la date de délivrance du permis de construire, soit de celle d’expiration du délai d’opposition à la déclaration préalable, et jusqu’au 31 décembre de la 3e année suivant, selon le cas, l’une ou l’autre de ces deux dates. Vous pouvez donc bénéficier d’un avantage fiscal pendant 4 années d’imposition au maximum.

Des dépenses effectives. Seules sont prises en compte les sommes effectivement payées et dont vous justifiez qu’elles ont bien été affectées au paiement des dépenses correspondantes. Des sommes versées au fur et à mesure de la réalisation des travaux éligibles et qui donnent lieu à facturation ouvrent donc droit à l’avantage fiscal au titre de l’année du paiement correspondant.

Des dépenses plafonnées. Les dépenses éligibles sont retenues dans une limite pluriannuelle de 400 000 € sur 4 ans.

À noter. Les dépenses éligibles doivent être retenues, s’il y a lieu, sous déduction des aides ou subventions accordées pour la réalisation des travaux, notamment par l’Agence Nationale de l’Habitat (ANAH).

Le saviez-vous ?

Notez que la réduction d’impôt est aussi susceptible de s’appliquer (sous conditions) aux souscriptions de parts de sociétés civiles de placement immobilier (SCPI).

Une réduction d’impôt reportable. La réduction est imputée sur l’impôt dû au titre de l’année de paiement des dépenses. Si cette réduction excède l’impôt dû, l’excédent peut être imputé sur l’impôt dû au titre des 3 années suivantes.

Pour information. Parce que les dépenses de travaux auront ouvert droit à une réduction d’impôt, il n’est pas possible d’en tenir compte pour le calcul de l’éventuelle plus-value qui serait réalisée lors de la revente du logement (notamment pour majorer le prix d’achat du logement et ainsi optimiser le montant de la plus-value imposable).

Concernant les revenus fonciers. Le juge a récemment rappelé qu’il est impossible, pour une personne bénéficiant de la réduction d’impôt Malraux, de déduire de ses revenus fonciers les dépenses éligibles au dispositif de faveur et ce, même si le montant de celles-ci excède le plafond de la réduction d’impôt.


Défiscalisation Malraux : comment ?

Un engagement de location. Vous devez prendre l’engagement de louer l’immeuble pendant au moins 9 ans. Si la location porte sur un logement, le locataire (qui ne peut pas être un membre de votre foyer fiscal, un ascendant ou un descendant ou, dans le cas d’une SCI, l'un de ses associés ou un membre de son foyer fiscal, un ascendant ou un descendant) doit en faire sa résidence principale.

Le saviez-vous ?

La location doit être effective dans les 12 mois de l’achèvement des travaux. Elle doit être effective et continue pendant les 9 ans.

Un engagement de conservation des parts. Si l'immeuble est la propriété d'une SCI, c’est elle qui prend l’engagement de location ; de votre côté, vous devez vous engager à conserver vos parts jusqu'au terme de l'engagement de location pris par la société.

Attention. Si les conditions d’application de ce dispositif ne sont pas respectées, vous encourez une remise en cause de l’avantage fiscal correspondant. Il faut également noter que la réduction d’impôt Malraux ne se cumule pas avec d’autres dispositifs de défiscalisation immobilière (et notamment la défiscalisation Pinel).

Mais... Aucune remise en cause de l’avantage fiscal ne vous sera opposée si vous ne respectez pas votre engagement de logement en raison d’une invalidité, d’un décès ou d’un licenciement (vous concernant ou concernant votre conjoint ou partenaire de Pacs).

A retenir

En fonction du secteur dans lequel est situé l’immeuble éligible aux opérations de restauration immobilière, vous pourrez bénéficier d’une réduction d’impôt de 22 % ou de 30 %, calculée sur la base des dépenses et des travaux admis.

Cette réduction d’impôt suppose de prendre l’engagement de louer le bien restauré pendant au moins 9 ans.

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Pour aller plus loin…

Le coin du dirigeant Défiscalisation « Pinel » : quel avantage fiscal ?
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Défiscalisation « Pinel » : quel avantage fiscal ?

Date de mise à jour : 20/03/2023 Date de vérification le : 20/03/2023 20 minutes
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La défiscalisation « Duflot » a fait place à la défiscalisation « Pinel » : bien que l’objectif soit toujours d’associer investissement immobilier locatif et optimisation fiscale, des changements notables sont à noter. Quels sont les (nouveaux) avantages liés à ce nouveau dispositif ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Défiscalisation « Pinel » : quel avantage fiscal ?

Défiscalisation Pinel : une réduction d’impôt avantageuse

Une réduction d’impôt conséquente. Si vous achetez un logement neuf ou faites construire un logement, directement ou par l’intermédiaire d’une SCI (non soumise à l’impôt sur les sociétés), jusqu'au 31 décembre 2024, vous pourrez opter pour la réduction d’impôt « Pinel », dont le montant va varier selon les modalités choisies.

Variable… Cet avantage fiscal repose sur un engagement de louer le logement acheté ou construit à un locataire qui en fera sa résidence principale. Cet engagement, qui peut être d’une durée de 6 ans ou de 9 ans, est prorogeable pour une durée de 3 ans renouvelable une fois (si l’engagement initial est de 6 ans) ou de 3 ans non renouvelable (si l’engagement initial est de 9 ans), ce qui porte la durée maximale possible de votre engagement à 12 ans.

Concrètement. La réduction d’impôt sera répartie sur 6, 9 ou 12 ans. Elle se calcule en appliquant au montant de votre investissement, retenu dans la limite de 300 000 €, le taux correspondant.

Un taux. Depuis 2021, le taux de la réduction d’impôt est fixé de la manière suivante :

Taux de la réduction d’impôt

Durée de l’engagement de location

Durée de la prorogation de l’engagement de location

Pour les investissements réalisés en 2021

Pour les investissements réalisés en 2022

Pour les investissements réalisés en 2023

Pour les investissements réalisés en 2024

6 ans

 

12 % (23 % pour les investissements en Outre mer)

12 % (23 % pour les investissements en Outre mer)

10,5 % (21,5 % pour les investissements en Outre mer)

9 % (20 % pour les investissements en outre mer)

 

1ère prorogation triennale

6 %

6 %

4,5 %

3 %

 

2nde prorogation triennale

3 %

3 %

2,5 %

2 %

9 ans

 

18 % (29 % pour les investissements en Outre-mer)

18 % (29 % pour les investissements en Outre-mer)

15 % (26 % pour les investissements en Outre-mer)

12 % (23 % pour les investissements en Outre-mer)

 

Unique prorogation triennale

3 %

3 %

2,5 %

2 %

Toutefois. Ne sont pas concernés par cette baisse progressive :

  • les investissements réalisés dans le cadre du dispositif Denormandie ;
  • les investissements réalisés dans des logements situés dans un quartier prioritaire de la politique de la ville ;
  • les investissements réalisés dans des logements qui respectent un niveau de qualité supérieur à la réglementation.

En métropole, les logements qui respectent un niveau de qualité supérieur à la réglementation sont ceux :

  • situés dans un bâtiment d’habitation collectif qui atteint un niveau de performance énergétique et environnementale supérieur à la réglementation en vigueur :
  • ○ jalon 2025 de la RE 2020 pour les logements neufs achetés en 2023 ;
  • ○ jalon 2025 de la RE 2020 et classe A du DPE (diagnostic de performance énergétique) pour les logements neufs achetés en 2024 ;
  • ○ label E+C- et classe A du DPE pour les logements achetés neufs en 2023 ou 2024 dans le cadre d’une opération de construction pour laquelle la demande de permis de construire a été déposée avant le 1er janvier 2022 ;
  • ○ classe A ou B du DPE pour les logements achetés en 2023 et 2024 qui ne résultent pas d’une opération de construction ;
  • et qui présentent les caractéristiques d’usage et de confort suivantes :
  • ○ une surface minimale par typologie : 28m² pour un T1, 45m² pour un T2, 62m² pour un T3, 79m² pour un T4 et 96m² pour un T5 ;
  • ○ la présence systématique d’un espace extérieur d’une surface minimale par typologie de logement ;
  • ○ une double exposition à partir du T3.

En outre-mer. En Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à La Réunion, à Mayotte, à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin, à Saint-Pierre-et-Miquelon, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie Française et à Wallis-et-Futuna, les logements qui respectent un niveau de qualité supérieur à la réglementation sont ceux qui :

  • sont situés dans un bâtiment d’habitation collectif qui atteint un niveau de performance énergétique et environnementale supérieur à la réglementation en vigueur (variable selon la collectivité concernée), consultable ici ;
  • et qui présentent les caractéristiques d’usage et de confort suivantes :
  • ○ surface minimale : 28 m² pour un T1, 45 m² pour un T2, 62 m² pour un T3, 79 m² pour un T4 et 96 m² pour un T5 ;
  • ○ existence d’espaces extérieurs privatifs ou à jouissance privative d’une surface minimale : 3 m² pour un T1, 3 m² pour un T2, 5 m² pour un T3, 7 m² pour un T4 et 9 m² pour un T5 ;
  • ○ existence d’une ouverture sur l’extérieur de type fenêtre ou porte-fenêtre sur au moins deux façades d’orientations différentes pour les T3 et plus.

Attention.Pour les contrats de réservation et actes authentiques signés à compter du 1er avril 2020, les frais et commissions qui sont imputés par les agents immobiliers et les autres intermédiaires à l’occasion de l’investissement sont plafonnés à 10 % du prix de revient du logement.

Une sanction. Tout dépassement du plafond des frais et commissions susceptibles d’être perçus par les intermédiaires dans le cadre d’opérations d’acquisition de logements ouvrant droit à la réduction d’impôt Pinel est passible d’une amende administrative dont le montant ne peut excéder 10 fois les frais excédant le plafond.

          Le saviez-vous ?

L’avantage fiscal vaut non seulement pour l’achat d’un logement neuf (achevé ou acquis en l’état futur d’achèvement) ou la construction d’un logement, mais aussi pour l’achat d’un logement qui fait l’objet d’une réhabilitation totale ou qui fait l’objet de travaux d’une importance telle que l’opération est assimilée à une construction d’un logement neuf.

Pour information. Sachez qu’il est également possible de bénéficier de cet avantage fiscal en cas de souscription dans des parts de SCPI, à condition que 95 % de la souscription servent à financer un investissement immobilier éligible au dispositif. Le bénéfice de la réduction d’impôt supposera notamment que vous preniez l’engagement de conserver les parts de SCPI pendant toute la durée de l’engagement de location pris par la SCPI.


Défiscalisation Pinel : quand ?

Construction. Si vous faites construire une habitation, il est nécessaire d’opérer une distinction entre la date de réalisation de l’investissement (dépôt de la demande de permis de construire), qui ouvre droit au bénéfice de l’avantage fiscal, et la date à laquelle la réduction d’impôt s’appliquera effectivement à votre revenu (date d’achèvement de la construction qui doit intervenir dans les 30 mois suivant l’obtention du permis de construire).

Achat d’un logement. Vous pouvez bénéficier de l’avantage fiscal au titre de l’année au cours de laquelle l’acte authentique de vente a été signé, donc à compter de l’année où vous avez effectivement acheté le logement.

Travaux de réhabilitation. Si vous achetez un logement qui fait l’objet d’une réhabilitation totale, la réduction d’impôt s’appliquera effectivement à votre revenu à la date d’achèvement des travaux qui, pour mémoire, doit intervenir au plus tard le 31 décembre de la 2ème année qui suit celle de l’acquisition. Même chose pour les travaux de transformation.

Achat d’un logement en VEFA. Si vous achetez un logement en VEFA, il est nécessaire d’opérer une distinction entre la date de réalisation de l’investissement, qui ouvre droit au bénéfice de l’avantage fiscal, et la date à laquelle la réduction d’impôt s’appliquera effectivement à votre revenu (date d’achèvement de la construction qui, pour mémoire, doit intervenir dans les 30 mois qui suivent la signature de l’acte authentique).

Une précision importante… En cas d’interruption de chantier, l’administration admet, dans certains cas particuliers, que le délai de 30 mois puisse être prorogé.


Défiscalisation Pinel : les conditions à respecter

Concernant le logement. Non seulement il doit s’agir d’un logement neuf ou proche du neuf, mais en plus :

  • il doit respecter un niveau de performance énergétique précis :
  •      o pour les logements neufs : il s‘agit de la réglementation thermique 2012 (RT 2012) ou le label « bâtiment basse consommation énergétique 2005 (BBC 2005) » ;
  •      o pour les autres logements : il s’agit du label « haute performance énergétique rénovation (HPE rénovation 2009) » ou le label « bâtiment basse consommation énergétique rénovation (BBC rénovation 2009) » ;
  • pour les investissements réalisés à partir du 1er janvier 2018, il doit être situé dans une zone du territoire marquée par un déséquilibre entre l’offre et la demande de logement : en pratique, il s’agit des zones communes éligibles situées en zone A, A bis, B1.

A noter. Le dispositif Pinel s’applique aussi, depuis le 1er janvier 2017, aux investissements réalisés sur le territoire des communes couvertes par un contrat de redynamisation des sites de défense : il s’agit essentiellement des sites sur lesquels d’anciens bâtiments affectés à la défense ont été détruits. Dans ce cas, la zone dans laquelle se situe la commune (A, Abis, B1, B2 ou C) est sans importance.

- Consultez la liste des communes situées dans les différentes zones

A noter (bis). La réduction Pinel est également ouverte, depuis le 1er janvier 2018, aux investissements réalisés dans des communes ayant été couvertes par un contrat de redynamisation des sites de la défense dans un délai de 8 ans précédant l’investissement. Cela se justifie par le fait que la plupart des contrats de redynamisation ont expiré en 2014.

Un changement pour 2021. Pour les investissements réalisés, ainsi que pour les demandes de permis de construire déposées à compter du 1er janvier 2021, l’avantage fiscal est réservé aux investissements portant sur des bâtiments d’habitation collectifs. Il ne sera donc plus possible de bénéficier de la réduction d’impôt pour les bâtiments d’habitation individuels.

Définition de la notion de « bâtiment d’habitation collectif ». Pour l’administration fiscale, la notion de « bâtiment d’habitation collectif » nécessite la réalisation d’un nombre minimal de logement, qui doit obligatoirement être supérieur à 2.

De même, ces logements doivent être regroupés dans un seul et même bâtiment, sans que cela n’implique nécessairement une superposition verticale : les logements peuvent donc être alignés ou en bande, dès lors qu’ils appartiennent au même bâtiment.

Enfin, quelle que soit la configuration des logements, la construction doit se présenter comme un seul bâtiment présentant une unité de structure (fondation, gros œuvre, toiture, etc.).

En conséquence, les villas individuelles construites au sein d’une copropriété, ou encore les villas construites de manière jumelée ou en bande, ne sont pas des logements situés dans un bâtiment d’habitation collectif, et ne permettent donc pas de bénéficier de la réduction d’impôt Pinel.

Vous concernant. Vous devez respecter les conditions et engagements suivants :

  • vous devez vous engager à louer le logement (pendant 6 ou 9 ans prorogeables) sans y associer le mobilier (location nue), à une personne qui en fait sa résidence principale (un logement qui n’est pas affecté à la résidence principale du locataire peut entraîner une remise en cause de l’avantage fiscal) ;
  • si le logement appartient à une SCI, c’est elle qui prend cet engagement de location et vous devez, de votre côté, prendre un engagement de conserver les titres de la SCI pendant toute la durée de l’engagement de location ;
  • vous devez louer le logement en respectant des plafonds de loyer et de ressources du locataire ;
  • vous ne pourrez bénéficier de la réduction d’impôt qu’à raison de deux logements au titre d’une même année d’imposition (en cas de construction de plus de 2 logements, tous achevés la même année, il faut choisir les 2 logements pour lesquels l’avantage fiscal s’appliquera) ;
  • la base de calcul de votre réduction d’impôt ne pourra pas excéder le prix de revient d’au plus 2 logements, retenu dans la limite d’un plafond de 5 500 € par m² de surface habitable, sans pouvoir dépasser la limite de 300 000 € par contribuable et pour une même année d'imposition.

Attention. La location doit prendre effet dans les 12 mois de l'acquisition ou de l'achèvement de la construction ou des travaux. Elle doit être effective et continue. Il faut savoir qu’un immeuble est réputé achevé lorsque sont exécutés les ouvrages et sont installés les éléments d'équipement qui sont indispensables à l'utilisation du logement, conformément à sa destination. L’achèvement du logement ne peut, en outre, résulter que d'une constatation contradictoire entre l'acquéreur et le vendeur. C’est à partir de la signature de ce procès-verbal de livraison que démarre le délai de 12 mois, et non pas de la signature de l’attestation d’achèvement par le seul promoteur.

    =>  Consultez les plafonds de loyers et les plafonds de ressources du locataire

Le saviez-vous ?

Attention à la reprise de l’engagement de location, en cas de donation du logement ou de succession, par le donataire, l’héritier, l’époux survivant, voire même à la suite d’un divorce ou d’un PACS entre partenaires faisant l’objet d’une imposition commune.

Cette reprise, qui doit être formalisée et souscrite auprès de l’administration fiscale, est une condition essentielle pour continuer à bénéficier de l’avantage fiscal pour la période restant à courir et éviter toute remise en cause de la réduction d’impôt !

Concrètement. En cas de décès d’un époux, le bénéfice de l’avantage fiscal suppose que le conjoint survivant reprenne l’engagement de location qui a initialement été souscrit conjointement par les époux. La reprise de cet engagement vaut pour la fraction du délai de location qui reste à courir à la date de décès. Il en sera de même pour l’héritier ou le donataire (notez qu’en cas de donation, l’engagement de location formulée par le donataire permet au donateur de conserver le bénéfice de l’avantage fiscal qu’il a obtenu).

Concernant le locataire. Il faut distinguer selon la date de réalisation de votre investissement :

  • pour les investissements réalisés à partir du 1er janvier 2015, il vous est possible de louer le logement à un ascendant ou un descendant (non rattaché à votre foyer fiscal) ; lorsque le logement est la propriété d’une SCI, le locataire doit être une personne autre qu’un associé ou un membre du foyer fiscal d’un associé ;
  • pour les investissements réalisés avant le 1er janvier 2015, la location n’est pas possible au profit d’un membre de votre foyer fiscal, d’un de vos ascendants ou de vos enfants, petits-enfants ou arrières petits-enfants ; si le logement appartient à une SCI, le locataire ne pourra pas être un associé, un membre de son foyer fiscal, ou un ascendant ou un descendant de l'un des associés.
          Le saviez-vous ?

Le non-rattachement au foyer fiscal s’apprécie au titre de l'année de conclusion du bail, ainsi qu'au titre de chacune des années de location.

A noter. La réduction d’impôt Pinel ne peut pas se cumuler, pour un même logement, avec la réduction d’impôt Denormandie (aussi appelée « Pinel ancien »).

=> Pour en savoir plus, consultez notre fiche « Défiscalisation « Denormandie » ou « Pinel ancien » : quel avantage fiscal ? »

Attention. Le non-respect de ces conditions sera susceptible d’entraîner une remise en cause de l’avantage fiscal dont vous bénéficiez. Nous attirons particulièrement votre attention sur l’engagement de location et les modalités de cette location : votre engagement est pris sur au moins 6 ans, une durée relativement longue. Vous devez être en mesure de louer le bien acquis pendant cette période : autant acheter un bien que vous serez sûr de louer dans de bonnes conditions, d’où l’importance de la qualité du logement que vous achetez…


Défiscalisation Pinel : les formalités à respecter

Si vous investissez en direct… Vous devez établir une note annexe, à conserver précieusement (et à joindre à votre déclaration de revenus en cas de dépôt sous format papier), comportant les mentions suivantes :

  • vos coordonnées et adresse ;
  • l’adresse du logement concerné, sa date d’acquisition ou d’achèvement, la date de sa première mise en location et la surface à prendre en compte pour l’appréciation du plafond de loyer ;
  • le montant du loyer mensuel, charges non comprises ;
  • l’engagement de louer le logement non meublé à usage d’habitation principale du locataire, pendant une durée de 6 ans au moins, à une personne autre qu’un membre de votre foyer fiscal (pour les investissements réalisés à partir du 1er janvier 2015) ;
  • les modalités de calcul de la réduction d’impôt.

En outre… Vous devrez également conserver ou joindre une copie du bail et une copie de l’avis d’imposition du locataire établi au titre de l’avant-dernière année précédant celle de la signature du bail, ainsi que l’ensemble des documents ayant trait à l’acquisition ou la construction du logement (déclaration d’ouverture de chantier, déclaration d’achèvement des travaux, copie du dépôt de la demande de permis de construire, copie du document attestant de sa date d’obtention, etc.).

Si vous investissez via une SCI… La société doit respecter les obligations précitées et joindre à sa déclaration de résultats de l’année d’investissement un engagement de louer, pendant une durée de 6 ans, le logement non meublé à usage d’habitation principale du locataire, à une personne autre qu’un associé ou un membre de son foyer fiscal (pour les investissements réalisés à partir du 1er janvier 2015). De votre côté, vous devez conserver votre propre engagement lié à la conservation des titres pendant toute la durée de l’engagement de location pris par la SCI. Vous devez également conserver le document établi par la SCI, tous les ans, et qui mentionne :

  • l'identité et l'adresse de l'associé ;
  • le nombre et les numéros des parts détenues au 1er janvier et au 31 décembre et, le cas échéant, des parts souscrites, acquises et transmises au cours de l'année ainsi que la date de ces opérations ;
  • la quote-part des revenus des immeubles de la société correspondant aux droits de l'associé ;
  • l'adresse du ou des immeubles ouvrant droit à la réduction d'impôt ;
  • l'attestation que la location remplit les conditions de loyer et de ressources prévues ;
  • la part du revenu net foncier correspondant aux droits de l'associé déterminé dans les conditions de droit commun ;
  • le montant de la réduction d'impôt correspondant aux droits de l'associé ;
  • en cas de non-respect par la société ou un associé de ses engagements, la quote-part de la réduction d'impôt que l'associé doit ajouter à l'impôt sur le revenu de l'année au cours de laquelle la rupture de l'engagement ou la cession du logement ou des parts est intervenue.

Défiscalisation Pinel : une expérimentation en Bretagne

Une expérimentation. Dans le cadre de cette expérimentation, jusqu'au 31 décembre 2024, pour les logements situés dans la région Bretagne, la réduction d'impôt Pinel s'appliquera exclusivement aux logements situés dans des communes ou parties de communes se caractérisant par une tension élevée du marché locatif et des besoins en logements intermédiaires importants, déterminées par arrêté du représentant de l'État dans la région, après avis du comité régional de l'habitat et de l'hébergement et du président du conseil régional.

Des plafonds de loyer et de ressources. C’est le représentant de l'État dans la région qui devra arrêter, pour chaque commune ou partie de commune et par type de logement, les plafonds de loyer et de ressources du locataire.

Quand ? Cette expérimentation s’applique aux achats de logements et, s'agissant des logements que le contribuable fait construire, aux dépôts de demande de permis de construire réalisés entre le 1er avril 2020 et le 31 décembre 2024.

Une déclaration... Les personnes bénéficiant de la réduction d'impôt pour des investissements réalisés en Bretagne doivent souscrire :

  • une déclaration spécifique l’année suivant l’achèvement de l’immeuble ou des travaux ou l’achat de l’immeuble si elle est postérieure ;
  • une déclaration complémentaire par logement, chaque année durant l’engagement de location.

…par voie électronique. Ces déclarations doivent être transmises par voie électronique ou par l’intermédiaire d’un formulaire spécifique mis à disposition par la direction générale de l’aménagement, du logement et de la nature.

Le contenu de ces déclarations varie selon que l’investisseur est un particulier ou une société.

Particuliers. Ainsi, pour un particulier, elles doivent comporter les informations suivantes :

  • son identité et son adresse ;
  • l'adresse complète du logement concerné (numéro et nom de rue, code postal, commune, numéro d'appartement, étage, escalier, bâtiment, ou résidence), la référence cadastrale mentionnée dans l'acte authentique d'acquisition, sa date d'acquisition ou d'achèvement, la date d'entrée du premier locataire, la surface habitable, et la surface des annexes ;
  • le montant du loyer mensuel, charges non comprises, et le montant des charges mensuelles tels qu'ils résultent du bail ;
  • la durée de l'engagement de louer le logement non meublé à usage d'habitation principale du locataire à une personne autre qu'un membre de son foyer fiscal, pendant une durée minimale de six ou neuf ans, selon l'option choisie ;
  • le revenu fiscal de référence du ou des locataires établis au titre de l'avant-dernière année précédant celle de la signature du contrat de location ainsi que la composition du foyer fiscal du ou des locataires à la date de signature du bail (couple ou personne seule, et nombre de personnes à charge).

Sociétés. Les sociétés, quant à elles, doivent communiquer les informations suivantes dans leurs déclarations :

  • les dénomination sociale et adresse de la société ;
  • l'identité et l'adresse de chaque associé ;
  • pour chaque associé, le nombre des parts détenues au 1er janvier et au 31 décembre ;
  • pour chaque logement détenu par la société, l'adresse complète du logement concerné (numéro et nom de rue, code postal, commune, numéro d'appartement, étage, escalier, bâtiment, ou résidence), la référence cadastrale mentionnée dans l'acte authentique d'acquisition, sa date d'acquisition ou d'achèvement, la date d'entrée du premier locataire, la surface habitable, et la surface des annexes ;
  • pour chaque logement détenu par la société, le montant du loyer mensuel, charges non comprises, et le montant des charges mensuelles tels qu'ils résultent du bail ;
  • pour chaque logement détenu par la société, la durée de l'engagement de louer le logement non meublé à usage d'habitation principale du locataire à une personne autre que les associés ou un membre de leur foyer fiscal, pendant une durée minimale de six ou neuf ans, selon l'option choisie ;
  • pour chaque logement détenu par la société, le revenu fiscal de référence du ou des locataires établis au titre de l'avant-dernière année précédant celle de la signature du contrat de location ainsi que la composition du foyer fiscal du ou des locataires à la date de signature du bail (couple ou personne seule, et nombre de personnes à charge).

Des informations supplémentaires. Lorsque le logement n'est pas loué au moment du dépôt de la déclaration, l’investisseur (particulier ou société) devra en outre indiquer :

  • le montant prévisionnel du loyer mensuel, charges non comprises, et le montant prévisionnel des charges mensuelles ;
  • la date prévisionnelle de sa première mise en location du ou des locataires.

En cas de changement de locataire au cours de la période d'engagement de location, la déclaration complémentaire spécifique est mise à jour l'année suivant celle au cours de laquelle le changement est intervenu.

A retenir

En optant pour un engagement de location de 6 ans, vous bénéficierez d’une réduction d’impôt maximale de 36 000 €. Elle s’élève à 54 000 € si votre engagement de location porte sur une période de 9 ans et 63 000 € si vous prorogez cet engagement jusqu’à 12 ans.

Vous êtes autorisé à louer votre logement à un ascendant ou un descendant (non-membre de votre foyer fiscal), pour autant que soient respectés les plafonds de loyer et de ressources.

Sources
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Défiscalisation immobilière : attention à votre engagement de location !

Date de mise à jour : 09/06/2022 Date de vérification le : 13/06/2024 1 minute
Attention, cet article a plus d'un an

Vous avez acheté un appartement neuf pour lequel vous avez opté pour une opération de défiscalisation immobilière, du type « Scellier », « Duflot » ou « Pinel ». Comme vous le savez, cette option vous permet de bénéficier d’un avantage fiscal non négligeable (une réduction d’impôt en l’occurrence). Encore faut-il que votre logement soit mis en location…

Rédigé par l'équipe WebLex.
Défiscalisation immobilière : attention à votre engagement de location !

Défiscalisation immobilière : des conditions à respecter

Une réduction d’impôt. Qu’il s’agisse du « Scellier », du « Duflot », du « Pinel », du « Denormandie » ou du « Borloo », ces dispositifs de défiscalisation immobilière permettent de bénéficier d’une réduction d’impôt sur le revenu, dont le montant est susceptible de varier selon la date à laquelle vous avez réalisé votre investissement. A titre d’exemple, un investissement « Scellier » réalisé en 2010 vous rapportera une réduction d‘impôt maximale de 75 000 €, répartie sur 9 ans.

Des conditions très précises à respecter. Des conditions sont à respecter pour bénéficier de cet avantage fiscal : type d’investissement, respect de caractéristiques thermiques et de performance énergétique, localisation géographique du logement, etc.

     =>  Retrouvez toutes les conditions d’application du dispositif Scellier

     =>  Consultez la fiche pratique consacrée au dispositif Duflot

     =>  Consultez la fiche pratique consacrée au dispositif Pinel

     => Consultez la fiche pratique consacrée au dispositif Denormandie

Dont un engagement de location. Parmi ces différentes conditions figure un engagement de location pendant une durée qui varie selon les dispositifs, location elle-même assortie de certaines conditions et notamment les suivantes :

  • vous devez respecter des plafonds de loyers (variables selon la localisation de votre bien locatif) et de ressources pour certains types d’investissement ;
  • votre locataire ne doit pas être, ni un membre de votre foyer fiscal, ni, dans le cadre du dispositif Duflot ou du Scellier dit « intermédiaire », un ascendant ou un descendant ;
  • votre locataire doit faire de ce logement sa résidence principale : il ne peut donc pas s’agir d’une location saisonnière par exemple ;
  • la location est dite « nue », c’est-à-dire que le logement doit être dépourvu de meubles.

Le saviez-vous ?

Dans le cadre du dispositif « Scellier intermédiaire », vous pouvez suspendre votre engagement de location pour mettre votre logement à la disposition d’un ascendant ou d’un descendant. Toutefois, cette mise à disposition, qui n’est pas prise en compte pour apprécier la durée de votre engagement de location d’au moins 9 ans, ne peut intervenir qu’à l’issue d’une période de location d’au moins 3 ans et ne doit pas excéder 9 ans. Pendant cette période, vous ne pouvez pas bénéficier des avantages fiscaux qui sont, eux aussi, suspendus.

Défiscalisation immobilière : un engagement de location

Un engagement sur une longue période ! La location doit être effective et continue pendant toute la durée de votre engagement. Cet engagement est de 9 ans minimum pour les investissements Scellier et Duflot et varie de 6 à 12 ans pour les investissements Pinel et Denormandie. Cette durée est calculée de date à date, à compter de celle de la prise d’effet du bail initial. C’est à ce niveau que vous pouvez rencontrer quelques difficultés…

Vous avez un an pour trouver un locataire ! De nombreux investisseurs ont malheureusement connu cette mésaventure, celle de ne pas trouver de locataire pour occuper leur logement locatif. Il est impératif que votre logement soit mis en location dans les 12 mois qui suivent, soit la date d’acquisition, soit la date d’achèvement des travaux, soit la date d’achèvement du logement. A défaut, vous risquez une remise en cause de l’avantage fiscal !

En cas de départ de votre locataire. Il s’agit d’une situation que vous serez très certainement amené à rencontrer : en cas de départ d’un locataire pendant la période couverte par votre engagement de location, vous devez remettre aussitôt votre bien en location, et ce tant que dure votre engagement de location pour éviter toute remise en cause de votre réduction d’impôt. C’est l’application du principe selon lequel la location doit être effective et continue tout le temps que dure votre engagement de location.

Vous ne trouvez pas de nouveau locataire ? Au-delà de la contrainte de ne pas percevoir de loyer en cas de vacance dans la location, sachez que vous risquez, là encore, une remise en cause de la réduction d’impôt. Mais vous disposez, toutefois d’un délai de 12 mois pour trouver un nouveau locataire ou effectuer les travaux nécessaires à la remise en état du logement pour une remise en location dans les meilleurs délais. Ce n’est qu’à défaut de relocation effective dans un délai de 12 mois à compter de la date de réception de la lettre recommandée par laquelle le locataire vous a signifié son congé que l’administration pourra remettre en cause la réduction d’impôt obtenue.

Le saviez-vous ?

Cette période de vacance temporaire de 12 mois maximum n’est admise par l’administration fiscale que si vous êtes en mesure de prouver que vous avez accompli toutes les diligences nécessaires pour mettre votre bien en location, à des conditions non dissuasives de surcroît. Conservez précieusement une copie des annonces que vous avez déposées à cet effet, prouvez le cas échéant le recours à une agence immobilière, etc.

Une exception à connaître. Lorsqu’un locataire donne son congé moins de 12 mois avant le terme de votre période d’engagement de location, vous ne risquerez pas de remise en cause de votre avantage fiscal. Toutefois, pour cela, vous devez tout de même établir que votre logement est en état d’être loué et que vous ne vous en réservez pas l’usage à quelque titre que ce soit, voire que le logement n’a pas été vendu avant l’expiration de l’engagement de location.


Défiscalisation immobilière : une remise en cause de votre avantage fiscal !

1ère hypothèse : le défaut de location. Comme nous l’avons signalé précédemment, le défaut de location dans les 12 mois de l’achat ou de l’achèvement du logement entraîne une reprise de la réduction d’impôt : concrètement, votre impôt sur le revenu des années au titre desquelles la réduction d’impôt a été pratiquée est majoré du montant de cette réduction.

Pour la petite histoire 1. Un couple qui a investi dans un logement situé à Carcassonne n’a pas réussi trouver de locataire et n’a donc pas pu profiter de l’avantage fiscal attaché à son investissement. Mécontent, le couple s’est estimé trompé par la société qui lui a vendu l’appartement en promettant un placement idéal et sans risque : plus précisément, il a reproché à la société de lui avoir assuré via une étude financière personnalisée, un placement sûr et rentable. Ce dont s’est défendu la société pour qui, entre autres arguments, tout investissement immobilier locatif comporte un risque, ce qui est connu de tous. Or, elle connaissait l’état de saturation du marché locatif à Carcassonne et, malgré cela, a fait croire au couple à un investissement avantageux et sans risque. C’est ce qu’a relevé notamment le juge pour conclure que le couple a été trompé et annuler la vente !

Bon à savoir. Il est conseillé de mentionner l’objectif de défiscalisation dans le contrat de vente. Annexer les documents publicitaires au contrat de vente peut également être judicieux.

2ème hypothèse : le défaut de relocation. Si vous ne procédez pas à la relocation de votre bien dans le délai de 12 mois, ou si vous vous réservez la jouissance de votre logement pendant la durée de votre engagement, vous risquez également une reprise de la réduction d’impôt : votre impôt de l’année au cours de laquelle intervient l’événement qui entraîne la déchéance de l’avantage fiscal est majoré du montant total de la réduction d’impôt obtenue.

Le saviez-vous ?

Des exceptions à cette remise en cause de l’avantage fiscal sont prévues. Vous ne risquez rien si vous-même ou votre conjoint ou partenaire (dès lors que vous êtes soumis à imposition commune) êtes atteint d’une invalidité correspondant au classement dans la 2ème ou 3ème catégorie ou êtes licencié, ou encore en cas de décès.

3ème hypothèse : la vente du logement. Si vous revendez le logement loué avant l’expiration de votre engagement de location, votre avantage fiscal sera remis en cause par l’administration. Mais aucune remise en cause ne sera effectuée si la revente du logement est motivée par l’invalidité, le décès ou le licenciement d’un des époux ou partenaires (soumis à imposition commune).

Attention. L’absence de remise en cause en cas de perte d’emploi ne vaut qu’en cas de licenciement, c’est-à-dire une rupture du contrat de travail à l’initiative de l’employeur. Il a été jugé qu’un investisseur ne peut pas se prévaloir de cette tolérance en cas de rupture conventionnelle.

4ème hypothèse : la spécificité du « Scellier intermédiaire ». Imaginons que vous ayez choisi de louer votre logement dans le cadre du régime « Scellier intermédiaire ». Comme nous l’avons précisé, ce régime particulier vous permet de bénéficier d’une déduction complémentaire de 30 % (calculée sur vos revenus fonciers) et d’un complément de réduction d’impôt (sous réserve, dans ce cas, de prolonger votre engagement de location à l’issue de la période initiale de 9 ans, et ce, pour une durée maximale de 6 ans). Cela suppose de louer votre bien, non seulement en respectant des plafonds de loyers plus restrictifs, mais aussi de louer votre bien à une personne autre qu’un descendant ou un ascendant qui respecte des plafonds de ressources.

Une difficulté de location ? Au cours des 9 ans que dure votre engagement de location dans le cadre de ce dispositif, vous pouvez avoir des difficultés à trouver des locataires qui respectent les conditions requises ; vous pouvez également souhaiter louer votre logement à un enfant majeur qui n’est plus rattaché à votre foyer fiscal.

Les risques à connaître. Dans ce cas, vous risquez là aussi une remise en cause de l’avantage fiscal. Notez cependant que si vous respectez les conditions d’application de la réduction d’impôt et que seules celles relatives à l’application des avantages fiscaux supplémentaires précités ne sont pas respectées, la remise en cause concernera uniquement ces avantages supplémentaires. Concrètement, si vous louez votre logement à une personne qui ne respecte pas les conditions de ressources par exemple, vous encourez une remise en cause de l’application de la déduction complémentaire de 30 %, mais vous pourrez conserver le bénéfice de la réduction d’impôt, toutes autres conditions étant par ailleurs remplies. Bien entendu, vous ne pourrez pas bénéficier d’un complément de réduction d’impôt.

5ème hypothèse : le décès du conjoint. Dans l’hypothèse où l’acquisition du logement est faite par des conjoints, l’engagement de location est réputé souscrit conjointement par les époux. Si l’un des époux décède au cours de cette période d’engagement de location, il est impératif que l’époux survivant souscrive auprès de l’administration un nouvel engagement de location pour la période restant à courir. Ce qui n’a, par exemple, pas été fait par une personne à la suite du décès de son épouse et qui a tout de même subi un contrôle fiscal qui a abouti, pour ces raisons, à une remise en cause (au moins partielle) de son avantage fiscal !

À retenir

Pour bénéficier sans risque de la réduction d’impôt, le logement doit être loué dans les 12 mois qui suivent la date d’acquisition du bien ou la date d’achèvement des travaux ou de la construction du logement.

En cas de départ du locataire, vous devez impérativement relouer votre logement dans les 12 mois. Ce délai vous est accordé sous réserve que vous soyez à même de prouver que vous avez accompli toutes les diligences nécessaires pour mettre votre bien en location.

 

J'ai entendu dire

Que se passe-t-il en cas de divorce pendant la période couverte par l’engagement de location ?

Lorsqu’un tel événement intervient au cours de la période initiale d'engagement de location, il est admis que le nouveau contribuable (et notamment l’ex-époux attributaire du bien ayant ouvert droit à la réduction d’impôt, en cas de divorce) puisse, toutes conditions étant par ailleurs remplies, demander la reprise à son profit du dispositif (s’il ne demande pas cette reprise, la réduction d’impôt fait l’objet d’une remise en cause). Il faut prendre un engagement de location qui sera limité à la fraction du délai de neuf ans restant à courir.

Pour calculer les 9 années de location, doit-on soustraire les périodes de vacance locative entre deux locataires ?

S'agissant de l'appréciation du délai de 9 ans, l'admission d'une période de vacances entre 2 locataires est une tolérance de l'administration qui, à notre sens, par définition, doit s'interpréter dans un sens favorable au bénéficiaire de l'avantage fiscal. A cet égard, aucune précision sur une prorogation du délai de 9 ans n'est mentionnée dans la doctrine administrative. Le délai de 9 ans doit donc s'interpréter stricto sensu, à partir de l'achat ou de l'achèvement des travaux du bien immobilier.

Attention: il ne faut pas perdre de vue que cette tolérance ne vaut que pour autant que la vacance locative n'excède pas 12 mois et que le propriétaire ait effectué (et prouvé!) toutes les démarches utiles en vue de relouer son bien dans les meilleurs délais.
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Pour aller plus loin…

Le coin du dirigeant Défiscalisation « Pinel » : quel avantage fiscal ?
Opter pour la défiscalisation immobilière
Défiscalisation « Pinel » : quel avantage fiscal ?
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Défiscalisation « Duflot » : quel avantage ?

Date de mise à jour : 22/09/2021 Date de vérification le : 22/09/2021 9 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Le dispositif de défiscalisation immobilière« Duflot » s’applique aux investissements réalisés avant le 1er janvier 2014. Il offre le bénéfice d’un avantage fiscal qui prend la forme d’une réduction d’impôt : quelle est son montant, quelles conditions faut-il respecter et pendant combien de temps ?

Rédigé par l'équipe WebLex.
Défiscalisation « Duflot » : quel avantage ?


Défiscalisation Duflot : un avantage fiscal intéressant

Une réduction d’impôt conséquente. Si vous achetez un logement neuf ou faites construire un logement, directement ou par l’intermédiaire d’une SCI (non soumise à l’impôt sur les sociétés), vous pourrez opter pour la réduction d’impôt « Duflot » (qui remplace, en pratique, le dispositif « Scellier ») : cette réduction, répartie sur 9 ans, se calcule en appliquant au montant de votre investissement, retenu dans la limite de 300 000 €, le taux de 18 % (29 % pour un investissement immobilier en Outre-mer).

54 000 € d’économies d’impôt ? Au maximum, vous pouvez bénéficier d‘une réduction de votre impôt d’un montant de 6 000 € par an pendant 9 ans. Voilà qui peut vous aider à financer votre investissement, sans compter le loyer escompté qui fera partie intégrante de votre plan de financement.

De nombreuses conditions. Comme tout dispositif de ce type, vous devez respecter un certain nombre de conditions, qui tendent, au gré des nouveaux dispositifs, à se durcir, rendant peut-être un peu moins attractif l’investissement concerné. Notez, au préalable, que ce dispositif est remplacé depuis le 1er septembre 2014 par le dispositif « Pinel ».

Le saviez-vous ?

L’avantage fiscal vaut non seulement pour l’achat d’un logement neuf (achevé ou acquis en l’état futur d’achèvement) ou la construction d’un logement, mais aussi pour l’achat d’un logement qui fait l’objet d’une réhabilitation totale ou qui fait l’objet de travaux d’une importance telle que l’opération est assimilée à une construction d’un logement neuf. Sont également concernés les acquisitions de locaux qui sont transformés en logement.

Attention. Le logement dont la propriété est démembrée (nue-propriété et usufruit dévolus à des personnes différentes) n’est pas éligible à ce dispositif.

Pour information. Sachez qu’il est également possible de bénéficier de cet avantage fiscal en cas de souscription dans des parts de SCPI, à condition que 95 % de la souscription servent à financer un investissement immobilier éligible au dispositif. Le bénéfice de la réduction d'impôt supposera notamment que vous preniez l’engagement de conserver les parts de SCPI pendant toute la durée de l’engagement de location pris par la SCPI.


Défiscalisation Duflot : les conditions à respecter

De nombreuses conditions… Comme tout avantage fiscal, le dispositif Duflot suppose que soient respectées de nombreuses conditions qui intéressent tout autant l’objet de l’investissement, l’investisseur, le locataire, etc.

Concernant le logement. Non seulement il doit s’agir d’un logement neuf ou proche du neuf, mais en plus :

  • il doit respecter un niveau de performance énergétique précis :
  •      o pour les logements neufs : il s‘agit de la réglementation thermique 2012 (RT 2012) ou le label « bâtiment basse consommation énergétique 2005 (BBC 2005) » ;
  •      o pour les autres logements : il s’agit du label « haute performance énergétique rénovation (HPE rénovation 2009) » ou le label « bâtiment basse consommation énergétique rénovation (BBC rénovation 2009) » ;
  • il doit être situé dans une zone du territoire marquée par un déséquilibre entre l’offre et la demande de logement (il est ici fait référence aux zones A, A bis, B1, et B2, retenues pour le dispositif « Scellier », les communes situées en zone B2 n’étant plus éligibles que sur agrément, délivré par les services de la Préfecture, à compter du 1er juillet 2013) ;
  • dans le cadre des immeubles collectifs (comportant au moins 5 logements), le nombre de logements qui pourront ouvrir droit à l’avantage est limité à 80 % du total des logements : le non-respect de cette condition est sanctionné, en principe, auprès du promoteur, mais pour éviter tout problème, assurez-vous qu’elle est effectivement respectée (une mention dans l’acte d’acquisition doit, à ce titre, être précisée aux termes de laquelle ce quota est respecté par le promoteur).

Le saviez-vous ?

Des conditions particulières sont requises pour les logements situés en Guyane, en Martinique, en Guadeloupe et à La Réunion, s’agissant du respect d’un niveau minimum de performance énergétique des logements (qui ont notamment trait, par exemple, au niveau de protection solaire, à la ventilation naturelle permettant un recours limité à la climatisation, à la production d'eau chaude sanitaire, etc.). Renseignez-vous auprès des promoteurs en cas d’investissement immobilier en Outre-mer.

Il faut, par ailleurs, noter qu’aucune condition de performance énergétique n’est requise pour les logements situés à Mayotte.

Vous concernant. Vous devez respecter les conditions et engagements suivants :

  • vous devez vous engager à louer le logement pendant 9 ans, sans y associer le mobilier (location nue), à une personne qui en fait sa résidence principale ;
  • si le logement appartient à une SCI, c’est elle qui prend cet engagement de location et vous devez, de votre côté, prendre un engagement de conserver les titres de la SCI pendant toute la durée de l’engagement de location ;
  • vous devez louer le logement en respectant des plafonds de loyer et de ressources du locataire ;
  • vous ne pourrez bénéficier de la réduction d’impôt qu’à raison de 2 logements au titre d’une même année d’imposition ;
  • la base de calcul de votre réduction d’impôt ne pourra pas excéder le prix de revient d’au plus 2 logements, retenu dans la limite d’un plafond de 5 500 € par m² carrée de surface habitable, sans pouvoir dépasser la limite de 300 000 € par contribuable et pour une même année d'imposition.

Concernant le locataire. Vous ne pourrez pas louer le logement à n’importe qui :

  • il ne pourra pas s’agir d’un membre de votre foyer fiscal, d’un de vos ascendants ou de vos enfants, petits-enfants ou arrières petits-enfants ;
  • il ne pourra pas non plus s’agir d’un associé ou d’un membre de son foyer fiscal, ou un ascendant ou un descendant de l'un des associés si le logement appartient à une SCI ;
  • il devra respecter des conditions de ressources, au moment de la signature du bail.

Attention. La location doit prendre effet dans les 12 mois de l'acquisition ou de l'achèvement de la construction ou des travaux.

Consultez le barème  à respecter, tant au niveau des ressources du locataire que du montant des loyers praticables.

Attention. Le non-respect de ces conditions sera susceptible d’entraîner une remise en cause de l’avantage fiscal dont vous bénéficiez. Nous attirons particulièrement votre attention sur l’engagement de location et les modalités de cette location : votre engagement est pris sur 9 ans, une durée relativement longue. Vous devez être en mesure de louer le bien acquis pendant cette période : autant acheter un bien que vous serez sûr de louer dans de bonnes conditions, d’où l’importance de la qualité du logement que vous achetez…


Défiscalisation Duflot : les conditions à respecter

Si vous investissez en direct… Vous devez établir une note annexe, à conserver précieusement (et à joindre à votre déclaration de revenus en cas de dépôt sous format papier), comportant les mentions suivantes :

  • vos coordonnées et adresse ;
  • l’adresse du logement concerné, sa date d’acquisition ou d’achèvement, la date de sa première mise en location et la surface à prendre en compte pour l’appréciation du plafond de loyer ;
  • le montant du loyer mensuel, charges non comprises ;
  • l’engagement de louer le logement non meublé à usage d’habitation principale du locataire, pendant une durée de 9 ans au moins, à une personne autre qu’un membre de votre foyer fiscal, un ascendant ou un descendant ;
  • les modalités de calcul de la réduction d’impôt.

En outre… Vous devrez également conserver ou joindre une copie du bail et une copie de l’avis d’imposition du locataire établi au titre de l’avant-dernière année précédant celle de la signature du bail, ainsi que l’ensemble des documents ayant trait à l’acquisition ou la construction du logement (déclaration d’ouverture de chantier, déclaration d’achèvement des travaux, copie du dépôt de la demande de permis de construire, copie du document attestant de sa date d’obtention, etc.).

Si vous investissez via une SCI… La société doit respecter les obligations précitées et joindre à sa déclaration de résultats de l’année d’investissement un engagement de louer, pendant une durée de 9 ans, le logement non meublé à usage d’habitation principale du locataire, à une personne autre qu’un associé ou un membre de son foyer fiscal, un ascendant ou un descendant. De votre côté, vous devez conserver votre propre engagement lié à la conservation des titres pendant toute la durée de l’engagement de location pris par la SCI. Vous devez également conserver le document établi par la SCI, tous les ans, et qui mentionne :

  • l'identité et l'adresse de l'associé ;
  • le nombre et les numéros des parts détenues au 1er janvier et au 31 décembre et, le cas échéant, des parts souscrites, acquises et transmises au cours de l'année ainsi que la date de ces opérations ;
  • la quote-part des revenus des immeubles de la société correspondant aux droits de l'associé ;
  • l'adresse du ou des immeubles ouvrant droit à la réduction d'impôt ;
  • l'attestation que la location remplit les conditions de loyer et de ressources prévues ;
  • la part du revenu net foncier correspondant aux droits de l'associé déterminé dans les conditions de droit commun ;
  • le montant de la réduction d'impôt correspondant aux droits de l'associé ;
  • en cas de non-respect par la société ou un associé de ses engagements, la quote-part de la réduction d'impôt que l'associé doit ajouter à l'impôt sur le revenu de l'année au cours de laquelle la rupture de l'engagement ou la cession du logement ou des parts est intervenue.

A retenir

La réduction d’impôt est particulièrement intéressante : en faisant un investissement immobilier que vous vous engagez à mettre en location pendant au moins 9 ans, vous pouvez récupérer, au maximum, 6 000 € d’impôts par an pendant 9 ans.

Mais n’oubliez jamais qu’il ne s’agit pas que d’un produit de défiscalisation : vous achetez avant tout un bien immobilier. Vérifiez la qualité de ce que vous achetez, sa situation, l’état du marché locatif local…


J'ai entendu dire


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Sources
  • Article 199 novovicies du Code Général des Impôts
  • Loi de Finances pour 2013, n° 2012-1509, du 29 décembre 2012 (article 80)
  • Décret n° 2012-1532 du 29 décembre 2012 relatif aux plafonds de loyer et de ressources des locataires au classement des communes se caractérisant par un déséquilibre entre l'offre et la demande de logements et au niveau de performance énergétique globale et plafond de prix de revient par mètre carré de surface habitable des logements pour l'application de la réduction d'impôt sur le revenu au titre de l'investissement locatif prévue à l'article 199 novovicies du Code Général des Impôts
  • Décret n° 2013-474 du 5 juin 2013 relatif aux plafonds de loyer et de ressources des locataires et au niveau de performance énergétique globale des logements pour l'application au titre de l'investissement locatif dans les départements d'Outre-mer de la réduction d'impôt sur le revenu prévue au XII de l'article 199 novovicies du Code Général des Impôts
  • Décret n° 2013-517 du 19 juin 2013 relatif à la réduction des plafonds de loyer et à l'agrément prévus respectivement au second alinéa du III et au deuxième alinéa du IV de l'article 199 novovicies du Code Général des Impôts
  • Décret n° 2013-1235 du 23 décembre 2013 relatif aux obligations déclaratives afférentes à l’article 199 novovicies du Code Général des Impôts
  • Arrêté du 29 décembre 2012 relatif au classement des communes par zone se caractérisant par un déséquilibre important entre l'offre et la demande de logements pour l'application de la réduction d'impôt sur le revenu au titre de l'investissement immobilier locatif prévue au premier alinéa du IV l'article 199 novovicies du Code Général des Impôts
  • Arrêté du 1er août 2014 pris en application de l’article R 304-1 du code de la construction et de l’habitation
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Copropriété : ce qu’il faut savoir sur le syndicat des copropriétaires

Date de mise à jour : 18/10/2022 Date de vérification le : 18/10/2022 6 minutes
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Toute copropriété comporte un syndicat des copropriétaires dont les décisions sont prises en assemblée générale des copropriétaires : par qui est-il composé ? Quelles sont ses missions ? Sa responsabilité peut-elle être mise en jeu ?

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Copropriété : ce qu’il faut savoir sur le syndicat des copropriétaires

Syndicat des copropriétaires : de quoi s’agit-il ?

Le syndicat des copropriétaires. Dans toutes les copropriétés, la collectivité des copropriétaires est constituée en un syndicat qui s’exprime via l’assemblée générale (AG) des copropriétaires.

Le syndicat de tous les copropriétaires. Le syndicat des copropriétaires est composé de tous les copropriétaires, sans exceptions. La seule condition à remplir pour y appartenir est, en effet, d’être copropriétaire.

Quelles missions ? Le syndicat des copropriétaires a plusieurs missions. Il doit notamment décider du budget prévisionnel annuel, de l'amélioration de l'immeuble, des travaux nécessaires, de la nomination du syndic, etc. Toutes ces décisions sont prises via l’AG.

Le saviez-vous ?

Lorsqu’une copropriété comporte plusieurs immeubles, il peut y avoir des syndicats de copropriétaires secondaires, un par immeuble, en plus du syndicat des copropriétaires principal.


Syndicat des copropriétaires : une responsabilité pouvant être engagée !

Le syndicat est responsable. Le syndicat des copropriétaires a une personnalité juridique propre, distincte de celle des copropriétaires. A ce titre, il doit souscrire une assurance le couvrant contre les risques de responsabilité civile.

Illustrations pratiques. Voici 3 exemples illustrant l’engagement de responsabilité ou non de syndicats des copropriétaires.

Exemple 1. Un syndicat des copropriétaires a fait condamner un copropriétaire qui s’était approprié sans autorisation des parties communes de la copropriété (en l’occurrence des combles). Le copropriétaire a dû remettre les combles dans l’état où ils étaient auparavant (il avait détruit le plafond pour que son appartement ait un accès direct aux combles).

Exemple 2. Le syndicat des copropriétaires est responsable à l'égard des copropriétaires ou des tiers des fautes commises par le syndic dans l'exercice de ses missions. Tel est le cas lorsqu’un syndic indique à un acquéreur qu’il n’y a pas de termites dans l’immeuble, alors même que l’immeuble est infesté.

Exemple 3. Un syndicat des copropriétaires a été condamné à indemniser un copropriétaire, possédant un studio situé au rez-de-chaussée, qui ne pouvait pas ouvrir les volets de son studio à cause de la neige tombée du toit de l’immeuble (un monticule de 3 mètres s’était formé). Or, le syndicat des copropriétaires a la charge d’entretenir le toit et donc le déneiger en hiver. Cette situation étant survenue plusieurs fois, elle constituait, selon le juge, un préjudice indemnisable pour le copropriétaire.

Une responsabilité moins étendue. Jusqu’à présent, à l’issue d’un chantier, en cas de vice de construction et/ou de défaut d’entretien, la responsabilité du syndicat des copropriétaires pouvait être engagée. Ce n’est plus le cas désormais, depuis le 1er juin 2020. Cette mesure doit avoir pour effet de simplifier et de réduire un contentieux relativement abondant, notamment sur le défaut d'entretien.

Focus sur les taux d’usure. Pour mémoire, le taux de l’usure est le taux maximal d’intérêt auquel un prêt bancaire peut être accordé. Le taux de l’usure varie selon les catégories de prêts accordés, notamment eu égard à la qualité de la personne qui le souscrit (consommateur ou société, par exemple).

Une nouveauté pour les syndicats de copropriétaires. Dans ce cadre, il est désormais prévu que les contrats de crédits accordés à des syndicats de copropriétaires doivent être assimilés à des contrats de crédits consentis à des consommateurs. Par conséquent, tout organisme de crédit qui accorde un prêt à un syndicat de copropriétaires est tenu de respecter les règles applicables aux consommateurs au titre de la règlementation sur l’usure.

Bon à savoir. Un syndicat de copropriétaires ne peut se prévaloir de la prescription biennale de l'action des professionnels, pour les biens et les services qu'ils fournissent aux consommateurs.

A retenir

Le syndicat des copropriétaires est composé de tous les copropriétaires d’un immeuble situé en copropriété. Il s’exprime via l’assemblée générale des copropriétaires. Doté d’une personnalité juridique propre, sa responsabilité peut être engagée.

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Le coin du dirigeant Missions du conseil syndical : ce qu’il faut savoir
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Missions du conseil syndical : ce qu’il faut savoir
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Règlement de copropriété et l’état descriptif de division : ce qu’il faut savoir

Date de mise à jour : 10/06/2021 Date de vérification le : 06/09/2023 8 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Si vous êtes copropriétaire, il existe 2 documents que vous devez impérativement connaître et analyser : le règlement de copropriété et l’état descriptif de division. 2 documents très proches, mais au contenu néanmoins très différent...

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Règlement de copropriété et l’état descriptif de division : ce qu’il faut savoir

Règlement de copropriété : un contenu encadré !

Un document contractuel… Le règlement de copropriété est un document contractuel qui est obligatoire. Toutes les copropriétés en ont donc un. Il est généralement établi lors de la mise en copropriété de l’immeuble par un géomètre, puis remis à un notaire qui le publiera au fichier immobilier.

… qui s’impose à tous les copropriétaires. C’est un document qui s’impose à tous les copropriétaires ainsi qu’aux locataires. Il n’est donc pas possible de le modifier, sans leur autorisation, ou de ne pas le respecter sous peine de sanctions.

Le saviez-vous ?

Le syndic est responsable de l’application et du respect du règlement de copropriété.

Contenu du règlement de copropriété. Le but du règlement de copropriété est d’organiser le fonctionnement de l’immeuble collectif. À cet effet, il contient des règles qui encadrent la vie pratique (règles de jouissance des parties privatives et/ou communes, autorisations diverses comme par exemple l’autorisation ou l’interdiction d’exercice d’une activité professionnelle ou commerciale, l’interdiction d’installer des enseignes, etc.), ainsi que l’organisation de la copropriété sur le plan juridique (répartition des charges, administration des parties communes, etc.).

Clause illicite. Il peut arriver que le règlement de copropriété contienne une règle illégale. Dans ce cas, elle doit s’appliquer jusqu’à ce qu’elle ait été annulée en justice ou en assemblée générale (AG).

Annulation d’une clause relative à la répartition des charges. Lorsque le juge retoque une clause relative à la répartition des charges et procède à une nouvelle répartition, cette dernière ne prend effet qu'au 1er jour de l'exercice comptable suivant la date à laquelle la décision est devenue définitive.

Le saviez-vous ?

Tous les règlements de copropriété publiés depuis le 31 décembre 2002 doivent indiquer les éléments pris en considération et la méthode de calcul permettant de fixer les quotes-parts de parties communes et la répartition des charges.

Divergence avec l’acte de vente. Il peut arriver que l’acte de vente d’un lot de copropriété mentionne des éléments divergents et erronés par rapport au réel contenu du règlement de copropriété. Dans ce cas, l’acquéreur ne peut pas se prévaloir des mentions contenues dans l’acte de vente : c’est, en effet, le contenu du règlement de copropriété qui prévaut.


État descriptif de division : un contenu encadré !

Un document obligatoire. Tout comme le règlement de copropriété, l’état descriptif de division (EDD) est un document obligatoire que l’on retrouve dans les toutes les copropriétés. Il est généralement établi lors de la mise en copropriété de l’immeuble par un géomètre, puis remis à un notaire qui le publiera au fichier immobilier.

Un document contractuel ? Même s’il est incorporé au règlement de copropriété, l’EDD n’a pas de valeur contractuelle. En cas de divergences entre l’EDD et le règlement de copropriété, c’est donc ce dernier qui prévaut.

Mais. Toutefois, il est arrivé que les juges reconnaissent le caractère contractuel d’un EDD dans 2 situations, à savoir :

  • lorsque, faute de règlement de copropriété, l’EDD est le seul document de référence ;
  • lorsque le règlement de copropriété prévoit que l’EDD a la même valeur contractuelle que lui.

Un document technique. L’EDD est un document technique qui identifie l'immeuble auquel il s'applique, opère une division en lots et attribue un numéro à chaque lot.

Tableau. L’EDD est obligatoirement résumé dans un tableau qui comporte les colonnes suivantes dans la mesure de l'existence des éléments correspondants :

  • numéro du lot, dans l'ordre croissant des numéros,
  • bâtiment ;
  • escalier ;
  • étage ;
  • nature du lot ;
  • quote-part des parties communes.

À retenir

Le règlement de copropriété et l’état descriptif de division (EDD) sont 2 documents que l’on doit obligatoirement trouver dans une copropriété. Le premier réglemente la vie dans la copropriété tandis que le second est technique (il a pour objet d’identifier précisément chaque élément et chaque lot de la copropriété.

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Le coin du dirigeant Tantièmes de copropriétés : ce qu’il faut savoir
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Comment nommer ou changer de syndic de copropriété ?

Date de mise à jour : 02/11/2021 Date de vérification le : 02/11/2021 7 minutes
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Le syndic de copropriété, qu’il soit professionnel ou bénévole, est élu par l’assemblée générale (AG). Selon quelle procédure ? Cette même assemblée générale des copropriétaires peut décider par la suite de changer de syndic. Selon quelle procédure ?

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Comment nommer ou changer de syndic de copropriété ?


Nomination du syndic de copropriété : quelle est la procédure ?

Le 1er syndic est parfois provisoire. Avant la réunion de la 1ère AG des copropriétaires, la gestion de celui-ci est généralement assurée par un syndic provisoire (souvent le promoteur à l’origine de l’édification de l’immeuble) désigné par le règlement de copropriété. Cette désignation doit toutefois être ratifiée par l’AG.

Désigner un nouveau syndic. Les copropriétaires ont l’obligation de mettre en concurrence plusieurs projets de contrats avant de se prononcer sur la désignation d'un syndic professionnel ou bénévole : l’objectif est de rationaliser les prestations et les pratiques tarifaires.

Lancer un appel d’offres. Pour commencer, les copropriétaires doivent lancer un appel d’offres. Cette démarche appartient au conseil syndical (sauf décision contraire de l’AG).

A noter. La mise en concurrence n’est toutefois pas une prérogative exclusive du conseil syndical. Rien n'interdit aux copropriétaires de demander au syndic de copropriété de faire inscrire à l’ordre du jour de l’AG l’examen d’autres projets de contrats. Il faut toutefois retenir que cette initiative ne se substitue pas à la mise en concurrence par le conseil syndical.

Le saviez-vous ?

Le conseil syndical est déchargé de son obligation légale de mise en concurrence si le marché local des syndics est insuffisamment concurrentiel.

Vote de l’AG. L’AG doit désigner le syndic à la majorité absolue. A défaut de majorité absolue, une seconde AG peut statuer à la majorité simple des copropriétaires présents ou représentés.

Le saviez-vous ?

Quand l’AG des copropriétaires délibère pour désigner un nouveau syndic dont la prise de fonction intervient avant le terme du mandat du syndic actuel, cette décision vaut révocation de ce dernier à compter de la prise de fonction du nouveau syndic.

Syndic bénévole. Il doit lui aussi fournir un projet de contrat pour participer à l’appel d’offres et à la mise en concurrence.

La durée du mandat du syndic. Le mandat donné au syndic professionnel est d'une maximale de 3 ans renouvelables.

Renouvellement du syndic. Le renouvellement du mandat du syndic est soumis aux mêmes règles de majorité.

Depuis le 1er juin 2020. En cas de non-renouvellement d'un contrat arrivant à son terme, il est désormais prévu que chaque partie peut y mettre fin, sans indemnité, sous certaines conditions. Les questions de la désignation d'un nouveau syndic et de la fixation d'une date anticipée de fin de contrat sont portées à l'ordre du jour d'une AG qui doit intervenir dans les 3 mois précédant le terme du contrat. Lorsque l'initiative du non-renouvellement émane du syndic, celui-ci doit également informer le conseil syndical de son intention de ne pas conclure un nouveau contrat au plus tard 3 mois avant la tenue de cette AG afin de lui permettre d'organiser utilement une mise en concurrence. L’AG désigne alors un nouveau syndic et fixe les dates de fin du contrat en cours et de prise d'effet du nouveau contrat, qui interviennent au plus tôt un jour franc après la tenue de cette assemblée.

Révocation du syndic. L’AG des copropriétaires peut procéder à tout moment à la révocation du syndic. Lorsque la résiliation anticipée intervient à l'initiative du conseil syndical, celui-ci notifie au syndic une demande motivée d'inscription de cette question à l'ordre du jour d'une AG, précisant la ou les inexécution(s) qui lui sont reprochée(s). L’AG se prononce alors sur la question de cette résiliation et fixe le cas échéant sa date de prise d'effet, qui ne peut intervenir au plus tôt qu'un jour franc après sa tenue. Dans le cas où, au cours de cette même assemblée, le syndicat désigne un nouveau syndic, il fixe la date de prise d'effet de son contrat, ce qui clarifie la transition entre syndics sortant et entrant.

Résiliation du contrat par le syndic. Le syndic peut aussi résilier son contrat par anticipation en cas d’inexécution suffisamment grave du syndicat des copropriétaires à ses obligations. Il doit notifier sa volonté de résiliation au président du conseil syndical, ou à défaut de conseil syndical, à l'ensemble des copropriétaires, en précisant les inexécutions reprochées au syndicat des copropriétaires.

Convocation de l’AG. L’AG ne peut être convoquée dans un délai inférieur à 2 mois à compter de cette notification. Ce délai doit permettre au conseil syndical d'organiser une mise en concurrence et de transmettre, le cas échéant, au syndic des projets de contrats de syndics, en vue d'une notification en même temps que la convocation.

Prise d’effet de la résiliation. La résiliation prend effet au plus tôt un jour franc après la tenue de l’AG. Le syndicat des copropriétaires qui désigne un nouveau syndic au cours de cette assemblée fixe la date de prise d'effet du contrat.

Le contrat de syndic. Les contrats conclus ou renouvelés depuis le 1er juillet 2015 doivent respecter le contrat type fixé par la réglementation.

     =>  Pour en savoir plus, consultez notre fiche « Contrat de syndic : un contrat type obligatoire »


Changement de syndic : quelle est la procédure ?

Qui décide de changer de syndic ? La décision de remplacer le syndic de copropriété émane du conseil syndical ou d’un copropriétaire. Un planning doit être respecté à cet effet.

1ère étape. 6 mois avant la tenue de l’AG, le conseil syndical doit avertir l’ensemble des copropriétaires du souhait de changer de syndic, en développant les motifs de cette démarche.

2ème étape. 4 mois avant la réunion de l’AG, le conseil syndical doit procéder à un appel d’offres auprès des syndics candidats. Avant de s’orienter vers tel ou tel syndic professionnel, il est important de constituer un dossier complet de la copropriété, pour bien circonscrire les besoins et missions à accomplir.

Concrètement. Il convient de préciser le nombre des lots de la copropriété, la nature et l’importance des équipements communs (chaufferie, ascenseurs, etc. et leur état), la présence ou non d’un gardien, etc. Bien évidemment, les données financières doivent également être transmises au candidat, lequel doit connaître le budget prévisionnel, les travaux en cours ou envisagés à court terme, l’importance des impayés et les contentieux. Autant de données qui permettent au syndic professionnel d’établir un devis.

3ème étape. L’AG doit être convoquée 3 mois avant sa tenue, et un ordre du jour doit être élaboré sur les directives du conseil syndical. Le syndic en place doit inscrire ainsi la question de son remplacement, et les devis des candidats pressentis doivent être joints à la convocation. Pour rappel, le syndic a l’obligation d’envoyer les convocations au moins 21 jours avant sa tenue.

4ème étape. Le jour de l’AG, le nouveau syndic doit être élu à la majorité absolue. A défaut de majorité absolue, une 2nde assemblée peut statuer à la majorité simple des copropriétaires présents ou représentés.

5ème étape. Après l’AG, un procès-verbal (PV) est rédigé, et adressé dans les 2 mois aux copropriétaires défaillants ou opposants. A compter de la réception du PV, ceux-ci ont alors 2 mois pour saisir le Tribunal de Grande Instance (TGI) pour faire annuler une décision qu’ils estiment irrégulière.

Bon à savoir. En cas de désignation d'un nouveau syndic, l'ancien syndic titulaire doit fournir l'ensemble des archives, la situation de trésorerie et les fonds disponibles dans le délai de 15 jours. Il dispose ensuite de 2 mois supplémentaires pour produire l'état des comptes des copropriétaires et le solde des fonds. En outre, afin d'assurer la transmission des documents dématérialisés de la copropriété de l'ancien syndic vers le nouveau, il est prévu, depuis le 1er juin 2020, que celle-ci se fasse sur un support numérique téléchargeable et imprimable.

Références bancaires. L’ancien syndic a désormais l'obligation de communiquer au nouveau syndic les références des comptes bancaires ouverts au nom du syndicat dans les 15 jours de la cessation de ses fonctions.

Etat des comptes. L'ancien syndic doit fournir au nouveau syndic l'état des comptes des copropriétaires et du syndic, après apurement et clôture des comptes de l'exercice. Bon à savoir. Notez que ces nouvelles dispositions s’appliqueront à compter du 31 décembre 2020 pour les petites copropriétés.

A défaut. S'il ne respecte pas ces délais et après une mise en demeure restée infructueuse, le syndic nouvellement désigné ou le président du conseil syndical pourra demander au juge d'ordonner la remise des pièces et des fonds mentionnés.

A retenir

Il existe une procédure encadrée pour désigner un syndic : il faut notamment lancer un appel d’offres afin de mettre en concurrence divers projets de syndics. Une fois ce dernier nommé, il est tout à fait possible de changer de syndic. La nomination comme le changement de syndic résultent d’un vote de l’AG des copropriétaires.

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Choisir un syndic de copropriété professionnel ou bénévole ?

Date de mise à jour : 10/06/2021 Date de vérification le : 10/06/2021 10 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

La plupart du temps, le syndic est un professionnel, mais la mission peut également être confiée à un des copropriétaires qui deviendra « syndic bénévole ». Voici quelques éléments de comparaison pour choisir entre syndic professionnel et syndic bénévole.

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Choisir un syndic de copropriété professionnel ou bénévole ?

Choisir un syndic professionnel

Avant tout un professionnel… Le syndic professionnel est soit une personne physique exerçant en son nom propre, soit une société. Parce qu’il est un professionnel de cette activité, il doit répondre à des exigences, tant en termes de compétences que de garanties pour les copropriétaires dont il assure la gestion de l’immeuble.

… qui doit présenter des garanties. Un syndic professionnel doit présenter des garanties suffisantes aux copropriétaires, à savoir :

  • justifier d'une garantie financière suffisante, laquelle permet d’assurer à la copropriété le remboursement de ses fonds en cas de négligence ou de faillite ;
  • justifier d'une assurance responsabilité civile professionnelle (il faut bien vérifier que le contrat de syndic mentionne le numéro de police de la compagnie d’assurance, et réclamer une attestation de garantie financière) ;
  • ouvrir un compte bancaire ou postal séparé au nom de la copropriété (sauf si les copropriétaires votent contre en assemblée) ;
  • présenter aux copropriétaires une carte professionnelle à jour de « gestion immobilière » délivrée par la préfecture.

Désignation du syndic. La désignation du syndic doit faire l'objet d'un vote en assemblée générale (AG). Notez que la mise en concurrence préalable de plusieurs projets de contrat de syndic est obligatoire et doit être réalisée tous les 3 ans par le conseil syndical.

Le saviez-vous ?

La mise en concurrence n'est pas obligatoire si la copropriété est dépourvue de conseil syndical, ou si les copropriétaires ont voté l'année précédente à la majorité absolue leur souhait de déroger à cette obligation.

Sélection des candidats. C’est le conseil syndical qui se charge de sélectionner les candidats, d’étudier les contrats proposés, et de mettre leur nomination à l’ordre du jour de l’AG des copropriétaires. En pratique, les conseils syndicaux, et les copropriétaires, échangent avec d’autres copropriétaires d’immeubles pour avoir une bonne connaissance de la réputation d’un syndic, et de son travail.

A prévoir. Avant de s’orienter vers tel ou tel syndic professionnel, il est important de constituer un dossier complet de la copropriété, pour bien circonscrire les besoins et missions à accomplir. Ainsi, il convient de préciser le nombre des lots de la copropriété, la nature et l’importance des équipements communs (chaufferie, ascenseurs, etc.), leur état, la présence ou non d’un gardien, etc. Bien évidemment, les données financières doivent également être transmises au candidat, lequel doit connaître le budget prévisionnel, les travaux en cours ou envisagés à court terme, l’importance des impayés et les contentieux, etc. Autant de données qui permettent au syndic professionnel d’établir un devis précis.

Un vote de l’AG. Qu'il soit professionnel ou non professionnel, le syndic retenu doit être désigné par l'assemblée générale au cours d'un vote des copropriétaires à la majorité absolue.

Un mandat. Le mandat donné au syndic professionnel prend la forme d'un contrat dont le contenu et la durée sont réglementés : sa durée maximale est de 3 ans renouvelables. Le renouvellement implique une réélection par une nouvelle décision de l’AG, prise également à la majorité absolue.

     =>  Pour en savoir plus, consultez notre fiche « Contrat de syndic : un contrat type obligatoire »

Révocation du syndic. Les copropriétaires peuvent révoquer le syndic au cours de son mandat s’ils ne sont pas satisfaits de sa prestation.

Quand le copropriétaire-syndic s’en va. Lorsqu’un copropriétaire quitte la copropriété et qu’il exerce également l’activité de syndic non professionnel pour celle-ci, son mandat reste valable pendant encore 3 mois. Pendant ce délai, il doit convoquer une AG pour procéder à la désignation d’un nouveau syndic pour le remplacer.


Choisir un syndic bénévole : pourquoi ?

Un choix des petites copropriétés. Ce choix est le plus souvent celui des petites copropriétés comportant un faible nombre de lots ou dont la gestion nécessite peu de tâches à accomplir.

Attention ! Le syndic bénévole doit nécessairement être un copropriétaire (ou un conjoint de l'un d'entre eux).

Le saviez-vous ?

Un conseiller syndical ne peut pas être désigné syndic bénévole. S'il souhaite le devenir, il doit au préalable démissionner du conseil syndical.

Election d’un syndic bénévole. Le syndic bénévole est élu de la même manière qu'un syndic professionnel.

Mais. Un syndic bénévole n’a pas à respecter les obligations « professionnelles » d’un syndic professionnel. Ainsi, il n’a pas à :

  • posséder une carte professionnelle ;
  • justifier d’une formation ou d’une expérience particulière ;
  • justifier d’une garantie financière ou d’une assurance de responsabilité civile.

Conseil. Même s’il n’en a pas l’obligation, il est fortement conseillé à un syndic bénévole de contracter une assurance, et d'avoir certaines compétences techniques, juridiques et comptables ainsi qu'une grande disponibilité de temps.

Responsabilité du syndic bénévole. En cas de faute de sa part, la responsabilité du syndic bénévole est appliquée de manière moins rigoureuse qu'en cas de faute d'un syndic professionnel.

Un moindre coût pour les copropriétaires… Les copropriétaires peuvent faire le choix d’un syndic bénévole car cela leur coûte moins cher. Par exemple, il arrive très souvent qu’un syndic bénévole ne soit pas rémunérer pour ses prestations. Le syndic bénévole ne perçoit généralement pas de rémunération. Bien qu'il ait la possibilité de toucher des appointements, en pratique iIl exerce, en effet, sa fonction gratuitement, et demande juste le remboursement de ses frais courants (téléphone, courrier, photocopies, etc.).

A noter. S’il arrive qu’ s'il réclame auprès des copropriétaires une rémunération, les modalités de celle-ci doivent être précisées dans son contrat.

En pratique, une plus grande implication… Il est souvent constaté que le syndic bénévole se montre plus impliqué pour l'entretien et la mise en valeur de l'immeuble qu'un syndic professionnel. En outre, étant copropriétaire de l’immeuble (donc également personnellement concerné par les services qu’il fournit), il assure un suivi très attentif des travaux et des diverses dépenses (énergie, eau, chauffage, jardinage, etc.).

A retenir

Le syndic est la clé de voûte de la copropriété. Il doit assurer la gestion de la copropriété et faire appliquer les décisions prises par les copropriétaires. Qu’il soit professionnel ou bénévole, le syndic est choisi dans les mêmes conditions, par un vote au cours d’une AG des copropriétaires. En cas de choix d’un syndic bénévole, faites attention : ce dernier doit nécessairement être un copropriétaire (ou un conjoint de l'un d'entre eux).

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Missions du conseil syndical : ce qu’il faut savoir

Date de mise à jour : 24/11/2022 Date de vérification le : 24/11/2022 15 minutes
Attention, cet article a plus d'un an

Chaque copropriété doit être dotée d’un conseil syndical qui assure un lien permanent entre vous et le syndic de copropriété : par qui cet organe est-il composé ? Quelles sont ses missions ? Quels sont ses pouvoirs ?

Rédigé par l'équipe WebLex. En collaboration avec Marie Caderon, juriste spécialisée en droit des affaires
Missions du conseil syndical : ce qu’il faut savoir

Conseil syndical : qui le compose ?

Qui sont les membres du conseil syndical ? Le conseil syndical est composé de copropriétaires qui sont élus en assemblée générale (AG).

Concrètement. Pour être membre du conseil syndical, il faut être :

  • soit propriétaire d’un lot situé dans la copropriété ;
  • soit marié ou partenaire de Pacs d’un copropriétaire ;
  • soit l’ascendant ou descendant d’un copropriétaire ;
  • soit le représentant légal d’un copropriétaire ;
  • soit « usufruitier » (il s’agit d’une personne qui profite d’un bien sans pouvoir le vendre : ses droits découlent d’un « démembrement de copropriété ») ;
  • soit acquéreur à terme d’un des lots situés dans la copropriété.

A noter. Les concubins, conjoints, partenaires de pacs, ascendants ou descendants des salariés du syndic ont l’interdiction d’être membres du conseil syndical. L'interdiction concernant les collatéraux est limitée au 2ème degré (c’est-à-dire les frères et sœurs). Ces interdictions ne s'appliquent toutefois pas aux syndics non professionnels.

Un mandat de 3 ans. Le mandat des membres du conseil syndical ne peut excéder 3 années renouvelables.

Un mandat rémunéré ? Les fonctions de président et de membre du conseil syndical ne donnent pas lieu à rémunération.

Echec dans l’élection des membres du conseil syndical. Lorsque l’AG ne parvient pas, faute de candidature ou faute pour les candidats d'obtenir la majorité requise, à désigner les membres du conseil syndical, le procès-verbal, qui en fait explicitement mention, est notifié, dans un délai d’1 mois, à tous les copropriétaires.

Fonctionnement. Le conseil syndical fonctionne selon les règles particulières qui sont déterminées par le règlement de copropriété, ou par l’AG des copropriétaires à la majorité simple.

Disparition du conseil syndical. Dès lors que plus d’1/4 des sièges du conseil syndical sont vacants, le conseil syndical n’est plus valablement constitué.

Le saviez-vous ?

L’AG peut décider par une délibération spéciale de ne pas instituer de conseil syndical.

Le conseil syndical doit rendre des comptes. Le conseil syndical doit rendre compte de son activité, tous les ans, devant l’AG des copropriétaires.

Le saviez-vous ?

Du point de vue de sa responsabilité, le conseil syndical n'a pas de personnalité morale : il ne peut donc pas voir sa responsabilité engagée. Par contre, les membres du conseil peuvent voir leur responsabilité personnelle engagée. C’est pourquoi, il est conseillé aux membres du conseil syndical de souscrire une assurance responsabilité civile.


Conseil syndical : une mission d’assistance et de contrôle

2 missions. Le conseil syndical a 2 missions : assister le syndic et contrôler sa gestion de la copropriété.

Assister le syndic. Le conseil syndical coordonne les relations entre vous et le syndic. A ce titre, il peut émettre des avis et doit être consulté sur toutes les questions concernant le syndicat des copropriétaires.

Une consultation du conseil syndical obligatoire. Le syndic doit obligatoirement consulter le conseil syndical :

  • pour le vote de travaux, s’il envisage la conclusion d’un contrat de fourniture d’équipements communs dont le montant dépasse la somme déterminée en AG ;
  • pour décider des travaux urgents nécessaires à la sauvegarde de l'immeuble et nécessitant de fait le versement d'un acompte,
  • pour désigner un nouveau syndic (le conseil syndical est en charge de la mise en concurrence des syndics, si le marché local le permet) ;
  • pour préparer l’AG (l’ordre du jour de l’AG doit être établi en concertation avec le conseil syndical ; si ce n’est pas le cas, l’AG ne peut toutefois pas être annulée).

Contrôler la gestion du syndic. Le conseil syndical a pour mission de contrôler la gestion de la copropriété par le syndic. Dès lors, il doit procéder au visa de :

  • la comptabilité générale ;
  • la répartition des dépenses budgétaires ;
  • les conditions d'exécution des marchés et des contrats ;
  • l'élaboration et l'exécution du budget prévisionnel ;
  • la surveillance des impayés et la gestion des dossiers de contentieux confiés à un avocat.

A noter. A cet effet, le conseil syndical peut consulter toute pièce ou document relatif à la gestion et l'administration de la copropriété. Si les pièces demandées par le conseil syndical au syndic ne lui sont pas transmises dans le mois de sa demande, des pénalités de 15€/jour de retard peuvent être imputées sur les honoraires dus au syndic.

Exécution des missions. Le conseil syndical peut prendre conseil auprès de toute personne de son choix, et également demander un avis technique à tout professionnel spécialisé sur une question particulière.


Conseil syndical : action contre le syndic

Engager une action contre le syndic. Le président du conseil syndical, sur délégation expresse de l’assemblée générale des copropriétaires (AG), peut engager une action contre le syndic défaillant en réparation du préjudice collectif subi par le syndicat des copropriétaires.

Absence de conseil syndical. A défaut de conseil syndical, l'action est ouverte à un ou plusieurs copropriétaire(s) représentant au moins ¼ des voix de tous les copropriétaires.

Des frais à assumer. Les frais de procédure engagés par le président du conseil syndical constituent des dépenses courantes d'administration qui sont supportées par le syndicat des copropriétaires. Les copropriétaires exerçant cette même action doivent faire l'avance des frais de procédure, répartis ensuite entre tous les copropriétaires à proportion de leurs quotes-parts de parties communes afférentes à leurs lots, dès lors que la prétention est déclarée bien fondée par le juge.

Condamnation du syndic. En cas de condamnation du syndic défaillant, les dommages et intérêts sont alloués au syndicat des copropriétaires, puisqu’il s’agit d'une action engagée dans l'intérêt de tous les copropriétaires.


Conseil syndical : bénéficier d’une délégation conventionnelle

Délégation conventionnelle. Il est créé une délégation conventionnelle au profit d'un conseil syndical composé d'au moins 3 membres. L’AG de se ressaisir de son droit de vote pour les décisions confiées au conseil syndical.

Pour quoi ? La délégation doit permettre au conseil syndical de prendre des décisions relevant de la majorité simple (travaux nécessaires à la conservation de l'immeuble, suppression des vide-ordures pour des impératifs d'hygiène, autorisation permanente accordée à la police ou à la gendarmerie nationale de pénétrer dans les parties communes, etc.).

Toutefois, sont exclues de la possibilité de délégation l'approbation des comptes, la détermination du budget prévisionnel et les adaptations du règlement de copropriété rendues nécessaires par les modifications législatives et réglementaires.

Un budget à établir. L’AG doit déterminer le montant du budget prévisionnel alloué au conseil syndical pour la mise en œuvre de sa délégation de pouvoir, accordée pour une durée maximale de 2 ans renouvelable sur décision expresse de l'assemblée générale.

Une majorité à respecter. Les décisions du conseil syndical pour l'exercice de cette délégation de pouvoirs sont prises à la majorité de ses membres, la voix du président étant prépondérante en cas de partage des voix.

Renouvellement de la délégation. Après avoir pris connaissance du rapport élaboré par le conseil syndical pour rendre compte de sa mission, l’AG demeure libre de renouveler la délégation arrivée à son terme, si les décisions qui en sont l'objet sont récurrentes et que l'action du conseil syndical est satisfaisante.

Assurance. Dans le cadre de cette délégation conventionnelle de pouvoirs, le syndicat des copropriétaires devra souscrire pour chacun des membres du conseil syndical une assurance de responsabilité civile.

Nouveautés. Il est désormais prévu que lorsqu’il bénéficie d’une telle délégation de pouvoirs, les décisions prises par le conseil syndical sont consignées dans un procès-verbal, signé par 2 de ses membres.

Mentions sur le PV. Le procès-verbal mentionne le nom des membres du conseil syndical ayant participé à la délibération, ainsi que le sens de leur vote. Il est transmis au syndic qui l'inscrit au registre des procès-verbaux des assemblées générales.

A noter. Dans ce cadre, il est précisé qu’un montant spécifique est alloué au conseil syndical au sein du budget prévisionnel voté chaque année pour l’exercice de cette délégation de pouvoirs.

Toutefois. Par exception, lorsque la délégation de pouvoirs porte sur des dépenses pour travaux non comprises dans le budget prévisionnel, l'assemblée générale précise le montant maximum alloué pour chacune d'elles.

Exigibilité des sommes. Les sommes afférentes à ces dépenses sont exigibles selon les modalités votées par l'assemblée générale.

Entrée en vigueur. Ces dispositions s’appliquent pour les assemblées générales qui se tiendront à compter du 31 décembre 2020.

A retenir

Le conseil syndical est composé par des copropriétaires qui sont élus pour 3 ans renouvelables en assemblée générale. Le conseil syndical a 2 missions : assister le syndic et contrôler sa gestion de la copropriété.

Dès lors que plus d’1/4 des sièges du conseil syndical sont vacants, le conseil syndical n’est plus valablement constitué.

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